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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 19:50


http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article230

Un plagiaire méconnu : Nicolas Sarkozy

par Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université Paris X – Nanterre
   
Par quels mécanismes les professionnels de la politique accumulent-ils du crédit médiatique ? Le cas exemplaire d’un politique exemplaire devenu Président. Un cas de plagiat. Impossible sans les connivences qui autorisent le silence autour du plagiat.

L’imposture est monnaie courante pour fabriquer des livres qui servent d’abord à la promotion médiatique de leurs auteurs (Alain Minc, Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy ont déjà été condamnés pour plagiat, ce qui n’empêche pas leurs carrières…). Ce type d’imposture exprime bien sûr un mépris considérable pour le véritable travail de recherche et pour ceux qui patiemment le développent. Mais il y a plus grave. Car révéler que la plupart des professionnels de la politique n’écrivent pas les livres qu’ils signent, ne vaudrait pas une heure de peine si l’enquête ne montrait pas, en premier lieu, les mécanismes qui, structurellement, rendent cette pratique non seulement commune mais possible, normale, acceptée et tue. En l’espèce, et tout d’abord, la complaisance de maisons d’édition obnubilées par le passage de leurs « auteurs » dans les médias, pour - tout au moins les éditeurs le croient-ils - « booster » leurs ventes. De sorte que faire signer une star de la politique semble aux éditeurs, à chaque fois « un bon coup ». Que leur importe alors qui rédige l’ouvrage, et plus encore sa qualité, ou a fortiori son originalité et son origine. Ce genre d’arrangements ne serait pas devenu si courant, si les attachés de presse des grandes maisons d’édition ne pouvaient compter sur d’honorables correspondants dans la presse ou à la télévision, tout heureux d’exhiber (dans leurs émissions ou dans leurs chroniques) telle ou telle vedette politique dans un rôle plus ou moins inattendu ; ce qui, en tout cas en ont-ils intériorisés l’espérance, les fera être lus ou gonflera leur audimat. Et puis, il y a le silence des autres professionnels de la politique. Ceux qui savent mais se taisent, parce qu’eux-mêmes ou leurs patrons en politique ont également signé des livres qu’ils n’ont pas écrits. Ceux qui savent donc, mais dont les carrières politiques tiennent au succès public des vedettes politiques qu’ils soutiennent, de ces vedettes dont les réseaux sont susceptibles d’accélérer ou de ralentir leurs carrières. Sans doute y-a-t-il d’ailleurs quelques coïncidences entre l’autonomisation progressive d’un champ politique où l’horizon de l’engagement consiste de plus en plus à effectuer une carrière d’élu, et ce silence de connivence, qui préserve du discrédit les règles d’un jeu dont beaucoup de responsables de partis, à tout niveau, escomptent des rétributions. Qui dévoilera, dans ces conditions, l’une des « lois du milieu », sans risquer les représailles de quelques parrains ? Alors qu’accéder à une position de pouvoir politique a, pour ceux qui finalement y parviennent, déjà souvent coûté cher (en temps, en dévouement, en amitiés perdues, en coups personnels reçus, en docilité…). Le plagiat ou le recours à quelques « nègres » ne relève donc pas seulement d’une économie de temps, pour les plus reconnus (et les plus « surbookés ») des professionnels de la politique, qui fréquemment cumulent tant de fonctions électives, qu’ils ne peuvent pratiquement pas se consacrer à tel ou tel travail de plume, et a fortiori jouer avec leurs agendas, distraire de leur temps pour telle ou telle recherche.

La multiplication récente de ces livres signés par de « grands politiques », la prolifération de ces livres qu’ils n’ont pas écrits, n’est ainsi rendue possible qu’autant que les anticipations (notamment commerciales) des éditeurs rencontrent les anticipations des promoteurs médiatiques de ces ouvrages (qui de ces promotions espèrent leur promotion propre). Cependant que les autres politiques ne disent rien, parce que leurs intérêts à se taire sauvegardent l’espace professionnel où ils développent leurs carrières spécifiques.

Mais en l’espèce, un exemple indiquera mieux ces mécanismes, et jusqu’aux silences qui les autorisent.

L’affaire débute en 1994. Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, commence à organiser les réseaux Balladur qui promotionneront son mentor à la présidentielle de 1995. Le maire de Neuilly n’est néanmoins pas le seul dans l’opération et souffre même d’un déficit de notoriété par rapport, par exemple à François Bayrou, Charles Pasqua, François Léotard…qui disposent soit des partis qu’ils dirigent, soit de réseaux plus anciens, plus puissants, et d’une reconnaissance antérieure. Pour s’imposer davantage parmi ses associés-rivaux en tête de file des balladuriens, tout au souci, donc, d’accroître son crédit public en cumulant capital politique, « profondeur intellectuelle » et reconnaissance médiatique, il « écrit » alors une biographie intitulée Georges Mandel, le moine de la politique (éditions Grasset, 1994), probablement « assisté » par un nègre (selon les rumeurs : Roger Karoutchi, agrégé d’histoire, professeur, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence, et auteur d’une biographie de Jean Zay ; à présent Secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement). L’ouvrage est matière à concert de louanges, et sans aucune fausses notes salué par la critique. Le Monde juge cette « étude » fort pertinente. Globe hebdo (dirigé par Georges-Marc Benamou, plus tard conseiller spécial à l’Elysée pour la Culture) évoque longuement cette « remarquable biographie ». Paris Match et TF1 offrent à l’auteur de se livrer sur sa passion pour Mandel en de longs entretiens...La biographie signée Nicolas Sarkozy s’élève dans la liste des meilleures ventes en librairie. L’année suivante en est même tirée une adaptation télévisée, Le Dernier Été, réalisée par Claude Goretta (primé en 1977 au festival de Cannes pour La dentellière), « d’après l’oeuvre de Nicolas Sarkozy sur Georges Mandel », avec Jacques Villeret et Catherine Frot dans les premiers rôles. Elle passe en « prime-time » sur France 2, en 1997. Et le DVD, commercialisé par la suite, contient en bonus « un entretien avec Nicolas Sarkozy ».

Quelques années plus tard, Georges Mandel, le moine de la politique sera récurremment utilisé par le candidat à l’Elysée qui, par l’exaltation des grands hommes de la Patrie (y compris Jaurès), et d’incessantes références à l’héroïsme de la Résistance (cf Guy Môquet), n’omets pas, en une auto-héroisation par Mandel autorisée, de souligner les parallèles entre Georges Mandel et lui-même - ce qui, contre la gauche, en une représentation de la France réconciliée (dont il serait l’ultime incarnation), lui offre de s’élever à la hauteur de la fonction présidentielle, quand l’handicapent encore ses habits de ministre de l’intérieur et sa trahison de Jacques Chirac (que les réseaux Chirac peinent à lui pardonner).

Qu’on nous autorise ici un a parte. On le sait, dans son curriculum vitae, Nicolas Sarkozy mentionne un mémoire sur le référendum de 1969 avec une insistance inhabituelle. Il l’a aussi évoqué durant la campagne présidentielle. Depuis la publication récente de ses notes en DEA de sciences politiques, on sait que sa note de 16 sur 20 peut donner à son « auteur » des motifs de fierté. Faute de trouver trace matérielle de ce mémoire… on se perd en conjectures sur une note aussi élevée pour un objet de recherche aussi compliqué. Pour apprécier la compétence de son auteur, tout porte donc à se reporter à une autre de ses « œuvres ». Dans une bibliographie comportant plusieurs livres, l’ouvrage le plus célèbre de Nicolas Sarkozy, celui sur Georges Mandel, peut paraître le mieux indiqué. Puisque cette biographie d’un homme politique du vingtième siècle doit - tout au moins peut-on le supposer - faire appel à la même combinaison de compétences à la fois historiennes et politologiques, que celles mobilisées dans son mémoire de DEA.

Nicolas Sarkozy n’a pas été le premier à chercher un modèle dans un homme politique prestigieux [1]. Avec l’alibi des racines locales, certains dirigeants de la République se sont même faits les panégyristes de monarques. L’appétence des professionnels de la politique pour le genre biographique exprimant, au passage, la représentation individualisée et héroïsée qu’ils se font de leur activité. Plus modestement, le jeune ministre du budget du gouvernement Balladur avait trouvé en Georges Mandel un miroir. Les principaux titres de gloire de Mandel furent d’avoir été chef de cabinet du Tigre en 1917. Il était devenu, par la suite, gestionnaire efficace : comme ministre des Postes puis comme ministre des Colonies… Il avait aussi refusé l’armistice en juin 1940, avant d’être auréolé du martyre quand il fut assassiné par la Milice en juillet 1944. Mais Georges Mandel représente surtout pour son biographe une justification de la vocation, car il fut « l’homme d’une passion qui l’a habité dès son plus jeune âge : la politique » (N.S, p. 11).

La personne qui a suggéré à Nicolas Sarkozy de prendre un tel modèle ne souhaitait probablement pas explicitement multiplier les parallèles entre le passé et le présent. Certains sont néanmoins troublants. Georges Mandel avait lui aussi, changé de nom pour faire de la politique, troquant, en une période où l’antisémitisme mobilisait les Ligues d’extrême-droite et au-delà, celui, très « connoté » de son père, commerçant du Sentier pour celui, plus discret, de sa mère. Il avait toute sa vie souffert des moqueries sur sa petite taille et sur son physique ingrat. Ses études ne dépassaient pas le baccalauréat, ce qui n’était pas rien avant 1914. Mais cela ne suffisait pas pour rivaliser avec quelques grands personnages de la Troisième République. Du coup, Georges Mandel prétendit publiquement avoir fait des études à Normale Sup ou bien à l’université de Paris. La supercherie fut découverte et lui valut les quolibets d’adversaires comme Poincaré qui le félicita de la précision d’un exposé parlementaire digne de « Normale sciences » ou d’autres qui le qualifièrent de « anormalien ». L’homme avait du caractère et savait se défendre. Il était notamment spécialiste des « petits papiers » compromettants en campagne électorale, et compromettants à la Chambre des Députés. Sa placidité le mit aussi à l’abri des nombreuses vexations auxquelles condamnait, selon lui, la politique. Son parrain dans la carrière, Georges Clémenceau, ne fut pas toujours tendre à l’endroit du jeune rédacteur de l’Aurore : « Mandel, vous ne saurez jamais écrire. Contentez-vous d’un sujet, d’un verbe et d’un complément direct. Quand vous aurez besoin d’un complément indirect, venez me voir, sinon vous êtes irrémédiablement foutu ».

Georges Mandel, Le moine de la politique (Grasset, 1994), signé Nicolas Sarkozy, est une biographie bien informée et plutôt bien écrite. Elle mérite pourtant une forte critique : c’est un plagiat [2].

Le plagiat d’un livre obscur, publié 25 ans plus tôt, aux éditions Pédone en 1969, écrit par Bertrand Favreau, à partir d’un mémoire soutenu à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux : Georges Mandel, un clémenciste en Gironde [3]. Malgré son sous-titre, cette biographie embrasse en effet la totalité de la carrière de Mandel et non seulement sa carrière d’élu de l’arrondissement de Lesparre, dans le Médoc. L’étude est citée de manière louangeuse en introduction du Georges Mandel, Le moine de la politique, paru sous le nom de Nicolas Sarkozy. C’est bien la moindre des choses. Sauf quelques additions, tirées d’ouvrages sur l’histoire politique de la Troisième République et postérieurs à l’original, sauf le témoignage de la fille de George Mandel « à l’auteur », c’est une compilation d’ensemble qui module les formules, coupe les citations, mais reprend si exactement les analyses, au demeurant très classiques, qu’un tribunal aurait du mal à isoler des emprunts précis. Il s’agit d’un emprunt général et diffus. Prenons cependant, et simplement, quelques exemples qui concernent autant les interprétations que les descriptions [4].

Le premier discours à la Chambre est évoqué en ces termes par Nicolas Sarkozy : « Seul Léon Daudet lui apporta son soutien. Un soutien compromettant » (N. Sarkozy, p. 102). Ce n’est, pour le moins, guère éloigné de ce qu’en écrit Bertand Favreau : « Seul Léon Daudet lui apporta sa compromettante approbation » (B. Favreau, p. 108). Mandel est-il plutôt passif dans les événements tragiques de juin 1940 ? L’un écrit après l’autre : « En fait Mandel a choisi délibérément une attitude de relative réserve, d’abord à cause de l’amitié qui le liait à Reynaud  » (N.S, p. 269). L’original expliquait : « Ce qui frappe dans le Conseil des ministres de juin, c’est sa réserve. Il croyait fermement en Reynaud… »
(B.F, p. 225). Mandel ne se résout pas à quitter la France, l’interprétation est simple : « Le « juif Mandel » ne voulait pas faire à ses adversaires le plaisir de dire qu’il avait déserté… » (N.S, p. 272) ; Bertrand Favreau écrivait : « Mandel, qui toute sa vie avait entendu des sarcasmes relatifs à sa religion, ne voulait pas que l’on puisse dire que le « juif Mandel » avait déserté » (B.F, p. 226).

Pourquoi changerait-on une description précise au point de paraître romancée ? A propos de l’arrestation de Mandel, l’ouvrage signé Nicolas Sarkozy indique : « Il déjeunait en compagnie de Béatrice Bretty au Chapon Fin. Le même colonel de gendarmerie se présenta à leur table et lui enjoignit de le suivre à la caserne de la gendarmerie rue Judaïque. Motif de l’arrestation ? « Menées contraires à l’ordre public.  » On le soupçonnait d’amasser des armes afin de fomenter un complot. Rien de moins… Or, depuis son départ en pleine nuit du ministère, Mandel n’avait eu le temps que d’installer sa famille à l’hôtel Royal Gascogne (N.S, p. 273-274). Le texte de Bertrand Favreau : « Mandel prenait ses repas au Chapon Fin. Le 17 juin, il déjeunait en compagnie de Béatrice Bretty. Au dessert, le colonel commandant la gendarmerie se présentait et enjoignait à Mandel de le suivre. Il était porteur d’un ordre
d’arrestation visant non seulement Mandel mais également le général Bürher. Motif : « Menées contraires à l’ordre public. » Le motif avoué de l’arrestation : Mandel était suspecté d’avoir fait assembler des armes en vue d’un complot. Raison inavouée : la haine de Raphaël Alibert, sectaire antisémite d’extrême droite  » (B.F, p. 230).

Mais, poursuivons. Comment Georges Mandel fut-il transféré en métropole depuis le Maroc où il était prisonnier à la suite de l’affaire du Massilia ? La biographie signée Sarkozy relate ainsi l’épisode : « L’ancien maire de Bordeaux et ministre de l’Intérieur Adrien Marquet avait dépêché de Vichy un inspecteur de police chargé de ramener l’ancien ministre. Il se nommait Mondanel, inspecteur général des services de police criminelle. Deux cent cinquante policiers, pas moins, entourèrent l’avion spécial qui convoiera Mandel » (N.S, p. 287) ; le texte de Bertrand Favreau, non cité, est encore une fois reproduit : « Le nouveau ministre de l’Intérieur de Vichy, Adrien Marquet, envoya de métropole un inspecteur de police chargé de ramener Mandel en France pour l’y incarcérer. L’inspecteur de police Mondanel fit aussitôt monter Mandel dans un avion sous la protection de 250 policiers » (B.F, p. 240).

Enfin, sur l’implantation locale de Mandel dans le Médoc, le modèle girondin s’imposait comme une « référence incontournable » : « Le contingent des Médocains désormais membres de l’administration des Postes n’avait d’égal que le nombre des maires de la circonscription de Lesparre qui arboraient « grâce au député » le ruban rouge de la légion d’honneur » note Nicolas Sarkozy (p. 208). Lisons Bertrand Favreau : « En 1936, rares étaient les Médocains qui n’avaient pas une fille, un père, un frère, une cousine ou une tante dans un bureau de poste. Mandel avait placé les Médocains discrétionnairement. Il ne comptait plus ses obligés. Quelques trains de « Légion d’honneur » avaient accru la ferveur des maires qui le soutenaient » (p. 197). Quant aux citations inclues dans Georges Mandel, Le moine de la politique, elles sont quasiment toutes empruntées à Georges Mandel, un clémenciste en Gironde. Quasiment toutes empruntées à l’original. Parfois cité, le plus souvent non cité. Mais il eut fallu citer l’ouvrage de Bertrand Favreau, tant de fois [5]…

Nous renvoyons les lecteurs à la comparaison in extenso des deux ouvrages.

Il n’est pas besoin de se livrer à une analyse stylistique sophistiquée pour remarquer que, tout au long de l’ouvrage, le style diffère des tournures de phrase caractéristiques de Nicolas Sarkozy. Cette écriture est d’un autre « auteur ». Mais pour plagier avec un minimum d’adresse, il faut du temps, trop de temps pour un homme occupé par sa carrière politique. Le plagiat adroit valait bien les 50 000 francs de l’époque payés à la plume mercenaire, au « nègre », comme on le dit depuis Buffon dont le secrétaire de couleur écrivit de nombreux textes. Pour ce prix, il était impensable, pour le « nègre », d’effectuer une vraie recherche.

On ne doute pas que des gens se piquant de réalisme jugent qu’il n’est assurément pas plus grave de plagier les travaux universitaires que de s’accorder des diplômes, et qu’après tout, cela se fait couramment. Ou que les éditeurs n’ont qu’à faire leur travail, eux dont les contrats incluent pourtant une clause d’originalité engageant la responsabilité des auteurs. Ce sont les mêmes qui s’insurgent devant le moindre atteinte à la propriété dont ils sont la victime ou pourraient être la victime.

En matière intellectuelle, il n’y aurait ainsi pas de propriété mais un domaine public sauf si, comme à propos du piratage sur Internet, dont on nous explique qu’il est un vol, les entreprises de lobbying agissent auprès des gouvernements et des parlementaires. La définition du vol est aussi un rapport de force.

Pour considérer que le plagiat est un vol, il faut que les idées aient de la valeur ou porter encore un minimum de considération au travail intellectuel. Pour les victimes de plagiat, il est aisé de le mesurer au regard de leurs réactions atterrées. Dans ce cas précis, l’auteur de l’original eut la consolation rare d’être fort opportunément contacté par une grande maison d’édition pour rééditer (dans une collection de prestige) une version remaniée de sa biographie originale…deux ans après celle de Nicolas Sarkozy, et une fois la promotion de celui-ci terminée [6]. Bertrand Favreau n’avait pas porté l’affaire devant la Justice. A son grand étonnement d’ailleurs, il sera même récompensé par le prestigieux Prix de l’Assemblée Nationale, remis en mains propres par un Philippe Seguin, au terme d’un discours somme toute assez sybillin - rédigé paraît-il par Roger Karoutchi.

Après tout, pour ceux qui ont recours au plagiat ou aux « nègres », la conscience du préjudice existe d’autant moins que la dette leur semble avoir été réglée une fois pour toute, dès lors que la vedette qui signe l’ouvrage, daigne citer l’inconnu qui l’a auparavant largement « inspiré ».

Reste quelques questions un peu sérieuses. Et d’abord, celle-ci : faut-il prendre les idées, ces biens immatériels par excellence, au sérieux ? Quelques rares lignes, cette fois de la main de Nicolas Sarkozy, en disent finalement plus long à ce sujet que sur leur sujet. S’agit-il de suggérer, en introduction et en conclusion, un sens général de la vie du personnage ? «  Non, le destin de Mandel n’est pas inachevé. Il est, tout simplement, et c’est déjà beaucoup » (N.S, p. 10). Est-ce si sûr, quand on lit quelques centaines de pages plus loin : « Quand enfin, il comprit, il était déjà trop tard. Ce fut injuste. Ce fut cruel. Mais ce fut ! Il fallait la passion. Mandel l’avait. Il fallait la contenir. Mandel ne le sut pas toujours. Elle emporta tout sur son passage, ne laissant que le souvenir d’un destin qui aurait pu être achevé » (N.S, p. 323). Inachevé ? Achevé ? Nicolas Sarkozy ne sait pas très bien ce qu’il en pense. D’ailleurs, quelle importance ? La question est vaine. Et quelle importance que de comprendre ? Le style déclamatoire présente une histoire où les choses furent ou sont, « tout simplement ». Il n’y a donc pas grand-chose à comprendre et à penser quand le réel est là. En pointillé, tout un programme sur l’inutilité du savoir.

Notes


[1] Pendant sa « traversée du désert », consécutive à son soutien au candidat Balladur, Nicolas Sarkozy courait d’ailleurs les plateaux de télévision en se drapant dans le modèle de Georges Mandel…Voir, donc, Nicolas Sarkozy, Georges Mandel, Le moine de la politique, Paris, Grasset, 1994.

[2] Rappelons la définition légale du plagiat selon les termes de l’article L122-4 du code de la propriété intellectuelle : toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.

[3] Bertrand Favreau, Georges Mandel, un clémenciste en Gironde, Paris, Pedone, 1969.

[4] On invite, pour une comparaison complète, le lecteur à une analyse suivie des deux ouvrages : le cadre limité de cet article ne permettant pas, bien entendu, de reproduire l’ensemble des nombreux passages plagiés.

[5] A toutes fins utiles et pour renvoyer à cet ouvrage, rappelons l’excellente étude d’Adrien Le Bihan, Les fourberies de Clisthène, procès du biographe élyséen de Georges Mandel, éditions du Cherche-Bruit, Paris, 2008, consacré à cette biographie de Mandel. On notera que depuis un an, plus rien n’a été dit nulle part sur cette étude et l’ouvrage d’Adrien Le Bihan est devenu introuvable.

[6] Voir Bertrand Favreau, Georges Mandel ou la passion de la République, Paris, Fayard, 1996.




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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 19:42

Gilbert Achcar, Tareq Arar, Julien Salingue* *

En tant que participants au colloque <
http://programme.parisduvivreensemble.org/>« Israël-Palestine : Etat des lieux » //<http://www.parisduvivreensemble.org>, organisé les 6 et 7 avril prochains au CNAM, à Paris, sous la direction d’Esther Benbassa, nous avons été interpellés et le sommes constamment par des personnes s’étonnant de notre participation. Nous avons donc jugé nécessaire de faire connaître notre position. Nous participerons au colloque parce que nous estimons qu’une telle rencontre présente un intérêt majeur quant à l’actualisation des travaux de recherche universitaire traitant de la situation au Proche-Orient, et nous sommes reconnaissants à Esther Benbassa de l’avoir organisé. Nous avons cependant été surpris comme tout le monde, en prenant connaissance du programme définitif du colloque, d’apprendre qu’il sera clôturé par une table ronde – tenue dans un lieu différent : un amphithéâtre à la Sorbonne – à laquelle est convié Sammy Ravel, ministre plénipotentiaire auprès de l’Ambassade d’Israël à Paris.

Cette invitation pose à nos yeux un problème majeur : inviter un représentant officiel de l’Etat d’Israël dans un colloque universitaire nous semble aujourd’hui tout à fait inacceptable. Depuis plusieurs années, une campagne initiée par l’ensemble de la société civile palestinienne et soutenue par nombre de pacifistes israéliens demande aux Etats et aux populations du monde entier de rompre tout lien avec les institutions de l’Etat d’Israël, tant que celui-ci continuera de bafouer le droit international. Cette campagne, dite « BDS » (pour Boycott-Désinvestissement-Sanctions), s’inspirant du précédent sud-africain, c’est-à-dire de la campagne internationale de boycott et de sanctions contre le régime de l’apartheid, a pour objectif d’exercer une pression internationale sur l’Etat d’Israël afin qu’il respecte les droits du peuple palestinien. Il ne s’agit évidemment pas de rompre tout lien avec les Israéliens en tant qu’individus, mais seulement avec les institutions israéliennes qui participent à la perpétuation de l’injustice subie par le peuple palestinien. La campagne BDS connaît une actualité toute particulière depuis la récente offensive israélienne criminelle contre la Bande de Gaza. Elle a rencontré depuis lors un écho très élargi. L’Assemblée des mouvements sociaux, réunie lors du Forum social mondial de janvier 2009 à Belém, Brésil, a appelé à « impulser » la campagne BDS et, dans une pétition récente, un grand nombre d’universitaires et de chercheurs en France même se sont engagés « à cesser toute collaboration avec les institutions israéliennes participant à l’occupation », tout en se déclarant « solidaires de ceux qui en Israël luttent courageusement pour les droits humains, sociaux et politiques des Palestiniens ». Il nous semble donc particulièrement malvenu aujourd’hui de convier à un colloque universitaire un diplomate israélien. Il ne s’agit bien sûr pas de refuser le débat contradictoire : nous sommes tout à fait disposés à discuter avec des chercheurs israéliens qui soutiennent la politique de leur gouvernement. Il s’agit uniquement de refuser la présence d’un représentant officiel de l’Etat d’Israël dans une Université, a fortiori au moment où se met en place en Israël un gouvernement d’extrême droite avec pour chef de la diplomatie un raciste notoire. C’est pourquoi, bien que participant au colloque au CNAM, nous déplorons fortement l’invitation d’un ambassadeur d’Israël à la soirée de clôture à la Sorbonne et déclarons que nous n’y assisterons pas.

/* Gilbert Achcar est professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres; Tareq Arar est doctorant à l’Institut français de Géopolitique (IFG-Université Paris VIII) et président de l’Union générale des étudiants palestiniens (GUPS) en France; Julien Salingue est doctorant et enseignant en Science Politique à l'Université Paris VIII.
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 17:55

Sans-papiers : des Français portent plainte contre la compagnie aérienne belge SNBA

LE MONDE | 28.03.09 | 14h52  •  Mis à jour le 28.03.09 | 14h52

Trois citoyens français ont déposé plainte au civil, à Bruxelles, mercredi 25 mars, contre la compagnie aérienne SN Brussels Airlines (SNBA).

Débarqués brutalement, en avril 2008, d'un avion parce qu'ils avaient protesté contre les conditions d'expulsion d'un Camerounais, ces passagers avaient déjà déposé plainte au pénal contre la police belge. Ils estiment que l'instruction de leur dossier s'enlise. Ils sont soutenus par la Ligue belge des droits de l'homme et le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, un organisme parapublic qui observe d'ordinaire une certaine réserve.

Violences physiques et verbales, injures racistes, intimidations et détention illégale : Serge Fosso, Claude Moussa et Philippe Leonardon affirment avoir vécu tout cela le 26 avril 2008. Ce jour-là, ils sont à bord du vol SN 351 pour Kinshasa, via Douala. Les deux premiers sont noirs, le troisième est blanc et dit aujourd'hui avoir "remercié Dieu" : la couleur de sa peau lui a, dit-il, valu d'échapper aux brutalités policières. "On m'a placé dans une pièce avec honneur et dignité", explique-t-il. Les forces de l'ordre ont, en revanche, traité "à grands coups de pieds et de poings" M. Fosso et M. Moussa, raconte M. Leonardon. M. Fosso aurait été traité de "petit singe".

Les trois hommes ne se connaissaient pas. Mais deux d'entre eux - Serge Fosso et Philippe Leonardon - avaient exprimé à haute voix, avant le décollage, leur inquiétude pour un passager maintenu par quatre policiers et appelant au secours. Folefack Sontsa, un sans-papiers, était maîtrisé au fond de l'appareil par les forces de l'ordre qui tentaient d'étouffer ses cris. Contraints de débarquer le passager récalcitrant, des policiers sont revenus ensuite, forçant les trois passagers - y compris Claude Moussa, qui était resté silencieux - à quitter eux aussi l'appareil. La compagnie déclara ensuite qu'ils avaient été à l'origine d'une émeute. Elle leur indiqua, plus tard, qu'ils seraient interdits de vol, pour une période de six mois, sur les vols de SNBA.

L'affaire prend d'autant plus de relief que, quelques jours après cet incident, Folefack Sonsta s'est pendu dans le centre de rétention où il était enfermé. Il craignait d'être placé de force à bord d'un autre vol. Sa famille s'est portée partie civile contre les autorités belges.

L'affaire a fait remonter à la surface une autre expulsion qui s'était terminée de manière tragique : en septembre 1998, Semira Adamu, une jeune Nigériane, était morte dans un avion, étouffée par un coussin censé l'empêcher de crier. Les avocats des trois plaignants français, Mes Véronique van der Planck et Alexis Deswaef, soulignent que la méthode appliquée à M. Sontsa - mains sur la bouche et le nez - est proche de celle utilisée à l'époque.

ELÉMENT TROUBLANT

D'autres éléments complètent un tableau déjà très sombre. Dont le fait qu'une plainte écrite par M. Sontsa après sa tentative d'expulsion n'a jamais été révélée alors que le centre de rétention en possédait l'original et l'a transmis à l'Office des étrangers, l'organe qui instruit les demandes d'asile et diligente les expulsions. Dans ce document, retrouvé par ses avocats, le Camerounais détaillait les brutalités dont il avait été victime.

Autre élément troublant : une vidéo tournée par l'un des trois témoins français avec son téléphone portable et montrant le sort réservé à M. Sontsa a été effacée par la police. Un informaticien a toutefois pu en reconstituer une petite partie.

Enfin, après les révélations des trois Français, une adjointe au maire de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Hermine Rigaud, a témoigné de ce qui lui était arrivé sur un autre vol de la SNBA, en 2008. Protestant contre les violences infligées à un homme en voie d'expulsion, Mme Rigaud a été brutalisée en présence de son mari qui s'est dit "horrifié". Cet ancien gendarme avait lui-même procédé, en France, à des expulsions de clandestins.

Jean-Pierre Stroobants

Article paru dans l'édition du 29.03.09



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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 11:22


Communiqué de 

 « l'Association des Amis du général Dumas »

generaldumas@aliceadsl.fr


Samedi 4 avril 2009

Place du général-Catroux, Paris 17e

à partir de 11 heures

métro : Malesherbes


Grand rassemblement républicain place du général-Catroux à Paris, (17e arrondissement, métro Malesherbes) samedi 4 avril 2009 à partir de 11 heures pour l’inauguration officielle du monument au général Dumas, par le plasticien Driss Sans-Arcidet (Musée Khômbol) en présence du maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, et de nombreuses personnalités (manifestation placée sous le patronage de l’UNESCO- programme « La route de l’esclave »).


Une oeuvre particulièrement spectaculaire, financée par la ville de Paris et réalisée par le plasticien Driss Sans Arcidet, représentant des fers d’esclaves brisés de plus de cinq mètres de haut, pesant plusieurs tonnes – une première en Europe pour un monument à l’esclavage de cette importance - va être inauguré à Paris, samedi 4 avril 2009, à partir de 11 heures, place du général-Catroux (17e) en présence du maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, et de nombreuses personnalités. Ce monument, déjà installé depuis quelques jours, est recouvert d’une bâche jusqu’à son inauguration. Il sera mis en lumières de nuit.


La journée exceptionnelle d’inauguration de cette œuvre est organisée par l’association des amis du général Dumas, avec le soutien du conseil régional de la Guadeloupe, en coordination avec la mairie de Paris et avec la participation de toutes les associations de l’outre mer et de la diversité. Un détachement de la Garde républicaine et la musique des gardiens de la paix de Paris interviendront durant la partie officielle de la cérémonie qui sera prolongée par une partie festive. L’association des amis du général Dumas a notamment convié à cette journée M. Barack Obama - de passage sur le territoire français les 3 et 4 avril - ainsi que M. René Préval, président de la République d’Haïti. Cet important monument en hommage au général Alexandre Dumas, financé par la ville de Paris après un vote unanime sur une proposition de l’écrivain Claude Ribbe en 2002, viendra s’associer à celui de Gustave Doré (1883) consacré à Alexandre Dumas, fils du général et auteur des Trois Mousquetaires, ainsi qu’à celui de René de Saint-Marceaux (1906) consacré à Alexandre Dumas fils, petit fils du général, auteur de La dame aux Camélias et inspirateur de La Traviata. Il remplacera une statue d’Alphonse de Perrin de Moncel installée l’hiver 1912-1913 et abattue par les collaborateurs en 1943 parce que les origines afro-antillaises du général Dumas y étaient particulièrement mises en valeur. Ainsi la place du général-Catroux retrouvera-t-elle, comme au début du XXe siècle, sa vocation de «place des Trois Dumas».


Bien évidemment, au-delà du général Dumas, le choix du monument - qui figure des fers d’esclaves géants et brisés - est un hommage à tous les esclaves et à leurs descendants et à l’abolition de tous les esclavages.


Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas, naquit esclave en 1762 à Saint-Domingue (depuis République d’Haïti). Sa mère, Césette, était une esclave. Son père, Antoine-Alexandre de La Pailleterie, un aristocrate déclassé devenu colon. Arrivé à 14 ans en France, Thomas-Alexandre suivit son père en Normandie, avant de s’engager à Verdun sous le pseudonyme d’Alexandre Dumas comme simple cavalier dans les dragons de la Reine où il rencontra trois camarades : Piston, Carrière de Beaumont et Espagne. Premier général d’armée antillais et afro-descendant de l’histoire de l’Occident, la carrière fulgurante de Dumas fut brisée par la réglementation raciste mise en place par Napoléon Bonaparte à partir de 1802 au moment du rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises. Héros de la Révolution, le général Dumas, qui commanda l’armée des Pyrénées, l’armée des Alpes, l’armée de l’Ouest et l’armée des côtes de Bretagne, et combattit sous les ordres de Bonaparte en Italie et en Égypte, s’illustra notamment par les victoires du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis, de Mantoue, de Klausen, de Brixen. Il contribua au succès de la prise d’Alexandrie et de la bataille des Pyramides.


Fervent républicain, fondateur des Chasseurs alpins en 1794, le général Dumas échappa de justesse à l’échafaud pour avoir démissionné avec éclat de l’armée de l’Ouest afin d’épargner les civils vendéens et préféra briser son sabre pour rester en paix avec sa conscience. Le général Dumas avait fondé une famille en 1792 à Villers-Cotterêts (Aisne), là où il avait rencontré la jeune Marie-Louise Labouret, le jour du 250e anniversaire - et sur les lieux mêmes où l’événement s’était produit - de l’ordonnance imposant la langue française dans le monde. Le général Dumas, franc-maçon, fut très probablement initié à la loge Carolina de Villers-Cotterêts par son beau-père, Claude Labouret.


Le général Dumas mourut pauvre, miné par le chagrin pour avoir été chassé de l’armée française par la législation raciste de Bonaparte qui lui interdit de prendre part, comme ses compagnons, tous dignitaires de l’Empire et de la Légion d’Honneur, à la bataille d’Austerlitz. Il n’eut droit à aucune récompense pour ses exploits et, sur ordre de Bonaparte, ne fut jamais remboursé d’une somme de 28 500 F qui lui était due pour une période de captivité où il fut particulièrement maltraité dans les geôles du roi de Naples. Son nom est gravé, ainsi que celui de deux de ses compagnons, sur l’arc de triomphe à Paris.


Le fils du général, reprenant le même pseudonyme d’Alexandre Dumas, est l’écrivain français le plus lu dans le monde. Son plus célèbre roman, Les Trois Mousquetaires, qui s’inspire des aventures du général Dumas et de ses compagnons, est l’œuvre littéraire la plus adaptée à l’écran. L’écrivain Alexandre Dumas, qui se considérait comme franco-haïtien, avait réclamé en 1838 qu’une statue de son père soit installée sur une place de Paris et qu’une copie de cette statue soit offerte « par les hommes de couleur du monde entier » à la jeune république d’Haïti. Alexandre Dumas se proposait d’accompagner lui-même cette statue sur un bateau de guerre mis à sa disposition par le gouvernement français.


Dans le cadre d’une démarche de réhabilitation menée depuis plus de sept ans, Claude Ribbe et l’association des amis du général Dumas, soutenus par de nombreux élus – dont la municipalité de Villers-Cotterêts - ont entrepris d’obtenir du président de la République française la réintégration symbolique du général Dumas, à, titre de régularisation, dans l’ordre national de la Légion d’honneur dont le général Dumas était membre de droit (ès qualités d’attributaire d’un sabre d’honneur par Bonaparte dès 1798) et dont il fut privé simplement à cause de la couleur de sa peau et de son origine servile. Cette réintégration, présentée à Jacques Chirac en 2006 - pour le bicentenaire de la mort du général Dumas - avait été refusée. Le gouvernement de M. Dominique de Villepin avait également refusé d’inscrire la mort du général Dumas au calendrier des commémorations nationales pour 2006. Mais les chasseurs alpins avaient malgré tout rendu hommage à leur fondateur en juin de la même année au col du Petit-Saint-Bernard. A l’occasion de cet hommage, l’hymne national avait été sifflé par des manifestants hostiles au général Dumas.


Dans une lettre adressée à l’association des amis du général Dumas le 23 octobre 2008, M. Nicolas Sarkozy, président de la République française, déplorant «l’affront fait à sa mémoire en 1943 » a rendu un hommage appuyé « à l’un des plus grands hommes que la Caraïbe a donnés à la France ». Il a reconnu que le général Dumas était un « ardent républicain » et regretté qu’il soit « encore trop peu connu des Français » tout en considérant que l’œuvre de Driss sans Arcidet « rappellera à tous ce que la France doit au général Dumas. » Tout en s’abritant derrière le principe que la Légion d’honneur est réservée à titre posthume aux soldats morts au combat dans le mois qui suit le décès, le président de la République ne s’est pas prononcé sur le cas d’une éventuelle régularisation d’une personne décédée qui aurait dû être membre de droit ou qui était membre de la Légion d’honneur mais qui n’a pu faire valoir ses prérogatives ou en a été privée du fait d’une réglementation raciste ou xénophobe, contraire aux droits de l’homme et donc imprescriptible, en vigueur à l’époque du décès.


Claude Ribbe, auteur de deux des trois livres jamais publiés en France et concernant entièrement le général Dumas, lui a consacré une récente biographie, Le Diable noir (éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand) et la lui-même adapté cet ouvrage en documentaire de 52’ pour la télévision sous le même titre (Le Diable noir). Ce documentaire, avec Stany Coppet, acteur d’origine guyanaise dans le rôle du général Dumas pour la partie fiction, co-produit par France 3 Paris Ile de France Centre, sera diffusé à partir du samedi 18 avril par France 3 Paris Île de France Centre, RFO et France 2.


Grand rassemblement républicain place du général-Catroux à Paris, (métro Malesherbes) samedi 4 avril 2009 à partir de 11 heures pour l’inauguration officielle du monument au général Dumas, par le plasticien Driss Sans-Arcidet (Musée Khômbol) en présence du maire de Paris et de nombreuses personnalités (manifestation placée sous le parrainage de l’UNESCO).


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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 11:00

 Continuité Liyannaj Kont Pwofitasyon

 

 vendredi 3 avril 2009 à 20h

FIAP 30 rue Cabanis 75014 Paris

Salle Bruxelles  métro : Glacière

Meeting avec Raymond Gama

Responsable LKP aux Relations Extérieures

 

A l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon la population de Gwaloup soudée dans tous ses compartiments sociaux, économiques et culturels a conduit l’action durant 44 jours contre la pwofitasyon et pour de nouveaux rapports sociaux, économiques et culturels  basés sur le respect et la dignité.

Avec Raymond Gama, homme de la terre, de science et d’action responsable aux Relations Extérieuses du LKP, de court passage à Paris  nous aborderons :

le bilan de cette période exceptionnelle de lutte victorieuse à travers l’examen de « l’accord Jacques Bino »

la question du racisme suite à l’action judiciaire intentée par le Procureur contre Elie Domota,

le sujet de la démocratie au sein du  LKP

le problème des  Etats-Généraux lancés par Nicolas Sarkozy

 

Tous et toutes vendredi 3 avril 2009 à 20 h,

        FIAP, Salle Bruxelles, 30 rue Cabanis 750014 Paris métro : Glacière         

Passage exceptionnel de Raymond Gama à Paris

Responsable aux Relations Extérieures du LKP de Guadeloupe

 

Paris le 27 mars 2009

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 20:27


Il faut effectivement des partenariats entre nos moyens de communication électronique, c'est la réponse la plus simple, il y a effectivement des procédures d'inscription automatique, chaque blog a sa newsletter, tu reçois la newsletter de mon blog, tu me proposais mon inscription à la newsletter de ton blog, je le faisais hier, c'est excessivement simple, c'est certainement trop simple, je ne le fais pas souvent et la majorité des destinataires de mes messages ne le font pas non plus. 

D'une manière générale, je n'utilise pas un certain nombre de fonctions de mon blog pour des raisons de temps, je n'ai pas de position de principe relative à l'utilisation ou bien à la non utilisation d'un certain nombre de fonctions. 

Quant à la conception de mon blog, c’est effectivement un faux blog personnel, l’immense majorité des messages de mon blog ne sont pas des scoop, c’est effectivement le résultat de copiage et de collage de messages d’autres sites, d’autres blogs et d’autres moyens de communication électroniques. C’est effectivement le résultat d’un choix subjectif et je ne sais vraiment pas si c’est le meilleur choix. 

La raison la plus fondamentale de ce choix est la suivante. De mon point de vue, c’est une conséquence d’ une analyse de la profonde crise de civilisation dans laquelle nous sommes et dont l’expression la plus importante, de mon point de vue et dans la culture politique de ma jeunesse, je ne sais pas si tu connais l’expression, est la crise de la direction révolutionnaire du prolétariat. 

Il y a très longtemps, dans une autre vie, dans un autre siècle et dans un autre pays, en Russie en 1917, il y avait une révolution et un parti révolutionnaire dont le nom était le parti bolchevik, il y avait une stratégie politique de prise et d’exercice du pouvoir selon laquelle la domination du capitalisme passait par l’existence de l’appareil d’Etat bourgeois, sa police, son armée, sa justice, la révolution passait par la destruction de l’appareil d’Etat bourgeois, la révolution était forcément violente et elle impliquait l’existence d’un parti d’avant garde de la classe ouvrière. 

Je ne te ferais pas l’histoire de toutes les tentatives successives de construction de ce parti d’avant garde de la classe ouvrière, des internationales ouvrières successives, de la première internationale anarchiste, de la deuxième internationale social démocrate, de la troisième internationale communiste et de la quatrième internationale trotskyste. L’organisation de la classe ouvrière comme classe sociale pour la défense de ses intérêts contre la bourgeoisie passait par la construction d’ au moins une organisation politique pour la défense de ses intérêts généraux et pour la prise et l’exercice du pouvoir et par la construction d’au moins une organisation syndicale pour la défense de ses revendications quotidiennes. 

Je résume donc plus de cent cinquante ans d’histoire en deux phrases et j’en arrive à la cause la plus importante de mon point de vue de l’actuelle crise de la civilisation humaine. Les militants de l’internationale de Marx, Marx lui même, et les militants du parti bolchevik, Lénine lui même, étaient les militants dont le niveau de conscience était un niveau de conscience d’avant garde, supérieur par rapport au niveau de conscience moyen de la majorité de la classe ouvrière. Dans les partis et les syndicats d’aujourd’hui, on trouve les militants dont le niveau de conscience est un niveau de conscience d’arrière garde, un niveau de conscience inférieur, le niveau de conscience le plus faible par rapport au niveau de conscience moyen. C’est de mon point de vue la cause la plus fondamentale de la crise des partis et des syndicats, des partis sociaux démocrates, des partis communistes et de toute tentative d’organisation aujourd’hui sous forme de parti et c’est donc la réponse la plus fondamentale à tes questions. 

En 1848, Marx posait la question de la prise et de l’exercice du pouvoir de la classe ouvrière par l’écriture du manifeste du parti communiste. Aujourd’hui, l’humanité révolutionnaire fait des blogs électroniques et la place des partis est au musée Grévin, l’organisation de la classe ouvrière  sous forme de parti, c’était la préhistoire de la classe ouvrière, c’était une forme de communisme primitif. 

En 1917, le socialisme, c’étaient les soviets et l’électricité. En 2009, le socialisme, ce sont les soviets et internet. Nous sommes les enfants, les petits enfants et les arrière petits enfants de Marx et de Lénine. Mais nous sommes aussi les enfants de Mac Luhan et de Guy Debord.

Bernard Fischer




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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 19:14

Appel à un Mouvement International pour Ouvrir la Frontière de Rafah

 

Ne laissons pas mourir Gaza


 

Après le massacre de la population de Gaza par l’armée israélienne, commencé le 27 décembre 2008, le monde s’est ému du sort des Palestiniens. Mais le territoire reste fermé, presque hermétiquement, les convois humanitaires s’accumulent aux frontières et une infime partie est autorisée à entrer. De même, les citoyens de divers pays, y compris de nombreux Palestiniens sont bloqués en Egypte.

 

Nous, citoyens du monde, nous opposons à ce blocus illégal et meurtrier, toléré, pour ne pas dire encouragé par la majorité des gouvernements mondiaux en particulier ceux des Etats-Unis, d’Israël, de l’Europe et de nombreux pays arabes.

 

Une fois encore, il semble que seule la société civile soit capable de se mobiliser pour exiger l’application des droits de base d’un peuple qui sont précisés dans le droit international et la Déclaration universelle des droits humains ( 10 décembre1948).*

 

C’est pourquoi, nous appelons tout individu ou groupe (ASSO, ORGA, PARTI, ETC.) à participer, dans la mesure de ses moyens, à l’établissement d’un sit-in permanente et internationale  sur le poste frontière de Rafah, pour faire pression sur le gouvernement égyptien, mais aussi sur la « communauté internationale », jusqu’à l’ouverture définitive de la frontière entre Gaza et l’Egypte, permettant la libre circulation des biens et des personnes.

 

POUR LIBERER GAZA,  POUR BRISER LE SIEGE,  POUR LA LIBRE CIRCULATION


TOUS A RAFAH, MAINTENANT !

 

Vous voulez participez à notre action ou signez cet appel, écrivez à l’une de ces deux adresses :

 IntMorb@Googlemail.com   ou    contact@ism-france.org

 

POUR VOIR LA LISTE DES SIGNATAIRES MISE À JOUR :


http://www.ism-france.org/news/article.php?id=11548&type=campagne&lesujet=Actions

 

 

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 18:59

Déclaration de la Région Métallurgie CGT Nord/Pas de Calais

De nombreux syndicats CGT sont aujourd'hui ciblés par la confédération, les Unions départementales et fédérations pour tenter de les exclure, comme ce fût le cas pour le syndicat CGT Forclum où le tribunal a tranché en refusant l’exclusion exigée par leur fédération de la construction et la direction de l’entreprise. C’est une grande victoire pour la classe ouvrière face au patronat et au glissement réformiste de la direction confédérale CGT.

Les seuls reproches qu’ils font  à ces syndicats sont d'être fidèles aux valeurs fondamentales de la CGT à savoir : bannir l'exploitation de l'homme par l'homme et la socialisation des moyens de production et d'échange.         

Dans le Nord, l'Union locale de Douai, son secrétaire général sont  depuis des mois l'objet d'assauts digne de ce qu’ont connu aux Etats Unis dans les années 1920, les dirigeants des syndicats Sacco et Vanzetti  ou le Maccarthysme dans les années 1950.   

La pression, les coups portés, les menaces de mort envers sa fille qu’a subit Jacques Leclercq ne sont pas étrangers à l'attaque cardiaque foudroyante qui l'a emporté. La famille porte plainte car le harcèlement continue notamment contre la fille et la mère de Jacques.

Espérons que la police et la justice seront aussi promptes à découvrir les responsables qui avaient assigné Jacques au tribunal, il suffit de regarder parmi les fidèles de l’UD du Nord pour trouver les coupables.         

Depuis des mois, le syndicat CGT Renault Douai subit  l'assaut d'une fraction  de militants animés par un ancien membre du bureau fédéral de la métallurgie, surnommé dans le Douaisis le mercenaire, vous aurez bien entendu reconnu « le sieur Caré  ».   

Il est aujourd’hui libéré de sa tâche de secrétaire de l'institut d'histoire de la fédération de la métallurgie avec tous les moyens ; voiture, carte bleue, téléphone portable sans limite, restaurants pour soudoyer et corrompre  des militants etc  De plus ce dirigeant corrompu a maintenant un double emploi, puisqu'il vient d'être nommé responsable par la fédération PCF du Nord pour animer la campagne des élections Européennes.     

A ce jour le syndicat CGT Renault Douai est toujours debout face à l’adversaire de classe et ceux qui l’accompagnent. Pour  la direction de la Fédération de la métallurgie. C’est un échec, c’est pour cette raison que le délégué central Renault Fabien Gache et l’administrateur Audevard en collaboration avec le sieur Caré font leurs apparitions dans cette opération de purge envers le syndicat CGT Renault Douai (des tracts sont distribués dans ce sens où Fabien Gache serait le sauveur du désastre industriel et social de Renault face à la crise du capitalisme).

Ces attaques frontales contre le syndicalisme  de classe sont  issues de la confédération Européenne des syndicats (CES) où la direction confédérale de la CGT ne cesse de glisser sur des bases réformistes en collaborant avec le capitalisme Européen.

C’est tellement vrai que le secrétaire général de la CES M. Monks  déclarait devant la presse qu’il faut sauver le capitalisme, et  dans la communication de la CGT, prônait pour moraliser le capitalisme.

On comprend mieux, le sens et les objectifs des violentes attaques contre les militants de classe, leurs syndicats dont la CGT Renault Douai qui tire sa légitimité par ses congrès, de ses forces organisées qui progressent malgré une campagne de propagande haineuse organisée par des dirigeants plus soucieux de la lutte des places que la lutte des classes. 
     
C’est pour toutes ces raisons que la région métallurgie tient à porter  à la  connaissance de l’ensemble des militants  cette situation et le besoin de soutien aux camarades de Renault Douai, de leur  Union Locale  et de son défunt secrétaire général J Leclercq.

La puissance du mouvement social qui grandit en France ulcère les technocrates de Bruxelles et de la CES. Ils exigent que la direction confédérale CGT fasse le ménage plus vite et plus fort,  la chasse aux sorcières est organisée : en premier lieu couper les vivres en  utilisant  le nouveau système financier COGETIS  à ceux et celles qui appellent depuis plus d’un an,  au tous ensemble mais aussi  l’éviction de militants investis de responsabilité ayant une expérience de classe de plus de 20 ans qui  refusent d’appliquer l’orientation réformiste qui sera portée par le  quarante neuvième congrès confédéral de décembre 2009.

La recomposition syndicale européenne est engagée autour de l'axe CGT/CFDT dans le cadre de leur future fusion, ils veulent  que cela se fasse rapidement,  c’est la ligne du secrétaire général Thibault  qui a été dictée lors de la réunion du 7 janvier 2009 avec comme mot d’ordre «  taper fort sur ceux qui résistent » ce qui explique le manque de soutien à toute les luttes engagées  en bas, tout comme les assemblées de militants comme celle de l'auto qui demandent de l'action sans  aucun écho de leur fédération.             

LA CGT RESTERA-T-ELLE UNE ORGANISATION FIDELE AUX OBJECTIFS DE CLASSE DEFINIE A SA NAISSANCE EN 1895  OU VA-T-ELLE DEVENIR UN OUTIL AU SERVICE DE LA REFONDATION DU CAPITALISME ?  L'ENJEU EST LA.

www.prcf.fr

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 18:45


http://www.reveilcommuniste.over-blog.fr

Faire vivre et renforcer le PCF, déclaration de Malakoff, 21 mars 2009

Le 21 mars 2009, 155 militants, responsables de cellules, de sections, de fédérations du PCF, venant de 29 départements se sont réunis à Malakoff à l'invitation de 17 membres du Conseil national du PCF, signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ».

L'immense succès de la journée nationale de grève et de manifestation du 19 mars a été au cœur des discussions. Pour tous les participants, il a souligné à nouveau la nécessité du PCF, outil politique indispensable pour dégager une perspective politique de rupture avec la politique au service du capital, au moment où la crise met en évidence la nocivité et les limites du système capitaliste.

Après son trente quatrième congrès, le PCF reste à la croisée des chemins.

Un mouvement de fond s'est manifesté parmi les communistes. Ils ont exprimé sans ambiguïté leur volonté de défendre l'existence de leur parti. Ils ont mis en échec, une nouvelle fois après l'Assemblée extraordinaire de décembre 2007, le projet de « métamorphose ».

L'opposition à la poursuite de la stratégie d'abandon de l'identité communiste du PCF que des militants et des organisations du parti ont portée avec le texte alternatif y a fortement contribué. Lors du vote d'octobre, il est arrivé en tête dans cinq fédérations : Pas-de-Calais, Nord, Tarn, Haute-Saône, Ardennes, dans de nombreuses sections.

Dans le même temps, malgré les désaveux successifs, la direction sortante est parvenue à rester à la tête de l'appareil du Parti. Le Comité exécutif national est presque intégralement composé de partisans de la « métamorphose » ou du dépassement du PCF.

On doit constater que cette stratégie est toujours à l'œuvre.

Loin d'être une simple alliance électorale, le Front de gauche, accord de sommet imposé unilatéralement pour les élections européennes, poursuit l'effacement du PCF et tente une recomposition politique « à gauche » éliminant, dans les faits, le Parti communiste, suivant l'exemple du Parti de la gauche européenne (PGE) et de plusieurs de ses composantes.

A peine le congrès passé, la direction remet à l'ordre du jour les « transformations » du Parti qui viennent d'être rejetées.

La ligne de la direction du Parti tourne le dos à l'exigence d'alternative politique immédiate qu'expriment les luttes en France. Elle restreint la perspective politique à des enjeux strictement institutionnels et électoralistes, en fin de compte, à une simple alternance en 2012.

Le mirage de la « réorientation de l'UE » sert à faire passer une ligne réformiste, de résignation, d'adaptation à l'intégration capitaliste européenne.

Cette situation place les militants qui ont porté le texte alternatif devant de nouvelles responsabilités.

La préparation du congrès a permis de marquer des points localement, de nouer de nouveaux liens nationalement entre des organisations du PCF déterminées à ne plus laisser faire. 19 signataires du texte ont été élus, malgré les entraves, au Conseil national.

La situation du Parti comme la situation du pays rendent nécessaire de passer à un autre stade de coordination et d'organisation nationales.

Il doit apparaître beaucoup plus visiblement, dans le PCF comme dans le monde du travail, que le Parti communiste français ne se réduit pas à la ligne d'abandon de sa direction actuelle. Les communistes, leurs organisations ont besoin de moyens nouveaux pour revitaliser et reconquérir leur parti.

A cette fin, les participants à la rencontre de Malakoff prennent la décision de constituer officiellement un réseau national dénommé « Faire vivre et renforcer le PCF », comme les statuts du Parti le prévoient.

Son expression, son action s'adressent à tous les membres du PCF, à tous les communistes.

Dans la suite du texte alternatif du congrès, elles entendent réaffirmer l'actualité des fondamentaux théoriques, marxistes, du PCF, l'importance cruciale de l'organisation communistes dans la lutte des classes, proposer de redonner un nom, enfin, à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.

Le Réseau se fixe comme objectif de rendre visible nationalement cette option, qu'il juge indissociable de la raison d'être du PCF.

En cohérence, il se fixe comme objectif de favoriser l'échange d'expériences et de matériel militants entre organisations du PCF, d'aider à leur renforcement, à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l'entreprise, de faire adhérer au PCF, de permettre aux communistes de sortir de leur isolement. Il se propose aussi d'impulser des actions nationales conformes à l'engagement communiste.

A cette fin, il se dote d'un collectif national de coordination de 21 membres, responsables d'organisations du PCF dans différentes régions*.

Dans la période qui s'ouvre, les participants à la réunion estiment que la priorité politique est de contribuer, par la proposition et l'action, à une perspective de rupture immédiate avec la politique au service du Medef, basée notamment sur la défense des salaires et l'exigence de leur revalorisation, l'interdiction des plans de licenciement, la défense et la reconquête de la protection sociale, celles des services publics nationalisés, l'appropriation publique du secteur financier, des principaux moyens de production... pour un développement économique partant de la satisfaction des besoins des travailleurs et de l'ensemble de la population.

Dans le contexte des élections européennes, refusant tout effacement du Parti, le Réseau contribuera à alimenter une campagne communiste revendiquée comme telle dans la suite de la campagne des communistes lors des référendums de 2005 et de 1992, contre « le projet de constitution européenne », le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne et l'intégration dans l'UE du capital qu'ils tentent d'imposer aux peuples.

Le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » fait une priorité de l'action des communistes pour la paix, notamment pour le retrait unilatéral de la France de l'OTAN, de la solidarité avec les partis communistes et ouvriers du monde, contre l'impérialisme, pour l'internationalisme.

Les participants à la rencontre de Malakoff, le 21 mars 2009.

* Composition du Collectif national de coordination : Corinne Bécourt (Aisne), Jean-Louis Rolland (Charente-Maritime), Paul Barbazange (Hérault), Floriane Benoît (Isère), Dominique Negri (Isère), Christian Tabaglio (Meurthe-et-Moselle), Jean-Claude Korde (Bas-Rhin), Marie-Christine Burricand (Rhône), André Gerin (Rhône), Frédéric Bernabé (Haute-Saône), Emmanuel Dang Tran (Paris), Claude Fainzang (Paris), Pasquale Noizet (Paris), Fabienne Debeauvais (Somme), Eric Jalade (Tarn), Jean-Pierre Meyer (Var), Michel Perrin (Haute-Vienne), Caroline Andréani (Seine-Saint-Denis), Jean-Jacques Karman (Seine-Saint-Denis), Laurent Santoire (Seine-Saint-Denis), Alain de Poilly (Val-de-Marne)




 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 18:33

http://www.liberation.fr/monde/0101558040-le-ballet-des-comptes-parisiens

Le ballet des comptes parisiens

L’héritage d’Edith Bongo relance l’affaire à Monaco et à Paris.

Epouse du président gabonais et fille du chef d’Etat congolais, Edith Bongo, née Sassou-Nguesso, est morte le 14 mars à l’hôpital de Rabat, après des semaines de coma. Pendant son agonie, un étrange ballet s’est déroulé à Monaco, une délégation congolaise prenant pension au prestigieux hôtel Hermitage. Leur mission : récupérer les avoirs bancaires (notamment chez HSBC) au nom d’Edith. Selon une source, il y en aurait pour plus de 50 millions d’euros. Dans un premier temps, alors qu’elle était réputée vivante, ces Congolais auraient brandi une procuration ; une fois le décès annoncé, ils se seraient proclamés ayants droit. Sherpa, association de juriste spécialisée dans la traque des avoirs à l’étranger de chefs d’Etat africains, vient d’écrire à Albert II en vue de geler les comptes au nom d’Edith Bongo-Sassou.

Si le prince passe à l’acte, ce serait une claque pour la justice française, qui traîne à ouvrir une information judiciaire sur les «biens mal acquis» de trois chefs d’Etat africains et leurs familles - Sassou, Bongo et le guinéen Obiang. A elle seule, la famille Bongo détient 70 comptes bancaires en France. Omar, le patriarche, possède onze adresses parisiennes, dont un hôtel particulier acquis 19 millions d’euros en 2007, et cinq à Nice. La famille Sassou détient 111 comptes bancaires dans l’Hexagone. Hier dans Le Figaro, Denis Sassou-Nguesso ne revendiquait pour lui-même qu’un «petit appartement» à Paris et «une maison au Vésinet [Yvelines, ndlr]». Sur cette dernière, c’est un aveu : depuis des années, un petit entrepreneur français peine à se faire payer les travaux de rénovation (Libération du 28 février), la propriété de la villa ayant été transférée au nom d’une obscure coquille luxembourgeoise.

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