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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 17:23

Un an après l´agression violente de plusieurs personnes à la sortie d´une conférence sur Georges Habache et la Palestine au Centre International de Culture Populaire (CICP) à Paris, des membres la LDJ récidivent, et agressent à nouveau en marge d´une soirée organisée par les militants de l´association Génération Palestine.   

Une première bagarre éclate entre une personne venant à la soirée et 5 jeunes issus de la communauté juive. Si pour la personne agressée c´est la vue de son keffieh qui est à l´origine de sa prise à partie par les jeunes, ceux-ci prétendront avoir répondu à des provocations. Bien entendu les versions divergent, bien que la première paraisse plus crédible au vu du nombre d´intervenants de chaque côté. Par la suite, et malgré une présence policière massive, c´est sous leurs yeux qu´une 2ème agression a lieu, cette fois ci impliquant une quinzaine de jeunes juifs qui tomberont, matraques à la main sur 3-4 personnes sortant du métro et se rendant à la soirée. Bilan de ces rencontres : 2 blessés côté public, au moins 3 interpellés côté jeunes juifs. 

Alors qu´en général les agressions en marge de soirées sur la Palestine ne suscitent que peu d´échos dans la presse, celle ci cela prend une ampleur peu habituelle. Une dépêche AFP, publiée le 25 et reprise par la Parisien et Metro, parle de « rixes sur fonds de tension communautaire » ???? Etonnant, car si il est vrai qu´il y a bien d´un côté 3 jeunes juifs et 3 jeunes arabes de l´autre, peut-on honnêtement (même pour un journaliste) évoquer des « tensions communautaires » quand on parle de bagarre entres membres du Betar et/ou de la LDJ et sympathisants de la cause palestinienne ?

En effet parmi les jeunes impliqués et interpellés, la dépêche AFP parle d´un jeune proche du Betar, ce qui est peu étonnant. Mais c´est surtout la présence d´une vieille connaissance, Jason T., qui démontre bien la dimension politique et non communautaire (et encore moins antisémite) de cette affaire. S´étant déjà fait remarquer pour sa virulence et ses provocations, Jason, jeune militant de 20 ans à peine, passé comme tant d´autres à cette période du Betar à la LDJ, est apparu lors des manifs pour Ilan en janvier 2006 [1], où il alternait selon les circonstances entre le port de la kippa et celui du bonnet « Migdal » (produit des plus chics dans le milieu ultra-sioniste !), notamment lorsqu´il faisait le fanfaron sous les drapeaux jaunes de la LDJ. [2]

C´est tout naturellement qu´on le retrouvera devant le Bataclan en janvier 2008, assurant le service d´ordre avec ses amis de la LDJ (et sous le regard paternel des professionnels du SPCJ, service de sécurité du CRIF), pour le gala annuel de soutien aux Magav [3] de l´association Migdal, association que l´on peut sans peine qualifier de raciste. Il sera en tête du petit groupe qui tentera de passer les cordons policiers pour venir en découdre avec les contre-manifestants réunis devant la salle.

Deux mois plus tard il est contrôlé en marge d´un rassemblement de solidarité avec Gaza (organisé par la CAPJPO) place de l´Opéra. Là encore, entraînant avec lui quelques jeunes, il tentait par ses propos virulents de provoquer les manifestants. Il sera, lui et ses petits amis, repoussé par les gendarmes mobiles présents. Par ailleurs il pourra les remercier, puisque 2-3 autres nervis de la LDJ qui eux arriveront à s´en approcher le regretteront très vite.

Mercredi soir finalement, il sera reconnu comme étant l´un des agresseurs, et sera interpellé avec deux de ses amis, de même que l´on verra s´enfuir en scooter dans les minutes qui suivent un autre élément de la LDJ, Mickael B. Aux dernières nouvelles, Jason serait aussi impliqué dans l´attaque il y a 15 jours contre un théâtre du VIIe arrondissement où devait avoir lieu une soirée intitulée « Nos talents pour Gaza » organisée afin de collecter des fonds pour acheter du matériel médical et pour les enfants de Gaza. Il aurait été reconnu par des témoins. Pour le coup, le rôle de victime parait délicat à tenir, et il semblerait que ce soit une fois interpellés, et devant la gravité des faits qui leur sont reprochés, que les jeunes gens aient mis au point leur ligne de défense. A savoir qu´ils auraient été victimes d´agressions antisémites alors qu´ils collaient des affiches à la mémoire d´Ilan. Cela déclenchera la convocation et le placement en garde à vue de 2 victimes ayant le statut de témoins. Finalement au bout de 48 heures tout ce petit monde sera mis en examen pour violences volontaires à caractère raciste et placé sous contrôle judiciaire, mettant ainsi au même niveau les agresseurs et les victimes.

L´évocation du procès des assassins d´Ilan par les militants de la LDJ durant leur garde à vue n´est guère surprenante, tant il est vrai que depuis 3 ans, en marge des commémorations pour Ilan, des membres de la LDJ profitent de ce crime sordide pour agresser à tout va. Tout le monde se souviendra des agressions racistes en 2006 autour de la grosse manifestation parisienne en mémoire d´Ilan [4] . En 2007, un rassemblement en mémoire d´Ilan a lieu devant la boutique où il travaillait. Si pour beaucoup, venus en famille, c´est un moment de recueillement, l´agression violente de 2 jeunes arabes qui passaient par là entache cette commémoration, à tel point que même l´UEJF s´en émeut et se paye une pleine page dans Actualité Juive la semaine suivante pour dénoncer cette agression. En 2008, nouveau rassemblement : cette fois ci, échaudés par ce qu´ils ont pu voir l´année précédente, le rassemblement se dissout rapidement, et laisse la place aux jeunes extrémistes qui se cherchent une cible [5]. Elle sera toute trouvée, et ce sera une fois de plus une attaque en règle contre le CICP par une bande d´une vingtaine d´individus (parmi lesquels on reconnaît encore et toujours Jason et quelques uns de ses amis, notamment celui qui Place de l´Opéra se réfugiera derrière les gendarmes mobiles). Remontant la rue en hurlant des slogans pro-israéliens et anti-arabes, il leur manquera juste un petit doigt de courage pour franchir les 20 derniers mètres qui les séparent de l´entrée, et surtout des quelques personnes qui en géraient l´accueil.

Alors, concernant mercredi dernier, hasard d´une agression raciste ou opération ciblée contre des « ennemis » (selon la grille de lecture de la LDJ) ? La question peut se poser. Certainement un mélange des deux. Si c´est bien une rencontre hasardeuse qui a déclenché la 1re agression commise par 5 jeunes extrémistes juifs de droite attablés à la terrasse d´un traiteur, on ne peut ignorer l´évolution de ce quartier du XIéme arrondissement qui a énormément changé ces dernières années.

Si la communauté juive a toujours été très présente dans le quartier, et sans que cela ne pose aucun problème, on note depuis 2- ans l´apparition d´affiches à la gloire du Rabbin Meïr Kahana (JDL américaine) ou autres autocollants du Betar dans certains commerces et dans la rue. Cela s´accompagne de l´arrivée plus ou moins importante de la fraction la plus radicale de la jeunesse liée à la LDJ ou au Betar et à l´air de traduire une part d´acceptation des exactions et une dérive droitière d´une partie de la communauté.

Si depuis longtemps le CICP est la cible des extrémistes de droite juifs (agressions physiques et verbales, dégradations, tags racistes...) , le voisinage direct avec ses éléments les plus violents pose réellement un problème. En effet, comment accepter que des personnes venant assister à une conférence, une soirée de solidarité voire même un concert n´ayant aucun rapport avec la question palestinienne, se fassent prendre à partie à la sortie du métro, où agresser comme ce fut le cas mercredi dernier. Il serait bon que les associations communautaires si promptes à dénoncer le danger de l´importation du conflit israélo-palestinien en France, fassent passer le message aussi dans leurs rangs, et notamment auprès de ces jeunes nervis [6].

De même qu´il serait souhaitable dans un souci d´apaisement général, que ces interpellations (devant témoins une fois de plus) ne restent pas encore sans suite. Force est de constater que par exemple, celle de l´année dernière au CICP où il y eu pourtant un blessé grave, et où un voisin avait pu relever la plaque d´immatriculation d´un des agresseurs, n´a eu aucune suite, alors que ce dernier a bien été retrouvé et placé en garde à vue. Ca laisse rêveur ... ou plutôt permet à certains de laisser entendre qu´il pourrait y avoir des catégories protégées ou des immunités pour quelques uns selon qu´ils fassent partie d´une communauté ou d´une autre. Si ces événements restent sans suite (comme on peut le supposer), ce sera du pain béni pour ceux qui veulent surfer sur les haines et les colères accumulées depuis le mois de janvier. On pense bien entendu à l´équipe Dieudonné ou encore au Collectif Cheikh Yassine d´Abdelhakim Sefrioui. Sefrioui qui n´a pas manqué de réagir, se targuant même d´être venu prêter main forte aux organisateurs, ce qui, renseignements pris, s´avérerait être une pure invention. Si ils ont bien été aperçus rodant dans le quartier, c´était plus, comme à leur habitude, dans l´espoir de profiter de cette situation afin d´essayer de faire passer leurs discours nauséabonds auprès de certains qui, en manque de formation et de pratique politiques, pourraient être aveuglés par les prêches de cet ancien Iman. Le résultat escompté ne sera pas là, puisque non seulement ils comprendront vite qu´ils n´étaient pas les bienvenus à l´intérieur de la soirée, mais en plus ils repartiront aussi isolés qu´ils sont venus.

De toute cette agitation, quelques interrogations subsistent. Quel intérêt pour la presse et le pouvoir d´agiter le spectre du communautarisme de cette histoire ? Si ce n´est faire la part belle aux extrémistes des 2 camps. Et pourquoi ce silence dans cette affaire de la part des sites tels que ceux de la LDJ ou du BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l´Antisémitisme) du très droitier Sammy Ghozlan, premiers généralement à dénoncer tout acte antisémite ? Affaire à suivre donc.

Publié le 28 avril 2009

[1] Le meurtre sordide d´Ilan Halimi avait provoqué une légitime émotion au sein de la communauté juive, et une manifestation énorme avait eu lieu à Paris, manif en marge de laquelle on avait vu des jeunes extrémistes juifs s´attaquer à des passants noirs ou arabes

[2] Pour l´anecdote, on distingue a l´extrême droite (quel hasard ! ) sur la photo son ami et compère de la LDJ : Maxime B.. Ce brave Maxime, si besoin était, nous confirmera l´implication de la LDJ dans cette affaire en envoyant un mail d´insultes à l´AFPS et dans lequel il parle des membres de la LDJ impliqués. Le tout bien entendu avec son adresse mail, et magnifiquement signé d´un « Maxime, un Français de pur souche ». Sacré Max, si peu d´intelligence dans un si grand corps, quel gachis !!

[3] garde-frontiè res israéliens, régulièrement dénoncés par les organisations des droits de l´homme pour leur violence et brimades en tout genre envers la population palestinienne

[4] la presse à l´époque avait noté l´apparition d´un nouveau sigle chez les jeunes agités : le F.E.J. « Fier d´Etre Juif » . Pas si nouveau que cela puisque qu´il s´agit d´un clin d´oeil aux anciens, dont Pierre Lurçat fondateur de la LDJ en France, qui dans les années fin 60 début 70 avaient créé un F.E.J mais « Front des Etudiants Juifs » celui-ci.

[5] c´est d´ailleurs à la même période que l´on verra re-apparaître le Betar, décidé à ne pas laisser le terrain de la radicalité à la seule LDJ , difficilement contrôlable par les institutions communautaires

[6] même si il y a peu d´espoir de ce côté la, les relations CRIF-LDJ étant des plus tendues depuis que ces derniers ont perturbé la soirée organisée par le CRIF en l´honneur du président Simon Peres en mars dernier. Celui-ci s´était fait traiter de traître alors qu´il commençait son intervention à la tribune. Il avait alors fallu l´intervention de Meyer Habib, vice-président du CRIF (et accessoirement conseiller de B. Netanyahu), qui fit évacuer les jeunes virulents. Cette fougueuse jeunesse lui a certainement rappelé la sienne puisqu´il était membre de l´OJC, Organisation Juive de Combat, et fût condamné pour avoir participé en mai 1988 à l´attaque du rassemblement de l´Oeuvre Française pour la Fête de Jeanne d´Arc. Attaque très violente, elle avait surpris par son culot : en effet les membres de l´OJC s´étaient habillés en militants nationalistes, portant drapeaux et brassards pour fondre sur les manifestants une
fois arrivés au plus près. Il est vrai qu´à l´époque leur cible était l´extrême droite antisémite, et non comme aujourd´hui l´extrême gauche solidaire du peuple palestinien.   

http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article437


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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 16:51


Abdel Bari Atwan : « Israël a été démasqué, en dépit de la protection des pays occidentaux »
Analyse de la Conférence d’Evaluation de Durban
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier


Abdel Bari Atwan, journaliste palestinien bien connu et rédacteur-en-chef du quotidien (en langue arabe) Al-Quds al-Arabi édité à Londres, a fait part à Silvia Cattori de son analyse de la Conférence d’Evaluation de Durban (tenue à Genève). Cette interview a été réalisée à Genève, le 23 avril 2009.

Silvia Cattori : Alors, cette Conférence de Durban : une opportunité manquée ?

Abdel Bari Atwan : Je pense, personnellement, que Durban II a été une énorme déception, parce qu’elle n’a pas abordé les problèmes fondamentaux. C’est la diplomatie qui a prévalu. L’Occident et les Etats-Unis, en particulier, ont réussi à prendre la conférence en otage ; ils en ont dévié l’angle de vue.

Durban II avait commencé comme une force puissante dressée contre le racisme. Mais que s’est-il passé ? En raison de la pression des Etats-Unis et d’Israël, la conférence a été déviée. Nous pouvons observer que le « communiqué » final de cette conférence n’est qu’une version édulcorée, et même « édentée » du « communiqué » initial, et qu’il ne cite aucun Etat coupable en particulier.

Personnellement, j’escomptais que cette conférence adopterait une position forte de condamnation de l’agression israélienne contre Gaza, qu’elle condamnerait le racisme israélien, l’apartheid israélien. Mais que s’est-il produit ? A cause des pressions des Etats-Unis, d’Israël et des pays européens visant à imposer un boycott de la conférence, le « communiqué » final s’est avéré totalement creux et extrêmement vague.

J’ai par ailleurs été choqué de voir la délégation palestinienne céder aux pressions, quand les délégations arabes ont obtempéré, acceptant de ne faire aucune référence à Israël, et en particulier à Israël en sa qualité de pays raciste.

Aussi suis-je réellement déçu, et je reconnais que je suis réellement reconnaissant envers Ahmadinejad, car il a rappelé à tout le monde les véritables problèmes, et spécialement le racisme israélien. Ainsi, en l’absence d’Ahmadinejad, Israël n’aurait même pas été mentionné, et il n’aurait pas été accusé de perpétrer des atrocités contre les Palestiniens.

Il y a un autre point, que je voudrais mentionner : j’ai été déçu de voir les Arabes, et en particulier les Palestiniens, faire toutes ces concessions, omettre toute référence à Israël dans le « communiqué » final, sans avoir strictement rien gagné [en échange], sans même avoir obtenu que les Etats-Unis et Israël daignent participer à la conférence. Ils avaient pourtant consenti à ces concessions à seule fin de persuader les Etats-Unis et Israël d’être présents, en vain..

Pour quelle raison, en réalité ? Je pense qu’au contraire, dès lors qu’ils avaient réalisé que les Américains n’assisteraient pas, que les Israéliens ne viendraient pas, que les Canadiens ne viendraient pas, ils auraient dû insister sur le fait que le communiqué final aurait dû comporter une condamnation énergique du racisme israélien à l’encontre des Palestiniens.

Silvia Cattori : Ainsi, vous n’êtes pas d’accord avec ceux des Palestiniens qui estiment que le président Ahmadinejad a été battu aux points par Israël ?

Abdel Bari Atwan : Non. Je ne suis pas d’accord avec ces Palestiniens-là, les ainsi dits « Palestiniens modérés ». Qu’a fait Ahmadinejad ? Il a rappelé à tout un chacun le racisme d’Israël.

Je pense, personnellement, que le Président palestinien Mahmoud Abbas aurait dû être là, et dire ce qu’Ahmadinejad a dit. Et même en des termes encore plus forts, parce qu’il sait, lui, ce que les Israéliens sont en train de faire, en construisant leurs colonies, leur mur d’apartheid, et qu’ils ont perpétré des massacres à Gaza. Il aurait même dû, en réalité, dénoncer le fait que les Palestiniens ont fait toutes ces concessions, alors qu’ils n’ont rien reçu d’autre, en échange, que davantage de colonies, davantage de check-points militaires, encore plus d’humiliations.

Je pense qu’Ahmadinejad a eu un succès extraordinaire. Il a dit tout haut ce que pensent nombre de Palestiniens, d’Africains, d’Arabes, de musulmans et d’Européens.

Silvia Cattori : Tout analyste honnête ayant effectivement lu l’allocution de M. Ahmadinejad ne saurait considérer celle-ci comme « violente », « antisémite » ou quoi que ce soit de ce genre. Mais il s’avère, au contraire, que les Etats et les médias occidentaux ont réussi, une fois de plus, à travers leur propagande de dénigrement du Président iranien, à isoler l’Iran, tout en faisant un cadeau à Israël ?

Abdel Bari Atwan : Voyez-vous, ce qu’Ahmadinejad a déclaré était extrêmement factuel. Il a dit clairement qu’Israël a été créé sur le dos du peuple palestinien. C’est une donnée de fait. Tout ce qu’il a dit, ce sont des réalités factuelles. Il nous a rappelé ce qui s’est passé, non pas deux millénaires en arrière, mais seulement soixante ans. Et je suis une des victimes de ce genre d’énorme erreur historique.

Ainsi, de fait, si les Européens qui se sont retirés de la conférence ont boycotté le discours de M. Ahmadinejad, c’est parce qu’ils avaient honte ; parce que M. Ahmadinejad leur a remis en mémoire leurs crimes contre l’humanité, leurs crimes contre les Palestiniens. C’est pour cela, qu’ils sont partis..

Les juifs n’ont pas été persécutés par nous, les Palestiniens et les Arabes. Ce sont des Européens qui les ont massacrés, notamment en les gazant. Ainsi, M. Ahmadinejad leur a remis en mémoire leur culpabilité : c’est pour ça, qu’ils sont partis.

Il y a un autre point que je voudrais soulever ici : les Européens nous ont chapitré, depuis soixante ans, parce que nous boycottons les Israéliens, parce que nous refusions de nous asseoir avec eux : « Vous n’êtes pas civilisés, vous êtes dans votre tort : vous devriez vous asseoir avec les Israéliens, mettre votre cause sur la table, discuter avec eux. En les boycottant, vous êtes les perdants ! » Ils ne cessaient de nous bassiner avec ça. Aujourd’hui, en revanche, ils prêchent quelque chose de complètement différent.

Aussi ai-je été choqué, parce qu’ils prêchaient une chose, et faisaient autre chose ; ils nous disaient de faire telle chose, et ils sont en train de faire quelque chose de totalement différent. Le troisième point qui m’a réellement mis en colère, dans leur décision de se retirer de la conférence, est que, quand, nous, nous protestions contre des caricatures extrêmement offensantes pour le Prophète Mahomet, ils nous disaient : « Pourquoi faites-vous ça ? C’est la liberté d’expression : tout le monde a le droit d’exprimer son point de vue. Vous ne devriez pas protester de la sorte. »

Et aujourd’hui, c’est aussi la liberté d’expression ! Voici un homme qui exprime son point de vue ; il retrace l’histoire. Il n’est pas en train de nier l’Holocauste, en aucune manière ; il n’a pas, par exemple, nié que les juifs aient été persécutés. Non : il s’est contenté de rappeler des faits historiques. Alors, pourquoi cela n’est-il pas considéré comme relevant de la liberté d’expression ?

Silvia Cattori : Avez-vous été choqué de voir la délégation française donner le signal du départ de la salle aux délégations d’autres pays européens ?

Abdel Bari Atwan : Bien entendu, cela m’a énormément choqué. De fait, j’étais désappointé. Je pense que c’est là une preuve d’hypocrisie. L’Occident est hypocrite. Les Occidentaux disent des choses dont ils ne croient pas un traître mot. Aussi ne suis-je plus enclin à accepter un quelconque laïus occidental sur la démocratie ou les droits de l’homme, le respect de la religion, ou la liberté d’expression. Ces gens vendent des pommes gâtées : je n’ai nulle envie d’en acheter. J’ai envie de leur demander : « Pourquoi vous retirez-vous ainsi ? » Laisser cet homme parler et puis répondez-lui ! S’il a dit quelque chose d’erroné, corrigez-le, mais restez !

Ahmadinejad a dit que le peuple palestinien a été carrément chassé de son pays : c’est le cas. Il a dit qu’Israël a été créé au détriment des Palestiniens : c’est le cas. Il a dit que ce sont les Européens qui ont persécuté les juifs : exact ! Alors, qu’y a-t-il à redire, à cela ? Mais parce qu’ils sont à court d’arguments, parce qu’ils sont incapables d’amener des faits qui démentissent ces réalités, ils sont partis. Parce que ce sont des lâches, tout simplement.

Silvia Cattori : Ceux qui ont travaillé dur afin de saboter cette conférence ont donc réussi ?

Abdel Bari Atwan : La conférence a été sabotée par les Etats-Unis, par la France, par Israël, par des Etats  européens, et ils s’étaient mis d’accord à cette fin ; c’est ce qui a fait que vingt-trois pays se sont, de fait, retirés de la conférence. Quand ils ont quitté la salle au beau milieu du discours d’Ahmadinejad, c’était quelque chose d’orchestré, c’était une action préméditée. Pour la France et consorts, c’est la honte !

Silvia Cattori : Il est évident désormais que les organisations juives avaient commencé depuis bien longtemps à prôner un boycott de Durban II. Ainsi, par exemple, le président français (désolée : le président de la France), Nicolas Sarkozy, a nommé un pro-israélien notoire, François Zimeray, au poste d’ambassadeur chargé des « droits de l’homme ». Soutenu par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, il s’est montré beaucoup plus soucieux de la protection des intérêts israéliens que de justice pour les victimes d’Israël. A votre avis, cette diplomatie brutale et biaisée de la vieille école peut-elle être efficiente ?

Abdel Bari Atwan : Non. Plus maintenant. Ils se font des illusions. Ils ont peut-être, cette fois-ci, réussi à berner les Palestiniens, les Arabes, les musulmans. Mais ils ne réussiront jamais à atteindre leurs objectifs, parce qu’en fin de compte, Israël a été démasqué.

Ahmadinejad a réussi à faire ce que le communiqué final a été incapable de faire. Il a réussi à contourner la manipulation ; il a généré un intérêt médiatique énorme. Et grâce à ça, les gens, dans le monde entier, savent que les représentants français, les pays occidentaux voulaient modifier le cours de l’histoire. Et aujourd’hui, les médias occidentaux n’ont plus la prépondérance : aujourd’hui, nous avons Al-Jazeerah en arabe, nous avons Al-Jazerah en anglais, nous avons Internet, et nous avons des blogs. Ici, les gens vont se réveiller. Nous voyons d’ailleurs à un tas de signes que les Européens ne gobent plus cette propagande de caniveau. Un tas de changements sont en train de se produire. Ahmadinejad était sans doute haï par ces gouvernements-là. Mais au Moyen-Orient, dans le monde musulman, on voit désormais en lui un héros.

Silvia Cattori : Il n’a donc pas fait d’erreur ?

Abdel Bari Atwan : Non. Aucune. L’homme s’est montré très retenu ; il a énoncé des faits, uniquement des faits. Il n’a eu recours à aucun effet de manche. Il n’a rien dit de strictement nouveau ; il a dit ce que l’Onu a dit quand il a considéré que le sionisme est un mouvement raciste (en 1975). Quand l’Onu était encore l’Onu, quand les Arabes étaient encore des Arabes, les Nations unies considérèrent qu’Israël était un Etat sioniste, un Etat raciste. Aujourd’hui, du simple fait que l’Onu n’est qu’un des services parmi d’autres de l’administration américaine, elle n’est pas indépendante. Ils ont omis cette référence au sionisme en tant que mouvement raciste, mais cela ne pourra pas durer éternellement.

L’année dernière, le président de l’Assemblée générale de l’Onu a dit qu’Israël est un Etat raciste. Il a dit que le sionisme est un mouvement raciste. Alors, pourquoi la conférence de Durban II ne l’a-t-il pas dit ? Pourquoi l’Assemblée générale de l’Onu l’a dit, alors que Durban ne peut pas le dire ? Je pense que c’est du sabotage, c’est une distorsion de l’histoire, et je pense qu’en réalité, Israël a été mis à nu, en dépit de la protection que lui apportent certains pays occidentaux.

Silvia Cattori : Des organisations juives étaient présentes, en grand nombre, à Genève. Leurs militants ont fait beaucoup de chahut ; leurs accusations d’ « antisémitisme » et de « négationnisme » ont été largement reprises par les médias. Le Président de la Confédération helvétique, M. Hans-Rudolf Merz, avait eu une attitude très correcte et respectueuse durant la visite du président iranien. Mais la propagande sioniste a poussé notre ministre des Affaires étrangère, Mme Micheline Calmy-Rey, à changer d’avis ; elle a, en définitive, condamné en des termes très durs la déclaration de M. Ahmadinejad. N’est-ce pas là le signe que le lobby pro-israélien a réussi dans ses tentatives d’effrayer les personnalités politiques ?

Abdel Bari Atwan : Les médias ont terrorisés les personnalités politiques dans ce pays, la Suisse, et ils les ont terrorisés dans les pays d’Europe ; cela tient au fait que la plupart des médias sont contrôlés par le lobby israélien. Et c’est d’ailleurs le problème. C’est vrai, les médias sont coupables, mais je pense que cela ne sera pas éternellement le cas.. Ce chantage exercé sur les médias par les lobbies sionistes se sont avérés contreproductifs, en ce qui concerne l’Occident, parce que ces médias ont trompé la population.

Le système capitaliste est en train de s’effondrer ; pourquoi sommes-nous dans la panade, financièrement ? Tout simplement à cause de la guerre en Irak, à cause de la guerre en Afghanistan, à cause du soutien apporté aux agressions israéliennes au Liban et dans la bande de Gaza. L’Occident doit se réveiller et dire aux Israéliens : ça suffit ! Vous ne pouvez pas continuer, ainsi, à nous bousiller la vie. Israël est un fardeau moral et sécuritaire pour l’Occident, qui devrait s’en débarrasser au plus vite ; sinon, l’Occident devra acquitter un prix encre plus élevé, à l’avenir.

Silvia Cattori : Cela signifie-t-il que l’Etat israélien peut poursuivre son épuration ethnique et ses massacres de Palestiniens ?

Abdel Bari Atwan : Cela leur donne assurément un feu vert. En protégeant Israël contre toute condamnation, en occultant la responsabilité et les atrocités d’Israël, ses crimes, ses massacres contre les Palestiniens. Cela aura des conséquences désastreuses pour l’Occident, et cela encouragera Israël à commettre encore plus de massacres. Mais Israël est rattrapé par le temps ; il en va de même en ce qui concerne l’Occident. Il faut, comme l’on dit, qu’ils se réveillent, parce que le monde change, parce que le Moyen-Orient est en train de changer. Ils n’ont plus l’argent qu’ils avaient l’habitude d’avoir, il y a peu. Ils n’ont plus la foi qu’ils avaient naguère. Aujourd’hui, Israël et l’Occident ont besoin des Arabes, ils ont besoin des musulmans ; ils ont été vaincus en Iraq, et ils vont l’être en Afghanistan, et ils vont être battus en Palestine.

Le Président Bush a dit : « Mission accomplie ! », à propos de l’Irak… Et, aujourd’hui, que voit-on ? Obama cherche à se retirer aussi rapidement que possible afin de limiter les pertes. Bush avait clamé qu’il avait réussi à faire le boulot, en Afghanistan. Or, aujourd’hui, les Taliban contrôlent plus des neuf dixièmes de l’Afghanistan et ils sont en train de se chercher une voie leur permettant de sortir de Kaboul. De plus, aujourd’hui, ils n’ont plus d’argent, ils sont confrontés à des problèmes d’immigration à partir de l’Afrique, et leur système bancaire est en train de s’effondrer. Il faut qu’ils se réveillent, et la plupart de leurs problèmes proviennent de ces gouvernements qui sont contrôlés par les lobbies israéliens. Aussi doivent-ils ouvrir les yeux et dire aux dits lobbies : « Vous êtes en train de nous détruire, vous êtes en train de saper nos intérêts, et vous êtes en train de détruire Israël tel qu’il existe. Vous devez changer. Aussi, j’espère que ce message passera.

A Durban II, Israël n’a pas gagné. Il est inexact de dire, par ailleurs, qu’il aurait réussi à faire retomber la responsabilité de la désorganisation sur Ahmadinejad. Il y a quelqu’un, qui est en train de planquer la poussière sous le tapis. Ils s’acharnent à ne vouloir voir que leur propre visage dans le miroir. Ils croient à leurs propres bobards. Ils sont incapables de voir que le monde a fait preuve de beaucoup de sympathie à l’égard d’Ahmadinejad. Celui-ci a dit ce que beaucoup de gens auraient dû dire, lors de cette conférence.

Les médias sont en train d’y laisser des plumes. Ils ne sont plus aussi efficaces que par le passé. Ils n’ont plus leur contrôle habituel. CNN n’est plus l’unique chaîne de télévision d’ampleur planétaire. Reuters n’est plus la seule agence d’information dans le monde. Aujourd’hui, il y a d’autres sources médiatiques. Aujourd’hui, les médias se battent pour leur survie. Le rôle que les médias ont joué au service des intérêts sionistes n’est plus aussi efficace que par le passé. Il est peut-être encore important, mais moins qu’avant ; et il est en train de perdre petit à petit de son influence. L’Occident, lui aussi, est en train de perdre de son influence, graduellement, parce que, comme je l’ai dit, il y a des pouvoirs en train d’émerger, aujourd’hui. La Russie est de retour, l’Inde, le Brésil et la Chine sont en train d’émerger. Les Etats-Unis n’ont plus le contrôle total qui était le leur hier. Aussi tout cela va-t-il avoir des effets dévastateurs pour Israël et pour le racisme, à l’avenir.

Silvia Cattori : Dans son intervention, l’ambassadeur de Chine a critiqué ceux qui refusent de reconnaître leur responsabilité, ainsi que les « médias qui diffament les religions et les ethnies ». Les hommes politiques européens ne feraient-ils pas mieux de prendre en compte le fait que la Chine – et la Russie – pourraient être d’excellents partenaires, dans la création d’un monde multilatéral ?

Abdel Bari Atwan : Les Chinois y voient clair. Ils ne veulent pas d’affrontement avec les Américains ; ils ne veulent pas non plus d’affrontement avec les Israéliens, tant qu’ils n’auront pas consolidé leur propre puissance. Ils sont en train de bâtir leur économie, leur puissance militaire, leur place dans le monde et sur la scène internationale ; aussi veulent-ils éviter tout affrontement actuellement. Et ils savent que les Etats-Unis sont en train de perdre leur puissance, progressivement. Aussi sont-ils en train d’attendre que le fruit pourri américain tombe dans leur giron. S’ils recourent au langage diplomatique, aujourd’hui, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas dans leur intérêt d’avoir une confrontation avec les Etats-Unis.








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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 16:46


http://www.alencontre.org/print/DeclGauchAntiCap04_09.html

Conférence de la Gauche anticapitaliste européenne

«Ce n’est pas aux peuples et aux travailleurs
de payer la crise, mais aux capitalistes !»

Déclaration adoptée le 3 avril 2009 à Strasbourg

Les prochaines élections européennes auront lieu dans la pire situation de crise qu’ait connue le capitalisme depuis 1929. Économique, sociale, financière, bancaire, alimentaire, climatique, il s’agit d’une crise globale, généralisée.

Une fois de plus, les classes dominantes veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux peuples. Les gouvernements ont donné des centaines de milliards aux banques, mais en même temps des millions de licenciements s’abattent sur les salariés. Le chômage explose. Le pouvoir d’achat des salariés baisse. Les destructions des services publics continuent.

«Ce n’est pas aux peuples et aux travailleurs de payer la crise, mais aux capitalistes !»

Cette politique des institutions de l’Union Européenne a été rejetée par le vote «Non» de France, des Pays-Bas et d’Irlande.

Nous rejetons les plans des gouvernements de l’UE qui sauvent les banques et pas les peuples.

Nous proposons un plan d’urgence social et démocratique:

Pas de licenciements ! Un emploi stable et garanti avec un salaire décent pour toutes et tous !

Pour une augmentation des salaires et des revenus des travailleurs, sans emploi et retraités de chaque pays d’Europe !

Harmonisation des droits sociaux vers le haut dans toute l’Europe: salaire minimum, réduction du temps de travail sans perte de salaire, retraites et sécurité sociale ! Pour une coopération européenne dans le développement de la protection sociale des chômeurs, des pauvres et des retraités !

Pour la défense et l’extension des services publics, à l’échelle de toute l’Europe, d’un système public de santé garantissant l’égalité d’accès aux soins, d’un service public d’éducation assurant le retrait des réformes de Bologne !

Pas de financements des déficits et faillites bancaires, pour la création d’un système bancaire et financier public unifié sous un contrôle public et populaire ! Pour l’éradication des paradis fiscaux ! Les pays d’Europe doivent donner l’exemple en liquidant les paradis fiscaux localisés sur leur territoire qui couvrent les deux tiers des transactions de l’ensemble des paradis fiscaux à l’échelle internationale !

Pour l’annulation de la dette du tiers monde !

Pour la défense des sans papiers et l’égalité des droits de tous les résidents en Europe, «nationaux» ou originaires d’un pays étranger ! Pour la régularisation des sans papiers !

Pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ! Pour les droits des femmes, le droit à l’avortement libre et gratuit !

Pour les droits des LGBT et l’égalité droits pour les couples hétérosexuels et homosexuels !

Pour une Europe écologique, pour lutter efficacement contre le changement climatique, il faut un service public de la production et la distribution de l’énergie sous le contrôle des salariés et des consommateurs et développer des services publics des transports et du logement !

Pour l’annulation de toutes les lois antiterroristes et de toutes les procédures d’exception !

Non à la guerre ! Dissolution de l’OTAN et de toutes les instances militaristes européennes ! Retrait des troupes étrangères d’Irak et d’Afghanistan. Retrait de l’armée israélienne de Cisjordanie ! Fin du blocus de Gaza ! Reconnaissance de tous les droits nationaux du peuple palestinien !

Dans ces conditions, et en tenant compte des particularités de chaque pays, nous nous engageons à construire une opposition coordonnée et unitaire contre les attaques patronales et gouvernementales et en même temps à créer les conditions d’une alternative politique et d’un pôle anticapitaliste qui s’appuie sur les mobilisations populaires, défende une Europe au service des travailleurs et des peuples, et refuse tout soutien ou participation à des gouvernements avec le social libéralisme des partis sociaux-démocrates ou du centre gauche.

Il s’agit en effet de rompre avec le capitalisme et sa logique. Dans ce sens, la gauche anticapitaliste européenne inscrit ces objectifs dans la perspective d’une lutte pour un socialisme du 21e siècle, reprenant le débat sur les questions d’une nouvelle répartition des richesses, de la propriété et de la démocratie.

C’est sur cette base, et au-delà des possibilités et des choix de chaque organisation, que nous comptons intervenir, pour défendre nos propositions politiques, lors des prochaines élections européennes.

Signataires:

Allemagne: Internationale Sozialistische Linke (Gauche socialiste internationale), Revolutionär Sozialisticher Bund (Ligue révolutionnaire socialiste) – Angleterre et Pays de Galles: Socialist Party (Parti socialiste) – Belgique: Ligue communiste révolutionnaire, Parti socialiste de lutte – Écosse: Scottish Socialist Party (Parti socialiste écossais) – État Espagnol: Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste) – France: Nouveau Parti Anticapitaliste – Grande Bretagne: Socialist Workers Party (Parti socialiste des travailleurs) – Grèce:  Antarsia (Coalition anticapitaliste), et les organisations DEA, KEDA, KOE, Kokkino, Roza, Xekinima de Syriza (Coalition de la gauche radicale) – Italie: Sinistra critica (Gauche critique) – Pologne: Polska Partia Pracy (Parti polonais du travail) – Portugal: Bloco de Esquerda  (Bloc de gauche) – Suède: Socialistiska Partiet (Parti socialiste) – Suisse: Gauche Anticapitaliste, Mouvement pour le Socialisme (MPS), solidaritéS.

L’Interventionistische Linke (Gauche interventionniste) d’Allemagne et le POR d’Espagne n’ont pu participer à la réunion et ont envoyé des messages de solidarité.


A l'encontre, case postale 120, 1000 Lausanne 20
administration@alencontre.org Soutien: ccp 10-25669-5
   


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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 16:37


La fortune cachée du fils de Mahmoud Abbas

 

www.voltairenet.org

L’opinion publique palestinienne a vivement réagi à l’entretien accordé par Yasser Abbas au magazine économique de Dubai, Al-Aswak.net.

Yasser Abbas est le fils de Mahmoud Abbas (Premier ministre de l’Autorité palestinienne en 2003, puis président du 15 janvier 2005 au 9 janvier 2009). Il serait aujourd’hui la principale fortune de Palestine. Selon ses déclarations, il aurait commencé à faire des affaires en 1996, c’est-à-dire après que son père eut négocié et signé les Accords d’Oslo, mais avant qu’il ne devienne Premier ministre.

Il aurait débuté en obtenant le monopole d’importation de cigarettes états-uniennes (Kent, Lucky, etc.) au titre de sa société Falcon Tobacco. Puis, il aurait créé diverses sociétés d’import-export au sein du Falcon Trading Group. Ses activités actuelles lui rapporteraient environ 35 millions de dollars par an (soit 12 000 fois le salaire moyen dans les Territoires occupés).

Sans remettre en cause les talents de M. Abbas Junior, force est de constater que sa fortune provient de l’attribution d’une licence exclusive des cigarettes de British American Tobacco et de l’attribution de licences d’import-export par le gouvernement israélien. Yasser Abbas n’ayant rendu aucun service aux autorités états-uniennes et israéliennes, la question se pose donc de savoir si ces licences —et par voie de conséquence sa fortune— ne sont pas une rétribution indirecte de l’action de son père au service de Washington et de Tel-Aviv.

Au passage rappelons que le mandat présidentiel de Mahmous Abbas s’est terminé le 9 janvier 2009. En l’absence d’élections et selon les dispositions de la Constitution palestinienne, le président de l’Assemblée, Abdel Aziz Duwaik, assure l’intérim. Cependant, M. Abdel Aziz Duwaik ayant été enlevé par les Israéliens, le 6 août 2006, et étant retenu prisonnier, M. Abbas père a appliqué des dispositions constitutionnelles conservatoires et a prorogé lui-même son mandat d’un an.

Sans remettre en cause les talents de M. Abbas Senior, force est de constater qu’il est aujourd’hui président de l’Autorité palestinienne non par la volonté de son peuple, mais par une manœuvre des autorités israéliennes.

Dans le même entretien, Yasser Abbas a également déclaré que la majorité des hommes d’affaires palestiniens, y compris lui-même, collaboraient avec les Israéliens.




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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 16:31


Le Congrès des syndicats écossais, actuellement réunis à Perth, vient d´adopter la motion concernant le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) à l´encontre d´Israël.

C´est à une écrasante majorité de votes à mains levées que le Congrès des Syndicats Ecossais (Scottish Trade Union Congress STUC), vient de voter ce mercredi cette motion BDS.

Elle a été proposée aux votes par une délégation du syndicat qui s´était rendue en Palestine récemment.

Une décision importante, qui suit celle du congrès des syndicats irlandais qui avaient adopté cette motion dès 2007, et qui devance, espère-t-on, celle du Congrès des Syndicats Britanniques (TUC) qui doit se réunir prochainement.

Une progression inexorable de la prise de conscience de la société civile sur la menace que fait peser Israël sur le peuple palestinien et sur le droit en général.
 
www.europalestine.com  



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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 20:35


Chrysler décide de se déclarer en faillite (Associated Press)

Fin du suspense pour Chrysler. Le constructeur automobile américain devait demander jeudi la protection de la loi sur les faillites après la rupture de négociations avec des créanciers, à la veille de l'échéance fixée par Washington pour la présentation d'un plan de restructuration.

Chrysler devait déposer sa demande à New York jeudi et pourra bénéficier d'une aide publique, jusqu'à 8 milliards de dollars (6 milliards d'euros), pour se restructurer, ont précisé des responsables de l'administration Obama. Le constructeur ne resterait sous la protection de la loi sur les faillites que 60 jours, ce qui lui laissera le temps de finaliser un accord de partenariat avec Fiat.

Chrysler peut poursuivre ses activités pendant cette période. Le constructeur, qui emploie 54.000 personnes, a toutefois annoncé une suspension temporaire de sa production à partir de lundi dans le cadre de sa restructuration.

"Personne ne doit se méprendre sur le sens" de cette procédure de faillite, a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche. "Ce n'est pas un signe de faiblesse mais plutôt un pas supplémentaire" sur la voie de "la renaissance de Chrysler". "Pendant trop longtemps", a souligné le président américain, "Chrysler a avancé trop lentement pour s'adapter (...), concevant et construisant des voitures qui étaient moins populaires, moins fiables et moins économes en carburant que ses concurrents étrangers."

L'administration Obama a longtemps eu l'espoir d'éviter une faillite pour Chrysler, mais elle a dû se rendre à l'évidence après l'échec dans la nuit de mercredi à jeudi des négociations entre des créanciers du constructeur et le Trésor américain sur la réduction de la dette de 6,9 milliards de dollars (5,1 milliards d'euros) de la firme. Le règlement de cette dette était une condition nécessaire pour que Chrysler présente un plan de restructuration avant l'expiration de l'échéance qui lui avait été fixée à jeudi soir.

Le déclenchement de la procédure de faillite ne signifie pas que le troisième constructeur automobile américain va fermer. Chrysler devait même signer sans doute jeudi un partenariat avec l'Italien Fiat dans le cadre de sa restructuration. Son placement sous la protection de la loi sur les faillites devrait permettre à un juge de décider du montant des sommes que les créanciers de la firme peuvent obtenir.

Le département du Trésor avait mis les bouchées doubles depuis une semaine pour tenter de lever les principaux obstacles empêchant Chrysler d'élaborer un plan viable pour survivre à la grave crise qui ravage le secteur automobile américain.

Outre le partenariat avec Fiat, le syndicat des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) a donné son aval à un accord visant à réduire les coûts. Le Trésor avait de son côté conclu un accord avec quatre banques détenant la majorité de la dette de Chrysler, en échange de 2 milliards de dollars.

Il fallait toutefois qu'une quarantaine de fonds spéculatifs (hedge funds) détenant environ 30% de la dette du constructeur adhèrent à cet arrangement pour qu'il soit valable. Ces créanciers rejeté la proposition, à leurs yeux insuffisante.

Selon une source proche des discussions, la plupart des fonds spéculatifs ont estimé qu'ils obtiendraient davantage d'argent si Chrysler se déclarait en faillite. Dans ce cas, une partie des actifs du groupe seraient vendus pour rembourser les créanciers. M. Obama a critiqué jeudi l'attitude de ces fonds spéculatifs, exprimant sa réprobation lors de son intervention à la Maison Blanche.

Tout en demandant la protection de la loi sur les faillites, Chrysler peut poursuivre ses activités. Le gouvernement américain a d'ores et déjà promis de se porter garant des engagements du constructeur envers ses clients.

Le groupe de travail sur l'industrie automobile mis en place par Barack Obama avait rejeté en mars un plan de restructuration de Chrysler, et lui avait donné 30 jours pour revoir sa copie et y intégrer un partenariat avec Fiat. L'entreprise a déjà reçu 4 milliards de dollars (3 milliards d'euros) de prêts à l'Etat américain mais a besoin de davantage de fonds pour continuer ses opérations.

Autre géant de l'industrie automobile américaine en difficulté, General Motors travaille sur son propre plan de restructuration. Les détenteurs d'obligations de GM ont réclamé jeudi une part majoritaire dans l'entreprise une fois restructurée en contrepartie de la renonciation à 27 milliards de dollars (20 milliards d'euros) de dettes dues par le constructeur. GM a jusqu'au 1er juin pour mettre sur pied un plan de restructuration. AP




 

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 20:24


http://www.robertbibeau.ca/palestine/NPACommuniquepresse.doc

Analyse et point de vue

Par Chérif BOUDELAL - 28 avril 2009

Un parti politique français appelle à boycotter Israël, du jamais vu !
Enfin, Israël sur le banc des accusés en France, dénoncé par un parti politique : le « Nouveau Parti Anticapitaliste-NPA » qui appelle les Français à le boycotter, et il dit non à l’impunité des criminels israéliens. Une lueur d’espoir pour libérer les esprits dans un monde muselé, pour faire triompher la vérité longtemps bafouée dans le pays des droits de l’Homme. Une vérité qui sera au service de la paix pour le bien de l’humanité.

Pour la première fois un parti politique en France ose dire publiquement non à l’impunité d’Israël, non au soutien du gouvernement français à Israël au nom du peuple français. Il dit non au silence complice qui a très longtemps régné en maître sur la seine politique française. Et de plus il inclut dans sa campagne électorale pour les européennes du 7 juin 2009, l’appel au boycotte d’Israël ! Une première qui pourra faire des petits ! Un tabou est déjà fissuré, il convient de le briser carrément pour libérer les esprits et les langues qui pourront désormais critiquer même le sionisme qui constitue les poumons et l’oxygène d’Israël.

Cette année 2009 se révèle prometteuse. D’abord par la fin de l’apartheid maquillé aux USA ; ensuite par la continuité du processus de l’émancipation des pays de l’Amérique latine ; et puis par la déchéance morale des dirigeants israéliens et la dérive de leur armée à Gaza, après la claque magistrale qu’elle a subie au Liban sous les coups de boutoir de la Résistance libanaise. Avec ce commencement de la délivrance de la France du joug sioniste, nous pouvons espérer que le monde est sur la bonne voie pour se libérer de tous ses tyrans.

Fondé par des militants éclairés qui défendent toutes les justes causes en France et dans le monde, le NPA est formé essentiellement par les anciens militants de la LCR, dissoute en juin 2008, et d’un grand nombre de militants venant des partis dits de gauche. Lassés par la bureaucratie ankylosée de leurs ex partis qui n’arrivent pas à évoluer dans le temps, ils ont préféré se rallier au nouveau parti qui leur promet la construction d’un monde nouveau dont le but est d’œuvrer pour le bien-être des Français et au-delà, pour l’humanité en promouvant la paix et la fraternité entre les peuples. Le NPA donne l’espoir aux laissés pour compte de France, de pouvoir défendre leurs droits face à un capitalisme sauvage qui a mené les économies du monde à la dérive et affamé des peuples entiers, mais aussi de s’émanciper sur le plan politique.

Désormais les Français se sentiront libres de critiquer Israël et le sionisme, chose considérée jusque-là comme une ligne rouge à ne pas dépasser. Les militants du NPA ont déjà dépassé ce stade, et leur exemple ouvre sans doute le chemin de l’émancipation devant tous des militants des autres partis politiques et de simples citoyens dans l’esprit desquels on a perpétué la culpabilité d’« antisémite », voire de collabos, pour mieux les museler. C’est un premier pas en avant qui « autorisera » les Français de débattre de la question et connaître le vrai visage du sionisme qui agit de l’intérieur de leurs institutions et soutient aveuglement l’Etat d’Israël en leur nom.

C’est grâce aux lobbies sionistes qu’Israël bénéficie d’un statut unique au monde lui permettant de commettre les pires des crimes qu’il veut sans être inquiété. Par leur soutien à cet Etat colonisateur, génocidaire et raciste, les sionistes occidentaux encouragent la guerre contre le peuple palestinien en empêchant ainsi ses enfants de naître, de grandir et de vivre en paix, alors qu’eux et leurs familles vivent loin du conflit, en paix et dans le confort. Ce sont les commanditaires des crimes à distance. La liberté d’expression au sujet du sionisme et d’Israël est officiellement lancée à travers le NPA.

Un communautarisme international qui ne dit pas son nom

Alors que le sionisme constitue un communautarisme international qui n’a rien d’égal au monde, disposant d’influence illimitée, bâillonnant les peuples et leurs dirigeants, personne ne peut le dénoncer sans être accusé d’antisémite et/ou traîné devant les tribunaux. L’antisémitisme est une arme idéologique du sionisme qui consiste à intimider les gens et les obliger à se taire sur les crimes d’Israël. D’où l’intouchabilité de cet Etat de l’apartheid qui n’a jamais été sanctionné malgré les pires des crimes qu’il a commis contre les Palestiniens et les Libanais. Aucun des partis politiques français ne l’a jamais condamné ni appelé à le sanctionner pour ses crimes, même pas après les derniers massacres des habitants de Gaza, en sachant que ses armées ont utilisé des armes interdites tel le phosphor blanc, entre autres, qui brûle les gens vivants ! Les citoyens français peuvent désormais s’exprimer au sujet de ces deux entités sans avoir peur d’être accusées de toutes les ignominies par les philos sionistes sans scrupule. Ils pourront même les traîner devant les tribunaux pour avoir fait l’apologie du crime.

Ceci dit, la voie est désormais ouverte aux sans voix pour exprimer leurs points de vue sans être accusé d’antisémite par les ennemis de la paix qui sautent au cou de quiconque ose critiquer Israël. Bien qu’en France le mot sioniste est encore tabou, contrairement aux USA, son influence est ressentie tous les jours à travers le CRIF et ses acolytes dont les manifestations sont médiatisée à outrance, y compris pour faire l’apologie du crime. Aux USA, même quand on critique le capitalisme on est taxé d’antisémite car le lobby sioniste s’estime le détenteur de l’économie US (voir le livre de Finkelstein « L’industrie de l’holocauste »). Et ce n’est pas faux. Quand on pense que ce lobby à lui seul déverse sur Israël des dizaines de milliards de dollars par an pour financer la construction des colonies, on ne peut que le croire.

Le grand musicien juif d’origine russe, Yehudi Menuhin - qui a été boycotté par les lobbies sionistes mondiaux 25 ans durant parce qu’il était contre la politique de l’Etat d’Israël et le sionisme - a dit, en s’adressant aux dirigeants israéliens, ceci : « celui qui tue par le glaive mourra par le glaive ». Le glaive qui tuera le sionisme, dans notre cas, sera la vérité. Dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, c’est éclairer les peuples manipulés pour mettre fin à la tromperie d’Israël et du sionisme, car ils ne seront plus crédibles auprès de ces peuples.

Les damnés de France émancipez-vous !

Avec l’officialisation de la politique libératrice lancée par le NPA, un espoir est apparu aux citoyens français d’origine arabo-musulmane, entre autres ; ils y trouveront leur place pour mener leur combat sur tous les fronts de la démocratie. Non pas pour jouer le rôle de l’« arabe de service » mais pour jouer pleinement leur rôle en tant que citoyen à part entière en son sein. En tout cas ce parti a l’air d’être la voix des sans voix. Sera-t-il l’avant-garde pour la délivrance des damnés de France ? Espérons-le. Mais cela ne dépend pas que de lui, cela dépendra surtout des masses concernées car le parti n’est qu’un outil qu’il convient d’utiliser pour servir l’intérêt général de la société, dont l’intérêt de chacun en dépend.

Pour la communauté arabo-musulmane de France, la lutte contre le sionisme et l’extrême droite est une question de survie. Paradoxalement, l’intérêt de ces deux mouvements réside dan la marginalisation de la communauté arabo-musulmane et vice versa. L’émancipation de celle-ci signifie leur disparition à jamais de la seine politique française. Ceci dit, c’est à cette communauté d’en saisir l’occasion pour s’émanciper en se servant de la démocratie et des droits que la République française leur offre encore.

Tout commencement a une fin

Le sionisme et l’Etat d’Israël, en tant qu’idéologie et institutions basées sur le racisme et la domination des autres, mourront comme le poisson sans eau lorsque les peuples sauront la vérité et connaîtront leur vraie nature. En connaissant la vérité ils les boycotteront sur tous les plans et dans tous les domaines de la vie, aussi bien sur le plan économique, professionnel, médiatique qu’électoral, car ce sont ces moyens et institutions qui leur donnent le rapport de force. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’Israël sera obligé d’accepter de faire la paix avec les Palestiniens et tous les peuples de la région du Moyen-Orient. Et ce n’est qu’à ce moment-là que le monde pourra prétendre vivre en paix. Car les sionistes n’auront plus la possibilité d’inventer le terrorisme, de provoquer les guerres entre les Etats et attiser la haine entre les peuples.

En tant que président de l’association « L’Immigration Repère et Citoyenneté », et vice-président du Collectif « Paix Comme Palestine », je lance un appel solennel à tous ceux qui souhaitent voir la Justice et la Paix se réaliser en France et dans le monde, avec toute leur diversité, de s’investir dans ce parti–espoir, le NPA qui œuvre pour une seule justice pour tous et pour la paix. Les premiers bénéficiaires de cette paix seront d’abord les Palestiniens qui souffrent depuis 62 ans des affres de l’enfant monstre né du sionisme mondial, qui se nomme « Etat d’Israël ».

Les seconds bénéficiaires seront les Juifs du monde entier qui souffrent, eux, indirectement, des crimes commis cet Etat en leurs noms. Ensuite tous les peuples du monde en bénéficieront aussi, puisqu’ils pourront vivre en paix sans être éternellement culpabilisés. Si le sionisme a vécu si longtemps grâce aux mensonges et à ses armes idéologiques (l’exploitation de la shoah et de l’antisémitisme notamment), sa fin sera inscrite dans l’Histoire grâce à la vérité et au courage de ceux qui la répandront. Car, rien n’est éternel dans ce monde. Tout commencement a une fin, et l’Etat d’Israël et le sionisme ne feront pas l’exception.

Chérif BOUDELAL

Président de l’association « L’Immigration Repère et Citoyenneté », et vice-président du Collectif « Paix Comme Palestine » - France



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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 20:08

http://www.socialisme-maintenant.org/


Une nouvelle « déclaration unitaire », la lettre d'un militant NPA à son comité

Quelques remarques rapides concernant la « déclaration unitaire PS-PCF-PG-NPA-etc. du 25.4 relative au I° mai et explicitant pourquoi je suis en désaccord avec son contenu....

« pour un grand 1er mai de convergence des luttes ! Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c'est un 1er mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu'il n'y en a eu le 19 mars. »

La question de l’unité de toutes les organisations syndicales est essentielle : les travailleurs savent que divisés ils seront vaincus. C'est pourquoi il veulent l'unité de leurs organisations. C'est aussi pourquoi nous attachons une telle importance à l'expérience du LKP guadeloupéen, front anti-gouvernemental regroupant partis, syndicats et associations et unissant les travailleurs de l'île face à l'État et aux capitalistes.

Mais est-cela dont-il s'agit dans le cas de l'intersyndicale CGT-FO-SUD-CFDT-CFTC-CGC-UNSA-FSU ? Comment confondre l'aspiration au Front Unique de classe avec la politique dite du « syndicalisme rassemblé » chère à la direction cégétiste ?

Sous prétexte d'unité entre appareils syndicaux, on aboutit dans ce cas à la soumission à des organisations signataires depuis des années de tous les accords de régression sociale et dont personne n'ignore qu'elle s'opposent à la moindre remise en cause du gouvernement Sarkozy.

Dans son rapport au CCN de la CGT (I° avril 2009), B. Thibault expliquait : « nous ne prendrons pas le risque de donner un prétexte à ce que la CGT apparaisse comme cherchant à se distinguer de ce qu'a décidé l'intersyndicale ». Voilà qui illustre clairement le rôle de cette « unité ».

Et pour que les choses soient claires, Thibault précise même que pour lui, la mise en place de l'intersyndicale procède d'une autre stratégie que celle qui a abouti à la constitution du LKP guadeloupéen, La différence serait que dans le cas français, il n'est pas question de « politiser » l'action, de remettre en cause Sarkozy et son gouvernement... Aurions-nous vraiment à nous féliciter d'une telle « Unité » ?

« Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l'emploi et le refus des licenciements sont à l’origine de conflits de plus en plus nombreux. Des secteurs comme l'université et l'éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D'autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l’efficacité. »

La déclaration masque là les vraies questions. Depuis, le 29 janvier, la classe ouvrière, la jeunesse, dans leurs profondeurs, ont exprimé leur rejet de la politique sarkozyste et patronale. C'est ce qui met à l'ordre du jour le combat pour chasser le gouvernement Sarkozy-UMP, pour un gouvernement des travailleurs.

Encore une fois, dans ce contexte, les directions syndicales ont mis en place toute une organisation visant à éviter que n'affleure cette question. La succession de journées d'action – soigneusement espacées pour éviter tout « dérapage » - fait partie de cette stratégie. Qui pouvait d'ailleurs croire une seconde que ces journées soient en mesure d'aboutir ne serait-ce qu'à un recul du gouvernement ? Le 1° mai n'est donc pas, comme c'est écrit, « une étape supplémentaire » dans la voie de l'action contre Sarkozy et le patronat » mais au contraire un obstacle de plus dans la voie du « Tous ensemble », de la nécessaire grève générale pour défaire ce gouvernement.

Une chose est donc de participer à des journées telles que le 1° mai, autre chose est – comme le fait la déclaration – d'en assumer la coresponsabilité politique.

« Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d'entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. »

Endosser la plate-forme intersyndicale du 5/1 est tout à fait révélateur des objectifs de ceux qui ont élaboré cette déclaration.

Comme on s'en doute, cette plate-forme ne disait rien concernant notre revendication d’interdiction des licenciements (autrement dit : elle y était opposée, comme l'a fait savoir la direction CGT à plusieurs reprises). Cette présente déclaration PCF-PS-NPA-PG... est d'ailleurs de la même eau : il y est question « d'opposition » (pas d'interdiction) aux licenciements...

A propos du chômage partiel, la plate-forme indiquait : « Les entreprises confrontées aux baisses d'activité utilisent des mesures de sauvegarde d'emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés... Toutes ces mesures doivent être négociées (...). ». Bref, pas question de s'opposer au chômage partiel.... Tout au plus, était-il revendiqué que leur indemnisation soit améliorée....

Pour le pouvoir d'achat, la plate-forme consacrait l'abandon de la revendication de rattrapage du pouvoir d'achat perdu depuis des années : « Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités ».

« Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux. » Autrement dit, les signataires endossent la politique sarkozyste de « réduction du coût du travail ». Tout au plus serait-il question de l'amender.

Concernant la Fonction Publique, ce document indiquait « face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en œuvre des réformes porteuses de progrès social ». En d'autres termes, l'abandon de la RGPP et de ce qui va avec (suppressions de postes, redéploiements...) n'est pas revendiqué. Évidemment, pas un mot sur les contre-réformes sarkozystes (Santé, Enseignement...).

On pourrait multiplier les exemples pour démontrer l'évidence, à savoir que la plate-forme intersyndicale ne reprend pas les revendications ouvrières.

« Le gouvernement loin d’apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise et s'enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d’arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l’exigence d’autres choix de justice et de solidarité. »

Le gouvernement ne peut pas « apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise » , il ne peut que « laisser faire les plans de licenciement », que « mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise ». La seule façon de mettre un coup d’arrêt à la politique sarkozyste, c’est d’exiger son départ.

C'est très exactement l'inverse qui est contenu dans cette déclaration. « Mettre un coup d'arrêt » à la politique de Sarkozy, c'est bien tenter d'amender celle-ci, se situer dans la perspective de la continuation de son mandat jusqu'en 2012 – ce qui est la politique de la majorité des organisations signataires, du PS, du PCF ou du PG.

« La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n’a fait que conforter les choix qui sont à l’origine même de la crise. Aucun des mécanismes d'accumulation financière à l’origine de celle-ci n'est mis en cause, l’essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes. »

Non, la crise ne trouve pas sa racine dans les mécanisme d'accumulation financière comme le disent les anti-libéraux. Elle a son origine dans les contradictions propres au capitalisme, comme l'ont établi les marxistes. L'essentiel est que se situer sur le terrain du « contrôle de la finance », c'est se situer sur celui de Sarkozy - il ne cesse lui-même d'en appeler à la mise en place d'un capitalisme « assaini » (le fait que ce soit réaliste est une autre question). « Nos organisations, comme elles l'ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés des salarié e s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires. » En bref, les signataires s'engagent à soutenir les initiatives mises en place par les directions syndicales, encore une fois pour éviter l'embrasement social. Le NPA n'avait -il pas mieux à faire que de signer une telle déclaration ?

Il me semble que c'est clair : le NPA s'est une fois de plus fourvoyé en signant une déclaration de ce type. Il n'y a pas de mystère : ce texte se situe sur l'orientation des directions syndicales – on ne peut d'ailleurs attendre rien d'autre d'un texte porté par des parti comme le PCF ou le PS. Pourtant, à l'opposé de l'orientation de cette déclaration, Olivier Besancenot vient de faire la proposition d’une manifestation nationale de tous les licenciés, à l'appel de toutes les organisations du mouvement ouvrier (partis, syndicats, associations...). La proposition a incontestablement son intérêt, encore faut-il préciser l'objectif d'une telle manifestation, à savoir exiger l’ interdiction des licenciements, l’ arrêt des suppressions de postes dans la Fonction Publique, le retrait des « réformes » Sarkozy (Université, Santé, etc.) et pour dire haut et fort  dehors le gouvernement Sarkozy et l'UMP, pour un gouvernement des travailleurs . Quant à nous, nous avons les plus larges possibilités politiques en défendant cette orientation partout où c'est possible – dans les quartiers, les entreprises, au sein du mouvement syndical, etc. Discutons-en !



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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:14

Communiqué de presse

Salah Hamouri sera fait citoyen d’honneur de la ville de Grigny (69520) le 16 mai 2009.

lundi 20 avril 2009 par René Balme

http://www.rene-balme.org/24h00/spip.php?article1222

Le jeune franco-palestinien, Salah Hamouri, est condamné, sans preuve ni témoin à purger une peine de 7 ans de prison en Israël pour « délit d’intention » d’attentat. Face au silence assourdissant des politiques et des médias français, estimant de notre devoir, en qualité de défenseurs des Droits de l’Homme partout dans le monde, de contribuer à la mobilisation pour obtenir la libération et le retour en Palestine de notre compatriote, la municipalité décide de déclarer Salah Hamouri Citoyen d’honneur de Grigny.

Salah a été arrêté le 13 mars 2005 alors qu’il se rendait à Ramallah. Il a été emmené à la prison de Moskobiah à Jérusalem. Il y est resté 3 mois, en isolement et en interrogatoire. Un mois après son arrestation, sa famille a appris par la presse qu’il était accusé d’avoir comploté avec 2 autres jeunes contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux d’extrême droite Shas, au motif qu’ils étaient passés en voiture devant le domicile de celui-ci. A cela s’ajoute la présomption de l’appartenance de Salah à un mouvement de jeunesse réputée proche du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), dont Salah n’a jamais été membre. Un « délit d’intention » a été ainsi constitué par le tribunal militaire. Salah a ensuite été transféré à la prison de Beersheba où il est resté un an et demi. Il a ensuite été transféré au centre de Hadarim, puis à Rimonim. Le 17 avril 2008, après trois ans d’emprisonnement au cours desquels une vingtaine d’audiences ont fait l’objet de reports successifs faute de témoins et/ou d’éléments de preuve permettant d’établir sa culpabilité, Salah a été condamné par le tribunal militaire israélien d’Ofer (situé dans les Territoires palestiniens illégalement occupés) à 7 ans de prison pour « complot et appartenance aux jeunesses du FPLP », et ce à la suite d’une procédure de compromis. Salah a été contraint d’accepter ce compromis, sur les conseils de son avocate israélienne, Me Léa Tsemel : les termes du compromis étant, en effet, « soit vous acceptez 7 ans, soit ce sera pire ». Depuis, Salah a fait l’objet d’un nouveau transfert, et se trouve à la prison de Gilboa au Nord d’Israël. Selon les termes du jugement il sera libérable le 21 novembre 2011.

Malgré un fort mouvement d’opinion, malgré toutes les démarches effectuées auprès des autorités concernées, Salah Hamouri est toujours en prison et le silence demeure autour de sa situation. La municipalité de Grigny attribuera le titre de citoyen d’honneur à Salah Hamouri, samedi 16 mai 2009, à 10h30, à l’Hôtel de Ville en présence de sa maman, de représentants de son comité de soutien, de nombreux démocrates et de défenseurs des droits de l’homme et de nombreuses personnalités.

René Balme
Maire de Grigny (Rhône)
Le 20 avril 2009


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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 20:57


ELECTIONS EUROPEENNES : RAOUL JENNAR, UN CANDIDAT QUI N’A PAS PEUR DU MOT BOYCOTT

www.europalestine.com

Le candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) pour la circonscription du Sud-Est a commencé sa campagne cette semaine, et nous avons le plaisir de constater qu’il ne craint pas d’exposer des positions claires concernant la Palestine, dans le manifeste de 4 pages qu’il diffuse, ainsi que dans ses meetings qui ont démarré lundi. Lire l’interview ci-dessous.

EuroPalestine : Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous a amené à "faire de la politique" et à rejoindre le NPA ?

Raoul JENNAR : Pour les gens de ma génération et de mon milieu, baignés dans les récits de la Résistance au fascisme, s’engager était quasiment un devoir moral. Je milite depuis l’âge de 14 ans pour des causes diverses : droits humains fondamentaux, laïcité (une laïcité qui rassemble et non une laïcité qui exclut), égalité hommes-femmes, droit à la contraception et à l’avortement, justice sociale, défense de l’environnement comme on disait avant de parler d’écologie, droit des peuples à leur souveraineté, solidarité avec les peuples victimes de l’impérialisme occidental. Je l’ai fait par mes écrits et mon implication dans des activités diverses. Depuis une dizaine d’années, je me suis beaucoup impliqué dans les questions liées à la mondialisation néolibérale, forme présente du capitalisme. Sur le conseil du regretté Pierre Bourdieu, un grand ami du peuple palestinien, j’ai été amené à étudier le rôle de l’Union européenne. Et ensuite à m’impliquer dans le débat sur le traité constitutionnel et à m’y opposer. J’ai fait 132 conférences sur le sujet et j’ai publié deux livres, ce qui a fait de moi, je crois, un bon connaisseur des questions européennes. J’ai ressenti à cette occasion le besoin de donner un prolongement politique à mes actions militantes. J’ai saisi l’occasion fournie par la LCR quand elle a décidé de se dissoudre pour créer un rassemblement anticapitaliste plus vaste, qui accorde une égale importance à la question écologique et à la question sociale, dont le capitalisme est la cause unique. J’ai participé au processus de création du NPA et me suis retrouvé membre de ses organes dirigeants. Je suis candidat tête de liste du NPA dans la circonscription du sud-est (Rhôlne-Alpes/PACA/Corse).

EuroPalestine : Le parlement européen n’a pas de pouvoir exécutif. A plusieurs reprises, ses votes ont été désavoués par les gouvernements européens. Ainsi en avril 2002, une majorité de parlementaires européens a voté la suspension de l’accord économique entre l’Europe et Israël qui donne de gros privilèges à ce dernier. Mais les gouvernements européens n’en n’ont pas tenu compte et se sont assis sur ce vote. Si vous êtes élu, ainsi que d’autres militants du NPA que ferez vous pour que cette situation change ?

Raoul JENNAR : Un parlement n’a jamais de pouvoirs exécutifs. Par contre, dans une vraie démocratie, une résolution du parlement peut avoir un effet contraignant à l’égard du pouvoir exécutif. Ce n’est pas le cas du Parlement européen. Les textes adoptés par ce dernier en matière de relations internationales n’ont valeur que d’avis. Pour changer cette situation, il faut changer les traités européens existants. Le NPA réclame l’abrogation des traités existants afin de permettre à une assemblée élue par les peuples qui le voudront de rédiger un nouveau traité créant une Europe démocratique, sociale, écologique et solidaire des peuples du monde. Si je suis élu, je dénoncerai les politiques actuelles qui nient les droits du peuple palestinien et qui sont complices des souffrances qui lui sont infligées par l’Etat hébreu. L’Union européenne ne se dédouane pas de ses responsabilités en donnant de l’argent à un peuple qu’elle contribue à maintenir dans l’occupation, la colonisation et la servitude.

EuroPalestine : Vous avez mis clairement la Palestine en avant dans votre programme, comme un des sujets importants de votre campagne électorale. C’est la première fois que le NPA (ex-LCR) le fait. Cela n’avait été le cas ni lors des précédentes élections européennes en 2004, ni lors des présidentielles ? Comment expliquez-vous ce tournant ?

Raoul JENNAR : Ce tournant, c’est le passage de la LCR au NPA. Je dois à la vérité de dire que la LCR a toujours manifesté sa solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la IVe Internationale. Mais la création du NPA s’est traduite par l’arrivée de milliers de nouveaux membres, dont beaucoup militent dans diverses associations de soutien au peuple palestinien, dont beaucoup ont participé à des missions en Palestine. Nasser Al Kafrana, membre du Bureau Politique du Front Populaire de la Palestine (FPLP) et Michel Warchavski, un Israélien militant de la paix et des droits du peuple palestinien, ont pris la parole au congrès fondateur du NPA. Le sort du peuple palestinien est partie intégrante du programme du NPA.

EuroPalestine : Le NPA est le seul parti présent dans cette campagne électorale qui ose demander à appeler au boycott d’Israël. Pourquoi défendez-vous vous-même cette position ?

Raoul JENNAR : Tout a été essayé pour faire respecter les droits du peuple palestinien. En vain, jusqu’ici. Les actions non violentes comme les actions violentes, rien n’a permis de libérer ce peuple de l’occupation, de la colonisation, de l’humiliation. Israël viole le droit international en permanence grâce au soutien inconditionnel apporté jusqu’ici par les USA et l’Union européenne. Puisque les gouvernements occidentaux se font les complices d’un Etat coupable des violations les plus graves du droit international et en particulier du droit pénal international, les citoyens ne peuvent être complices de leur gouvernement.

Le boycott ne dépend que de nous. C’est notre arme. Personne ne peut nous forcer à acheter des produits israéliens. Un boycott massif affectera l’économie d’Israël. Dans un système capitaliste, toucher au profit, c’est toucher où cela fait mal. Le boycott est une arme non-violente qui a été utilisée avec succès pour combattre l’apartheid en Afrique du Sud alors que les gouvernements occidentaux vendaient des armes et commerçaient avec ce régime raciste, en dépit d’un embargo décidé à l’ONU. Comme objecteur de conscience, je suis partisan des méthodes d’action non-violentes. Le boycott, s’il est généralisé, peut être une arme non violente très efficace.

EuroPalestine : Le faites-vous pendant votre campagne et de quelles manières ?

Raoul JENNAR : Bien entendu, puisque je présente notre programme et que cela en fait partie. Je rappelle la souffrance d’un peuple sans patrie depuis plus de 60 ans. Parfois, je raconte la vie d’amis qui vivent depuis 1948 dans des camps palestiniens du Liban. Je rappelle les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël au Liban et en Palestine. J’appelle au boycott dans chacun de mes meetings et chaque fois qu’on m’interroge sur le programme du NPA.

EuroPalestine : Vous allez nécessairement être attaqué sur ce front, et subir l’éternel chantage à l’antisémitisme de la part de ceux qui soutiennent l’occupation israélienne. Est-ce que vous êtes prêt à affronter ces attaques ? Qu’allez-vous dire à vos détracteurs ?

Raoul JENNAR : ce n’est pas nouveau. J’y suis habitué. Lorsque j’ai organisé, avec des camarades libanais, à Bruxelles début 2008, un tribunal citoyen international, avec des juristes du monde entier, pour établir la qualification des crimes commis par l’armée israélienne au Liban en 2006, j’ai déjà subi ces attaques. Je suis contre toutes les formes de racisme. Et l’antisémitisme me répugne autant que l’arabophobie. L’Etat d’Israël poursuit un projet politique fondé sur un expansionnisme contraire aux principes de la Charte des Nations Unies et contraire au droit international. Ce projet porte un nom : le sionisme. Toute personne attachée au respect du droit international doit s’opposer au sionisme.

EuroPalestine : Que ferez-vous pour la défense des droits légitimes du peuple palestinien si vous êtes élu au parlement européen ?

Raoul JENNAR : j’ai une amie dans ce parlement européen, Luisa Morgantini. Elle fait un travail remarquable qui me servira d’exemple. J’espère qu’il y aura plusieurs élus du NPA pour travailler avec elle si elle est réélue dans son pays. A côté du lobby pro-israélien qui regroupe la droite, mais aussi une écrasante majorité de socialistes une partie des Verts et une partie de l’extrême gauche allemande (Die Linke), il faut que le groupe des parlementaires européens amis du peuple palestinien se renforce et porte la campagne BDS dans toute l’Europe et même au-delà. Si je suis élu, ce sera une de mes priorités.

Voici le passage du manifeste de Raoul Jennar, qui interpelle les électeurs sur cette question :

"Pour une Europe ouverte et solidaire

Les accords de Shengen ont fait de l’Europe une forteresse contre tous les immigré-e-s et les sans papiers fuyant la misère, parfois la guerre. Les libéraux de tout poil théorisent la libre circulation des capitaux mais refusent celle des êtres humains ! La chasse indécente aux sans papiers menée dans notre pays doit cesser, les accords de Shengen être abolis, les camps de rétention fermés ! Nous réclamons un droit de séjour fondé sur la liberté de circulation et d’installation et l’égalité des droits sociaux et politiques.

Nous voulons aussi une Europe solidaire de la lutte des peuples opprimés des Kurdes aux Palestiniens. Chaque peuple est en droit de décider de son destin. L’UE doit exiger le droit des Palestiniens à un Etat viable, ce qui implique le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés depuis 1967 et le démantèlement de toutes les colonies. Nous exigeons des sanctions économiques, politiques, culturelles et sportives et la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël. Nous soutenons la campagne citoyenne de boycott des produits israéliens. "




 

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