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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:41


http://www.humanite.fr/Un-immeuble-squatte-appartenant-a-la-mairie-de-Bagnolet-evacue


Bagnolet : après la colère, l'urgence du relogement

L’expulsion en plein hiver, ordonnée par la préfecture, suscite toujours l’émotion. Le DAL et la mairie préparent une table ronde en lien avec les pouvoirs publics.

L’émotion suscitée par l’évacuation du squat de la rue Victor-Hugo, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), a drainé dans son sillage autant de questions sur le temps de latence entre l’ordonnance d’expulsion du tribunal d’instance de Pantin, prise il y a un an, en février 2009, et la décision de la préfecture d’envoyer ses hommes mercredi dernier. Rien ne justifiait le choix d’une expulsion hivernale. Même si la trêve ne s’applique pas légalement aux squats, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé la préfecture à choisir l’une des matinées les plus froides de l’année. Jeudi soir, habitants et travailleurs de la ville déploraient d’une même voix la situation dans laquelle s’est retrouvée la vingtaine d’expulsés, démunis de leurs affaires, dans le froid.

Tous reconnaissaient néanmoins que cet immeuble faisait figure de quasi-« scorie » par le lot de trafics de drogue, de prostitution qu’il générait et l’environnement d’insécurité qu’il diffusait dans le quartier sud des Coutures. Préempté par la mairie en 2008, l’immeuble en ruine, laissé à l’abandon par son propriétaire, devait faire place à une opération de cinquante logements sociaux dans cette ville qui en abrite déjà quarante pour cent. Jeudi, des propositions de relogement d’urgence ont été formulées par la ville. En vain. Le DAL estimant ces solutions trop provisoires. Depuis, des soutiens se relaient autour des expulsés. « Parmi les personnes présentes, certaines viennent de Montreuil, la ville voisine, et sont habituées à ce genre de militantisme », relève Christine Lacour, adjointe au maire de Bagnolet et habitante du quartier. Élue depuis deux ans, chacune des réunions de quartier qu’elle mène « tourne très vite à des discussions violentes sur le squat. Les gens ne comprenaient pas que la mairie ne bouge pas. S’il s’agit aujourd’hui, dans l’esprit de quelques-uns, de faire de la récupération politique sur le dos de ces gens, c’est inqualifiable ». Pour Christine Lacour, ce lieu a « toujours été un lieu de passage plus que d’habitation. Toutes les nuits, une dizaine de personnes étaient postées à l’entrée pour surveiller. Parfois, des limousines se garaient, ce qui est peu habituel pour un squat. Et à l’intérieur, le son était celui d’une boîte de nuit. Je vois mal comment les gens auraient pu dormir dedans ».

Hier, Laurent Jamet, premier adjoint et délégué à l’urbanisme, confirmait la tenue d’une table ronde avec le DAL et la préfecture. « En lien avec la Ddass, nous essayons de trouver des solutions, notamment dans des hôtels meublés. On avance en essayant de regarder chacune des situations individuelles à partir de la liste fournie par le DAL. On sait bien que ces situations méritent notre attention. »

 





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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 19:19

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Vincent_Geisser.110210.htm


http://www.oumma.com/La-croix-de-Maryse-et-le-foulard-d

La croix de Maryse et le foulard d'Ilham : l'une laïque, l'autre pas ?

Vincent Geisser

L’une s’appelle Maryse Joissains-Masini. Elle est députée-maire d’Aix-en-Provence, membre éminente de l’UMP et se dit « laïque » au point de ne pas vouloir de mosquée de sa commune : « « Aussi longtemps que les représentants de l’islam ne reconnaîtront pas sans ambiguïté les règles de la République, notamment la laïcité, je ne faciliterai pas les choses  »[1]. Signe particulier : l’élue provençale porte une grande croix bien visible autour du cou, qu’elle exhibe en permanence, lors des séances du conseil municipal, des réunions politiques, des cérémonies officielles ou encore sur les plateaux de télévision.

L’autre s’appelle Ilham Moussaïd. Elle est étudiante, militante de gauche, trésorière départementale du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Signe particulier : elle porte un foulard et se dit « laïque » au point de vouloir défendre ses convictions politiques antilibérales et féministes au sein de l’espace public. Deux femmes, deux militantes, deux croyantes et pourtant deux traitements politico-médiatiques totalement différents. C’est le moins qu’on puisse dire.

Hystérie politico-médiatique : haro sur la « candidate voilée » !

En effet, si la grande croix chrétienne de la députée-maire d’Aix-en-Provence a parfois été raillée par ses opposants locaux, elle n’a jamais déclenchée la moindre polémique médiatique et encore moins de réprobation de la part des leaders politiques nationaux. En revanche, le foulard d’Ilham Moussaïd, simple militante et candidate trotskiste en position inéligible aux élections régionales, a suscité une hystérie politico-médiatique qui n’a sûrement rien à envier au débat émotionnel sur le voile intégral ou aux débordements xénophobes sur l’identité nationale[2].

Le pire, c’est que la gauche socialiste et la droite gouvernementale, après s’être déchirées sur ces deux débats, se retrouvent pour communier dans une même dénonciation de ce qu’elles considèrent comme une « atteinte suprême » à laïcité du champ politique français. Du PS à l’UMP, en passant par le PCF et le MoDem, les dirigeants des partis se sont livrés à une véritable surenchère de déclarations, stigmatisant à la fois le NPA, accusé de se livrer à une manipulation de l’opinion publique et la jeune candidate, dont on soupçonne d’être une adepte du « double langage ». Féministe, gauchiste et voilée, vous n’y pensez pas ! Un tel assemblage bizarroïde doit probablement cacher un dessin maléfique : l’islamisation rampante de notre vie politique française, dont les filles voilées (ces « soldates du fascisme vert » selon l’expression de Fadéla Amara[3]) seraient les principales opératrices. Que l’on juge de ces quelques réactions hystériques de nos leaders politiques « éclairés »[4] :

«  C’est une aberration, je ne sais même pas où Olivier Besancenot a été chercher ça. […] Alors que toute la société française, tous les républicains français, tentent de s’élever contre le port de la […]. Ca me paraît énorme. […] C’est le signal d’une curieuse conception de la République […]. Si ce n’était pas aussi grave, ça pourrait être une espèce de plaisanterie  » (Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France).

« La religion c’est l’opium du peuple. […] Peut-être qu’il faudrait leur rappeler que les ouvriers en France, ils n’ont pas besoin qu’on leur dise d’aller lire le Coran ou la Bible ou que sais-je  » (Aurélie Filippetti, députée PS de Meurthe-et-Moselle).

« [C’est] un coup médiatique contre les valeurs de la République. C’est une provocation d’Olivier Besancenot qui renie ses propres convictions, C’est de la provocation inutile  » (Nadine Morano, Secrétaire d’Etat à la Famille).

« L’attitude de M. Besancenot est profondément répréhensible et ça montre aussi qu’on a un NPA aujourd’hui qui est aux abois et un M. Besancenot qui est aux abois » (Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP).

« Je n’aurais pas accepté que sur les listes socialistes, il puisse y avoir une femme voilée parce que c’est une annonce d’une religion qui doit rester du domaine privé et qui ne doit pas rentrer dans le champ de la République » (Martine Aubry, Premier secrétaire du PS).

Et revoilà la thèse de l’islamo-gauchisme : l’alliance de l’étoile rouge et du croissant vert ?

Voilà ressuscitée dans version réactualisée la thèse de l’islamo-gauchisme, dont l’essayiste Caroline Fourest s’est faite la principale vulgarisatrice médiatique[5] : l’extrême gauche aveuglée par son tiers-mondisme et son multiculturalisme servirait de tremplin aux islamistes, dont le projet masqué serait d’infiltrer insidieusement les sphères du pouvoir économique, politique et médiatique[6]. Pour peu que l’on prouve qu’Ilham Moussaïd ait assisté une fois dans sa vie à une réunion en présence de Tariq Ramadan, la boucle est bouclée : les fondamentalistes ramadaniens de « Présence musulmane » et les fréristes de l’UOIF ont probablement lancé une OPA sur l’extrême gauche[7]. A quand un congrès commun entre le NPA et l’UOIF ? A quand des « Rencontres annuelles du Bourget » rassemblant tous les islamo-gauchistes de France et de Navarre ? A quand des T-shirts fashion avec l’étoile rouge et le croissant vert ? Les pseudo-analystes et experts médiatiques abonnés à l’émission « C’est dans l’air ! » ne font pas dans la nuance : une musulmane croyante et, de suroît portant le hijab, ne peut être ni féministe ni gauchiste : c’est Trotski qui l’a dit ! Tiens, je ne savais pas que Léon Trotski avait écrit sur le foulard islamique. C’est Laurent Fabius qui nous l’apprend[8].

Le voile pour seule identité politique : la Bécassine de Besancenot ?

Le plus grave dans cette polémique médiatique, c’est qu’on ne s’intéresse guère aux motivations réelles de la candidate du NPA. Son identité politique semble réduite à son voile et mieux encore, l’on fait parler son voile pour elle. A l’exception du journal en ligne Mediapart qui a produit une enquête sérieuse et approfondie[9] sur les raisons d’une candidature et qui tend à montrer que celle-ci relève bien d’une logique de « gratification militante » classique (récompenser une militante méritante), tous les autres leaders d’opinion se sont livrés à une opération de dépersonnalisation, comme si Ilham Moussaïd n’existait que par et pour son voile. Quel est son parcours militant ? Quels types de propositions politiques défend-t-elle pour la région ? Comment conçoit-elle l’avenir du NPA et de la gauche française en général  ? Comment articule t-elle son militantisme de quartier et son engagement partisan ? Quelle est sa vision du féminisme et de l’altermondialisme en 2010 ?

Cela ne semble intéresser personne. Nous sommes bien en présence ici du « syndrome de Bécassine » et d’un processus de dépersonnalisation magnifiquement décrit par le psychanalyste antillais Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre à propos du traitement des colonisés[10]. La « candidate voilée » n’a pas de bouche. Elle ne parle pas. On parle pour elle. Et de toute façon quoiqu’elle dise, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle dit. Elle est nécessairement manipulée. D’un côté, par l’extrême gauche trotskiste qui cherche à se refaire une nouvelle santé électorale, en tentant de mobiliser les « banlieues de l’islam »[11]. De l’autre, par les islamistes qui développent une stratégie d’entrisme au sein du système politique français. Drôle de conception de l’égalité hommes/femmes que défendent nos leaders politiques hexagonaux que de considérer les femmes françaises de « culture musulmane » comme des « objets », des « éternelles mineures ». Après le mythe de la Beurette exotique et apprivoisée, qu’ils ont d’ailleurs largement contribué à promouvoir dans l’arène politique, voici que nos responsables politiques véhiculent le mythe de la « musulmane manipulée » par les hommes de sa tribu (ça, c’était déjà connu !) mais aussi, fait nouveau, par les opportunistes politiques en tout genre, dont Olivier Besancenot serait l’incarnation médiatique.

Au néo-racisme de certains de nos leaders politiques français se conjugue un « sexisme à peine voilée » : les filles issues de l’immigration postcoloniale sont nécessairement manipulées et manipulables, thèse qui nous rappelle étrangement les arguments qu’avançaient les adversaires résolus du droit de vote pour les femmes sous la Troisième République : à quoi bon faire voter des femmes qui n’ont aucune conscience politique, si ce n’est celle de leur curé de campagne ? En somme, Ilham Moussaïd, la candidate du NPA, ne serait que la victime de la double violence de ses « frères de religion » (les affreux islamistes) et de ses « camarades de parti » (les méchants trotskystes) qui instrumentaliseraient sciemment son islamité féminine à des fins de pouvoir et de contrôle des « territoires perdus de la République »[12]. Une pseudo-analyse qui oublie un peu trop vite que le processus d’assignation à résidence communautaire et sexuelle n’est pas le fait des petits partis (la LCR, le PCF et les Verts) mais d’abord des partis de gouvernement (PS et UMP). De ce point de vue, ils n’ont jamais hésité à jouer sur les origines ethniques et les appartenances religieuses des élus et des candidats à des fins de clientélisme électoral. Encore une fois, l’actualité nous donne raison.

Le retour des Fatma : après la Beurette exotique des années 1990, la musulmane « républicainement hallal » des années 2000 ?

Dans nos précédents travaux, nous avons montré comment la promotion des femmes héritières de l’immigration en politique répondait à un double processus d’assignation communautaire et sexiste que nous avons résumé par la formule d’« exotisme politique »[13]. C’est ce que l’universitaire féministe Christine Delphy appelle le phénomène du double bind : « soumises au double bind de l’intégration, examen sans chance de réussite, les femmes font l’objet de surcroît d’une injonction subliminale. En effet, les gentilles beurettes sont plus plaintes que blâmées. Elles sont plaintes d’être les femmes de ces hommes-là, de ces garçons et pères arabes. On les invite à les abandonner.

Certaines obéissent, elles quittent leur famille, leur quartier et se retrouvent isolées »[14]. Grosso modo, la cooptation des femmes maghrébines et africaines au sein des partis politiques français a répondu jusqu’à une période récente à ce schéma : les appareils partisans valorisaient les filles qui s’étaient détachées volontairement ou involontairement de leur milieu d’origine et qui donnaient des gages de leur assimilation totale à la francité dans sa version la plus caricaturale : célibat, mariage avec un « Gaulois », esthétisme du corps, rupture avec la religion des parents, critique des « mecs de quartiers », etc. Aujourd’hui, le communautarisation de la vie politique française aidant, les partis politiques ne rejettent plus les « femmes musulmanes » mais ils entendent leur imposer un certificat de licité républicaine, une forme de hallalisation laïque, qui joue à la fois sur l’exotisme et sur l’appartenance communautaire. En somme : la candidate idéale n’est plus seulement la « Beurette émancipée » mais aussi la « musulmane certifiée conforme » : esthétiquement présentable pour plaire aux dirigeants des partis et aux notables politiques locaux (toujours avides de « petites beurettes ») et, dans le même temps, « islamiquement visibles » pour conforter les stratégies de clientélisme électoral en direction de la communauté musulmane.

Résultat : les grands partis politiques (UMP et PS) sont de plus en plus à la recherche effrénée de la candidate « musulmane idéale » (miss islam light) qui vient remplacer progressivement la « beurette sexy » des années 1990 qui, du coup, se retrouve en retraite anticipée.

Ils ont donc beau jeu de dénoncer la prétendue stratégie d’instrumentalisation du NPA quand on sait que le PS et l’UMP font pire : ils produisent des candidates musulmanes « sur-mesure », répondant à la fois à la demande d’exotisme (« sois beurette et tais-toi ! ») et de communautarisme (« sois un minimum musulmane pour attirer les voix de ta tribu islamique »). Car, avant l’affaire d’Ilham Moussaïd, qui a tant défrayé la chronique politico-médiatique, deux faits sont passés totalement inaperçus dans les médias : en région Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), la liste socialiste menée par Michel Vauzelle a investi en position éligible la secrétaire du Conseil régional du culte musulman (CRCM), Fatima Orsatelli, sans que cela pose le moindre problème ; même scénario dans la région voisine du Languedoc-Roussillon, où le tête de liste UMP, Raymond Couderc, maire de Béziers, a coopté sur la liste de la majorité présidentielle une autre Fatima, Fatima Allaoui, elle aussi membre active du CRCM. Quasiment aucune voix politique nationale ne s’est levée pour dénoncer ce mélange des genres entre le Religieux et le Politique et crier « à la laïcité en péril ». Drôle de silence de nos états-majors politiques, non ? La « candidate voilée » du NPA serait nécessairement une « islamiste infiltrée », alors que les deux éminentes représentantes du Conseil régional du culte musulman des symboles d’intégration politique et d’émancipation féminine. Belle hypocrisie du PS et de l’UMP qui jouent très largement du communautarisme, quand ça les arrange. C’est le monde à l’envers !

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) et ses branches régionales, les CRCM, ont-ils vocation à devenir des agences de recrutement électoral pour les grands partis politiques français ?





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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:55

http://www.no-sarkozy-day.fr/2010/02/no-sarkozy-day-ou-en-est-on


No Sarkozy Day où en est-on?

Nicolas Sarkozy, président de la République assène des coups redoublés contre le ciment républicain, portant gravement atteinte aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité auxquelles nous sommes attachés, ébranlant fortement les piliers républicains que sont la démocratie, la laïcité et le vivre ensemble. Le 27 mars 2010 : une journée ensemble pour lui dire NON.

Deux semaines après la publication en ligne de l’appel pour un No Sarkozy Day, il est aujourd’hui temps de faire un premier point sur l’avancement des préparatifs pour cette mobilisation :

L'appel initialement lancé par 55 blogueurs, aujourd’hui signé et relayé par plus de 120 blogueurs, il y a près de trois mille cinq cent signataires.

Le groupe principal Facebook compte plus de 370 000 membres et les groupes départementaux sont presque tous créés et sont de plus en plus vivants ;

Il y a plus de cinq mille visites du site par jour et un serveur dédié a été acheté afin de pouvoir faire face à une augmentation substantielle du trafic.

Une association ‘l’onde violette » a été créée par Laurent, le coordinateur du No Sarkozy Day 31. Il va ouvrir un compte en banque dés réception du récépissé de création.

Trois vidéos sont en cours de réalisation, 2 sont presque terminées. Chacune a un style différent.

Des teeshirts sont disponibles au prix de dix euros sur le site de Siné Hebdo. Des autocollants à un prix de quelques centimes l’unité sont également disponibles sur le site de Siné Hebdo. Des peintres graphistes et dessinateurs sont en train de travailler à des visuels d’affiches. Dès que ceux ci seront prêt nous trouverons un moyen d’en imprimer massivement.

Soutiens : le CRC, le MAPA, le mai Paris, la FASE, Action Citoyenne, Sud Lycéen Manche, Siné Hebdo, le Kamikaze, Lasserpe, Decressac, Berth, Jiho, Vuillemin, Chimulus, Olive, SaT, Gilles Perrault, Henri Montant, Susan Georges, San Severino, Miguel Benasayag, Jean-Jacques Reboux, Noël Gaudin, Pierre Concialdi, Didier Porte, Guy Bedos, Dominique Tricaud, André Langaney, Marie et Marcel Lapierre, Christophe Alévèque

Une conférence de presse se tiendra le lundi 1er mars à 10H00 sur Paris (lieu à préciser) afin d’annoncer tous nos soutiens artistiques, intellectuels, politiques etc…

Manifestation. Une première rencontre en préfecture à Paris a eu lieu afin d’établir les parcours de manifestations possibles. Très prochainement nous serons en mesure d’annoncer le parcours parisien dans ses grandes lignes.

Organisation locale; les réunions locales se multiplient ville par ville, des initiatives à poursuivre…

Artistes. Ville par ville, des animations sont en train d’être prévues pour le 27 mars avec des musiciens, des danseurs, des jongleurs. En ce qui concerne Paris, un Char musical sera mis en place sur un 19 tonnes (obtenu grâce au soutien d’un collectif d’organisateurs d’évènements musicaux)

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont pris part à ses résultats encourageants. Toutes les bonnes volontés demeurent les bienvenues.

Et surtout n’oubliez pas : signez et faites signer l’appel publiez ce message sur votre blog, envoyez le par email par fax par courrier à tous ceux qui seront susceptibles de nous aider à faire grandir la dynamique.







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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:46

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.I.A.110210.htm


Ilham et les « grands prêtres »

En France on a vraiment le talent de perdre temps et argent en menant des débats houleux sur des points marginaux et qui n’empêchent certainement pas les Français de bien dormir. Tout le monde, gauche et droite confondues, fait de la démagogie et du populisme sur le dos de cette demoiselle courageuse, Ilham Moussaid.

En quelques jours Ilham est sortie de l’anonymat et devenue, malgré elle, une star quasi internationale dont l’histoire a été racontée dans différents journaux, en allant du Guardian anglais et d’autres journaux chez nos voisins européens jusqu’aux journaux du monde arabe comme par exemple Asharq al-Awsat qui rappelle qu’il y a eu 400 prêtres députés à l’assemblée nationale, le dernier étant l’abbé Hervé Laudrin qui eut une riche carrière politique de 1958 jusqu’à son décès en 1977 et fut élu député, député européen, conseiller général et maire.

Mais venons-en un peu au fond et expliquez-moi SVP la vraie raison de cet entêtement des uns et des autres à mêler la religion à cette question de candidature d’une citoyenne du peuple, une citoyenne qui se présente parce qu’elle croit au combat que mène le parti auquel elle adhère ?

Qu’est ce qui a piqué tous ces hommes et ces femmes, toutes tendances confondues, pour ne voir de cette jeune femme que ce bout de tissue qui cache ses cheveux ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui se cache en-dessous ? Un alien qui attend le moment approprié pour attaquer et dévorer les vrais républicains qui seraient les seuls à le voir et à nous en alerter ?

Est-ce qu’Ilham a jamais dit un mot, rien qu’un mot qui laisse présager qu’elle serait antirépublicaine, qu’elle ne respecterait pas la constitution française et qu’en vérité elle ne serait qu’une arriviste qui se bat pour promouvoir l’horrible « charia » dans les cités ? Non, et mille fois non.

Ce fichu que porte Ilham ne saurait induire le moindre irrespect des lois de la République, et il faut être malhonnête pour oser mettre en cause son sincère engagement pour le bien du peuple, en respectant la ligne de son parti qu’on peut être pour ou contre, là n’est pas la question.

L’acte de candidature d’Ilham est un acte citoyen, et parler intentionnellement de sa religion pour porter un jugement sur sa candidature est une pure démagogie, si ce n’est un symptôme d’un vice intellectuel caché, ce qui serait bien plus grave.

Imaginez que le même Ilham, avec les mêmes convictions, imaginez qu’elle porte son foulard suite à une grave maladie, un cancer, tout en militant pour la même cause. Est ce qu’on l’aurait condamnée ? Bien sûr que non, on aurait plutôt sympathisé. Mais c’est quoi la différence ? Pour nous, rien du tout. Dans les deux cas elle se battrait pour bien faire son travail pour lequel elle a été élue, si jamais elle est élue, et c’est ce qui compte.

Qu’est ce qui gêne alors ? Que ces sieurs et ces dames ne peuvent la voir que comme une femme musulmane avec ses convictions religieuses ? Mais si c’était un homme, un jeune militant et musulman convaincu, genre un jeune Tariq Ramadan par exemple, qui se présentait sur la liste de tel ou tel parti en adhérant sincèrement à son programme, qu’aurait on dit ?

Il y en a qui dit qu’il y a d’autres femmes musulmanes candidates qui ne portent pas de foulard, et qu’on n’a pas besoin d’avoir des femmes voilées ! Qu’est ce que c’est que cette mentalité qui décide qui est bon et qui est méchant ? De quel droit peut-on exclure une citoyenne qui veut s’engager au service de son peuple et qui fait du bon travail ? Seulement parce qu’elle croit qu’elle doit couvrir ses cheveux tout en respectant les autres ? Chacun parmi nous, homme ou femme, élu du peuple ou pas, a ses propres convictions et la déclaration universelle des droits de l’Homme lui assure le droit d’afficher ses convictions. Le point qui fait la différence c’est le respect des lois, le respect des engagements et le bon travail qu’on offre à la société.

En 2004 Valérie Pécresse déclare : « Je suis catholique pratiquante. Mon catholicisme est sûrement à la racine de mon engagement politique. La politique, c’est améliorer la vie des gens, les recevoir, leur parler. En tant que députée, je ne raisonne pas en fonction de mes convictions religieuses mais en fonction de l’intérêt général ». La conviction religieuse de Mme Pécresse n’a pas posé un problème pour qu’elle soit élue députée, nommée ministre et désignée tête de liste UMP aux élections régionales en Ile de France de cette année 2010. Avoir des convictions et s’engager sincèrement, encore une fois dans le respect des lois de la République, c’est tout à l’honneur de toute personne, et la question ici ce n’est pas de savoir si on est pour ou contre le courant politique de Madame Pécresse, mais de montrer l’hypocrisie quand on s’insurge contre une jeune femme du peuple et on lui fait un procès d’intention par ce qu’elle ose rester fidèle à elle-même.

Je connais un pays arabe où des « grands prêtres » veillent aux mœurs du peuple en imposant le port du voile aux femmes. Résultat, dans ce pays, on apprend l’hypocrisie aux femmes, voire au peuple entier, à avoir plusieurs visages. En France, on fait l’inverse. D’autres « grands prêtres » veillent à assurer la vie éternelle à leurs certitudes qui s’ébranlent dès qu’ils voient une femme musulmane travailleuse et engagée en portant un foulard. Eux aussi, ils veulent apprendre l’hypocrisie à ces femmes, ils veulent qu’elles présentent deux personnalités et qu’elles avancent toujours masquées. Ça ne marche pas, ça ne pourra jamais marcher ! A moins qu’on ne veuille commencer une inquisition en France, apprenons-nous à nous connaître, à nous respecter et à œuvrer ensemble pour notre bien commun. C’est uniquement comme cela que chacun parmi nous aimera la France et donnera le meilleur de lui-même pour son épanouissement.

J’espère pour Ilham qu’elle va tenir bon, car c’est grâce à des jeunes femmes courageuses comme elle que les lignes bougeront, et surtout j’espère que ce harcèlement politico-médiatique va se calmer et qu’il ne va pas la pousser à changer pour une burqa pour ne plus avoir affaire à ce monde de fous.

Iyad Abbara



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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:49

QUAND LE CINEMA FRANCAIS BLANCHIT ALEXANDRE DUMAS

On ne peut qu’être admiratif devant le talent de Gérard Depardieu qui a, dans sa longue et riche carrière, incarné, avec une facilité déconcertante, de grands personnages historiques à la perfection : de Danton à Vatel, de Christophe Colomb à Vidocq.

Un côté caméléon et une aisance prodigieuse qui pourraient, à eux seuls, expliquer le choix du réalisateur Safy Nebbou de lui confier le rôle de l’écrivain Alexandre Dumas dans son film "L’Autre Dumas", sorti ces jours-ci. Un choix néanmoins étonnant, au moment où la France se gargarise de diversité et de promotion des minorités visibles.

Que personne n’ait trouvé à redire à ce tour de passe passe est encore plus surprenant. Que n’aurait-on pas dit, à l’inverse, si, pour les besoins d’un film, Denzel Washington avait incarné Jean Moulin, si Pascal Legitimus avait donné son visage à Molière, et si Sonia Rolland s’était prise pour Jeanne D’arc ?

Peu de gens le savent aujourd'hui, mais le célèbre écrivain avait un père métis: Thomas Alexandre Davy-Dumas de la Pailleterie, fils d'une esclave et d'un petit propriétaire de Saint-Domingue. Grâce à son courage au combat, il devint général sous la révolution et fut même considéré un moment comme un rival potentiel du général Bonaparte.

Alexandre Dumas se décrivait, d’ailleurs, lui-même, dans ses "Mémoires", comme un "nègre", avec des "cheveux crépus", et un "accent légèrement créole". Tout l’inverse, à l’évidence, de… Gérard Depardieu.

En gommant ces traits, le film de Safy Nebbou occulte un aspect essentiel de la vie de l’auteur du Comte de Monte Cristo : le racisme. En 2002, lors du transfert des cendres de Dumas au Panthéon, Jacques Chirac, avait rappelé que ce "fils de mulâtre, sang mêlé de bleu et de noir" avait dû "affronter les regards d’une société française" qui "lui fera grief de tout : son teint bistre, ses cheveux crépus, à quoi trop de caricaturistes de l’époque voudront le réduire".

Le cinéma a pris, par le passé, la liberté de confier des rôles de Noirs à des acteurs blancs qu’on prenait soin de grimer. "L’Autre Dumas" s’inscrit dans cette veine négationniste qui, quand elle ne blanchit pas, occulte, de la mémoire collective, les grands hommes issus de l’Outre-Mer : le Chevalier de Saint Georges, Gaston Monnerville, Félix Eboué. Sans parler de ces grands oubliés que sont les Tirailleurs Sénégalais qui ont pourtant "sauvé" la France.

En blanchissant Dumas, le film de Safy Nebbou rate une occasion de combler une lacune chez ceux qui le verront et qui ignorent, pour la plupart, que l’auteur des "Trois Mousquetaires" était un "nègre". Ce "détail" risquait-il de troubler les spectateurs voire d’affecter la commercialisation de l’œuvre quand on sait que, pour le cinéma tricolore, un acteur français, métis ou noir, n’est pas "bankable" ?

Safy Nebbou avait, avec ce film, l’opportunité également de donner un signal fort, à l’heure où ce pays s’embourbe dans un débat sur l'identité nationale, faisant sournoisement la part belle à tout ce qui est "blanc et catholique". Une insulte à Dumas, dont le génie, tout français qu’il était, plongeait, profondément, ses racines Outre-Mer et en Afrique.

Là, où il repose, et où la couleur de la peau n'a, fort heureusement, plus beaucoup d'importance, Alexandre Dumas ne doit pas pour autant se retourner dans sa tombe. Il en a vu d'autres. Mais, il est regrettable, qu’aujourd’hui, sur cette terre de France, la couleur soit encore un problème au point qu'on préfère la… gommer.

Emmanuel Goujon et Serge Bilé / Journalistes et écrivains







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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 16:18

Il y a donc une candidate du NPA aux élections régionales dans la région PACA et cette candidature provoque une nouvelle affaire du voile.

Nous discutons de cette question depuis vingt ans. Les bases les plus fondamentales de cette discussion sont les positions traditionnelles du véritable marxisme et de la véritable laïcité par rapport à la question de la religion. Le véritable marxisme et la véritable laïcité ne demandaient et ne pratiquaient jamais l’interdiction des religions. Les trois grandes religions monothéistes n’étaient et ne seront jamais monolithiques. Il y a et il y aura des catholiques d’extrême droite et des catholiques d’extrême gauche. Il y a et il y aura des juifs d’extrême droite et des juifs d’extrême gauche. Il y a et il y aura des musulmans d’extrême droite et des musulmans d’extrême gauche. Des révolutionnaires et des réactionnaires portent et porteront la voile et la barbe. Des révolutionnaires et des réactionnaires ne portent pas et ne porteront pas ni le voile ni la barbe.

A la fin du dix neuvième siècle, Marx défendait les luttes de libération nationale en Europe, en particulier en Irlande et en Pologne. Personne ne l’ignore, et Marx ne l’ignorait certainement pas à l’époque, l’Irlande et la Pologne sont des pays dans lesquels la tradition catholique est forte. Un siècle plus tard, en 1989, la victoire de la résistance musulmane en Afghanistan contre l’armée soviétique et contre le gouvernement du parti communiste afghan précipite la chute de l’union soviétique. Un siècle plus tard, en 1989, la victoire du syndicat catholique Solidarnosc en Pologne contre le gouvernement du parti communiste polonais précipite la chute de l’union soviétique. Les organisations majoritaires de la résistance anti impérialiste et anti sioniste libanaise et palestinienne sont aujourd’hui des organisations musulmanes.

La première affaire du voile en France éclate en 1989 à Creil. Dès le premier jour, une étrange coalition de l’UMP, de SOS Racisme et de Lutte Ouvrière réclame une loi pour l’interdiction du port du voile. Le ministre de l’éducation nationale de l’époque, un certain Jospin, consulte le conseil d’Etat et le verdict du conseil d’Etat est extrêmement clair. Le port du voile n’est pas contradictoire par rapport à la laïcité, la république n’est pas en danger et les intégristes laïcs nous foutent la paix pendant quinze ans. Vingt ans plus tard, suite à la dernière connerie des Gérin, des Raoult, des Besson  et de tous les intégristes laïcs, Fillon fait comme Jospin, il consulte le conseil d’Etat.

Le prolétariat mondial du vingt et unième siècle est et sera noir, arabe, musulman, chinois et latino américain. En 1981, il y a trente ans, c’était la génération Mitterrand et la marche des beurs, dont l’un des principaux organisateurs était déjà un prêtre ouvrier. Aujourd’hui, trente ans plus tard, Fadela Amara est ministre de la ville et des banlieues d’un gouvernement de droite. Aujourd’hui, c’est la génération Moussaid. Dans vingt ans, il y aura un gouvernement révolutionnaire en France, Ilham Moussaid aura quarante et un ans et elle ou une autre représentante de sa génération sera ministre de la ville et des banlieues.

Bernard Fischer





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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 15:48

http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/02/10/la-direction-impose-le-silence-et-tente-de-rectifier-la-ligne_1303740_1293905.html#ens_id=1279139


La direction impose le silence et tente de rectifier la ligne

LE MONDE | 10.02.10 | 13h43  •  Mis à jour le 10.02.10 | 13h43   

Silence dans les rangs. C'est un peu en ces termes que la direction du NPA a fini par répondre à la fronde interne déclenchée par la candidature d'Ilhem Moussaid dans le Vaucluse. Alors que les condamnations se multipliaient, à gauche comme à droite, contre la décision de présenter une jeune femme voilée aux élections régionales, et qu'en interne le débat faisait rage, le comité exécutif a fait passer, mardi 9 février, le message qu'il était temps de "passer à autre chose" et de se mettre à la campagne.

Aux yeux des amis d'Olivier Besancenot, la tempête médiatique et l'incompréhension des militants menaçaient d'hypothéquer la campagne du NPA et d'écorner l'image de son dirigeant. Ordre a donc été donné de ne plus répondre aux médias sur le cas de la jeune Ilhem. Seul Olivier Besancenot s'y attellera, avec une consigne aux médias : pas plus d'une question sur le voile par entretien.

Le verrouillage est tel qu'une interview réalisée avec Alain Krivine au Monde a été annulée, mardi 9 février dans l'après-midi. Le fondateur de la LCR y reconnaissait qu'il était opposé à la candidature d'une femme voilée et que cette décision ne devait pas être locale mais relever de la direction nationale. Il s'interrogeait également sur la compatibilité, avec les activités militantes, de ce qu'il estime être un signe d'oppression.

"CALMER LES CHOSES"

De telles réserves avec les premières déclarations d'Olivier Besancenot, qui s'est déclaré partisan de la candidature d'Ilhem, n'étaient pas possibles. Le comité exécutif lui a demandé d'annuler la publication de l'entretien. "Sur le fond, je suis d'accord avec Olivier et là on aurait pu penser que je prenais mes distances", avouait M. Krivine. "Nous avons redit la position de la direction de manière très claire avec un communiqué lundi, insiste Pierre-François Grond, bras droit de M. Besancenot. Il faut calmer les choses. Les camarades en ont ras-le-bol que les conférences de presse ne tournent qu'autour du voile d'Ilhem."

La cacophonie n'était plus possible alors que la direction est déjà fragilisée en interne depuis qu'elle n'a pu s'assurer une majorité sur la stratégie des régionales. Divisée en trois tiers, elle a dû laisser ses fédérations négocier leurs alliances et préparer leurs listes. C'est ainsi qu'elle explique la "découverte" de la candidature d'Ilhem. Depuis, elle ne cesse de dire que cette décision, bien que statutaire, n'est pas la position nationale.

Depuis trois jours, c'est le message que l'exécutif martèle. Le dernier communiqué, adopté lundi après plusieurs heures de discussions serrées, a fixé la ligne nationale. Ainsi, il est d'emblée précisé que la décision prise dans le Vaucluse "ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA puisqu'il n'a pu en discuter avant, à quelque niveau que ce soit". Le débat sera tranché, en novembre, car seul "le congrès du NPA est souverain".

Voilà de quoi rassurer ceux qui craignaient que la décision locale ne fasse jurisprudence. Le texte réaffirme un certain nombre de principes fondateurs. Ainsi si Ilhem ne voit pas de contradiction entre son voile, le féminisme et la laïcité, pour le NPA, "le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes ".

Reste que le débat n'est pas clos. Jusqu'où accepter des militantes voilées ? Olivier Besancenot avait déclaré le 3 février dans un communiqué qu'"Ilhem est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile". Pour beaucoup de cadres et nombre de militantes, cette position n'est pas tenable : on ne peut représenter une organisation athée et féministe en portant un signe religieux comme le voile. C'est le point de vue qu'Alain Krivine développait dans son entretien. Au siège du NPA, on assure que "le débat va continuer". Après les régionales.

Sylvia Zappi



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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 15:38

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article97945


http://www.palestine-solidarite.org/lettre.Renzo_Sulli.040210.htm

Réponse du maire communiste d'Echirolles, qui justifie le voile de sa conseillère municipale

En réponse à la lettre d’une de ses administrées protestant contre le port du voile d’une des élues au Conseil Municipal dans le cadre de ses fonctions, le Maire d’Echirolles (38) lui a envoyé une missive...

Lettre de Renzo Sulli, Maire d'Echirolles

Je vous remercie de votre courrier qui soulève une question très importante : celle du combat pour la laïcité, qui est et doit rester le socle inébranlable de notre République. Vous le savez, j’en suis un ardent défenseur et je partage donc complètement vos positions sur le sujet.

Mais la laïcité n’est ni un acquis définitif, ni donné à chacun de nous à la naissance. Elle est le fruit d’un modèle culturel dans lequel nous baignons dès notre enfance et qui nous fait adhérer à ses valeurs. Au-delà de cette éducation, nous en mesurons en grandissant et dans la pratique tous les effets bénéfiques, ceux qui nous protègent de l’intransigeance, qui permettent aux hommes et aux femmes de garder leur libre arbitre, aux peuples d’échapper à certaines guerres.

La laïcité n’est jamais un acquis définitif et le combat pour sa protection et son développement doit être quotidien et vigilant.

Que faire alors de ces Français, venus d’ailleurs, imprégnés d’autres cultures et traditions et qui n’ont pas eu la chance d’être les héritiers de 1789, et bien plus tard de la loi 1905. 111 ans pour convaincre le peuple de France du bien fondé de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Certains d’entre eux ne veulent pas en entendre parler et préfèrent rester dans leur approche religieuse de la société, voire se radicalisent.

D’autres commencent à « s’ouvrir », font les pas qu’ont eu à faire nos grands-pères, en France comme dans le reste de l’Europe pour enfin adhérer à ces valeurs.

D’autres enfin s’engagent davantage pour revendiquer le droit de vivre dans une République laïque (même en restant croyants par ailleurs), ils mesurent la liberté qui s’ouvrent ainsi à eux, celle que certains de leurs ancêtres avaient pu déjà connaître dans une période trop éphémère de l’Andalousie musulmane et éclairée.

Ils font ce chemin, agissent auprès de nous, militent dans les associations et confortent leur confiance en notre modèle laïque.

Besma Mechta est de ceux-là. Elle est engagée depuis plusieurs années dans la vie associative. Elle est très investie dans Cité Plurielle. Elle a rejoint enfin le groupe communiste et partenaires de la ville. Elle est par ailleurs écrivain public à titre bénévole.

Elle se présente dans tous ses engagements comme une militante laïque, renvoyant à la sphère privée sa pratique religieuse.

Pour tous ceux et celles qui hésitent encore, qui attendent un signe de nos institutions pour conforter leur choix, elle est un symbole. Pas celui d’un retour en arrière, mais bien celui d’un pas en avant. Elle montre qu’on peut être laïque et musulmane. Elle doit servir d’exemple, pour ouvrir la porte à tous les autres. Si nous ne le faisons pas, nous renverrons des millions de musulmans à un repli identitaire et communautaire. En le faisant, nous leur offrons un autre modèle identitaire qui les respecte et leur permet d’avancer. Sans jamais renier notre engagement laïc, toujours clairement affirmé.

Alors certes, il lui reste un turban sur la tête et non pas un voile, cet espèce de « fichu » ou de foulard que portaient encore nos grands-mères il n’y a pas si longtemps…par tradition. Laissons le tomber tout seul. Demain, j’en suis convaincu, beaucoup d’autres nous rejoindront pour s’intégrer enfin comme français laïcs, croyants ou non. La laïcité aura alors gagné une nouvelle victoire.

Quant à l’aspect plus politique de votre courrier, je voudrais vous faire part des réflexions suivantes.

Depuis 30 ans que la gauche dans son ensemble prône l’intégration des personnes d’origine étrangères (sans avoir par ailleurs tenu ses promesses notamment celle du droit de vote aux élections locales) avez-vous constaté une baisse du communautarisme et un repli du fait religieux de cette population ? Non, c’est le contraire qui s’est passé, faute pour cette population d’être acceptée à participer à notre république.

C’est sur ce terrain de la non intégration, et de la discrimination à l’emploi, sociale, et politique dont souffre cette population, qu’ont prospéré les idées rétrogrades, le repli identitaire et religieux, et que la condition des femmes et des jeunes filles s’est dégradée.

Pour « soulager » les populations du poids religieux, quelle est votre proposition ? et à qui s’adresse-t-elle ? Aux seuls musulmans ou aussi aux autres religions comme la religion catholique par exemple ?

Cette dernière est toujours contre l’IVG, la contraception ou le divorce. Leurs représentants sont pourtant présents à tous les postes de notre république dans les assemblées d’élus nationales ou locales. Alors certes ça ne se voit pas, les femmes ne couvrent plus leurs cheveux comme le faisaient avant leurs mères ou leurs grands-mères.

Pour les musulmans la solution serait simple et hypocrite jusqu’au bout, ne choisir que des hommes qui eux n’ont pas de couvre-chefs traditionnels. Une bonne façon sans doute d’améliorer la condition des femmes.

Pensez-vous vraiment que c’est en continuant à exclure les personnes qui font le pas de la laïcité que nous permettrons à la laïcité d’avancer.

Nous autres occidentaux nous sommes prompt à donner des leçons de démocratie et d’émancipation aux autres peuples de la terre, sans que ne nous effleure jamais l’idée du temps qu’il nous a fallu pour y parvenir, et que nous ne leur reconnaissons pas, l’idée que peut-être il leur appartenait de tracer eux-mêmes leur chemin pour y parvenir. Gardons toujours à l’esprit comment « notre modèle de développement » a finalement affamé l’Afrique et favorisé par la même, la radicalisation des religions dans certains pays.

Je ne dirais jamais de Benhazir Bhutto qui continuait à porter le voile en certaines circonstances qu’elle était un symbole de l’oppression des femmes ; ni des militantes Marocaines, Tunisiennes, Algériennes ou d’Afrique noire plus généralement du droit des femmes qu’elles sont traîtres à leur cause parce qu’elles continuent à respecter certaines traditions tout en poursuivant leur combat.

Continuons d’exiger un 20 sur 20 à notre examen de laïcité, et continuons à faire avancer le fait religieux. La laïcité n’est pas un dogme, c’est un combat ! Je crois que vous le partagez.

Aussi, en évitant toute confusion, je vous invite à aider ceux qui s’engagent sur ce chemin et qui serviront de modèles aux autres, plutôt que de les stigmatiser.

Le jour où faute d’avoir réussi cette ouverture et cette intégration nous ne serons plus qu’un « village d’irréductibles gaulois » gardiens du dogme, peut-être serons-nous restés purs et durs et fiers de l’être, mais notre monde aura fait un grand pas en arrière.

Renzo SULLI, Maire d’Echirolles



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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:36

http://www.npa79.com/article-candidature-ilham-moussaid---declaration-du-comite-executif-national-du-npa-44537371.html


Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 17:46 Candidature Ilham Moussaid - Déclaration du Comité exécutif national du NPA

En même temps que le gouvernement approfondit sa politique antisociale, multiplie les expulsions de sans papiers, le pouvoir cible le NPA dans le cadre du débat sur l'identité nationale.

Le NPA est confronté à une campagne médiatico-politique autour d'une de ses 2000 candidat-e-s aux régionales, Ilham Moussaid, qui porte un foulard, quatrième de la liste NPA - Alternatifs du Vaucluse (PACA) dont la tête de liste départementale est Jacques Hauyé.

Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, il ne s'agit en rien d'un « coup politique et médiatique » orchestré par la direction du NPA mais bien une décision prise dans le Vaucluse. Une minorité de membres du NPA de ce département s'y est opposée. La décision prise par les camarades du Vaucluse ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA, puisqu'il n'a pu en discuter avant à quelque niveau que ce soit.

Notre camarade Ilham Moussaid est membre du NPA et, à ce titre, peut postuler à la candidature au même titre que les autres membres de notre parti. Une majorité de camarades du Vaucluse a décidé d'acter cette candidature. Quoi que l'on pense de cette décision, celle-ci est statutaire. Nous assurons la liste NPA-Alternatifs, l'ensemble des ses candidates et candidats, de notre solidarité dans ce moment difficile.

Ilham porte un foulard (et pas une burqa comme on a pu l'entendre ou le lire). Elle n'y voit pas de contradiction avec les principes fondateurs dont la dimension féministe et laïque constitue une des clés de voûte et affirme son attachement à ces valeurs ainsi qu’à l’ensemble des principes fondateurs du NPA.

Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes même si Ilham ne le vit pas comme tel et elle n'est pas la seule dans la société.

L'annonce de la candidature d'Ilham Moussaid a suscité de nombreuses réactions. Toutes ne sont pas de la même nature. Les critiques et désaccords formulés, à l'intérieur du NPA ou par des mouvements ou des militante-s du mouvement social et du mouvement féministe sont autant d'arguments qui alimentent la discussion et le débat va continuer.

En revanche, nous dénonçons le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF. On les entend moins quand le Président de la République se jette dans les bras du pape, se signe de la croix en public en voyage officiel, ou quand Boutin brandit la Bible à l'Assemblée. Les partis institutionnels financent par millions les lycées privés confessionnels, notamment catholiques. Quant au PCF, il ferait mieux d'être plus prudent, lui qui, aux côtés du PS, a accepté sur ses listes une candidate qui portait le foulard pendant la campagne et continue de le porter au sein du conseil municipal d'Echirolles (38) où elle siège.

Au sein du NPA, le CE confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico médiatique, aura lieu. Le débat interne qui nous traverse est un débat public. La décision prise dans le Vaucluse ne crée aucune « jurisprudence » en la matière. Le congrès du NPA est souverain.

L'heure est d'abord et avant tout à la campagne derrière les listes que nous présentons ou soutenons, une campagne pour faire entendre notre véritable spécificité, celle d'une gauche anticapitaliste, antiraciste, écologiste, internationaliste, féministe, qui a toujours été solidaire des femmes qui résistent à ceux qui veulent leur imposer le voile.

Adopté à l'unanimité des présent-e-s, moins une abstention, le 8 février 2010





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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:17

http://www.npa29quimper.over-blog.fr/article-polemiques-sur-une-candidate-du-npa-portant-le-foulard-44381902.html


"L'insoluble contradiction du voile anticapitaliste" (mediapart.fr)

dimanche 7 février 2010

Voile médiatique ou vrai débat? En annonçant, mercredi 3 février, la candidature d'Ilham Moussaïd, une militante voilée, en quatrième position de sa liste dans le Vaucluse aux régionales de Provence-Alpes-Côte d'Azur, le NPA est en proie aux critiques de tous bords, interrogeant la société française sur son rapport à la laïcité et à la politique. Martine Aubry (lire ici), Jean-Luc Mélenchon (voir la vidéo) ou Pierre Laurent (lire ici) réprouvent le choix du parti d'Olivier Besancenot.

Pourtant, depuis l'Abbé Pierre élu député entre 1946 et 1951 jusqu'à Christine Boutin brandissant la Bible dans l'hémicycle (et l'assumant encore aujourd'hui), en passant par les campagnes électorales de Dominique Strauss-Kahn kippa sur la tête dans les rues de Sarcelles (certes dans une ville où le poids des diverses communautés est grand), les exemples de mélange des genres entre religion et politique sont nombreux. Même le port du voile par une élue de la République n'est pas une nouveauté; on retrouve ainsi, par exemple, sur le site de la mairie d'Echirolles (Isère) le portrait de Besma Mechta, conseillère municipale communiste élue depuis 2008, posant avec un foulard couvrant ses cheveux.

Avec l'immixtion sur le devant de la scène politique d'Ilham Moussaïd, c'est un débat interne fort complexe traversant le NPA depuis sa création qui est désormais livré à la place publique. Un débat où les contradictions sont nombreuses et les convictions profondes de toutes parts. Au-delà de certaines caricatures cherchant à embringuer dans le contexte «burqa/identité nationale» une réflexion pourtant ancienne, Mediapart revient au fond du débat, tel qu'il est actuellement discuté par les militants du NPA.

Le NPA a-t-il fait un coup médiatique?

«Franchement, on se serait bien passé de ce débat en pleine campagne électorale, confie Pierre-François Grond, n°2 et porte-parole du NPA. En l'espace d'une heure, j'ai eu plus de vingt sollicitations médiatiques, dont le 20h de TF1 et de France 2, qu'on a refusé.» Tout part d'un article paru dans Le Figaro mardi 2 février (lire ici). A la va-vite, deux communiqués de presse sont publiés en milieu de matinée, dont le premier ne cite même pas le nom d'Ilham Moussaïd, n'évoquant que «le choix du NPA du Vaucluse qui, après un débat sérieux et complexe, a été d'inclure sur ses listes une de ses membres, militante féministe, anticapitaliste, internationaliste qui estime devoir porter le voile en raison de ses convictions religieuses».

Un second communiqué, trois heures après, apporte un rectificatif à une citation attribuée à Besancenot dans l'article du Figaro: «J'ai simplement dit: “Ilham est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile”», exprime la tête de liste anticapitaliste en Île-de-France. «On fait dire à Olivier qu'Ilham est une “militante féministe, voilée et laïque”. Or, ça, c'est ce que dit Ilham, pas Olivier», justifie Grond. Sur le site Arrêts sur image, la journaliste du Figaro maintient toutefois avoir entendu les propos de Besancenot.

En réalité, le NPA est saisi de ce débat interne depuis sa création, et l'entrée dans la défunte LCR de plusieurs militants issus des «quartiers populaires» (appellation officielle donnée aux banlieues). Dès le lancement du nouveau parti qu'il a impulsé, Olivier Besancenot souhaite qu'il se développe dans les cités, de la même façon qu'il s'implante dans les entreprises. Lors de l'université d'été d'août 2009 à Port-Leucate (Aude), le sujet fait même l'objet de cinq tables rondes (lire notre reportage). Puis, fin septembre 2009, Olivier Besancenot sera la seule tête d'affiche à faire le déplacement au Forum social des quartiers populaires, dans le quartier délabré du Petit-Bard à Montpellier (lire notre reportage).

A chaque fois, les tensions s'expriment, sur les relations aux associations de quartier, sur l'instrumentalisation politique, sur la pratique du ramadan. Et sur le port du voile, déjà. La candidature d'Ilham Moussaïd doit donc d'abord être interprétée comme la continuité de ce questionnement.

Qui est Ilham Moussaïd?

Militant à Avignon, et historique de la Ligue, Jacques Fortin voit dans cette étudiante de 25 ans «une fille bien, posée, qui n'essaie pas d'instrumentaliser le NPA au profit de questions communautaires. Lors de son adhésion, son voile n'avait pas posé de problème, plutôt de la sympathie». Comme le raconte Hendrik Davi, un autre militant avignonnais, sur son blog dans Mediapart, «Ilham Moussaïd a milité au sein d'un collectif contre l'occupation de Gaza, il y a un peu plus d'un an». Etudiante, elle participe aussi aux grèves dans sa faculté et devient trésorière locale puis départementale du NPA dans le Vaucluse.

En octobre 2009, elle a participé à une formation près de Rouen, sur la question du féminisme. Elle en garde le souvenir d'un «moment d'échanges qui s'est très bien passé. Je comprends le discours, et c'est vrai qu'il y a des femmes soumises chez les femmes voilées. Mais l'inverse est aussi vrai, je ne me sens pas du tout soumise et je me retrouve dans les principes d'égalité, de justice et de répartition des richesses qui sont portés par le NPA».

Désignée candidate à l'issue d'un vote des militants du Vaucluse, par 60% des voix, elle entend «défendre la parole des classes populaires et du quartier d'où je viens (La Rocade, à Avignon) mais pas sur le voile. Plutôt sur les questions de discriminations, de logement ou de chômage. Je ne suis pas là pour représenter les femmes voilées, mais j'espère que ça parlera à des gens, que ça fera réfléchir». Aujourd'hui, si elle se dit en accord avec le programme anticapitaliste, elle ne songe pas à retirer son voile: «Il y a des croyants au NPA, de différentes religions. Si j'attire l'attention, c'est seulement parce que l'expression de ma foi est visible.»

Pour l'un de ses proches, Abdel Zahiri, «Ilham a une vraie légitimité militante. Et il se trouve qu'elle porte le voile. Mais ce n'est pas son combat. Cela dit, c'est aussi un message d'ouverture. C'est un moyen de dire que tout le monde a toute sa place au NPA. Et puis jusqu'ici, les filles voilées étaient obligatoirement soumises. Elle montre que ce n'est pas totalement vrai».

Pour autant, la désignation d'Ilham Moussaïd fait débat en interne et passe mal. Sa proximité avec Abdel Zahiri n'y est pas pour rien. Provocateur, il ne cesse depuis son adhésion de bousculer les certitudes des militants traditionnels, bien plus structurés politiquement, au sens classique de l'extrême gauche. D'abord taxé de communautarisme, il est désormais critiqué pour son «caractère incontrôlable et individualiste» par certains militants locaux.

En août 2009, il confiait à Mediapart, à l'issue d'une longue discussion avec le philosophe Daniel Bensaïd: «Moi, quand je viens aux universités d'été, je me déguise en Arabe, avec une djellaba. Mais en vrai, je ne m'habille jamais comme ça chez moi. Seulement, ça permet d'habituer les gauchos, en confrontant les pratiques et en laissant de côté les passions. Ça permet de gagner du temps. Dans l'autre sens, moi j'ai besoin de formations sur le marxisme et tout le bordel, car ça m'intéresse et je n'y connais rien.»

Intrigué par le personnage, Daniel Bensaïd (décédé il y a deux semaines) disait alors, en évoquant les menus ramadan spécialement servis à une dizaine de militants musulmans: «Cela pose la question de ce qu'on veut. Si l'on veut ouvrir la politique à ceux qui en sont privés, il faut être attentif. Par exemple, on ne peut pas fixer un Conseil national qui aurait lieu pendant l'Aïd-el-Kébir. C'est vrai que ça ne nous viendrait jamais à l'esprit de l'organiser le jour de Noël.»

Mais le débat actuel au NPA, local et national, se porte lui sur la question de la laïcité et du féminisme. Et il est loin d'être simple…

Quel est l'état du débat au NPA?

Au cœur de la controverse, qui dépasse tous les courants de pensée jusqu'ici constitués au sein du NPA, c'est bien l'illustration de l'abandon des fondamentaux trotskystes qui est en jeu. «On est pris dans nos contradictions et entre deux tensions, reconnaît Pierre-François Grond. Entre l'envie de casser les barrières de la politique traditionnelle et l'attachement à nos valeurs féministes et laïques. Aujourd'hui, l'important est de pouvoir entrer dans le parti avec ses croyances, tout en adhérant à une visée émancipatrice. Mais il ne s'agit pas d'imposer des pré-requis, comme il y a trente ans.»

Pour Anne Leclerc, responsable de la «commission féminisme», «il est évident que le NPA, ce n'est plus la Ligue. Mais je pense que la croyance doit rester une question individuelle. Le problème, c'est de ne pas entrer dans la logique de stigmatisation anti-musulmane et de garder le cap de l'émancipation».

De son côté, Omar Slaouti, responsable de la «commission quartiers populaires», met en garde contre «l'idée malsaine que le NPA rechercherait des militantes voilées. On effectue un travail dans les quartiers, et il se trouve juste que dans ces endroits, où on ne voit plus la gauche, il y a plus de musulmans qu'ailleurs. La question est alors: “Quelle place on leur accorde?” Mais rien que de poser cette question, j'ai un peu honte…».

C'est bien la représentation politique qui pose problème, dans la pratique. Un parti se disant laïque peut-il présenter une candidate présentant un signe extérieur religieux? Selon Slaouti, «il ne peut y avoir de militantisme à deux vitesses. Ce n'est finalement pas si éloigné du débat qu'on pouvait avoir à la Ligue dans les années 1980, quand on se battait pour que les travailleurs immigrés puissent être syndicalistes, et pas seulement syndiqués. Et puis Ilham a un discours très clair sur les valeurs féministes, sur l'avortement ou sur l'homosexualité. Et elle combat là où les féministes ne sont pas toujours implantées».

Pierre-François Grond tente lui de démontrer la difficulté du cas présent: «Si une femme voilée vient nous voir et porte un discours inégalitaire, il n'y a pas de problème, elle n'a pas sa place chez nous. La difficulté politique, c'est quand une femme voilée nous rejoint et porte un discours en adhésion avec nos principes. Ici, il ne s'agit pas de la laïcité à l'école, mais d'un choix religieux d'adulte consentant.»

Anne Leclerc, qui a mené des formations au féminisme «très enrichissantes et pas du tout passionnées» avec Ilham Moussaïd, rajoute un autre élément dans l'embrouillamini théorique: «Il y a aussi chez nous des musulmanes non voilées, qui sont croyantes mais opposées au foulard. Et elles vivent très mal, peut-être même plus mal que nous, le fait de voir une candidate du NPA voilée. Pour une fille comme Fahima Laidoudi, qui est membre du comité politique national, les vraies questions sont la précarité et le chômage, et le voile une diversion.» Et d'expliquer le fond du problème: «Rien n'a été codifié sur cette question au lancement du NPA. On a bien sûr comme principes fondateurs la laïcité et le féminisme, mais on ne s'est pas posé la question de la religion.»

Alors, le NPA a décidé de trancher la question religieuse lors de son prochain congrès, du 11 au 14 novembre 2010. En attendant, la direction anticapitaliste laisse tout le monde s'exprimer, tant la diversité des points de vue semble grande en son sein. Et sur son site, à côté du communiqué du NPA Vaucluse, on retrouve celui de la minorité locale«Ce débat n'est pas choquant, il est même salutaire et sera transparent, promet Pierre-François Grond. On l'entamera après les régionales, et on le fera sérieusement, en produisant des textes et sans brutaliser quiconque.» ayant rejeté la candidature d'Ihlam Moussaïd.

Stéphane Alliès.



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