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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:57

http://www.claude-ribbe.com/dotclear/index.php?2010/01/31/138-le-role-positif-de-regis-debray-en-bolivie-et-en-haiti-dixieme-et-derniere-partie#search


Le « rôle positif » de Régis Debray en Bolivie et en Haïti (dixième et dernière partie)

La France et les USA n’avaient pas ménagé leurs efforts pour que le bicentenaire de la création de l’Etat d’Haïti ne soit pas commémoré, le 1er janvier 2004. Il fallait à tout prix séparer Haïti des Africains, de peur que la petite république caraïbe ne devienne un jour l’axe de la renaissance africaine. Régis Debray, Dominique de Villepin et Édouard Glissant, profitant de son grand âge, étaient allés faire pression sur Césaire pour qu’il refuse d’assister à la cérémonie, et qu’il donne, de ce fait, sa bénédiction au coup d’État qui était programmé.

On lui avait dit qu’Aristide était un dictateur et il le crut. L’Afrique du Sud ne se laissa pas influencer par ces mensonges. Un porte-hélicoptères apparut dans la baie de Port-au-Prince une dizaine de jours avant les célébrations.. Ce n’est pas sans émotion que j’ai vu arriver les gros hélicoptères envoyés par Thabo Mbeki et qui ronronnaient au-dessus de la ville comme pour montrer que l’Afrique était venue au secours des descendants de ceux qui avaient été arrachés à leur terre par de monstrueux prédateurs.

C’était un jour de deuil pour Régis Debray et ses amis. Les Sud-Africains avaient expédié une équipe pour organiser l’intendance de la cérémonie. Ce sont eux qui établirent les laisser-passer et organisèrent le système de captation du spectacle qui fut monté à la hâte.

J’écrivis un petit texte de théâtre pour être joué ce soir là. Le 1er janvier 2004, les cérémonies commencèrent le matin, en présence de Thabo Mbeki, du premier ministre de la Jamaïque, de Maxine Waters, députée de Californie représentant le Black Caucus, de Danny Glover, de Randall Robinson, et surtout de plus de cent mille Haïtiens qui agitaient des drapeaux en chantant l’hymne national. Ils étaient si nombreux qu’ils s’étaient juchés sur les grilles entourant le jardin du palais national.

Elles plièrent soudain sous le poids de la foule ainsi agglutinée et les plus humbles purent se mêler aux invités officiels. Une courte cérémonie devait avoir lieu aux Gonaïves. Quant on sait que l’organisateur en était Gabriel Frédéric, celui-là même qui avait remis à l’ambassadeur Burkard, le 9 novembre, copie du dossier juridique sur la restitution de la dette de la France, on se doute qu’elle fut sabotée et avec l’aide de qui. Il y eut quelques tirs d’armes automatiques en direction du président Aristide et de Thabo Mbeki qui, heureusement, ne furent pas atteints. Le soir, un spectacle fut présenté au Palais national. Les violons de l’orchestre amateur Sainte-Trinité et le ballet national de Cuba furent mis à contribution. Le texte que j’avais écrit, Le rêve de Mandela, fut joué par Danny Glover et Jean-Michel Martial.

J’étais à peu près le seul français parmi les invités d’honneur en ce jour historique où l’ambassadeur Burkard grimaçait plus encore que de coutume. Christiane Taubira était très attendue, mais elle ne vint pas. Elle expliquera sans doute un jour pourquoi. Aucun de ceux qui, en France, ont fait depuis de l’esclavage leurs fonds de commerce n’étaient là. Aucun journaliste de la presse occidentale ne rendit compte de l’événement qui, officiellement, n’a jamais existé; pas plus que la bataille de Vertières qui entraîna la capitulation française , le 18 novembre 1803. Je quittai Port-au-Prince quelques jours après la cérémonie, non sans être allé saluer le président. Il pensait que ces événements seraient niés un jour et qu’il faudrait témoigner de ce qui s’était réellement passé.

Après mon départ, Burkard, Villepin frère et soeur, Debray et tous les autres continuèrent leur travail de sape, en liaison constante avec les Américains. De prétendus rebelles, commandés par un assassin notoire, entrèrent dans le pays pour faire diversion dans le nord. Une délégation fut envoyée à Paris par le président pour rencontrer Villepin et demander l’aide de la France contre ces mercenaires afin de sauver la démocratie haïtienne. Elle était composée du ministre des Affaires étrangères, de la ministre de la Culture et du directeur de cabinet du président Aristide. J’eus l’occasion de les voir tous trois avant leur rencontre avec Villepin, qui eut lieu dans l’après-midi du vendredi 27 février 2004.

Villepin les reçut entre deux portes et leur fit comprendre que le sort du président Aristide était scellé. Il avoua en avoir eu confirmation de son homologue Colin Powell en personne. « Il vaudrait mieux qu’il démissionne. C’est toujours mieux que d’être obligé de monter dans un hélicoptère, la nuit, au fond d’un jardin. » Telle fut la formule de celui qui, depuis, s’est retrouvé devant la justice pour son implication présumée dans une sordide affaire de listings trafiqués. Villepin était donc parfaitement informé, au moins dès le 27 février, de l’enlèvement, en fait activement préparé par la France et les USA depuis plusieurs mois. Trois témoins peuvent l’attester..

Dans la nuit du 28 au 29 février 2004, après une dernière réunion entre l’ambassadeur des USA, Foley, et son homologue français, Burkard, des troupes américaines (et probablement françaises aussi) pénétrèrent secrètement en Haïti. Au milieu de la nuit, Luis Moreno, chef de la CIA à Port-au-Prince, se présenta au domicile privé du président avec une vingtaine d’hommes des forces spéciales. Plusieurs dizaines de soldats, équipés d’armes à visée laser et de systèmes de vision de nuit, investirent la propriété. Les Américains obligèrent le président Aristide et sa femme à monter dans une voiture qui se dirigea vers l’aéroport. Ils n’avaient pas le choix, leurs deux filles se trouvant chez leurs grands-parents, aux USA, et servant d’otages. Un grand avion blanc attendait sur le tarmac. Il ne portait aucune marque d’immatriculation, sauf un drapeau américain peint sur la queue. Moreno obligea le couple à monter.

L’avion décolla immédiatement pour se poser à Antigua. Aristide restait très digne. Sa femme pleurait en silence. Ils n’avaient pas de vêtements pour se changer et se doutaient que leur maison était déjà livrée au pillage. Peut-être allaient-ils mourir sans revoir leurs enfants. L’avion resta cinq heures stationné à Antigua. On refusa aux passagers de dire où ils se trouvaient ni ce qu’on allait faire d’eux. L’avion redécolla et traversa l’Atlantique.

Dominique de Villepin avait négocié avec Bongo pour que ce dernier serve d’intermédiaire auprès de François Bozizé, lequel venait de faire, avec l’aide de la France, un coup d’Etat en Centrafrique. Les Américains avaient reçu l’assurance qu’Aristide serait mis en détention dans une « prison militaire française ». Cette prison militaire française était en fait le palais du "président" Bozizé, effectivement contrôlé par un important détachement français..

L’"ami" qui m’avait fait rencontrer Mme Rossillon était aussi (le monde étant petit) un ami de Bozizé. Apprenant par la presse l’arrivée d’Aristide en Centrafrique, je suppliai cet "ami" de me mettre en contact avec le dictateur de Bangui. Je n’obtins qu’un numéro de télécopie qui me permit de faxer une lettre pour que Bozizé m’autorise à joindre Aristide.

Après plusieurs jours d’efforts, je parvins à parler au lieutenant François, qui était le geôlier du président et finis par le convaincre de m’autoriser à lui parler. Aristide ne me dit que ces mots : « C’est le fort de Joux numéro 2 ! » C’était assez clair, puisque le fort de Joux était le lieu où les Français, après l’avoir enlevé, avaient mis en détention et exécuté Toussaint Louverture (officiellement mort de froid et de tristesse). Cette formule était un appel au secours. Je lui demandai s’il pouvait parler aux journalistes. Cela lui était impossible. Je donnai au président un rendez-vous téléphonique à 17 heures. Je me trouvais cette fois dans les studios de la radio RTL, dont il convient de saluer l’indépendance, et cette conversation fut enregistrée.

Le président Aristide déclarait avoir été enlevé avec la complicité de Dominique de Villepin, de sa sœur, Véronique de Villepin-Albanel, de Régis Debray et de l’ambassadeur Thierry Burlkard. La conversation que j’avais eue avec le président Aristide fut diffusée le lendemain matin, sans aucune censure, au journal de sept heures. Le soir, je récidivais, mais sur TF1 cette fois, grâce à l’amicale complicité de Patrick Poivre d’Arvor, que je dois lui aussi remercier pour son courage, puisqu'il réussit, non sans mal, on peut l'imaginer, à imposer le sujet au journal de 20 heures. Une troisième rencontre fut organisée par mon entremise, chez Marc-Olivier Fogiel cette fois. Fogiel avait tenu à faire lui-même l’interview. Elle serait diffusée sur le plateau de France 3 en ma présence. Je fis confirmer ces dispositions par écrit. J’établis le contact et Fogiel fit son interview. Ses collaborateurs avaient préparé des
questions du genre : « M. Aristide, vous êtes un dictateur, un trafiquant de drogue et un assassin, et vous avez pris la fuite pour échapper à la fureur du peuple que vous avez trahi, n’est-ce pas ? » Aristide répondit à Fogiel d’une manière si convaincante et avec un tel calme qu’il devenait évident qu’il avait été calomnié et enlevé.

L’interview du président Aristide et ma présence étaient annoncées dans toute la presse pour l’émission en direct du dimanche soir. On avait prévu un taxi pour que je m’y rende. Une heure avant le rendez-vous fixé, le journaliste qui avait monté le sujet m’appela pour me dire que la diffusion et l'entretien exclusif avec le président, de même que ma présence sur le plateau, étaient "déprogrammés". C'était un stagiaire qui avait encore des illusions. Il était écoeuré par ce qu'il appelait lui-même une censure, ayant travaillé tout le week-end.

Je ne reçus jamais d’explication de Fogiel, mais j’imagine que Villepin s’était opposé à cette diffusion en intervenant directement auprès de Marc Tessier, à l’époque président de France Télévisions. Néanmoins, en partie grâce aux interviews diffusées sur RTL et TF1, et qui firent beaucoup de bruit, Bozizé fut obligé de laisser Aristide repartir lorsqu’un avion affrété par les amis démocrates du président (et où se trouvaient notamment Maxine Waters et Randall Robinson) se rendit, quelques jours plus tard, à Bangui. Au grand dam des Américains et des Français, Aristide put repartir en Jamaïque et y retrouver ses deux filles.

Je devais apprendre plus tard qu’il avait été prévu que le président, comme je le pressentais, et comme il le pressentait sûrement lui-même, trouve la mort dans sa prison de Bangui. Il m’est impossible d’affirmer que Villepin était impliqué dans la préparation de cet assassinat, mais, dans la mesure où j’ai pu avoir la confirmation et la preuve irréfutable qu’il était bel et bien programmé, j’imagine qu’il n’était pas difficile au ministre des Affaires étrangères d’être au moins informé de ce qui allait se passer. Plusieurs semaines plus tard, je reçus un appel téléphonique de Jamaïque. C’était Aristide. Il me dit qu’un « grand oiseau » viendrait le prendre le soir même et qu’il allait retourner dans le pays originel sous la protection de l’homme que j’avais rencontré pour le bicentenaire. Cela voulait dire que Thabo Mbeki lui envoyait un avion à destination de Prétoria.

A la faveur de ces évènements, Aristide et moi nous liâmes d’amitié. Depuis six ans, il vit à Prétoria, sous la protection des Etats africains et de la Caricom (c'est à dire de tous les états nègres de la planète, ceux qu'on ne désigne jamais comme faisant partie de la "communauté internationale") avec, comme seul revenu, le salaire qui lui est versé pour les cours qu’il donne à l’université d’Afrique du sud. Je n'ai pu m'offrir qu'une fois le voyage pour aller le voir. J'en ai profité pour l'interviewer. Il ne s’est jamais écoulé un mois sans que nous nous téléphonions. Notre dernier entretien, c’était il y a trois jours.

Aristide a tout enduré, ne s'est jamais plaint, n'a jamais plié. Une fois le président Aristide renversé, Villepin et Bush, violant impunément la constitution du pays, mirent en place une nouvelle dictature sous l’égide d’un Américain, Gérard Latortue, une crapule nommée par les anciens pays esclavagistes «premier ministre de transition». La première mesure de Latortue fut d’annuler la demande faite à la France de restitution des 21 milliards de dollars extorqués à partir de 1825. Deux ans plus tard, les partisans d’Aristide élisaient René Préval à la présidence, dans l’espoir qu’il permette à Aristide de rentrer dans son pays. Le jour de cette élection, j’étais dans le bureau du ministre français du tourisme, Léon Bertrand. Il fut très étonné que je lui donne le nom nu président qui allait être élu, car ce n’était pas le candidat de la France.

Aujourd’hui, Léon Bertrand, ami intime de Chirac (l'homme qui ne se "commet" pas avec n'importe qui) est en prison pour corruption. Ainsi va le monde. René Préval, depuis quatre ans, n’a pas pu, n’a pas voulu ou n’a pas osé faire rentrer son ex-ami.. Les Haïtiens n’ont jamais cessé de manifester pour le retour de leur président, honteusement enlevé par les Américains et la France. Un jour peut être, qui n'est pas forcément éloigné, un nouvel « oiseau » venu d’Afrique reconduira dans son pays celui qui n’aurait jamais du le quitter.

Dans cet avion, le président Aristide sera accompagné de quelques amis américains : Danny Glover, Randall Robinson, Maxine Waters. Il y aura sûrement un Français aussi dans cet avion. Il se pourrait bien que ce soit moi. Régis Debray a écrit un livre sur la «fraternité». Il s’apprête certainement à faire campagne pour l’élection de Villepin en 2012 avec l’espoir d’être nommé ministre de la Culture. Quand il marche dans la rue, il n’y a plus de gendarmes pour l’escorter. Je ne lui ai jamais administré la paire de gifles qu’il mériterait certainement de recevoir. Je préfère le laisser avec sa conscience et le souvenir des milliers de morts, des dizaines de milliers peut-être, qui suivirent le coup d’État donc il fut l’artisan. Sous le régime de Latortue, on enfermait les partisans d’Aristide dans des containers qu’on aller jeter ensuite dans la mer.

Véronique de Villepin-Albanel continue d’animer l’aumônerie de Sciences po. Elle ne s’est jamais exprimée sur ces événements, mais comme c’est, paraît-il, une bonne chrétienne, je suppose qu’elle me pardonnera d’avoir dit la vérité et qu’elle priera pour le salut de mon âme.

Villepin, devenu ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, envoya l’année même du bicentenaire, un corps expéditionnaire de 1000 soldats français. On n’avait pas vu de soldats français en Haïti depuis la capitulation de 1803. Les soldats de Villepin firent sécher leurs slips, non pas sur la ligne Siegfried, mais sur les grilles du palais présidentiel. Ils baptisèrent l’opération « Rochambeau », du nom du général qui se servit de chiens dressés pour dévorer les nègres et qui entreprit l’extermination de tous les Haïtiens de plus de douze ans, en les faisant gazer au soufre dans les cales des bateaux. Le jour de leur départ, Paris Match publia l’interview d’une Haïtienne prétendant qu’elle avait assisté à une « messe noire » où le président Aristide avait «probablement» sacrifié un nouveau né en le coupant en morceaux.

La seule accusation qui n’ait jamais été portée contre le président d’Haïti, c’est la pédophilie.. Je m’étonne qu’ils n’y aient pas pensé. Burkard a pris sa retraite avec le traitement d’ambassadeur. Il est retourné chez lui, en Alsace, là d’où il était venu, jeune homme, certainement avec des rêves plein la tête. C’est le temps qui l’a puni. Il a l’air d’un vieillard. Il se pique à présent d’écrire. Des romans policiers régionalistes. Il est venu me voir au stand au salon du livre de Paris en 2009, un peu penaud, comme pour faire la paix. J’ai brandi le livre que je signais, «Le nègre vous emmerde». Il a fait demi-tour.

Quant à Villepin, il m’a fait appeler par son secrétariat, en septembre 2005, alors qu’il était Premier ministre, pour me nommer membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) du fait de mon engagement pour les droits de l’homme.

Comme j'étais notoirement l’ami de quelqu’un qu’il a accusé de violer ces mêmes droits de l’homme, cette nomination était bien étrange. Pour exprimer ma gratitude, j’ai publié, deux mois plus tard, un livre sur Haïti : Le crime de Napoléon. Je n’ai pas été renommé à la CNCDH au moment de son renouvellement. Au fait, l'aéroport de Cayenne s'appelle "Rochambeau". Je m'étonne que Christiane Taubira, députée de la Guyane, n'ait jamais demandé qu'on le débaptise. Un livre de Randall Robinson, relatant dans le détail tous ces événements, est sous presse pour être publié le 18 février 2009 sous le titre Haïti, l'insupportable souffrance. J'aurai eu l'honneur de le publier et de le préfacer. Telle sera ma modeste contribution, avec le témoignage publié quotidiennement depuis dix jours sur ce blog, à la reconstruction d'Haïti. Je n'ai écrit que la vérité. L'histoire jugera.

Claude Ribbe





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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:13

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.240110.htm


http://www.france-irak-actualite.com/article-halabja-proces-en-catimini-43527829.html

Halabja, procès en catimini

Gilles Munier

Talabani accuse un rival d’être responsable du massacre

Le 17 janvier dernier, la Haute Cour pénale irakienne - ex Tribunal spécial irakien, créé en 2003 par les autorités d’occupation - a condamné à mort Ali Hassan al-Majid  pour avoir ordonné le bombardement au gaz de la ville kurde de Halabja, le 16 mars 1988. A l’époque, l’Irak était en guerre avec l’Iran et il coordonnait les activités militaires et de renseignement dans le nord du pays. La peine capitale prononcée à son encontre par le juge Aref Abdoul-Razzak al-Chahine étant courue d’avance, la tenue du procès avait été fixée d’un commun accord par Nouri al-Maliki et Massoud Barzani, pour tomber avant les élections législatives, alors prévues fin janvier.

Le procès de Hassan al-Majid ayant été uniquement instruit à charge, il est bon de rappeler que la bataille de Halabja a été provoquée par l’entrée au Kurdistan irakien d’une colonne de Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans), guidée par un groupe de peshmergas de l’Union Populaire du Kurdistan (UPK), le parti de Jalal Talabani, actuel président de la République. En pleine guerre Iran-Irak, c’était un acte de trahison.

L’opération Val Fajr-10

Arrivés près de la ville, les Iraniens s’étaient emparé d’une garnison irakienne, et - selon le témoignage d’un ancien ambassadeur de France à Bagdad - égorgé les prisonniers et leur famille. A Téhéran, les mollahs organisateurs de cette opération, baptisée Val Fajr-10, savaient ce qui risquait de se passer ; les chefs de l’UPK probablement aussi. A chaque fois que les Iraniens perçaient dangereusement les lignes irakiennes, les gaz étaient utilisés pour les repousser. Malgré le danger, l’UPK avait ordonné à la population de Halabja de se rassembler pour accueillir leurs « libérateurs ». Qu’est-il arrivé ensuite ? En avril 2003, George Bush et ses alliés kurdes avaient promis un procès retentissant. Il s’est déroulé en catimini, ou presque ; comme si Halabja n’intéressait plus grand monde. La presse internationale, qui avait fait du massacre le nerf de la campagne de diabolisation de Saddam Hussein, était absente. Quid alors des preuves et des révélations annoncées depuis plus de vingt ans ?

On aurait aimé entendre des experts expliquer ce qui s’est réellement passé ce jour-là, documents à l’appui, et savoir quels pays occidentaux avaient livré le ou les gaz aux belligérants, car dans ce domaine les Iraniens n’étaient pas en reste. Les pasdarans avaient – les premiers - utilisé du gaz au cyanure dès le début de la guerre Iran-Irak, à Mouhamarra (Khorramchahr, en persan), pour casser l’offensive irakienne en Arabistan (Khouzistan, en persan), et au Kurdistan iranien en 1982 et 1987, selon un témoignage du regretté docteur Abderrahman Ghassemlou, secrétaire du Parti Démocratique Kurde d’Iran.

Les Pasdarans croyaient que la ville avait été reconquise…

Que l’armée irakienne ait utilisé du gaz pour annihiler l’offensive iranienne sur son territoire ne fait pas de doute, mais pourquoi escamote-t-on les documents accusant l’Iran d’en avoir fait autant au cours de la bataille, et à Halabja précisément ? Le 4 mai 1990, le Washington Post a résumé un rapport classifié de l'Army War College affirmant que l’interception par les Etats-Unis des communications échangées sur le champ de bataille désignait l’Iran comme l’auteur du bombardement au gaz de Halabja. Les Pasdarans croyaient que la ville avait été reconquise… Ce rapport, co-rédigé par le docteur Stephen Pelletiere, analyste de la CIA spécialiste de l’Irak, précisait que l’Irak ne possédait pas le type de gaz utilisé à cet endroit.

Ali Hassan al-Majid sera sans doute pendu dans les prochaines semaines (1), mais l’affaire du massacre de Halabja ne sera pas close pour autant. Le site kurde Rudaw.net a révélé qu’il y a deux mois, pendant l’assemblée plénière de l’UPK, Jalal Talabani a accusé son ancien n°2, Nawshirwan Mustafa -  aujourd’hui chef du Gorran (Changement), mouvement kurde d’opposition - d’être responsable du bombardement. Que voulait-il dire exactement ? Il est vrai qu’ « Oncle Jalal » était à Londres au moment des faits, tandis que Nawshirwan dirigeait la guérilla séparatiste sur place, mais il est impensable que la participation de l’UPK à l’offensive Val Fajr-10 ait été décidée sans son accord. La vérité finira par éclater. Le déballage en famille s’annonce nauséabond, surtout quand on sait que Peter Galbraith* - impliqué aujourd’hui dans un scandale pétrolier impliquant le gouvernement kurde de Massoud Barzani - est à l’origine de la campagne accusant Saddam Hussein d’avoir « massacré son propre peuple ».

Aujourd’hui, on comprend mieux pourquoi le 16 mars 2006, lors de la cérémonie anniversaire du massacre, la population de Halabja a incendié le monument qui le commémore. Le détournement des dons qui y sont recueillis, au bénéfice des victimes civiles de la bataille, n’était dans doute pas la seule raison de la fureur des manifestants.

(1) Article mis en ligne le 24/1/10. Ali Hassan al-Majid a été pendu le lendemain.





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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:54

Gaza, un an après: Grande Manifestation Samedi 6 Février 2010 à 14 heures

Départ Place de la République à Paris en direction de l'ambassade d'Israël

Gaza, un an après: Briser trois ans de siège israélien, juger les criminels de guerre, sanctionner Israël

A l'initiative du « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens ».

Agissons, participons à la dynamique de la campagne - BDS contre l'occupation et la colonisation israéliennes

Le 27 décembre marquait le premier anniversaire du début de l'agression israélienne contre les Palestiniens de la Bande de Gaza. Les bombardements massifs, les destructions et les massacres (plus de 1400 victimes palestiniennes dont une majorité de civils), sont venus s'ajouter aux effets désastreux du siège total, suscitant l'indignation des opinions publiques internationales. En France, le 10 janvier dernier, nous étions 300 000, unis dans la diversité, à l'appel du Collectif National, dans 100 villes de France.

Les Nations-Unies ont depuis explicitement endossé le rapport du juge Goldstone. Celui-ci demande une levée immédiate du bouclage de Gaza et affirme notamment que l'armée israélienne a sans doute commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité.

Un an après, l'objet de nos mobilisations reste d'actualité. Le blocus est toujours aussi dur, si ce n'est plus puisqu'il interdit en plus toute reconstruction des habitations et édifices détruits. Le gouvernement d'extrême-droite israélien refuse tout compromis. Il faut briser le siège, juger les criminels de guerre, sanctionner Israël. Face à l'impasse des négociations entre Israéliens et Palestiniens, c'est à nous, citoyens, organisations de la société civile, syndicats et partis politiques d'amener nos dirigeants à imposer le respect du droit international.

Gaza, un an après : Grande Manifestation Samedi 6 Février 2010 à 14 heures Place de la République à Paris

Premiers signataires :

Agir contre le Colonialisme Aujourd’hui Alliance For Freedom And Dignity –France (AFD-France), Association des travailleurs maghrébins de France ( ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), Association pour les jumelages entre les camps de réfugies palestiniens et les villes françaises (A.J.P.F.), Association républicaine des anciens Combattants, Campagne Civile de Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), CICUP, CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix, Droit-Solidarité, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Génération Palestine (GP), GUPS - Union Générale des Etudiants de Palestine, La Courneuve-Palestine, Le Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix (PAOR), Les Alternatifs, Les femmes en Noir, Les Verts, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Organisation de Femmes Egalité, Parti Communiste Français (PCF), PCOF, Solidarité Palestine 18°, Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT), Union Juive Française Pour la Paix (UJFP), Union syndicale Solidaires



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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:41

http://www.conscience-musulmane.over-blog.com/article-stop-au-grenelle-de-l-islamophobie--43847151.html


STOP AU GRENELLE DE L’ISLAMOPHOBIE !

Aujourd’hui, la haine incontrôlable est le résultat de cette politique de l’Identité Nationale qui s’est imposée comme une évaluation grossière des menaces que feraient peser l'islam et l’immigration extra-européenne sur les valeurs républicaines.

Un programme raciste qui ne manque pas de semer outrageusement la confusion lorsque simultanément est encouragée, au plus haut niveau de l’Etat, la promotion de la diversité en politique et dans l’emploi.

Comment peut-on à la fois présenter la diversité culturelle d'un Français de confession musulmane comme une force dynamique pour l'entreprise et, un danger potentiel pour la société ?

Ce double discours prive encore une fois, toute une génération de Français issue de l'immigration d’être reconnue comme appartenant légitimement à la communauté  nationale, mais aussi toutes les personnes étrangères qui contribuent à l’enrichissement de ce pays par leur travail.                    
                                                 
Pire, ce langage insidieux oriente la colère des Français dits de «souche» vers ces musulmans bourreaux de Marianne, sur lesquels on peut déverser toute l'angoisse ressentie par les effets d’une crise économique durable. 

Il semble qu'il importe peu à notre classe dirigeante que nous soyons invariablement les cibles d'un discours raciste sous prétexte de vouloir clarifier la nature exacte de nos convictions religieuses et de notre attachement à la France.

Aussi l'ambition inavouée de ce débat national ne serait-elle d’imposer un serment d'allégeance aux Français de confession musulmane faisant, de la négation de leur identité religieuse une condition non négociable de leur pleine intégration à la nation française ? 

Consciences citoyennes de ce pays, ne réalisez-vous pas que la chasse aux sorcières est ouverte depuis bien longtemps ?                                                             

Des femmes voilées sont agressées quotidiennement en France depuis le 11 septembre 2001, sans que personne ne s’en émeuve. 

Depuis trop longtemps, l’entretien du mythe racoleur du « péril islamiste » par notre classe politico-médiatique éduque dangereusement  le regard des Français sur le droit des citoyens de confession musulmane à vivre leur foi.

De la déscolarisation des jeunes filles voilées, à l’interdiction de circuler sur la voie publique des femmes en Niqâb, vers quel système de pénalisation du culte musulman nous conduit-on ? 

Agissant avec ardeur contre l’expression publique de la deuxième religion de France, nos élus piétinent la Constitution et offrent à la haine une place de choix au sein de notre société.

Inquiets de l’augmentation alarmante des actes à caractère islamophobe depuis le lancement du débat de l’Identité Nationale, des associations, des intellectuels et des citoyens s’unissent au nom du Collectif « Unis Face à l’Islamophobie » pour exiger l'arrêt immédiat de cette politique humiliante ainsi que des actions fermes de lutte contre le racisme anti-musulman,   

Au plan institutionnel et législatif, nous exigeons la mise en place d'une commission de réflexion nationale sur les conséquences économiques et sociales du racisme qui touche les musulmans et les individus perçus comme tels, en vue de l’adoption d’une loi sanctionnant l’islamophobie, l'abandon du projet de loi d'interdiction du Niqâb qui condamne une nouvelle fois les femmes musulmanes au mépris public, l'abrogation de la loi du 15 mars 2004  qui punit des jeunes filles pour leurs convictions religieuses en les privant du droit à l’éducation publique, la prise en compte officielle des actes islamophobes par le Ministère de l’Intérieur et la présentation d’un rapport annuel, la formation des agents du service public au respect de la liberté religieuse (services publics au sein duquel le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) observe le plus grand nombre de discriminations à caractère religieux), la reconnaissance institutionnelle des associations de lutte contre l’Islamophobie ainsi que des moyens publics pour soutenir leur action au même titre que les associations françaises de défense des droits de l'Homme et la protection permanente des lieux de culte et carrés musulmans, profanés régulièrement dans notre pays.     

Au plan politique, nous exigeons la sanction des auteurs de propos islamophobes, le respect par l’ensemble de notre classe politique, du choix des femmes de porter le voile, droit qui s'inscrit dans l'exercice des libertés de Conscience et de Religion garanties par la Constitution Française, le respect strict du principe de Laïcité, impliquant l’arrêt de l’ingérence politique dans l’organisation du culte Musulman, l’organisation de rencontres interculturelles visant à promouvoir le «vivre ensemble» et la signature d’une charte de lutte contre l’Islamophobie par les médias.   

Unis Face à l'Islamophobie : Actif Ensemble, A.J.A.R.(Agir pour la justice et l'accompagnement des musulmans face aux discriminations religieuses et le Respect des diversités), Association des Musulmans de Villeneuve St Georges, A.F.M.Y (Association Franco Marocainne des Yvelines), Association Paix et Fraternité, Association Rahma 19, C.C.I.F. (Collectif de lutte contre l'islamophobie), Marxistes Unitaires, Peace Breather, Respaix Conscience Musulmane, Réveil des consciences, ...

Avec le soutien d'Alima Boumediene. Liliane Cordova Kaczerginski, coordinatrice IJAN (réseau international juif antisioniste) France, Olivia Zemor présidente d'Europalestine,  ...



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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 17:29


http://www.damnesdelaterre.com/index.php?option=com_content&view=article&id=431:festival-identite-internationale&catid=39:agenda&Itemid=61


Programme du festival de l’identité internationale

Lundi 8 février Amphi B2 à 12h00  Film « L’Armée du Crime » Robert Guédiguian suivi d’un débat en présence du réalisateur 

Mardi 9 février Université de Nanterre Amphi C1 à 12h00  Conférence débat avec Gérard Noiriel, historien à l’EHESS, auteur de  « Le massacre des Italiens,Aigues-Mortes, 17 août 1893 » (éditions Fayard. Janvier 2010) et Bamba Gueye Lindor, porte-parole des Damnés de la Terre   

Mardi 9 février à 18h00  Concert HK (du Ministère des Affaires Populaires) et les saltimbanks

Mercredi 10 février Amphi C1 à 12h00  Film « Adieu Gary » de Nassim Amaouche, suivi d’un débat en présence du réalisateur 



Identité nationale : a qui sert le crime ?

A l’issue de trois mois de matraquage sur le thème équivoque de l’identité nationale, il est nécessaire d’éclaircir les enjeux cachés.

Comme sous la Troisième République ou sous le régime de Vichy, l’identité nationale hante à nouveau notre société. Ce n’est pas un hasard. En temps de crise, la France impérialiste et inégalitaire ressort ses épouvantails.   

Les citoyens français ont été « convoqués » depuis novembre 2009 pour « répondre à leurs inquiétudes ». 11ème sujet de préoccupations pour les français, loin derrière les 450000 chômeurs de plus en 2009, le pouvoir a voulu faire de la question identitaire le sujet numéro un.

Or, s’il est difficile de définir la « civilisation française », il semble que l’on désigne plus facilement ceux qui n’en font pas partie ! Débat sur notre identité ? Non ! Débat de la peur et de la manipulation, il s’agit en fait de savoir qui nous ne sommes pas.

L’exécutif nous enjoignait donc de prendre position à partir d’un questionnaire dans lequel neuf questions sur dix présentent l’immigration ou les enfants de la colonisation comme une menace pour le pays. Pour ceux qui pensent encore que le débat a dérapé, il faut lire la note adressée aux préfectures l’automne dernier. On peut y lire : « ce débat répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes dont l’affaire de la burqa est l’une des illustrations ». Dès le début, qui est visé? La réponse n’est que trop évidente. Le scénario était donc écrit d’avance : les musulmans escortés par l’armée des sans-papiers font trembler la République!

D’autre part, la petite musique sur l’œuvre positive de la colonisation et le refus de la « repentance » participe au même arôme idéologique. Une vision de l’histoire de France qui glorifie la férocité des classes possédantes (de la boucherie de 14-18 aux doctrines racistes de l’empire colonial) est présentée comme sacrée et devrait être brandie fièrement par tous ! Il faut être « fidèle au sacre de Reims » annone Finkielkraut, «il faut honorer Napoléon » surenchérit Max Gallo sans sourciller sur le rétablissement de l’esclavage par l’Empereur des Français. L’enjeu ? A nos yeux, il s’agit de promouvoir un héritage « unificateur » qui prépare mentalement la guerre intérieure contre les « mauvais français » et extérieure contre les autres, les « nouveaux barbares ». Du même coup, une autre histoire de France, celle des luttes émancipatrices, celles des opprimés est étrangement niée ou absente.

Et pour cause ! En 1793, selon la Constitution la plus démocratique écrite en France[1], une condition suffisante pour être français était de lutter contre le despotisme ou même d’accueillir et d’élever un orphelin. La définition actuelle de la nation au contraire est complètement réactionnaire : elle sert à définir des ennemis, à nier les contradictions sociales en les reportant sur une fracture nationale-religieuse, à justifier les « bienfaits » du colonialisme. Nul besoin d’un vote xénophobe suisse, on le voit bien,  pour promouvoir une conscience de race en lieu et place d’une conscience de classe.

Les habits neufs du racisme paraissent présentables.Mais la main qui caresse est souvent la main qui tue. D’un côté, les paroles d’or sur les « valeurs républicaines » ou sur les « droits des femmes » . De l’autre, les actes de plomb faits d’expulsions, d’exclusion ou de « bavures ». Les flingues qui tueront les prochains Bouna Traore, Zyed Benna, Yakou Sanogo, Ali Ziri ou Rabah Bouamda sont déjà chargés. Nous affirmons que ce débat prépare de nouveaux morts, des « mauvais français » tués par les balles perdues de la police ou des beaufs chauffés à blanc. Le pogrom de Rosarno en Italie, c’est-à-dire en décembre 2009 la chasse à l’homme contre des travailleurs africains, montre où mènent les politiques de division sur des critères nationalitaires.

C’est pourquoi refuser un débat parce qu’il est imposé peut être légitime, mais l’absence de réponse politique à cette crapulerie s’apparente à une complicité. Certes, cette offensive sert à des fins électorales et à masquer les responsables de la crise, elle est surtout en elle-même une attaque contre les classes populaires. 

Cette approche de l’immigration ou des populations jugées « allogènes » n’est pourtant pas nouvelle. Elle s’est affirmée en 1983 lorsque le socialiste P.Mauroy déclarait contre les  ouvriers grévistes de Citroën-Aulnay « nous ne céderons pas face aux ayatollahs », divisant ainsi les ouvriers selon un discriminant religieux ; cette division plonge d’ailleurs ses racines dans la nuit coloniale et le couvre-feu de 1961 réservé alors aux ressortissants « d’Afrique du Nord ».

Premier objectif de cette nouvelle campagne idéologique nommée « identité nationale » : Faire peur et marquer une frontière symbolique entre les « bons » français et les autres. Deuxième objectif : désigner un ennemi intérieur comme responsable des problèmes sociaux. La guerre entre travailleurs mais aussi la domination du « Tiers-Monde » est la marque de la politique de la classe dominante. Nous ne l’oublions pas : ne pas détruire l’ordre néo-colonial français en Afrique c’est nourrir la sombre mascarade de l’identité nationale ici.

En fait, la disparition des freins à la logique capitaliste et la désignation d’un nouvel ennemi intérieur grâce à la théorie du « choc des civilisations » sont deux phénomènes liés. En effet, la précarité et la pauvreté étendues créent des révoltes sociales. L’ordre dominant a tout intérêt alors à définir les questions sociales  selon des termes ethniques et culturels. Diviser ceux qui devraient être unis et unir ceux qui devraient être divisés telle est la devise de la bourgeoisie. Finalement, la vraie énigme dans un pays où 8 employeurs sur 10 discriminent selon un nom maghrébin, c’est pourquoi n’a t-on pas plus de « communautarisme » ou de délinquance ?

Nous sommes dans une période de fascisation de l’Etat durant laquelle l’explosion des inégalités va de pair avec la diabolisation des luttes et des alternatives politiques. Mais justement dans l’histoire de France, le recul de cette division raciste, c’est précisément pendant la Commune, la Résistance antifasciste ou mai 68, des périodes de remises en cause de la domination de classe.

Il reste, heureusement, la conscience que l’unité de ceux qui ont les mêmes intérêts est la seule solution qui change la donne.

Marx disait que la classe ouvrière anglaise ne pouvait se libérer si elle ne détruisait pas tous ses préjugés coloniaux à l’encontre des Irlandais [2]. Qui sont aujourd’hui les Irlandais des Français ? C’est dans un esprit internationaliste que nous comptons aborder ce sujet.

Eclaircir les enjeux cachés, disions-nous. Mieux, face au nouvel ordre raciste, nous devons organiser la riposte, en avançant des idées et des luttes d‘émancipation. C’est l’enjeu de notre conférence-débat en particulier. C’est aussi le combat de l’AGEN et des Damnés de la Terre en général..



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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 20:56


Un message de Denis Halliday, ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, Coordonnateur humanitaire pour l'Iraq 1997-98

En acceptant le Prix International de la Paix Gandhi en 2003, j'ai expliqué ma décision de remettre ma démission à l'Organisation des Nations Unies, en tant que chef du Programme Humanitaire de l'ONU en Iraq à la fin de 1998. Face aux ordres du Conseil de Sécurité, qui continuait à imposer au peuple irakien des sanctions génocidaires, cette démission s’est avérée nécessaire pour moi. Conserver ce poste c’était se rendre complice d’une catastrophe humanitaire. De plus, mon sens profond de la Justice a été lourdement ébranlé ( comme le vôtre l'aurait été dans ma position), par la violence des sanctions que l'ONU a fait peser sur la vie et le bien-être des enfants, des familles et de tant d'être chers en Iraq. Il ne peut y avoir aucune justification pour tuer. Ni les jeunes, ni les personnes âgées, ni les malades, ni les riches, ni les pauvres … partout, et en toutes circonstances. Et surtout pas par les Nations Unies.

Certains vous diront que les dirigeants irakiens punissaient le peuple irakien. Mais ce n'est ni ma perception, ni ce que j’y ai vu, lorsque j’ai vécu à Bagdad en 1997-98 et quand j’ai voyagé à travers le pays. Et si tel était le cas, comment cela pourrait-il justifier cette punition collective que sont les sanctions ordonnées par les Nations Unies? La Charte des Nations Unies et le Droit International n’autorisent aucunement les conséquences criminelles d’un embargo. Alors que dire de cet embargo commandité par les Nations Unies, douze années durant, dans le cas du peuple irakien?

Après ma démission, j'ai tenté d’expliquer l'impact de ces sanctions, aux médias, aux universités et dans des réunions publiques en décrivant les enfants irakiens vivant comme dans un couloir de la mort, sans espoir de répit...À la fin de l'année 1998, nous, - l'ONU -, avions tué des centaines de milliers d’enfants, sans aucune hésitation apparente de la part des Etats membres permanents du Conseil de sécurité.

L'invasion et l'occupation illégales de l'Iraq en 2003 n'ont fait qu'empirer la situation globale des enfants, des femmes et des hommes irakiens. Contrairement à ce que les masses médias ont rapporté ou rapportent, toute une nation est terrorisée, tuée, ou contrainte à l'exil. Selon le CICR (la Croix-Rouge) et les autres organisations internationales, la situation humanitaire en Iraq est catastrophique. La volonté américaine d’imposer «la démocratie et la liberté" en Iraq a échouée, tandis que la loi, l'ordre et la santé économique et sociale du pays sont de plus en plus dégradés. Les systèmes de Santé et d'Education sont sur le point de s'effondrer, les droits de l’Homme ne sont plus respectés, la sécurité humaine et les opportunités pour sortir de cette crise ont disparus: les réfugiés et les déplacés irakiens sont aujourd’hui plus nombreux que ceux qui jouissent de la vie normale en Iraq.

Depuis que le gouvernement irakien a réintroduit la peine capitale en 2004, un nombre inconnu de personnes ont été pendues. Aucun des condamnés ne semble avoir eu un procès équitable. Le système judiciaire irakien a été qualifié par les organismes internationaux responsables et les organisations des droits humains comme corrompu, et malheureusement en proie à des dysfonctionnements graves et au sectarisme.

Dernièrement, le Conseil présidentiel de l'Iraq aurait ratifié la condamnation à mort de quelques 900 détenus qui croupissent dans le couloir de la mort. Quelques 17 détenus seraient des femmes.

L'effondrement apparent de la justice dans l'Iraq d'aujourd'hui doit être replacé dans le contexte d'un quasi total effondrement de la loi et de l'ordre depuis l'invasion US / UK, comprenant des crimes de guerre, des atrocités, des meurtres de civils commis par des mercenaires et par les forces militaires de l'occupation américaine.

Je m'oppose à l'utilisation de la peine de mort, où qu'elle se produise pour motif qu'elle est contraire aux Droits Fondamentaux de l'Homme. La Communauté Internationale qui a déjà totalement ignoré le peuple irakien, a le devoir impérieux de condamner les conséquences humaines effroyables de l'invasion et de l'occupation illégale, et doit condamner - sûrement les Irakiens ont ils assez souffert - l'un des taux les plus élevé d'exécutions dans le monde.

Sans votre voix, la spirale croissante de mise à mort va se poursuivre.. C'est pourquoi je me joins au BRussells Tribunal en dénonçant les exécutions. Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez lire la déclaration suivante sur la pendaison imminente de 900 détenus:

http://brusselstribunal.org/DeathPenalty121209.htm

et signer l'appel pour mettre fin à ces exécutions et demander que le gouvernement irakien impose un moratoire sur la peine de mort.

Je vous remercie au nom du BRussells Tribunal et à nous tous qui nous soucions de la justice et de la vie humaine.

Denis J. Halliday Ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies et coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour l'Iraq, 1997-98

Il a reçu en 2003 le Gandhi International Peace Award - Irlande

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 20:47

http://www.palestine-solidarite.org/interview.George_Galloway.280110.htm


Rencontre avec George Galloway

Tous unis avec les musulmans pour briser le siège de Gaza

George Galloway, député britannique à la Chambre des communes (*), est un homme posé, vif, chaleureux. Son regard bleu est attentif et amical. Il n’a pas de temps à perdre. Il est préoccupé par la gravité de la situation à Gaza. Il a mille fers au feu mais il a néanmoins accepté de venir donner, le 26 janvier, une conférence à Lyon (**). C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré.

D’une voix forte, claire et limpide, il délivre son message : face à la guerre que mène l’Occident contre le monde musulman, c’est une faiblesse mortelle de la gauche de ne pas s’unir avec les musulmans [1]. Il est impératif que toutes les forces progressistes et anti-guerre s’unissent avec eux. Car les positions des musulmans aujourd’hui sont objectivement les mêmes que celles de tous les progressistes dans le monde : en finir avec les guerres et les injustices.

Silvia Cattori : Après le dernier convoi de « Viva Palestina » à Gaza [2], que comptez-vous faire ?

George Galloway : Je pense que le temps des discussions est passé. Les actions parlent plus fort que les mots. Nous devons briser le siège de Gaza par tous les moyens. Nous l’avons brisé trois fois au cours des derniers onze mois ; nous devons continuer de le briser de plus en plus pour obtenir la fin définitive de ce siège.

Nous n’allons pas laisser seule la population de Gaza. Le prochain convoi se fera par la mer. Nous n’avons pas d’autre choix. On prendra la mer en mai 2010. Il y aura des navires d’Afrique du Sud, du Venezuela, de Malaisie, de Turquie, etc. Nous avons besoin d’autant de navires que possible, du soutien d’autant de gouvernements que possible, de la protection d’autant de drapeaux que possibles pour apporter à Gaza autant d’aide que possible ; du ciment, du bois, des clous, pour reconstruire Gaza.

Certes, c’est beaucoup plus difficile maintenant que l’Egypte a interdit l’entrée de son territoire aux convois. J’aurais préféré aller par terre plutôt que par mer, je ne suis pas un marin, mais c’est la seule voie pour aller à Gaza. Nous voulons que ce convoi international puisse naviguer sous pavillon turc, qu’il y ait à son bord des personnalités éminentes, et qu’il puisse transporter une grande quantité de matériel. Nous avons de bonnes chances d’arriver à bon port. Si nous y parvenons, nous pourrons revenir avec nos bateaux remplis de produits de Gaza, et amorcer ainsi une ligne commerciale maritime entre Gaza et le monde.

Nous sommes en train de construire une coalition internationale ; le mouvement « Viva Palestina » existe maintenant dans de nombreux pays : Afrique du Sud, Australie, États-Unis, Malaisie, Grande Bretagne, Irlande ; je souhaite voir le mouvement de solidarité en France se joindre à nous.

Silvia Cattori : Si je comprends bien, vous comptez rassembler et unifier internationalement les groupes et les gens, actuellement dispersés et affaiblis, pour atteindre la plus grande efficacité possible et devenir éventuellement le leader de ce mouvement ?

George Galloway : Non, je ne pense pas en être le leader. Je crois que la Turquie est le leader. Le Premier ministre, M. Erdogan, devrait être notre leader. C’est, je crois, le seul homme d’État qui peut réellement avoir un large écho - en particulier dans le monde musulman, le monde arabe - et qui peut réveiller le géant endormi de l’opinion publique arabe.

La Turquie a été un élément très important dans notre réussite. Elle est un nouveau facteur dans cette équation palestinienne. Après des décades d’alliance stratégique avec Israël, la Turquie est dirigée aujourd’hui par un gouvernement que les citoyens du monde ne peuvent qu’admirer. L’ONG humanitaire turque, IHHA a été décisive dans le succès de notre dernier convoi. Elle nous a apporté des véhicules et plus du 40% des personnes qui ont participé au convoi. M. Erdogan est intervenu personnellement pour obtenir que Moubarak nous laisse passer. Il nous a apporté tout le soutien politique et diplomatique qu’il nous fallait pour que nous puissions atteindre notre objectif d’entrer à Gaza pour offrir à la population notre matériel et notre soutien.

Silvia Cattori : Je comprends que vous soyez pressé de repartir, et de vous lancer dans un nouveau défi pour attirer l’attention du monde sur Gaza et sa population délibérément affamée, et toujours prise au piège d’un enfermement plus que jamais cruel et dangereux. Mais n’est-ce pas un rêve irréalisable ? En naviguant sous pavillon turc, ne craignez-vous pas d’être accusé de vouloir dresser un État contre un État ? Cela ne sera-t-il pas considéré par Israël comme un acte de guerre ?

George Galloway : Non, cela ne sera pas un acte de guerre parce que les eaux internationales sont les eaux internationales ; et après c’est la mer de Gaza. Il faut seulement avoir le courage de passer des eaux internationales aux eaux de Gaza. Il n’y a aucune menace contre Israël. Le convoi peut être inspecté par des fonctionnaires des Nations Unies, pour vérifier qu’il n’y a pas d’armes. Déjà plusieurs bateaux sont passés.

Silvia Cattori : Les deux dernières tentatives d’atteindre Gaza par la mer, en 2008, ont échoué ! Et les trois premières tentatives, si elles ont réussi, n’est-ce pas qu’Israël avait peut-être à ce moment là, un intérêt à les laisser passer ?

George Galloway : Il s’agissait d’un ou deux bateaux, et ils n’avaient pas la protection d’États importants. Il faut s’assurer la protection d’États qui pèsent d’un certain poids. C’est à quoi nous travaillons maintenant.

Je crois que nous sommes en mesure de créer les conditions qui nous permettront d’arriver à bon port. Nous devons essayer coûte que coûte ; dans ce contexte de blocus, il n’y a pas d’autre voie pour atteindre Gaza que d’y aller par la mer. Au début des années 1960, quand Berlin Ouest était isolé, tous les pays européens ont organisé un pont aérien pour lui apporter de l’aide. C’est d’un tel pont dont nous avons besoin. Nous ne pouvons pas le faire par air mais nous pouvons le faire par mer. Plus important il sera, mieux ce sera. Nous devons y aller en grand nombre ; nous devons avoir à bord des personnalités de renom, et le soutien d’États importants, ou au moins d’un État important. Et la Turquie sera, je crois, la clé.

Silvia Cattori : Le groupe de « Free Gaza » n’a-t-il pas annoncé son intention d’aller à Gaza à la même époque ? Ne travaillez-vous pas ensemble ?

George Galloway : Je ne sais pas ce que va faire « Free Gaza » ; nous respectons ce qu’ils font. Nous savons qu’ils ont déjà différé trois fois leur voyage ; je souhaite qu’ils se joignent à notre convoi, mais s’ils décident d’y aller seuls, ils ont mon entier soutien.

Silvia Cattori : Les gens qui vous ont fait confiance, qui vous ont accompagné durant les trois convois, surtout lors du dernier, comment vont-ils ? Cela a dû être une expérience fascinante et sans doute enrichissante, mais aussi très traumatisante. Comment sont-ils revenus du troisième et dernier convoi de décembre-janvier ? Et vous-même ? Brisés ou plus forts ?

George Galloway : Plus forts. Mais le prochain convoi par mer ne nécessitera pas d’engager la présence d’autant de personnes.. Dans ce cas, les seules personnes qui peuvent être un soutien, qui peuvent être vraiment efficaces, sont des personnalités connues, des gros donateurs, et des gens qui ont une expérience de marin. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de passagers dans ces bateaux. C’est une tactique différente, celle-ci. Dans un convoi par terre, tout le monde était le bienvenu. Dans le dernier, nous avions avec nous 520 personnes de 17 pays. Ici, nous n’aurons besoin que de 15 à 20 personnes par bateau.

Silvia Cattori : Les gens qui ont suivi votre longue et pénible odyssée ont été impressionnés. Cela doit vous faire plaisir de savoir que l’on entend dire : « Si vous voyez quelqu’un de la trempe de Galloway, suivez-le ». Mais vos succès ne pèsent-ils pas lourd sur vos épaules ? C’est une grande responsabilité !

George Galloway : Oui. Mais je suis dans ce combat depuis 35 ans. J’avais 21 ans quand je l’ai commencé. Je ne vais pas l’abandonner. Nous n’allons pas laisser seule la population de Gaza.





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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 20:36

Je vous informe qu'à la suite de la contestation de l'imposture organisée par la direction actuelle du CRAN par des dizaines de militants et grâce à la persévérance d'une poignée de militants qui ont porté plainte et subi toutes sortes de tracasseries, le tribunal de grande instance de Paris suite à son audience du 8 décembre 2009, vient d'annuler l'élection/reconduction de Patrick Lozès à la tête du CRAN qui a eu lieu le 23 novembre 2008.

J'espère pouvoir vous communiquer le texte complet de cette décision dans les tout prochains jours.

Il devient indispensable que tous les militants et sympathisants de bonne volonté se mobilisent pour en finir définitivement avec l'imposture à grande échelle qui dure depuis décembre 2005 et pour que le CRAN cesse d'être un instrument de répression des membres de la communauté noire de France et pour que vive le CRAN puissant outil de lutte contre les discriminations et les vexations de toutes sortes.

Komlan Rigobert MISSINHOUN





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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 20:24

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/27/burqa-le-new-york-times-accuse-sarkozy-d-attiser-la-haine_1297660_%203224.html


Burqa : le "New York Times" accuse Sarkozy d'"attiser la haine"

LEMONDE.FR avec AFP | 27.01.10 | 18h04

Le grand quotidien américain New York Times s'est invité mercredi dans le débat sur l'interdiction du voile intégral en France, accusant le gouvernement français d'"attiser la haine" dans un éditorial intitulé "Les talibans applaudiraient".

"Il est facile de voir que les droits des femmes sont violés quand un gouvernement leur ordonne de dissimuler leur corps sous un voile entièrement couvrant", écrit le quotidien new-yorkais dans un éditorial au ton très offensif. "Il devrait être aussi facile de voir la violation quand une commission parlementaire française recommande [...] l'interdiction des services publics, dont les écoles, les hôpitaux et les transports publics, aux femmes qui portent ces voiles", poursuit le texte.

UN DÉBAT NATIONAL "IDIOT"

La mission parlementaire pluraliste sur le port du voile intégral a préconisé mardi une loi l'interdisant dans les services publics, transports compris. "Au lieu de condamner les recommandations [de la commission], le président Nicolas Sarkozy semble déterminé à surenchérir", affirme le New York Times, évoquant la position du chef de file des députés UMP Jean-François Copé, qui exige que le voile intégral soit prohibé dans tout l'espace public. Si une telle loi était adoptée, "les talibans seraient contents" mais "le reste du monde devrait manifester sa répugnance", poursuit le texte, ajoutant : "Malheureusement, les responsables politiques français semblent vouloir fermer les yeux devant les violations des libertés individuelles."

Dans la perspective des régionales en mars, "il est difficile de créer de l'emploi et facile d'attiser les préjugés antimusulmans", continue l'éditorial, ajoutant que pour récupérer des voix à l'extrême droite, "le gouvernement de centre-droit de M. Sarkozy a passé des mois à promouvoir un 'débat national' parfois idiot, parfois menaçant sur l'identité française". "Aucun gain politique ne peut justifier d'attiser la haine", conclut-il.





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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:20

http://www.rue89.com/planete89/2010/01/29/rechauffement-climatique-la-chasse-au-giec-est-ouverte-136098


Réchauffement climatique : la chasse au Giec est ouverte

Les prévisions du groupe d'experts sur le climat sont contestées, et des scientifiques demandent la démission de son président.

Le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) [1] peut-il encore prétendre faire autorité quand il commet d'énormes erreurs ? La défense des scientifiques tient-elle la route ? Pourquoi la communauté des climatologues est-elle attaquée maintenant ? Autant de questions posées depuis la bourde sur la fonte de l'Himalaya [2], annoncée par erreur avec trois siècles d'avance.

Peu avant le sommet de Copenhague [3], la publication d'emails piratés entre chercheurs anglais (le Climategate [4]), avait jeté un premier soupçon sur la neutralité des experts, qu'on découvrait prêts à « arranger » des données pour asseoir la crédibilité de leurs prédictions.

Le Climategate avait fait un flop en France [5], où la majorité de la presse presse se méfie des « sceptiques ».

Les trois accusations

Depuis deux semaines, à l'étranger, c'est un déluge de critiques qui vise les rapports du Giec, et par ricochet leurs auteurs. Plusieurs prévisions de taille s'avèrent erronées :

La date de la fonte des glaciers de l'Himalaya, 2035, c'est-à-dire demain. Manifestement, toutes les procédures de révision n'ont pas été respectées, a reconnu le Giec lui-même.

Si le groupe d'experts mandatés par l'ONU a fini par admettre une « erreur regrettable », il n'a pas réellement fait amende honorable, promettant simplement de revoir ses procédures de relecture pour en améliorer la fiabilité.

Les scientifiques semblent coutumiers du téléphone arabe : la date de 2035 a été inspiré d'un rapport du WWF, qui lui-même reprenait un article de la revue New Scientist… Ou quand les médias et les ONG ont débordé les experts.

L'impact du changement climatique dans la formation de cyclones et ouragans aurait aussi été surestimée. C'esten tout cas ce qu'assure le Sunday Times [6]. Mais cette fois, le Giec contre-attaque, qualifiant l'article de « mensonger et sans fondement ».

Le Monde, dans un article intitulé « La pression monte autour des experts du climat [7] », estime par la voix d'un des membres du Giec qu'« il n'y a pas de biais dans la procédure ».

Le coût économique du changement climatique : sur son blog, le spécialiste d'études environnementales Roger Pielke Junior, [8] qui a travaillé pour le gouvernement britannique et pour le Giec, a remarqué une bizarrerie en comparant deux versions du rapport de l'Anglais Nicholas Stern sur l'impact économique du réchauffement, repris par le Giec.

Entre 2006 et 2007, l'impact estimé du changement climatique sur le PIB a été multiplié par dix ! Pielke avait déjà signalé cette erreur à l'époque dans le milieu scientifique, mais cela était passé inaperçu. Il explique à Rue89 :

« Ce sont des erreurs graves, destinées à rendre les conclusions plus alarmantes, pour que ça parle plus au public. »

Vu le grand nombre de prédictions avancées notamment par le groupe II du Giec, intitulé « impacts, adaptation et vulnérabilité », il est probable que d'autres bourdes soient révélées prochainement.

Qui en veut au Giec ?

Plusieurs hypothèses restent possibles quant à l'origine de la divulgation des erreurs. Depuis son prix Nobel de la paix collectif , tout ce que disait le Giec était parole d'Evangile, et les quelques voix qui comme Serge Galam, répétaient que « la climatologie n'est pas encore une science » [9], restaient inaudibles.

A l'approche du sommet de Copenhague et de la mise en oeuvre de politiques contraignantes pour lutter contre le changement climatique, ceux dont les intérêts pourraient être mis en danger ont sorti les crocs.

Pour Amy Dahan, directrice de Recherche au CNRS et qui travaille sur « Changement climatique, Expertise et Futurs » :
« Il y a un contexte politique extrêmement dur, en particulier aux Etats-Unis avec les engagements d'Obama qui suscitent des inquiétudes, et les lobbies pétroliers ou des industries traditionnelles sont à l'oeuvre depuis longtemps. » [citation amendée par l'interviewée, ndlr]e

« Souvent, le Giec cherche le consensus au détriment de la science. »

Mais comme nous en avions débattu sur le plateau de la Ligne jaune (une émission d'Arrêt sur images) [10], les médias ont aussi leur responsabilité lorsqu'ils retiennent seulement quelques chiffres-clés, résumant à outrance la complexité des conclusions scientifiques.

Au sein du Giec même, des dissidences existent en réalité depuis quelques années déjà. Cette semaine un éminent membre du Giec a reconnu [11] qu'il fallait des prédictions qui aient un impact sur les décideurs. Et, désormais, on entend des démissionnaires s'exprimer. Comme Paul Reiter, entomologiste à l'Institut Pasteur qui s'est confié au Figaro [12] :

« Des concepts erronés ont été introduits par des non-spécialistes du sujet. (…) Souvent, le Giec cherche le consensus au détriment de la science. Aujourd'hui, on m'accuse d'être sceptique. Je veux juste être scientifique. »

Faut-il couper des têtes ?

Jusqu'ici, le Giec est resté sourd aux critiques, cherchant à minimiser les erreurs commises. Mais quand la pression médiatique voire judiciaire augmente, les lignes bougent. Comme lorsque Michael Mann, chef des climatologues visés par le Climategate, s'était finalement mis en retrait [13] de son groupe de recherche.

Personnellement mis en cause en tant que président du Giec, l'Indien Pachauri [14], dans le Times of India [15] a refusé de démissionner. Il s'estime légitime à conduire le prochain rapport sur le changement climatique, assurant que toutes les « personnes rationnelles » continueraient à croire les conclusions du Giec.

Un appel à la démission du président du Giec

Bien plus sceptique que la presse française, la presse anglaise s'est mise à attaquer Pachauri sur ses liens avec l'industrie des énergies renouvelables. Le Telegraph (conservateur) l'accuse [16] carrément de s'enrichir personnellement en donnant des conseils à des banques sur les quotas de CO2.

Avec deux autres scientifiques, Roger Pielke Jr a lancé un appel à la démission du président du Giec :

« Nous voulons surtout que les scientifiques déclarent leurs conflits d'intérêt. Si c'était le cas, Pachauri ne survivrait pas. Nous demandons aussi que des groupes soient nommés pour corriger les erreurs. »



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