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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 07:54

http://www.liberation.fr/societe/0101583153-le-regularisateur

Le régularisateur

Anzoumane Sissoko. A 44 ans, ce Malien d’origine est le porte-parole de la coordination parisienne des sans-papiers. Régularisé, il se bat pour ne pas être le seul. Tout en continuant à aider son village africain.

KARL LASKE

Le jour de l’évacuation de la Bourse du travail (Paris IIIe), Anzoumane Sissoko se précipite dans la cour où des hommes masqués bataillent avec les sans-papiers. Il veut «s’interposer», «parlementer». Le service d’ordre de la CGT a d’autres d’objectifs que d’ouvrir le dialogue. Etourdi par les vapeurs des lacrymogènes, Sissoko s’évanouit. Conduit à l’extérieur, il reprend connaissance et repart aussitôt dans la cohue.

Les sans-papiers sont entrés dans les lieux, le 2 mai 2008, pour exiger leur part des mille régularisations que le gouvernement avait accordé à la CGT. Après plusieurs ultimatums, le syndicat envoie ses gros bras. « On s’est barricadé dans la grande salle, dit Anzoumane, mais la police nous a demandé de partir.» Le porte-parole de la coordination parisienne des sans-papiers (CSP 75) est une tête brûlée, mais pas un bagarreur. Ils sont sortis.

Toujours un sac en bandoulière, visage anguleux, souvent silencieux, il écoute. On vient le saluer, lui demander conseil. Il répond posément. Après quelques semaines d’un campement improvisé sous les fenêtres de la Bourse du travail, la CSP 75 vient d’investir d’immenses locaux inoccupés de la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) à Paris, dans le XVIe arrondissement. Mais depuis mercredi, un jugement d’expulsion menace déjà le nouveau «QG».

«Il a engrangé énormément d’expérience militante, d’occupations, de négociations, dit une amie. Et sur la constitution des dossiers aussi.» A son actif, une trentaine d’occupations, et pas des plus anodines : la mairie de Neuilly-sur-Seine, le cabinet d’avocat de Nicolas Sarkozy, le siège du Medef, celui de la Licra. Avec à chaque fois, son lot de régularisations. «Il coordonne le travail des délégués des comités parisiens de sans-papiers, explique une militante de la CSP 75. Il est très écouté. Il est habile, c’est sûr.»

De 6 à 9 heures du matin, il travaille au marché des Enfants-Rouges, régulièrement déclaré. Balaie les allées, passe les cartons au broyeur, nettoie les toilettes. Puis il rejoint sa femme, Takiba Touré, et ses deux jeunes enfants, pour quelques heures, avant de repartir s’occuper des sans-papiers. Le soir, retour au marché, pour la fermeture.

Il s’interroge sur sa vie. «J’ai perdu sept ans à préparer mon voyage, ensuite j’ai perdu treize ans ici à chercher des papiers, résume-t-il, en bleu de travail, au marché. En tout, j’ai perdu vingt ans. La réalité de ce qui se passe ici, on nous la cache là-bas.» Il s’est senti plus d’une fois «pris en otage», parti sur «un mauvais chemin».

Son départ s’est décidé en 1987.. On est à Monéa, un village à cent vingt kilomètres au sud de Kayes, au Mali. Son père, Mamoudou, chef du village, le désigne parmi ses neuf enfants pour être celui qui voyagera. Les trois premiers frères restent travailler auprès de leur père, le quatrième doit apprendre le Coran. Il est le cinquième et celui qu’on envoie à l’école, jusqu’au bac. La famille entière se met à l’œuvre pour réunir «difficilement» l’argent du voyage : 1 300 euros environ. Anzoumane est d’abord envoyé à l’aéroport de Bamako avec le billet d’avion de retour et le passeport d’un oncle. Il est refoulé trois fois. «Il fallait donner beaucoup d’argent pour passer» , se rappelle-t-il. Il parvient finalement à partir par la Guinée. En juin 1993, un passeur lui obtient un passeport guinéen, et un visa pour la Belgique. «Là-bas, un autre passeur m’a fait entrer en France, dans une simple voiture. Il m’a déposé vers 3 heures du matin, dans un foyer africain, à la porte de Paris.» Une demande d’asile lui offre six mois de répit, puis il devient clandestin.

Pendant sept ans, Anzoumane porte les caisses d’un magasin d’alimentation à Saint-Denis : soixante-dix heures payées trente-neuf. Alors que son oncle, puis son grand frère ont succédé à son père comme chef du village, il porte «la responsabilité énorme» du voyageur. A l’époque, il récapitule par écrit les envois de médicaments, les sacs de 100 kilos de riz ou de mil expédiés au village, et les virements. «Tout se passe maintenant par téléphone, dit-il. Le réseau est à deux kilomètres du village, et ma mère se déplace pour venir au bout du fil.» Début août, Anzoumane doit faire parvenir une tonne de céréales au village. «Les prochaines récoltes sont en octobre, dit-il. Et ils n’auront rien à manger d’ici là. Ça va coûter 500 euros environ.» Il gagne mille euros par mois, jongle avec les découverts, et doit désormais nourrir femme et enfants. Takiba Touré l’a rejoint et épousé en 2000. «C’est difficile de faire face, explique-t-il. Pour la famille du Mali, j’ai deux priorités : la nourriture et la santé. Le reste, je ne peux plus.»

Autour d’Anzoumane, un collectif de migrants de la région de Monéa finance la construction d’une école. Ils sont 28. «Au départ, on l’a faite en banco, en briques de terre, et la pluie l’a fait tomber deux fois. C’est en 2000 qu’on l’a construite en dur.» Anzoumane obtient l’aide d’une communauté de communes de l’Ain,, Saône Vallée, pour l’équipement. «Mon père me disait, dans la vie, de chercher des personnes, pas de l’argent», dit-il. L’école est inaugurée lors de son premier retour au pays, en octobre 2006. «Sa mère et toutes les femmes se sont mises à pleurer en le voyant revenir, se rappelle Anaïs Pachabézian, une photographe qui a suivi le voyage. Il n’avait pas vu sa famille depuis treize ans, il était un peu sous le choc.» Sur une de ses photos réunies par l’ONG Autre mondedans un livret consacré aux «parcours de migrants» , on voit Anzoumane entrer dans son village traditionnel aux toits de
paille, fêté par les enfants. Sur un autre cliché, on le voit prendre sa mère délicatement dans les bras. «Je me suis senti ailleurs», confie-t-il. «Devant le village, il a fait un discours en malinké, pour leur expliquer la condition des sans-papiers en France» , raconte Anaïs Pachabézian.

Durant sa vie de clandestin, Anzoumane échappe deux fois à l’expulsion. La première fois, il est contrôlé gare de Poissy. «C’était bizarre, le même jour, à la même heure, l’un de mes neuf frères est décédé» , commente-t-il, pensif. Après une semaine de rétention, un juge le condamne à dix ans d’interdiction du territoire et lui donne trois jours pour quitter le pays. Il retourne travailler à Saint-Denis. La seconde arrestation le conduit six semaines en prison pour «usage de faux». Il est encore relâché, inexpulsable faute d’un accord de l’ambassade du Mali. Il décide de rejoindre le mouvement. «Avant je regardais les sans-papiers à la télé, mais j’ai compris que je devais me battre comme les autres.»

Anzoumane est régularisé, à sa grande surprise, après une action conduite avec le parti communiste. «Des élus ont plaidé pour moi» , dit-il. L’interdiction du territoire est levée en 2006. Anzoumane n’abandonne pas pour autant la cause, au contraire. Avec un bémol. «Ce que je conseille à ceux qui veulent venir, c’est de le faire autrement, légalement, en s’inscrivant à l’université. Mais on ne peut pas dire aux jeunes ne venez pas» , conclut-il.
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 09:11

Les sans-papiers expulsés de la Bourse du travail en quête d'un point de chute stable

LE MONDE | 31.07.09 | 14h32  •  Mis à jour le 31.07.09 | 14h32

Le silence règne encore dans le vaste hangar du 14, rue Baudelique dans le dix huitième arrondissement de Paris, mercredi 29 juillet. Il est 8 h 30. C'est ici qu'ont échoué le 17 juillet les sans-papiers, brutalement délogés par la CGT de la Bourse du travail le 24 juin, et qui campaient depuis sur le boulevard du Temple.

La plate-forme de déchargement de cet entrepôt de 4 800 m2 récemment libéré par la Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) a été transformée en un vaste dortoir où s'alignent des matelas posés sur des palettes ou des cartons. A cette heure-ci, la plupart commencent à peine à s'éveiller, rentrés au petit matin après avoir travaillé durant la nuit, ou ayant veillé tard.

Petit à petit, le lieu va s'animer, les hommes se regroupant ici et là en petits cercles de huit à dix pour discuter autour d'un café. Les femmes, une trentaine, resteront, elles, un peu plus longtemps invisibles, installées dans les seuls bureaux accessibles au premier étage d'une aile du bâtiment.

Cette nouvelle occupation a été préparée notamment par.... la CGT, du moins par son syndicat Nettoiement Ville de Paris et son union locale du 18e. "Il fallait leur trouver un lieu pour qu'ils puissent souffler, se ressourcer et continuer à se faire entendre, échanger avec tous ceux dans leur situation", explique Jean-Louis Machecourt de la CGT-Nettoiement Ville de Paris.

De ce lieu, la Coordination des sans-papiers 75 (CSP 75), dont le mouvement est ici soutenu par les Solidaires, NPA, Attac et les Verts notamment, veut faire le "QG de tous les sans-papiers". Il a d'ailleurs été rejoint par de nouveaux travailleurs sans titre de séjour. Sur place, la Coordination filtre tout de même les arrivants : tous les jours vers 11 heures, les occupants doivent se soumettre à un appel et présenter leur carte de membre de la Coordination.

La rue Baudelique offre aux sans-papiers tout ce dont ils étaient privés boulevard du Temple : un toit, l'eau courante, des sanitaires. Mais "ce n'est pas un squat, nous n'accueillons pas les personnes qui cherchent un logement", prévient Djibril Diaby, un des deux porte-parole du mouvement. "Il est important qu'il y ait une permanence du mouvement."

Le 10 juillet, la CSP 75 avait accepté de quitter le campement adossé à la Bourse du travail, boulevard du Temple, moyennant l'engagement pris par la préfecture de procéder à l'examen de 300 dossiers. Tous les évacués de la Bourse du travail n'ont pas souhaité suivre, refusant de se voir soutenus par l'"ennemi ", la CGT, et surtout s'estimant trahis par la sélection de 300 dossiers communiqués à la préfecture. "Les délégués de la CSP 75 ont dressé une liste de noms tenue secrète et quand les premières convocations ont commencé à arriver, on a constaté qu'il y avait des inconnus qui n'avaient jamais été présents ni lors de l'occupation, ni aux manifestations, ni sur le trottoir", raconte Haidara qui, avec un peu plus d'une soixantaine d'autres, se sont rebaptisés CSP Solidaire de Paris et campent toujours boulevard du Temple. Pour eux, quitter le trottoir revenait à partir sans avoir obtenu gain de cause, sans un titre de séjour. "Examiner ne veut pas dire régulariser. Nous ne cherchons pas à trouver un endroit pour dormir. Nous luttons pour avoir des papiers. Sur le trottoir, c'est là que nous sommes visibles !", insiste Haidara.

Sur les 300 noms soumis par la CSP 75 à la préfecture, 176 se sont vu adresser une convocation, avant même l'évacuation du boulevard du Temple. Toutefois seuls 10 ont été reçus par les services de la préfecture et admis pour l'examen de leur dossier. Les 124 restants devront attendre avant de recevoir leur convocation. Pour la préfecture, en effet, "l'accord n'est pas respecté", puisque des sans-papiers restent boulevard du Temple et qu'un nouveau local est occupé de manière illicite.

"Pour nous, l'accord est respecté, rétorque Djibril Diaby. Nous ne sommes plus sur la voie publique. Ceux qui sont restés devant la Bourse du travail ne font plus partie de la CSP 75." Le porte-parole de la Coordination, laquelle représente majoritairement des travailleurs isolés, ajoute toutefois : "Notre nouveau lieu n'est pas fermé, il leur reste ouvert. Tout le monde ne peut pas être régularisé en une seule fois. Cela se fera étape par étape. Mais nous luttons pour la régularisation de tous."

Ce nouveau QG peut-il tenir ? Saisi par la CPAM, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné, mercredi 29 juillet, l'expulsion des deux porte-parole de la CSP 75 et "de tous les occupants". "Le juge n'a pas supprimé le délai de deux mois normalement dû en cas d'expulsion alors que la CPAM le demandait. Et il a écarté les voies de fait et n'a pas prononcé d'astreintes", relève Jérôme Hassid, avocat de la Coordination.

Cette dernière a annoncé qu'elle déposerait un recours mais celui-ci n'est pas suspensif.. Elle se dit cependant "sereine". "Nous ne sommes pas à notre première occupation, et nous savons qu'ici ou ailleurs une occupation n'est jamais sans risque", relève Djibril Diaby, affirmant que tous sont déterminés à rester dans les lieux.

Jeudi 30 juillet, les sections CGT, CFDT et Solidaires de la CPAM de Paris ont fait part à la Coordination de leur intention d'intervenir auprès de leur direction pour qu'une discussion s'engage.
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 19:40

http://www.midilibre.com/articles/2009/07/27/A-LA-UNE-Les-detracteurs-d-Agrexco-de-retour-d-Israel-861684.php5


Vive opposition à l'implantation de l'entreprise israélienne Agrexco

Une coordination refuse l’implantation de l’enseigne israélienne sur le port au prétexte que les produits viennent des colonies

Une mission d’experts de la coalition contre l’implantation sur le port de Sète d’Agrexco, une entreprise israélienne qui exporte des produits frais, était de retour ce week-end à Montpellier.  Hier, ils ont tenu une conférence de presse pour présenter, dans les locaux de la Cimade, leurs investigations sur place et dénoncer : « La politique coloniale de l’État d’Israël. Nous avons 6 h 30 de films, de témoignages vérifiant qu’Agrexco exporte bien des produits des colonies », relevait José-Luis Moragues de la CCIPPP (campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien).

Le représentant était du voyage ainsi que Jean-Paul Nuñez de la Cimade, Vincent Mazurek du NPA. Nabil Ennasri, du collectif musulman de France, qui devait être l’interprète de langue arabe, est quant à lui, resté en centre de rétention après moult fouilles au corps et n’a pu rallier Israël. Le motif : « Mon teint basané, j’imagine, et on m’a répété que j’avais "a bad opinion about Israël" ». Pas de voyage donc pour lui : « Il est inadmissible qu’un ressortissant européen soit traité de la sorte par un pays soi-disant démocratique. »

Les trois autres se sont rendus de Tel Aviv à Ramallah, en passant par la vallée du Jourdain et Jéricho. Selon eux : « Agrexco vend des produits palestiniens sous label : "Made in Israël" ». Leur conclusion : « Agrexco est une entreprise israélienne qui exploite le peuple palestinien. »

Et la rencontre avec le ministre de l’Agriculture de l’autorité palestinienne, Ismail Daiq est, d’après eux, sans ambiguïté : « Toute production en provenance des colonies via des sociétés israéliennes, encourage les colons à poursuivre les violations des droits humains », écrit-il à l’attention du conseil régional du Languedoc-Roussillon.

Ce dernier est désormais sollicité en tant que donneur d’ordre pour « que cette implantation ne se fasse pas, explique Jean-Paul Nuñez. On entend engager des poursuites judiciaires. On rappelle que nous ne sommes ni contre la plateforme à Sète ni contre l’emploi, comme on a pu l’entendre ce qui relève de la manœuvre politicienne. On est contre le client Agrexco. On considère par ailleurs que cette implantation va également à l’encontre des paysans du Languedoc. »

Jean-Paul Nuñez en appelle désormais à un large débat public et envisage de diffuser le film en cours de montage. Quant à la coalition anti-Agrexco, elle n’entend pas, en cette période estivale, baisser la garde contre cette implantation sur le port de Sète..
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 19:31

http://fr.news.yahoo.com/4/20090730/twl-iran-rassemblement-38cfb6d.html


La police iranienne bloque une manifestation, une autre surgit (Reuters)

La police iranienne a étouffé dans l'oeuf jeudi le rassemblement prévu par l'opposition dans un cimetière de Téhéran mais des centaines de contestataires se sont ensuite rabattus sur un immense lieu de prière du centre de la capitale.

Celui-ci, le Grand Mossala, était le lieu initialement prévu pour la démonstration de force des leaders de l'opposition, l'ancien Premier ministre Mirhossein Moussavi et l'ex-président du Majlis Mehdi Karoubi, mais le ministère de l'intérieur avait interdit ce rassemblement.

Du coup, Moussavi et Karoubi, candidats réformistes malheureux face au sortant Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle contestée du 12 juin, avaient donné rendez-vous à leurs partisans au cimetière de Behesht-e Zahra.

Il s'agissait de rendre hommage, à l'invitation de sa mère, à Nada Aghan-Soltan, une étudiante de 26 ans tuée il y a quarante jours lors d'affrontements avec des policiers et miliciens, et devenue le symbole de la contestation contre le régime.

Les autorités assurent que la jeune femme, dont la mort a été filmée et les images ont été diffusées sur internet, n'a pas été tuée par des balles des forces de sécurité et insinuent que l'incident pourrait être le fruit d'une manipulation destinée à discréditer le pouvoir.

Mais la police a fait avorter la réunion au cimetière en refoulant Mirhossein Moussavi et en dispersant ou arrêtant les centaines de personnes voulant rendre hommage à Nora Aghan-Soltan et aux autres victimes des manifestations qui ont suivi la réélection du chef de l'Etat radical.

FISSURES AU SEIN DU RÉGIME

Mercredi, le chef du puissant corps des gardiens de la Révolution, le général Abdollah Araghi, avait lancé une très sérieuse mise en garde contre tout attroupement, amenant le site internet de Moussavi à défier les gardiens de la Révolution d'intervenir.

"Nous ne plaisantons pas", a-t-il ajouté. "Nous nous dresserons contre tous ceux qui luttent contre le pouvoir clérical". Celui-ci connaît depuis la réélection d'Ahmadinejad, que Moussavi et Karoubi dénoncent comme truquée, sa pire crise depuis la Révolution islamique de 1979.

Ses fissures internes apparaissent désormais au grand jour.

Certains religieux radicaux soutiennent Ahmadinejad, mais d'autres dignitaires chiites, dont l'ayatollah Hossein Ali Montazeri, dénoncent le déroulement du scrutin du 12 juin et la répression de l'opposition qui s'est ensuivie.

Mahmoud Ahmadinejad est critiqué dans son propre camp pour avoir tenté d'imposer comme premier vice-président le beau-père de son fils, Esfandiar Rahim Mashaie, qui avait soulevé un tollé l'an dernier en assurant que l'Iran était l'ami du peuple israélien, à défaut de son gouvernement.

Il a dû faire machine arrière à la demande expresse du "guide suprême" Ali Khamenei, qui a entériné sa réélection, mais sa décision de garder Mashaie comme chef de cabinet n'a pas apaisé certains dirigeants radicaux, dont le ministre du Renseignement.

Le limogeage de ce dernier par Ahmadinejad n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. "Les mesures que vous avez adoptées ces dernières semaines ont surpris vos partisans. Si de telles actions continuent, nous vous demanderons fermement de nous redonner nos voix", écrit l'hebdomadaire radical Ya Lesarat.




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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 12:55

http://lariposte.com/La-croisade-de-Gerin-contre-la-burqa-une-aubaine-1247.html


La croisade de Gerin contre la burqa : une aubaine pour la droite

Une enquête parlementaire est en cours sur le port de la burqa, qui pourrait déboucher sur une loi interdisant le port de ce vêtement dans les lieux publics, y compris dans la rue. Les députés qui composent cette « mission d’information » sont censés rendre des « préconisations » en janvier 2010.

Le capitalisme a plongé l’économie dans une récession d’une extrême gravité. Pour défendre leurs profits, les capitalistes ferment ou délocalisent des entreprises. Ils détruisent des emplois à une échelle massive. Sarkozy et son gouvernement, dont la politique est entièrement au service des intérêts capitalistes, agissent dans le même sens. Quelle aubaine, pour eux, de pouvoir fixer une fois de plus l’attention du public sur la prétendue menace « islamique » – symbolisée, nous dit-on, par la tenue vestimentaire de certaines femmes ! Quelle magnifique opportunité de détourner l’attention des travailleurs vers le « problème » de l’immigration et le « choc des civilisations » ! Naturellement, Nicolas Sarkozy s’est immédiatement emparé de cette affaire, se posant en défenseur « de la dignité et de liberté de la femme ».

Le pire, c’est que cette nouvelle stratégie de diversion a été initiée par un député communiste, André Gerin. Selon lui, le port de la burqa se fait « sur fond de diatribe anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France ». C’est un amalgame scandaleux. Ce genre de discours, qui se rapproche de celui du Front National, ne peut qu’attiser des attitudes xénophobes.

Il faut dire qu’André Gerin est un habitué du genre. Dans son livre Les Ghettos de la République, par exemple, il reprend à son compte le discours raciste de Chirac sur « le bruit et l’odeur » des familles d’origine étrangères. A l’époque (juin 1991), Chirac voulait capter les voix des électeurs séduits par le discours du Front National. « Notre problème, disait Chirac, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des Musulmans et des Noirs [...] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler... si vous ajoutez le bruit et l’odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela... Nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s’impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s’il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne paient pas d’impôt ! »

Dans son livre, André Gerin commente ainsi le discours de Jacques Chirac : « Prenons le débat sur l’immigration. Droite et gauche ont agi de la même façon depuis trente ans en noyant le poisson ou en évitant de dire la réalité. On a refusé de reconnaître que des différences importantes existaient dans les modes de vie, les cultures et les traditions entre le monde musulman et la culture judéo-chrétienne. Tout le monde s’est tu. Après avoir évoqué dans un discours de 1991 les fameuses "odeurs", Jacques Chirac a dû pratiquement se renier et s’excuser d’avoir usé d’un tel terme. Cela lui a valu une campagne de dénigrement incroyable. Pourtant il n’avait dit que la vérité. Mais nous étions incapables de l’entendre. Moi-même j’ai dû dire à l’époque "il parle comme le Front national" ».

La promotion d’un « débat » sur la burqa se situe dans le droit fil de ce type de démagogie. Elle contribuera à creuser un fossé entre la communauté arabo-musulmane et le PCF, d’autant que la direction nationale du parti ne s’est pas clairement démarquée de la démarche de Gerin. Même si le port de la burqa est ultra-minoritaire, de très nombreux musulmans verront dans cette opération politique une nouvelle tentative de les stigmatiser, de les présenter comme une source de problèmes, comme des « intégristes » – et ainsi de suite. Et il s’agit bien d’une manœuvre de ce type. Comme militants du PCF, nous rejetons totalement le discours et la démarche d’André Gerin, et nous disons à tous les jeunes et à tous les travailleurs – musulmans ou non – que cette politique n’a rien à voir avec le combat des communistes, qui luttent pour favoriser l’union et l’action commune de toutes les victimes du capitalisme, indépendamment de leur couleur, de leur sexe, de leur nationalité ou de leur religion.

Communisme et religion

La philosophie qui forme la base théorique du communisme – le marxisme – est incompatible avec les idées religieuses, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam, du judaïsme, du bouddhisme ou de toute autre religion. Dans le meilleur des cas, la religion ne peut apporter qu’une consolation à l’égard des souffrances engendrées par le système capitaliste. Les communistes doivent apporter une solution, une idéologie et un programme susceptibles de mettre fin à ces souffrances. La tâche des communistes n’est pas de favoriser la diffusion des idées religieuses, ni d’en faire l’apologie.

Cependant, cette opposition idéologique et philosophique n’épuise pas la question de l’attitude des communistes envers la religion et les pratiques religieuses. La ténacité des idées religieuses, la position encore prédominante qu’occupent ces idées, à l’échelle mondiale, s’expliquent par leurs profondes racines sociales et psychologiques. Ces idées ne peuvent pas être éradiquées par des mesures répressives à l’encontre des croyants. Marx et Engels le comprenaient très bien. Traditionnellement, le mouvement ouvrier, loin de prôner la répression des religions, avançait sous la bannière de la liberté de conscience, c’est-à-dire du droit de pratiquer en toute liberté la religion de son choix – ou de n’en pratiquer aucune. La religion était considérée comme une affaire privée, une affaire de conscience individuelle. L’Etat ne devait pas s’occuper des affaires religieuses, ni dans le sens de la promotion de la religion, ni dans le sens de sa répression. En tant que communistes, nous nous opposons à toutes les formes d’oppression, que ce soit l’oppression nationale et raciale, l’oppression au nom d’une religion (par exemple l’obligation de se conformer à telles pratiques religieuses), mais aussi l’oppression dirigée contre les pratiquants eux-mêmes.

Il est indiscutable que, dans certains cas, le port de la burqa est imposé aux femmes concernées – par leur conjoint, par leur famille ou par tout autre membre de leur entourage. C’est bien évidemment inacceptable. Les femmes doivent avoir le droit de s’habiller comme elles le veulent. La loi doit garantir ce droit, agir contre la tyrannie familiale ou conjugale, et fournir protection et refuge aux femmes qui sont victimes de cette tyrannie.

Nous serions favorables à un projet de loi pour interdire l’imposition – par la force ou l’intimidation – du port de la burqa. Mais il n’y aurait aucune raison, dans ce cas, de limiter le champ d’application d’une telle législation à la burqa. Les dispositions d’une telle loi devraient s’étendre à toutes les tenues vestimentaires religieuses ou prétendument « traditionnelles », qui n’existent pas que chez les musulmans. Mais lorsque, sous prétexte que le port de la burqa est imposé à certaines femmes, on propose d’interdire à toutes les femmes de porter ce vêtement, indépendamment de leur volonté, il ne s’agit plus d’une défense des « droits des femmes », mais d’une limitation arbitraire de ces droits. Il s’agit alors d’une persécution à l’encontre d’une pratique religieuse spécifique et d’une atteinte à la liberté de conscience des femmes concernées.

Une loi interdisant le port de la burqa serait une mesure anti-démocratique et réactionnaire, que le PCF ne devrait en aucun cas soutenir. Les « féministes » qui défilent, dans les médias, pour exiger l’interdiction du port de ce vêtement, semblent oublier que le leitmotiv de combats dits « féministes » était que les femmes devaient pouvoir choisir comment vivre leur vie. Elles devaient avoir accès aux moyens de contraception si elles le souhaitaient, faire des enfants si elles le souhaitaient, avorter si elles le souhaitaient. Par exemple, quelle attitude faudrait-il adopter à l’égard d’un homme qui imposerait à sa partenaire le port de tenues « sexy », de mini-jupes etc., ou qui, au contraire, lui interdirait d’en porter ? Dans ce cas, les féministes seraient unanimes pour dire que la femme en question devrait pouvoir s’habiller comme elle le veut. Mais alors, pourquoi ce principe ne s’appliquerait-il pas aux femmes qui, pour des raisons qui leur sont propres, souhaitent porter une burqa ?

Pour l’unité des travailleurs

Sur cette question comme sur bien d’autres, l’attitude des communistes devrait répondre à la nécessité de lutter contre toute tentative de diviser les travailleurs dans le but de réduire leur capacité à se défendre contre les capitalistes et le gouvernement. L’affaire de la burqa est un cas flagrant de ce type de manœuvre de division. Quelles que soient les futures recommandations de la mission d’enquête parlementaire, nous allons avoir droit à une multitude de « débats », à la radio, à la télévision et dans la presse, où des « spécialistes » et des « intellectuels » triés sur le volet s’efforceront d’alimenter la méfiance à l’égard des musulmans. Nous avons déjà connu cette situation, en 2003 et 2004, lors du « débat » hyper-médiatisé qui a précédé l’adoption d’une loi contre le port du voile à l’école – et qui faisait suite aux grandes mobilisations sociales contre la « réforme » Fillon sur les retraites.

En même temps qu’ils s’efforcent de diviser les travailleurs suivant des lignes religieuses et raciales, les politiciens de droite trouvent là une occasion de redorer leur blason en se présentant comme les champions de la lutte contre l’oppression des femmes. Or, les députés de droite qui s’indignent du port de la burqa n’ont jamais levé le petit doigt face aux licenciements massifs, aux temps partiels imposés, aux salaires de misère, au harcèlement moral et à toutes les formes d’oppression dont les travailleuses sont victimes, sous le capitalisme. L’oppression des femmes ne leur pose aucun problème lorsqu’elle est une source de profits pour les capitalistes. Au contraire, ils encouragent cette oppression et votent des lois qui l’aggravent.

André Gerin ignore complètement cet aspect décisif de la question. Pire, il en appelle explicitement à une sorte « d’union sacrée » entre la droite et la gauche. Ainsi, le 1er juillet dernier, il déclarait devant les députés (en grande majorité de droite) qui vont mener la mission d’enquête sur la burqa : « Pour moi, l’identité de la France est fondamentale et elle a besoin d’un combat républicain gauche/droite. Nous sommes fiers d’être Français et ce défi de civilisation est de se rappeler que la France qui fait notre fierté, c’est la séparation des pouvoirs, la laïcité, l’égalité entre l’homme et la femme, la liberté d’expression et de création. Au bout du bout c’est le respect des fondamentaux de la République. » En appeler à un combat commun gauche-droite au nom de la « fierté d’être Français » et de « l’identité de la France » – cette France capitaliste qui licencie, exploite, réprime, expulse, etc. – c’est trahir l’ABC de l’internationalisme et tomber dans le nationalisme réactionnaire.

Encore une fois, André Gerin n’en est pas à son premier dérapage nationaliste. Or, la direction du parti n’a jamais clairement critiqué ses prises de position. Quelles que soient les raisons de ce silence, c’est une erreur, car cela accrédite l’idée qu’André Gerin exprime la position officielle du PCF. Les militants du parti ne doivent pas rester passifs, sur cette question. Il faut faire entendre notre voix pour que tous les travailleurs comprennent que les idées nationalistes d’André Gerin n’engagent que lui. Nous devons clairement nous dissocier de la démarche d’André Gerin et demander à la direction du parti qu’elle fasse de même.

La Riposte


Publication : dimanche 12 juillet 2009


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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:12

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Reseau_Voltaire.020609.htm

Washington admet que le Hamas peut coexister avec Israël

Un nouveau rapport de l’United States Institute of Peace remet en cause la vision états-unienne du Hamas et affirme qu’il n’est pas antisémite et pourrait coexister pacifiquement avec Israël. Intitulé Hamas : Ideological Rigidity and Political Flexibility (Le Hamas : rigidité idéologique et souplesse politique), il questionne la doctrine du Hamas au regard de son interprétation du Coran. [Voir document téléchargeable au bas de cette page]

Pour opérer ce changement de point de vue, le rapport souligne que les déclarations du Hamas et sa charte de 1988 ne doivent pas être pris comme des barrières infranchissables, malgré leur caractère outrancier. Alors que les États-uniens ont coutume de classer leurs interlocuteurs entre pragmatiques et idéologues, le Hamas ressortirait d’une troisième catégorie : celle des mouvements intransigeants sur l’énoncé des principes, mais souples quant à leur application. Encore faut-il comprendre dans sa phraséologie ce que sont ces principes.

Le rapport note que le Hamas n’est pas hostile aux juifs ni à leur présence en Palestine, mais conteste la création d’un État non-musulman sur une terre d’islam, d’autant que la Palestine abrite le troisième lieu saint de cette religion. De même, il établit une distinction entre lui-même, dévoué à l’islam et astreint à diverses obligations, et le peuple palestinien qu’il entend défendre dans sa diversité. En tant que formation musulmane, il ne lui revient donc pas de reconnaître la création d’un État juif en Palestine, mais il ne s’opposerait pas à ce que le peuple palestinien le reconnaisse par référendum et il s’accommoderait du « fait accompli » dans le cadre de la « solution à deux États » (théorie de la « libération séquencée »).

Le rapport note également que le Hamas a pratiqué durant le second semestre 2008 une tahadiya (cessez-le-feu) et s’est montré demandeur d’une hudna durable (trêve) dans l’intérêt du peuple palestinien. Celle-ci suppose le retrait inconditionnel des Israéliens de Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie, le démantèlement des colonies illégales, des compensations pour les personnes déplacées et des élections générales auxquelles participeraient tous les Palestiniens où qu’ils résident.

Tous ces éléments sont connus depuis longtemps de nos lecteurs [1] et l’on ne peut que se réjouir de voir Washington abandonner son manichéisme et revenir à la réalité.

L’United States Institute of Peace est un organisme bipartisan dont le budget dépend du département de la Défense. Les secrétaires à la Défense et d’État, ainsi que le recteur de l’École de guerre en sont administrateurs de droit.

[1] « Quel est le programme politique du Hamas aujourd’hui ? », entretien de Moshir al-Masri avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 20 janvier 2006.






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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:02


http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_58_art1.htm


Elections de juin à Paris, Beyrouth et Téhéran : suffrage universel et manipulation des opinions.

Le suffrage universel fut une grande conquête politique, pour laquelle les révolutionnaires, dans tous les pays d’Europe, combattirent et moururent aux 19ème et 20ème siècles ; nous ne pouvons qu’y être attachés, sans le sacraliser en croyant naïvement qu’un droit de vote à chaque adulte suffit à assurer la démocratie politique. Le capitalisme actuel, maître des capitaux, du pouvoir politique et de médias capables de faire croire aux opinions n’importe quoi durant quelques jours, manipule à son gré les résultats du vote, au point d’en inverser le sens : la droite française, sur ce plan, est spécialiste, avec un président qui joue des sondages, des mots, prétend faire « réformes » quand il démolit les acquis sociaux au profit des plus riches ; bien maladroit en d’autres occasions, il a su par ses dérapages xénophobes contrôlés, capturer en 2007 le plus gros de l’électorat du Front national ; les européennes de 2009 ont été l’occasion d’une opération similaire à l’encontre de ses concurrents majeurs, le PS et le Modem. Le 5 juin, deux jours avant le vote, la télévision nationale aux ordres du monarque - président, a projeté , après une grande campagne publicitaire, le film « Home » de Yann Arthus- Bertrand, à plus de 8 millions de citoyens français ; un catalogue de belles images relativement faciles à réaliser quand on a quelques talents de photographe et surtout des moyens techniques coûteux, du personnel et des hélicoptères (lutte contre la pollution oblige…) ; agrémenté d’un discours « écologiste » assez primaire (tout le monde est coupable de la dégradation des continents): c’était le programme minimum de la liste Europe - Ecologie, mélange irrationnel d’anticapitalistes comme José Bové, de chevaliers blancs de l’anti-corruption comme l’ex-juge Eva Joly, au profit d’un Cohn-Bendit, dont le passé de révolte étudiante fait oublier qu’il est aujourd’hui un soutien convaincu des aventures guerrières de l’OTAN et des USA. Cette manipulation à l’échelle d’un état a été, de toute évidence, d’une grande efficacité pour promouvoir à 16% une nébuleuse « verte » française largement tirée vers le conservatisme : un « joli coup » politicien monté par Sarkozy, grâce aux médias à son service.


Au lendemain du 7 juin, les mêmes trompettes médiatiques, télévisions, radios, journaux, claironnent sans vergogne la victoire « historique » de la droite UMP, alors qu’elle n’a réussi à faire voter pour elle que 11% des électeurs !

Le même 7 juin, les citoyens du Liban devaient choisir par les urnes de reconduire la majorité parlementaire sortante, pro-occidentale, parée de toutes les vertus par nos médias conservateurs, et une opposition plurielle, « parti chrétien » de Michel Aoun, parti communiste libanais et mouvement de résistance armée Hezbollah, très influent dans les milieux populaires du Liban musulman, et très diabolisé en Occident. Il est vrai que les positions islamistes de ce mouvement sont plus que discutables, mais c’est oublier qu’il est aussi le barrage essentiel contre l’impérialisme israélien.

Nos « élites » occidentales et leurs alliés du Moyen-Orient ont fait leur choix, et hurlent à l’ingérence syrienne, iranienne, à chaque manifestation de l’opposition nationale au Liban : ces vertueux protecteurs de l’intégrité libanaise ont donc préparé comme il se doit les élections ; tous les spécialistes de la région ont signalé les financements massifs venus notamment d’Arabie Saoudite, les centaines d’avions amenant à Beyrouth les électeurs expatriés, etc. : ce n’est pas sans efficacité dans un pays où les inégalités sociales sont énormes entre les affairistes pro-américains de la capitale et les miséreux peuplant certains quartiers. Voilà un suffrage universel estampillé démocratique à l’Elysée : il a confirmé l’emprise occidentale.

La manipulation n’est pas toujours aussi réussie, quand les peuples s’en mêlent ; depuis plusieurs semaines les « grands »médias français, prenant leurs désirs pour la réalité, annonçaient la défaite du président iranien aux élections du 12 juin ; nous étions inondés de reportages télévisés montrant la foule des opposants en meetings, et de jeunes bourgeois iraniens bien mis annonçaient leur désir, enfin, de liberté vestimentaire. La palme de l’imbécillité journalistique revenait au « Courrier international » qui titrait en couverture « en finir avec Ahmadinejad » ; au sujet de ce pelé, ce galeux, la moindre contrevérité devenait une évidence proclamée, l’Iran une dictature absolue, alors que des opposants y manifestent par centaines de milliers malgré la répression, que la presse, le cinéma, pourraient parfois donner des leçons d’indépendance aux confrères de France. Ahmadinejad est proclamé antisémite dès qu’il dénonce la colonisation israélienne ; ses maladresses et dérapages ne gênent pas nos rigides censeurs qui n’hésitent pas à reprendre à son égard le plus ringard des discours coloniaux : rappelons-nous Ségolène Royal interdisant à Téhéran l’industrie nucléaire civile !

L’homme providentiel, selon nos faiseurs d’opinion, qui allait être élu, se nommait Moussavi, un « islamiste modéré », modéré en cela seulement qu’il s’affirme aujourd’hui pro-américain. Les citoyens français sont rétifs à juste titre envers la théocratie iranienne, les mauvais traitements infligés aux femmes, l’inégalité sociale grandissante au pays des mollahs : leur faire croire qu’un Moussavi instaurerait la démocratie revient à les prendre pour des benêts ; il fut premier ministre de l’imam Khomeiny de 1981 à 1989 et à ce titre il organisa la destruction physique des militants de la gauche iranienne, démocrates ou communistes du Toudeh.

Nos « penseurs » parisiens ignorent tout du peuple iranien et ne comprennent pas notamment que les insultes méprisantes et les menaces venues d’Occident renforcent à Téhéran les réactions nationalistes. Le 12 juin, le peuple iranien a réélu Ahmadinejad dans un scrutin moins falsifié qu’on ne le dit à Paris ou à Washington. Compte tenu des candidats en lice, tous quatre choisis par les chefs religieux, pouvait-il en être autrement ?

Les étudiants, les salariés progressistes d’Iran ont raison de crier au grand jour leur dégoût du régime théocratique, des inégalités sociales et des atteintes aux libertés ; mais Moussavi, le pro-occidental n’est pas qualifié pour être leur porte-parole, tout au plus pour les conduire à une impasse, voire au massacre : certains stratèges à Washington, Londres ou Paris sont prêts à combattre pour la « démocratie libérale » jusqu’au dernier Iranien ! Et la presse israélienne annonce ces jours-ci qu’une attaque aérienne contre l’Iran est toujours une éventualité envisagée à Tel-Aviv !

Nous sommes solidaires des progressistes d’Iran, pas des faucons occidentaux, même déguisés en colombes.

Francis Arzalier



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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 16:38

L’Irlande et la Dernière Croisade britannique

Pat Walsh

www.ccun.org  le 8 mai 2008

Première publication à « Irish Political Review » décembre 2007

Le 9 décembre 1917, il y a quatre-vingt dix ans ce mois ci, Jérusalem fut reprise par la Grande Bretagne pour le compte de la chrétienté. Ceci fut considéré en Angleterre comme l'événement majeur de la guerre. Lloyd George imposa un embargo sur les reporters de presse, jusqu'à ce qu'il ait pu annoncer la nouvelle à la Chambre des Communes (à l'époque, le parlement était encore important). Pour fêter la « libération » de la ville sainte des Musulmans, après 730 ans (Salâh-uddîne, Saladin, avait libéré Jérusalem des Croisés en 1187, Ndt), les cloches de l'Abbaye de Westminster sonnèrent pour la première fois en trois ans et elles furent suivies par des milliers d'autres dans toute l'Angleterre.

Le général Allenby, le libérateur (l’occupant, Ndt) de Jérusalem, et un descendant de Cromwell, déclara à Jérusalem que les croisades furent terminées. Après l’avoir entendu, les Arabes, qui avaient été encouragés à combattre pour la Grande-Bretagne (en déclenchant la Révolution Arabe en juin 1916 contre les Turcs, Ndt) et qui virent les Britanniques comme des libérateurs, commencèrent à fuir. Et depuis ils ne cessent de fuir.

Le grand élan de triomphalisme chrétien produit par la prise de Jérusalem ne se limita pas à l'Angleterre. Voici comment « The Irish News » à Belfast présenta l'aboutissement de la dernière croisade, dans son éditorial du 11 Décembre 1917 :

« ‘Votre trône est tombé, ô Israël !’ Le pouvoir des Musulmans dans la « Terre Promise » est enfin tombé : nous pouvons supposer qu’avec l'entrée des troupes du Général Allenby à Jérusalem, on a pratiquement mis un terme au règne des Turcs sur la Palestine ... Quand la Terre Sainte aura été entièrement enlevée à la domination turque, qui c’est qui la possèdera et de l'administrera ?

Des déclarations officielles concernant la recolonisation du pays par la race juive (sic !) dispersée ont été faites. Les observateurs peuvent constater l’absence de traces d'enthousiasme pour le projet parmi les Hébreux eux-mêmes. En tant qu’idée, rien ne pourrait être plus attrayant sentimentalement ; comme une proposition concrète, nous croyons que tout enfant d'Abraham donnerait sa bénédiction à son frère qui migrerait de la terre des Gentils sur les rives du lac de Galilée, et les pentes du mont des Oliviers. Ainsi, Ce petit territoire chargé d’histoire pourrait devenir de nouveau « une terre où coulent le lait et le miel » - essentiellement pour le bonheur de la descendance d'Abraham, d'Isaac et de Jacob qui sont restés là où ils étaient.

Mais un état juif ne peut pas être établi tout de suite, même si tous les Rothschild mènent l'ensemble de leurs compatriotes (coreligionnaires, Ndt) vers Jérusalem. Le pays doit être « protégé » - en clair, annexé : un synonyme utile dans le traitement des affaires orientales pourrait être « Egyptiannisé ». Et les vainqueurs sont, bien entendu, les « protecteurs » naturels du territoire gagné par la force des armes. Telle a été la règle et la pratique depuis avant l'époque de Moïse et de Josué. Nous en savons tous quelque chose en Irlande. Quand les objectifs de la campagne en Palestine et en Mésopotamie auront été entièrement atteints, un « bloc » solide de territoires asiatiques se situera entre les Allemands et l'Océan Indien. Les Turcs ont donné au peuple du Kaiser un libre passage de Constantinople au Golfe Persique. Les nouveaux occupants de la Palestine et de la Mésopotamie ne seront pas tout aussi accommodants.

Personne n'a encore pensé sur le sort à réserver au Constantinople elle-même : elle aurait dû être la propriété du Tsar, mais le pauvre Nicholas se serait contenté de beaucoup moins de nos jours. Il s’avère que l’Angleterre est en train de construire soigneusement un mur contre l'« agression » allemande le long d'une ligne que les Allemands regardèrent avec cupidité il y a de nombreuses années... Il y a vraiment des arguments contre une divulgation précipitée des « objectifs de guerre » des alliés : une excellente raison pour se taire, est que les Alliés ne savent pas combien [d’objectifs] ils peuvent viser avec une perspective de pouvoir les atteindre. »

Il semble qu’à l’époque l'Irlande fut totalement en phase avec les ambitions impérialistes britanniques dans le monde, et tout à fait en harmonie avec le fondamentalisme chrétien qui les accompagnait.

L'une des principales raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne est entrée dans la guerre européenne en août 1914 fut de profiter de la possibilité d’enlever la Mésopotamie et la Palestine aux Turcs. Bien sûr, il y avait un problème - la Turquie n'était pas partie prenante à cette guerre à ce moment-là. Il a fallu deux mois pour la Grande-Bretagne pour trouver un « casus belli ». Mais il l'a fait le 5 novembre sur un obscur incident dans la mer Noire, et la conquête des territoires de l'Empire Ottoman fut enclenchée.

Avec la conquête des territoires de l'Empire Ottoman il y avait un autre projet, qui tenait au cœur de l'Angleterre libérale. C’était le projet de planter une colonie juive en Palestine pour des fins impérialistes britanniques. Il y avait bien entendu un mouvement sioniste qui avait le même objectif de création d'un état national. Mais les nationalistes juifs n'avaient pas le pouvoir de le réaliser eux-mêmes dans la région.

Au cours du dix-neuvième siècle, une impulsion chrétienne sioniste se développa au sein de la branche Non conformiste du protestantisme en Angleterre (ceux qui refusaient la doctrine de l’Eglise anglicane, comme les Presbytériens et les Puritains qui furent à l’origine des Chrétiens sionistes, Ndt). Leur lecture de la Bible engendra une familiarité, et induira un fort intérêt, avec et dans l’idée d’une renaissance de la Terre Sainte et de la création d'une nouvelle Jérusalem. Il y avait une croyance encouragée par la lecture de l'Ancien Testament selon laquelle le retour du Christ dépendait du retour des Juifs dispersés à la terre de leurs ancêtres. Aussi, ce qui arriva à la Terre Sainte compta pour l'Angleterre chrétienne fondamentaliste, car beaucoup de promesses messianiques et de prédictions millénaristes en dépendaient.

Il n'y avait rien de ridicule dans la croyance et le désir que la puissance impériale pourrait être utilisée pour provoquer la fin de l'histoire et la Seconde Venue. D’ailleurs, des Catholiques irlandais comme Tom Kettle et Francis Ledwidge, commencèrent à voir les choses de la même façon qu'ils se sacrifièrent pour la cause.

Il y avait un autre facteur qui exerça une attraction gravitationnelle sur l'Angleterre en provenance de la Terre Sainte. Depuis la rupture avec Rome, l’Eglise de l’Angleterre manquait d’un foyer spirituel. L'Eglise catholique avait rebâti le foyer spirituel de la chrétienté à Rome, mais lorsque Henry VIII fit de lui-même le Pape des Anglais, il dut se contenter de Canterbury (une ville au sud-est de l’Angleterre qui est depuis le XVIe siècle le siège du chef spirituel de l’Eglise de l’Angleterre et de la Communion anglicane, Ndt).

Plus les Protestant anglais lisaient leurs Bibles, plus ils aspiraient à leur propre foyer spirituel – dans les Lieux Saints originels en Judée et Samarie. Et qu’est ce qui serait une meilleure riposte à Rome que de montrer son inauthenticité spirituelle en prenant le dessus avec la pièce maitresse (en s’emparant de Jérusalem, Ndt).

Le sionisme chrétien fit son chemin dans les classes politiques de l’état britannique quand les Non-conformistes arrivèrent au pouvoir politique, et il devint une partie de la culture politique de l’Angleterre libérale malgré le fait que le Darwinisme semblait saper l’impulsion religieuse vers la fin du siècle.

Sous l’influence d’Herbert Sidebotham, un éminent journaliste libéral, et Charles Prestwich Scott, l’influent rédacteur en chef du « Manchester Guardian », on créa l’Ecole de Manchester du Sionisme Chrétien. Les chefs du nationalisme juif en Angleterre, Dr. Weizmann et Harry Sacher, furent eux-mêmes originaires de Manchester, et la ville devint le centre d’un projet sioniste impérial.

La colonie juive proposée en Palestine fut une construction britannique conçue comme une fondation de l’hégémonie impériale, et comme un autre état tampon entre l’Inde et ses ennemis potentiels. Cette colonie mettrait un terme, à tout jamais, à l’idée d’une ligne ferroviaire de Berlin à Bagdad, et freinerait toute ambition que le nouveau rival potentiel, la France, pourrait avoir dans la région.

La déclaration de Balfour fut publiée en 1917 alors que Jérusalem était sur le point de tomber dans les mains de l’Empire. Lloyd George, le Premier Ministre qui l’autorisa, fut élevé par un oncle, un prédicateur laïc dans l’Eglise baptiste millénariste, et « fut éduqué dans une école où l’on enseigna beaucoup plus l’histoire des Juifs que l’histoire de ma propre patrie ».

En 1903, alors qu’il était un simple député du Parlement, il dessina un plan de colonisation juive (« Jewish Colonisation Scheme ») pour Théodore Herzl, le fondateur du mouvement sioniste.. La colonie prévue devait se situer en Afrique de l'Est britannique, mais en 1917, la vraie chose devint possible.

Le Premier ministre n'était pas seul. Sur les dix hommes qui faisaient partie de son cabinet de guerre à un moment ou à un autre, il y en avait sept qui venaient des familles Non-conformistes. Trois furent les fils ou petits-fils des prédicateurs évangélistes. Ils avaient tous une relation étroite avec l'Ancien Testament et les gens du livre.

Les mémoires du Commandant Vivian Gilbert furent publiés en 1923 sous le titre de « La Romance de la Dernière Croisade - Avec Allenby à Jérusalem » (« The Romance of the Last Crusade - With Allenby to Jerusalem »). Ils commencèrent avec un morceau sur le roi Richard Cœur de Lion et Sir Brian de Gurnay chevauchant loin de Jérusalem, après leur échec à s’emparer de la ville :

«  Dans le cœur de Sir Brian de Gurnay, il y avait l’idée d’une autre et une dernière Croisade qui arracherait pour toujours les Lieux Saints aux mains des infidèles » (page 1)

Le titre du chapitre XII du livre du Commandant Gilbert fut « Quand les prophéties se réalisent » et il fut à propos de la prise de la Ville Sainte :

«  Enfin, Jérusalem était entre nos mains ! Dans les dix Croisades organisées et équipées pour libérer la Ville Sainte, deux seulement furent vraiment un succès, - la première menée par Godefroy de Bouillon, et la dernière par Edmund Allenby... puis voilà, nous nous sommes retrouvés à l'intérieur des murs eux-mêmes - les premières troupes britanniques à marcher dans la Ville Sainte !... Je me suis rappelé d’un vieil hymne que j'ai lu il y a plusieurs années. Elle fut écrit par Saint Augustin, ou à partir de ses paroles, et fut transmis de bouche à oreille dans les moyens âges afin d’encourager le recrutement pour les Croisades... Alors que je parcourais Jérusalem, les mots étaient sur mes lèvres ... Nous étions fiers que Jérusalem, après avoir langui pendant plus de quatre cents ans sous le joug turc, allait enfin être libre... Mais par-dessus tout, nous avions une grande foi inébranlable en Dieu, dont la miséricorde nous a accordé cette victoire... pour libérer la Terre Sainte pour toujours, pour ramener la paix et le bonheur à un peuple longtemps opprimé ! » (pages 171-177)

Avec la progression des Britanniques vers Jérusalem, beaucoup d'entre eux commencèrent à se voir comme des participants à la dernière Croisade. Tout le fondamentalisme chrétien absorbé par les gentlemen anglais dans leur éducation biblique dans les écoles privées prestigieuses (« Public Schools ») jaillit dans une grande flambée. Ils venaient de reconquérir la Terre Sainte pour la chrétienté, après 700 ans d'occupation musulmane. Et que serait la Ville Sainte et la Nouvelle Jérusalem sans les Juifs ?

Le nationalisme irlandais entra en alliance politique avec les Non-conformistes dans le mouvement libéral « Home Rule » (un régime politique créant un parlement irlandais et accordant une autonomie à l’Irlande au sein du Royaume Unis, Ndt), et les Irlandais entrèrent en alliance militaire avec eux en 1914. En 1917, les Redmondites (les fidèles de John Edward Redmond qui fut député irlandais et chef du Pari Irlandais Parlementaire de 1900 à 1918, Ndt) devinrent des simples porte-paroles des intérêts impériaux britanniques, et ne formulèrent aucune critique sur ce qui se passait les concernant même. Et, bien sûr, John Dillon était un ami personnel et un confident du chef sioniste libéral Charles Prestwich Scott. Ainsi, l'« Irish News » de Joseph Devlin ne voyait rien de mal dans la colonisation, le nettoyage ethnique et la partition qui fut planifiée pour la Palestine, malgré le fait « d’en savoir quelque chose en Irlande ».

Traduit par IA.



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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 16:21

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/07/27/pas-de-clemence-israelienne-pour-le-jeune-salah-hamouri_1223097_0.html


Pas de clémence israélienne pour le jeune Salah Hamouri

LE MONDE | 27.07.09 | 14h21  •  Mis à jour le 27.07.09 | 14h21

JÉRUSALEM CORRESPONDANCE

Salah Hamouri ne quittera pas sa geôle. Ainsi en a décidé, dimanche 26 juillet, le comité de révision des peines de l'Etat juif. Le jeune Franco-Palestinien, incarcéré depuis mars 2005 en Israël et condamné en avril 2008 à sept ans de prison pour son implication supposée dans un improbable complot, sollicitait une libération anticipée.

Depuis 2001, une loi israélienne autorise les détenus ayant purgé les deux tiers de leur peine à en faire la demande. Mais la commission, réunie dans la prison de Gilboa, au nord d'Israël, a répondu par la négative. Salah, âgé de 24 ans, fils de Denise Guidoux, originaire de Bourg-en-Bresse, et de Hassan Hamouri, résident de Jérusalem, est jugé "trop dangereux" pour être libéré.

Aux yeux de la justice israélienne, le jeune homme est coupable d'avoir eu l'intention d'assassiner le rabbin Ovadia Yossef, chef du parti séfarade Shas. Menacé d'une peine largement supérieure à sept ans s'il s'entêtait à contester l'accusation, Salah avait plaidé coupable. Mais le dossier ne repose sur aucune preuve : ni armes, ni plan, ni début d'exécution. Le tribunal a juste établi que Salah Hamouri était passé en voiture devant le domicile du rabbin. Cet élément, ajouté à une accusation d'appartenance au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un petit parti de gauche, ont suffi à le faire condamner par un tribunal militaire. Consciente du fait que les prisonniers palestiniens n'obtiennent quasiment jamais de remise de peine, à l'inverse des détenus juifs, fussent-ils meurtriers, la famille Hamouri avait malgré tout espéré une mesure de clémence.

INTERVENTIONS VAINES

Le 25 juin, rompant avec l'indifférence polie qu'il manifestait jusque-là - contrastant avec son engagement immédiat auprès de la famille du caporal franco-israélien Gilad Shalit, otage du Hamas -, Nicolas Sarkozy avait fait recevoir Denise Hamouri par son conseiller pour le Proche-Orient, Boris Boillon. Selon lui, le président de la République a ensuite transmis une lettre au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lui demandant de s'assurer que Salah bénéficie des dispositions de la loi de 2001. Une démarche identique aurait été menée auprès de l'ambassade d'Israël à Paris.

Ces interventions sont restées vaines. Envoyé à la prison de Gilboa suivre l'audience de la commission, Stéphane Harzelec, le consul-adjoint de Haïfa, n'a pas été autorisé à y pénétrer. Dans l'attente de la décision, il a piétiné devant la porte de l'établissement où Salah Hamouri risque désormais de rester jusqu'en novembre 2011.





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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 18:19

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3222,50-1222716,0.html


Un vaste coup de filet du FBI met au jour un réseau de corruption dans le New Jersey

LE MONDE | 25.07.09 | 14h43  •  Mis à jour le 25.07.09 | 14h43

Trafic d'organes, transfert d'argent, pots-de-vin, dollars cachés dans des boîtes de céréales et contrefaçons de produits de luxe : un récent coup de filet du FBI (Bureau fédéral d'investigation) comporte tous les ingrédients du scandale. Dix ans d'enquête, d'écoute et d'infiltration auront été nécessaires pour aboutir à l'arrestation, jeudi 23 juillet, d'un groupe de 44 personnes mêlant notables locaux, personnalités politiques et religieuses, membres des partis démocrate et républicain, du New Jersey et de New York.

L'élément déterminant de l'affaire remonte à mai 2006 avec la découverte d'une tentative de fraude bancaire de 25 millions de dollars (17,6 millions d'euros) effectuée par un certain Solomon Dwek, citoyen de la petite ville de Deal, dans le New Jersey, et membre d'une communauté juive d'origine syrienne. Selon le New York Times, citant des sources anonymes proches de l'enquête, ce fils de rabbin, agent immobilier peu scrupuleux, aurait, après avoir été approché par les agents fédéraux, collaboré avec les autorités en devenant un indicateur.

L'homme va permettre de révéler l'existence d'un double trafic aux ramifications locales et internationales. D'un côté, les enquêteurs vont remonter la piste d'un système de corruption impliquant des élus locaux, principalement à Jersey City et Hoboken. De l'autre, ils vont découvrir un réseau de blanchiment d'argent impliquant trois rabbins de Brooklyn et du New Jersey.

UNE AFFAIRE "ÉNORME"

D'après les données de l'enquête rendue publique par le procureur, le système de transfert frauduleux d'argent aurait permis de blanchir plusieurs dizaines de millions de dollars à travers des oeuvres caritatives juives contrôlées par les religieux. La plupart des sommes provenant d'Israël et d'un banquier suisse. Quelque 3 millions de dollars auraient ainsi été blanchis au profit de M. Dwek depuis juin 2007. Dans un registre différent, un autre résident de Brooklyn, Levy-Izhak Rosenbaum, a été accusé d'acheter 10 000 dollars des organes à des personnes "vulnérables" avant de les revendre 160 000 dollars.

Homme d'affaires véreux, M. Dwek a également versé plusieurs dizaines de milliers de dollars à différentes personnalités publiques afin d'obtenir des permis de construire à New Jersey. Trois maires démocrates, un conseiller municipal et deux élus de l'assemblée de l'Etat de New Jersey ont ainsi été arrêtés. Quelques heures à peine après que les agents du FBI ont fouillé sa maison, Joseph Doria, membre de l'administration du gouverneur Jon Corzine, a annoncé sa démission.

Parmi les autres individus arrêtés pour corruption, on dénombre plusieurs inspecteurs des travaux publics, des responsables de la planification urbaine et de l'équipement. "Le problème de la corruption à New Jersey est l'un des pires, sinon le pire des Etats-Unis", a déclaré Ed Kahrer, chef d'une unité anticorruption du FBI. Une manière de résumer l'avis de nombreux observateurs locaux surpris par l'ampleur des arrestations. "Cette affaire est tellement énorme", dit l'expert politique Joseph Marbach au New York Times. Et d'ajouter : "Cela va renforcer le stéréotype selon lequel l'Etat du New Jersey est corrompu. Alors que nous pensions que nous étions en train de le nettoyer, (cette opération) révèle tout le travail qui reste à faire."






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