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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 08:29

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1AB2O8-OFRTP

 

Le soutien des migrants, Cédric Herrou, mis en examen (Reuters)

 

Cédric Herrou, agriculteur du sud-est de la France connu pour son soutien aux migrants, a été mis en examen Mercredi 26 Juillet 2017 pour aide à l'entrée et à la circulation irrégulière d'étrangers en France, a-t-on appris auprès du parquet de Grasse.

Il a été placé sous contrôle judiciaire conformément aux réquisitions du parquet et il risque jusqu'à cinq ans de prison et trente mille euros d'amende.

Interpellé Lundi 24 Juillet 2017 en fin de journée à la gare de Cannes en compagnie de cent cinquante trois migrants, il a été placé en garde à vue tandis que les réfugiés ont été depuis renvoyés en Italie, selon plusieurs sources concordantes.

« On lui reproche de les avoir amenés à Cannes alors qu'ils devaient se rendre à Nice pour faire leur demande d'asile comme cela se fait chaque semaine depuis quelque temps en accord avec les autorités », explique son avocat Zia Oloumi.

Mais selon lui « un des deux trains qui les transportaient a eu du retard et les bureaux de la Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile (PADA) à Nice étaient fermés. Certains ont décidé d'aller effectuer la démarche dans d'autres communes et Cédric Herrou a voulu les accompagner pour être sûr notamment qu'ils puissent bien passer les contrôles policiers à Cannes », ajoute-t-il.

Le 10 février 2017, Cédric Herrou avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de principe de trois mille euros d'amende avec sursis, pour aide au séjour d'étrangers en situation irrégulière dans la vallée franco-italienne de la Roya.

A la suite de l'appel du parquet, l’affaire avait été rejugée à Aix-en-Provence au mois de juin 2017. La cour d’appel rendra sa nouvelle décision le 8 août 2017.

Cédric Herrou s’est notamment fait connaître au niveau national en début d’année 2017 en interpellant, dans l’émission politique de la deuxième chaîne de la télévision française, l'ancien premier ministre Manuels Valls, alors en pleine campagne pour l’élection primaire du Parti Socialiste en vue du premier tour des élections présidentielles. 

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 18:01

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/07/21/sur-la-syrie-trump-envoie-des-signaux-a-poutine_1585500

 

Sur la Syrie, Donald Trump envoie des signaux à Vladimir Poutine

 

Par Hala Kodmani

 

Vendredi 21 Juillet 2017

 

Le Washington Post révèle que la Central Intelligence Agency (CIA) a suspendu un programme d’aide aux rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL), un souhait de longue date des russes.

Face aux révélations qui, chaque jour, précisent les connexions russes de Donald Trump et ses excès d’amabilité lors de ses rencontres avec Vladimir Poutine, le président américain passe plus de temps à se justifier qu’à réfléchir à ses initiatives envers Moscou. En pleine enquête du congrès sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle, c’est sur le front bien plus chaud du conflit en Syrie que Donald Trump a pris une décision pour plaire à la Russie.

L’arrêt par la CIA d’un programme de soutien aux rebelles armés syriens qui combattent le régime de Bachar al-Assad vient en effet d’être révélé par le Washington Post. Une suspension du programme qui était « désirée par la Russie, alliée de longue date du chef d'état syrien face aux rebelles et aux terroristes de l’Etat Islamique », souligne le quotidien. Interrogée sur cette décision surprise, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, s’est refusée à tout commentaire lors d’une conférence de presse. La CIA n’a pas non plus souhaité commenter.

Lancé en 2013 par l’administration de Barack Obama, le programme visait à fournir des armes et un entraînement à des groupes rigoureusement sélectionnés de l'ASL, dans le nord du pays à travers la Turquie et dans le sud à travers la Jordanie. Ce soutien militaire « irrégulier et insuffisant », selon les rebelles, leur avait toutefois permis de réaliser de grandes avancées contre les troupes du régime en 2015, provoquant l’intervention directe de la Russie.

« Depuis l’entrée dans le conflit des forces armées russes aux côtés de Bachar al-Assad, ce programme n’a eu que très peu de succès », ont confié des responsables américains, sous couvert d’anonymat, au Washnington Post. « La décision de suspendre ce programme d’aide de la CIA ne constitue pas une concession majeure », selon un membre de l’administration, cité par le quotidien, « car Bachar al-Assad garde sous sa coupe de larges zones de la Syrie. Néanmoins, il s’agit d’un signal à Vladimir Poutine selon lequel l’administration veut améliorer les liens avec la Russie ».

Cet arbitrage intervient dans le cadre d’une politique de réchauffement des relations avec Moscou, précise un des chefs américains. Elle a été prise après un entretien de Donald Trump au bureau ovale avec le patron de la CIA, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, le général Herbert Raymond Mac Master, juste avant la toute première rencontre officielle entre Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet du groupe des vingt, le 7 juillet 2017. Le même jour, un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, couvrant une partie de la zone où les rebelles opèrent, a été négocié par les Etats-Unis, la Russie et la Jordanie, à l’insu des parties syriennes.

Les groupes de la rébellion qui bénéficiaient de ce programme n’ont toujours pas été informés officiellement de la décision américaine qu’ils ont apprise par la presse. « C’est une surprise totale », a déclaré l’un des chefs de l’ASL, cité par Reuters, « cela peut marquer l’écroulement de l’opposition armée modérée, non seulement au profit du régime de Bachar al-Assad, mais aussi au profit des groupes jihadistes liés à al Qaeda ».

Une analyse partagée par Charles Lister, chercheur au Middle East Institute à Washington et spécialiste des groupes armés rebelles en Syrie, « la courte vue de l’administration de Donald Trump est encore pire que celle de Barack Obama. En souscrivant à la stratégie russe, elle garantit le succès d’al Qaeda », écrit-il dans un article publié sur le site The Daily Beast intitulé « comment les russes ont piégé Donald Trump en Syrie, tandis que l’Iran est le grand gagnant ».

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 17:39

 

Les avocats contre la barémisation des indemnités prud'homales (Reuters)

 

Les avocats sont opposés au barème obligatoire que souhaite mettre en place le gouvernement pour encadrer les indemnités prud'homales, estimant, comme les syndicats de salariés et de magistrats, qu'il ne permet pas d'obtenir pleine justice.

« Le sujet de la barémisation se heurte à une résistance de la profession, à l'instar de l'incompréhension d'une partie de la société civile », a déclaré Béatrice Brugués-Reix, responsable du pôle droit social du barreau de Paris, « la barémisation est perçue par les avocats comme un obstacle à l'accès au droit et au juge ».

Le barreau de Paris a publié Mercredi 26 Juillet 2017 les résultats d'un sondage réalisé auprès de ses vingt huit mille membres au sujet de la réforme du code du travail, dont Reuters a obtenu l'exclusivité.

Si la moitié des répondants jugent satisfaisante l'articulation entre les accords de branche et les accords d'entreprise proposée par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, soixante trois pour cent d'entre eux sont opposés au barème.

A la question de savoir si le référentiel obligatoire est une réponse adaptée à des relations de travail « plus prévisibles et plus sereines », soixante quinze pour cent d’entre eux répondent même par la négative.

« Pour ouvrir droit à réparation, le préjudice doit en effet être apprécié de manière individuelle en fonction de la situation du salarié », explique Béatrice Brugués-Reix, « afin de satisfaire à ces règles, la barémisation obligatoire devra prendre en compte suffisamment de caractéristiques personnelles du salarié pour réparer intégralement le préjudice effectivement subi par l'intéressé. Si ce n'était pas le cas, cela risquerait de systématiser une réparation parfois inadaptée à la situation jugée ».

Selon le barreau, les demandes de recours risqueraient de porter davantage sur les terrains qui ne seraient pas soumis à ce barème, comme la discrimination ou la santé. « Tous les praticiens de la matière savent que les voies de contournement seront aisées à mettre en place », précise Béatrice Brugués-Reix.

Son discours fait écho à celui des organisations syndicales qui attendent de connaître le plancher et le plafond du dispositif avec beaucoup d'inquiétude.

« Nous voulons bien regarder sur un barème, mais attention au barème », a déclaré Mardi 25 Juillet 2017 le secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur La Chaîne Info (LCI), « une piste qui circule n'est pas acceptable. Aujourd'hui, quelqu'un qui a deux ans d'ancienneté, en termes de dommages et intérêts, il a au minimum six mois de salaire. Il pourrait demain avoir un mois. Si c'est cela, ce n'est pas acceptable ».

L'Union Syndicale des Magistrats (USM) a quant à elle mis en garde le gouvernement contre ce qu'elle considère être une façon d'empiéter sur le pouvoir d'appréciation du juge.

Le gouvernement a achevé cette semaine la période de concertation avec les partenaires sociaux au sujet de la réforme du code du travail. Muriel Pénicaud s'apprête maintenant à rédiger les ordonnances qui lui permettront de mettre en place les nouvelles mesures dès le mois de septembre 2017, après le feu vert du parlement.

Pour la ministre du travail, l'encadrement des indemnités prud'homales fait partie des mesures qui visent à réduire les incertitudes juridiques et ainsi restaurer la confiance.

« L’insécurité juridique pénalise d’abord les entreprises, surtout les plus petites, qui ne connaissent pas parfaitement à l’avance les règles du jeu quand elles veulent se réorganiser », a-t-elle expliqué devant le sénat, Lundi 24 Juillet 2017, « les entreprises comme les salariés ont donc cruellement besoin de repères ».

Le président de la Confédération des Petites et des Moyennes Entreprises (CPME), François Asselin, abonde dans le même sens.

« Les entrepreneurs, ce qu'ils attendent, c'est surtout de sécuriser la rupture pour sécuriser l'embauche. Dans cette rubrique, fait partie ce fameux barème que nous attendons », a-t-il dit, Mardi 25 Juillet 2017, à l'issue d'une rencontre avec Edouard Philippe.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 17:24

 

Alourdissement des sanctions américaines contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord (Reuters)

 

La chambre américaine des représentants s'est prononcée à une très large majorité en faveur d'un alourdissement des sanctions imposées par les Etats-Unis à la Russie, à l'Iran et à la Corée du Nord, malgré les réserves de Donald Trump.

Le texte, adopté Mardi 25 Juillet 2017 par quatre cent dix neuf voix contre trois, doit maintenant être approuvé par le sénat et promulgué ou non par le président.

On ignore la date du vote à la chambre haute mais le président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, Bob Corker, a déclaré que la mesure devrait être adoptée très prochainement.

Républicains et démocrates veulent sanctionner l'annexion de la Crimée au mois de mars 2014 et les ingérences de Moscou dans la campagne présidentielle américaine de 2016, qui font l'objet de plusieurs enquêtes parlementaires.

La Maison Blanche a fait savoir que Donald Trump n'avait pas encore pris de décision quant à la promulgation du texte, qui pourrait compromettre ses projets de rapprochement avec Moscou. Il pourrait toutefois être adopté avec une marge suffisante pour passer outre à un éventuel veto présidentiel.

Le vote de la chambre des représentants a suscité de nombreuses réactions.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé un coup porté au droit et au commerce international, un geste extrêmement inamical et une triste nouvelle pour les relations russo-américaines, évoquant la possibilité de représailles.

Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a jugé qu'il n'existait désormais aucune possibilité d'amélioration des relations avec Washington et que le vote du Mardi 25 Juillet 2017 plongeait celles-ci dans l'inconnu.

Le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que Téhéran riposterait en cas de nouvelles sanctions américaines.

Les Etats-Unis ont déjà imposé des mesures de rétorsion à l'Iran, Mardi 18 juillet 2017, mesures jugées par Hassan Rohani contraires aux engagements pris par les américains dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien du mois de juillet 2015.

A Bruxelles, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a averti que l'Union Européenne agirait en cas de promulgation de ces nouvelles sanctions, qui pourraient affecter la sécurité énergétique de l'Union Européenne.

Le projet adopté Mardi 25 Juillet 2017 à Washington envisage « l'imposition de sanctions sur n'importe quelle compagnie, y compris européenne, qui contribue au développement, la maintenance, la modernisation ou la réparation de pipelines exportant de l'énergie en provenance de la Russie », indique la commission européenne.

Cela pourrait affecter les gazoducs alimentant l'Ukraine ou des projets cruciaux pour l'indépendance énergétique de l'Union Européenne, comme le projet Baltic Liguefied Natural Gas, souligne-t-elle.

Dans son communiqué, Jean-Claude Juncker rappelle que l'Union Européenne est pleinement engagée dans la mise en oeuvre des sanctions contre la Russie, mais il réclame une étroite coordination entre les membres du groupe des sept pour assurer l'application des accords de paix de Minsk sur l'Ukraine.

L'Union Européenne a déclaré qu'elle ferait connaître ses préoccupations aux Etats-Unis par tous les canaux diplomatiques.

La France a jugé de son côté que la proposition de loi du congrès américain apparaissait illicite au regard du droit international et elle a appelé à une concertation au niveau européen.

En Allemagne, la chambre de commerce et d'industrie a estimé que le projet américain risquait de nuire à la sécurité énergétique de l'Allemagne et qu’il semblait conçu pour favoriser les entreprises américaines.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 17:11

 

https://fr-fr.facebook.com/jacques.perreux/posts/1072466096221651

 

Acharnement contre José Bové et Cedric Herrou

 

L'assistance à personne en danger est-elle maintenant un délit ?

 

Par Jacques Perreux

 

Lundi 24 Juillet 2017, avec José Bové et Cédric Herrou, nous accompagnons en train plus de cent soixante migrants à Nice. Ces cent soixante personnes ont été accueillies dans la ferme de Cédric Herrou.

Le plus souvent ces personnes sont fatiguées voire épuisées, elles présentent parfois des plaies et sont souvent atteintes de graves lésions dues à la gale. Le transport de ces personnes à Nice pour aller déposer leurs demandes d'asile se fait avec l'accord de la gendarmerie et sous son contrôle. À l'arrivée en gare le cortège se dirige tranquillement vers le square Mermoz pour recueillir les formulaires de demande d'asile et se restaurer. Nous profitons de ce temps avec José Bové pour nous rendre à la Police Aux Frontières (PAF). José Bové, comme son mandat de député européen lui en donne le droit, a souhaité visiter le centre de rétention provisoire. Arrivé à destination il est attendu et reçu mais, surprise, là où d'habitude des dizaines de migrants sont retenus, pas un seul migrant n'est présent.

Tout autour pourtant des sacs des vêtements éparpillés et abandonnés, des poubelles elles aussi remplies comme si un déménagement impromptu avait eu lieu. José Bové est reçu et va rappeler à ses interlocuteurs les lois et les droits des migrants.

Nous nous rendons ensuite à la gare de Menton où nous avons appris que souvent des migrants mineurs sont reconduits en Italie en infraction avec la loi puisqu'ils doivent bénéficier de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE). Petite gare, gros dispositif policier, Cédric Herrou puis José Bové entreprennent de parler avec un jeune migrant qui vient d'être encadré par les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Alors que José Bové décline son identité, il est immédiatement ceinturé et molesté comme le montrent des images du journal de la troisième chaîne de la télévision française.

Nous avons beau protester, les CRS ne lâchent leur emprise que lorsque le jeune migrant est embarqué dans le fourgon.

Questionné par le journaliste de la troisième chaîne sur les violences dont il a été victime, José Bové répond qu'il est là pour que les droits d'asile soient respectés.

A notre retour à Nice, nous assistons au départ en gare de plusieurs dizaines de migrants pour la destination de Marseille. Cédric Herrou les accompagne. Nous apprendrons un peu plus tard que le train est stoppé à Cannes, que Cédric Herrou est en garde à vue et que les migrants sont expulsés vers l'Italie.

Mardi 25 Juillet 2017, José Bové relate ces faits sur la matinale de France Inter. 

Quelques heures plus tard, il est informé que, dans la cadre d'une commission rogatoire ouverte par le procureur de Grasse, il va être auditionné. Lors de celle-ci, il fait savoir qu'il ne fait pas appel à son immunité parlementaire et qu'il assume tous ses actes en tant que citoyen.

Dans le même temps nous apprenons que la ferme de Cédric Herrou est en cours de perquisition et que tous les migrants présents sont embarqués.

Tout cela se passe en France sur la Côte d'Azur a minima par la volonté d'un préfet peu regardant sur le respect du droit. Des forces de polices impressionnantes sont mobilisées pour harceler et traquer des citoyens qui ne font que leur devoir de porter secours à d'autres personnes en situation sanitaire et psychique fragile.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 19:51

 

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/220717/nous-sommes-tous-des-rifains

 

Nous sommes tous des rifains

 

Samedi 22 Juillet 2017

 

Dans un texte collectif, plusieurs personnalités, dont Olivier Besancenot et Noël Mamère, affirment leur solidarité avec le mouvement social pacifique qui ébranle la région du Rif au Maroc et ils dénoncent le soutien aveugle de l'état français à la monarchie marocaine.

Alors qu’un mouvement populaire dans le nord du Maroc, qui se bat pour la justice sociale, la dignité et la liberté, est durement réprimé, nous ne pouvons qu'être révoltés par la complaisance du gouvernement français avec le régime de Mohamed VI.

Depuis neuf mois, un mouvement social pacifique a pris de l’ampleur dans la région du Rif au Maroc, suite à la mort tragique de Mohcine Fikri, jeune vendeur de poisson, écrasé le 28 octobre 2016 par la benne à ordures qui engloutissait sa marchandise confisquée par la police.

La visite d’Emmanuel Macron au Roi Mohamed VI le 14 juin 2017 a été présentée comme un « séjour privé afin de faire connaissance » avec ce dernier. Elle n’a fait que confirmer la continuité des politiques menées par les gouvernements français successifs depuis des décennies. Sur le plan sécuritaire, Emmanuel Macron considère le Maroc comme un partenaire efficace et fiable dans la lutte antiterroriste et migratoire et souhaite renforcer les coopérations sécuritaires à l’avenir.

La monarchie se positionne comme un relais et une tête de pont de pénétration des marchés par le biais des filiales des entreprises du CAC 40 implantées au Maroc et en même temps comme un garant des intérêts politiques généraux de l’impérialisme français dans cette région du monde, où la concurrence internationale est devenue plus vive, les chasses gardées plus instables et les facteurs de décomposition plus importants.

Le président Emmanuel Macron a réitéré la position de l'état français de soutien à la thèse marocaine, refusant tout référendum d’autodétermination au Sahara Occidental, pourtant demandé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) depuis des décennies.

Il s’est érigé, en ce qui concerne la lutte actuelle dans le Rif, en porte-parole du palais, « j'ai senti que le roi considère qu’il est normal qu’il y ait des manifestations et que son souhait est d’apaiser la situation en apportant de la considération à ces régions et des réponses très concrètes, en termes de politiques publiques. La discussion que nous avons eu ne donne pas, loin de là, de craindre à une volonté de répression ». Ces propos sont une insulte à la société civile indépendante et aux mouvements sociaux et démocratiques, qui sont confrontés depuis des années à une répression systématique.

Le jour même de l’arrivée d'Emmanuel Macron, le procureur du roi a annoncé sa demande de longues peines de réclusion pour vingt cinq détenus sahraouis de Gdeim Izik sur la base d’aveux extorquées sous la torture et vingt huit jeunes du Hirak ont été condamnés à dix huit mois de prison ferme et de lourdes amendes en raison de leur participation au soulèvement social dans le Rif.

Depuis la visite d’Emmanuel Macron, la répression n’a cessé de s’accentuer, arrestations quotidiennes, à l’heure d’aujourd’hui plus de cent soixante seize emprisonnés, et, pour la seule journée de la fin du Ramadan, des dizaines de blessés et d’arrestations suite à une manifestation pour la demande de libération des détenus. Jeudi 20 Juillet 2017, jour anniversaire de la bataille d’Anoual en en 1921 où les troupes d’Abdelkrim al Khattabi ont décimé l'armée espagnole, l’appel à une manifestation nationale à al Hoceima a donné lieu à un matraquage systématique. La ville a été assiégée de l’extérieur et de l’intérieur et elle est soumise à des jets continuels de gaz lacrymogènes et à des dizaines d’arrestations.

Depuis toujours, les présidents de la cinquième république ont protégé la monarchie marocaine. Malgré l’assassinat de Medhi Ben Barka, malgré les emprisonnements arbitraires et les tortures, ils ont soutenu Hassan II. Avec son fils Mohamed VI, Ils entretiennent l’illusion d’une transition démocratique éclairée engagée par le roi là où, derrière la monarchie, règne un pouvoir absolu, prédateur et hostile à toute expression indépendante ou contestation. L'état français, de père en fils est du côté du pouvoir, quel qu’en soit le prix. La monarchie se replie sur son appareil sécuritaire et judiciaire en s’appuyant sur les législations antiterroristes.

Nous sommes toujours aux côtés du peuple rifain, dont l’histoire garde la mémoire d’une répression sauvage par l’action conjointe de Philippe Pétain et de Francisco Franco, lorsqu’il s’était révolté contre le colonialisme. Nous dénonçons la stratégie de criminalisation du mouvement social menée par le pouvoir. Nous saluons la détermination et la résistance des manifestants.

Nous exigeons des autorités marocaines l'arrêt de la répression, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, le respect des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, la satisfaction des revendications et la réponse aux aspirations de dignité et de justice économique et sociale du mouvement des rifains.

 

Premiers signataires

 

Jean-Claude Amara, Verveine Angeli, Olivier Besancenot, Sergio Coronado, Annick Coupé, Bernard Dreano, Patrick Farbiaz, Noël Mamère, Myriam Martin, Gustave Massiah, Christine Poupin, Lydia Samarbakhsh

 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 19:05

 

https://www.ilfattoquotidiano.it/2017/07/25/francia-cedric-herrou-ed-eurodeputato-accompagnano-200-migranti-a-nizza-maxi-blitz-della-polizia-li-riporta-in-italia/3753755/

 

Cédric Herrou et le député européen José Bové accompagnent deux cent migrants à Nice. La police les ramène en Italie.

 

Le paysan solidaire et José Bové ont aidé le groupe à demander l'asile mais, malgré cela, une partie des migrants dont la première étape était Menton ont été renvoyés à la frontière. José Bové a dit que « nous voulons demander à l'Europe une procédure contre la France par la cour européenne de justice. Ces expulsions sont une violation continue des droits d'asile et elles n’ont aucune base légale ».

L'agriculteur français qui aide les migrants Cedric Herrou et le député européen écologiste José Bové ont accompagné, Lundi 24 Juillet 2017, plus de deux cent migrants de la vallée de la Roya à Nice parce qu'ils ont demandé l'asile en France. Cent vingt d’entre eux ont ensuite pris le train pour Marseille, mais ils ont été arrêtés à la gare de Cannes par la police qui les a conduits au poste frontière de Menton Garavan, à la frontière entre la France et l'Italie, puis qui les a renvoyés dans notre pays. Cedric Herrou a été conduit dans une cellule de sécurité du poste de police de Cannes. Il a été arrêté Lundi 24 Juillet 2017 dans la soirée et il devrait être libéré dans les prochaines heures.

Les demandeurs d'asile arrêtés à Cannes, principalement du Soudan, de Guinée, de l'Erythrée et du Tchad, étaient assis sur le sol sur les voies ferrées et ils étaient surveillés avant d'être chargés dans un bus et déposés au poste frontière. Sur place, il y avait des militants, des avocats et des militants des organisations de défense des droits de l'homme, mais ils n'ont pas été autorisés à prendre contact avec les migrants. Après plusieurs heures d'arrêt à Menton Garavan, au cours desquelles il a été interdit à quiconque d'obtenir des informations et de se rapprocher du poste frontière, les migrants ont été livrés par petits groupes à la police italienne, qui les obligeaient à marcher vers Vintimille. Selon des sources sur place, une partie du groupe a été chargé sur place dans un bus à destination de Tarente, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois au cours des dernières semaines.

Ce n’est pas la première reconduite forcée à la frontière entre la France et l'Italie. La différence dans ce cas est le nombre. Lundi 24 Juillet 2017 en fin de matinée, environ cent vingt migrants, tous en provenance de la vallée de la Roya, étaient arrivés en train à Nice avec l'intention de demander l'asile en France. Lundi 24 Juillet 2017 dans l’après-midi, il y avait une autre centaine de migrants, toujours en provenance de la vallée de la Roya. A la tête du groupe, il y avait Cédric Herrou, accompagné de José Bové. « L'idée est de demander à l'Europe d'ouvrir une procédure contre la France par la cour européenne de justice », a déclaré José Bové pour expliquer la raison de sa présence, « ces expulsions sont une violation continue des droits d'asile et elles n’ont aucune base légale ».

Parmi les migrants reconduits en Italie, il y avait Astewi, un érythréen, qui est apparu sur la route à l'aube, chancelant. Il a été arrêté par la police dans les montagnes de la vallée de la Roya alors qu’il essayait avec un ami d'atteindre la frontière à pied. Il a passé la nuit enfermé dans un conteneur à la frontière française. Il est en état de choc. « Nous sommes restés toujours ensemble, sans nourriture ni eau, attaqués plusieurs fois par des chiens ». A l’équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) qui l’a visité à Vintimille, il a montré les griffes de chien sur ses bras. Il a une côte douloureuse et une jambe qui se déplace à peine.

Une large représentation de volontaires et de militants, de l’Association Roya Citoyenne (ARC) de Cédric Herrou et d’Amnesty International, attendait la centaine de migrants à la gare de Nice pour leur fournir des informations sur les pratiques d'asile en France et les adresses des Plateformes d’Accueil des Demandeurs d’Asile (PADA) des différentes villes, pour effectuer leur pré-inscription  et pour prendre rendez-vous avec les préfectures. De nombreux migrants avaient l’intention de rejoindre Paris, Marseille, Lyon et d'autres destinations. Les volontaires français ont accompagné un groupe, mais ils ont été bloqués à Cannes.

Les militants et les volontaires font également un travail de surveillance contre les violations éventuelles des droits. Depuis un certain temps, par exemple, la PADA de Nice, sur instruction de la préfecture, ne délivre pas les récépissés de demande d'asile, mais de simples papiers avec les coordonnées du demandeur, sans aucune valeur juridique. Cela signifie que les migrants, dans l’attente de leur rendez-vous pour leur demande d’asile, restent clandestins.

Le groupe qui a été expulsé de France est arrivé Mardi 25 Juillet 2017 à Vintimille. Certains sont déterminés à franchir à nouveau la frontière, d'autres sont résignés à abandonner. Il y a quelques heures, un message est arrivé dans le téléphone d’un volontaire. C’était un soudanais du groupe de la vallée de la Roya, « c’est Moussab, je suis à Paris ». A cinquante ans, il l’avait dit, il l’a fait.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 09:05

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1A90OM-OFRTP

 

Jared Kushner entendu deux heures trente par une commission du sénat des Etats Unis (Reuters)

 

Jared Kushner, le gendre et conseiller spécial de Donald Trump, a été entendu Lundi 24 Juillet 2017 pendant deux heures trente par la commission du renseignement du sénat américain. Il avait au préalable, dans une déclaration écrite, démenti toute collusion avec Moscou durant la campagne électorale de 2016.

Dans sa déclaration écrite rendue publique avant l'audition à huis clos devant la commission, il a détaillé quatre rencontre qu'il a eues l'an dernier avec des responsables russes, faisant là le compte rendu le plus complet à ce jour sur ses contacts avec des russes, que ce soit pendant la campagne ou pendant la période de transition après le Mardi 8 Novembre 2016.

Mardi 25 Juillet 2017, ce sera au tour des membres de la commission du renseignement de la chambre des représentants de l'interroger.

Les élus voulaient notamment l'entendre sur une rencontre avec l'avocate russe Natalia Vesselnitskaïa qui s'est tenue à la Trump Tower de New York le 9 juin 2016, cinq mois avant l'élection présidentielle remportée par Donald Trump face à la démocrate Hillary Clinton.

Dans la déclaration écrite, Jared Kushner affirme qu'il n'a pas agi en connivence avec la Russie ni cherché à établir des canaux de communication discrets avec Moscou l'an dernier.

« Il n'y a pas eu collusion de ma part, et je ne connais personne dans cette équipe de campagne ayant agi en collusion avec un gouvernement étranger », indique-t-il dans cette déclaration écrite.

« Je n'ai pas eu de contacts inappropriés et je n'ai pas compté sur des fonds russes pour financer mes activités dans le secteur privé », ajoute-t-il encore.

Il observe qu'il a eu « peut-être quatre contacts avec des représentants russes » durant la campagne électorale puis la période de transition qui a suivi la victoire de son beau-père.

Donald Trump Junior, un des fils du milliardaire, et Paul Manafort, ancien directeur de son équipe de campagne, participaient également à la réunion avec l'avocate russe Natalia Vesselnitskaïa au mois de juin 2016. Ils sont tous deux en négociation avec la commission des affaires judiciaires du sénat sur une possible audition en public.

S'exprimant à la Maison Blanche après sa rencontre avec les membres de la commission du sénat, Jared Kushner a assuré que tous ses actes avaient été corrects et s'étaient inscrits sur la toile de fond d'une campagne électorale absolument unique.

La première de ses quatre rencontres avec des russes a concerné l'ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kisliak, au mois d’avril 2016. Jared Kushner dit ne pas avoir souvenir de conversations téléphoniques avec Sergueï Kisliak entre le mois d’avril et le mois de novembre 2016, comme Reuters en a fait état au mois de mai 2017.

Il note n'avoir trouvé aucune trace de ces discussions dans ses données téléphoniques et dit douter fortement qu'elles aient eu lieu.

Jared Kushner dit avoir revu Sergueï Kisliak le premier décembre 2016.

Jared Kushner dit aussi avoir rencontré après l'élection, à savoir le 13 décembre 2016, Sergueï Gorkov, patron de l'établissement bancaire public russe Vnecheconombank, parce que Sergueï Kisliak insistait et parce que ce russe avait une relation directe avec le président Vladimir Poutine. « Aucun dossier politique particulier » n'a été alors évoqué, a assuré Jared Kushner.

Il dit ne pas avoir eu de contact avec Sergueï Gorkov auparavant et ne pas en avoir eu d'autres par la suite.

Concernant la rencontre au mois de juin 2016 avec l'avocate Natalia Vesselnitskaïa, le fils aîné de Donald Trump en a déjà reconnu l'existence au début du mois de juillet 2017.

Donald Trump Junior a reconnu avoir vu cette avocate qui, a-t-il expliqué, disait avoir des informations compromettantes sur d'éventuels liens entre l'équipe de campagne d'Hillary Clinton et des gens liés à la Russie. Donald Trump Junior a ajouté que Natalia Vesselnitskaïa « n'avait pas d'information à donner » et qu'elle souhaitait parler d'autres sujets.

Dans sa déclaration écrite, Jared Kushner indique qu'il y a participé à la demande de son beau-frère et il qualifie cette rencontre de perte de temps. « J'ai même envoyé un mail à un assistant depuis le lieu de cette réunion une dizaine de minutes après mon arrivée et je lui ai écrit de m'appeler sur mon portable parce que j’avais besoin d'un prétexte pour quitter cette réunion ».

Les premiers mois du mandat de Donald Trump à la Maison Blanche sont obscurcis par les soupçons de collusion entre des membres de son équipe de campagne et la Russie, que les agences américaines du renseignement accusent d'ingérence dans l'élection présidentielle de l'an dernier.

Moscou dément cette accusation. Donald Trump, qui affirme qu'il n'y a eu aucune collusion avec la Russie, voit, dans les enquêtes en cours au congrès et au département de la justice, une chasse aux sorcières répondant à des motifs politiques.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 08:49

 

Le gouvernement israélien annonce le retrait des portiques (Reuters)

 

Les détecteurs de métaux installés aux abords de l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, vont être retirés et remplacés par des dispositifs de surveillance plus discrets, annonce Mardi 25 Juillet 2017 le gouvernement israélien dans un communiqué.

 

Les portiques de détection ont été installés après la mort de deux policiers, tués Vendredi 14 Juillet 2017 sur le site par des arabes israéliens. L'indignation suscitée par cette mesure a donné lieu à des affrontements d'une violence sans précédent depuis plusieurs années. Trois israéliens et quatre palestiniens ont été tués Vendredi 21 Juillet et Samedi 22 Juillet 2017.

 

Le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) s'est réunit Lundi 24 Juillet 2017 en urgence pour tenter de désamorcer la crise et Jason Greenblatt, l'émissaire américain pour le Proche-Orient, s'est rendu en Israël, où il a été reçu par le premier ministre Benjamin Netanyahu.

 

Au terme d'une réunion de plusieurs heures, les membres du cabinet israélien de sécurité ont donc voté Lundi 24 Juillet 2017 dans la soirée en faveur du retrait des détecteurs.

 

Selon le communiqué, ils ont décidé de suivre les recommandations des services de sécurité et de remplacer les portiques par des systèmes de vérification intelligents. Cent millions de shekels, vingt quatre millions d'euros, ont été alloués à l'achat du matériel et au renforcement du dispositif policier sur le site. Troisième lieu saint de l'islam et lieu éminemment sensible, l'esplanade des Mosquées est bordée par le mur des Lamentations.

 

Des employés municipaux ont commencé à installer des bras métalliques dans plusieurs rues de la vieille ville pour y fixer des caméras de surveillance, ont constaté des journalistes de Reuters.

 

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne, a annoncé Vendredi 21 Juillet 2017 la rupture des contacts avec Israël en exigeant le démontage des détecteurs de métaux. Le gouvernement israélien, qui ne voulait pas donner l'impression de céder aux pressions de Ramallah et de la communauté internationale, avait exclu de les retirer, Dimanche 23 Juillet 2017.

 

En plus des violences de Jérusalem, deux jordaniens ont été tués Dimanche 23 Juillet 2017 par un agent de sécurité de l'ambassade israélienne. L'un d'eux s'était rué sur lui armé d'un tournevis et l'autre a été victime d'une balle perdue, selon le ministère israélien des affaires étrangères.

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 19:38

 

 

http://www.huffpostmaghreb.com/rim-ben-fraj/tout-est-a-reconstruire-i_b_17528200.html

 

Tout est à reconstruire

 

Interview de Fausto Giudice, écrivain et éditeur, par Rim Ben Fraj

 

Jeudi 20 Juillet 2017

 

Sa mère était allemande et s'appelait Marguerite, elle l'a donc appelé Fausto, d'après Faust, de Goethe. Ses grands-parents étaient des harragas venus en barque de Sicile en Tunisie en 1900. Il a grandi dans la Tunisie de l'indépendance, qu'il a quittée pour l'Europe en 1967. Mais il n'a jamais coupé les liens avec le pays de son enfance, dans lequel il est revenu en 2011, « une fois levé l'unique obstacle entre le pays et moi, Zaba ». En 2012, il a créé une maison d'édition à Tunis, workshop19, qui a publié six livres à ce jour, dont celui d'un jeune écrivain tunisien, Farouq Ferchichi. Elle est en train de préparer une nouvelle formule d'édition de livres en ligne.

 

Rim Ben Fraj. Fausto Giudice, qui êtes-vous ?

 

Fausto Giudice. Je suis un italien de soixante sept ans, installé depuis six ans à Tunis, où je suis revenu vivre après la chute de Ben Ali. J'ai grandi à Tunis dans les années 1950 et 1960, mes grands-parents étaient des harragas siciliens arrivés en 1900. J'ai quitté la Tunisie en 1967, mais j'ai toujours gardé des liens avec des camarades tunisiens émigrés ou exilés. Durant mes années en Europe, j'ai fait toutes sortes de métiers, entre autres journaliste à l’agence de presse Libération, au quotidien du même nom qui lui a succédé et aussi à Radio France-Culture. J'ai réalisé des enquêtes sur la condition des immigrés en France et en Europe, publiées sous forme de deux livres, « têtes de turcs en France » en 1989 et « arabicides » en 1992 aux éditions de la Découverte, et d'une série de reportages radios et écrits.

Pendant toutes ces années, j'ai été engagé, en France comme en Suède, dans la solidarité avec les demandeurs d'asile et les réfugiés menacés de renvoi vers les pays qu'ils avaient fui. J'ai même fait un bref passage à l’Organisation des Nations Unies (ONU), comptant des cadavres au Burundi et enquêtant sur des massacres et disparitions quotidiens, mais la machine bureaucratique de l'ONU m'a rapidement remercié. Je prenais sans doute trop d'initiatives. J'ai aussi traduit des livres en suédois et en français, dont le roman de Nanni Balestrini sur la révolte des ouvriers de Fiat à Turin en 1969, « vogliamo tutto », « nous voulons tout », et les mémoires d'un jeune allemand de l’est devenu nazi avant de rompre avec ce milieu, Ingo Hasselbach, aux éditions de la jeunesse perdue en 1995.

Bien sûr, en cinquante ans de vie adulte, j'ai eu le temps de faire beaucoup d'autres choses. Pour les raconter, il faudrait un livre, que j'espère bien pouvoir finir d'écrire et publier de mon vivant.

Je suis revenu en Tunisie deux fois dans les années 1980, puis j'ai du attendre vingt trois ans pour pouvoir revenir. Les services de Ben Ali avaient un dossier épais sur mes activités publiques de soutien aux tunisiens qui combattaient la dictature. Après mon retour, j'ai décidé de réaliser un vieux rêve, créer une maison d'édition pour contribuer à la reconstruction mentale et culturelle après la dictature. J'ai donc lancé workshop19 en 2012, une maison d'édition généraliste. Nous sommes arrivés pour le moment à publier six livres.

 

Rim Ben Fraj. Pourquoi ce nom workshop19 ?

 

Fausto Giudice. Le nom a une double origine. D'une part, le projet est né au numéro dix neuf d'une rue de Tunis, d'autre part le dix neuvième article de la déclaration universelle des droits de l'homme stipule que « tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».

 

Rim Ben Fraj. Comment faites-vous pour trouver vos auteurs ?

 

Fausto Giudice. Par le bouche-à-oreille, par les réseaux sociaux, par les rencontres lors d'événements culturels et par le réseau de traducteurs que je coordonne, www.tlaxcala-int.org.

 

Rim Ben Fraj. Comment financez-vous vos livres ?

 

Fausto Giudice. Par des apports personnels, ma mère m'a laissé un petit héritage, par ma pension de retraite et par les ventes.

 

Rim Ben Fraj. Quelles sont les autres difficultés que vous rencontrez ?

 

Fausto Giudice. La principale difficulté à laquelle nous nous heurtons, c'est que de moins en moins de gens lisent ou, en tout cas, achètent des livres. Les livres imprimés se vendent très mal en librairie. En plus, il n'y a pas de distributeurs sérieux, efficaces et performants, de livres en Tunisie. Les gens continuent à lire, beaucoup même, mais ne sont pas conscients qu'ils lisent, sur Facebook, Twitter et Instagram. Le livre imprimé devient un objet exotique de luxe, étranger à la plupart des gens. Nous nous cassons la tête depuis des années pour trouver des solutions à ce problème. Faut-il essayer à tout prix de ramener les gens au livre imprimé ou bien essayer d'inventer un nouveau type de livres adapté aux nouvelles habitudes ?

 

Rim Ben Fraj. Comment définissez-vous la maison d'édition et est-ce que vous avez une ligne éditoriale bien définie ?

 

Fausto Giudice. Nous nous sommes définis comme des « mécaniciens du livre, réparateurs de véhicules et moteurs culturels en panne ». Notre ligne éditoriale est que « nous sommes humains et rien de ce qui est humain ne nous est étranger ».

 

Rim Ben Fraj. Quels sont vos projets ?

 

Fausto Giudice. Nous sommes en train de créer la « maison d'édition du vingt et unième siècle ». Ce sera une maison d'édition publiant sur tous les thèmes possibles, dans tous les genres possibles et dans toutes sortes de langues, proposant ses livres sous forme électronique et les imprimant à la demande. Elle devrait être opérationnelle d'ici à la fin de l'année 2017. Nous examinons tout manuscrit. On peut nous les envoyer à contact@workshop19.info et visiter notre site, notre page facebook et notre page Twitter.

 

Rim Ben Fraj. Comment voyez-vous le paysage culturel de la Tunisie post 2011 ?

 

Fausto Giudice. C'est un peu Beyrouth après la guerre. Tout est à reconstruire, à reprogrammer et à reformater, à commencer par l'école et par l'éducation en général. Il faut redéfinir les rapports entre l'argent et les idées. En général, ceux qui ont l'argent n'ont pas d'idées et ceux qui ont les idées n'ont pas d'argent. Il faut débureaucratiser, démaffiatiser, dénépotiser les mécanismes de promotion de la culture. Laisser la place aux jeunes, aux femmes et aux sans, les sans-voix, les sans-parti, les sans-subventions et les sans-relations.

 

Rim Ben Fraj. Un dernier mot, pour conclure ?

 

Fausto Giudice. Un peuple qui ne lit pas est condamné à mourir, un peuple qui n'écrit pas est condamné à l'oubli éternel.

 

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