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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:11

http://www.ensemble-finistere.eklablog.com/compte-rendu-de-la-reunion-ensemble-avec-jean-luc-melenchon-et-la-fran-a126290326

Compte-rendu de la réunion d'Ensemble avec Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise du Jeudi 30 Juin 2016

Présents pour la France Insoumise, Mathilde, chargée du suivi des groupes d’appui, Clémence, chargée du programme, Alexis Corbière, Liem Hoang Ngoc et Jean-Luc Mélenchon.

Présents pour Ensemble, François Calaret, Ingrid Hayes, Patrice Moingeon et Alain Montaufray.

Nous avons introduit la discussion dans les termes suivants.

Proposition de discuter de l’articulation entre la nécessaire refondation d’une alternative politique et les échéances électorales de 2017, sans aborder d’autres points qui peuvent faire débat.

Synthèse du consensus adopté à l'assemblée générale d'Ensemble du Samedi 11 Juin et du Dimanche 12 Juin 2016 en la matière.

Ensemble est favorable à des candidatures de rassemblement aux élections présidentielles et aux élections législatives, ce qui suppose la construction d’un front et d’une coalition de forces.

Quel processus de construction d’une campagne commune, quelles initiatives et propositions pour que Jean Luc Mélenchon soit le candidat d’un rassemblement issu d’une démarche collective ?

La France insoumise est-elle considérée comme le cadre unique, comment sont envisagées d’éventuelles alliances entre la France insoumise et des forces qui n’y participeraient pas ?

Après 2017, Ensemble se situe dans la perspective d’une refondation de la gauche de transformation sociale et écologiste, pas seulement en 2017 mais surtout ensuite, refondation que le Front De Gauche (FDG) n’est pas parvenu à impulser.

Est-il possible de clarifier le projet porté par la France insoumise et la campagne de Jean Luc Mélenchon en la matière et d’expliquer jusqu’à quel point il est subordonné au cadre de la France insoumise ?

Réponse Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a longuement répondu en rappelant les conditions du lancement de sa candidature, le refus des partenaires du FDG de la soutenir d’emblée, le lancement des élections primaires de Laurent Joffrin et de Daniel Cohn Bendit qui l’a poussé à accélérer le rythme, vu son refus du principe des élections primaires, l’importance de partir tôt pour s’enraciner, l’acquis de 2012 et les expériences internationales.

Il a ensuite expliqué le fonctionnement du mouvement de la France insoumise qui ne constitue pas encore un cadre très formalisé, « on en fait ce qu’on veut ».

Il est dit que le brouillon de tout cela était le Mouvement pour la Sixième République (MSR) et des expériences latino-américaines.

Il s’agit d’un mouvement fédéré par l’action, un programme et deux campagnes électorales en 2017 considérées comme constituant une seule réalité politique.

La France insoumise est un cadre qui dans son esprit se substitue au FDG, considéré comme terminé.

Ses structures de base, locales, appelées groupes d’appui, qui doivent rester des petites structures, regroupent des individus, pas des formations politiques ou sociales.

Elles seront amenées à prendre deux décisions après le premier tour, si Jean Luc Mélenchon ne franchit pas cette étape, la consigne de vote pour le deuxième tour et le maintien ou non de la France insoumise comme mouvement permanent.

Les premières assises auront lieu au mois d'octobre 2016 et porteront sur le programme, dont une première version publique non définitive sera publiée à l’issue de ces assises.

Trois questions sont indiquées comme devant compléter l'humain d’abord, l’économie de la mer, la conquête de l’espace et l'Europe.

L’élaboration du programme a trois sources différentes, l'humain d’abord, programme de 2012, les amendements des groupes d’appui et les contributions des partis qui s’associent au mouvement.

Le programme se construit à travers des « auditions » réalisé par les coordinateurs.

Il sera publié, ainsi qu’une série de livrets thématiques.

A cette élaboration devraient s’ajouter le travail d’ateliers législatifs.

Aux groupes d’appui vient s’adjoindre un « espace politique », qui regroupe les organisations politiques qui soutiennent, les « bouts d’organisations politiques » qui soutiennent, les revues comme Mémoire des luttes et les personnalités.

S’ajouteront peut être d’autres espaces, un espace « citoyens en entreprise », éventuellement un espace « jeunes » et peut-être aussi un espace intellectuel.

A ces groupes et à ces espaces, s’ajoute l'assemblée représentative constituée de membres tirés au sort dans les groupes d’appui et où les organisations en soutien pourraient être présentes.

L’articulation et la place de tous ces éléments n’a pas vraiment été pensée encore.

Globalement, trois prismes se superposent dans l’analyse qui nous fut livrée.

Sur le bilan tiré des expériences européennes, pour Jean Luc Mélenchon l’étape de die Linke, de Syriza et de Podemos, est close, les deux premières considérées comme épuisées parce que formées à partir de la fusion d’organisations préexistantes, la troisième plus valorisée quoique « trop verticale » et jugée peut-être plombée électoralement par Izquierda Unida.

Il y a le refus de subir à nouveau de quelque manière que ce soit le rapport de forces imposé par le Parti Communiste Français (PCF), voire de se retrouver à nouveau dans un cadre commun type FDG avec le PCF.

Il y a toute une série d’éléments mis en place, l’association de financement unique pour les élections présidentielles et pour les élections législatives, la volonté de désigner cinq cent soixante dix sept candidats, tout comme le PCF va désigner les siens, et sans envisager d’alliance, et le fait de proposer aux organisations non de se dissoudre formellement mais de rejoindre le cadre de la France insoumise sont explicitement justifiés ainsi.

Mais en réponse à la question de savoir comment des forces politiques comme Ensemble ou le PCF pourraient éventuellement s’associer en soutien à sa candidature, il est dit après hésitation que « la France insoumise ne va pas redevenir à nouveau un FDG avec des partis ».

Sur l’hypothèse que la position de Marie Georges Buffet en soutien à sa candidature devienne majoritaire au sein du PCF, Jean Luc Mélenchon répond qu’il n’envisage pas cette hypothèse, étant « profondément pessimiste sur cette possibilité ».

L’analyse de la période est soulignée à la serpe par Liem Hoang Ngoc et Alexis Corbières, il ne faut pas recommencer la construction d’un front ou d’un rassemblement de forces comme nous l’avions fait entre 2009 et la campagne de 2012 et après, les partis sont discrédités, la convergence de forces ne produit pas automatiquement une dynamique mais plutôt des ambiguïtés et l’important est la posture et la manière de l’incarner en toute clarté, loin de « la soupe » et « des parlottes ».

Pour Jean Luc Mélenchon, la période des fronts et des rassemblements de forces politiques est finie et terminée.

Europe Ecologie Les Verts (EELV) ne fait pas partie des forces avec qui chercher une alliance, jugée inconsistante voire nuisible, ainsi que les socialistes dissidents.

Il n’est pas vraiment question de secteurs de mouvements sociaux qui pourraient être impliqués dans une nouvelle construction, mais d’individus qui appuient.

A la question posée sur les perspectives d’une refondation à gauche après 2017, la réponse est simple, c’est la France insoumise, encore en cours de définition, qui en sera le cadre.

La réunion s’est déroulée dans un climat correct, avec l’expression d’une certaine ouverture en notre direction, au sens où Alexis Corbière et Jean Luc Mélenchon cherchaient à nous convaincre qu’en les rejoignant nous aurions de l’or dans les mains, au sens propre et au sens figuré, et la réponse à notre questionnement sur le type d’association possible avec des forces qui ne rejoindraient pas la France insoumise est pour l’heure jugée trop abstraite.

Nous avons indiqué que nous ferions part de ces échanges au sein d’Ensemble, où les discussions se poursuivaient dans la perspective du conseil national du mois d'octobre 2016.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 17:25

ITALIE GRANDE BRETAGNE ET ESPAGNE

Par Bernard Fischer

Dimanche 3 Juillet 2016

Il y avait donc à la fin du mois de juin 2016 trois échéances électorales européennes importantes en Italie, en Grande Bretagne et en Espagne.

Tout commençait le Dimanche 19 Juin 2016 par le deuxième tour des élections municipales partielles en Italie. Les candidates du Mouvement Cinq Etoiles (MCE) gagnaient les mairies de Rome et de Turin. Il y avait ensuite, quatre jours plus tard, la victoire du Brexit au référendum en Grande Bretagne. Il y avait enfin, trois jours après la victoire du Brexit en Grande Bretagne, les élections législatives en Espagne dans lesquelles les quatre plus importantes formations politiques espagnoles confirmaient les résultats des élections législatives du mois de décembre 2015.

Les caractéristiques communes de ces trois événements électoraux sont les suivantes.

Premièrement, ce sont des défaites politiques majeures des gouvernements réactionnaires respectifs de Matteo Renzi en Italie, de David Cameron en Grande Bretagne et de Mariano Rajoy en Espagne, de l’Union Européenne et de la troïka.

Deuxièmement, comme conséquence de ces défaites des gouvernements réactionnaires, ce sont des victoires politiques importantes des peuples d’Italie, de Grande Bretagne et d’Espagne.

Troisièmement, ces résultats ne sont pas du tout des coups de tonnerre dans un ciel bleu, ils viennent de loin, ce sont les résultats de plusieurs dizaines d’années d’évolution politique et sociale dans chacun des pays et ils auront des conséquences pendant des dizaines d'années.

Enfin, quatrièmement, les médias français et l’extrême gauche française ne comprennent rien à ces résultats.

Les médias français ne comprennent rien à la victoire des candidats du MCE aux élections municipales partielles en Italie. Ils présentent généralement le MCE comme un parti populiste et le populisme serait forcément de droite ou d’extrême droite. Ils ne connaissent rien à la vie politique italienne. Ils ne connaissent pas, par exemple, trois événements importants de la vie politique italienne depuis quinze ans, les girotondi en 2002, le No Berlusconi Day en 2009 et les forconi en 2013. La majorité des électeurs du MCE sont tout simplement les anciens électeurs du Parti Communiste Italien (PCI) et de l’extrême gauche italienne d’il y a vingt ans et d'il y a quarante ans.

Les deux conséquences les plus importantes de la victoire du Brexit en Grande Bretagne sont les suivantes.

Premièrement, la question centrale de la campagne pour le référendum britannique était la question du vote non de gauche à l’Union Européenne, mais l’extrême gauche française ne participait pas du tout à cette campagne et elle oubliait totalement la campagne pour le vote non de gauche au référendum français de 2005. L’extrême gauche française ne comprend rien aux relations entre la gauche du parti travailliste et le Socialist Workers Party (SWP) de Grande Bretagne. Si Jeremy Corbyn ne capitule pas, comme d’autres avant lui, comme par exemple Alexis Tsipras en Grèce, il y aura dans toutes les circonscriptions aux prochaines élections législatives britanniques des candidats du vieux parti travailliste de Jeremy Corbyn contre les candidats du nouveau parti travailliste de Tony Blair.

L’autre conséquence des résultats du référendum britannique, ce sera l’explosion du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, l’indépendance de l’Ecosse et la réunification de l’Irlande. Il y avait déjà un premier référendum pour l’indépendance de l’Ecosse en 2014. Le parti majoritaire aujourd’hui en Ecosse est le Scottish National Party (SNP) et son programme est très clair, c’est l’indépendance de l’Ecosse et l’adhésion de l’Ecosse indépendante à l’Union Européenne.

En Espagne, la majorité des instituts de sondage espagnols annonçaient le sorpaso, le passage de Podemos devant le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Il n’en était rien et les instituts de sondage proclamaient immédiatement la défaite de Podemos. Deux ou trois sièges de plus ou de moins pour Podemos ou bien pour le PSOE, cette question était totalement secondaire. La question centrale depuis six mois est la question de l’ingouvernabilité de l’Espagne et de la crise du bipartisme et du régime de la transition de la monarchie post franquiste. Après les élections législatives du mois de juin 2016, l’Espagne est toujours aussi ingouvernable et les meilleurs commentateurs et spécialistes de la vie politique espagnole prédisent déjà pour la troisième fois des élections législatives en Espagne en 2017. La seule solution serait une grande coalition comme en Allemagne, un gouvernement d’union nationale entre le Parti Populaire et le PSOE, mais cette solution précipiterait la crise du régime et du PSOE.

En Espagne, la question centrale n’est pas à Madrid, comme en Grande Bretagne la question centrale n’est pas à Londres. La question centrale est la question de l’explosion de l’état espagnol, de l’indépendance de la Catalogne et du Pays Basque et de la réalisation du mot d’ordre central de la diada de Catalunya de 2012, « Catalunya, nou estat d’Europa ».

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 16:36

NUIT DEBOUT CONTRE CORTEGE DE TETE

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie du message de Juan Chingo et d’Emmanuel Barot en réponse à Julien Coupat.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.revolutionpermanente.fr à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.revolutionpermanente.fr/L-antipolitique-autonome-et-ses-illusions

Ce que signifierait déborder les bureaucraties par la gauche

Cette confusion incarne la formule la plus radicale du défaitisme, la période n’étant pas révolutionnaire, le degré de réaction étant si élevé et les forces conciliatrices avec le système si prédominantes, que ses défenseurs ne croient pas que la victoire est possible et ne se donnent donc pas les moyens de la rendre possible. Même si sur des bases matérielles et sous des formes antagoniques, quelle différence de fond avec les réformistes et les bureaucrates, au bout du compte ? La logique de la destitution et de la destruction douce qui se présente comme une stratégie n’en est pas une. Le fait de ne pas se donner pour perspective de convaincre les importants secteurs ouvriers qui, à la base de leurs syndicats, et en particulier de la Confédération Générale du Travail (CGT), ont poussé Philippe Martinez à devoir jouer le contestataire bien plus qu’il ne s’y prédisposait, en est une preuve éclatante. Malgré quelques imprécisions factuelles comme par exemple l’appel des vingt et une organisations de la jeunesse qui a joué un rôle clé dans la manifestation du 9 mars 2016, indépendamment de tout le bruit généré en tout debut de mouvement par les pétitions en ligne et les réseaux sociaux, Julien Coupat a raison de dire, dans sa récente interview à Médiapart « qu’il ne faut jamais oublier que, depuis le 9 mars 2016, les centrales ne font que suivre le mouvement. L’appel à manifester initial émanait de youtubeurs et d’une pétitionnaire. Les centrales s’y sont jointes parce qu’elles n’avaient pas le choix. Comme on dit à Nantes, ce n’est pas la manifestation qui déborde, c’est le débordement qui manifeste », et de pointer la coupure existante entre la direction de la CGT et une partie de sa base. Effectivement, Philippe Martinez a dû sous la pression aller plus loin qu’il ne l’anticipait dans l’affrontement avec le gouvernement. Mais il a réussi, pour l’essentiel, à le contrôler et lui donner sa physionomie, réalité à la fois cause et effet de l’absence d’un courant organisé du mouvement ouvrier capable de porter une alternative à sa politique de pression in extremis contre le gouvernement.

Or l’antipolitique autonome consiste à déserter la champ de bataille sur lequel se joue justement notre capacité à briser ce contrôle. Julien Coupat va plus loin lorsqu’il dit, en s’appuyant sur les limites de l’horizontalisme citoyen du mouvement des Nuits Debout que « si Manuel Valls s’est chargé, avec le quarante neuvième article de la constitution, de démontrer toute l’inanité de la démocratie représentative, les assemblées générales de la Nuit Debout de la place de la République ont donné à voir toute l’inanité de la démocratie directe. Ce que le comité invisible disait au sujet des assemblées générales, et qui paraissait si scandaleux il y a encore un an, est devenu une sagesse partagée, du moins par les esprits honnêtes. S’assembler, discourir puis voter n’est manifestement pas la forme par excellence de l’agir politique, c’est seulement sa forme parlementaire, c’est-à-dire la plus spectaculaire et certainement la plus fausse d’entre toutes ». Cette dernière phrase, aux antipodes d’une « sagesse honnête » convoquée ici comme d’autres convoquent « l’opinion publique » pour justifier leur politique en flattant le degré de conscience le plus bas, est l’expression la plus aboutie de la confusion, confortable pour eux et dangereuse pour notre classe, que nous avons largement critiquée antérieurement, consistant à jeter le bébé avec l’eau du bain.

Condamner toute forme d’assemblée au motif que ce serait du « parlementarisme », donc aussi les formes de la démocratie ouvrière, du comité de grève à sa forme historiquement la plus élevée que furent les soviets ou conseils ouvriers des révolutions russes et de la révolution hongroise de 1956, et auparavant le comité central de la garde nationale pendant la Commune de Paris, c’est purement et simplement laisser le champ libre et les pleins pouvoirs aux Philippe Martinez de toutes sortes.

C’est refuser les cadres où les premiers intéressés peuvent prendre enfin les choses en main sans laisser les patrons, les petits chefs et les bureaucrates décider à leur place. C’est refuser de chercher, dans ces cadres, à convaincre et donc à pouvoir élaborer et mettre en œuvre collectivement un programme de lutte et d’action alternatif, portant sur le retrait de la loi, mais posant aussi les jalons d’une lutte d’ensemble contre les conditions de travail, la précarisation et le chômage, incluant tout particulièrement les secteurs les plus exploités et les plus paupérisés du prolétariat, comme les jeunes des quartiers populaires.

Jamais la direction de la CGT ne s’est aventurée sur le terrain d’une telle lutte, bien consciente du fort potentiel révolutionnaire que celle-ci véhiculerait. Mais l’antipolitique autonome de l’insurrection et de la destitution ne s’y aventure pas non plus. Tout en s’affrontant d’un côté aux bandes armées de l’état, mais parfois physiquement aussi à cette bureaucratie, cette antipolitique ne propose pour autant pas la moindre alternative stratégique au réformisme. Elle lui laisse au contraire les coudées franches pour s’assurer encore et toujours le contrôle du mouvement ouvrier. Taper contre Jean Luc Melenchon, Alexis Tsipras, Podemos, Pablo Iglesias et le grand cirque électoraliste, il n’y a pas de problème. Mais proposer comme politique révolutionnaire alternative insurrectionnelle le pur et simple abandon du combat là où il permettra de construire le rapport de forces nécessaire pour faire tomber suffisamment les illusions que ce cirque véhicule, ne peut apparaître comme une solution que pour ceux qui ne veulent pas de révolution et, dans l’immédiat, ne se donnent nullement l’objectif de déborder les bureaucraties par la gauche.

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 18:03

https://socialistworker.co.uk/art/43003/Thousands+rally+for+Jeremy+Corbyn+as+Labour+MPs+try+and+force+him+out

Des milliers de personnes manifestent pour soutenir Jeremy Corbyn contre les députés du parti travailliste qui demandent sa démission

Par Nick Clark

Samedi 2 Juillet 2016

Des milliers de personnes ont participé à des rassemblements à Manchester et à Liverpool pour soutenir le leader de l'aile gauche du parti travailliste Jeremy Corbyn.

Les rassemblements suivent plusieurs jours d'attaques des députés du parti travailliste contre Jeremy Corbyn pour demander sa démission.

Environ trois mille personnes ont participé a un rassemblement à Piccadilly Gardens à Manchester, Vendredi Premier Juillet 2016. Au moins mille personnes se sont réunies à Liverpool, Samedi 2 Juillet 2016.

Ron de Manchester était au rassemblement à Piccadilly Gardens. Il a dit à Socialist Worker qu’il était très en colère et amer et qu’il avait le sentiment que les autres personnes l’étaient aussi contre les députés qui essaient de se débarrasser de Jeremy Corbyn.

« Mais l’état d’esprit de celui-ci est très bon. Malgré le mauvais temps, de nombreuses personnes étaient encore présentes après la fin de la manifestation. C’est l'une des plus grandes manifestations à Manchester depuis des années ».

Le rassemblement a également été le plus grand à ce jour en dehors de celui de Londres depuis le début de la campagne pour la démission de Jeremy Corbyn, Dimanche 26 Juin 2016.

Ses organisateurs, le conseil syndical de Manchester et le groupe de la gauche du parti travailliste Momentum, ont maintenu le rassemblement malgré les appels du leader du parti travailliste du conseil municipal de Manchester pour l’annuler.

Le leader du groupe du parti travailliste au conseil municipal de Manchester, Richard Leese, a déclaré qu'il serait « totalement inapproprié » de tenir le rassemblement le jour des commémorations de la bataille de la Somme.

Les commémorations de la bataille de la Somme ont eu lieu ailleurs dans le centre ville de Manchester et elles se sont terminées plusieurs heures avant le début du rassemblement.

Richard Leese avait envoyé des messages à d’autres conseillers municipaux du parti travailliste de Manchester pour leur dire que le rassemblement était considéré par de nombreux habitants de Manchester comme très irrespectueux et qu’il le critiquait vivement.

Plus tôt dans la semaine, douze conseillers municipaux du parti travailliste de Manchester ainsi que des centaines d'autres dans toute la Grande-Bretagne avaient signé une lettre demandant à Jeremy Corbyn de démissionner. Une seule conseillère municipale du parti travailliste de manchester, Julie Reed, a rejoint le rassemblement de soutien à Jeremy Corbyn.

Des participants aux rassemblements ont dit que des députés travaillistes, dirigés par leur leader Tom Watson, avait essayé d'encourager Jeremy Corbyn à démissionner.

Ils ont essayé de négocier un accord avec Jeremy Corbyn pour qu’il se retire dans la dignité, promettant que son successeur adoptera certaines de ses politiques de gauche.

Tom Watson veut éviter une campagne pour la direction qui pourrait diviser le parti. L'écrasante majorité des députés du parti travailliste veulent le départ de Jeremy Corbyn. Mais il a encore un énorme soutien des militants et des sympathisants du parti.

Jeremy Corbyn a déjà dit qu'il ne voulait pas trahir ses supporters en démissionnant. Et James Schneider, l’organisateur national de Momentum, a déclaré aujourd'hui que, si les députés veulent se débarrasser de Jeremy Corbyn, il faut qu’ils lancent une campagne pour prendre la direction du parti.

« Il faut qu’ils trouvent un candidat, il faut qu’ils trouvent une plate forme et il faut qu’ils lancent la campagne », a-t-il dit.

« Mais ils n’ont pas de candidat qui peut battre Jeremy Corbyn ».

La députée travailliste Angela Eagle avait prévu de lancer une campagne pour la direction du parti plus tôt cette semaine. Mais, Vendredi Premier Juillet 2016, elle semblait avoir reculé et il y avait des informations selon lesquelles elle avait décidé de reporter sa campagne la semaine prochaine.

Jeremy Corbyn a également obtenu le soutien de deux dirigeants syndicaux parlant au festival marxiste organisé par le Socialist Workers Party (SWP) dans le centre de Londres, Vendredi Premier Juillet 2016.

Le secrétaire général du syndicat CWU, Dave Ward, a dit qu’il y aura une campagne pour la direction du parti et qu’il ne faut pas s’énerver. Je ne me soucie pas de qui se présentera contre lui, nous allons continuer à soutenir Jeremy Corbyn.

Le président du syndicat BFAWU, Ian Hodson, a critiqué les cent soixante douze députés travaillistes qui ont voté une motion de censure contre Jeremy Corbyn, Mardi 28 Juin 2016. Il a dit qu’il n’était pas d’accord avec eux.

« S’ils veulent une guerre, ce sera une guerre contre nous, parce que nous n'allons pas abandonner ».

Dix dirigeants syndicaux ont signé une lettre de soutien à Jeremy Corbyn, Jeudi 30 Juin 2016.

Il faut que Jeremy Corbyn ait un fort soutien de certains dirigeants syndicaux et il est vital que les autres ne l'abandonnent pas.

Des militants syndicaux doivent faire pression contre leurs dirigeants pour maintenir leur soutien à Jeremy Corbyn. Ils devraient exiger que leurs syndicats refusent tout financement pour les députés travaillistes qui ont voté contre la direction de Jeremy Corbyn.

Et les supporters de Jeremy Corbyn doivent également maintenir la mobilisation dans les rues pour le défendre. D’autres rassemblements auront lieu à Exeter, à Penzance et à Plymouth ce week-end et il y aura une réunion publique à Islington, dans le nord de Londres, Lundi 4 Juillet 2016.

Des rassemblements comme ceux de Manchester et de Liverpool sont le meilleur moyen de défendre Jeremy Corbyn contre la droite.

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 16:37

http://www.france-palestine.org/Jean-Claude-Lefort-relaxe-les-officines-pro-israeliennes-deboutees

Jean-Claude Lefort, président d'honneur de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), relaxé, les officines pro-israéliennes déboutées

Communiqué de l’AFPS

Lundi 27 Juin 2016

Jean-Claude Lefort, qui était poursuivi pour provocation à la discrimination à l’initiative de l'Association France-Israël et de l'association Avocats Sans Frontières, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Créteil dans son jugement prononcé Vendredi 24 Juin 2016. Il lui était reproché d’avoir appelé au boycott de produits supposés provenir d’Israël. Son avocat, Bérenger Tourné, qui a eu accès aux motifs de la décision, souligne le caractère exemplaire de la décision du tribunal correctionnel de Créteil en ce qu’elle rappelle la primauté de la liberté d’expression en tant que liberté fondamentale et précise que le mobile politique revendiqué par Jean Claude Lefort, en faveur de la cause palestinienne, s’inscrit dans le cadre d’un « débat d’intérêt général international ». Le tribunal correctionnel de Créteil a jugé que les dires reprochés à Jean Claude Lefort ne comportaient aucune incitation à adopter un « acte positif de discrimination », s’agissant simplement de propos invitant à « une prise de conscience ».

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 16:18

http://www.liberation.fr/france/2016/06/30/dans-la-jungle-de-calais-jacques-toubon-recadre-le-gouvernement_1463255

Dans la jungle de Calais, Jacques Toubon recadre le gouvernement

Par Haydée Sabéran, envoyée spéciale de Libération à Calais

Le défenseur des droits s’est rendu Jeudi 30 Juin 2016 dans le camp de migrants, s’élevant contre la politique menée par l’Intérieur et les récents traités internationaux.

Surprenant et courageux, Jacques Toubon, très peu de politiques ont jusqu’ici osé arpenter les allées boueuses et sableuses de la jungle de Calais.

L’ancien très chiraquien garde des sceaux, désormais défenseur des droits depuis le mois de juin 2014, y a, lui, passé tout son après-midi du Jeudi 30 Juin 2016. Surtout, en fin de journée, il a profité de sa conférence de presse pour prononcer des mots qui ont sonné comme un violent réquisitoire contre la politique de Bernard Cazeneuve. « La maîtrise des flux migratoires n’est pas la solution du problème, mais c’est le problème », a-t-il déclaré. « A l’exception de l’Allemagne, nous n’avons pas mis en place de politiques d’accueil conformes à l’histoire de l’Europe ». Voilà pour les grands principes, mais Jacques Toubon n’en reste pas là. Et se fait plus accusateur sur les conséquences de l’évacuation de la partie sud de la jungle, décidée par Beauvau au mois de février 2016. « Les conditions sur le camp de la lande sont absolument indignes et non respectueuses des droits humains. Tout est devenu plus difficile, car il n’y a pas dans la zone nord la possibilité d’organiser des lieux de vie qui existaient dans la zone sud ». Et Jacques Toubon de se déclarer inquiet « s’il était question pour l’avenir de démanteler aussi la zone nord », comme Bernard Cazeneuve l’a annoncé. « Je ne fais de procès à personne, ni à la préfète ni au ministère de l’intérieur, mais je dis que, s’il y avait un tel projet, il doit être longuement anticipé et il faut mettre en place des solutions alternatives respectueuses des droits fondamentaux ».

Quelques heures auparavant, Jeudi 30 Juin 2016, l’accueil sur place est bon et les Organisations Non Gouvernementales » (ONG) sont plutôt ravies de la démarche de l’ancien ministre. « Il fait un travail très intéressant. Il a par exemple dépassé la seule question des mineurs. Il y a un désir de comprendre et d’appréhender les situations. Cela progresse », dit Vincent de Coninck, chargé de mission du Secours Catholique du Pas-de-Calais. Une bénévole trouve « intéressant » que, au-delà des points de droit, il ait posé « les questions politiques », dès son rapport du mois d’octobre 2015 sur les atteintes aux droits. Un rapport accablant sur les mineurs, les conditions de vie et les violences policières, qui avait plus qu’agacé le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. Le défenseur des droits y réclamait aussi la remise en cause « des accords de Dublin », qui obligent les candidats à l’asile à le solliciter dans leur pays d’arrivée. Il réclame désormais « la remise en cause des accords du Touquet », qui obligent la France à surveiller la frontière vers l’Angleterre. Mais la même bénévole déplore que la visite manque de discrétion, « il pourrait venir deux jours, incognito, et là il verrait ce que vivent vraiment les migrants, les conditions de vie qui régressent, les gaz lacrymogènes parfois pour rien et maintenant les tirs tendus de flash-ball avec viseur qui touchent les gens à la poitrine et au visage ».

En tout cas, Jacques Toubon est là. En chaussures de ville, certes, mais, coup de chance, il n’y a Jeudi 30 Juin 2016 pas trop de flaques ni de boue.

Et il se fait tout expliquer par Nathanaël Caillaux, coordinateur de la plateforme de services aux migrants, une fédération d’associations, et Solenne Lecomte, coordinatrice « lutte contre les violences » à la cabane juridique de la jungle. Il pose des questions parfois basiques, « pourquoi y a-t-il une barrière devant ces cabanes », « sont-ils regroupés sur une base ethnique » et « c’est un restaurant tenu par qui ». Nathanaël Caillaux explique que s’abriter pour les migrants est désormais un casse-tête. La situation, qui s’était améliorée depuis le dernier rapport du défenseur des droits, s’est à nouveau dégradée. La zone sud a été démantelée de force à la fin du mois de février 2016 et les exilés vivent les uns sur les autres dans la partie nord. Dans la zone sud ne subsistent plus que les écoles, une église et une mosquée. Les cabanes détruites ont laissé la place à une lande où pousse le colza. Quelque cinq cent personnes ont perdu leur abri après une bagarre générale le 26 mai 2016, dans laquelle des cabanes ont brûlé. Or, des dizaines de nouveaux réfugiés arrivent chaque jour. Depuis un mois, il y a mille personnes de plus, selon les associations, c’est-à-dire plus de six mille personnes. Comme la police, qui filtre les entrées, empêche toute arrivée de matériaux dans la jungle, il est impossible de construire de nouvelles cabanes et mille trois cent personnes dorment sous des tentes.

Le sort des mineurs est toujours aussi inquiétant, ils sont sept cent dans la jungle, dont six cent mineurs « non accompagnés », explique à Jacques Toubon un représentant de Médecins Sans Frontières (MSF), qui prépare un lieu d’accueil sécurisé pour ces jeunes. Il devrait ouvrir dans une dizaine de jours. Chaleureux et très tactile, Jacques Toubon bavarde avec un éthiopien avec un accent anglais chiraquien, « you are alone or with your family ». Le jeune homme en sweat orange lui explique qu’il est seul et qu’il veut passer en Angleterre, mais que les Italiens lui ont pris ses empreintes digitales de force et qu’il craint d’être renvoyé vers l’Italie quand il sera passé. Puis il s’éloigne. Jacques Toubon dit « qu’il n’a pas vraiment déposé une demande. Il est dans l’errance et dans l’impasse ». On entend le chant du muezzin. On lui montre un point d’eau, installé après la décision du conseil d’état qui a suivi son rapport de l’automne. Depuis, les robinets sont pris d’assaut par les exilés.

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:56

REPONSE A JULIEN COUPAT

Vous trouverez ci dessous la première partie d'un message de Juan Chingo et d'Emmanuel Barot en réponse à Julien Coupat.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.revolutionpermanente.fr à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

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L’antipolitique autonome et ses illusions

Par Juan Chingo et Emmanuel Barot

Mercredi 22 Juin 2016

Dans un texte du 24 janvier 2016, très ancien à l’aune de la temporalité propre à la lutte des classes et ses accélérations, que trois gros mois de combat contre la loi travail ont incarné, Julien Coupat et Eric Hazan proposaient une « invitation au voyage » en appelant à un « processus destituant » pour la période à venir, tout particulièrement contre la polarisation programmée autour du rituel pseudo-démocratique des élections présidentielles de 2017. Julien Coupat, en compagnie de Mathieu Burnel, est revenu récemment, Lundi 13 Juin 2016, dans une interview donnée à Mediapart, à l’aune cette fois de ce printemps, sur cette idée de « destitution ». Nous partons ici de ces textes pour discuter certains aspects des courants autonomes qui ont constitué jusqu’ici une des composantes de ce printemps de combat contre la loi travail, en particulier dans la jeunesse.

Les deux auteurs, dans leur texte, avancent d’abord l’idée qu’il faut « former un tissu humain assez riche pour rendre obscène la bêtise régnante et dérisoire l’idée que glisser une enveloppe dans une urne puisse constituer un geste, a fortiori un geste politique ». Certes, élections pièges à cons, nous savons cela depuis pas mal de décennies maintenant. Un « tissu humain assez riche pour », disent-ils en fin de texte, « ramener sur terre et reprendre en main tout ce à quoi nos vies sont suspendues et qui tend sans cesse à nous échapper ». Certes oui, à ce degré de généralité nous serons facilement d’accord. Mais nous y reviendrons, car la conclusion du texte, qui joue le rôle d’orientation « stratégique », est encore plus expressive, « ce que nous préparons, ce n’est pas une prise d’assaut, mais un mouvement de soustraction continu et la destruction attentive, douce et méthodique de toute politique qui plane au-dessus du monde sensible ».

A très juste titre, toute sortes d’objections leur ont alors été faites, la plus importante étant, outre le caractère nébuleux des formules, l’absence totale de référence à la lutte des classes, à ce contre quoi il y a à se battre et s’organiser et ce à quoi il faudrait se « soustraire », le pouvoir patronal, l’état bourgeois, les rapports de production capitalistes, les dominations et aliénations, d’où qu’elles viennent, mais que ceux-ci ont réorganisé autour de l’exploitation la plus brutale. Frédéric Lordon de son côté avait répondu sur un mode plus prospectif, dans un article du Monde Diplomatique intitulé « pour la république sociale » que le « problème des mouvements destituants, cependant, est qu’ils se condamnent eux-mêmes à l’inanité s’ils ne se résolvent pas à l’idée qu’aux grandes échelles il n’y a de politique qu’instituée ou réinstituée. C’est sans doute une ivresse particulière que de rester dans le suspens d’une sorte d’apesanteur politique, c’est-à-dire dans l’illusion d’une politique « horizontale » et affranchie de toute institution, mais si le mouvement ne revient pas sur terre à sa manière, c’est l’ordre établi qui se chargera de l’y ramener et à la sienne. Mais alors, comment sortir de cette contradiction entre l’impossible prolongement du suspens destituant et le fatal retour à l’écurie parlementaire ».

La solution que proposait Frédéric Lordon pour sortir de la contradiction n’est pas la nôtre et nous l’avons déjà discutée, remettre au centre « cette institution qu’ils ont d’abord voulu contourner, la représentation » dit-il. Mais au moins il avait le mérite de poser un minimum le problème d’une politique alternative autant à l’électoralisme le plus crasse qu’à une telle antipolitique éthérée de la destitution reformulée de façon tout aussi nébuleuse dans l’interview du Lundi 13 Juin 2016, « la destitution, c’est d’ores et déjà cela qui est à l’œuvre depuis des mois dans chacune des rencontres et dans chacune des audaces qui font la vitalité de ce mouvement. La question du jour d’après et de ce qui se passe ensuite, bref de l’angoisse des garanties, voilà bien ce qui n’a aucun sens dans l’actualité intégrale de la mêlée ». Ou encore, « nous l’avons appelé destituant en ce que, par sa simple existence et par ses interventions ponctuelles, il ruinerait pas à pas la faculté du gouvernement à gouverner. Cette mise en échec des stratégies gouvernementales successives, ramenées à de minuscules avortons de gestes, n’est-ce pas de cela que nous sommes témoins depuis plus de trois mois ».

De quelle mise en échec parle-t-on exactement ? Bien sûr le gouvernement n’a pas eu et n’a toujours pas la partie facile, et il le sait. Bien sûr les stratégies médiatiques, les institutions et la police en particulier, connaissent un discrédit grandissant. Et le tout dernier pas en arrière du gouvernement, revenant sur sa décision d’interdire la manifestation du Jeudi 23 Juin 2016, est un épisode supplémentaire de sa perte croissante d’autorité. Mais, pourquoi donc alors, malgré cette faiblesse pathétique depuis plus de trois mois, n’avons-nous pas encore pu défaire François Hollande et sa politique ? C’est de cela dont nous devons discuter, malgré ces difficultés croissantes du gouvernement à gouverner, la loi n’a pas encore été retirée. D’autre part, on ne peut laisser croire que ce sont les têtes de cortège dans les manifestations, les « interventions ponctuelles », qui ont à elles seules affaibli ou mis en difficulté le gouvernement. Bien sûr la réaction très combative contre la répression, dans les manifestations, et le refus de baisser les yeux représente un changement énorme dans la situation politique. Mais si depuis le début du mois de mai 2016 nous assistons à ce bras de fer très particulier entre le gouvernement et la Confédération Générale du Travail (CGT) et si la mobilisation est encore d’actualité, malgré les éléments évidents de tassement qui caractérisent la situation, n’est-ce pas avant tout en raison du retour de la classe ouvrière sur la scène politique, au travers d’un processus de grèves dans certains secteurs stratégiques et d’une combativité grandissante là où personne ne l’attendait ?

Quand l’antipolitique vend du rêve à ceux qui cauchemardent debout

Ce genre de formules sur la destitution illustre ce que nous voulons entendre ici par antipolitique, terme qui n’a rien à voir avec apolitique, parfaitement impropre en l’occurrence, un type de politique qui hypertrophie sa forme pour masquer son absence de contenu, opposée à l’idée qu’on ne peut gagner, contre l’état bourgeois et toutes ses armes, sans chercher à convaincre une masse critique suffisante de celles et ceux qui luttent. Donc qu’il faut œuvrer à cela en s’organisant sur la durée sur la base d’un plan de bataille cohérent et précis, d’une part sans se laisser piloter, en dernière instance, par les figures, postures et organisations officielles notoirement réformistes, qu’elles soient assumées ou pas comme telles, d’autre part sans se vendre du rêve sur ce qu’on peut conquérir « ici et maintenant » ni sur les conditions dans lesquelles ce gouvernement pourra réellement être mis en échec.

Le combat, toujours en cours, contre la loi travail et le passage étatique au stade industriel du matraquage ou, en d’autres termes, son saut bonapartiste, ont montré deux choses. D’abord, l’émergence d’un ras-le-bol, sur des bases politiques foncièrement anticapitalistes d’une frange croissante de la jeunesse mais aussi de travailleurs et de précaires qui en ont marre de se faire taper dessus et de devoir se contenter d’expédients pour survivre. Et qui ont tellement la rage qu’ils n’ont déjà plus peur de la répression, qu’ils sont prêts à l’affronter, et même à se préparer pour l’affronter plus encore. La politique ayant horreur du vide, les courants autonomes, très actifs dans les manifestations depuis plusieurs mois, ont effectivement compris cette réalité caractéristique de la période qui s’est ouverte, il y a un degré de combativité nouveau dans ce pays, qui s’est déjà suffisamment enraciné pour constituer de puissants germes pour la suite des opérations, qui se traduit par la fin de la peur du flic, de la matraque et du canon à eau, et qui, dans la jeunesse mobilisée en particulier, s’enracine dans une aspiration de plus en plus profonde à une existence désaliénée, fraternelle et libérée de toutes ces ignobles chapes de plomb qui gangrènent le moindre petit élément du quotidien. Ce réveil de la combativité est un fait marquant de ce printemps et, face à lui, il est très juste de dire que, aujourd’hui « le gouvernement a peur », mais ce n’est pas nouveau, quand plus largement les méthodes dures de la lutte des classes surgissent, elles le font très vite trembler, ne suffisait-il pas, à l’automne, d’une chemise arrachée pour le mettre en état d’alerte maximale, raison pour laquelle il ne se prive pas d’agiter le spectre de « l’ultra-gauche » radicalisée, dans la logique initiée par l’affaire de Julien Coupat et du groupe de Tarnac, « mis en examen pour terrorisme » ainsi qu’il signe la tribune co-écrite avec Eric Hazan, et que, dorénavant, l’amalgame entre la menace djihadiste et celle du « terrorisme rouge » repointe son nez dans la « grande » presse.

Mais la seconde chose est justement ce qui fait de cette « invitation à destituer » une antipolitique, qui donne du cœur à l’ouvrage mais oublie de nourrir le cerveau et s’incarne, entre autres, dans cette bataille fort ancienne entre autonomes et réformistes. Pas besoin de revenir ici sur le fait que les premiers, comme d’habitude, même si c’est à une échelle plus grande symptomatique de la situation, ont une nouvelle fois fait le plus souvent de l’affrontement direct avec les forces de répression le fin du fin.

Bien sûr cet affrontement est structurellement en germe dans une société fondamentalement violente, société d’exploitation et d’oppression, et les passages à l’action directe ont historiquement toujours constitué une composante des luttes de la classe ouvrière contre la bourgeoisie et ses appareils d’état. Et du reste la confrontation avec la police est de fait comprise ou tacitement soutenue par des franges de plus en plus larges que ces seuls secteurs, l’ampleur de la répression a été telle ce printemps que le pacifisme et le légalisme sont apparus de plus en plus largement, et à raison, comme des mystifications et l’auto-défense organisée est apparue comme une nécessité, une seule manifestation parisienne suffit à affranchir le plus sceptique. Mais le fait de transformer trop souvent cette composante en tactique minorisante, s’auto-justifiant de façon illusoire en affirmant qu’élever ce niveau de confrontation aurait par soi un effet de radicalisation et de massification, de même que le rapport très incantatoire ou même hostile à l’auto-organisation la plus large dans les autres espaces de construction de la lutte, n’est pas le problème, il en est le symptôme. Le fond de l’affaire est surtout la confusion totale entre, d’une part, la nature de l’affrontement qu’il y a à construire avec le système et les fins servant de boussole et, d’autre part, les moyens de le construire, confusion induite par l’absence de la moindre vision un peu conséquente de ce que peut vouloir dire destituer concrètement, c’est-à-dire en termes de puissance matérielle des opprimés capable d’abattre la puissance matérielle de leurs oppresseurs.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 16:56

http://www.plateforme-palestine.org/Stains-a-gagne-contre-la-diffamation-et-le-mensonge

http://www.france-palestine.org/Stains-a-gagne-contre-la-diffamation-et-le-mensonge

Stains a gagné contre la diffamation et le mensonge

Mercredi 29 Juin 2016

Communiqué de la campagne française pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens

Traîné en justice de façon infâme par des officines qui sont le relais d’Israël et de sa politique coloniale en France, le maire de Stains était accusé d’incitation à la haine raciale. La raison, une banderole sur le fronton de la mairie, depuis 2009, en hommage à Marwan Barghouti, citoyen d’honneur de la ville.

Mardi 14 Juin 2016, au tribunal de Montreuil, de nombreux témoignages de soutien ont accompagné Azzedine Taïbi dans son exigence que soit reconnu le droit à la solidarité avec un peuple sous occupation et qui résiste.

Le jugement vient d’être rendu public et justice, la vraie, a été rendue. Stains a gagné, le préfet, porteur de l’accusation, a été débouté.

La campagne française pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, qui avait témoigné de son entière solidarité au maire de Stains, se félicite de cette décision de bon sens et d’honneur.

La banderole sera accrochée à nouveau Mercredi 29 Juin 2016 à 19 heures 30 sur la mairie de Stains. Soyons nombreux à participer à cette belle cérémonie.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 16:29

http://www.liberation.fr/france/2016/06/28/marie-george-buffet-pousse-ses-troupes-chez-melenchon_1462636

Marie-George Buffet pousse ses troupes chez Jean Luc Mélenchon

Par Rachid Laïreche

Alors que le Parti Communiste Français (PCF) tranchera la question des élections présidentielles de 2017 au mois de novembre 2016, l'ancienne secrétaire nationale met la pression contre Pierre Laurent.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, joue la montre. La décision pour 2017 sera prise au mois de novembre 2016 lors d’une conférence nationale. Les solutions sont minces. La place du colonel Fabien est en froid avec Jean-Luc Mélenchon et les frondeurs de Solferino, potentiels alliés, se préparent pour les élections primaires de la « belle alliance populaire » de Jean Christophe Cambadélis. Reste le songe Nicolas Hulot, le PCF guette ses sorties et ses gestes.

Comprendre que Pierre Laurent pourrait soutenir la candidature de l’écologiste. Toutes les portes sont ouvertes pour sortir de la brume.

En attendant, Marie-George Buffet, toujours populaire chez les rouges, a déposé un petit caillou dans la chaussure du chef. Elle appelle les communistes à se rassembler, comme en 2012, autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Mardi 28 Juin 2016, elle a déclaré à La Chaîne Parlementaire (LCP), « nous ne pouvons pas rester chacun dans notre coin de façon partisane, il faut absolument nous rassembler et qu’il y ait une nouvelle dynamique à gauche ».

Ce n’est pas une révolution.

L’ancienne secrétaire nationale s’était rendue, Dimanche 5 Juin 2016, au défilé de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, à Paris, alors que Pierre Laurent était en train de pique-niquer avec son parti à Aubervilliers.

« La porte est ouverte mais nous ne l’accueillerons pas avec le sourire »

Sur la place du colonel Fabien, Marie-George Buffet, qui a quitté le conseil national du PCF lors du congrès du mois de juin 2016, n’est pas la seule à pousser pour une alliance avec Jean-Luc Mélenchon.

Plusieurs voix s’élèvent, à l’image de l’ancien conseiller régional francilien, Francis Parny. Il a mis en ligne une pétition, « communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017 ».

Aujourd’hui, elle compte près de deux mille deux cent signatures. Du côté de la direction, pas un mot, elle attend le mois de septembre 2016 et le retour de sa grande consultation citoyenne qui vise à recueillir l’avis de cinq cent mille personnes pour « bâtir un nouveau projet de gauche ». L’initiative est belle, mais les retombées politiques sont incertaines.

Pendant ce temps, Jean Luc Mélenchon, qui court derrière les cinq cent signatures de maires pour postuler officiellement à l’Elysée, observe les discussions avec un petit sourire en coin.

Genre, « tôt ou tard, tu finiras dans mes bras ». Les sondages parlent en sa faveur. Il rôde autour des douze pour cent de voix. L’un de ses proches prévient Pierre Laurent, « la porte est ouverte à tout le monde et c’est vrai que son soutien nous facilitera la tâche. Avec le PCF, nous serons certains d’avoir les cinq cent signatures de maires. Mais si un jour il décide de rallier la candidature de Jean-Luc Mélenchon, nous ne l’accueillerons pas avec le sourire ».

Un résultat logique dans cette guerre d’egos. Les deux camps se lancent des pics à distance et s’esquivent depuis que Jean Luc Mélenchon a annoncé sa candidature, sans oublier les rancœurs du passé. En 2012, les sourires s’affichaient sur tous les écrans, mais l’ambiance était électrique en coulisses. Lorsqu’on interroge les autres partis de gauche, comme le Parti Socialiste ou bien Europe Ecologie Les Verts (EELV), le suspens est mince. « En 2017, ils n’auront pas le choix, ils seront dans le même bateau ».

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 15:18

http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/07/01/toujours-plus-conteste-au-sein-du-labour-jeremy-corbyn-s-accroche_4961829_4872498.html

Toujours plus contesté au sein du parti travailliste, Jeremy Corbyn s’accroche

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Le séisme du Brexit a précipité les deux grands partis politiques britanniques dans un état de désordre inédit. Pendant que les conservateurs s’étripent, les travaillistes s’écharpent. Deux jours après que quatre vingt un pour cent des députés du parti travailliste ont voté une motion appelant leur chef, Jeremy Corbyn, à démissionner pour cause de mollesse dans la campagne pour le maintien dans l’Union Européenne, ce dernier reste en place et la confusion est à son comble.

Ses opposants ne parviennent pas à s’accorder sur le nom d’un possible remplaçant.

La députée Angela Eagle, ministre démissionnaire du cabinet fantôme, qui devait lancer sa « candidature d’unité », Jeudi 30 Juin 2016, a suspendu sa décision tout en affirmant qu’elle détenait les cinquante et un parrainages nécessaires pour défier Jeremy Corbyn dans un scrutin.

Mais d’autres députés lancent de leur côté d’autres appels à l’unité et rassemblent des parrainages. Ils affirment vouloir prendre leur temps pour faire pression sur le chef du parti pour qu’il démissionne. Ce que l’intéressé refuse, en se prévalant du vote des soixante pour cent des adhérents qui l’ont élu au mois de septembre 2015. Les députés contre la base, l’impasse apparaît totale.

Pourtant, en prévision d’un éventuel scrutin, les partisans et les opposants à Jeremy Corbyn mobilisent leurs troupes. En une semaine, soixante mille nouvelles adhésions ont été enregistrées. L’ambiance est alourdie par les plaintes de plusieurs députés disant faire l’objet de harcèlement et de menaces physiques de la part de Momentum, le mouvement de soutien à Jeremy Corbyn qui, de son côté, dénonce un complot. « Le parti travailliste a la responsabilité de prendre l’initiative. Nous devons rassembler les gens, demander des comptes au gouvernement et nous opposer à l’austérité », a déclaré le chef du parti sur Twitter, comme si de rien n’était.

« Je suis le leader »

Le climat s’est encore tendu après les propos controversés tenus Jeudi 30 Juin 2016 par Jeremy Corbyn lors de la remise d’un rapport sur l’antisémitisme au sein du parti. « Nos amis juifs ne sont pas plus responsables des actions d’Israël ou du gouvernement de Benyamin Netanyahou que nos amis musulmans ne le sont des différentes organisations ou états se disant islamiques », a-t-il déclaré. Mis en cause dans l’assistance pour avoir semblé dresser un parallèle entre l'état d’Israël et l’organisation Etat Islamique, Jeremy Corbyn a affirmé à travers un porte-parole qu’il avait en réalité fait référence à des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Pakistan.

Cette polémique a brouillé le message du rapport, lancé après une série de propos douteux tenus notamment par l’ancien maire de Londres Ken Livingstone. Le document estime que les stéréotypes raciaux n’ont pas leur place dans les discours du parti. « La remarque de Jeremy Corbyn me conduit à me demander s’il a compris quelque chose au rapport », a commenté Danny Rich, représentant du judaïsme libéral.

Interrogé pendant cet événement sur une éventuelle démission, Jeremy Corbyn a refusé de répondre, répétant seulement que « je suis le leader ».

Jeudi 30 Juin 2016, le patron contesté du parti travailliste a assisté à un service religieux à l’abbaye de Westminster commémorant le centenaire du début de la bataille de la Somme. Vendredi Premier Juillet 2016, il devait se déplacer sur les champs de bataille de Picardie, comme s’il ignorait les luttes internes qui secouent son parti, le menaçant chaque jour un peu plus d’éclatement.

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