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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 21:06

A l’attention de Bernard THIBAULT et du Bureau Confédéral de la CGT

Après deux fortes mobilisation des 29 janvier et 19 mars derniers, les salariés sont dans l’attente d’une nouvelle date d’action sans pour autant attendre plus d’un mois et demi. A noter que, sur ces deux actions, à Clermont-Ferrand, l’essentiel du travail de mobilisation dans les entreprises et notamment chez Michelin a été effectué par les militants CGT.

De notre point de vue, les salariés en grève ces deux journées-là, ne doivent pas être victimes de l’attentisme de certaines organisations syndicales, qui sont prêtes dans notre entreprise à négocier et pourquoi pas signer un Accord de Méthode qui permettrait à notre employeur de supprimer encore des emplois.

D’autre part, nous avons entendu parler d’une éventuelle prochaine journée
d’action nationale qui serait le premier mai. Nous ne pensons pas que cela soit judicieux car cela risque d’être démobilisateur. Les salariés sont en attente d’un nouvel appel rapidement.

Pour le Syndicat CGT Michelin,
Jacques CHAMBON
Secrétaire Général

Le syndicat CGT Michelin de Blavozy apporte son total soutien et s’associe à l’initiative du syndicat CGT Michelin Clermont.

Nous avons interpellé le secrétaire départemental de l’UD Haute-Loire afin qu’une assemblée générale des syndicats ait lieu en urgence pour définir une stratégie d’action commune et la position de l’UD CGT Haute-Loire ou la mobilisation des 29 janvier et 19 mars a été impressionnante.

Plus que jamais il est urgent de répondre à l’extrême violence dont font part le gouvernement et patronat contre la classe ouvrière, les retraités et demandeurs d’emplois et tous les exclus de la société.

Pour le syndicat CGT Michelin
Le secrétaire général
René VILLESECHE



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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 20:56

Après quatre mois d’existence, où va le Parti de Gauche ?

 

www.socialisme-maintenant.org

Intervention de Robert Duguet lors de la réunion du samedi 14 mars du club Socialisme Maintenant, revue et prolongée sur quelques points supplémentaires. 

Sur fond de crise sociale, rappelons la victoire remportée par le peuple guadeloupéen et le développement des mouvements sociaux, en particulier à l’université et dans les IUFM au seuil d’une victoire possible contre Sarkozy, la question de la représentation politique du salariat pèse très lourd. Deux formations politiques nouvelles sont apparues sur l’échiquier politique français, le NPA et le PG. Répondent-elles aux exigences de l’heure ? Issu de la gauche du Parti Socialiste, j’ai rejoint le PG dès son meeting de proclamation le 29 novembre 2008. Je connais mal le NPA et l’histoire de la LCR, je me garderai bien d’énoncer des vérités qui ne soient pas fondées sur des faits constatés et analysés. Je vais donc essayer de répondre à la question posée : après quatre mois d’existence où va le PG ?

Face à la montée en puissance du mouvement social et à la crise du régime, l’une et l’autre organisation se situent essentiellement sur la perspective électorale des européennes de juin. Relisons la récente déclaration des onze organisations politiques (incluant le PS et le MRC) d’appel à la journée du 19 mars :

« Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d'enseignants-chercheurs. »

Réduire la grève générale du peuple guadeloupéen à l’obtention des 200 euros et oublier au passage la revendication centrale, à savoir le retrait pur et simple des mesures de démantèlement et de privatisation de l’Université, c’est plus qu’un oubli… il est vrai qu’ils cosignent avec le PS !

Globalement la déclaration des onze s’en tient à une déclaration que l’on pourrait caractériser de syndicaliste, alors que le mouvement dans les DOM TOM a un caractère anticapitaliste et qu’il pose la question de la reconstruction de la société sur d’autres bases économiques et civilisationnelles. La video qui tourne sur le web, l’interview de Elie Domota est très clair, le mouvement du LKP pose la question de « changer la vie ». Le LKP est un front regroupant parti et syndicats et toutes les forces vives de la société guadeloupéenne, le seul précédent historique ayant eu les mêmes caractéristiques était le front de l’Alliance Ouvrière dans la grève générale insurrectionnelle des Asturies contre Franco. De même les éléments de conscience politique qui émergent dans le combat pour sauver l’université, que nous avons souligné à travers la publication du texte de Gladia Roulin par exemple, expliquant ceci :

« Les "réformes" du gouvernement actuel se font au mépris complet des besoins humains. Cela est très clair vis-à-vis de l'école, c'est tout aussi clair vis-à-vis du démantèlement généralisé des services publics. Que ce soit l'hôpital, la sécu., la poste, les transports, les tribunaux, etc..., ainsi que les délocalisations, tout ne tend qu'à un seul but : produire des profits financiers, pour ceux qui ne savent déjà pas quoi faire de leur argent. (En nous dépossédant hypocritement de ce qui nous appartient collectivement, et que nous devrions pouvoir gérer nous-mêmes directement). »

Je pense que nous sommes entrés dans une situation de nature pré-révolutionnaire et qu’il y a un gouffre entre les aspirations de la société, le mouvement des producteurs, et le vieux mouvement ouvrier c’est une évidence absolue, mais aussi vis-à-vis des nouvelles formes politiques qui sont apparues dans la période récente, NPA et PG. Le PG soutient les luttes, surfe sur les luttes, mais sur une pure perspective électorale. Ce n’est pas un parti qui s’oriente sur la nécessité d’aider l’auto-organisation du mouvement social.

Le PG nait de la crise d’un Parti Socialiste dans lequel était à l’œuvre une scission larvée depuis 2004 et la bataille pour le non au TCE, l’autre de la volonté d’une courant issu du trotskysme de s’ouvrir à la construction d’un parti anticapitaliste et démocratique de masse. Sur le plan objectif, indépendamment de ce qu’on peut penser de l’orientation et du programme des deux formations, elles émergent l’une de la crise du Parti d’Epinay, mais plus largement de la crise de la social-démocratie européenne, l’autre d’un trotskysme dans l’incapacité quasi-organique depuis la fin de la seconde guerre mondiale de déboucher sur la construction d’un parti de masse. C’est un défi que la vieille LCR voulait relever.

Je ferai deux références :

L’une au 29 novembre lors du meeting de déclaration du parti de gauche. Son leader fondateur Jean Luc Mélenchon déclare :

« Nous voulons créer un parti creuset, un parti ouvert et démocratique, où toutes les sensibilités sont les bienvenues… (et poursuivant) un parti ouvert à la diversité des expériences, communistes, socialistes, trotskystes, anarchistes et aussi écologistes. Un parti pour les sans-voix, soucieux de fraternité et de solidarité, un parti sans clans, sans culte des chefs ou de domination des spécialistes de la politique. » Le tout sous l’ombre tutélaire de Jean Jaurès et de Louise Michel. Soit. Nous avons adhéré et fait adhérer.

La surface militante du meeting des 3000, c’est globalement des militants venant de la gauche de la gauche, ou anciens de la gauche du PS cherchant une réponse politique.

L’autre référence c’est le meeting du Zénith du 8 mars, regroupant 6000 personnes, soigneusement quadrillé par l’organisation du PCF et ses relais syndicaux. En dehors de ce qui gravite autour de l’équipe d’animation du PG, côté gauche de la gauche, la mobilisation est très faible. En trois mois on peut observer une évolution qui ne va pas dans le bon sens.

J’ai choisi d’entrer au PG, mon propos est donc, au regard de la situation d’ensemble de formuler des réponses en m’appuyant sur l’état d’esprit des militants qui composent cette formation.

Lors du congrès constitutif du 29 janvier et 1er février à Limeil Brévannes, malgré des problèmes de fonctionnement démocratique attribués à la jeunesse de l’encadrement militant issu de l’association PRS (Pour la République Sociale), l’état d’esprit de la plupart des congressistes c’était l’enthousiasme à l’idée de relever le défi, participer à la construction d’une force nouvelle à gauche. Trois mois après le meeting de Saint Ouen et un mois après le congrès constitutif, si j’essaie de prendre en compte ce que me disent divers camarades du PG, on relève un constat et trois interrogations :

Le constat

c’est que les couches militantes qui pouvaient naturellement se retrouver dans ce type d’initiative, sont restés en lisière ou à l’écart, la conscience c’est laissons voir venir : je pense à des militants autour de moi qui ont vécu d’autres expériences politiques PS ou PCF, ou expérience d’élus locaux sans parti.

Trois interrogations :

- le fonctionnement bureaucratique du parti, les structures décisionnelles étant verrouillées par l’ex-courant, PRS. Cela n’est pas sans me rappeler le verrouillage du MDC par son logiciel fondateur, le courant « Socialisme et République » de Jean Pierre Chevènement. Ceci marqué dans le PG par la mise à l’écart de militants qui ont une autre histoire politique dans le processus de sélection des congressistes ou des élus aux instances de direction, quand ceux-ci ne sont tout simplement pas convoqués à leur comité local. Ceci renvoyant du reste aux structures du nouveau parti qui posent sérieusement problème : l’instance décisionnelle est le comité de circonscription ; les cercles locaux regroupent un maximum de cinq membres, au-delà ils doivent statutairement se scinder en deux ; ils sont en fait de simples exécutifs chargés de coller les affiches, distribuer les tracts, préparer les réunions publiques, bref les petites
mains… On ne retrouve pas la structuration classique des organisations du mouvement ouvrier où la section locale est une instance de décision. Par ailleurs classiquement un congrès élit le parlement du parti, le Comité National, lequel élit en son sein un Bureau National. Là le congrès a élu directement le bureau national. Le comité national sera constitué de représentants élus d'un congrès à l'autre par les adhérente-s en assemblée départementale, les délais n’ayant pas été respectés par la direction pour le Comité National du 7 mars, on a assisté à de véritables levées de bouclier dans les départements. Là encore on observe la mise à l’écart de militants représentatifs localement pour l’élection au Conseil National.

Pour les militants du PG la politique du Front de Gauche n’est possible que si on ne s’enferme pas dans un tête à tête avec la direction du PCF.

Une configuration qui verrait une liste PG-PCF, avec à côté une liste NPA, sonnerait inéluctablement la fin de l’expérience du PG. Le meeting du Zénith était essentiellement composé de militants mobilisés par l’appareil du PCF et ses relais syndicaux. Christian Picquet et son courant rejoint le front PC-PG, donnant au dispositif la caution d’une fraction « unitaire » de la gauche de la gauche. Tandis que Picquet dans son intervention en appelle à la responsabilité du NPA et à la nécessaire unité contre Sarkozy et contre le social-libéralisme, Mélenchon centre son intervention essentiellement sur un appel aux salariés et aux français pour dire non à l’Europe du néo-libéralisme. Une courte allusion au personnage médiatique Besançenot qui privilégie sa boutique contre l’intérêt général… En revanche, Raquel Garrido, responsable du PG aux questions internationales, fait une ouverture en direction « des socialistes», leur place est dans le front de gauche.

Beaucoup pensent être sortis trop tard du Parti Socialiste, le bon moment étant à leur sens, la situation créée par la victoire du non en mai 2005. Pour les acteurs de la victoire du 29 mai 2005, le congrès du Mans représentait un enjeu. Une réponse était attendue. Les militants, plus largement les citoyens n’attendaient pas grand-chose du congrès de Reims.

Ceci renvoyant directement à la responsabilité de Mélenchon qui est entré avec Fabius dans la synthèse du Mans au nom d’un accord avec la direction du PS, celle-ci s’engageant à appeler à un nouveau referendum en cas de nouveau traité. Accord sur lequel la direction Hollande s’est assis… En 2004-2005 il y a eu un mouvement dans les profondeurs du salariat cherchant son expression politique à travers les combats des collectifs, comités divers qui se sont alors constitués ; une sortie du PS à ce moment là se serait appuyée sur un mouvement politique à chaud et aurait entrainé une base beaucoup plus large dans la création d’un parti de type nouveau…

Sur la base du mouvement des comités, une construction politique nouvelle aurait naturellement fait cause commune avec la démocratie. Mélenchon a choisi de sortir dans des conditions infiniment moins intéressantes mais en revanche bureaucratiquement contrôlées par le petit appareil de PRS et ceux qui s’y sont associés pieds et poings liés : je pense à Marc Dolez qui est entrés dans la direction du PG en acceptant de dissoudre son propre réseau, Forces Militantes.

La question pour nous est de pouvoir passer de la contestation du blocage bureaucratique à la critique des éléments programmatiques. Si cette passerelle ne peut pas s’opérer, il ne sera pas possible de se maintenir dans cette organisation.

Le texte le plus important du congrès de Limeil Brévannes, celui qui tout de même porte sur ce que propose en matière économique le Parti s’il accède ou s’il participe à une coalition au pouvoir, a été parachuté en séance d’ouverture par Claude Debons, sans que son contenu n’ait été discuté dans aucune instance locale. Je précise que même au PS les textes des courants de pensée sont discutés, déjà sous forme de contributions puis de motions par toutes les instances du parti. Les 29 propositions économiques sont construites sur l’idée du partage des richesses. Je ne voudrais pas reprendre ce qu’a déclaré le chef de l’Etat il y a quelques semaines lorsqu’il dit que le bon capitalisme c’est celui qui consacre 33% de la richesse produite à l’investissement, 33 aux dividendes des actionnaires et 33 aux salaires. La politique du dialogue social, imposée par Sarkozy, à laquelle souscrivent tous les appareils
syndicaux, de la CGT à la CFTC, s’inscrit dans ce schéma. L’idéal serait pour lui, si naturellement la crise n’était pas là, de ramener davantage le curseur vers les salaires. La conception de Debons, ou de Généreux, qui sont les économistes faisant autorité au PG, repose sur l’idée d’un développement néo-keynésien, de relancer par des initiatives décidées par l’Etat la consommation en augmentant les salaires. Le texte ne fait pas référence au socialisme mais à l’alter-développement.

L’idée du partage des richesses est sans doute idéologiquement séduisante pour le citoyen ordinaire, en fait elle appartient plus à l’orientation de « rerum novarum » et aux fondements du catholicisme social qu’au mouvement ouvrier. Je fais remarquer que les économistes en titre du PG, Debons et Généreux, appartiennent l’un est issu de la gauche de la CFDT et l’autre se définit comme chrétien de gauche. Et aucune des 29 mesures avancées n’est anticapitaliste, c'est-à-dire posant le problème de la reprise de l’outil de production par les producteurs associés, produisant pour satisfaire les besoins sociaux. Que ces positions forment l’ébauche d’un corps de doctrine néo-réformiste, soit, la question est de savoir si ces propositions peuvent être librement discutées sur le fond par les militants au sein du même parti. Pour l’instant elles ne peuvent pas l’être.

Je renvoie les camarades à l’excellente explication d’Alain Bihr, l’article publié dans la revue A l’encontre, intitulée « A la croisée des chemins » où l’auteur pose la question de la possibilité d’un néo-keynésianisme :

« Cette perspective n’a pas encore fait, pour l’instant, l’objet d’une formulation théorique claire ni d’une revendication politique explicite. Les propositions qui la composent s’élaborent encore en ordre dispersé dans un arc de formations politiques qui va des ailes gauches des anciennes forces réformistes ralliées depuis des lustres au social-libéralisme jusqu’aux milieux altermondialistes (type ATTAC) en passant par les formations ouvertement néo-réformistes (tels certains courants de partis écologistes, Die Linke en Allemagne, Rifundatione Communista en Italie, etc.) »

Si je m’adresse aux militants du PG, je pose la question est-ce possible ? L’article d’Alain Bihr explique très précisément que la relance keynésienne n’est pas parvenue à surmonter les contradictions internes à la crise du mode de production capitaliste. En France elle a été tentée par l’expérience gouvernementale, le gouvernement Mitterand-Mauroy entre 1981 et 1983. Nous n’étions pas dans une période de crise comme maintenant, mais globalement elle se solde par la nationalisation des pertes, avant que l’adaptation aux politiques de la social-démocratie européennes ait pour conséquence après 1983 la privatisation des profits. Par ailleurs la grande crise de 1929 a été enrayée par un plan de relance américain de type keynésien, mais dans le sens de la préparation d’une destruction massive des forces productives dans la seconde guerre mondiale. In fine le capitalisme résout ses propres contradictions par la marche à la destruction de la civilisation. Qui disait que le capitalisme portait en lui la guerre, comme la nuée l’orage, Jean Jaurès je crois.

Va-t-on refaire ce chemin-là ? On sait où cela conduit.

A l’étape, la construction du PG apparait plus proche (positions sur la République sociale, « la patrie républicaine » d’un côté (Mélenchon) et de l’autre néo-keynésianisme des Debons-Généreux, idéologues en titre du mouvement, m’apparait bien proche des positions qui furent celles du MDC de Chevènement. Avec à la clef le verrouillage bureaucratique de l’organisation qui dans les deux cas est au rendez-vous.

Un point sur la référence à la « patrie républicaine » et à ses valeurs qui forme une partie de l’arrière fond idéologique. Lorsque Sarkozy, en acceptant de se rendre au Latran, est allé faire acte d’allégeance auprès de Benoit XVI, ce pape de l’opus dei qui vient d’ailleurs de lever l’excommunication contre les évêques intégristes, une émotion légitime a gagné les milieux laïques. Jean Luc Mélenchon a fait une série de conférence sur le thème de la défense des valeurs républicaines contre les positions défendues par Sarkozy autour de l’idéologie de l’extrême droite américaine du « choc des civilisations ». Il n’est pas hasardeux que la première conférence sur ce thème ait été faite au sein du grand orient de France, puis publiquement… A juste titre la logique du « choc des civilisations » à laquelle le régime de Sarkozy souscrit, rencontre un obstacle en France, celle de la laïcité républicaine. Je veux bien qu’on relève le drapeau de la laïcité, encore faut-il pousser la discussion jusqu’au bout et tirer le bilan des politiques menée par le PS au pouvoir sur cette question. On doit au PS d’avoir perdu la bataille sur la laïcité de l’école, l’ensemble des lois antilaïques prorogées par la Vème République, ont non seulement été appliquée mais amplifiées. On doit au PS la destruction du CNAL et l’explosion dans les années 1990 de la FEN, centrale syndicale unitaire. Je n’oserais poser la question du début de privatisation de l’enseignement technique publique sous le gouvernement Jospin, lequel gouvernement a vu contre lui les plus grandes manifestations de toute l’histoire de la profession enseignante. Cela aussi il faudra en tirer le bilan jusqu’au bout. La laïcité a fait l’objet ces dernières années de maintes instrumentalisations qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’esprit de ses fondateurs. La refondation d’une pensée de l’émancipation sociale devra, sur cette question, exercer un droit d’inventaire précis, notamment de ce qu’ont fait au gouvernement les majorités PS-PCF, puis gauche plurielle.

Ceux et celles qui ont rejoints le PG, globalement l’ont fait pour rompre avec le social-libéralisme. Mon dernier point portera sur la stratégie du Front de Gauche. Il semble que la direction du PG se résigne devant la configuration politique qui se profile pour juin 2009, de fait alliance PC-PG qui ne lèvera aucune dynamique. Visiblement, dans le meeting du Zénith, le PCF apparait comme la force dominante, celle qui donne le cadre et qui dit avec qui il faut discuter et avec qui il ne faut pas discuter. Pour les élections européennes de juin il n’y avait, de mon point de vue, une seule position tenable : faire un front avec toutes les composantes du non au TCE et au Traité de Lisbonne, sans exclusive. A l’intérieur de ce front, libre à chacune des organisations de défendre ses propres positions, par exemple libre à la direction du NPA de donner le contenu anticapitaliste du vote, contre Sarkozy et son régime, contre l’Europe de Lisbonne et contre le social-libéralisme du PSE. Si la direction du PCF pose des conditions inacceptables, libre au PG de faire alliance avec le NPA et les autres organisations de la gauche de la gauche, disponibles pour donner un contenu anticapitaliste au vote de juin. La position actuelle risque de nous ramener, via un PCF qui est totalement dépendant électoralement du PS, vers une nouvelle alliance gouvernementale avec le social-libéralisme, une gauche plurielle-bis.

Lorsque le dépôt des listes électorales viendra ou non confirmer ce que nous écrivons, nous prendrons alors nos responsabilités.






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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 21:52

Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac

LE MONDE | 25.03.09 | 13h52  •  Mis à jour le 26.03.09 | 09h05

L'ensemble atteint déjà la hauteur de sept à huit Bottin. Le dossier de l'affaire Tarnac, que Le Monde a pu consulter, près de mille pièces et procès-verbaux numérotés, peut être scindé en deux. D'un côté, sept mois de filatures, d'écoutes, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 16 avril 2008; de l'autre, quatre mois d'instruction, toujours en cours depuis la mise en examen, le 15 novembre 2008, de neuf personnes accusées de terrorisme et pour certaines, de sabotage contre des lignes SNCF en octobre et en novembre 2008.

Bertrand Deveaux, 22 ans, Elsa Hauck, 24 ans, Aria Thomas, 27 ans, Mathieu Burnel, 27 ans, puis Gabrielle Hallez, 30 ans, Manon Glibert, 25 ans, Benjamin Rosoux, 30 ans, et Yildune Lévy, 25 ans, ont tous, depuis, recouvré la liberté sous contrôle judiciaire. Seul, Julien Coupat, 34 ans, considéré comme le chef, reste incarcéré.

Le dossier a beau être dense, il ne contient ni preuves matérielles ni aveux, et un seul témoignage à charge, sous X, recueilli le 14 novembre. Les rares confidences lâchées lors des gardes à vue ont été corrigées depuis. "Ils [les policiers] ont tout fait pour me faire dire que Julien Coupat était un être abject, manipulateur", affirme le 22janvier Aria Thomas à Yves Jannier, l'un des trois juges instructeurs du pôle antiterroriste. "Pour que les choses soient claires, poursuit-elle, je n'ai jamais pensé, ni cru ou eu le sentiment que Benjamin Rosoux ou Julien Coupat soient prêts à commettre des actes de violence." Suit cet échange, le 13février, entre le juge Thierry Fragnoli et Julien Coupat, dépeint par le témoin sous X comme un «gourou quasi sectaire», enclin à la violence politique.

"UNE ESPÈCE DE CHARLES MANSON DE LA POLITIQUE"

Le juge: "Pensez-vous que le combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l'atteinte de celle-ci?

Julien Coupat: "Ça fait partie (…) du caractère délirant de la déposition du témoin 42 [sous X] tendant à me faire passer pour une espèce de Charles Manson de la politique (…) Je pense que c'est une erreur métaphysique de croire qu'une justification puisse avoir le même poids qu'une vie d'homme."

Il arrive parfois que le juge tâte le terrain à ses dépens. – "J'imagine que votre ami Coupat et vous-même, de par vos formations et vos goûts, vous vous intéressez à l'histoire (…) des grands mouvements révolutionnaires. Est-ce le cas?", demande-t-il le 8 janvier à Yildune Lévy, la compagne de Julien Coupat.

"Pour ce qui me concerne, je m'intéresse plus à la préhistoire", rétorque l'étudiante en archéologie.

Séparément, le couple Lévy-Coupat livre une même version pour justifier, au terme de multiples détours, leur présence, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à proximité d'une des lignes SNCF endommagées. Elle: "On a fait l'amour dans la voiture comme plein de jeunes." Lui: "On s'est enfoncés dans la campagne pour voir si nous étions suivis et nous n'avons eu aucun répit, puisque, où que nous allions, 30 secondes après s'être arrêtés, même dans les endroits les plus reculés, il y avait des voitures qui surgissaient."

Tous deux s'accordent sur leur voyage de "tourisme", en janvier 2008, et le franchissement clandestin de la frontière des Etats-Unis depuis le Canada. Cette information, transmise par les Américains, motivera l'ouverture de l'enquête préliminaire. "Pour moi, refuser de se soumettre volontairement au fichage biométrique est un principe éthique", justifie Julien Coupat.

Les neuf reconnaissent leur engagement militant et leur présence lors de manifestations qui ont pu donner lieu à des affrontements, tel le contre sommet de l'immigration à Vichy en novembre2008. Mais ils récusent l'étiquette de "structure clandestine anarcho-autonome entretenant des relations conspiratives avec des militants de la même idéologie implantés à l'étranger" que leur attribue la sous-direction à la lutte antiterroriste (SDAT), sur la "base des informations communiquées par la direction centrale du renseignement intérieur", non jointes. Les sabotages ont été revendiqués le 9 novembre 2008 à Berlin. – "Si ce sont des Allemands qui revendiquent, ça semble être une explication", relève Yildune Lévy.

La police a déployé d'importants moyens comme en témoignent les très nombreuses écoutes téléphoniques et interceptions de courriers électroniques des mis en examen et parfois de leurs parents, bien avant les interpellations. Une enveloppe à bulle contenant une clé, envoyée par Julien Coupat depuis la Grèce en septembre 2008, au domicile de son père à Rueil-Malmaison, est ainsi ouverte avant d'être distribuée. Des caméras de surveillance ont été posées autour de la ferme du Goutailloux à Tarnac (Corrèze) – considérée comme la base du groupe – et au domicile parisien de Yildune Levy et Julien Coupat.

LA SURVEILLANCE DU GROUPE NE DATE PAS D'HIER

Les filatures s'enchaînent, minutieuses mais peu démonstratives. Au fil des pages, on découvre les «albums photos» de tous ceux qui ont fréquenté les lieux. Les manifestations de soutien recensées à l'étranger sont maigres: un engin incendiaire devant la porte de l'AFP à Athènes, des boules de Noël contre le consulat français à Hambourg.

L'interpellation des neuf, le 11 novembre 2008, trois jours après le sabotage constaté sur plusieurs lignes TGV, donne lieu à de nouvelles investigations: brosses à dents, rasoirs, sacs de couchage, manteaux, bouteilles, mégots sont examinés au plus près pour récupérer les ADN. Un sac poubelle noir contenant deux gilets pare-balles coincés dans une cheminée au Goutailloux est trouvé. "Je n'ai jamais vu ce sac auparavant", dira Benjamin Rosoux au juge. Les expertises des gendarmes sur les crochets métalliques fixés aux caténaires n'ont rien donné, pas plus que l'étude des lieux. Un responsable de la maintenance SNCF précise que le dispositif malveillant "ne peut en aucun cas provoquer un accident entraînant des dommages corporels".

La surveillance du groupe ne date pourtant pas d'hier comme l'atteste, en 2005, l'enquête pour blanchiment versée à l'instruction. Elle fait suite au signalement opéré par Tracfin dès l'achat du Goutailloux. "Julien Coupat et Benjamin Rosoux seraient membres de mouvances anarcho-libertaires et auraient participé, à ce titre, à de nombreuses actions contestataires", justifie la cellule antiblanchiment de Bercy. La police financière note que Julien Coupat fait l'objet d'une fiche RG créée le 26 décembre 2002 [date qui correspond à l'occupation de Nanterre par des étudiants], modifiée le 28 octobre 2005 pour "mise sous surveillance". Même chose pour Gabrielle Hallez et Benjamin Rosoux. Jusqu'ici, aucun n'a fait l'objet d'une condamnation.

Les enquêteurs ont saisi et décortiqué les lectures du groupe. Le livre l'Insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat, – ce qu'il nie –, figure dans le dossier. Il voisine avec un document Internet, traduit de l'allemand sur des produits AEG "sans sueur, sans sciage, le crochet en forme de griffe pour les bricoleurs".

Conscients que les résultats des commissions rogatoires internationales lancées par les juges vont prendre du temps, les avocats, Irène Terrel, défenseure de quatre des mis en examen et William Bourdon, conseil de Yildune Lévy, s'apprêtaient, mercredi 25 mars, à adresser un courrier au juge Thierry Fragnoli lui demandant de se déclarer incompétent et de se dessaisir du dossier. Un dossier qu'ils ont l'intention, avec leurs confrères Dominique Vallés et Philippe Lescène, de commenter, le 2 avril, devant la presse dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme.





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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 21:42

Des militants du parti de M. Besancenot dénoncent un "bug démocratique"

LE MONDE | 26.03.09 | 09h11  •  Mis à jour le 26.03.09 | 11h45

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) connaît ses premiers remous. Après un congrès de fondation réussi, des sondages flatteurs et un climat de luttes sociales très porteur, les amis d'Olivier Besancenot ne doutent plus de leur avenir politique. Un nouveau journal – intitulé sans complexe Tout est à nous –, doit paraître jeudi 26 mars, pour donner corps à cette nouvelle puissance. Les élections européennes de juin doivent donner la mesure de leur nouvelle audience. C'est pourtant sur cette échéance que s'est greffée la première discorde interne.

Le 12 mars, M. Besancenot présentait la campagne de son parti et les six têtes de listes qui la porteraient. Le dispositif avait été rapidement avalisé la veille par le Conseil politique national (CPN), nouvelle direction de l'organisation. Sur les six têtes de listes proposées, quatre sont des anciens cadres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Le nouvel exécutif a été entériné de la même façon. Les deux sujets avaient été préparés par l'ancienne direction de la LCR. Cette maîtrise des décisions par le cercle proche de M. Besancenot a fait grincer dans les rangs des nouveaux adhérents.

La première salve est venue des militants de l'Appel et la pioche, un collectif de salariés et précaires qui organise des pique-niques sauvages dans les supermarchés. Dans une lettre ouverte, ses animateurs rappellent qu'"en lançant le NPA, la LCR avait annoncé la couleur : faire le pari du renouvellement", ajoutant qu'ils y avaient cru "dur comme fer". Mais "après la première réunion du CPN, nous fûmes nombreux à avoir la gueule de bois", poursuivent-ils, dénonçant en vrac, des têtes de liste présentées "sans discussion", un exécutif désigné sans appel à candidatures, et surtout, une direction "provisoire" qui décide de tout.

"C'est l'ancienne LCR et les gens qu'ils placent qui sont dans la direction. On a raté le coche de la démocratie", assure Simon Cotin-Marx, uns des animateurs du collectif.

"MANQUE D'INFORMATION"

La critique a été relayée par des motions de protestations de plusieurs comités, notamment dans le Tarn, la Charente, à Saint-Nazaire ou à Angers, qui ont dénoncé la "dépossession" des adhérents. La déception est aussi perceptible sur le site de discussion d'extrême-gauche, Forum marxiste révolutionnaire, où quelques militants ont fait aussi part de leur amertume.

"On a tous ressenti un manque d'information et de discussion dans les comités", remarque Victor Purcel, militant de l'Appel et la pioche. "Cela a été un vrai bug démocratique", dit encore Leila Chaibi, elle aussi animatrice du collectif.

La critique est sévère pour un parti qui s'est présenté comme porteur de nouvelles pratiques politiques. La direction du NPA a tenté de se justifier en invoquant "l'urgence" du dépôt des listes. Mais elle assume son rôle dans la formation des directions.

"Il est logique qu'il y ait une équipe constituée venant de la Ligue. On ne va pas s'effacer", justifie Pierre-François Grond, bras droit de M. Besancenot.

Des "ajustements" ont cependant été opérés : Leila Chaibi a été intégrée à l'exécutif et un groupe de travail sur la démocratie interne a été concédé aux "trublions". Ses travaux seront rendus publics lors du prochain CPN le 21 juin.

Le même jour, un nouveau courant d'opposition rassemblant des anciens proches de Christian Picquet et des nouveaux adhérents attachés à défendre un parti ouvert sera officiellement annoncé.

Sylvia Zappi



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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:44

Depuis le 27 février, les 450 occupants du hall des sports de l'ULB ont entamé une grève de la faim.  Ils demandent leur régularisation.  Comment une nouvelle fois en est-on arrivé là? 

Le 4 novembre dernier, ces personnes sans papier commençaient à occuper, avec l'UDEP (Union de Défense des Sans-papiers), un bâtiment inutilisé appartenant à Electrabel, situé chaussée d'Ixelles.  Pendant deux semaines, les occupants ont travaillé à l'organisation: vie quotidienne, première manifestation, rencontre avec les voisins...  Cependant, un événement particulier va permettre aux autorités de justifier l'expulsion: un début d'incendie, de nature douteuse, a eu lieu.  Dans les jours suivants, la décision de justice en faveur du propriétaire, à laquelle s'ajoute un rapport des pompiers mettant en évidence les risques au niveau de la sécurité, fait dire au bourgmestre qu'il n'a que le choix d'expulser les occupants.

Le 18 novembre, tôt le matin, la police, bien préparée (nombreux hommes, bonne connaissance du bâtiment, arrivée des forces par plusieurs endroits simultanément), commence à expulser les occupants du bâtiment.  À la résistance passive d'une bonne partie des occupants (restés assis en se tenant mutuellement le bras) est opposée une réponse policière violente (coups, insultes, arrestations).  Plus d'une vingtaine de personnes ont alors été embarqués dans une fourgonnette.  Seule la résistance des soutiens arrivés rapidement sur place a pu empêcher le départ du véhicule (vers le commissariat... puis vers le centre fermé?).

Après une journée d'hiver à errer dans les rues d'Ixelles, les occupants trouvent refuge pour la nuit dans le hall des sports de l'ULB.  La première réaction des autorités de l'ULB est négative.  Après avoir exprimé son refus d'une occupation dans ses locaux, l'ULB va laisser au groupe un délai pour quitter les lieux (une nuit, puis 48 heures, puis un week-end), puis faire la proposition honteuse de laisser les sans-papiers occuper la Jefke (le hangar servant aux guindailles étudiantes).  Finalement, lors de son CA du 24 novembre, l'ULB va décider de "tolérer" l'occupation de son hall des sports, de manière temporaire.  Entre l'arrivée des occupants et cette décision de l'ULB, la mobilisation des occupants et des soutiens a été permanente pour faire accepter cette présence.

L'ULB s'engage aussi à sensibiliser les autres universités sur la problématique des personnes sans-papiers, dans l'objectif, entre autres, que ces universités acceptent en leur sein d'autres occupations, permettant de désengorger le hall des sports.

De  nouveau, les occupants s'organisent: vie quotidienne, actions, préparation de dossiers avec les avocats (important pour les clandestins)...  Dès le début du mois de décembre, une nouvelle occupation s'ouvre à la VUB, constituée d'occupants du hall des sports.  En janvier, c'est l'UCL qui accueille un groupe d'occupants dans ses locaux.

Aussi simultanément le 20, un autre groupe de 150 personnes organisées en tant que Mouvement des Travailleurs Sans-papiers (MTSP) s'installe dans l''église du Béguinage.

Fin janvier, le mouvement des occupations s'est donc propagé sur trois campus: ULB, VUB, UCL. Par ailleurs, dans les autres universités, ainsi que dans plusieurs hautes écoles, des comités de soutiens se constituent pour défendre la cause et éventuellement accueillir également une occupation dans leurs locaux.  Pendant ce temps, les occupants mènent toute une série d'actions: prise de contacts avec les différents partis de la majorité, rencontres, manifestations devant les locaux de la ministre Turtelboom, du CD&V, du VLD ou encore du MR.  Le groupe rend ensuite les dossiers de tous les occupants et attend une réponse de la ministre pour le 13 février.  Après toutes les rencontres et actions menées, les occupants attendent au moins une réponse sur les avancées concernant la circulaire ou sur la régularisation de leurs dossiers.

Le 13 février, les occupants et leurs soutiens (UDEP, CAS, étudiants des universités et hautes écoles...) se rendent en cortège au bureau de la ministre Turtelboom.  Une délégation est reçue par un représentant de la ministre.  Aucune avancée positive n'est mise en avant.  La délégation s'entend dire qu'il n'y aura pas de réponse positive à cette remise collective de dossiers de régulation.  Une fois de plus, l'action politique et citoyenne des sans-papiers pour leurs droits est "récompensée" par l'indifférence et le mépris.  Les occupants sont déçus et voient les perspectives d'action se réduire.

Quelques jours plus tard, les occupants de la VUB commencent une grève de la faim.  Le groupe de la VUB occupe un parking (béton, pas de fenêtres, chauffages au gaz...) et est entouré par très peu de soutien (une petite dizaine de personnes maximum).

Le vendredi 27 février, une majorité des occupants de l'ULB, n'entrevoyant plus non plus d'autre perspective, décide également d'entamer une grève de la faim.  Le groupe est constitué de 450 personnes.

Les autorités de l'ULB ont toujours affirmé leur refus d'une grève de la faim (malgré celle qui a eu lieu en ses murs dans la précédente occupation des locaux de l'ULB, entre juillet et septembre 2008).  Dès les premières rumeurs de grève de la faim, le Comité de liaison (composé de membres des corps académique, scientifique, étudiant, des services administratifs, et mandaté par le CA de l'ULB pour s'occuper des relations avec les occupants) explique aux occupants sa position, son refus de la grève.  Il se déclare en grande difficulté pour continuer son action (contacts avec les autres universités, actions lors de la journée du 18 mars, date anniversaire de l'accord de gouvernement...).  La majorité des occupants décide de continuer son action, et le vendredi 6 mars, le Comité de liaison, se considérant dans l'impossibilité de gérer cette situation, remet son mandat.  La possibilité d'une expulsion ("évacuation sanitaire") est alors envisagée.  Cette nouvelle expulsion serait catastrophique, tant pour le mouvement qui s'en trouverait brisé, que pour les situations personnelles des occupants (après plus de 4 mois d'occupation, beaucoup n'ont plus ni travail ni logement).  Depuis lors, des membres de Bruxelles Laïque assurent la médiation entre les occupants et l'ULB, pour favoriser la reprise du dialogue.

À la demande d'occupants non-grévistes, les autorités de l'ULB vont s'activer pour trouver de nouveaux locaux où les personnes ne désirant pas faire la grève de la faim peuvent continuer à occuper.


Le lundi 09 mars, les personnes qui ne souhaitent pas faire la grève sont invitées à déménager dans le (petit) hall des sports des Facultés Universitaire de Saint-Louis. Le local peut accueillir 60 personnes.  Pour ceux qui n'ont pas trouvé de place à Saint-Louis et auxquels les occupants de l'ULB refusent maintenant l'entrée, d'autres démarches sont effectuées.  Pour ces personnes, une nouvelle occupation s'est ouverte aux FUNDP de Namur dès jeudi 19 mars après-midi.

Seule la mobilisation massive des personnes solidaires de la cause des sans-papiers (qui défendent les droits inaliénables de tout être humain) peut permettre une évolution de la situation actuelle, inacceptable.

Des occupants et leurs proches

Lundi 23 mars 2009

CONTACT : 
solidariteoccupation@yahoo.fr

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:35

Appel de l'AG des militants CGT du Havre (19 mars)

Chaque jour des suppressions d’emploi et des fermetures d’entreprises sont annoncées par centaines…

Les journées de grève et de manifestations dès 29 janvier et 19 mars, même si elles ont été un incontestable succès, ne suffiront pas à obliger le gouvernement et le patronat à reculer.

L’ampleur des attaques contre nos acquis atteint un niveau inégalée : tous les secteurs sont touchés.

Dans cette situation, nous devons mettre en place une véritable riposte à la hauteur des attaques.

Nous réclamons immédiatement l’arrêt des licenciements et suppressions de postes.

Comme en Guadeloupe, nous exigeons une augmentation de 200 € pour tous, salariés, retraités, chômeurs et minima sociaux.

Pour gagner, un mouvement d’ampleur doit se mettre en place. Nous ne voulons pas attendre le 1er mai.

Il faut que la CGT organise une manifestation nationale dans les meilleurs délais et si possible dans l’unité.

Il faut que la CGT annonce son intention de bloquer le pays par une grève générale reconductible si possible dans l’unité jusqu’à satisfaction de nos revendications. Il faut que cette idée soit débattue, réfléchie afin de pouvoir être mise en œuvre.

Nous savons qu’il n’est pas facile d’entamer une grève illimitée mais c’est la seule réponse à la hauteur des attaques que nous subissons.






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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:24

http://www.medelu.org/spip.php?article196


L’explosion du chômage

Ignacio Ramonet

Président de l’association Mémoire des Luttes

Il faut le redire : la crise n’a pas touché le fond. Et les prochaines nouvelles seront plus mauvaises. Les Bourses continuent de plonger. Les plans de relance échouent les uns après les autres. Ils n’empêchent nullement que la plupart des principales économies du monde – Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Espagne, Canada – soient en récession. Grandes ou petites, les banques se retrouvent en situation objective de faillite. Elles devraient être nationalisées d’urgence, sinon le système financier occidental s’effondrera.

Plus grave. Cette nouvelle phase de la crise entraînera sans doute la faillite d’un certain nombre d’Etats. Par exemple, l’Irlande plongée dans une grave récession, avec un secteur bancaire très affaibli et un déficit public qui pourrait atteindre 11% du PIB. D’autres pays – la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, l’Ukraine, le Pakistan et même l’Autriche – pourraient se déclarer en faillite.

L’ouragan financier a déjà effacé un quart de la richesse mondiale. Dans presque toute la planète, cela provoque des fermetures d’usines, des précautions protectionnistes et la radicalisation des luttes sociales.

Cause de pauvreté, d’angoisse et d’exclusion, la lèpre du chômage s’étend. Aux Etats-Unis, la crise a déjà détruit plus de quatre millions d’emplois, du jamais vu depuis 1945. La moitié d’entre eux au cours de quatre derniers mois. Le nombre total de chômeurs dépasse les 12,5 millions, soit 8,1% de la population active. Et des entreprises géantes comme Microsoft, Boeing, Caterpilar, Kodak, Pfizer, Macy’s, Starbucks, Home Depot, SprintNextel ou Ford prévoient de licencier en 2009 des centaines de milliers de salariés…

En Chine, la chute brutale des exportations entraîne l’effondrement de la production industrielle et des licenciements massifs. Plus de 20 millions de travailleurs venus de la campagne ont perdu, au cours de ces derniers mois, leur emploi. L’ Inde aussi a détruit, entre octobre et décembre 2008, plus de 500.000 emplois..

En France, un chiffre résume l’intensité du séisme : le nombre d’heures de chômage partiel est passé de 200.000 en janvier 2008 à 13 millions en décembre [1]. Il y a plus de deux millions de demandeurs d’emplois, et l’Unédic, dans une estimation plus que prudente, prévoit que leur nombre augmentera de 300.000 à la fin de cette année.

L’Espagne est le pays de l’Union européenne le plus touché. Les chômeurs y sont déjà 3,5 millions et selon les prévisions ils seront plus de 4 millions en décembre prochain, soit 17% de la population active. Dans 827.000 foyers, toutes les personnes en âge de travailler se retrouvent sans emploi…

Au sein de l’Union européenne, le nombre de chômeurs dépasse les 17,5 millions. A quoi il faudra ajouter, à la fin de 2009, la destruction de plus de 3,5 millions d’emplois. Le chômage touchera alors près de 10% de la population active des 27 pays de l’Union.

En Amérique du Sud, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le nombre de demandeurs d’emploi augmentera d’environ 2,4 millions. Les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ainsi que le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur éviteront sans doute le pire. Mais plusieurs Etats d’Amérique centrale ainsi que le Mexique et le Pérou, en raison de leurs liens étroits avec l’économie des Etats-Unis, subiront de plein fouet les effets de la crise.

Le directeur général de l’OIT, Juan Somavía, estime que le nombre de chômeurs à l’échelle du monde (190 millions en 2008) pourrait augmenter, en 2009, de 51 millions... Il rappelle que le nombre de travailleurs pauvres (qui gagnent à peine 2 euros par jour) sera alors de 1,4 milliard, soit 45% de la population active planétaire [2].

Une si violente explosion du chômage entraîne tout naturellement un retour du protectionnisme. La Russie, par exemple, a décidé d’élever les taxes à l’importation des véhicules étrangers et vient d’augmenter les tarifs douaniers sur la viande de volaille et de porc. L’ Équateur a fait la même chose à l’égard des téléphones portables et le matériel de transport. Les autorités de l’Inde ont annoncé qu’elles interdiraient l’importation de jouets en provenance de Chine. L’Argentine et l’Indonésie ont également créé de nouvelles taxes pour limiter l’importation de divers produits.

La Grèce a interdit à ses banques de venir en aide à leurs succursales installées dans d’autres pays balkaniques. La nouvelle Administration des Etats-Unis a décidé d’appuyer les Big Three (Chrysler, Ford, General Motors) de Detroit, mais uniquement pour sauver les usines installées sur le territoire américain. Aucune aide n’a été votée pour aider les constructeurs étrangers (Toyota, Kia, Mercedes Benz, Volkswagen, Volvo) installés aux Etats-Unis qui sont également en crise et emploient des dizaines de milliers d’ouvriers américains. Concernant l’aide aux industries automobiles, les gouvernements de France et de Suède ont annoncé que, pour préserver l’emploi local, ils n’aideraient que les usines installées sur leur territoire. La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, a admis au Forum économique mondial de Davos que le protectionnisme pouvait être « un mal nécessaire en temps de crise » [3]. Miguel Sebastián, ministre espagnol de l’industrie, à appelé publiquement ses compatriotes à « consommer des produits espagnols » [4]. Et même en Allemagne, grand pays exportateur, une enquête récente a révélé que 78% des chefs de petites et moyennes entreprises (PME) étaient favorables à l’adoption de mesures protectionnistes [5].

De telles mesures provoquent, çà ou là, des poussées de nationalisme économique voire de xénophobie. Ainsi, en février dernier, au Royaume Uni, l’un des pays les plus atteints par la crise avec des prévisions de réduction de la croissance de 2,8%, des milliers d’ouvriers du secteur énergétique, aux cris de "UK jobs for British workers !" (Des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques) se sont mis en grève contre l’embauche d’ouvriers portugais et italiens sur un chantier de la raffinerie Total à Lindsey (Lincolnshire). Au même moment, toujours en Grande Bretagne, des centaines de milliers de Polonais étaient « encouragés » chez eux. Même chose en Irlande, où le sentiment anti-polonais grandit à mesure qu’augmente le nombre des demandeurs d’emploi.
En Italie, les autorités expulsent sans égards les Roumains. Un peu partout, le droit de résidence des immigrés est remis en question [6].

Dans de nombreux pays, des patrons ou des banquiers qui réclament à grand cri – et obtiennent de l’Etat – des aides financières colossales se servent de la crise comme prétexte pour licencier massivement et réduire leurs coûts de fonctionnement. Même les entreprises ayant fait d’importants bénéfices en 2008 n’hésitent pas à dégraisser. Ainsi le groupe Total qui a annoncé, en février 2009, les plus importants profits jamais réalisés par une firme française – 13,9 milliards d’euros – a annoncé un mois plus tard, qu’il licenciait plus de 300 salariés…

Dans le contexte actuel d’explosion du chômage, une telle attitude révolte. Et il n’est donc pas étonnant que les protestations sociales se multiplient. Des manifestations populaires ont déjà provoqué la chute des gouvernements d’Islande, de Belgique et de Lettonie. La France a connu une grève nationale le 29 janvier dernier, et une agitation sociale importante en Guyane, Guadeloupe, Martinique et la Réunion. Avec des avancées très significatives obtenues en Guadeloupe par un collectif exemplaire qui a su rassembler des partis politiques, des syndicats et des mouvements sociaux représentatifs de l’ensemble de la société guadeloupéenne. Avancées que réclament désormais les autres départements d’outre-mer. Il n’est pas exclu que la contagion s’étende à la métropole elle même, où une nouvelle journée d’action nationale était prévue le 19 mars.

Les pays les plus fragiles de l’Union européenne – Bulgarie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie – ont également enregistré des protestations populaires et des affrontements plus ou moins violents.

Le chômage est une des pires formes de répression ; une démonstration à vif de la violence du capitalisme. D’où la rage qui monte. On va vers des temps difficiles. Le concept de crise ne suffit plus à expliquer le moment historique que nous vivons. Un changement d’ère. Une mutation nécessaire de modèles économiques et sociaux. Un espoir enfin de justice ?





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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:12


http://www.liberation.fr/monde/0101557550-les-yeux-grand-ouverts-de-gaza

 

Les yeux grand ouverts de Gaza

Malgré les frappes d’Israël, les tunnels reliant l’Egypte au territoire palestinien servent toujours à alimenter les trafics.

RAFAH (bande de Gaza), envoyé spécial JEAN-PIERRE PERRIN

Les «yeux» de Rafah, comme les appellent les terrassiers palestiniens, ne restent jamais longtemps fermés. Les bombes israéliennes, parfois, les crèvent, les tempêtes de sable ou les rafales violentes des pluies de février les aveuglent mais, le plus souvent, ils rouvrent très vite. Les yeux, ce sont les tunnels, ou plus exactement l’entrée des tunnels, qui relient Rafah, la palestinienne, à Rafah, l’égyptienne. Le retrait israélien du Sinaï, en 1982, a coupé la localité en deux. D’un côté, une ville balnéaire et, derrière elle, l’infini du désert. De l’autre, «la plus grande prison du monde», comme les Gazaouites appellent leur territoire. Un poste frontière entre l’Egypte et Gaza existe bel et bien mais il ne s’entrouvre que rarement. Alors, pour ne pas périr asphyxiée, Gaza a tout misé sur ses souterrains.

Treuil ou échelle

Depuis le blocus israélien, devenu incontournable après la prise du pouvoir à Gaza par le Hamas, en juin 2007, le nombre des tunnels n’a cessé d’augmenter. Si bien que personne, aujourd’hui, ne connaît exactement leur nombre : 800, 900, 1 000… Tous n’ont pas la même longueur : de 20 à 500, voire 600 mètres, en général. Certains puits sont de vrais ouvrages d’art. On y accède à l’aide d’un treuil électrique avant de déboucher sur une galerie de mine, bien étayée, bien aérée. Le tunnel dans lequel nous descendons est plus sommaire. Pour accéder au premier palier, il faut d’abord descendre une courte mais mauvaise échelle, puis sauter au fond d’un trou, d’où part un étroit boyau, en partie effondré, où l’on doit avancer cassé en deux et où l’on respire mal. C’est là que travaille Ahmed, un père de sept enfants, qui assure que «jamais les Israéliens ne pourront venir à bout des tunnels parce que
c’est le seul moyen de briser le siège de Gaza. C’est grâce à eux que nous avons du sucre, du lait et des médicaments».

Une certitude : ils ont donné naissance à une véritable économie souterraine qui emploie des milliers de personnes. L’offensive militaire israélienne, qui a duré du 27 décembre au 18 janvier, les avait condamnés au chômage. Une fois la trêve déclarée, ils ont repris leur activité. La zone des tunnels évoque un peu ces images de villes de chercheurs d’or américains colportées par les westerns.

C’est un paysage complètement bouleversé. Un gruyère sablonneux de cavités, maillé de monticules, de terrils, de tentes, souvent de simples bâches en plastique ou de baraques préfabriquées pour dissimuler l’ouverture des puits. Les bombes israéliennes ont rajouté leurs cratères. Partout, on entend la rumeur sourde des systèmes de ventilation des galeries. Ici et là, le grondement d’un bulldozer qui creuse un nouveau puits. Les bombes et les missiles n’ont pas visé que les tunnels. Ils ont écrasé tous les bâtiments établis le long de cette zone, les réduisant à des squelettes de béton, où, parfois, un peu de vie s’accroche dans une pièce qui a échappé par miracle à l’orage de plomb. Parfois, une épicerie, réduite à quelques pans de murs criblés, s’obstine. Un marchand de tomates, Mohammed Jawad Saïd, est un des rares Palestiniens à se plaindre des tunnels : «Regardez ce qu’est devenue ma maison à cause
d’eux.»

Corruption proverbiale

L’Egypte se cache derrière un mur à quelques centaines de mètres de la zone des tunnels et l’on voit ses minarets, à la différence de ceux de Gaza, souvent réduits à des moignons, s’élancer vers le ciel. Rafah l’égyptienne vit plutôt bien des trafics et des tunnels qui lui ont apporté une prospérité inespérée. Officiellement, Le Caire s’est engagé auprès d’Israël à mettre fin à toute cette activité clandestine. Mais, selon un officier des renseignements israéliens rencontré à Tel-Aviv, l’Egypte ne veut, ni ne peut pas aller trop loin dans la répression : «Les contrebandiers sont des Bédouins du Sinaï. Ils n’ont aucune autre ressource pour vivre. Si on met fin à leur trafic, ils risquent de se rebeller, ce que les autorités égyptiennes ne veulent à aucun prix.» S’ajoute la corruption proverbiale de la police locale. Il arrive cependant, indique Abou Mohammed, un patron de tunnel de 35 ans, que les policiers égyptiens fassent exploser les tunnels en injectant du gaz dans les boyaux. Faute d’avoir été prévenus, des terrassiers auraient été tués. Quand les patrons sont à l’entrée des yeux pour surveiller les travaux, ils ne sont en général pas très causants. Ou alors ils assènent des banalités, du genre «non, il n’y a pas vraiment de risque à creuser». Les terrassiers, eux, sont plus bavards. L’un d’eux, Ahmed, le père de famille cité plus haut, les contredit : «C’est de plus en plus dangereux de bosser là-dedans, car les bombes israéliennes ont fragilisé les galeries. A n’importe quel moment, tout peut s’écrouler. Le danger est là, à chaque instant. On travaille la peur au ventre. On prie toujours avant de commencer à creuser. Ici, la chance ne compte pas.»

La trêve décrétée unilatéralement par Israël et le Hamas n’ayant pas mis fin aux tirs de roquettes en provenance du territoire palestinien, ce sont souvent les tunnels qui sont visés en représailles (lire ci-contre). Les pluies de l’hiver aggravent encore les risques pris par les terrassiers. Début mars, cinq d’entre eux ont été tués dans l’effondrement de leur galerie et quatre contrebandiers la semaine précédente. «Nous sommes obligés de travailler malgré nous», ajoute Ahmed, qui confie gagner entre 60 et 70 dollars par jour. «Ça ne mérite pas de sacrifier sa vie pour si peu.»

Après l’offensive israélienne, quand Ahmed et ses quatorze compagnons ont pu reprendre le boulot, il leur a fallu trois jours de travail d’arrache-pied pour rouvrir «l’œil». «On a dû s’y reprendre à quatre fois pour pouvoir à nouveau accéder à la galerie principale qui s’était effondrée. Il nous a fallu sans cesse désensabler et étayer. Mais plus on creuse, plus c’est facile car il y a davantage d’air. Et quand le boyau s’écroule, c’est moins difficile de déblayer et de sauver les terrassiers», ajoute-t-il. Dans les tunnels, les techniques pour survivre en cas d’accident sont restées rudimentaires. Les journaliers sont reliés à l’extérieur par un simple tuyau grâce auquel ils pourront respirer si la galerie s’effondre. S’ils sont emmurés, c’est de l’eau ou du lait qu’on leur fera passer toujours grâce à ce conduit.

Policier ou terrassier

Avant le début de la seconde Intifada en 2000, les secteurs de l’industrie, du bâtiment et de l’agriculture employaient plus de 120 000 personnes à Gaza, selon Paltrade, une organisation privée chargée de recueillir des données pour les Nations unies. Mais depuis juin 2007, ces trois secteurs sont à l’arrêt. D’où un taux de chômage de 94 %. Les seules possibilités de travail sont d’entrer dans la police ou de devenir terrassier. D’où l’essor de Rafah, que l’on peut sentir dans les quelques rues commerçantes de la petite ville, dans un contexte de paupérisation générale.

Il y a d’ailleurs un monde entre ces journaliers payés au mètre de galerie creusée et les patrons des souterrains. «Nous, on ne sait rien des tunnels, reconnaît Ahmed. Le patron nous dit de creuser 200 ou 250 mètres, alors on creuse 200 ou 250 mètres». «Qui a de l’argent peut faire un tunnel», lance Malek al-Nafagh, un petit patron, qui consent à donner quelques chiffres sur son commerce. En moyenne, il gagne 100 dollars par sac de 40 kg, dont la moitié est reversée au propriétaire égyptien du terrain où débouche le tunnel. «Un tunnel peut être rentable au bout d’un mois ou d’un mois et demi. Cela dépend du temps qu’il a fallu pour le creuser, donc de la nature du terrain. Il faut compter environ 50 000 dollars [45 000 euros, ndlr] pour 400 mètres de galeries», précise-t-il. Patron d’un grand tunnel, Abou Mohammed estime à plus de 10 000 le nombre des journaliers employés dans les tunnels. Lui reconnaît que leurs conditions de travail sont très dures : «Mais c’est leur seule façon de vivre. Personne ne peut plus aller travailler en Israël. Et toutes les usines de Gaza ont été détruites ou fermées.» Il explique aussi que les tunnels sont la propriété de petites sociétés, nées de la réunion de plusieurs partenaires. «Notre tunnel emploie une quarantaine de personnes et fait vivre une vingtaine de familles. Pour obtenir les fonds nécessaires, on a ramassé de l’argent ici et là, vendu les bijoux en or de nos femmes. On ne veut pas faire de l’argent, ni construire un château avec ce tunnel. On veut seulement vivre.»

Pour le moment, ce sont des sacs remplis de ballots de tissus qu’un treuil remonte du puits. Un sac par couleur. Un camion viendra ensuite les chercher. Tout semble très bien organisé. Grâce à son téléphone portable, Abou Mohammed, le patron, est en contact permanent avec un intermédiaire égyptien qui l’informe des marchandises en cours de livraison. Une partie des armes, qui semble-t-il continuent d’arriver à Gaza, emprunte un chemin identique. Selon le même officier israélien, «les lanceurs de missiles livrés au Hamas ont même été conçus spécialement en fonction de la taille des tunnels, de façon à ce que quatre personnes puissent les porter». Le Hamas et les autres mouvements islamistes ont leurs propres galeries, différentes de celles utilisées par les commerçants. Abou Tarek, un jeune patron de 23 ans, admet pourtant que des armes passent parfois par son tunnel. «Par solidarité avec la résistance, je les fais entrer gratuitement», affirme-t-il.





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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:22


http://www.palestine-solidarite.org/analyses.John_Mearsheimer.200309.htm

Beaucoup d’observateurs, à Washington, ont été surpris de voir l’administration Obama nommer Charles Freeman à la tête du National Intelligence Council, l’organisme qui supervise la production des expertises des services américains du renseignement.

M. Freeman avait une remarquable carrière de trente années au service de la diplomatie et du ministère de la Défense, mais il a critiqué publiquement la politique israélienne et la relation spéciale que les Etats-Unis entretiennent avec ce pays, disant, par exemple, au cours d’un discours prononcé en 2005, qu’« aussi longtemps que les Etats-Unis continueraient à lui fournir de manière inconditionnelle les financements et la protection politique qui rendent l’occupation israélienne et la politique violente et autodestructrice [pour Israël ndt] que cette occupation génère, il y aura très peu de raisons, voire strictement aucune raison, d’espérer que quoi que ce soit qui pût ressembler au défunt processus de paix puisse être ressuscité ». Des mots tels que ceux-là sont rarement prononcés à Washington, et quiconque les utilise est quasi certain de ne pas accéder à une responsabilité gouvernementale de haut-niveau. Mais
l’amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du renseignement national, admire beaucoup Freeman, qu’il estimait être exactement le genre de personne capable de revitaliser les milieux du renseignement, qui avaient été extrêmement politisés, durant les années Bush.

Mis en émoi, comme c’était prévisible, le lobby israélien a lancé une campagne de diffamation à l’encontre de Freeman, dans l’espoir que, soit il démissionnerait de lui-même, soit serait renvoyé par Obama. Le Lobby tira sa première salve sous la forme de l’affichage d’un texte, sur un blog, par Steven Rosen, un ancien responsable de l’Aipac, l’American Israel Public Affairs Committee, aujourd’hui mis en examen pour avoir transmis des secrets à Israël. L’opinion de Freeman sur le Moyen-Orient, disait-il, « est celle que vous attendriez du ministre des Affaires étrangères saoudien, auquel il est, du reste, très lié ». Des journalistes pro-israéliens de grand renom, comme Jonathan Chait et Martin Peretz, du quotidien New Republic, et Jeffrey Goldberg du quotidien The Atlantic, se joignirent très vite à la meute, et Freeman fut pilonné par des publications qui défendent en permanence Israël, comme The National Review, The Wall Street Journal et Weekly Standard.

Le véritable coup de chaud, toutefois, provint du Congrès, où l’Aipac (qui se qualifie lui-même de Lobby pro-israélien de l’Amérique) détient un pouvoir écrasant. Tous les membres républicains de la Commission sénatoriale du Renseignement sont tombés à bras raccourcis sur Freeman, comme l’ont fait des Sénateurs démocrates tels que Joseph Lieberman et Charles Schumer. « J’ai exhorté je ne sais pas combien de fois la Maison Blanche à l’écarter », a dit Schumer, « et je suis heureux qu’ils aient fini par faire la seule chose qu’il y avait à faire ». Même histoire à la Chambre, où la charge fut menée par le Républicain Mark Kirk et le Démocrate Steve Israel, qui poussa Blair à déclencher une enquête impitoyable au sujet des finances de Freeman. Finalement, la Présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, déclara que la nomination de Freeman était abusive. Freeman aurait pu survivre à cette curée, si la Maison Blanche l’avait soutenu. Mais les basses flatteries qu’avait faites Barack Obama au lobby israélien durant la campagne électorale et son silence assourdissant durant la guerre contre Gaza montrent que le Lobby n’est pas, pour lui, un opposant qu’il s’aviserait d’affronter. Donc, sans surprise, il resta silencieux, et Freeman n’eut d’autre choix que de se démettre.

Depuis lors, le lobby a déployé d’énormes efforts pour dénier son rôle dans la démission de Freeman. Le porte-parole de l’Aipac Josh Block a dit que son organisation « n’avait pas pris position sur cette question et qu’elle n’avait exercé aucune action de lobbying auprès de la Colline [du Capitole] à son sujet ». Le Washington Post, dont la page éditoriale est dirigée par Fred Hiatt, un homme totalement voué à la pérennisation de la « relation spéciale » [entre les Etats-Unis et Israël, ndt] a publié un éditorial affirmant que le fait de mettre en cause le lobby dans la démission de Freeman relevait des seuls rêves « de M. Freeman et de théoriciens du complot du même acabit ».

En réalité, les preuves de la profonde implication de l’Aipac et d’autres partisans fanatiques d’Israël dans la campagne visant Freeman sont surabondantes. Block a reconnu avoir parlé de Freeman à des journalistes et à des bloggers, et leur avoir donné des informations, toujours après s’être mis d’accord avec eux afin que ses commentaires ne lui soient jamais attribués à lui personnellement, ni à l’Aipac. Jonathan Chait, qui a nié qu’Israël ait été à l’origine de la controverse, avant le limogeage de Freeman, a écrit, après coup : « Bien sûr, je reconnais que le lobby israélien est puissant et qu’il a été un élément clé dans la curée contre Freeman, et que ce lobby n’est pas toujours une puissance bénéfique ». Daniel Pipes, qui dirige le Middle East Forum, où Steven Rosen travaille aujourd’hui, a envoyé prestement une lettre circulaire par mél, portant aux nues le rôle joué par Rosen dans l’éviction de Freeman.

Le 12 mars, soit le jour où le Washington Post a publié son éditorial raillant quiconque ayant suggéré que c’était le lobby israélien qui avait grandement contribué à évincer Freeman, ce même journal a publié un article en première page, décrivant le rôle central que le lobby avait joué, dans cette affaire. Il y avait aussi un commentaire d’un journaliste chevronné, David Broder, qui commençait ainsi : « l’administration Obama vient de subir une défaite embarrassante de la part de ces lobbyistes-mêmes que le Président a juré de remettre à leur place. »

Les détracteurs de Freeman maintiennent que son opinion concernant Israël regardait d’autres que lui. On dit de lui qu’il a des relations particulièrement étroites, voire peut-être même inappropriées [pour un diplomate, ndt] avec l’Arabie saoudite, où il a été, par le passé, ambassadeur des Etats-Unis. Cette charge n’a pas porté, toutefois, car il n’existe aucune preuve pour l’étayer. Les supporters d’Israël ont dit, aussi, qu’il avait fait des remarques dépourvues de toute compassion à propos du sort qu’avaient connu les manifestants chinois sur la Place Tiananmen de Pékin [en 1989, ndt], mais cette accusation, que les défenseurs de Freeman contestent, a été tirée du sac uniquement parce que les détracteurs pro-israéliens de Freeman étaient en quête de n’importe quel argument leur permettant de salir sa réputation.

Pourquoi le lobby se préoccupe-t-il à ce point d’une nomination à un poste, certes important, mais certainement pas suprême ? Voici une raison, parmi d’autres : Freeman aurait été responsable de la publication des évaluations des services de renseignement nationaux. Israël et ses partisans américains ont été fous de rage après que le National Intelligence Council eut conclu, en novembre 2007, que l’Iran ne construisait pas la bombe nucléaire, et ils avaient travaillé d’arrache-pied afin de saper ce rapport, ce qu’ils continuent à faire jusqu’à ce jour. Le lobby veut s’assurer que la prochaine évaluation des capacités nucléaires de l’Iran [par les Etats-Unis, ndt] parvienne à la conclusion diamétralement opposée, et cela avait bien moins de chances d’arriver, avec Freeman aux manettes. Mieux vaut avoir quelqu’un qui soit dûment estampillé Aipac, pour mener la danse.

Une raison – encore plus importante -, pour le lobby, de chasser Freeman de son poste, c’est la faiblesse de l’argumentation susceptible de justifier la politique actuelle de l’Amérique vis-à-vis d’Israël, qui rend impératif d’intimer le silence ou de marginaliser quiconque oserait critiquer la relation spéciale [américano-israélienne, ndt]. N’eût Freeman été puni, d’autres auraient vu qu’on pouvait critiquer ouvertement Israël et faire carrière brillamment à Washington. Et aussi que, dès l’instant où quelqu’un obtiendrait qu’un débat ouvert et libre s’instaure autour d’Israël, la relation spéciale serait sérieusement compromise.

Un des aspects les plus remarquables de l’affaire Freeman, ce fut le fait que les médias consensuels lui ont accordé très peu d’attention. Ainsi, par exemple, le New York Times n’a pas publié le moindre article au sujet de Freeman jusqu’au lendemain de sa démission, alors qu’une bataille féroce autour de sa nomination avait commencé à faire rage dans la blogosphère, dès la date de ladite nomination. Mais quelque chose s’est produit, dans ladite blogosphère, qui ne se serait jamais produit dans les médias consensuels : le lobby a été confronté à une réelle opposition. De fait, tout un éventail de bloggers, énergiques, bien informés et hautement respectés, défendit Freeman, dans toutes les péripéties, et ils auraient vraisemblablement emporté le morceau, si le Congrès n’avait pas pesé de tout son poids contre eux. Bref : Internet a permis un débat sérieux aux Etats-Unis, sur une question impliquant Israël : ce fut une première absolue. Le lobby n’a jamais eu grand-mal à faire observer la ligne du parti par le New York Times et le Washington Post, mais il a peu de moyens de faire taire les critiques s’exprimant sur Internet.

Lorsque les forces pro-israéliennes étaient entrées en conflit avec une personnalité politique majeure, par le passé, cette personnalité, généralement, avait reculé. Jimmy Carter, traîné dans la boue après qu’il eut publié son livre Palestine : la Paix, pas l’apartheid, a été le premier Américain éminent à tenir bon et à répliquer. Le lobby n’a pas pu le faire taire, et ça n’est pas faute, pour lui, d’avoir essayé. Freeman marche dans les brisées de Carter, mais avec plus de pugnacité. Après s’être démis, il a publié une dénonciation au vitriol de « gens dénués de scrupules entièrement dévoués à défendre les vues d’une faction politique d’un pays étranger » dont le but est « d’empêcher par tous les moyens que des opinions un tant soi peu différentes des siennes ne puissent être diffusées ». « Il y a », avait-il poursuivi, « une ironie particulière dans le fait de se voir accusé d’appréciation inappropriée au sujet des positions de gouvernements et de sociétés étrangers, par un clan si manifestement voué à imposer l’adhésion à la politique d’un gouvernement étranger » [en l’occurrence, le gouvernement israélien, ndt].

La remarquable déclaration de Freeman est parvenue au monde entier, elle a été lue par des personnes innombrables. Cela n’est pas bon, pour le lobby, qui aurait préféré briser dans l’œuf la nomination de Freeman sans laisser d’empreintes digitales. Mais Freeman continuera à s’exprimer au sujet d’Israël et du lobby pro-israélien, et peut-être que certains de ses alliés naturels, à l’intérieur du Beltway, finiront par le rejoindre.

Lentement, mais sûrement, un espace commence à s’ouvrir, aux Etats-Unis, où il sera possible de parler sérieusement d’Israël.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

* John Mearsheimer est professeur émérite R. Wendell Harrison de science politique à l’Université de Chicago






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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:15

Les luttes menées depuis 2 mois dans l’Enseignement supérieur, et leur élargissement à la Recherche et à l’Education, voient maintenant la création de coordinations et de collectifs nationaux divers, axés sur des revendications catégorielles, avec des appels différents, risquant de faire éclater le mouvement en cours, faute de perspectives plus rassembleuses.

La construction du rapport de force interprofessionnel permet, à l’inverse, de maintenir la mobilisation et renforce en même temps l’idée que « l’on peut gagner tous ensemble ».

Dans ce cas, suite au 19 mars, les confédérations ne peuvent renvoyer au premier mai la prochaine étape interprofessionnelle de luttes.

Le Bureau de la FERC demande à la CGT, même si le contexte unitaire ne peut être maintenu, de décider d’une nouvelle date d’action dans les jours qui viennent.

Richard BERAUD

Secrétaire Général de la FERC CGT

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