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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 20:07

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Pierre_Barbancey.070809.htm


Un journaliste français arrêté par la police à Jérusalem

Pierre Barbancey

Israël. Notre confrère prenait des photos de l'expulsion de familles palestiniennes dans la partie occupée de la ville.

La police et l'armée israéliennes ont beau marteler que, quoi qu'elles fassent à Jérusalem-Est, elles sont dans leur droit puisque « Jérusalem est la capitale une et indivisible d'Israël » (même si aucun pays au monde ne reconnaît l'occupation de la partie orientale de la ville), il semble néanmoins que les témoins ne soient pas les bienvenus. Pour preuve, ce qui s'est passé en début de semaine, dans le quartier de Sheikh Jarrah.

Deux familles palestiniennes expulsées

La police anti-émeute israélienne a expulsé deux familles palestiniennes, Ghawi et Hanoun, de leurs maisons. Elles vivaient là depuis cinquante ans, depuis qu’elles sont devenues réfugiées en 1948, forcées de quitter - déjà - leurs habitations situées dans ce qui est maintenant Jérusalem-Ouest. Un tribunal israélien, saisi par un organisme de colons, Nahalat Shimon International, a ordonné aux deux familles de quitter leurs domiciles, leur donnant jusqu’au 19 juillet pour le faire, sous peine d’emprisonnement et d’amendes. Les maisons reviendraient aux colons. « Nahalat Shimon International veut démolir toute une partie du quartier, en chassant plusieurs centaines de Palestiniens, pour construire 200 logements pour des colons », affirme l’ONG israélienne Ir Amim, spécialisée dans le suivi de la colonisation de la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée par Israël en 1967.

Fin juillet donc, les colons sont arrivés à Sheikh Jarrah, sous protection policière, pour prendre possession des lieux. Les familles palestiniennes étaient encore là. Avec elles, des militants internationaux, venus les soutenir. Parmi eux, un groupe de Génération Palestine et un journaliste français (carte de presse n° 106 731), Nadir Dendoune. Notre confrère était en train de prendre des photos lorsque les policiers israéliens l’ont embarqué manu militari. Il raconte : « Ils m’ont emmené jusqu’à leur voiture et m’ont pris mon passeport non sans m’avoir donné des coups dans le ventre. L’un d’eux m’a dit qu’ils allaient me tuer tout en passant son pouce sur sa gorge, en signe d’égorgement. Un autre a dit que je n’étais pas français, que je m’appelais Nadir et que j’étais un putain d’arabe. »

Dendoune est alors transféré au sinistre commissariat du Russian Compound, à Jérusalem, connu pour les sévices infligés aux prisonniers palestiniens. « Ils m’ont mis avec des Palestiniens dans une cellule. Les gardiens venaient me réveiller toutes les heures en demandant, à chaque fois, mon nom, mon prénom et ceux de mon père. » Il est ensuite présenté devant un tribunal, mains et pieds menottés, comme un criminel. L’audience n’aura pas duré dix minutes. « On lui reprochait deux choses », précise Léa Tsemel, avocate israélienne des droits de l’homme, bien connue, venue défendre Nadir. « D’abord d’être entré dans une propriété privée », c’est-à-dire les maisons que les colons se sont octroyées, et « d’avoir dérangé un policier ». Léa Tsemel, comme nous, ne sait pas très bien ce que signifie « déranger un policier ». Habituée au surréalisme judiciaire israélien, elle traduit cela par un refus d’obéissance. Nadir n’a plus le droit de se rendre à Sheikh Jarrah pendant 181 jours ! Une condamnation qui témoigne à elle seule du caractère politique de l’infraction reprochée au journaliste et autres inculpés : des Américains, des Suédois, des Allemands, des Britanniques et quelques Israéliens et Palestiniens.

Les Palestiniens dénoncent la colonisation

Les Palestiniens, qui veulent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de leur futur État, dénoncent la colonisation comme le principal obstacle au processus de paix. Plus de 200 000 Israéliens sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, où vivent 270 000 Palestiniens. Le but d’Israël est de judaïser la ville et de refuser ensuite aux Palestiniens toute revendication sur Jérusalem. Nadir en a été le témoin. La police a saisi ses clichés.

Publié le 8 août 2009 avec l'aimable autorisation de L'Humanité







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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 19:50

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/08/06/pour-marc-gentilini-on-assiste-a-une-pandemie-de-l-indecence_1226376_0.html


Pour Marc Gentilini, on assiste à une "pandémie de l'indécence"

LEMONDE.FR | 06.08.09 | 20h18  •  Mis à jour le 06.08.09 | 21h43

Le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses, est membre de l'Académie de médecine et l'ancien président de la Croix-Rouge.

Comment jugez-vous la gestion de la grippe A ?

Le poids qu'on attribue à la grippe A est indécent par rapport à l'ensemble de la situation sanitaire dans le monde. C'est une pandémie de l'indécence. Quand je regarde la situation de la planète, j'ai honte de voir tout ce qui est entrepris pour éviter cette grippe dont on ne sait que peu de chose.

Chaque semaine dans le monde, près de 200 000 enfants meurent de maladies. La plupart auraient pu être sauvés s'ils avaient eu accès à des médicaments ou à des programmes de prévention. Chaque année, 1 million de personnes meurent du paludisme dans l'indifférence quasi générale, dont 20 à 30 cas importés dans notre pays. La grippe A n'a provoqué qu'un décès discutable en France. Cette pauvre fille de 14 ans est probablement morte d'une autre cause. Mais un mort ici compte beaucoup plus que des milliers ou des millions ailleurs.

Les pouvoirs publics ont quand même le devoir de prévoir les risques sanitaires...

Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux décideurs politiques qui sont piégés par leur "principe de précaution". Le désastre de la canicule de 2003, politiquement, les hante.

Les recommandations de porter un masque, de se laver les mains ou de nettoyer les poignées de porte ne coûtent pas cher.  Tout cela a été bien fait par les pouvoirs publics et cette campagne ne coûte pas cher. Parler de "grippette" [terme évoqué par le professeur Bernard Debré dans un entretien au Journal du dimanche] n'est pas sage. Pour l'instant c'est une grippette, mais pour demain, les pouvoirs publics ont raison d'envisager une dégradation sans céder au terrorisme sanitaire de certains "experts".

Que pensez-vous de la possible campagne de vaccination ?

La décision d'acheter massivement des vaccins dont on ne sait rien, pour 1 milliard d'euros, ne me paraît pas raisonnable. C'est une mesure qui est dans la démesure. Un milliard d'euros, c'est trois fois plus que l'aide de la France aux pays en développement !

Que l'on décide de vacciner les populations à risque, les soignants, les pompiers et tous ceux qui doivent être mobilisés afin de rester disponibles au service de la collectivité, d'accord. Mais de là à vacciner tout le monde...

On ne sait rien de l'efficacité de ce vaccin et de ses éventuels effets indésirables. La souche du virus est bénigne, mais si elle mute et devient maligne, le vaccin qui a été élaboré à partir de la source bénigne sera inefficace.

L'industrie pharmaceutique a-t-elle exercé des pressions sur les autorités ?

Je ne sais pas s'ils ont exercé une pression et si, le cas échéant, les autorités en ont été victimes. Je sais que c'est une très bonne affaire pour les producteurs de vaccins ! Ce sont des entreprises privées qui ont besoin de faire des bénéfices. Je l'accepte. Néanmoins, c'est vraiment trop onéreux, et il est évident que tout cela doit être renégocié. Par ailleurs, on n'a pas beaucoup songé à l'accès aux vaccins des pays du Sud. Or, en matière de pathologie infectieuse, nous sommes tous solidaires. La pandémie est pour tous !

Est-ce le principe de précaution qui est en cause dans cet affolement ?

Le principe de précaution, en soi, est une bonne chose. Il faut évidemment faire le maximum pour éviter le pire. L'OMS donne l'impression de vouloir se racheter d'erreurs antérieures. Elle a commis un déni dramatique d'appréciation du sida qui a été, au début, sous-estimé, notamment en Afrique. Depuis, elle a peur de commettre la même erreur. A chaque nouvelle alerte, avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou la grippe aviaire par exemple, on nous a préparés au pire. Heureusement, ça a tourné court, mais à la longue, on risque de désarmer son attention.

On nous a prédit le pire, mais l'opinion publique garde son calme. Elle enregistre, elle constate que la grippe A n'est pas très symptomatique et que les formes dites graves se comptent sur les doigts d'une main en France, même si on nous promet un automne douloureux.

On a d'un côté surestimé des situations qui se sont révélées peu graves, alors que trop de situations explosives, comme le sida ou le paludisme, restent sous-estimées.

Propos recueillis par Jonathan Parienté



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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 17:51


http://www.frontsyndical-classe.org/article-34696921.html

 

Vous avez dit collaboration ?

Pendant que les bases syndicales se battent contre la régression sociale tous azimuts et notamment contre la casse de l'industrie et les délocalisations, au sommet, on ne parle plus que syndicalisme d'accompagnement, cogestion, intégration aux institutions du dialogue social, négociations à froid, ...

Pour ceux qui doutent encore du glissement de la CGT sur des bases d’accompagnement et de gestion de la crise, il n’y a qu’a voir les prises de position progressives engagées dans la dernière période et le développement d’organismes travaillant de concert avec les structures gouvernementales et patronales ; c’est l'heure des experts de tous bords que l’on retrouve dans les organisations prêchant une accélération du moule européen.

Après le cas de JC Le Duigou, membre de la Commission de Régulation de l'Energie chargée entre autres de veiller « à ce que les conditions d’accès aux réseaux d’électricité et de gaz naturel n’entravent pas le développement de la concurrence », le FSC communique quelques éléments concernant le groupe Alpha.

Documentation : Roger Silvain , président du Front Syndical de Classe

La "double casquette" du Groupe Alpha

Par Nolwenn Le BLEVENNEC - Le Journal du Dimanche

Cet été, deux entreprises affichent une mine rayonnante. D'un côté Sodie Emploi, cabinet spécialisé dans le reclassement des salariés, qui conseille les dirigeants d'entreprise. Son chiffre d'affaires a progressé de 40% au premier trimestre, selon Les Echos, et il recrute massivement depuis le 1er janvier. Sodie Emploi s'occupe, entre autres, du reclassement des papeteries PSM (Oise) et Lédar (Ariège) ou des 3 Suisses, à Roubaix (Nord).

De l'autre côté, Secafi, spécialisé dans l'audit des plans sociaux, qui travaille pour le compte des comités d'entreprise (CE).

L'activité de ce cabinet est également florissante : en ce moment, plus de 200 plans sociaux ont lieu tous les mois en France, un record. "Très proche de la CGT, Secafi est présente dans plus de la moitié des dossiers", estime un expert du secteur. Or ces entités, Sodie Emploi et Secafi, appartiennent en fait au même groupe : Alpha.

Sur le terrain social, très mouvant aujourd'hui, ce positionnement unique agace de plus en plus. Alors que ses concurrents sont spécialisés dans le conseil aux comités d'entreprise - notamment Syndex ou Legrand Fiduciaire - ou l'accompagnement des directions - comme BPI ou Altedia -, le groupe Alpha est accusé de jouer double jeu, certains pointant le conflit d'intérêt.

Dans les faits, lorsque la CGT est puissante au sein des CE, Secafi est très souvent choisie comme cabinet d'audit. Les dirigeants d'entreprise seraient alors tentés de faire appel à sa soeur jumelle, la Sodie, pour acheter la paix sociale : "La CGT a un rôle de consultation. Pour les reclassements, elle soutient la Sodie et les dirigeants cèdent pour éviter les problèmes", explique un expert dans un cabinet concurrent. Lesquels ? Sur le blog des salariés de Gandrange [en fait le blog de la CFDT de Gandrange, donc pas vraiment neutre NdlR], on trouve ce témoignage d'un salarié d'une entreprise en région parisienne: "La Sodie, non contente d'avoir perdu le contrat, a utilisé l'antenne locale de la CGT d'Evry pour inciter les gens à ne pas se rendre aux rendez-vous de reclassement."

Certains pointent un conflit d'intérêt

Aux 3 Suisses, un plan de sauvegarde pour l'emploi (PSE) visant à supprimer 674 postes est en cours. Comme cela arrive souvent, Secafi et Sodie travaillent main dans la main. Mais une responsable cégétiste, Fatiha Bouzaoui, dément toute complaisance: "La CGT n'a jamais poussé pour que l'on choisisse la Sodie. Sa présentation était juste la meilleure, c'était la plus spontanée. A ma connaissance, il n'y a pas de manipulations." Pierre Ferracci, le PDG de Groupe Alpha et actionnaire majoritaire, réfute également ces accusations. Selon lui, il est parfaitement complémentaire de préserver des emplois menacés lorsque c'est possible et de faciliter la reconversion des salariés lorsqu'il n'y a pas d'autre solution.

En 2008, Pierre Ferracci a également participé à un groupe de travail pour le compte de l'Elysée, sur le thème de la formation professionnelle, et à la commission Attali sur la libéralisation de la croissance. Vendredi, Sodie Emploi a encore réussi un gros coup. Le cabinet devrait être le principal bénéficiaire de l'opération de sous-traitance privée de la gestion des chômeurs opérée par Pôle Emploi. Il se voit attribuer le suivi de 22% des 320 000 demandeurs d'emploi concernés.

Pierre Ferracci PDG du groupe Alpha

Cet ancien économiste du CE et CCE Chausson dans les années 75 monta ensuite son propre cabinet « Secafi » pour devenir le cabinet officiel de la CGT. Elargissant son champ d'action avec l'appui de la Cgt, il créa le groupe alpha pour lequel il a récupéré plusieurs anciens économistes du CCE Renault comme Pascal Nonat (qui devint économiste de la Fédé Cgt métaux à l’époque ou celle-ci était dirigée par Jean-Louis Fournier pour rejoindre ensuite le cabinet Secafi.

Parmi les anciens économistes du CCE Renault figure également Mireille Battut, directrice département international d’ALPHA, ou Sonia Hacquemand.

Le groupe Alpha et Secafi n'embauchent plus de militants Cgt ou de jeunes économistes marqués ‘’lutte de classe’’. Le groupe alpha s'est rapproché de l'Elysée et a obtenu 22% du marché privé chargé de concurrencer le secteur public pour les chercheurs d'emploi l'article du journal du dimanche est riche d'enseignement de Sarko félicitant publiquement B. Thibault pour sa gestion des luttes pour le premier semestre au rapprochement des secteurs de la confédération avec le Medef et le pouvoir ce n'est plus un fil à la patte mais un véritable cordage.

Autour du groupe Alpha s'est tissée une toile d’araignée spécialisée dans l’accompagnement du déclin comme le montre l’article de Libération de juin 1995 :

« La reconversion de la Sodie, filiale anti chômage. Elle vend désormais son expérience dans le reclassement hors d'Usinor-Sacilor.

« Je vous demande de prendre toutes les dispositions pour que la Société pour le développement de l'industrie et de l'emploi (Sodie) poursuive pour une durée indéterminée ses opérations de réindustrialisassions, et particulièrement en Lorraine.» Signé. Alain Juppé.

En envoyant cette lettre hier matin au patron d'Usiner-Sacilor, Francis Mer, le Premier ministre a fourni un véritable décontractant aux organisations syndicales du groupe.

Non seulement il confirme la mission sociale de la filiale du groupe, mais il remet le couvert pour les salariés nés en 1942 en autorisant les «retraites progressives d'activité», les fameuses RPA dont Francis Mer cherchait à se débarrasser.

Alain Madelin, ministre de l'Économie et des Finances a renchéri un peu plus tard en précisant que l'Etat prend «l'engagement d'accompagner l'entreprise dans un plan spécifique", si retournement de conjoncture il devait y avoir.

Pas de privatisation sans volet social, c'était promis. C'est fait,

La Sodie, filiale à 100% d'Usinor-Sacilor, va donc pouvoir poursuivre et même renforcer son action en faveur de la réindustrialisation des zones sinistrées, et continuer à reclasser des sidérurgistes. Même si ces derniers sont moins nombreux aujourd'hui, il reste toujours quelque chose à faire dans ce domaine.

Née lors de la réunification d'Usinor et de Sacilor en 1987, la Sodie est l'héritière des sociétés (Sodilor pour la Lorraine, Sodicar pour les Ardennes, Somideve pour le Midi, etc.) mises en place par le gouvernement Mauroy en 1983 afin d'aider les régions éprouvées par le déclin de la sidérurgie à recréer des emplois. Douze ans plus tard, il reste encore du pain sur la planche pour effacer les traces des 100.000 postes de travail disparus dans le secteur,

A Longwy, par exemple, il ne reste que 600 sidérurgistes sur les 24.000 qui travaillaient en 1983,

La Sodie a pris le relais, tout en élargissant son rayon d'action. « Nous avons la conviction que c'est un marché fantastique», s'enthousiasme le PDG Jacques Périès, qui rêve de développer sa société (130 millions de francs de chiffre d'affaires) au rang d'une véritable entreprise avec sa clientèle.

Depuis deux mois, la Sodie, qui emploie 260 personnes réparties dans 11 agences et 26 bassins d'emploi, a commencé à s'attaquer à la réindustrialisation des quartiers nord de Marseille. Objectif: attirer des entreprises dans cette zone difficile en leur prêtant l'argent nécessaire, à des taux de 5 ou 6% sur dix ans, sans d'autre garantie que celle de l'étude de leur dossier. Même chose à Roubaix ou à Lorient. Depuis un an et demi, à la demande du ministère de la Défense, la Sodie s'est engagée, moyennant une aide de 30 millions de francs par an, à créer 1.800 emplois.

Dans sa lettre d'hier, Alain Juppé a d'ailleurs fermement rappelé qu'il souhaitait que le retour de ces prêts (120 millions de francs par an) soit totalement réaffecté à la réindustrialisation.

La mission de la Sodie ne s'arrête pas là: depuis 1990, elle prend également en charge la reconversion de ses propres salariés qui quittent le groupe, Depuis, 4.500 sidérurgistes, volontaires ou « notifiés », c'est-à-dire victimes d'une restructuration (50% cette année), en ont profité.

Chacun bénéficie des garanties Sodie : propositions de contrats à durée indéterminée uniquement, compensation durant cinq ans en cas de perte de salaire et assurance d'un nouveau reclassement si un licenciement économique survient deux ans après leur départ. Apres dix-sept ans passés dans le groupe en moyenne. 42% de ces "reclassés" se sont dirigés dans les services. Expertisée tous les ans par le cabinet Secafi Alpha à la demande du comité de groupe, l'activité de la Sodie serait cependant moins performante que par le passé, du fait de la montée de la précarité et des contrats à durée déterminée. Pis, elle serait en tram de se tasser.

Mais forte de son expérience, la Sodie échange maintenant du personnel avec l'ANPE, démarre une mission de reconversion pour des chômeurs de longue durée, travaille pour d'autres entreprises (Perner, Digital, Coca-Cola...) et fait désormais payer sa maison mère pour ses services. Cette dernière, qui captait 80% de l'activité de la Sodie, ne devrait plus représenter que 25c'c en 1996. Bref, la société se transforme en cabinet professionnel du traitement du chômage. « La Sodie est exactement dans l'axe des préoccupations du gouvernement", se réjouit Jacques Pênes. Sur le terrain social, la filiale d'Usinor Sacilor a bien l'intention d'émettre une foule de suggestions au gouvernement. Elle souhaite par conséquent, sans se détacher du groupe, que l'Etat prenne une participation dans son capital. »

http://www.liberation.fr/evenement/0101145100-la-reconversion-de-la-sodie-filiale-antichomage-elle-vend-desormaisson-experience-dans-le-reclassement-hors-d-usinor-sacilor

Aujourd'hui, le groupe Alpha est un acteur incontournable de la collaboration Etat-Patronat-Directions syndicales. Voir ci-dessous des extraits des actes d'un de ses récents colloques (mars 2009)


(http://25ans.groupe-alpha.com/uploads/File/Actes_ColloqueAlpha%2018052009.pdf) :

Aux réunions de dirigeants et militants CGT, ce sont d’abord ces experts qui donnent le ‘‘la’’ directement dans les documents préparatoires.

Dans la dernière période, à petites doses progressives, les analyses de la CGT sont déterminées non plus sur une analyse de classe, mais par des cabinets extérieurs dont les grands groupes industriels tirent les ficelles comme Sacilor.

Exemple le 13 septembre 2003 aux assises de l'emploi industriel organisées par la FTM -CGT en partenariat avec ALPHA ETUDES

Dans ce document, il était déjà écrit :

« Une partie de la prétendue « désindustrialisation » n'est en fait que le reflet de l'intégration croissante des services et de l'industrie, comme cela avait d'ailleurs été souligné dans le rapport 2001/2002 de la Commission Permanente de Concertation pour l'Industrie (CPCI) dans laquelle siège, entre autres, D. Gautier-Sauvagnac Délégué Général de l'UIMM.

Dans de nombreux domaines, la demande est de moins en moins orientée vers le simple produit industriel stricto sensu mais de plus en plus vers le produit et les services qui lui sont associés.

Par exemple, dans l'aéronautique, les motoristes ne livrent plus simplement un moteur' d'avion, mais vendent des heures de vols aux compagnies aériennes clientes. On assiste au même phénomène dans l'automobile et l'informatique.

Cette évolution a des conséquences majeures sur la nature des emplois. »

Confrontations Europe

Comme par hasard, les dirigeants d’ALPHA mijotent leurs analyses dans l’organisation « confrontations» d’Herzog, avec Le Duigou, les PDG et dirigeants d’entreprises, les Rocard et compagnie, tous sont des farouches défenseurs de l’Europe supranationale. Les dirigeants d’ALPHA qui se retrouvent aussi dirigeants de « confrontation » développent cette même ligne de soumission : Tous ont milité pour le Oui au référendum et tous impulsent les orientations désastreuse de la CGT pour mieux calquer celles de la CES et bien évidemment leur leader John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des Syndicats (CES) qui appelle à la création d’une nouvelle alliance sociale qui unirait les syndicats au monde des affaires et aux gouvernements afin de contrer l’orgie auto-destructrice des marchés financiers.

« Créée en 1992, Confrontations Europe est une association non partisane qui réunit des dirigeants d’entreprises, des syndicalistes, des acteurs territoriaux, associatifs et politiques, des intellectuels et des étudiants de plusieurs pays d’Europe, autour d’un engagement : la participation active de la société civile à la construction de l’Europe.

L’association s’est beaucoup développée. Elle est devenue un réseau large de citoyens et d’acteurs européens, un think tank européen reconnu à Bruxelles, et un lobby actif auprès des institutions. »

Conseil de direction de Confrontations Europe

Le Conseil de direction est concerté régulièrement sur les grandes orientations de l’association proposées par le Conseil d’Administration, et débattues par l’Assemblée générale.

Les membres du Conseil de direction

Jean-Paul Bailly, Président du groupe La Poste
Michèle Debonneuil, membre du Conseil d’Analyse Economique
Jacky Fayolle, Directeur du Groupement d’Intérêt Economique DIAL, Développement, Institutions et Analyses de Long terme
Claude Fischer, Secrétaire Générale de Confrontations Europe
Jean Gandois, Vice-Président du Conseil d’Administration de Suez
Philippe Herzog, Président fondateur de Confrontations Europe
Alain Lamassoure, Membre du Parlement européen
Jean-Christophe Le Duigou, Secrétaire national à la CGT
Jacques Maire, Directeur des Affaires européennes, groupe AXA
Francis Mer, Président de SAFRAN, ancien ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
Michel Pébereau, Président du Conseil de surveillance de BNP-Paribas
Jean Peyrelevade, ancien Président du Crédit Lyonnais
Franck Riboud, Président Directeur Général du Groupe DANONE
Jean-François Trogrlic, ancien Secrétaire national de la CFDT, Directeur du BIT à Paris

La Présidente de Confrontation, Claude Fischer est aussi grande dirigeante du groupe ALPHA tout comme Mireille Battut.



 

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 17:16


C'était émouvant et joyeux à la fois, comme si les gens étaient heureux de partager leur misère. Quand les coups durs sont là, on appelle cela la solidarité. Hier, dans la zone industrielle nord de Châtellerault, de nombreuses délégations syndicales d'entreprises en difficulté ou carrément fermées sont venues dire leur soutien aux 366 salariés de New Fabris, fabricant de pièces automobiles.

Le tribunal de commerce a annoncé sa liquidation en juin dernier. Depuis, les ouvriers bataillent pour décrocher une prime de licenciement pour tous de 30 000 euros auprès de Renault et PSA, qu'ils fournissent exclusivement. Pour faire pression ils ont menacé début juillet de brûler leur ancien outil de travail et les pièces usinées, ainsi que de faire exploser cinq bonbonnes de gaz qu'ils ont mises bien en évidence à l'intérieur du site. Un ultimatum est fixé aujourd'hui, 31 juillet, midi (lire ci-dessous).

Hier, la manifestation se voulait nationale. Et elle l'a été. « Notre but est de regrouper un maximum de délégations et créer un collectif pour se battre tous ensemble. Nous n'avons eu que huit jours pour organiser tout ça, mais les camarades ont répondu présent malgré les vacances. Ce qui n'est pas le cas de nos responsables syndicaux nationaux qu'on n'entend pas et à qui nous offrions une opportunité de se racheter », explique Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du comité d'entreprise des Fabris. Chaque nouvel arrivant était invité à laisser ses coordonnées sur un cahier prévu à cet effet.

Ford est là mais pas JLG

Apparaissent sur la liste les sociétés qui ont fait l'actualité sociale de ces derniers mois : Continental (Compiègne), Freescale (Toulouse), Rencast (Châteauroux), Philips (Dreux), Molex (Villemur), Ford (Blanquefort), Aubade (Saint-Savin) SBFM (Lorient), Goodyear (Amiens), Flextronics (Saint-Étienne), Peugeot (Saint-Ouen)... Manquent à l'appel les JLG de Tonneins (Lot-et-Garonne) qui ont obtenu 30 000 euros d'indemnités supralégales pour les 53 salariés licenciés en... menaçant de faire sauter leur usine à la bouteille de gaz. « Il nous fallait cinq heures de route et nous avions une nouvelle réunion avec la direction. Que les Fabris sachent que l'on est totalement avec eux. Nous, on a abouti grâce à leur idée et on espère bien qu'ils y arriveront aussi », s'est excusé le secrétaire du CE Christian Amadio.

Défense de la ligne dure

Denis Rivier (F0 Métallo Flextronics) a fait le déplacement, seul, depuis Saint-Étienne. « Même si je désapprouve la méthode, s'il n'y avait pas eu les bonbonnes de gaz nous ne serions pas là. Nous devons arrêter de nous bagarrer chacun dans notre coin. Il faut créer un véritable G8 syndical et se retrouver tous, par millions, au même endroit », dit-il. Dans les rangs, après une visite improvisée de l'usine, où des pièces neuves sont entassées par tonnes, 3 000 participants échangent des tracts et des autocollants.

Parmi les plus actifs, les six représentants des pneus Continental de Clairoix, que tout le monde surnomme les Conti. Eux sont parvenus à obtenir gain de cause dans leurs revendications. Ils ne regrettent pas le saccage d'une préfecture et défendent la ligne dure. « Qui sont les plus responsables de la misère, ceux qui mettent des bouteilles de gaz ou les patrons et les politiciens qui ferment et délocalisent ? » questionne Christian Lahargue.

Son collègue Xavier Mathieu est encore plus virulent : « Ils claquent dans le plan social le prix d'une usine neuve et ils y retrouvent encore leur compte. Notre avantage sur vous c'est d'être 1 200 au lieu de 300. À chaque manif et à l'AG quotidienne nous étions 600 et notre interlocuteur était allemand, c'est autre chose que Renault ou PSA. On n'a pas hésité à brûler des pneus de Porsche Cayenne à 400 euros pièce sur le pont de Compiègne et au bout, sur quatre mois de grève on ne m'a enlevé que trois jours de salaire », déclare-t-il à un petit groupe de Fabris impressionnés. Avec ses vingt-deux ans de boîte, il se félicite d'avoir obtenu 80 000 euros d'indemnités et 80 % de salaire versé sur un an. En revanche il ne décolère pas sur les fédérations au niveau national qui « sont juste là pour les photos à l'Élysée ». Bernard Thibault en prend pour son grade.

Dans les discussions, autour du barbecue saucisses offert par les pompiers de Châtellerault, l'animosité est récurrente. « Ils sont devenus incapables de prendre une initiative. À force de vouloir se la jouer syndicat moderne en négociant avec le gouvernement et le président, ils ont perdu toute combativité. L'enjeu d'une journée comme aujourd'hui est de tisser des liens avec la base et de s'organiser pour une bagarre plus radicale. Si on y parvient nous n'aurons plus besoin des têtes pensantes », assure Philippe Poutou, venu de Gironde avec trois compères de la CGT représenter ce qu'il reste de Ford-Blanquefort.

Concert/débat à Blanquefort

Au passage il signale la tenue d'un concert et d'un débat auquel seront conviés tous les présents du jour pour le 5 septembre à Blanquefort. Vue la rentrée sociale morose qui s'annonce, les syndicalistes tentent d'inventer des nouvelles formes de lutte qui ressemblent finalement à celles utilisées il y a une vingtaine d'années.

Sur ces considérations, le cortège des Fabris pouvait s'élancer derrière la 2 CV, devenue symbole de leur combat, sur un trajet de 2 kilomètres en direction de la place de la Mairie. Les rares politiques présents ont préféré rester discrets en queue du peloton.

L'éphémère Premier ministre Édith Cresson, un autocollant Conti sur le dos, fermait la marche en tentant de convaincre une majorité de sceptiques qu'elle venait représenter le Parti socialiste.

JACKY SANUDO ENVOYÉ SPÉCIAL

 

http://www.sudouest.com/accueil/actualite/economie/article/664220/mil/4941992.html

 

http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/post/2009/07/31/Quand-la-base-se-rebelle

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 16:59

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Silvia_Cattori.300709.htm


Sami El Haj fonde la Guantánamo Justice Centre

Nous avons eu le privilège de rencontrer, le 29 juillet 2009, Sami al-Haj, ce journaliste et cameraman d’Al Jazeera emprisonné durant plus de 6 ans à Guantánamo, qui était de passage à Genève. Il a annoncé, à cette occasion, la création de l’Organisation humanitaire « Centre Guantánamo pour la justice », (Guantánamo Justice Centre) qu’il préside, et dont le siège sera basé à Londres, comme il le dira dans la conférence de presse qu’il tiendra le 30 juillet dans cette capitale. Cette ONG sera dirigée par l’ancien détenu britannique Moazzam Begg en qualité de Secrétaire général et aura une représentation à Genève et à Paris.

Pourquoi cette nouvelle ONG ?

Le « Centre Guantánamo pour la justice », a pour objectif d’obtenir la fermeture de Guantánamo, la libération de tous les prisonniers qui y sont encore détenus, et la reconnaissance de leur innocence et des abus que l’administration des États-Unis leur a fait subir. Elle a également pour objectif d’obtenir réparation pour les dommages financiers et moraux subis par les anciens détenus et de leur apporter un soutien psychologique.

Parallèlement, cette ONG se prépare à lancer, avec d’anciens détenus de Guantánamo,, une « action légale conjointe » (joint legal action) contre l’ancien président George W. Bush et d’autres membres de son administration pour les détentions illégales et les tortures subies.

À ce sujet, Sami El Haj [1] précise : « Le but de notre organisation est d’ouvrir une action en justice contre l’administration Bush. Nous sommes en train de collecter des informations, notamment des attestations médicales, auprès de tous ceux qui en détiennent. Cela prend du temps. »

Mais dans l’immédiat, il y a selon Sami El Haj la nécessité d’apporter une aide matérielle et un soutien moral à toutes ces victimes laissées sans solutions, qui ont cru en janvier aux promesses d’Obama et ont pensé que leur sort s’améliorerait :

« Obama avait promis de supprimer les commissions militaires, mais il a battu en retraite en disant que les commissions militaires seraient maintenus avec quelques changements. Il avait promis de rendre publiques les photos des sévices exercés sur les prisonniers des deux guerres en cours, en Irak et en Afghanistan, mais il s’est ravisé en disant que cela porterait préjudice à l’image des États-Unis. Il avait dit qu’il traduirait en justice ceux qui s’étaient rendus coupables de tortures, mais là aussi il a reculé.

Et nous avons maintenant la preuve que les tortures n’ont jamais cessé à Guantánamo (projections contre des murs privations de sommeil et de nourriture, waterboarding et autres techniques dites « d’interrogatoire poussé », nda).

Obama n’a pas tenu ses promesses. Nous aurions besoin qu’il tienne au moins celle de fermer Guantanamo. Nous croyons qu’il le fera. Mais la question n’est pas seulement celle de la fermeture. Le problème le plus difficile est devant nous.

Il y avait environ 256 prisonniers à Guantánamo quand Obama est arrivé au pouvoir. Aujourd’hui, plus de six mois après sa promesse de fermer cette prison dans un délai d’une année, elle héberge encore 229 détenus. C’est-à-dire qu’en six mois, seuls 27 détenus ont été libérés. Ce faible nombre de détenus libérés nous effraie.

L’administration US va-t-elle libérer les 229 détenus qui se trouvent encore à Guantánamo ? J’en doute. Parce que nous avons des informations fiables, de gens qui vivent sur place, selon lesquelles les États-Unis sont en train de construire un camp de prisonniers à Bagram, en Afghanistan. Et ce camp serait destiné à y enfermer des prisonniers transférés de Guantánamo.

Cela indique que le problème ne sera pas résolu par la simple fermeture de Guantánamo ; il ne sera résolu que quand les détenus libérés auront recouvré leur entière liberté. Et c’est dans ce but, pour aider ces détenus, que notre organisation dénommée « Centre Guantánamo pour la justice », (Guantánamo Justice Centre) va travailler.

L’administration Obama affirme : "personne ne coopère avec nous, personne ne nous aide à fermer Guantánamo". Je ne pense pas que cela corresponde aux faits. Cela dit, la libération des prisonniers implique qu’ils puissent obtenir une aide à leur sortie. Par exemple, sur les 229 détenus encore à Guantánamo, beaucoup sont Yéménites, et jusqu’ici le Yémen n’a pas réglé les choses avec les États-Unis pour accueillir ses ressortissants.

Pour les quelque 500 détenus qui ont déjà été libérés, leurs souffrances ne sont de loin pas terminées une fois de retour chez eux. Ils se heurtent à des difficultés d’insertion du fait qu’ils sont étiquetés comme "terroristes", laissés sans aucun soin, alors qu’ils ont des traumatismes et ont besoin de soutien psychologique.

C’est pour toutes les raisons indiquées que nous avons créé cette organisation humanitaire, pour rappeler au monde que ces prisonniers de Guantánamo sont innocents et qu’il faut les aider, que Guantánamo était une erreur des États-Unis et qu’il leur revient de résoudre ce grave problème. »

En présence de Sami El Haj, on a peine à croire que des êtres aussi exquis aient pu être associés au « terrorisme », enfermés dans des cages, soumis à des sévices inimaginables, sous prétexte qu’ils menaçaient nos sociétés..






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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:52


http://www.socialisme-maintenant.org/editoriaux.htm#2407


Notes éditoriales du 24 juillet, par Charles

1. C’est en ouvrant -verbalement- la perspective d’une rupture avec le capitalisme, ses partis, c’est en préconisant un front et un programme communs que la SFIO, lourdement plombée par son passé colonial, après bien des péripéties, devint sous la houlette de François Mitterrand le nouveau Parti Socialiste.

Le Parti Socialiste d’aujourd’hui est totalement bloqué. Pour se refonder « à gauche » il doit rompre… avec lui-même. C’est impossible. Le Parti Socialiste dirige 21 des 22 régions françaises. Il co-gouverne le pays avec Sarkozy et l’UMP. La SFIO avait peu de militants, notamment des militants syndicaux (FO-FEN), le PS n’en a quasiment plus. D’autant que la FEN a explosé et que FO n’a plus beaucoup de militants… Le PS est devenu, à l’image de toute la social-démocratie européenne, un parti bourgeois. Ni plus, ni moins, même si certains le considèrent encore à travers le filtre d’une histoire idéologisée. La construction européenne qu’il a menée à bien s’est refermée sur lui comme un piège. Le PS n’a plus de marge de manœuvre. Le respect des traités européens vaut programme national.


DSK au FMI, Pascal Lamy à l’OMC, Commission de députés et sénateurs socialistes, communistes et UMP pour « régler la crise économique », Commission sur l’emprunt Roccard-Juppé, etc, etc…

C’est du jamais vu. Nicolas Sarkozy cannibalise le PS en recrutant un maximum de dirigeants.

Evidemment, c’est une politique à courte vue. Le PS est dévitalisé. Une partie de plus en plus importante de ses dirigeants attend un « coup de fil » de l’Elysée.

Le jour où la bourgeoisie aura besoin d’un parti d’opposition, le PS ne sera plus en mesure de jouer ce rôle. Si on considère que l’UMP est le « parti républicain » de la vie politique française, le PS en est devenu un « parti démocrate ». En ce sens Manuel Vals est logique de réclamer un changement de nom.

2. Deux « petits événements » sont intervenus auxquels la plupart des militants n’ont pas nécessairement réagi.

Une vieille canaille néo-stalinienne, André Gérin, député-maire de Vénissieux, s’est dressé de sa petitesse pour alerter salariés et jeunes : le port de la Burqua menace la société et la République ! Evidemment UMP, PS l’ont plébiscité. Stigmatisez, stigmatisez, il en restera toujours quelque chose. La Burqua concerne quelques milliers de femmes en France.

C’est regrettable, mais c’est tout. Pourquoi ces cris d’alarme, ces appels à la répression, à la loi (!). Evidemment il s’agit de faire le procès de ces femmes et au-delà de la menace « islamiste ». Sarkozy applaudit.

Au même moment, une fraction de la CGT, avec l’accord tacite des autres syndicats sauf SUD a donc expulsé des centaines d’Africains sans papiers qui occupaient depuis des mois la Bourse du Travail, Boulevard du Temple à Paris .

Lutte Ouvrière, Emmanuel Terray ont soutenu les « syndicats ». Le NPA a rappelé qu’ il « n’ a pas soutenu cette occupation » de la Bourse du travail par les sans papiers, tout en trouvant que la méthode de leur expulsion « n’était pas acceptable ». Toute « la gauche de la gauche » a soutenu les syndicats. Les matraqueurs. Cette opération a d’ailleurs été approuvée par les médias dans leur ensemble… L’attitude du « NPA » a été jugée « responsable ». Les gens sérieux savent que les bureaux des syndicats ne sont pas faits pour accorder l’aide aux plus pauvres, aux plus démunis… D’ailleurs les sièges des syndicats ne sont pas faits pour les salariés.

Entre la Burqua et les sans papiers, il y a un lien. Ici et là, ce sont des gens se réclamant du PCF, de la gauche de la gauche, qui sont à la manœuvre ! C’est un signe, une honte.

3. Après l’échec de ses listes aux élections européennes, le NPA a rencontré le PG et en quelques minutes a scellé un accord. Pour les travailleurs immigrés ? non ! Pour une campagne commune pour leur régularisation ? non. Les questions en débat étaient sérieuses.

En quelques minutes, ce qui a été refusé pendant des mois par le NPA a été accepté. Un accord de liste commune avec le PG et avec le PCF et un engagement de se désister, au second tour, pour le PS aux régionales !

Le NPA refusait de s’allier avec le PG aux européennes sous le prétexte que le PG et le PCF allaient faire bloc avec le PS aux régionales, et là, hop, c’est fait !

Où est passé le programme anti-capitaliste ?

Où est passée la lutte pour virer N. Sarkozy ?

Soyons sérieux : Nicolas Sarkozy a reçu J. L. Mélenchon à l’Elysée au lendemain des élections. Et même le président a raccompagné le leader du PG sur le perron ! J. L. Mélenchon qui a fait éditer l’auto collant « casse-toi pov’ con » dont, faute de mieux, des millions de manifestants se sont saisis, a tenu publiquement à souligner « le sens de l’humour » du Président et « la courtoisie de l’ entretien ». L’homme est raisonnable. Chacun l’a compris : tout ça ce n’ était pas « pour de vrai ».

4. Ces événements constituent évidemment une catastrophe politique. Des militants se battront, des dirigeants protesteront (1), un grand nombre de camarades réclameront la démocratie… N’empêche, le processus du NPA comme facteur d’espoir, comme possibilité d’agir pour le socialisme est cassé.

 

Le sectarisme ne guide pas nos réactions. L’analyse des faits.

Il est absurde de présenter le résultat des européennes comme simplement marqué par le phénomène de l’abstention.. Le refus de voter est un refus. Plus ou moins conscient. Plus ou moins raisonné. Mais un refus. L’alliance du PG et du NPA sur une politique de classe, contre les traités européens, pour le respect du Non, contre Sarkozy, pour le socialisme aurait permis de rassembler des millions de salariés et de jeunes. De lier l’élection, les grèves, les manifestations. D’offrir une alternative au bloc UMP-PS. De lutter contre la dérive vers le « dialogue social » avec Sarkozy.

En s’opposant à cette possibilité, le NPA a provoqué une catastrophe politique. L’accord pour les régionales qui vient d’être si brusquement adopté révèle bien que l’opposition du NPA était purement opportuniste, fondée sur l’ espoir d’un bon coup électoral que confortaient quelques sondages favorables. Sur le terrain des « luttes » il signait d’ailleurs unitairement avec le PS, le PCF, le PG… toutes les déclarations d’appui à la politique des directions confédérales avant chaque nouvelle journée « d’action », journées d’actions qui, inscrites dans l’ horizon du « dialogue social » avec Sarkozy, ont si bien réussi à saccager la combativité des salariés lors de ce premier semestre.

Alors que s’ouvrait la crise mondiale du capitalisme et que les premières conséquences s’abattaient sur les salariés, alors que dans le même moment se fondaient le PG et le NPA, il n’était pas écrit que le PG et le NPA ne servent à rien.

Soyons bien clair : il est absurde de gloser sur l’abstention populaire, alors que, pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, il était possible dans un des principaux pays européens qu’une alliance PG-NPA atteigne 20% et devance le PS ! Alors, alors oui, concrètement la question du gouvernement pouvait être posée, non de manière abstraite, mais concrètement. Il fallait miser sur les réserves d’auto-organisation des masses. Ce n’est pas de la politique fiction. Une dynamique politique était prête à se mettre en route. Le NPA, le NPA plus que le PG sur ce point, a bloqué le chemin.

De même quand des dizaines d’entreprises sont confrontées à la délocalisation, au chômage, seule une action politique, partant des entreprises mêmes, pour unifier, coordonner les usines, peut permettre d’inverser le rapport de force. Mais pour ça, il fallait une discussion sur la situation politique, la démocratie dans l’organisation et avec les salariés, une campagne au service de la construction de cette mobilisation et de cette coordination, et pas ces « visites » à la porte des usines pour dire trois mots filmés par les caméras de télévision.

Là aussi, il faut réfléchir. Toute la politique du NPA est déterminée par la présence dans les médias et le lien avec la direction de la CGT.


Tout le monde en est là.

C’est un secret de polichinelle que le dernier remaniement ministériel a tardé, car, jusqu’au bout, N. Sarkozy a espéré débaucher un dirigeant de la CGT pour en faire un ministre. Tout va très vite.

On ne peut pas se le dissimuler, c’est un nouvel échec. Mais l’histoire n’est pas encore écrite. Nous devons aider à inscrire en termes de conscience cet échec. Les ressources de l’ activité des salariés sont déterminées notamment par la résistance qu’ils doivent opposer au système qui les précipite dans l’abîme. Les salariés français ne peuvent compter que sur leurs propres forces.

« De défaite en défaite, jusqu’à la victoire finale » Victor Serge

Paris 24 Juillet

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:40

http://www.frontsyndical-classe.org/article-34568224.html


LETTRE DES NEW FABRIS 

Pour différentes raisons (en particulier sa venue tardive près d’un mois et demi après la fermeture et le début de l’occupation de l’usine), la manifestation du 30 juillet à Châtellerault en solidarité avec les New Fabris n’a pas été suffisante pour empêcher que le dénouement du conflit se fasse au détriment des travailleurs et au profit des patrons voyous, ceux de New Fabris mais surtout ceux de PSA et de Renault eux-mêmes.

Organisée en plein milieu de l’été, alors que beaucoup d’entreprises étaient déjà en congé, le nombre de délégations venues de Châtellerault et de la Vienne, mais aussi et surtout de bien d’autres régions de France, a cependant souligné le sentiment d’avoir été abandonnées qui domine dans beaucoup d’entreprises en lutte.

Car depuis longtemps, mais encore plus ces 12 derniers mois, c’est bien de l’isolement qu’ont aussi été victimes les salariés des entreprises qui subissent des licenciements, des plans sociaux ou des fermetures de site.

Cette manifestation a également prouvé que beaucoup sont prêts à passer à l’action concrète à condition qu’on fasse appel à eux.

Elle a prouvé enfin l’importance d’établir des liens à la base, entre les entreprises elles-mêmes, afin de permettre de susciter la réaction de tous et de toutes quand l’une de ces entreprises est attaquée. Or tout le monde le sait, les attaques qui redoublent déjà en cet été vont encore se multiplier à la rentrée.

C’est pourquoi les Fabris ont lancé le 30 juillet l’idée d’un collectif contre les patrons voyous et licencieurs.

A ce collectif, des délégations présentes le 30 juillet ont déjà dit qu’elles étaient prêtes à apporter leur adhésion comme celles de la CGT Ford Blanquefort ou de l’intersyndicale CFDT-CGT-CFTC de Freescale à Toulouse.

C’est également le cas d’autres entreprises qui ne pouvaient pas être présentes à la manifestation comme la CGT Merlin-Gerin dans les Alpes, la CGT Michelin à Cholet, la CGT Philips à Dreux, la CGT IBM à La Gaude ou encore le Collectif de Résistance Ouvrière qui regroupe plusieurs entreprises de la Meuse et de la Haute Marne (Sodetal, Mc Cormick, Ellat, Ebrex, Rocamat).

Et davantage encore, ces 2 dernières semaines, de nombreuses délégations ont affirmé leur intérêt pour l’initiative des Fabris : la CGT Molex à Villemur, la CGT SKF à Fontenay Le Comte, SUD Renault à Guyancourt, la CGT PSA Saint-Ouen, la CGT Continental à Compiègne, la CGT de la Caisse Des Dépôts, l’USM CGT des chantiers navals de Saint-Nazaire, la CGT et la CFDT de TDF (Télédiffusion De France), le syndicat FO du centre d’appels du Club Med à Saint Ouen, la CGT Renault Cléon, etc.

Cela confirme la nécessité de celle-ci. Nous entendons bien la  maintenir et la développer.

Le but de cette lettre est de confirmer les premiers liens noués entre nous, voire de les établir.

Ce sont ces liens qui permettront au collectif de remplir d’abord son rôle d’informateur (faire connaître aux autres la situation de chaque boîte menacée) et peut-être ensuite celui d’organisateur de l’action (relayer les appels et les propositions d’action et de lutte d’ensemble qui pourraient être lancés à partir de telle ou telle boîte menacée)..

Pour renforcer et confirmer le réseau que nous avons commencé à tisser avec cette idée de collectif, nous aurons certainement à proposer prochainement une rencontre entre nous qui pourrait se faire autour d’une des équipes militantes représentant une entreprise adhérente au réseau.

Et d’ores et déjà nous proposons de soutenir toutes les initiatives, quelles que soient leurs modalités et leurs formes, qui veulent contribuer, comme la nôtre, à aller dans le sens de la convergence, de la coordination et de l’extension des luttes comme le débat-concert organisée le 5 septembre à Blanquefort par la CGT Ford ou la manifestation du 17 septembre à la Bourse de Paris appelée par les fédérations CGT de la Chimie et de la Métallurgie.

En espérant que votre réponse sera que, comme nous, vous souhaitez renforcer nos liens afin que nous ne restions plus rester isolés chacun dans notre usine, bureau ou chantier face à des patrons et un gouvernement qui eux sont fermement unis comme l’a montré l’alliance Estrosi-PSA-Renault contre les Fabris.

Guy Eyermann, ex-porte parole des Fabris en lutte 

 

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:22

http://www.liberation.fr/economie/0101584067-scandale-la-societe-generale-rempile


Scandale : la Société générale rempile

Par NICOLAS CORI

C’est une histoire qui doit bien faire rigoler Jérôme Kerviel. Son ex-patron, Jean-Pierre Mustier, qui fut le tout puissant directeur général adjoint en charge de la banque de financement et d’investissement de la Société générale, se retrouve à son tour sur le banc des accusés. Poursuivi par l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour délit d’initié, il a démissionné hier. L’information, révélée par le site internet du Nouvel Observateur, a été confirmée peu après par la banque. Selon le gendarme de la Bourse, Mustier aurait revendu en août 2007 des actions de sa banque en disposant d’informations privilégiées, touchant un confortable bénéfice au passage, avant que le cours de cette dernière ne chute. Un autre responsable de la banque, Robert Day, un administrateur américain, est lui aussi accusé de délit d’initié.

Enquête. De manière assez paradoxale, les délits reprochés à Mustier et Day ne sont pas liés à l’affaire Kerviel, mais c’est par la faute du jeune trader qu’ils se retrouvent aujourd’hui mis en cause. Ainsi, c’est peu après la révélation des 5 milliards de pertes causés par les opérations de Kerviel que l’AMF décide d’ouvrir une enquête. Fin janvier 2008, très exactement. En cause, l’information financière fournie par la banque sur cette affaire, mais aussi sa communication quant à son exposition aux subprimes. Pendant des mois, Daniel Bouton, le PDG à l’époque, a assuré n’être exposé que «marginalement» aux crédits immobiliers américains toxiques, déclencheurs de la crise à l’été 2007. Et puis, le 24 janvier 2008, jour de la révélation de l’affaire Kerviel, la banque change de discours. Elle reconnaît un autre sinistre : 2 milliards de pertes dus à des dépréciations massives dans son portefeuille de produits structurés liés au marché immobilier américain.

Et, comme les malheurs s’enchaînent, on apprend que Robert Day, un des administrateurs, a vendu un très gros portefeuille d’actions de la Société générale au cours de janvier. Ex-propriétaire d’une société de courtage qu’il avait vendue à la banque, Day a vendu pour 98 millions d’euros de titres en quelques jours.

L’AMF ouvre alors une enquête pour délit d’initiés et examine l’ensemble des transactions effectuées par les dirigeants de la banque depuis le début de la crise. Et prend Mustier dans ses filets : pour une opération qui date du 21 août 2007.. A l’époque, Mustier était rentré précipitamment de ses vacances, qu’il passait en Ecosse, et avait ordonné au gestionnaire de son portefeuille boursier de tout liquider, dont une partie des actions Société générale qu’il détenait. Selon l’AMF, Mustier aurait agi ainsi car il savait que le cours de sa banque allait s’effondrer à cause de son portefeuille de subprimes. Le bénéfice retiré de la vente des actions de sa banque aurait atteint 200 000 euros.

«Tranquille». Mais Mustier raconte une autre histoire. Selon lui, c’est parce qu’il avait constaté des mouvements étonnants sur le cours des bons du Trésor américains, un signe de chute future des marchés, qu’il aurait décidé de liquider ses actions. Au Nouvelobs.com, il justifie ainsi cette opération : «Je voulais avoir l’esprit tranquille pour m’occuper des risques de la banque et ne pas avoir à me soucier en parallèle de mes actifs propres.» Dans un mail adressé à ses collaborateurs, il ajoute que «les titres Société générale vendus représentaient une faible partie de ce portefeuille» et qu’il avait tenu à en conserver la moitié, «du fait de ses fonctions au comité exécutif de la banque»..

Mais ces arguments n’ont pas satisfait l’AMF. Qui a décidé de le poursuivre, ainsi que Robert Day. En revanche, le gendarme de la Bourse n’a retenu aucun grief contre la banque, au titre de l’information financière. Il n’empêche, cette double accusation est un coup dur pour la Société générale. Et son image, déjà écornée par l’affaire Kerviel. Certes, du fait des opérations du jeune trader, Mustier n’était plus aussi puissant qu’auparavant. Il avait perdu son poste de patron des salles de marchés. Mais le nouveau PDG, Frédéric Oudéa, lui avait confié une tâche de confiance en le nommant en septembre 2008 à la tête du pôle gestions d’actifs. A charge pour lui de se débarrasser du boulet de la filiale Sgam, qui avait aussi multiplié les pertes. Mustier avait rempli sa mission à merveille, en engageant sa fusion avec Caam, la filiale du Crédit agricole en gestion d’actifs. Depuis, la rumeur interne le voyait revenir dans la banque d’investissement.

La banque a une autre version. Selon un communiqué publié hier, elle note qu’il était en fait prévu que Mustier quitte le groupe fin 2009, «à la conclusion de l’opération de rapprochement entre Sgam et Caam». Mais qu’il a «souhaité, dans l’intérêt du groupe, anticiper ce départ, et a remis sa démission, qui a été acceptée».





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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 20:14

Francis Jeanson, figure de proue des "porteurs de valises" du FLN

LE MONDE | 05.08.09 | 13h48  •  Mis à jour le 05.08.09 | 13h48

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien aux combattants du FLN pendant la guerre d'Algérie, est mort, samedi 1er août, dans une clinique d'Arès, en bordure du bassin d'Arcachon (Gironde), sa région natale. Il était âgé de 87 ans.

Rien ne prédisposait le futur "porteur de valises", cible des fanatiques de l'Algérie française, à s'engager dans la lutte clandestine au côté des nationalistes algériens. Issu d'une famille plutôt aisée, acquise à l'idéal républicain mais sans idées politiques arrêtées, le jeune Francis, fils unique, né le 7 juillet 1922, à Bordeaux, est tenté un moment d'entrer à l'Ecole navale. Sa santé fragile l'y fait renoncer. "Ma vie a été une succession de hasards", dira-t-il.

En 1940, le bachelier du lycée Montaigne (Bordeaux) découvre la pensée des philosophes Emmanuel Kant, Henri Bergson et, surtout, les premiers écrits de Jean-Paul Sartre (1905-1980). Cette découverte capitale fonde son propre développement intellectuel. Au début de l'été 1943, alors qu'il vient d'obtenir son diplôme d'enseignement supérieur en philosophie, la guerre met un coup d'arrêt à ses projets universitaires. Pour échapper au Service de travail obligatoire (STO) en Allemagne, Francis Jeanson passe clandestinement la frontière espagnole. Arrêté, interné au camp de concentration de Miranda de Ebro, le jeune étudiant, libéré par la Croix-Rouge le 1er décembre 1943, est aussitôt incorporé dans l'armée d'Afrique : il part au Maroc, transite par Alger, avant de regagner Marseille en décembre 1944.

C'est dans le Paris de l'après-guerre, que Francis Jeanson commence à se faire connaître. Son premier livre, Le Problème moral et la pensée de Sartre (éd. du Myrte, 1947 ; réédition Le Seuil, 1966) suscite l'enthousiasme du père de l'existentialisme. Sur le plan politique, cette période est un tournant. "Gaulliste convaincu" jusqu'en 1945, Francis Jeanson devient "très à gauche" à partir de 1947, commente un proche, cité par Marie-Pierre Ulloa dans sa lumineuse biographie, Francis Jeanson, un intellectuel en dissidence, de la Résistance à la guerre d'Algérie (Berg international, 2001). Surtout, souligne Mme Ulloa, le futur partisan de la révolution algérienne "fait le pont" entre les revues Les Temps modernes et Esprit, ainsi qu'avec les éditions du Seuil, lui-même étant un collaborateur de ces trois "maisons". C'est dans Les Temps modernes, en 1952, que Francis Jeanson accomplit son premier coup d'éclat, en attaquant L'Homme révolté d'Albert Camus (1913-1960).

Plus spectaculaire, en 1955, L'Algérie hors-la-loi, pamphlet anticolonial que publient Francis Jeanson et sa première épouse, Colette, va précipiter l'engagement des Jeanson au côté du FLN. Ce livre devient "le bréviaire des révolutionnaires" français, dira le journaliste Jean Daniel (cité par Hervé Hamon et Patrick Rotman, dans Les Porteurs de valises, la Résistance française à la guerre d'Algérie, Albin Michel, 1979 ; réédition Le Seuil, 1982). Quant à Francis Jeanson et à ses amis - communistes ou chrétiens de gauche - ils achèvent leur mue : de plaideurs, ils se transforment en "petites mains" de la guerre algérienne. Le 2 octobre 1957, une réunion clandestine scelle la naissance du "réseau Jeanson", qui va aider au transport (et à la mise à l'abri) des militants du FLN, ainsi qu'à celui des armes, des matériels de propagande et de l'argent des cotisations. "Francis Jeanson est passé de l'autre côté : c'est par lui que le scandale - glorieux - est arrivé", se souvient un autre journaliste-écrivain, Jean Lacouture, resté "profondément admiratif" devant le courage de cet homme "immodéré ".

Homme d'action

Vilipendé comme "traître" (à la patrie française), Francis Jeanson reprend le mot et s'en fait gloire. A l'Assemblée nationale, la commission de la défense nationale s'insurge, sous la plume du député Jean-Marie Le Pen, contre ces "entreprises caractérisées d'intelligence avec l'ennemi". Imprégné des idées de Frantz Fanon (1925-1961), théoricien de la lutte contre le colonialisme, Francis Jeanson est persuadé que la "révolution" algérienne va provoquer un changement politique en France.

Le disciple sartrien se révèle un efficace homme d'action. Et, à sa manière, un patriote : "Son engagement à nos côtés était une façon de bâtir l'avenir entre nos deux pays", souligne l'ancien dirigeant du FLN, Rabah Bouaziz, joint par téléphone à Alger. "Il caressait l'espoir d'un retournement du PCF" en faveur de l'indépendance algérienne, commente, de son côté, l'historien Mohamed Harbi. Tributaire de ses amis du FLN qui lui versent un salaire mensuel, Francis Jeanson nourrit vis-à-vis du parti de Maurice Thorez (auquel il n'a jamais adhéré) des sentiments ambivalents, qui font de lui un "philocommuniste structurel", selon l'expression de Mme Ulloa.

La plupart des membres du "réseau Jeanson" sont arrêtés. Leur procès s'ouvre, en l'absence du principal intéressé, le 5 septembre 1960. Son écho est retentissant. Francis Jeanson, condamné à dix ans de prison par contumace, ne sortira de la clandestinité qu'en 1966, au moment de l'amnistie. Moins de deux ans plus tard, André Malraux, ministre de la culture du général de Gaulle, le charge de travailler à la création des Maisons de la culture. L'ancien "porteur de valises" interviendra aussi dans le secteur de la psychiatrie, formant "en grand nombre" infirmiers et internes, témoigne le psychiatre Michel Dugnat. Cofondateur, au début des années 1990, de la revue Sud-Nord, folies et cultures, il s'engage enfin - ce sera son dernier combat - dans le collectif Sarajevo, en "soutien à la Bosnie multiculturelle".






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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 20:36

http://www.avignews.com/interpellation-place-de-l-horloge-le-pere-temoigne-@/article.jspz?article=15781


Interpellation place de l'Horloge: le père témoigne

Le 18 juillet à 18 h 30, mouvement de foule place de l'Horloge: un père et son fils de 15 ans sont interpellés pour "outrage, rebellion et incitation à l'émeute". Récit et témoignage.

48 heures après les faits, Patrick Leblanc n'en revient toujours pas. Le 10 novembre prochain, il devra comparaître devant le tribunal correctionnel d'Avignon pour "rebellion et incitation à l'émeute". A 62 ans, ce fonctionnaire retraité de la PJJ a passé une nuit en garde-à-vue... Tout a commencé le 18 juillet donc, vers 18 h 30.

"Vous le faites drôlement bien"...

Comme des centaines de badauds, Patrick et ses deux fils de 15 et 12 ans regardent un mime faire "la statue". Tout à côté, un CRS, immobile lui aussi est adossé à son fourgon et profite du spectacle. "J'ai même cru un instant qu'il s'agissait aussi d'un comédien" avoue franchement Patrick Leblanc. Mais le fonctionnaire est bel et bien en service... C'est alors que le fils de Patrick Leblanc va déposer 30 cts d'euros aux pieds du CRS, lui glissant "vous le faîtes drôlement bien". Plaisanterie de gamin, farce de "festivalier" que le fonctionnaire de police ne goûtera pas dans cette ville où, le temps d'un Festival, on brocarde les nonnes, on singe les uniformes et on imite outrancièrement les grands de ce monde... "Il avait l'air sympa, tout le monde a ri, c'était pas méchant" avance le jeune garçon.

Mouvement de foule ou incitation à l'émeute?

Mais alors qu'il retourne dans les rangs des spectateurs, le CRS le rattrape et lui dit: "tu sais que c'est un outrage ce que tu viens de faire. Présentes moi tes papiers". C'est alors que Patrick Leblanc se rapproche de son fils pour tenter d'expliquer au policier "que c'était de l'humour, qu'il fallait pas mal le prendre". Rien n'y fait. "Il m'a demandé mes papiers en me tutoyant, j'ai refusé. Je m'adresse correctement à la police, j'attends le même respect en retour" indique Patrick Leblanc. Alors, le ton monte entre le policier et le festivalier. "Il veut m'embarquer dans le fourgon, mais mes fils sont éparpillés dans la foule, je refuse de monter dans le fourgon sans mes enfants".

Et c'est à partir de là que les versions divergent avec la police. Selon Patrick Leblanc, un "mouvement de foule spontané a formé un chaîne humaine pour empêcher mon interpellation". Mais de source policière, ce serait Patrick Leblanc qui aurait harangué la foule avec des termes comme "voyez la police de Sarko!". "Jamais je n'ai employé ce genre de phrases" s'insurge M.Leblanc, "et je n'ai même jamais entendu d'insultes proférées par la foule" affirme t-il. Menotté d'une main, il échappe à la surveillance des CRS "pour retrouver mes fils".

Craignant d'être dépassés par la foule et la "mini émeute" qui commençait à se préparer, des renforts de CRS sont appelés. Entre temps, Patrick Leblanc et son fils sont repris, menottés tous les deux et placés dans le fourgon. Des spectateurs s'opposent à leur arrestation et, toujours de source policière, une tierce personne tente alors de s'emparer de l'arme de service d'un CRS puis de sa matraque. Deux autres personnes sont interpellées tandis qu'une quinquagénaire recueille le deuxième fils, laissé dans la foule, pour l'accompagner au commissariat où M. Leblanc passera la nuit. "Dans le fourgon, ils me disaient "tu vas voir, on va t'arranger". Ce n'est qu'au commissariat où je me suis enfin senti en sécurité. J'ai eu là, à faire à des policiers dignes de leur fonction républicaine."

Côté CRS, deux d'entre eux ont eu une ITT de deux jours pour des "blessures aux poignées, au dos et des contusions" indique t-on au commissariat.. Visiblement, l'affaire ne s'arrêtera pas là puisque déjà, la Ligue des Droits de l'homme entend s'en emparer aux côtés de M. Leblanc. Affaire à suivre donc début novembre devant les tribunaux. 


     
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