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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 16:44

http://www.facebook.com/note.php?note_id=74240331590

Compte rendu de notre dernière tournée du 2 avril au 15 avril 2009 inclus

Départ de notre bureau des Landes vers Bayonne au passage , l'ami Patrice est embarqué, nous avons rejoint a Bayonne les 2 membres d'A.D.R. Greg et Sophie, ainsi que un membre de mouvement ami qui se rendaient à Strasbourg au contre sommet de l'OTAN, (dans la même période trois autres membres participaient aux manifestations du G20 à Londres, sans parler des membres qui sillonnent en permanence les routes de l'Europe pour permettre les liens en tous les groupes A.D.R. Europe) la logistique devient assez compliqué en ce moment (finances en baisse), d'où certains retards hélas dans nos comptes rendus.

Après avoir déposé nos trois compagnons de voyage, à Toulouse, d'où un bus les prenait en charge pour Strasbourg ,( voir le compte rendu de Sophie et celui de Greg sur le contre sommet) Nous avons Patrice et moi continué notre chemin pour Clamecy première vraie étape de notre tournée, aprés une circulation désastreuse pluie et bouchons nous sommes arrivés très tardivement chez notre amie Ghislaine, un des tout premiers membres de notre mouvement qui avec ses faibles moyens fait un travail colossal, bien que sortie du lit a 4 heures du matin, elle a su nous recevoir prendre les consignes, les directives et nous permettre de prendre un peu de repos et une collation avant de reprendre la route pour la banlieue parisienne qui était pour cette tournée un des principaux objectifs.

Arrivé en milieu d'après midi a Stains , qui fut notre QG de campagne, pendant notre séjour en région parisienne nous fumes accueillis par notre ami Hmida le soir même de notre arrivée nous avions déjà un certain nombre de contacts avec la population locale.

La banlieue que nous avons rencontré est bien loin des cliches que l'on peut lire ou voir dans la presse, personne ne nous a agressé, notre voiture était dans le même état au départ que quand nous étions arrivés, donc grâce a la générosité de l'accueil de notre Ami, et a son colocataire notre ami Rachid, nous avons pu rencontrer tout ceux que nous voulions rencontrer. L'ami Hmida est le fondateur du mouvement tous SDF solidaires dignes et forts, ce mouvement est avant tout une chaine de solidarité de gens au grand cœur, qui font le choix de s'investir pour ceux qui souffrent encore davantage qu'eux même, dés le premier soir de notre séjour, nous avions un QG de campagne au café de la poste de Stains tenu par trois frères SUPER SYMPATHIQUES qui nous ont laissé un droit d'expressions et qui ont tout fait pour nous aider dans notre lutte. Leur gentillesse et leur dévouement resteront un grand moment de notre séjour, cet endroit fut pour nous, un grand service lors de mes sorties matinales pour aller a la rencontre de la population, j'avais pris pour habitude d'y faire une halte pour pouvoir faire le point. Nous remercions aussi la tribu de Stains qui fut un second point de rencontres ce petit restaurant est un petit paradis ou il fait bon venir se détendre l'amie Sylvie et son mari Olivier sont des gens formidables qui ont su s'entourer d'un chef de grande qualité (dont j'ai malheureusement oublié le prénom) et de la ravissante serveuse Victoria, aucun de ces quatre personnages ne vous laisse indifférent tant l'ambiance en ce lieu est propice aux échanges et au partage, il n'est en entrant qu'à se plonger dans les 3 expositions d'art liens avec l'Afrique ou bien encore l'expo sur les biffins pour comprendre que ce lieu à quelque chose qui va bien au delà de l'activité commerciale du lieu. Cela sans parler de la scène ouverte au jeunes talents, scène ou nous avons eut le plaisir d'entendre et d'apprécier la jeune et talentueuse Luciole qui vient de sortir son premier album (que je ne saurai trop vous recommander chez tout les bons disquaires). Voilà le décor étant planté je vais vous narrer le compte rendu de notre passage en banlieue, le premier constat que nous avons pu faire est le prix prohibitif des denrées alimentaires, pour une ville de banlieue, même si ceux ci sont sous l'étiquette leader price, un exemple qui parle tout seul des blancs de poulets de la marque à 28,80 le kilo, quand ont sait ce que sont ces blancs de poulets, je vous laisse imaginer le reste, comment ne pas créer de tensions quand le minimum vital devient inaccessible , aprés ce premier constat nous avons constaté bien des disparités inquiétantes exemples les discriminations à l'embauche un CV envoyé du 94 a droit à une réponse le même CV identique envoyé du 93 lui n'en a pas, de même pour le renouvellement des cartes vitales , ainsi que des cartes prioritaires le délai passe de 1 mois dans le 94 à près de trois ans dans le 93?? , autre problème incompréhensible comment un organisme publique peut faire deux poids deux mesures au sein de ses effectifs, en effet l'office HLM du93 pour ne pas le nommer se permet d'offrir des avantages nature considérables à une catégorie de personnels avantages refusés à d'autre dont de surcroit le travail est beaucoup plus pénible? Logement et défraiments pour les personnes qui sont chargés de l'entretien intérieur, refus de ces avantages pour les employés chargés des extérieurs.

Autre incompréhension les employés des postes du 93 ont reçu une lettre de remerciement pour l'acceptation du gel de leurs salaires pour les trois années a venir, le plus drôle c'est que ces employés n'étaient même pas informés de ce gel, ce qui a amené une manifestation certes peu suivi puisque seulement deux employés du bureau principal de Stains y ont participé, là encore on est en droit de se poser des questions.

Autre problème constaté, le cout de la vie nous ne parlerons plus ici de l'alimentaire mais il faut savoir que le cout moyen des charges obligatoires en banlieue rend toute vie normale impossible, en effet a plusieurs reprises nous avons étudié le budget de différentes personnes rencontrées, quand on prend leur revenu net et que l'on retire les charges obligatoires loyers, assurances, edf, gaz, eau, cartes oranges, charges, téléphone, le budget est déjà épuisé, il ne reste plus rien quand le revenu permet de payer ces frais, donc plus de budget pour l'alimentaire, le tabac, les vêtements, et nous ne parlons même plus de voiture ou de loisirs, est ce bien normal?

De plus pour ceux qui ont un travail nous avons constaté que nombreux étaient ceux qui passaient presque autant de temps de transport que de temps de travail, car l'emploi a proximité n'existe plus ou presque.

Autre constat l'individualisme, pesant mais compréhensible si bien des personnes se sont confiées à nous il ne le font plus entre eux , le collectif disparaît, sous les galères .

Nous avions au programme de notre séjour trois réunions

la première une réunion de convergences des luttes, dont notre ami ADR Patrice Hénin fera le compte rendu en ligne, sur 89 groupes ou mouvements invités 39 avaient promis une participation à cette réunion nous ne fumes que 7 à participer en effet 32 personnes qui se devaient d'être présentes se sont vu recevoir une désinformation de la part de 2 personnes mal intentionnées qui leur ont signifié la dissolution de la convergences des luttes et ce sans concertation préalable, cependant la convergence existe toujours et se fera sans ces deux personnes qui ne la souhaite pas , toutefois cette réunion si elle n'a pas connu l'affluence souhaitée a le mérite d'avoir eut lieue et d'être constructive, de plus elle nous a permis de nouer de nouveaux contacts, et de travailler sur de nouveaux projets.

La deuxième réunion était la rencontre avec les politiques les instances du front de gauche, la réunion a eut lieu dans les locaux du PCF de la Courneuve le 08,04,09

en présence de madame Danielle Haenn première adjointe au maire de la Courneuve celui ci ne pouvant être présent a cause du emploi du temps surchargé,lié à la campagne électorale étaient présents aussi, monsieur Ben Hamida Omar responsable exécutif de la section, Monsieur Patrice Chalard membre fondateur du mouvement ADR et moi même fondateur de ce même mouvement le PG ne comptant que 4 membres inscrits dans le 93 n'a pas pu être représenté.

A l'ordre du jour de cette réunion, il y avait le positionnement de chaque participants dans la campagne la présentation des doléances locales ainsi que la présentation de notre projet de centre d'hébergement dans la banlieue,

Quelle est la position exacte du PCF dans le front de gauche, est il normal que la base est le sentiment d'une main mise par le PCF sur cette campagne et ou en sont les tentatives de discutions pour une alliance élargie aux verts et aux membres du NPA et des mouvements de luttes de base?

Il ressort que le PCF s'implique énormément dans cette campagne que la faiblesse du PG dans les banlieues laisse un vide que le PCF tente de combler sans pour cela faire appel aux mouvements de terrain, il nous est répondu que le PCF laisse encore la porte ouverte a ceux qui veulent s'investir et que toutes les forces de gauche peuvent encore rejoindre le front(a aucun moment on ne nous parle d'initiatives en ce sens) la date de clôture définitive des listes étant le 21 mai, il appartient à tous de faire un effort

Quel programme pour cette campagne et pour l'avenir ?

Trois mesures phare, changer d'Europe, pour la paix, pour nos droits sociaux depuis bercy 7 autres mesures seraient entrées au programme, pour l'avenir du front de gauche il est envisagé de poursuivre l'aventure au delà des européennes

Possibilité de rencontre avec M G Buffet

Bien qu'avec un planning surchargé ce RV reste a l'ordre du jour
( avant notre départ de Paris la rencontre n'a pas eut lieu)

Positionnement du PCF par rapport aux conditions de vie exécrables des SDF et des Sans Papiers particulièrement à Strasbourg liés au sommet de l'OTAN

Le PCF soutient ADR dans sa démarche et son engagement pour cette cause, mais n'intervient pas

Position du PCF dans la prévision d'éventuelles émeutes prévisible dans les banlieues suite au recadrage de la campagne de l'ump sur l'insécurité

ADR travaille en ce sens sur le terrain, le PCF quand à lui n'a a ce jour rien envisagé dans ce sens bien que nous affirmant être conscient du risque

Positionnement du PCF face au problème des sans papiers

Le PCF dénonce une campagne de désinformation et précise avoir été fier de fêter la régularisation de 20 d'entre eux, cependant des jeunes communistes s'étant joint au débat sur le sujet nous ont affirmé qu'il en restait a régulariser et qu'il ni avait pas a crier victoire

La deuxième partie de la réunion était ciblée sur les problèmes que nous avions constaté sur le terrain et recensés

Pourquoi depuis que nous sommes sur le terrain ici on ne croise personne du front de gauche?

Sur Stains on ne sait pas mais ici à la Courneuve, nous y sommes ???

Allez vous intervenir sur la disparité dans les rémunérations des agents de l'office HLM

Sur ce sujet on nous renvoie vers l'organisme concerné

Les délais d'attribution des cartes vitales et prioritaires

Nous sommes conscient de ce problème qui nous empoisonne mais hélas nous n'avons aucune explication pour ces lacunes et force est de reconnaître que nous sommes impuissants face à cela. Nous avons présenté une demande de relogement pour un cas qui nous avait touché et mis en relation les personnes concernées

Nous avons ensuite présenté notre projet de centre d'hébergement pour les plus démunis et nous avons conclu cette réunion sur ce point en invitant nos hôtes à notre débat public programmé le vendredi suivant ( nous ne les avons pas vu) mais cependant nous notons que les débats bien que directs et dérangeants parfois sont restés courtois et le contact est bien établi entre les politiques du front de gauche et ADR même si il est évident que nous sommes en politique encore quelque peu marginalisé dans les banlieues.

Les deux jours suivant ont été consacrés a concrétiser les contacts établis a répondre a une invitation a la tribu ou nous avons déjeuné avec nos hôtes de tous SDF solidaires dignes et forts et à préparer notre réunion au café de la poste ainsi qu'a des rencontres au lavomatique (hé oui les tournées ont leurs contraintes elles aussi)

Les invitations au café de la poste ont bien été lancée de nombreuses promesses de participation mais hélas le 10 04,09 les représentants ADR ainsi que les patrons du café de la poste qui pour l'occasion avaient fait de gros efforts mobilisé un personne de plus pour le service avaient préparé des petits fours amuses gueules et compagnie une trentaine de personnes s'étaient proposé de venir mais nous ont fait faux bonds, il ni eut personne la déception partagée par nos hôtes et nous même resta longtemps dans les esprits mais nous a démontré une fois de plus combien l'union des forces sera difficile a mettre en place, l'individualisme perturbera longtemps encore les avancées dans les luttes sociales le plus désagréable restera sans doute l'absence des personnes que nous avons directement aidé quand celles ci l'avaient sollicité même celles pour qui nous avons obtenue des résultats au delà de nos espérances et qui n'ont pas fait l'effort de se déplacer

Cependant pour ce qui est des gérants de ce café les liens d'amitiés sont forts et sincères et ce contact restera un moment fort de notre présence en banlieue.

L'après midi nous avons rencontré un certain nombre de ces absents qui nous ont donné a peu de chose prés la même réponse la peur d'être vu et de représailles, nous n'avons pas pu savoir de ou ou de qui auraient pu venir ces représailles, dommage!

Le 11 04 09, dernier jour en banlieue, quelque part ouf et d'un autre dommage, mais bon nous y reviendrons, plus fort plus actifs encore je l'espère, donc journée de prise de rendez vous d'analyse de critiques, le soir nous avons terminé notre séjour a la tribu de Stains, pour le repas de départ et le concert de Luciole que j'ai déjà cité plus haut l'accueil parfait de Sylvie et d'Olivier le service incomparable de l'amie Victoria l'interprétation des feuilles mortes par Luciole restera sans doute la plus belle que je connaisse et son accompagnateur à la guitare bourré de talent , c'est donc sur cette soirée festive que c'est terminée notre soirée en banlieue le bien être de cette soirée quelque peu terni par les adieux toujours aussi délicats nous sommes partis direction Reims courte étape prévu au programme, en attendant le rendez vous j'en ai profité pour faire découvrir cette jolie ville à mon ami Pat, et pris contact avec nos amis de Strasbourg suite programmée de notre tournée des informations erronées sur le but de notre voyage et le week end de Pâques nous ont obligé à annuler notre visite et a la reconduire a la semaine prochaine, donc a Reims nous avons pu tenir une mini réunion ADR informelle et nous reposer un peu avant de continuer la tournée ce week-end end de Pâques bouleversant notre programme ce qui nous a fait arriver avec un jour d'avance a Istres ou nous avons tenu une réunion avec Jacques, Sandrine, tous deux membres du CNR du PG donc du front de gauche réunion continuée le lendemain matin avec Jacques et Sylvain, nous n'avons pas pu tenir tous les rendez vous prévu le week-end end de Pâques et le décalage dans nos dates mais les contacts sont quand même de bonne nature et nous encourage à poursuivre l'alliance , la poursuite de la tournée nous a conduit dans Hérault ou nous avons rencontré successivement Michelle et ensuite Geneviève toutes deux fortement investies dans l'appel au boycott des élections Européennes , mais si ce point de divergence reste à ce jour important, il ne reste pas si négatif qu'il y paraît, nous avons cependant énormément de points de convergences, Qu'il nous appartiendra de développer lors de la prochaine réunion de convergences des luttes, suite a cette rencontre nous sommes allés a la rencontre d'amis d'ADR, une soirée arrosée en lot et Garonne, a conclue notre tournée de retour dans les Landes j'ai posé mes bagages avant de retrouvé a Bayonne nos amis partis en même temps que nous pour Strasbourg, de très bon contacts aussi avec les damnés de la terre , nous permettent de conclure que cette tournée a été plus positive que les précédentes, loin de faire du triomphalisme je reste optimiste sur les possibilités a venir

Daniel Ferret




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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 16:18

Je recevais bien vos réponses au message de Raymond Debord relatif à la campagne pour les élections européennes et je vous en remercie.

J'écrivais et je vous envoyais précédemment mon point de vue personnel relatif à cette question et il est disponible si vous consultez mon blog personnel aux adresses ci dessous

http://fischer02003.over-blog.com/article-28365375.html et

http://fischer02003.over-blog.com/article-28636154.html


J'écrivais aussi une réponse particulière à Georges Gastaud. D'autre part, ma liste de diffusion restreinte en clair n'avait pas pour objectif l'ouverture d'une discussion politique de fond entre nous, ce n'est pas une liste de diffusion officielle. L'utilisation de cette liste de diffusion pour cette discussion politique ne me pose absolument aucun problème, bien au contraire. Elle répond de mon point de vue à la situation dramatique de la gauche et de l'extrême gauche française et internationale, à la nécessité de cette discussion et, en même temps, à l'absence d'espace et de lieu dans lequel des militants socialistes, communistes et trotskystes discuteraient aujourd'hui de leurs divergences politiques de fond, dans une situation dans laquelle la crise économique mondiale de l'impérialisme provoque de plus en plus de répression contre les libertés démocratiques.

J'ai simplement une proposition technique. Après des années d'échanges de messages de solidarité anti impérialiste, Roger Romain, vous le connaissez, c'est un militant belge du PTB, décidait en septembre 2008 la création d'une liste de diffusion officielle, c'est la liste de diffusion romain@yahoogroupes.fr . Pour la suite de la discussion, je vous propose votre inscription et l’envoi des messages à cette liste de diffusion.

Bernard Fischer 


MESSAGE DE JEAN BAUMGARTEN

dimanche j'ai reçu un texte provenant du PG et signé de Raymond Debord ; je voudrais faire remarquer aux lecteurs de ce texte un premier point important : la France n'a pas le même système législatif que l'Allemagne et n'a pas non plus le même passé ( l'Allemagne de l'Est avec un PC encore fort ...)

Les scores recueillis aux présidentielles par le PCF depuis les présiodentielles de 2002 sont ridicules ( voir le score de Marie Georges Buffet en 2007 = 1, 50 %!)

Je viens d'adhérer au NPA et je suis loin d'être un novice en politique . Olivier Besançenot a eu raison de ne pas vouloir avant tout d'une alliance avec le PCF (qui avait de toutes manières préparé ses bases et ses candidats avant son alliance avec le PG.

Je prédis aux européennes que le NPA fera au moins deux fois plus de voix que le front de gauche.

A la suite de ces résultats le PG, contraint et forcé ( ou sinon c'est la pillule assurée) sera amené à se rapprocher du NPA et à préparer ensemble les  élections présidentielles ...

Mélenchon a eu tort : j'espère qu'il le comprendra suffisamment tôt .

MESSAGE DE GEORGES GASTAUD

Puisque tu m'honores de tes réflexions et que ta liste de diffusion semble fonctionner comme un forum, je te fais part succinctement de mes analyses.

La question majeure n'est pas PRINCIPALEMENT pour un communiste de savoir si un parti ou un candidat est un bon cheval, un bon rapport des forces, etc. La question est d'abord de savoir si la LIGNE d'un parti est juste, et secondairement, quand elle est juste, on se demande comment la faire triompher. Bref, tu mets la charrue avant les boeufs. Car la ligne de Besancenot, malgré son verbiage anti-PS, est catastrophique.

1) En pleine offensive de criminalisation du communisme (l'UE ira, si elle le peut, jusqu'à l'interdiction de la faucille et du marteau), que signifie le renoncement de la LCR, à la dictature du prolétariat,  aux mots "communiste" et "révolutionnaire" (les rats quittent le navire, mais le moment venu on se retrouvera dans les mêmes cellules... à barreaux) et l'incapacité du facteur à mi-temps d'évoquer l'URSS sans ajouter "caricature sanglante". Bref, où est la différence avec Buffet et Hue
   
2) concernant les états-majors syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prétends que Besancenot MENAGE ces dirigeants et notamment que ses amis "opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauvé la mise d'Aschiéri mis en minorité;
   
3) surtout, le NPA est, comme les autres, partisan d'une impossible réorientation progressiste de l'UE. Toute idée de RETRAIT de cette alliance impérialiste, qui constitue un véritable MONSTRE politique de l'Atlantique à l'Oural, est immédiatement qualifié de réactionnaire par cet euro-révolutionnaire. Bref, défendre l'indépendance nationale CONTRE la classe bourgeoise française, c'est du nationalisme. Mais défendre l'Union européenne rénovée (utopie que partage TOUTE la gauche bien-pensante alors que 70% des ouvriers SAVENT d'expérience que la construction européenne est 100% pourrie), c'est de l'internationalisme. Moi je répète le proverbe favori de Lénine: "la souris ne connaît pas d'animal plus dangereux que le chat" et je dis: l'EUROPEISME est un SOCIAL-IMPERIALISME encore plus dangereux que le social-patriotisme des années 14/18.

4) Par ailleurs est-il exact que le NPA accueillera sur ses listes des séparatistes corses ou bretons? Est-il possible que des "marxistes" en soient là?

5) Bref pas étonnant que la classe dominante française et européenne ouvre grandes ses ondes à un révolutionnaire aussi antisoviétique, anticommuniste et anti jacobin! Cela dit, le couple Mélenchon-Buffet ne vaut pas plus cher avec sa "souveraineté européenne"!

6)Et bien entendu je ne confonds pas la direction de ces deux groupes euro formatés avec les militants de base qui sont subjectivement et quelquefois objectivement révolutionnaires.

C'est pourquoi lors des européennes, dont le seul intérêt pour la classe dominante est de faire valider par un maximum de suffrages populaires le cadre supranational de l'Etat impérialiste continental en construction, j'appelle à l'abstention citoyenne et à la construction du "tous ensemble en même temps" comme en Guadeloupe. Moins il y aura de gogos pour valider ce cadre supranational, dont ne peut sortir que la casse sociale et la fascisation, plus les travailleurs, les anticapitalistes et les vrais républicains seront forts à la sortie.

MESSAGE DE BRUNO DRWESKI

Tout cela, les eurolistes, tourne autour de ce qui n'est même plus du crétinisme parlementaire, et de bureaucrates de salons qui ne sont même plus des aristocrates ouvriers.

Ils n'ont plus rien de commun avec le peuple, tout simplement, ce sont des notables pur sang, tout au plus style rad-soc fin de IIIe république. Le peuple réellement existant il est bigarré et eux sont monocolores.

Au prochaines élections parlementaires, le PG n'ira pas avec le NPA, quelque soient les résultats aux euro et en euros de ce parti. Car ce qui compte pour être député dans le système actuel, est la base dans les communes et là, le NPA n'a rien, alors que le PCF a des restes de bases, d'encartés, de souvenirs, de liens personnels, voire cliéntélistes, etc ...qui s'effritent certes, puisqu'il n'a pas su prendre en compte ce qu'on appelle pudiquement la "diversité". Ce qui explique les montées de listes "bizarres" comme europalestine, Dieudonné, motivés, etc. Mais là, NPA, PCF ou PG ou LO ont encore du chemin à faire en direction d'un anti-impérialisme conséquent qui soit au moins semblable à celui du PCF pendant les précédentes guerres coloniales. On en est loin !

Donc, en l'état pour des petits partis, les présidentielles ne comptent pas, seules quelques places de notables comme députés, maires ou sénateurs entrent en ligne de compte. Ca ne gêne d'ailleurs pas le système. Au contraire.

Le NPA n'a pas cette implantation, car lui aussi est un parti plutôt petit-bourgeois, soyons lucides ! Et il n'a pas non plus d'appareil comme le PCF, ses moyens matériels et ses dizaines de milliers de militants et associés ou nostalgiques.

Donc toute cette tempête dans un verre d'eau ne sert à rien a moins d'être un vrai parti qui agit avant tout, entre les élections, sur le terrain, dans les entreprises et lieux d'injustices (ANPE, prisons comme base d'éducation politique et de recrutement, cellules d'entreprises et de quartier, hopitaux, centres sociaux, etc par conscientisation politique, entraide sociale, lutte contre les expulsions et les injustices sociales, raciales, sexuelles, culturelles, scolaires, etc, occupations, soutiens aux grévistes, lutte contre le démantèlement des services et des commerces dans les quartiers, soutien à la promotion culturelle, soutien aux enseignants populaires, universités populaires, secours rouge, ou vert (les deux verts!), solidarité anti-impériale, création de comités d'autogestion, de comités de blocages, de commissions de contrôles populaires des implantations commerciales, des services publics, etc. ). Et qui traite les élections pièges à cons, uniquement comme un moment parmi d'autres de bilan et de propagande, et les assemblées élues uniquement comme une tribune pour faire entendre le cri du peuple et des peuples.

Vous n'avez pas remarqué que depuis qu'il n'y a plus de démocratie réelle, on n'a jamais eu autant d'élections : parlementaires nationales, municipales, régionales, parlementaires européennes, présidentielles, référendum décidés au sommet, cantonales, ...on n'en sort jamais, c'est fait pour. Et le peuple tourne en rond tandis que tout change pour que rien ne change.

Si on avait réussi à renverser un pouvoir oppressif et/ou exploiteur par des élections, ça se saurait. Pour le moment, jamais aucun système plus populaire que le précédent n'a été créé sans pression populaire et rapport de forces ...ce qui commence non par les élections-piège, ni même les mouvements de masse (jacqueries), mais par la conquête de "l'hégémonie culturelle", comme l'avait déjà indiqué Gramsci. Si on a cela, le reste suit automatiquement ou presque.

D'abord la tête, puis les muscles, et en finale les postes de contrôle (à contrôler avec la tête et les muscles !)

Alors l'imagination au pouvoir sur une base de classe !

Et pour penser, il faut prendre son temps, et ne pas courir après les hochets électoraux et les foires à l'américaine.




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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:51

Dalil Boubakeur contesté devant la mosquée de Paris

LE MONDE | 18.04.09 | 14h15  •  Mis à jour le 18.04.09 | 14h15

L'opération orchestrée par le Collectif Cheikh Yassine (du nom du chef du Hamas, tué en 2004 par l'armée israélienne à Gaza) aurait pu passer inaperçue. Elle a pris, vendredi 17 avril, un tour spectaculaire.

Le responsable de cette association antisioniste radicale, Abdelhakim Sefrioui, avait promis une manifestation à l'issue de la grande prière, pour dénoncer, devant la Mosquée de Paris, les propos jugés "inacceptables" du recteur Dalil Boubakeur sur Israël et le conflit israélo-palestinien, et son dialogue constant avec la communauté juive ; cette proximité lui est aujourd'hui reprochée, alors que la communauté musulmane en France demeure marquée par l'offensive israélienne à Gaza en janvier (Le Monde du 14 avril).

Arrivé sur place avec une petite trentaine de (très) jeunes militants, cheveux ras et keffiehs autour du cou, M. Sefrioui a eu droit à une tribune politique inespérée. Bloqués à l'extérieur de l'édifice par les services de sécurité de la mosquée, qui en avaient fermé les portes quarante minutes avant le début du prêche, de peur de "débordements", plusieurs centaines de fidèles ont dû improviser leur grande prière du vendredi sur la chaussée, sous la surveillance d'un impressionnant dispositif de sécurité. Du jamais-vu.

Visiblement rompu à l'exercice médiatico-politique, le responsable du collectif s'est alors imposé comme l'imam providentiel, entonnant en guise de prêche religieux une attaque en règle contre Dalil Boubakeur. "Il s'est mis du côté des criminels de guerre ; c'est cela que nous sommes venus condamner", a-t-il lancé devant une foule impassible. Il y a ajouté une charge antisioniste d'une violence inédite sous le minaret de cette mosquée historique, symbole d'un "islam de France modéré". Une fois sa diatribe achevée, il a conduit, comme si de rien n'était, la prière des centaines d'hommes massés dans la rue.

"ON NE LE VOIT QU'À LA TÉLÉ"

L'immense majorité des fidèles ne savait pas pourquoi l'accès à la mosquée leur avait été refusé. Amin, un étudiant parisien était "juste venu prier", mais il a trouvé que M. Sefrioui "avait bien parlé." "Boubakeur est censé nous représenter ; mais, depuis quelque temps, on ne sait plus de quel côté il est", reconnaît aussi un vieux fidèle, apparemment déstabilisé. "Moi, je n'appartiens à aucun mouvement, jure Yazid, venu manifester, mais là, je me suis dit : "enfin quelqu'un qui ose contester Boubakeur". Il a été placé là par Sarkozy et l'Algérie ; dans la communauté, il fait l'unanimité contre lui." Un autre fidèle confie : "J'aurais aimé qu'il vienne s'expliquer, mais Boubakeur, on ne le voit qu'à la télé."

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris devrait être reçu par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, déterminée, selon son entourage, "à soutenir M. Boubakeur contre les attaques de l'islam radical

Stéphanie Le Bars

Article paru dans l'édition du 19.04.09

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:28


http://www.ism-france.org/news/imprimer_article.php?id=11661&type=communique

Un espoir pour Gaza : un convoi de plus de 100 camions de médicaments et de nourriture bientôt à Gaza

Par Campagne Européenne pour Briser le Siège de Gaza

Il est temps de bouger : la Campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza (ECESG) va envoyer un gros convoi de plus de 100 camions.
Le convoi partira début mai, depuis de nombreux pays européens comme la Grande-Bretagne, la France, l’Irlande, l’Ecosse, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Norvège.

Cela fait maintenant trois ans qu’Israël impose un siège drastique et mortel sur Gaza. Ce siège brutal dévaste tous les aspects de la vie à Gaza. Des milliers de familles souffrent, alors que beaucoup d’autres meurent par manque de traitement et d’équipement médical.

La dévastation des infrastructures de base de fourniture d’eau, d’électricité et sanitaire rend la vie des 1,5 millions d’habitants insupportable et aggrave encore la misère des gens. La guerre a totalement détruit ce que le siège avait laissé. Des milliers ont été tués, blessés et mutilés.

Il est temps de bouger : la Campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza (ECESG) va envoyer un gros convoi de plus de 100 camions. Nous emmenons des fauteuils roulants, de l’équipement médical, des médicaments qui manquent actuellement et des jouets pour les gens de Gaza.

Le convoi partira début mai, depuis de nombreux pays européens comme la Grande-Bretagne, la France, l’Irlande, l’Ecosse, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Norvège.

Oui, nous pouvons ! Que les actions se fassent plus entendre que les mots ! Sauvons plus de vies ! Soignons la souffrance des Gazaouis blessés !

Si vous avez une camionnette, un autobus ou n’importe quel véhicule, et si vous voulez aller à Gaza, c’est le moment ! Saisissez cette opportunité et rejoignez-nous.

Le convoi devrait quitter Milan aussitôt après la 7ème Conférence des Palestiniens vivant en Europe. Un nombre considérable de militants, de responsables et de députés européens y participeront.

Ceux qui veulent nous rejoindre devront venir avec leur véhicule à Milan. Le convoi quittera Milan le 3 mai et prendra la mer à Gênes pour se rendre à Alexandrie, en Egypte.

Les camions débarqueront à Alexandrie 3 jours plus tard d’où ils partiront directement pour Gaza.

Dans la phase de coordination, il faudra vérifier les camions pour s’assurer qu’ils sont correctement préparés au trajet depuis l’Egypte.

Si vous pouvez aider les Gazaouis, si vous voulez donner le sourire aux enfants traumatisés, n’hésitez pas à prendre contact avec notre équipe de coordination.

www.savegaza.eu




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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:20


Européennes 2009 : quelle politique pour le NPA ?

www.promcomm.wordpress.com 

Contribution du groupe Prométhée à la discussion pour l’élaboration de la profession de foi des listes du NPA aux élections européennes du 7 juin 2009

Les élections européennes auront lieu dans une situation de crise capitaliste et de poursuite de la politique de destruction sociale de Sarkozy et du MEDEF. Pour le monde du Travail, licenciements et remise en cause des acquis sont à l’ordre du jour. Le vote anticapitaliste sera d’abord l’occasion d’exprimer notre rejet du gouvernement Sarkozy, de sa politique.

Mais au-delà, on sait que capitalistes et nantis ont largement profité du système jusqu’au déclenchement de la crise. C’est pourquoi nous disons : ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise capitaliste !

Et nous serons porteurs des revendications du monde du travail, notamment interdiction des licenciements, rattrapage du pouvoir d’achat perdu, échelle mobile des salaires, retrait des « réformes » Sarkozy (Enseignement, Santé, etc., défense des services publics

Les manifestations massives (29 janvier, 19 mars), les grèves, comme en Guadeloupe, ne laissent aucun doute : les travailleurs n’acceptent pas de laisser Sarkozy sévir jusqu’en 2012, de voir nos acquis saccagés. A l’opposé du « dialogue social » avec Sarkozy et le MEDEF, nous militons pour l’unité pour chasser Sarkozy et l’UMP, pour un gouvernement des travailleurs, pour une politique anticapitaliste, socialiste, en s’organisant pour imposer aux directions syndicales, à la gauche officielle (PS, PCF, PG…), qui n’en veulent ni les uns ni les autres, de rompre avec Sarkozy et le MEDEF, d’appeler à la grève Générale

En 2005, l’électorat populaire rejeta un projet constitutionnel, le TCE, pourtant défendu par la quasi-totalité des partis politiques. Il rejetait ainsi une Union européenne (UE) au service des capitalistes. Mais Sarkozy s’est assis sur ce vote et a imposé le contenu du TCE par le traité de Lisbonne. Voilà pourquoi nous affirmons : A bas le Traité de Lisbonne !

Au-delà, nul ne peut le contester : l’UE sert depuis sa création à renforcer les capitalistes de chaque pays dans leur politique anti-sociale.

Le traité de Maastricht a été un puissant encouragement à la «discipline » budgétaire, à la mise en œuvre de coupes sombres, drastiques contre les acquis populaires, le niveau de vie. De même, la « stratégie de Lisbonne » a aidé à mettre en œuvre des politiques de remise en cause du droit à l’Enseignement - comme la LRU en ce qui concerne les universités françaises.   

La mise en concurrence des travailleurs de chaque pays de l’UE est systématique. La dérèglementation du marché du travail organise un dumping social rythmé par des délocalisations vers des pays où les travailleurs disposent de peu ou pas d’acquis.   

Concernant les libertés, le rôle de l’UE n’est pas moins nocif. Les grandes puissances impérialistes sont responsables de la situation de pays comme ceux du Maghreb ou d’Afrique - ça n’a pas empêché l’UE d’organiser « l’harmonisation » des mesures de police visant à endiguer les vagues d’immigration que crée cette situation.
   
L’UE est un pilier essentiel dans la conduite des guerres impérialistes, comme l’atteste le dernier sommet de l’OTAN et l’engagement de celle-ci dans des interventions militaires (Afghanistan…).

Par contre l’UE n’a eu aucune action réelle pour la préservation des ressources naturelles. Les intérêts capitalistes qu’elle sert sont incompatibles avec la sauvegarde de ces ressources !

Libérale, antisociale, antidémocratique, belliciste : voilà le vrai visage de l’UE. Pour toutes ces raisons, nous affirmons qu’aucune politique anticapitaliste ne peut exister sans remettre en cause une « Union » construite par les possédants pour leurs propres intérêts, exclusivement . Il n’y a pas de politique favorable aux travailleurs sans rupture avec l’Union Européenne

Il faut enfin le répéter : l’UE n’est pas l’Europe. Depuis 50 ans, les possédants et leurs gouvernements ont montré leur incapacité à progresser réellement dans la voie de l’unité européenne. Leurs seules réalisations sont ce qu’ils ont pu réaliser contre leurs populations laborieuses respectives.

Les intérêts capitalistes de chaque pays les empêchent de s’unir, et la crise économique actuelle montre même encore plus nettement leurs tendances à se diviser. Seuls les travailleurs uniront l’Europe, permettront que se construisent des États-Unis Socialistes d’Europe

Mais pour cela, la première condition est de défaire Sarkozy, Merkel etc., de mettre en place des gouvernements qui s’attaquent aux causes de la crise actuelle : l’économie de profit, le capitalisme.

Le 7 juin, un seul vote utile pour le monde du travail : le vote anticapitaliste !



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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:07


Europalestine veut rayer Israël des rayons Carrefour

Habillés de t-shirts verts Boycott Israël, des militants pro-Palestinien viennent mettre à sac les rayons de Carrefour commercialisant des produits israéliens ou même d'entreprises commerçant avec Israël. Les vidéos buzzent sur les sites radicaux et l'enseigne joue la neutralité.

Une trentaine de quidam, habillés du même t-shirt vert Boycott Israël se regroupent en sifflant dans les rayons du Carrefour d'Aulnay puis remplissent leurs caddies de fruits et légumes : «des fruits cultivés sur la terre des Palestiniens avec l'eau des Palestieniens», répète à la caméra un militant surexcité.

Un mouvement vigoureusement soutenu par Europalestine

Depuis quelques semaines, les rassemblements de ce type se multiplient, notamment dans le Nord de la banlieue parisienne (Drancy, Saint-Denis, Gennevilliers...) et principalement dans des supermarchés Carrefour. Le tout avec la bénédiction d'Europalestine, groupement politique ...qui relait toutes les vidéos, et une mise en scène à la violence sourde mais évidente.

Sur le blog de Campagne BDS France, ouvert le 13 janvier, les militants se revendiquent de Boycott Divestment Sanctions, collectif international créé en juillet 2005 suite à l'appel de l'autorité palestinienne de boycotter l'Etat hébreu. Les activistes en appellent à l'exemple de l'Afrique du Sud qui avait mis fin à l'Apartheid. A la différence notable que, plutôt que de se réclamer d'un Nelson Mandela, les résistants modèles de Boycott Israël sont les islamistes du Hamas.

Jus de fruit et Carrefour collabos

Le collectif invite à cibler les produits dont le code barre commence par 729, code se référant à Israël, (jus de fruit, poivrons, avocats, clémentines...) mais aussi les entreprises qui font commerce avec Israël : Veolia, qui a décroché le contrat pour un tramway à Jérusalem, Caterpillar et autres. L'argument : «grâce aux taxes que touche Israël sur ces produits», explique un militant, Israël entretient le blocus de Gaza. «L'Oréal se vante d'avoir ses meilleurs consommateurs en Israël, harangue une jeune femme. C'est sûr, les Palestiniennes elles se soucient pas de leur beauté, elles ont autre chose à faire, survivre et nourrir leurs enfants !» Pour stimuler les foules, quelques raccourcis ne font pas de mal !

Face à ces actions, Carrefour veut affirmer sa «neutralité de commerçant» : «nous veillons à la sécurité de nos équipes et des clients de nos magasins, explique-t-on en interne. Il est hors de question de modifier l'origine de nos achats : Carrefour souhaite offrir la plus grande variété de choix.» Même si le groupe reconnaît «faire la différence» entre ces mobilisations et les «piques-niques» du collectif alternatif La Pelle et la Pioche, c'est le laisser-faire qui s'impose : les manifestants sont repartis de chaque magasins avec leurs caddies, parfois sans rien régler.

Un buzz politiquement incorrect

Selon nos informations et contrairement à ce que soutiennent les militants sur certaines vidéos, Boycott Israël n'aurait pas eu d'entretien avec l'organisation. Mais histoire d'exploiter la neutralité de l'entreprise, Europalestine et d'autres invitent à écrire aux services clients de la grande distribution pour se plaindre de la vente de produits israéliens. Pour avoir porté plainte à la police contre un client suite à une lettre de ce type, une enseigne Cora se voit taxée de «méthodes mafieuses»...

Mais ces militants en costume vert au sifflement angoissant savent se montrer habiles : comment dire du mal de ceux qui brandissent les images des enfants tués dans l'offensive Plomb durci ? Comme avec le buzz de l'agression dans un bus, les médias ont fait le choix des gentilles et des méchantes victimes, laissant l'initiative aux sites laïques et à certains blogs d'extrême droite. Un signe de plus du vent mauvais de communautarisme qui parcourt nos villes et nos médias.

http://www.marianne2.fr

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 19:59

Attentif à l'Amérique du Sud, Barack Obama tend la main à Cuba (Reuters)

Le président Barack Obama a prêté une oreille attentive aux idées de coopération régionale et de nouvelle ère des relations avec Cuba lors du sommet des Amériques samedi à Trinidad-et-Tobago.

Le chef de l'Etat américain a multiplié les gestes d'ouverture, se déclarant à la fois prêt à apprendre de ses partenaires sud-américains et leur offrant un partenariat pour lutter contre les effets de la crise économique mondiale.

"J'ai beaucoup à apprendre et je suis impatient de voir comment nous allons pouvoir travailler ensemble d'une manière plus efficace", a déclaré Obama avant l'ouverture à Port-of-Spain de la séance plénière de ce cinquième sommet continental.

"Je crois que nous avons fait des progrès lors de ce sommet", a-t-il ajouté.

Signe de la détente qu'il entend proposer à plusieurs Etats qui affichaient une hostilité face à l'administration de George W. Bush, Obama est allé serrer la main du bouillant président vénézuélien Hugo Chavez, vendredi soir peu avant la cérémonie d'ouverture.

Répondant à cette main tendue, Chavez a offert samedi à l'hôte la Maison blanche un ouvrage intitulé "Les veines ouvertes de l'Amérique latine" de l'auteur uruguayen Eduardo Galeano connu pour ses sympathies de gauche.

Obama a accepté le présent en souriant. "J'ai cru que Chavez me donnait un de ses ouvrages", a plaisanté Obama, ensuite. "J'ai failli lui donner l'un des miens."

"Nous avons commencé à discuter avec Obama et je crois que nous sommes sur la bonne voie", a commenté le président vénézuélien, affirmant qu'il ne doutait pas que les relations s'améliorent entre son pays et Washington.

Le Venezuela avait expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas l'an dernier en raison d'un contentieux à propos de la Bolivie, pays allié.

DISCUTER DE TOUT AVEC CUBA

Le président américain a déclaré aux 33 dirigeants présents vendredi que son administration souhaitait un nouveau départ dans ses relations avec Cuba et que soit mis fin à la guerre idéologique qui a marqué l'histoire de cet hémisphère pendant un demi-siècle.

Cette question des nouvelles relations entre Washington et La Havane a été le sujet principal des discussions, malgré l'absence du président Raul Castro, tenu à l'écart.

Ces nouvelles relations passent pour Obama par un nouveau type de dialogue, incluant les questions des droits de l'Homme et de l'économie, mais également des réformes politiques au sein du régime communiste.

Ces propos du président américain faisaient écho à ceux de Castro qui avait annoncé jeudi au Venezuela que Cuba était prêt à discuter de "tout" avec les Etats-Unis, y compris les prisonniers politiques et la liberté de la presse.

Jusqu'alors La Havane avait toujours refusé de subordonner la reprise du dialogue avec les Etats-Unis à des réformes internes.

Cette amorce de détente répond aux attentes formulées par différents chefs d'Etat sud-américains, dont le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ou encore Chavez.

Avant le début du sommet, Obama avait annoncé l'assouplissement de certaines dispositions de l'embargo américain sur Cuba.

Le sommet qui est prévu jusqu'à samedi devrait également aborder les questions économiques, la coordination pour développer des ressources énergétiques, la lutte contre le réchauffement climatique et les trafics d'armes et de drogue.



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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 21:14


www.michelcollon.info
       
Dix ans de sanctions économiques, ça suffit ! 

Aminata D. Traoré, Jean Ziegler, ...     

Plus de 3000 morts et près de 70 000 malades du choléra au Zimbabwe, avec des risques de propagation de l’épidémie aux pays voisins, n'ont donc pas suffi à mettre un terme aux sanctions économiques que la Grande-Bretagne et ses alliés infligent à ce pays depuis la fin de la décennie 90. C'est ainsi que le Conseil de l'Europe, à l'issue de sa session du 26 janvier 2009, a décidé de "proroger d'une année la position commune concernant les mesures restrictives à l'encontre du Zimbabwe". D'une extrême gravité, une telle décision ne peut qu'exacerber une situation déjà caractérisée par un taux de chômage (94%) et d'inflation qui sont les plus élevés au monde, la pénurie alimentaire dont souffrent près de 7 millions de personnes, la déscolarisation des enfants ainsi que la fuite des bras et des cerveaux dont de nombreux enseignants et membres du personnel soignant.

L’unique tort du peuple zimbabwéen, ainsi privé de travail, de revenu, d’eau potable, de soins de santé et de nourriture – condamné, en somme, à une véritable descente aux enfers - est d’être dirigé par Robert Mugabe dont l’éviction a été exigée pendant de longues semaines de campagne de déstabilisation et de diabolisation. L'ancienne puissance coloniale, les adversaires politiques du Président zimbabwéen ainsi que des ONG et les médias dominants l’accusent d’avoir ruiné son pays, de violer les droits de ses concitoyens et de se maintenir au pouvoir par la répression des opposants et la fraude électorale. A défaut de sa démission, le partage du pouvoir avec son principal rival, Morgan Tsvangirai, vient d'être conclu après quatre mois de négociations au cours desquelles le Président du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC) exigeait, en plus du poste de Premier ministre, le contrôle de postes ministériels stratégiques.

Il est heureux que la réunion du 30 janvier 2009 des pays membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ait débouché sur ce dénouement pacifique qui vient de se traduire par la constitution d'un gouvernement d'union nationale avec Morgan Tsvangirai comme Premier ministre. Espérons que le Président Robert Mugabé et la Zanu-PF seront à hauteur d'attente pour que cette crise soit un triste souvenir !

Mais, ce pas important n'est que l'amorce d'un processus de normalisation qui, pour mettre fin au martyre du peuple zimbabwéen, exige la levée immédiate et sans autres conditions des sanctions économiques qui ont largement contribué à plonger l'ancienne Rhodésie du Sud dans une situation aussi calamiteuse. Cette lecture du drame zimbabwéen sous l’angle des mesures punitives qui affament, appauvrissent et tuent des innocents n’exonère en rien le Président zimbabwéen et son parti pour les erreurs qu’ils ont pu commettre. Il s’agit de donner une chance à la paix en mettant en lumière des faits déterminants mais délibérément occultés.

Il faut remonter aux Accords de Lancaster House qui, en 1979, ont mis fin à quatorze années de lutte féroce pour la libération de l'ancienne Rhodésie du Sud des griffes du raciste Ian Smith. Ils ont été signés dans un contexte où quelques 6000 fermiers blancs possédaient plus de 15,5 millions d'hectares sur les terres les plus fertiles du pays. Pendant ce temps près de 4,5 millions de Noirs subsistaient péniblement sur les "terres communales" souvent arides où les colons les avaient confinés un siècle durant. Le consentement entre l'acheteur et le vendeur est l'un des principaux aspects du dispositif qui devait changer cette situation. Dix ans plus tard, elle n'avait pas évolué de manière palpable parce que les fermiers blancs avaient renchéri les prix et ne cédaient que les terres les moins fertiles.

En 1997, le gouvernement de Tony Blair signifia à Harare qu'il ne pouvait plus contribuer financièrement au transfert des terres aux Noirs, comme convenu, en dédommageant des fermiers britanniques qui devaient être expropriés. Le Président zimbabwéen a alors décidé de confisquer, sans compensation, les terres de ces derniers qui ont dès lors promis de faire sa perte. Les sanctions économiques constituent la machine de guerre financière, économique, sociale et politique qui a été déployée en guise de punition par la Grande Bretagne et ses alliés plus particulièrement les USA. Jugeons-en :

En décembre 2001, le Congrès des Etats-Unis d’Amérique a voté le « Zimbabwe Democracy and Economic Recovery Act » ou loi sur la relance économique et la démocratie au Zimbabwe. Elle comporte entre autres l’opposition des Etats-Unis d'Amérique à tout prêt au Zimbabwe et à l’annulation de sa dette auprès des institutions internationales de financement. Cette loi a largement contribué à plonger le Zimbabwe dans la récession économique et dans une inflation de plus en plus vertigineuse.

En 2002, l’administration Bush a également mis en place un programme dénommé « Gouvernance et démocratie » doté de 6 millions de dollars destinés à soutenir les opposants (MDC, syndicats, groupes religieux, ONG, médias « indépendants », etc.).

Au plus fort de la campagne de redistribution des terres, les Etats-Unis s’opposèrent à l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) aux Zimbabwéens.

En 2004, l’administration Bush s’opposa également à l’appui du Fonds Mondial contre le Sida aux malades du Zimbabwe.

A partir de 2002, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne poussèrent l’Union européenne à prendre des sanctions contre le Zimbabwe, en violation de l’article 98 de l’Accord de Cotonou signé en 2000 entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique).

Tous les fonds consentis par différents pays occidentaux à l’éducation, à la santé et à l’assainissement furent suspendus.

Il suffit d’ajouter à ces sanctions les conséquences classiques et désastreuses des programmes d’ajustement (PAS) du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale (libéralisation, privatisations, bas salaires, détérioration des conditions de vie…) et le cycle plus rapproché des sécheresses pour réaliser les causes profondes de l'enlisement du Zimbabwe. Les autres pays africains n'échappent au même sort que parce qu'ils vivent sous perfusion, alimentés par les financements extérieurs dont ce pays est privé.

Les sanctions infligées au Zimbabwe sont d'autant plus injustifiables qu'elles émanent d'Etats et d'institutions non transparents et non démocratiques dans leurs pratiques en Afrique si nous considérons les règles du commerce mondial, les termes des accords de partenariat économique (APE) ou de réadmission des migrants africains. Ils sont illégitimes parce que non représentatifs des peuples africains dont ils bafouent les droits économiques mais savent instrumentaliser dans la défense de leurs propres intérêts.

Antidémocratiques et meurtrières, les sanctions économiques relèvent par ailleurs de la corruption politique et financière dans la mesure où en sanctionnant les dirigeants qu'ils jugent indésirables, les grandes puissances dissuadent ceux d'entre eux qui seraient tentés de s'écarter de ce que qu'elles considèrent comme le droit chemin.

Galvaudés, instrumentalisés et décrédibilisés, sont la démocratie, les droits de l'homme et la bonne gouvernance, à partir du moment où les puissants qui prétendent en être les garants, les bafouent quand ils ne les transforment pas en redoutables instruments de pression, de domination et de chantage au financement.

Aussi, est-il grand temps de privilégier dans le débat sur le présent et l'avenir de l'Etat postcolonial en Afrique, la question centrale mais souvent occultée du contrôle des richesses et de l'initiative du changement dont la réforme agraire. En plus de la personnalisation à outrance du débat politique, le pays de Robert Mugabé est, sur ce plan aussi, un cas d'école à méditer à l'heure de la ruée des multinationales de tous horizons vers les terres fertiles du continent et du grand bradage au nom de la croissance et du marché-roi.

Alors que le diagnostic de la situation est biaisé et les sanctions économiques meurtrières pour les populations des voix incitent le nouveau Président américain, Barack Obama, à les poursuivre, à son tour. Son « Yes we can », faut-il le rappeler exige un changement radical de regard, de discours et de pratiques en matière de politique américaine en Afrique. Il est de la plus grande importance qu'il joue sur le continent noir comme au Proche-Orient la carte de l’écoute et de la main tendue au lieu de la poursuite de sanctions qui d'une manière ou d'une autre ne sont que violence contre des peuples démunis, désemparés et désinformés.

Il s'agit plus concrètement d'en finir avec la thèse de l'axe du Bien et du Mal de George W. Bush qui a valu au monde l’agression et l’occupation de l’Irak de Saddam Hussein, les attaques barbares et répétées d’Israël contre le peuple palestinien, illustrées par le dernier déluge de feu sur la bande de Gaza. En Afrique, elle passe d'une certaine manière par le Zimbabwe. La mise en lumière des enjeux mondiaux économiques, sociaux, financiers et environnementaux de telle sorte que les Zimbabwéens et les Africains, d’une manière générale, s’engagent dans le jeu démocratique sur des bases autres que l'alternance pour l'alternance et la course aux postes stratégiques est le véritable défi qui devrait interpeller les dirigeants africains, les institutions sous régionales, l'UA et les véritables alliés du continent.

Nous rappelons qu'il est périlleux pour l'Afrique de suivre les conseils des maîtres du monde aujourd'hui embourbés dans une profonde crise, signe de l'échec de leur idéal de société que la moralisation de la sphère financière ne suffit pas à crédibiliser. Quant à la légitimité du pouvoir politique en Afrique, il convient de souligner qu'au-delà des élections qui sont nécessaires, elle réside aussi et surtout dans la volonté et la capacité des dirigeants élus à négocier et à gérer les richesses du continent dans le sens des intérêts de ceux et celles qui les ont mandatés.

Aussi, l'accalmie qui vient d'être obtenue par la SADC doit-elle être érigée en paix véritable pour les Zimbabwéens et pour l'Afrique tout entière en opportunité de jeter un autre éclairage sur les crises, son image habituellement malmenée ayant été considérablement ternie par l'hypocrisie et les mensonges qui prévalent dans l'analyse de la situation de ce pays.

Les intellectuels et les autres acteurs de la société civile critique ainsi que les politiques africains et non africains qui estiment que le continent noir n'est pas une planète à part mais bel et bien le berceau de l'Humanité et partie prenante du capitalisme fou et destructeur doivent contribuer à en déceler et à en démonter les rouages.

Pour donner une chance à une paix véritable et durable au Zimbabwe, nous joignons nos voix à celles des Zimbabwéens qui n’ont que trop souffert, de la SADC et de l'UA et rappelons à la Grande Bretagne, aux USA et à l'UE le coût social et humain exorbitant des mesures punitives infligées à ce pays.

Nous déclarons que l’eau potable, la nourriture et les médicaments doivent cesser d’être des armes de guerre

Nous demandons la levée immédiate du blocus qui prive des millions de Zimbabwéens de ces biens indispensables à une existence humaine digne de ce nom.

Nous considérons qu’il est profondément injuste et irresponsable de suspendre des vies humaines à un accord de partage du pouvoir politique au sommet.

Oui, nous le pouvons ! Il suffit de ne plus confondre les intérêts britanniques, américains et européens avec les droits des peuples zimbabwéen et africains à la terre, la nourriture, l’eau potable, la santé, l'éducation, l'emploi et le revenu.

NOUS SOMMES TOUS ZIMBABWEENS !

Bamako, le 11 février 2009.

Signataires : Aminata D. Traoré (Essayiste, Mali) – Jean Ziegler (Sociologue, Suisse) – Boris Boubacar Diop (Ecrivain, Sénégal) - Mireille Frantz Fanon (Fondation Frantz Fanon) – Diadié Y. Dagnoko (Enseignant, Mali) -Demba Moussa Dembélé (Economiste, Sénégal) – Assetou Founé Samaké (Biologiste, Mali) - Bruno Rebelle - Souleymane Koly (Artiste chorégraphe, Côte d’Ivoire)– Hamidou Magassa (Ecrivain, Mali) – Christian Koné (Journaliste, Burkina-Faso) – Ismaël Diabaté (Artiste-peintre, Mali) – Bibi Diawara (Démographe, Mali) – Lucette et Christian Morillon (LA BRASSAUDERIE 17120 EPARGNES France) – Mamadou Goïta (Socio-économiste, Mali) – Sarah Jane Mellor (Traductrice France/Angleterre) – Moussa Bolly (Journaliste, Mali) – Valerie Ngo Biem (Cameroun) – Jean Michel Naud (Enseignant, France) – Clariste Soh Moube(Cameroun) – Moustapha Diaté (Economiste, Sénégal) – Aziz Coulibaly (Comptable, Côte-d'Ivoire) –Aboubakary Gollock (Eonomiste, Canada) –Amadou Gollock (Consultant, Mali)


Si vous souhaitez prendre part à cette campagne, veuillez le signer en nous communiquant votre nom, profession et adresse à
djenneart@afribone.net.ml


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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 21:00

C’est fou quand même cette impression répétée qu’on peut avoir, parfois, que les politiciens "de gauche" et nous, on ne vit pas toujours sur la même planète.

Parfois, le ras le bol et le désespoir me saisissent, en tant que militante. J’ai envie de baisser les bras. De tout plaquer. Pourquoi le mousse souque si le capitaine tient pas le bon bout, on s’demande?

Quand je vois le nombre d’entre nous qui, avec leurs petits moyens, essaient de tisser la solidarité, mènent les combats sur plusieurs fronts à la fois, sans parler de leur famille, de leur vie quoi, le tout en n’ayant pas des moyens de députés, sénateurs, conseillers généraux....et que, eux, justement, ils semblent trop souvent cantonnés au minimum syndical...

On leur demande pas grand- chose pourtant. Des petits coups de pouce. D’attirer un peu de la lumière et des caméras qui les suivent, sur certaines causes, certains combats. Des combats unificateurs. Qui nous concernent toutes et tous, au-delà des partis, au-delà des étiquettes.

Y’en a une qui me tient à cœur, à moi et à bien d’autres, c’est la lutte contre la répression policière organisée à l’ère sarkozyste. Cette lutte contre la répression, contre le tout pénal, contre le tout répressif, elle a commencé il y a bien longtemps déjà, pour beaucoup d’entre nous. Dès les fameuses "lois Perben". Contre la réduction des droits syndicaux, ensuite.

Contre les fichages de toutes sortes. Contre tout ce qui était susceptible d’asseoir un État policier, contre tout ce qui pouvait constituer des freins à la liberté d’expression, à la liberté de manifester, au droit de grève. Pour nombre d’entre nous, ces luttes ont toujours été fondamentales, au sens strict.

Sans ces libertés-là, difficile ensuite, en période de crise aigüe, de manifester, comme on en a le droit, et même le devoir, contre le capitalisme, contre la droite, pour son travail, pour son salaire...sans se prendre un (ou deux ou trois) coup de matraque, sans faire un tour en gardav’, sans se retrouver fiché, inculpé...

Dur de se rassembler librement pour crier sa colère, exiger des comptes de nos mandataires, ou tout simplement, discuter entre voisins sur le prix exorbitant des loyers dans la cage d’escalier. Alors, manifester devant l’Assemblée Nationale (ce qu’il faudrait faire, pourtant, plutôt que de rendre visite à la Bastille..) - mais vous n’y pensez pas !?

Pour ces derniers mois, faisons une liste, non exhaustive. A Saint Nazaire le 29 janvier, il y avait des dizaines d’arrestation, 4 manifestants condamnés à des amendes de plusieurs centaines d’euros et à des sursis lourds.1 manifestant condamné à de la prison ferme avec mandat de dépôt, récemment libéré. Place de la Nation à Paris le 19 mars, il y avait des centaines d’arrestations, 49 inculpés, déjà deux condamnés au moins à du sursis allant jusqu’à 6 mois. A Strasbourg, contre le sommet de l’OTAN, le 5 avril, il y avait des centaines d’arrestations, et 49 inculpés. Que se passera-t-il le premier mai prochain, dites-moi, à ce tarif là? Des centaines d’arrestations dans des conditions "plus que pas claires", comme dirait une camarade. Des dizaines d’inculpations reposant presque toutes exclusivement sur des dépositions policières.

Des peines déjà prononcées allant de la prison ferme à de longs mois de sursis, sans parler des interdictions de manifester et de participer à des manifestations, pour "violence aggravée" sur "agents de la force de l’ordre".

"Violence aggravée"? Au pire, imaginons, je ne dis pas que j’ai la vérité, non, la vérité avec un grand "V", je ne la connais pas, bien sûr, mais allez, un ou deux jets de canette (vide) par un gringalet en tee-shirt, sur un policier caparaçonné de la tête aux pieds, en réaction instinctive et spontanée, face à un gros gazage devant les portes fermées d’un métro complice...ça mériterait donc 6 mois de prison avec sursis, aujourd’hui? Et puis, je rappelle quand même qu’il n’y a eu, heureusement, aucun blessé grave à déplorer parmi les dites forces de l’ordre, à Paris, le 19 mars. Certes, il y a eu quelques blessés, plutôt légers d’ailleurs, à Saint Nazaire et à Strasbourg, le gros des éclopés étant quand même à comptabiliser du côté des manifestants. On se dit que, forcément, de vrais dangereux "casseurs" d’ultra hyper extrême gauche, organisés, ils auraient peut être fait plus de dégâts que ça...

Peut être. Je n’en sais rien. Je n’en connais aucun dans mon entourage. J’imagine. Quand on voit, sur les photos d’archives, comment les camarades antifascistes, communistes, italiens, espagnols ou allemands allaient en manif’ dans les années 70/80, casqués, bottés, armés (et pas pour rire) de clefs anglaises, de manches de pioche, de cocktails molotovs, de frondes qui tiraient des roulements ou des boulons...

Ou, plus proche de nous, quand on voit ce que les gendarmes se sont pris dans la tête en Corse il y a quelques jours, on est en droit de se poser des questions sur l’appréciation que certains ont de la dangerosité d’une "action", à supposer que cette action" existe réellement, bien sûr, ce qui est loin d’être démontré.

Surtout quand on voit, ensuite, le regard incrédule et un peu paniqué des dits "casseurs", Julien, Alexandre, ou Carine*, par exemple, tous "inculpés du 19 mars", âgés de moins de 21 ans, qui pensaient, un peu bêtement, c’est vrai, qu’ils pouvaient rester là, tranquilles, après la manif.

Se faire un sit-in un peu ambiance "peace and love". Qui, a 20 ans , n’a jamais rêvé de ces moments que connurent nos parents ou nos grands- parents? Front Popu, Mai 68, Woodstock...que sais-je, mais tous ces moments où on semble vivre en communauté et où les cœurs battent à l’unisson...

A lire les journaux, à écouter la TV, on pourrait croire que tous ces manifestants étaient de dangereux terroristes d’ultra-hyper-extrême gauche, pris la main dans le sang et le couteau entre les dents, multi-récidivistes chevronnés ayant déjà accroché plusieurs scalps de CRS à leurs ceintures, avec des casiers comme des bottins téléphoniques....

Mais non ! Même pas. On se frotte les yeux pour bien voir. Et on voit quoi? On voit des syndicalistes. De "bons pères de famille". Des types et des nanas qui se bagarrent dans leurs boîtes contre les patrons, qui en ont marre de se faire plumer. L’un d’entre eux, un "historique" de la CGT Saint -Nazaire, Guy Texier, a bien témoigné de ce qu’il avait vu le 29 janvier. De jeunes étudiants, "primo-délinquants" comme on dit (manière déjà ambigüe de dire que leur casier est VIERGE et qu’ils ne sont jamais passés par la case "tribunal".) Quelques militants, rares, qui ont déjà un casier , oh, mais pas lourd, pour les mêmes "violences sur les forces de l’ordre". On voit des gens dont c’était la première manifestation parfois, et qui se demandent ce qu’ils foutent là, de la lacrymo plein les mirettes, dans ce qui ressemble à un traquenard. Bref , de tout, mais pas l’ombre de la queue d’un dangereux "casseur", d’un affreux terroriste. D’un danger pour la République. D’une menace pour la démocratie.

Alors, nous, les petites fourmis militantes, à la base, ensemble, coco, toto, anar, socialo, syndicalo...on essaie de construire notre défense, celle de nos enfants, de nos potes, de nos vieux, de nos semblables, contre ce qui ressemble de plus en plus à une stratégie organisée pour criminaliser le mouvement social et nous ficher une trouille bleue.

On regarde, éberlués, des vidéos étranges où l’on voit, à Strasbourg, ce qui semble être des représentants des forces de l’ordre jeter des cailloux sur la foule, à Londres, un groupe de policiers s’en prendre à coups de pieds et de matraque à un vieux qui passe sous le nez de leur patrouille, qui décèdera quelques minutes plus tard, plus loin...

On lit le témoignage d’un policier (oui, vous avez bien lu) sur l’incendie de l’hôtel Ibis, toujours à Strasbourg. Édifiant. A Nation, le 19 mars, on voit de drôles de types, plus si jeunes, toujours sur ces foutues vidéos, des types qui ne sont pas habillés comme des gendarmes, mais qui n’ont pas l’air d’avoir peur d’eux, des types qui ne ressemblent pas franchement à des étudiants en goguette, qui semblent se situer à une frontière mouvante entre manifestants et policiers, frontière qu’ils sont les seuls à franchir assez allègrement d’ailleurs, dans un sens, puis dans l’autre, une barre de fer à la main, pour certains. On se passe l’histoire de ce jeune allocataire moniteur de la Sorbonne, Clément Onimus, qui est accusé d’avoir jeté une bouteille à un policier et qui fait un appel à témoignages ici, appel même relayé par la présidence de l’Université Paris-4 !

On bosse. Et on attend, aussi. On attend toujours. Que "la gauche" se saisisse vraiment du problème. On attend que le PCF signe les appels anti-répression. On attend que "Désirs d’Avenir", que le PS, les signent aussi.

On attend que la CGT, FO... les signent aussi. Celui lancé pour les inculpés du 19 mars, par exemple, attend toujours les paraphes de la plupart d’entre eux - camarades militants, harcelez vos organisations respectives ! Et plus que de les signer, on attend qu’ils désignent dans leurs organisations, au moins une personne chargée de faire le lien entre eux et le mouvement anti-répression. On attend qu’ils désignent chez eux au moins une personne chargée de traiter des questions des libertés publiques. On attend, voire, qu’ils nous proposent un soutien matériel, financier, même pas grand chose, mais un petit peu.

On attend que Mme Royal, la mère de toute la Patrie, monte (légitimement) sur ses grands chevaux, pour dénoncer cette répression qui s’abat sur des gamins qui pourraient être ses fils.

Qu’elle nous demande pardon à nous aussi, tous les pauvres prolos, tous les jeunes, tous les exploités, qui s’en prennent plein la gueule, au nom de cette France qu’elle dit représenter et qui n’a pas voté Sarkozy, mais qui a perdu.

On attend que les secrétaires nationaux du PCF fassent un geste fort, autre qu’un tract sujet à caution, un geste de solidarité qui nous montre qu’ils ne sont pas exclusivement tournés vers le Front de Gauche, et pas exclusivement préoccupés par les Européennes.

On attend que M. Mélenchon utilise son évidente aptitude à la parole publique, ses tribunes, ses blogs et sites, ses réseaux pour dénoncer cette répression, et soutenir le mouvement qui se dessine ici et là.

On attend que M Le Hyaric et M Laurent utilisent "l’Humanité", "Regards", pour nous apporter ce soutien. On attend que Cl. Autain sorte de son fief Montreuillois, et mette sa gouaille, sa personnalité, ses micros, son blog au service d’une cause importante, juste. Plus on est de fous plus on rit...

On attend que Mme Aubry et M Hamon, M Désir... et tous ces gens qui essaient de nous acheter à nouveau nos "voix" (et plus si affinités) pour redorer leur blason, fassent quelque chose pour NOUS, nous les militants, nous les badauds, nous les prolos...pour nous protéger des coups (au propre et au figuré) du pouvoir sarkozyste. On attend que les (nos) organisations syndicales se saisissent sérieusement du problème.

Alors, qu’est-ce que vous attendez toutes et tous, nom d’un chien, soi disant "de gauche", pour vous manifester, pour nous soutenir, pour soutenir les inculpés, pour soulever le problème dans les médias? Faire entendre une autre voix? Donner un autre "son de cloche"?

Il faudra combien de noms sur la liste, après Yldune Lévy, Julien Coupat...? Vous attendez quoi? Un deuxième Malik Oussekine? Un autre 8 février 1962, où des manifestants pacifiques mourront étouffés contre les grilles du métro? Vous attendez qu’un petit jeune (ou un petit vieux) reste sur le carreau, pour vous indigner "durablement"? Et décider, enfin, de quel côté vous êtes? Avez-vous oublié qui sont nos ennemis et de quoi ils sont capables? Vous croyez qu’ils ont changé parce que vous, vous avez, hélas, bel et bien "changé", depuis 30 ans. Mais "eux", non, ils n’ont pas changé d’un poil.

Au fond, si on gratte juste un peu, ce sont toujours les mêmes synarques, les mêmes cagoulards, les mêmes liguards, anciens proches ou membres d’Occident, d’Ordre Nouveau, barons du capitalisme pur et dur, piaffant, pour certains, de faire connaître enfin à la France son "heure fasciste".

Vous qui irez au Mur des Fédérés le premier mai, rappelez-vous, ceux qui nous font face aujourd’hui, ce sont les héritiers directs des Versaillais qui massacrèrent la Commune de Paris !

A quoi sert la mémoire si on ne tire pas d’enseignements de l’Histoire? A quoi sert de commémorer, si on ne sait pas prolonger? Que des citoyens non politisés ne pigent pas ça, admettons, mais vous ! (Et après, vous vous demanderez, plus ou moins benoîtement, le soir du 7 juin, "mais pourquoi donc y-t-il plus de 50 % d’abstention aux élections européennes", ou "pourquoi le peuple ne nous aime plus"?....)

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article84196




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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 20:52


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Fidel reçoit sept parlementaires US

Fidel commente l'évènement :

"Une importante délégation politique des États-Unis se trouve parmi nous : il s’agit de membres du Groupe noir du Congrès (CBC) qui constitue dans la pratique l’aile la plus progressiste du Parti démocrate.

Il a été fondé en janvier 1969 par les douze membres afro-américains du Congrès d’alors. Durant les cinquante premières années du XXe siècle, seuls quatre Noirs avaient été élus ; de nos jours, à la suite de ses luttes, le Groupe compte quarante-deux membres, dont plusieurs ont maintenu des positions constructives très actives sur des points en rapport avec Cuba.

La première délégation du Groupe noir à nous rendre visite, en février 1999, avait été présidée par Maxime Waters ; la seconde était venue en janvier 2000.

Des membres influents de ce Groupe avaient pris position publiquement et réalisé d’autres actions positives durant notre bataille pour le retour du petit Elián dans notre patrie.

Une autre délégation du Groupe noir était venue en mai 2000 ; elle était présidée par son principal leader d’alors, James Clyburn (Caroline du Nord), et formée de Bennie Thompson (Mississippi) et de Gregory Meeks (New York) ; ils furent les premiers à apprendre de moi que Cuba était disposée à offrir un certain nombre de bourses à des jeunes Étasuniens sans grandes ressources afin qu’ils puissent faire des études de médecine dans notre pays, après sélection du Groupe noir. Nous avions fait la même proposition à l’ONG Pasteurs pour la paix, présidée par le révérend Lucius Walker, qui a envoyé les premiers élèves à notre École latino-américaine de médecine (ELAM).

Après que l’administration Bush eut renforcé ses pressions et actions contre les voyages à Cuba et contre la présence dans notre pays de personnes sujettes à la juridiction des États-Unis, des membres du Groupe noir s’adressèrent au secrétaire d’État, Colin Powell, et finirent par obtenir l’autorisation pour que les jeunes Étasuniens puissent poursuivre leurs études de médecine à Cuba.

Powell, un haut gradé possédant beaucoup d’autorité et de prestige, aurait peut-être été le premier président noir des États-Unis, mais il renonça à briguer ce poste par respect pour sa famille qui, se rappelant l’assassinat de Martin Luther King, s’opposait avec entêtement à ce qu’il postule.

La délégation du Groupe noir en visite à Cuba est présidée par Barbara Lee, représentante de Californie. Elle était déjà venue dans notre pays comme assistante de Ronald Dellums dont elle a occupé le siège à son départ et que j’avais eu alors l’occasion de connaître, admirant son esprit combatif et sa capacité de lutte.

La délégation qu’elle préside est formée de sept démocrates membres du congrès : Melvin Luther Watt (Caroline du Nord) ; Michael Makoto Honda (Californie) ; Laura Richardson (Californie) ; Bobby Rush (Illinois) ; Marcia L. Fudge (Ohio) et Emanuel Cleaver II (Missouri).

Patrice Willoughby, assistante exécutive du Groupe noir du Congrès et quatre autres militaires du bureau de liaison avec le Congrès, sous les ordres du lieutenant colonel Daniel Wolf accompagnent la délégation.

J’apprécie à sa juste valeur le geste de ce Groupe qui s’en tient rigoureusement au programme qu’il a lui-même demandé. L’auréole de Luther King l’accompagne. Nos médias se sont largement fait l’écho de sa visite. Ses membres sont des témoins exceptionnels du respect avec lequel notre population accueille toujours les Étasuniens qui visitent notre patrie. Ils auront du mal à voir un visage exprimant la haine, et peut-être admirent-ils l’absence totale d’analphabètes ou de petits cireurs de chaussures dans les rues. Les files d’enfants, d’adolescents et de jeunes allant à l’école et à l’université, les crèches, les foyers du troisième âge, les hôpitaux et les polycliniques où un personnel de santé hautement qualifié traitent tous les citoyens, n’auront sans doute pas échappé à leur œil critique. En pleine crise économique internationale, ils n’auront vu aucune queue de demandeurs d’emplois. Les personnes déambulant dans les rues, actives et presque toujours joyeuses, ne correspondent pas aux images stéréotypées qu’on offre bien souvent de Cuba à l’étranger.

Notre patrie prouve qu’un petit pays du Tiers-monde, harcelé, agressé et en butte au blocus depuis des dizaines d’années, peut porter dignement sa pauvreté.  De nombreux citoyens de la nation la plus riche au monde ne reçoivent pas le même traitement et une grande partie ne vote même pas ; or, ce droit est exercé par bien plus de 90 p. 100 de notre population qui sait lire et écrire, et possède un niveau de culture et de connaissances politiques enviable.

Les visiteurs ont des avis soit collectifs soit personnels. Ils estiment en général que 68 p. 100 des Étasuniens sont favorables à un changement de politique envers Cuba.

L’un d’eux a affirmé qu’il fallait saisir le moment historique qu’offrait la coïncidence d’un président noir à la Maison-Blanche et d’un courant d’opinion favorable à la normalisation des relations.

Quand Alarcón a dit que retirer Cuba de la liste arbitraire des pays terroristes était un devoir moral, ils lui ont rappelé que Nelson Mandela aussi bien que le Congrès national africain avaient été taxés de terroristes par le Congrès des Etats-Unis.

Un  autre membre de la délégation a remercié les autorités cubaines et la présidence du Groupe noir d’avoir favorisé ce voyage et ce genre d’échanges.

Un autre représentant a expliqué l’importance qu’Obama signifiait pour les États-Unis et la nécessité de le réélire. Le président, a-t-il dit, se considère comme un dirigeant politique qui doit gouverner pour tous les secteurs sociaux du pays. Il s’est dit toutefois sûr qu’Obama changera la politique envers Cuba, mais que celle-ci doit l’aider de son côté.

Un quatrième membre du Groupe noir a dit que, malgré la victoire d’Obama, la société étasunienne restait raciste. Qu’Obama représentait la dernière occasion de cette nation d’avancer et de se délester de tous les boulets des administrations antérieures. « Le président ne peut aller au-delà de la libéralisation des voyages et des envois de fonds familiaux, car s’il déclarait la levée du blocus ou la normalisation totale des relations bilatérales, il ne pourrait pas être réélu. » Selon lui, la droite anticubaine a encore assez de pouvoir pour l’acculer et empêcher sa réélection.

Un autre représentant a affirmé enfin avec une grande franchise au ministère des Relations extérieures que les États-Unis ne devaient pas rater l’occasion de reconnaître que leur politique vis-à-vis de Cuba avait été un échec total. Il a ajouté que son gouvernement devait demander pardon à Cuba pour toutes ces années d’hostilité et pour la politique de blocus, car ce n’est qu’ainsi que nous serions en mesure d’avancer ensemble vers le règlement du différend bilatéral. Il a signalé qu’il ferait tout son possible, de son poste, pour éliminer le blocus.

Durant la visite au Centre de génie génétique et de biotechnologie, l’un d’eux, exprimant les sentiments de tous les autres, a qualifié d’excellents les résultats de Cuba dans ce domaine, et a jugé que l’atmosphère politique était propice à ce moment pour jeter des ponts d’entente et de communication entre les communautés scientifiques des deux pays. Il nous a recommandé de bien veiller à breveter toutes nos découvertes, selon les normes internationales de la propriété intellectuelle, pour éviter qu’on nous vole les efforts d’une œuvre si merveilleuse.

Ils se sont tous dits très impressionnés par leur visite à ce Centre, où le ministre de la Science, de la Technologie et de l’Environnement en personne, accompagné de plusieurs directeurs d’institutions scientifiques, leur a expliqué le travail de notre pays dans ce domaine.

Leur principale activité le 4 avril, quarante et unième anniversaire de l’assassinat du défenseur des droits de l’homme, Martin Luther King, a été une visite au square de la capitale qui porte son nom et où se dresse un monolithe de marbre vert foncé, jaspé de noir, portant en bas-relief l’effigie en bronze du grand militant noir abattu par les racistes. Barbara Lee, Laura Richardson, Emanuel Cleaver II et Bobby Rush y ont pris la parole, soulignant en public les retombées positives des échanges qu’ils avaient soutenus.

Hier, dimanche, à 13 h 20, Barbara Lee s’est rendue à l’église Ebenezer, du Centre Martin Luther King, où elle a été accueillie par Raúl Suárez et des dirigeants du Conseil national des Églises de Cuba, en présence d’Alarcón et de cadres du ministère des Relations extérieures.

Auparavant, Barbara Lee avait visité deux autres églises du Vedado. Y prenant la parole, elle a répété ce qu’elle avait déjà dit en public et exprimé son intention de faire des démarches auprès de l’administration pour favoriser un changement de politique envers Cuba et réactiver les échanges entre les Églises des deux pays.

J’ai reflété le plus brièvement possible les échanges soutenus. Je me suis bien gardé de donner les noms de ceux qui ont pris les positions que j’ai indiquées, ne sachant pas s’ils tiennent à les rendre publiques.

Je souhaitais simplement offrir un certain nombre de données afin que notre opinion publique nationale possède le plus d’information possible sur ce thème sensible des relations entre Cuba et les États-Unis sous la présidence de Barack Obama et sur la visite du Groupe noir du Congrès à Cuba."

Fidel Castro Ruz

Le 6 avril 2009



 

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