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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 20:24

Le ministre turc de l'intérieur démissionne (Reuters)

Le ministre turc de l'intérieur, Efkan Ala, a renoncé à ses fonctions, a annoncé Mercredi 31 Août 2016 le chef du gouvernement, Binali Yildirim, après une série d'attentats imputés aux djihadistes de l'Etat Islamique et aux séparatistes kurdes.

Il sera remplacé par le ministre du travail, Suleyman Soylu, ajoute-t-il dans un communiqué lu à la télévision.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 20:10

Le parlement espagnol refuse sa confiance à Mariano Rajoy (Reuters)

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol sortant, n'est pas parvenu Mercredi 31 Août 2016 à obtenir la confiance du parlement espagnol.

Il a recueilli les suffrages de cent soixante dix des trois cent cinquante députés, soit six voix de moins que la majorité.

Le Parti Populaire, dont il est issu, et les centristes de Ciudadanos se sont prononcés en sa faveur, tout comme les élus d'un petit parti des îles Canaries, alors que les députés du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), les membres de l'alliance anti-austérité Unidos Podemos et les partis basques et catalans ont voté contre.

Un deuxième vote doit avoir lieu Vendredi 2 Septembre 2016. Les députés pourront alors s'abstenir et il suffira à Mariano Rajoy d'obtenir plus de votes en sa faveur qu'en sa défaveur pour être reconduit et former un nouveau gouvernement.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 19:52

Le sénat brésilien destitue Dilma Rousseff (Reuters)

Le sénat brésilien a voté Mercredi 31 Août 2016 en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, qui est ainsi démise de ses fonctions.

Son avocat José Eduardo Cardozo a toutefois annoncé qu'elle ferait appel de ce jugement devant la cour suprême.

Après six jours de procès, les sénateurs, qui se sont prononcés par soixante et une voix pour la destitution et vingt voix contre la destitution, ont jugé Dilma Rousseff coupable d'avoir violé les règles budgétaires. Il fallait une majorité des deux-tiers, soit cinquante quatre voix, pour que la destitution soit effective.

Les élus se sont en revanche prononcés contre l'interdiction d'exercer pendant huit ans dans la fonction publique.

Le vice-président Michel Temer, qui assure l'intérim à la tête de l’état brésilien depuis la suspension de Dilma Rousseff au mois de mai 2016, va terminer son mandat, qui s'achève en 2018. Il doit prêter serment Mercredi 31 Août 2016 à 19 heures GMT.

Accusée d'avoir engagé des dépenses sans l'approbation du congrès et d'avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne de 2014, Dilma Rousseff nie toute malversation et dénonce une conspiration visant à préserver les intérêts des plus riches.

Elle a comparé Lundi 29 Août 2016 les sénateurs aux officiers de la junte militaire qui l'ont jugée dans les années 1970 à visage masqué.

Pour ses détracteurs, sa destitution marque la fin d'une longue crise politique, à laquelle s'ajoutent une crise économique sans précédent depuis plusieurs générations et le vaste scandale de corruption autour de compagnie pétrolière publique Petrobras.

A Brasilia, l'événement a donné lieu à un concert de klaxons et des feux d'artifice ont été tirés dans le ciel de Sao Paulo.

Michel Temer s'est engagé à relancer une croissance en déclin depuis un an et demi et à combler le déficit budgétaire record à coup de mesures d'austérité.

Il va toutefois se heurter à l'hostilité du Parti des Travailleurs qui a appelé ses partisans à manifester.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 19:30

http://www.liberation.fr/planete/2016/08/28/chios-la-situation-sur-l-ile-est-explosive_1475147

La situation sur l’île de Chios est explosive

Par Fabien Perrier, envoyé spécial de Libération sur l’île de Chios

Dimanche 28 Août 2016

Proche des côtes turques, le petit territoire grec voit de nouveau affluer nombre de syriens fuyant la guerre depuis qu’Ankara ne bloque plus les passages, après le coup d’état raté.

Un « gros ras-le-bol », voilà ce qu’ont ressenti Daniel Rivas et Miguel Vallet, deux bénévoles basques de l’association Zaporeak en voulant ouvrir les portes de la cuisine où ils préparent à manger pour les réfugiés sur l’île de Chios. Pour la deuxième fois en une semaine, les serrures ont été bouchées par de la colle. Un acte de vandalisme de plus, une nuit précédente, un intrus a renversé les préparations et les réserves de la cuisine basque. Les bénévoles ont systématiquement retroussé leurs manches et ils ont tout nettoyé. Ils ont finalement servi mille quatre cent repas à ceux qui sont bloqués sur la cinquième plus grande île de Grèce.

En 2015, ce caillou en mer Egée, sur lequel sont passés un peu plus de cent vingt mille réfugiés, faisait pourtant figure de modèle. Malgré la crise en Grèce, où plus de vingt cinq pour cent de la population est au chômage, les habitants de l’île de Chios ont généreusement accueilli ceux qui débarquaient sur les côtes depuis la Turquie, en face, à seulement sept kilomètres. Mais, aujourd’hui, une partie des cinquante et un mille citoyens s’inquiète, les arrivées sur des rafiots de fortune ont repris de plus belle depuis le coup d’état raté en Turquie, le Vendredi 15 Juillet 2016. La première semaine d’août, trois cent dix huit réfugiés ont échoué à Chios, quand ils n’étaient que deux cent quarante neuf sur tout le mois de juillet 2016, ce qui amplifie les tensions. « Nous sommes à une période charnière en ce qui concerne l’opinion », confirme à Libération Manolis Vournous, le maire de Chios, capitale de l’île du même nom. « Depuis trop longtemps, migrants et réfugiés sont ici, sans infrastructure satisfaisante pour les accueillir et sans personnel suffisant pour enregistrer les demandes d’asile », explique l’élu.

Les camps débordent

Avant la signature de l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie, le 18 mars 2016, tous les migrants pouvaient effectuer les démarches sur l’ensemble du territoire grec, sur lequel ils étaient libres d’aller et venir.

Ceux arrivés après le 20 mars 2016, censés être renvoyés en Turquie, se retrouvent bloqués sur l’île, sans liberté de circulation, faute de fonctionnaires turcs, rappelés par Ankara. Les réfugiés, essentiellement syriens, ont désormais la possibilité de demander une relocalisation dans un autre pays européen sans pouvoir le choisir. C’est au service d’asile grec, soutenu par l’EASO, celui de l’Union Européenne, que revient l’enregistrement, première étape de cette procédure. Mais l’EASO a tardé à arriver, soulignent tous les humanitaires présents à Chios. Les autorités n’ont donc pas pu enregistrer assez rapidement les demandeurs d’asile, qui attendent sur une île devenue prison à ciel ouvert. Conséquence, « les camps débordent », selon le premier édile. Chios compte ainsi trois mille cent quinze réfugiés selon le gouvernement grec alors que Vial, le centre d’enregistrement et de tri des migrants, ne dispose que de mille cent places d’accueil.

Ce centre d’enregistrement de Vial est planté à Chalkeio, à dix kilomètres de la capitale. Dans les hangars désaffectés d’une ancienne usine, des préfabriqués servent de bureaux à l’armée, à la police, à FRONTEX, la police européenne des frontières, aux services d’asile grec et de l’Union Européenne et à quelques Organisations Non Gouvernementales (ONG).

«Tous les migrants qui arrivent sur l’île sont amenés ici », rappelle Daphne Spiropoulou, la directrice. « Ils sont fouillés, triés et enregistrés. La police prend leur photographie et leurs empreintes digitales, puis une ONG, Praxis, procède à un examen médical ». Ils obtiennent ensuite un numéro qui les suivra pendant toutes les étapes des procédures de demande d’asile et de relocalisation. En attendant leur tour, les réfugiés devraient obtenir un hébergement sur le camp qui entoure l’usine, derrière des barbelés percés. Mais les préfabriqués qui font office de dortoir affichent complet. Du coup, ils sont réservés aux familles et aux individus vulnérables. Quant à la nourriture, dispensée par l’armée, « elle est infecte », selon un réfugié qui précise « qu’il y avait des vers dans les barquettes l’autre jour ».

Ils volent ton sac

La municipalité, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et des ONG ont ainsi pris le relais, des tentes ont été plantées à deux endroits dans la capitale. Amnesty International déplore toutefois les conditions lamentables. « Des personnes réfugiées et leur famille dorment à la dure, exposées à la pluie et à la chaleur. Malgré les efforts des bénévoles, il n’y a pas suffisamment de nourriture et les conditions sanitaires sont déplorables ». Mohammad, quinze ans, et son frère, quatorze ans, vivent dans l’un de ces camps. Ces deux gamins pas très épais, arrivés en bus le 16 août 2016 au matin à Vial, font la queue devant les grilles en exhibant un bout de papier, la convocation à un entretien, mais ils ne savent pas bien expliquer lequel.

Quelques minutes de discussion suffisent pour comprendre que ces deux syriens sont à bout.

« Nous sommes arrivés le 20 mars 2016 en Grèce », raconte Mohammad. Leur route s’est arrêtée à Chios. « Nous demandons la réunification familiale pour rejoindre notre père et notre frère en Allemagne. Nous ne savons pas si nous pourrons y aller », poursuit l’aîné.

Lui et son frère n’ont plus d’argent et leurs portables ont été volés. Ils ne vont plus à l’école, ils étaient bons élèves, affirment-ils. Les joues du plus grand portent des marques, « les gens se battent ici et nous sommes agressés, même par des réfugiés », dit-il en détournant le regard.

« Il y a beaucoup de violences entre eux », confirme Amer Omar. Docteur en psychologie, il travaille pour l’ONG Waha à Chios. « Les problèmes psychiques augmentent chez les réfugiés. Après un passage des frontières très dur et parfois mortel, ils attendent maintenant des procédures administratives qui prennent beaucoup de temps », poursuit-il. Face à cette désillusion, « certains demandent même à retourner dans leur pays, mais c’est impossible, il n’y a plus d’interlocuteurs turcs sur l’île ». Ces derniers, censés valider les procédures de retour ou transit par la Turquie, ont été rappelés par Ankara au lendemain du coup d’état avorté.

Petits beignets

Stress et pression psychologique aggravent les tensions chez les réfugiés, sans espoir, sans le sou et suspectés, désormais, d’être à l’origine du moindre problème ou larcin sur l’île. Dans sa boutique de presse et de souvenirs sur le front de mer, Clio multiplie les anecdotes sur ces exilés stoppés à Chios, « ils sont entrés dans les jardins pour voler des légumes ».

Ou encore, « ils se jettent sous les roues des motos pour te forcer à t’arrêter. Et ils volent ton sac ». Selon la police, cet incident s’est produit une fois. Il est devenu systématique aux yeux d’une frange d’autochtones en butte à cette intrusion dans la vie de l’île. « J’ai peur », ajoute Clio.

Même l’évêque de Chios jette de l’huile sur le feu. Après la messe du dimanche, il a déclaré aux fidèles « qu’il n’existe pas de réfugiés, tous sont des migrants illégaux ».

Pour couronner le tout, le nombre de touristes européens a baissé de soixante cinq pour cent par rapport à l’an passé, selon le Citoyen, le quotidien local. Clio et son époux, Giorgos, en ont du mal à avaler les loukoumades, ces petits beignets arrosés d’un sirop de miel qui accompagnent leur café. « Ce sont les réfugiés qui ont provoqué cette chute. C’est une catastrophe pour l’économie », s’agace Giorgos.

« Qu’allons-nous devenir », se demande Clio, persuadée que « les réfugiés vont rester pour toujours ». Le maire prévient, « réfugiés comme habitants de l’île se sentent menacés ».

Malgré tout, quelques locaux continuent d’aider les exilés. Comme Kostas Tanainis, le patron de l’Oasis, dans la station balnéaire de Kerfas, qui ouvre ses cuisines pour concocter la nourriture distribuée, le soir, aux réfugiés, « ce sont des victimes faciles, la situation sur l’île est explosive et les idées racistes s’y propagent désormais ». Il déplore que les réfugiés ne jouissent pas des droits de l’homme élémentaires, comme « celui de travailler ».

Pour lui, il faut créer « des structures d’accueil décentes ». Un projet de nouveau camp est à l’étude à Chios. Une évaluation est en cours pour s’assurer du respect des normes environnementales et sanitaires, le terrain envisagé est celui d’une ancienne déchetterie.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 18:45

La justice suspend l'arrêté de la ville de Cannes contre le burkini (Reuters)

Le tribunal administratif de Nice a suspendu Mardi 30 Août 2016 l’arrêté contre le burkini pris par la ville de Cannes, comme le demandaient des associations de défense des droits de l’homme, a-t-on appris auprès du tribunal.

Le juge des référés du tribunal, qui avait pourtant rejeté par le passé des demandes similaires, y compris concernant la ville de Cannes, a ainsi suivi la position du conseil d’état.

La plus haute juridiction administrative française a suspendu Vendredi 26 Août 2016 un arrêté de ce type pris par le maire de Villeneuve-Loubet, dans le département des Alpes-Maritimes.

L'arrêté de Cannes, pris le 28 juillet 2016, interdisait l'accès aux plages et à la baignade à toute personne n'ayant pas une « tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité ». Il courrait jusqu’à mercredi, d'après le maire des Républicains de Cannes, David Lisnard, qui a fait savoir qu'il ne contesterait pas la décision du tribunal.

Dans l'ordonnance que Reuters a pu consulter, le juge des référés du tribunal administratif de Nice estime que les dispositions de son arrêté « ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l'ordre public, ni sur des motifs d'hygiène ou de décence. Elles méconnaissent la liberté d'aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle », ajoute-t-il.

Cet été, une trentaine de maires, pour la plupart de droite, ont pris des arrêtés contre le burkini, au nom de troubles potentiels à l'ordre public.

Malgré la décision du conseil d’état, plusieurs maires ont décidé de maintenir leurs textes, arguant chacun de risques particuliers dans leur commune.

Des recours contre d’autres arrêtés

Des associations ont donc déposé des recours devant les tribunaux administratifs de Nice et de Toulon pour faire suspendre des arrêtés toujours en vigueur à Nice, Menton, Roquebrune-Cap-Martin et Fréjus.

Avant même l'examen du recours contre son arrêté, prévu Mercredi 31 Août 2016, le maire des Républicains de Roquebrune-Cap-Martin a indiqué à Reuters qu'il avait retiré son texte Mardi 30 Août 2016, la décision du conseil d’état étant amenée à faire jurisprudence.

Le tribunal administratif de Toulon a de son côté mis Mardi 30 Août 2016 en délibéré sous quarante huit heures sa décision concernant l'arrêté de Fréjus, pris Vendredi 19 Août 2016 par le maire du Front National, David Rachline.

Le porte-parole du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a appelé les autorités locales ne l'ayant pas encore fait à annuler immédiatement leurs arrêtés, jugés hautement discriminatoires.

« Ces décrets n'améliorent pas la situation sécuritaire, ils tendent au contraire à alimenter l'intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France », a-t-il écrit dans un communiqué. « L'égalité de genres ne peut être obtenue en limitant les libertés individuelles ou en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter ».

Le débat sur le burkini, vêtement de bain couvrant porté par des femmes musulmanes, est loin d'être clos en France.

Certains ténors de la droite et de l'extrême-droite demandent une loi l'interdisant, ce que le gouvernement a exclu. Quant au premier ministre Manuel Valls, il estime que dénoncer le burkini, « c'est dénoncer un islamisme mortifère et rétrograde », et qu'il s'agit d'un combat politique.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 18:23

https://annuel.framapad.org/p/appeldenuitdeboutaout2016

Nous sommes le peuple, nous sommes la rue, nous sommes Nuit Debout.

Proposition d'appel des Nuits Debout aux citoyens

L’esprit des Nuits Debout hante les places de France, d’Europe et du monde. Multiple, inclusif, il est imprévisible, il ne sera jamais enfermé dans aucun texte et c'est sa force. Il concentre tous les refus citoyens à se laisser abattre et à subir. Il réunit toutes celles et tous ceux conscients de l'urgence générale qu'il y a d'agir face aux crises démocratiques, écologiques et sociales, contre ceux qui mènent notre civilisation à sa perte.

Cet appel, s'il propose d'allier des refus, des idéaux et des campagnes d'action, n’est qu’une pierre à l’édifice et il se propose de donner les grands idéaux communs que nous avons pu lister lors de nos rencontres des villes des Nuits Debout.

Aiguisons nos actes et affûtons nos idées comme des flèches.

Face à l'endormissement et à la sidération par la peur des masses populaires voulue par le pouvoir, occupons nos places, unissons nos forces, organisons-nous et faisons respecter la volonté citoyenne. Créons la société de demain et les moyens de parvenir à la société de demain.

Dans nos quartiers, dans nos communes et dans nos lieux de travail, développons une pensée multiple et une pratique solidaire où l'humain, le vivant et la nature priment sur la marchandisation. Luttons pour des causes communes.

Face a la dictature financière des capitalistes et à l'état qui la sert, œuvrons à la convergence des luttes, à l'intérieur et à l'extérieur du mouvement des Nuits Debout, en bonne entente avec d'autres forces, syndicats, coordinations, associations, réseaux et collectifs.

Face à la trahison des élites, à la corruption du système et au désengagement successif des dirigeants, nous appelons à la mise en place d'un processus de constitution citoyenne permettant à toutes et à tous de participer pour réaliser une démocratie directe. Pour cela nous exigeons l'établissement d'ateliers constituants citoyens au sein de toutes les mairies pour réécrire une nouvelle constitution.

Le mouvement des Nuits Debout condamne les inégalités sociales, le racisme, le sexisme et prône le respect des différences. Nous rejetons le tout-sécuritaire, l'état d'urgence et les amalgames qui voudraient nous dresser les uns contre les autres.

Le mouvement des Nuits Debout travaille à la paix en respectant la culture de chacun. Nous dénonçons les fauteurs de guerre et l'ingérence des grandes puissances, notamment la France, qui favorisent les trafics, le déplacement des populations et le commerce des armes. Nous voulons concrétiser un grand mouvement pacifique de solidarité internationale contre les guerres.

Nous combattrons la loi travail jusqu'à son abrogation ainsi que les lois européennes qui mettent à mal les droits des travailleurs et encouragent le dumping social. Aux côtés des milliers d'interpellés et blessés de ces derniers mois, nous disons stop à la violence policière et à la répression judiciaire. C'est pourquoi nous réaffirmons que nous rejetons le tout-sécuritaire, l'état d'urgence et les amalgames. Nous dénonçons l’irresponsabilité du gouvernement, contrôles au faciès, insultes racistes, tutoiement, tabassage, vol de papiers, gardes à vue abusives, intimidation et arrestation des citoyens-reporters exerçant leur droit à informer et à témoigner, impunité des coupables de bavures ou de meurtres. Les répressions quotidiennes dans les banlieues ont été étendues à l'ensemble de la population de plus en plus précarisée.

Les chômeurs, retraités, sans-logis, réfugiés, travailleurs pauvres, handicapés et tant d'autres, subissent de plein fouet les violences économiques. Par les grèves, les actions de blocage, les actions de réappropriation des moyens de production et les occupations, le mouvement des Nuits Debout veut parvenir à un changement radical de système, partage équitable et juste des fruits du travail et des richesses, réquisition des logements vides, lutte contre la spéculation financière et boursière, éducation, logement et conditions de vie sécurisantes et décentes pour tous, pas de précarité d'emploi.

Nous voulons une agriculture saine et respectueuse de l'environnement, favorisant les circuits courts écologiques contre l'élevage industriel et l'agriculture intensive. Nous nous battrons pour l'échec des grands projets inutiles, Notre Dame Des Landes (NDDL), Bure, Sivens et Triangle des Gonades, et la concrétisation d'une transition énergétique.

Nous nous dressons autant avec les travailleurs, les chômeurs et les précaires, contre les passage en force de la loi travail par le quarante neuvième article de la constitution, que nous nous dressons dans des territoires aux cotés des habitants, contre tout ce que l’état de la finance veut imposer sans respect du débat démocratique et par la force, comme le respect de nos acquis sociaux sur le travail nous les considérons comme autant de zone a défendre par les citoyens.

Nous rejetons l'oligarchie des traités européens et nous appelons les citoyens européens à engager le processus d'écriture d'une constitution européenne sociale, écologique et solidaire.

Par son caractère d’éducation populaire et le développement des moyens numériques libres, le mouvement des Nuits Debout manifeste le besoin de nous informer autrement et de nous apprendre d’autres comportements, d’autres manières d’être au monde et a l’autre et d'autres moyens de les mettre en oeuvre collectivement. Ceci implique l’apprentissage d’autres outils de démocratie et de mode de partage, aussi bien de la parole que des idées, dans et par les assemblées générales, que de partage des décisions et des responsabilités. C’est aussi en créant ces outils ensemble et en les pratiquant dans le mouvement des Nuits Debout que nous allons nous apprendre et imposer un autre monde.

Nous sommes le peuple, nous sommes la rue, nous sommes Nuit Debout.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 17:51

Emmanuel Macron en passe de quitter le gouvernement (Reuters)

Le ministre de l’économie Emmanuel Macron devait présenter Mardi 30 Août 2016 sa démission à François Hollande, reprenant sa liberté en vue des élections présidentielles de 2017 pour laquelle ses intentions restent inconnues.

L'ancien banquier d'affaires, âgé de trente huit ans, devait s'entretenir avec le président de la république à 15 heures à l'Elysée, selon une de ses sources proches, qui a confirmé des informations des Echos, de Marianne et de BFM Télévision.

Après des mois de rumeurs et de démentis, Emmanuel Macron a donc décidé de se consacrer pleinement à son mouvement politique En Marche lancé le 6 avril 2016, avec l'intention affichée d'aller « jusqu’à 2017 et jusqu’à la victoire ».

Sa nomination à Bercy le 26 août 2014, en remplacement d'Arnaud Montebourg, avait été une surprise. Il maintient aujourd'hui le mystère sur ses ambitions futures, fer de lance de François Hollande ou cavalier seul ?

Il a d'ores et déjà exclu de concourir à la primaire de la gauche pour les élections présidentielles et a toujours fait valoir sa loyauté envers le président de la république, auquel il doit sa mise sur orbite politique.

Le premier ministre Manuel Valls, qui ne cachait plus son exaspération depuis des semaines face à l'émancipation de ce trublion, l'avait accusé de « céder aux sirènes du populisme » après un meeting à la Mutualité le Mardi 12 Juillet 2016, deux jours avant l'intervention du président de la république pour la fête nationale.

François Hollande l'avait alors rappelé aux règles de la solidarité gouvernementale, « respecter ces règles, c'est rester au gouvernement, ne pas les respecter, c'est ne pas y rester ».

Le ministère de l’économie s'est refusé à tout commentaire sur le calendrier et le scénario du départ d'Emmanuel Macron, qui était attendu et devrait s'accompagner d'une campagne médiatique, avec notamment la publication d'un ouvrage.

« Il a décidé de se mettre en marche dans une direction que nous ignorons encore. Ne spéculons pas », a commenté le porte-parole du Parti Socialiste, Olivier Faure.

Tenant d'une approche libérale qui hérisse l'aile gauche du Parti Socialiste, une formation dont il n'est pas membre, l'ancien inspecteur des finances irritait au sein de la majorité où ses transgressions idéologiques, ses formules polémiques sur les salariés « illettrés » des abattoirs Gad par exemple, étaient perçues comme autant de provocations.

Il avait défendu avec difficulté en 2015 au parlement sa loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », finalement adoptée au moyen du quarante-neuvième article de la constitution.

« Dans un moment où le clivage entre la gauche et la droite s'affirme de manière brutale, sa capacité à rester audible devenait compliquée puisqu'il avait fait le choix d'emprunter un chemin particulier qui est celui du ni droite ni gauche », a commenté Olivier Faure sur BFM Télévision.

Pour le député européen Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Front De Gauche (FDG), cette démission pour être candidat est un nouveau coup porté à François Hollande qui, écrit-il dans un tweet, « ne produit que des monstres politiques ».

Pour le député socialiste frondeur Laurent Baumel, la décision d'Emmanuel Macron « signe l'affaiblissement incroyable » du président de la république, qui dira à la fin de l'année s'il se présente en 2017.

L'ancien premier ministre des Républicains, Jean-Pierre Raffarin, a déclaré sur BFM Télévision déplorer dans le départ annoncé d'Emmanuel Macron « un problème supplémentaire pour notre économie ».

« Il ne s'est pas beaucoup occupé d'industrie et des français, sauf parfois pour les insulter et les traiter d'illettrés. Il a d'abord pensé à sa carrière personnelle et je pense que sa démission en est le symbole », a réagi le secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT), Philippe Martinez, lors de sa conférence de presse de rentrée.

« Un ministre-clé du dispositif de François Hollande qui part dans la dernière ligne droite du quinquennat, cela peut être vu comme faisant désordre, un signe supplémentaire d'une majorité présidentielle balkanisée », a dit à Reuters Frédéric Dabi, de l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP).

« Pour Emmanuel Macron, l'enjeu est de transformer une forte popularité en intentions de vote mais la tâche est rude, d'abord parce qu'il n'est pas bien vu à gauche, et que sa popularité à droite ne se transforme pas forcément en voix », a-t-il ajouté.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 20:17

http://www.contretemps.eu/interventions/gauche-entre-soi-burkini

La gauche de l’entre-soi et le burkini

Dans cet article, Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à University College London, revient sur les récentes controverses sur le port du burkini en France, montre la ligne de fracture qu'elles ont créé au sein de la gauche française et réfute les arguments qui sont déployés pour justifier des attaques racistes et sexistes contre les femmes musulmanes.

Ce sont les photographies de la honte et de l’ignominie. Elles sont apparues dans un premier temps dans la presse anglo-saxonne et ont ensuite fait le tour du monde. Quatre policiers municipaux armés s’approchent d’une femme allongée sur une plage de galets à Nice. Ils lui ordonnent de retirer un débardeur qui recouvre le haut de son corps. Sous les regards en apparence acquiesceurs de vacanciers dénudés, la femme s’exécute. Ces policiers appliquent un arrêté municipal interdisant le port du burkini sur les plages, ce vêtement qui recouvre l’intégralité du corps.

La controverse déclenchée par ces interdictions dans diverses stations balnéaires n’est pas insignifiante, car elle a connu des développements juridiques avec la prise d’arrêtés municipaux confirmés par les tribunaux. Elle a également aggravé les tensions communautaires déjà vives. Il est d’autant moins aisé d’ignorer ce tumulte qu’il crée une ligne de fracture importante au sein de la gauche française.

Un point de vue dominant incohérent

À gauche, l’opinion dominante veut que le burkini doit être combattu au nom du féminisme car ce vêtement serait, dans tous les cas de figure, un signe d’asservissement de la femme. Cet argument me semble incohérent.

Je voudrais montrer qu’un point de vue progressiste ne peut contester le libre choix du port du burkini, comme de tout vêtement ou signe religieux, quelle que soit l’opinion personnelle que l’on puisse avoir de ce vêtement par ailleurs.

À l’exception de Manuel Valls, aucun dirigeant se réclamant de la gauche n’a catégoriquement pris position en faveur de l’interdiction du burkini. La lettre, l’esprit et la jurisprudence relatifs à la loi de 1905 sont en effet clairs, celle-ci n’impose pas la neutralité religieuse aux individus dans les lieux publics. Par conséquent, interdire le port du burkini constitue un acte contraire à la laïcité.

Il faut noter que les positions prohibitionnistes sont moins tranchées qu’antérieurement, en 2004, lors du vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, cette loi ciblait avant tout le hijab, pratiquement toutes les composantes de la gauche avaient approuvé une autre mesure discriminatoire et anti laïque. Cette loi contrevenait à la laïcité puisque les élèves ne sont pas non plus tenus à la neutralité religieuse.

Les émancipateurs de gauche ont soutenu une loi qui, de fait, prive d’enseignement des jeunes filles. Il s’agit d’une incohérence majeure entre les objectifs libéraux affichés par les prohibitionnistes et les conséquences pratiques néfastes de cette loi pour les personnes concernées.

Le burkini serait, d’une part, la manifestation d’une emprise salafiste ou wahhabite sur la communauté musulmane française. Cette affirmation péremptoire est réfutée par les spécialistes de la question. Ni le soi-disant État Islamique, ni les talibans ne toléreraient le port du burkini car celui-ci permet l’accès à un espace public où la semi-nudité et la mixité sont la règle. En réalité, le burkini est une adaptation moderne de la tradition islamique, dans le sens où il concilie des préceptes religieux et l’autonomie individuelle. Ce vêtement permet aux musulmanes de s’exposer sur une plage et de se baigner. On constate d’ailleurs que les femmes qui portent le burkini sont plutôt jeunes et intégrées dans la société française. Le burkini, comme le hijab, juxtapose une double affirmation identitaire dans l’espace public, musulmane et française.

Les contempteurs du burkini ou du hijab n’ont de cesse de renvoyer aux pratiques dans les théocraties islamiques, dans ces pays, nous disent-ils, les femmes se battent pour avoir le droit de se dévêtir en public. Les progressistes doivent bien entendu soutenir les femmes qui souhaitent se dévoiler quand le hijab ou le burkini leur sont imposés. Mais, nous ne traitons pas ici du cas de l’Iran ou de l’Arabie Saoudite. Nous débattons de pratiques françaises, dans un contexte où une large majorité de femmes fait ce choix de manière autonome et libre.

La menace d’un état autoritaire

Dans une démocratie pluraliste, est-ce le rôle des pouvoirs publics d’imposer aux individus la manière selon laquelle ils doivent se vêtir ou se dévêtir ? Le législateur avait senti le danger lors du vote de la loi interdisant le port de la burka en 2010, celle-ci est bannie, non sur la base d’une atteinte à la laïcité, mais en vertu de considérations relatives à la sécurité publique et à la nécessité de décliner son identité.

Des individus de gauche ambitionnent d’émanciper des femmes voilées, contre la volonté de ces dernières. Ce comportement paternaliste me met très mal à l’aise. Comment, dans une société française multiculturelle, multiconfessionnelle et multiethnique, peut-on s’arroger un tel droit sur d’autres personnes ? Il est évident que l’ensemble de nos choix de vie est loin d’être éclairé ou progressiste et qu’il répond souvent au déterminisme de la structure sociale et autres préjugés. Mais s’il fallait que la gauche se donne pour objectif de remettre dans le droit chemin toutes les personnes qui s’habillent mal, pensent mal ou font de mauvais choix de vie, il faudrait rééduquer la majorité de la population.

Partant, pourquoi cette obsession, dans une certaine gauche, à vouloir réguler les choix aberrants de femmes musulmanes ? J’y vois une raison historique et une autre conjoncturelle, d’une part, la gauche française porte en héritage un profond anticléricalisme, voire un sentiment antireligieux, hérité de la période de la querelle entre la jeune république laïque et une église catholique socialement influente. Une vulgate marxiste permet de justifier ce combat contre l’opium du peuple, le croyant est celui qui a une fausse conscience et qui pense mal. Il faut donc lui faire voir la lumière, y compris aux femmes voilées qui pourtant ne demandent aucunement qu’on les rééduque.

Que l’athéisme militant puisse de nos jours continuer de passer pour le nec plus ultra de la pensée progressiste en France est étonnant. C’est assurément un cas unique dans le monde occidental. En Europe nordique et méditerranéenne, les accommodements entre la religion et les valeurs de gauche sont courants et ne soulèvent aucun débat. Lorsque je séjournais dans la Toscane rouge, ma logeuse, une vieille communiste adoratrice de Palmiro Togliatti, avait pour habitude de dire des personnes honnêtes et généreuses, « e un buon cristiano », c’est un bon chrétien.

Un facteur conjoncturel doit aussi être pris en compte, la gauche dans son ensemble n’en finit pas de regretter que les deuxième et troisième générations originaires du Maghreb, qui sont prolétarisées dans l’ensemble, ne se soient pas laïcisés comme les polonais ou les italiens.

Notons en passant que le modèle français d’intégration a toujours fonctionné de manière autoritaire et coercitive. Gérard Noiriel a souligné cet aspect dans une étude pionnière sur l’immigration en France. Au début du vingtième siècle, le catholicisme baroque des polonais déplaisait aux autochtones, des Italiens réputés voleurs étaient victimes de rixes et l’antisémitisme s’est manifesté de manière virulente aux dix neuvième et au vingtième siècle. Ces immigrés européens se sont intégrés au prix d’une adaptation aux normes dominantes de la communauté nationale, ce qui a nécessité l’abandon de leur propre identité d’origine, langue et culture.

La gauche anticléricale et l’islam

En réalité, cette gauche anticléricale ne pardonne toujours pas aux jeunes musulmanes de sortir voilées. C’est, à ses yeux, une trahison insupportable. Entre cette gauche-là et les jeunes musulmanes, l’incompréhension est totale. On le sait, les partis de gauche, quels qu’ils soient, n’aiment afficher en public que des musulmanes parfaitement laïcisées, c’est-à-dire non voilées ou encore conformes aux canons de la femme occidentale.

Dans la plupart des autres pays européens, des élues de gauche portent le hijab et cela ne pose aucun problème. Et s’il y en a un, le parti fait corps pour défendre l’élue auprès du public au nom de l’égalité et du pluralisme.

En France, de Lutte Ouvrière au Parti Socialiste, on fait en sorte que les femmes voilées n’aient aucune fonction partisane ou élective. Discriminées, ces musulmanes se tiennent évidemment à l’écart des partis de gauche.

Il existe une autre aporie idéologique qui explique le raidissement pathologique d’une partie de la gauche vis-à-vis des femmes musulmanes, celle-ci interprète le monde à partir d’une grille de lecture républicaine. Il faut préciser que nous parlons ici du républicanisme français, car l’idée républicaine a précédé la révolution française et connait dans le monde diverses interprétations.

Je qualifie l’interprétation française de communautarisme national ou communautarisme majoritaire. En effet, depuis 1789, la conception de la citoyenneté française repose sur l’idée d’une appartenance à une communauté nationale, dont chaque individu doit épouser les normes dominantes sous peine d’être accusé de menacer l’ensemble de l’édifice.

Le républicanisme français, un communautarisme national

Cet ethos est consigné dans le mot d’ordre de la nation une et indivisible ou encore la suspicion à l’égard de tout corps intermédiaire entre le citoyen et l’état. La culture jacobine méprise et réprime les langues régionales, les corps intermédiaires et ce qui sort d’un cadre culturel français bourgeois.

En conséquence, l’étranger ne peut s’intégrer au cadre républicain communautariste que s’il adopte les us et coutumes indigènes. N’est-ce pas le sens de l’appel à la discrétion réclamé par Jean-Pierre Chevènement à l’égard des musulmans ? N’est-ce pas l’idée véhiculée par Jean-Luc Mélenchon qui, interrogé sur la mode islamique, compare le port du hijab à des mœurs bizarres comme celle de se mettre une plume sur la tête ?

N’est-ce pas la sentence rendue par Manuel Valls qui décrète que le port du burkini est incompatible avec « nos valeurs », c’est-à-dire les valeurs dominantes de la communauté nationale ?

Ce républicanisme communautariste, un faux universalisme dans la pratique, n’est donc pas l’apanage d’une droite nationaliste ou xénophobe.

Interrogé sur l’interdiction du burkini, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front De Gauche (FDG) aux élections présidentielles de 2012, pense qu’il s’agit « d’une provocation politique et d’une instrumentalisation communautariste du corps des femmes ». Il n’a rien à redire des propos de Manuel Valls si ce n’est qu’il a eu tort d’en rajouter. Bref, dans l’esprit du leader de la France insoumise, les femmes musulmanes n’ont aucune autonomie ni aucune liberté ou, quand elles exercent cette liberté, elles font des mauvais choix. Critiquer les femmes pour leur apparence physique, les vêtements qu’elles portent et leur poids, a de tout temps été l’une des expressions les plus brutales du machisme patriarcal. Un arc républicain communautariste s’est donc formé, il englobe une partie de la gauche radicale et de la gauche modérée, la droite et l’extrême droite. Le ressort de ce communautarisme est le dédain affiché pour les libertés individuelles et le rejet de la différence culturelle.

À l’étranger, ce mode de raisonnement holiste est jugé liberticide et inadapté à des sociétés culturellement plurielles. Les élites franco-françaises se bercent d’illusions quand elles affirment que ce modèle républicain suscite l’admiration de nos voisins. Il n’en est rien, l’intégration française fait l’objet d’un rejet croissant à l’étranger. Que des militants de gauche, pétris de culture internationaliste et se réclamant du libéralisme culturel, ne perçoivent pas la nature réactionnaire de ce républicanisme autoritaire, ne laisse pas de me surprendre. L’intégration selon le procédé communautariste républicain ne résout donc aucun problème de cohabitation entre les différentes cultures et confessions. Au contraire, il ne fait qu’aviver les tensions car il est source continuelle de décisions arbitraires qui sont créatrices d’inégalités entre individus.

Pourquoi ces femmes musulmanes soustrairaient-elles leur corps à la vue de tous alors que les femmes laïcisées se dévêtissent, semblent nous dire ceux qui défendent le communautarisme national ? Je suis favorable à la nudité sur les plages, mais pourquoi faudrait-il que cette préférence personnelle soit imposée à tout le monde ? Selon Aheda Zanetti, la créatrice du burkini, entre trente cinq pour cent et quarante cinq pour cent des femmes qui achètent ses burkinis ne sont pas musulmanes. Pourquoi des femmes ne se protégeraient elles pas des effets cancérigènes, du soleil ou des regards pesants de certains hommes ?

Le républicanisme communautariste intègre mal ses populations étrangères, non parce qu’il prêche un vivre-ensemble abstrait, mais parce qu’il est exclusif et inégalitaire dans la pratique. Ce républicanisme-là tourne le dos à l’ambition universaliste de la révolution de 1789, il essentialise la population musulmane, toujours suspectée de ne pas adhérer aux règles de bienséance et de vie française. Ce faisant, cette idéologie n’est qu’un discours creux qui se mord la queue, une promesse d’égalité jamais tenue et de plus en plus discréditée aux yeux des populations issues de l’immigration.

Une attaque raciste et sexiste

Comment ne pas comprendre que l’interdiction du burkini dans l’espace public, demain du hijab, est une attaque délibérée à caractère raciste, islamophobe et sexiste ? Les arrêtés municipaux ne sont d’ailleurs qu’une infime partie du problème. Éric Fassin observe à juste titre qu’il existe en France une politique d’état qui discrimine certaines catégories de citoyens qui sont ethnicisées par des pratiques administratives, profil ethno-racial des noirs et des arabes, et à travers des déclarations publiques du personnel politique de droite, mais aussi de gauche. Aujourd’hui, avec les interdits municipaux contre le burkini, nous sommes passés au stade de la discrimination directe et explicite d’une population.

Cette dérive, grave et inquiétante, devrait faire réagir fortement toutes les composantes de la gauche. Las, à quelques exceptions près, celle-ci se tait. Les dirigeants ont peur de s’embourber dans un sujet sociétal, ou encore sont effrayés à l’idée d’être associés à la cause des musulmanes voilées. À cela s’ajoute un dédain pour les libertés individuelles, considérées comme un combat secondaire par rapport aux questions sociales et économiques. Comme s’il était possible de dissocier les rapports de domination économique des politiques racistes et sexistes.

Edwy Plenel énonçait récemment une opinion qui devrait être une évidence à gauche, la liberté est indivisible. Quel dirigeant de gauche fait sienne cette maxime dans le débat sur le burkini ?

Où est l’égalité entre les citoyens si celle-ci consiste à octroyer à certains plus de liberté qu’à d’autres ?

Une partie de la gauche devrait donc repenser le républicanisme et le laïcisme, afin d’orienter ces valeurs dans un sens inclusif, celui qui conçoit l’égalité entre citoyens, non dans un cadre holiste, mais comme un espace pluriel et ouvert. Il conviendrait de sortir du communautarisme républicain pour poser le principe d’une république dans laquelle règne la liberté comme non-domination, un état républicain juste et égalitaire est celui qui limite son imperium sur les individus dans ce qu’il a d’arbitraire et d’intrusif.

Des jalons ont été posés par des chercheurs français. Il existe également des réflexions et des expériences fructueuses dans ce domaine à l’étranger dont on ferait bien de s’inspirer en France.

L’argument féministe pour justifier ou à tout le moins comprendre la pertinence de mesures racistes ne convainc pas non plus. Il est vain, voire dangereux, de concevoir la question de l’émancipation des femmes par le biais de la coercition ou en leur donnant des leçons vestimentaires. La gauche devrait plutôt s’attacher à combattre les inégalités réelles entre les hommes et les femmes, dans les rapports de travail, mais aussi dans la sphère privée. Les partis et gouvernements de gauche, qui sont dirigés en général par des hommes blancs d’âge mûr en général, sont peu combatifs contre les aspects les plus brutaux de la domination patriarcale.

Qu’ont-ils à dire, par exemple, sur les inégalités sur le plan de la répartition des tâches domestiques ou l’éducation des enfants au sein d’un couple ? Il y aurait pourtant urgence à émanciper les femmes qui sont archi-exploitées dans ce domaine.

La gauche qui combat le burkini et le hijab doit s’ouvrir au monde tel qu’il est. Elle doit cesser de cultiver un entre soi idéologique qui l’isole. Cette gauche de l’entre soi ferait bien de remettre en cause quelques totems idéologiques. C’est bien parce qu’elle ne se donne pas les moyens d’interpréter les pratiques sociales et populaires avec pertinence, que cette gauche n’a pratiquement aucune crédibilité auprès des victimes d’actes racistes et sexistes.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:40

https://www.zamanfrance.fr/article/laventure-zaman-france-se-termine-23301.html

L'aventure Zaman France se termine

C'est avec regret et tristesse que nous annonçons à nos lecteurs la fin de la parution papier et internet de Zaman France. Zaman France ne souhaite plus non plus alimenter le prétexte d'une importation en France de la politique turque et de ses règlements de compte. Nous avons donc décidé de mettre un terme à notre travail, le journal ne sera plus édité, tout comme les sites internet www.zamanfrance.fr et www.zamanfransa.com

Lundi 29 Août 2016

C'est avec regret et tristesse que nous annonçons à nos lecteurs la fin de la parution papier et internet de Zaman France. La violence du climat politique actuel en Turquie et la tournure inquiétante qu'ont prise les événements ne permettent plus, en effet, à notre rédaction d'accomplir correctement son travail journalistique au vu des risques sécuritaires grandissants qui pèsent actuellement sur nos abonnés et nos lecteurs, ainsi que ceux qui frappent plus spécifiquement les membres de la rédaction de Zaman France.

Dans un contexte marqué en Turquie par la fermeture de cent trente journaux et organes de presse, un mois après le putsch manqué et la tentative de déstabilisation du régime turc, les accusations dangereuses, irresponsables et totalement infondées de terrorisme colportées par le gouvernement turc contre plusieurs mouvements de la société civile, écoles, hôpitaux, banques et journaux, ont malheureusement trouvé des relais en France qui s'emploient activement à agiter le chiffon rouge de la haine, alors même que la position éditoriale de condamnation sans ambiguïté du coup d’état par Zaman France a toujours été extrêmement claire.

Des menaces qui ont désormais dépassé le stade verbal pour devenir des réalités physiques.

Des centres culturels turcs en France, des écoles et des commerces ont été la cible d'incendies, de descentes punitives, de caillassages, d'appels au boycott et, plus grave, d'appels au meurtre.

Des membres de notre rédaction ont reçu pas moins de deux cents menaces de mort. Le simple fait d'imprimer notre journal et de l'envoyer à nos abonnés constituerait pour eux un risque sécuritaire réel sans même évoquer les représailles juridiques qu'ils subiraient par les services d’état turcs qui pourraient les accuser d'association ou de complicité avec une organisation terroriste.

Le niveau de paranoïa et d'aveuglement politique actuel est sans équivalent et la situation que nous vivons et que vivent des milliers de turcs est purement kafkaïenne. Au-delà de l'aspect sécuritaire réel et primordial, Zaman France ne souhaite plus non plus alimenter le prétexte d'une importation en France de la politique turque et de ses règlements de compte.

Nous avons donc décidé de mettre un terme à notre travail, le journal ne sera plus édité, tout comme les sites internet www.zamanfrance.fr et www.zamanfransa.com. Ce ne fut pas une décision facile à prendre.

Lancée au mois de février 2008, l'édition française de Zaman France avait su progressivement conquérir un large public bien au-delà de la communauté turque de France. Avec quatre cent vingt cinq numéros parus, trente quatre mille abonnés, plus de vingt cinq mille articles publiés, des enquêtes, des dossiers approfondis, des interviews et des tribunes libres, Zaman France s'était hissé au rang des publications qui comptent dans l’hexagone sur les sujets de la Turquie mais aussi sur d'autres sujets en France, comme la question de l'islam, de la laïcité, de la diversité sociale et du multiculturalisme.

En 2015, nous recueillions une audience de cinq millions de visiteurs uniques. Une audience qui venait couronner un travail intense et des efforts continus pour informer nos lecteurs et leur offrir un regard plus transversal sur l'information. C'est l'ensemble de ce travail et la qualité des analyses que nous avions proposées qui prend fin aujourd'hui.

Nous remercions nos abonnés qui ont rendu possible financièrement l'existence et l'indépendance de Zaman France, un hebdomadaire qui n'a jamais perçu un seul centime de Turquie, ni même des Etats-Unis comme une certaine propagande s'est plu à le diffuser.

Nous remercions également l'ensemble de nos lecteurs qui ont permis le succès de Zaman France et ont contribué à son aura. Des efforts qui n'auront malheureusement pas été suffisants face au déferlement actuel de haine et de violence qui n'aura pas épargné la Turquie, ni même la France, et dont ce journal aura été l'une des nombreuses victimes.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:13

HUMANITE DEBOUT

Au cours du mois d'août 2016 sont apparues des propositions pour une participation du mouvement des Nuits Debout à la fête de l’Humanité matérialisée sous la forme d'un stand prêté par une organisation politique.

Nous tenons à exprimer notre opposition radicale à une telle décision qui nous paraît en contradiction avec les principes fondamentaux du mouvement des Nuits Debout.

Le mouvement des Nuits Debout est un mouvement apartidaire, qui ne peut être récupéré par aucun parti ou mouvement politique quel qu'il soit, sans porte-paroles ni leaders. Jusqu'à présent ce principe a été respecté et personne ne s'est arrogé le droit de représenter le mouvement. Ceux qui sont apparus médiatiquement l'ont fait en leur nom propre en précisant qu'ils ne représentaient pas le mouvement et cela doit continuer.

Il n'est donc pas envisageable d'engager le mouvement des Nuits Debout dans une manifestation politique, concrètement la fête de l’Humanité.

Cette position est relative à une participation officielle et collective. Elle ne concerne pas les militants individuels car chacun est libre d'agir à titre personnel mais sans engager le mouvement des Nuits Debout à quelque niveau que ce soit, que ce soit des commissions ou des débats, tout en participant et en confrontant ses idées d'égal à égal dans les débats organisés sur les places.

En conséquence, nous demandons l'organisation d'un débat au plus vite, et avant la fête de l’Humanité, autour de cette question sur la place de la République à Paris, avec pour objectif l'adoption et l'inscription de ce principe dans toutes les chartes du mouvement des Nuits Debout.

Ce texte collectif est une synthèse de plusieurs communications

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