Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 19:05


FETAF – Fédération des Travailleurs d’Afrique en France

Agence spécialisée de l’Organisation de l’Unité syndical Africaine (OUSA).

Membre observateur à l’Union Africaine (U.A)

De la situation au Soudan en général et au Darfour en particulier

De 1956, date de son indépendance, à aujourd’hui, on ne connaît, en général, du Soudan que ce que les médias courants nous en livrent. A la décharge pour ces derniers, il faut souligner l’urgence qui les oblige à aller vite.

Sans aucune prétention de notre part, nous avons essayé de proposer -en annexe à cette déclaration -un récapitulatif de repères que nous jugeons susceptibles de permettre à tous les patriotes africains d’avoir à leur portée des données précises à même d’aider à une compréhension d’ensemble du problème soudanais : de la plus lointaine histoire à nos jours.

Nous, à la FETAF, qui avons visité le Soudan, notamment le Darfour, nous pensons sincèrement, compte tenu de sa position géopolitique - trait d’union entre l’Afrique et l’Orient, de sa taille qui en fait le plus grand pays d’Afrique, de sa position centrale avec neuf (9) frontières africaines, que le pays mérite la plus grande vigilance de la part de nous tous, des amis de l’Afrique et de tous les hommes et femmes épris de Paix.

Loin de nous, l’idée de dénier aux hommes de loi le droit à légiférer, mais force est de reconnaître que les décisions juridiques ne peuvent faire fi du contexte particulier dans lequel elles sont prises.

La situation au Soudan n’est pas née « ex nihilo » : la Paix revenue depuis 2005 -malgré les avatars enregistrés la concernant et cela après cinquante (50) ans de guerre civile, a été l’oeuvre d’hommes politiques, d’acteurs de la société civile au premier rang de laquelle on trouve les travailleurs et leurs organisations, d’intellectuels, de religieux etc.…

La Cour Pénale Internationale (CPI), dont la complexité technique échappe aux communs des mortels, ne peut, selon nous, s’ériger, dans la situation présente, en une sorte de « deux ex machina », apte à baliser les chemin de la Paix et de la Concorde. N’est-elle pas en contradiction avec les conclusions de la commission d’enquête des nations unies qui a abouti à la conclusion de non-existence de génocide au Darfour ?

Pour nous en tenir au seul cas du Darfour, révolte curieusement apparue six (6) mois après la signature de la Paix avec le Sud, nous sommes en présence d’une crise protéiforme aux racines structurelles, lointaines et récentes.

De l’avis même des autorités que nous avons rencontrées, le Darfour est une « vieille blessure qui s’est infectée par négligence et cela depuis l’indépendance ».

Au sortir d’une longue période de conflits ouverts ou larvés au niveau de ses neuf (9) frontières, le Soudan se trouve, avec un Darfour pris au piège des guerres aux alentours, infesté de bandes armées.

Elles sèment la mort et la désolation souvent en collusion avec des groupes de rebelles aux motivations politiques diverses, aspirant tous à prendre le pouvoir. Nous sommes en présence d’une situation certes complexe, exacerbée par des rivalités ancestrales entre tribus sédentaires et éleveurs mais qu’il serait erroné, dangereux, voire criminel de qualifier de Génocide (cf. tentative de Kidnapping d’enfants de l’Association Arche de Zoé).

Le fantasme du cavalier Arabe blanc, tout puissant, cassant du Noir veule et rivé à sa terre natale, est au service d’un certaine propagande tendancieuse. Mais, chose plus grave, c’est que cela ne correspond guère à la réalité : le Darfour -territoire aussi grand que la France et peuplé d’environ de cinq millions d’habitants- est habité, quasi exclusivement, par ce qu’il est convenu d’appeler des noirs ; Hommes parlant certes des langues différents, mais pratiquant la même religion et ayant en commun, notamment comme au Sud, une langue véhiculaire, une sorte de créole appelée l’Arabe de Juba.

Tout cela a donné naissance, à l’échelle du Soudan, à une certaine culture de synthèse, plutôt harmonieuse et riche de sa diversité, et que le développement économique devra un jour donner en exemple au monde entier.

Selon nous -et nous l’avons pu constater sur place- la région (Darfour) souffre de ce que l’on a coutume d’appeler « l’inégal développement » au sein d’un ensemble identifié et organiquement constitué qu’est la République Fédérale du Soudan.

Et n’étant guère une sorte de « mer de la tranquillité », le Darfour a reproduit en son sein les rivalités politiques en cours à l’échelle du pays.

Cependant, depuis la fin de la guerre du Sud, le pays est en plein essor économique et est l’un des pays les plus dynamiques d’Afrique sur ce plan, avec un taux de croissance annuel avoisinant les deux chiffres sous l’actuel gouvernement. En grande partie grâce aux hydrocarbures bien sûr, mais aussi, ce qui est rare en Afrique, avec une orientation industrielle dont un exemple tangible est celui de l’automobile.

De même, une diversification des partenaires économiques est engagée, notamment en direction de l’Asie, contribuant sans doute à limiter les risques d’une dépendance de type monopolistique vis à vis de quelques multinationales ; avec, en point focal, les ressources en hydrocarbures. A ce sujet, le citoyen averti peut légitimement se douter de l’existence d’autres rivalités à caractère exogènes qui compliquent le jeu politique interne.

L’Union Africaine (U.A) et la Ligue Arabe ont pris leurs responsabilités en exprimant leur désaccord face au mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre du président légitime du Soudan Omar Hassan El Béchir. Il s’agit là d’une position de sagesse. Et il faut reconnaître que la Sagesse peut renforcer le droit en le dépassant.

Pour notre part, nous exigeons l’annulation pure et simple de ce mandat d’arrêt.

A ce titre, rien ne doit être fait qui puisse compliquer et bloquer le processus de Paix en cours.

La Minuad, sous ce rapport, doit voir son rôle renforcé en tant que force de Paix. Elle se doit de neutraliser toutes les forces centrifuges. Le Rwanda doit maintenir ses troupes au sein de la Minuad. La communauté internationale doit dégager des moyens suffisants pour aider au retour de déplacés de guerre et déployer des efforts sur le plan diplomatique pour obliger tous les groupes rebelles à s’asseoir à la table de Négociation comme ne cesse de la réclamer l’Union Africaine.

L’Afrique a prouvé ces dernières années sa capacité à trouver des compromis de moindre mal en interne (Côte d’Ivoire, Zimbabwe, région des Grands lacs, etc.)

Notre conviction est que la crise du Darfour, avec moins d’ingérences d’ordre politico-militaires externes, peut être résolue en interne par les africains et en particulier par les protagonistes Soudanais à
qui elle incombe en premier.

Vive la Solidarité inter - soudanaise !

Vive la Paix !

Vive l’Unité africaine !

Paris, le 03 avril 2009


 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 18:56


http://lariposte.com/Le-27e-Congres-des-marxistes-pakistanais-1194.html

Le vingt septième Congrès des marxistes pakistanais 

« Inqlab ! Inqlab ! Socialist Inqlab ! » – Révolution ! Révolution ! Révolution socialiste ! C’est sur ces slogans, dans une ambiance surchauffée, que s’est ouvert le 27e Congrès de la tendance marxiste pakistanaise, The Struggle (La Lutte), le 27 mars dernier. Au total, 2000 délégués de toutes les régions du Pakistan ont rempli la magnifique salle Aiwan Iqbal, dans la ville de Lahore.

Cette année, les règles de sécurité étaient particulièrement strictes, suite aux menaces terroristes proférées par des fondamentalistes – qui, comme on le sait, opèrent à l’instigation et sous la protection des Services Secrets pakistanais (l’ISI).

La composition sociale du congrès était très largement ouvrière. De nombreux syndicats de travailleurs étaient représentés : ceux des aciéries, des télécommunications, des autoroutes, du port de Karachi, des chemins de fer, du textile, de la Poste, de l’énergie et des eaux, du transport, du secteur paramédical, de l’industrie lourde, etc. Il y avait également une grande délégation étudiante. Enfin, malgré les énormes obstacles et pressions auxquels sont confrontées les militantes, dans ce pays, il y avait une bonne représentation féminine, parmi les délégués.

Le Congrès s’est ouvert par une discussion sur les Perspectives Mondiales, introduite par Alan Woods. Alan a comparé la situation actuelle à la période de déclin et de chute de l’Empire Romain. A propos de la crise économique, il a souligné la faillite des économistes bourgeois et la perplexité des gouvernements, qui ne savent quoi faire. Il a décrit les banquiers comme des parasites qu’on récompense, avec l’argent du contribuable, pour leurs escroqueries : « Il n’y a pas d’argent pour les écoles, le logement et les hôpitaux – mais pour les banquiers, il y a autant d’argent qu’ils en demandent ! ». Alan s’est également attardé sur les guerres en Irak et en Afghanistan, que les impérialistes ne peuvent pas gagner, comme les marxistes l’avaient prévu dès leur déclenchement : « les Américains devront quitter l’Irak la queue entre les jambes ». Quant à l’Afghanistan, la poursuite de la guerre aura pour seul effet d’aggraver la déstabilisation du Pakistan.

Lors de la discussion, très riche, de nombreuses interventions ont porté sur la question nationale. Dans ses réponses, Alan a souligné que la seule façon de résoudre la question nationale est la conquête du pouvoir par les travailleurs et paysans pauvres, comme ce fut le cas en Octobre 1917, en Russie. Il a prévenu que les réactionnaires indiens et pakistanais songent à recourir à la guerre – notamment au Cachemire – dans le but de détourner l’attention des travailleurs de la crise économique et sociale. « Les travailleurs d’Inde et du Pakistan n’ont aucun intérêt à la guerre », a-t-il dit, ce qui a déclenché une puissante salve d’applaudissements. « Notre position : une seule guerre – la guerre des classes ! ».

L’après-midi, la discussion a porté sur la crise de l’Etat pakistanais. Le camarade Adam Paul introduisait les débats. Après avoir rappelé les origines de l’Etat d’un point de vue marxiste, Adam a décrit la dégénérescence complète de l’Etat pakistanais, qui est déchiré par des contradictions internes, une fraction soutenant les Talibans – pendant qu’une autre est soumise à l’impérialisme américain. Lors de la discussion, un camarade du Pachtounkhwa a fait une intervention vibrante d’indignation pour dénoncer le massacre de civils par l’artillerie et les bombardiers américains, qui ont provoqué une vague massive de réfugiés.

A 17 heures, la Congrès s’est divisé en trois commissions : le travail syndical, la jeunesse et les femmes.

Le lendemain, vendredi 28 mars, le camarade Lal Khan a ouvert le deuxième jour du congrès en introduisant la discussion sur les Perspectives pour le Pakistan. Dans son discours, Lal Khan a dressé un tableau dévastateur du pourrissement de la bourgeoisie pakistanaise et de son système : « 62 % des enfants n’a pas accès à l’éducation primaire. 60 % souffre de malnutrition. Beaucoup de gens ont perdu leur odorat parce qu’ils vivent à proximité de décharges à ciel ouvert, dans la plus noire misère. Chaque jour, le chômage et la pauvreté augmentent. »

L’agriculture est dans un état déplorable. 65% de l’eau drainée par les canaux d’irrigation n’arrive pas à destination, du fait du délabrement des infrastructures. Dans le même temps, l’industrie a été saccagée. Et à présent, le gouvernement du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) poursuit une politique de privatisation criminelle, qui se traduira par de nouveaux licenciements.

Mais tout le monde ne souffre pas, au Pakistan. Le dirigeant d’opposition Nawaz Sharif est la quatrième fortune du pays. Quant au président du Pakistan, Asif Ali Zardari, il en est la deuxième fortune. Comment ces gens peuvent-ils prétendre représenter les intérêts des travailleurs et des paysans pakistanais ?

Lal Khan a souligné que la faillite de l’Etat pakistanais repose sur la faillite du système capitaliste lui-même. Seule une révolution socialiste peut sauver le peuple pakistanais de la barbarie. Le discours de Lal Khan a été accueilli par des applaudissements et des chants enthousiastes, lesquels ont d’ailleurs jalonné tout le congrès. Plusieurs poèmes révolutionnaires ont été lus, également, dans ce pays où la poésie demeure une tradition populaire très vivante.

La session suivante, introduite par Paras Jan, était consacrée à l’organisation et à ses tâches révolutionnaires, pour la période à venir. The Struggle est désormais implantée dans chaque région et chaque district du pays. Elle a une base solide dans le mouvement ouvrier et syndical, mais aussi dans la jeunesse. Par exemple, nos camarades ont conquis des postes clés dans la direction de la Fédération des Etudiants Jammu Kashmir (JKNSF), au Cachemire, qui organise 20 000 étudiants de la région. The Struggle est, de loin, la plus grande organisation marxiste qui ait jamais existé au Pakistan. Elle a désormais une base plus large que celle du Parti Communiste du Pakistan, avant son effondrement. D’ailleurs, nombre de vétérans communistes rejoignent notre organisation. A l’inverse, les différentes petites sectes gauchistes sont en voie de décomposition.

Le dernier point du Congrès, sur l’ordre du jour, était le rapport international sur la Tendance Marxiste Internationale (TMI), introduit par la camarade Ana Muñoz. Ana a décrit les progrès de la TMI au cours de la dernière période, notamment en Amérique latine : « Il y a 10 ans, nous n’avions qu’une section sur tout le continent américain : un groupe de 50 camarades au Mexique. Aujourd’hui, non seulement la section mexicaine compte 300 militants, avec une base solide dans la jeunesse et le mouvement syndical, mais la TMI est présente dans pratiquement tous les pays du continent – du nord au sud. Au Brésil, nous avons gagné un groupe de centaines de militants très bien implantés dans le mouvement ouvrier. Au Venezuela, nos camarades du Courant Marxiste Révolutionnaire jouent un rôle clé dans la lutte des travailleurs des usines occupées, sous contrôle ouvrier ou menacées de fermeture. »

Après le rapport d’Ana, Jawad Ahmed, un artiste pakistanais très célèbre, est venu à la tribune pour interpréter une chanson révolutionnaire, qui a été reprise avec enthousiasme par les délégués.

Alan Woods a prononcé le discours de clôture du Congrès. Il a souligné le succès et l’excellent niveau politique de ce Congrès : « Où est-ce qu’on peut trouver quelque chose qui ressemble à cela, au Pakistan ? Nulle part ! ». Alan a mentionné la trahison de notre ex-camarade Manzoor Ahmed, qui était membre de l’Assemblée Nationale et a été acheté par le gouvernement réactionnaire de Zardari. Il a souligné qu’il n’y avait pas de place pour les carriéristes, dans notre organisation : « Tant qu’il était sous le contrôle de l’organisation, Manzoor a joué un rôle positif, à l’Assemblée Nationale. Mais dans de telles positions, un camarade est particulièrement sujet à la pression des classes adverses. Manzoor a cédé à cette pression. »

Alan a cité Engels : « le parti se renforce en se purgeant », ajoutant : « Des opportunistes, autour de Manzoor, ont prétendu qu’ils avaient emporté avec eux la majorité de l’organisation. Qu’en dites-vous, camarades ? C’est vrai ? (Les délégués : "Non ! "). Regardez cette salle. Sommes-nous plus forts ou plus faibles qu’il y a un an ? (Les délégués : "Plus forts !") Oui, camarades, nous sommes plus forts, aussi bien quantitativement que qualitativement. Et s’il y a des gens, ici, qui pensent qu’ils peuvent rejoindre notre organisation pour faire avancer leur carrière personnelle, je leur dis : "Voici la porte, vous pouvez quitter la salle !" On ne vous offre pas une vie confortable, une carrière ou de l’argent. Tout ce qu’on vous offre, c’est un travail révolutionnaire acharné, une lutte constante et des sacrifices. La route vers la révolution socialiste n’est pas paisible. Nous avons de puissants ennemis : les propriétaires terriens et les capitalistes, la police et l’armée, les fondamentalistes et les terroristes. Mais nous sommes les soldats d’une armée révolutionnaire et nous poursuivrons la lutte en balayant tous les obstacles. Les armées subissent des pertes. Certains soldats sont tués ou blessés. D’autres désertent. Nous traiterons ces derniers avec le mépris qu’ils méritent.

« Nous sommes prêts à affronter toutes les difficultés parce que notre objectif est grandiose. Nous luttons pour un monde nouveau. Ce nouveau monde existe déjà. Il vit et il respire. Il est présent dans cette salle – dans le cœur et l’esprit de chacun d’entre vous. Chaque jour, il se renforce un peu plus. Nous lutterons jusqu’à l’avènement de ce monde nouveau – et nous le verrons naître. » Le congrès s’est terminé par une manifestation des délégués, dans les rues de Lahore, contre la pauvreté, le chômage et les privatisations.

A Lahore, le 29 mars 2009





 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 18:45


La manifestation anti-otan de Strasbourg

J’étais à Strasbourg.

Tous les dirigeants de la gauche de gauche de Côte d’or, avec des militants du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, de Solidarités 21, du Mouvement de la Paix, des syndicalistes et même des socialistes, rassemblés dans le collectif pour la paix, étaient samedi dans le bus qui emmenait ces militants manifester contre l’OTAN à Strasbourg. L’ambiance était enjouée, pleine d’empathie et de sympathie.

A 25 kilomètres de la capitale alsacienne, le car est dévié sur de petites routes. A chaque rond-point il faut négocier avec les policiers qui indiquent la route à suivre. La police est omniprésente, jusque sur les toits des châteaux d’eau et des silos, bloquant le moindre chemin. Le bus se retrouve à la frontière allemande, sur le Rhin, bloqué par la polizei. On nous renvoie d’où nous sommes venus. Là, un gradé nous bloque car la route est interdite au plus de 7, 5T ! Plus loin, ce n’est pas autorisé. On se croirait dans un gag de Raymond Devos. Finalement, c’est un gendarme qui intervient auprès de l’officier pour lui dire de laisser passer le bus, aujourd’hui, on n’applique pas le code de la route…Nous finissons par arriver près du lieu de rassemblement, un immense terrain vague où il semble évident que tous les manifestants n’ont pas pu accéder. Beaucoup de jeunes vêtus de noirs et portant cagoules sont
présents. Derrière un bouquet d’arbres s’élève une colonne de fumée.

Des hélicoptères tournent dans le ciel. Quelque chose tombe de l’un d’eux. Aussitôt une nouvelle colonne de fumée noire, très épaisse, s’élève. On entend des détonations. De la fumée, des gaz, envahissent le lieu du rassemblement. Les rumeurs courent, c’est l’hôtel Ibis qui brûle. Les haut-parleurs nous invitent à partir. C’est un départ impromptu, avant que le meeting prévu ait pu se tenir.

Une première évidence : beaucoup de manifestants pacifistes n’ont pas pu rejoindre le lieu de rassemblement qui était déjà investi par les anarchistes autonomes.

Des bus ont été égarés pour qu’ils ne puissent pas rejoindre Strasbourg. Alors que nous avons déjà pu constater une présence d’une ampleur extraordinaire des forces de l’ordre, rien n’a été fait pour isoler les casseurs des manifestants pacifistes. Pour sortir de la nasse, ce n’est pas évident, le passage est très étroit et rétréci encore par la présence de plusieurs véhicules de CRS qui barrent la moitié du chemin. Et aussitôt des cagoulés armés de grands bâtons attaquent les policiers, tapant sur les fourgons, jetant des pavés et des pierres. Les flics s’enfuient. Cette violente agression était parfaitement inutile, mais prévisible. Que faisaient ces policiers sur la route d’évacuation du terrain ? Ils constituaient une véritable provocation. Pourquoi vouloir fermer la voie de dégagement du rassemblement ? J’aperçois Francis Wurtz, député européen du PCF, qui répond à une interview de Léo, un dirigeant de la gauche autrichienne, du réseau de la Charte pour une autre Europe.

Tant bien que mal, la manifestation s’organise. Les militants se regroupent derrière leurs bannières et banderoles, défilent dans le calme, canalisés et dirigés vers un quartier périphérique de Strasbourg par les nombreux barrages policiers qui bloquent tous les accès. C’est une zone qui paraît vide, près du port fluvial, avec de nombreuses usines.

Nous passons devant un bureau de poste, une église et arrivons devant une voie ferrée et un tunnel. Là, nous sommes bloqués. Derrière, s’élève un panache de fumée. La sono nous informe qu’il faut attendre que les pompiers aient terminés d’éteindre l’incendie d’un immeuble. Des gens s’assoient sur la chaussée, d’autres circulent. On attend patiemment, dans le calme.

Je vais voir ce qui se passe au bout du tunnel qui est barré par un grillage derrière lequel sont stationnés deux cars de CRS. La grande échelle des pompiers s’élève au milieu de la route devant un immeuble où de la fumée s’échappe du dernier étage. Je ne vois pas de pompiers, seulement des policiers. Réflexion : comment ce feu a-t-il pris au dernier étage ? Les casseurs ne sont tout de même pas montés là-haut pour mettre le feu comme ça ! Je rencontre Michel Soudais, de Politis, et une autre amie journaliste. Je me dis que l’on ne voit pas les grandes chaînes de la télé.

Au bout d’un long moment, la sono nous dit que suite à des négociations, nous allons pouvoir passer. Les policiers qui étaient sur la voie ferrée, au-dessus du pont, se retirent, mais en fait le tunnel est toujours barré. Les cagoulés en profitent pour grimper sur le ballast et aller attaquer les forces de police. Les policiers reviennent chassant les casseurs qui se mêlent aux pacifistes. On entend l’explosion des tirs de grenades lacrymogènes. Puis ce sont les gaz qui arrivent et des cailloux. Incroyable ! Les flics nous balancent des cailloux. Ils ne font pas le détail, ils arrosent la foule qui reflue. Mais derrière, sur l’avenue par laquelle nous sommes venus, la route est barrée et les policiers nous arrosent également. Panique générale. Le camion de la CGT nous demande de le suivre le long de la voie ferrée. C’est alors que de violents affrontements éclatent sur le remblai, car les CRS envoient à nouveau des bombes lacrymogènes sur le convoi. Des vagues de casseurs cagoulés vont à l’assaut, les tirs répondent. Les manifestants sont scindés. Beaucoup n’ont pas pu suivre le camion. C’est un véritable piège, une souricière dans laquelle nous ont conduit les forces de police, sans possibilité d’évacuation. Je suis gazé, asphyxié, je pleure, comme beaucoup d’autres manifestants.

A nouveau je reflue vers la l’avenue et nous sommes à nouveau bombardés par la police, à tirs tendus, de grenades qui explosent au milieu de nous et de balles de flash-ball. Je suis coincé contre un mur, en larmes, étouffant, avec la présidente d’Attac 21. Nous sommes séparés de nos amis, dispersés. Un jeune militant libertaire de Dijon nous aide, il a du chlorure de sodium qu’il nous verse sur les pupilles. Soulagement. Nous nous réfugions dans la cour d’une usine. Nous profitons d’un instant de calme pour essayer de passer à nouveau le long de la voie ferrée avec deux amis dijonnais, puisque nous ne pouvons pas revenir sur nos pas. Cette fois le passage est dégagé.

Nous retrouvons la route, et d’autres manifestants qui reviennent également. Nous passons devant l’Eglise dont la porte a été défoncée, la porte vitrée de la poste a volé en éclats, les arrêts de bus, les cabines téléphoniques ont été détruites. Plus loin, des wagons ont été tirés au milieu de la route. Des tas de palettes ont été répandus sur la chaussée. Les panneaux de signalisation et de publicité, les feux tricolores, ont été arrachés. Tout cela s’est produit derrière nous. Par qui ? Alors que nous avions vu tant de forces de police déployées, partout, plus nombreuses que les manifestants…

Au pont, nous sommes dirigés le long de la voie d’eau par un barrage de police. Des groupes de manifestants pacifistes, très dispersés refluent calmement, pour revenir vers les bus. Regardant vers le pont, je vois deux canons à eau prendre position alors que d’autres groupes arrivent tranquillement. Ils arrosent. Pourquoi ? Il n’y avait aucun incident, les gens rentraient tranquillement. Comme pour me punir de cette pensée, nous sommes à nouveau bombardés de bombes lacrymogènes par les flics du pont. Pourquoi ? Il ne se passait rien !

Au pont de l’Europe, le camion du Mouvement de la Paix propose de le suivre pour aller au Jardin, lieu prévu pour le meeting de fin, ou de rentrer. L’immense majorité des troupes préfère revenir vers les cars. Et le camion finit par en faire autant.

Les Dijonnais se regroupent peu à peu et décident de rester ensemble, d’éviter la dispersion pour retrouver notre bus garé fort justement là où il nous avait déposé à midi. En face dans les fourrés, on distingue des casques noirs et des canons de fusils. Des petits groupes de CRS sont embusqués tout le long du parcours de retour. Pendant plus d’une heure, les groupes de manifestants dispersés au fil des évènements, rentrent vers leurs véhicules.

Conclusion

Il apparaît d’évidence que tout a été fait pour que cette manifestation autorisée ne puisse pas avoir lieu : en empêchant le rassemblement, égarant les cars ; en changeant à la dernière minute le parcours autorisé par la préfecture ; la manifestation n’a jamais pu s’organiser et se structurer, permettant ainsi aux casseurs de se mêler aux pacifistes.

Les forces de police ont tronçonné la manifestation en plusieurs groupes qui ont été l’objet d’attaques par des tirs de grenades lacrymogène et de flash-balls dont l’objectif évident était de faire peur, d’impressionner les manifestants pour les inciter à ne plus revenir manifester.

Les autorités ont laissé se rassembler et agir des groupes de Blacks-Blocks, d’autonomes anarchistes, arrivés dès jeudi. Le déploiement massif et inégalé des forces de l’ordre permettait d’interdire l’accès de ces casseurs à la manifestation et d’éviter les graves incidents et les destructions qu’ils ont causés. Le but était manifestement de dénaturer le caractère pacifiste de la manifestation. C’est un quartier populaire qui a subi ces dommages alors que le centre-ville était hyper protégé et inaccessible, souvent au mépris des droits des citoyens de Strasbourg.

Les plus hautes autorités de l’Etat portent une lourde responsabilité dans les incidents qui se sont produits et qui auraient pu être encore plus dramatiques sans la solidarité et la sagesse des forces militantes présentes.

Pour le moins une commission d’enquête devrait éclaircir ces responsabilités et pour le plus, devant la gravité de la situation engendrée par les directives données aux forces de l’ordre par le ministère de l’intérieur, nous devons exiger la démission de la ministre de l’intérieur, Madame Alliot-Marie.

Cette volonté d’empêcher une manifestation pourtant autorisée, en utilisant tous les moyens est à rapprocher de la politique répressive et de la « judiciarisation » mises en œuvre par le gouvernement de Monsieur Sarkozy à l’égard de tous les opposants, les syndicalistes qui manifestent, les militants de RESF qui ont été victimes des mêmes mesures à Vichy, les jeunes des quartiers populaires, les militants politiques qui utilisent pourtant le propre langage du président : « Casse toi, pov’con ! »

Voir cet article sur son site d'origine  www.allaingraux.over-blog.com

Allain GRAUX

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 18:34

http://www.socialisme-maintenant.org/

 

La prochaine réunion du Club"Socialisme maintenant" aura lieu le
Samedi 2 mai 14H30- 17h30
Librairie, 8 Impasse Crozatier Paris 12è
Derrière l'Hôpital ST Antoine:

Angle Rue Crozatier/ Rue des Citeaux
Métro Faidherbe Chaligny ou Gare de Lyon.


Pour la préparation de cette réunion qui se tiendra après le 1er mai et donc la 3è journée de manifestations convoquées par les directions des confédérations syndicales depuis le début de l' année, nous versons à la discussion 5 textes dans les notes éditoriales dont deux dialoguent explicitement avec le texte de Gadlia Roulin, publié sur notre site: "Entre le 29 janvier et le 19 mars et après?".

 

Sont versés également pour la préparation de la discussion certaines réactions et textes qui circulent dans le NPA (lettre de G. Sarda, lettre de Pierre Sauve à la direction du journal 'Tout est à nous" et les propositions du groupe Prométhée du NPA), de même que les textes que nous avons publiés concernant le PG.


Nous attirons votre attention pour notre discussion sur trois autres textes que vous trouverez sur le site du Club: le tract du MPS de Suisse à l' occasion du G20, l'article de Sophie Wahnich (paru dans le Monde 05/04/09) et l'intervention de Elie Domota porte parole du LKP de Guadeloupe (02/04/09).


Nous vous invitons à nous faire parvenir vos réactions et contributions. N'hésitez pas à nous signaler aussi textes et interventions qui vous paraissent utiles pour alimenter notre débat.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 19:05

 
Les espions de l’or noir, par Gilles Munier (Ed. Koutoubia)

Dédicace : le mercredi 29 avril, à 19 heures

Galerie Arcima : 161, rue St Jacques, à Paris (métro : Luxembourg)

Le pétrole, « maître du monde » ? Oui, mais comment en est-on arrivé là ? Des rivalités pour contrôler la route des Indes à l’émergence des Etats-Unis comme puissance mondiale, les pays anglo-saxons ont su étendre leur influence en Asie centrale, dans le Caucase et au Proche-Orient, avec, au final, leur mainmise sur les principales ressources pétrolières mondiales.

Gilles Munier remonte aux origines du Grand jeu et de la fièvre du pétrole pour raconter la saga des espions de l’or noir et la malédiction qui s’est abattue sur les peuples détenteurs de ces richesses. Il brosse les portraits des agents secrets de Napoléon 1er et de l’Intelligence Service, du Kaiser Guillaume II et d’Adolphe Hitler, des irréguliers du groupe Stern et du Shay – ancêtres du Mossad – ou de la CIA, dont les activités ont précédé ou accompagné les grands bains de sang du 19ème et du début du 20ème siècle.

Parmi d’autres, on croise les incontournables T.E Lawrence dit d’Arabie, Gertrude Bell, St John Philby et Kermit Roosevelt, mais aussi des personnages moins connus comme Sidney Reilly, William Shakespear, Wilhelm Wassmuss, Marguerite d’Andurain, John Eppler, Conrad Kilian. Puis, descendant dans le temps, Lady Stanhope, le Chevalier de Lascaris, William Palgrave, Arthur Conolly et David Urquhart.

« On dit que l’argent n’a pas d’odeur, le pétrole est là pour le démentir » a écrit Pierre Mac Orlan. « Au Proche-Orient et dans le Caucase », ajoute Gilles Munier, « il a une odeur de sang ». Lui qui a observé, sur le terrain, plusieurs conflits au Proche-Orient, montre que ces drames n’ont pas grand chose à voir avec l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme. Ils sont, comme la guerre d’Afghanistan et celles qui se profilent en Iran ou au Darfour, l’épilogue d’opérations clandestines organisées pour contrôler les puits et les routes du pétrole.

330 pages, avec photos, cartes et index – 22,60 euros - Editions Koutoubia - Groupe Alphée-Editplus
               
Les espions de l’or noir

Commentaires, critiques et questions posées à l’auteur sur :   

http://espions-or.noir.over-blog.com

www.gmunier.blogspot.com



Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:52


Problématique des «Sans Papiers»: Proposition d’Action Non-Violente:

DECRETER UNE JOURNEE NATIONALE DE DESOBEISSANCE CIVILE NON VIOLENTE.

Bref rappel de la situation des «Sans Papiers».

Cet appel s’adresse à toutes celles et tous ceux qui, comme moi se sentent personnellement interpellés par le drame humain des «Sans Papiers». Déjà en 1986 nos archives de presse font apparaître un tel drame avec l’arrestation scandaleuse et la menace d’expulsion immédiate d’un Zaïrois à Zaventem, malgré l’intervention d’Amnesty International, du Haut Commissariat  aux Réfugiés et de la Ligue des Droits de l’Homme. A partir de l’année 1991, de tels drames ne cessent de se multiplier. En 1993, la question se pose encore publiquement: «La Belgique: terre d’exil ou terre d’asile?» Avec beaucoup d’autres personnes et organismes, en 1994 nous participons aux actions de solidarité en faveur du Centre d’accueil «Les Forges» de la Croix Rouge de Belgique installé à Nassogne qui sera finalement expulsé par les autorités publiques sous la pression de groupes d’extrême droite! Même l’Eglise diocésaine finit par capituler peu honorablement en rase campagne! La même année, nous étions encore sur la brèche avec l’autre Centre d’Accueil de la Croix-Rouge à Hastière. Faut-il dresser une liste exhaustive de toutes ces atteintes aux droits humains des étrangers? On n’en finirait pas. Rappelons cependant les années 2005 et 2006 qui nous ont encore mobilisés, notamment avec l’occupation de l’église st-Boniface à Ixelles, notre appel à la désobéissance civile du 1er mars 2006, appel également lancé peu après par six associations (La Ligue des Droits de l’Homme, le Cré, le PAC, le Mrax, Point d’appui et le CNCD-11.11.11). Ensuite nos actions avec la coordination en faveur des Sans Papiers à l’église St-Joseph à Namur tout au long de cette même année. Aujourd’hui, la situation ne cesse de se détériorer gravement partout dans notre pays. Cependant, des signes encourageants de prise de conscience de personnalités, tant du monde politique, universitaire que religieux apparaissent enfin. Citons le dernier en vue avec l’appel solennel, lancé via une «Carte Blanche» dans «Le Soir» du 10 avril courant, et signé par plusieurs universitaires, membres du Comité des universités et des hautes écoles belges pour le soutien aux sans-papiers.

En attendant, à la faculté de Droit des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, comme en d’autres localités, notamment à l’ULB et L.L.N., des «Sans Papiers» sont hébergés et comptent sur l’urgence de notre solidarité active et fraternelle, tant sur le plan politique, social que matériel. (matelas et couvertures s.v.p.!)

Décréter une journée nationale de désobéissance civile non-violente.

Pourquoi? L’urgence, tant humanitaire que politique, l’impose. Les Sans Papiers sont depuis trop longtemps menés en bateau par le monde politique. Certains politiques sont fondamentalement opposés à honorer leurs engagements en ce domaine, tous les moyens leurs conviennent à cette fin.

D’autres h’hésitent pas à se servir de cette promesse fallacieuse de régularisation, en la reportant au delà du 6 juin à leurs fins bassement électoralistes: récolter des voix, alors que les élections vont aboutir au chaos d’un pays devenu ingouvernable au niveau institutionnel. Qui d’ailleurs oserait encore prétendre aujourd’hui qu’il sera élu le 6 juin, si ce n’est un farfelu illusionniste? De surcroît, n’est-il pas à craindre que des groupuscules populistes et d’extrême droite exploitent hélas le découragement de nombreux électeurs écœurés par toutes les magouilles et pitreries qui n’ont cessé de miner la confiance en nos élus politiques. Autant dire qu’à partir du 7 juin 2009, il n’y aura plus guère d’espoir de voir les engagements honorés en faveurs des Sans papiers!

Quand? La date du 10 mai nous paraît opportunément souhaitable par le sens hautement symbolique qu’elle représente.

Pourquoi? Cette journée symbole, oubliée volontairement depuis pas mal d’années, tant par les médias que par le monde politique, est devenue pour ces pouvoirs «une journée politiquement incorrecte» dans le contexte d’amalgame de l’Union Européenne: OUBLIER POUR NE PAS DEPLAIRE A CEUX QUI NE SAVENT TOUJOURS PAS ASSUMER LEUR PASSE FASCISTE OU NAZI TOUJOURS RECURENT.

Que représente le 10 mai? C’était le 10 mai 1940. Les armées hitlériennes violaient sans avertissement trois petits pays neutres: Les Pays-Bas, la Belgique et le Grand Duché de Luxembourg. Populations civiles bombardées et mitraillées s’enfuyant sur les routes de France dans un déluge de feu et de sang. Des milliers d’enfants dont j’étais, précipités dans cet enfer gothique. Des routes parsemées de cadavres d’enfants, de femmes, de vieillards expulsés dans cet exode maudit.

Mais aussi des ETRANGERS que nous avions «accueillis» chez nous parce qu’ils  avaient fui l’Allemagne hitlérienne. Ces étrangers, principalement des Juifs et résistants allemands fuyant l’abomination nazie, d’abord arrêtés par une certaine «Belgique docile», représentée de pouvoirs publics et policiers sans état d’âme, ensuite emprisonnés sous prétexte de leur nationalité. Expulsés ensuite en France, repris par Vichy et la gestapo pour être déportés en Allemagne, enfants compris, dans l’horreur indicible des camps nazis d’extermination.

Le 10 mai 1940, avec les années noires qui suivirent, constitue ainsi une date «Mémoire» des ETRANGERS victimes d’une Europe restée bétonnée dans ses fantasmes xénophobes et racistes, tout en subsidiant une extrême-droite néo-nazie y compris en Belgique. Cette journée du 10 mai doit devenir, dans un sursaut démocratique populaire, celle de la révolte citoyenne non-violente criant:

«NOUS SOMMES TOUS DES ETRANGERS!»

Appel est fait à toutes et à tous pour que «l’imagination soit au pouvoir» dans l’organisation d’une telle vague de solidarité protestataire, avec toutes les organisations démocratiques non-conformistes!

Willy COLETTE


Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:43


http://lariposte.com/L-Union-europeenne-par-et-pour-les-capitalistes-1202.html

L’Union européenne : par et pour les capitalistes   

L’Union européenne a été vendue à l’opinion publique, depuis des décennies, comme un moyen de garantir la croissance économique, la prospérité et la stabilité. Mais la réalité de l’Europe ne correspond en rien à cette propagande réactionnaire. L’Union européenne est en récession. Dans tous les pays membres, la production industrielle s’effondre. Même avant la récession, la précarité de l’emploi, le chômage et la « grande misère » existaient et s’aggravaient. La croissance du PIB, dans tous les pays de l’Union, se réalisait au prix d’une pression constante sur le niveau de vie de la masse de la population. Mais en même temps, conformément aux lois de l’économie capitaliste, cette croissance préparait inéluctablement la récession que nous sommes en train de subir. La récession accélère à l’extrême la baisse du niveau de vie des populations.

Selon les prévisions de l’Union européenne, le produit intérieur brut de la zone euro baissera de 1,9% au premier trimestre 2009, après un recul de 1,6% au quatrième trimestre de 2008. La chute de la production industrielle est particulièrement sévère. Après un recul de 5,3% au quatrième trimestre 2008, elle devrait encore chuter de 7,0% sur les trois premiers mois de 2009. Les capitalistes investissent de moins en moins dans l’économie européenne. L’investissement dans l’UE a baissé de 5%, au premier trimestre de cette année. Pour préserver leurs profits, leur pouvoir et leurs privilèges, les capitalistes détruisent des capacités productives, démantèlent des industries entières et jettent des millions de travailleurs sur le pavé.

Rivalités impérialistes

En quoi consiste l’Union européenne ? S’agit-il – comme le prétend par exemple André Gerin, un dirigeant oppositionnel du PCF –, d’une « puissance impérialiste » qui aurait assujetti toutes les nations qui la composent ? Pas du tout. Cette vision des choses ne correspond à aucune réalité. Si nous l’acceptions, nous serions incapables de comprendre aussi bien ce qui se passe en Europe, actuellement, que les perspectives sociales, économiques et politiques qui en découlent. Non, l’UE n’est pas une seule puissance impérialiste, mais un ensemble d’accords entre plusieurs puissances impérialistes rivales, qui déterminent ensemble la politique de l’Union européenne suivant leurs propres intérêts, au détriment des travailleurs de tous les pays concernés.

La politique de l’Union européenne est taillée sur mesure dans l’intérêt des groupes capitalistes les plus puissants – que ce soit des secteurs financier, industriel ou de la distribution. L’introduction de la monnaie unique visait à éliminer les risques que représentaient les fluctuations monétaires, du point de vue des grands investisseurs internationaux. Au niveau des Etats membres, la politique de l’UE répond avant tout aux intérêts des classes dirigeantes des pays impérialistes les plus importants, à savoir l’Allemagne, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Espagne. Ni la Grèce, ni la Hongrie ou le Portugal ne peuvent résister à la volonté des grandes puissances. Et quand ces dernières ne sont pas d’accord entre elles, c’est la volonté de la plus grande – l’Allemagne – qui prévaut. L’Union européenne, ce n’est pas la « coopération », mais la loi du plus fort. Quant à l’idée que la Commission européenne impose aux « nations » des politiques et des mesures dont elles ne veulent pas – elle est tout simplement ridicule. La politique de la Commission européenne est dictée par les capitalistes européens, et surtout par les plus puissants d’entre eux.

Des tensions et désaccords ont toujours existé entre les pays membres de l’UE. La récession actuelle ne fait que les attiser. Tels des brigands qui s’entendent plus ou moins bien tant qu’il y a assez de butin pour tous, mais qui s’égorgent quand ce n’est plus le cas, les pays membres essaient de se décharger des conséquences de la récession sur leurs voisins. Là encore, ce sont les pays les plus faibles qui subiront le plus. Et si les « grands » acceptent de les aider, c’est surtout pour éviter que, par effet de contagion, l’effondrement qui frappe la Lettonie ou la Hongrie n’entraîne la chute du système bancaire en France ou en Allemagne, qui ont engagé des centaines de milliards en crédits douteux dans ces mêmes pays.

Par exemple, les engagements des banques autrichiennes en Europe de l’Est sont de l’ordre de 300 milliards d’euros, soit environ 80% du PIB de l’Autriche ! Aux travailleurs des pays qui ont récemment rejoint l’Union, les propagandistes du capitalisme avaient promis un avenir radieux, avec une augmentation régulière de leur niveau de vie. Or le PIB de la Hongrie a chuté de 10,5% en l’espace d’un mois. En sept mois, la monnaie polonaise a perdu 50% de sa valeur par rapport à l’euro, celle de la Hongrie a chuté de 30% et celle de la République tchèque de 23%.

Sortir de l’UE ?

André Gerin et autres « souverainistes » (au PCF et ailleurs) se déclarent favorables à une « sortie de l’UE » – afin de retrouver, disent-ils, l’indépendance nationale de la France. Ce programme est un leurre réactionnaire. Sortir de l’Union Européenne sur la base du capitalisme ne résoudrait strictement rien. Au contraire, cela entraînerait une aggravation extrême de la crise économique, en France comme dans l’ensemble de l’UE. Cela voudrait dire quoi, exactement ? Eriger des barrières douanières contre les autres pays membres ? Rétablir le franc à la place de l’euro ?

Des mesures protectionnistes françaises contre le reste de l’Europe entraîneraient immédiatement des contre-mesures du même type, contre la France. Et dans les conditions actuelles, avec un déficit public de 1200 milliards d’euros et un déficit du commerce extérieur de quelque 60 milliards d’euros par an, le rétablissement du franc signifierait le rétablissement d’une monnaie nationale en plein effondrement. Le franc serait d’emblée très fortement dévalué, réduisant de façon draconienne le pouvoir d’achat des travailleurs de France, et renchérissant massivement le prix de tous les produits importés.

L’idée que le fait de quitter l’UE « libèrerait » la France des décisions réactionnaires des instances européennes est un leurre. Ces décisions ne sont que la traduction, dans la législation européenne, des intérêts des capitalistes « nationaux » de chaque pays, dont ceux de la France. Nous sommes contre Maastricht, contre Lisbonne et contre tous les traités capitalistes. Mais avec ou sans ces traités, c’est le capitalisme qui est en cause. Les pays qui ne sont pas sous la coupe de ces traités n’en sont pas moins affectés par les conséquences sociales du système capitaliste.

La question n’est pas de savoir si la nation française est « souveraine » ou pas, mais de savoir quelle classe est souveraine, au sein de la nation. Le devenir de l’Europe est une question de classe. Pour poser le problème brutalement : soit, dans les années à venir, les travailleurs de l’Europe – d’abord dans un pays, puis, par extension, dans les autres – parviennent à mettre fin à la propriété capitaliste des moyens de production ; soit l’ensemble du continent sombrera dans une dépression économique comparable à celle des années 1930, plongeant la vaste majorité de sa population dans une précarité absolue. L’Europe capitaliste « sociale » à laquelle croient – ou feignent de croire – les politiciens réformistes ne verra jamais le jour. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une France socialiste et d’une Europe socialiste.

Greg Oxley, PCF Paris

Publication : jeudi 16 avril 2009







Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:30


Contribution adressée à Raymond Debord, par Robert Duguet (Club Socialisme Maintenant)
   
PCF, PG, NPA … ou le bal des faux-culs !

http://www.socialisme-maintenant.org/

Sollicité par un lecteur de la revue « Militant » qui l’invite à donner sont point de vue sur le Parti de Gauche, le NPA et les positionnements réciproques de ces partis au regard des élections européennes du 7 juin 2009, Raymond Debord dans sa réponse ouvre une discussion intéressante. Il précise toutefois : « Je ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je n’ai pas l’intention de devenir son avocat. »

Pour ma part, j’ai exercé quelques responsabilités politiques, au sein de la majorité mitterrandiste du PS dans les années 1978-1984, puis au sein du courant gauche qui se dégageait dans la fédération socialiste de l’Essonne.

Menant la bataille pour le non au TCE, j’ai appartenu récemment au réseau de Marc Dolez, Forces Militantes, ainsi qu’à PRS. Dès le 29 novembre 2008, date de présentation publique du Parti de Gauche, j’ai adhéré je dois dire avec enthousiasme à cette nouvelle formation, comme beaucoup de militants de la gauche de la gauche. Vivant les problèmes de l’intérieur et connaissant quelque peu l’histoire des gauches du mouvement socialiste, j’aimerais apporter quelques réflexion, à la fois à Raymond Debord et aux réponses diverses que son article a suscité.

Raymond écrit : « Si le PG s’est tourné en premier lieu vers le PCF c’est parce que son projet stratégique – réaffirmé à maintes reprises – est la constitution d’un « Die Linke » à la française, c’est à dire d’un nouveau parti dont l’armature serait constituée par la jonction du parti communiste et d’une fraction « gauche » de la social-démocratie. »

Lorsque le Linke allemand s’est formé, je me souviens d’avoir écrit des articles dans une revue électronique qui s’appelait à l’époque RAG (Rassembler à Gauche). J’y expliquais que ce nouveau parti naissait d’un accord qu’il faut bien qualifier de bureaucratique entre un courant gauche de la social-démocratie allemande qui avait directement exercé le pouvoir autour d’Oskar Lafontaine et les ex-gestionnaires de l’Etat stalinien d’Allemagne de l’Est. J’exprimais une réserve à cet égard en disant que cette naissance, même si elle rencontrait un écho sur le plan de l’électorat ouvrier, n’était pas à la mesure de la profondeur de la crise de la social-démocratie allemande, cœur de la deuxième internationale et du réformisme ouvrier. C’était un article adressé aux militants de la gauche du Parti Socialiste, en particulier à mes amis de Forces Militantes et de PRS. C’était une mise en garde sur l’avenir en France : une construction politique nouvelle, réformiste de gauche, oui mais pas sans la démocratie…

Concernant la nature du Parti de Gauche, c’est une évidence de dire, comme le souligne Raymond, qu’il s’agit d’une organisation réformiste ; notre propos n’est donc pas de polémiquer à l’encontre de cette réalité, ou d’essayer de transformer ce parti en autre chose qu’il n’est. Y aurait-il une différence de nature entre le Parti de Gauche et le NPA ? Formellement l’un rejette toute alliance avec le PS et cherche à regrouper la gauche radicale, anticapitaliste, l’autre veut s’appuyer sur une radicalisation à gauche et peser sur le PS pour constituer une nouvelle majorité de la gauche tout entière. Cela ce sont les intentions déclarées. Je ne vois pas une différence de nature entre les deux organisations, elles s’adressent à des clientèles différentes, le PG est plutôt ancré dans un tissu électif local qui a rompu avec les dérives du PS, l’autre s’adresse à une fraction de la jeunesse et du salariat radicalisé. A la tribune des meetings, Besançenot tient un langage disons très à g auche, un tantinet populiste ou guévariste, en se gardant bien dans la situation actuelle de poser la question de la responsabilité des appareils syndicaux dans la lutte pour approfondir la crise du régime bonapartiste dégénéré de Sarkozy. Quant à la LCR canal historique qui dirige le NPA, elle co-gère avec les organisations du vieux mouvement ouvrier un certain nombre de relais syndicaux, notamment l’appareil de la FSU ; Je suis d’accord avec ce qu’écrit le camarade Gastaud qui a répondu à Raymond : « …concernant les états-majors syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prétends que Besancenot MENAGE ses dirigeants et notamment que ses amis "opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauvé la mise d'Aschiéri mis en minorité. »

Concernant les journées d’action du 29 janvier et du 19 mars, à aucun moment la direction du NPA n’a posé la question du « dialogue social », c'est-à-dire de la politique sociale globale imposée par le président Sarkozy et acceptée comme telle par les Etats majors syndicaux. Sur le parti d’Olivier Besançenot pour moi ma religion est faite, sur les tribunes un peu d’agitation, dans les faits on co-gère, c'est-à-dire on fait du réformisme.

J’étais dans le réseau Forces Militantes et dans PRS dans l’année qui a précédé la rupture de Mélenchon-Dolez avec la Parti Socialiste : mon sentiment après quelques mois est le suivant. Une scission massive était non seulement possible mais nécessaire après la victoire du non contre le TCE en 2005. Il y avait dans la société française et dans les profondeurs du salariat une attente et une incubation qui avait été préparée par le travail des collectifs, comités divers qui avaient mobilisé pour la victoire du non.

L’émergence d’un mouvement politique dans la gauche du mouvement socialiste aurait permis la construction d’un parti de type nouveau. Au congrès du Mans les Fabius Emmanuelli Mélenchon ont cassé cette possibilité historique pour une raison de fond qui tient à leur propre identité et itinéraire politique : ils ne voulaient pas aller à la rencontre d’un mouvement profond anticapitaliste au sein de la société et du salariat; une construction alternative au PS, dans ces conditions, aurait pris un caractère forcément démocratique dans l’afflux de couches nouvelles sur la scène politique et anticapitaliste dans son contenu. Ce n’est qu’au congrès de Reims que la scission s’est fait de manière parfaitement bureaucratique, à froid c'est-à-dire sans s’appuyer sur le mouvement social, en donnant l’illusion jusqu’au bout que le courant Trait d’Union, projection de PRS au sein du PS, joue le jeu du rassemblement des gauches avec Hamon. Je dois avouer avoir manqué de discernement politique dans cette affaire et avoir centré mon effort sur la sortie des Dolez-Mélenchon au lieu de militer pour poser la question, un processus constituant de parti comment et pour quoi faire.

J’en viens maintenant à l’argument central de Raymond Debord dans sa contribution : « Alors oui, le PG est un parti réformiste, ou tout au moins un parti parlementariste. C’est clair et il ne véhicule lui même aucune ambiguïté sur ce point. C’est pour cette raison aussi qu’une organisation autonome des révolutionnaires (y compris au sein du PG) est nécessaire. Est-ce à dire qu’il ne faille pas le prendre en compte ni s’y intéresser ? Ce parti sera-t-il quand même utile au rassemblement de l’avant-garde ouvrière en donnant une perspective « partidaire » aux déçus du PS sans les isoler de la majorité du « peuple de gauche » ? C’est possible. Et, même si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter son échec. »

N’étant pas membre de ce parti, je comprends que, comme militant révolutionnaire, Raymond tienne ce propos… C’est pour un révolutionnaire une qualité que de chercher la confrontation positive avec des militants qui n’ont pas sa propre culture politique. La réalité du PG ne permet pas hélas de faire ce travail.

L’accord exclusif passé entre le PG et la direction Marie Georges Buffet, baptisé Front de Gauche, timidement élargi au courant de Christian Picquet (une trentaine de camarades venant de l’aile droite du NPA) a un contenu. Quel est-il ? Il faut réfléchir à cette question.

On peut sans doute regretter qu’un large front de gauche, sans préalable programmatique, ne se constitue pas, pour infliger une défaite historique à la fois au régime haï de Sarkosy et au social-libéralisme. La journée du 19 mars, appelée par tous les appareils syndicaux (Raymond Debord a oublié la CFTC…) sur la ligne du « dialogue social », s’est réalisée en fait sur une mobilisation éminemment politique contre le régime de Sarkozy ayant peu de choses à voir avec la plate-forme intersyndical, et dont le mot d’ordre « casse toi, pov’con ! » ne rend que très partiellement compte. Aujourd’hui je ne suis pas sûr que les salariés soient sensibles à la nécessité de se saisir du cadre des élections européennes pour s’opposer, même par la voie électorale, à Sarkozy. Les masses cherchent aujourd’hui une voie pour l’action indépendante et pour se débarrasser de ce régime.

Où Marie Georges Buffet (ex-ministre des sports) et Jean Luc Mélenchon (ex-ministre de l’enseignement professionnel du gouvernement Jospin) veulent-ils nous conduire ? Un gouvernement de la gauche plurielle-bis, éventuellement élargi au NPA ? Où le Parti de Gauche a-t-il tiré le bilan d’un gouvernement de cohabitation avec Chirac, qui a privatisé plus que la droite, qui a mis par exemple toute la profession enseignante et la jeunesse lycéenne dans la rue ? Face à la crise actuelle peut-on se féliciter d’un programme économique, qui n’a d’ailleurs pas été discuté par les sections constituées du nouveau parti de gauche, fondé sur le concept fumeux d’alter développement et où il n’est question nulle part de socialisme. Qui disait à l’opinion : « mon programme n’est pas socialiste ! » Jospin, je crois ! La salariat a lourdement sanctionné par les urnes cette orientation en donnant 10% de l’électorat au «trotskysme». Par ailleurs pour qu’il soit possible d’intervenir dans une organisation réformiste pour des révolutionnaires, la condition indispensable est que la démocratie interne soit possible et garantie.

Pour discuter la validité d’un programme, il faut un parti totalement ouvert sur le mouvement social, et qui permette en son sein la libre confrontation des points de vue : par exemple la question du « partage des richesse » et du néo-keynésianisme. Un néo-réformisme est-il possible et réalisable pour sortir de la crise ? Ou faut-il aller vers des mesures anticapitalistes, qui portent atteinte à l’appropriation privée des grands moyens de production et d’échange ? Ne faut-il pas produire selon une démarche décidée par les producteurs associés pour satisfaire les besoins sociaux des hommes ?

Après quatre mois d’expérience, je considère que la condition qui assure la libre confrontation des idées n’y est pas présente. Un parti, c’est d’abord un espace qui permet la compréhension des événements et donc des tâches qui en découlent. Le parti de gauche est un parti autoproclamé, une scission préparée avec les méthodes de l’OCI de la bonne époque, et qui connaîtra le sort de toutes les formations construites sur ce modèle. De ce point de vue, Mélenchon vient de faire mieux que … Pierre Lambert. Je ne dirai pas comme le camarade Baumgarten répondant à Debord que « Mélenchon a eu tort (de ne pas se rapprocher du NPA) : j’espère qu’il le comprendra suffisamment tôt. » Mélenchon a fait le choix d’un passé qu’il assume de concert avec Marie Georges Buffet, celui de la continuité de la politique de la gauche plurielle. Son attitude à l’égard du NPA se modifiera, oui, s’il parvient à entraîner le NPA tout entier comme caution gauche d’une alternative plurielle de ce type…

Pour conclure, je ne chercherai pas à établir comme Raymond, l’échec de l’alliance aux européennes sur le seul NPA. Ce qui reviendrait à dédouaner les deux autres compères, qui seraient aux yeux de Raymond les représentants d’organisations plus sérieuses dans le mouvement ouvrier…

Le PCF et la direction Buffet, est pour des raisons de survie d’un appareil, totalement dépendant matériellement depuis longtemps du… PS ; on peut s’interroger sérieusement sur ce que fera ce parti dans la cadre d’une gauche plurielle bis, où le PS pèsera comme la force électorale principale ?

Dans ce bal des faux-culs pour les européennes organisé par le PCF, le PG et le NPA, dont les salariés et les militants du non sont globalement absents, ils ont tous leur responsabilité. Ce qui a permis l’unité du LKP dans la grève générale de Guadeloupe, c’est une intervention indépendante des masses, bien sûr sur des revendications précises, mais au-delà contre « la profitation », c'est-à-dire contre le capitalisme. En dehors d’une intervention de ce type qui permette de faire bouger les lignes, je ne vois pas d’autres possibilités actuelles d’avancer vers l’ébauche d’une alternative anticapitaliste. C'est à ce travail d'inventaire et de reconstruction d'une pensée de l'émancipation sociale que nous devons nous consacrer.





Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 20:38

Le discours d'Ahmadinejad provoque le départ des Européens (Reuters)

Le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, au début de la conférence de l'Onu sur le racisme lundi à Genève, a provoqué l'indignation des Etats de l'Union européenne qui ont quitté la réunion.

Dans son allocution, attendue - et redoutée par certains - comme l'un des moments forts de ce sommet, Ahmadinejad a dénoncé la création d'un "gouvernement raciste" au Proche-Orient en faisant clairement référence à Israël, sans toutefois citer ouvertement le nom de l'Etat hébreu.

Le chef de l'Etat iranien, qui par le passé avait souhaité qu'Israël soit "rayé de la carte", a affirmé que "la souffrance des Juifs" avait servi, après la Seconde Guerre mondiale, de prétexte "à des agressions militaires qui ont créé une nation de sans-abri".

"Les Etats-Unis et d'autres régions du monde ont envoyé des immigrants venant d'Europe pour établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée", a-t-il poursuivi. "Cela s'est fait en compensation des affreuses conséquences du racisme en Europe."

Avant même la fin du discours, les représentants de l'Union européenne ont quitté la conférence, comme la France avait menacé de le faire si le président iranien se livrait à des dérapages ou des provocations.

Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu'il a qualifié d'"appel intolérable à la haine raciste", justifiant le départ de la délégation française.

DISCOURS DÉPLACÉ

Le discours du président iranien "bafoue les idéaux et les valeurs inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme", déclare le chef de l'Etat français dans un communiqué.

La France était représentée à la conférence de "Durban II" par son ambassadeur auprès des Nations unies à Genève, Jean-Baptiste Mattei qui a été un des premiers à quitter la salle.

"Il est dommage que M. Ahmadinejad tente de prendre cette conférence en otage", a-t-il déclaré à sa sortie. "Nous sommes prêts à des discussions sérieuses mais ce qui vient de se passer dépasse ce que nous redoutions."

"De telles remarques insultantes et antisémites n'ont pas leur place dans un forum de l'Onu consacré à la lutte contre le racisme", a déclaré l'ambassadeur britannique à Genève, Peter Gooderham.

"Nous déplorons vivement le langage employé par le président de l'Iran", a renchéri Rupert Colville, porte-parole du haut commissariat aux droits de l'Homme. "De notre point de vue, ce discours est totalement déplacé dans une conférence destinée à promouvoir la diversité et la tolérance."

Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Store a dit que son pays ne pouvait pas accepter qu'un des intervenants détourne de la sorte les efforts collectifs consentis par de nombreux autres Etats.

Malgré le départ des délégués de huit pays occidentaux, d'autres délégations ont écouté le discours dans son intégralité et l'ont applaudi.

LE VATICAN SE DÉFEND

L'Australie, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie et les Pays-Bas avaient rejoint les Etats-Unis et Israël dans leur refus de participer à un sommet qualifié, avant le début de ses travaux, "d'hypocrite et de contre-productif" par le président Barack Obama.

Américains et Israéliens faisaient valoir que la conférence de Genève, baptisée Durban II, risquait de se transformer en un prétoire visant à faire le procès de l'Etat hébreu comme cela avait été le cas en 2001 en Afrique du Sud.

A l'époque, Américains et Israéliens avaient quitté la conférence après que le sionisme eut été assimilé au racisme par des Etats arabes.

Plusieurs pays, qui avaient finalement accepté de se rendre à cette conférence, ont dépêché des délégations de second rang, à l'instar de la Grande-Bretagne et de la République tchèque, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne.

Ce discours d'Ahmadinejad a donc sapé les efforts du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui a tenté, un temps, de sauver ce qui pouvait l'être, affirmant que le texte servant de base aux discussions avait été "soigneusement élaboré".

La présence de délégués du Vatican a été mal accueillie par les associations juives qui y ont vu "une nouvelle mesure imprudente" du pape Benoît XVI après la levée de l'excommunication de l'évêque britannique, Mgr Richard Williamson, accusé de négationnisme.

"Par sa participation, le Saint-Siège entérine ce qui se trame (à Genève) contre Israël", a déclaré à La Stampa le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni.

Le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, a quant à lui défendu la présence du Vatican à "Durban II" et affirmé que l'avant-projet de déclaration avait été amélioré ces dernières semaines.




Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 17:00

www.democratie-socialisme.org

35 495 signatures à ce jour en solidarité avec Gérard Filoche contre son injuste mise en examen dans le cadre de ses fonctions

Le Directeur Général du Travail refuse toujours la “protection fonctionnelle” et donc la prise en charge de ses frais judiciaires

Une souscription a été ouverte,

Si vous en avez été informé, si vous avez souscris, merci, merci mille fois, de tout coeur (militant) ne lisez pas plus loin ce message

Si vous ne l’avez pas été, vous pouvez toujours envoyer un chèque de soutien, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières...

Renseignez vous et signez sur le site spécialement ouvert à cet effet :  www.solidarite-filoche.net et chèques de soutien à l’ordre de “solidarité Gérard Filoche” C/O 85 rue Rambuteau 75 001 Paris

A toutes et tous les signataires de la pétition en solidarité avec Gérard Filoche contre sa mise en examen dans l’exercice de ses fonctions :

De l’argent est devenu nécessaire pour les frais de justice de Gérard Filoche

C’est incroyable mais vrai. Le directeur général du travail (DGT) refuse d’accorder la « protection fonctionnelle » à Gérard Filoche à l’occasion de sa mise en examen dans l’exercice de ses missions.

La « protection fonctionnelle », c’est un principe, un fonctionnaire mis en cause dans l’exercice de ses fonctions, dans le cadre de sa défense juridique, est normalement pris en charge par l’administration.

Sauf dans le cas d’une « faute détachable du service ». En l’occurrence, ce n’est évidemment pas le cas, c’est totalement dans le cadre de son action comme inspecteur si le patron de l’entreprise Guinot essaie de le mettre en cause.

D’ailleurs, le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle le sait. Il a donné ordre de ne pas répondre à la première demande de « protection fonctionnelle » en mars 2007 lorsque Gérard Filoche fut entendu comme « témoin assisté ». Il n’a pas davantage répondu à la seconde demande après le 21 Novembre 2008 lorsque le juge a opté pour une « mise en examen ».

Le délai administratif pour répondre à la demande de Gérard Filoche était de deux mois. Au-delà, c’est ce qu’on appelle un « rejet implicite ».  Un tel rejet non motivé n’est pas glorieux, ni courageux.

Sans doute est-ce que Jean-Denis Combrexelle redoutait car, juste avant la fin du délai, le 23 janvier à 00 h 12, il a donné l’ordre de rédiger une réponse en terme de « rejet explicite » donc motivé. La copie de cet ordre, donné par mel, nous est parvenue, car, par mégarde, Combrexelle n’a pas enlevé la liste des destinataires à l’origine de la demande (elle avait été re-faite par la CGT le 22 janvier à 16 h 20) :  Combrexelle écrit : « La réponse explicite, qui est opportune, devrait à mon sens se fonder sur le fait qu’il s’agit d’une faute personnelle (car volontaire) détachable du service et donc non couverte par la protection fonctionnelle. JDC » (envoyé à Luc Allaire, de son cabinet, qui répond le lendemain matin 23 janvier à 09 h 27 : « je fais préparer et fais viser par tes soins avant signature. Merci à toi. L »)

Mais deux mois se sont écoulés et…. la réponse explicite n’est toujours pas rédigée… ils ont du avoir du mal à trouver les termes juridiques adéquats… ce qui est un aveu évident qu’il n’y a pas de motif : ils l’ont cherché et ne l’ont pas trouvé…

D’où le recours re-fait par Gérard Filoche le 18 mars avant un nouveau délai de 2 mois :

Expéditeur : Gérard Filoche  Inspecteur du travail, section 2 A Paris

A : Jean Denis Combrexelle, Luc Allaire, S/C DDTEFP Paris

Objet : recours sur décision implicite protection fonctionnelle

Sauf mauvaise transmission de l’information, il m’apparaît que vous avez rejeté « implicitement » ma demande de “protection fonctionnelle” alors que je suis mis en cause  dans l’exercice de mes fonctions par un employeur en situation délictuelle. Il s’agit de la plainte pour “chantage” (sic) déposé par le PDG de Guinot. Rien de ce qui s’est passé ce jour-là, 23 juillet 2003 n’est détachable de mon service. Et non seulement je n’ai commis aucune sorte de faute, mais je défendais l’ordre public social violé par l’employeur.

Je vous rappelle que le célèbre préfet Bonnet a bénéficié de la protection fonctionnelle bien qu’il ait fait brûler une paillote en Corse. Je n’ai fait brûler aucune paillote au 1 rue de la Paix, j’ai fais seulement mon devoir, en toute indépendance selon la convention 81 de l’OIT, mais conformément à la loi.

Je fais donc un recours auprès de vous pour que vous me donniez les raisons qui, selon vous, feraient de mon action légale, dans le cadre de mes missions, une “faute détachable”. Vous devez, comme vous le savez, expliciter votre décision avant un mois sinon elle devient illégale pour défaut de motivation.

Gérard Filoche, le 18 mars 2009   

Merci d’accuser réception, ce courrier passe également par voie interne hiérarchique

En attendant, la procédure se poursuit, des conclusions ont été déposées par l’avocat de Gérard Filoche auprès du juge d’instruction.  Un premier acompte de 2300 euros doit être versé, mais il faut compter bien davantage à l’occasion de l’ensemble de la procédure. Ce sera très cher au total.

Beaucoup de ceux qui ont signé parmi les 34 000 signatures de soutien, ont proposé spontanément leur aide financière.

Celle-ci est donc devenue nécessaire. 

Nous faisons donc appel à vous.

Tous chèques de soutien doivent être envoyés à l’ordre « Solidarité Gérard Filoche » adressés à : Gérard Filoche 85 rue Rambuteau 75 001 Paris, merci




Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens