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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 21:57

À l'hôtel de ville, un vibrant et émouvant hommage à Jacques Leclercq

samedi 21.03.2009, 04:49 - La Voix du Nord

Le cercueil a quitté l'hôtel de ville sous les drapeaux de la CGT et du PC, alors que retentissait «L'Internationale».

FUNÉRAILLES

Ils étaient nombreux hier matin à vouloir dire un dernier adieu à Jacques Leclercq, secrétaire général de l'Union locale de la CGT et conseiller municipal de Douai, décédé dimanche dernier (notre édition de lundi).

Dès 10 heures, une foule compacte s'était rassemblée dans la cour de l'hôtel de ville. Au pied de la chapelle du beffroi, les gerbes s'amassaient, surtout déposées par les sections syndicales et politiques locales. À l'étage, les nombreux amis de Jacques Leclercq faisaient la queue pour saluer une dernière fois leur camarade, leur défenseur, leur responsable syndical. Plusieurs élus de l'arrondissement étaient présents.

Tour à tour, des responsables se sont succédé pour témoigner des immenses qualités du défunt. Des mots très émouvants parfois entrecoupés de sanglots difficiles à contenir pour les orateurs.

Jean-Pierre Delannoy, leader régional de la CGT métallurgie, a salué l'engagement syndical, la disponibilité de l'homme et sa compétence. «  Il connaissait le code du travail sur le bout des doigts. » Le conseiller général Charles Beauchamps a salué l'homme de lutte, son sens aigu de l'analyse politique et sa liberté d'expression. Il a aussi honoré son combat contre le racisme et la xénophobie. Odile Hage, à ses côtés au conseil municipal, a remercié avec émotion cet «  enfant du peuple, toujours sur la brèche avec sa gouaille sourcilleuse ».

Elle a aussi évoqué les luttes internes à la CGT, entre le courant révolutionnaire auquel appartenait Jacques Leclercq et les réformistes qui souhaitaient l'évincer de l'union locale. Elle a eu des mots très durs envers ces «  faux-frères, dignes des pires ennemis de classe ». Des mots repris par Georges Gastaud, secrétaire national du Pôle de renaissance communiste qui ressent de la «  consternation et de la colère envers la pluie de coups reçus ». Il a aussi évoqué la stature internationale qu'avait prise M. Leclercq dans sa défense pour un syndicalisme de classe.

Avant qu'il ne quitte une dernière fois l'hôtel de ville sous les drapeaux de la CGT et du PC, La Marseillaise et L'Internationale retentirent. •





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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:35


www.tlaxcala.es

L'élection de Mauricio Funes à la présidence du Salvador est une victoire retentissante du grand mouvement social concentré autour du désir majoritaire, longtemps retardé, de justice sociale et de liberté. Son grand mérite a consisté à faire fléchir le bunker de la droite oligarchique qui détient le pouvoir au Salvador depuis le XIXè siècle et qui a été un des régimes le plus réactionnaires, corrompus et répressifs de l'Amérique Latine. Celui-là même qui a noyé dans le sang le soulèvement paysan de 1932 et négligé la substance, social et politique, des accords de paix. Il convient de rappeler qu´il les a paraphés car il n´a pas pu vaincre la rébellion armée des années quatre-vingt, en dépit de l'aide militaire massive qu'il a reçu des USA. Composé par les huit groupes patronaux qui contrôlent le pouvoir réel, ce régime a essayé de barrer la route au candidat populaire en se servant des nombreuses ressources financières, publiques et privées, et de la coercition économique et politique soutenue par une féroce campagne de terrorisme médiatique. Mais cette fois-ci, comme Funes l´a affirmé en proclamant sa victoire, « l'espérance a vaincu la peur ».

Le président élu, est un prestigieux journaliste critique des gouvernements conservateurs d'extrême droite de l'ARENA, il a été nommé candidat par le Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN), qui regroupe des combattants et des sympathisants des ex-organisations de guérilla ainsi que de nombreux militants sociaux de générations récentes. Le FMLN s´est constitué comme parti politique dès la signature des accords de paix de 1992. Depuis, il a traversé la difficile période de sa reconversion en une organisation capable de disputer le gouvernement à l'oligarchie par la voie électorale tandis qu'il faisait face à la confusion idéologique favorisée par l'effondrement de ce que l´on nommait le socialisme réel et l´impact psychologique de la fin de conflit négociée sans avoir pu atteindre les objectifs de la guérilla.

Dans cette étape il a réussi à être une référence dans la lutte contre la politique néolibérale, la défense des causes populaires et la solidarité latino-américaine sous la conduite du défunt Schafik Handal (1). C´est la quatrième occasion dans laquelle il concourt à la présidence, un processus dans lequel, son capital électoral et ses postes électifs augmenteront de plus en plus. Funes a un excellent programme de gouvernement constitué grâce à une consultation nationale avec les bases populaires et d'autres secteurs . Il souligne que la responsabilité de l'État est d'assurer le droit du peuple à l'éducation, à la santé, à la culture, à la science, au sport, à la nourriture, l'égalité des sexes ainsi que l'orientation de l'économie. Il revendique les droits des peuples indigènes, donne la priorité à la création de d'emplois et insiste sur l'unité et l'intégration de l'Amérique Centrale et des Caraïbes à l'intérieur du processus d'unification de l'Amérique latine. Il cherche à sortir du champ de l´immobilisme et de promouvoir l'économie en stimulant les entreprises privées nationales, surtout petites et moyennes, et il assure qu'il empêchera de nouvelles privatisations des services publics. Il promet de former un gouvernement attentif aux besoins populaires et de combattre la corruption.

Accomplir ces objectifs exigera un extraordinaire effort de mobilisation populaire et de négociation avec les autres forces politiques et le patronat car le nouveau président n'a pas de majorité parlementaire ni de représentation dans le système de la justice, contrôlé par la droite tout comme les commandements de l'Armée, les forces de sécurité et une grande partie de l'appareil d'État. En outre, l'économie dépend beaucoup de celle des USA, à laquelle elle est liée par un Traité de libre échange [TLC], et des aides financières envoyées par les émigrés aux USA, qui constituent presque la moitié de la population.

Le peuple salvadorien s´était levé en armes à cause de l´iniquité sociale intolérable et de l'oppression politique dont il souffrait. Après la signature de la paix, il a été enfoncé encore plus dans la pauvreté et la misère par le néolibéralisme et les séquelles du conflit armé. Les accords de paix avaient fourni un espace politique qui, aussi restreint qu´il fût, n'avait jamais existé avant. Le FMLN a accepté le défi et il arrive aujourd'hui à la présidence, comme Funes l´a proclamé, avec au coeur l'option préférentielle pour les pauvres de « notre évêque martyr » Arnulfo Romero (2). Il mérite et il recevra certainement la solidarité des gouvernements progressistes et des peuples d'Amérique latine.

Notes de Tlaxcala

1) Schafik Jorge Handal est né le 14 octobre 1930. Homme politique salvadorien, membre du Frente Farabundo Martí para la Liberacion Nacional (Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale [FMLN]), ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2004 face à Elias Antonio Saca.De 1959 à 1994, Handal est le secrétaire général du Parti communiste salvadorien. Ancien membre de la guérilla, Handal participe à l'unification des cinq mouvements d'opposition armée sous le nom de Frente Farabundo Martí para la Liberación Nacional. Après les accords de paix de Chapultepec en 1992, le FMLN se transforme en parti politique et Handal en assume le rôle de coordonnateur général. En 1997, Handal est élu à l'Assemblée nationale et y prend la tête du groupe FMLN. ilse présente à l'élection présidentielle salvadorienne du 21 juin 2004 et perd au second tour face à Elías Antonio ("Tony") Saca de l'Alianza Republicana Nacionalista (ARENA) par 36% contre 58%. Handal est le descendant d'émigrés palestiniens tout comme Saca. Schafik Jorge Handal décèdera le 24 janvier 2006. Source :
http://fr.wikipedia .org/wiki/ Schafik_Handal

2) Oscar Arnulfo Romero Galdámez est né à Ciudad Barrios, dans le Département de San Miguel, au Salvador en août 1917. Romero a été ordonné prêtre le 4 avril 1942, et nommé évêque suppléant de San Salvador en 1970; quatre ans après, il est envoyé comme évêque dans la région cafetière de Santiago de María. En 1977 il est nommé archevêque de San Salvador pour son profil studieux et calme à l´intérieur de l´église. C´est de là que viendra sa conversion vers le peuple, réaffirmant sa condition prophétique. De cette rencontre, disons du choc de cette rencontre, avec la réalité conflictuelle salvadorienne et la proximité avec les fils conducteurs du pouvoir économique et politique, émergera l´homme qui sut interpréter son époque sociale et se mettre du côté des exclus et des oubliés de son pays. Le point crucial de cette conversion fut l´assassinat de son ami le Père Rutilio Grande en mars 1977 par la Garde Nationale, qui l'avait étiqueté "communiste subversif". La conscience de Romero fut ébranlée ainsi que son rôle devant la dure réalité du peuple salvadorien vers la fin des années 70, dont on distinguait les prémisses de la guerre civile qui sévira dans ce pays pendant plus de douze ans avec des centaines de milliers de morts. L´injustice et l´abus des militaires, alliés avec la classe politique et le pouvoir économique national, ainsi que les « sympathies » avec des groupes usaméricains, soulèveront la mobilisation de groupes armés contre l´ordre établi par le mauvais gouvernement. Il résultera des disparitions et des assassinats de paysans, d´étudiants, de dirigeants populaires, d´hommes, de femmes et d´enfants dont le principal délit aura été d´être pauvre. Face à la réalité Monseigneur Romero décide alors d´accompagner son peuple, en répondant par la dénonciation de ce qu´il considère humainement injuste, en réaffirmant son option pour les pauvres et la cohabitation en société. Le peuple trouve là une voix et une main amie, qui va lui donner non pas des dons pour supporter la douleur, mais plutôt l´espoir d'un mieux vivre. C´était Arnulfo Romero qui dénonçait les abus du pouvoir et rien de moins qu´à partir du pupitre de la cathédrale de San Salvador. Cette option le mènera à la mort, le 24 mars 1980, durant l´eucharistie dans la chapelle de l´hôpital de la Divina Providencia. Un tueur à gages lui tire dessus en pleine poitrine. Il meurt sur le coup. Les groupes de pouvoir auront payé pour ce meurtre de peur des dénonciations de l´évêque. Plus tard on saura que le commanditaire était Roberto D'Aubuisson, militaire et leader des escadrons de la mort.






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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:14

 
www.michelcollon.info se transforme et s’élargit 

Tout ce qu'Internet va nous permettre...

Interview de Michel Collon, fondateur d’Investig’Action, par Patricia Parga Vega.

Le voici enfin! Depuis de longs mois, l'équipe Investig'Action prépare un nouveau site complètement relooké. Plus agréable, plus clair, plus pratique.

A la demande de nombreux lecteurs, Michel Collon explique ici comment a démarré l'aventure de ce site, son succès croissant et son grand potentiel, pourquoi Internet est aujourd'hui la seule possibilité de construire une info indépendante et rigoureuse. Pour exposer les intérêts cachés, les médiamensonges, donner la parole aux oubliés des médias.

De plus, Investig'Action fourmille de projets : newsletter et site en espagnol et anglais, rubriques audio et vidéo, développement du test-médias...

Aujourd’hui, le site que vous avez lancé change de look, crée de nouvelles activités, met en place un nouveau collectif : l’équipe Investig’Action. Avec plus de trois mille visiteurs par jour, www.michelcollon.info est devenu un incontournable de l’info alternative. Bientôt, il paraîtra aussi en espagnol, puis en anglais. Cependant, beaucoup de ces visiteurs ignorent comment l’aventure a commencé. Pourriez-vous l’expliquer ?

Michel Collon. Depuis la première guerre du Golfe (1991), je travaille à décoder l’info. Mon premier livre Attention, médias ! exposait comment les grands médias français et belges avaient manipulé l’opinion pour leur faire accepter cette guerre. Et comment repérer les médiamensonges. Mes deux livres suivants Poker menteur (1998) et Monopoly – L’Otan à la conquête du monde (2000) ont étudié les intérêts des multinationales cachés derrière ces médiamensonges. Et la stratégie des Etats-Unis pour dominer la planète.

Mais les livres ne suffisent pas. D’abord, l’image joue un rôle crucial dans la propagande de guerre. En 2002, j’ai rencontré la jeune réalisatrice Vanessa Stojilkovic. Ses deux films documentaires - Les Damnés du Kosovo (2002) et Bruxelles – Caracas, les Vénézuéliens répondent (2005) ont réussi à montrer le vrai visage de la guerre, mais aussi à donner la parole aux exclus de l’info et à leurs espoirs.

Ces films et ces livres nous ont permis – malgré la censure des grands médias – de rencontrer un très large public au cours de centaines de débats en de nombreux pays. Et cette expérience très enrichissante nous a fait ressentir de tout près ce que les gens attendent : ils ne font plus confiance aux médias traditionnels, mais ne veulent pas rester passifs. Alors, que faire ?

C’est Internet qui a changé la donne ?

Michel Collon. Absolument. A partir de 2000, Internet a révolutionné notre pratique. D’abord, pour développer un large réseau de contacts à travers le monde entier, échanger des analyses et informations, mener des enquêtes. Mais aussi pour réagir à chaud à l’actualité. Avec un livre, ou avec un film, nous arrivions un an après les faits. Toujours en retard d’une guerre ! A présent, grâce à Internet, nous pouvions combattre les médiamensonges le jour même.

Avec l’aide de Vanessa, j’ai donc lancé, début 2004, le site www.michelcollon.info. Au début, c’était un site d’auteur, comme on dit : pour présenter ses travaux et les miens, pour diffuser rapidement mes articles.

Mais ça a très vite évolué…

Michel Collon. En effet. Invité dans beaucoup de pays, j’avais l’occasion de rencontrer plein de gens très intéressants, célèbres ou non. Je me suis dit qu’il fallait absolument partager ces rencontres et ces richesses. Alors, j’ai créé sur le site une rubrique ‘Mes invités’, présentant les textes que je recevais. Je me souviens du tout premier : une superbe histoire, brève et très touchante, que m’avait racontée, un soir, en Galice, le célèbre écrivain argentin Adolfo Perez Esquivel (ndlr : Prix Nobel de la Paix 1980) : Histoire de l’enfant qui devait reconstruire le monde. Ce fut le premier texte d’un « invité ». Vous pouvez toujours la trouver sur le site.

A présent, le site compte plusieurs milliers de récits, témoignages, analyses… Un trésor !

Michel Collon. Oui, il est vite apparu que c’était une formidable opportunité de créer un véritable média alternatif. Le média de ceux qui ne sont pas dans les médias. Car ils n’appartiennent pas aux classes dominantes, et vont à contre-courant de la pensée unique.
De plus en plus de gens m’ont envoyé des articles. Grâce à ce réseau international, nos lecteurs ont pu lire des témoignages humains, des critiques de médiamensonges, des analyses sur les stratégies cachées... Manifestement, cela correspondait à un besoin. Les gens qui travaillent, qui sont actifs n’ont pas le temps de lire tout ce qu’on trouve sur le Net. Ils apprécient de trouver chaque semaine la sélection de notre newsletter hebdomadaire… Et le nombre de nos lecteurs n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, plus de 3.000 personnes visitent le site chaque jour.

Quels sont les critères pour sélectionner un article ?

Michel Collon. Il doit apporter quelque chose de nouveau, de significatif. Avoir une valeur durable même si vous le relisez dans un an ou deux. Les ‘news’, comme on dit, nous les laissons aux agences. Nous cherchons à donner une vue d’ensemble sur le monde (il faudra encore des efforts pour mieux couvrir l’Afrique, le monde arabe, la Russie, l’Asie). Nous ne nous adressons pas à des spécialistes, mais à un public très large. Donc, les articles doivent être de qualité, sérieux, citant leurs sources, mais également clairs, faciles à lire, pas trop longs...

Parce que sur Internet, on trouve à boire et à manger.

Michel Collon. Exactement. Internet n’est pas immunisé contre la désinformation, on trouve toutes sortes de ‘hoax’ politiques lancés pour manipuler l’opinion, on rencontre aussi des gens qui répandent leurs délires personnels, des théories du super – complot…

Et www.michelcollon.info n’a jamais commis d’erreurs ?

Michel Collon. Si, c’est arrivé trois fois en cinq années. Mais nous l’avons directement signalé. Tout journaliste, même prudent, peut se tromper ou se faire avoir. Celui qui est honnête le signale aux lecteurs. Cela permet à chacun d’en tirer des leçons pour augmenter la vigilance. L’info n’est pas une autoroute, c’est un chemin de montagne.

Mais qu’est-ce qui a vraiment changé avec Internet ?

Michel Collon. Tout. Auparavant, l’info était monopolisée par les intérêts dominants. Bien sûr, comme on dit, « la presse est libre », vous avez le droit de lancer votre télévision ou votre réseau de quotidiens, il vous suffit d’avoir quelques centaines de millions d’euros.

Les médias traditionnels ne sont pas un contre-pouvoir, ils font partie du pouvoir comme l’ont montré Noam Chomsky ou Geoffrey Geuens dans son excellent livre « Tous pouvoirs confondus ». Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes (de plus en plus aux mains de quelques milliardaires : Lagardère, Murdoch, Berlusconi), parce qu’ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que leur idéologie défend le système en place et empêche les gens de penser par eux-mêmes.

Avec Internet, en quelques années, une autre manière de s’informer est devenue possible. Gratuite, rapide, interactive, libre des pressions politiques et financières, même si les idées dominantes y dominent aussi (par exemple, en général, sur Wikipédia). Mais on peut en tout cas échapper au blocage financier.

Internet a introduit une nouvelle mentalité. Avant, un article était une marchandise, qu’un média achetait à un journaliste ou un auteur, et qu’il revendait à un lecteur. Or, les marchandises seront forcément toujours dominées par les intérêts qui dominent le marché.

A présent, sur le Net, tout s’échange et circule gratuitement. C’est un grand progrès. Je dirais même que cela préfigure l’avènement d’un autre monde, d’une société différente. La preuve par l’info : en mettant en commun des forces qui peuvent venir du monde entier, nous pouvons rassembler beaucoup plus d’informations - et les vérifier - que dans la presse traditionnelle. Celle-ci, enfermée dans sa course à la rentabilité, ne peut payer les journalistes pour mener des investigations et des vérifications sérieuses, 90% de leurs infos sont en fait du recopiage de dépêches d’agences.

Donc, par la mise en commun et la solidarité, on arrive à une qualité d’info bien supérieure à la concurrence économique des médias privés. C’est une leçon de société ça ! Tout comme, en informatique, Linux est bien supérieur au Microsoft de Bill Gates, parce que Linux repose sur le partage et non la dissimulation des infos, Linux ne se bat pas contre des concurrents, mais avec toutes les bonnes volontés.

Bénévole, c’est la clé ?

Michel Collon. Je pense que oui. L’info - marchandise, l’info comme support de pub pour des multinationales, ça fausse tout. Comment un grand média pourrait-il être libre s’il est aux mains de milliardaires ou s’il dépend des énormes budgets publicitaires des multinationales ?

Mais sur Internet, n’êtes-vous pas condamnés à la confidentialité ?

Michel Collon. Non, ça peut marcher, il est temps d’en finir avec le pessimisme si répandu en Europe. Pour illustrer les possibilités d’Internet, je voudrais mentionner l’excellent site espagnol Rebelion, lancé par un journaliste Pascual Serrano, bientôt rejoint par quelques collaborateurs bénévoles. Chaque jour, ils diffusent une trentaine d’articles, les meilleurs qui paraissent en espagnol. Chaque jour, ils ont trente mille lecteurs ! Dans les statistiques, ils sont le sixième média quotidien espagnol derrière El Pais, El Mundo, ABC… Une vraie alternative ! Nous avons avec eux une très bonne collaboration.

Alors, Internet, c’est la panacée, la solution miracle ?

Michel Collon. Non, Internet me semble menacé par deux dangers. 1. Les médias y investissent beaucoup, se déplaçant des quotidiens papier (en déclin) et même des journaux télévisés vers le Net. Pour deux raisons :

1. Le public peut y trouver une info à la demande, plus spécialisée, plus active et gratuite (voir le succès de Youtube, Dailymotion, etc)

2. La publicité peut beaucoup mieux cibler son public, Internet permettant de suivre et d’espionner les habitudes de consommation.

Donc, les médias traditionnels se reconvertissent sur Internet. Seulement, leur info reste la même. Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes, parce qu’ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que l’idéologie dominante défend le système en place et cherche à empêcher les gens de penser par eux-mêmes. Encore récemment, on a vu en Belgique trois journalistes chevronnées se faire licencier en trois minutes. En France, le couple « Dr Kouchner et Mrs Ockrent » applique ce système jusqu’à la caricature : placée par Monsieur à la tête de France 24, Madame a mis à la porte un journaliste expérimenté qui avait osé critiquer Monsieur ! Cette info n’est pas libre. Mais avec leurs gros moyens financiers, ces médias traditionnels essaient d’accrocher la nouvelle génération et de la garder dans le droit chemin. Il y aura une course de vitesse pour les empêcher de monopoliser l’info Internet comme ils l’ont fait avec la radio ou la télé. L’info des multinationales contre l’info des gens. Nous devons absolument gagner cette course sur Internet, il faudrait un grand Forum international pour construire des alternatives dans l’info avec les nouvelles technologies.

Et l’autre menace ?

Michel Collon. Eh bien, les Etats-Unis mais aussi d’autres puissances, sont très inquiets. Si les médiamensonges peuvent être réfutés rapidement et dans le monde entier, la propagande de guerre aura du mal. Déjà, Al Jazeera et d’autres journalistes se sont fait tirer dessus ou emprisonner, déjà quand Washington déclenche une guerre, l’armée US s’empresse d’éliminer la télé de l’adversaire. A présent, le Pentagone a défini une stratégie offensive contre Internet. Il est clair que si une guerre éclate, beaucoup de sites alternatifs connaîtront des ‘accidents’. Il faudra prévoir des parades. On doit se faire connaître, se renforcer, élargir le réseau pour les empêcher de tout fermer le moment venu. Evidemment, comme Internet est devenu un énorme marché, les Etats-Unis, qui l’ont créé, ne peuvent plus faire marche arrière. Mais ils cherchent des parades… Voilà bien une ironie de l’Histoire : avec Internet,
la classe dominante a fabriqué une arme qui peut se retourner contre elle.

Pourquoi ce nom d’Investig’Action ?

Michel Collon. Il exprime les deux aspects de notre activité. D’une part, chercher ce qu’on nous cache. Sans tomber dans la paranoïa, nous analysons les intérêts cachés derrière chaque conflit, économique, social ou militaire. D’autre part, nos lecteurs emploient leurs infos pour discuter au boulot, à l’école, dans leur milieu. Nous voulons leur être utiles. Donc, nous répondons à leurs questions, leurs critiques, leurs propositions. Qui d’ailleurs nous apprennent beaucoup à nous aussi.

En outre, nous publions des livres pour approfondir certains sujets. Et nous préparons des films documentaires permettant à chacun de présenter ces sujets dans des publics larges, afin de stimuler le débat. Enfin, nous organisons des formations qui aident chacun à être actif autour de soi et sur le Net. Des séminaire sur « les mécanismes fondamentaux de la mondialisation », « comment devenir journaliste alternatif », « Palestine et médias » ou encore « Chavez, l’Amérique latine et la libération du tiers monde ».

« Décoder l’info » est inscrit en tête du site, ce sera votre spécificité ?

Michel Collon. Oui, ce que nous appelons « test – médias » va se développer très fort sur le site. Tout commence par là. Apprendre à repérer les manipulations, les non dits, les procédés de diabolisation. En fait, l’info dominante prétend penser à notre place.

Une idée du public qui visite le site ?

Michel Collon. Oui, grâce aux statistiques de fréquentation et au très abondant courrier. Nous sommes lus dans beaucoup de pays : France, Belgique, Suisse, Afrique, Espagne, monde arabe, Amérique latine... Des intellectuels, mais aussi des travailleurs, des jeunes, des étudiants. Et pas seulement des gens de gauche, on a toutes sortes de discussions intéressantes.

Notre but est double. D’une part, toucher des lecteurs déjà actifs et concernés. Ils forwardent nos articles ou les utilisent en presse écrite, en radio, en discussions. Internet ne supprime pas les autres médias et le travail de discussion, il les renforce. Et puis, nous touchons surtout un public plus large, simplement curieux et ouvert. C’est très important de s’adresser à tout le monde. Travailler pour les initiés, ce serait s’enfermer.

Quand même, aller à contre-courant, travailler sans reconnaissance des médias officiels : jamais découragé ?

Michel Collon. Jamais. Bien que la vie ne m’ait pas ménagé, et bien que mes reportages dans des pays comme l’Irak ou la Yougoslavie en temps de guerre m’aient donné à voir des souffrances bouleversantes, je peux vous assurer d’une chose : quand on a la chance comme moi de pouvoir donner la parole à ceux qui souffrent, à ceux qui luttent, et de recevoir autant de remerciements chaque jour, ça donne une force incroyable !

Cette croissance du site, c’est cela qui a justifié la formation d’une équipe ?

Michel Collon. Il y a deux raisons en fait. D’abord, oui, je n’arrivais plus à mener de front ces diverses activités : le site (sélection, traduction et postage d’articles), le courrier, la préparation de livres, l’aide à la réalisation de films documentaires, les séminaires de formation, les tournées de conférences, les voyages… Il y a une attente énorme, les gens veulent réellement faire quelque chose pour changer l’info.

Mais aussi, je souhaitais depuis un moment former une équipe et transmettre mon expérience. Ca fait bientôt vingt ans que j’étudie les Etats-Unis, les guerres, les médias, vingt ans que je donne des conférences, et discute avec toutes sortes de publics qui, eux aussi, m’apprennent énormément. L’âge arrive, il est temps de transmettre tout cela. Depuis quelques mois, une équipe s’est formée à Bruxelles, le travail a été réparti selon les capacités et le temps de chacun, on fait le point chaque semaine sur l’actualité, les problèmes du site, les tâches. Avec cette équipe, nous avons préparé pendant plusieurs mois le tout nouveau site et les nouveaux projets…

Qu’est-ce qui a changé dans le site ?

Michel Collon. D’abord, il a été complètement relooké. Des couleurs plus douces et harmonieuses (l’info est déjà assez dure, non ?), plus de blanc pour respirer, des rubriques plus claires pour trouver son chemin.
Et un nouvel en-tête qui indique mieux le travail dorénavant collectif.
Ensuite, nous allons de plus en plus développer notre activité spécifique : le décodage de l’info, le ‘test - médias’, comme nous disons. Et des rubriques audio et vidéo pour lesquelles nous faisons appel aux suggestions et aux coups de main.

Et le site devient multilingue ?

Michel Collon. Oui, ça c’est très important. Voyageant beaucoup, j’ai pu constater qu’il existe de véritables murs dans l’info alternative. Les Français, par exemple, sont assez peu bilingues. Du coup, ils sont peu au courant de tout ce qui circule en langue anglaise et aussi de ce qui se passe en Amérique latine. Inversement, les Latinos ne sont pas très bilingues non plus, et mal informés sur ce qui se passe en Europe (il y a beaucoup d’illusions comme quoi l’Europe serait différente des Etats-Unis), mais aussi au Moyen-Orient ou en Afrique. Il existe de véritables murs entre les mondes progressistes francophone, anglophone, hispanophone, sans parler de tout ce qui s’échange en arabe, en russe ou en chinois. Nous voulons briser ces murs.

Les multinationales sont très bien globalisées et bien informées de ce qui se passe dans le monde entier. Mais à gauche, on vit dans des bocaux, l’info n’est pas assez globalisée. Nous cherchons donc des traducteurs (bénévoles). Il nous paraît très important de faire connaître en Europe ce qui se passe vraiment en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen-Orient. Et vice versa.

La Lettre hebdomadaire que connaissent les francophones va donc recevoir des petites sœurs…

Michel Collon. En espagnol bientôt. Et puis en anglais. Le but est de fournir en ces langues aussi une sélection hebdomadaire d’articles sur l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient…

Avec tous ces développements, sera-t-il possible de maintenir la gratuité ? Comment sont couverts les frais ?

Michel Collon. Nous tenons absolument à maintenir la gratuité. L’équipe qui m’entoure est bénévole et le restera, même si notre association devra embaucher quelqu’un pour assurer la coordination et le secrétariat. Et, bien sûr, nos frais techniques ont augmenté. Il est vrai qu’une partie de notre public pourrait sans doute payer une toute petite cotisation. Mais nous voulons absolument que l’info reste accessible aux économiquement faibles : les jeunes et les fauchés d’ici, mais aussi nos lecteurs en Afrique et dans le tiers-monde.

Ceci dit, nous ne voulons pas seulement maintenir l’activité, nous voulons l’élargir. Développer de nouveaux projets. Récemment, le site a eu l’occasion de jouer un rôle important dans la contre - info sur Gaza. Les débuts de la série d’interviews de Mohamed Hassan « Comprendre le monde musulman » ont connu un grand écho, avec des traductions en une dizaine de langues, des reprises sur des dizaines de sites, magazines et revues. L’interview - vidéo « Kouchner, vrai ou faux ? » a également eu un grand impact. En ces occasions, nous avons commencé à faire appel aux questions et réactions des lecteurs. Internet nous permet de créer un nouveau type de journalisme, plus participatif, plus démocratique. C’est comme ça que nous aurons davantage de pouvoir sur l’info.

Donc, pour couvrir ces frais et lancer de nouveaux projets, nous allons dorénavant faire appel aux soutiens. Il y a sur le nouveau site un appel à nous donner les moyens de continuer et de développer. La liberté d’informer a un prix. Les médias traditionnels couvrent leurs frais avec la pub, mais du coup, ils ne sont plus libres envers les multinationales. Nous préférons faire confiance à nos lecteurs.

Quelque chose à ajouter ?

Michel Collon. Juste ceci. C’est la désinformation qui rend possible les guerres, les agressions et le maintien des injustices. L’info, c’est donc la première bataille. Les multinationales y investissent des milliards. La seule force qui pourra construire la contre - info, ce sont les gens eux-mêmes !

Faites connaître notre site à vos amis, inscrivez-les à notre newsletter. Envoyez vos témoignages, analyses, suggestions, et aussi vos critiques. Soutenez-nous financièrement. Tout cela est nécessaire pour construire, ensemble, l’info dont nous avons tous besoin.





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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:04

http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/bulletins/AuCLAIRdelalutte1.doc

Sur la première réunion du CPN (direction du NPA) les 7-8 mars

Lors de sa première réunion nationale, les 7-8 mars, le CPN (Conseil Politique National, direction du NPA) a pris des décisions sur des questions indispensables, comme le lancement de la presse du parti (journal hebdomadaire et revue mensuelle), la mise en place des commissions thématiques, l’élection de l’exécutif (contrairement à celui qui avait été provisoirement désigné à l’issue du congrès) et la grille des cotisations.

Il faut d’ailleurs regretter que celles-ci soient très faibles (entre 1 et 3% des revenus, selon les tranches) et puissent être réglées non seulement par mois, mais aussi par trimestre ou même par année : elles sont plus typiques d’un parti d’adhérents (de type social démocrate) que d’un parti de militants qui se réunissent régulièrement et sont prêts à consentir à de véritables efforts financiers pour construire un parti anticapitaliste cohérent et conséquent. Les conséquences concrètes n’ont pas tardé à se faire sentir : lors de la réunion nationale Éducation Nationale, secteur numériquement le plus important du parti (environ 20% des adhérents), les responsables ont expliqué que, faute de moyens, le comité d’animation de la commission (10 à 15 personnes), risquait de devoir être exclusivement parisien !

D’autre part, il n’est pas normal que le CPN ait décidé de reporter à juin la conférence nationale jeunes qui était prévue pour les 21-22 mars et devait permettre, conformément à une décision du congrès, le véritable lancement du secteur jeunes autonome ; cela revient à entraver la mise en place de ce secteur, au moment même où la grève des étudiants le rend particulièrement crucial.

D’ailleurs, le fait que cette décision de report ait été prise par 45 voix pour, 19 contre, 89 abstentions et 16 NPPV prouve combien la question a été mal posée et la discussion bâclée.

Priorité donnée non à l’orientation dans les luttes… mais aux élections européennes !

Mais c’est plus encore dans la détermination concrète de l’orientation politique, dans une situation marquée, depuis le congrès, par la grève générale antillaise, la grève illimitée de l’enseignement supérieur et la montée de la colère ouvrière et populaire, que la première réunion du CPN n’a pas été à la hauteur de ses tâches.

En effet, les principales discussions et décisions concrètes du CPN pour l’orientation politique du parti ont été consacrées à la préparation des élections européennes, dont l’intérêt est pourtant rendu tout à fait secondaire par le développement de la lutte de classe, car la situation objective met à l’ordre du jour le combat pour la grève générale, qui devrait donc être le centre de la discussion et de l’activité du parti. De plus, le CPN a décidé de s’allier avec les Alternatifs (ou une partie d’entre eux) et de leur donner même une tête de liste, alors que ce petit parti réformiste n’est guère moins institutionnel que le PCF ou le PG, participant notamment à l’exécutif d’un certain nombre de municipalités avec… le PS : cela brouille manifestement la position du NPA, centrée sur l’indépendance à l’égard du PS et des institutions.

Si les décisions sur les élections ont été discutées de façon précise et concrète, la résolution politique proposée par l’exécutif sortant n’a même pas été votée formellement, mais discutée surtout en commission, expédiée en plénière et adoptée (par 148 voix pour, 12 contre et 9 abstentions) seulement comme « base » pour une version définitive qui sera élaborée par le nouveau Comité exécutif ! Autrement dit, au lieu de permettre la clarification politique par une discussion approfondie, des amendements, voire des résolutions alternatives et des votes le cas échéant contradictoires, le CPN a été en quelque sorte démis de son rôle de direction du parti, empêché de se prononcer de façon précise et circonstanciée sur l’orientation !

Disparition de l’objectif de la grève générale

Ici comme ailleurs, la forme rejoint le fond : la résolution politique  proposée au CPN se caractérise par une volonté manifeste de contourner la question principale du moment,
celle de la grève générale.

Alors que, pendant la grève générale antillaise, les tracts nationaux du NPA expliquaient à juste titre (malgré leur manque de propositions concrètes) qu’il fallait suivre cette voie et, « sans attendre le lointain 19 mars (…), préparer la grève générale ici et dès maintenant » (tract du 23/02), la résolution proposée au CPN n’évoque même plus la question de la grève générale, à laquelle elle substitue une analyse en termes de bien vagues « possibilités d’aller vers une généralisation des luttes ».

Tout en faisant un éloge sans nuances de la direction du LKP et de ces méthodes (qui constituent certes un point d’appui pratique ici tant elles contrastent avec celles des directions syndicales de l’État colonialiste français de plus en plus intégrées, mais dont il aurait pourtant aussi fallu analyser les limites réformistes), la résolution n’en tire pas comme conclusion qu’il faudrait mettre en oeuvre ces méthodes, celle du front unique ouvrier et de la grève générale avec piquets, ici et maintenant. Ainsi ne propose-t-elle pas une plate-forme revendicative
claire pour la lutte de classe immédiate contre Sarkozy et le patronat.

Au lieu de cela, elle se concentre presque exclusivement sur des mots d’ordre ne pouvant avoir à ce stade qu’une fonction propagandiste comme « l’interdiction pure et simple des licenciements dans toutes les entreprises, qu’elles réalisent ou non des bénéfices » et « la nationalisation de tout le secteur bancaire sous le contrôle des salariés et de la population » ; et, sur ce terrain, elle n’explique même pas que ces mots d’ordre ne peuvent être réalisés que par un gouvernement des travailleurs, supposant non seulement une grève générale, mais une situation révolutionnaire ! Leur mise en avant aujourd’hui n’a donc de sens qu’en relation avec la défense explicite d’un tel objectif (cf. ci-dessous l’article de Nina Pradier sur la proposition du POI). Mais, pour la lutte de classe immédiate, elle doit impérativement être combinée aux mots d’ordre concrets qui seuls permettront de déborder les directions syndicales ici et maintenant, d’imposer dans les plus brefs délais la convergence des luttes, le front unique ouvrier et la grève générale : zéro licenciement, zéro fermeture d’entreprise, répartition des heures de travail entre tous, retrait de toutes les contre-réformes du gouvernement, régularisation de tous les sans-papiers, etc.

Grave insuffisance de la critique des directions syndicales

Quant aux propositions concrètes pour un plan d’action immédiat, la résolution proposée au CPN critique certes la tactique des « journées d’action espacées » des directions syndicales, en soulignant à juste titre qu’« un grand nombre de salariés et de syndicalistes en désaccord avec les directions syndicales » partagent cette critique.

Mais elle ne centre pas pour autant le combat politique contre les directions syndicales, elle n’exige pas qu’elles rompent leurs « concertations » avec le gouvernement, ni qu’elles préparent et appellent dans les plus brefs délais à la grève générale.

Autrement dit, elle ne désigne pas aux travailleurs l’obstacle politique principal au développement de leurs luttes jusqu’à la grève générale.

Et elle empêche tout particulièrement l’impulsion d’une véritable activité oppositionnelle des militants du NPA dans les syndicats, alors qu’ils y sont nombreux, à tous les niveaux.

La résolution proposée au CPN affirme seulement que « l’idée d’un tous ensemble, avec un mot d’ordre clair de grève reconductible, est partagée » largement, mais elle ne dit pas qui doit lancer ce mot d’ordre, ni comment imposer qu’il soit lancé. Et, en parlant de simple « grève reconductible », elle évite de nouveau sciemment la question cruciale de la grève générale ; car une « grève reconductible » dépend avant tout de la base, au niveau local, AG par AG, alors que la « grève générale » est une question politique nationale, qui pose immédiatement le problème des directions du mouvement ouvrier !

Sans ligne politique claire du NPA, son appel à l’action ne saurait suffire

La résolution se termine en proposant de « travailler à unir les efforts de tous ceux (structures syndicales, associatives, politiques, équipes militantes et salariés) qui veulent agir ensemble pour impulser des actions qui créent les conditions d’une généralisation des grèves ». C’est juste, mais il faut là encore être beaucoup plus précis et concret : pour construire une telle unité agissante, il faut mettre en place partout des structures d’autoorganisation ad hoc, des comités qui préparent politiquement la grève générale. En effet, la condition de celle-ci est non seulement une série d’« actions », mais aussi une orientation politique. Or la résolution proposée ne défend pas d’orientation politique immédiate claire : ses propositions finales sont insuffisantes, car purement activistes : elles reviennent à prétendre contourner les directions syndicales au lieu de les affronter, comme si le NPA était lui-même en position de diriger les travailleurs, comme si ce n’était pas les grandes centrales syndicales qui dirigeaient aujourd’hui la classe ouvrière organisée ! Bien évidemment, on ne peut qu’être d’accord avec la proposition « d’impulser des luttes reconductibles partout où cela est possible », « de favoriser les rencontres et les actions en commun dans les entreprises en lutte, notamment celles qui sont en grève contre les licenciements » et « d’encourager partout les actions protestataires (du type samedi de la colère, actions contre la vie chère dans les supermarchés)». Mais cela ne saurait suffire : même si tous les militants du NPA s’y mettaient — ce qui supposerait une véritable direction politique nationale —, il n’en resterait pas moins que, dans la situation actuelle, les travailleurs continueraient de suivre prioritairement les directions syndicales : c’est pourquoi le combat politique contre l’orientation de celles-ci, pour aider les travailleurs à les en faire changer, à préparer et appeler à la grève générale, est incontournable et doit être central.

Corrélativement, le combat politique contre les organisations politiques qui soutiennent les principales directions syndicales et leur sont liées (PS, PCF, PG…) doit être sans ambiguïtés : la signature d’un nouveau texte commun avec ces partis début mars (comme cela avait été le cas fin janvier) est une décision inacceptable, car elle ne se fait pas sur la base d’un accord de front unique pour aller vers la grève générale, mais sur la base d’une orientation qui couvre les directions syndicales, centrée sur des « revendications » confuses (destinées à préparer les prochaines « concertations » avec le gouvernement) et sur la tactique des journées d’action sans perspective, que le NPA dénonce à juste titre par ailleurs.

Absence d’orientation politique concrète même pour les luttes en cours

Non seulement la résolution politique présentée au CPN ne propose pas une orientation générale claire, combative et concrète, mais en outre elle réussit le tour de force de ne fixer aucune orientation précise pour l’intervention dans les luttes en cours. Pour la grève de l’enseignement supérieur, elle n’avance ni mots d’ordre, ni propositions pour l’action, ni critique des directions syndicales de l’Éducation qui, à tous les niveaux, font tout aujourd’hui pour empêcher la grève avec piquets et la généralisation de la maternelle à l’université. De même, la résolution proposée au CPN ne fait pas de propositions précises pour le combat absolument crucial contre les licenciements, qui commence à se développer de façon fragmentée sur le terrain (Fulmen à Auxerre, Continental à Clairoix, Sony à Pontonx-sur-l’Adour, STPM à Mantes-la-Jolie, etc.) : elle se borne à répéter quelques généralités vides, elle ne tire pas de leçons des premières luttes, elle ne désigne pas les obstacles, elle ne propose pas de méthodes et d’initiatives pour développer et centraliser ces luttes. De même encore, elle ne propose rien pour l’importante grève reconductible engagée par les postiers dans le 92, touchant maintenant aussi le 91 ; or cette lutte a non seulement besoin d’un effort politique et financier de tout le NPA pour assurer son renforcement et son extension, mais possède une importance politique gravement négligée par la direction, car elle est contrôlée par la base et menée contre la volonté de toutes les directions syndicales nationales de La Poste (y compris celle de SUD) : elle doit donc être érigée en exemple pour les autres secteurs.

Les tracts des 10 et 16 mars confirment le manque général de clarté et de fermeté dans la ligne du NPA

L’insuffisance et les graves ambiguïtés de la résolution présentée au CPN risquent donc de désarmer les militants du NPA. De fait, le premier tract national sorti après cette réunion du CPN, daté du 10/03, devant donc servir à l’intervention des militants durant la semaine cruciale qui précède la grand journée d’action interprofessionnelle du 19/03, est aussi le premier, depuis des semaines, à ne pas fixer l’objectif de la grève générale ! Autrement dit, la désignation de l’objectif s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en approche ! De plus, comme d’habitude, il ne critique pas les directions syndicales, bien que cette critique soit (timidement) présente dans la résolution politique du CPN. Le point le plus juste concerne la proposition de « faire converger toutes les forces, des collectifs unissant les organisations syndicales, les associations militantes, les partis politiques, toutes les équipes militantes et les salariés mobilisés », mais l’absence d’une orientation politique claire fait que cette proposition manque de contenu.

Fort heureusement, dans le tract suivant, paru le 16 mars, l’objectif d’un « mouvement d’ensemble, une grève générale jusqu’à satisfaction », réapparaît dans le cadre d’une énumération des moyens mis en oeuvre par la lutte exemplaire des travailleurs et des peuples de Guadeloupe et de Martinique, parmi lesquels sont également mentionnées « une plate-forme revendicative claire » et « l’unité sur ces objectifs des organisations de la gauche syndicale, politique, associative et culturelle ». En revanche, la proposition de collectifs unitaires disparaît !…

De plus, l’idée juste selon laquelle il faut prendre exemple sur les moyens mis en oeuvre en Guadeloupe et en Martinique ne débouche nullement sur des propositions concrètes pour la situation immédiate en France : le tract dit qu’il faut une plate-forme revendicative claire, mais n’en propose aucune ; il prône l’unité des organisations, mais ne dit pas comment faire pour y parvenir ; et, une fois de plus, il critique les « journées d’action sans lendemain », mais ne dénonce pas les directions syndicales, comme si cette tactique n’avait pas de responsables — ce qui revient une fois de plus à ne pas désigner aux travailleurs l’obstacle principal qu’il s’agit de briser…

Le fait que la discussion politique ait été bâclée lors du CPN et que la résolution n’ait pas été élaborée collectivement et par des votes conduit ainsi l’exécutif du NPA à opérer des zigzags hebdomadaires, au détriment de la clarté et de la fermeté de la ligne. Or cette clarté et cette fermeté, qui se concentrent aujourd’hui sur la préparation politique de la grève générale, donc sur le débordement des directions syndicales et réformistes du mouvement ouvrier, sont les conditions nécessaires pour que NPA puisse s’imposer dès sa naissance comme un parti immédiatement utile aux travailleurs, un parti de lutte de classe.

_ L. W


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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 19:50

GRANDE RÉUNION-DÉBAT

organisée par le mensuel Bastille-République-Nations

UE : contre la démocratie et la souveraineté,
la manière forte ?

avec Diether Dehm, député allemand (Die Linke) ; Kevin McCorry, syndicaliste irlandais (UNITE) ; John Laughland, géopolitologue britannique ; et Pierre Lévy (BRN)

le mardi 24 mars à 20 h

Compte tenu de l’affluence prévisible, il est conseillé d’arriver un peu avant 20h

au FIAP, amphithéâtre « Bruxelles »

30 rue Cabanis – 75 014 Paris (métro Glacière)

Cette initiative s’inscrit dans la campagne visant à faire respecter le Non irlandais au projet de Lisbonne, exprimé le 12 juin dernier. Elle était certes annoncée de longue date, mais la participation de personnalités venant de trois pays européens, qui ont confirmé leur présence, lui confère désormais une importance et un intérêt particuliers.

Diether Dehm, député allemand, porte-parole sur les questions européennes du groupe parlementaire « Die Linke » au Bundestag

Kevin McCorry, dirigeant du « People’s Movement » irlandais, et membre de la direction régionale (Dublin) du syndicat UNITE

John Laughland, géopolitologue britannique, directeur des Études de l’Institut pour la Démocratie et la Coopération

Les débats – table ronde, puis échanges avec la salle – seront animés par plusieurs membres de la rédaction de BRN et conclus par Pierre Lévy, rédacteur en chef.

Il sera bien entendu question de la situation en Irlande, où les dirigeants européens entendent faire revoter les électeurs afin qu’ils inversent leur verdict – un véritable déni de démocratie. Mais rien n’indique que ce coup d’État rampant à l’échelle de l’UE réussira.

Par ailleurs, en Allemagne, le traité fait l’objet de plusieurs plaintes devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, dont l’une est défendue par notre invité au nom de son groupe. Le parti « Die Linke » vient au demeurant de tenir un congrès très animé sur les questions européennes.

Enfin, dix ans, jour pour jour, après le déclenchement de la guerre contre la Yougoslavie – dont le signal avait été donné par Javier Solana, secrétaire général de l’OTAN à l’époque, devenu entre temps Haut-Représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure – il sera intéressant de faire le point sur les liens étroits entre l’UE et l’OTAN ; un rapport du parlement européen vient du reste de plaider pour une « complémentarité » encore plus poussée entre ces deux organisations sœurs.

Qui plus est, c’est précisément cet argument que l’hôte de l’Élysée utilise pour justifier la réintégration complète de la France au sein de l’Alliance atlantique qui « fêtera » ses soixante ans les 3 et 4 avril prochains.

Nous nous réjouissons donc à l’avance de vous accueillir le 24 mars.

Et n’hésitez pas à faire circuler largement cette information, qui est également disponible sur le site www.respect-democratie.net (rubrique DEBATTRE, « Conférence-débats »)





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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 20:51

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2009/03/20/002-immigration_galloway.shtml#

Un député interdit de séjour au Canada

Mise à jour le vendredi 20 mars 2009 à 12 h 41

Le ministère canadien de l'Immigration a confirmé vendredi que le député britannique George Galloway a été interdit de séjour au Canada, en raison notamment de son appui au mouvement islamiste palestinien Hamas. Selon Ottawa, la présence du député de 54 ans constitue un danger pour la sécurité nationale, en vertu de l'article 34 de la Loi canadienne sur l'immigration.

George Galloway brandit de l'argent qu'il remettra ensuite au ministre de l'Économie du gouvernement du Hamas, Ziad Al-Zaza, à Gaza, mardi.

Un porte-parole du ministre Jason Kenney, Alykhan Velshi, explique qu'Ottawa n'entend pas « dérouler le tapis rouge » pour un « Cromwell de bazar qui se vante d'apporter un soutien financier au Hamas, une organisation terroriste interdite au Canada ».

M. Galloway devait prononcer un discours à Toronto le 30 mars, dans le cadre d'un forum intitulé Résister à la guerre, de Gaza à Kandahar, organisé par la Coalition torontoise pour mettre fin à la guerre. Il devait aussi prononcer une allocution à Mississauga le lendemain.

Le député britannique a vivement réagi à cette décision, qu'il qualifie d'« idiote, irrationnelle, inexplicable », et qui constitue, selon lui, un affront à la bonne réputation du Canada. Il indique qu'il entend la contester en utilisant les moyens juridiques à sa disposition.

« Il s'agit d'un jour triste pour le Canada que nous avons connu et aimé - un bastion des libertés que les partisans de l'occupation de l'Afghanistan disent défendre. Cela prouve les dires du mouvement antiguerre selon lesquels les guerres injustes à l'étranger finiront par consumer ces mêmes libertés qui nous ont faits. »

Il enchaîne avec une attaque en règle contre le gouvernement Harper. « Cela constitue une tactique électorale désespérée par un gouvernement conservateur au bout du rouleau, ou par un ministre qui n'a pas réalisé que l'ère de George Bush est terminée », écrit-il.

Alykhan Velshi soutient que la décision du ministère pourrait être infirmée sur l'ordre du ministre Kenney, mais que celui-ci n'a aucune intention de faire usage de son pouvoir discrétionnaire.

M. Galloway est député britannique depuis 1987. Après avoir été expulsé du Parti travailliste par Tony Blair, il a été réélu en 2005 sous la bannière du parti de gauche RESPECT (Respect, Equality, Socialism, Peace, Environnementalism, Community and Trade Unionism), dont il est le seul représentant au Parlement. Il est issu d'une circonscription où habitent de nombreux musulmans.

M. Galloway s'est rendu dans la bande de Gaza cette semaine pour y distribuer de l'aide humanitaire. Il a salué la « résistance » et a dénoncé l'« agression génocidaire » dont ont été victimes les Gazaouis.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, The Guardian et BBC





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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 20:44

Message à un camarade du comité du dix septième arrondissement de Paris du Parti de Gauche, par Jean Puyade

Il y a eu récemment une telle avalanche de documents que, alors que j’ ai un peu de temps pour répondre à ton texte, j’ai hésité un peu à encombrer ta boîte mail. Mais je me dois de le faire ne serait ce que pour le sérieux et l’intérêt avec lesquels tu abordes les problèmes à la veille de cette journée du 19 mars. Journée vers laquelle vont converger toute une série de luttes très dures engagées dans l’ ensemble de la France et qui vont ainsi lui donner un net caractère anti Sarkozy, anti gouvernemental, anti patronal quoiqu’ en dise ou voulait en faire Chérèque, ce bon « partenaire social », qui s’énerve et dénonce « la politisation ». Nous serons toi et moi avec des millions d’autres dans la rue ce jeudi. 19 mars parce que nous aspirons à la lutte unitaire pour gagner. Mais obtenir l’ unité exige la lucidité. C’est pour cela que tout en manifestant, comme des centaines de milliers de salariés et de jeunes je ne m’empêcherai pas de penser et de discuter autour de moi. « Il faut savoir distinguer la paille des mots et le grain des choses » disait toujours mon grand père, un vieux paysan du Sud Ouest. Si nous ne l’avions pas fait, nous serions encore au PS.

Et après le 19 mars ? Bien voter le 7 juin ? Attendre un mois et demi pour une nouvelle journée d’action alors que partout les gens « crèvent » ?

Nous sommes confrontés au problème crucial: comment aider à réunir les conditions politiques pour isoler Sarkozy et en finir avec un gouvernement dont le maintien jour après jour est un attentat contre les intérêts matériels et moraux des salariés, de l’ immense majorité de notre peuple. Voilà quel doit être le centre de nos préoccupations. Personnellement je ne suis pas de ceux qui crient à tout bout de champ « Grève générale, grève générale… » En réalité moi celle-ci naît indépendamment de nous, quand cela est mûr, et je suis convaincu que dans des formes et circonstances que nous ne pouvons pas prévoir il y aura une explosion sociale de ce type.

Mais tu seras bien d’accord avec moi que si après la Guadeloupe un secteur des salariés est capable d’ infliger une nouvelle défaite revendicative et politique à Sarkozy non seulement cela ouvrira la voie à d’autres succès mais de plus les conditions dans lesquelles se présenteraient les élections du 7 juin seraient bien différentes. Comment aider dans ce sens, tel doit être notre débat au PG , et dans le front de gauche.

Or sans chercher à inventer artificiellement des conflits il suffit d’être attentifs à ce qui se passe dans notre pays. Il y a en ce moment un secteur engagé dans une grève générale nationale illimitée depuis plus de 6 semaines: c’est celui des enseignants –chercheurs et des profs et élèves des IUFM. Ils sont en lutte contre un élément clef de la politique de Sarkozy. En effet ils remettent en question dans cette grève générale et illimitée, organisée dans une coordination nationale élue par les AG de grève, des décrets découlant d’ une loi centrale du dispositif du système Sarkozy dans l’ Université : la LRU. Ils refusent de négocier avec la Ministre Pécresse tant que ne seront pas retirés quatre décrets et décisions essentiels, le principal syndicat du supérieur le Snes sup se pliant à cette volonté (même si 4 syndicats minoritaires dont FO et l’ Unsa du supérieur ont trahi ce mandat et ont tenté de négocier par-dessus la volonté de la majorité) démontrant ainsi la différence qu’il y a entre une conception de « partenaires sociaux » dialoguant avec le gouvernement et celle de syndicats indépendants au service de leurs mandants. Ils cherchent et luttent pour la jonction avec les étudiants et l’ ensemble des secteurs de l’éducation nationale et l’ ensemble des français.

Malheureusement ils se heurtent à une succession de verrous même s’ ils ont réussi à en faire sauter certains comme je viens de l’ analyser. Dans notre journal « A gauche » du 24 février le rédacteur en chef Laurent Mafféis donne une bonne analyse de la LRU et de ses décrets démontrant fort justement pourquoi le PG est pour « l’ abrogation de la LRU » coïncidant ainsi positivement avec la coordination des enseignants en grève..

Et bien vois tu c’est ici que je t’appelle à nouveau à savoir dégager « le bon grain des choses, de la paille des mots ». Il n’est pas vrai que le PS soit en faveur de l’ abrogation de cette Loi ! Et contrairement à ce que tu penses, Julliard, alors Président de l’ UNEF, est connu pour avoir apporté une aide majeure, en « bon partenaire social », à cette LRU dite Loi Pécresse contre laquelle le PS a certes voté en Juillet 2007 mais en s’y opposant pour des questions secondaires et bien mollement (Mélenchon nous a très bien expliqué comment cela s’était passé.) De plus le PS n’a pas participé à la résistance contre la LRU à la rentrée d’automne 2007, et a de plus dénoncé publiquement la forme adoptée librement par les étudiants pour cela, le blocage des universités. En effet à la rentrée de septembre 2007 les étudiants sont entrés en lutte avec pour cible la LRU, face à l’ UNEF. C’est tout à l’ honneur d’un secteur de l’UNEF dirigé par une partie de la gauche du PS, dont nos camarades de « Force militante » et de « PRS », d’avoir rejoint les étudiants dans cette lutte, entravée malheureusement par ce qui fut le grand syndicat étudiant, dont j’ ai été un des responsables pendant mes années d’ études. Julliard est entré dans l’ histoire comme le premier « partenaire social » de Sarkozy, facilitant une loi Sarkozy, comme le furent en janvier 2008 Chérèque et Mailly avec l’ accord MEDEF sur « le nouveau contrat de travail » qui devint la base d’une nouvelle loi de Sarko, contre laquelle seuls votèrent les parlementaires socialistes Dolez et Mélenchon.

Laurent Mafféis explique très bien dans son article comment cette LRU vient du processus de Lisbonne mis en place en 2000 du temps du gouvernement Jospin et de son ministre Allègre de sinistre mémoire, c'est-à-dire d’ une généalogie social libérale.

Si on ne fait pas la clarté là dessus, comment veux tu que nous gagnions les Julien, Brigitte, Hacène ?… ces jeunes camarades si proches de nous et pourtant pris encore dans le piège social- libéral du PS avec l’aide des Hamon, Emmanuelli et de leur compère Filoche qui n’ont pas leur pareil pour enfumer et embrouiller.

C’ est pour cela que je suis très attentif et que comme bien d’autres nous constatons que dans le premier texte du « collectif des 12 organisations politiques » (dans lequel a côté du PG, du PCF, et du NPA on trouve le PS) appelant au 19 mars, on trouve la formule « il faut revenir sur la LRU et ses décrets » -« revenir sur » ne veut pas dire « abroger », mais passons. Par contre, dans la dernière déclaration du même collectif appelant au 19 mars, il n’ y a plus aucune allusion ni à cette loi ni à ses décrets. Plus un mot ! Le PG aurait il changé de position ? Pas du tout ! Ni le NPA d’ailleurs qui est aussi pour l’ abrogation de la LRU et le retrait des décrets. Par contre tu trouveras tout récemment sur le site du PS et aussi du PCF une déclaration du PS, du PCF et des Verts sur la situation à l’université, refusant l’abrogation de la LRU et « cherchant une issue par le haut au conflit des universités » « par une consultation pour une loi » à présenter dans un parlement dominé par la droite sarkozyste. Et ceci  parce que, contrairement à ce que tu penses, le PS est contre l’ exigence de l’ abrogation de la LRU, même si on voit quelques responsables et militants dans les manifs des universités. (Je t’invite à lire sur le site du PCF les commentaires indignés de militants du PCF dénonçant cette position évoquée plus haut, un retour à « la gauche plurielle du temps de Jospin » et regrettant l’absence d’une déclaration des partis de gauche se prononçant pour l’ abrogation de la LRU et le retrait des décrets, particulièrement du « Front de Gauche ») Comme tu pourras le voir si tu vas sur ce site, nous ne sommes pas les seuls militants du PG à nous poser des problèmes sur l’orientation de la direction du PCF qui joue dans ce cas son rôle de trait d’union vers le PS. Bien sûr si le PS se décidait à « l’ abrogation de la LRU et à rejoindre une orientation pour un gouvernement de rupture avec le capitalisme nous nous en féliciterions. Mais nous n’ en sommes pas là !

Donc quand les conditions de gagner et de battre Sarko peuvent être réunies alors je suis pour analyser, comprendre et aider à faire sauter les verrous et à lever tous les obstacles. Et là il ne faut pas hésiter à se battre politiquement, pour aider à l’ éclaircissement des problèmes. Tel doit être le rôle d’un parti comme le nôtre, d’un front de gauche digne de ce nom. C’est ainsi de plus que nous pourrons gagner les camarades cités plus haut et d’autres. Or sur ce point d’ancrage dans la lutte de classe directe, pour aider à la levée des obstacles, pour l’instant, permets moi de constater que le front de gauche ne joue pas son rôle et je pense que c’est essentiellement dû à l’ orientation de la direction du PCF qui, me paraît il, semble exercer une certaine prépotence.

Pour terminer un autre exemple : « l’ appel à la solidarité avec la Guadeloupe », Place Clichy, était signé par 10 organisations politiques dont le PG et le NPA mais il n’était pas signé, par contre, ni par le PS ni par le PCF. Pour le PS on sait bien pourquoi : il s’est auto- exclu du front de lutte en Guadeloupe, le LKP, alors qu’il dirige une grande partie des municipalités et département là bas et Martine Aubry dénonçait « le danger de contagion ». Fallait il au nom de l’ unité, de l’unité avec le PS, renoncer à signer cet appel et à réaliser cette manif de solidarité?

Fallait il rejoindre le Crif, le PS et le PCF qui ont lancé la semaine antérieure un « appel contre les violences en Guadeloupe » qui désignait du doigt le barrage des jeunes où est tombé le syndicaliste Bino (ils ne se sont retrouvés qu’à quelques dizaines autour du CRIF cet organisme organisateur des manifs en faveur de l’armée israélienne à Gaza). En aucun cas ! et le PG a très justement signé l’appel même sans la signature du PS ni de celle du PCF !

Tu comprends maintenant pourquoi nous sommes inquiets de l’évolution récente ?

Aujourd’hui tout le monde dit, tout le monde écrit, (sauf l’inénarrable Chérèque ) : « Comme en Guadeloupe…comme en Guadeloupe… » Encore et toujours « distinguer le grain des choses et la paille des mots »

La différence entre le mouvement en Guadeloupe et l’orientation de MG Buffet ?

C’est la même qui sépare préparer la victoire et préparer un nouveau revers.

En Guadeloupe il s’est formé après une lutte patiente, longue et acharnée, un véritable front uni de syndicats, organisations et partis politiques, organisations populaires et culturelles (49 organisations) le LKP, sur une plateforme précise de plus de 140 points très concrets couvrant 10 chapitres et reprenant les aspirations du peuple guadeloupéen, rien à voir avec la vague plate forme syndicale du 19 mars. (Comme je l’ ai déjà dit , le PS qui occupe pourtant la plupart des institutions officielles s’en est auto exclu et a tenté en plein milieu du conflit de faire diversion). Les salariés, les jeunes, les vieux, les artisans, paysans, petits entrepreneurs se sont reconnus dans l’esprit général et la précision de la plateforme. Ca vaut le coup d’en lire le préambule et la conclusion et le contenu. Il y avait la respiration de la lutte pour une autre société. Ils ont donné un premier avertissement le 16 décembre 2008. Pas de problèmes, moi aussi je suis pour donner des avertissements. Puis ils se sont engagés dans la grève générale avec « conviction, audace et solidarité » pour gagner, comme le dit Elie Domota leur porte parole : plus de 40 jours de grève générale. Le LKP est resté uni et ferme sur ses objectifs en permanence ; en face la coalition Gouvernementale- patronale s’est disloquée et divisée. On parle beaucoup de la victoire sur les 200 euros.

Il faut lire la liste de plus de 120 points qu’ils imposé, point par point ! Un vrai programme d’urgence dans une dynamique de rupture avec le système. Une vraie victoire politique et revendicative infligée au gouvernement Sarkozy. Vois tu j’ai fait en 2003 plus d’ un mois et demi de grève contre la réforme des retraites et j’ ai fait aussi des dizaines et des dizaines de journées d’action à saute mouton.

Comme beaucoup (mais chaque fois de moins en moins) j’ y ai dépensé beaucoup d’euros. J’ai ma petite idée sur pourquoi on a perdu. Depuis je suis très vigilant.

En métropole les confédérations syndicales n’ont pas bougé le petit doigt pour organiser la moindre manif solidaire, même si maintenant on s’arrache les guadeloupéens..

Certains disent « tout cela c’est couper les cheveux en quatre ». Laisse moi te dire : ceux là soit ils sont fatigués ou relativement bien installés dans leur petit confort ou alors ce sont des aveugles. Pour ma part je ne veux pas participer à de nouvelles impasses et au moins ne pas mourir idiot. On aura beau coller et distribuer des tracts si cette orientation n’est pas redressée ce n’est même pas le taux pour obtenir le remboursement des frais de campagne que nous atteindrons.

Le 18 mars 09

Jean Puyade

www.socialisme-maintenant.org


 

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 20:37


Lettre ouverte aux camarades du PG, par Jackie Assoun

Dans notre club « Socialisme maintenant », nous sommes à l’écoute de ce qui se passe sur la scène politique en France et dans le monde. Nous nous tenons au courant des développements des luttes, de l’économie, de la science car la pensée révolutionnaire a besoin de se mettre à jour sans cesse.

Nous vivons une nouvelle époque de bouleversements historiques et aussi d’effervescence sociale qui sera de plus en plus intense face à la crise économique qui entre dans une phase aiguë, avec ses cortèges de chômeurs et d’avenir sombre pour la population et sa jeunesse.

Nous produisons quelques textes, nous échangeons des analyses avec d’autres groupes. Mais surtout nous discutons librement, nous réfléchissons ensemble. Nous essayons de relier les revendications immédiates à l’alternative anticapitaliste. Nous recherchons le prolongement politique. Nous analysons les moments et les expressions politiques. Comme celui qu’amorce ce fabuleux mot d’ordre de « Rêve générale » il n’appelle pas à une rave-party, mais à une vision politique enchantée par l’utopie.

Nous ne sommes pas les seuls.

A travers la lutte exemplaire des Antillais surgit un admirable manifeste de neuf intellectuels caribéens. Ce manifeste de la révolte à la fois littéraire et profondément politique, dessine une société alternative au modèle capitaliste dominant aujourd’hui.

Et il y a d’autres contributions encore peu connues qui foisonnent sur le Net et ailleurs. Elles traduisent le niveau de conscience de tous ceux qui luttent pour leur survie, contre cette société barbare. Ces appels sont le produit d’un profond mouvement. Ils expriment un prolongement politique, un autre monde possible.

Nous avons entendu aussi, comme beaucoup la sortie fracassante du PS de Mélenchon et Marc Dolez car disaient-ils : « Ce n’est plus possible, dans ce parti, les leçons des échecs du passé n’ont toujours pas été tirées et la rupture avec les politiques d’accompagnement du libéralisme n’est toujours pas faite ». Ca suffit comme ça !

Il faut résolument changer de cap.

Nous sortons et nous créons un parti, le PG pour combattre le capitalisme, le gouvernement Sarkozy.

Nous avons entendu aussi le NPA.

A ma demande, j’ai été convoqué à une des premières réunions du PG à Paris, dans le vingtième arrondissement. Une réunion formidable, préparée en deux jours, plus de cinquante participants, pour la plupart de la vieille garde, des militants expérimentés, tous étaient partie prenante de cette initiative, la parole était libre, sans tabou. Je me suis senti chez moi.

Pour ma part, j’ai dit que c’était une initiative heureuse, certes un peu tardive, qu’elle aurait dû se faire dans le mouvement de la victoire du NON au référendum sur le traité constitutionnel, mais qu’elle pouvait être propice dans cette situation de crise. J’ai ajouté que je souhaitais un parti où la parole était libre, la discussion âpre, mais toujours fraternelle, que la démocratie devait être la plus absolue, et l’élaboration politique collective.

Un parti qui ne ressemblerait pas aux autres. Un parti démocratique où le contrôle de la base est un point nodal. Que la méthode qui avait porté la victoire du NON au référendum était la bonne. Que la politique était l’affaire de tous et non pas d’une avant-garde éclairée. Si ce parti, c’est cela, j’adhère.

Lors du meeting fondateur de fin novembre, tous les orateurs ont martelé dans leurs discours, démocratie et combat pour le socialisme. Marc Dolez a insisté sur ces points particulièrement. Mélenchon a dit publiquement dans ce meeting : « Nous voulons créer un parti creuset, un parti ouvert et démocratique, où toutes les sensibilités étaient les bienvenues ». Il a répété : « Un parti ouvert à la diversité des expériences, communistes, socialistes, trotskystes, anarchistes et aussi écologistes. Un parti pour les sans-voix, soucieux de fraternité et de solidarité, un parti sans clans, sans culte des chefs ou de domination des spécialistes de la politique ».

Alors si c’est cela, j’adhère des deux mains.

Mais déjà en quelques semaines, des nuages gris s’amoncellent, la grêle ne tardera pas. Un congrès fondateur précipité sans raison véritable sinon de faire élire une équipe désignée aux ordres du chef. Des discussions bâclées, sur des textes qui sentent le sciences-po première année où sourde une « meilleure relance » que celle de Sarko ou du PS. Où est le changement de cap ? Bien sûr on a le droit de faire des amendements, sur la forme et pas trop longs. Dans le tract de soutien aux revendications immédiates des enseignants chercheurs, on répond par « Il faut changer d’Europe » aux élections européennes en juin. Surtout, le temps manque. Il n’y a pas d’élaboration collective de notre politique. Les tracts arrivent par paquets, écrits par des mains anonymes, les comités sont priés d’organiser diffusion et collage d’affiches.

La direction désignée, élue à main levée en hâte au congrès, désigne à son tour les directions subalternes avec les anciens de PRS qui sont proposés au vote des militants. Le parti est verrouillé. Toute nouvelle candidature dispose pour se présenter d’une minute, pas plus. La moindre critique est cataloguée de gauchiste. Pourtant rien n’empêche une assemblée générale où le débat est libre et où des camarades disposés à prendre des responsabilités, se présentent sur une orientation aux votes des militants.

Une belle personne, un économiste distingué du PG parle à la télé de moraliser et de réguler le capitalisme. Il parle en notre nom ou pour lui seul ? Est-il mandaté ?

La cerise sur le gâteau apparaît lors de la manifestation de soutien à la Guadeloupe, place de la République. Accompagné d’un ami, nouvel adhérent du PG et ancien dirigeant trotskyste, nous croisons Mélenchon. Il nous lance, en s’adressant particulièrement à lui : « Alors, on adhère dans son coin sans rien dire et en plus on critique le manque de démocratie de mon parti. Vous êtes entrés maintenant, vous sortez de mon parti. Dehors de mon parti ». « De mon parti, de mon parti » : on aurait dit Louis de Funès, hurlant « ma cassette, ma cassette »…

Tout cela est bien triste. Les belles paroles se sont envolées. Grands chefs et petits chefs vont s’accrocher à leur petite épicerie. Ces généraux de pacotille cherchent une armée de diffuseurs et de colleurs. Cette initiative est vouée à l’échec, dommage c’est une occasion ratée.

Si on vise avec un arc et que la flèche est déviée d’un millimètre au départ, la cible n’est pas atteinte.

Ca suffit comme ça !

Ce n’est pas cela que nous espérions.

Ce n’est pas cela dont les salariés ont besoin.

jackssoon@yahoo.fr


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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 20:26

"Je ne veux plus rentrer chez moi..." - Aline Pailler -21/03/2009   

"Les mots nous divisent, les actes nous unissent" Tupamaros (Uruguay)

Le 29 janvier, nous étions des millions, le 19 mars, 500 000 de plus et, si on écoute certains, il faudrait attendre le 1er mai?

Pourquoi pas la Saint Glinglin?

Et que fait-on d’ici là ?

Des grèves, des grèves administratives, des désobéissances civiles qui durent dans l'université, l'industrie, le commerce, l'enseignement, chez les sans papiers depuis des mois et il faudrait rentrer chez soi avec la gueule de bois, nos revendications, nos espoirs, nos projets de société remisés jusqu'au 1er mai?

Et pourquoi pas la Saint Glinglin?!

Vous savez bien que la cause de nos malheurs, c’est le système capitaliste?

Le Capitalisme, nous n'en voulons plus mais nous faisons comme si on devrait faire obligatoirement avec. Croyons-nous vraiment comme certains voudraient nous le faire croire qu'il est indépassable, juste "moralisable" ?

Le capitalisme, on en connaît les conséquences catastrophiques pour les femmes, les hommes, les corps et les esprits, l'humanité, les civilisations et la planète mais nous n'osons pas dire « NON » et ne plus rentrer à la maison, au travail car tout se passe comme si nous avions besoin d’attendre un ordre, un signal venu d’on ne sait quel « en haut » pour nous mettre à la révolution permanente.

Cela nous rassure-t-il vraiment de rentrer à la maison, au travail alors que nous savons que ces lieux sont de plus en plus menacés en France, en Europe, en Afrique, dans le Monde ?

Avons-nous peur de ne pas savoir penser, construire un autre modèle de société ? Est-ce pour cela que nous rentrons chez nous, au travail ? Pourtant, les résistants dans le Conseil National de la Résistance, les communards et bien d'autres ont pensé et élaboré un projet de nouvelle société dans la lutte! Et leurs propositions sont encore pertinentes aujourd'hui!

Ou pensons-nous peut-être ne pas avoir le choix ?

Pourtant, aujourd’hui-même en Amérique du sud, des peuples inventent chaque jour un autre avenir pour eux-mêmes et leurs enfants !

Pourtant, en Guadeloupe et ailleurs, des luttes tenaces se sont construites à partir de milliers de gouttes d’eau qui ont su et voulu se rassembler !

Nous le savons bien, comme tant de fois dans l’histoire, nous n'avons rien à attendre « d’en haut ». Le changement ne peut venir que de nous !

Les organisations, les associations, les syndicats, les partis, bref en un mot: le mouvement social c’est nous !

Alors assumons nos responsabilités devant l’histoire !

Prenons nos revendications en main!

Donnons sans attendre de la force au mouvement !

Il faut bien commencer, je me lance. Reprenons la balle avec des modes d'organisation inspirés de la Commune, par exemple:

Organisons-nous en Commune autour des mairies de village, de ville, de quartier et d'arrondissement

Diffusons dès aujourd’hui ce message de rendez-vous dans les entreprises, aux portes des commerçants, à la sortie des écoles, devant les pôles emplois, les associations de quartier, les PMI, les foyers de travailleurs immigrés, dans les transports en commun, les jardins publics…

Il suffit d’écrire sur une feuille le rendez-vous :

« Pour faire suite aux manifestations et aux grèves, Lundi soir à 18h30 devant la mairie, on discutera de la suite, amenez un gâteau ou un sandwich à partager on ne sait jamais…Signé : « Je ne veux pas rentrer chez moi !»

Désignons nos délégués pour faire le lien avec les entreprises en lutte et les autres ! la coordination est à construire avec des délégués aux mandats impératifs et révocables par l'assemblée.

Organisons des gardes pour les enfants, des repas froids etc...

Faisons passer ce message partout autour de nous en imprimant un petit texte, en parlant du rendez-vous à nos proches, voisins, collègues, amis…..

Diffusons ce message pour ceux qui ont des contacts en Europe ou ailleurs dans le monde

Commençons lundi soir à partir de 18h30 et, pour l'instant, donnons-nous rendez-vous tous les lundis et/ou tous les soirs à la même heure au même lieu. Des mairies, il y en a même sur les lieux de vacances!

Commençons à collecter les communiqués, bilans etc sur un site pour savoir vraiment où on en est. Je propose, par exemple le site "Je ne veux plus rentrer chez moi" qui s'est créé dans la foulée de « l'Appel des Appels »:    www.21mars2009.fr et faisons-le vivre.

Je vais également proposer ce texte-appel sur le site: http://www.rougemidi.org/

Ce n'est qu'un début...

La grève générale ne se décrète pas, mais elle s'organise et se construit!

NOUS NE VOULONS PLUS RENTRER CHEZ NOUS !

RENDEZ-VOUS LUNDI 23 MARS DEVANT LA MAIRIE LA PLUS PROCHE DÈS 18H30!

ORGANISONS LA GRÈVE GÉNÉRALE À NOTRE RYTHME !




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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 22:08

Allemagne : le congrès de Die Linke affiche son soutien pour l’UE

Par Dietmar Henning

www.wsws.org

Le congrès européen du parti Die Linke (La Gauche) qui eut lieu le week-end dernier à Essen, dans la région de la Ruhr, s’est prononcé sans équivoque en faveur de l’Union européenne. Ce faisant, Die Linke remplissait une condition de base pour son éventuelle participation au gouvernement après les élections fédérales qui doivent se tenir en septembre prochain.

Tous les intervenants, y compris les deux présidents du parti, Lothar Bisky et Oskar Lafontaine, ont précisé que le rejet du parti du Traité de Lisbonne n’était lié à aucune hostilité en tant que telle envers l’UE. Bisky, qui a été désigné tête de liste pour les élections européennes en juin prochain par plus de 93 pour cent des délégués, a dit : « Die Linke ne tient ni à abolir l’Union européenne ni à revenir à une exclusivité des Etats-nations. » Lafontaine a tenu des propos similaires. « Il n’y a pas d’ennemis de l’Europe à ce congrès », a-t-il dit. Il n’est nullement contre l’Union européenne mais est plutôt en quête d’une « UE différente ».

Avant le congrès, un débat vigoureux s’était engagé au sein de Die Linke au sujet du Traité de Lisbonne qui avait été élaboré pour remplacer la constitution européenne qui échoua en étant définitivement rejetée par les électeurs français et néerlandais lors des référendums de 2005.

Die Linke est l’un des trois groupes à avoir déposé une plainte contre le Traité de Lisbonne auprès de la Cour constitutionnelle fédérale (Bundesverfassungsgericht). Deux membres de Die Linke qui sont tous deux des députés allemands de longue date au parlement européen, Sylvia-Yvonne Kaufmann et André Brie, ont exprimé leur soutien au Traité de Lisbonne. En raison de leur soutien au traité, ils ont tous deux été évincés de la liste des candidats retenus par la direction du parti pour les élections européennes de cette année.

De ce fait, certains médias avaient reproché à Die Linke d’être « anti-européen » (FAZ) et de représenter une opposition « radicale » et « une attitude critique vis-à-vis du système » de l’UE (West Allgemeine Zeitung (WAZ) et Die Welt). Bisky et Lafontaine se sont efforcés tous deux de réfuter ses affirmations.

L’Union européenne avec son énorme appareil bureaucratique de Bruxelles représente sans ambiguïté les groupes financiers et économiques les plus puissants d’Europe. Au nom de la libre concurrence, l’UE impose la suppression des droits des travailleurs, applique une redistribution fondamentale des ressources sociales au profit des riches et défend aussi les intérêts des grandes puissances européennes par des moyens militaires. Le travail de l’UE est dicté par une armée de membres de groupes de pression à Bruxelles et ses institutions opèrent en se soustrayant pratiquement à tout contrôle démocratique.

Die Linke ne rejette pas l’Union européenne. Au contraire, il essaie de draper l’UE du manteau de la démocratie. C’est en cela que réside la véritable signification de la plainte juridique déposée contre le Traité de Lisbonne.

Lafontaine réclame un référendum sur le traité, davantage de droits pour le parlement européen, un « gouvernement économique » européen ainsi que des niveaux minimums pour les impôts et les questions sociales. De plus, il critique le fait que le « déploiement de forces militaires par l’Union européenne ne soit pas expressément lié à un contrôle parlementaire ».

Die Linke n’est pas le seul plaignant à élever des objections contre le Traité de Lisbonne. D’autres plaignants comprennent le politicien de droite Peter Gauweiler (Union chrétienne-sociale, CSU) et un groupe dirigé par Franz Ludwig Graf Stauffenberg (CSU), le fils de l’homme qui avait tenté d’assassiner Hitler. Ils sont aussi d’avis que le traité « n’est plus compatible avec les structures essentielles d’un Etat démocratique constitutionnel » (Stauffenberg). Même la Cour constitutionnelle fédérale admettait dans ses auditions initiales que les plaignants pourraient avoir gain de cause en faisant appel.

Lafontaine qui était le président de 1995 à 1999 du Parti social-démocrate pro-UE a des liens étroits avec la France. En 2005, lorsque la constitution européenne fut rejetée par deux nations communautaires, en dépit du soutien reçu par les principaux partis politiques européens, Lafontaine fut la seule personnalité politique allemande influente à avoir participé aux réunions appelant à voter contre la constitution.

L’Union européenne est également fortement impopulaire dans beaucoup d’autres pays. Partout où la population a eu l’occasion d’exprimer son opinion, elle a rejeté la constitution européenne et le Traité de Lisbonne. Les interventions militaires européennes en Afghanistan et ailleurs rencontrent une opposition tout aussi farouche de la part de l’opinion publique.

Die Linke veut créer une soupape de sécurité pour ce mécontentement tout en maintenant l’Union européenne. Le parti redoute, tout comme la bureaucratie syndicale, qu’il sera plus difficile de contenir et de canaliser l’opposition publique lorsque les pouvoirs quasi dictatoriaux de l’UE seront renforcés avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.

Kaufmann et Brie ont compliqué la situation pour Die Linke en soutenant ouvertement le Traité de Lisbonne. Ils jouissent d’un soutien substantiel au sein du parti. Ils ont tous les deux bénéficié d’un soutien considérable de la part des délégués quand ils s’étaient portés candidats et ce en dépit de toute recommandation de la direction du parti. Tous deux ne peuvent compter que sur le soutien des fédérations de l’ancien Parti du socialisme démocratique (PDS, le prédécesseur de Die Linke) qui sont actives dans les municipalités en Allemagne de l’Est et qui reçoivent des subventions de Bruxelles.

Kaufmann avait rejoint en 1976 le SED (Parti socialiste unifié d’Allemagne, SED, le parti stalinien unique de l’ancienne Allemagne de l’Est et prédécesseur du PDS) ; elle fut l’une des candidates tête de liste du PDS lors des élections européennes en 1994, 1999 et en 2004. Elle avait personnellement participé à l’élaboration du Traité de Lisbonne (recevant la Croix fédérale du mérite pour services rendus) et avait voté pour le traité au parlement européen.

Brie fait partie du SED depuis 1970 et fut un membre dirigeant du PDS, beaucoup le considèrent comme l’un des « idéologues en chefs » du parti. Il a occupé un bon nombre de postes dans le parti notamment en tant que directeur de campagne électorale, de membre de la commission des principes fondateurs du parti et de vice-président. Tout comme Kaufmann, il siège au parlement européen depuis 1999 et plus récemment comme membre du Comité de la sécurité et de la défense des droits de l’homme. Contrairement à la ligne du parti, il soutient également l’actuel déploiement des troupes allemandes en Afghanistan.

Ces deux soi-disant « politiciens réalistes » (Realpolitiker) ont tiré la seule conclusion logique du soutien de Die Linke de l’Union européenne : si l’on soutient l’UE en principe, alors l’on doit s’engager pour la poursuite de ses objectifs au sein de ses comités. Kaufmann et Brie ont précisément fait cela au cours de ces dernières années.

Lors du congrès du parti, le président Bisky a expressément remercié Kaufmann pour son « engagement » au parlement européen. Le Traité de Lisbonne, selon Bisky, représente aussi un pas en avant. Il « a élargi les droits du parlement européen et des parlements nationaux, il a introduit un autre mode de vote au Conseil, et il a ancré l’engagement de la charte des droits fondamentaux de l’UE ainsi que les premiers pas de la démocratie participative ». Ceci est bien loin de toute opposition fondamentale aux traités de l’UE.

Compte tenu du vaste soutien dont bénéficient Kaufmann et Brie en Allemagne de l’Est, Lafontaine a exigé des membres du parti qu’ils respectent le système proportionnel entre les candidats de l’Est et de l’Ouest du pays.

« Les listes ont un sens parce qu’elles contribuent à nous souder ensemble », a expliqué Lafontaine avant le vote. « C’est pourquoi nous avons essayé de réaliser un équilibre entre l’Est et l’Ouest entre femmes et hommes. Ce ne serait pas bien si des candidats supplémentaires de l’Est venaient à exclure de la liste des candidats de l’Ouest. Evitez s’il vous plaît ceci, il n’est question que d’Est contre Est ou Ouest contre Ouest, rien d’autre. »

Jusque-là, le SPD a justifié son refus d’envisager une coalition au niveau fédéral avec Die Linke sur la base de la politique étrangère de ce dernier et de son refus des missions internationales de l’armée allemande. Le niveau relativement élevé de soutien pour Kaufmann et Brie prouve que si l’occasion se présentait pour Die Linke d’entrer au gouvernement, il se rallierait rapidement à la ligne pro-UE du gouvernement et de l’establishment allemands.

L’opposition du parti au militarisme n’est qu’une autre carte entre les mains de sa direction et qu’elle pourra jouer lors de futures négociations de coalition. Ceci apparaît avec évidence même aux commentateurs conservateurs. Samedi dernier, l’édition on-line du journal FAZ écrivait : « L’exigence de retrait des troupes allemandes d’Afghanistan reste une position centrale de Die Linke, du moins jusqu’aux élections fédérales en septembre. »

(Article original paru le 5 mars 2009)




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