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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 21:03


Nous soutenons la candidature d'Ilham Moussaïd sur la liste NPA départementale du Vaucluse pour les élections régionales.

Ilham est une militante engagée avant tout contre un système économique menant aux plus grandes inégalités, contre un système politique qui favorise les intérêts particuliers d'une minorité, contre un système où l'intérêt général est réduit à une vague référence dans un texte constitutionnel.

Ilham trouve dans ses convictions personnelles des raisons de militer contre un système stigmatisant les opprimés qu'ils soient musulmans, femmes, privés d'emploi, habitants de quartiers populaires ou homosexuel-le-s.

Ilham est d’abord et avant tout une jeune militante anticapitaliste, écologiste, internationaliste et féministe.

Par son engagement et son courage, elle représente un modèle d'émancipation. Elle prouve que l'on peut être femme, immigrée, habitant un quartier populaire, croyante et en même temps se battre pour la liberté, la laïcité et la démocratie, pour l’émancipation. Elle a le courage de ne pas dissimuler ses convictions personnelles et de refuser une attitude hypocrite.

Une nouvelle fois, ses détracteurs nient les valeurs qu’ils prétendent défendre et en particulier le rejet de toute forme de discrimination. Stigmatiser la candidature d’Ilham, c’est pratiquer une quintuple discrimination :

C'est pratiquer une discrimination entre les hommes et les femmes : une candidature masculine d’un homme de confession musulmane ne poserait pas de problème puisqu’elle ne serait pas visible,

C'est pratiquer une discrimination entre croyants : une candidature de quelqu’un portant une croix ou une kippa ne fait jamais problème, pourquoi une candidate portant un foulard serait-elle inacceptable ?

C'est pratiquer une discrimination entre croyants et non croyants : pourquoi nier que les motivations des uns et des autres peuvent conduire à un même objectif : une alternative au capitalisme qui exploite les hommes et la planète ?

C'est pratiquer une discrimination entre ceux qui font état de leurs convictions philosophiques pour justifier leur engagement politique et ceux qui les passent sous silence,

C'est pratiquer une discrimination entre citoyens de France selon leurs origines, alors que tout au long des siècles, le peuple de France s’est enrichi de sa diversité, de sa pluralité.

L’émancipation ne signifie pas l’alignement des opinions personnelles sur un mode de pensée unique. “La liberté, c’est d’abord la liberté de celui qui pense autrement” (Rosa Luxemburg).

Nous nous réjouissons qu’un parti politique, en dehors de tout racolage électoraliste et au terme d’un débat intense et difficile, n’ait pas fait obstacle à une candidature qui intervient dans un climat malsain provoqué par un débat aux relents nauséabonds sur l’identité nationale.

Nous nous constituons en comité de soutien à la candidature d’Ilham Moussaïd.

Véronique MARCEL (NPA 84) Raoul Marc JENNAR (NPA 66 – CPN)

Croire ou ne pas croire est une liberté individuelle fondamentale.  Sauf à brimer la liberté de pensée, ce n’est pas la religion qu’il faut combattre, ce sont les institutions qui veulent l’imposer. Ce n’est pas l’opium qu’il faut combattre, c’est celui qui le vend.


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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 20:56

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/03/un-imam-peu-orthodoxe_1300508_3224.html


Un imam peu orthodoxe

LE MONDE | 03.02.10 | 15h25  •  Mis à jour le 03.02.10 | 17h06

Un visage d'enfant sur un long corps poussé en graine : en costume-cravate ou en gandoura, Hassen Chalghoumi, 36 ans, garde une allure juvénile. Mais, depuis peu, ces traits sont tirés, reconnaissent ses proches. Au coeur d'une polémique judiciaro-religieuse depuis qu'il s'est déclaré favorable à une loi contre le voile intégral, dans Le Parisien du 22 janvier, le jeune responsable de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis) est-il en train de payer son empressement à vouloir incarner "l'imam républicain", titre du livre qu'il s'apprête à publier ?

Il est en tout cas en butte à l'hostilité d'une partie de la communauté musulmane, opposée, dans son immense majorité, à une loi anti-burqa. Les fidèles de la ville et "des personnes extérieures" n'ont pas apprécié que M. Chalghoumi défende une position contraire, "en tant qu'imam de Drancy". Des incidents ont éclaté sur ce thème, lundi 25, dans sa mosquée.

Intrusion d'un "commando islamiste de 80 personnes ayant proféré des menaces", comme l'affirment les proches de M. Chalghoumi, absent ce soir-là, ou débat vif organisé par des fidèles après ses propos sur le voile intégral ? Une enquête a été ouverte après la plainte déposée par l'imam pour menace de mort.

Ulcérées par ces accusations, deux personnes ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse. D'autres lui reprochent d'avoir médiatisé une affaire qui aurait dû se régler "entre musulmans". Vendredi 29, après la grande prière (qu'il ne conduit pas), alors qu'il tentait une explication, l'imam a dû quitter la mosquée sous bonne garde et sous les appels à la démission.

Cet épisode houleux s'inscrit dans l'histoire courte mais déjà riche de M. Chalghoumi sur la scène musulmane de Seine-Saint-Denis.. En 2006, il se fait remarquer au camp de Drancy, antichambre de la déportation de nombreux juifs français, par une déclaration sur "l'injustice sans égale" de la Shoah ; sa maison est vandalisée le lendemain. Arrivé en France en 1996, imam dans un foyer de Bobigny, ce Tunisien s'est formé théologiquement en Syrie et au Pakistan, dans le tabligh, un courant fondamentaliste, piétiste, apolitique et prosélyte de l'islam. Ses amis voient dans cette origine religieuse la part "d'idéalisme, voire d'angélisme" qui le caractérise, ses détracteurs "une légèreté" et "un manque d'épaisseur intellectuelle".

En un temps record, M. Chalghoumi va devenir le responsable musulman le plus prisé des pouvoirs publics et de la communauté juive pour son indépendance autoproclamée, sa disposition au dialogue interreligieux et sa défense d'un "islam de France modéré". Choisi, en 2008, par le maire UMP de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, pour gérer la toute nouvelle mosquée que la municipalité loue aux musulmans, l'imam fait sienne l'histoire particulière de la ville et, dans son français hésitant, s'implique sans réserve dans le rapprochement avec la communauté juive. Le maire s'en félicite : "Depuis, l'intolérance et l'antisémitisme ont baissé à Drancy", nous assure-t-il.

Indexé sur les soubresauts du conflit israélo-palestinien, le dialogue judéo-musulman n'a pas bonne presse. Isolée, une partie de la communauté juive demeure pourtant en quête d'interlocuteurs musulmans. "La communauté juive a ses coups de coeur. Depuis quelque temps, c'est Chalghoumi. Il n'y en a pas deux comme lui, alors on le cajole", reconnaît un responsable juif. "C'est un homme sincère et honnête, témoigne Sammy Ghozlan, responsable communautaire dans le département. Ses positions atypiques dérangent sa communauté. C'est grave qu'un imam qui a des relations détendues avec les juifs devienne un paria chez les siens."

Sollicité de toutes parts, conforté par Nicolas Sarkozy et invité au Congrès juif mondial à New York (où il ne pourra se rendre faute de visa), M. Chalghoumi se sent pousser des ailes, jusqu'à s'aventurer sur le terrain politique. A deux reprises, il accueille à la mosquée le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), voix politique de la communauté. Lors des manifestations contre l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, en janvier 2009, il en dénonce la tonalité et les risques d'antisémitisme. Soupçonné d'être manipulé par la communauté juive, il s'en défend. "Il ne regrette rien, explique aujourd'hui son conseiller, Farid, qui, depuis une semaine, parle en son nom.. C'est dans les moments difficiles que l'amitié a un sens."

En juin 2009, il lance la Conférence des imams de France, avec l'idée de créer une instance théologique capable de prononcer des "fatwas (avis juridiques) conformes aux valeurs républicaines". Tous les responsables juifs de France sont présents à l'événement. Mais l'homme ne fait pas l'unanimité : les responsables des institutions musulmanes et les représentants officiels de l'Eglise catholique n'y assistent pas. La Conférence reste une coquille vide.

Plus que ses liens privilégiés avec la communauté juive, certains observateurs jugent que la rupture avec les siens a été consommée par sa position sur la burqa. "Il agaçait déjà. Là, il s'est mis à dos les salafistes et les tablighis qui défendent le port du voile intégral", explique un connaisseur de l'islam. "C'est vrai que la Conférence des imams est opposée à une loi, mais chacun a le droit de dire ce qu'il veut ; il a voulu créer un électrochoc chez les musulmans", plaide le porte-parole de la Conférence, Abdellali Mamoun. "En fait, il s'est cramé tout seul", commente un de ses amis.

Touchant là au coeur du "cas Chalghoumi", certains dirigeants juifs s'interrogent sur "sa capacité d'entraînement sur sa communauté". Mohammed Henniche, responsable de l'Union des associations musulmanes du 93, lui rend un hommage ambigu : "C'est dommage, on avait besoin de lui dans le paysage musulman ; il représente un islam non inféodé aux consulats ou aux Frères musulmans, et son travail avec les juifs est louable." Selon Farid, l'imam n'a pas baissé les bras, "sa priorité aujourd'hui, c'est de sauver la mosquée, de parler avec les fidèles". Dans ce contexte, il hésitait à se rendre, mercredi 3 février, au dîner du CRIF, où il est convié pour la deuxième année consécutive.






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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 20:06

http://www.pcf-paris14.over-blog.org/article-soutien-a-la-section-du-pcf-paris-1er-et-2eme-pcf-paris-14-se-reapproprier-notre-parti-solder-l-echec-de-rouges-vifs-c-41577149.html


Soutien à la section du PCF Paris 1er et 2ème. PCF Paris 14 : se réapproprier notre parti – solder l’échec de « Rouges vifs »
 
Communistes parisiens, nous sommes sollicités pour apporter notre soutien à nos camarades de la section Halle-Bourse du PCF des 1er et 2ème arrondissements.
 
Pour mes camarades du 14ème (cellule Plaisance-Michelaere) et moi-même, il est hors de question d’accepter que la direction départementale du PCF-Paris et son secrétaire Patrice Bessac se permettent de désigner des sections fantoches à leur convenance à la place des adhérents du PCF qui expriment un désaccord avec leur ligne de mutation-disparition du PCF. Aussi nous exprimons notre totale solidarité avec nos camarades de la section des 1er et 2ème.
 
Cette situation ne peut que nous rappeler notre propre expérience dans le 14ème arrondissement. De la même façon en 2006, à l’occasion du 33ème congrès du Parti, la direction départementale a constitué une nouvelle section, fantoche, en violation des statuts du PCF et de notre conférence (congrès) de section.

Une bonne partie des pièces rapportées pour ce coup de main sont reparties vers le PG ou dans d’autres arrondissements pour obtenir de bonnes places d’élu.

Ceux qui restent dans la « nouvelle » section, après avoir encore bafoué les statuts pour les municipales de 2008, se gardent de convoquer les adhérents qui pourraient les critiquer.
Nous n’acceptons pas cet état de fait.
 
Mais la situation du 1er/2ème doit faire à nouveau réfléchir sur les choix de ceux qui affichent la volonté de faire vivre un point de vue communiste, sinon un parti communiste, mais qui ont fait une croix sur le PCF.
 
A Paris, nous avons une expérience. A partir de 1998 s’est manifestée dans notre fédération une très forte opposition à la ligne de mutation-liquidation du Parti. L’Appel des 500, puis des 700 a rassemblé de nombreux responsables de section, des camarades des entreprises et des quartiers.

Dans les conférences de section du 30ème congrès (Martigues !), fin 1999, une majorité des adhérents parisiens, renforcés par les analyses élaborées et la perspective ouverte par l’Appel des 700, a rejeté les textes de la direction du Parti. La ligne de la direction départementale, très fragilisée, ne l’a emporté à la conférence fédérale qu’à la faveur de ses positions d’appareil. La suite des événements a vite ouvert les yeux de beaucoup d’autres camarades restés légitimistes et craignant pour l’unité du Parti.
 
Mais aussitôt après Martigues, en 2001 et 2002, la plupart des initiateurs de l’Appel des 500 ont décidé de déserter les instances du Parti (conseil départemental, 31ème congrès) puis de promouvoir une forme d’organisation parallèle, associative, dénommée « Rouges vifs » et rapidement d’inviter les camarades à quitter le PCF.
 
Les dirigeants de la section du 15ème, des camarades du 19ème, du 18ème, d’autres sections parties prenantes de l’Appel des 500, ne les ont pas suivis, faisant l’analyse que ce choix conduisait à l’isolement, à une impasse organisationnelle et idéologique.
 
Cela s’est confirmé malheureusement.

Le groupe « Rouges vifs » n’a aucune action. Son choix d’origine l’amène à principalement combattre le PCF sans distinction et à préconiser sa disparition, voire à rejoindre les théories fumeuses du dépassement de la « forme parti », aux côtés de différents groupuscules. L’un des deux premiers initiateurs de « Rouges vifs », Daniel Vaubaillon, a même rejoint les rangs du NPA. Ce qui confirme que nous n’étions et ne sommes vraiment pas sur la même démarche.
 
Dans les sections et arrondissements où le choix « Rouges vifs » a prévalu dans l’Appel des 500, la démobilisation a été rapide et a laissé les directions mutantes du PCF reprendre la main.
 
Dans notre 14ème, la stratégie « Rouges vifs » a conduit à laisser décliner la vie de la section du PCF jusqu’à laisser, sans réagir, la section fantoche prendre place, occuper les locaux du 149 rue du Château et même maintenant les vendre.
 
Dans le 1er/2ème, la secrétaire de la section du PCF, Simonne Goënvic, également élue PCF, a toujours occupé, quotidiennement, les lieux. Aujourd’hui, devant les prétentions de la direction départementale à évincer la section, à lui ôter ses locaux acquis par et pour le Parti, affirmer son identité de section du PCF, son appartenance au PCF, est une nécessité.
 
Et cela ne saurait traduire un choix opportuniste. C’est en communistes, dans notre parti historique, que nous ferons vivre et renforcerons ce que représente le PCF, même malgré la stratégie de la direction du Parti, d’ailleurs en pleine crise.
 
C’est pourquoi, en même temps que nous apportons notre soutien à nos camarades de la section Halle-Bourse, nous invitons les communistes isolés, coupés du Parti, des autres arrondissements à rejoindre leurs sections pour faire vivre et renforcer le PCF, nécessairement sur un point de vue de classe.
 
Le PCF et ce qu’il représente restent le seul outil pour unir les communistes et organiser le parti communiste dont le pays a besoin.
 
Camille Marques, membre du Comité de section de PCF Paris 14 depuis 1996, membre du Conseil départemental du PCF Paris, élue PCF du 14ème de 2002 à 2008

Lundi 21 décembre 2009     




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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 17:28


Inutile de le cacher : en cette rentrée, Sarkozy et les possédants ont de quoi être satisfaits - sur tous les terrains, incontestablement, leur camp, leur classe, marque des points.

Malgré les potentialités de résistance, la Poste est en cours de privatisation sans que les travailleurs concernés n'aient pu peser.

Dans l'Enseignement, la situation n'est guère meilleure – il suffit de rappeler le processus de démantèlement en cours de l'Enseignement Supérieur public.

Dans la fonction Publique, RGPP et loi sur la « mobilité » préfigurent le démantèlement total du statut.

On pourrait allonger cette litanie – mais tout le monde la connait.

Pourtant, face à une telle guerre sociale, force est de constater l'extrême modération, voire la collaboration ouverte des organisations syndicales avec le pouvoir et le patronat. Ainsi à l'occasion du récent 49° congrès de la CGT, la presse s'est faite l'écho de relations contre nature qui se sont établies entre le pouvoir et la direction confédérale.

Et le resserrement de ces liens est évidemment décisif pour expliquer l'attentisme actuel du monde du Travail.

Ce n'est donc pas sans raisons, que le 15 janvier, s'adressant aux directions syndicales, N. Sarkozy a pu se goberger en déclarant que « notre pays ne s'est pas déchiré (en 2009 - NR) parce que nous avons agi vite, ensemble, avec un sens aigu des responsabilités qui sont les nôtres ». Et il a pu les convoquer pour une nouvelle table ronde sociale dont chacun imagine déjà le résultat (on y annoncerait le lancement de la nouvelle charge contre les retraites). Ça n'empêche pas que Thibault et les autres se préparent à s'y rendre sagement.

Face à une telle situation, les réactions se multiplient au sein du mouvement ouvrier et syndical. Le succès rencontré l'an passé par la « Lettre ouverte aux États-Majors syndicaux » (plusieurs milliers de signatures) fut une indication. L'écho reçu par l'initiative de J.-P. Delannoy dans la CGT (quoiqu'on en pense par ailleurs) en est une autre.

Enfin les débats en cours au sein de la FSU sont une nouvelle illustration des processus en cours. Notre département n'est évidemment pas à l'abri de ces phénomènes : la crise de l'UD CGT ou le déroulement du congrès de la FSU 94 le montrent.

Pour tous ceux qui veulent combattre ce gouvernement, rien n'est donc plus important que de s'inscrire dans ces processus. La situation actuelle du mouvement ouvrier est un atout majeur de Sarkozy et Parisot – il n'y a donc pas de combat possible en défense des acquis sans militer contre le cours actuel des directions syndicales.

Mais pour pouvoir mener cette activité, disposer d'un cadre de débat et d'élaboration collective est indispensable. C'est pourquoi nous proposons de constituer le collectif « Tous Ensemble 94 » et organisons une réunion à cet effet le vendredi 5 février 2010 à 20 heures, introduite par un bref rapport sur la situation actuelle. Merci d'avance de faire connaitre cette initiative autour de vous, dans vos propres réseaux.

La réunion étant prévue dans un lieu privé, nous vous demandons de contacter un des signataires pour y participer.

Avec nos salutations militantes,

E. Aba, syndiqué SNES-FSU,
deislerballack@orange.fr, 06 82 73 31 86

O. Delbeke, syndiqué CGT,
olivier.delbeke@voila.fr, 06 81 86 53 78

P. Leguérinais, syndiqué SNUIPP-FSU,
leguerinais.patrice@free.fr, 06 10 13 74 31




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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 17:20

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2010-02-03/paca-une-jeune-femme-voilee-candidate-du-npa/917/0/419951


Paca : une jeune femme voilée candidate du NPA

On peut être "féministe, laïque et voilée". Le leader du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, n'y voit pas la moindre contradiction. Il ajoute même le geste à la parole et confirme au quotidien Le Figaro qu'une jeune femme voilée figure sur la liste NPA pour les élections régionales de mars prochain en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il s'agit d'Ilham Moussaïd, une étudiante de 25 ans. Membre du Comité populaire à Avignon, elle est la trésorière départementale du parti dans le Vaucluse. Pour Olivier Besancenot, cette jeune militante est "l'image de notre intégration (celle du NPA) dans les quartiers", où le facteur de Neuilly trouve, semble-t-il, de plus en plus d'écho.

Dans un communiqué, le NPA exprime un son de cloche légèrement différent de son leader puisqu'il reconnaît que la candidate "féministe, anticapitaliste, internationaliste" estime devoir porter le voile "en raison de ses convictions religieuses". Pierre-François Grond, porte-parole national du NPA, précise d'ailleurs que la jeune femme "porte un léger voile", par opposition au voile intégral, que le gouvernement s'est mis en tête de proscrire. Le parti explique en outre que "le choix du NPA du Vaucluse" a été fait "après un débat sérieux et complexe".

"Notre parti accueille des jeunes, chômeurs, précaires, salariés de tous horizons qui se reconnaissent dans ces idéaux. La foi est une question privée qui ne saurait faire obstacle à la participation à notre combat dès lors que les fondamentaux laïcs, féministes et anticapitalistes de notre parti sont sincèrement partagés", fait valoir le parti d'Olivier Besancenot. Le parti "respecte" la décision prise dans le Vaucluse, "mais sans en faire un effet d'affichage national", ajoute, pour sa part, Pierre-François Grond. La démarche ne fait toutefois pas l'unanimité dans les rangs de la formation d'extrême gauche. Pas sûr, en effet, que les militantes féministes issues de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) se contentent de tels arguments.






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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 17:12

http://www.afrik.com/article18677.html


Patrick Lozès aura-t-il le cran de défier la justice ?

Le TGI de Paris a annulé son élection à la tête du CRAN, mais il veut y rester

Le Tribunal de grande instance de Paris a annulé, la semaine dernière, la reconduction, fin novembre 2008, de Patrick Lozès à la tête du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). La même décision interdit à certains de ses opposants de faire usage de la dénomination CRAN. Le camp Lozès prétend qu’il continuera de gérer l’association, la décision de justice étant susceptible d’appel. Mais pour ses adversaires, le CRAN n’a plus de président.

Nouvel imbroglio à la tête du CRAN. Dans une décision rendue mardi dernier, le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris annule la reconduction de Patrick Lozès à la tête de l’association. Pour les adversaires de Patrick Lozès qui lui reprochaient d’avoir été réélu de façon irrégulière lors de l’assemblée générale de l’association qu’il avait convoquée le 23 novembre 2008, cette décision constitue une victoire.

Seules les associations membres du CRAN, qui sont des personnes morales, avaient en effet été autorisées à voter ce jour-là, pas les personnes physiques. « (…) Il ne résulte d’aucune de ces dispositions que les personnes physiques soient exclues des votes soumis à l’assemblée générale que ce soit pour définir la ligne du Cran ou pour élire son président », a argumenté le TGI, citant les statuts de l’association.

Toutefois, Patrick Lozès, qui avait de son côté demandé au tribunal d’interdire à certaines personnes d’agir au nom du CRAN, a également eu gain de cause sur ce point. Le jugement interdit ainsi aux principaux adversaires du président contesté, à l’instar de Nathalie Daouda, Françoise Jupiter, Maguy Gestel et Charles Lebelge Jombi, sous astreinte de 1000 euros par infraction, d’utiliser la dénomination du CRAN.

Panier à crabes

L’origine du contentieux remonte à un peu plus d’un an.. Le 18 octobre 2008, à Paris, une assemblée générale présidée par Nathalie Daouda, membre de l’association, voit se cristalliser deux blocs antagonistes entre pro et anti-Lozès. Elle s’achève dans la confusion sans que l’ordre du jour ait été épuisé. Il n’y a pas eu d’élections, et une motion anti-Lozès déposée par les partisans d’un audit de sa gestion de l’association n’a pas été examinée.

Le 15 novembre, Nathalie Daouda convoque une nouvelle assemblée générale, pour examiner les points laissés en suspens la dernière fois. Il en sort un directoire de six personnes censé remplacer l’équipe Lozès. Mais ce dernier ne s’avoue pas vaincu. Une semaine après, le 23 novembre, le conseil d’administration du CRAN, qui lui est resté fidèle, organise sa propre assemblée. A cette occasion, Patrick Lozès est reconduit dans ses fonctions de président.

Désormais irréconciliables, les deux parties saisissent, chacun de leur côté, la justice, au premier trimestre 2009. Un seul objectif de part et d’autre : obtenir l’interdiction du groupe adverse comme représentant du CRAN. Mariam Babale Mevaa, membre du directoire qui a intenté en solitaire son action contre Patrick Lozès, demande alors au tribunal d’ordonner la désignation d’un administrateur judiciaire qui remplacera ce dernier jusqu’aux prochaines élections.

Une décision de justice controversée

La décision rendue le 26 janvier dernier par le TGI de Paris n’arrange totalement les affaires d’aucun des deux camps. Dans le camp Lozès, on tente de minimiser l’impact du jugement. « Je suis président du CRAN, je reste président du CRAN, je le reste jusqu’à la prochaine élection » a réagi Patrick Lozès, interrogé par Grioo.com. « Une nouvelle élection sera organisée dans les meilleurs délais. Patrick Lozès sera naturellement candidat à la présidence du CRAN. (…) Le jugement n’étant pas assorti de l’exécution provisoire, il ne pourrait s’appliquer qu’en l’absence d’exercice d’un appel, lequel doit être formé dans le mois suivant la notification du jugement », lit-on dans un communiqué adressé à Afrik.com par Philippe Moreau, directeur de la communication et conseiller de Patrick Lozès. « Les membres du Conseil d’administration du CRAN renouvellent leur confiance à Patrick Lozès qui demeure, donc, président du CRAN jusqu’aux prochaines élections », ajoute le communiqué.

Chez les anti-Lozès, cette vision des choses fait sourire. « Je vous renvoie à la première page du jugement où il est marqué "Expédition exécutoire". Le CRAN pour l’instant, n’a pas de président. La décision du juge constate la nullité de son élection. Pour aller plus loin, ce qu’il a fait depuis novembre 2008 est entaché de nullité. Nous avons désormais un CRAN sans président et sans bureau », observe Mariam Babale Mevaa, ancienne secrétaire général adjointe de l’association, et seule membre du directoire à n’avoir pas été interdite de parler au nom du CRAN par le jugement. « Nous avons pris acte de la décision. Nous sommes en train de réfléchir quant à la suite à lui donner », conclut-elle. « La décision rendue ne va pas assez loin. On ne sait pas exactement qui peut aujourd’hui prétendre agir au nom du Cran, sans enfreindre ce jugement », commente Emmanuel Ntonga, ancien porte-parole du directoire. « On s’achemine vers une procédure en appel », ajoute-t-il.





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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:10

http://www.pagesperso-orange.fr/rduguet/iran.htm#theologie


http://www.alencontre.org/autres/IranMontazeri12_09.html

La trajectoire de Hossein-Ali Montazeri, par Nazanín Amirian *

Les mobilisations contre le régime en place en Iran restent une constante. Les affrontements entre diverses factions au sein de la mollahcratie s’exacerbent; le type de répression en est une des expressions. Il nous paraît utile de porter à la connaissance de nos lectrices et lecteurs une analyse de la trajectoire politico-religieuse de Montazeri dont le décès a été un des événements d’une relance des manifestations. (Réd.)

Avec le décès [le 19 décembre 2009] de l’ayatollah Hossein Ali Montazeri disparaît la plus haute autorité religieuse de l’utopique «démocratie islamique». S’est éteinte la voix de celui qui a fondé, ensemble avec l’ayatollah Ruhola Khomeiny, la première théocratie islamique en Iran. De religieux conservateur, il avait évolué jusqu’à devenir la figure religieuse la plus progressiste du chiisme. Loin était l’homme qui dans les années 1960 avait dirigé avec Khomeiny une protestation contre le suffrage universel et la timide réforme agraire entreprise par le chah Reza Pahlevi.

Emprisonné dans les prisons du chah, de 1974 à 1977, il y rencontra des centaines d’opposants de gauche, tant religieux qu’athées. C’est là que se forgea un changement dans sa vision personnelle et politique et dans ses rapports à d’autres groupes : il surmonta l’interdiction religieuse de partager la table d’un athée – les marxistes – et fut impressionné par la résistance de ces prisonniers communistes, dont certains étaient les plus anciens prisonniers du monde, derrière les barreaux depuis 20 ans c’est là aussi qu’il a connu les propositions socialistes de redistribution de la richesse. Les communistes cessaient d’être «ceux qui partagent leur conjoint dans la communauté», comme les diffamaient les appareils de propagande tant religieux que du shah.

A la suite de la Révolution de 1979, le clergé chiite prit le pouvoir politique pour la première fois dans l’histoire de l’Iran, en profitant de l’ignorance populaire des préceptes islamiques et de la faiblesse des autres courants politiques du fait de la dure répression par le régime du shah. Ce fut une opportunité pour Montazeri qui malgré la révision de ses idées et malgré les protestations populaires, exigeait d’introduire dans la constitution le concept du velayat-e faqih (le gouvernement par le juriste islamique). Cela attribuait le pouvoir absolu à un homme dont le choix n’émanait pas du peuple, en instituant un Etat totalitaire inédit, qui par l’idéologie qui le justifiait, posait en principe l’inégalité des personnes devant la loi. Si plus tard Montazeri a confessé avoir honte de cela, ce ne sera pas pour le caractère antidémocratique d’une telle idée, sinon parce que « ceux qui occupèrent la charge, se sont éloignés de Dieu et du peuple.. »,

Sur le chemin épineux dans lequel il s’engagea pour élaborer sa nouvelle théologie, l’ayatollah Montazeri resta éloigné des notions de république et de citoyens, pour jusqu’à sa mort raisonner en termes de califat et de sujets.

Le nouveau régime se nourrissait à son commencement d’idées qui changèrent de cap après la conquête du pouvoir. C’est ainsi que Khomeiny lui-même, au début de son mandat, en soutien aux paysans qui avaient occupé les terres, s’adressait à eux en ces termes : « Le seul titre valable pour s’approprier d’une terre, c’est les mains calleuses. » La gauche iranienne, égarée, lui prêta appui, croyant voir en lui une espèce de théologie de la libération islamique..

Après que les mollahs liés aux latifundistes eussent exercé une forte pression, Khomeiny se rétractait quelques mois plus tard pour proclamer que « la propriété est sacrée dans l’islam ». Des centaines de paysans furent emprisonnés et exécutés. Malgré cela, les déshérités maintenaient leur espérance dans ces hommes de Dieu. En 1989, Montazeri qualifia la République islamique de système pire que la monarchie et Khomeiny lui-même comme «plus despotique» que le shah. Il se détourna du pouvoir, comme aucun membre du clergé ne l’avait fait, quand il vit la signature de Khomeiny sur la lettre au Tribunal islamique qui sanctionnait le massacre de prisonniers politiques. Montazeri écrira : «Je ne voulus pas être complice de l’assassinat d’innocents. »

Dans ses Mémoires, Montazeri rappelait que 4700 prisonniers avaient déjà été exécutés en quelques jours et « ils prévoyaient d’en tuer encore 6000 autres. » Son intervention auprès des tribunaux fut décisive pour paralyser l’exécution de prisonnières politiques à partir de 1984. Il se montrera capable d’un autre geste sans précédent au sein du clergé shiite : défendre les droits de la minorité religieuse Baha’i, considérée comme des apostats de l’islam et dont les fidèles peuvent être condamnés à mort.

Ce n’était définitivement pas la République islamique dont Montazeri avait rêvé. Dans ses derniers mois de vie, il accorda son appui au Mouvement Vert citoyen et qualifia de frauduleux les résultats des élections présidentielles de juin 2009. Sa fatwa contre « le gouvernement policier et militaire » qui contrôle aujourd’hui l’Iran, est historique.

La «théologie islamique de la libération», dans sa version chiite, partage avec ses homologues chrétiens une pensée critique à l’égard de la hiérarchie religieuse conservatrice, une remise en question des dogmes de la foi, la désacralisation des messages religieux et la défense des dépossédés.

C’est une école récente, et si elle souligne les droits civiques, elle manque encore de visions alternatives au libéralisme qui ne soient pas simplement la charité et l’aumône. Ce qui est le plus intéressant dans cette théologie, c’est qu’elle n’occulte ni ne cache, ni ne justifie les points les plus polémiques de l’islam, comme la discrimination des minorités ethniques et religieuses, et des femmes, ou des questions comme le djihad et l’esclavage. Des préceptes conjoncturels, comme ils l’affirment, nés de circonstances concrètes et qui doivent aujourd’hui être relativisés. Le religieux Mohsen Kadivar [1], disciple de Montazeri, a y compris proposé la séparation de la religion et de l’Etat comme prémisse pour construire une société juste.

La «théologie islamique de la libération» est encore en gestation. Aujourd’hui, la société iranienne, de la part du Mouvement Vert, et après avoir expérimenté diverses formules de l’islam au pouvoir, revendique le retour de la religion à l’espace privé et la construction d’une République iranienne basée sur les traditions et les valeurs de sa civilisation millénaire originale. On ne peut nier la contribution, dans ce processus de démocratisation de l’Iran, de l’ayatollah Montazeri, qui incarne l’honnêteté incorruptible face aux tentations sataniques du pouvoir.

(Traduction A l’Encontre)

* Nazanín Amirian est professeure de sciences politiques de l'Université nationale espagnole d'enseignement à distance (UNED). Ella a publié cet article dans le quotidien Público du 29 décembre 2009.

1. Kadivar à cause de ses critiques du régime a été condamné à 18 mois de prison en 1999, accusé «d’aider les ennemis de la révolution islamique», entre autres en critiquant la concentration du pouvoir dans les mains du clergé.

(31 décembre 2009)




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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 20:59

Il y a 80 ans, une Etoile est née

Il y a plus de 80 ans, des travailleurs issus des colonies françaises d’Afrique du Nord se réunirent pour fonder, à Paris, l’ETOILE NORD AFRICAINE. Ces jeunes travailleurs que la France a fait venir par centaines de milliers pour soutenir l’effort de guerre ont été de tous les combats. Dans les tranchés au front, dans les sanglantes batailles de Charleroi et de la Marne, dans les usines à l’arrière pour combler le déficit de main d’œuvre. De ces expériences, ils se forgèrent l’idée qu’ils pouvaient se mesurer aux européens tant dans le maniement des armes que dans l’apprentissage des métiers dans les usines et sur les chantiers.

Ce sont prés d’un demi-million d’hommes (293 756 soldats et 184 000 travailleurs) qui sont arrachés à leur milieu. Paysans, majoritairement, ils se retrouvent transplanter brutalement dans l’univers de la guerre et de l’industrie. Ceux qui viennent d’Algérie représentent prés du tiers de la population active de celle-ci (300 000 dont 173 000 soldats et 118 000 travailleurs).     

La fin de la Guerre Mondiale correspond à la première révolution sociale réussie sur le continent européen : la révolution russe de 1917 dirigée par les bolchéviks avec à leur tête Lénine et Trotski.

Cet évènement qui « a ébranlé le monde » ne pouvait pas ne pas toucher les travailleurs et soldats nord africains.

La propagande des bolcheviks au sein des armées a fini par atteindre les éléments les plus conscients parmi les militaires d’origine coloniale.  Dans les usines, la propagande du tout nouveau Parti Communiste séduit les travailleurs d’Afrique du Nord surtout lorsque celle-ci aborde le lien avec leur pays d’origine et la nécessité de lutter contre la colonisation et la lutte pour l’indépendance.

Fondation de la troisième internationale et appui aux luttes anti-coloniales

La fondation de la troisième internationale en mars 1919 a des répercussions considérables sur l’ensemble du mouvement ouvrier mondial et des mouvements anti-coloniaux. L’heure est à la généralisation de la révolution à l’échelle mondiale.

Une des principales conditions d’adhésion à l’Internationale insistait sur « la question des colonies et des nationalités opprimées, (et) les Partis dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout Parti appartenant à la 3e Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies, d’exiger l’expulsion des colonies les impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimées et d’entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux. »

Le 20 mai 1922 la direction de l’Internationale lance un Appel pour la libération de l’Algérie et de la Tunisie, connu sous le nom de l’Appel de Moscou.

Deux évènements majeurs ont lieu à la même époque : la France et l’Espagne s’affrontent au Maroc pour obtenir la possession du Rif marocain. Abd el-Krim Khettabi organise la résistance et au moyen de la guerre de guérilla (qui inspirera des générations de « guérilléros»)  défait le général espagnol Sylvestre à Anoual (21-26 juillet 1921). En janvier 1923, il fonde la « République des tribus confédérés du Rif ». Face à cette première République, les deux armées espagnoles et française vont coordonner leur forces et mobiliser pas moins d’un million de soldats sous la direction de Pétain et Franco pour écraser Abd el Krim et ses troupes de quelques dizaines de milliers de combattants. Le PCF engage en France une action de soutien à ce dernier dans le cadre d’un « Comité d’action contre la guerre du Maroc ». L’agitation menée durant cette campagne au moyen de manifestations, meetings, réunions et diffusions de
tracts culmine dans un appel à la grève du 12 octobre 1925 suivie par plus d’un million de grévistes dont un grand nombre de travailleurs nord africains. C’est le point de départ d’une large adhésion de ces derniers à la CGTU (communiste) et la participation à la vie sociale dans les municipalités de Paris et ses banlieues.

En Syrie, la colonisation connait des couacs et en août 1923, un chef druze, Pacha El Attrache se soulève et inflige une défaite à l’armée française conduite par le général Michaud. Cette révolte prend un caractère national et les insurgés qui prennent Damas et réclament l’indépendance de la Syrie rencontrent comme au Maroc une offensive de l’armée française qui mettra plusieurs années à venir à bout de ce soulèvement en utilisant toute une panoplie d’armes de destruction massives. (Au Maroc ou en Syrie l’armée française a utilisé une variété d’armement chimique utilisé pendant la 1e Guerre Mondiale dont les conséquences se font sentir encore aujourd’hui : voir dans le Rif marocain.)

C’est la même année, 1926, où ces deux faits d’armes, qui vont marqué des générations de lutteurs contre le colonialisme, qu’une belle étoile voit le jour, comme un défi, dans la capitale de l’armée coloniale française : Paris.







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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 20:48

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Nadine_Rosa-Rosso.170110.htm


http://www.europalestine.com/spip.php?article4700

Le rôle de l'Europe dans l'extermination des Palestiniens

Nadine Rosa-Rosso

Intervention au Forum des résistances à Beyrouth de Nadine Rosa-Rosso ( Belgique ) ou comment les gouvernements européens ont condamné à mort les dirigeants de la résistance palestinienne et permis les massacres israéliens dans la bande de Gaza.

"L’agression sioniste contre Gaza de l’hiver 2008-2009 est la continuation de la guerre de colonisation commencée en 1947. Cette dernière guerre a été préparée politiquement, particulièrement pour le public occidental, par le placement, par les USA et l’Union européenne, du Hamas, du Jihad Islamique, du FPLP et de cinq autres organisations de résistance palestinienne sur la liste des organisations terroristes.

Or pour Dirk Marty, rapporteur au Conseil de l’Europe, « se trouver sur cette liste équivaut à une condamnation à mort ». L’offensive contre GAZA avait pour but clair d’exécuter cette peine de mort : liquider la résistance palestinienne à travers la destruction du gouvernement palestinien démocratiquement élu.

Ce que l’armée sioniste réalise avec ses soldats, ses avions, ses chars, ses bombes, les gouvernements européens le réalisent avec des lois qui criminalisent la résistance et ceux qui la soutiennent. Lutter contre l’agression et la colonisation signifie donc aussi aujourd’hui concrètement en Europe lutter pour le retrait des organisations de résistance palestiniennes de la liste des organisations terroristes.

C’est pour cette raison que j’ai lancé un appel le 1er février 2009 au retrait du Hamas et des autres organisations palestiniennes de la liste européenne des organisations terroristes. Nous partons du point de vue que la question palestinienne n’est ni une question religieuse, ni une question humanitaire. C’est une question éminemment politique. Elle consiste à dénoncer le caractère colonial d’Israël et de toute sa politique et à reconnaître et soutenir comme légitime la résistance du peuple palestinien et de toutes ses organisations de résistance.

Cet appel a reçu le soutien de centaines de personnalités européennes, américaines et canadiennes. Leur argumentation en faveur de l’appel fait apparaître cinq justifications politiques essentielles :

L’Union européenne, comme les Etats Unis, oblige toujours les peuples à organiser des élections sous haute surveillance occidentale. Mais quand le résultat des élections ne lui plait pas, elle organise le blocus, participe à la guerre, directement ou indirectement, soutient les agresseurs afin de renverser les représentants élus.

L’Union européenne doit admettre que le temps des colonies est terminé et qu’il ne reviendra plus. Elle doit renoncer à sa politique impérialiste et adopter des relations post-coloniales avec le reste du monde, qui respectent inconditionnellement sa souveraineté et sa dignité. Cela implique de renoncer à une politique internationale raciste qui traite les peuples du tiers-monde comme incapables de choisir leur système politique de façon responsable. Il est grand temps de respecter enfin la Résolution 2621 XXV, du 12.10.1970 des Nations Unies qui affirme « le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance. »

L’Union européenne doit s’autodéterminer par rapport aux USA et cesser de suivre aveuglément toutes les aventures militaires des USA dans leur politique impériale. Retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes peut être un pas dans ce sens, car cette liste est une liste américaine, établie en 1995 après les accords d’Oslo pour contraindre le peuple palestinien à renoncer à ses droits légitimes. Cette légitimation du droit à la résistance est confortée par l’article 1er §4 du premier protocole additionnel de Genève du 08.06.1977 aux termes duquel, parmi les conflits armés internationaux, figurent ceux « dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l’occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,… »

Retirer les organisations palestiniennes de la liste des terroristes, c’est reconnaître la légitimité de la résistance. Toutes les résistances dans le monde ont été étiquetées de terroristes. Au siècle passé, les résistances au fascisme étaient traitées de terroristes par les nazis. Les dirigeants nationalistes comme Nelson Mandela ont passé des dizaines d’années en prison sous l’accusation de terrorisme. Et c’est seulement en juillet 2008, quinze ans après être devenu prix Nobel de la Paix et quatorze ans après être devenu président de l’Afrique du Sud que les État-Unis se sont décidés à le retirer de leur « Terror list » ! Et en ce jour, nous commémorons la mort du dirigeant nationaliste congolais, Patrice Lumumba, assassiné pour avoir revendiqué une véritable politique d’indépendance. Les célébrations en France et en Belgique du cinquantième anniversaire de l’indépendance de nombreux Etats africains pourraient être l’occasion de dénoncer cette politique assassine.

Et enfin, c’est aussi reconnaître le droit à notre résistance, dans les pays de l’Union européenne et mettre fin à la politique de criminalisation des activistes, des combattants anti-guerre et anti-impérialistes. Politique de criminalisation qui touche particulièrement cette partie des peuples qui est issue de l’immigration, en particulier les populations arabophones et musulmanes d’Europe, déjà soupçonnées de vouloir recouvrir nos pays de minarets et de foulards.

Les réactions à l’Appel ont montré que malgré les difficultés qui restent grandes, il est possible de construire en Europe, mais aussi en Amérique du Nord, le début d’un front de soutien aux résistances anticoloniales et anti-impérialistes dans le monde.

La première condition pour renforcer ce front est de ne pas se laisser intimider par les mesures de criminalisation, comme l’interdiction récente en Grande Bretagne de s’exprimer contre la présence des soldats britanniques en Afghanistan. Les démocrates européens dignes de ce nom ne peuvent en aucun cas accepter ces glissements vers des Etats fascisants.

La deuxième condition est d’imposer chez nous les points de vue mais aussi la présence physique des représentants de la résistance afin de nouer des liens directs entre les peuples en lutte de par le monde.

Le monde est en train de changer mais la plupart des forces politiques traditionnelles, en particulier dans la gauche, se refusent à l’admettre. L’époque où l’Occident dictait sa politique est terminée. Les rapports de force économiques changent aussi avec la montée en puissance de nations comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie. Sur le plan politique, tout le continent latino-américain bouge. Comme le déclarait le président du Venezuela Hugo Chavez à Copenhague : « Si le capitalisme s’oppose (aux changements), nous sommes dans l’obligation de livrer bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice et de l’humanisme véritable le plus profond ».

Les peuples en lutte ont la possibilité aujourd’hui d’unir leurs résistances face à leurs gouvernements et à un impérialisme de plus en plus affaibli et décadent. S’ils s’unissent, au-delà de leurs différences, ce siècle ne sera pas celui du choc des civilisations, mais celui du choc et de la victoire des résistances contre l’impérialisme."











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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:57

http://www.claude-ribbe.com/dotclear/index.php?2010/01/31/138-le-role-positif-de-regis-debray-en-bolivie-et-en-haiti-dixieme-et-derniere-partie#search


Le « rôle positif » de Régis Debray en Bolivie et en Haïti (dixième et dernière partie)

La France et les USA n’avaient pas ménagé leurs efforts pour que le bicentenaire de la création de l’Etat d’Haïti ne soit pas commémoré, le 1er janvier 2004. Il fallait à tout prix séparer Haïti des Africains, de peur que la petite république caraïbe ne devienne un jour l’axe de la renaissance africaine. Régis Debray, Dominique de Villepin et Édouard Glissant, profitant de son grand âge, étaient allés faire pression sur Césaire pour qu’il refuse d’assister à la cérémonie, et qu’il donne, de ce fait, sa bénédiction au coup d’État qui était programmé.

On lui avait dit qu’Aristide était un dictateur et il le crut. L’Afrique du Sud ne se laissa pas influencer par ces mensonges. Un porte-hélicoptères apparut dans la baie de Port-au-Prince une dizaine de jours avant les célébrations.. Ce n’est pas sans émotion que j’ai vu arriver les gros hélicoptères envoyés par Thabo Mbeki et qui ronronnaient au-dessus de la ville comme pour montrer que l’Afrique était venue au secours des descendants de ceux qui avaient été arrachés à leur terre par de monstrueux prédateurs.

C’était un jour de deuil pour Régis Debray et ses amis. Les Sud-Africains avaient expédié une équipe pour organiser l’intendance de la cérémonie. Ce sont eux qui établirent les laisser-passer et organisèrent le système de captation du spectacle qui fut monté à la hâte.

J’écrivis un petit texte de théâtre pour être joué ce soir là. Le 1er janvier 2004, les cérémonies commencèrent le matin, en présence de Thabo Mbeki, du premier ministre de la Jamaïque, de Maxine Waters, députée de Californie représentant le Black Caucus, de Danny Glover, de Randall Robinson, et surtout de plus de cent mille Haïtiens qui agitaient des drapeaux en chantant l’hymne national. Ils étaient si nombreux qu’ils s’étaient juchés sur les grilles entourant le jardin du palais national.

Elles plièrent soudain sous le poids de la foule ainsi agglutinée et les plus humbles purent se mêler aux invités officiels. Une courte cérémonie devait avoir lieu aux Gonaïves. Quant on sait que l’organisateur en était Gabriel Frédéric, celui-là même qui avait remis à l’ambassadeur Burkard, le 9 novembre, copie du dossier juridique sur la restitution de la dette de la France, on se doute qu’elle fut sabotée et avec l’aide de qui. Il y eut quelques tirs d’armes automatiques en direction du président Aristide et de Thabo Mbeki qui, heureusement, ne furent pas atteints. Le soir, un spectacle fut présenté au Palais national. Les violons de l’orchestre amateur Sainte-Trinité et le ballet national de Cuba furent mis à contribution. Le texte que j’avais écrit, Le rêve de Mandela, fut joué par Danny Glover et Jean-Michel Martial.

J’étais à peu près le seul français parmi les invités d’honneur en ce jour historique où l’ambassadeur Burkard grimaçait plus encore que de coutume. Christiane Taubira était très attendue, mais elle ne vint pas. Elle expliquera sans doute un jour pourquoi. Aucun de ceux qui, en France, ont fait depuis de l’esclavage leurs fonds de commerce n’étaient là. Aucun journaliste de la presse occidentale ne rendit compte de l’événement qui, officiellement, n’a jamais existé; pas plus que la bataille de Vertières qui entraîna la capitulation française , le 18 novembre 1803. Je quittai Port-au-Prince quelques jours après la cérémonie, non sans être allé saluer le président. Il pensait que ces événements seraient niés un jour et qu’il faudrait témoigner de ce qui s’était réellement passé.

Après mon départ, Burkard, Villepin frère et soeur, Debray et tous les autres continuèrent leur travail de sape, en liaison constante avec les Américains. De prétendus rebelles, commandés par un assassin notoire, entrèrent dans le pays pour faire diversion dans le nord. Une délégation fut envoyée à Paris par le président pour rencontrer Villepin et demander l’aide de la France contre ces mercenaires afin de sauver la démocratie haïtienne. Elle était composée du ministre des Affaires étrangères, de la ministre de la Culture et du directeur de cabinet du président Aristide. J’eus l’occasion de les voir tous trois avant leur rencontre avec Villepin, qui eut lieu dans l’après-midi du vendredi 27 février 2004.

Villepin les reçut entre deux portes et leur fit comprendre que le sort du président Aristide était scellé. Il avoua en avoir eu confirmation de son homologue Colin Powell en personne. « Il vaudrait mieux qu’il démissionne. C’est toujours mieux que d’être obligé de monter dans un hélicoptère, la nuit, au fond d’un jardin. » Telle fut la formule de celui qui, depuis, s’est retrouvé devant la justice pour son implication présumée dans une sordide affaire de listings trafiqués. Villepin était donc parfaitement informé, au moins dès le 27 février, de l’enlèvement, en fait activement préparé par la France et les USA depuis plusieurs mois. Trois témoins peuvent l’attester..

Dans la nuit du 28 au 29 février 2004, après une dernière réunion entre l’ambassadeur des USA, Foley, et son homologue français, Burkard, des troupes américaines (et probablement françaises aussi) pénétrèrent secrètement en Haïti. Au milieu de la nuit, Luis Moreno, chef de la CIA à Port-au-Prince, se présenta au domicile privé du président avec une vingtaine d’hommes des forces spéciales. Plusieurs dizaines de soldats, équipés d’armes à visée laser et de systèmes de vision de nuit, investirent la propriété. Les Américains obligèrent le président Aristide et sa femme à monter dans une voiture qui se dirigea vers l’aéroport. Ils n’avaient pas le choix, leurs deux filles se trouvant chez leurs grands-parents, aux USA, et servant d’otages. Un grand avion blanc attendait sur le tarmac. Il ne portait aucune marque d’immatriculation, sauf un drapeau américain peint sur la queue. Moreno obligea le couple à monter.

L’avion décolla immédiatement pour se poser à Antigua. Aristide restait très digne. Sa femme pleurait en silence. Ils n’avaient pas de vêtements pour se changer et se doutaient que leur maison était déjà livrée au pillage. Peut-être allaient-ils mourir sans revoir leurs enfants. L’avion resta cinq heures stationné à Antigua. On refusa aux passagers de dire où ils se trouvaient ni ce qu’on allait faire d’eux. L’avion redécolla et traversa l’Atlantique.

Dominique de Villepin avait négocié avec Bongo pour que ce dernier serve d’intermédiaire auprès de François Bozizé, lequel venait de faire, avec l’aide de la France, un coup d’Etat en Centrafrique. Les Américains avaient reçu l’assurance qu’Aristide serait mis en détention dans une « prison militaire française ». Cette prison militaire française était en fait le palais du "président" Bozizé, effectivement contrôlé par un important détachement français..

L’"ami" qui m’avait fait rencontrer Mme Rossillon était aussi (le monde étant petit) un ami de Bozizé. Apprenant par la presse l’arrivée d’Aristide en Centrafrique, je suppliai cet "ami" de me mettre en contact avec le dictateur de Bangui. Je n’obtins qu’un numéro de télécopie qui me permit de faxer une lettre pour que Bozizé m’autorise à joindre Aristide.

Après plusieurs jours d’efforts, je parvins à parler au lieutenant François, qui était le geôlier du président et finis par le convaincre de m’autoriser à lui parler. Aristide ne me dit que ces mots : « C’est le fort de Joux numéro 2 ! » C’était assez clair, puisque le fort de Joux était le lieu où les Français, après l’avoir enlevé, avaient mis en détention et exécuté Toussaint Louverture (officiellement mort de froid et de tristesse). Cette formule était un appel au secours. Je lui demandai s’il pouvait parler aux journalistes. Cela lui était impossible. Je donnai au président un rendez-vous téléphonique à 17 heures. Je me trouvais cette fois dans les studios de la radio RTL, dont il convient de saluer l’indépendance, et cette conversation fut enregistrée.

Le président Aristide déclarait avoir été enlevé avec la complicité de Dominique de Villepin, de sa sœur, Véronique de Villepin-Albanel, de Régis Debray et de l’ambassadeur Thierry Burlkard. La conversation que j’avais eue avec le président Aristide fut diffusée le lendemain matin, sans aucune censure, au journal de sept heures. Le soir, je récidivais, mais sur TF1 cette fois, grâce à l’amicale complicité de Patrick Poivre d’Arvor, que je dois lui aussi remercier pour son courage, puisqu'il réussit, non sans mal, on peut l'imaginer, à imposer le sujet au journal de 20 heures. Une troisième rencontre fut organisée par mon entremise, chez Marc-Olivier Fogiel cette fois. Fogiel avait tenu à faire lui-même l’interview. Elle serait diffusée sur le plateau de France 3 en ma présence. Je fis confirmer ces dispositions par écrit. J’établis le contact et Fogiel fit son interview. Ses collaborateurs avaient préparé des
questions du genre : « M. Aristide, vous êtes un dictateur, un trafiquant de drogue et un assassin, et vous avez pris la fuite pour échapper à la fureur du peuple que vous avez trahi, n’est-ce pas ? » Aristide répondit à Fogiel d’une manière si convaincante et avec un tel calme qu’il devenait évident qu’il avait été calomnié et enlevé.

L’interview du président Aristide et ma présence étaient annoncées dans toute la presse pour l’émission en direct du dimanche soir. On avait prévu un taxi pour que je m’y rende. Une heure avant le rendez-vous fixé, le journaliste qui avait monté le sujet m’appela pour me dire que la diffusion et l'entretien exclusif avec le président, de même que ma présence sur le plateau, étaient "déprogrammés". C'était un stagiaire qui avait encore des illusions. Il était écoeuré par ce qu'il appelait lui-même une censure, ayant travaillé tout le week-end.

Je ne reçus jamais d’explication de Fogiel, mais j’imagine que Villepin s’était opposé à cette diffusion en intervenant directement auprès de Marc Tessier, à l’époque président de France Télévisions. Néanmoins, en partie grâce aux interviews diffusées sur RTL et TF1, et qui firent beaucoup de bruit, Bozizé fut obligé de laisser Aristide repartir lorsqu’un avion affrété par les amis démocrates du président (et où se trouvaient notamment Maxine Waters et Randall Robinson) se rendit, quelques jours plus tard, à Bangui. Au grand dam des Américains et des Français, Aristide put repartir en Jamaïque et y retrouver ses deux filles.

Je devais apprendre plus tard qu’il avait été prévu que le président, comme je le pressentais, et comme il le pressentait sûrement lui-même, trouve la mort dans sa prison de Bangui. Il m’est impossible d’affirmer que Villepin était impliqué dans la préparation de cet assassinat, mais, dans la mesure où j’ai pu avoir la confirmation et la preuve irréfutable qu’il était bel et bien programmé, j’imagine qu’il n’était pas difficile au ministre des Affaires étrangères d’être au moins informé de ce qui allait se passer. Plusieurs semaines plus tard, je reçus un appel téléphonique de Jamaïque. C’était Aristide. Il me dit qu’un « grand oiseau » viendrait le prendre le soir même et qu’il allait retourner dans le pays originel sous la protection de l’homme que j’avais rencontré pour le bicentenaire. Cela voulait dire que Thabo Mbeki lui envoyait un avion à destination de Prétoria.

A la faveur de ces évènements, Aristide et moi nous liâmes d’amitié. Depuis six ans, il vit à Prétoria, sous la protection des Etats africains et de la Caricom (c'est à dire de tous les états nègres de la planète, ceux qu'on ne désigne jamais comme faisant partie de la "communauté internationale") avec, comme seul revenu, le salaire qui lui est versé pour les cours qu’il donne à l’université d’Afrique du sud. Je n'ai pu m'offrir qu'une fois le voyage pour aller le voir. J'en ai profité pour l'interviewer. Il ne s’est jamais écoulé un mois sans que nous nous téléphonions. Notre dernier entretien, c’était il y a trois jours.

Aristide a tout enduré, ne s'est jamais plaint, n'a jamais plié. Une fois le président Aristide renversé, Villepin et Bush, violant impunément la constitution du pays, mirent en place une nouvelle dictature sous l’égide d’un Américain, Gérard Latortue, une crapule nommée par les anciens pays esclavagistes «premier ministre de transition». La première mesure de Latortue fut d’annuler la demande faite à la France de restitution des 21 milliards de dollars extorqués à partir de 1825. Deux ans plus tard, les partisans d’Aristide élisaient René Préval à la présidence, dans l’espoir qu’il permette à Aristide de rentrer dans son pays. Le jour de cette élection, j’étais dans le bureau du ministre français du tourisme, Léon Bertrand. Il fut très étonné que je lui donne le nom nu président qui allait être élu, car ce n’était pas le candidat de la France.

Aujourd’hui, Léon Bertrand, ami intime de Chirac (l'homme qui ne se "commet" pas avec n'importe qui) est en prison pour corruption. Ainsi va le monde. René Préval, depuis quatre ans, n’a pas pu, n’a pas voulu ou n’a pas osé faire rentrer son ex-ami.. Les Haïtiens n’ont jamais cessé de manifester pour le retour de leur président, honteusement enlevé par les Américains et la France. Un jour peut être, qui n'est pas forcément éloigné, un nouvel « oiseau » venu d’Afrique reconduira dans son pays celui qui n’aurait jamais du le quitter.

Dans cet avion, le président Aristide sera accompagné de quelques amis américains : Danny Glover, Randall Robinson, Maxine Waters. Il y aura sûrement un Français aussi dans cet avion. Il se pourrait bien que ce soit moi. Régis Debray a écrit un livre sur la «fraternité». Il s’apprête certainement à faire campagne pour l’élection de Villepin en 2012 avec l’espoir d’être nommé ministre de la Culture. Quand il marche dans la rue, il n’y a plus de gendarmes pour l’escorter. Je ne lui ai jamais administré la paire de gifles qu’il mériterait certainement de recevoir. Je préfère le laisser avec sa conscience et le souvenir des milliers de morts, des dizaines de milliers peut-être, qui suivirent le coup d’État donc il fut l’artisan. Sous le régime de Latortue, on enfermait les partisans d’Aristide dans des containers qu’on aller jeter ensuite dans la mer.

Véronique de Villepin-Albanel continue d’animer l’aumônerie de Sciences po. Elle ne s’est jamais exprimée sur ces événements, mais comme c’est, paraît-il, une bonne chrétienne, je suppose qu’elle me pardonnera d’avoir dit la vérité et qu’elle priera pour le salut de mon âme.

Villepin, devenu ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, envoya l’année même du bicentenaire, un corps expéditionnaire de 1000 soldats français. On n’avait pas vu de soldats français en Haïti depuis la capitulation de 1803. Les soldats de Villepin firent sécher leurs slips, non pas sur la ligne Siegfried, mais sur les grilles du palais présidentiel. Ils baptisèrent l’opération « Rochambeau », du nom du général qui se servit de chiens dressés pour dévorer les nègres et qui entreprit l’extermination de tous les Haïtiens de plus de douze ans, en les faisant gazer au soufre dans les cales des bateaux. Le jour de leur départ, Paris Match publia l’interview d’une Haïtienne prétendant qu’elle avait assisté à une « messe noire » où le président Aristide avait «probablement» sacrifié un nouveau né en le coupant en morceaux.

La seule accusation qui n’ait jamais été portée contre le président d’Haïti, c’est la pédophilie.. Je m’étonne qu’ils n’y aient pas pensé. Burkard a pris sa retraite avec le traitement d’ambassadeur. Il est retourné chez lui, en Alsace, là d’où il était venu, jeune homme, certainement avec des rêves plein la tête. C’est le temps qui l’a puni. Il a l’air d’un vieillard. Il se pique à présent d’écrire. Des romans policiers régionalistes. Il est venu me voir au stand au salon du livre de Paris en 2009, un peu penaud, comme pour faire la paix. J’ai brandi le livre que je signais, «Le nègre vous emmerde». Il a fait demi-tour.

Quant à Villepin, il m’a fait appeler par son secrétariat, en septembre 2005, alors qu’il était Premier ministre, pour me nommer membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) du fait de mon engagement pour les droits de l’homme.

Comme j'étais notoirement l’ami de quelqu’un qu’il a accusé de violer ces mêmes droits de l’homme, cette nomination était bien étrange. Pour exprimer ma gratitude, j’ai publié, deux mois plus tard, un livre sur Haïti : Le crime de Napoléon. Je n’ai pas été renommé à la CNCDH au moment de son renouvellement. Au fait, l'aéroport de Cayenne s'appelle "Rochambeau". Je m'étonne que Christiane Taubira, députée de la Guyane, n'ait jamais demandé qu'on le débaptise. Un livre de Randall Robinson, relatant dans le détail tous ces événements, est sous presse pour être publié le 18 février 2009 sous le titre Haïti, l'insupportable souffrance. J'aurai eu l'honneur de le publier et de le préfacer. Telle sera ma modeste contribution, avec le témoignage publié quotidiennement depuis dix jours sur ce blog, à la reconstruction d'Haïti. Je n'ai écrit que la vérité. L'histoire jugera.

Claude Ribbe





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