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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 19:27

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/29/avec-corbyn-le-labour-voit-rouge_1514983

Avec Jeremy Corbyn, le parti travailliste britannique voit rouge

Par Sonia Delesalle-Stolper, envoyée spéciale de Libération à Liverpool

Jeudi 29 Septembre 2016

La réélection de Jeremy Corbyn à la tête du plus gros parti d’Europe, grâce notamment aux voix des jeunes, oblige les travaillistes à composer entre centristes et tenants d’une ligne plus à gauche.

C’est une messe, la célébration d’un culte. La liturgie est enflammée, les orateurs écarlates et les fidèles en extase. « Jeremy Corbyn, c’est vous, c’est nous et, pour la première fois, ensemble, nous pouvons changer le monde », s’époumone Ian Hodson, président du syndicat des boulangers, Bakers, Food and Allied Workers Union. Dans cette ancienne église de Liverpool transformée en centre artistique, la ferveur est palpable. « C’est le moment politique le plus excitant de toute ma vie », murmure Alexander Connell. Avec plusieurs centaines d’autres convaincus, il assiste religieusement aux débats organisés par Momentum, mouvement né il y a un an pour soutenir la candidature de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique.

Momentum, devenu un élément incontournable de la machine à gagner du leader du parti travailliste réélu triomphalement Samedi 24 Septembre 2016, a organisé un congrès parallèle au congrès annuel officiel du parti travailliste. Il l’a baptisé « festival du monde transformé ».

Chaque jour, de longues files d’attente se forment à l’entrée du centre Black E, à un kilomètre du centre de conférence de Liverpool. Un an après l’élection surprise de Jeremy Corbyn, soixante sept ans, quelques jours après sa large réélection incontestée, avec soixante deux pour cent des voix, le parti travailliste ne sait plus où donner de la tête. Plusieurs mondes parallèles semblent circuler en son sein et ne se croiser que rarement.

Le 6 mai 2015, à la veille des élections qui allaient reconduire le conservateur David Cameron au pouvoir, le parti travailliste comptait deux cent deux mille membres. Au mois de janvier 2016, six mois après l’élection de Jeremy Corbyn, il rassemblait trois cent quatre vingt huit mille quatre cent membres. Aujourd’hui, ils sont cinq cent cinquante mille. Et l’objectif avoué est d’atteindre le million. Le parti travailliste est désormais, en nombre d’adhérents, le plus grand parti politique d’Europe. En 1997, au plus fort de la Blairmania, il comptait quatre cent cinq mille membres. Et pourtant, cent soixante douze des deux cent trente députés travaillistes n’accordent pas leur confiance au chef de leur parti. Comment réconcilier cette incohérence ? Alex Connell, trente et un ans, chercheur en philosophie, ne s’est pas rendu dans le grand centre du congrès officiel, sur les magnifiques quais rénovés du port de Liverpool. « Dégoûté par le New Labour de Tony Blair », il n’est revenu à la politique que « l’an dernier, pour la première élection de Jeremy Corbyn, il m’a redonné envie d’y croire ». Au festival de Momentum, il se sent bien. Dans la grande salle à la lumière tamisée, les murs sont décorés de tentures à la gloire de Jean Charles de Menezes, un jeune brésilien abattu par erreur par la police au lendemain des attentats à Londres en 2005. Sur une table, une série d’ouvrages à la gloire de Karl Marx et de Jeremy Corbyn sont offerts au quidam. Des tasses à thé, dont une affichant un beau rat et le slogan « les conservateurs sont pires que de la vermine », sont aussi en vente.

La foule est très diverse, avec une majorité de jeunes de moins de trente cinq ans, qui n’ont connu que le New Labour centriste de Tony Blair, et de plus âgés, au-dessus des soixante ans, qui se sont sentis oubliés par ce New Labour. La tranche d’âge intermédiaire est nettement moins bien représentée. Les critiques ont qualifié Momentum et ses partisans de « néo trotskistes ». La réalité est plus nuancée. Le mouvement attire et est dirigé par une grosse frange de tenants de l’extrême gauche. Mais les adhérents sont aussi des curieux, des déçus de la politique et des enthousiastes qui rêvent de changer le monde.

« C’est difficile aujourd’hui de trouver une alternative au néo libéralisme, la clé est là et Jeremy Corbyn pourrait être la solution », confie Chris Ward, trente trois ans, qui travaille dans l’éducation et vient seulement de rejoindre Momentum. Voici que s’avance sur scène un héros. John Mac Donnell, bras droit de Jeremy Corbyn, son chancelier de l'échiquier, ministre des finances, dans le cabinet fantôme, est ovationné. « Je suis venu vous dire merci, merci pour tout ce que vous avez fait », dit-il. Certains voient dans John Mac Donnell la véritable force derrière Jeremy Corbyn. Son style abrupt surprend parfois. A la chambre des communes, il a balancé à la figure de George Osborne, l’ancien chancelier de l'échiquier, le petit livre rouge de Mao Tsé Toung. Plus récemment, il a appelé au « lynchage » d’une députée conservatrice et refusé de s’excuser. Mais ce soir, il n’est que compromis et calme. Il reconnaît des « erreurs dans la manière de communiquer de l’équipe de Jeremy Corbyn » et il explique qu'il apprend « sur le tas ». Surtout, il appelle à la réconciliation après un été où le parti travailliste s’est déchiré comme jamais. « Les conditions sont là pour s’unir », dit-il.

Sauf que, à peine parti, les intervenants parlent des « traîtres qui vont le regretter », les députés qui ont refusé de suivre Jeremy Corbyn, et évoquent les purges et les suspensions arbitraires. Les médias sont, eux, vilipendés, accusés, pas totalement à tort, d’avoir toujours critiqué Jeremy Corbyn.

Dans les couloirs du centre de conférence, Phillippa Egerton, artiste peintre de soixante douze ans, est un peu éberluée. « Je ne reconnais personne », explique-t-elle. En fait, elle ne reconnaît plus son parti, « l’atmosphère est franchement schizophrène ». Elle est membre du parti travailliste depuis toujours ou presque, « je distribuais déjà des prospectus pour Harold Wilson », emblème du travaillisme britannique, premier ministre entre 1964 et 1970, puis entre 1974 et 1976.

Aujourd’hui, elle ne sait plus à quel saint se vouer. « L’an dernier, j’ai voté pour Yvette Cooper, une blairiste, comme leader. Cette année, j’ai voté pour Jeremy Corbyn, il faut accepter qu’il soit le leader incontesté », explique-t-elle. « Et puis il est resté proche des ouvriers, des syndicalistes et de ceux qui ont pu se sentir oubliés par les politiques de Tony Blair, de Gordon Brown et des tories évidemment ».

Le problème est que tout le monde n’est pas de son avis. Surtout les députés, eux aussi élus, mais pas uniquement par des membres du parti travailliste. Or, ces députés estiment que Jeremy Corbyn n’est pas forcément intéressé par un retour du parti travailliste au pouvoir mais, à l’instar d’un Bernie Sanders aux Etats-Unis, plus par la construction d’un gigantesque mouvement social d’activistes. Pour eux, les élections se gagnent au centre et le discours très à gauche de Jeremy Corbyn ne pourrait séduire un nombre suffisant des quarante six millions d’électeurs pour ramener le parti travailliste au pouvoir. Pour Sadiq Khan, le nouveau maire de Londres, fort d’un mandat démocratique direct au poids supérieur à celui de Jeremy Corbyn, il a été élu avec un million trois cent mille voix, Jeremy Corbyn avec deux cent cinquante et un mille voix, le changement ne peut intervenir qu’après avoir gagné des élections. Dans son discours, il aura martelé le mot « pouvoir » à trente huit reprises.

Au cours des cinq jours du congrès, les intervenants se sont succédé sans que jamais n’apparaisse une politique et une vision cohérente pour le parti travailliste. Les divergences sont nombreuses, sur le nucléaire, le bilan du New Labour, l’économie et l’immigration. Le Brexit, peut-être le sujet le plus important pour le Royaume-Uni durant les prochaines années, n’a même pas été abordé officiellement. Jeremy Corbyn en a vaguement fait mention dans son discours final. Et il a refusé d’envisager une limite à l’immigration, alors que certains députés évoquent la nécessité de « prendre en compte le sentiment des électeurs ». En revanche, la multitude de débats parallèles sur le Brexit a à chaque fois attiré les foules mais, comme au sein du gouvernement conservateur, la ligne à adopter reste de l’ordre du flou artistique.

Dans son discours de clôture, Jeremy Corbyn a appelé à la « fin de la guerre de tranchées » au sein du parti travailliste. Les députés rebelles se tâtent pour savoir s’ils doivent rentrer dans le rang. La constitution de sa nouvelle équipe, dans les deux prochaines semaines, devrait apporter un début de réponse. Jeremy Corbyn a aussi dit avoir bien l’intention de remporter les futures élections, prévues en 2020. « Je ne vois pas Jeremy Corbyn gagner », conclut pourtant Phillippa Egerton. « Mais en même temps, il y a un an, David Cameron semblait intouchable. Et regardez Donald Trump qui chatouille Hillary Clinton, nous ne savons jamais ».

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:52

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-presidentielle-de-2017-ensemble-consulte-ses-adherent-e-s

Communiqué d'Ensemble sur les élections présidentielles de 2017

Ensemble consulte ses adhérents.

Le collectif national d'Ensemble s'est réuni le Samedi Premier Octobre et le Dimanche 2 Octobre 2016. Il avait pour tâche, entre autres, de poursuivre le débat autour des élections présidentielles ainsi que des élections législatives et de décider des modalités de consultation des adhérents.

Si le débat a montré qu'Ensemble attache une grande importance à la poursuite et au développement du mouvement social, il a démontré aussi qu'il n'y avait pas de consensus, à l'étape actuelle, quant au choix concernant les élections présidentielles.

A l'issue de ses travaux, le débat continue et il a été décidé d’organiser une consultation pour soumettre aux adhérents les différentes positions qui seront actées par la réunion de l'Equipe d'Animation Nationale (EAN) du 22 octobre 2016.

Au cours du débat plusieurs propositions ont été exprimées, ainsi résumées.

Mener dès maintenant la campagne avec Jean Luc Mélenchon dans le cadre de la France Insoumise ou pas, avec une expression autonome sur ce qui nous différencie.

Poursuivre les efforts pour un rassemblement unitaire de toutes les forces opposées à la politique du gouvernement.

Soutenir la candidature de Jean Luc Mélenchon dans un cadre pluraliste et rassemblé dont les modalités sont à définir.

Mais, dans le cadre du débat qui continue, d'autres choix et d'autres positions sont encore possibles.

La consultation annoncée aura lieu entre la fin du mois d'octobre 2016 et le 18 novembre 2016.

Un nouveau collectif national se réunira le 19 novembre 2016.

Il permettra de prendre acte des positions des membres d'Ensemble pour les élections législatives et pour les élections présidentielles.

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:09

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-soutien-la-flotille-de-la-liberte-en-route-pour-gaza

Communiqué d'Ensemble

Soutien à la flottille de la liberté en route pour Gaza.

Lundi 3 Octobre 2016

Dans la continuité des flottilles qui depuis 2008 tentent de briser le blocus de Gaza, deux bateaux, le Zaytouna-Oliva et le Amal-Hope, ont à nouveau pris la mer.

Cette flottille, exclusivement féminine, composée entre autres de députées, d'une Prix Nobel de la Paix, d'artistes, de militantes israéliennes, d'une ancienne officière de l'armée américaine et d'écrivaines, est partie de Barcelone pour rallier la Corse puis l'Italie.

Leur but est de briser le blocus bien sûr mais aussi rendre visible aux yeux du monde ses effets dévastateurs et mettre l'accent particulièrement sur la lutte des femmes et leur rôle au sein de la résistance palestinienne.

Après avoir essuyé tempête et avaries, le Zaytouna-Oliva se dirige vers Gaza mais le risque est grand que le bateau soit arraisonné comme ses prédécesseurs dans les jours qui viennent.

Ensemble tient à apporter à ces femmes tout son soutien et renouvelle son exigence de la levée immédiate du blocus de Gaza.

Le rôle des gouvernements européens devrait être d'assurer la sécurité des relations maritimes entre la bande de Gaza, territoire palestinien, et le reste du monde, au lieu de maintenir l'impunité d'Israël dans sa poursuite du blocus inhumain de Gaza et contraire au droit international.

Les gouvernements européens doivent a minima assurer la sécurité de toutes les personnes à bord.

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:01

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-unitaire-alep-subit-un-deluge-de-feu

Communiqué unitaire

Alep subit un déluge de feu.

Mardi 4 Octobre 2016

Les avions russes et ceux du régime larguent des bombes anti-bunker dont la puissance permet d'effondrer des immeubles entiers sur leurs habitants et la destruction des abris souterrains. Les bombardements visent des hôpitaux et des écoles et constituent des crimes de guerre.

La population, prise entre les djihadistes et les armées du régime, est privée d'eau et d’alimentation.

Face aux crimes de guerre et au martyr infligé à la population d'Alep, il faut redire que, compte tenu que c'est la population civile qui est la principale victime, cette guerre doit cesser sur le champ pour laisser la place aux négociations et transitions politiques.

L'urgence est de sauver les habitants d'Alep.

Partis de gauche et écologistes, au-delà des analyses différentes qui sont les nôtres quant aux causes d'une telle situation et des réponses à y apporter, nous disons ensemble

Halte au massacre et à la barbarie

Arrêt immédiat des bombardements

Trêve des combats pour permettre l'acheminement des aides nécessaires à la survie des habitants d'Alep

Premiers signataires

Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF)

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 21:42

http://socialisme-2010.fr/blog2016/septembre2016.php#septembre21

La candidature de Jean Luc Mélenchon, une candidature bonapartiste de rupture avec le mouvement ouvrier

Par Robert Duguet

Les embusqués du carriérisme politique, droite et gauche réunie, tentent une nouvelle fois de nous enfermer dans le débat préparant les élections présidentielles de 2017, le rouleau compresseur médiatique tourne à plein régime. La lutte du mouvement social contre la loi travail a mis dans une lumière crue le fait suivant, le gouvernement de Manuel Valls et de François Hollande, comme tout bon gouvernement de chiens couchants au service du capital précède la volonté de ses maîtres. L’utilisation de la violence policière contre les manifestants relève de manœuvres de guerre civile.

Aujourd’hui ils veulent tous nous enfermer dans la logique de la cinquième république et du respect de ses institutions. Le message des néo-socialistes est clair, si vous sortez du cadre, nous vous taperons dessus et pas seulement avec des grenades lacrymogènes. Nous avons vu et nous voyons encore. Récemment un syndicaliste du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) a été gravement blessé.

Les élections présidentielles ne sont pas la solution. C'est le problème.

En 2012 la candidature de Jean Luc Mélenchon était portée par le Front De Gauche (FDG), c’est-à-dire par une coalition de partis et d’organisations allant d’une scission au sein du Parti Socialiste, le Parti Communiste Français (PCF) et plusieurs composantes issues du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Toutefois, il faut ajouter que la naissance du FDG n’a été possible que parce qu’une composante s’est détachée du Parti Socialiste. Une scission réformiste de gauche contre un parti qui n’a plus rien de social démocrate. La dynamique née de la scission emportait les autres composantes. Le programme « l’humain d’abord » se situait sur le terrain d’une résistance aux effets du néo-libéralisme, certes programme modeste en termes de propositions progressistes, mais il mettait en mouvement une résistance dans le salariat et la jeunesse qui ne demandait qu’à s’organiser. Avec le FDG, malgré toutes les critiques qui ont été alors portées par les militants contre son caractère de cartel strictement électoral, nous restions sur le terrain traditionnel du mouvement ouvrier. La candidature de Jean Luc Mélenchon, menée tambour battant sur la ligne de la république sociale, ouvrant la perspective de l'assemblée constituante souveraine, voir le discours du 18 mars 2012 sur la place de la Bastille à Paris, restait une candidature du mouvement ouvrier. Nous avons mouillé la chemise pour la défendre et la promouvoir.

Sommes-nous dans la même situation qu’en 2012 ?

Le FDG était porteur d’une crise qui allait le conduire à l’implosion. A partir du moment où il a été interdit au FDG de s’organiser comme une force militante démocratiquement contrôlée par les citoyens et les citoyennes qui le composaient et à partir du moment où l’organisation politique qui pouvait construire ce rassemblement, le Parti de Gauche de 2008, en abandonnait la perspective et entrait dans une cascade de scissions, mises sous tutelle et exclusions, les choses prenaient un autre tour. En l’absence d’une force motrice, le maillon le plus faible du FDG, à savoir le PCF, ancien parti stalinien en état de décomposition, cédait à sa pente naturelle, à savoir sauver ses positions électives à tout prix, condition de sa survie politique.

Dans les élections locales, les accords avec le Parti Socialiste fleurissaient du côté du PCF. La petite camarilla regroupée autour de Jean Luc Mélenchon avait beau jeu de dénoncer les traitres staliniens du PCF, manière peu élégante de se dédouaner de leurs propres responsabilités. La réalité, c’est que Jean Luc Mélenchon n’a jamais voulu construire un parti, il lui fallait un appareil à sa botte dans la stricte perspective des élections présidentielles de 2012.

Le Parti de Gauche, c’était comme le Canada Dry, cela avait le goût du parti, l’aspect du parti mais ce n’était pas un parti.

Grenoble, c’est la France

Après des vagues d’exclusions et de mises sous tutelle, la direction nationale du Parti de Gauche s’attaque à celles et à ceux qui ont été les artisans les plus fidèles de la candidature de Jean Luc Mélenchon en 2012.

Nous accordons une importance particulière aux événements récents survenus dans la ville de Grenoble, lors des récentes élections municipales, une majorité politique s’était formée pour diriger la ville à partir d’un accord entre le courant écologiste et le Parti de Gauche. Nous avons rendu compte dans les pages de ce blog de la politique menée par son maire, Eric Piolle, et les élus du Parti de Gauche qui ont décidé d’appliquer un plan de liquidation d’un certain nombre de services publics et de suppression de postes dans les personnels municipaux, qui rencontre l’opposition d’une majorité de la population. Quelques mois après une belle victoire politique remportée contre le Parti Socialiste, naturellement, mais aussi contre la fédération du PCF de l’Isère qui était favorable à un accord avec le Parti Socialiste, voilà où nous sommes rendus. La direction nationale du Parti de Gauche, parce qu’une majorité de militants de ce parti s’opposent à la politique d'Eric Piolle, a mis la fédération de l’Isère sous tutelle. Nous rappelons que la ville de Grenoble était la seule grande ville lors des élections municipales prise par une majorité d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Parti de Gauche. De plus, le Parti de Gauche de l’Isère a une place particulière dans l’organisation de Jean Luc Mélenchon, ce sont les militants de l’Isère qui ont organisé pendant deux ans les estivales du Front de Gauche. C’est dire que Jean Luc Mélenchon leur accordait une grande confiance et qu’ils étaient depuis la création de ce parti en 2008 dans une disposition particulière centrale dans le dispositif du Parti de Gauche.

Se demander pourquoi des élus tournent le dos aux engagements de campagne et se moquent du mouvement social qui s’est développé dans la ville et qui réclame que les engagements de campagne soient respectés, les militants de ma génération connaissent cette constante de la politique française depuis 1981. Cela va comme à l’accoutumée dans le mauvais sens. Mais nous n'avions tout de même pas construit le FDG pour en arriver là.

Jean Pierre Juy, militant du Parti de Gauche de l’Isère, explique le Dimanche 2 Octobre 2016 dans une interview donnée au Dauphiné Libéré que « nous faisons comment, nous, pour faire la campagne contre l'austérité de Jean Luc Mélenchon, si nous devons accompagner sans rien dire le plan d’Eric Piolle », et il ajoute « qu'à Grenoble, plus qu’ailleurs, les grands discours enflammés ne suffisent pas. Il y a une conscience politique et une culture du débat qui est plus forte ici. A Grenoble, nous ne pouvons pas seulement dire que nous allons renverser la table pour que les gens nous suivent. Nous ne pouvons pas non plus faire le coup de la modernisation des services publics. Les gens ont de la mémoire, ils se souviennent de la casse à la poste ».

Ce qui me choque le plus dans cette affaire, alors que les militants du Parti de Gauche sont désavoués et mis en tutelle par la direction nationale du Parti de Gauche, c’est le silence assourdissant de Jean Luc Mélenchon. Jean Pierre Juy a sans doute raison, en qualité de militant du Parti de Gauche, de poser les problèmes comme il les pose, mais Jean Luc Mélenchon, il en pense quoi ? Il soutient Elisa Martin, maire adjointe de l’équipe d'Eric Piolle ou ses militants ? Je ne crois pas qu’il y a d’un côté les problèmes locaux, où les élus prennent en charge l’austérité contre la population et d’un autre le mouvement de la France Insoumise qui défendra la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017 sur une ligne d’opposition aux restrictions budgétaires. Si Jean Luc Mélenchon se tait dans cette affaire, c’est qu’il est d’accord avec la politique défendue par Eric Piolle et Elisa Martin contre ses propres militants. Grenoble, c’est la France, ceux qui disent à la direction d’une grande ville que la seule politique possible, ce sont les restrictions budgétaires, nous préparent une politique nationale qui sera sur la même logique. Cela donne à penser sur le sens et le contenu de la candidature de Jean Luc Mélenchon. Il y a les discours et les effets de tribune et il y a la réalité des rapports de force.

Un vent de fronde se lève contre la candidature de Jean Luc Mélenchon par ceux-là même qui l’ont soutenu en 2012.

Nous publions dans ce blog l’appel de plusieurs responsables nationaux du mouvement Ensemble, composante du défunt FDG, relevant des propos inacceptables de Jean Luc Mélenchon sur les problèmes des migrants, entre autres. Mais aussi sur la politique internationale et des ambiguïtés qui ne sont plus hélas des ambigüités quant à ses positions sur la Russie de Vladimir Poutine et le régime syrien. Ces dirigeants d’Ensemble estiment que la candidature de Jean Luc Mélenchon est pour eux indéfendable. Encore faut-il ne pas se contenter de petites phrases mais aller au bout de la caractérisation. Sa rupture avec le FDG, Jean Luc Mélenchon l’a présentée dans un livre écrit durant l’été 2014 sous le titre « l’ère du peuple ». Il n’y a plus désormais les classes sociales et leurs représentations, le salariat qui par sa place dans le procès de production capitaliste incarne l’intérêt général et l’avenir de la civilisation humaine, il y a l’oligarchie et le peuple. La rupture de Jean Luc Mélenchon avec le FDG se fait sur la droite, au passage il bazarde tout l’acquis du marxisme et de l’apport spécifique de la révolution française au marxisme. Il y a le rapport direct d’un homme et de son destin avec le peuple, traduit par les élections présidentielles au suffrage universel. J’ai donné à cet article le titre volontairement provocateur de « Jean Luc Mélenchon, une candidature bonapartiste de rupture avec le mouvement ouvrier ». Je pense avoir démontré ce que nous entendons par là, le bonapartisme, ce n’est plus le mouvement ouvrier.

Je ne soutiendrai pas la candidature de Jean Luc Mélenchon, dans une élection où les dés sont par ailleurs entièrement pipés. Un second tour avec une confrontation entre Alain Juppé et Marine Le Pen et une partie de la gauche qui va nous appeler à nous mobiliser contre l’extrême droite, un bis-repetita de 2002 en plus grave.

Entrer dans une autre logique

Il va falloir entrer dans un autre logique à laquelle les militants de gauche et d’extrême gauche ne sont pas habitués, depuis qu'ils ont été contraints de passer sous les fourches caudines de la cinquième république, peut-on continuer à défendre le projet d’émancipation socialiste, ou communiste, c’est la même chose, en ne présentant pas de candidat aux élections présidentielles de 2017 ? La réponse est oui, puisque vraisemblablement une bonne moitié du peuple français va s’abstenir dans ce joyeux bordel. Et nous n’en serons pas la caution gauche avec Jean Luc Mélenchon au premier tour. Revenons aux principes, un mouvement d’émancipation ne peut pas se construire sur le sable mouvant, le projet de la vieille gauche de François Mitterand, icône sacrée de Jean Luc Mélenchon, a fait totalement échec. Nous avons besoin de travailler à un projet d’émancipation sociale et ce dernier se construira contre les institutions du coup d'état permanent.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 20:06

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/10/03/bresil-le-parti-des-travailleurs-defait-au-premier-tour-des-elections-municipales_5007023_3222.html

Débâcle du Parti des Travailleurs du Brésil au premier tour des élections municipales

Le parti de l’ancien président Luiz Ignacio Lula da Silva a perdu Sao Paulo et près de quatre cent mairies.

Par Claire Gatinois et Paulo Paranagua

Sa victoire lui aurait offert une stature de présidentiable. Sa défaite devrait le plonger dans l’abîme de la politique brésilienne, confirmant la débâcle de son parti. Fernando Haddad, maire sortant de Sao Paulo, membre du Parti des Travailleurs du Brésil, considéré comme un héritier prometteur de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, de 2003 à 2010, a été éliminé dès le premier tour des élections municipales, Dimanche 2 Octobre 2016, offrant une victoire écrasante à son adversaire, Joao Doria, du Parti de la Sociale Démocratie du Brésil (PSDB), du jamais-vu dans la capitale économique du Brésil.

Raflant plus de cinquante trois pour cent des voix, contre seize pour cent pour Fernando Haddad, Joao Doria s’est présenté comme le Michael Bloomberg du Brésil. Prétendant suivre les traces de l’ancien maire de New York, le publicitaire et présentateur de télévision millionnaire, fils d’un ancien député exilé sous la dictature militaire, de 1964 à 1985, avait fait campagne en assumant un programme libéral à même de séduire les classes moyennes, se présentant comme un entrepreneur à succès et non comme un politicien, pour appâter les écœurés de la politique.

Deux cent cinquante six mairies contre six cent trente en 2012

Fernando Haddad a perdu aussi bien dans les beaux quartiers que dans les faubourgs populaires. Deux anciennes maires de Sao Paulo du Parti des Travailleurs du Brésil qui avaient changé d’étiquette, Marta Suplicy et Luiza Erundina, se sont effondrées dans les urnes. Dans les municipalités de l’ancienne banlieue rouge, berceau du Parti des Travailleurs, le parti de Luiz Ignacio Lula da Silva recule également. A Sao Bernardo do Campo, son lieu de résidence, l’ancien dirigeant métallurgiste a été conspué au bureau de vote, et le Parti des Travailleurs a été écarté du second tour.

Sao Paulo ne fait que refléter le naufrage du Parti des Travailleurs au niveau national. Ses candidats ne l’emportent que dans deux cent cinquante six municipalités, dont une seule capitale d'état, Rio Branco, dans l’Acre, contre six cent trente mairies en 2012. Le décompte des conseillers municipaux élus confirme un effondrement de l’audience du Parti des Travailleurs de l’ordre de cinquante pour cent. La bérézina s’étend à des fiefs traditionnels du Nordeste, comme Bahia, où l’héritier d’une dynastie traditionnelle, Antonio Carlos Magalhaes Neto, emporte la mairie de Salvador dès le premier tour, avec soixante quatorze pour cent des voix.

Toutefois, ce n’est pas la droite, divisée en multiples petits partis, qui profite de l’effondrement du Parti des Travailleurs, à la tête d’une coalition de centre gauche pendant treize ans. Ce sont les grandes formations centristes qui sortent confortées par le scrutin et mieux positionnées pour emporter le second tour, réservé aux grandes villes.

Le Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (PMDB) reste le plus important de par le nombre d’élus, même si le PSDB progresse davantage. Le triomphe à Sao Paulo est une avancée pour le gouverneur du PSDB de l'état, Geraldo Alckmin, désormais bien placé dans la course à la présidence en 2018.

Plutôt qu’un virage à droite, nous assistons à un recentrage, sur fond de méfiance accrue à l’égard de tous les partis politiques. Le discrédit du Parti des Travailleurs s’étend à d’autres formations de gauche, comme le Parti Socialiste du Brésil (PSB) et le Parti Populaire Socialiste (PPS), qui reculent aussi. La REDE, le réseau formé il y a un an à peine par l’ancienne candidate écologiste Marina Silva, n’est pas parvenu à décoller à l’occasion de ces élections municipales. Seul le parti socialisme et liberté (PSOL), la gauche de la gauche, une scission du Parti des Travailleurs remontant à 2004, tire son épingle du jeu à Rio de Janeiro, où Marcelo Freixo, soutenu par la jeunesse et l’intelligentsia, disputera le second tour contre l’évêque évangélique Marcelo Crivella, le favori des sondages.

« Le Parti des Travailleurs n’a plus l’autorité politique pour être hégémonique à gauche, mais il n’y a pas encore une alternative », assure Guilherme Boulos, dirigeant national du Mouvement des Travailleurs Sans Toit (MTST). « En étant au pouvoir, le Parti des Travailleurs s’est renforcé politiquement, mais a perdu contact avec la société », a reconnu Fernando Haddad, lors d’un entretien avec la presse étrangère, le 26 septembre 2016. « La chute du Parti des Travailleurs se poursuivra jusqu’en 2018, année des élections présidentielles, voire plus », prédit Lincoln Secco, professeur d’histoire à l’université de Sao Paulo et auteur de « l’histoire du Parti des Travailleurs au Brésil », aux éditions du Sextant, en 2011. Pis, la déroute du Parti des Travailleurs plongera toute la gauche dans le désarroi, pense-t-il, « le PSOL tente de se présenter comme le Parti des Travailleurs des débuts, mais l’histoire ne se réécrit pas. Le discours du PSOL séduit une classe intellectuelle aisée, sans s’enraciner dans les milieux ouvriers, comme l’avait fait le Parti des Travailleurs ».

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:43

L’armée syrienne avance au nord d'Alep, les hôpitaux près du chaos (Reuters)

L'armée syrienne et ses alliés ont poursuivi Dimanche 2 Octobre 2016 leur progression au nord d'Alep, profitant de bombardements intensifs toute la nuit sur les quartiers est de la ville, rapportent les médias gouvernementaux et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

L’OSDH et la télévision syrienne ont indiqué que les soldats soutenus par des milices iraniennes et libanaises ont progressé en direction du sud à partir du camp d'Handarat, situé au nord d'Alep, dont ils ont repris le contrôle en début de semaine.

Les forces gouvernementales ont commencé à pénétrer dans la zone industrielle de Choukaïf où des affrontements se sont produits Dimanche 2 Octobre 2016 dans l'après-midi, a précisé Zakaria Malahifdji, membre du groupe rebelle Fastakim, retranché dans la ville.

L'OSDH fait état, pour sa part, de violents combats le long de la ligne de front qui sépare l'agglomération en deux.

La partie orientale d'Alep, assiégée depuis le mois de juillet 2016 après la fermeture de la route du Castello par laquelle transitaient les ravitaillements, est l'objet d'une campagne de bombardements aériens sans précédent de la part de l'aviation russe et de l'armée de l'air syrienne.

Des dizaines de raids ont été menés au cours de la nuit et ils se poursuivaient dans la journée du Dimanche 2 Octobre 2016.

Accentuant sa pression et comme il l'a fait dans d'autres centres urbains, le régime syrien a appelé les rebelles à quitter la partie orientale de la ville, leur promettant d'assurer leur passage et de leur fournir l'assistance nécessaire.

« Le haut commandement de l'armée appelle tous les combattants armés dans la partie orientale d'Alep à quitter ces quartiers et à laisser les civils vivre normalement leur vie », indique un communiqué diffusé par l'agence de presse syrienne SANA.

« Les russes et la direction militaire syrienne garantiront un passage sûr des combattants et leur fourniront l'aide nécessaire », poursuit le texte.

Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations Unies (ONU) en chargé des affaires humanitaires, s'est dit « profondément inquiet face à la férocité des bombardements contre l'est d'Alep » et a renouvelé l'appel en faveur d'une pause dans les combats.

« Les infrastructures sanitaires sont au bord de l'effondrement avec des patients qui ne peuvent être soignés et une absence de médicaments pour traiter les maladies les plus bénignes », a-t-il dit.

« Les faibles réserves en eau potable et alimentaires font que le nombre de personnes nécessitant une évacuation médicale d'urgence risque de s'accroître de manière spectaculaire dans les prochains jours », a-t-il poursuivi.

Le principal centre de soins d'Alep-Est a été gravement endommagé samedi par des frappes aériennes et a été contraint de fermer. Deux patients ont été tués.

Touché à plusieurs reprises par des bombardements depuis le mois de juillet 2016, l'hôpital a été frappé par trois fois cette semaine, rapporte la société médicale syro américaine (SAMS).

« La situation à Alep est au-delà de la désolation. Des gens sont prisonniers sous les décombres et nous ne pouvons pas les secourir en raison de l'intensité des bombardements. Nous implorons de l'aide pour que cesse le pilonnage », a déclaré Mohamed Abou Radjab, infirmier de la SAMS.

Sur le terrain diplomatique, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry se sont de nouveau entretenus au téléphone d'une éventuelle normalisation de la situation à Alep.

Les Etats-Unis ont menacé ces derniers jours de suspendre les discussions visant à ranimer l'accord de cessez-le-feu conclu au mois de septembre 2016 entre Washington et Moscou tant que les bombardements se poursuivent.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:27

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/pas-de-calais/calais/calais-la-manifestation-de-soutien-aux-migrants-maintenue-malgre-l-interdiction-1098981.html

Soutien aux migrants de Calais, les manifestants bloqués par la police

La Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM) a décidé de maintenir la manifestation prévue Samedi Premier Octobre 2016 malgré l'interdiction de la préfecture et du tribunal administratif. Les forces de l'ordre bloquent les manifestants présents à Calais et ceux venant de Paris.

Partis depuis la porte de la Chapelle à Paris Samedi Premier Octobre 2016 à 7 heures 30 pour participer à une mobilisation concernant les migrants à Calais, les bus des manifestants de la CISPM ont été bloqués par la police à la gare de péage de Setques, dans le département du Pas-de-Calais.

Une porte-parole du CISPM a indiqué que les quatre autocars avaient été immobilisés environ deux heures et avaient été contraints de faire demi-tour et de retourner vers Paris. « Nous condamnons cette entrave à la liberté de circulation », a déclaré cette représentante du CISPM.

Les manifestants se trouvant à Calais ont quant à eux été retenus à la sortie de la jungle de Calais par les forces de l'ordre. Des échauffourées ont éclaté avec des jets de cailloux et de pierres de la part des migrants, tandis que les forces de l'ordre ont répliqué avec des jets de gaz lacrymogènes et en utilisant un canon à eau.

Mercredi 28 Septembre 2016, la préfecture avait décidé d'interdire cette manifestation en lien avec la question des migrants, qui devait partir de la jungle pour atteindre le centre de la cité portuaire.

Selon le préfet, une telle mobilisation présente un risque important d’affrontement entre les militants d’extrême gauche, les militants d’extrême droite présents dans le Calaisis et des forces de polices insuffisantes pour assurer la sécurité du cortège. Des débordements auraient également été constatés lors de précédentes manifestations.

La CISPM avait déposé un recours au tribunal administratif de Lille pour contester la décision du préfet Fabienne Buccio, « nous pensons que nous sommes injustement discriminés et, vu l'ambiance qui prévaut à Calais, la CISPM a de gros doutes sur l'impartialité et la neutralité du préfet du Pas-de-Calais ».

Le tribunal administratif a pris la décision de rejeter la requête de la CISPM, qui a malgré tout décidé de faire front et de maintenir la manifestation du Samedi Premier Octobre 2016.

Vu d’Angleterre, Les associations inquiètes pour les mineurs

The Guardian a publié aujourd’hui un reportage sur la menace supplémentaire que fait peser sur les migrants mineurs la fermeture annoncée de la jungle de Calais. « Les volontaires des associations de charité et de prévention du VIH ont constaté des dégâts psychologiques chez la plupart des enfants réfugiés, après que François Hollande ait confirmé la fermeture de l’immense camp de réfugiés du nord de la France », écrit le journaliste Mark Townsend. Il rapporte des témoignages de mineurs que cette annonce décourageante pousse à envisager le suicide ou la mutilation. Au moins mille mineurs non-accompagnés vivent actuellement dans le camp, particulièrement vulnérables à la violence et à la pression créée par la situation des migrants de Calais.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:47

https://gazettedebout.fr/2016/09/19/nuit-debout-sest-reveillee

Comment le mouvement des Nuits Debout s’est réveillé place de la République à Paris

Par Raphaël Georgy

Lundi 19 Septembre 2016

Cet été, Nuit Debout Paris semblait avoir pris quelques vacances. Mais les membres les plus engagés ont travaillé d’arrache-pied pour relancer le mouvement, sans attendre la manifestation du Jeudi 15 Septembre 2016.

Dans une cave sombre où l’on peut difficilement tenir à plus d’une personne, sous un immeuble de la rue du Temple, à quelques pas de la place de la République à Paris, Paul, trente ans, engagé dans le mouvement des Nuits Debout depuis les premières semaines, se charge de faire passer le matériel sans rien oublier aux quatre autres, qui les remontent par un escalier d’un mètre de large. En ce début d’après-midi, Samedi 3 Septembre 2016, c’est la quatrième fois qu’ils répètent l’opération depuis Mercredi 31 Août 2016, date de la rentrée officielle de Nuit Debout Paris avec un programme de cinq jours de débats, de conférences et d’animations. C’est lourd et les corps transpirent. Le barnum de l’accueil, des tables, des bâches, des câbles électriques, des tubes PVC, des tableaux blancs et une foule d’objets en tous genres, ils ne sont pas trop de cinq pour tout charger sur les chariots. Depuis quelques mois, le mouvement des Nuits Debout dispose de plusieurs caves autour de la place, prêtées par des particuliers, pour entreposer son matériel.

« C’était exactement la chose à ne pas faire », lance Paul en découvrant le tout au beau milieu de la cour intérieure, sans qu’on sache si le ton est froid ou empathique. « Il faut absolument éviter que la voisine croie que sa cave est un moulin ». La solution n’est pas encore pérenne et les propriétaires qui acceptent de prêter une cave sont précieux.

Il est 14 heures 45, les cinq arrivent sur la place chargés comme des mulets, entre la bouche principale du métro et la rampe de skate. Quelques autres les rejoignent petit à petit. Nous commençons à monter les installations quand Nicolas, un des signataires de la déclaration en préfecture, prévient les nouveaux, « pas question, cette année, s’il y a une chose sur laquelle la police nous embête, c’est bien les horaires ». Même si la surveillance policière n’a pas diminué l’été arrivant. Nous attendrons donc 15 heures précises. Pendant que nous nous attelons à la tâche, les passants regardent d’un air interloqué la quinzaine de personnes qui s’affairent sur la place.

La tente de l’accueil est montée en quelques minutes, des bâches sont tirées entre des arbres pour faire de l’ombre. Les drapeaux « Nuit Debout » et la grande banderole « occupons les places » sont accrochés en hauteur et le programme de l’après-midi est écrit sur un tableau blanc bien en vue, devant lequel les passants s’arrêtent avant même qu’il soit rempli. Puis, on s’attaque au grand dôme, conçu par Archi Debout spécialement pour Nuit Debout et qui a déjà voyagé à Berlin et à la Biennale de Venise.

L’installation, entièrement composée d’arceaux en PVC, mesure tout de même huit mètres de diamètre. Ceux qui s’occupent de la logistique sont parmi les plus impliqués, mais les raisons qui les font revenir sur la place sont diverses.

Je pose la question à un membre de la commission logistique. Ce trentenaire travaille aux impôts, il ne souhaite pas que son nom soit connu.

« C’est dur d’abandonner », reconnaît-il. « Tu es chez toi, tu fais ta vaisselle, ton ménage et tu te fais chier, alors tu retournes sur la place. Ici, je fais quelque chose que je ne fais pas ailleurs, penser avec mes mains. Tout ce que nous faisons, c’est offrir le minimum de conditions d’accueil pour donner les moyens de débattre ». Même si Nuit Debout rassemble une certaine communauté d’idées, il estime trouver ici « une vraie diversité de la France », bien plus grande qu’au sein des militants des partis politiques.

Il fait horriblement chaud, alors avec Lison, de la commission coordination, nous nous assurons que nous pouvons nous éclipser quelques minutes pour prendre une boisson fraîche dans un café voisin. Lison fait partie du noyau de trente participants qui se sont réunis tout l’été pour préparer cette rentrée.

Elle me raconte qu’après avoir pris quelques jours de vacances pendant les mois de juillet et d’août 2016, parfois entre membres de Nuit Debout devenus amis, des réunions initiées par les plus motivés se sont tenues tous les mercredis à 18 heures sur la place pour relancer le mouvement. La commission accueil et coordination a fait sa rentrée le 20 août 2016 lors d’une réunion qui a duré six heures, de 15 heures à 21 heures, avec une pause pour dîner. La coordination s’est assurée par la suite que le programme de la rentrée pouvait bien se tenir, avec des effectifs suffisants en logistique et en sérénité, en diffusant un message par Internet intitulé « Nuit Debout a besoin de nous » le 26 août 2016.

Avec les treize commissions qui ont répondu à l’appel, comme économie politique, Jury Citoyen ou Écologie Debout, un programme a été mis sur pied avec des intervenants d’associations et de mouvements citoyens divers. Mais le manque se fait surtout sentir du côté de la sérénité, l’équipe de médiation de Nuit Debout. Son existence est une condition posée par la préfecture de police pour permettre au mouvement de monter ses installations sur la place, mais les membres de Nuit Debout ont eu dès le départ l’ambition de mettre sur pied une large équipe, rapidement confrontée aux vagabonds qui venaient interférer au dernier moment avec les ordres du jour, mais aussi aux militants d’extrême-droite décidés à leur mettre des bâtons dans les roues, sans compter les vendeurs d’alcool qui pullulaient dès que la place se remplissait. Lors de cette rentrée, des membres qui n’avaient jamais fait partie de la sérénité ont été invités à s’inscrire pour des créneaux de deux heures. Mais cela n’explique pas tout dans la diminution de l’effectif à la sérénité.

Nombre de ses membres étaient des militants dotés d’une forte conscience politique et avaient rejoint cette commission avec une idée très précise de la direction que devait prendre le mouvement. Ils se sont heurtés à une réalité. « Le mouvement a été récupéré par tout le monde », résume Lison qui regrette que certains se plaignent des orientations prises alors qu’ils pourraient s’impliquer et peser sur celles-ci. Au lieu de cela, la question de savoir si Nuit Debout devait être citoyenniste et débattre démocratiquement sans position politique définie, ou bien de déranger quelques personnes, comme l’expliquait par euphémisme Frédéric Lordon, n’a pas été tranchée.

Le débat sur la violence comme forme d’action est également resté stérile.

À défaut d’avoir une position commune, l’horizontalité de Nuit Debout implique que toutes les initiatives, même contradictoires, puissent se cumuler. Autrement dit, qui propose fait et nul n’est a priori empêché de participer ou de lancer des projets sans demander rien à personne. Cette ouverture permet au mouvement de rester en phase avec toutes les aspirations de la société.

Cela s’est vu à l’assemblée populaire quelques heures plus tard.

Un français d’origine asiatique, la vingtaine, lève la main pour s’inscrire sur le tour de parole à l’assemblée qui vient de commencer, vers 19 heures.

Son tour venu, il fait part des discriminations répétées contre les asiatiques, des préjugés tenaces ancrés parmi les autres minorités. Il faut dire que le 7 août 2016, Chaolin Zhang, un couturier de quarante neuf ans, a été agressé à Aubervilliers par trois jeunes qui voulaient voler le sac d’un de ses amis. Il a succombé à ses blessures. Beaucoup y ont vu une agression raciste. Pas plus tard que le lendemain, douze mille personnes ont manifesté au départ de la place de la République pour exiger la « sécurité » et dénoncer une « justice laxiste ».

Pour tout dire, il n’y a qu’à donner la parole pour que les gens la prennent.

Mais le programme de cinq jours a demandé des dizaines d’heures de préparation, sans compter la mobilisation de chacun pour sa réalisation.

Pendant que plusieurs centaines de personnes regardent le film « alors c’est qui les casseurs », la commission coordination tient sa réunion à quelques mètres de là. La nuit vient de tomber, il commence à pleuvoir doucement et la quinzaine de participants s’abrite sous la cantine. Assis en rond à même le béton, on aborde le bilan de la rentrée du point de vue de la coordination. Si beaucoup de monde vient prendre part aux commissions et aux débats, très peu restent pour les corvées de matériel, qui est pourtant entièrement monté et démonté tous les jours.

« Les trente mêmes personnes ne vont pas tenir éternellement », prévient Marie au mégaphone.

« Je propose que ceux qui comblent les trous arrêtent de le faire », ajoute Olivier.

Vient le tour d’Emmanuelle, « vous savez que je suis très investie, mais par rapport à ce que je voulais faire, j’en ai fait trop », renchérit Emmanuelle qui formule ainsi ce que beaucoup pourraient reprendre à leur compte. « Nous avons relancé le mouvement, c’est cool, mais cinq jours de suite, c’est mortel, une fois, pas deux ».

Gérard propose que chaque commission se charge de sa logistique ou délègue une ou deux personnes pour le matériel.

« Nous ne nous rendons pas compte que, à l’échelle d’une vie humaine, il y a une part de nécessaire énorme que nous sous estimons. Il faudrait en discuter pour que les gens prennent conscience que la part d’activités contraintes est beaucoup plus importante. Il n’y aurait même plus besoin de faire des appels pour mobiliser », poursuit Emmanuelle.

« Cela fait un mois que les gens disent qu’ils sont à bout, mais la place est montée tous les soirs », fait remarquer Gérard.

L’occupation de la place semble avoir encore de beaux jours devant elle, au moins jusqu’à ce qu’un événement politique majeur jette les citoyens dans la rue, telle une crise économique ou l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:18

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39044

Jean-Luc Mélenchon et l’héritage du mitterrandisme

Par Hugo Melchior

Vendredi 23 Septembre 2016

Les réserves qui s’expriment au sein des composantes de l'ancien Front De Gauche (FDG) sur la pertinence d’un soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2017 visent principalement les positionnements de ce dernier concernant la Syrie, les travailleurs détachés ou les migrants ainsi que sur le caractère jugé par certains plébiscitaire de sa démarche.

Une question, qui nous semble pourtant essentielle si l’on se place dans la perspective de la refondation d’une alternative émancipatrice, est rarement évoquée, celle du rapport que Jean Luc Mélenchon entretient avec le passé de la gauche française et plus particulièrement avec la figure de François Mitterrand.

Or, le rapprochement, comme souhaitait d’ailleurs le favoriser Jean Luc Mélenchon lors de la création du Parti de Gauche puis de sa campagne de 2012, entre des militants venus de traditions différentes, nécessite non seulement une approche conjointe du contexte politique, la définition d’un projet stratégique commun et le partage de pratiques sociales mais également un retour critique sur le capital d’expérience accumulé par la gauche et le mouvement ouvrier durant le court vingtième siècle.

S’il n’est pas question d’écrire une nouvelle version officielle de cette histoire, il est néanmoins, pour le devenir de la gauche critique, essentiel de construire pas à pas, par un débat raisonné fondé sur les travaux des historiens, une vision convergente des grandes tendances de cette histoire. Il n’est pas, en effet, indifférent pour militer ensemble au quotidien d’avoir des proximités d’analyse sur ce que furent le stalinisme, la sociale démocratie, le fascisme ou la contre-révolution libérale.

Nous ne pouvons donc qu’être interpellés par la manière dont Jean Luc Mélenchon traite, dans son récent livre d’entretien publié sous le titre « le choix de l’insoumission », l'histoire de la gauche et singulièrement le rôle éminent qu’y a tenu François Mitterrand. Histoire qu’il décrypte en retraçant son propre parcours militant.

Même si l’évocation complaisante de son insoumission juvénile est parfois irritante, on peut concéder à Jean Luc Mélenchon la constance de ses choix politiques. Pas de rupture, peu de déchirements intérieurs ou de regrets, si ce n’est à l’évocation des batailles picrocholines des courants de la gauche socialiste, mais l’affirmation d’une évolution réaliste qui le conduisit du trotskysme lambertiste aux ors de la république sous le gouvernement de Lionel Jospin et d’une fidélité absolue à celui qui reste sa référence première à savoir François Mitterrand.

Et c’est là que le bât blesse.

L’analyse que l’on peut faire de l’action politique de François Mitterrand depuis les années 1940 constitue, en effet, au sein des divers courants de la gauche critique, un point d’achoppement majeur.

Que ce soit chez les anciens ou actuels membres du Parti Communiste Français (PCF) pour lesquels François Mitterrand reste celui qui, dès le lendemain du congrès d’Epinay en 1971, annonça à ses nouveaux amis de l'internationale socialiste que l'union de la gauche avait, outre l’occupation du pouvoir d'état, vocation à réduire à la portion congrue leur parti.

Ou pour celles et ceux issus de la tradition trotskyste pabliste dont le refus d’appeler à voter pour François Mitterrand au premier tour des élections présidentielles de 1965 fut l’un des événements fondateurs de leur courant politique.

Enfin, pour celles et ceux ayant milité au sein du Parti Socialiste Unifié (PSU) ou s’inscrivant dans la tradition alternative et autogestionnaire de ce parti, François Mitterrand reste celui dont l’adhésion au PSU fut refusée pour cause de soutien à l’Algérie française et qui instrumentalisa la revendication autogestionnaire.

Vieilles histoires, peut on objecter, qui n’intéressent plus guère les jeunes générations.

Voire, car François Mitterrand fut aussi celui qui contribua tout au long des années 1980 à diffuser en France, au nom du réalisme, la logique néo libérale, dérégulation du secteur bancaire, orthodoxie budgétaire, austérité et promotion de l’entreprise, dont les effets délétères continuent de fracturer la société française. Et puis la part d’ombre de l’homme du 10 mai 1981, de l’assassinat d’Eloi Machoro, de l’incarcération des irlandais de Vincennes, de la mise en place d’un système d’écoute téléphonique pour des raisons privées à l’entrée de Bernard Tapie au gouvernement ou aux scandales de la fin du deuxième septennat, a favorisé le rejet de l’action politique dans une large partie de l’opinion et l’essor du Front National.

Cette part d’ombre a grandement participé à construire les dramatiques équations sociales et politiques auxquelles la jeunesse est confrontée.

Les femmes et les hommes, de François Hollande à Manuel Valls, qui accentuent aujourd’hui la politique sociale libérale, ont d’ailleurs pour la plupart débuté leur cursus honorum dans les pas du prince de l’ambiguïté et c’est en se mettant dans ses pas qu’ils ont appris à maîtriser le cynisme et l’art du reniement.

François Mitterrand,ce n’est donc pas seulement une affaire du passé ou bien un objet d’historien.

Le mitterrandisme nous semble tout au contraire un point central de clivage à gauche et l’absence dans le livre de Jean Luc Mélenchon de tout regard critique voire de prise de distance avec François Mitterrand et son bilan politique ne peuvent qu’inquiéter.

Les positionnements pour le moins ambigües de François Mitterrand pendant la période vichyste, son rôle dans la politique répressive du colonialisme français contre le peuple algérien et son endossement, jusqu’à la caricature, des attributs de la fonction présidentielle dont il se servît pour mener dès 1983 une politique qui ouvrait la porte au néo libéralisme, tout cela, pour Jean Luc Mélenchon, est justifié par la contingence et magnifié par le courage personnel et le charisme du grand homme.

Par sa constance, la référence de Jean Luc Mélenchon au mitterrandisme n’apparaît donc pas comme l’expression d’une simple nostalgie pour les temps révolus de sa jeunesse de cadre du Parti Socialiste ou comme la reconnaissance d’une dette vis-à-vis de son mentor, mais plutôt comme la traduction de l’adhésion de Jean Luc Mélenchon à la vision de l’action politique et à la conception de l’articulation entre les logiques institutionnelles et le mouvement autonome des masses populaires portées par François Mitterrand.

Plus encore, n’y aurait-il pas dans la défense obstinée du mitterrandisme par Jean Luc Mélenchon, le reflet d’une proximité de point de vue sur le leadership et sur le rapport entre le leader et les structures partisanes ? Comme François Mitterrand pouvait dire que le Parti Socialiste n’était que le prolongement de lui-même, on peut redouter que Jean Luc Mélenchon n’ait perçu les appareils qu’il a créés dans puis hors du Parti Socialiste, République Sociale, Parti de Gauche et Mouvement pour la Sixième République, que comme les ombres portées de sa personne. La mise en orbite de la France Insoumise sans plus de concertation avec les partenaires de l'ancien FDG ni même de réelle consultation des adhérents du Parti de Gauche n’est-elle pas une illustration de ce rapport instrumental que Jean Luc Mélenchon, comme hier François Mitterrand, entretient avec le peuple militant ?

En affirmant sa préemption sur l’héritage entier du mitterrandisme, Jean Luc Mélenchon est trop fin connaisseur de l’histoire de la gauche pour ne pas envisager que celle-ci suscitera chez ses partenaires de l'ancien FDG interrogation, incompréhension voire colère.

Alors pourquoi cette démonstration appuyée d’une telle filiation ?

Il nous semble que la réponse se trouve dans l’analyse que Jean Luc Mélenchon fait de la période actuelle et de sa perception des élections présidentielles de 2017 comme une fenêtre d’opportunité. « Cette fois-ci, c’est la bonne », confiait-il récemment au magazine les Inrocks. La paralysie du PCF, l’impuissance d’Ensemble, l’isolement du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et l’éclatement des écologistes, composent un contexte politique lui permettant de s’exonérer de toute concession mémorielle et historique. Désormais Jean Luc Mélenchon entend imposer, à celles et ceux dont il estime qu’ils n’auront d’autre choix que de se soumettre, sa vision de l'histoire de la gauche des cinquante dernières années comme substrat essentiel de son projet politique. Projet politique dans lequel le peuple se substitue à la classe, la nation à l’internationalisme et la révolution par les urnes à la mobilisation des masses populaires, c’est-à-dire, et cela en rupture avec l’essentiel de l’imaginaire de la gauche critique, en parfaite concordance avec les fondamentaux du mitterrandisme.

Aussi, à l’heure où une partie importante du peuple de gauche prend la pleine mesure des effets de la politique du Parti Socialiste, les diverses composantes de la gauche critique devraient donc s’interroger sur le sens de leur appui à un responsable politique puisant ses racines dans ce qui fut depuis 1983 l’une des matrices du social libéralisme.

Certes, une séquence électorale ne ferme jamais totalement un horizon politique mais l’expérience du mitterrandisme nous a néanmoins apporté la démonstration que la logique des institutions de la cinquième république étaient implacables y compris pour ses plus farouches opposants et que la légitimité du suffrage installait pour longtemps dans le paysage politique celles ou ceux qui en bénéficiaient.

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