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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 14:55

https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/010716/harcelement-des-migrants-et-migrantes-paris-par-une-personne-solidaire

Harcèlement des migrants et migrantes à Paris

Le récit des journées du Mercredi 29 Juin et du Jeudi 30 Juin 2016 où, avec l'aide de la mairie de Paris, la préfecture s'est montrée particulièrement agressive, avec plusieurs rafles policières contre les migrants dans le dix huitième et le dix-neuvième arrondissement de Paris. Résultat, des dizaines d'Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) prononcées contre des demandeurs d'asile, des dizaines de tentes dans les bennes municipales et la colère qui monte.

Mercredi 29 Juin 2016, une vingt-cinquième opération de la police et des associations humanitaires a eu lieu pour évacuer le campement installé depuis une quinzaine de jours halle Pajol.

Comme d’habitude, un cordon de flics a été installé à l’aube pour empêcher des personnes extérieures au campement, c’est à dire aux gens qui dorment dehors à côté mais aussi à des personnes parties aux toilettes ou faire la queue devant je ne sais quelle administration, de venir profiter de l’opération. Profiter pour un migrant cela veut dire parfois passer trois jours sur des lits de camps rangés à quinze centimètres les uns des autres dans des gymnases dans lesquels des élus ont usé de violence physique pour les faire dégager.

Bref, comme toujours pas mal de personnes sont restées sur le carreau. Après avoir été poussées de force dans le métro à Marx Dormoy, ces personnes se sont regroupées pour monter un nouveau campement, sachant qu’ensemble on est plus forts pour affronter la rue, pour organiser le quotidien dans des conditions extrêmes et aussi peut-être, rêvons un peu, pour organiser une lutte pour des logements et des papiers pour toutes et tous.

Chacune de ces tentatives de regroupement et de réinstallation ont alors été violemment réprimées par des escadrons de gardes mobiles et autres bleus. A Jaurès d’abord, en face de France Terre d'Asile (FTA), là où il faut faire la queue plusieurs jours pour obtenir le ticket avec le rendez vous à la préfecture permettant de déposer une demande d’asile.

Là les flics ont gazé et chargé pour empêcher l’installation des tentes et des matelas. Plusieurs tentes ont été détruites.

À Saint-Bernard, ensuite, là les flics ont tout d’abord nassé les personnes qui tentaient de s’installer sur le parvis et ont embarqué une dizaine d’exilés. Puis, au son d'assassin de la police et de la mégère gendarmicide, qui sortait à fond de l’appartement d’un voisin solidaire, les molosses sont venus récupérer de force les tentes et les duvets, n’hésitant pas à enfoncer leur matraque dans le dos d’une jeune femme qui tenait sa petite fille dans un bras et une tente dans l’autre. Ensuite ils ont nassé les tentes.

Malgré la chasse aux migrants qui s’est poursuivie toute la soirée, les exilés ont réussi à se regrouper et passer la nuit ensemble vers le cinéma MK 2 du quai de Seine. Jeudi 30 Juin 2016, ils et elles ont été évacués vers la rotonde Stalingrad pour un contrôle d’identité puis embarqués dans une annexe de la préfecture de police rue de l’Aubrac dans le douzième arrondissement de Paris.

Mercredi 29 Juin 2016, plusieurs dizaines d’entre nous ont enchaîné des heures et des heures de rassemblements bruyants devant les commissariat pour demander la libération de camarades arrêtés lors de la manifestation du Mardi 28 Juin 2016 ou arrêtés chez eux au petit matin dans le cadre d’une enquête sur des dizaines de manifestations menées depuis le début de l’état d’urgence, ces derniers ont été libérés.

Ce serait peut-être bien de continuer dans le douzième arrondissement de Paris pour les exilés contraints de lutter pour leur survie. En attendant mieux, en attendant un mouvement offensif pour que le monde ne soit pas seulement conçu et rêvé par et pour une classe de privilégiés circulant d’aéroport en aéroport et d’une chaîne d’hôtels standardisés à l’autre. Pour qu’il n’y ait pas d’êtres humains à qui ne soient concédées que les marges.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 19:59

http://www.taranisnews.com/post/146545798843/plainte-pour-atteinte-arbitraire-à-liberté-par

Plainte pour atteinte arbitraire à liberté par personne dépositaire de l’autorité publique

Par Gaspar Glanz

Lundi 27 Juin 2016

Lettre ouverte au procureur de la république de Paris.

Je m’appelle Gaspard Glanz. Je réside à Strasbourg. Je suis né à Strasbourg le 22 avril 1987. Ma profession est journaliste. Je suis le fondateur et le gérant de la société Taranis depuis le mois de mars 2012, propriétaire et principal contributeur du site www.taranisnews.com. Mon casier judiciaire est vierge.

J’étais à Paris le Jeudi 23 Juin 2016 en ma qualité de Journaliste Reporter d’Images (JRI). En mission de reportage pour la société de production que j’ai fondé et pour d’autres médias français, comme à chacune des dix huit précédentes journées de mobilisations nationales contre la loi travail qui se sont déroulées depuis le début du mouvement social, le 9 mars 2016.

C’est dans l’exercice de mes fonctions et en me rendant avec un collègue journaliste, Alexis Kraland du média Street Politics, à la manifestation contre la loi travail prévue sur la place de la Bastille à 14 heures, que j’ai été arrêté et placé en rétention administrative à partir de 12 heures 40. Je venais de me présenter avec mes papiers d’identité et mon sac de tournage ouvert au premier check point de la police, situé au niveau de la bouche de métro du boulevard du Temple. Nous marchions depuis la place de la République en direction de la place de la Bastille.

J’ai présenté à l’officier me demandant « d’identifier ma qualité de journaliste par un document officiel » un certificat K BIS de moins de trois mois indiquant mon statut de gérant de l’entreprise de production de contenus d’information Taranis, enregistré au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) de Rennes. J’ai participé au contrôle de l’intégralité de mon sac de tournage par des officiers, ainsi que du contenu de mes poches. Je tiens à préciser que j’ai coopéré aux injonctions dans le calme, durant la totalité de mon contrôle ainsi que de ma rétention administrative. Les policiers qui ont procédé à notre interpellation ne portaient pas de matricules.

J’ai immédiatement été privé de ma liberté, fouillé une seconde fois et assis de force au sol, entre trois policiers. Sans autorisation de me déplacer, d’utiliser mon téléphone portable ou de communiquer oralement avec d’autres collègues journalistes aux alentours, qui ont par ailleurs été repoussés. J’ai insisté à de multiples reprises pour connaitre le motif légal de mon interpellation qui ne m’a pas été donné dans l’immédiat, et il aura fallut attendre 13 heures pour qu’un autre officier me signifie que j’étais arrêté avec mon collègue journaliste Alexis Kraland pour « attroupement en vue de commettre un délit ».

Nous sommes regroupés avec six présumés manifestants interpellés, avec lesquels nous entrons dans un camion de police qui contient déjà quatre autres personnes, aux alentours de 13 heures 20. La police nous conduits au commissariat du dix huitième arrondissement de Paris.

Je tiens à préciser que malgré la température extérieure supérieure à trente deux degrés durant notre transport et notre rétention, plus de quatre heures, et alors que de nombreuses personnes en ont fait la demande, à de multiples reprises, pas une goutte d’eau ne nous aura été remise par les forces de police et il n’aura pas été possible de se rendre aux toilettes. Certains officiers venant même « narguer les manifestants » en buvant ostensiblement de l’eau à la bouteille devant eux, utilisant parfois celles qui appartenaient aux personnes retenues.

Personne ne s’est vu proposer de contacter un avocat ou un médecin, à part les personnes placées en Garde A Vue (GAV), n’ayant pas la nationalité française ou étant binationaux. Des personnes ont été gardées plus longtemps, mais en ce qui me concerne la rétention aura duré quatre heures et vingt minutes. Ce délais est, me semble-t-il, au delà du maximum légal pour une rétention administrative en France, sans un placement en GAV.

Vu que les faits ce sont produits dans le cadre de mon activité professionnelle de journaliste,

Vu que la détention arbitraire des journalistes en amont d’événements sociaux ou politiques est condamnée par le droit international, incluant l’intégralité des traités relatifs à cette question ratifiés par la France et traduits en droit français,

Vu que les officiers en charge du contrôle ont reconnus eux-mêmes verbalement avoir connaissance de mon entreprise et de mes activités, à la lecture du K BIS présenté, la question pouvant alors se poser de la nécessité d’être gardé quatre heures de plus pour une « vérification d’identité »,

Vu qu’au moins un des officiers commandant la compagnie d’Intervention à l’origine de notre contrôle et de notre interpellation, est concerné par une enquête de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) pour des violences volontaires sur des manifestants dans la nuit du 28 avril 2016, sur ce même boulevard du Temple, des faits que j’ai en partie filmé et pour lesquels l’IGPN m’a demandé de témoigner dix jours plus tard,

Vu que j’ai déposé plainte auprès de l’IGPN à trois reprises en deux ans, uniquement pour les faits dont je disposais de preuves matérielles, pour « violence volontaire avec arme », « complicité de violence volontaire » avec la double circonstance aggravante qu’elles ont été commises par « un ou des fonctionnaires en charge de l’autorité publique dans l’intention de provoquer une mutilation permanente », des faits entraînant jusqu’à vingt et un jours d’Interruption Temporaire de Travail (ITT) et passible de la cour d’assises,

Je souhaite par la présente vous solliciter à ouvrir une enquête sur les faits du Jeudi 23 Juin 2016, en la confiant si possible à des juges d’instruction indépendants.

Je souhaite par la présente déposer plainte contre X pour « atteinte arbitraire à liberté par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Je souhaite recommander, à titre provisoire, car je n’ai signé et on ne m’a remis aucun document, afin de prévenir toute destruction, dissimulation ou altération des preuves nécessaires à la justice, que soit saisis les procès verbaux d’arrestation, de transport, de placement en rétention administrative et d’audition, censés avoir été rédigés par la police, ou tout autre corps de force de l’ordre déployé, CDI, SI, BI, Brigade Anti Criminalité (BAC), gendarmerie et Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Je souhaite que soit saisies les traces photos, radios, audios et vidéos des forces de l’ordre, y compris les dispositifs intégrés à leurs uniformes ou mis à disposition par la vidéo surveillance de la ville de Paris, lors de l’arrestation et le placement en détention au niveau du boulevard du Temple.

Je souhaite demander une réparation de deux mille cinq cent euros pour le préjudice économique subit par l’entreprise Taranis et provoqué par cette rétention, n’ayant pu fournir les contenus commandés par les clients de la société, ni relayer ceux produits par nos équipes en région.

Je souhaite enfin, en mon nom mais aussi par ma qualité de gérant, au nom des autres collaborateurs de l’entreprise Taranis concernés, que soit ordonné la restitution immédiate du matériel de protection à usage professionnel, lunettes de protection et masques contre le gaz lacrymogène, saisit sans la justification d’un arrêté stipulant l’interdiction de leur détention ou de leur usage, en date du 23 Juin 2016 à Paris, dans le commissariat du dix huitième arrondissement, et du 31 mai 2016 à Rennes, dans le commissariat de la Tour d’Auvergne.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 19:35

https://socialistworker.co.uk/art/42971/Thousands+demonstrate+to+support+Corbyn

Des milliers de personnes manifestent pour soutenir Jeremy Corbyn

Par Nick Clark

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le parlement, Lundi 27 Juin 2016, pour la défense du chef de l'aile gauche du parti travailliste, Jeremy Corbyn. Des centaines d'autres ont rejoint des rassemblements similaires à Newcastle et à Manchester pour défendre Jeremy Corbyn contre les manœuvres des députés travaillistes pour se débarrasser de lui.

Momentum, le groupe de gauche du parti travailliste qui a organisé le rassemblement de Londres, a déclaré que dix mille personnes avaient manifesté pour soutenir Jeremy Corbyn. Ils ont manifesté au moment ou Jeremy Corbin faisait face aux députés travaillistes à l'intérieur du parlement, qui se réunissaient pour débattre d'une motion de défiance contre lui.

Les rassemblements faisaient penser aux meetings de masse de Jeremy Corbyn pendant sa campagne pour son élection à la direction du parti travailliste l'année dernière.

Prenant la parole lors du rassemblement à Londres, Jeremy Corbyn a expliqué les raisons pour lesquelles beaucoup de ses partisans ont voté pour lui l'année dernière. Il a dit que « nous sommes absolument l'esprit de l’espoir, nous ne sommes pas l'esprit du désespoir ». Il a également dit que les supporters du parti travailliste ont besoin de construire une politique d’unité pour battre l'austérité.

Mais les rassemblements étaient aussi des rassemblements de colère et de défi. Il est incroyable que la droite divise le parti travailliste juste au moment où toute l'attention devrait être portée sur les problèmes des conservateurs.

Les chants de « dehors les conservateurs, vive Jeremy Corbyn » résonnaient à travers la place du parlement à Londres et devant le Grey’s Monument au centre de la ville de Newcastle.

Le militant du parti travailliste Daniel Kebede participait au rassemblement de Newcastle. Il a dit à Socialist Worker qu’il était très en colère. Il criait « honte à vous » à chaque fois que quelqu'un mentionnait le nom d'un ministre démissionnaire du cabinet fantôme.

Les députés travaillistes ont lancé une campagne pour la démission de Jeremy Corbin, Dimanche 26 Juin 2016. Ils prétendent qu'ils ont perdu confiance dans la capacité de Jeremy Corbyn de diriger le parti après le résultat du référendum sur l'Union Européenne la semaine dernière.

En réalité, ils sont outrés que les militants et les sympathisants les aient défiés en élisant un chef de file de l'aile gauche l'an dernier. Depuis son élection, ils sont à la recherche d'une occasion pour se débarrasser de lui et pour reprendre le contrôle du parti.

Beaucoup de ceux qui se sont rassemblés aujourd’hui étaient furieux du mépris des députés contre leurs propres membres et sympathisants.

Yan, étudiant, participait au rassemblement de Londres. Il a dit à Socialist Worker que « le parti travailliste tente de se débarrasser de son leader démocratiquement élu. Il utilise le Brexit comme un prétexte pour le faire. Ils ignorent la décision des personnes qui ont voté pour Jeremy Corbyn et les nombreuses personnes qui ont rejoint le parti travailliste après son élection ».

Une autre supportrice, Christine Campbell, a dit que « je suis entré au parti travailliste en raison de Jeremy Corbyn. Mais s’ils continuent comme cela, il n'y aura pas d’alternative de gauche crédible dans les élections. C’est un coup d’état blairiste. J’ai écrit à ma députée et je lui ai dit que, si elle fait quelque chose contre Jeremy Corbin, elle n’aura pas ma voix aux prochaines élections générales ».

Daniel a dit « qu’il y avait un sentiment que les députés du parti travailliste sont très détachés des militants. Ils ne savent pas ce qu'ils font, ils sont dans une tour d'ivoire. Tout le monde se rend compte que le moment est venu de battre les conservateurs. Et ces gens créent une sorte de résignation ».

Plus de la moitié du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn a démissionné au cours des deux derniers jours. D’autres députés se sont joints à des appels pour la démission de Jeremy Corbyn. Et un vote de défiance contre Jeremy Corbyn aura lieu Mardi 28 Juin 2016.

Leur plan est de faire pression contre Jeremy Corbyn pour qu’il démissionne et d’appeler à l’élection d’un nouveau leader du parti.

Pourtant, Jeremy Corbyn défie jusqu’à maintenant les tentatives de l'évincer. Il a insisté sur le fait que, si les députés travaillistes veulent l’élection d’un nouveau leader, il faut qu’ils trouvent un candidat contre lui.

La force du rassemblement d’aujourd’hui montre que Jeremy Corbyn reçoit un énorme soutien de la part des militants et des sympathisants du parti travailliste. Il est également soutenu par un certain nombre de syndicats et de députés travaillistes.

Le ministre de l’économie du cabinet fantôme, John McDonnell, a parlé lors du rassemblement de Londres. Il a dit qu’il était « absolument clair que Jeremy Corbyn ne démissionnera pas. S'il y a une autre élection, Jeremy Corbyn sera à nouveau candidat ».

Il a ajouté que ce n’était « pas du tout une question personnelle. C’est la question de la démocratie du mouvement. Au cours des prochaines semaines, nous nous demandons d’exprimer votre soutien à Jeremy Corbyn et à la politique qu'il représente ».

Diane Abbott, qui a été nommée aujourd'hui ministre de la santé du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn, a dit que « je vais continuer à soutenir Jeremy Corbyn en privé, en public, au parlement et dans les médias ». Les députés travaillistes Angela Smith, Richard Burgon et Dennis Skinner, ont également parlé lors du rassemblement.

Des secrétaires généraux des syndicats sont également intervenus pour soutenir Jeremy Corbyn.

Matt Wrack, du syndicat des pompiers FBU, a dit que « ces gens au parlement pensent qu'ils peuvent organiser un coup derrière des portes closes. Je les mets au défi de sortir et de faire face au peuple ».

Tosh Mac Donald du syndicat ASLEF, Ronnie Draper du syndicat BFAWU et Dave Ward du syndicat CWU, sont également intervenus. Et Mark Serwotka du syndicat PCS a également envoyé un message de solidarité. Plus tôt aujourd'hui, UNISON, l'un des plus grands syndicats de Grande-Bretagne, a publié une déclaration de soutien à Jeremy Corbyn.

La pression contre Jeremy Corbyn de ses propres députés pour qu’il démissionne sera immense.

Mais Yan a dit que « des événements comme celui d’aujourd’hui prouvent qu'il y a un soutien pour lui ».

Bob, un autre supporter, a dit, « regardez la foule ici, quel autre homme politique a ce genre de soutien » ?

Mobiliser pour soutenir Jeremy Corbyn dans les lieux de travail et dans les rues, dans les mouvements contre l'austérité et le racisme, sera crucial pour le défendre. Tout le monde à gauche devrait défendre Jeremy Corbyn contre la droite.

La manifestation appelée par Stand Up to Racism et la People’s Assembly le 16 Juillet 2016 sera très importante.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:55

http://www.liberation.fr/france/2016/06/28/a-paris-la-police-a-encercle-la-bourse-du-travail_1462671

A Paris, la police a encerclé la bourse du travail

Par Luc Peillon , Ismaël Halissat et Rozenn Morgat

Un petit groupe proche du mouvement des Nuits Debout, refusant de participer à la manif syndicale contre la loi travail en raison des conditions imposées par les forces de l'ordre, est resté « nassé » devant le bâtiment.

Bourse du travail, Mardi 28 Juin 2016, dans le dixième arrondissement à Paris. Il est 12 heures 30 et l’assemblée commence à s’impatienter. Une grosse centaine de personnes, opposées à la manifestation officielle « en cage », sont réunies depuis le milieu de la matinée pour décider d’une action commune. Le « tour de manège » du Jeudi 23 Juin 2016 a laissé un souvenir amer.

Occuper les locaux ou bien rejoindre quand même la manifestation ? Les débats sont animés parmi le petit groupe de salariés, précaires et étudiants. Beaucoup d’entre eux sont proches du mouvement des Nuits Debout. Problème, depuis une demi-heure, la police encercle le bâtiment. Impossible de sortir sans fouille individuelle. « Nous ne pouvons pas accepter cela », explique un militant. « Ils nous contrôlent place de la République alors que la manifestation est place de la Bastille », s’indigne un autre. Décision adoptée à main levée, sortir en groupe et refuser les fouilles. Quelques minutes plus tard, tout le monde est dans la rue. Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), qui s’étaient reculées, reviennent aussitôt nasser la petite foule. Un militant cégétiste explique alors que Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT), a appelé le préfet de police pour s’indigner de l’encerclement de la bourse du travail par la police, sans résultat.

Chamboule-tout

« C’est totalement scandaleux que nous ne puissions pas accéder à une manifestation qui a été autorisée par le gouvernement. Ils utilisent l’état d’urgence pour nous empêcher de nous exprimer », s’exclame Gaël Quirante, secrétaire départemental des Hauts-de-Seine du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD). « Mais ils n’auront pas de répit pendant le mois d’août 2016. Il y a trop de colère accumulée ». Côté étudiant, la rancœur monte aussi, « ce ne sont même plus des contrôles, mais des fouilles au corps », s’agace Jérémy, qui dit avoir été fouillé huit fois, Jeudi 23 Juin 2016.

Les heures passent et le moral des personnes présentes remonte au rythme des coups de fil reçus des participants au cortège syndical, parti de la place de la Bastille à 14 heures. « Je pense qu’ils vont nous rejoindre, ils sont au courant de la nasse devant la bourse du travail », explique un étudiant. Peu de temps après, une petite foule commence, en effet, à se former de l’autre côté de la nasse, obligeant les forces de l’ordre à augmenter leurs effectifs. Il y a Xavier Mathieu à l’intérieur et l’économiste Frédéric Lordon de l’autre côté. L’ambiance est bonne enfant. Plusieurs ballons, confisqués les uns après les autres, sont échangés au-dessus du cordon de police séparant les deux groupes. D’autres improvisent un chamboule-tout avec des gobelets en plastique.

En fin d’après-midi, l’affluence des personnes revenues de la manifestation oblige les forces de l’ordre à investir la place de la République, située à proximité, et à procéder à plusieurs interpellations. Devant la bourse du travail, le barrage policier est maintenu, contrôlant les entrées et sorties.

Vers 18 heures, plusieurs centaines de personnes, retranchées dans le bâtiment, étaient toujours réunies en assemblée générale.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:40

L'attentat d'Istanbul a fait quarante et un morts, l'Etat Islamique premier suspect (Reuters)

Les enquêteurs examinaient Mercredi 29 Juin 2016 les vidéos de l'attentat de l'aéroport international Atatürk d’Istanbul et les déclarations de témoins après l'attaque menée par trois kamikazes, soupçonnés d'appartenir au groupe Etat Islamique, qui y ont fait quarante et un morts et deux cent trente neuf blessés.

L'attaque, Mardi 28 Juin 2016, n'a pas été revendiquée, mais les premiers indices mettent en cause l'organisation djihadiste, a déclaré le premier ministre turc, Binali Yildirim.

Treize étrangers figurent parmi les victimes, ont annoncé les autorités turques, cinq saoudiens, deux irakiens et des citoyens de Chine, de Jordanie, de Tunisie, d'Ouzbékistan, d'Iran et d'Ukraine.

Cette attaque dans le troisième aéroport d'Europe est l'une des plus meurtrières menées en Turquie ces derniers mois.

L'un des kamikazes a tiré au hasard dans le hall des départs du terminal international avec une arme automatique, semant la panique parmi les voyageurs, avant que les trois kamikazes se fassent exploser à l'intérieur et à l'extérieur du terminal.

Des images de caméras de vidéo surveillance montrent un kamikaze touché par une balle, probablement tirée par un policier. L'homme tombe et fait exploser sa bombe environ vingt secondes plus tard.

« C'est comme un puzzle. Les autorités étudient les images des caméras de vidéo surveillance et les déclarations des témoins », a dit un responsable turc.

L'agence de presse Dogan a rapporté, sans citer ses sources, que les autopsies des trois attaquants, dont les bustes étaient en lambeaux, ont révélé que ceux-ci pourraient être des ressortissants étrangers.

Des éléments du toit sont tombés sur le trottoir devant le hall d'arrivée. Les baies vitrées du terminal ont volé en éclats et des câbles électriques pendent du plafond.

Mercredi 29 Juin 2016, des équipes de nettoyage ramassaient les débris et la police poursuivait ses patrouilles alors que le trafic aérien reprenait progressivement à l'aéroport international.

Arrivés en taxi

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que l'attentat devrait constituer un tournant dans la lutte contre le terrorisme, qui, selon lui, « n'a rien à voir avec la foi ou des valeurs ».

Les attaquants se sont rendus à l'aéroport en taxi. Deux spécialistes américains du contre-terrorisme ont déclaré que l'Etat Islamique était fortement suspecté, même s'il n'y avait aucune preuve pour le moment.

Les services du gouverneur de la ville ont indiqué que cent neuf des deux cent trente neuf personnes hospitalisées après l'attaque ont pu rentrer chez elles. « Il y avait des petits bébés qui pleuraient, des personnes qui criaient, des débris de verre et du sang partout sur le sol. Il y avait beaucoup de monde, c'était le chaos », témoigne Diana Eltner, une psychologue suisse de vingt neuf ans.

Des passagers dont le vol a été reporté dormaient encore à même le sol Mercredi 29 Juin 2016 tandis que d'autres réconfortaient les employés de l'aéroport. Turkish Airlines dit avoir annulé trois cent quarante vols avant la reprise du trafic, Mercredi 29 Juin 2016 après 8 heures du matin, 5 heures GMT.

L'attentat rappelle les attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles, où seize personnes ont été tuées à l'aéroport de Zaventem dans des explosions déclenchées par des kamikazes de l'Etat Islamique. Seize autres personnes avaient été tuées un peu plus tard dans un attentat-suicide à une station de métro du centre de Bruxelles.

L'Etat Islamique a également revendiqué les attentats de Paris qui ont fait cent trente morts au mois de novembre 2015.

Maximiser la peur

« A Istanbul, ils ont utilisé une combinaison des méthodes employées à Paris et à Bruxelles. Ils ont planifié une attaque qui maximiserait la peur et les pertes humaines », estime Suleyman Ozeren, spécialiste du terrorisme à l'Institut de politique et de stratégie mondiale basé à Ankara.

Les autorités américaines ont relevé que l'attentat d'Istanbul semblait suivre le mode opératoire de l'Etat Islamique, plutôt que celui des militants kurdes qui ciblent généralement le gouvernement turc.

Elles notent qu'il y a une « nette augmentation » de la propagande et des communications des membres de l'Etat Islamique sur les réseaux cryptés qu'ils utilisent sur internet, ce qui attesterait de leur volonté de multiplier les attaques hors de Syrie et d'Irak, où l'organisation djihadiste ne cesse de perdre du terrain.

Paul Roos, un sud africain âgé de soixante dix sept ans, a décrit à Reuters l'un des kamikazes qui « tirait au hasard » dans le hall des départs. « Il tirait sur tous les gens qui se trouvaient sur son passage. Il était entièrement habillé en noir. Son visage n'était pas masqué. J'étais à cinquante mètres de lui », raconte-t-il.

« Nous nous sommes réfugiés derrière un comptoir mais je me suis relevé et je l'ai regardé. Deux explosions ont retenti à peu d'intervalle. A ce moment-là, il avait arrêté de tirer. Il s'est retourné et a commencé à avancer vers nous. Il tenait son arme à l'intérieur de sa veste. Il a regardé nerveusement autour de lui pour voir si quelqu'un allait l'arrêter et puis il a descendu l'escalator. Nous avons entendu de nouveaux coups de feu puis une autre explosion et après c'était fini ».

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:18

http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/06/29/a-londres-jeremy-corbyn-s-accroche-le-labour-vacille_4960193_4872498.html

Jeremy Corbyn vacille à la tête du parti travailliste

Une motion de défiance contre le dirigeant travailliste a été adoptée par quatre vingt un pour cent des députés de sa formation

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Le parti travailliste britannique ne souhaitait pas le référendum sur l’Union Européenne, mais il pourrait être la première victime collatérale du séisme que produit le Brexit dans la vie politique britannique. Mardi 28 Juin 2016, Jeremy Corbyn, le chef du parti travailliste, accusé de mollesse dans la campagne pour le maintien dans l’Union Européenne, a perdu la confiance des députés qui traditionnellement constituent l’armature du parti. Une motion de défiance contre lui a été votée par cent soixante douze membres du parlement, soit quatre vingt un pour cent du groupe travailliste. Mais l’intéressé, dénonçant un « coup d'état de couloir », a refusé de démissionner, se prévalant du mandat des adhérents qui l’ont porté à la tête du parti au mois de septembre 2015.

« J’ai été élu démocratiquement pour mener un nouveau genre de politique par soixante pour cent des adhérents et des sympathisants et je ne les trahirai pas en démissionnant », a déclaré Jeremy Corbyn en déniant toute légitimité au vote des députés. Le scrutin n’est que consultatif mais, s’ajoutant à la démission des deux tiers des membres du cabinet fantôme, l'exécutif du parti travailliste, il prive de fait le dirigeant de l’exercice du pouvoir. « L’expérience de Jeremy Corbyn à Westminster est effectivement terminée », tranche, Mercredi 29 Juin 2016, l’éditorial du Guardian.

Cette guerre interne sans merci, porteuse d’un risque de scission, couve depuis des mois. De nombreux élus se plaignent de la faiblesse personnelle de Jeremy Corbyn en tant que dirigeant, notamment de son refus d’apparaître dans les médias qu’il accuse de comploter contre lui. Ils estiment que ses positions favorables par principe à l’immigration, sont « invendables » à leurs électeurs et mettent en péril leurs sièges. L’échec du vote favorable au maintien dans l’Union Européenne, que le parti travailliste défendait, a précipité la fronde. D’autant que le Brexit pourrait déboucher dès le mois de novembre 2016 sur des élections législatives, après la désignation, fixée au 9 septembre 2016, du successeur de David Cameron à la tête des conservateurs.

« Je ne pense pas que tu aies la capacité de formuler les réponses que notre pays attend et je crois que si nous voulons former le prochain gouvernement, un changement de leadership est nécessaire », écrit par exemple Heidi Alexander, ministre de la santé du cabinet fantôme dans sa lettre de démission adressée à Jeremy Corbyn. La panique des députés se nourrit de la rébellion des électeurs du parti travailliste, dont trente sept pour cent ont voté pour le Brexit, contrairement aux consignes du parti. S’est ajouté un sondage publié Mardi 28 Juin 2016, selon lequel vingt sept pour cent des électeurs de gauche sont moins enclins à voter pour le parti travailliste depuis le référendum.

La crise entre le chef du parti et ses députés est une réplique de celle qui secoue tout le pays depuis le résultat du référendum. La légitimité du vote populaire pour le Brexit contredit la souveraineté du parlement élu au mois de mai 2015 et très majoritairement pro-européen. De même, au niveau du parti travailliste, la légitimité de Jeremy Corbyn, élu par soixante pour cent des cinq cent cinquante deux mille adhérents et sympathisants enregistrés, s’oppose à celle des députés qui se prévalent, eux, du mandat que leur ont donné les neuf millions trois cent mille électeurs du parti travailliste. La querelle est exacerbée par le changement des règles d’élection du leader qui ont permis à Jeremy Corbyn, obscur tenant de l’aile gauche du parti, d’être élu. Alors qu’auparavant, les députés et les syndicats faisaient l’élection, l’ouverture du scrutin à des sympathisants ayant payé trois livres sterling sur internet, a permis à une nouvelle génération de jeunes de bousculer le jeu et de porter en triomphe Jeremy Corbyn.

Lundi 27 Juin 2016, l’organisation, par les amis de Jeremy Corbyn, d’une manifestation de près de dix mille de ses supporters devant le parlement, à l’heure où les députés débattaient de la motion de défiance, a exaspéré les élus et accéléré le mouvement de défections dans l’exécutif du parti.

Le nom de deux députés, Angela Eagle, ministre démissionnaire du commerce dans le cabinet fantôme, et Tom Watson, numéro deux du parti, circulent depuis Mardi 28 Juin 2016. Si l’un des deux obtient le parrainage de cinquante députés ou députés européens, ils pourraient défier Jeremy Corbyn lors d’un scrutin.

Le carnage au parti travailliste ferait presque oublier que les conservateurs, écartelés entre pro et anti-Brexit, sont, eux aussi, plongés dans l’une des crises les plus aiguës de leur histoire. Alors que Boris Johnson, leader du vote pour quitter l'Union Européenne, apparaît comme le possible successeur de David Cameron, la cote de la ministre de l’intérieur Theresa May, qui a soutenu du bout des lèvres le vote pour le maintien dans l'Union Européenne, est montée Mardi 28 Juin 2016 lorsqu’un sondage l’a placée devant l’ancien maire de Londres dans la course pour le dix Downing Street qui va durer tout l’été.

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 17:22

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/06/28/la-loi-el-khomri-merite-un-referendum_4959916_3232.html

http://www.convergencedesluttes.fr/petitions/index.php?petition=48

La loi travail mérite un référendum

Mardi 28 Juin 2016

Ce gouvernement ne doit pas continuer à faire monter les tensions dans le pays. Nous le disons depuis des jours.

Pour imposer la loi travail, peut être croit-il donner l’impression de l’amender dans la confusion des départs en vacances, au début du mois de juillet 2016. Est-ce ainsi qu’on gouverne ? Il semble aux abois, à bout de nerfs. Il manie les provocations policières pour accuser les organisations syndicales et laisse faire quelques groupes violents, en marge des manifestations.

Ses soutiens en viennent à calomnier les « mauvais syndicats », c’est-à-dire les syndicalistes qui ont le mauvais gout de continuer à résister. Leurs propos sont souvent teintés d’un mépris de classe manifeste. Décision sans précédent depuis des décennies, il vient d’interdire une manifestation syndicale, remettant ainsi en cause une liberté fondamentale.

Pourtant il faut débloquer la situation. Le projet de loi travail est aujourd’hui rejeté par l’opinion. Le gouvernement refuse pourtant de la retirer. Nous lui demandons alors cette chose simple, ouvrir un vrai débat public contradictoire sur ce projet. Cela avait été réalisé au moment de la consultation sur le traité constitutionnel européen, avec à la clef un référendum. Quels que puissent être les défauts de la forme référendaire, la situation présente est si fermée qu’il faut bien la débloquer. Nous demandons donc au président de la république, puisqu’il refuse de retirer le projet de loi travail, qu’il organise un référendum sur le projet présenté à l'assemblée nationale.

Il est grand temps que les propositions des organisations syndicales soient débattues. Le gouvernement craindrait-il que le projet de sécurité sociale professionnelle, de nouveaux rapports au droit du travail et de nouvelles modalités de négociation et de formation soient approuvés par le plus grand nombre ?

Heureusement, et contre lui, il a permis de faire entendre, au gré des manifestations, du mouvement des Nuits Debout et de multiples débats, des exigences et des critiques pertinentes sur l’organisation de la société, un peuple qui vaut mieux que cela et mieux que le silence qu’on lui veut lui imposer, un peuple debout.

N’entend-t-il plus les citoyens ? Qui l’a élu ? Peut-il gouverner sans le peuple et aussi contre la représentation nationale à coup de quarante neuvième article de la constitution, preuve qu’il n’a pas de majorité pour voter un tel texte ? Voter aux élections présidentielles n’est pas donner un passeport vers nulle part. Elire, même sous la cinquième république, n’est pas s’en remettre au bon vouloir d’un monarque républicain, qui s’affranchit de son programme. Elire n’est pas donner une carte blanche mais un mandat. Il n’en a reçu aucun pour imposer la loi travail.

Il y a eu trop de blessures et trop de mensonges qui accroissent la colère. Il doit cesser de côtoyer les risques de tragédie. Nous croyons, pour notre part, qu’une très large majorité de la population a parfaitement compris cette loi, pour favoriser de grands groupes financiers, il faudrait encore réduire les droits des salariés. Il n’y aurait plus au final un code du travail, mais des rapports de dépendance, entreprise par entreprise, des syndicats contournés et des individus moins payés, isolés, sommés de se soumettre ou renvoyés au chômage.

Les partisans de la loi travail arguent de sa modernité. Qu’ils la démontrent. Débattons. Et que tranchent les citoyens. Il est temps qu’un juge de paix advienne. En démocratie, c’est le peuple souverain. Il est temps que lui revienne le dernier mot. C’est pourquoi nous demandons l’organisation d’un référendum sur le projet de loi travail.

Premiers signataires

Etienne Balibar, Jacques Bidet, Patrick Chamoiseau, Pierre Cours-Salies, Annie Ernaux, Susan George, Pierre Joxe, Pierre Khalfa, Jean-Luc Nancy, Willy Pelletier, Aurélie Trouvé

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 20:10

http://www.humanite.fr/les-cinq-etoiles-brillent-rome-et-turin-610070

Les cinq étoiles brillent à Rome et Turin

Par Gaël de Santis

Né en 2009, le Mouvement Cinq Etoiles (MCE) connaît une ascension fulgurante. Dimanche 19 Juin 2016, dans dix neuf des vingt villes où il s’était qualifié au second tour, il l’a emporté. Que défend le parti créé par Beppe Grillo ?

Dimanche 19 Juin 2016, Beppe Grillo était aux anges. Le leader du MCE s’est présenté à la fenêtre de son hôtel les bras en V, en signe de victoire.

En guise de cravate, le comique portait un cintre. En italien, « cintre » se dit « appendino ». Mot qui se trouve servir de patronyme à Chiara Appendino. Cette femme de trente deux ans, membre du MCE, a ravi, Dimanche 19 Juin 2016, avec cinquante quatre pour cent des voix, la mairie de Turin à Piero Fassino, cacique du Parti Démocrate du président du conseil, Matteo Renzi. La ville était un bastion du centre gauche depuis 1992.

À Rome, Virginia Raggi, trente sept ans, adhérente elle aussi du MCE, a recueilli soixante sept pour cent des voix, renvoyant dans les cordes Roberto Giachetti, un candidat démocrate proche du président du conseil. Au total, dans dix neuf des villes de plus de quinze mille habitants où le MCE a accédé au second tour, Dimanche 19 Juin 2016, ce dernier l’a emporté.

Le MCE, né à l’occasion des élections municipales de 2009, n’avait jusqu’alors que peu de figures de proue. La plus connue était celle de son fondateur et leader, Beppe Grillo, un comique génois qui s’est fait connaître en attaquant la « caste » des hommes politiques et en maniant le thème du « tous pourris » dans un pays où des affaires de corruption et où les abus d’élus sont annoncés quotidiennement dans les journaux.

Le Parti Démocrate est estimé à trente et un pour cent des intentions de vote

Au fil du temps, les Italiens ont commencé à connaître le gourou du MCE, Gianroberto Casaleggio. Décédé au mois d'avril 2016, cet homme d’affaires et informaticien était l’idéologue qui souhaitait fonder une démocratie de l’ère d'internet. C’est l’entreprise Casaleggio Associati qui a fourni les programmes et les algorithmes qui permettent au mouvement de consulter sur le web sa base pour élaborer les listes des candidats ou le programme du parti. Depuis les élections législatives du mois de février 2013, où le MCE est devenu le premier parti avec vingt six pour cent des voix, certains parlementaires sont sortis du lot. C’est le cas de Luigi di Maio, député qui cultive le nouveau visage du MCE, moins vociférant et moins démagogue que Beppe Grillo. Il travaille à une « normalisation » du MCE. C’est lui qui fanfaronnait hier, « les citoyens nous ont reconnu la capacité de gouverner. Désormais, nous sommes prêts à diriger l’Italie ».

Saugrenue il y a seulement quatre ans, la chose est désormais plausible. La droite est affaiblie et le fait qu’en son sein les autonomistes xénophobes de la Ligue du Nord se soient arrogé le leadership au détriment des berlusconiens de Forza Italia peut effrayer l’électorat modéré. En vertu du mode de scrutin qu’a fait adopter Matteo Renzi, au second tour des prochaines élections législatives, ne figureront que les deux coalitions arrivées en tête. Le Parti Démocrate est estimé à trente et un pour cent des intentions de vote, le bloc de droite peut espérer un score de trente pour cent des voix. Quant au MCE, il est crédité de plus de vingt cinq pour cent des voix. En cas de second tour, notamment face au Parti Démocrate, les sondages prédisent une victoire du MCE.

Il s’agirait de l’arrivée aux manettes d’une formation populiste, entend-on. Il est vrai que le MCE use d’arguments faciles et parfois démagogues. Pire, les dirigeants du MCE prennent soin de ne pas froisser la droite. Un tiers de leurs sympathisants viennent du camp conservateur. Et au second tour, l’apport des voix berlusconiennes ou de la Ligue du Nord est crucial. Cela a conduit Beppe Grillo à tenir des propos ambigus concernant l’accueil des réfugiés, qu’il faudrait soumettre à un examen médical pour vérifier qu’ils ne soient pas porteurs du virus Ebola. De même, malgré un vote massif de ses militants, quatre vingt pour cent, en faveur des unions homosexuelles, le MCE n’a pas pris position sur le sujet. Par ailleurs, Beppe Grillo incarne une ligne contre l'euro et contre l'Union Européenne. Cela a conduit le MCE à siéger parmi les bancs ultra conservateurs au parlement européen, aux côtés des xénophobes de l'United Kingdom Independance Party (UKIP) de Nigel Farage.

Pour autant, au niveau local, le parti présente un visage bien différent. Nombre d’électeurs sont des déçus du Parti Démocrate au pouvoir ou du Parti de la Refondation Communiste (PRC). Le programme environnemental et de rénovation démocratique et sociale, avec la proposition de l’introduction d’un revenu minimum pour les chômeurs, a conquis l’électorat de gauche. Au niveau local, le MCE est très souvent animé par des citoyens de gauche qui revendiquent l’héritage social et la droiture morale d’Enrico Berlinguer, ancien secrétaire général du Parti Communiste Italien (PCI) jusqu’en 1984. Et le maire de Livourne se dit ouvertement de gauche. La nouvelle maire de Turin a, d’abord, milité à gauche avant de rejoindre le MCE.

Mais aujourd’hui, les maires de Rome et de Turin cultivent un profil « modéré », de type de Luigi di Maio qui s’est converti aux bienfaits de l’Union Européenne et de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), pour transformer le MCE en parti de gestion. Reste à voir si Virginia Raggi et Chiara Appendino sauront gérer leur ville. À Parme, conquise en 2012, le maire Federico Pizzarotti a dû revenir sur son engagement de campagne de refuser l’installation d’un incinérateur et sa gestion défraye la chronique. Dans des petites villes, en mal de candidats, le MCE a été victime d’infiltrations mafieuses. À Rome et à Turin, Virginia Raggi et Chiara Appendino n’ont donc pas droit à l’erreur. Et leur action sera étroitement contrôlée par la direction du MCE et singulièrement par Beppe Grillo. Celui-ci hésite entre ses outrances et le grand saut en avant. « Désormais, nous volons haut vers le gouvernement national. L’avion vers la mission impossible a décollé », a-t-il prévenu.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 19:40

http://www.la-sociale.viabloga.com/news/apres-la-manifestation-du-14-juin

Après la manifestation du Mardi 14 Juin 2016

Par Denis Collin

Mercredi 15 Juin 2016

Estimations

Un million, le chiffre est à l’évidence délirant.

Si on donne un mètre carré par manifestant, en marche, il faut compter cela, un cortège d’un million de personnes demande un million de mètres carrés soit sur une avenue de cinquante mètres de large un cortège long de vingt kilomètres. Même si on tasse les manifestants à deux par mètre carré, cela fait encore dix kilomètres, le parcours entre la place d'Italie et l'esplanade des Invalides fait à peine cinq kilomètres et toutes les rues parcourues ne font pas cinquante mètres de large.

Inversement, le chiffre de la police apparaît tout aussi fou. Si le cortège faisait cinq kilomètres, les derniers partent quand les premiers arrivent, avec le même calcul on obtient quelque chose comme deux cent cinquante mille manifestants. Ce qui est énorme et bien plus que toutes les autres manifestations depuis le début du mouvement contre la loi travail.

Casseurs

Les chaînes d’information en continu et les journaux télévisés en font des tonnes sur les casseurs. S’ils n’existaient pas, il aurait fallu les inventer, ce qu’on a fait. Comment expliquer que la police ait été incapable de les arrêter alors qu’ils précédaient le cortège et ont pu saccager en toute impunité. Soit le commandement des forces de police a été au-dessous de tout, soit les ordres de mansuétude à l’égard des casseurs viennent de plus haut. Ce sont les mêmes questions depuis plusieurs mois.

Casseurs encore

Qui sont-ils ? Des antifascistes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux fascistes qu’ils prétendent combattre et d’ailleurs font leur boulot ? Des agents provocateurs soudoyés par quelque officine spécialisée en coups tordus ? Il y a en a certainement. Des jeunes révoltés mais décervelés, sans doute aussi. Ce genre de mélange explosif d’un discours gauchiste, de fascination pour la violence et de manipulations diverses contre les organisations du mouvement ouvrier, cela a donné en Italie, en 1919 et en 1920, les « quadristi », les troupes de choc de Benito Mussolini.

Amalgames nauséeux

On apprend, comment et par qui, que l’enfant de trois ans du couple de policiers assassinés par le tueur islamiste Larossi Abdalla est hospitalisé à l'hôpital Necker. Les casseurs ont commencé de saccager l'hôpital Necker. Les casseurs faisaient partie de la manifestation contre la loi travail. Donc les syndicats sont responsables de la casse et ils sont donc responsables de l’attaque contre l’hopital Necker, ils auraient dû avoir la « décence » d’annuler la manifestation en hommage aux policiers assassinés. Voilà le genre de prose dégueulasse, je ne trouve pas d’autre mot, que l’on trouve répandue sur internet et notamment dans les milieux proches du Parti Socialiste. L’instrumentalisation du malheur de ce petit enfant en vue de dénoncer le mouvement social. Il fallait le faire. Ils l’ont fait. Ils osent, c’est à cela qu’on les reconnaît.

Et maintenant, voici Rhodes, c’est là qu’il faut sauter.

Le succès incontestable de la manifestation du Mardi 14 Juin 2016 peut se transformer en baroud d’honneur ouvrant sur des négociations avec les grandes confédérations afin d’attendre le vote définitif de la loi travail au début de l’été. Le gouvernement aurait gagné, en douce, et à la rentrée on passerait à autre chose, l’élection présidentielle par exemple. Mais ce scénario n’est pas certain. Autour de la loi travail, se sont greffés de nombreux mouvements revendicatifs sur les salaires notamment qui indiquent que les ouvriers commencent à relever la tête. L’automne pourrait n’être pas si calme que cela et la classe ouvrière pourrait bien venir troubler les petits jeux des prochaines élections qui concentrent l’attention de la caste.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 19:22

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/06/24/migrants-a-la-halle-pajol-a-paris-l-eternel-recommencement_4957591_1654200.html

A la halle Pajol à Paris, l’éternel recommencement

Par Maryline Baumard

L’histoire bégaye à la Halle Pajol. Dans le dix huitième arrondissement de Paris, l’esplanade Nathalie-Sarraute s’est une nouvelle fois colorée d’une grosse centaine de toiles de tentes et attend une prochaine évacuation.

Dedans ou dehors, sur des matelas ou à même le trottoir, près de trois cent migrants sommeillent, Jeudi 23 Juin 2016 en fin de matinée, abattus par la fatigue, la chaleur et le jeûne du ramadan. A deux pas, la bouche d’incendie de la rue s’écoule lentement, transformée en robinet pour la toilette et la vaisselle.

« Nous avons l’impression d’être revenus en 2015 », déplore Marc Grossman, le fondateur de Bob’s Bake Shop, restaurant branché de l’esplanade. La Halle Pajol a en effet été un des hauts lieux des campements parisiens, l’été dernier. Et là, trois semaines après l’évacuation des Jardins d’Eole le 6 juin 2016, à quelques centaines de mètres, soudanais, afghans et érythréens investissent depuis Vendredi 17 Juin 2016 ce parvis, dans un éternel recommencement. « C’est comme un cauchemar récurrent. Nous en pâtissons énormément. Mais si nous ne nous plaignons pas plus fort, c’est que les premières victimes ce sont eux et pas nous », ajoute le restaurateur. Le ton est donné. Le dix huitième arrondissement de Paris est accueillant, certes, mais cette fois, il se lasse sérieusement.

D’autant qu’un élément nouveau s’invite dans le débat. Setareh Farsi, de la Boutique for Tomorrow, s’offusque que « de nombreuses personnes installées sous les tentes ont déjà été hébergées mais ont préféré revenir ici parce que cela ne leur convenait pas ». Le constat n’est pas faux. Ils sont quelques-uns à « être montés dans un bus sans savoir où on les emmenait. Quand ils se sont retrouvés entassés dans un gymnase en grande banlieue, ils n’ont pas ressenti une véritable amélioration de leur sort par rapport à la rue », déplore Benoît Alavoine, de l’association Quartiers Solidaires. Mustafa, un jeune soudanais qui cuisinait avec les riverains bénévoles pour le campement d’Eole, s’est, lui, retrouvé, sans bien comprendre comment, dans un Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) de l’Aude. « Il a mis plusieurs jours à remonter mais est revenu », ajoute Benoît Alavoine.

A des situations comme la sienne, le préfet de région, Jean-François Carenco répond « qu'il ne sert à rien de dénigrer la quasi totalité du territoire français et fustige l’idée selon laquelle il serait dégradant d’être hébergé en banlieue ou en province ».

L’offre d’hébergement se dégrade

De l’avis général, la qualité des propositions d’hébergements offerts par la préfecture de région a diminué ces derniers temps, avec l’envoi transitoire vers des gymnases et l’élargissement du périmètre d’éloignement aux CAO, en province. Ces départs, à propos desquels les exilés déplorent le manque d’informations, entravent parfois leur projet migratoire. Bien qu’opéré par les migrants et par les bénévoles qui les aident et les voient revenir sur les campements, ce constat est réfuté par le préfet de région Jean-François Carenco qui « souhaite s’élever fermement contre les allégations selon lesquelles les offres d’hébergement en Ile-de-France se dégradent ».

Aziz a vingt quatre ans. Arrivé en France il y a deux mois, il a refusé de monter dans le bus proposé au campement d’Eole. « J’ai un rendez-vous à France Terre d’Asile (FTA) à Paris », explique-t-il en montrant un fichier de plastique rose dont il ne se défait pas. « Alors, je préfère attendre là ».

Ahmed, soudanais, partage cette même envie de rester près des gares.

« J’arrive ce matin. Il faut que je me repose parce que nous avons marché trois jours pour passer la frontière à Vintimille. Mais, dès que je vais mieux, je repars vers Calais en direction de la Grande-Bretagne. C’est mon but », insiste-t-il, allongé à même le sol, une écharpe nouée autour du cou, un pull-over et un blouson sur le dos, comme si la chaleur du soleil n’avait pas prise sur lui.

De son côté, la préfecture de région a débloqué près de dix mille places en un an. Même si l’état oublie de décompter les migrants qui ont été évacués plusieurs fois, l’effort est conséquent. Reste qu’un an après les premières évacuations parisiennes, la machine patine face à des groupes qui se reforment de plus en plus vite.

Camp de transit

« Continuer à ne rien faire, ou de répondre avec un délai, comme c’est le cas aujourd’hui, fait montre d’un profond mépris pour ces gens comme pour les habitants du quartier », regrette Bernard Kalaora, un riverain déjà impliqué dans l’aide en 2015 et venu Jeudi 23 Juin 2016 évaluer les besoins en vêtements. Le maire du Parti Socialiste du dix huitième arrondissement, Eric Lejoindre, se dit très inquiet. « Je me bagarre pour qu’on trouve très rapidement des hébergements car la situation est insupportable pour tout le monde. Ce lieu n’a pas vocation à accueillir de façon récurrente des campements », confiait-il au Monde, Jeudi 23 Juin 2016. « A plus long terme, ce qui se passe ici montre bien qu’il faut traiter le sujet autrement », ajoute-t-il, soutenant implicitement le projet d’Anne Hidalgo.

La maire de Paris a en effet annoncé au début du mois de juin 2016 la création d’un camp de transit aux normes internationales permettant d’éviter ces campements de rue. Mais sa promesse ne verra pas le jour avant le mois de septembre 2016. L’été risque donc d’être tendu dans la capitale où l’on continue, en attendant, à déplacer la misère. « Nous sommes en train de nous construire des barrières partout dans l’arrondissement », déplore Bernard Kalaora. « De peur que des campements se reconstituent, ils ont fermé l’espace sous le métro aérien à Stalingrad et barricadé les jardins d’Eole. Ils nous construisent un paysage de murs, comme aux frontières », s’insurge-t-il.

Dès que les migrants de l’esplanade Nathalie-Sarraute seront évacués, les restaurants devraient agrandir leur terrasse, une exposition extérieure sera installée et des maîtres-chiens débarqueront.

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