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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 20:59

 

Les masques des USA et de leurs complices sont tombés

(Par Chérif Boudelal – 1 décembre 2010)

L’impérialisme US, démasqué par un homme, s’affole et devient plus féroce que jamais, montrant ainsi sa faiblesse face à sa propre vérité ! Quel être humain normalement constitué pourrait croire l’infamie des dirigeants des USA, champions de la falsification des preuves et de l'histoire, qui accusent le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, d’avoir commis des infractions qui vont contre la morale, comme s’ils en avaient eux-mêmes ?

Ce journaliste qui ne voulait pas renoncer de publier les informations secrètes de l’armée et de la diplomatie américaines devant des menaces de mort proférées contre lui par la mafia étatique US, est l'objet d'un mandat international lancé par Interpol pour « viol et agression sexuelle » ! Un cynisme qui se répète d’une administration qui excelle dans l’infamie ne peut plus tromper personne. En réalité toute personne qui suit l’actualité internationale connaît la nature de l’impérialisme US, et donc n’est pas surpris des informations donne le site Internet WikiLeaks, mais ceci a démontré au monde, une fois de plus, l’immoralité des dirigeants Nord-américains.

Que le monde libre se lève pour défendre la liberté des journalistes qui veulent se libérer du joug impérialiste. Que le monde se prononce contre les nouveaux barbares qui terrorisent les peuples par leur terrorisme d'État au nom de la démocratie, de la liberté d'humilier qui veulent et soutenir le terrorisme de leurs pairs, comme Israël, quand ils veulent. Se sont ces criminels qui devraient être arrêtés et condamnés et non pas l'internaute qui n'a fait que publier leurs propres planifications criminelles qui tendent à coloniser le monde et dominer les peuples chez eux.

Où sont ces médias et ces journalistes « sans frontière » qui ne cessent de dénoncer les dirigeants du tiers monde pour leur censure contre les journalistes de chez eux ? Où sont ces intellectuels qui ne cessent de donner des leçons de morale, de démocratie et de liberté d'expression aux autres peuples ? Que la honte soit sur le monde de tous ces hypocrites qui se font disqualifier par leur silence lâche face à de telles ignominies qu'exercent les USA et leurs alliés sur les peuples au service du capitalisme vampire. Que tous les internautes et journalistes libres de tout bord apportent leur soutien au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, pour son courage et son engagement d’homme libre face à la barbarie de ce monde des vampires.




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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 20:56

 

Compte-rendu de « l'Assemblée Générale Inter professionnelle » du 26 novembre 2011 à la Bourse du Travail de Paris

Une vingtaine de personnes présentes.

Ordre du jour : situation sociale, politique et économique, compte-rendu des activités et commentaires, propositions diverses

Sur la situation.

La discussion a principalement porté sur la nature de la crise du capitalisme et les perspectives qu'il était possible de dégager.

Plusieurs points ont été exprimés :

Pour certains intervenants, le capitalisme se porte très bien. La spéculation se poursuit par exemple, les profits boursiers augmentent. Les Etats vont subventionner la dette : ce sont les salariés qui vont payer mais rien ne sera réglé pour autant. Les contradictions sont repoussées dans le temps. En ce sens, la société bourgeoise n'est pas en crise. Les crises périodiques sont inhérentes au capitalisme.

D'autres interventions ont souligné le degré de gravité atteint par la crise : Italie, Grèce, Portugal, Irlande sont sérieusement touchés, c'est-à-dire les maillons faibles de l'Europe dans un premier temps, les autres vont suivre rapidement. Depuis 2007/2008, la production ne redémarre pas, les destructions d'emplois se développent, la spéculation s'intensifie.

Les profits boursiers (qui ne produisent pas de richesses mais alimentent les bulles spéculatives. NDLR) ou la spéculation ne sont pas les seuls critères pour mesurer la « santé » du capitalisme. Ils sont un signe de l'existence de la crise sans pour autant signifier un effondrement immédiat. Par ailleurs, les périodes d'effondrement marqué du système capitaliste, comme on en a vu dans le passé, se sont toujours déroulées avec parallèlement, un effondrement de secteurs entiers de la production tandis que d'autres secteurs pouvaient s'en sortir relativement mieux. Toutefois le raisonnement est à mener en termes de tendances générales du capitalisme et aujourd'hui, on doit se préparer au pire puisque la contagion atteint plusieurs pays simultanément. Certaines interventions ont souligné qu'on était dans une période de guerre économique dont la guerre des monnaies et le resurgissement de mesures protectionnistes, sont les manifestations les plus criantes.

Le vrai problème est politique, au sens ou :

La seule réponse du pouvoir est la répression. Comme celle qui s'exerce contre les jeunes dans les manifestations, dans la rue où ils sont arrêtés et matraqués par la police aux ordres. D'une certaine manière, il n'est pas « normal » que les jeunes réagissent aux mesures qui sont assénées à la place des parents ; si ces derniers ne le font pas de manière efficace c'est parce qu'ils sont formatés, conditionnés par tout un tas de moyens sur lesquels la bourgeoisie a tout contrôle (les médias formatent les esprits depuis des décennies, on a fini par intégrer le sens de la hiérarchie, de la soumission...). Concernant les jeunes, leur capacité de réactions s'explique aussi : ils sont tout autant exploités : on leur invente de « nouveaux métiers » et on les met en prison.

Le mouvement ouvrier actuel n'avance pas encore d'alternative crédible : par quoi remplacer la société bourgeoise. Les syndicats, l'extrême-gauche ne se prononcent pas et craignent de défendre la seule alternative qui soit : socialisme ou barbarie, au lieu de cela ils ont relayé l'illusion que « le patronat pouvait reculer ». Or c'est cela que les militants, ceux qui sont dans des organisations, devraient porter dans les entreprises de manière large.

On hérite d'une situation où les travailleurs ont essuyé et accumulé depuis des années des reculs et des renoncements. Il y a tout un retard de la subjectivité des travailleurs sur les conditions réelles ; le mouvement ouvrier est toujours en retard par rapport à la crise elle-même et l'importance des attaques ne veut pas dire qu'il y aura automatiquement des réactions des travailleurs. Cependant, le capitalisme ne va pas se relever facilement de sa crise et les deux situations, socialisme ou barbarie, vont s'affronter de plus en plus clairement.

Sur le mouvement social :

Si on peut parler « d'échec de ce mouvement » (au sens ou les mesures sur les retraites ont été finalement imposées), on ne peut pas dire qu'on soit à la fin de la lutte.

La simultanéité des attaques aux salariés, aux chômeurs et la précarisation intensifiée des conditions de travail sont le terrain pour que se développe une vague de luttes dans plusieurs pays. Dans ce sens, « l'échec » n'est que momentané, l'important étant d'en tirer les enseignements pour la période à venir.

Une caractéristique du mouvement en France a été que, si celui-ci a éclaté à propos des retraites, une revendication « économique », ce fondement s'est rapidement élargi en une colère, une hargne contre le système. Sans aller jusqu'à dire qu'il s'agissait d'une « grève politique », il y a un début de conscience que l'enjeu de cette lutte dépasse la revendication immédiate pour se porter sur la nécessité d'en finir avec ce système. On nous a inculqués pendant des années la privation de toute autonomie, le fait qu'il fallait s'en remettre à une hiérarchie, faire confiance aux politiques, aux syndicats... Aujourd'hui, les gens ne veulent plus s'en remettre aux syndicats ou au vote, néanmoins, les syndicats sifflent la rentrée et tout le monde rentre. Mais se pose la question de : quoi faire et comment on fait ?

La limite entre « économique » et « politique » est de plus en plus étroite. Ce sont des raisons politiques qui ont engendré les mesures actuelles et les attaques, qui se développent depuis plusieurs années, contre ce qui était entendu comme des « acquis économiques ».

Ce mouvement a néanmoins montré que les exploités ne se laisseraient pas faire ; ce qu'il en reste ce sont ce type de réunions où les discussions peuvent avoir lieu. Concrètement, c'est ailleurs que les luttes vont se développer comme en Grande Bretagne. C'est ailleurs que les questions se règleront, mondialement mais pas ici, seulement en France. Aussi on doit faire profiter les travailleurs de l'expérience d'ici. C'était le sens de l'Appel proposé aux travailleurs en Grande Bretagne mais qui doit être réaménagé au vu de la situation sociale qui se dessine dans d'autres pays d'Europe.

On entre dans une période de « mobilisation permanente » où les questions politiques se posent au quotidien. Un des facteurs du repli momentané de ce mouvement est qu'on n'a pas eu la capacité de disputer la direction du combat à mener. Les minorités politisées, dont ce regroupement est une expression, les révolutionnaires ont un rôle essentiel par leur intervention : c'est de défendre la prise en main des combats dans un cadre de mobilisation permanente.

Quels moyens de lutte ?

Il y a eu une série de tentatives de blocages dans ce mouvement (blocage des plateformes pétrolières notamment). Plusieurs intervenants ont expliqué que ces blocages minoritaires n'avaient pas contribué à « bloquer l'économie ». Ainsi, les flux de pétroles sont contrôlés par les Etats à vaste échelle : bloquer une raffinerie n'a aucun effet et ce type d'action isolée, minoritaire n'a le plus souvent aucun effet. Se pose la question de savoir comment on doit agir pour avoir un effet, une efficacité ? Par ailleurs, ces actions de blocages n'ont pas été préparées, elles ne s'appuyaient pas sur les travailleurs, sur des discussions et une préparation préalable, c'est aussi un motif de l'échec de ces actions.

Compte-rendu des activités

Un rassemblement avait été prévu place de la Concorde, le 24 novembre devant le « Dîner du siècle » (rendez-vous mondain mensuel de « l'élite » politique -droite/gauche au coude à coude-, financière, industrielle, médiatique...). Environ trois cent à quatre cent personnes (manifestants) s'y sont retrouvées. Certains participants ont fait valoir que ce type d'action présentait l'avantage de constater que tout le petit monde des politiciens, décideurs, journalistes de toutes tendances se retrouvent régulièrement pour discourir sur leurs affaires autour d'une bonne bouffe.

Un récit a été fait de ce rassemblement qui s'est achevé par une trentaine d'arrestations avec une intervention musclée de la police. A la fin, ces derniers ont organisé une sorte de nasse dans laquelle les manifestants étaient prisonniers ; les flics désignaient puis arrêtaient violemment ceux qu'ils avaient choisis. Des matraquages ont eu lieu et plusieurs personnes ont été sérieusement blessées par les matraques policières.

Selon certains, cette manifestation était infiltrée par des groupements d'extrême-droite, style « Ordre nouveau » et il y a de quoi s'interroger sur les véritables objectifs de ceux qui organisent ces manifestations qui se terminent en eau de boudin.

Plusieurs intervenants ont relevé une présence de plus en plus évidente de groupuscules d'extrême-droite : ils récupèrent la colère, reprennent tous les slogans du mouvement contre les retraites et les récupèrent derrière un discours nationaliste. La déliquescence et le désarroi engendrés par l'intersyndicale font que les gens discutent naïvement avec ces groupuscules qui parlent de « pouvoir au peuple » ou « l'élite est à droite, le peuple est à gauche !

Certains ont indiqué que les participants n'étaient pas assez nombreux pour ce type d'action.

Plus généralement, il a été souligné qu'il faut être conscients du fait qu'on aura de plus en plus à faire à l'Etat et qu'il ne va pas être conciliant. Aussi toute action doit être au préalable préparée et les participants doivent être informés (les risques, les droits...).

On s'est interrogés également sur l'objectif poursuivi dans ce type d'action d'éclat qui n'a que peu de chance d'être répercutée ou de trouver un écho.

Enfin, un bref échange a eu lieu concernant l'appellation « Assemblée Générale Inter professionnelle ». Cette dénomination a une histoire : elle avait pour objectif de départ de rassembler un maximum de travailleurs dans une période de lutte. Ne faut-il pas modifier aujourd'hui cette appellation ? Propositions diverses dont « Collectif de l'Assemblée Générale Gare de l'Est »? (ou « Collectifs des Activistes Résistants » proposé en boutade ?). Car il faut conserver une référence ne serait-ce que pour ceux qui ont côtoyé l'Assemblée Générale à un moment donné.

Autres points abordés sommairement :

Diffusions du tract en vue de préparer la réunion publique à venir. Peu de volontaires, aussi l'organisation de cette diffusion a été remise au lendemain avec les intéressés.

Proposition de prévoir à l'avance un thème de débat afin que les participants puissent s'y préparer. Il a été constaté que des discussions d'ordre général comme celle qu'on a eue sur la situation sociale, etc., ont un véritable intérêt, il faudrait préciser les axes de la discussion et les communiquer à l'avance pour que chacun puisse s'y préparer.

Dans ce cadre, il a été approximativement retenu pour la réunion de jeudi prochain :

Discussion autour de l'Appel aux travailleurs d'autres pays, sur base d'un document qui est actuellement en circulation

Dénomination de « l'Assemblée Générale Inter professionnelle »




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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 20:48

 

http://www.7septembre2010.fr/post/2010/11/28/Appel-de-la-seconde-rencontre-hexagonale-des-AGs-interprofessionnelles

Appel de la deuxième rencontre nationale des Assemblées Générales inter professionnelles

Le fait que la loi sur la réforme des retraites soit promulguée ne change rien à son caractère injuste, et ne donne pas légitimité à une réforme rejetée par la majorité de la population.

La grève générale, seule à même d’inverser le rapport de forces, n’a pas eu lieu, mais la volonté de résistance ne s’est pas éteinte.

Cette résistance s’inscrit dans une perspective de lutte plus large et plus globale contre une politique et un système inégalitaire.

Nous sommes conscients que cette lutte revêt une dimension internationale et que la solidarité est notre force.

Des assemblées générales interprofessionnelles, des intersyndicales locales ouvertes, des collectifs de lutte, etc. ont, dans des dizaines de localités, permis de s’organiser, ensemble, à la base, syndiqués et non syndiqués, travailleurs, chômeurs et étudiants, des lycéens aux retraités.

C’est un acquis important de la lutte.

Et si la notion d’assemblée générale appartient aux moments de lutte et de grève, il est primordial que les liens tissés se maintiennent et que, parfois sous d’autres formes, les espaces créés localement se prolongent.

Ce 27 novembre, les délégués de vingt trois assemblées générales inter professionnelles et autres collectifs de lutte, réunis à Nantes, appellent

A se saisir du mardi 14 décembre, où la grève générale est annoncée en Guadeloupe, pour une journée d’action.

A une nouvelle journée d’action à définir le samedi 15 janvier 2011.

C’est le Collectif Unitaire Inter professionnel et Citoyen de Chambéry qui accueillera, le 22 janvier 2011, la troisième rencontre hexagonale.



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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 15:47

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101201/tts-interpol-wikileaks-ca02f96.html

Le fondateur de WikiLeaks recherché par Interpol (Reuters)

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, fait désormais l'objet d'un avis de recherche international ("notice rouge") diffusé mardi soir par Interpol pour viol et agression sexuelle présumés.

L'ancien pirate informatique est aujourd'hui au coeur d'une controverse mondiale après la diffusion par son site de deux cent cinquante mille  télégrammes confidentiels du département d'Etat.

En Suède, où il a tenté d'établir son site afin d'y profiter de la législation poussée du pays en faveur de la protection des sources journalistiques, le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des allégations de viol, violences sexuelles et contrainte illégale portées à son encontre. Son arrestation a été ordonnée le 18 novembre.

Julian Assange rejette ces accusations et dénonce "un cirque judiciaire" lié à ses activités.

Sur son site, Interpol précise que toute personne disposant d'information sur Assange devra contacter la police. Les notices rouges autorisent la transmission à l'étranger de mandats d'arrêt émis par des autorités de police nationales.

Natif d'Australie, âgé de 39 ans, Julian Assange entretient le mystère sur ses déplacements et lieux de résidence.

Le fondateur de WikiLeaks a indiqué ce mois-ci qu'il pourrait demander l'asile politique en Suisse. L'Equateur s'est dit prêt à l'accueillir avant de revenir sur son offre, le président Rafael Correa ayant regretté que WikiLeaks ait enfreint la loi.

Interrogée par la radio australienne, la mère de Julian Assange s'est déclarée inquiète pour son fils mercredi. "C'est mon fils, je l'aime, et je ne veux pas le voir traqué et emprisonné", a déclaré Christine Assange, qui tient un théâtre de marionnettes dans le Queensland. "Beaucoup de choses qui ont été écrites sur moi et Julian sont fausses."

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 15:01

 

Collectif pour une Tendance Révolutionnaire du NPA,

LE MOUVEMENT HISTORIQUE CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES CONFIRME L’URGENCE DE RÉAXER LA CONSTRUCTION DU NPA

POUR UN PROGRAMME DE TRANSITION RÉVOLUTIONNAIRE

POUR L’IMPLANTATION PRIORITAIRE DANS LE PROLÉTARIAT
POUR LA FUSION AVEC L’AVANT-GARDE DE LA LUTTE

La lutte contre la réforme des retraites se termine certes par une défaite revendicative, mais son ampleur et sa profondeur lui donnent une importance historique pour la reconstruction du mouvement ouvrier à partir des expériences mêmes de la lutte des classes. Même s’il s’agit encore d’une lutte défensive, comme toutes celles qu’on a vécues depuis 1995, un palier a été franchi dans la combativité du prolétariat et les progrès de la conscience de classe. En ce sens, c’est une relative défaite politique ou une victoire à la Pyrrhus pour la bourgeoisie et Sarkozy : ils croyaient éviter la résistance grâce à la collaboration des directions syndicales et réformistes, a fortiori du PS ; mais ceux-ci ont été débordés par la levée des masses, ils ont dû la suivre pour mieux la canaliser par des journées d’action plus rapprochées et ont finalement évité de justesse la paralysie du pays qui commençait à faire paniquer le patronat et le gouvernement. Ce mouvement est sans conteste la plus forte réponse à la crise du capitalisme depuis la grève générale antillaise, la préfiguration de 2009 en France et le printemps 2010 en Grèce ; il a été suivi de près par les gouvernements, les médias et les travailleurs du monde entier, et pourrait contribuer à relancer ou nourrir les mobilisations dans les pays voisins, notamment en Espagne, au Portugal ou en Grande-Bretagne.

Il faut en tirer les leçons au plus vite par la discussion collective, réaxer l’orientation générale et l’intervention quotidienne des militants anticapitalistes, à commencer par notre propre parti, pour nous hisser à la hauteur de la nouvelle situation. De fait, il y a une polarisation croissante entre la classe dominante contrainte de poursuivre ses attaques et le prolétariat qui redresse la tête. De ce point de vue, les débats et divergences programmatiques et stratégiques qui traversent le NPA à l’occasion du congrès doivent être relancés à partir des enjeux les plus concrets, qui concernent à la fois les prochaines étapes de la lutte de classe et la défense d’un projet clairement marxiste révolutionnaire qui s’assume comme tel et permette de gagner contre les réformistes l’avant-garde du mouvement. C’est ainsi que l’on contribuera à la préparation des prochains affrontements rendus inévitables par la gravité de la crise capitaliste et qui seront sans doute encore bien plus profonds et radicaux que ce mouvement de septembre-octobre 2010.

Ampleur et profondeur du mouvement

Durant deux mois, la lutte a entraîné des millions de manifestants, une puissante mobilisation de la jeunesse, des centaines de milliers de grévistes, la grève reconductible dans plusieurs secteurs importants, de multiples actions de blocages économiques dans tout le pays, une effervescence et une inventivité considérables des masses (slogans, actions, auto-organisation...), un soutien continu de la majorité... Plus large et profond que les précédents, ce mouvement a combiné leurs caractéristiques en les intensifiant : grèves reconductibles de 1995 et 2003, lutte lycéenne et révolte de la jeunesse des quartiers de 2005, grève générale étudiante auto-organisée contre le CPE de 2006, entrée en scène du prolétariat industriel, partielle mais importante, qui avait marqué les grandes mobilisations de 2009. Plus précisément, sa principale nouveauté réside dans son ampleur inter professionnelle à l’échelle de tout le pays, qui s’est concrétisée non seulement par le nombre et la massivité sans précédent des cortèges, mais aussi par la présence importante du privé en leur sein, de nombreux débrayages dans les entreprises, le fort soutien aux secteurs en grève reconductible, la multiplication des Assemblees Generales inter professionnelles, présentes dans près d’une cinquantaine de villes ;


Elle reside dans sa profondeur politique, le mouvement charriant au-delà de la question des retraites toutes les colères accumulées contre un gouvernement Sarkozy discrédité, apparaissant plus que jamais après l’affaire Woerth-Bettencourt comme illégitime, au service des banquiers et des grands patrons, voulant faire payer la crise aux travailleurs ;


Elle reside dans un début de convergence entre la jeunesse radicalisée et les travailleurs, dont le potentiel explosif a fait peur au gouvernement et aux patrons, d'où la politique répressive et la campagne médiatique de stigmatisation face à l'entrée des lycéens dans la lutte ;

Elle reside dans la radicalité des actions par lesquelles une avant-garde large a tenté de déborder la stratégie de l’intersyndicale nationale : alors que celle-ci n’a cessé de réclamer des « négociations », des centaines de syndicats de base, d’Unions Locales, d’Unions Departementales, voire certaines fédérations ont exigé le retrait.

Alors que les bureaucrates syndicaux ont refusé d’appeler à la grève générale ou même d’étendre les grèves reconductibles, les salariés de secteurs concentrés et stratégiques de la classe ouvrière, comme ceux des raffineries, du rail ou du port de Marseille, ainsi que les fonctionnaires territoriaux dans un certain nombre de villes, se sont mis en grève reconductible, constituant l’avant-garde du mouvement, entraînant les autres travailleurs mobilisés, qui ont organisé la solidarité financière et des actions de soutien aux grévistes.

Dans certaines villes comme au Havre ou à Marseille, il y a eu des débrayages tous les jours dans de nombreuses usines du privé. Alors que l’intersyndicale nationale a refusé de soutenir les blocages, appelant au contraire au « respect des biens et des personnes », les équipes syndicales combatives (SUD, bases de la CGT et dans une moindre mesure de la FSU) et/ou les Assemblees Generales interprofessionnelles ont impulsé les blocages de centres ou de nœuds stratégiques (dépôts de carburants, axes routiers, chemins de fer, ports, aéroports, déchetteries), qui resteront l’un des traits les plus marquants de ce mouvement dans la mesure où ils ont été incomparablement plus nombreux que ceux des étudiants en 2006 : mis en œuvre cette fois avant tout par des travailleurs, généralement comme points d’appui pour la construction de la grève (aides au blocage économique et convergence des grévistes dans l’action), ils prouvent le progrès de la conscience de classe, la compréhension que les prolétaires, parce qu’ils font tourner l’économie, sont aussi capables de la bloquer, et qu’il faut tout faire pour les y aider. De ce point de vue, l’Assemblee Generale inter professionnelle du Havre (organisant à la base de nombreux grévistes, y compris du privé, sous la direction d’une intersyndicale combative), celles de Tours, de Lens, du 92 Nord ou de Saint-Denis ont joué un rôle particulièrement important.

Limites de la spontanéité et trahison des directions

Le mouvement s’est cependant heurté à des limites évidentes :


D’un point de vue programmatique, le mouvement est resté focalisé sur la réforme des retraites, sans constitution de plate formes revendicatives plus larges sur les salaires, la précarité et les conditions de travail, alors que c’était nécessaire pour entraîner des secteurs entiers du prolétariat qui sont plus préoccupés par leur exploitation et leur vie immédiates ou qui ne croient de toute façon pas à la possibilité de toucher une retraite décente dans un avenir plus ou moins lointain. A contrario, la mise en avant de revendications catégorielles a considérablement dynamisé la mobilisation dans un certain nombre de secteurs parmi les plus mobilisés, comme les raffineries, le port de Marseille, les éboueurs de plusieurs grandes villes... Et la puissante lutte des lycéens s’est nourrie de la question des retraites comme d’un simple prétexte pour dire le refus d’une vie de précarité, exiger le droit à un avenir digne.

La grève reconductible est restée non seulement sectorielle, mais minoritaire en dehors des raffineries et des terminaux du port de Marseille.

Chez les cheminots, elle a été assez importante (autour de 20% selon la CGT entre le 12 et le 21), mais pas assez pour paralyser le trafic, d’autant que les dispositifs anti-grève sur le « service minimum » ont été efficaces.


La défaite de la grève reconductible en 2007 (réforme du régime spécial) et l’échec de celle lancée au printemps dernier dans certaines régions (notamment au Sud de la France) ont pesé sur la motivation des cheminots. De même, les enseignants ont été assez peu nombreux à se lancer dans la reconductible, en dehors des équipes militantes les plus radicales ; là aussi, la défaite de 2003 a pesé, d’autant plus que la réforme qui était passée alors a déjà brisé la possibilité de partir en retraite à soixante ans pour une profession où l’on commence à travailler tard. Enfin, la mobilisation des étudiants est restée limitée, elle n’a pas pris le relais des lycéens à une échelle de masse en dehors des universités traditionnellement les plus combatives (Rennes-II, Toulouse-III, Paris-I Tolbiac, Caen...) ; cela s’explique tant par la rentrée décalée, qui n’a pas donné le temps de construire profondément le mouvement étudiant, que par les défaites récentes sur la LRU (2007 et 2009).

Les travailleurs du privé, en dehors des raffineries et des ports où les salariés ont des statuts qui les rapprochent des travailleurs du secteur public tels que les cheminots (statut des dockers, héritage chez Total des acquis de l’ancienne entreprise nationale), ont manifesté massivement, mais ne sont pas entrés en grève reconductible et ont globalement peu fait grève, même si le nombre élevé de débrayages ponctuels, parfois répétés, et la taille de certains cortèges les jours de grève nationale, sont des élément extrêmement prometteurs pour la suite. Globalement, la mobilisation du secteur privé confirme qu’il est bien revenu sur la scène de la lutte des classes, comme on avait pu commencer à le voir en 2009, mais l’usage de l’arme de la grève se heurte encore aux obstacles des bas salaires et de la précarité, ainsi qu’à l’absence de syndicats dans de très nombreuses entreprises.

L’auto-organisation est restée assez faible, notamment dans les secteurs en grève reconductible, qui étaient pour la plupart dirigés par la « gauche » bureaucratique de l’appareil CGT sur une ligne certes plus combative que la direction confédérale, mais sans réelle volonté de mettre en cause celle-ci et moins encore d’impulser l’auto-organisation des travailleurs.

Les Assemblees Generales inter professionnelles ont dès lors rarement été impulsées par les secteurs qui se trouvaient à la pointe du mouvement et beaucoup ont gardé un caractère d’avant-garde restreinte et essentiellement activiste, autour de militants de Solidaires, d’anarchistes, plus rarement de camarades du NPA.

Cependant, ces limites auraient pu être largement dépassées par la dynamique du mouvement spontané étant donné sa profondeur, mais les directions syndicales et réformistes ont tout fait pour que cela n’arrive pas, pour contenir la montée vers la grève générale. Certes, elles n’ont ni signé la contre-réforme, contrairement à la CFDT en 2003, ni appelé expressément à la fin de la lutte. Elles ont pu ainsi paraître comme combatives et fermes face à un gouvernement qui ne voulait rien leur céder. De fait, cela a contribué à faire entrer de nombreux travailleurs dans la mobilisation et beaucoup qui n’avaient jusqu’à présent aucune expérience de lutte demandent aujourd’hui à adhérer à un syndicat, démarche qui exprime par elle-même une élévation de la conscience de classe. C’est d’ailleurs le sens de la publicité faite aux caisses de grève des uns et des autres, sur fond de concurrence pour gagner les
travailleurs éveillés à la lutte... alors que l’existence même de ces caisses avait été cachée au moment clé du mouvement, quand elles auraient pu jouer un rôle décisif parce que les travailleurs en greve reconductible se demandaient s’ils pourraient tenir longtemps et que d’autres hésitaient à les rejoindre en raison du coût de la grève.

Car l’image relativement ferme qu’ont pu donner les directions syndicales aux travailleurs les moins expérimentés ne saurait masquer leur responsabilité centrale dans le délitement de la grève reconductible et, à partir de là, la défaite revendicative du mouvement. Après avoir participé à toutes les concertations avec Sarkozy, elles n’ont jamais revendiqué le retrait du projet de loi et n’ont pas appelé à la grève générale, ni même à l’extension de la grève reconductible. Elles sont allés jusqu’à condamner implicitement les blocages, ont laissé piétiné le droit de grève en ne s’opposant pas aux réquisitions dans les raffineries, n’ont pris aucune initiative sérieuse contre la répression policière. Elles ont sciemment organisé l’isolement et donc le découragement des grévistes, sous prétexte de s’en remettre à leurs décisions. Par contre, elles n’ont soumis à personne leurs seules vraies décisions : celles d’appeler à des journées d’action jusqu’à épuisement tout en quémandant des « négociations » à Sarkozy, au lieu de proposer et de construire une stratégie pour le vaincre.

La politique des équipes syndicales de lutte et des organisations d’extrême gauche

Il était cependant possible d’aller beaucoup plus loin dans le débordement des directions syndicales. Les travailleurs les plus mobilisés ont poussé en ce sens, les obligeant par leur activité effervescente à appeler à des journées d’action plus rapprochées pour garder le contrôle du mouvement et les empêchant de combattre ouvertement les grèves reconductibles et les blocages. S’il y avait eu une force capable de porter au niveau national une orientation frontalement alternative à celle des directions syndicales, elle aurait permis que se constitue un pôle de radicalité qui aurait pu porter dans tout le pays la ligne de la grève générale et de l’auto-organisation.

Un tel pôle a de fait commencé à se constituer dans certains endroits, avec des équipes syndicales combatives, surtout des SUD et de nombreux syndicats ou militants CGT.

Cependant, du côté de Solidaires, la direction s’est certes prononcée constamment pour la grève générale, soutenant la greve reconductible et les blocages, ce qui a constitué indéniablement un point d’appui pour leur extension et leur approfondissement ; mais elle ne s’est pas posée comme alternative à l’intersyndicale, refusant de combattre celle-ci clairement et frontalement sous prétexte de ne pas briser l’« unité », alors que sa politique traître empêchait la généralisation de la grève ; et elle a été jusqu’à signer les deux derniers communiqués de l'Intersyndicale, datant de début novembre, c'est-à-dire lorsque les confédérations essayaient de couvrir leur trahison par des appels à de nouvelles journées d'action sans aucune perspective.

Du côté des équipes combatives de la CGT, l’absence d’une opposition structurée au niveau national a lourdement pesé, les réduisant à une certaine dispersion malgré leur nombre. De plus, le discours « gauche » de certaines fédérations comme celles de la chimie ou des cheminots et de certaines Unions Departementales comme celles de Paris, de Marseille ou de Seine-Maritime, s’appuyant sur la reconductible, a pu limiter la radicalisation des militants en donnant l’illusion de la radicalité alors qu’il s’agissait en fait uniquement, au niveau national, d’une orientation de bureaucrates de gauche qui n’ont jamais combattu sérieusement l’orientation confédérale et ont fini par pousser plus ou moins discrètement à la reprise du travail. Dans certaines raffineries, comme à Donges, la CGT a même organisé des votes à bulletin secret avec la participation des cadres et des non-grévistes pour arrêter la grève. De même,
certaines structures ont vu dans les actions de toutes sortes et notamment les blocages un moyen de faire passer sous un vernis de radicalité leur refus de se battre sérieusement pour construire la grève dans une perspective de grève générale. Enfin, même les syndicats CGT les plus combatifs, par exemple dans certaines gares SNCF, ont pour la plupart refusé toute auto-organisation des travailleurs, empêchant le plein développement de la réflexion politique sur les fins et moyens du mouvement.

Du côté des principales organisations politiques d’extrême gauche, on a manqué d’un parti clairement révolutionnaire. Les militants de Lutte ouvrière ont pu participer aux grèves, débrayages et actions sur le terrain ; mais la direction de cette organisation, en cohérence avec sa conception d’un interminable reflux du mouvement ouvrier, a considéré qu’il s’agissait d’un petit mouvement ne mettant nullement à l’ordre du jour le combat pour la grève générale, et que la classe ouvrière n’était guère mobilisée ; de plus, elle n’a rien trouvé à redire à la politique des directions syndicales, refusant de les critiquer, appelant simplement à être le plus nombreux possible à leurs journées d’action !

La direction du Parti Ouvrier Indépendant a exigé le « retrait sans conditions du plan du gouvernement » et s’est prononcée pour la « grève unie pour imposer ce retrait », mais sans parler ni de grève générale, ni même de grève jusqu’au retrait, ni des grèves reconductibles, ni des blocages. Et surtout, elle a comme d’habitude collé à la direction de Force Ouvriere qui demandait certes le retrait, mais se prononçait comme les autres pour « une autre réforme » et de nouvelles « négociations », et qui parlait certes de « grève interprofessionnelle », mais seulement « de vingt quatre heures » — seuls les lambertistes du POI faisant croire que Force Ouvriere appelait à la « grève générale »...

Quant à notre parti, le NPA, beaucoup de camarades ont participé en première ligne à la grève reconductible et aux blocages, la direction s’est prononcée à juste titre pour le retrait du projet et pour chasser Sarkozy, elle a appelé clairement à la grève reconductible et au blocage et il lui est même arrivé de parler de la grève générale. Mais sa ligne a été hésitante et oscillante suivant les événements... et selon l’auteur des tracts ou articles de Tout est à nous ! La question de la grève générale n’a nullement été au centre de l’orientation : elle a pu être en titre d’un numéro du journal (n° 72) et d’un tract (semaine du 5 octobre), mais elle a disparu aux moments clés (« unes » des journaux suivants, tracts nationaux des 10 et surtout du 18 octobre). De plus, la critique des directions syndicales est restée d’un bout à l’autre insuffisante : elle a été limitée dans le journal, diffusé à petite
échelle, et a disparu purement et simplement des tracts, distribués quant à eux en masse. En effet, sous prétexte de ne pas démoraliser les travailleurs, la direction du NPA a refusé de mener le combat politique combinant dénonciation et interpellation des directions syndicales ; cela laisse croire aux militants qu’il serait possible de contourner cet obstacle majeur par la seul investissement dans les grèves et les actions tous azimuts. Pire : quand ils ont été explicitement interrogés par les journalistes sur la stratégie des directions syndicales, O.r Besancenot et Alain Krivine ont tu totalement leurs critiques, voire les ont soutenues ! De façon générale, la direction du NPA a constamment prétendu que les nouvelles journées d’action des directions syndicales étaient des points d’appui pour la lutte, alors que leur stratégie s’opposait centralement à celle de la grève générale et menait inévitablement au délitement.

Dès lors, les camarades du NPA n’ont pas été armés politiquement pour affronter correctement le verrou majeur qu’il s’agissait de faire sauter.

Or, tant que les travailleurs n’auront pas pris conscience de la politique traître des bureaucrates, ils ne seront pas prêts à s’engager massivement dans la construction de structures d’auto-organisation telles que les comités d’entreprise et de grève, ils ne pourront donc pas construire une direction alternative sur la base d’un programme rompant avec le réformisme.

Même les camarades de la position 2 (ex-B) liés au 92 Nord et au secteur jeunes, avec qui les membres du CTR se sont retrouvés sur la ligne de la grève reconductible, des blocages aidant au développement de la grève et de l’auto-organisation, ont refusé d’affronter la politique des directions syndicales, croyant pouvoir la contourner par le seul volontarisme activiste, allant jusqu’à dépolitiser les Assemblees Generales et coordinations inter professionnelles :  refus d’étendre les revendications au-delà des retraites, opposition à la critique et à l’interpellation des directions syndicales, soutien sans critique à leurs journées d’action, cécité face au reflux dû précisément à la trahison.

Les membres du Collectif pour une Tendance Révolutionnaire sont intervenus dans le mouvement sur la base d’une orientation politique combinant le combat pour une plate-forme revendicative élargie partant des aspirations immédiates des masses, la critique systématique et l’interpellation des directions syndicales et réformistes, la participation résolue aux grèves, aux actions de soutien aux grévistes, aux blocages et aux processus d’auto-organisation comme les comités de grève, les Assemblees Generales et réunions inter professionnelles, embryons de démocratie ouvrière regroupant les travailleurs syndiqués ou non, disposant d’une emploi pérenne ou précaire.

Pour que le NPA intègre les travailleurs et jeunes de l’avant-garde du mouvement sur la base d’un programme prolétarien et révolutionnaire

Le bilan de la lutte doit être au cœur des débats du congrès, car c’est là que se sont concrétisées les différentes orientations proposées. Si le NPA, depuis le processus fondateur, avait fait de l’implantation dans le prolétariat une priorité de sa construction, au lieu de penser constamment à des accords avec le Front de gauche pour les élections, il aurait pu peser beaucoup plus dans les secteurs clés et dans les grandes entreprises.

Si le NPA s’était doté d’un programme de transition clairement révolutionnaire, il aurait armé politiquement une avant-garde qui aurait dynamisé le mouvement en clarifiant ses enjeux et en combattant les réformistes en théorie comme en pratique. Si, comme le demandent en vain de nombreux militants (déjà du temps de l’ex-LCR !), le NPA avait impulsé avec des syndicalistes combatifs un courant intersyndical lutte de classe, notamment dans la CGT à l’occasion du congrès confédéral de l’an passé, il aurait affronté ce mouvement avec un instrument décisif pour mener le combat à l’intérieur des confédérations en s’appuyant sur le mouvement des masses.

Si, durant le mouvement, tout le NPA s’était investi à fond dans les processus d’auto-organisation, à commencer par les Assemblees Generales inter professionnelles qui ont été actives dans près de cinquante villes, il aurait aujourd’hui beaucoup plus de liens avec les travailleurs et les jeunes les plus combatifs et pourrait contribuer à maintenir ces instruments extrêmement précieux (certains parmi les plus efficaces datant de 2006, comme au Havre, voire de 2003) ; c’est important pour aider l’avant-garde à faire le bilan politique du mouvement et par là même à se préparer pour les prochaines luttes, pour soutenir les luttes partielles ou catégorielles qui ne vont pas manquer de resurgir dans les prochaines semaines ou les prochains mois tant ont été grandes la profondeur du mouvement et la colère contre le gouvernement.

C’est à ces tâches qu’il faut s’atteler maintenant, en rompant avec la politique mise en œuvre par la direction du parti depuis sa fondation, en rejetant ses « réponses à la crise » et ses propositions pour l’orientation à venir du NPA, par lesquelles elle voudrait aller encore plus loin dans la dérive vers le réformisme. Pour le Collectif pour une Tendance Revolutionnaire, le grand mouvement de septembre-octobre confirme la nécessité d'un NPA ancré dans la classe ouvrière et la jeunesse en défendant sur le terrain de la lutte des classes un programme et une stratégie clairement révolutionnaires, qui tranche les ambiguïtés des principes fondateurs. Ces axes sous-tendent la « plate-forme 4 » soumise au congrès, où sont développées les analyses du CTR, son bilan du NPA et ses propositions.

Il s’agit de s’atteler enfin à la tâche historique de reconstruire le mouvement ouvrier en partant des luttes réelles, en en tirant les leçons et en se préparant le mieux possible aux prochaines. C’est le moment pour le NPA d’entrer dans les usines, de s’implanter dans les secteurs les plus stratégiques, afin d’influencer les prolétaires qui commencent à se repolitiser et de pouvoir intervenir au cœur des grands combats de classe qui s’approchent. L’enjeu immédiat est de gagner les milliers de travailleurs et de jeunes qui se sont mis en grève reconductible, qui ont mené les actions de blocages, qui se sont auto-organisés sur leurs lieux de travail et dans les Assemblees Generales inter professionnelles : il n’y a aucune raison de les laisser capter par les réformistes des directions syndicales, du PCF ou du Parti de Gauche, ni même par des courants anarchistes ou autonomes qui nous disputeront d’autant plus la
radicalité que nous manquerons de clarté stratégique.

Il s’agit de franchir un pas décisif dans la constitution d’un NPA, en intégrant les plus combatifs, avec leurs expériences et leurs réflexions, et en les nourrissant des nôtres, de nos acquis comme de nos clarifications indispensables. Il s’agit de nous fusionner avec l’avant-garde du mouvement réel en nous dotant d’un programme marxiste révolutionnaire.

Paris, le 28 novembre 2010



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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 21:11

 

http://www.baleiniers.org/component/content/article/1-commun/134-communique-du-comite-de-soutien-du-21112010

Communiqué du Comité de Soutien du 21/11/2010 

Nous vous remercions du soutien que vous avez manifesté à nos quatre camarades mis en cause par le Ministre de l'Intérieur maintenant en charge de l'immigration. Entre pétitions sur papier et pétition en ligne, ce sont plus de six mille cinq cent signatures qui manifestent l'indignation des citoyen-ne-s. Le procès de nos camarades étant prévu pour le 3 décembre, nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite pour leur manifester, avec encore plus de détermination, notre soutien et pour créer le rapport de force nécessaire. Faisons en sorte que la justice reconnaisse que nos camarades sont injustement poursuivi-e-s, qu'elle reconnaisse que tous les citoyen-ne-s ont le droit de penser l'histoire qui s'écrit en s'éclairant de celle du passé, fût-elle peu glorieuse, voire honteuse, qu'elle reconnaisse que l'expression de leur opinion est un droit (constitutionnel).

Dans ce cadre, le Comité de soutien aux quatre prévenu-e-s de Tours organise le samedi 27 novembre, après-midi, place Jean Jaurès à Tours, une opération Des boutons Hortefeux, au cours de laquelle les pétitions seront exposées et un support symbolisant le ministre subira une crise d'urticaire que nous souhaitons multicolore : nous entendons ne pas renoncer à l'humour politique sous prétexte que le Ministre n'entend pas les métaphores. Nous espérons que beaucoup d'entre vous pourront se joindre à nous.

Le 3 décembre, jour du procès, nous vous attendons nombreux à 9 heures devant le Palais de Justice. Il nous faut obtenir: LA RELAXE DES QUATRE PREVENU-E-S DE TOURS.

Vous trouverez ci-dessous la liste des soutiens d'organisations que nous avons enregistrés, ils figurent sur le site. Cette pétition sera remise au tribunal le jour du procès. Des personnes nous ont signalé qu'elles avaient signé pour leur organisation et que ceci n'avait pas été pris en compte.

Merci donc de vérifier cette liste et si vous êtes dans cette situation de nous communiquer l'organisation dont nous devons enregistrer le soutien par un mail à : contact@baleiniers.

Nous avons pour chaque soutien rédigé un petit article sur notre site dans la rubrique « Elles et ils nous soutiennent» que vous pouvez améliorer si vous le souhaitez en nous écrivant.

Le Comité de Soutien des 4 prévenu-e-s de Tours




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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:59

 

http://www.liberation.fr/societe/01012304422-a-la-cite-de-l-immigration-les-sans-papiers-ne-lachent-pas-le-morceau

25/11/2010 à 15h38

A la Cité de l’immigration, les sans-papiers «ne lâchent pas le morceau»

Témoignages

Fabien Soyez

Ils sont cinq cents. Cinq cents travailleurs sans-papiers en grève depuis un an. Et cela fait déjà quarante-huit jours qu’ils occupent le hall du Cité nationale de l’immigration, dans le XIIe arrondissement à Paris, réclamant leur régularisation. Le lieu, qui a accueilli une exposition coloniale en 1931, est symbolique. «Ils viennent tous des anciennes colonies, à part quelques Chinois qui sont arrivés récemment. C’est devenu une sorte de village», lance Koko Keita, l'un des délégués des sans-papiers.

Avec 60 autres délégués, il surveille les allées et venues, pour éviter que des intrus viennent «faire des bêtises». Soupirs. «Ça fait déjà treize mois de lutte. Ça traîne. L’Etat ne fait pas grand-chose, alors qu’on est censés être dans un pays d’asile.» Parti du Mali en 1999, Koko paie des cotisations sociales et des impôts, «comme tout le monde», mais se sent «laissé sur le bas-côté». «Il y en a ici qui vivent en France depuis vingt ou vingt-cinq ans! Ils ne peuvent pas rentrer d’où ils viennent, ils n’ont rien là-bas. Leur pays, maintenant, c’est la France.»

Avant de rejoindre le mouvement des grévistes sans-papiers, Koko travaillait pour une entreprise de ventilation. «Ça faisait onze ans que je bossais là-bas, au noir. Et un jour, mon patron a demandé à tout le monde de montrer leurs papiers. Quand il a vu que j’avais des faux papiers, il m’a viré.»

A droite, Toufiq, bénévole, aide Koita à constituer son dossier.

Assis à une table, Koita Madigoundo sort minutieusement des photocopies d’un épais classeur vert. En face de lui, Toufiq, 66 ans, l’aide à constituer son dossier, en vue d’une demande de régularisation. «On leur demande un passeport valide, la preuve qu’ils ont travaillé pendant un an avant leur cessation d’activité, et leur moyen d’entrée en France, explique le bénévole. S’ils sont entrés clandestinement, ils doivent signer une déclaration sur l’honneur qui précise la date d’entrée sur le territoire…»

Par chance, nombreux sont les sans-papiers à avoir au moins un passeport. «Je ne préfère pas penser à ceux qui n’ont pas le moindre papier…» Koita, 28 ans, étale ses documents sur la table. «Comme beaucoup d’autres, j’ai quitté le Mali pour gagner ma vie. Je suis ici pour travailler. Si je demande des papiers, c’est pour travailler», insiste-t-il.

«Soit on gagne, soit on meurt»


A la Cité de l’immigration, le calme est impressionnant. Pourtant, l’impatience et la colère planent. Depuis le 7 octobre, date de l’occupation du musée (lire ici), quelque deux cent dossiers ont été déposés, sur les deux mille envoyés depuis le mois de juillet. «Les préfectures sont submergées par nos dossiers, explique Antoine Roméo, secrétaire fédéral CGT. Elles ont un peu du mal à suivre le rythme.» Sur six mille huit cent quatre grévistes, «il n’y a eu que cinq cent régularisations, depuis juin. Les grévistes sont à bout, mais ils tiennent debout. De toute façon, soit on gagne, soit on meurt. Ils n’ont plus le choix».

Dans le hall, Bala, 31 ans, raconte: «Je suis arrivé il y a douze ans, caché dans un bateau. Tout ça pour vivre dans l’ombre. Là où je travaillais, c’est l’humiliation totale. On profite de quelqu’un qui n’a pas de moyens, on le fait travailler jusqu’à pas d’heure. On n’est même pas sûrs d’être payés à la fin. C’est de l’esclavage, c’est inacceptable!» Froncement de sourcils. Air résolu. «Je ne partirai pas d’ici avant d’avoir mon récépissé.» Car chacun attend, fébrilement, de recevoir son récépissé avec autorisation de travail, qui lui permettra de travailler légalement en France pendant l’examen de sa demande de carte de séjour.

«Pas de liberté pour nous»

Assis sur un matelas, Fofana Noumo, sénégalais, a enchaîné les petits boulots. A 39 ans, il a «fait des demandes depuis 1997, toutes refusées.» «On est ici depuis des lustres et rien n’a bougé. On est fatigués. Mais on ne lâchera pas le morceau» A côté de lui, Ibrahima, 50 ans, le regard dur: «On vient des anciennes colonies, on devrait être régularisés depuis longtemps! Quand je suis arrivé du Mali, j’avais entendu dire que la France était un pays de droit, mais il n’y a pas de droits, pas de liberté pour nous.»

En début d'après-midi, une centaine de sans-papiers se déploie, en file indienne. C’est l’heure de la distribution de repas chauds, par des bénévoles de l’association Chorba. Se détachant de la file, Modibo, 23 ans, s’emporte: «On en a marre de voir des journalistes passer tous les jours, sans que ça change. Si ça ne bouge pas, ça va exploser!»



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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:05

 

http://www.lalsace.fr/fr/permalien/article/4213333/Mulhouse-le-proces-des-militants-juges-pour-appel-au-boycott-d-Israel-reporte-a-fevrier.html

Mulhouse : le procès des militants jugés pour appel au boycott d'Israël reporté à février

Le procès de douze militants pro-palestiniens, poursuivis pour «incitation à la haine raciale» après avoir appelé à boycotter des produits israéliens, prévu lundi à Mulhouse, a été reporté à février 2011, a-t-on appris vendredi auprès de leur avocat.

«L'audience a été reportée car le président de la chambre correctionnelle est malade», a précisé Maître Thomas Wetterer. Le procès devrait désormais avoir lieu courant février, a-t-il précisé.

Les militants sont poursuivis pour leur participation à deux actions menées en septembre 2009 et en mai 2010 dans un hypermarché de l'agglomération mulhousienne, où ils avaient appelé les consommateurs à boycotter les produits fabriqués par des sociétés israéliennes en provenance des Territoires palestiniens.

A la suite de plaintes du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), quelque quatre vingt personnes sont poursuivies en France pour des faits similaires.

Il y a deux semaines, une amende de mille euros a été requise à Créteil (Val-de-Marne) contre un militant pro-palestinien qui avait diffusé sur internet une vidéo tournée dans un supermarché et appelant au boycott des produits israéliens.

Fin octobre, une militante de la Ligue des droits de l'Homme a été condamnée à Bordeaux à mille euros d'amende pour avoir apposé un autocollant «boycott apartheid Israël» sur des jus de fruits.

Mi-octobre, le tribunal de Pontoise avait prononcé la nullité des poursuites engagées contre deux militants, dont la sénatrice de Paris Alima Boumediene-Thiery (Verts).

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 21:20

 

http://www.marianne2.fr/Affaire-Karachi-publiez-les-debats-du-Conseil-Constitutionnel-_a200262.html

Affaire Karachi: publiez les débats du Conseil Constitutionnel !

Il y a quinze ans, le Conseil Constitutionnel valide les comptes de campagnes de Balladur et Chirac. Chose qu'il n'aurait pas dû faire. Roland Dumas, président du Conseil à l'époque brandit l'étendard de la démocratie afin d'empêcher le camouflet aux deux candidats. Il se dit aujourd'hui favorable à la publication des débats mais les sages actuels font barrage.

Pour Philippe Bilger, la levée du secret par l'Etat est indispensable.

La démocratie française a été bafouée. Honte et indignation. Mais rétrospectives. Pas de quoi fouetter un chat ! C'est si ancien, cela date du mois d'octobre 1995. De l'eau a coulé sous les ponts et des abus dans l'Etat. On a bien autre chose à faire, à penser. On veut du frais, du neuf, de l'inédit, même dans le pire. On a tort. Il faut se replonger dans une majestueuse ignominie, dans une solennelle magouille. Remercier Le Monde et deux journalistes de qualité, Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert-Diard qui excelle dans la chronique judiciaire parce qu'elle n'a ni idoles ni « repoussoirs ». Lire, toutes affaires cessantes, « Petits comptes entre « sages » » et s'interroger.

En 1995, en France, on était où, dans quoi ? Peut-il y avoir de la République quand le secret autorise tous les arrangements, valide contre le droit et vient en quelque sorte s'expliquer quinze ans plus tard avec une sorte de cynisme souriant et aimable ? Mais je suis injuste avec Roland Dumas parce que, sans lui, nos journalistes n'auraient rien su et nous serions tous demeurés dans une quiète ignorance. On aurait eu le loisir de supputer mais aujourd'hui impossible de faire comme si nous n'étions pas partie prenante de ce qu'une haute instance a manigancé en 1995 pour ne pas ajouter, paraît-il, du désordre à l'illégalité.

Si on avait appliqué comme il convenait les règles, les comptes de campagne d'Edouard Balladur n'auraient pas dû être validés mais ceux de Jacques Chirac non plus, encore plus douteux apparemment. C'est Roland Dumas qui a fait valoir qu'un double choc de cette importance ne pouvait pas décemment être causé. A la rigueur Balladur mais s'il devait entraîner Chirac dans sa chute et ses mécomptes, c'était inconcevable !

On a donc refait les comptes et, miracle, ils tombaient - comme l'expression est mal choisie - « juste ». Le tour de passe-passe accompli, on a voté une validation qui est passée de « justesse ». En effet, quatre voix y étaient hostiles, quatre favorables et c'est le président Dumas qui a fait pencher la balance en faveur de la régularisation. Guère étonnant quand on connaît le parcours, l'intelligence tactique et la tolérance de cette personnalité moins indignée par les défaillances morales et politiques que par l'indignation elle-même. Au Conseil Constitutionnel siégeait également Etienne Dailly qui n'en était plus à un compromis près.

Se défier des apparences, pourtant. Maurice Faure qu'on n'aurait pas imaginé si ferme a été l'un des rares à protester contre la démarche de Roland Dumas qui estimait inconcevable « de remettre en cause la démocratie » et suggérait la solution accommodante qui épargnerait aussi bien Edouard Balladur que Jacques Chirac.

Honneur final aux quatre courageux qui ont refusé cette « entourloupe ». Honneur, surtout, aux trois rapporteurs dont les noms doivent être cités et qui jusqu'au bout ont manifesté leur hostilité de principe à ces « petits comptes entre sages » et décliné les agapes finales : Martine Denis-Linton, Rémi Frentz et Laurent Touvet.

Affaire Karachi: publiez les débats du Conseil Constitutionnel !
Ce qui s'est passé n'est pas rien. On a décidé de violer la mission qu'on avait à remplir, on a fait fi de la rectitude et de la vérité. Qu'on ne vienne pas soutenir que les justiciers sont fatigants alors qu'en l'occurrence c'est l'Etat de Droit qui s'émeut. Les justiciers voient le mal partout pour justifier une omniprésence qui les flatte. L'Etat de Droit, lui, ne voit le mal que là où il est. « Les sages » l'ont vu et ont mis un voile sur lui. Les opportunités pèsent plus que les obligations.

Il est facile, devant cet exemple éminemment choquant, de mieux appréhender les mécanismes mis en oeuvre par les comités, instances, conseils, autorités, hautes ou petites quand, en violation de leur mandat, ils avalisent l'inacceptable, légitiment la transgression et, en définitive, prétendent justifier les errements dont ils sont conscients par des nécessités qui n'en sont que pour eux.

Une honte française. Le seul qui a osé le dire jusqu'à maintenant est Dominique Paillé (jdd.fr). Pour cela on lui pardonnera bien d'autres complaisances. Dans quelle autre démocratie, même avec tant de retard, une délibération constitutionnelle aussi scandaleuse aurait été accueillie avec tant de réserve, avec une modération aussi étrange ? Notre aptitude à la colère morale s'est-elle émoussée à ce point ? Sommes-nous devenus si accoutumés à l'éthique comme espérance ou nostalgie et à la réalité comme désillusion que plus rien n'est capable de bouger en nous ?

Je veux être équitable avec ce Conseil Constitutionnel de 1995. Il a tout de même invalidé, pour une broutille, les comptes de Jacques Cheminade qui avait recueilli 0,28% des voix. « Ne pouvant bénéficier du remboursement partiel de l'Etat », ce candidat maltraité à la place des autres a été ruiné.

Les informations des juges Trévidic et Van Ruymbeke sur Karachi, avec un registre juridique différent, ont remis en pleine lumière les comptes d'Edouard Balladur, des flux financiers troublants et la folie d'un terrorisme ayant massacré 11 Français en 2002. Dans ces conditions, comment ne pas approuver Roland Dumas qui est favorable à la publication du procès-verbal des débats ? Devant la révélation de ce que « les sages » ont cautionné à leur issue, qui oserait s'y opposer (Marianne 2) ? Il suffit que le Pouvoir autorise la levée du secret. Il n'est que temps.

Le contraire conduirait à un désespoir républicain.

Lundi 29 Novembre 2010

Philippe Bilger


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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 18:46

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101128/twl-iran-liban-hariri-38cfb6d.html

Hariri prône à Téhéran l'unité entre Iraniens et Arabes (Reuters)

Au deuxième jour de sa visite à Téhéran, le Premier ministre libanais Saad Hariri a souligné dimanche la "grande importance" de l'union entre l'Iran et le monde arabe face aux menaces communes, à l'occasion d'une rencontre avec le ministre iranien de la Défense, Ahamad Vahidi.

Le Liban poursuivra sa "résistance" face à Israël, a assuré le fils de Rafic Hariri, ancien Premier ministre assassiné début 2005 à Beyrouth, qui dirige aujourd'hui un gouvernement d'unité nationale comprenant des représentants du puissant Hezbollah, obligé local de l'Iran.

Cette visite de trois jours du leader sunnite en Iran chiite intervient un mois après le voyage au Liban du président Mahmoud Ahmadinejad - la première d'un chef d'Etat iranien dans ce pays.

Ahmadinejad s'était notamment rendu dans les fiefs du mouvement chiite libanais dans les faubourgs sud de Beyrouth et au Sud-Liban, jusqu'à quelques kilomètres à peine de la frontière avec Israël.

Une des raisons de la visite à Téhéran de Hariri, un proche de l'Arabie saoudite, est de tenter d'obtenir de ce pays qu'il apaise les tensions prévisibles au Liban en cas de possibles inculpations de membres du Hezbollah par le Tribunal spécial pour le Liban parrainé par l'Onu, pour l'assassinat de Rafic Hariri.

Les milieux politiques libanais redoutent que ces inculpations, qui pourraient intervenir dans les semaines à venir, ne provoquent des affrontements entre le mouvement chiite, qui nie toute implication dans l'assassinat, et le Premier ministre sunnite et ses alliés pro-occidentaux.

"NE PERDONS PAS DE TEMPS", DIT LE CHEF DU HEZBOLLAH

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré dimanche que les efforts déployés par l'Arabie saoudite et la Syrie, autre alliée du Hezbollah, progressaient mais que le temps commençait à manquer pour désamorcer la crise prévisible que provoquerait l'inculpation de membres de son mouvement par le TSP.

"Ne perdons pas de temps", a-t-il dit, prévenant que si les inculpations de membres de son mouvement intervenaient avant un accord, "nous aurons tous perdu la capacité de gérer les conséquences de ces inculpations".

Hariri a déclaré au site internet public iranien IRIB que "la stabilité, la sécurité et l'unité du Liban jouent un rôle clé dans la résolution des questions internes et régionales".

"Compte tenu de cela, j'ai voulu venir en Iran voir vos réalisations militaires défensives, bien que cela aille à l'encontre de l'opinion de nos ennemis", a-t-il ajouté.

"Le Liban a résisté au régime sioniste jusqu'à présent et poursuivra la résistance. La Palestine, la Syrie, le Liban, l'Irak et l'Iran ont toujours été environnés par le danger. Dès lors, l'unité des Arabes et de l'Iran est une question de grande importance."

Une guerre de trente trois jours a opposé à l'été 2006 Israël et le Hezbollah. Elle a fait mille deux cent morts, principalement des civils, parmi les Libanais, et cent cinquante huit du côté israélien, essentiellement des soldats. En août dernier, un incident frontalier dans lequel un officier israélien, deux soldats et un journaliste libanais ont trouvé la mort a traduit la persistance de la tension à la frontière.

Israël considère que le Hezbollah est le cheval de Troie de l'Iran à sa frontière et, craignant que la République islamique se dote de l'arme nucléaire, n'exclut aucune action préventive pour l'en empêcher. Pour sa part, Ahmadinejad a plusieurs fois souhaité ou prédit la disparition de l'Etat juif.



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