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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 19:29

http://www.courrierinternational.com/breve/2010/02/18/des-manifestants-protestent-contre-sarkozy-et-preval


Des manifestants protestent contre Sarkozy et Préval

A l'occasion de la visite en Haïti de Nicolas Sarkozy le 17 février, plusieurs centaines de personnes ont manifesté sur la place du Champ-de-Mars, à Port-au-Prince.

"Les gens tiraient à boulets rouges tantôt sur le président René Préval, qu'ils qualifient 'd'incapable', tantôt sur Nicolas Sarkozy en lui réclamant 'restitution et réparation' [pour la colonisation d'Haïti].

'Si [l'ex-président Jean-Bertrand] Aristide [en exil en Afrique du Sud depuis 2004] était encore au pouvoir, nous aurions déjà bénéficié des 21 milliards de dollars que nous doit la France', claironnaient les manifestants en colère", rapporte le quotidien local Le Nouvelliste.

Cette somme correspond à la dette que la France a demandé à Haïti de payer pour autoriser son indépendance, en 1804, – et que le pays continue d'honorer – et au pillage estimé d'Haïti par les anciens colons








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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:59

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13459&type=temoignage&lesujet=Résistances


Lettre d’Abdallah Abu Rahmah, en prison à Ofer, à l'occasion du cinquième anniversaire du début de la résistance populaire contre le mur et les colonies à Bil’in

"Cela fait maintenant deux mois que, les yeux bandés et les menottes aux mains, j’ai été enlevé chez moi. Aujourd’hui, les nouvelles sont parvenus à la prison militaire d’Ofer que le mur d’apartheid sur la terre de Bil’in allait enfin être démantelé et construit sur une nouvelle route, rendant au village la moitié de la terre qui lui a été volée. Pour nous, à Ofer, emprisonnés pour avoir protesté contre le mur, cette victoire nous aide à supporter nos souffrances. Après cinq ans de résistance active, chaque semaine, au vol de notre terre par le mur d’apartheid et les colonies israélienne, il nous tarde d’être à nouveau parmi nos frères et sœurs pour fêter cette victoire et le cinquième anniversaire de notre lutte.

Ofer est une base militaire israélienne à l’intérieur des territoires occupés, et elle sert de prison et de tribunal militaire. La prison est constituée de tentes encerclées de fils de fer barbelés et d’une grille électrique ; chaque unité comprend 4 tentes, et il y a 22 prisonniers par tente. Actuellement, en hiver, le vent et la pluie pénètrent par les fissures des tentes et nous n’avons pas assez de tentes, de vêtements et autre nécessaire de base. Ici la nourriture est un gros problème, elle n’est pas suffisante. Nous survivons en achetant des produits à la cantine de la prison et nous les préparons dans les tentes. Nous avons une petite plaque chauffante, et c’est aussi notre seule source de chaleur. Ceux dont les familles peuvent mettre de l’argent sur un compte pour nous le font, mais beaucoup ne peuvent se le permettre. Le côté positif, c’est que j’ai appris à cuisiner ! Ce soir, j’ai fait des fallafels et des gâteaux pour célébrer la nouvelle de notre victoire. Il me tarde d’être à la maison et de faire la cuisine pour ma femme et mes enfants !

J’ai été arrêté en chaussons, et jusqu’à aujourd’hui, ma famille n’a pas été autorisée à me faire passer une paire de chaussures. J’ai pu enfin récupérer ma montre, après des demandes répétées. Pour moi, c’était essentiel ; il m’était insupportable de ne pas pouvoir me rendre compte du passage des heures. Quand je l’ai reçue, j’étais fou de joie, comme un enfant à qui on offre sa première montre. Je peux à peine imaginer ce que sera de mettre à nouveau une paire de vraies chaussures.

A cause de notre emprisonnement, l’armée considère que nos familles sont une menace à la sécurité. C’est très dur pour nos épouses, nos enfants et nos proches de nous rendre visite. Mon ami Adeeb Abu Rahmah, lui aussi prisonnier politique de Bil’in, ne peut recevoir de visites de sa femme et d’une de ses filles. Même sa mère, une femme de 80 ans qui est en ce moment en mauvaise santé, est considérée comme une menace ! Il a peur de ne pas la voir avant sa mort.

Je suis insititeur et avant mon arrestation, j’enseignais dans une école privé à Birzeit, et j’avais aussi un élevage de poulets. Ma famille a du le vendre à perte lorsque j’ai été arrêté. Je ne sais pas si j’aurais toujours mon poste à l’école lorsque je serai libéré. Les neuf membres de la famille d’Adeeb n’ont plus de source de revenus, comme tant d’autres familles. Ne pas pouvoir s’occuper de nos bien-aimés, qui ont besoin de nous, est le plus difficile à vivre ici.

C’est le soutien que j’ai reçu de ma famille et de mes amis qui m’aide à tenir. Je suis reconnaissant aux dirigeants palestiniens qui ont pris contact avec ma famille, aux diplomates de l’Union Européenne et aux activistes israéliens qui ont manifesté leur soutien en venant à mes audiences. La relation que nous avons construite avec les activistes va au-delà de la définition de collègue ou ami, nous sommes frères et sœurs dans cette lutte. Nous sommes une source continuelle d’inspiration et de solidarité. Vous avez été à nos côtés pendant les manifestations et les audiences au tribunal, et dans les moments très heureux et très douloureux. Etre en prison m’a montré que j’avais beaucoup de vrais amis, je vous suis tellement reconnaissant.

Depuis les limites de ma prison, il devient très clair que notre lutte est beaucoup plus grande que la justice seulement pour Bil’in, ou même pour la Palestine. Nous sommes engagés dans un combat international contre l’oppression. Je sais combien cela est vrai lorsque je me souviens de vous tous, venus du monde entier, qui ont rejoint le mouvement pour mettre fin au mur et aux colonies. Des gens ordinaires que l’occupation met en rage ont fait de notre lutte la leur, et nous ont rejoints en solidarité. Nous nous retrouverons certainement dans d’autres luttes pour la justice, dans d’autres lieux, lorsque la Palestine sera enfin libre.

Manquer le cinquième anniversaire de notre lutte à Bil’in sera comme manquer l’anniversaire d’un de mes enfants. Dernièrement, j’ai beaucoup pensé à mon ami Bassem, dont la vie a été volée pendant une manifestation non violente l’an dernier, et combien il me manque. En dépit du chagrin de sa perte, et le désir ardent que j’ai de retrouver ma famille et mes amis, chez moi, je pense que si c’est cela le prix que nous devons payer pour notre liberté, alors ça vaut le coup, et nous sommes prêts à payer beaucoup plus.

Abdallah Abu Rahmah
depuis le camp de détention militaire d’Ofer


Vendredi 19 février, plus de 3000 manifestants ont participé à la manifestation de Bil’in, conduite par le Premier ministre Salam Fayyad après la prière du vendredi avec les habitants du village, visite de solidarité avec la population du village lors de l’anniversaire des cinq ans de résistance populaire du village contre le mur et les colonies. S’étaient joints à la manifestation des membres du Conseil législatif et du Comité exécutif de l’OLP, plusieurs ministres et leaders des factions palestiniennes, des membres de la Knesset et le Maire de Genève.

La marche a commencé par la traversée du village, des manifestants chantant des slogans appelant à l’unité nationale, d’autres à la résistance contre l’occupation et la politique raciste israéliennes et à la construction de barricades. Les marcheurs ont ensuite tourné vers le mur après avoir tenté de passer à travers champs, mais l’armée les en a empêchés, les soldats ont aspergé les manifestants d’eau croupie et de gaz lacrymogène et de volées de balles caoutchouc-acier. Une dizaine de personnes ont été blessées.

Le Comité populaire de lutte contre le mur et les colonies a remercié tous les participants et sympathisant, et en particulier les équipes ambulancières des Comités de secours médical du Croissant Rouge et des Comités de Santé pour leur rôle précieux de premiers soins donnés aux blessés et de transports dans les hôpitaux ce jour-là et les jours précédents.

L’armée d’occupation a en effet envahi deux fois le village la veille ; les soldats ont été accueillis par des jets de pierre lancés par les jeunes qui les ont obligés à partir mais ils sont revenus une seconde fois en pleine nuit.

Les résultats les plus importants de l’expérience de Bil’in pendant ces cinq dernières années sont:

La décision de la Cour suprême israélienne du 4 septembre 2007 affirmant l’illégalité du mur sur le tracé de l’époque, recommandant de le démolir, de revenir au tracé initial et de restituer 1000 dunams de terres au village. Les travaux ont commencé le 15 février 2010.

Le maintien de l’ouverture de la grille pour les agriculteurs voulant aller travailler sur leurs terres, en particulier pendant le jour.

La démolition de quelques maisons dans la colonie et la récupération de quelques terres à l’intérieur de la colonie et autour.

La remise de quatre récompenses au Comité populaire contre le mur, au niveau intérieur et international.

Le succès du Comité du Peuple à stopper l’expansion de la colonie sur le territoire du village.

La conversion de la terre derrière le mur en un paradis verdoyant en encourageant les citoyens à récupérer la terre et y cultiver des céréales, des arbres fruitiers, en particulier des oliviers ; les agriculteurs se sont précipités pour réaliser ce travail qui empêche l’occupation de dire que la terre est abandonnée et de s’en emparer.

L’organisation des conférences internationales sur la résistance à l’occupation, au mur et aux colonies, et pour faire connaître l’expérience populaire de Bil’in, où se sont tenues quatre conférences internationales et une conférence palestinienne ; la préparation de la 5ème conférence internationale est en cours, et elle aura lieu, si Dieu le veut, le 21 avril 2010.

Bil’in est devenu une attraction touristique populaire et officielle.

Bil’in est devenu un symbole et un modèle de résistance populaire, en particulier de résistance au mur et aux colonies, au plan national et mondial, et l’objet d’attention dans le monde entier, avec compassion et solidarité avec le peuple palestinien.



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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:32


http://www.le-militant.org/foularis/foulards.htm


LA REVOLTE DES FOULARDS

(Mantes la Jolie – Lille 1994)

En 1992, les Jeunesses communistes révolutionnaires, organisation liée à la Ligue communiste révolutionnaire d'Alain Krivine, étaient déjà sérieusement en délicatesse avec la maison mère. Entre de multiples divergences, on trouvait un sérieux désaccord sur la guerre des puissances coalisées contre l'Irak, en 1991. La LCR prônait alors les "négociations", le "retrait des troupes françaises" et le "retrait de l'Irak du Koweït". Au lieu d'amender comme à l'accoutumé les positions de la tendance la plus radicale, la direction des JCR fit cette fois un effort. Elle alla se livrer à des recherches sur les positions du PCF des années 1920 par rapport la Guerre du Rif, sur l'histoire du Moyen Orient, etc. Le résultat allait être détonnant. S'approchant du point du rupture avec la direction de la Ligue, les JCR tissaient des liens avec des gens dans un milieu jusqu'ici inconnu : celui des nationalistes arabes.

L'époque de la Guerre contre l'Irak était aussi celle de l'agonie de SOS Racisme. L'hostilité de cette organisation envers le mouvement autonome des beurs et ses positions philo-sionistes lui avaient largement aliéné la sympathie de la jeunesse populaire. La stratégie exclusivement médiatique impulsée par la direction de SOS Racisme au détriment de la construction des comités locaux allait lui porter le coup de grâce. Selon des militants de la LCR participant à SOS Racisme, l'association en était alors réduite à un peu plus que son comité national, avec une centaine de cartes payées... En tout état de cause il devenait évident que le terrain se libérait pour l'émergence d'une force nouvelle s'orientant vers la jeunesse des cités et tenant un discours radical.

En novembre 1992, les JCR décidaient de se joindre à une manifestation européenne anti fasciste à Bruxelles et y emmenaient 90 jeunes français. Ils firent cortège commun avec la Jeune Garde Socialiste (lie la section belge de la IVe Internationale) mais leur attirance allait bien sûr davantage aux organisateurs de l'initiative : le Comité pour une internationale ouvrière (CIO) dont la section phare, Militant, venait de rompre avec le parti travailliste de Grande Bretagne. Après le succès de la manifestation qui avait rassemblé plus de dix mille jeunes venus de toute l'Europe, le CIO décidait de prendre une initiative audacieuse en appelant à la constitution d'un mouvement international : Jeunes contre le racisme en Europe. Le succès allait être fulgurant en Allemagne, au moment même où les agressions nazies contre les réfugiés se multipliaient. En France, les JCR lançaient JRE en s'appuyant sur la sortie du film de Spike Lee sur Malcolm X et en organisant une dizaine de meetings avec un représentant des Panthers de Grande Bretagne (1). A la différence de ses homonymes européens, davantage préoccupés d'anti fascisme, JRE-France allait axer essentiellement sa lutte contre le racisme d'Etat et chercher à capter la révolte de la jeunesse populaire d'origine immigrée.

Son approche souple des courants islamistes allait placer la Gauche révolutionnaire en situation de pouvoir collaborer avec certains d'entre eux sur des questions ponctuelles : initiatives communes avec la FNMF (Fédération nationale des musulmans de France) et le Conseil des Imams en défense des prisonniers palestiniens et pour la levée de l'embargo contre l'Irak, collaboration avec les chiites d'El Beit et du Conseil islamique de Palestine toujours sur la question palestinienne mais aussi contre le régime saoudien, etc. En 1994 L'Egalité interviewait sur un pleine page Mohamed Al Masari, le dirigeant en exil du Comité de défense des droits légitimes, principale force d'opposition saoudienne. De ces expériences, la Gauche révolutionnaire allait retirer quelques contacts mais surtout une connaissance des milieux et tendances islamistes qui allait se révéler déterminante pour la suite (2).

La défense de la communauté arabe en France est le seul point pour lequel la Gauche révolutionnaire/JCR et JRE se soient réellement fait remarquer du grand public et aient inquiété un tant soit peu le bourgeois. Ainsi, le numéro 3.083 de l'hebdomadaire patronal Valeur Actuelles en date du 30 décembre 1995 résumait leur orientation :

"En 1993, les JRE (Jeunes contre le racisme en Europe) - un mouvement venu de Grande Bretagne - s'implantaient dans plusieurs villes de France, l'initiative de Raymond Debord, trente trois ans. Ce courant français, dont Debord est toujours le chef de file, essaie de développer en France les méthodes de Malcolm X, en exploitant les tensions liées  à l'islamisme. Il s'est notamment illustré dans le soutien aux élèves voilées"

Toujours dans le même journal, quand un rédacteur faisait état d'émeutes à Mantes la Jolie en octobre 1995 opposant beurs et forces de l'ordre, il concluait en précisant :

"Les renseignements généraux assurent aussi que les JRE étaient présents lors des échauffourées"

Comme dirait l'autre, on ne prête qu'aux riches... Et, bien qu'absents cette fois (3), les membres de JRE ont semble t-il laissé un souvenir impérissable aux autorités de Mantes...

Entre temps, la Gauche révolutionnaire/JCR avait modifié considérablement son discours sur la question arabe et immigrée (liant dans une même condamnation le soutien à la Libye et aux jeunes filles portant le hidjeb), sous la double pression de ses militants kabyles et des milieux post gauchistes dans lesquels elle évoluait. Aussi, en décembre 1995, Debord quittait cette organisation, ainsi que la totalité des militants Marocains. Ce dernier point n'est pas un hasard, bien entendu. L'approche de questions comme l'islamisme est, pour les maghrébins, largement connectée à leur sentiment national arabe et leur anti-impérialisme. Et force est de constater que la gauche marocaine est, sur ce plan, dans un meilleur état idéologique que la gauche algérienne.

Après la démission de ses principaux leaders, Salima Jamili et Raymond Debord, JRE a connu une crise puis s’est refait une santé sous la houlette d’Armand Zvenigorodsky en participant au mouvement des sans-papiers de Saint Bernard et à des actions dans les aéroports contre les expulsions de clandestins. Son centre de gravité s’est néanmoins sensiblement déplacé de la jeunesse immigrée vers le monde lycéen et étudiant. Finalement, JRE-France ne survivra pas au départ d’Armand (jugé trop radical par la majorité de la Gauche révolutionnaire). JRE-Europe a également disparu, victime de la crise de ses mentors du Committee for a worker’s international.

Les documents qui suivent reprennent la majeure partie des articles écrits dans L'Egalité au moment de l'affaire de la circulaire Bayrou. Ils sont publiés tels quels, c'est à dire dans l'ordre de parution et de mise en page au sein des numéros 34 et 35 de L'Egalité. Ils sont complétés par un échange paru alors dans le Bulletin intérieur d'information de la Gauche révolutionnaire/JCR avec un militant démissionnaire (aujourd’hui membre du courant Coordination des militants communistes du PCF) et un texte de Debord resté inédit écrit à chaud quelques temps avant sa démission de la Gauche révolutionnaire.

NOTES

(1) Organisation noire inspirée des Black Panthers américains des années 60 lancée par Militant. Après avoir rencontré un certain succès, les Panthers ont scissionné entre une aile "socialiste" contrôlée par Militant et les nationalistes noirs authentiques.

(2) Pour s'y retrouver, voir le livre de Gilles Kepel "les banlieues de l'islam" (éditions Seuil, collection Points), aussi léger politiquement qu'incontournable quant la qualité des informations données.

(3) La manifestation en question a été uniquement organisée par le Groupe trotskyste / Révolte Jeune et son Comité des Beurs de Banlieue.

http://www.le-militant.org/foularis/egalite34/egalite34.htm

http://www.le-militant.org/foularis/egalite35/egalite35.htm

http://www.le-militant.org/foularis/revolt.htm

http://www.le-militant.org/foularis/debats.htm



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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:56

http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-02-08/72863.html


CRIMINALISATION DU COLONIALISME FRANÇAIS

Les députés algériens veulent une loi

Yasmine ZOUAGHI  - Lundi 08 Février 2010 - Page : 2

Élus, juristes et historiens s’accordent à exiger de la France de présenter des excuses officielles à l’Algérie.

Ils étaient nombreux hier, à prendre la parole pour défendre bec et ongles, le projet de loi pour la criminalisation du colonialisme français en Algérie.Réunis autour d’une table ronde organisée par le Forum d’El Moudjahid, députés, juristes et historiens ont uni leurs voix pour insister sur la nécessité d’exiger de la France à présenter des excuses officielles à l’Algérie et à indemniser les nombreuses victimes de cette sombre période de l’histoire du pays.Le premier à prendre la parole, était Chenna Ahmed, secrétaire général de l’Académie de la société civile. Il est revenu sur les raisons qui ont incité à l’élaboration de cet instrument législatif, dont le projet a été présenté à l’Assemblée populaire nationale le 13 janvier dernier. «En tant que société civile, nous voulons construire des relations avec le peuple français basées sur le respect mutuel (...) des relations algéro-françaises inscrites dans la durée et sur des bases solides, satisfaisant avant tout le peuple algérien. Des relations sociales, économiques, diplomatiques et politiques dépourvues des blessures du passé» a-t-il argumenté. «Ces relations ne peuvent évoluer qu’après des excuses de la France» a-t-il ajouté.

Il ne s’est pas arrêté là et a renchéri en déclarant qu’«il n’existe aucune loi en Algérie qui criminalise la guerre (...) la loi va développer avec beaucoup d’attention ces termes de criminalité et de guerre en l’absence d’un autre texte qui donne aux citoyens l’opportunité d’engager des poursuites judiciaires». Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française en Algérie. Cette motion a été signée par un groupe de 120 députés de différents partis siégeant à la Chambre haute du Parlement..

Elle est constituée d’une vingtaine d’articles dont la teneur insiste sur la nécessité d’exiger de la France officielle à présenter ses excuses à l’Algérie et à indemniser les victimes de 132 années de colonisation.

M.Moussa Abdi, député FLN a également répondu présent pour faire la promotion de cette loi.

Il a expliqué le contenu de ce projet de loi. Il a alors fait savoir que la mouture en question renferme d’importants articles qui définissent d’abord les crimes coloniaux en vertu du droit international.

Le texte stipule également que la France doit reconnaître les crimes qu’elle a commis contre les Algériens au temps de la guerre de libération. Et cela non sans réclamer des indemnisations pour les victimes au cas par cas. Elles devront se faire à travers des réparations morales et financières.

A noter que le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem fut l’un des premiers à lancer les débats autour de cette question. Il a saisi l’occasion lors d’un conseil national du parti pour réitérer la demande adressée à la France pour reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie et à présenter des excuses et à indemniser les victimes.

Il avait en outre, appelé à «l’activation des textes juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre histoire et aux symboles et ce à travers la promulgation par le Parlement d’une loi qui incrimine le colonialisme français».




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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:44

"L’autre Dumas", de Safy Nebbou, avec Depardieu : un film français nul et ouvertement négrophobe.

Personne n’a pu échapper à la promotion extrêmement agressive entreprise pour le film L’Autre Dumas dont le propos est de ternir la réputation du romancier Alexandre Dumas, afro-descendant, fils d’esclave haïtien, de le ridiculiser en le faisant représenter par Gégé Depardieu le « Gaulois », et de provoquer tous les descendants d’esclaves ou d’indigènes de France par une offensive raciste tous azimuts destinée à assurer, par la polémique, la promotion du film.

Le père d’Alexandre Dumas, le romancier, s’appelait également Alexandre Dumas. Il était né esclave en Haïti..

C’est le plus grand héros de la Révolution française.. Au moment du rétablissement de l’esclavage, Napoléon, par racisme, l’a chassé de l’armée.

Depuis 1802, la France refuse de l’admettre dans l’ordre national de la Légion d’honneur. Alexandre Dumas le romancier, fils du précédent, avait trois ans et demi à la mort de son père. La haine négrophobe de Napoléon poursuivit la famille. La mère, privée de pension, alors qu’elle était veuve d’un général d’armée, dut supplier pour obtenir un modeste bureau de tabac à Villers-Cotterêts.

On lui reprochait de s'être "prostituée" avec un "noir" et qui plus est, un Haïtien. Le fils n’eut aucune bourse pour faire ses études. Malgré cela, et avec l'aide des amis de son père, il monta à Paris et obtint, grâce à son seul talent, le succès que l’on sait. Aujourd’hui, on dirait de Dumas que c’est un écrivain « noir ».

Au dix neuvième siècle, on ne manquait pas de lui rappeler ses origines, mais jamais en face, car Dumas avait hérité de la stature de colosse de son père et de son habileté aux armes.

Un dessinateur, Cham (descendant du comte de Noë, le propriétaire de Toussaint-Louverture) le persécuta à coup de caricatures toutes plus racistes les unes que les autres. Quand Dumas quittait un salon, certains ouvraient les fenêtres au motif que « ça puait le nègre ».

Dumas publiait énormément, surtout des feuilletons, et vivait de sa plume. Comme il dépensait beaucoup, étant très généreux, il fut obligé d’engager de nombreux collaborateurs qui accomplissaient les recherches historiques qu’il n’avait le temps de faire et traçaient souvent le canevas de ses œuvres. A partir de cela, Dumas se mettait au travail et mettait sa touche de génie, fort aisément reconnaissable. Dumas ne quittait guère sa table de travail, d’où son embonpoint final, comme tous les forcenés de l’écriture (Balzac, George Sand).

Tant qu’on faisait passer Dumas, qui est l’auteur français le plus lu à l’étranger, pour un « caucasien », il n’y eut pas de problème.

Je brisai l’omerta en osant écrire que son père était né esclave.

Alexandre Dumas, le dragon de la Reine (épuisé) était la seule biographie publiée en France depuis la mort du général (mis à part celle d’Ernest d’Hauterive, époux de l’arrière petite-fille du général, qui était parue en 1897). J'ai récidivé avec Le Diable noir (publié chez Alphée en 2008 et que j'ai moi-même adapté en documentaire de 52', préacheté mais non encore diffusé par France 2, avec Stany Coppet dans le rôle du général Dumas).

En 2002, Valérie Terranova, conseillère de Jacques Chirac (et mêlée ensuite au coup d’État contre Haïti) décida (sur les recommandations d’un de ses amis) d’annoncer l’entrée au Panthéon d’Alexandre Dumas pour faire un « coup » avant les élections de 2002.

La date de la cérémonie, très contestée à Villers-Cotterêts (où reposait Dumas), fut fixée au 30 novembre 2002.. Le président du Sénat, Poncelet, m'invita, à cette occasion, à prendre la parole publiquement pour rendre hommage au général Dumas, dont je rappelai qu’il était arrivé en France sans-papiers, ce qui sema la panique à l’Élysée (dont Dominique de Villepin, entouré d’un cabinet qui n'était noir qu'à cause de ses méthodes, était alors le secrétaire général).

Un auteur, Bernard Fillaire, avait publié de son côté un livre, Alexandre Dumas et associés. Le but de cet ouvrage était fort malsain. Il s’agissait de faire savoir qu’Alexandre Dumas ne méritait pas les honneurs qu’on lui rendait enfin, parce qu’il n’aurait pas écrit ses livres lui même.

En fait, Bernard Fillaire n’avait pas inventé grand-chose. Il ne faisait que mettre au goût du jour un pamphlet publié en 1845 par Eugène de Mirecourt sous le titre Dumas et Cie, fabrique de romans.. Avant de laisser tomber la copie et de parler de l’original, notons au passage que c’est Bernard Fillaire qui a écrit le «livre» destiné à faire la promotion de Lilian Thuram, fort inspiré, paraît-il, du travail de divers auteurs non cités.

Drôle de choix, Lilian : tu ferais bien de te méfier de tes "conseillers en communication" qui ne songent qu'à t'"essorer", mais te desserviront, à la longue.

Le pamphlet de Mirecourt était ouvertement négrophobe et d’une violence telle que Dumas dut se résoudre à déposer plainte. Il obtint la condamnation de Mirecourt le 16 mai 1845 à une amende, assortie de 15 jours de prison pour diffamation.

L’aggravation pour cause de racisme n’existait évidemment pas à l’époque (l'esclavage étant toujours en vigueur dans les colonies). Dommage. Qu’on en juge plutôt : « Grattez l’écorce de M. Dumas et vous trouverez le sauvage… Les joujoux le séduisent, les fanfreluches lui tournent le cerveau : Nègre ! »

Quel rapport entre le livre raciste de Mirecourt et L’Autre Dumas de Nebbou ? C’est la même entreprise. Les négrophobes se sont engagés dans la brèche ouverte par Bernard Fillaire (continuateur de Mirecourt) et ont pu œuvrer avec le soutien de l’appareil raciste d’État mis à contribution pour préparer l’attaque contre Haïti et l’enterrement de la loi Taubira.

Au moment où Pétré-Grenouilleau, grâce à Villepin, à Régis Debray et à Chirac, surgissait du néant où il est depuis retombé, une pièce de théâtre particulièrement nulle était, comme par hasard, écrite et montée pour vilipender Dumas et y faire la promotion d'un inconnu insignifiant, mais blanc de peau, donc providentiel : Auguste Maquet.

Maquet fut au nombre des collaborateurs du romancier : un raté complet, obscur professeur d’histoire. Encouragé par le pamphlet de Mirecourt, auquel il n’était pas étranger, il profita de l’attaque diffamatoire contre Dumas pour l’accabler à son tour de procès, revendiquant une place de co-auteur et, bien sur, des droits en conséquence. Maquet mourut fort riche. Dumas dans la misère.

L’idée a dès lors été soufflée à un réalisateur, Safy Nebbou, de faire, à partir de ce navet glorifiant le nain jaloux Maquet, un film ouvertement négrophobe : on « réhabiliterait » Maquet, le génie méconnu qui deviendrait le "nègre", l'"esclave", exploité par un salaud d'imposteur incapable d'écrire une ligne, et Dumas deviendrait l'imbécile, l'analphabète, le négrier.

La victime deviendrait bourreau, selon les bonnes vieilles méthodes de la propagande coloniale. Puisque les Français commençaient à être informés sur les origines d’Alexandre Dumas et qu’ils n’en étaient que plus admiratifs, il devenait urgent de le salir. On ferait à Dumas ce qu'on a fait à Aristide : deux Haïtiens dérangeants.

Comme on peut s’en douter, Nebbou n’a pas eu de mal à trouver un producteur et à rassembler 11 millions d’euros sur ce projet ignoble.

Au moins Nebbou, et c’est tout son « mérite », n’y est pas allé par quatre chemins. On aurait pu imaginer un film sur les rapports entre Dumas et Maquet, faisant au moins la part des choses. Non, là c’est un film contre Dumas et à la seule gloire de Maquet.

Le Point, l’hebdomadaire que M. Pinault s’est offert avec l’argent des arbres « exotiques » abattus dans les vieilles forêts d’Afrique, l’hebdomadaire où l’on encense, quand il le faut, les Pétré Grenouilleau et Pap Ndiaye, ne s’y est pas trompé en titrant : «Maquet, l’esclave de Dumas». Beaucoup de journalistes ont éprouvé un frisson de jouissance à faire des jeux de mots sur le terme «nègre».

Mais Nebbou est allé plus loin encore. Quitte à nier la négritude de Dumas pour la reporter sur Maquet, il a choisi pour incarner Dumas le plus « gaulois » des acteurs qu’il pouvait trouver : Gérard Depardieu, ou si l’on préfère, Obélix.

Je n’ai rien contre Depardieu, qui est un très grand acteur. Je l’ai vu débuter et remarqué dans La Chevauchée sur le lac de Constance de Peter Handke en 1970 alors qu’il était absolument inconnu.

Pour les mêmes raisons que Dumas, sans doute, (l’argent), Depardieu a participé à des films qui étaient indignes de son talent. Celui-ci est vraiment en tête de liste de ses navets alimentaires. Mais c’est en plus un film abject.

Ni Depardieu, ni Poolevorde, certainement, n’ont compris dans quelle entreprise on les avait embarqués. D’après les rumeurs, Poolevorde aurait toutefois rué dans les brancards durant le tournage, et c’est tout à son honneur.

Au moment où les descendants d’Africains de France se battent pour obtenir un peu de respect et la reconnaissance de leurs héros bafoués, était-il convenable de confier le rôle de Dumas, dont la grand-mère était une esclave noire de peau, au blondinet Depardieu, affublé d’une perruque frisée grotesque ?

Confierait-on le rôle de Molière à mon ami Alex Descas, le plus grand acteur français de sa génération ?

Les acteurs d’origine africaine ou antillo-guyanaise sont tous mes amis et je voudrais leur rendre ici hommage. Ils ont du talent et ils souffrent parce qu’on ne refuse de les employer (et ce n'est certainement pas l'agence de promotion pour la culture de l'outre-mer - le bureau des bals boudins et du zouk - que Frédéric Mitterrand s'apprêterait à confier Patrick Karam, l'agent de Villepin et des békés, le coordinateur officiel du misérabilisme antillais, chargé de la persécution judiciaire, aux frais de l'Etat, des détracteurs de ce même misérabilisme, qui va améliorer leur sort).

Ce refus est particulièrement marqué quand il s’agit de la télévision publique qui, du reste, a financé L’Autre Dumas, comme elle avait financé un navet à la gloire de Napoléon passant le rétablissement de l'esclavage sous silence (un point de détail, sans doute).

Ce qu’a fait Safy Nebbou est une véritable insulte pour les acteurs issus de la diversité. Je sais les difficultés qu’ils éprouvent au quotidien pour vivre de leur talent. J’ai été moi-même élève, dans ma première jeunesse, d’un cours d’art dramatique dont le professeur s’était d’emblée adressé à moi pour me dire : « Oh vous, c’est sûr qu’on aura du mal à vous trouver des rôles dans le répertoire ! » J’ai immédiatement quitté le cours et, plus tard, je me suis mis à la tâche pour qu’un jour, il y ait des rôles pour tout le monde.

Ce qui est grave, c’est que si L’Autre Dumas est un succès, on n’hésitera pas à s’emparer des héros de la diversité pour les faire jouer systématiquement par des acteurs « blancs» plus ou moins grimés comme ce fut le cas aux débuts du cinéma hollywoodien.

L’attaque de Nebbou contre Dumas est d’autant plus monstrueuse que l’on avait toujours refusé en France de faire un film sur cet auteur, pour ne pas avoir à évoquer ses origines.

Personne ne sera surpris de la promotion gratuitement consentie à ce film. Michel Drucker s’indigne, paraît-il, que Dumas n’ait pas écrit lui-même ses livres. Dumas a écrit ses livres.

Mais je conseille à tous ceux qui n’ont pas écrit les leurs un peu de décence, si ce n’est de prudence. L’édition est un petit milieu. Imaginons que tous les Maquet d’aujourd’hui révèlent au grand public le nom des ouvrages auxquels les auteurs n’ont apporté que leur nom sur la couverture ou un brouillon impubliable. Beaucoup de journalistes de télévision, certainement, y perdraient de leur crédit et peut-être même leur place. Ne parlons même pas des hommes politiques.

J’ai publié ce printemps (en tant que directeur de collection d’une maison d’édition) et longuement préfacé La Vendée et Madame, un livre que Dumas avait écrit en 1833 pour le général Dermoncourt, compagnon de son père.

J’avais rétabli la vérité. Un journaliste du Figaro Magazine qui, pourtant, avait accepté de boire et de manger son saoul dans un de ces restaurants dont les nègres sont cachés dans les cuisines (le journaliste était invité, selon l’habitude de beaucoup de journalistes, par l’attaché de presse, aux frais de la maison d’édition).

Un journaliste, donc, du Figaro Magazine, s’était déchaîné sur deux pages, avec une âpreté singulière, pour dire que ce n’était pas Dumas qui avait pas écrit La Vendée et Madame, mais bien le général Dermoncourt. C’est parfaitement absurde car tout le monde sait que Dumas est bien l’auteur de ce livre et que la moindre des choses, en le rééditant, était de le mettre au crédit de son véritable auteur.

Mais pour ce journaliste, cette réhabilitation, que j’avais entreprise, allait à l’encontre du film de Nebbou, alors en tournage et dont il participait certainement déjà à l’entreprise de promotion. Il faut imaginer, en effet, la part de budget de L'Autre Dumas qui a pu être consacrée à régaler les journalistes, qui cette fois semblent avoir au moins la reconnaissance du ventre.

Dumas, étant un nègre, était incapable d’écrire.. Donc il ne pouvait avoir écrit pour un autre. Cette thèse développée dans Le Figaro Magazine était en fait empruntée au livre de Mirecourt condamné par la justice où, de la même manière, dès 1845, on niait que Dumas ait été capable d’écrire le livre du général Dermoncourt.

De plus, le fait que ce soit moi qui écrive sur Dumas était parfaitement inacceptable. Je fus traité de « gentleman mystificateur ». Et Le Figaro Magazine titra : Inédit de Dumas : un faux !

L’Autre Dumas sort le 10 février, trois semaines après le cataclysme qui a fait plus de 200 000 morts au pays d’Alexandre Dumas, une semaine avant que le Président de la République ne se rende en Haïti.

Voilà qui montre bien l’opinion qu’une certaine France peut avoir des Haïtiens et plus généralement des descendants d’esclaves, dont Dumas est l’un des plus illustres.

Comment réagir ?

En n’allant pas voir L’Autre Dumas et en appelant à le boycotter parce que ce film est tout simplement une incitation insidieuse à la haine raciale.

En signant et en faisant signer la pétition pour qu’un hommage soit enfin rendu au père de la victime de ce film, le général Alexandre Dumas. Ainsi, la promotion raciste qui va être mise en œuvre pendant toute la semaine bénéficiera au moins à une entreprise qui ne l’est pas.

Claude Ribbe, écrivain, président de l'association des amis du général Dumas





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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:29

Manifestation le samedi 27 février 2010 à 15 heures à Paris de la Place de la Bourse au Ministère de l´immigration et de l´identité nationale pour la suppression du Ministère de l´immigration et de l´identité nationale

Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd'hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s'inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du vingtième siècle.

En France, le Ministère de l´identité nationale, de l´immigration et du codéveloppement, c´est le Ministère de la rafle et de la honte, c´est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l´immigration et de l´identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un « Grand débat » sur l´identité nationale qui mobilise les moyens de l´Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l'islamophobie et la stigmatisation d´une partie de la population.

Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d'une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d'un Hortefeux ou d'une Morano, ministres en exercice d'un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd´hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C´est tout simplement la réintroduction d´un «Ministère des colonies» qu´il impose à la France. Comme l´ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l´immigration : «Associer immigration et identité nationale, c´est inscrire l´immigration comme « problème pour la France et les Français dans leur être même ». C'est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire », afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C'est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d'une mondialisation inhumaine.

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies: rafles de sans-papiers, contrôle d´identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu'aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l´identité nationale on démantèle le droit d´asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de « codéveloppement » n´est qu´un trompe l´oeil permettant la continuation des politiques néo coloniales. L´« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d´émigration, rendu possible par l´usage de la dette et la complicité des dictateurs africains «amis de la France ». Cette grande famille françafricaine sera d'ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines.

Cette politique anti-immigrés se double d´une stigmatisation et d´une ségrégation des quartiers populaires qu´il s´agit de quadriller à l´aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu´à appliquer de nouveau la loi sur l'état d'urgence utilisée durant la guerre d´Algérie.

Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d´outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.

Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l´« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l´Immigration. ` Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la cinquième semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010

Le 23 février 2005, l´Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l'oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l´histoire, effacé la mémoire.

Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l´article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd´hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l´Immigration. Participons à la création d´un ministère de la décolonisation et de l´égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !

Tous ensemble exigeons, la suppression du Ministère de l´immigration et de l´identité nationale !

Tous ensemble pour sortir du colonialisme !

Premiers signataires:

ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd´hui), ACTIT, AFASPA, Afriques en lutte, ALBA-France, Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMF (association des Marocains en France), ASDHOM, ATMF, ATTAC, Au Nom de la Mémoire, CAAC-Comores, CADTM-France, CCIPPP, CEDETIM, Cercle Bolivarien de Paris, Cercle Frantz Fanon, Conscience Musulmane, Coordination Nationale des Sans Papiers, CMF, CRI (Coordination contre le Racisme et l´Islamophobie) , CREF, Droits Devant, El consejo pro-Bolivia, ENAAC, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), FCD (Fédération des Congolais de la Diaspora), FETAF, Fondation Frantz Fanon, FTCR, Génération Diversité, Identité Plurielle, Les Indivisibles, Ishtar, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, Les Oranges, MCD, MJKF, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la justice sociale), MRAP, NPA, Association d'Objecteurs de Croissance AdOC, Panthères roses, Peace Breather, PCF, PCOF, Pôle Ethique, Réseau Frantz Fanon International, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, Survie, UJFP, Union Syndicale Solidaires, USTKE, Les Verts, La Voie Démocratique, ZEP, 93 au coeur de la République





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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:12

FLASH MOB le samedi 27 FÉVRIER A MIDI devant l' Opéra Bastille Place de la Bastille à Paris

Un mois jour pour jour avant le 27 mars le peuple construit le No Sarkozy Day. Nous venons de partout, nous sommes tous différents, nous avons tous une raison de lui dire Non. Chacun est invité à venir apporter sa pierre. Nous bâtirons ensemble un édifice commun. Un mois jour pour jour avant le No Sarkozy Day venez tous le construire avec nous !

A l'issue de ce happening une réunion se tiendra à partir de 13 heures pour organiser la manifestation Parisienne. Réunion ouverte à tous. CAFÉ REY, 1 Rue du Faubourg Saint-Antoine 75011 Paris métro Bastille

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 19:35

J’ai été informée de la sanction prise à l’encontre de Mlle Zeyneb D., exclue temporairement de sa classe de 3ème du collège Claude Bernard (69400 Villefranche-sur-Saône), au motif qu’elle aurait osé porter pendant les heures de cours, un tee-shirt « Palestine libre ».

De plus, il semblerait que ce même professeur s‘en serait pris, par la suite, aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et de « charlatans ».

Vous conviendrez que si l’école de la République ne saurait encourager un engagement politique de la part des élèves, elle ne peut le supporter de la part d’un enseignant. A cet égard, la réaction de l’élève Zeyneb relève d’une réaction courageuse dans son refus de voir réécrire l’histoire par son professeur, et du même coup, voir bafouer le Droit International, dont les droits fondamentaux en sont issus.

Le droit imprescriptible des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans le préambule de la Constitution, fait partie de l’enseignement d’éducation civique de la classe de 3ème. Par là, le défendre n’est pas un acte de prosélytisme !

Sachant que l’élève ne faisait que répondre à la propagande de son professeur d’histoire qui, dans un cours précédent, faisait l’éloge d’Israël, en parfaite violation des principes de notre école, qui se doit de respecter le principe de neutralité du Service public.

C’est pourquoi j’ai adressé un courrier à Monsieur le Proviseur de l’établissement en question, dans lequel je lui fait part de mon sentiment sur cette affaire. En lui demandant, au regard de ces principes, l’annulation immédiate de la sanction visant Mlle Zeyneb D.

J’ai également insisté sur le fait, qu’à mes yeux le professeur en l’espèce, devrait-être sanctionné d’un avertissement au nom de ce même principe de neutralité, sans pour autant remettre en cause le contenu du programme pédagogique.

En outre, je demande qu’à l’avenir, Zeyneb et ses camarades puissent poursuivre leur enseignement dans des conditions respectueuses du Droit international et des Droits fondamentaux.

Convaincu de l’intérêt que vous porterez à ma sollicitation, j’espère que vous saurez en tirer les conséquences qui s’imposent.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Alima Boumediene-Thiery, sénatrice des Verts

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 21:16

http://www.npa79.over-blog.com/article-le-bal-des-hypocrites-44785964.html


Le bal des hypocrites

L’annonce de la candidature d’Ilhem Moussaïd a précipité une tourmente médiatique. Il ne s’agit pas évidemment ici de confondre, de quelque façon que ce soit, les charges violentes d’une grande partie de la classe politique avec les arguments qu’échangent militantes et militants du NPA, du mouvement social et féministe.

Sans surprise, l’affaire autour d’Ilhem a révélé les incompétences ou le manque d’objectivité de certains médias. Quand une radio de grande audience annonce que le NPA a fait le choix de présenter aux élections une « intégriste musulmaneportant la burqa », on n’est plus dans l’info mais bien dans l’intox. Quoique l’on pense de sa candidature, il vaut mieux partir de la réalité. Ilhem porte un foulard et pas une burqa. Elle marque sa croyance religieuse, mais elle proclame son accord avec les principes fondateurs du NPA basés sur l’anticapitalisme, l’antiracisme, le féministe et la laïcité. Rien à voir avec l’intégrisme. Les mêmes savent faire preuve de plus de nuance en faisant la différence entre Gaillot et Benoît XVI quand il s’agit des cathos.

Relayée par exemple par un Mélenchon mal inspiré, la thèse du « coup politique » a connu un certain succès. En réalité, la direction du NPA a été obligée de gérer dans l’urgence le contre-coup d’une secousse dont l’épicentre est localisé dans le Vaucluse. C’est le Figaro, relayé par tous les médias, qui a fait le choix de braquer les projecteurs sur une de nos 2000 candidat-e-s.

Les porte flingue de Sarkozy n’y sont pas allés de main morte. Ne concevant la communication politique que comme de la manipulation, Xavier Bertrand y a logiquement vu... la manip chez Olivier Besancenot. Nadine Morano a dénoncé « un coup médiatique contre les valeurs de la République ». Valeurs de la République auxquelles elle attribue tout de même un sens particulier quand tout récemment elle exhortait les « musulmans à enlever leur casquette », participant d’un climat islamophobe et raciste détestable. Le gouvernement est un expert en manipulations de toutes sortes. Le débat nauséabond sur l’identité nationale dont l’un des buts est de faire oublier le chômage, les licenciements, la crise écologique en est un exemple.

Pas de problème en revanche quand le chef de la meute, à la fois président de la République et chanoine de Latran, reçoit le Pape en grande pompe et lui tombe dans les bras ou quand il se signe en public dans le cadre d’un voyage officiel. Pas de problème non plus quand la très bigote et homophobe Boutin brandit la Bible à l’Assemblée nationale.

PS et PCF ne sont pas en reste. La socialiste Aurélie Filipetti nous invite à relire Marx. Ce ne serait pas mal qu’elle ne se contente pas de le feuilleter mais qu’elle le lise entièrement, ce qui lui permettrait de comprendre à la fois les causes profondes de la crise majeure du capitalisme et l’insipidité des réponses du PS. Il faut par ailleurs rendre à Marx, ce qui est à Marx. Très utilisée, la citation « la religion est l’opium du peuple » est tronquée. En réalité, celui-ci disait : « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. (...) L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions ». On voit que l’idée est un brin plus sophistiquée.

Mais sur la question de la laïcité, on croit rêver ! N’est-ce pas le Parti socialiste qui a subventionné main dans la main avec le droite à coups de millions d’euros les écoles privées confessionnelles, notamment catholiques ?

Faussement désintéressé, Pierre Laurent, le futur numéro 1 du PCF a déclaré ne pas vouloir se « mêler des affaires internes du NPA », mais pour ajouter immédiatement que les féministes de notre parti « ont sans doute dû être désarçonnées par ce type d’utilisation ». Peut être faut-il y voir la marque de l’expérience quand on sait qu’à Échirolles (Isère) siège, pour le compte du PCF, une élue portant le foulard. Quant à Martine Aubry, elle ferait bien elle aussi d’être plus prudente car à Échirolles, il s’agit d’une majorité municipale d’union de la gauche et à Creil (Oise), c’est une élue socialiste qui est concernée. Vont-il demander leur démission ?

Au bout du compte, nous prenons la mesure de l’ensemble de ces attaques sans toutefois nous vivre comme une citadelle assiégée. Le NPA y fait face ensemble, tout en assumant un débat approfondi, aussi nécessaire que public.

Fred Borras





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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 21:06

Il y a quelque chose de pourri en République française

Guy Verhofstadt

LE MONDE | 11.02.10 | 13h50 ⢠Mis à jour le 11.02.10 | 18h53

Pour ses voisins, la France a souvent été un modèle d'inspiration et d'admiration, par l'intensité et la portée universelle des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d'accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l'identité nationale. L'opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l'impression désastreuse que la France a peur d'elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française.

Le séminaire, qui s'est déroulé en catimini le 9 février, témoigne du piège dans lequel s'est enferré le gouvernement. D'abord son opportunité lui échappe : censé contrer le Front national, le débat sur l'identité nationale a au contraire remis les thématiques d'extrême droite au premier plan. Ensuite, sa conduite a fait défaut : faute de consensus politique au sein même de la majorité présidentielle, ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste. Enfin, quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise à l'école ? L'absurde le dispute au grotesque.

Non pas qu'il faille avoir honte de son chant patriotique. Mais plutôt que de se lamenter sur le fait que les jeunes connaissent mieux les paroles d'un chanteur à la mode plutôt que celles de l'hymne national, les Français devraient plutôt être fiers de savoir que La Marseillaise est connue.

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national transpirant à travers ce débat raté. C'est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l'influence de la France en Europe et dans le monde. Tous les pays ont des problèmes d'immigration, les ex-pays coloniaux plus que les autres, mais nous savons bien que c'est moins l'islam qui pose problème que le manque de formation et le chômage.

Pour un voyou d'origine africaine ou un Maghrébin islamiste qui affuble sa femme d'une burqa, combien de jeunes issus de l'immigration parviennent à s'insérer et à vivre de leur travail dans nos sociétés ? L'immense majorité. Ce serait une insulte à l'avenir national si ce débat sur l'identité devait conduire à stigmatiser des couches de la population à cause des comportements individuels d'une minorité agissante, dont le cas relève de la police et de la justice.

Lorsque la France a remporté la Coupe du monde de football, je ne me souviens pas, bien au contraire, que les Français aient eu à se plaindre des capacités sportives que donnait à leur pays sa diversité ethnique et culturelle. C'est de cette France-là que l'Europe a besoin, un pays ouvert et solidaire, qui s'est forgée une identité plurielle et universelle. Deux concepts si bien mis en lumière par Amartya Sen et Karl Popper, dont j'ai repris et développé la pensée en 2006 dans un manifeste politique intitulé "Plaidoyer pour une société ouverte". Pour moi, l'essentiel en effet n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va.

Au moment où l'on célèbre le cinquantième anniversaire de la mort de Camus, il serait paradoxal que la France s'abandonne à une posture étrangère à celle qui a fait sa réputation multiséculaire. Il existe certes une autre France, maurrassienne, chauvine qui ne s'est pas illustrée au mieux lors des grands chocs nationalistes du vingtième siècle. Mais de la France qu'on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d'une vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu'à préparer ses succès de demain. Le légitime respect dont jouit toujours la France hors de ses frontières est un gage de reconnaissance précieux et un point d'appui pour redonner confiance aux Français. Un peuple confiant trouvera sa place dans l'Europe et le monde. Et ses gouvernants seraient bien inspirés d'en prendre conscience.

Guy Verhofstadt est président du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement européen, ancien premier ministre belge.

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1304295,0.html



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