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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:35

http://www.liberation.fr/planete/2016/07/11/jeremy-corbyn-labour-toujours_1465575

Jeremy Corbyn, Labour toujours

Par Maria Malagardis et Hélaine Lefrançois

Lundi 11 Juillet 2016

Le leader travailliste, poussé vers la sortie par quatre vingt pour cent des députés de son camp qui ne l’ont jamais vraiment apprécié, est pourtant soutenu par les adhérents du parti travailliste, dont le nombre a explosé depuis son arrivée au pouvoir.

Mais qui veut la peau de Jeremy Corbyn ? Depuis la victoire du camp du Brexit, validé par le référendum du Jeudi 23 Juin 2016, le leader du parti travailliste est la cible d’une bataille interne, digne d’un remake de Game of Thrones, où tous les coups semblent permis. La fronde est menée par les députés de son groupe parlementaire qui, à quatre vingt pour cent, ont signé, au lendemain de la victoire du Brexit, une motion de défiance exigeant son départ. Dans la foulée, ce sont vingt membres du cabinet fantôme, le gouvernement virtuel de l’opposition au parlement, qui ont démissionné alors que plusieurs ténors du parti travailliste ont exprimé tout le mal qu’ils pensaient de Jeremy Corbyn, socialiste radical, pacifiste et anti austérité qui dirige le parti depuis seulement dix mois.

Dernier épisode de cet assaut en règle contre le leader travailliste, Samedi 9 Juillet 2016, après plusieurs jours d’hésitation, la députée Angela Eagle a proposé sa candidature, officialisée Lundi 11 Juillet 2016, pour remplacer Jeremy Corbyn, qui n’est pourtant pas démissionnaire. Cette fois, la guerre est donc déclarée et il y aura bien, à l’automne, une nouvelle élection pour le leadership du parti travailliste.

Election pour laquelle les députés frondeurs veulent modifier les règles pour empêcher Jeremy Corbyn de se représenter sans parrainage de députés, comme il peut en principe le faire en tant que leader sortant.

Jeremy Corbyn, désavoué et autiste, les médias britanniques, de même qu’une grande partie de la presse étrangère, ont largement véhiculé un sentiment d’agacement à l’égard d’un « leader qui s’accroche », au risque de conduire à la scission du parti travailliste. Pourtant, il y a bien quelque chose qui cloche dans ce scénario trop limpide. Détail révélateur, Mercredi 6 Juillet 2016, soit quelques jours avant l’annonce de sa candidature « spontanée », Angela Eagle a été désavouée par la branche locale de sa propre circonscription électorale, qui a massivement apporté son soutien à Jeremy Corbyn. Un cas qui est loin d’être isolé.

Équation inédite

Cet homme déjà âgé, il a soixante sept ans, sans charisme particulier, végétarien et républicain dans un pays où la monarchie fait partie du patrimoine national, suscite toujours un grand engouement. A la veille de son élection au mois de septembre 2015, cent quatre vingt cinq mille nouveaux membres ont adhéré au parti travailliste, auxquels s’ajoute l’enregistrement de cent mille sympathisants de plus. Mieux encore, depuis l’annonce du Brexit et le déclenchement des hostilités internes, cent mille membres supplémentaires ont rejoint le parti travailliste qui affiche désormais cinq cent mille membres, contre cent cinquante mille inscrits au parti conservateur.

Un record impressionnant qu’envieraient bien des dirigeants européens, mais qui n’a guère ému les adversaires de Jeremy Corbyn. « Ils dénoncent une infiltration massive de l’extrême gauche radicale. Alors que celle-ci ne représente pas plus de dix mille individus au Royaume-Uni », souligne Richard Seymour, auteur d’une biographie du leader travailliste récemment publiée, au titre explicite, « Jeremy Corbyn ou l’étrange renaissance de la politique radicale ». Pour cet écrivain très engagé à gauche, le succès de ce leader atypique résulte d’une équation inédite, « Jeremy Corbyn bénéficie tout d’abord du soutien des principaux syndicats, qui sont depuis toujours très liés au parti travailliste. Mais ils ne sont traditionnellement pas très à gauche et ils soutiennent Jeremy Corbyn par pragmatisme, sur pression de leur base ».

Et d’ajouter, « reste que la vraie nouveauté, c’est l’adhésion de milliers de jeunes qui avaient déserté la politique ou votaient occasionnellement pour les Verts. Et qui, pour la première fois, ont l’impression d’avoir face à eux un homme qui parle un autre langage, rejette l’austérité et refuse catégoriquement de céder aux sirènes xénophobes. Il est bien le seul. C’est cette nouveauté que n’ont pas comprise ni digérée tous ceux qui ont été surpris par la victoire de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste au mois de septembre 2015 ».

Gauchistes hardcores

Ces jeunes, ces corbynistas comme on les appelle parfois, on les retrouve surtout au sein de Momentum. Un groupe créé il y a un an, au moment de la campagne pour l’élection de Jeremy Corbyn, et qui lui a servi de fer de lance mobilisateur. Notamment grâce à un usage massif des réseaux sociaux, qui a permis de contourner des médias généralement considérés comme hostiles à l’actuel leader travailliste. On dépeint parfois ces corbynistas comme des « gauchistes hardcores ».

Mais ce n’est pas forcément l’impression qui s’en dégage lorsqu’on les rencontre au sein de leur quartier général dans le nord de Londres.

La réunion qui se déroule ce jour-là évoque plutôt un cours d’université avec un public très jeune et plutôt sage, qui lève le doigt pour participer à cette séance de mobilisation des troupes face à l’offensive des frondeurs. Au centre, dans le rôle du professeur, un barbu quinquagénaire suggère plutôt qu’il n’impose les consignes logistiques, avec souvent une pointe d’humour taquine qui fait rire son auditoire, proche conseiller de Jeremy Corbyn, Jon Lansman, cinquante huit ans, l’un des fondateurs de Momentum, peut être considéré comme un vétéran de la politique. Mais dans cette salle, il est l’un des seuls.

Emma, vingt huit ans, aux grands yeux bleus et cascade de cheveux noirs, confirme. Elle fait partie des quatre permanents au siège de Momentum à Londres, qui accueille dix mille volontaires. Emma ne s’était « jamais intéressée à la politique avant de rejoindre la campagne pour l’élection de Jeremy Corbyn », il y a un an. Son expérience récente d’institutrice à Birmingham lui a ouvert les yeux, « j'étais en poste dans un quartier très défavorisé et j’ai vu des enfants venir à l’école le ventre vide et des parents accablés par les difficultés financières », explique la jeune femme, encore troublée de s’être retrouvée confrontée aux « conséquences concrètes de l’austérité imposée au pays depuis six ans ».

« L’époque est à l’urgence », renchérit Claire, une jolie blonde en marinière de vingt neuf ans qui prépare un doctorat en littérature. Elle a découvert Momentum « par des amis, via Facebook ». Est-elle inquiète de la crise qui couve au sein du parti travailliste ? « Non, le vrai désastre, c’était avant l’explosion des adhésions, quand le parti était en perte de vitesse », s’exclame-t-elle avant d’ironiser sur « le timing trop parfait » des frondeurs contre Jeremy Corbyn, « ce n’est qu’une tentative de putsch orchestrée par la droite du parti et les nostalgiques de Tony Blair. Leur opportunisme est pathétique », dit-elle en soupirant. La théorie du putsch est ainsi très largement répandue parmi les sympathisants de Jeremy Corbyn. « Je ne suis pas une blairiste, je ne suis pas une corbyniste, je suis moi-même », s’est défendue Angela Eagle, Lundi 11 Juillet 2016.

Gala des mineurs

Reste qu’à part leur opposition à Jeremy Corbyn, ses adversaires n’ont pour l’instant aucun programme alternatif. « Le prétexte choisi pour attaquer Jeremy Corbyn est même particulièrement malhonnête »,s’insurge Jon Lansman, faisant allusion à ceux qui accusent Jeremy Corbyn de ne pas avoir assez fait campagne en faveur du maintien dans l’Union Européenne. « Les deux tiers des électeurs du parti travailliste ont voté contre le Brexit, le tiers restant émanant surtout de régions paupérisées et désindustrialisées qui ont voulu exprimer un mécontentement. Les proportions sont inversées pour les conservateurs, qui ont vu les deux tiers de leurs électeurs se prononcer en faveur du Brexit. Ce sont eux qui ont un problème », s’exclame le gourou de Momentum. Il se désole « du temps perdu en luttes internes. Nous n'abordons pas les vrais débats, ici aussi, comme dans d’autres pays européens, il faut imposer une alternative à l’austérité. Je suis pour l'Europe, mais l’Union Européenne doit écouter les souffrances générées par ces politiques qui n’ont produit qu’une spirale du déclin ».

Jeremy Corbyn est-il pour autant le mieux armé pour gagner les prochaines élections, prévues en 2020 mais qui pourraient survenir plus tôt ? « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour convaincre », admet Jon Lansman. « Les gens sont effarouchés, le racisme se développe et ce sont l’extrême droite et les partis nationalistes régionaux qui ont le vent en poupe. Mais il ne faut surtout pas se résoudre à accepter un scénario qui rappelle les années 1930. Si la droite du parti travailliste renverse Jeremy Corbyn, il y aura beaucoup de déçus et une nouvelle hémorragie des membres du parti ».

Pour l’instant, Jeremy Corbyn semble assez imperturbable face aux attaques dont il fait l’objet de la part de ses camarades travaillistes. Alors que Samedi 9 Juillet 2016 à Londres, Angela Eagle confirmait l’annonce de sa candidature, le leader travailliste expliquait ne pas se sentir « sous pression », devant une foule de cent cinquante mille personnes rassemblées pour le gala des mineurs, à Durham, dans le nord-est de l’Angleterre. Une fête annuelle qui commémore depuis 1871 le souvenir du premier syndicat créé au Royaume-Uni. Mais, désormais, il n’y a plus de mineurs à Durham et leurs luttes resteront dans l’histoire britannique comme la première grande défaite de la gauche au tournant des années 1980. Trente ans plus tard, le parti travailliste semble à nouveau à la croisée des chemins.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:06

http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/07/13/apres-le-brexit-la-bataille-pour-le-controle-du-labour-menace-de-provoquer-l-eclatement-du-parti_4968784_4872498.html

Après le Brexit, le parti travailliste menacé d’éclatement

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

La voie est libre pour Theresa May. La nouvelle première ministre, qui devait présenter son gouvernement dans la soirée du Mercredi 13 Juillet 2016, n’aura pas d’opposition organisée en face d’elle jusqu’à la rentrée et sans doute plus longtemps encore. Le parti travailliste, en ébullition depuis son échec au référendum du Jeudi 23 Juin 2016, où il défendait le maintien dans l’Union Européenne, est entré Mardi 12 Juillet 2016 dans une nouvelle phase de sa crise interne avec des risques redoublés d’implosion à l’automne.

Les instances dirigeantes du parti travailliste, en autorisant le leader contesté Jeremy Corbyn à participer automatiquement à l’élection visant à le destituer, ont augmenté ses chances de se maintenir, alors qu’il est visé par un vote de défiance de soixante quinze pour cent des députés du parti.

Au terme de six heures d’une réunion tendue, les trente deux membres du National Executive Committee (NEC) du parti travailliste ont donné raison à Jeremy Corbyn et accru le risque d’une crise prolongée. Pendant tout l’été, il sera opposé à la députée qui le défie et veut le remplacer, Angela Eagle, cinquante cinq ans, lors d’une campagne électorale interne.

Mais il devra aussi affronter un autre candidat, le député Owen Smith, qui a annoncé Mercredi 13 Juillet 2016 sa candidature sur la British Broadcasting Corporation (BBC). Le nom du vainqueur sera proclamé le 24 septembre 2016, juste avant le congrès du parti travailliste.

Refus de démissionner

Jeremy Corbyn, soixante sept ans, issu de l’aile gauche du parti, a été élu au mois de septembre 2015 à la surprise générale avec une nette majorité de soixante pour cent des voix à la faveur d’une nouvelle règle qui permettait d’adhérer au parti moyennant le paiement de trois livres sterling, trois euros et soixante centimes, sur internet. Aujourd’hui mis en cause pour sa faible participation à la campagne du parti travailliste contre le Brexit et son manque de charisme, le leader se prévaut de ce mandat pour refuser de démissionner, comme le lui demandent la quasi-totalité des membres de son cabinet fantôme, démissionnaires, et cent soixante douze des deux cent vingt neuf députés travaillistes.

Lundi 11 Juillet 2016, Angela Eagle a officialisé sa candidature contre lui, forte du soutien de nombreux élus. Angela Eagle estimait que, comme elle-même, Jeremy Corbyn aurait besoin de cinquante et un parrainages de députés pour pouvoir se représenter. Une exigence que l’actuel chef du Labour n’aurait pas satisfaite, ce qui aurait conduit à son élimination.

Mais le NEC du parti travailliste en a décidé autrement, en tant que dirigeant sortant, il n’a pas besoin de parrainage et figure automatiquement parmi les concurrents. Ravi de ce jugement acquis grâce au soutien des centrales syndicales, Jeremy Corbyn a annoncé qu’il ferait campagne « sur les sujets qui comptent, la lutte contre les inégalités et la pauvreté ainsi que contre la privatisation du National Health Service (NHS) », sans faire la moindre allusion aux conséquences de la sortie de l’Union Européenne.

Angela Eagle, elle, a accusé le coup et affirmé sa « détermination à remporter l’élection ».

Faisant allusion à l’isolement croissant de Jeremy Corbyn et à son silence sur le Brexit, elle promet qu’elle « ne restera pas enfermée dans son bureau » et appelle à « ne pas recourir tout de suite » au cinquantième article du traité de Lisbonne qui enclenche la sortie de l’Union Européenne.

Jeu de massacre post-référendum

En outre, les proches d'Angela Eagle accusent Momentum, le courant du parti qui milite pour le maintien de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste, d’être à l’origine d’une campagne d’intimidation qui la vise. Mardi 12 Juillet 2016, une vitre a été brisée dans une permanence d'Angela Eagle, qui s’est plainte de recevoir des menaces. Jeremy Corbyn a condamné ces pratiques tout en affirmant être lui aussi visé par des menaces.

Cela donne un avant-goût de l’atmosphère de la campagne qui commence et dont l’enjeu, au-delà des personnes, est la survie du parti travailliste, parti créé en 1900.

Si Jeremy Corbyn l’emporte, on voit mal rentrer dans le rang les députés qui réclament à cor et à cri son départ. Dans cette hypothèse, l’aile gauche pourrait conserver le nom du parti travailliste tandis que l’essentiel de ses forces tenterait de se regrouper dans une autre organisation à créer. Dans le cas de figure inverse, il est peu probable que les corbynistes quittent le parti sur la pointe des pieds. Les affrontements risquent alors de se poursuivre.

A première vue, la décision du Mardi 12 Juillet 2016 favorise le courant de Jeremy Corbyn, très actif, qui peut compter sur les milliers de jeunes qui l’ont élu en 2015, ainsi que sur des groupes d’extrême gauche qui pratiquent l’entrisme. Mais les modérés, proches d'Angela Eagle, ont obtenu l’adoption, Mardi 12 Juillet 2016, par le NEC, de mesures en leur faveur, les personnes ayant adhéré dans les six derniers mois ne pourront participer au scrutin, sauf s’ils paient vingt cinq livres sterling dans un laps de temps de deux jours. Cela devrait empêcher de voter nombre des nouveaux adhérents et notamment ceux recrutés par Momentum. Depuis le référendum, pas moins de cent trente mille adhésions ont été enregistrées, portant les effectifs du parti travailliste à cinq cent mille militants.

Comme le parti conservateur, dont les responsables du Brexit se sont torpillés les uns après les autres, voilà donc le parti travailliste engagé lui aussi dans un jeu de massacre post-référendum. Comme pour les tories avec la victoire éclair de Theresa May par forfait, le scénario pourrait aussi s’accélérer au parti travailliste. Avant de tirer sa révérence, David Cameron a pris soin de programmer pour le Lundi 18 Juillet 2016 le débat parlementaire sur le renouvellement de l’armement nucléaire. Sujet qui pourrait faire exploser prématurément le parti travailliste. Contre une large majorité de ses députés, Jeremy Corbyn défend une position radicale, le désarmement unilatéral.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 20:11

http://www.bbc.com/news/uk-politics-36778135

Jeremy Corbyn gagne le vote sur les règles de l’élection du leader du parti travailliste

Jeremy Corbyn sera automatiquement inclus sur le bulletin de vote dans la course à la direction du parti travailliste, a décidé le National Executive Committee (NEC) du parti travailliste.

Les syndicats ont dit que les règles du parti travailliste étaient claires et que le titulaire du poste doit pouvoir rester, mais ses opposants ont dit qu'il avait besoin du soutien de cinquante et un députés du parlement britannique ou députés du parlement européen.

Jeremy Corbyn a dit qu'il était ravi du résultat de la réunion.

Son challenger, l'ancienne ministre du cabinet fantôme, Angela Eagle, a dit qu'elle acceptait la compétition et qu’elle était déterminée à gagner.

Le vote à bulletins secrets du NEC a été acquis par dix huit voix en faveur du leader travailliste contre quatorze voix après plusieurs heures de débats.

Un porte-parole du parti travailliste a déclaré que « le NEC a convenu que l’actuel leader Jeremy Corbyn peut être candidat sans exiger le soutien de députés britanniques et de députés européens du parti travailliste. Tous les autres candidats à la direction doivent obtenir le soutien de vingt pour cent de députés britanniques ou de députés européens ».

Prenant la parole en dehors de la réunion, Jeremy Corbyn a dit à une foule de journalistes et de supporters que « je suis donc sur le bulletin de vote et nous ferons campagne sur toutes les questions importantes. Nous ferons campagne contre les inégalités et la pauvreté qui existent dans ce pays, pour la nécessité de mettre fin à la privatisation de notre service national de santé et pour la nécessité de donner un réel espoir et de réelles opportunités aux jeunes partout dans notre pays. Ce sont les raisons de l’existence du parti travailliste. Et c’est la campagne que nous ferons dans toute la longueur et dans toute la largeur de ce pays. Cela renforcera notre parti pour vaincre ce gouvernement conservateur et apporter un gouvernement qui défende les intérêts du peuple ».

Le ministre de la justice du cabinet fantôme John Mac Donnell, un allié important de Jeremy Corbyn, a déclaré sur Twitter que « Jeremy Corbyn est sur le bulletin de vote. La démocratie l'emporte. Nous allons utiliser la campagne pour la direction du parti travailliste pour augmenter le nombre d’adhérents et préparer le terrain pour les élections générales ».

Mais la rédactrice en chef politique de la British Broadcasting Corporation (BBC), Laura Kuenssberg, a dit qu'il était fort probable que le parti travailliste lui-même conteste la décision devant les tribunaux.

Angela Eagle a dit qu'elle conteste Jeremy Corbyn parce qu’elle peut fournir un véritable leadership dont il n’est pas capable.

Réagissant au vote du NEC, Mardi 12 Juillet 2016, elle a dit que « je suis heureuse que le NEC ait aboutit à une conclusion. J’accepte de mener la contestation et je suis déterminée à gagner ».

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:56

http://www.france-palestine.org/Petition-Pour-la-nomination-de-Marwan-Barghouti-au-Prix-Nobel-de-la-paix

https://www.secure.avaaz.org/fr/nobel_to_marwan_eng

Pour la nomination de Marwan Barghouti au prix Nobel de la paix

Au comité du prix Nobel de la paix

Nous, citoyens du monde entier, soutenons le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits et la fin de l’occupation. Nous soutenons la nomination du dirigeant et prisonnier politique Marwan Barghouthi au prix Nobel de la paix. Marwan Barghouthi est un symbole mondial de la lutte contre l’injustice, contre la tyrannie et pour la liberté. La nomination de Marwan Barghouthi au prix Nobel ferait toute la lumière sur la situation des prisonniers politiques et contribuerait à mettre fin à l’occupation et à promouvoir la paix.

Mercredi 6 Juillet 2016

Un des leaders palestiniens les plus respectés au-delà des clivages partisans, Marwan Barghouthi, a passé plus de vingt ans dans les geôles israéliennes. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses efforts pour la paix et la liberté, même après des années d’isolement. Il a rédigé le document des prisonniers pour la réconciliation nationale, définissant ainsi une stratégie palestinienne pour l’unité, la liberté et la paix. Alors que la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes continue de se détériorer, que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que la division palestinienne ne cesse de s’amplifier, le rôle de Marwan Barghouthi est plus nécessaire que jamais.

Cette année, l’appel planétaire à la libération de Marwan Barghouthi et des prisonniers palestiniens, dont des parlementaires démocratiquement élus, a atteint une ampleur sans pareille. Une campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens a été lancée en 2013 par l’icône de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada, depuis la cellule même de Nelson Mandela. Huit prix Nobel de la paix, des figures internationales, d’anciens chefs d'état et de gouvernement, des parlementaires à travers le monde, des artistes, des intellectuels, des professeurs et des organisations des droits de l'homme ont signé la déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan Barghouti et des prisonniers palestiniens et cent quinze gouvernements ont apporté leur soutien à cette campagne.

Cette campagne a culminé avec la proposition de nomination de Marwan Barghouti au prix Nobel de la paix. Le nom de Marwan Barghouti a été avancé à six reprises cette année, y compris par deux prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel et l'archevêque Desmond Tutu, d’éminents parlementaires belges, le parlement arabe, le président de l'union inter parlementaire arabe et le président du Conseil National Palestinien (CNP).

Mais sans un soutien massif à la nomination au prix Nobel de la paix de ce symbole vivant de la Palestine, le comité du prix Nobel risque fort d’ignorer les luttes de Marwan Barghouti et le sort de milliers de prisonniers palestiniens, y compris des centaines d’enfants.

Signez la pétition maintenant. Dès que nous aurons atteint cent mille signatures, la courageuse compagne de Marwan Barghouthi et défenseuse des droits de l'homme, Fadwa Barghouti, se rendra à Oslo, accompagnée de prisonniers palestiniens libérés et d’anciens prisonniers de renommée internationale, et remettra cette pétition directement au comité norvégien du prix Nobel de la paix.

Extraits de la déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens

Le peuple palestinien lutte depuis des décennies pour la justice et la mise en oeuvre de ses droits inaliénables. La réalisation de ces droits implique la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens, dont la captivité symbolise la privation de liberté que le peuple palestinien endure depuis des décennies.

Depuis 1967, plus de huit cent cinquante mille palestiniens ont été emprisonnés à un moment donné de leur vie, dans l’un des exemples les plus frappants de détention de masse visant à détruire le tissu national et social d’un peuple occupé et à briser sa volonté de libération.

Parmi ces prisonniers, un nom a émergé à la fois au niveau national et international, incontournable pour l’unité, la liberté et la paix. A l’instar de la mobilisation internationale qui a conduit à la libération de Nelson Mandela et de tous les prisonniers du mouvement contre l'apartheid, nous croyons fermement que la communauté internationale doit oeuvrer pour la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers palestiniens.

Cela fait partie de sa responsabilité morale, juridique et politique à contribuer à la mise en oeuvre des droits du peuple palestinien.

L’un des indicateurs les plus importants de la volonté de faire la paix avec votre adversaire est la libération de tous les prisonniers politiques.

Il s’agit d’un signal fort en faveur de la reconnaissance des droits d’un peuple et de sa revendication légitime à vivre en liberté. Cela marquerait une nouvelle ère, où la liberté ouvrirait le chemin de la paix. L’occupation et la paix sont incompatibles. L’occupation, sous toutes ses formes, doit cesser de sorte que la liberté et la dignité puissent prévaloir. La liberté doit l’emporter pour mettre fin au conflit et pour que les peuples de la région puissent vivre en paix et en sécurité.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:37

http://www.europalestine.com/spip.php?article12038&lang=fr

Manifestation à Istanbul contre l’accord entre la Turquie et Israël

« Le mouvement pour le Boycott, pour le Désinvestissement et pour les Sanctions (BDS) de Turquie a organisé une manifestation à Istanbul, Vendredi Premier Juillet 2016, avec la participation des partis politiques et des groupes opposés au nouvel accord de normalisation entre le gouvernement turc et l’état sioniste, exprimant l’indignation face à cet accord qui ne sert que les intérêts de l’occupant », rapporte le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).

Les manifestants ont publié une déclaration contre l’accord, notant qu’il sert les intérêts stratégiques de l’état sioniste. « L’accord sera d’une importance stratégique vitale pour l’état d’occupation sioniste. L’état turc va accepter implicitement la légitimité du blocus imposé sur la bande de Gaza et l’adhésion de l’état d’occupation à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en plus d’être une ressource économique stratégique pour l’entité sioniste ».

De plus, les manifestants ont souligné que « l’importation du gaz de Tel Aviv est là pour servir de partenaire dans tous les crimes de l’occupant contre le peuple palestinien », indiquant que ce qui est appelé gaz israélien est en réalité le gaz palestinien volé au peuple palestinien et pillé par l’état de l’occupation comme moyen systématique de confisquer les ressources des terres palestiniennes et du peuple palestinien , y compris le gaz naturel.

Les participants ont appelé le parlement turc à rejeter l’accord, le décrivant comme une insulte pour le sang des martyrs du navire turc Mavi Marmara, qui ont perdu leur vie pour mettre fin au siège de Gaza.

En outre, les manifestants ont dénoncé les propos du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré « qu’ils ne m’ont pas demandé quand ils sont allés à Gaza par voie maritime. Nous aidons Gaza mais sans fanfaronnade », ce qui constitue à leurs yeux une menace à peine voilée de mesure d’intimidation à l’encontre des actions de solidarité avec le peuple palestinien en Turquie.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:31

http://www.marianne.net/les-petits-arrangements-du-cimentier-lafarge-daech-syrie-100243841.html

Les petits arrangements du cimentier Lafarge avec l’Etat Islamique en Syrie

La cimenterie du groupe français Lafarge en Syrie a-t-elle accepté de faire des affaires avec des groupes armés comme l’Etat Islamique pour maintenir sa production jusqu'en 2014 ? C'est ce que détaille une grande enquête publiée par le Monde, Mardi 21 Juin 2016.

Lafarge a travaillé en Syrie avec l'Etat Islamique pour maintenir sa production, révèle une grande enquête du Monde.

Le cimentier français Lafarge, numéro un mondial du ciment, a-t-il accepté, sur son site de Jalabiya, dans le nord-est de la Syrie, l’un des plus modernes et importants du Proche-Orient, de travailler avec des groupes armés, dont les terroristes de l’Etat Islamique, pour maintenir sa production ? C’est ce qu’affirme le Monde, dans une grande enquête publiée Mardi 21 Juin 2016.

« Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l’opposition Zaman al Wasl, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’Etat Islamique s’empare du site et Lafarge annonce l’arrêt de toute activité », écrit en effet le quotidien.

Autorisations pour circuler

De quels arrangements s’agit-il ? Selon le Monde, il a d’abord été question pour Lafarge d’obtenir des autorisations afin de pouvoir circuler librement sur les routes contrôlées par l’Etat Islamique. « Lafarge continuait d’alimenter le marché syrien du ciment et, pour cela, avait besoin d’acheminer sa production par les routes », explique de fait un ancien employé de Lafarge. Pour cela, la multinationale française a eu recours à un intermédiaire, un certain Ahmad Jaloudi, un jordianien, employé comme gestionnaire de risques.

Chargé, entre autres, de négocier avec les responsables de l’Etat Islamique, l’intéressé a notamment détaillé dans un courriel daté du 28 août 2014 adressé au tout nouveau Président Directeur Général (PDG) de la filiale de Lafarge en Syrie, Frédéric Jolibois, ses efforts pour obtenir des autorisations de circulation pour le personnel. Mais les autorisations lui ont été refusées, l’Etat Islamique ayant demandé une liste des employés du groupe au préalable.

Un courriel qui révèle surtout que « la direction de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts », explique le Monde. Car lorsque Frédéric Jolibois répond à Ahmad Jaloudi, l’intermédiaire, il met en copie Jean-Claude Veillard, directeur sûreté du groupe Lafarge à Paris.

« Les points sur la sécurité avec Jean-Claude Veillard à Paris étaient quotidiens », précise un autre employé interrogé par le Monde. « Ils se tenaient par conférence téléphonique à 11 heures du matin », ajoute-il.

Un laissez-passer estampillé du tampon de l’Etat Islamique et visé par le directeur des finances de la région d’Alep, daté du 11 septembre 2014, sera par ailleurs retrouvé par le Monde, permettant d’attester, conclut le quotidien, que des accords passés avec l’Etat Islamique ont bel et bien été validés.

Lafarge et le pétrole de l’Etat Islamique

Autre arrangement de taille, pour fabriquer du ciment, raconte le Monde, « des matières actives comme le gypse et la pouzzolane sont mélangées au clinker, résultat du chauffage de la matière crue à mille quatre cent cinquante degrés dans un four rotatif ». Un processus qui ne pouvait se faire sans carburant afin de « faire chauffer le pré-calcinateur et le four rotatif à de telles températures ». Un employé proche de la production déclare au Monde que Lafarge n'avait pas d'autre choix que d’acheter du pétrole à l’Etat Islamique, qui contrôlait alors toutes les sources de production à Rakka et à Deir al Zor.

« La situation en Syrie était très compliquée et évolutive en 2013 et en 2014. Les personnes ayant travaillé sur place ne sont pas toutes joignables. Il nous est difficile de réagir à des courriels sans avoir tout vérifié, l’usine est fermée depuis le mois de septembre 2014 », s'est pour sa part défendue auprès du quotidien du soir la chargée de la communication du groupe Lafarge à Paris.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:12

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/11/guerre-des-chefs-au-labour-britannique_4967518_3214.html

Guerre des chefs au parti travailliste britannique

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Secoué par le Brexit, le parti travailliste britannique est menacé d’implosion. La crise qui l’agite depuis la victoire du Brexit au référendum et le vote dans la foulée d’une motion de défiance par quatre vingt pour cent des députés du parti travailliste contre son leader, Jeremy Corbyn, s’est accélérée avec la décision de la députée Angela Eagle de se présenter contre lui à la direction du parti. « Il ne s’agit pas de diviser le parti mais de le consolider et d’en assurer l’unité », a-t-elle assuré en confirmant son défi, Dimanche 10 Juillet 2016.

Le dirigeant en poste s’est dit « déçu » par cette initiative et a averti qu’il saisirait la justice s’il était empêché de concourir lors du scrutin provoqué par Angela Eagle. Les opposants à Jeremy Corbyn lui reprochent son manque d’implication dans la campagne pour le maintien dans l’Union Européenne et son défaut de leadership dans l’éventualité d’élections législatives anticipées à l’automne 2016.

Risque de scission

La bataille ainsi lancée par Angela Eagle, qui a démissionné du cabinet fantôme dirigé par Jeremy Corbyn comme la plupart de ses membres, met à nu un conflit aigu sur les règles d’élection du leader qui porte en germe un risque de scission du parti. Les règles en vigueur exigent que tout candidat doit avoir le soutien de vingt pour cent des députés et députés européens du parti, soit cinquante et un élus.

Angela Eagle, candidate aux positions centristes, en dispose sans problème. Mais Jeremy Corbyn, représentant de la tendance la plus à gauche soutenu par les syndicats, n’est pas certain de les réunir. Il soutient que, étant en poste et ayant été élu en septembre dernier par soixante pour cent des adhérents, il est automatiquement candidat en cas de nouvelle élection.

Les statuts du parti ne sont pas clairs sur ce point et ses instances, divisées entre partisans et adversaires de Jeremy Corbyn, doivent en délibérer, Mardi 12 Juillet 2016.

Alors que la tension monte entre les deux camps, le débat sur le renouvellement de la force de frappe nucléaire prévu le Lundi 18 Juillet 2016 au parlement pourrait porter le coup de grâce au parti travailliste dans sa forme actuelle, la grande majorité des députés travaillistes y est favorable alors que Jeremy Corbyn et ses amis militent pour la fin du nucléaire militaire au Royaume-Uni.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 19:01

Trois chefs de la sécurité limogés après l'attentat de Bagdad (Reuters)

Le premier ministre irakien Haïdar al Abadi a démis Vendredi 8 Juillet 2016 de leurs fonctions trois hauts responsables des services de sécurité de Bagdad après l'attentat à la bombe qui a tué près de trois cents personnes dans la capitale irakienne le week-end dernier.

Dans un message posté sur son compte Facebook, Haïdar al Abadi précise qu'il a limogé le chef des opérations militaires de la ville ainsi que celui des services de sécurité et celui du renseignement.

L'attentat, revendiqué par le groupe Etat Islamique, est le plus meurtrier commis en Irak depuis la chute de Saddam Hussein renversé par une coalition internationale menée par les Etats-Unis il y a treize ans.

Un haut responsable des services de sécurité a jugé que le chef des opérations militaires de la capitale avait accumulé les erreurs.

« La voiture piégée venait de l'extérieur de la capitale. Elle a traversé des dizaines de checks points avant d'atteindre sa cible. Tous ces barrages dépendent du commandement opérationnel », a-t-il expliqué.

L'attentat a déjà conduit le ministre de l’intérieur, Mohamed Ghabban, à démissionner, Mardi 5 Juillet 2016, en déplorant le manque de communication entre les multiples organismes de sécurité chargés de la sécurité de la capitale irakienne.

Le grand ayatollah chiite Ali al Sistani, la plus haute figure religieuse du pays, a critiqué, Vendredi 8 Juillet 2016, dans son sermon hebdomadaire, l'incapacité des autorités à agir avec efficacité contre la menace présentée par les extrémistes sunnites de l'Etat Islamique.

Il a qualifié « d’insupportable l'auto satisfaction des responsables corrompus et ratés aux dépens du sang et de l'âme de civils innocents ».

L'Etat Islamique a revendiqué Vendredi 8 Juillet 2016 un triple attentat suicide contre un mausolée chiite dans une ville au nord de Bagdad, qui a fait, Jeudi 7 Juillet 2016, au moins trente cinq morts et une soixantaine de blessés.

L'attaque a visé le mausolée de Sayid Mohamed bin Ali al Hadi, situé à Balad, à quatre vingt dix kilomètres de la capitale irakienne, un site sacré pour les chiites.

En 2006, la destruction par les insurgés sunnites du dôme doré du mausolée de l'imam Ali al Hadi, le père de Sayid Mohamed, dans la ville voisine de Samarra, avait fait sombrer l'Irak dans une guerre confessionnelle impitoyable.

Après l'attaque du Jeudi 7 Juillet 2016, le puissant dignitaire chiite Moqtada Sadr a ordonné à sa milice de se déployer autour du mausolée de Sayid Mohamed.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:47

http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/07/09/comment-les-etats-unis-viennent-de-sauver-daech-dune-defaite-annoncee-en-syrie

Comment les Etats-Unis viennent de sauver l'Etat Islamique d’une défaite annoncée en Syrie

Par Jean Pierre Filiu

Samedi 9 Juillet 2016

La réalité dépasse parfois la fiction. En pire, l'Etat Islamique était sur le point de perdre son bastion syrien d'al Boukamal, verrou stratégique à la frontière de l’Irak, cette ville est parfois orthographiée Albou-Kamal, Abou Kamal ou Bukamal. Mais les Etats-Unis ont suspendu leur soutien aérien à la Nouvelle Armée Syrienne (NAS), la milice révolutionnaire qui menait l’assaut, permettant aux commandos djihadistes de réussir leur contre-offensive.

Cet invraisemblable fiasco a été révélé dans une enquête détaillée du Washington Post. Il est d’autant plus troublant que l’aviation américaine a abandonné ses partenaires syriens pour participer à une orgie de bombardements en Irak, lors de la reconquête de Fallouja après deux ans et demi aux mains de contrôle djihadiste. Comme si les Etats-Unis, à la différence de l'Etat Islamique, étaient incapables de se battre à la fois en Syrie et en Irak.

La NAS

Cette NAS, malgré son titre ronflant, n’est qu’une composante relativement mineure de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Elle a été établie au mois de novembre 2015 autour de déserteurs des forces de Bachar al Assad, qui ont été formés et équipés en Jordanie par la Central Intelligence Agency (CIA), dans le cadre d’un programme train and equip richement doté par Washington.

Les services américains, plutôt que de répéter les échecs des infiltrations menées depuis la Turquie, avaient cette fois choisi le front sud. Le premier succès de la NAS fut la prise à l'Etat Islamique au mois de mars 2016 du poste de Tanaf, parfois orthographié Tanf, al Tanf, voire Tinf, à la frontière entre la Syrie et l’Irak. Malgré des attentats-suicides et des contre-attaques djihadistes, Tanaf était resté de fait aux mains de la NAS.

Les combattants de la NAS ont pu accéder au soutien américain en s’engageant à lutter exclusivement contre l'Etat Islamique et non contre le régime de Bachar al Assad, une condition draconienne qui interdit à la plupart des autres groupes révolutionnaires de bénéficier du programme train and equip. Cet engagement exclusif contre l'Etat Islamique n’avait pas empêché l’aviation russe de bombarder le 16 juin 2016 les positions de la NAS à Tanaf. Ce pilonnage russe est cohérent avec la volonté constante de Moscou d’éliminer toute troisième voie en Syrie entre le régime de Bachar al Assad et l'Etat Islamique. Le bombardement du 16 juin 2016 avait provoqué une vive réaction du Pentagone et les démentis russes d’usage. La NAS avait pu déjà apprécier la fragilité de la protection aérienne des Etats-Unis puisqu’un des pilonnages russes s’était produit alors que les avions américains étaient en train de refaire le plein.

La curée de Fallouja

C’est dès le 26 juin 2016 que les autorités irakiennes ont annoncé la libération de Fallouja. Mais une importante colonne djihadiste, forte de centaines de véhicules, a tenté de quitter la ville le 28 juin 2016, date où la NAS, à trois cent quarante kilomètres plus à l’ouest, lançait son offensive contre al Boukamal. Le soutien aérien des Etats-Unis à cet assaut était déterminant pour des unités révolutionnaires très exposées en milieu désertique et très éloignées de leur base arrière de Tanaf. La population d'al Boukamal, sans doute prête à se rallier aux assaillants, dont beaucoup ont des attaches locales, restait passive dans l’attente d’une percée révolutionnaire.

Cette percée n’interviendra pas, car l’aviation américaine est détournée le 29 juin 2016 sur Fallouja, abandonnant ses alliés syriens à découvert face aux mortiers djihadistes. Les B 52 et les AC 130 vont en effet se joindre à la curée de Fallouja, où les appareils irakiens ont commencé d’éliminer par des frappes systématiques les commandos djihadistes en fuite. Cet acharnement aérien n’est pas sans rappeler l’autoroute de la mort où la chasse américaine avait liquidé au mois de février 1991 les colonnes irakiennes qui évacuaient précipitamment le Koweït.

Les Etats-Unis étaient convaincus du succès de leurs partenaires syriens à al Boukamal, au point que le très sérieux Institute for the Study of War de Washington annonçait la reconquête de cette ville, entourée donc en rouge, sur sa carte du territoire aux mains de l'Etat Islamique en Syrie et en Irak à la date du Vendredi Premier Juillet 2016. Ce n’était qu’une auto-intoxication, puisque le lâchage américain permettait au même moment à l'Etat Islamique de repousser la NAS vers Tanaf et le désert.

Avant ce Ramadan de sang, des commentateurs un brin pressés s’interrogeaient pour savoir non pas si Raqqa allait être libérée de l'Etat Islamique, mais qui allait emporter ce trophée, entre le régime de Bachar al Assad, soutenu par la Russie, et les milices kurdes, inféodées au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc et appuyées par les Etats-Unis.

L’offensive de la Russie et de l’armée gouvernementale syrienne a depuis été mise en déroute et les unités kurdes ont dû se détourner vers l'ouest et l’objectif supposé plus accessible de Manbij, devant lequel elles continuent de piétiner.

En lâchant à al Boukamal la proie syrienne pour l’ombre irakienne, les Etats-Unis ont fait preuve une fois encore d’une grande myopie stratégique.

Nous savons que la chute de Fallouja n’a pas préservé Bagdad du pire attentat depuis le renversement de Saddam Hussein. Et dans la ville de Raqqa où Abou Bakr al-Baghdadi proclama au mois d'avril 2013 son Etat Islamique en Irak et au Levant, les responsables djihadistes peuvent continuer de pavoiser et de recruter dans le monde entier.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:27

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/07/08/treve-generale-a-nuit-debout_4965985_823448.html

Trêve générale à Nuit Debout

Par Raphaëlle Besse Desmoulières et Violaine Morin

Que reste-t-il du mouvement des Nuits Debout ? Place de la République, à Paris, plus grand-chose, à part quelques dizaines de personnes quand le temps le permet. L’assemblée générale a levé le camp, les curieux aussi. Envolés les slogans « un joyeux bordel est possible » et « à la fin, c’est nous qu’on va gagner ».

Lancé Jeudi 31 Mars 2016, au soir de l’une des plus grosses manifestations contre la loi travail, le mouvement des Nuits Debout fêtait ses cent jours, Vendredi 8 Juillet 2016. Trois mois plus tard, rares sont les commissions thématiques, qui pullulaient au plus fort du mouvement, à subsister.

Idem pour toutes les déclinaisons qui avaient pu voir le jour, de Radio Debout à Banlieues Debout.

Tout sauf spontané, ce mouvement a été planifié par une poignée de militants autour de François Ruffin, réalisateur du film Merci Patron. L’idée était de « ne pas rentrer chez soi » et de se réapproprier une place comme espace citoyen.

Jusqu'à la moitié du mois de mai 2016, le mouvement des Nuits Debout a attiré de petites foules, sympathisants de gauche, syndicalistes, déçus de François Hollande, jeunes, riverains et simples passants. Les politiques n’y sont pas les bienvenus, les chefs non plus.

La parole est libre et les assemblées générales n’en finissent plus de ne pas décider. « L’un des acquis du mouvement des Nuits Debout, c’est d’avoir fait émerger plusieurs questions dans le débat public, celles de la démocratie, du capitalisme financier, du rapport au pouvoir politique, des nouvelles formes de solidarité ou de la contestation du productivisme », explique le politologue Gaël Brustier. « C’est gros de promesses ».

Même si le mouvement s’est essoufflé place de la République, nombreux sont ceux qui considèrent que « son esprit » lui survit. Pour Killian, de l’équipe de la communication en ligne, le rassemblement au cœur de la capitale a servi de catalyseur. « Mais nous n’avons jamais rien fait avec une occupation », ajoute-t-il. Karine Monségu n’a aucun regret non plus, « la place de la République, ce n’était pas une fin en soi », indique cette syndicaliste de la Confédération Générale du Travail (CGT) d’Air France, membre du Parti de Gauche. « Ce qui compte, c’est l’occupation des esprits plus que de la place ».

Bureaucratie démocratique

Des Nuits Debout ont essaimé dans des villes de province, mais le mouvement a eu du mal à franchir le périphérique et à sortir de l’entre-soi, comme le voulait François Ruffin. Le rédacteur en chef du journal Fakir l’a d’ailleurs regretté dans une interview à Libération, Dimanche 5 Juin 2016.

« Dès le premier soir, j’en ai senti les limites, notamment en raison de la sociologie parisienne, une masse de diplômés, peu de classes populaires, pas d’usine aux alentours et une méfiance envers les syndicats, qui a très vite débouché sur une bureaucratie démocratique sans volonté de s’organiser », a-t-il critiqué.

Trois mois d’occupation ont cependant permis à chacun de se connaître. Si la convergence des luttes n’a pas eu lieu, le mouvement des Nuits Debout a permis de réveiller des réseaux militants en sommeil ou d’en créer de nouveaux.

« Certains avaient l’habitude de se croiser mais pas de travailler ensemble », souligne Leïla Chaïbi, figure de Jeudi Noir et ancienne dirigeante du Parti de Gauche. Même sentiment pour Dominique, un des fondateurs d’Avocats Debout qui, comme la plupart, ne souhaite pas donner son nom. « Ce qui m’a frappé, c’est qu’un tas de jeunes élèves avocats qui ne se sentaient à l’aise dans aucun parti politique trouvaient là un lieu de mobilisation ouvert sans arrière-pensée idéologique », relate-t-il. « C’est un réseau fort et riche qui s’est constitué ».

Les participants sont toujours connectés à Telegram, cette application de messagerie cryptée, et des dizaines de messages arrivent encore pour informer et mobiliser. Mardi 5 Juillet 2016, jour de l’annonce de l’utilisation du quarante neuvième article de la constitution pour adopter en deuxième lecture la loi travail à l’assemblée nationale, le mot d’ordre avait été donné de se retrouver devant le Palais-Bourbon. Ils seront deux cent à s’y rendre.

Espace d’expression

Le mouvement des Nuits Debout a aussi été une école de l’action militante.

Des jeunes ont appris à manifester, à s’organiser et à lutter. Les réseaux sociaux les y ont aidés.

Marie, une membre de la commission coordination, n’avait ainsi jamais trouvé un espace d’expression qui lui corresponde.

« Les gens comme moi ont évolué et mûri avec le mouvement », relève-t-elle.

La suite reste maintenant à inventer. Julien Bayou, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), invite à se projeter sur le temps long. Il rappelle que Podemos, en Espagne, est né trois ans après l’émergence des indignés madrilènes. « Quant à Occupy Wall Street, c’est très confortable de se dire qu’ils sont tombés amoureux d’eux-mêmes », note-t-il. « Mais ils ont percé un triple mur, la dérégulation sous Bill Clinton, la fin des libertés sous Georges Bush et la déception sous Barack Obama. Et ils ont trouvé un écho avec Bernie Sanders ».

D’autres regardent à plus court terme. Que faire, en 2017, pour les élections présidentielles ?

Prôner l’abstention, prôner le vote blanc ou soutenir un candidat ? Membre du service d’ordre quand il existait, Romain souhaite que le mouvement des Nuits Debout devienne « un élément perturbateur et un grain de sable en s’incrustant, par exemple, dans les meetings du Parti Socialiste. C’est dans ce rapport de force que le mouvement des Nuits Debout peut jouer », veut-il croire.

Certains ont déjà commencé à s’organiser avec la volonté de « pirater 2017 ». C’est le cas d’Arthur, étudiant à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP), plus motivé que jamais, « tous ces candidats qui ne vivent pas comme nous et qui veulent nous imposer leur loi travail, on va leur pourrir leur campagne ».

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