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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:57

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/95473/evacues-de-paris-centaine-de-migrants-heberges-hotel-de-palaiseau

Une centaine de migrants évacués de Paris et hébergés dans un hôtel de Palaiseau

A la suite de l'évacuation de campements occupés par des migrants à Paris dans le dix huitième arrondissement, deux cars ont amené Mercredi 29 Juin et Jeudi 30 Juin 2016 une centaine de personnes dans un hôtel de Palaiseau pour y être hébergées, ce qui provoque la colère du maire.

Alors qu’un camp humanitaire doit voir le jour à Paris au mois de septembre 2016, mille cent trente neuf migrants ont été évacués cette semaine de la halle Pajol dans le dix huitième arrondissement de Paris.

La préfecture régionale a géré l’opération, en lien avec la préfecture de police, la ville de Paris et les associations Emmaüs et France Terre d'Asile (FTA). L’Office Français de l'Intégration et de l'Immigration (OFII) a également participé.

Mercredi 29 Juin 2016 à 6 heures 30 du matin, ces personnes se sont vues proposées de se rendre dans des centres ou des hôtels.

Essentiellement soudanais, afghans et érythréens, ces migrants ont été transportés en bus dans soixante dix centres d’hébergement en Ile-de-France. La préfecture régionale a indiqué que certains migrants « ont refusé de descendre des bus, malgré des propositions de mise à l’abri dans des sites avec des lits, un accès aux sanitaires, des repas et des conditions qui nous paraissent dignes ». Dans la journée du Mercredi 29 Juin 2016, un premier bus est arrivé dans la commune de Palaiseau avec une cinquantaine de personnes à bord, pour les conduire à l’hôtel Relais de la zone Gutenberg.

Jeudi 30 Juin 2016, un second bus est arrivé sur place. Ce qui a provoqué la consternation de la municipalité de Palaiseau, « plus de cent dix personnes sont donc maintenant logés dans un hôtel palaisien. Aucune information les concernant n’a été transmise à la commune de Palaiseau. C’est une nouvelle insulte à l’égard des gens concernés et des populations locales. La préfecture gère tout, je n'ai aucune information », se plaint le maire de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie. De leur côté, les services de l'état ne s’expriment pas sur le sujet.

Les migrants arrivés à Palaiseau semblent pour leur part éreintés par ces bouleversements, « personne ne voudra vous parler. Ils sont très fatigués, cela a été une longue journée pour eux. Nous les avons reçus à la demande de la préfecture, ils sont arrivés Mercredi 29 Juin et Jeudi 30 Juin 2016 », confie un employé de l’hôtel concerné Jeudi 30 Juin 2016.

Un autre fait le point, « nous venons de leur servir à manger, ils sont tous en train de se reposer et ils sont exténués. Ce n’est vraiment pas facile pour eux ». Le maire de la commune juge de son côté que « cette situation ne doit plus durer, il est temps que l'état et la mairie de Paris prennent enfin leurs responsabilités et respectent un minimum de décence ».

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:39

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/07/apres-le-brexit-jeremy-corbyn-resiste-le-labour-se-delite_4965640_3214.html

Après le Brexit, Jeremy Corbyn résiste, le parti travailliste se délite

Le dirigeant travailliste met à profit les critiques du rapport de John Chilcot contre Tony Blair et la guerre en Irak pour attaquer ses opposants qui ont soutenu l'engagement britannique en 2003

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Deux semaines après le choc du Brexit, le parti travailliste continue de s’enfoncer dans une crise interne dont nul n’entrevoit l’issue. Les partisans du leader contesté, Jeremy Corbyn, ont tenté d’utiliser l’occasion que leur a fournie la publication, Mercredi 6 Juillet 2016, du rapport de John Chilcot.

Ce document accable l’ancien premier ministre Tony Blair qu’ils haïssent pour sa décision de participer à l’invasion de l’Irak en 2003.

« Notre parti ne peut pas être dirigé par quelqu’un qui ne s’est pas repenti d’avoir soutenu la guerre », a lancé, Mercredi 6 Juillet 2016, lors d’un meeting à Londres, un dirigeant de Momentum, le mouvement qui soutient Jeremy Corbyn. Le propos visait la députée Angela Eagle, qui avait approuvé l’intervention en Irak en 2003 et qui proclame depuis plusieurs jours qu’elle s’apprête à défier Jeremy Corbyn, sans passer à l’acte. En fait, depuis la démission de la quasi totalité du « cabinet fantôme » et le vote de défiance de quatre vingt pour cent des députés du parti travailliste contre Jeremy Corbyn au lendemain du référendum, le parti semble se décomposer à vue d’œil.

La grande majorité des élus et beaucoup d’adhérents reprochent à Jeremy Corbyn, issu de l’aile gauche du parti traditionnellement eurosceptique, d’avoir insuffisamment fait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Presque chaque jour, ils réclament la démission du leader, mais celui-ci s’accroche. Elu au mois de septembre 2015 à la surprise générale avec une majorité de soixante pour cent grâce à un nouveau système de désignation qui fait la part belle aux sympathisants, il se prévaut de la légitimité de la base. Les députés, eux, estiment que leur réélection est en péril si la ligne très à gauche de Jeremy Corbyn, marquée notamment par un soutien de principe à l’immigration, est maintenue.

L’éventualité d’élections législatives anticipées à l’automne, après la désignation d’un nouveau premier ministre désireux d’obtenir un mandat populaire pour débuter les négociations de sortie de l’Union Européenne, inquiète les élus travaillistes et exacerbe leurs pressions pour obtenir le départ de Jeremy Corbyn. Ils lui ont proposé un poste honorifique de président comme porte de sortie honorable, mais se sont heurtés à un mur.

Les opposants envisagent de provoquer une nouvelle élection du leader, mais ils craignent de voir Jeremy Corbyn, fort du soutien de nombreux jeunes radicalisés, la gagner à nouveau.

Chaque camp mobilise en incitant des sympathisants à adhérer sur internet. Depuis le référendum, le parti travailliste aurait ainsi gagné pas moins de cent mille membres nouveaux, cette ruée portant ses effectifs à cinq cent mille. « Jeremy Corbyn perd chaque jour des soutiens parmi les adhérents, mais il les remplace par de nouveaux venus. On dirait qu’il est en téflon », témoigne un député anonyme dans le Telegraph.

Mercredi 6 Juillet 2016, Jeremy Corbyn, qui était l’un des leaders du mouvement contre la guerre en 2003, a dressé implicitement un parallèle entre la justesse des protestations pacifistes de l’époque et la légitimité que lui donne aujourd’hui la base du parti. « Pendant que la classe gouvernante se trompait si cruellement en 2003, une large partie de notre peuple a eu raison de manifester », a-t-il déclaré.

Pendant sa campagne pour la tête du parti, voici un an, Jeremy Corbyn avait estimé à propos de Tony Blair que « s’il avait commis un crime de guerre, il devrait être poursuivi ». Mercredi 6 Juillet 2016, à la chambre des communes, il a été plus elliptique. « Tous ceux qui ont pris les décisions mises en évidence dans le rapport de John Chilcot sur l’engagement en Irak doivent subir les conséquences de leurs actes quelles qu’elles soient », a-t-il déclaré, visant implicitement Tony Blair.

Sans prononcer une seule fois le nom de l’ancien premier ministre honni, Jeremy Corbyn a enfoncé le clou en présentant des « excuses au nom de son parti pour la décision désastreuse de partir en guerre en Irak », puis il a passé la soirée en compagnie des familles des soldats tués. Le rappel du rôle du parti travailliste dans l’engrenage guerrier ne fait que jeter du sel sur une plaie béante plus récente, celle ouverte par l’échec au référendum. Pour l’heure, le parti travailliste ne tend pas la main aux quarante huit pour cent d’électeurs qui ont voté contre le Brexit et qui sont effarés par ses conséquences. Le désarroi est tel que certains observateurs évoquent l’hypothèse de la scission du parti travailliste en vue de la création d’un nouveau parti résolument pro-européen.

Le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, s’est excusé de la guerre en Irak au nom de son parti, lors d’une brève déclaration, Mercredi 6 Juillet 2016. Plus tôt, un rapport d’enquête mené par John Chilcot, a dressé un bilan accablant de l’intervention militaire de 2003 et a dénoncé une offensive non préparée et non nécessaire.

« Je veux aujourd’hui m’excuser au nom de mon parti pour la décision désastreuse de partir en guerre en Irak », a déclaré Jeremy Corbyn, pacifiste convaincu qui, il y a treize ans, avait voté contre la décision de l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair d’envahir l’Irak.

Jeremy Corbyn a jugé que ce dossier montrait qu’il était important que Londres s’émancipe des Etats-Unis, pour éviter qu’une telle erreur se reproduise. « Comme l’a dit John Chilcot, la guerre n’était pas le dernier recours », a-t-il déclaré au parlement. « Franchement, il s’agissait d’un acte d’agression militaire lancé sous un mauvais prétexte, comme le dit la commission d’enquête ».

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:56

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/30/01016-20160630ARTFIG00280-nuit-debout-s-est-recouche.php

Nuit Debout s'est recouché

Jeudi 30 Juin 2016

Par Eugénie Bastié

Le mouvement de la place de la République à Paris s'est éteint progressivement, même s'il poursuit son activisme sous d'autres formes. Ses militants veulent croire à une transformation politique.

La place de la République s'est vidée peu à peu, finies les assemblées générales à ciel ouvert, finis les stands du type de la fête de l'Humanité et finies les commissions-débats. Quelques tags qui demeurent dans la station de métro et sur les dalles de la place sont les derniers vestiges de l'activité révolutionnaire. Sur le site pour la convergence des luttes, qui postait jour après jour les comptes rendus de l'assemblée populaire, le compteur s'arrête au 31 mai 2016. Trois mois après son commencement, le mouvement des Nuits Debout s'est recouché. Pour autant, doit-on en conclure qu'il ne s'agissait que d'un épiphénomène grossi par les journalistes ? Ou bien le mouvement s'est-il déplacé ailleurs ? Il est difficile de mesurer la fécondité d'un mouvement qui revendiquait pour principes une absence de centralisation et de leadership.

« La période de débat à ciel ouvert est terminée et le moment le plus visible du mouvement est fini », estime Julien Bayou, le porte-parole d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) qui était très présent place de la République. Patrick Farbiaz, ancien militant de mai 1968 et membre de la commission écologie de la Nuit Debout parisienne, s'est rendu quotidiennement place de la République, de 16 heures à 24 heures, pendant deux mois et demi.

Il constate aujourd'hui une « baisse d'intensité indéniable ». Mais selon lui, « le mouvement n'est pas éteint et il se prolonge dans les esprits. Nuit Debout, c'est comme mai 1968, c'est un film, pas un clip comme ont pu l'être le mouvement du Contrat Première Embauche (CPE) ou pour la défense des retraites », assure-t-il. « Une génération a pris conscience d'elle-même ».

Absence de leadership

Le pic du mouvement a sans doute été atteint au mois d'avril 2016, avec la venue de l'ancien ministre grec des finances Yanis Varoufakis le 16 avril 2016, suivie le lendemain de l'expulsion d'Alain Finkielkraut qui avait indigné nombre de commentateurs. Le mouvement fait alors la une des médias et certains politiques demandant même son interdiction. Depuis, il s'est davantage synchronisé avec la mobilisation syndicale contre la loi travail et s'est muté en actions ponctuelles, blocages, manifestations, occupations éphémères et accueils de ministres.

« Ceux qui disent qu'ils savent où cela va se font plaisir » affirme Julien Bayou, se réjouissant que le mouvement ait essaimé hors de la place, tout en ne voyant pas pour le moment quelle tournure politique il pourrait prendre. Patrick Farbiaz veut croire lui à un prolongement politique, peut être avec «des listes citoyennes aux prochaines élections municipales. Une génération d'intellectuels précaires s'est levée. Ce sont eux qui ont fait la révolution tunisienne, les indignados qui se sont transformés en Podemos et Occupy Wall Street qui a donné lieu à la campagne de Bernie Sanders », dit-il. La durée d'occupation physique a été plus courte que celle d'autres mouvements similaires. Le mouvement Occupy Wall Street a duré environ un an, avec un pic de trois mois entre le mois de septembre 2011 et le mois de novembre 2011. Quant au mouvement des indignados, né à la Puerta del Sol le 15 mai 2011, il a duré jusqu'à l'automne 2011. Ces mouvements ont mis du temps à se traduire politiquement, le mouvement Podemos n'a émergé qu'en 2014, tandis que la candidature de Bernie Sanders aux élections primaires, qui reprenait certains thèmes chers aux indignés new-yorkais, date de 2016. De quoi laisser venir une traduction politique du mouvement des Nuits Debout. À court terme, le mouvement pourrait être favorable à Jean-Luc Mélenchon, ou à Nicolas Hulot s'il se présente. À long terme, personne ne peut prédire ce qu'il donnera.

Ses prochains combats sont Notre-Dame-Des-Landes et l'université d'été du Parti Socialiste.

Le mouvement se heurte à une absence de leadership. « Il n'y aura pas de Daniel Cohn-Bendit du mouvement des Nuits Debout », résume Patrick Farbiaz. La critique radicale de la démocratie représentative qui était au cœur du mouvement empêche tout soutien politique. La notion « d'empowerment », née aux États-Unis et utilisée notamment par Barack Obama, est au cœur de la nouvelle façon de faire de la politique que veulent prôner les activistes du mouvement des Nuits Debout. Ce concept de la gauche radicale prône une réappropriation de la capacité d'agir par les groupes et les individus, au détriment des partis et de la démocratie représentative traditionnelle. « Ce n'était pas les états généraux de 1789, ni l'école des fans », dit Julien Bayou qui relativise le déclin médiatique du mouvement. « Il y a eu un intérêt complètement démesuré des médias qui s'est suivi par des attentes et des critiques complètement démesurées ». « Il y a des intellectuels qui devraient percer assez vite. Et des thématiques qui vont irriguer l'ensemble des voies progressistes dans les prochaines années », prédisait il y a quelques semaines le politologue Gaël Brustier.

En attendant, les prochains combats en ligne de mire sont plutôt disparates et les vacances pourraient donner un coup d'arrêt à la mobilisation.

Notre-Dame-Des-Landes, bien sûr, reste l'objectif numéro un après la loi travail. Le Samedi 9 Juillet et le Dimanche 10 Juillet 2016, comme chaque année depuis 2013, une grande mobilisation aura lieu sur la Zone A Défendre (ZAD), organisée par la confédération des opposants. L'université d'été du Parti Socialiste est aussi en ligne de mire des activistes du mouvement des Nuits Debout. Elle se tiendra cette fois à Nantes, soit tout près des zadistes, qui n'hésiteront pas à se mobiliser. Certains parlent aussi de préparer le blocage de la rentrée scolaire.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:31

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article169

Compte rendu de la réunion du Club Politique Bastille du Samedi 18 Juin 2016

Cette rencontre initialement prévue avec des jeunes militants du mouvement des Nuits Debout qui n’ont pas pu venir, a donné lieu à un débat autour du texte publié sur le site du Club Politique Bastille le Vendredi 17 Juin 2016, « le mouvement actuel est considérable ».

Trois thématiques ont été abordées, la question des relations entre le mouvement social contre la loi travail et le mouvement des Nuits Debout, la question de la violence dans les manifestations et des pistes de réflexion sur le néo libéralisme et la manière de le combattre

La question des relations entre le mouvement social contre la loi travail et le mouvement des Nuits Debout

La puissance du mouvement populaire contre la loi est considérable, peut-être pas en nombre mais en longueur, en radicalisation et en détermination.

Son prolongement dans le mouvement des Nuits Debout ouvre la voie d’une réflexion générale sur la société et l’exploitation des travailleurs. La rupture avec la loi travail entraîne la rupture avec le monde qu’elle implique dans lequel l'homme est réduit à un état de marchandise.

Dans les manifestations populaires et syndicales comme dans le mouvement des Nuits Debout, il est exagéré d’y voir la montée d’une conscience de classe. Ce qui est clairement perceptible, c’est le sentiment d’être ensemble dans le même mouvement à la recherche de voies politiques différentes de celles proposées par les organisations et les partis institutionnels.

Le mouvement des Nuits Debout combine la libération de la parole, la volonté d’action et la réflexion sur le vivre ensemble. Le mouvement social est populaire car il est soutenu par l’opinion publique, mais ce n’est pas l’ensemble de la classe ouvrière et de la jeunesse qui se mobilise dans la rue.

Nous assistons plutôt à une mobilisation par secteurs au sein de celles-ci. Cependant, au sein des syndicats, si les directions continuent le mouvement d’accompagnement du néo libéralisme et de négociation avec le patronat, il y a eu une insurrection de la base pour radicaliser la lutte qui appuie et qui complète la résistance et la détermination des opposants à la loi.

Globalement et sans augurer de l’avenir, nous sommes dans une nouvelle configuration des rapports entre salariés et patronat, citoyens et pouvoir politique. D’une part, les salariés prennent conscience qu'ils ne feront pas reculer le gouvernement par les voies classiques, d’autre part, le mouvement des Nuits Debout on prend conscience qu’il n’est pas suffisant de défendre les droits acquis en 1936 et à la Libération. Dans la rue comme sur les places, à l’instar du mouvement des indignés, la nouveauté du vingt et unième siècle est bien le slogan « ils ne nous représentent pas », y compris le Parti Socialiste qui a perdu sa légitimité de représentation du peuple de gauche.

La question de la violence dans les manifestations

Pour certains la violence du cortège de tête est l’expression d’une minorité qui impose sa manière d’agir aux manifestants et accompagne, inconsciemment ou pas, la propagande des médias et du gouvernement pour délégitimer le mouvement social. Elle facilite la tâche des médias qui occulte l’amplitude des manifestations pour ne montrer que les images de violence.

De plus, les dégradations contre un hôpital ou des abris bus sont des messages négatifs car elles s’attaquent à des symboles de ce qui est commun à tous. Il ne faut pas confondre la violence légitime d’un mouvement unitaire comme en 1968 avec la violence provocatrice qui dessert le mouvement social.

Pour d’autres, les manifestations de violence sont un phénomène inhérent à tout mouvement et répondent avant tout à la violence institutionnelle et policière. Contrairement à la propagande des médias qui parlent de casseurs et de voyous, les acteurs des actes de violence sont des militants autonomes et anarchistes structurés politiquement et stratégiquement qui se réclament de la lutte contre l’ordre capitaliste. A l’occasion des dernières manifestations, nous avons pu observer une progression numérique du cortège de tête et des démonstrations de sympathie voire de protection à son égard. Cette stratégie de la violence comme incontournable dans tout mouvement insurrectionnel doit être replacée dans un contexte historique, politique et sociologique. Elle relève des mouvements de résistance et de désobéissance, comme par exemple les forums sociaux et Notre Dame Des Landes, de l’échec de la représentation syndicale et enfin du sentiment de révolte contre l’injustice de la violence policière, Rémi Fraisse, Rennes et Nantes. En tout cas, il faut en prendre acte, essayer de comprendre et surtout ne pas hurler avec les loups.

Pour tout le monde il est évident que la police a des ordres pour laisser faire afin que le gouvernement, au travers de communiqués et via ses chiens de garde puisse utiliser et dénaturer les actions violentes pour occulter le contenu du message d’opposition à la réforme du code du travail.

Des pistes de réflexion sur le néo libéralisme et la manière de le combattre

Le prochain travail du Club Politique Bastille pourrait consister à confronter le « new way of life » du néo libéralisme avec les méthodes de lutte héritées du dix neuvième et du vingtième siècle et l’émergence de mouvements qui se situent en dehors de la gauche radicale institutionnelle.

Sur la base du constat de Pierre Dardot et de Christian Laval, « ce cauchemar qui n’en finit pas », et la panoplie des mesures qui établissent une codification du néo libéralisme avec le Compte Personnel d'Activité (CPA), quid des organisations syndicales et politiques qui continuent le combat sur la base de défense des acquis du Conseil National de la Résistance (CNR) ? N’est-ce pas un combat ancien qui appartient à un monde ancien ?

La forme nouvelle du mouvement social actuel, le mouvement des Nuits Debout et les différentes praxis qui expérimentent un vivre autrement, augurent, peut-être, du désir de construction d’un mouvement qui réponde au monde tel qu’il est, dans la nouvelle configuration du néo libéralisme.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:11

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/27/le-brexit-cet-anti-grexit_1462429

Le Brexit, cet anti-Grexit

Par Etienne Balibar

Lundi 27 Juin 2016

Faible, Athènes a été ostracisé à l’intérieur des frontières de l’Union Européenne. Il y a fort à parier que le processus sera inverse pour les britanniques, la géométrie du système européen s’adaptera pour les réintégrer par la bande.

Loin de moi l’idée de minimiser le caractère dramatique des conséquences que va entraîner le vote du Royaume-Uni, pour les britanniques et pour l’Europe. Mais je suis frappé de la façon dont les titres de la presse française et étrangère nous présentent les choses, « après le Brexit ».

A de rares exceptions près, tous semblent tenir pour acquis que le divorce a eu lieu. En réalité, nous entrons certainement dans une phase de turbulences, mais dont l’issue n’a rien de clair.

C’est cette incertitude que je voudrais essayer de commenter et d’interpréter. Nous le savons bien, comparaison n’est pas raison, et cependant comment ne pas rappeler que, dans l’histoire récente de la politique européenne, les référendums nationaux ou transnationaux ne sont jamais mis en application. Ce fut le cas en 2005 et en 2008 à propos de la constitution européenne et du traité de Lisbonne, plus encore évidemment en 2015 à propos du mémorandum imposé à la Grèce. Il en sera très probablement de même cette fois-ci.

La classe dirigeante britannique, par-delà les conflits de personnes qui l’ont divisée tactiquement, est à la manœuvre pour retarder l’échéance et négocier au mieux les termes de la sortie. Certains gouvernements, le gouvernement français en tête, ainsi que les porte-parole de la commission européenne, multiplient les rodomontades, « out c’est out » et « leave means leave ». Mais l’Allemagne ne l’entend pas de cette oreille et il n’y aura aucune unanimité, sauf de façade.

Le plus vraisemblable, au terme d’une période de tensions, dont l’issue ne sera pas tant déterminée par les opinions publiques que par les fluctuations des marchés financiers, c’est que nous aboutirons à la fabrication d’une nouvelle géométrie du système des états européens, dans lequel l’appartenance formelle à l’Union Européenne sera toujours compensée par d’autres structures, la zone euro, mais aussi l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le système de sécurité aux frontières qui succédera à Schengen et une zone de libre échange à définir en fonction des rapports de force économiques. De ce point de vue aussi la comparaison entre le Grexit et le Brexit peut s’avérer instructive. La faiblesse de la Grèce, abandonnée par tous ceux qui, logiquement, auraient dû soutenir ses revendications, a mené à un régime d’exclusion intérieure.

La force relative du Royaume-Uni, qui peut compter sur de solides appuis dans l’Union Européenne, conduira sans doute à une forme accentuée d’inclusion extérieure. Est-ce à dire qu’aucun tournant ne vient d’être pris ?

Evidemment non, examinons brièvement le côté anglais et le côté européen, avant de dire pourquoi ils ne sont pas séparables, mais représentent les deux côtés d’une même médaille.

Il est évident que l’histoire particulière de la Grande-Bretagne, son passé impérial et son histoire sociale faite de renversements brutaux, doivent être pris en compte pour expliquer l’émergence d’un sentiment anti européen hégémonique. Les analyses qui nous sont proposées montrent que celui-ci recouvre une extraordinaire diversité de mobiles, répartis selon des facteurs de classe, de génération, de nationalité et d’ethnicité.

Potentiellement, ils sont contradictoires entre eux et c’est cette contradiction que recouvre le discours souverainiste qui a été manipulé par les partisans du Brexit. Nous devons donc nous poser la question de savoir pendant combien de temps il sera en mesure de masquer le fait que, tout particulièrement, les ravages économiques et sociaux dont sont aujourd’hui victimes une proportion croissante des nouveaux pauvres du Royaume Uni sont dus aux effets cumulés des politiques néo libérales que l’Union Européenne n’a pas imposées seule à la Grande-Bretagne, puisque celle-ci en a été au contraire, dès l’époque de Margaret Thatcher, puis celle de Tony Blair, un des plus actifs soutiens pour l’Europe entière. Par lui-même, le Brexit, quelles qu’en soient ses modalités, n’apportera aucun correctif à cette situation. Sauf si, évidemment, une politique alternative devenait majoritaire. Mais il faudrait pour cela, et ce n’est pas le moindre paradoxe de la situation, qu’elle ait sa contrepartie sur le continent, car la loi de la concurrence entre les territoires va s’imposer plus que jamais.

Ce qui nous mène au côté européen. Toutes spécificités dûment prises en compte, aucun des problèmes qui frappent le Royaume-Uni n’est absent des nations européennes. C’est ce qu’il y a de vrai dans la propagande populiste du ni droite ni gauche qui se déchaîne maintenant dans toute l’Union Européenne, réclamant des référendums sur le modèle anglais.

Déjà en 2005, le chancelier Helmut Schmidt avait observé que, sauf exception, des consultations sur le modèle français et néerlandais auraient donné partout des résultats négatifs. La crise de légitimité, le retour du nationalisme et la tendance à projeter le malaise social et culturel sur un ennemi de l’intérieur ciblé par des partis xénophobes et islamophobes, se sont développés partout. La crise grecque a été utilisée par des gouvernements acquis à l’austérité sociale pour faire de la dette publique le fantasme des contribuables. La crise des réfugiés a été amalgamée avec les questions de sécurité. En clair, ce qui se manifeste outre-Manche comme séparatisme se traduit partout en Europe comme tendance à l’éclatement des sociétés et à l’aggravation de leurs fractures internes et externes.

Disons mieux, nous avons franchi un seuil dans le processus de désagrégation de la construction européenne, non pas à cause du vote britannique, mais en raison de ce qu’il révèle de tendances à la polarisation de l’ensemble européen et de crise politique, qui est aussi morale. Non seulement, comme je l’ai écrit, nous sommes dans un inter règne, mais nous assistons à un processus destituant qui, pour l’instant, n’a pas de contrepartie constituante.

Sommes nous impuissants, c’est toute la question. A court terme, je suis très pessimiste, parce que les discours de refondation de l’Europe sont entre les mains d’une classe politique et technocratique qui n’envisage aucune transformation des orientations qui lui assurent la bienveillance du pouvoir occulte, celui des marchés financiers, et ne veut pas réformer en profondeur le système de pouvoir dont elle tire son monopole de représentation. Et par voie de conséquence, la fonction de contestation est assumée par des partis et des idéologues qui tendent à détruire les liens entre les peuples, ou plus généralement les résidents, européens. Il faudra une très longue marche pour que se conjuguent et se précisent aux yeux d’une majorité de citoyens, à travers les frontières, l’étroite interdépendance entre souveraineté partagée, démocratie transnationale, alter mondialisation, codéveloppement des régions et des nations et traduction entre les cultures. Nous n’en sommes pas là et le temps court. Raison de plus, si nous croyons à l’Europe, pour en poursuivre l’explication sans relâche.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 18:53

Aucune motion de censure déposée, la loi travail adoptée (Reuters)

Le projet de loi travail a été adopté Mercredi 6 Juillet 2016 en nouvelle lecture par l’assemblée nationale, les opposants de gauche ayant échoué à réunir le nombre de députés nécessaires pour déposer une motion de censure du gouvernement de Manuel Valls.

Faute d'une majorité assurée, le premier ministre avait une nouvelle fois engagé Mardi 5 Juillet 2016 la responsabilité de son gouvernement en vertu du quarante neuvième article de la constitution.

Les opposants à la réforme disposaient d'un délai de vingt quatre heures pour déposer une motion de censure. L'opposition de droite, contrairement à ce qu'elle avait fait lors de la première lecture du texte au mois de mai 2016, a décidé de ne pas en déposer cette fois-ci.

Quant à la gauche de la gauche, qui rassemble le Front De Gauche (FDG), des écologistes, des frondeurs socialistes et quelques divers gauche, elle n'a pu rassembler les cinquante huit signatures de députés nécessaires pour pouvoir déposer une motion de censure progressiste.

Seuls cinquante six députés ont apporté cette fois-ci leur paraphe à cette motion, comme au mois de mai 2016 lors de la première lecture du projet de loi présenté par Myriam el Khomri, la ministre du travail.

« Une nouvelle fois, nous nous sommes battus contre le cynisme, les pressions et la loi travail, cinquante six députés de toute la gauche nous ont accompagnés dans cette démarche », a dit le chef de fil des frondeurs socialistes, Christian Paul.

Dans un communiqué, le FDG regrette « que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché par le gouvernement envers le peuple et ses représentants ».

Recours devant le conseil constitutionnel

Les députés du FDG, poursuit le communiqué, « utiliseront tous les moyens institutionnels pour obtenir le retrait de ce texte, comme le recours au conseil constitutionnel, et en appellent à la poursuite de la mobilisation, sans laquelle rien n’est possible ».

Plusieurs frondeurs ont refusé cette fois de tenter de censurer le gouvernement. L'approche, dans neuf mois, des élections présidentielles et des élections législatives en a, semble-t-il, dissuadé plusieurs.

La direction du Parti Socialiste avait averti que les signataires d'une motion de censure votée seraient exclus du parti et ne pourraient donc pas obtenir leur investiture.

Les dix députés écologistes proches de Cécile Duflot ont signé cette motion de même que les dix députés du FDG et trois apparentés ultra marins. Une dizaine de députés divers gauches non-inscrits, pour la plupart des anciens députés du Parti Socialiste, l'ont également voté, ainsi qu'une vingtaine de députés socialistes.

Aucune motion de censure n'ayant été déposée dans le délai imparti, le projet de loi est considéré comme adopté et sera transmis au sénat.

La haute assemblée l'examinera le Mercredi 13 Juillet 2016 en commission des lois et le Lundi 18 Juillet 2016 en séance publique. La majorité de droite déposera et fera voter une motion de procédure qui abrégera l'examen du texte et entraînera son rejet.

L’assemblée nationale procédera le Mercredi 20 Juillet 2016 à la lecture définitive du texte. A quelques heures de la pause estivale, le projet de loi devrait être voté par une poignée de députés encore présents dans l'hémicycle, sans quarante neuvième article de la constitution et donc sans motion de censure.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 19:57

http://www.liberation.fr/france/2016/07/01/monsieur-macron-il-est-temps-de-demissionner_1463486

Emmanuel Macron, il est temps de démissionner

Par Grégoire Biseau

Editorial du quotidien Libération

Vendredi Premier Juillet 2016

Cher Emmanuel Macron, c'est l’heure. L’heure de choisir. L’heure de mettre en adéquation vos paroles avec vos actes et votre ambition avec votre emploi du temps. Car, à continuer ce jeu de la petite phrase pleine de sous-entendus, perfide et provocatrice, vous êtes en train de vous abîmer. A continuer cet entre-deux, un pied dans le gouvernement, un autre dehors, vous ne rendez service à personne, ni à vos proches, ni à vos idées, ni à François Hollande, dont vous nous assurez pourtant qu’il est encore votre candidat pour les élections présidentielles de 2017.

Bref, il est l’heure de faire preuve d’un peu de courage. Car la politique, quoi qu’en disent ses détracteurs, c’est se battre pour des idées en acceptant le risque de tout perdre. Vous nous répétez à l’envie que vous voulez inventer autre chose. Qu’il est urgent de repenser notre façon de faire et de vivre de la politique, qu’il faut casser les codes et les vieux clivages et qu'il faut ouvrir grandes les fenêtres. Vous avez raison. Mais alors, ne devriez-vous pas cesser votre étrange posture ? Ne faudrait-il pas choisir entre parler clair ou vous taire ? Vous jeter dans le grand bain ou rentrer dans votre ministère ?

Lundi 27 Juin 2016, vous parliez devant un petit collectif organisant des débats entre politiques et usagers de Twitter. Evoquant François Hollande vous déclariez que « les gens qui me suivent ne se reconnaissent bien souvent plus dans l’action du président ». Et d’ajouter sur votre mouvement, En Marche, « si cela prend et si cela correspond à ce dont le pays a besoin, alors les choses peuvent advenir ». Quatre jours plus tard, vous confiez à une journaliste du Figaro que les élections primaires, que François Hollande vient d’accepter, « c’est la preuve du faible leadership de chaque côté ». La politique, « on nous donne les mêmes pilules depuis trente-cinq ans et personne ne les prend. Nous en avons encore la preuve aujourd’hui ». A vous lire, il ne fait donc plus aucun doute que François Hollande n’est plus l’homme de la situation et que la politique qu’il mène n’est pas à la hauteur de vos espérances.

D’ailleurs si c’était le cas, vous seriez le premier à défendre le « cela va mieux » du président de la république. Le premier des ministres à se ruer sur chaque bonne nouvelle statistique, vous conviendrez que, depuis quelques semaines, vous auriez eu maintes fois l’occasion de vous illustrer, hausse de la croissance, baisse du chômage, réduction des déficits et rétablissement des marges des entreprises. Encore dans le Figaro, vous nous dites que « le 6 avril 2016, quand j’ai lancé En Marche, je sais que j’ai fait un choix radical. Et je sais que si j’échoue, le système m’expulsera ». Sans vouloir vous contredire, vous n’avez fait aucun « choix radical », vous donnez au contraire l’impression de vouloir le confort d’un ministère et la liberté de parole d’un frondeur, à la façon d’un Arnaud Montebourg. Dans une entreprise privée, il y a bien longtemps que vous auriez pris la porte pour insubordination et abandon de poste. Alors, si vous avez un peu de suite dans les idées, et vous en avez, laissez passer quelques jours après cet éditorial, il n’est jamais bon de donner l’impression de réagir à la presse, et, avant votre grand meeting du Mardi 12 Juillet 2016, démissionnez.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 19:40

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/300616/referendums-jamais-deux-sans-trois

Référendums, jamais deux sans trois

Jeudi 30 Juin 2016

Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, et Christian Hutin, député du Nord, ont été les initiateurs il y a plusieurs semaines d’un appel à référendum sur la loi travail. Reçus par François Hollande Vendredi Premier Juillet 2016 à l’Elysée, ils exposent les raisons qui plaident pour un arbitrage par le peuple sur ce projet.

La Grande-Bretagne a voté Jeudi 23 Juin 2016. La Loire-Atlantique a voté Dimanche 26 Juin 2016. Et si la France, à son tour, votait dans un futur très proche ? Un vote qui permette de trancher la grande question de ce printemps, la loi travail. Cette piste nous l’avons évoqué pour la première fois quand la situation était particulièrement tendue dans la rue. Notre appel n’a pas été entendu jusqu’à présent, mais il n’est pas trop tard pour que l’exécutif prenne un peu de recul.

Un projet de loi en panne de légitimité

Nous sommes opposés à la loi travail mais nous proposons une sortie de crise par le haut, qui est dans l’intérêt même du président de la république. On pourrait lui préférer un retrait pur et simple mais ce serait une défaite pour l'exécutif qui signerait l'échec total de cette opération politique. Ce projet de loi, imaginé l'an dernier mais reporté à cette année après le passage en force de la loi d'Emmanuel Macron, ne répond à aucune nécessité. Ce projet est une mise en scène de la volonté réformatrice de l'exécutif pour rassurer Bruxelles et les surveillants généraux de l’Europe disciplinaire. Pour compenser l'échec de la stratégie française de redressement des finances publiques, les trois pour cent de déficit sont en effet renvoyés à 202O, l'exécutif a dû rassurer sur sa volonté et sa capacité réformatrice en proposant une troisième loi travail en rupture avec les deux précédentes, la loi de Michel Sapin en 2013 et la loi de François Rebsamen en 2014, absence de dialogue social, inversion de la hiérarchie des normes et facilitation des licenciements. Logiquement cette loi a été radicalement contestée par des millions de manifestants au cours des nombreuses manifestations organisées par l’intersyndicale. La situation politique s’est dégradé quand le gouvernement a constaté qu’il n’avait aucune majorité à l'assemblée nationale, ni sa majorité de gauche originelle ni une majorité de rechange au centre, et qu’il a déclenché le quarante neuvième article de la constitution avant même l’examen du premier article. Comment prétendre légiférer dans de telles conditions ? Les sénateurs de droite ont permis à l’exécutif de jouer à « au secours, la droite revient » mais la manœuvre ne trompe personne. L'annonce d'une primaire autour du Parti Socialiste a donné un gage de démocratie à quelques députés socialistes, mais l’effet a été immédiatement annulé par la tentative d'interdiction des manifestations. Il n'est pas raisonnable de légiférer dans ces conditions.

La référendum comme sortie de crise par le haut

Plutôt qu'un nouveau recours au quarante neuvième article de la constitution, nous proposons d'utiliser le onzième article de la constitution, celui qui permet les référendums législatifs, y compris depuis 1995 sur des questions économiques et sociales. Dans une crise de légitimité, la solution la plus juste doit être de rendre la parole au peuple. Il n'y a que deux façons, la dissolution qui ne serait qu’une manœuvre politicienne à moins d'un an de la fin du mandat et le référendum législatif. Faire trancher cette question par le peuple serait une option gagnante pour l'exécutif. Non que le succès soit assuré, loin de là. Aujourd'hui l'opinion exprimée par voie de sondages n'est pas favorable au projet de loi mais le choix courageux de la clarté serait mis au crédit du président de la république. C’est cette capacité décisive d’arbitrage qu’on attend d’un chef de l'état. Le référendum constituerait une sortie par le haut de cette crise de six mois.

Une république adulte, des citoyens au centre

Les peuples sont adultes et l'usage du référendum doit être dédramatisé. Le changement de ligne politique opéré en 2012 et en 2013 et aggravé tous les ans a progressivement creusé un fossé au sein de la gauche. Les référendums n'ont pas bonne presse. La critique usée du populisme vient de s'abattre sur les libres électeurs britanniques qui ont choisi.

« Trop vieux », « pas assez métropolitaines » et « trop pauvres », de ce côté-ci de la Manche, nous aurons tout entendu sur les électeurs du Brexit. En Loire-Atlantique, nous avons vu la critique habituelle en légitimité, mauvais périmètre et mauvais calendrier, tout est prétexte aux incorrigibles gauchistes pour refuser de se sentir liés par un quelconque vote majoritaire.

Ce déferlement de critiques sur les deux référendums nous conforte au contraire dans notre conviction que le recours au référendum législatif est la solution. Au-delà du projet de loi travail, il faudra s'habituer à demander directement leur avis aux gens, plus souvent, de manière moins dramatique et plus tôt et sans attendre les situations de crise.

Libérons le référendum de son originaire bonapartiste pour en faire l’instrument d’une république adulte dont les citoyens occupent réellement le centre et pas épisodiquement la place de la République à Paris.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 19:20

http://www.viome.org/p/francais.html

https://www.unitepopulaire-fr.org/2016/07/03/la-police-grecque-sen-prend-a-la-caravane-de-lutte-et-de-solidarite-de-viome

http://www.autogestion.asso.fr/?p=6190

La police s’en prend à la « caravane de lutte et de solidarité » de Viome après une rencontre sans résultat avec le vice-ministre du travail

Lundi 4 Juillet 2016

Les travailleurs de l’usine occupée et autogérée Viome de Thessalonique et de Roben à Veria, avec des sympathisants venant de toute la Grèce, ont commencé leur « caravane de lutte et de solidarité » vers Athènes, Jeudi 30 Juin 2016 dans l’après-midi, pour protester contre l’inaction du gouvernement et sa mauvaise volonté de légaliser le fonctionnement des deux entreprises récupérées.

Cette mobilisation coïncide avec la fin d’un moratoire de six mois du processus de mise aux enchères des locaux de Viome, un moratoire qui avait été obtenu après une action déterminée des travailleurs qui ont physiquement bloqué au mois de décembre 2015 la mise aux enchères.

En dépit des promesses, le gouvernement, dirigé par le soit-disant parti de gauche SYRIZA qui s’était déclaré soutien de la lutte de Viome lorsqu’il était dans l’opposition, pratique non seulement la politique de l’autruche à l’égard des demandes des travailleurs, mais s’en prend à eux sans raison alors qu’ils installaient des tentes face au ministère du travail pour exiger que leurs demandes soient satisfaites.

Un comité formé de délégués des deux usines et de leurs sympathisants provenant des mouvements sociaux a rencontré le vice-ministre du travail Vendredi Premier Juillet 2016 à 13 heures 30 et il a réaffirmé ses demandes d’annulation immédiate et définitive du processus de liquidation de Viome, la garantie d’une fourniture en eau et électricité des usines et la légalisation de leur fonctionnement sous le contrôle des travailleurs. Le vice-ministre s’est une fois de plus vaguement déclaré solidaire de la lutte tout en confirmant que le processus de liquidation pourrait reprendre immédiatement. En retour, les travailleurs ont fait connaître leur intention de camper à l’extérieur du ministère du travail jusqu’à ce qu’ils aient une réponse définitive de sa part.

Moins de dix minutes avant la fin de la réunion, alors que les travailleurs et sympathisants déballaient leurs tentes, trois sections anti-émeute de la police les ont attaqués sans sommation, frappant les manifestants et utilisant contre eux des gaz lacrymogènes. Deux manifestants ont été arrêtés dont un journaliste indépendant qui couvrait la manifestation avec sa caméra, en dépit de la mention claire qu’il faisait de son statut professionnel.

Plusieurs manifestants ont reçu des coups et souffrent de coupures. Certains d’entre eux ont dû être amenés à l’hôpital pour recevoir des soins, notamment des points de suture.

Une autre évidence de la brutalité policière, la police anti-émeute encercle les manifestants et les frappent arbitrairement et sans raison. Le gouvernement est responsable de cet assaut et répond par la violence à ceux qui se battent pour la dignité.

De même, une autre vidéo de l’assaut, qui se termine par l’arrestation du journaliste, filmée par le journaliste lui-même. Il est évident qu’à ce moment, il ne commettait aucun délit et qu’il était visé par la police afin de censurer tout compte-rendu de cet événement. On l’entend crier au milieu de cette vidéo « je suis un reporter » face au policier impassible qui le tirait vers le camion de police.

Après des moments de tension, la police anti-émeute a quitté l’endroit et les manifestants se sont retrouvés. Les personnes arrêtées ont été relâchées sans inculpation. Finalement, les tentes ont été installées et une grande assemblée a été convoquée. Les travailleurs et les soutiens ont dénoncé cette lâche attaque qui rappelait aux médias les plus mauvais jours de la répression des protestations anti-austérité.

Les manifestants blessés sont revenus des hôpitaux afin de participer à l’assemblée. Celle-ci a décidé de maintenir le camp de protestation, de le renforcer par plus de bénévoles et de multiplier les actions de protestation malgré la répression du gouvernement.

Les usines appartiennent à la société et à ceux qui y travaillent. Les travailleurs en ont assez des promesses vaines et de l’attitude ambiguë du gouvernement. Les travailleurs de Viome et de Roben restent à Athènes et ils camperont devant le ministère du travail jusqu’à ce que leurs demandes soient satisfaites.

Les travailleurs ne demandent pas de privilèges exorbitants. Ils demandent simplement que le gouvernement arrête de se mettre au service des puissants et respecte ce qui a été gagné par quatre ans de lutte. Ils demandent que les obstacles à une véritable autogestion des besoins sociaux de la société soient levés. S’ils ne peuvent le faire, nous, nous le pouvons.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 18:45

AUTONOMES ET REFORMISTES

Vous trouverez ci-dessous la troisième et dernière partie du message de Juan Chingo et d’Emmanuel Barot en réponse à Julien Coupat.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.revolutionpermanente.fr à l’adresse ci-dessous.

http://www.revolutionpermanente.fr/L-antipolitique-autonome-et-ses-illusions

Autonomes et réformistes, l’inlassable répétition d’un même cercle vicieux

Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’université de Montréal et notamment directeur d’un ouvrage très instructif publié en 2013, « à qui la rue, répression policière et mouvements sociaux », rappelle dans son livre de 2003, « les blacks blocs », que les courants autonomes s’inscrivent dans la tradition de l’anarchisme et de l’action directe, entendue comme réponse pouvant prendre de multiples formes, soit défensives, soit offensives, pouvant aller du simple sabotage jusqu’à la lutte par les armes, contre la violence sans bornes du capitalisme et de son état. Francis Dupuis-Déri rappelle cependant que l’anarchisme n’est pas homogène sur cette question de la contre-violence politique, des conditions dans lesquelles elle est légitime et utile, et son analyse des blacks blocs met en lumière la même diversité. A quoi il faut ajouter, élément absent du livre, que ces courants autonomes se diversifient aussi selon qu’ils ont hérité ou non de la tradition de l’autonomie ouvrière, laquelle cherchait à combiner radicalité de l’action directe avec des mobilisations larges des prolétaires, que ce soit les grèves et occupations d’usines, à l’image de l’automne chaud à la Fiat Mirafiori de Turin en 1969, ou les actions de rue, en rupture avec les bureaucraties syndicales. Ce n’est pas cette tradition là qui nous occupe présentement.

Ce qui est surtout instructif ici, Francis Dupuis-Déri le rappelle à de nombreuses reprises, est que la tactique des blacks blocs a pour terreau leur condamnation de la collaboration des réformistes et des bureaucrates avec le pouvoir, « c’est précisément parce qu’ils réduisent en grande partie l’efficacité du mouvement altermondialiste à sa capacité éventuelle de permettre à des représentants du mouvement de participer aux processus officiels de prise de décision au sein des institutions gérant la mondialisation économique que des dirigeants d’organisations sont enclins à condamner les blacks blocs », et bien sûr, réciproquement, c’est pour la même raison que ceux-ci condamnent ceux-là et optent pour leurs options radicales, se vivant « dans un contexte qui n’est pas révolutionnaire, comme les veilleurs qui guettent l’arrivée d’un nouveau monde mais qui, en attenant, jouent des coudes dans le monde actuel pour dégager plus d’espace de liberté, d’égalité et de justice ».

Dans la rue, il est classique que les blacks blocs refusent de s’associer à des services d’ordres qui pactisent avec la police, ceux-ci les qualifiant en retour de voyous et de casseurs, et réciproquement, et les échauffourées ponctuelles sont tout à fait inévitables. Comme le rappelle Isabelle Sommier dans une interview tout à fait instructive, « l’hostilité est intrinsèque entre les syndicats et ce qu’ils appellent les casseurs, les gauchistes dans les années 1968 et les autonomes à la fin des années 1970. Des affrontements violents ont eu lieu avec le service d’ordre de la Confédération Générale du Travail (CGT) lors de la manifestation des sidérurgistes du 23 mars 1979, les autonomes étant même accusés d’être manipulés par la police, on retrouvera cette dénonciation en 2006. Leurs représentations et leurs usages de la manifestation sont diamétralement opposés, la manifestation s’est progressivement distinguée de l’émeute par son organisation et sa pacification à partir de la fin du dix neuvième siècle, dont les services d’ordre syndicaux se veulent garants. Pour l’ultra gauche en revanche, elle doit être l’occasion d’exprimer, librement et sans contrainte, sa colère et sa révolte. De façon significative par exemple, à l’occasion de la manifestation du 17 mars 2016, le Mouvement Inter Lycéen Indépendant (MILI) en appelait à une émeute dans Paris ».

Ce qui est frappant dans le livre de Francis Dupuis-Déri, c’est le fait qu’à aucun moment il ne confronte la stratégie autonome, pourtant abondamment mise en opposition avec le réformisme et le bureaucratisme syndical, avec la stratégie marxiste révolutionnaire, à peine évoquée indirectement dans une note expéditive. Cette absence n’est pas seulement une faiblesse énorme, c’est surtout le reflet d’une réalité, concrètement, les vingt dernières années, le mouvement anti guerre, le mouvement altermondialiste et le mouvement des indignés, n’ont pas vu l’émergence, dans la lutte des classes, d’une politique révolutionnaire capable d’apparaître comme une alternative claire et conséquente jusqu’au bout face aux réformistes. De fait, la mobilisation contre la loi travail n’a pas fait exception à cette situation de crise des forces révolutionnaires et le poids conjoncturel qu’a pris l’antipolitique autonome ce printemps n’est en ce sens que le reflet et la contrepartie de l’inexistence à échelle de masse d’une telle troisième voie capable de concilier radicalité et massification par l’auto-organisation, pensée à l’aune d’une hypothèse stratégique tournée vers la révolution et non conciliatrice avec les bureaucrates. Le défi est sans conteste de faire émerger cette voie, si nous voulons réellement arriver à destituer quelque chose.

Quand l’exaltation retombera

Il est évident que faire émerger cette voie interdit, d’autre part, de repousser aux calendes grecques le processus de rupture subjective avec l’ensemble des traces du système en nous, l’individualisme et l’égoïsme profond, bien sûr, mais aussi tout ce par quoi nous reproduisons, même parfois sans le vouloir, ce que nous avons en haine, comportements paternalistes et sexistes, racistes même, pourquoi pas. Et à l’échelle collective, à un certain nombre d’égards, il est évident que la forme et le contenu de la lutte que nous menons aujourd’hui préfigurent la forme et le contenu, si nous sommes victorieux, de ce que nous instituerons demain. Mais peut-on croire réellement s’affranchir totalement, ici et maintenant ou presque, de ce qui existe ici et maintenant ? La fraternité de combat et son « tissu humain riche » d’aujourd’hui préfigurent la fraternité d’une société libre, sans classes et sans état organisée rationnellement par les producteurs associés, le communisme. Toute l’histoire de la solidarité ouvrière en est porteuse.

Mais nous n’exercerons jamais notre liberté, individuellement comme collectivement, dans une société répressive, sans porter les stigmates de cette dernière et tous les cadres et les organisations dont nous pouvons nous doter pour mener la lutte, au sein d’un mouvement de lutte conjoncturel, ou dans la durée, ne peuvent échapper à ces limites.

N’importe quelle organisation peut dégénérer, se bureaucratiser et développer toutes sortes de pathologies, et l’histoire du mouvement ouvrier est jonché de ces dégénérescences, toutes liées de près ou de loin, quelles que soient les formes prises, à l’abandon du projet révolutionnaire entendu comme projet d’auto émancipation historique de l’humanité exploitée et opprimée, le stalinisme ayant été jusqu’ici la pire de toutes.

Mais nous ne luttons pas correctement contre un risque de cette nature en refusant de l’affronter. La principale arme contre la bureaucratisation et la manipulation, c’est justement l’auto-organisation et l’ensemble des formes de démocratie révolutionnaire qu’elle peut recouvrir et qu’il y à reconstruire aujourd’hui. Quant aux idées d’organisation ou de parti révolutionnaire, rien d’étonnant à ce qu’elles aient suscité tant de désaffection depuis plusieurs décennies, les casseroles historiques qu’elles ont aux fesses sont encore bien lourdes et bruyantes. Mais ériger en vérité éternelle une réalité historique spécifique, dire par exemple que la forme parti serait en soi porteuse d’autoritarisme et serait un obstacle à la liberté individuelle de penser, n’a jamais été, sinon dans la pensée bourgeoise, une méthode sérieuse d’analyse et de règlement des problèmes, celle-ci, en dernière instance, renvoyant à la question de la stratégie à formuler et armer contre l’adversaire.

Léon Trotsky liait ces questions de la façon suivante, « un parti est un organisme actif. Il se développe au cours d’une lutte contre des obstacles extérieurs et des contradictions internes. La décomposition maligne de la deuxième et de la troisième internationale, dans les sévères conditions de l’époque impérialiste, crée pour la quatrième internationale des difficultés sans précédent dans l’histoire. Nous ne pouvons les surmonter par une quelconque formule magique. Le régime d’un parti ne tombe pas tout cuit du ciel, mais se constitue progressivement au cours de la lutte. Une ligne politique prime sur le régime. Il faut d’abord définir correctement les problèmes stratégiques et les méthodes tactiques afin de pouvoir les résoudre. Les formes d’organisation devraient correspondre à la stratégie et à la tactique. Seule une politique juste peut garantir un régime sain dans le parti ».

L’antipolitique autonome ne propose pas de stratégie, elle brandit une vision étroite et confortable de ce que s’organiser veut dire et elle compense en exaltant de façon populiste un type de subjectivité et de modalité d’engagement tout à fait séduisante sur le papier ou conjoncturellement, mais aux antipodes de l’endurance, de la profondeur et de la lucidité requise. Beaucoup se retrouveront bientôt orphelins de perspectives lorsque l’heure ne sera plus à l’exaltation des têtes de manifestations aux audaces ponctuelles et qu’ils seront lassés de ces sympathiques rencontres sans lendemain politique. Pourtant la lutte de classe en France vient d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire et la période qui s’ouvre va être très vraisemblablement propice à un degré de conflictualité sociale comme nous ne l’avons pas connu depuis longtemps. La capacité d’agir politiquement dans ces nouvelles coordonnées, d’une façon qui fasse la différence, dépendra beaucoup de notre capacité à comprendre combien, et jusqu’où, les questions de stratégie, d’organisation et de subjectivité révolutionnaire sont organiquement liées.

En particulier, une morale révolutionnaire concrète pour des temps réactionnaires ne pourra pas sauter par-dessus l’histoire, son accomplissement effectif, dans les luttes et leurs cadres et dans les organisations, partout, l’exige en réalité à l’échelle de toute la société.

Rompre vraiment avec la morale, autant qu’avec les chiens de garde de la bourgeoisie, suppose d’abattre la société bourgeoise. Ce qui nous ramène à nos tâches immédiates, batailler conjointement sur les terrains stratégiques, tactiques, organisationnels et subjectifs, dans le sens des fins que nous choisissons, pour passer méthodiquement, en assumant les difficultés au lieu de les éviter, et pas illusoirement, du rêve à la réalité. Il faut du courage pour s’affronter aux forces de répression et les autonomes n’en manquent pas. Mais il en faut encore bien plus, au-delà, pour s’affronter scientifiquement à ce dont elles sont le bras armé. Tel est la substance du marxisme révolutionnaire porté depuis, au moins, le manifeste du parti communiste et la révolution de 1848. Julien Coupat termine son interview en citant une phrase latine que Karl Marx, « l’autre », comme il dit, reprenait à Friedrich Hegel au début du dix huit brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, « hic rhodus, hic salta », qui sur le fond veut essentiellement dire que « c’est le moment de montrer ce dont tu es capable ». Citer Karl Marx, c’est bien, d’ailleurs même Jacques Attali et le Wall Street Journal le font. Mais le relire sérieusement serait encore mieux.

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