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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 14:12

 

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens dénonce l'attaque meurtrière de la flottille de la liberté pour Gaza, par l'armée israélienne dans les eaux internationales et appelle à manifester pour exiger

La levée du Blocus illégal de Gaza

La fin de l'impunité d'Israël jugement de tous les crimes de guerre

Des sanctions internationales suspension de l'Accord d'association avec l'Union Européenne -

Libération immédiate de tous les militants-es de la solidarité internationale, de toutes les nationalités détenus-es en Israël -

Acheminement de toute la cargaison humanitaire à Gaza sous contrôle international -

Retour de tous les bateaux.

Samedi 5 juin à 15 heures Place de la Bastille à Paris en direction de la Concorde

Sur la tribune à l'arrivée: les Français de la flottille de la liberté pour Gaza

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – Alliance for Freedom and Dignity (AFD) - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la Guerre (AAW-France) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC - France) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugies Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : association des libertés, droits de l’Homme et non-violence  - Collectif Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR P-O) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - - Droit-Solidarité - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) - - Gauche Unitaire (GU) - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - Le Mouvement de la Paix - Les Alternatifs - Les Femmes en noir - Les Verts - Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté - section française Women’s International League for Peace and Liberty (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Organisation de Femme Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) – Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Solidarité Palestine 18e – Une Autre Voix Juive (UAVJ) – Union de Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) - Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS-France) - Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union syndicale Solidaires!






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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:14

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/01/pour-la-presse-israelienne-cette-operation-est-un-echec_1365836_3218.html#xtor=AL-32280184

Pour la presse israélienne, cette opération est "un échec"

LEMONDE.FR | 01.06.10 | 11h29  •  Mis à jour le 01.06.10 | 11h46

A qui la faute ?" s'interroge, mardi 1er juin, le journal Maariv. Au lendemain de l'abordage meurtrier d'un convoi maritime à destination de Gaza par l'arméee, le deuxième quotidien israélien note que "tout le monde blâme tout le monde" : les militaires, le ministère de la défense, les passagers de la flottille, les services de renseignement...

Mais au-delà de cette bataille des responsabilités, Israël a "déjà perdu la bataille des opinions publiques", poursuit le quotidien du soir, tandis que le Jerusalem Post remarque que l'armée s'ingénie à publier des documents accréditant sa version des faits, comme la vidéo diffusée lundi après-midi sur la chaîne de télévision Aroutz 2 où l'on voit notamment un soldat israélien jeté par-dessus bord.

"TROP TARD POUR POUVOIR CHANGER LA DONNE"

"Un désastre pour l'image d'Israël, encore un", renchérit Yediot Aharonot, qui se désole que sur les images de l'assaut diffusées sur toutes les télévisions du monde, "une seule voix demeure silencieuse", celle d'Israël, laissant le champ libre aux "activistes et porte-parole du Hamas qui ont continuellement condamné Israël".

"L'armée a attendu bien trop longtemps", avant de réagir officiellement, se lamente Gil Hoffman dans le Jerusalem Post, "trop tard pour pouvoir changer la donne", et Israël va passer "un moment pénible" après avoir failli dans "ce conflit qui se joue sur le champ de bataille de l'opinon publique internationale".

"Quelle que soit la façon dont on la considère, l'opération elle-même est un échec", estime l'éditorialiste Reuven Pedatzur dans Haaretz. Le quotidien de gauche liste des erreurs au niveau du droit international ("Comment peut-on mener une action militaire contre des vaisseaux civils dans les eaux internationales ?"), du renseignement ("Que les commandos aient été attaqués par surprise est tout simplement incompréhensible"), de la stratégie ("Pourquoi n'y a-t-il pas eu de tirs de grenades lacrymogènes avant d'envoyer les soldats sur le pont ?"), et de la sincérité des arguments ("Pourquoi des hommes décrits comme les mieux entraînés et les plus efficaces au monde auraient-ils peur d'une foule armée de couteaux et de bâtons ?").

"STUPIDITÉ INFINIE"

"C'est un jour de honte pour Israël, et de folie et de stupidité infinie, juge l'ancien député israélien Uri Avnery sur le site d'information palestinien Amin, un jour où le gouvernement israélien a pris grand soin de salir le nom de son pays dans le monde, ajoutant des preuves convaincantes d'agressivité et de brutalité à l'image déjà mauvaise d'Israël dans le monde, décourageant et éloignant le peu d'amis qui lui restaient."

"Nul ne peut prétendre avoir été surpris par [cette attaque], assure l'éditorialiste du site militant palestino-américain Electronic Intifada : depuis des jours, Israël menaçait ouvertement la flottille d'une attaque violente." L'unique raison de cette "obsession apparemment irrationnelle pour ces bateaux remplis de vivres" est que "les militants de la paix à bord étaient en train de déligitimer Israël", tente d'expliquer le webzine palestino-américain Palestine Chronicle. Une obsession sur laquelle s'interrogeait déjà Joharah Baker sur le webzine de Ramallah, Miftah, une semaine avant l'abordage : "De quoi ont-ils donc si peur ?"




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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:02

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/01/le-sort-incertain-d-une-dizaine-de-francais_1365894_3218.html#xtor=AL-32280184

Un des membres de la flottille parle d'une "agression" israélienne

LEMONDE.FR | 01.06.10 | 11h58  •  Mis à jour le 01.06.10 | 19h27

La France a confirmé, lundi 1er juin, que huit de ses ressortissants étaient actuellement retenus en Israël après l'attaque par un commando israélien de la flottille internationale qui faisait route vers Gaza. Devant les députés, le premier ministre, François Fillon, a exigé "la libération immédiate des ressortissants français qui étaient à bord des bateaux arraisonnés et qui sont encore en Israël".

A Nice, Nicolas Sarkozy, qui a condamné "à titre personnel (...) l'usage disproportionné de la force par les Israéliens", a précisé que les huit Français sont détenus "dans un centre de rétention" à Beer-Sheva, au centre du territoire israélien et qu'"une procédure est en cours pour qu'ils puissent quitter le pays". L'Elysée a précisé que ces personnes avaient "apparemment refusé l'expulsion" et étaient suivies par les services consulaires français.

Dans la matinée, Youssef B., un autre Français détenu en Israël, a été expulsé vers la France, ce qui a créé une incertitude sur le nombre exact de ressortissants français emprisonnés. Le Quai d'Orsay en avait évoqué sept, tandis que la radio RTL parlait de dix personnes et que le Comité national pour la flottille de la liberté (CNFL) en dénombrait huit. Cette incertitude tiendrait à la double nationalité de certains membres des associations, selon le CNFL, qui fait état de la présence de Franco-Algériens et de Franco-Turcs sans pouvoir préciser le nombre de personnes concernées.

"L'AGRESSION, CE N'EST PAS NOUS QUI L'AVONS CHERCHÉE"

Youssef B., qui a atterri à Paris dans la matinée de mardi après avoir passé près de 24 heures aux mains des autorités israéliennes, assure pour sa part n'avoir été en contact qu'avec sept autres Français : six membres du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP, dont il est le responsable de la communication), et Thomas S., de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP). A plusieurs médias il a expliqué  qu'il y avait eu "des instructions précises : aucune provocation, quand bien même les Israéliens viendraient à bord". "L'agression, ce n'est pas nous qui l'avons cherchée, nous avons été agressés", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que "dans d'autres bateaux, la résistance a été plus rude". "Ils prennent d'assaut le bateau, puis nous rassemblent dans la salle qui nous sert de dortoir, et là on n'a plus le droit de bouger, ils nous ont conduits directement à Ashdod."

Joint par LeMonde.fr, Youssef B. ne pouvait donner aucune précision sur l'état de santé et de détention des autres détenus. "Je n'ai appris qu'à Paris qu'il y avait eu des victimes à cause de l'assaut des militaires israéliens, et que certains des humanitaires avaient été conduits à la prison de Beer-Sheva. Avant de sortir de l'avion, et à partir du moment où j'ai été fait prisonnier sur le cargo, j'ai été absolument seul : on était cloisonnés et soigneusement séparés les uns des autres."

Il explique également que les prisonniers restant avaient délibérément choisi –  comme acte de résistance – d'être traduits devant les tribunaux israéliens. "Après être descendus du bateau, dans le port d'Ashdod, nous avons été interrogés un par un. On nous ont demandé notre état de santé, quelques renseignements personnels, et de choisir entre l'expulsion dans notre pays d'origine ou le passage devant la justice, avec des menaces de sanctions. Je me suis dit que je serai plus utile en France, en tant que conseiller de communication du CBSP, pour témoigner de ce qu'il s'était passé. J'ai donc refusé d'être jugé en Israël".

"ILS SONT PERSUADÉS DE N'AVOIR RIEN À SE REPROCHER"

Il poursuit : "Si beaucoup sont encore aujourd'hui prisonniers des Israéliens, c'est parce qu'ils sont persuadés, en tant qu'humanitaires pacifistes attaqués par des soldats armés et cagoulés, de n'avoir rien à se reprocher aux yeux de la justice. Ils ont donc choisi de passer devant le tribunal pour voir jusqu'où irait Israël, et ils continuent à protester avec les moyens qu'il leur reste."

Selon Marc Hecker, chargé de recherches à l'Institut français des relations internationales, trois associations françaises pro-palestiniennes étaient représentées dans la flotille : la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (Ccippp), le Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPR) et le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), l'association de Youssef B. "Cette dernière a longtemps créé un certain trouble au sein des organisations pro-palestiniennes : contrairement à la plupart des grandes associations pro-palestiniennes qui se veulent laïques et qui sont souvent proches de l'extrême gauche, le CBSP se réclame d'une inspiration religieuse. De fait, le CBSP n'a été que tardivement intégré à la plate-forme des ONG françaises pour la Palestine".







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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 11:11

 

http://www.liberation.fr/monde/0101638646-la-grece-et-l-espagne-convoquent-les-ambassadeurs-israeliens

Sarkozy condamne «l'usage disproportionné de la force»

12h50. A lire: les versions contradictoires des militants de Free Gaza et du ministère des Affaires étrangères israélien.

12h40. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit «choqué» lundi à Kampala par l'assaut de l'armée israélienne sur la flottille pro-palestinienne en route vers Gaza.

12h29. Nicolas Sarkozy condamne «l'usage disproportionné de la force» à propos de l'opération commando israélienne, exigeant «toute la lumière sur cette tragédie», selon un communiqué de l'Elysée.

«Le président de la République exprime sa profonde émotion devant les conséquences tragiques de l'opération militaire israélienne contre la "flottille de la paix" à destination de Gaza», indique le communiqué.

«Il condamne l'usage disproportionné de la force et adresse ses condoléances aux familles des victimes», est-il ajouté. «Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette tragédie, qui souligne l'urgence d'une relance du processus de paix», souligne la présidence de la République.

12h20. Les ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne à Bruxelles tiennent une réunion extraordinaire ce lundi après-midi pour examiner les suites à donner à l'assaut israélien, annonce la Commission européenne.

12h10. Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou interrompt sa visite au Canada et rentre en Israël, annonce la radio israélienne.

11h55. Ci-dessous, une photo Reuters d'un commando israélien sur un des bateaux de la flottille pour Gaza.

11h39. L'assaut de la flottille pour Gaza par les commandos israéliens a fait 19 morts et 36 blessés parmi les passagers de la flottille, selon la télévision israélienne.

11h38. Le Crif «déplore profondément» l'opération militaire israélienne contre le convoi maritime destiné à Gaza, jugeant que «ce n'est pas une bonne nouvelle pour la paix», a déclaré lundi à l'AFP Haïm Musicant, directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France.

11h35. A voir ci-dessous, une vidéo SkyNews de l'assaut des commandos israéliens sur le Navi Marmara.

11h17. Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) appelle à des rassemblements dans plusieurs grande villes — à Paris à 18h30 au métro Franklin Roosevelt, à Marseille à 18 heures sur le Vieux-Port, à Montpellier à 18 heures. Place de la Comédie, et dans d'autres villes de France — afin de protester contre l'opération commando israélienne contre une flottille d'aide pro-palestinienne.

10h45. La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay se déclare «choquée» par l'assaut de l'armée israélienne.

10h32. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner se dit «profondément choqué» par l'assaut israélien sur la flottille pro-palestinienne en route vers Gaza, en estimant que «rien ne saurait justifier l'emploi d'une telle violence».
10h15. Ces images de la chaîne Al-Jazeera montrent les commandos israéliens prenant d'assaut le bateau Navi Marmara. L'envoyé spécial Jamal Elshayyal explique qu'au moins deux personnes ont été tuées.

10h08. Le mouvement islamiste palestinien Hamas appelle les Arabes et les musulmans à un «soulèvement» devant les ambassades d'Israël et à la grève dans les territoires palestiniens.

9h50. La Grèce et l'Espagne, qui exerce la présidence tournante de l'UE, ont convoqué l'ambassadeur d'Israël pour demander des explications après l'assaut de l'armée israélienne.

9h34. La Ligue arabe va tenir une réunion extraordinaire mardi pour décider des mesures à prendre après le raid meurtrier israélien contre la flottille internationale en route vers Gaza. Le secrétaire général de l'organisation panarabe Amr Moussa a estimé que l'abordage sanglant de la «Flottille de la liberté» constituait «un nouveau message, un message très fort, d'Israël signifiant qu'il ne veut pas la paix».

9h30. L'Autorité palestinienne réclame la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après le raid meurtrier israélien contre la flottille internationale en route vers Gaza, selon le négociateur palestinien Saëb Erakat.

9h10. Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a «regretté» la mort de militants pro-Palestiniens lors de l'abordage de leur flottille en route pour Gaza par des commandos israéliens tout en évoquant des «provocations» de la part «ceux qui se disent les amis des Palestiniens». Il a critiqué «ceux qui se disent les amis des Palestiniens», dénonçant de leur part «des provocations qui en réalité ont comme conséquence de durcir» les relations entre Israéliens et Palestiniens «à un moment où chacun veut la paix».




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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:59

 

http://www.offensivesocialiste.wordpress.com/2010/05/29/actualite-de-la-commune-139-ans-apres-la-semaine-sanglante

Actualité de la Commune, 139 ans après la “Semaine sanglante”

« Sauf des mouchards et des gendarmes / On ne voit plus par les chemins / Que des vieillards tristes en larmes / Des veuves et des orphelins / Paris suinte la misère / Les heureux même sont tremblants / La mode est au conseil de guerre / Et les pavés sont tout sanglants ». La première strophe de la chanson de Jean-Baptiste Clément, La Semaine sanglante, évoque bien l’ambiance mortifère qui régnait à Paris, le 28 mai 1871, il y a 139 ans. Le 21, l’armée versaillaise était entrée par surprise à Paris par la porte de Saint-Cloud. La soldatesque de Thiers  progressa rapidement dans les quartiers aisés de l’Ouest parisien et s’emparèrent même, le 23 mai, de Montmartre, la citadelle inexpugnable -pensait-on- de l’insurrection parisienne. Le mercredi 25, c’est une résistance désespérée qui commence dans les quartiers populaires où les communards s’étaient retirés pour défendre les leurs.

Dès le 22, Delescluze, le délégué de la Commune à la guerre, avait lancé un appel pathétique : « Assez de militarisme, plus d’états-majors galonnés et dorés sur toutes les coutures. Place au peuple, aux combattants aux bras nus ! L’heure de la guerre révolutionnaire a sonné » ! Après une résistance héroïque, le front cède à la Bastille et le Faubourg Saint-Antoine tombe le 26. Le lendemain, tout s’achève aux canons et au corps à corps et l’on se bat entre les tombes au Père Lachaise. Le 28 mai, la « Semaine sanglante » faisait retentir ses dernières salves sous le Mur des Fédérés, entre l’actuelle rue Timbaud et les rues du Faubourg du Temple, de Belleville et d’Oberkampf, où les derniers combattants furent exterminés. Mac-Mahon, le général qui avait piteusement capitulé à Sedan, pouvait enfin pavoiser et proclamer « Paris est délivré. L’ordre, le travail et la sécurité vont renaître »…

La violence des possédants fut à la hauteur de l’audace de l’insurrection parisienne : 20 000 combattants, peut-être davantage, furent massacrés de sang froid et rejoignirent dans la tombe les 3 à 4 000 communards qui étaient tombés pendant la reprise de Paris par les Versaillais. Dès la chute de Montmartre, on commença à tuer systématiquement. Tout homme trouvé avec une arme, de la poudre sur les mains, qui a l’air intelligent, ou pire, qui est étranger, sont abattus sans jugement. Puis on mit en place « des abattoirs » où on fusillait à la chaîne, parfois même à la mitrailleuse. C’est ainsi qu’est rétabli le prétendu « ordre » des classes possédantes : par le massacre et la barbarie, en laissant des travailleurs fanatisés par la presse aux ordres liquider leurs frères de classe. Combien de militants d’exception tels que l’internationaliste Varlin, reconnu, insulté et finalement assassiné rue des rosiers, tombèrent lors de cette curée ? Combien d’être irremplaçables et d’existences prometteuses furent ainsi fauchés par la réaction ? Combien allait manquer à l’appel quand il sera enfin possible de reconstruire le mouvement ouvrier français après l’amnistie ?

139 ans après son écrasement, la Commune reste bien vivante. Elle constitue un pas décisif de l’humanité dans le sens de sa propre émancipation. De sa libération de l’exploitation économique, sans laquelle toutes les autres formes d’aliénation sont également condamnées. Dans une période où la finance de marché s’en prend directement aux peuples et impose aux Etats de mettre en oeuvre la politique servant au mieux ses intérêts, dans un temps où l’union sacrée des actionnaires, des banquiers et des investisseurs du monde entier détruisent les bribes de démocratie et la notion même de souveraineté populaire que nos ancêtres avaient conquises aux dépends des conservateurs de tout poil, comment ne pas faire le parallèle avec la situation de la capitale martyre qu’était Paris au début de l’année 1871 ?

 

Car, à l’instar des peuples agressés conjointement par les plans d’austérité de leur gouvernement et par les spéculateurs internationaux, Paris était littéralement prise entre deux feux dans ces mois tragiques. Le peuple parisien a su se soulever face à la rapacité des hobereaux prussiens et de leur caste militaire rétrograde qui lui avait imposé un siège harassant, mais surtout face à couardise d’un gouvernement de « défense nationale » qui, par crainte de la subversion, organisait la défaite et négociait secrètement avec Bismarck dans son dos. Malgré la rigueur du siège et la famine qui le tiraillait, malgré la misère noire qui l’assaillait, il a osé dire non. Malgré l’échec des tentatives de sortie sabotées par des généraux qui craignaient bien moins l’armée prussienne que lui, il a su redresser fièrement la tête pour clamer son refus de « l’ordre des choses », c’est-à-dire la perpétuation éternelle des privilèges d’une infime minorité. Le peuple travailleur se soulevait enfin contre l’oisif. Comme l’a fait Jules Vallès au début de L’Insurgé, nous ne pouvons que rendre un hommage admiratif « à tous ceux qui prirent les armes contre un monde mal fait et qui formèrent sous le drapeau de la Commune, la grande fédération des douleurs ».

Le 18 mars 1871, en refusant son propre désarmement sur les pentes de Montmartre et en refusant du même coup à Thiers et consorts de s’asseoir dans le trône laissé vacant par la défaite de Napoléon III à Sedan, le peuple parisien s’est lancé dans une aventure enthousiasmante. Sans le savoir, en construisant une république généreuse, démocratique et sociale qui prenait le contre-pied du bonapartisme, il édifiait à tâtons un Etat d’un type nouveau qui, pour la première fois de l’Histoire, n’était pas dirigé pour et par des possédants alors en fuite, mais pour et par les travailleurs. L’Etat moderne, création de la monarchie adaptée ensuite par la bourgeoisie à ses propres intérêts historiques, laissait place à la première ébauche d’Etat ouvrier. Les membres de la Commune, où se côtoyaient petits patrons, artisans, ouvriers, fonctionnaires, intellectuels et artistes, représentaient admirablement la richesse de ce
peuple laborieux de la capitale martyre. Dans son activité incessante, poussée en avant qu’elle était par un peuple mobilisé qui comptait bien s’approprier la souveraineté populaire pour qu’elle ne soit plus un vain mot, la Commune a abattu un travail gigantesque. Dès sa naissance, elle a aboli la conscription remplacée par le peuple en arme, elle décrète des moratoires sur les loyers et les dettes. Par la suite, elle a imposé l’interdiction du travail de nuit dans certaines professions. Elle s’est également lancée dans l’organisation d’une véritable assistance sociale, en réformant le Mont de Piété, et dans l’édification d’un système de crédit permettant aux travailleurs de s’associer dans des coopératives. Sur le plan politique, elle a fait des élus des mandataires responsables et révocables et leur a imposé, tout comme aux fonctionnaires, un salaire moyen d’ouvrier. Selon Marx, la Commune a inventé « le
gouvernement à bon marché, en abolissant les deux grandes sources de dépenses, l’armée permanente et le fonctionnarisme.

Grâce à Edouard Vaillant, qui sera plus tard cofondateur de la SFIO en 1905 avec Guesde et Jaurès, elle a mis en place un enseignement général pour tous. Pour le délégué de la Commune à l’enseignement, « il importe que la Révolution communale affirme son caractère socialiste par une réforme de l’enseignement assurant à chacun la véritable base de l’égalité sociale, l’instruction intégrale à laquelle chacun a droit ». Pour ce faire, il fallait que la république soit maîtresse chez elle, ce qui fut fait. Dès le 2 avril, la Commune avait séparé l’Etat de l’Eglise, cette « infâme » qui trompait le peuple en ne lui promettant la félicité que dans l’au-delà, après une vie de souffrance vouée à la valorisation du capital… La Commune a enfin amélioré le sort des femmes plus que ne le firent des dizaines de prudentes réformes « progressistes » au XXe siècle. Les femmes participent avec passion aux discussions dans les clubs, sont nombreuses à rejoindre la Société pour l’éducation nouvelle et obtiennent la création de nombreuses écoles féminines. En outre, il est décidé que les institutrices gagneront désormais la même rémunération que leurs collègues masculins. Tous les féministes -hommes ou femmes- d’aujourd’hui sont les descendants du Comité de vigilance des femmes de Montmartre et de sa célèbre animatrice, Louise Michel. Elle qui voulait « que tous aient l’instruction et l’état, que les champs ne soient plus engraissés de sang ni la boue des trottoirs pleine de prostituée », elle a réussi à imposer par sa force de conviction l’idée que la condition de la femme ne pourra être améliorée radicalement qu’en liant cette cause au combat pour la laïcité et pour l’éducation. Quelle modernité dans le propos de la « Vierge rouge »,   Politiques, démocratiques, sociaux, économiques et culturels ; que de changement en à peine deux mois ! Car la réaction militariste et cléricale n’accorda à la Commune guère plus de 50 jours pour réaliser son oeuvre…

Malgré sa tragique brièveté, que reste-t-il aujourd’hui de cette œuvre à peine ébauchée  ? Que peut encore nous apprendre la Commune en 2010 ? L’expérience de la Commune nous permet tout d’abord de comprendre que la lutte pour un monde débarrassé de l’exploitation capitaliste, matrice de toutes les autres formes d’aliénation, est un combat âpre, sans répit, fait de flux et de reflux. Comment pouvait-on imaginer, à la fin de l’année 1870, qu’un peuple affamé, dans une France désemparée et encore fortement marquée par les séquelles de l’Empire, allait ainsi se lancer « à l’assaut du ciel » ? Marx lui-même dit sa surprise à Kugelmann, dans une lettre du 12 avril 1871, lorsqu’il rend hommage à ses « camarades parisiens » de la sorte : « affamés et ruinés pendant six mois, […] ils se soulevèrent sous les baïonnettes prussiennes comme s’il n’y avait jamais eu de guerre entre la France et l’Allemagne, comme si l’étranger n’était pas aux portes de Paris ! L’histoire ne connaît pas encore d’exemple d’une pareille grandeur ! ». Malgré la suffisance des classes dominantes, la violence de l’Etat policier de Sarkozy, il faut bien garder à l’esprit qu’un 18 mars est toujours possible. Notre camp, s’il est attaqué comme le furent les Parisiens par Thiers, est encore capable aujourd’hui de se soulever et d’avancer vers le socialisme. Il est parfois de bon ton, à gauche comme à « l’extrême gauche », de maugréer ce peuple précarisé et aliéné qui n’a plus de conscience de classe. Cette résignation, qui cache souvent un mépris latent pour le peuple, n’est pas de mise, car cet état d’esprit purement défensif, voire clairement défaitiste, oublie de prendre en compte les fluctuations rapides dont est capable cette fameuse « conscience de classe » en cas de mouvement d’ensemble de notre camp. La Commune, les grèves de 1936 et, plus prêt de nous, le mouvement de Mai 68 nous montrent à quel point le salariat se politise et se radicalise en quelques jours quand il relève enfin la tête.

La Commune nous apprend également que la démocratie n’est ni un gadget qu’il faut cyniquement brandir, ni une fin en soi éthérée que nous atteindrons en même temps que l’horizon du socialisme. C’est avant tout un moyen de gouvernement efficace et résolu. La Commune s’appuyait bon gré, mal gré sur le peuple en arme exerçant sa souveraineté en acte, et pas seulement en parole. Nous aussi, à l’avenir, nous aurons à nous appuyer sur le mouvement social et, plus généralement, sur une société mobilisée. Il nous incombera de ne pas glacer la situation, de ne pas suivre l’exemple des révolutionnaires de 1793 et des délégués de la Commune de 1871 qui, en raison de leur division et de leurs hésitations, avaient fini par lasser une partie du peuple, cette fraction hésitante qui fit précisément défaut le jour où il fallait sauver le pouvoir populaire… La gauche ne peut se satisfaire de l’existant. Tout comme la Commune a détruit de fond en comble l’Etat impérial et autoritaire, nous aurons pour tâche, une fois revenus au pouvoir, d’en finir avec la Vème république bonapartiste, monarchiste et antidémocratique. Contrairement à ce qui s’est passé en 1981 ou  en 1997, fidèles aux enseignements de Marx sur la Commune, nous ne devrons pas tomber dans le piège qui consiste à « se contenter de prendre la machine de l’Etat toute prête et de la faire fonctionner » comme par le passé. « L’état de grâce » qui suivra immanquablement une victoire de l’Union de toute la gauche sera le moment idéal pour détruire la république autoritaire issue du coup d’Etat gaulliste des années 1958-1962.

Enfin, la Commune est un remède préventif efficace contre toute dérive sectaire ou gauchiste. Cette expérience immense nous montre à quel point la transformation sociale chimiquement pure, réalisée par le parti révolutionnaire blanc comme neige, doté de principes intangibles, est une chimère pour beaux parleurs. En réalité, la Commune a été dominée par des petits patrons, des journalistes et des intellectuels -bref par des petits-bourgeois !- qui se chamaillaient quotidiennement entre les proudhoniens, les blanquistes, les jacobins, les internationalistes et autres radicaux… Dans ces circonstances, quid du parti centralisé et discipliné ? Et quid de la classe ouvrière idéale, forcément internationaliste ? En réalité, ce qui unifiait les membres de la Commune, c’était le patriotisme, n’en déplaise aux antipatriotes de salon ! La Commune n’a pas jeté la Nation avec l’eau verdâtre du nationalisme et du militarisme. Elle se voulait bien au contraire un organe de défense patriotique et brandissait non pas un, mais deux drapeaux : dans une main, le drapeau rouge du peuple en lutte et de la solidarité internationale, et dans l’autre, le drapeau bleu-blanc-rouge de la Révolution française et de la patrie en danger. Nous ne devons pas laisser ce drapeau aux Versaillais d’aujourd’hui. Leurs ancêtres avaient trahi les intérêts de la Nation, eux qui se décidèrent à négocier avec Bismarck dès les premières défaites, alors que la guerre était loin d’être finie et que l’énergie populaire aurait pu retourner la situation, comme ce fut le cas en 1792-1793 et comme l’espérait un certain Gambetta. Les Thiers et les Jules (Favre, Simon et Ferry) furent défaitistes à dessein, car il s’agissait pour eux de sauver les intérêts historiques des classes qu’ils représentaient. La Commune a puisé une partie de son énergie révolutionnaire dans ce renouveau d’un patriotisme socialisant qui vouait aux mêmes gémonies les galonnés et les richards de ce côté-ci et de l’autre du Rhin. Aujourd’hui, à l’heure où les gangsters de la finance de marché s’en prennent avec une violence sans précédent aux peuples et où les gouvernants à leur solde ne font même pas mine de s’opposer aux agences de notations et aux fonds d’investissement, l’expérience de la Commune est riche d’enseignements. Ceux qui veulent vraiment changer le monde doivent prendre conscience de la force révolutionnaire que contient l’idée même de Nation.

 

C’est en se constituant en nation souveraine, en excluant les réfractaires à ce nouvel ordre et en conviant à l’inverse les démocrates étrangers à la rejoindre que la France révolutionnaire a fait trembler les aristocraties et les têtes couronnées de l’Europe entière. La Commune a fait de même, elle qui avait à sa tête des Polonais, des Italiens… et qui avait nommé Garibaldi, le héros de l’indépendance nationale italienne, à sa tête ! Nous aussi, en 2010, nous devons être à la fois les meilleurs défenseurs de la Nation agressée par le capital national et international et les partisans les plus convaincus de l’entraide internationale des peuples, en Europe et dans le Monde, contre ces nouveaux Versaillais qui veulent détruire les acquis démocratiques et sociaux que les luttes de nos ancêtres ont permis d’arracher aux leurs. Incontestablement, malgré ses erreurs, ses illusions et ses manquements parfois grave, la Commune nous montre la voie à suivre vers la République sociale, cette république que le peuple insurgé de Paris avait tentée de bâtir du soulèvement de Montmartre aux derniers coups de feu qui résonnèrent près du Mur des Fédérés, lors de ces 60 jours qui ébranlèrent le monde !

On ne peut finir cet exposé sans citer La Guerre civile en France de Karl Marx. Il y affirmait : « le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l’histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, et toutes les prières de leurs prêtres n’arriveront pas à les en libérer »,





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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:42

 

Appel du 20 février pour le Comité National de Liaison

Conformément aux décisions de calendrier prises lors de la réunion du 24 avril, la réunion du Comité National de Liaison se tiendra :

le Samedi 12 juin 2010 de 14 heures à 18 heures
Librairie, 8 Impasse Crozatier 75012 Paris (Local d’Emancipation)
Derrière l'Hôpital Saint Antoine à l'angle de la rue Crozatier et de la rue des Citeaux
Métro Faidherbe Chaligny ou Gare de Lyon.

Tout d'abord il nous semble nécessaire de maintenir la discussion politique aux postes de commande.

Nous devons poursuivre la discussion sur le Front Populaire de 1936 et celui de demain, (voir contribution de Serge sur cette question publiée sur le site de l’Appel du 20 février), la tactique de Front Unique à travers les mobilisations sociales contre les politiques européennes d'austérité, pour la défense des services publics, contre la réforme des retraites engagée par Sarkozy-Fillon-Woerth et la nécessité d'interpeller les directions syndicales (cf. la motion du SNUIPP du 94 envoyée par Jean que nous avons publié sur le site)

http://appel-20-fevrier.org

Nous devons poursuivre la discussion sur la situation économique, sociale et politique, la politique de la droite, du PS, du PCF, de l'extrême-gauche, l'évolution du PG, du NPA, des militants et courants qui veulent, comme nous, construire un Front de Gauche élargi, ouvert, démocratique et anticapitaliste (le MPEP, GU, les "unitaires" du NPA, GU, la FASE...) et la préparation des prochains congrès du PG et du NPA : comment rassembler, au sein de ces organisations, les camarades qui partagent nos conceptions de la démocratie, de l'unité et de la lutte anticapitaliste ?

Nous avons, à notre disposition, quelques points d'appui : l'appel du 20 février, les rencontres du 20/2 et du 24/4,  les textes de Serge sur le Front Populaire et et du 94 sur les retraites...

Nous devons poursuivre et enrichir la discussion collective à la lumière de nos pratiques politiques.

Nous devons débattre avec toutes les autres forces de la gauche anticapitaliste qui le souhaitent (l'arrivée de MILITANT dans le comité de liaison peut constituer une avancée dans ce cadre).

C'est en fonction de l'avancement de cette discussion et du débat avec nos partenaires que nous pourrons ensemble ouvrir la perspective de la construction d'un outil politique.

Dès maintenant nous pouvons, comme le souhaitent certains camarades, établir quelques règles de fonctionnement du comité de liaison (nom du comité de liaison, périodicité des réunions, répartition des rôles entre les camarades Ile de France du comité de liaison et le comité national de liaison...) .

Nous pouvons nous répartir les tâches : élaboration de communiqués, rapports introductifs, contacts avec la province et les autres organisations...).

Pour ce qui concerne l’Ile de France, nous pouvons également décider de nous réunir dorénavant dans des salles de réunion en abandonnant les cafés, restaurants qui, à mon avis, ne nous permettent pas de débattre et décider sereinement et efficacement.

Pour finir je crois qu'il est inutile de prolonger les échanges de mails sur tous ces sujets : nous devons privilégier les discussions collectives dans des réunions.







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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:12

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/pg.htm#burqua

Projet de loi contre le port de la burqa, « une opération redoutable et nauséabonde... » (Marc Dolez au nom des députés du Front de Gauche à l’assemblée), lettre de Bruno Slama aux députés du PG et une lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon 

Vous trouverez ci-jointes deux interventions de Bruno Slama aux députés du Parti de Gauche et une lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon relative à la réclamation « personnelle » de ce dernier en faveur de la loi contre la burqua. Je joins la déclaration de Marc Dolez au nom des députés du Front de Gauche à l’Assemblée Nationale.

AUX DEPUTES DU PARTI DE GAUCHE

Je connais bien Marc pour avoir été à ses côté à la direction de Forces Militantes pendant des années, et un peu Martine pour l’avoir reçu à une réunion « Appel de Politis » que j’ai organisé à Clermont, mais je m’adresse à vous trois qui êtes nos députés du Parti de Gauche à l’Assemblée Nationale.

J’ai apprécié ce que Marc Dolez a dit, probablement au nom de vous trois, à l’Assemblée Nationale :

« L’instrumentalisation de cette question du voile intégral est une opération redoutable et nauséabonde dont nous pouvons d’ores et déjà observer les effets  sur la division de notre société, et dont il ne faut pas non plus minimiser les conséquences sur le plan international. »

Il n’y a rien a redire. La loi sur le voile intégral est nauséabonde. Elle vise à stigmatiser une partie de la population, à créer les conditions d’un pogrom. Comme le dit Serge Halimi elle vise bien sûr à masquer le débat sur la crise, les retraites, le chômage. Et elle le fait selon un processus mille fois répété : trouver un responsable. Ce n’est pas le juif comme dans les années 30 : le racisme a changé sa cible.

Tout cela est clair. Alors quand j’ai entendu le président Mélenchon expliqué à France Inter qu’il fallait voter la loi Sarkozy j’ai halluciné.

Sur le fond bien sûr. Cette loi est « nauséabonde ».  La voter c’est se rallier à Sarkozy sur les positions du Front National.

Sur la forme. Même si le président Mélenchon précise que c’est une position personnelle, elle est reçue comme la position de tout le PG. Qui d’autre que lui d’ailleurs est invité à France Inter ?

Martine vient demain à Clermont ce qui nous donnera l’occasion d’en discuter. Mais je serais rassuré que chacun de vous me dise qu’il est hors de question pour lui de voter cette loi.

Bruno Slama.

INTERVENTION DE MARC DOLEZ A L ASSEMBLEE NATIONALE 


Voile intégral: Pas de consensus possible sur une manipulation

Les députés communistes, républicains, du parti de gauche ont, lors de leur réunion de groupe du 27 avril 2010, condamné avec la plus extrême fermeté l’opération malsaine qui a débuté avec le débat sur le voile intégral et s’est amplifiée  avec  celui sur l’identité nationale. Le 11 mai prochain, en séance publique, une proposition de « résolution » du groupe UMP portera sur le même sujet.  Elle vise à obtenir un consensus  qui vaudrait pour le projet de loi gouvernemental qui suivra.

L’instrumentalisation de cette question du voile intégral est une opération redoutable et nauséabonde dont nous pouvons d’ores et déjà observer les effets  sur la division de notre société, et dont il ne faut pas non plus minimiser les conséquences sur le plan international.

L’opération politique en cours ne saurait leurrer nos concitoyens sur la volonté de la majorité : celle de masquer ses échecs et d’avoir plongé le pays dans les plus grandes difficultés.

Cette manipulation  de grande ampleur ne nous détournera pas des vrais enjeux de notre société ni de notre volonté de répondre aux difficultés auxquelles elle est confrontée au quotidien. Le chômage, l’exclusion sociale, la pauvreté, les inégalités, les retraites paupérisées, le « mieux vivre ensemble », voilà les questions qui sont au cœur des  préoccupations de nos concitoyens et qui figurent au premier rang de nos combats.

Prêt à tout pour maintenir sa domination, Nicolas Sarkozy n’hésite pas, en confortant les extrémistes les plus radicaux, à tendre les relations  sociales dans notre pays,  et à créer toutes les conditions pouvant conduire aux pires dérapages.

Les députés communistes, républicains,  du parti de gauche combattent,  avec la plus grande détermination, tous les extrémismes et dérives sectaires, toutes les dominations, et notamment celles qui conduisent à l’exclusion et au non respect de la dignité des femmes.

En conséquence, les députés communistes, républicains,  du parti de gauche refusent d’être mêlés à la manipulation dangereuse qu’est la proposition de « résolution » de l’UMP présentée le 11 mai prochain.

LETTRE OUVERTE A JEAN LUC MELENCHON ET AUX MILITANTS DU PARTI DE GAUCHE

Lorsque j’ai entendu, sur France Inter, Jean Luc Mélenchon réclamer “à titre personnel” le vote de la loi contre la burqa, les bras m’en sont tombés. Ce n’était pas un militant de l’UMP, ni un responsable du front national mais le président du Parti de Gauche qui prenait cette position ! Je n’en revenais pas. J’ai réécouté l’intervention

http://www.dailymotion.com/video/xdd7kt_question-du-mercredi-jean-luc-melen_news

J’avais bien entendu. Le président du Parti de Gauche a pris position pour une loi de stigmatisation des populations arabes et musulmanes les plus pauvres, pour une loi raciste et xénophobe.

Revenons un peu en arrière dans l’histoire du mouvement ouvrier socialiste et sur Léon Blum qui passe, à juste titre, pour un homme modéré. En 1930, lors du congrès de Paris de la SFIO, n’en croyant pas ses oreilles, après avoir entendu des dizaines d’orateurs dont de très nombreux parlementaires, stigmatiser les étrangers, faire référence à l’identité nationale, à la république tricolorisée, il monte à la tribune pour prononcer la célèbre formule :

“Chers camarades, je suis horrifié (...) nous avons deux conceptions antinomiques du socialisme.”

Léon Blum propose alors l’expulsion de Déat et de Marquet. En 1930-31-32, les “néo” ne sont ni fascistes, ni nazis, mais comme Léon Blum l’avait perçu, ils sont sur le chemin qui conduira au pire.

Le vote de la loi sur la burqa est de même nature. Avec cette loi, demain on pourra provoquer tous les incidents qu’on veut contre ceux qui n’ont pas la peau blanche ! Cette loi n’organise pas des pogromes contre les émigrés, pas plus que les lois contre les étrangers dans les années 30 n’annonçaient le port de l’étoile jaune.  Mais cela en prépare les conditions politiques !

L’un de nos députés Marc Dolez a déclaré au parlement que cette loi était nauséabonde. Il a totalement raison.

A droite comme à gauche, des hommes politiques « bien pensant » montent en ligne pour défendre contre la burqa les « valeurs de la république ».  Mais de quelle république parle-t-on ? De la république de Versailles ou de celle de la Commune ? De la république des colonies ou de celle des indépendances nationales ? La république de Sarkozy ne peut d’aucune manière être celle pour laquelle nous combattons.

Ajoutons un mot, quand Jean-Luc Mélenchon s’exprime sur une radio publique et dans le Monde, c’est tout notre parti qu’il engage. Il n’est pas possible, il n’est plus possible que ceux qui nous représentent s’expriment sur les grandes questions, sans que nous en ayons auparavant discuté. Cela s’appelle la démocratie.

Il faudrait naturellement que Jean-Luc Mélenchon fasse son autocritique et revienne à un comportement plus modeste. Mais d’autre côté, il faut que nous les militants, nous nous engagions dans le débat. Dans le cas contraire nous allons à la catastrophe.

Bruno Slama.





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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:01

 

Bousculade sur les marches de l’Opéra Bastille

Le Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry communique

Le CTSPV et son Comité de soutien ont mobilisé une vingtaine de camarades pour la manifestation sur les retraites. Arrivant place de la Bastille nous avons vu un grand rassemblement sur les marches de l’Opéra.

Voulant venir en renfort de ce qui apparaissait comme une action de sans-papiers, nous nous sommes d’abord heurtés à un militants CGT qui nous a dit que nous n’étions pas désirés au sein du périmètre. «Du périmètre ?» Nous avons alors remarqué, qu’effectivement, des bandelettes, disposées à environ un mètre du sol, ceinturaient le rassemblement.

L’interdit semblait compliqué car ceux qui, parmi nous, faisaient partie d’une des onze associations pouvaient passer. Les sans-papiers aussi semblait-il.

Un groupe de sans-papiers du collectif a alors choisi de se positionner sur les marches avec la banderole qui nous avait servi pour la manifestation. Était inscrit d’un coté «Régularisation de tous les sans-papiers» et de l’autre «On paye des impôts On n’a pas accès aux soins». C’est ce dernier coté qui était exposé.

Au bout de quelques minutes, les camarades ont été tirés très violemment en dehors du «périmètre», d’abord par des militants CGT, puis avec l’appui d’une vingtaine de sans-papiers.

Nous avons ensuite discuté avec des grévistes de cette mise à l’écart musclée et scandaleuse. Puis nous sommes partis, notre présence n’étant pas désirée par les organisateurs.

Ce qui s’est passé renvoie évidemment à des désaccords.

La CGT et les Onze réclament des «critères clairs de régularisation». Nous dénonçons l’arbitraire des préfectures mais nous ne réclamons pas de critères. Les critères, même «améliorés» ou «objectifs», seront toujours faits pour refuser la régularisation à une grande partie d’entre nous.  — La CGT et les Onze ne parlent plus que de la régularisation par le travail et poussent les grévistes sans-papiers à chasser les CERFA. Nous nous refusons à entamer cette chasse car elle divise les sans-papiers entre ceux, minoritaires, qui peuvent en obtenir, et ceux qui ne peuvent pas. De plus, le gouvernement favorise cette tactique car cela s’inscrit dans sa politique d’immigration choisie.  — La CGT, en central, malgré cette récolte des CERFA (qui se périment au fur et à mesure), ne dépose pas de dossiers. Nous oui (d’ailleurs des unions locales CGT le font aussi et Solidaires en constitue). À défaut de pouvoir obtenir des reculs du gouvernement sur les principes, il nous faut aujourd’hui obtenir les régularisations de ceux qui se sont battus.  — La CGT et les Onze tissent des alliances avec des employeurs. Nous trouvons incohérent de dénoncer le dumping social et de faire alliance avec ceux qui le pratiquent. Les liens, il faut les tisser avec les autres travailleurs, car c’est de là que viendra la force qui fera reculer le gouvernement.

Malgré ces désaccords d’organisations, nous pensions que quand un combat est engagé par d’autres sans-papiers, il est juste de le renforcer. Les combats gagnés par les uns facilitent les batailles des autres. Et tous, sans-papiers de tel ou tel collectif, de telle ou telle grève, nous avons intérêt à la régularisation. Pour cela, nous avons voulu appuyer l’initiative à l’Opéra Bastille quand nous l’avons découverte en fin de manif. Mal nous en a pris.

Nous restons néanmoins convaincus que l’une des clés de la victoire est dans l’unité de tous les sans-papiers. Mais elle ne pourra se construire qu’en condamnant ce type de pratique.

Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry, 28 mai




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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:58

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5076

"Levez le siège maintenant" demandent les députés européens

Alors qu’Israël vient de faire arraisonner deux bateaux de la flotte de la Liberté dans le port de Larnaca, le gouvernement chypriote s’étant déculotté (on espère que les dirigeants turcs seront moins timorés), une délégation du parlement européen qui s’est rendue à Gaza par l’Egypte s’inscrit en faux par rapport aux énormes mensonges du gouvernement israélien qui a osé écrire ces jours-ci que la Bande de Gaza ne manquait de rien et qu’elle n’avait donc pas besoin d’aide humanitaire !

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

"La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël" indique la délégation, précisant qu’environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire.

"L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix".

Députés faisant partie de la délégation à Gaza : Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR), Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR), Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG), Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU), Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE), Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR), Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE), Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR), Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL)





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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:20

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#lanson1305

Pourquoi un club politique, lieu indispensable à la réflexion politique ?

par Michel Lanson

Avertissement: notre camarade Michel a produit ce texte de réflexion sur notre club politique, après deux ans d’existence. Il a été largement soumis à la discussion lors de notre réunion du samedi 8 mai ; nous avons estimé qu’il pourrait servir de point de départ à un travail de réflexion collective qui pourrait se mener au sein d’une commission de militants de notre club aux fins d’élaborer un document d’identification politique. Ce texte est une invitation à nous autoriser à discuter sur des éléments d'analyse qui viennent d' horizons divers dont certains ne sont évoqués concrètement que pour montrer que des possibles sont ouverts à la réflexion. Il ne s'agit pas de défendre, voire d'épouser inocemment la position de l'un ou de l' autre . Il s'agit d'une invitation à nous autoriser à penser par nous mêmes et de repérer la "ritournelle" répétée parfois par inertie ou pour masquer un désarroi face à des situations
complexes ou nouvelles.

Pourquoi se poser cette question après deux ans d’existence ? Sans doute qu’avec le recul, le mélange des genres ( rencontres de militants et club de réflexion) est plus apparent. Une clarification s’impose.

Tout d’abord, contrairement à l’idée souvent répandue, un regroupement libre, indépendant et sans enjeu de pouvoir est rare. Le plus souvent, les clubs ou les regroupements autour de revue sont liés à des organisations ou des fractions politiques, think-tank à visée électorale ou groupes servant des stratégies universitaires (plans de carrière liés à des UFR ou enjeu de pouvoir symbolique), des prises de position dans des mouvances ou mouvements autocentrés. Un club où la parole est libre entre militants, analystes, actifs ou retraités d’univers et d’histoire divers, où les enjeux ne sont qu’intellectuels (chacun en faisant ensuite son miel dans la ruche de son choix) est rarissime. La tentation est toujours forte de faire d’un club un clone d’une organisation politique idéale parce que sans frottements à la réalité pratique de la lutte des classes. Il faut absolument y résister.

L’expérience de plusieurs années de responsabilité de direction militante et de fréquentation d’une forme antérieure de club m’a appris que la formulation politique en termes de mot d’ordre et d’action ne servait à rien (il est toujours facile de dérouler à vide un raisonnement qui n’est le plus souvent que la répétition par analogie d’un raisonnement antérieur). En revanche, un regard décentré,   l’approfondissement d’une analyse, une recherche théorique, un apport intellectuel sont des éléments indispensables pour la construction d’une pratique militante qui se définit dans le lieu, l’organisation ad hoc.

Un club, encore aujourd’hui, doit se définir plus en référence à ceux du XVIII° siècle, faiseur de lumières, qu’à une cellule, une section ou une loge. C’est aussi un lieu où peuvent être mises en analyse les pratiques militantes et les recherches théoriques d’aujourd’hui.
Concernant le discours politique « militant », à différencier bien sûr de la lutte de résistance dans le champ pratique de la lutte des classes, il renvoie inexorablement au concept de la « ritournelle » forgé par Deleuze et Guattari dans « Mille plateaux ». Ce discours s’enroule sur lui-même, la variation d’un de ses éléments lui permet de fonctionner et d’éviter d’être une simple répétition circulaire.

Cela fonctionne pour toutes les parties du discours. L’actualité politique et sociale, la périodicité des textes ou des réunions permettent des variations presque infinies. Pris indépendamment les uns des autres, les paradigmes ou notes sont généralement justes, encore faut-il qu’ils soient correctement contextualisés. Simplement, avec les mêmes notes, on peut créer Imagine ou refaire La danse des canards.

Cela permet de comprendre comment des cercles peuvent perdurer en se répétant depuis de longues années et comment des avatars d’organisations trotskystes peuvent répéter à l’envi : rupture avec le capital, non au dialogue social, grève générale, manif centrale… sans jamais se poser les questions : qui sommes-nous, à quel titre parlons-nous, à qui parlons-nous vraiment, quel est le levier politique ?

Sur d’autres airs, perdurent de même d’autres types d’organisations, même si en fonction de mon expérience, la ritournelle de cette famille me tinte immédiatement aux oreilles.

On peut aussi sérieusement, comme des papes, déclarer : «  l’auto-activité des travailleurs reste centrale » (AK/OS) sans voir que cette phrase n’a aucun contenu sémantique. Peu importe. Le discours politique est un discours purement narcissique, ce qui induit la répétition dans la pathologie, elle-même renforcée par l’isolement créé par la vertu révolutionnaire assimilée à l’idée pure du Bien de l’Humanité.

Mais ce système répétitif peut aussi se concevoir sur un temps long. Ainsi peut-on passer de l’enthousiasme de la création de syndicats, de partis…à la déception et aux comités pour le redressement de ces partis puis on recommence constatant à regret que l’écho dans les masses s’estompe vite ou ne résonne jamais. Ainsi, une période s’ouvre avec la rupture dans le PCI entre la Commission ouvrière et la direction pabliste. La musique persiste encore de nos jours : on peut constater que des organisations pétries de « lambertisme » se retrouvent dans le NPA pour tenter de le sauvegarder des dérives « pablistes » de la direction.  L’époque n’a-t-elle pas changée dans ses superstructures ?

La « ritournelle » est interrompue lorsque se produit une contraction du temps correspondant à un bouleversement politique majeur. Mais, ces moments sont rares.  Ensuite, une comptine avec une nouvelle tonalité se recompose. La dernière en date correspond en France à 95 avec ses variations autour du « Tous ensemble ».

Le discours sur la progression des luttes et sur les perspectives politiques semble épouser un temps linéaire et axé, ce qui lui donne un aspect dialectique. Pourtant, Derrida parlait, déjà en 1993 dans Spectres de Marx, du temps  qui semble être « sorti de ses gonds ». En réalité, le discours dominant est aujourd’hui calé sur une conception circulaire du temps (Deleuze, Bergson, le temps recherché et retrouvé Proust). Plus le discours se veut à gauche plus la vitesse de rotation s’accélère. La conséquence principale de ce mouvement tourbillonnant est le fait de  masquer et d’évacuer les recherches sur une nouvelle perception du réel et sur une pensée en phase avec le monde actuel. C’est cet aspect des choses qui est le plus important. On peut vivre en sifflotant une ritournelle mais cela n’agit jamais car cela n’a pas de prise au-delà des membres de la chorale.

Il s’agit d’aborder la nouvelle période avec sérieux. Depuis longtemps, nous écrivons que 1989 marque un changement de période. Mais, nous avons bien du mal à saisir les conséquences de ce changement. Aussi, le plus souvent, nous le mettons en préambule puis nous reformulons nos raisonnements comme d’habitude.

Razmig Keucheyan, dans Hémisphère gauche, une nouvelle cartographie des pensées critiques, écrit :

« Trois commencements 1789, 1914-1917, 1956 pour une seule fin, à savoir 1989. D’autres découpages sont possibles et peuvent se surimposer à ces premiers. »

Souvent, on a interprété les surimpositions (95,    élections diverses, crises financières, Grèce…) sans tenir compte du renversement capital opéré à ce moment politique. Or, si le temps long des Lumières, le temps séculaire de la Révolution socialiste, le temps actif de l’anti-stalinisme se ferment, toute notre pensée doit se retourner.

Dardot et Laval nous ont montré que le Néo-libéralisme n’est pas un simple développement du capitalisme mais bien une forme nouvelle de domination du Capital (réunion de février et « La Nouvelle Raison du Monde »).

C’est à partir du constat de la défaite que peuvent se construire de nouvelles pensées critiques et que peut être abordée « l’Hypothèse communiste ». Zizek parle de redescendre et de recommencer l’ascension en repartant du camp de base citant Lénine dans un texte sur la NEP (présentée souvent à tort par ses successeurs staliniens comme une pause). Cette métaphore montagnarde s’applique parfaitement à notre époque.

Alors, pourquoi faire comme si l’histoire avançait inexorablement toujours du même au même en suivant le bon vieux matérialisme historique (pour ne pas dire scientifique) ? La pression militante, l’absence de lieu pour une réflexion globale, les enjeux symboliques, personnels et psychiques… tout cela sûrement. Mais l’absence de club de réflexion, libre et protégé contribue à l’impossibilité de se remettre en question.

Nous avons déjà abordé ces problèmes, mais l’illusion de la vie a reformulé sa « ritournelle ». Nous n’avons pas eu le temps, le courage de reformuler la théorie à l’épreuve des faits.  Plus personne n’est soumis à la dictature de « Objectif /Résultat ». Pourtant cette « méthode » continue à structurer l’inconscient militant. Ainsi on tue le marxisme en ne voulant pas le mettre, se mettre en danger.

Pourtant, nous aurions bien besoin de frotter la crise européenne, la séquence grecque aux thèses de Naomi Klein, à l’Etat d’exception permanent d’Agamben, par exemple.  Pourquoi Sarkozy reste-t-il en place malgré tout ? Les réponses politiques produites sont d’une telle évidence qu’elles n’expliquent rien de neuf. Pourtant du côté de la critique, une part importante de la littérature se penche sur la question en commençant par Badiou : « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». 

Nous pourrions chercher pourquoi nous sommes passés le plus souvent de la classe ouvrière au salariat et dans le même temps pourquoi nous nous interrogeons vainement sur la disparition de la conscience de classe. Et bien, d’autres problèmes survolés (mondialisation financière et les pays émergeants en sortant des clichés…) ou refoulés (la liste ici est longue et délicate) …

Il faut du temps, des lectures, des rencontres. Il faut résister à l’anti-intellectualisme, à la pression de l’actualité et du mot d’ordre juste. Et prendre du plaisir déjà... 

   




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