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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 20:06

Moscou n'utilise plus de base iranienne pour ses raids en Syrie (Reuters)

La Russie a cessé d'utiliser une base aérienne iranienne pour mener des bombardements en Syrie, a annoncé Lundi 22 Août 2016 un porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères.

« La Russie n'a aucune base en Iran et elle n'y stationne pas », a déclaré Bahram Qasemi cité par Tasnim.

Des bombardiers à long rayon d'action Tupolev 22 et des bombardiers tactiques Soukhoï 34 ont décollé la semaine dernière de la base aérienne d'Hamadan, dans le nord-ouest de l'Iran, pour bombarder des positions de l’Etat Islamique et des rebelles de l'ancien Front al Nosra à Alep, Idlib et Daïr al Zour en Syrie.

Aucun avion russe n'avait encore décollé d'un pays étranger, en dehors de la Syrie elle-même, depuis le début de l'intervention militaire de Moscou, au mois de septembre 2015. C'est en outre la première fois que la république islamique d'Iran autorise une puissance étrangère à utiliser son territoire à des fins militaires.

Des parlementaires iraniens ont contesté cet usage, jugeant qu'il allait à l'encontre de la constitution de la république islamique, ce qu'a réfuté Dimanche 21 Août 2016 le ministre iranien de la défense.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:05

https://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Paimpont/commission_communication_medias

Synthèse des échanges de la commission communication de Paimpont

Quelques considérations générales

Parfois décriée comme faisant partie de leur monde, la communication est pourtant fondamentale pour le mouvement. La frontière entre communication interne et communication externe n'est pas nette. Les deux sont étroitement interdépendantes et ne peuvent être cloisonnées. Au point où en est arrivé le mouvement, la priorité est à l'amélioration de la communication interne entre les collectifs locaux. Ce qui n'est pas sans incidence sur la communication externe nationale.

La parole est le premier outil de communication, dont l'écrit est un dérivé. Ne pas oublier les autres formes d'expression, notamment le dessin.

Communiquer implique un émetteur et un récepteur. Lorsque nous communiquons, n'oublions de prendre en compte les récepteurs supposés et d'adapter son message à ceux-ci pour être compris.

Hormis le cas particulier des comptes nationaux Facebook et Twitter, les développements ci-dessous sont essentiellement des propositions pour améliorer la communication et n'ont pas de valeur prescriptive.

Communication interne

Synthèse des échanges

La communication interne s'adresse aux personnes actives du mouvement des Nuits Debout, celles et ceux qui militent par les actes.

L'enjeu de la communication interne est de diffuser les informations pertinentes, de permettre d'organiser la réflexion, textes, propositions et positionnements, et de préparer et coordonner des actions.

De nombreux outils numériques de coordination nationale coexistent déjà et de nouveaux projets voient le jour régulièrement. Beaucoup de ces outils sont peu utilisés. La recherche des outils les plus performants ne doit pas masquer la réflexion sur les contenus pertinents à produire et à partager.

Par ailleurs, un outil de vote en ligne manque actuellement pour permettre de prendre des décisions en nombre et à distance.

Les différentes personnes proposant de nouveaux outils numériques sont invitées à se rapprocher de la commission communication numérique, organisatrice du Hackaton qui visait à mettre en place un outil global intégrant les différents moyens de communication.

Le mouvement des Nuits Debout a ceci de paradoxal qu'il est contre le système mais qu'il n'existerait pas sans les réseaux sociaux. Pour autant, il n'a pas fallu attendre ceux-ci pour s'organiser et peut-être devons-nous apprendre à les dépasser et à réapprendre à nous en passer en privilégiant notamment la communication humaine, par groupes de travail avec des personnes identifiées. C'était notamment l'enjeu de ces rencontres, se connaître et établir le contact pour travailler ensemble.

Propositions

Formations aux outils numériques

Audit et bilan de l'utilisation des outils existants, site, wiki et comptes nationaux sur les réseaux sociaux

Création du mouvement de mars, plateforme internet en gestion partagée, conçue pour rendre accessibles les nombreux travaux présents sur le wiki et en particulier les exigences formulées par les collectifs du mouvement des Nuits Debout.

Et surtout, poursuite du renforcement de la communication humaine.

Outils

Agoras publiques, wiki, courrier, téléphone, mail, Telegram, Facebook, Twitter, tags, signaux de fumée, framavox et machine à café.

Communication externe

La communication externe recouvre les messages à destination des sympathisants et du grand public. Elle vise à mobiliser et faire passer des messages, augmenter la visibilité et l'impact de nos actions et faire connaître nos positions et nos exigences. Elle joue un rôle crucial, en cela qu'elle contribue grandement à fixer l'image du mouvement dans l'esprit du public et qu'elle influence notre capacité à mobiliser ou non, ainsi des nombreuses personnes ayant témoigné avoir rejoint le mouvement des Nuits Debout après avoir vu ce qui se passait à la télévision ou sur internet.

Il s'agit d'une parole publique. Hormis les cas de l'action de rue et des auto médias, elle passe essentiellement par les médias traditionnels, ainsi que par les réseaux sociaux en cas de buzz.

De nombreux participants du mouvement des Nuits Debout expriment leur défiance, voire leur hostilité, envers les médias et leurs craintes des journalistes supposés malhonnêtes. D'autres jugent cette question secondaire et pensent que seul le bouche-à-oreille ou la puissance virale fonctionnent réellement. Certains rappellent que ni tous les médias, ni tous les journalistes ne sont à mettre dans le même panier et que certains sont de notre côté ou en tous cas neutres.

Stratégies de communication

Il ne faut pas chercher à communiquer à tout va, mais en priorité faire et produire. Le recours aux médias doit être modéré et utilisé uniquement sur ce qui a été fait ou lorsqu'on a quelque chose à dire. Éviter de répondre sur leur terrain, en se positionnant sur les violences, par exemple, mais les contraindre à venir sur le terrain qu'on a choisi.

L'image du mouvement des Nuits Debout qui est actuellement partagée dans le grand public est floue et a été parasitée par le matraquage médiatique, notamment sur les casseurs. Il y a donc un véritable travail de refondation à mener. C'est notamment l'objet du texte commun en cours d'élaboration par des participants de la commission « contours de Nuit Debout ».

A propos de la communication externe, la crainte de la centralisation est beaucoup revenue dans la discussion. Mais la centralisation est impossible, car le mouvement des Nuits Debout n'existe pas, donc personne ne peut revendiquer de s'exprimer au nom du mouvement des Nuits Debout.

Chaque collectif, local ou thématique, dispose de son autonomie et l'essence même du mouvement, qui est de libérer la parole publique, nous incite à encourager le pluralisme des idées et des moyens d'expression. Nous devons cependant être à même de nous retrouver dans certaines positions fortes explicitement partagées et sur des actions coordonnées, au risque sinon de n'être qu'un collage de collectifs sans identité réelle et sans vie interne.

Si le recours aux médias n'est pas systématiquement écarté, dans quel cadre faut-il entrer en relation avec eux et avec quelle légitimité ?

La commission propose que soit reconnu aux personnes impliquées dans des projets ou actions le droit de communiquer sur ceux-ci, au nom du groupe « se revendiquant du mouvement des Nuits Debout ». Cela reviendrait à reconnaître ou réaffirmer dans le même mouvement qu'il n'y a pas de leaders et pas de hiérarchie dans le mouvement des Nuits Debout, mais que l'horizontalité totale est impossible, la légitimité venant de l'implication dans tel ou tel projet ou action.

Les participants à la commission réitèrent leur refus d'une spécialisation et d'une personnalisation excessive de la communication et ils rappellent l'attention qu'il faut porter en permanence à la question des egos. Ils encouragent les collectifs locaux à faire vivre autant d'outils et supports que possible, pour faire vivre le pluralisme au sein du mouvement des Nuits Debout.

Les médias peuvent être utiles pour amplifier un message, mais les participants à la commission considèrent que, à long terme, la communication la plus efficace reste l'action de rue, agoras publiques et porteurs de paroles, comme l'action menée le matin même sur le marché. C''est donc avant tout sur ce type d'action que les efforts des collectifs doivent porter.

Le cas des réseaux sociaux

Utilité des réseaux sociaux numériques

Certains participants gérant les comptes de leur collectif sur les réseaux sociaux ont exprimé leur dépit de ne pas toucher plus de monde avec ces outils. Or, ces outils sont avant tout à usage interne et à destination des militants et sympathisants, d'où le nom de page communautaire.

Seules les publications qui font un buzz en étant largement partagées porteront au-delà du cercle des sympathisants. Facebook et Twitter sont donc à cheval entre communication interne et communication externe.

Le problème des comptes nationaux

Constat

La gestion des comptes nationaux Facebook et Twitter a fait l'objet d'une longue discussion et le sujet sera revenu sur la table jusqu'à la fin du week end. Contrairement à d'autres outils en gestion partagée, les comptes Facebook et Twitter nationaux sont la propriété d'une société de communication et leur gestion a fait, et fait toujours, polémique. C'est ce que les parisiens appellent le problème du Media Center.

Les principaux reproches qui sont adressés aux membres du Media Center de la part de deboutistes parisiens sont de ne pas faire suffisamment le lien avec ce qui se passe place de la république, de faire écran avec les personnes qui cherchent à contacter le mouvement via Facebook et d'utiliser les comptes pour faire la promotion de leurs autres services privés.

Des tentatives de modération ont déjà été tentées, apparemment sans succès. La situation semble avoir donné naissance à des inimitiés tenaces et a été source de tensions entre certains des participants aux rencontres.

Des activistes du mouvement des Nuits Debout d'autres collectifs ont témoigné de leur incompréhension de l'usage minimal et pas toujours pertinent qui est fait des comptes nationaux et de l'absence systématique de réponse aux sollicitations et aux messages. Il a été également déploré la sur-valorisation des rassemblements du mouvement des Nuits Debout à l'étranger par rapport à l'essaimage national et l'importance uniquement quantitative qui a été donnée à l'expansion du mouvement des Nuits Debout dans les régions, comme s'il ne se jouait rien d'important ou d'original sur les places de province.

Ces outils, ayant en premier lieu un usage communautaire, devraient avoir pour première fonction de mettre en lumière ce qui se joue d'original dans chaque collectif et, à une échelle plus large, ce qui fait commun dans le mouvement. La gestion des comptes devrait pour se faire être ouvertes à des activistes de collectifs locaux.

Proposition

Ne connaissant pas les tenants et aboutissants des problèmes entourant la gestion des comptes nationaux, mais reconnaissant que leur usage actuel pose question, les participants de la commission proposent qu'un travail de bilan de la gestion de ces outils soit annoncé et ouvert à toutes les contributions. L'exigence d'une gestion partagée des outils communautaires sera également rappelée. Suite à ce bilan, nous prendrons contact avec l'équipe qui gère les comptes nationaux pour leur faire part de nos remarques et attentes et voir s'ils sont ouverts à des évolutions. Ce bilan participatif portera sur tous les outils nationaux et pas seulement les outils du Media Center, Facebook et Twitter.

Quelle serait notre légitimité à mener ce bilan ? Participant à un mouvement horizontal, chacun est légitime à mener la critique de nos modes d'action. Collectivement, nous avons la légitimité, fragile mais réelle, de personnes qui nous associons pour essayer de donner forme à notre action collective. La forme que prend notre communication est essentielle et il est contraire aux principes du mouvement que celle-ci soit déléguée à une équipe.

Quelle que soit l'issue de ce travail, il restera toujours la possibilité de créer de nouvelles pages, l'essentiel étant d'avoir un outil communautaire efficace. Ces outils pourraient être ceux créés autour du site mouvement de mars, dont la vocation est justement de rendre visible le travail des collectifs locaux.

Le cas des fanzines, gazettes et auto médias

La critique du journalisme tel qu'il s'exerce actuellement fait partie des fondamentaux du mouvement des Nuits Debout. Sont notamment mis en cause le régime de propriété des médias et les conditions de travail des journalistes de base, qui aboutissent à généraliser des informations biaisées sur les mouvements sociaux, mettant l'accent sur le sensationnel. L'une des manières de remédier, même modestement, à cet état de fait est de produire notre information, de mettre nos mots et nos images sur les expériences que nous vivons.

Plusieurs membres de la commission participent chez eux à des expériences d'auto médias, papier ou radio, et sont venus pour échanger à ce propos. Le sujet n'a pu être abordé, faute de temps. L'équipe d'Ouest Torch, à Rennes, qui possède une expérience et un savoir-faire certains, rappellent qu'ils sont disponibles pour échanger sur les tentatives de journaux locaux et partager quelques unes de leurs recettes. Ils proposent également de mutualiser l'outil Ouest Torch, inspiré d'Ouest-France, avec les villes situées dans le périmètre de diffusion de ce journal, Bretagne, Normandie et Pays de Loire. Cette mutualisation peut prendre plusieurs formes, écritures d'articles locaux pour Ouest Torch, sa diffusion sur vos marchés.

Propositions

Référencement des auto médias existants

Mutualisation, échanges de savoirs

Sécurisation des données

Des participants souhaitaient échanger sur la sécurité des données, ce qui n'a pas été possible faute de temps. Des ateliers de sécurité informatique sont déjà proposés dans certaines villes, ou seront organisés à la rentrée. Peut-être les collectifs n'ayant pas dans leur entourage de personnes compétentes sur ce sujet peuvent-elles le faire savoir et inviter chez elles des militants pouvant apporter leurs compétences ?

Un des participants, un ancien trotskyste, a partagé son expérience. Il explique que tout est public et que le militantisme anonyme sous pseudonyme tel qu'il se pratiquait dans les années 1970 n'est plus possible. Ce nouveau paradigme est à prendre en compte, ne pas avoir peur de tout faire au grand jour.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 18:31

http://www.contretemps.eu/interventions/peut-lutter-tout-fois-contre-islamophobie-contre-islamisme-réponse-denis-collin-présid

Peut-on lutter tout à la fois contre l’islamophobie et contre l’islamisme ?

Réponse à Denis Collin, président de l'université populaire d’Evreux

Il est souvent affirmé que la dénonciation de l'islamophobie et la lutte contre son développement, en particulier au cours des quinze dernières années en France, comme l'a rappelé, en ce mois d'août 2016, ce qui est devenu l'affaire du burkini, mènerait nécessairement à une complicité avec les courants salafistes. Pour nombre d'hommes politiques et d'idéologues, de droite comme de gauche, cette thèse est devenue un lieu commun et constitue l'un des axes centraux du consensus islamophobe. Jean Batou montre dans cet article qu'elle ne repose sur rien et que « la lutte contre l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire ne passe pas par la multiplication des interdits », mais par une politique antiraciste conséquente et l'émergence d'une alternative anticapitaliste.

L’islamophobie est une forme de racisme qui considère les musulmans, voire les femmes et les hommes de culture musulmane, indépendamment de leurs croyances et de leur investissement religieux, comme porteurs de tares particulières, goût pour la violence, machisme, intolérance, irrationalité et soumission aveugle. Elle revendique ainsi l’interdiction de leurs pratiques culturelles, alimentaires et vestimentaires, dans l’espace public, voire l’arrêt de l’immigration de leurs pays d’origine.

De nombreux groupes d’extrême droite s’en revendiquent explicitement, à tel point qu’Enzo Traverso a pu écrire tout récemment que « compte tenu de cette culture xénophobe et de discrimination extrême, l’idée que les citoyens musulmans puissent être astreints à porter un croissant jaune sur leurs habits, comme les juifs une étoile jaune pendant la seconde guerre mondiale, ne paraît plus invraisemblable ».

Cette islamophobie s’inscrit certes dans la continuité du racisme de la période coloniale, qui discriminait l’indigène par rapport au citoyen en raison de l’incompatibilité présumée des coutumes et des institutions du premier, musulmanes, notamment, avec l’ordre social et les valeurs morales du second. Mais elle présente aussi des analogies avec l’antisémitisme de la première moitié du vingtième siècle, en particulier dans l’aire germanique, qui entendait reformuler l’identité nationale par opposition aux juifs. De la même façon, l’islam est utilisé aujourd’hui pour redéfinir une identité menacée par la mondialisation.

Tout cela n’empêche pas Denis Collin, professeur de philosophie dans un lycée d’Évreux et président de l’université populaire de cette ville, de faire de la lutte contre l’islamophobie un cache-sexe du fondamentalisme musulman, « partie des états islamistes les plus réactionnaires, Iran, Arabie Saoudite et Qatar, la lutte contre l’islamophobie, affirme-t-il dans un article publié en ligne le 12 juillet 2016, fait partie intégrante de la stratégie politique de conquête du pouvoir des diverses tendances de l’islam politique ».

Salafistes et islamophobes

Tout d’abord, pourquoi Denis Collin pense-t-il que la lutte contre l’islamophobie puisse amener la gauche internationaliste à renoncer à combattre l’islam salafiste et ses mentors sur les plans idéologique et politique ? Rappelons que l’islam sunnite n’a ni église ni clergé, ce qui a permis à la dynastie des Saoud, depuis la suppression du califat ottoman en 1924, grâce notamment au contrôle du pèlerinage, de se poser abusivement en gardienne de l’orthodoxie musulmane. Elle a ainsi exporté les conceptions étriquées de la secte wahhabite, pour qui les musulmans doivent revenir à l’islam des origines, dont elle présente d’ailleurs une image caricaturale.

De plus, après la seconde guerre mondiale, le monopole de la rente pétrolière lui a permis de financer de nombreuses mosquées, centres islamiques, écoles coraniques et médias, à l’échelle mondiale, avec le soutien des puissances occidentales qui voyaient en elle un rempart contre le « socialisme arabe ».

Pourtant, contrairement à ce qu’affirme Denis Collin, l’islamophobie n’est pas combattue par « les états islamistes les plus réactionnaires », puisqu’elle ne fait que confirmer l’impossibilité pour les musulmans de vivre « parmi les infidèles » et facilite le « gouvernement des corps et des esprits » par les salafistes. Pour cette raison, il est tout à fait légitime que la lutte contre l’islamophobie soit soutenue par la gauche laïque, anticolonialiste, antiraciste et féministe, du moins, celle qui n’a pas rompu avec la dialectique, lire à ce propos l’article de Daniel Bensaïd, « état de la pensée dialectique en France et dans le monde ».

En effet, cette lutte est la condition d’un combat efficace contre le contrôle des populations issues de l’immigration post coloniale par l’islam religieux sectaire et/ou par l’islam politique réactionnaire.

Question de classe et oppression post coloniale

Denis Collin a raison de souligner que les musulmans ne sont pas assimilables aux organisations islamiques. Encore faut-il qu’une hostilité montante à leur égard ne les pousse pas dans les bras de celles-ci. Sur ce point, il est surprenant de lire sous sa plume, qu’en France, catholiques, protestants, orthodoxes, juifs, musulmans, agnostiques ou athées sont égaux devant la loi.

Comme s’il n’existait pas d’autres sources de discriminations à l’égard de secteurs particulièrement défavorisés des classes populaires, stigmatisés de surcroît par leur statut post colonial.

Or, aujourd’hui en France, un musulman ne peut pas être défini essentiellement comme quelqu’un « qui croit en totalité ou en partie ce que dit le coran et en tire éventuellement quelques préceptes concernant sa propre vie ». En réalité, sur le plan sociologique, c’est avant tout un travailleur mal payé, précaire et souvent chômeur, vivant dans des quartiers dégradés et victime au quotidien du racisme. C’est pourquoi, devant la faiblesse d’une gauche internationaliste, capable d’organiser la résistance de ceux et celles d’en bas, cet « islam populaire, bon enfant et qui ne pose aucun problème à quiconque » cède de plus en plus la place à la colère.

Denis Collin distingue « l’islam bon enfant » de la « la religion islamique », qu’il assimile à ses composantes religieuses ou politiques organisées.

Si sa terminologie est un peu naïve, il comprend bien que l’islam sectaire, wahhabite ou salafiste, et ses expressions politiques, comme par exemple les frères musulmans, ont effectivement mis la main sur « l’islam organisé ». Sur ce point, nous sommes en gros d’accord.

Pourtant, ces courants ne se sont pas développés « en réaction aux tendances démocratiques et modernisatrices de l’empire ottoman au cours du dix neuvième siècle », mais en réponse à la barbarie moderne de la première guerre mondiale. Comme son homologue européenne, la petite bourgeoisie musulmane a rejeté le discours révolutionnaire de l’octobre russe, qui touchait de plein fouet l’islam, pour se tourner vers de nouvelles « utopies réactionnaires » que soutiendront effectivement les impérialistes britanniques et français avant ceux des États-Unis.

Islams politiques réactionnaires et impérialismes

Denis Collin ne fait pas dans la dentelle quand il évoque « l’accord historique entre Franklin Roosevelt et la dynastie Saoud signé sur le croiseur Quincy en 1945, qui va sceller l’alliance historique de l’impérialisme américain et de l’islam fondamentaliste ». Les historiens auront raison de tousser. Mais il ne se trompe pas sur l’essentiel, depuis les années 1950, les États-Unis ont encouragé le wahhabisme, les frères musulmans et les ayatollahs conservateurs pour lutter contre les régimes progressistes de Mohammad Mossadegh en Iran, de Gamal Abdel Nasser en Egypte et du parti Baath en Syrie et en Irak. À ceci près que ces régimes n’avaient rien de laïc, contrairement à ce qu’il affirme. Il a raison aussi lorsqu’il évoque le soutien bien connu de la Central Intelligence Agency (CIA) aux talibans, par le biais des services secrets pakistanais. Sans aucun doute, l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire sont partie intégrante du jeu des impérialismes à l’échelle mondiale. On pourrait ajouter que l’islam politique chiite table aujourd’hui habilement sur les rivalités inter-impérialistes en jouant la carte russe en Syrie et la carte américaine en Irak.

D’accord aussi avec Denis Collin pour dire que l’islam politique est différencié, même si ses multiples courants partagent « une lecture plus ou moins littérale du coran et qu’ils font de la soumission des femmes une question centrale de leur propagande ». D’accord aussi sur le fait qu’il représente « des forces politiques bourgeoises ». Pourtant, contrairement à ce qu’il affirme, leur hostilité « à la démocratie et à ses conséquences en matière de libertés individuelles » n’est pas une spécificité du monde musulman, mais une tendance générale du capitalisme dans le sud global. Présentent-elles « certains des caractères des organisations totalitaires » ? Oui, sans aucun doute, en encadrant les populations « par une propagande qui dispose de moyens importants » et en développant « un véritable gouvernement des corps et des esprits ». Nous en avons vu cependant les limites en Egypte ou en Tunisie, où les deux expériences de pouvoir des frères musulmans et d’al Nahda n’ont pas débouché sur l’installation de régimes totalitaires, mais sur d’imposantes mobilisations populaires d’opposition qui ont précipité leur discrédit.

En comparant le « capitalisme démocratique » occidental au « totalitarisme islamique », Denis Collin ne voit pas que l’un domine les pays impérialistes, avec une tendance accrue à l’autoritarisme, tandis que l’autre contrôle quelques états du sud, avec des difficultés croissantes, même en Arabie Saoudite. D’ailleurs, les Saoud ont préféré l’armée égyptienne « laïque » au gouvernement des frères musulmans pour faire face au peuple égyptien en colère.

Un ennemi en cache un autre

En Europe, Denis Collin se trompe de cible lorsqu’il parle d’un « islamisme conquérant », alors que partout la droite et l’extrême droite raciste et islamophobe progressent de façon autrement inquiétante, lorsque la gauche ne présente pas une alternative antilibérale, pour ne pas dire anticapitaliste, forte. En même temps, il a raison de pointer le risque d’une conquête de la jeunesse précarisée d’origine musulmane par les réseaux salafistes, financés par l’argent du pétrole. Mais il se trompe sur la façon de la contrer.

La lutte contre l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire ne passe pas par la multiplication des interdits au nom d’une conception caricaturale de la laïcité, qui ne peut que leur donner une aura de victime. Il suppose avant tout l’intégration des précaires, en particulier des jeunes, aux luttes sociales et le refus de toute forme de racisme.

Pour autant, cela ne signifie pas qu’il faille mettre en sourdine nos combats politiques et idéologiques pour les droits démocratiques, les droits des femmes et les droits des minorités sexuelles. Au contraire, nous aurons d’autant plus de chances d’être écoutés que nous nous opposons sans réserve aux mesures discriminatoires à l’égard des musulmans.

Pour Denis Collin, « nous devons, comme nous le faisons déjà aujourd’hui, continuer de garantir la liberté religieuse des musulmans comme celle de toutes les croyances. La foi est affaire de conscience et la liberté de conscience est un principe fondamental ». Très bien, mais, ajoute-t-il, « cette liberté de conscience n’autorise pas les croyants à régenter l’espace public en fonction de leurs croyances, dans les piscines comme dans les autres lieux publics, la mixité est la règle. De même, les enfants, quelles que soient leur religion, doivent être instruits des mêmes programmes fixés par les autorités politiques ». Nous n’avons pas d’objection.

Cependant, quand il aborde la question du voile, Denis Collin commence à tout mélanger, d’abord il affirme que « les lieux institutionnels exigent souvent certaines règles de tenue » et que « dans de nombreux métiers, il existe une tenue réglementaire de travail ». Des arguments assez faibles, lorsqu’on comprend où il veut en venir. Il en déduit en effet, « qu’à l’école on se découvre devant le professeur », que « les fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions ne doivent pas afficher leurs croyances religieuses, ou politiques d’ailleurs », et que donc, « nous ne voyons pas pourquoi les islamistes seraient fondés à exiger que les femmes musulmanes puissent être soustraites à ces lois communes ». Mais il ne nous dit pas en quoi le fait de porter un foulard sur les cheveux empêcherait une enseignante de donner un cours sur l’évolution ou à une élève de suivre le programme de l’école publique.

Surtout, il ne se pose pas la question de la liberté de choix des femmes concernées qui devrait pourtant être notre préoccupation essentielle.

Le venin est dans la queue

« Il est grand temps de donner un coup d’arrêt à l’islamisme », nous assène-t-il en conclusion. Nous aurions pu croire que c’était parce que l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire sont des forces rétrogrades. Mais non, c’est parce que ces organisations « heurtent de plein fouet les traditions nationales populaires, agissant comme de puissants dissolvants des solidarités traditionnelles et fournissent les instruments de division dont le patronat a besoin ». Pour ceux qui pouvaient croire naïvement, dans la tradition de Karl Marx, que c’était le capitalisme lui-même qui agissait comme puissant dissolvant des solidarités traditionnelles et fournissait les instruments de division dont le patronat a besoin, voilà un autre ennemi, sans doute beaucoup moins impressionnant.

Mais ce serait oublier, explique Denis Collin, que le problème numéro un, du moins à en croire Laurent Bouvet, un politologue proche du Parti Socialiste français pour qui la vocation identitaire de la gauche est gage de sa réussite, c’est « l’insécurité culturelle ». Après avoir cité cette autorité, il part littéralement en vrille, dénonçant « les fractions de la gauche radicale qui soutiennent l’islamisme » et qui « font ainsi, consciemment ou non, le jeu du Front National ».

Après un effort louable de discussion, que viennent donc faire de telles imprécations à la fin de son texte ? Le venin est dans la queue, disaient les romains. Dont acte, mais cette polémique n’est pas à l’honneur de son auteur et ne mérite évidemment aucune réponse.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 17:58

Un attentat lors d'un mariage fait au moins cinquante et un morts en Turquie (Reuters)

Cinquante et une personnes ont été tuées et soixante neuf autres blessées Samedi 20 Août 2016 dans un attentat suicide perpétré lors d'un mariage à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, à une quarantaine de kilomètres de la frontière syrienne, a déclaré Dimanche 21 Août 2016 le président Recep Tayyip Erdogan.

Dans une allocution diffusée en direct par la chaîne de télévision NTV, le chef de l'état a ajouté que l'auteur de l'attentat était un enfant âgé de douze à quatorze ans.

Il a fait état de dix sept blessés graves.

Recep Tayyip Erdogan avait auparavant mis en cause l'organisation djihadiste Etat Islamique, à laquelle ont été attribués plusieurs attentats commis ces derniers mois en Turquie, dont celui qui a fait quarante quatre morts à l'aéroport d'Istanbul au mois de juin 2016.

L'attentat du Samedi 20 Août 2016 est le plus meurtrier commis depuis le début de l'année en Turquie. Au mois d'octobre 2015, un attentat commis pendant une manifestation pro-kurde dans les rues d'Ankara, la capitale, avait fait plus de cent morts.

Le mariage visé était celui d'un membre du parti démocratique des peuples (HDP), a annoncé le mouvement, et le marié figure parmi les blessés.

La mariée n'a pas été blessée, a précisé un responsable local.

Les festivités étaient en train de se terminer avec la traditionnelle cérémonie du henné, durant laquelle les invités reçoivent des tatouages éphémères sur les mains et les pieds. Certaines familles avaient déjà quitté les lieux lorsque l'explosion s'est produite mais des femmes et des enfants figurent parmi les victimes, ont rapporté des témoins.

Les murs de la ruelle où a eu lieu l'attentat étaient tachés de sang et de suie. Devant la morgue, des femmes assises en pleurs attendaient Dimanche 21 Août 2016 des informations sur des proches portés disparus.

« Les célébrations se terminaient et il y a eu une grosse explosion au milieu des gens qui dansaient », a déclaré un témoin, Veli Can.

Les services du gouverneur de la région ont publié un communiqué précisant que de nombreux blessés étaient hospitalisés dans différents hôpitaux de la province.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies Dimanche 21 Août 2016 pour les premières funérailles de victimes, autour de cercueils recouverts du drapeau vert de l'islam, montrent des images diffusées par des chaînes de télévision locales.

Certains enterrements devront toutefois être retardés, un grand nombre des victimes ayant été déchiquetées par l'explosion, rendant nécessaire des tests ADN pour assurer leur identification, ont déclaré des sources au sein des services de sécurité.

Le bureau du procureur de Gaziantep a déclaré que les restes d'un gilet explosif avaient été retrouvés sur les lieux de l'explosion.

L'Etat Islamique a par le passé été accusé de cibler des rassemblements kurdes pour attiser les tensions communautaires.

Un regain de violences a été constaté cette semaine dans le sud-est de la Turquie, divers attentats à la bombe faisant dix morts, principalement des policiers et des militaires. Les autorités ont mis cette escalade sur le compte des militants du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

A une demi-heure seulement de Gaziantep, la ville frontalière de Kilis est régulièrement la cible de tirs d'artillerie et de roquettes venant de zones tenues par l'Etat Islamique, dont certaines ont fait des morts.

Dimanche 21 Août 2016, des députés du parti de la justice et du développement (AKP), le parti au pouvoir, et Recep Tayyip Erdogan lui-même ont souligné qu'ils ne faisaient pas de différence entre l'Etat Islamique, le PKK et les partisans du prédicateur en exil Fethullah Gülen, présenté par Ankara comme l'instigateur de la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016 qui a fait deux cent quarante morts et qui a débouché sur de vastes purges, y compris au sein des services de sécurité.

Depuis la fin, au mois de juillet 2015, de deux années et demi de trêve avec le pouvoir, le PKK a mené des dizaines d'attentats contre la police et l'armée dans le sud est turc à majorité kurde.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 17:14

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/21/l-insaisissable-frederic-lordon-maitre-a-penser-de-la-nuit-debout_4906449_3232.html

L’insaisissable Frédéric Lordon, maître à penser du mouvement des Nuits Debout

Par Violaine Morin

Mardi 26 Avril 2016

« A demain dans la rue et à la Nuit Debout ». Mercredi 30 Mars 2016, veille du premier rassemblement sur la place de la ­République, à Paris, l’appel de Frédéric Lordon est accueilli par un tonnerre d’applaudissements dans un amphithéâtre de l’université de Tolbiac à Paris.

L’universitaire a fait, depuis, de rares apparitions sur la place, toujours très applaudies. ­Notes griffonnées entre les mains, il se montre peu mais parle haut et enchaîne les répliques cinglantes.

Mercredi 20 Avril 2016, à la bourse du travail de Paris, il encourage les activistes du mouvement des Nuits Debout à « faire dérailler le cours normal des choses » et prévient les médias choqués par l’altercation avec Alain Finkielkraut, « nous n’apportons pas la paix ». Chercheur en philosophie au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et économiste de formation, Frédéric ­Lordon est devenu l’une des figures intellectuelles de ce mouvement, après en avoir été l’un des initiateurs. Car c’est lui, avec François Ruffin, le réalisateur du film Merci Patron, qui a lancé l’idée de transformer le mouvement social contre la loi travail en occupation. Déjà connu pour sa critique de l’économie néolibérale, notamment via le Monde Diplomatique où il tient un blog, le chercheur refuse pourtant d’être considéré comme un leader. Il n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.

Le parcours de Frédéric Lordon, cinquante quatre ans, est fait de constants va-et-vient entre la recherche universitaire et le grand public, entre l’étude et l’engagement. Diplômé des Ponts et Chaussées et de l’Institut Supérieur des Affaires, devenu MBA HEC, il est cosignataire du manifeste des économistes atterrés, texte contre les fausses évidences de la pensée économique orthodoxe après la crise des subprimes.

Celui qui a dénoncé les vices de la finance dérégulée et mondialisée dans « jusqu’à quand, pour en finir avec les crises financières » est rangé parmi les hétérodoxes en raison de ses mises en cause des principes fondamentaux du néo libéralisme. Ses premiers ouvrages sont souvent des petits manuels critiques et faciles d’accès pour les non-initiés, publiés chez « Raison d’Agir », un éditeur militant dont Pierre Bourdieu fut l’un des créateurs.

Pour un souverainisme de gauche

Les pensées politique et économique de ­Frédéric Lordon se rejoignent dans « la malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique ».

L’économiste y affirme que les traités européens ont ôté aux états de la zone euro toute souveraineté économique en les privant de la maîtrise de la politique monétaire et en plaçant leurs politiques budgétaires sous la surveillance des institutions européennes et des marchés financiers.

Parce qu’elle met en concurrence les économies nationales, « l’Europe de la paix est en fait une machine de destruction sociale qui engendre de la guerre ». Cette Europe de la concurrence libre est donc constitutionnellement de droite. C’est là le point de rupture fondamental avec le Parti Socialiste qui, selon le chercheur, a trahi les idéaux de la gauche en y substituant, à partir des années 1980, la construction de l’Europe libérale.

Pour Frédéric Lordon, l’Union Européenne ne peut être transformée en profondeur car la souveraineté populaire ne peut s’y exercer. Il n’existe pas, en effet, de peuple européen, constitué par un affect commun, capable d’une volonté commune et d’une solidarité dépassant les frontières nationales.

Pour retrouver la souveraineté populaire, il faut donc revenir aux états, « le souverainisme de gauche est l’autre nom de la démocratie », écrit-il. Sur le papier, le changement d’époque qu’il appelle de ses vœux est simple et radical, c’est le défaut de l’état sur sa dette, la sortie de la monnaie unique, la prise de contrôle des banques en faillite par la puissance publique et la régulation des échanges avec l’étranger.

Ce souverainisme n’est pas partagé par tous à la gauche du Parti Socialiste, certains courants demeurant attachés à l’idéal européen et à l’internationalisme. « Il y a un débat sur le point stratégique de la sortie de l’euro sur lequel nous ne sommes pas d’accord », commente ainsi Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble. Frédéric Lordon a, sur cette question, durci sa position. Dans « jusqu’à quand », il envisageait encore la réforme de l’Europe, qui lui semblait pouvoir « parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer la désertion des capitaux ».

Mais le souverainisme de gauche désormais prôné par Frédéric Lordon est bien de gauche.

Pour les sans-papiers, armée de réserve du patronat, il propose une régularisation générale.

Mais « le sang bleu évadé fiscal, dehors ».

Déterminisme des passions

Hétérodoxe, Frédéric Lordon l’est aussi par l’introduction de la philosophie dans ses travaux. Au tournant des années 2010, il change d’identité administrative au CNRS et il passe de l’économie à la philosophie. Son ambition évolue de la critique de la marche du monde à l’élaboration d’un système de pensée qui embrasse la totalité du réel.

Aujourd’hui, il définit son travail comme une espèce d’hybridation entre philosophie et sciences sociales . Dans « capitalisme, désir et servitude », aux éditions de la Fabrique, en 2010, puis dans « la société des affects, pour un structuralisme des passions », aux éditions du Seuil, en 2013, il creuse l’idée spinoziste selon laquelle les affects individuels et collectifs structurent les rapports sociaux. « Frédéric Lordon emprunte à Baruch Spinoza l’idée que le conflit des affects est difficile à dépasser », explique Pascal Sévérac, maître de conférences en philosophie à l’université de Paris-Est-Créteil. « Mais chez Baruch Spinoza, c’est un horizon possible avec le développement d’une éthique, alors que, pour Frédéric Lordon, on peut améliorer la situation, mais la rationalité politique est quasiment inatteignable ».

Ce déterminisme des passions appliqué aux sciences sociales ne fait pas l’unanimité à l’université. Philippe Corcuff, sociologue au CNRS, militant et figure de la gauche critique, estime que la lecture de Baruch Spinoza par Frédéric Lordon constitue une régression, « c’est une philosophie qui vit dans l’illusion que, parce qu’on a posé des concepts, on maîtrise l’ensemble. Or, dans la culture contemporaine des sciences sociales, on travaille avec des exemples ancrés dans le réel et non des axiomes ».

Dans « imperium », aux éditions de la Fabrique, en 2015, il affirme que toute multitude qui forme un corps cohérent tend à exprimer sa puissance, son imperium, créant ainsi un ordre que ses membres respectent dans un état de servitude passionnelle. Cet ouvrage, qui fixe la théorie politique du philosophe-économiste, a été rédigé avec en filigrane l’idée de sortir du débat hystérisé sur l’Europe, pour « penser la formation des nations sans tomber dans le substantialisme identitaire », déclare l’auteur lors d’une présentation en librairie au mois de septembre 2015.

L’idéal sans illusions

Mais aujourd’hui, les réflexions de philosophie politique de Frédéric Lordon peuvent aussi éclairer certains aspects du mouvement des Nuits Debout.

Pour lui, l’horizontalité démocratique totale et durable est une illusion, car les corps sociaux tendent inexorablement à reconstituer des structures verticales. Mais la poursuite de l’idéal d’émancipation et d’horizontalité est une tension qu’il faut maintenir avec constance, notamment par des processus de délibération locale.

Cette tension est « une ligne d’asymptote dont ­Samuel Beckett nous donne la maxime ». Dans un débat organisé par l’organisation alter mondialiste ATTAC le 12 avril 2016 à la bourse du travail, à Paris, il estime que le mouvement des Nuits Debout s’illusionne sur la possibilité de rester un mouvement horizontal, « faire des assemblées générales et créer des commissions, c’est déjà reconstituer des institutions ». Frédéric Lordon ne croit pas, tout comme son maître Baruch Spinoza, qu’il existerait une force intrinsèque des idées vraies. « Nous pourrons analyser la crise financière sous toutes ses coutures, tout cela ne vaudra jamais une image bien choisie qui fait bouillir les sangs », écrit-il en post scriptum de sa pièce « d’un retournement l’autre », aux éditions du Seuil, en 2013, un texte en alexandrins sur la crise des subprimes.

Si ce sont les affects qui mènent le monde, il faut toucher les hommes pour les convaincre et notamment par l’art qui stimule le corps, y compris dans l’éclat de rire. Ainsi s’exprime le personnage du conseiller présidentiel , « vos actes sont parlants, surtout leur hiérarchie qui disent quel est l’ordre où les gens sont servis, d’abord les créanciers, le peuple s’il en reste, voilà en résumé la trahison funeste où vous êtes tombés, terrible forfaiture qui des marchés aura permis la dictature ».

Frédéric Lordon ne croit pas au pouvoir des idées à elles seules mais il perçoit le caractère anachronique de la posture de l’intellectuel engagé.

« L’intellectuel perché sur ses quatre palettes qui appelle à la grève générale, c’est le bouffon dans toute sa splendeur », s’amuse-t-il le 12 avril 2016 à la bourse du travail de Paris.

Le mouvement des Nuits Debout incarne-t-il cet horizon de l’émancipation utopiste mais réjouissante ?

L’homme qui déclare à l’assemblée générale du mouvement des Nuits Debout, le 9 avril 2016, que la « plaine européenne est en train de s’embraser » est plus réaliste que ce type de harangue ne le laisse penser.

Moins frappante, mais plus représentative de ce que disent ses écrits serait sans doute cette phrase, prononcée le même soir, « nous sommes en train de faire quelque chose ». De faire quoi, d’essayer, au moins. Essayer encore, rater encore, rater mieux.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 16:17

https://www.kairosresponse.org/pr_umc_divests_israeli_banks_jan2016.html

L’United Methodist Kairos Response (UMKR) se félicite de l’exclusion des fonds de pension et du désinvestissement des banques israéliennes

Jeudi 7 Janvier 2016

L’UMKR est heureuse d'annoncer que le fonds de pensions de retraites et de prestations de santé de vingt milliards de dollars de l’United Methodist Church (UMC) a déclaré les cinq plus grandes banques israéliennes hors des limites d'investissement et a cédé les parts qu'il détenait dans leurs portefeuilles. C’est la première fois qu’un important fonds de pension religieux agit pour empêcher les investissements dans les banques israéliennes qui soutiennent l'occupation illégale israélienne de la terre palestinienne.

L'information a été publiée sur le site internet du fonds de pension qui évalue les placements des fonds d'investissement dans les sociétés qui présentent des risques excessifs en matière de défense des droits de l'homme. Les banques sont Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank et Mizrahi Tefahot Bank. Ces banques sont profondément impliquées dans le financement des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.

Bank Hapoalim et Leumi Bank ont ​​été exclues des portefeuilles. Le gestionnaire de fonds, connu sous le nom de Wespath, a également exclu Shikun et Binui, une société israélienne impliquée dans la construction dans les colonies illégales au-delà des frontières reconnues d'Israël. En outre, Wespath a placé Israël et la Palestine sur la liste des régions de violations des droits de l'homme.

L’UMKR est heureuse d'apprendre ces actions, tout en notant que Wespath détient toujours des actions dans une dizaine d’entreprises situées à l'intérieur des colonies illégales et dans plusieurs autres qui prêtent un soutien important à l'occupation israélienne. Une liste de ces entreprises est disponible sur le site internet de l’UMKR.

Selon le co-président de l’UMKR, le révérend Michael Yoshii, « nous saluons le fonds de pension pour avoir franchi ce pas important sur la voie de la désapprobation de l'occupation illégale de la terre palestinienne. Mais, conformément à la position de l’UMC contre l'occupation, ceci est seulement une première étape vers la fin de notre complicité financière dans l'oppression continue du peuple palestinien ».

Le révérend John Wagner, membre du comité de désinvestissement de l’UMKR, a ajouté que « l’organisme de l'élaboration de la politique de l'église, la conférence générale, a appelé tous les pays à boycotter les produits fabriqués dans les colonies illégales et nous exhortons nos gestionnaires de fonds à défendre la cohérence de notre position et à se désinvestir de toutes les sociétés qui tirent profit de ces mêmes colonies ».

L’UMKR a présenté quatre propositions à la prochaine conférence générale, qui se réunira du 10 au 20 mai 2016 à Portland, dans l’Oregon. Trois d’entre elles exigent le désinvestissement des entreprises impliquées dans l'occupation et la quatrième demande d’empêcher les investissements dans les entreprises qui font des affaires dans les colonies illégales partout dans le monde.

L’UMKR est un groupe de pression mondial au sein de l’UMC qui cherche à répondre à l'appel urgent des chrétiens palestiniens pour des actions qui peuvent mettre fin à l'occupation israélienne de leurs terres. Pour plus d'informations, visitez le site www.kairosresponse.org

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 15:26

http://www.liberation.fr/planete/2016/08/18/franco-un-avant-coup-de-guerre-civile_1473254

Un avant coup de guerre civile

Par Laurent Joffrin

Jeudi 18 Août 2016

Francisco Franco a bien failli ne pas être Francisco Franco. Le 17 juillet 1936, dans sa caserne de Tenerife engluée par la chaleur moite des Canaries, il hésite encore. C’est un homme court et replet au profil aquilin, aux joues pleines et au regard triste, volubile, bon soldat et officier, nanti de solides convictions réactionnaires mais aussi d’un réalisme qui fait de lui un militaire très politique. Il lit et relit le télégramme envoyé par le commandant de la place de Melilla au Maroc, « l'armée levée en armes contre le gouvernement s’est emparée de tous les postes de commande ». Bien sûr, quelques jours plus tôt, il a donné son accord aux conjurés par trois lettres chiffrées.

Bien sûr, il a accepté que le directeur du journal ABC loue pour lui un avion anglais, le Dragon Rapide, qui le transportera des Canaries jusqu’au Maroc le jour dit. Mais le coup d'état est-il sérieux et bien organisé ? Qui sont ses leaders réels ? José Sanjurjo, auteur d’un coup d'état raté en 1932 et exilé au Portugal ? Jose Maria Gil Roblès, le leader de la droite conservatrice, battu aux élections par le Frente Popular ? Un autre général parmi ceux qui complotent depuis des mois contre la république, Emilio Mola, Manuel Goded ou bien Gonzalo Queipo de Llano ?

Francisco Franco est d’accord avec eux. Lui aussi a été révolté par l’assassinat de José Calvo Sotelo, leader monarchiste et opposant charismatique au gouvernement de Frente Popular, par des militants de la gauche républicaine, en représailles du meurtre de José Castillo, membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), par un groupe de phalangistes. Lui aussi veut se débarrasser de la gauche, révolutionnaire ou républicaine. A ses yeux, elle foule aux pieds la grande Espagne, persécute l'église et se prépare à accepter le démembrement du pays, avec une Catalogne et un Pays Basque indépendant. Mais il ne veut pas d’une aventure mal conduite qui ne servira qu’à conforter le régime et envoyer ses auteurs devant un peloton d’exécution. Il hésite. Puis il voit les noms des principaux commandants qui se sont rebellés, un peu partout en Espagne, des hommes qu’il connaît et qu’il a commandés. Et il se décide. Il confie sa femme et sa fille à ses proches puis il monte dans le remorqueur qui va le transporter jusqu’à la grande île où se trouve l’aéroport.

Dans le Dragon Rapide, il quitte son uniforme et rase sa moustache pour tromper les autorités françaises. A l’escale, il passe une nuit dans un petit hôtel de Casablanca avec son ami Luis Bolin à agiter des projets pour l’Espagne. Le lendemain, après avoir abusé les agents qui contrôlent les passeports, il atterrit à Tétouan, au Maroc espagnol.

Un homme d’ordre et de réaction

Dans l’enclave coloniale, il y a les meilleures troupes d’Espagne, aguerries par la guerre du Rif, les regulares, ces volontaires marocains en turban, et le Tercio, le corps d’élite de la Légion Etrangère. Francisco Franco est populaire dans l’armée, il a mené la guerre au Maroc et il a été chef d’état-major avant d’être éloigné aux Canaries. Il a gagné sa réputation d’homme d’ordre et de réaction en réprimant férocement le soulèvement ouvrier des Asturies en 1934. Les officiers l’attendent à l’aéroport. A peine a-t-il posé le pied sur le tarmac qu’ils le saluent comme un seul homme en claquant des talons. L’armée coloniale a trouvé son chef.

A Barcelone, capitale de la Catalogne et de l’anarchie, un homme n’hésite pas. Il s’appelle Buenaventura Durruti. C’est un ancien ouvrier mécanicien qui a déserté pendant la guerre pour rejoindre la Confédération Nationale du Travail (CNT), le syndicat lié à la fédération anarchiste d’Espagne.

Décidé, activiste, bon orateur, Buenaventura Durruti est doté d’un physique de matador, élancé, élégant, le regard noir et les traits coupants. Avec Francisco Ascaso, Juan García Oliver et Ricardo Sanz, il a créé les groupes d’action directe, los Solidarios, qui viennent de changer de nom et s’appellent désormais Nosotros. On les baptise les trois mousquetaires, qui, eux aussi, étaient quatre, de l’anarchie. Dès l’annonce de la rébellion militaire, Buenaventura Durruti a réuni ses camarades, formé ses groupes de combat et exigé des armes auprès des autorités républicaines. Alliés au PSOE et au Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (POUM), les militants anarchistes étouffent dans l’œuf la révolte de la garnison. A Barcelone, la république a trouvé ses défenseurs. Mais ils ont en tête bien autre chose que la défense de la légalité madrilène, une contre-insurrection qui va transférer le pouvoir du gouvernement vers les conseils populaires, une lutte militaire et sociale à la fois qui va enclencher la révolution ouvrière dont rêvent ces militants libertaires.

A Tétouan, le même jour, Francisco Franco commence à organiser son armée pour franchir le détroit et voler au secours des casernes en rébellion.

Mais il n’est pas encore Francisco Franco. Le leader naturel du soulèvement, c’est José Sanjurjo, une ganache au menton carré et aux yeux globuleux, auteur du putsch raté de 1932 qui s’est enfui au Portugal. A la nouvelle de l’insurrection militaire, le 20 juillet 1936, il fait ses bagages et monte dans l’avion que lui a envoyé l’un des putschistes. Dans ses valises, il a déjà rangé les uniformes d’apparat qu’il prévoit de porter comme nouveau chef de l'état. Mais l’avion est trop chargé. Il heurte la cime des arbres et s’écrase contre un mur. Le feu qui consume l’appareil fait partir en fumée les uniformes de gala et les rêves de grandeur de José Sanjurjo, qui est tué sur le coup. Chef de la principale force militaire de la rébellion, Francisco Franco voit le pouvoir suprême monter jusqu’à lui.

Encore faut-il gagner la partie. A Madrid, le gouvernement républicain tente de réagir. Le président, Manuel Azaña, consulte, le premier ministre, Santiago Casares Quiroga, d’un optimisme aveugle, déclare que le gouvernement contrôle la situation. Il cherche en coulisse des solutions de compromis avec les généraux putschistes, qui tiennent déjà plusieurs villes dont les garnisons sont tombées du côté des rebelles. Devant cette inaction, les organisations de gauche se mobilisent. Dès le 18 juillet 1936, les journaux socialistes de Madrid demandent des armes pour le peuple.

Francisco Largo Caballero, l’un des chefs du PSOE, relaye l’appel de l’Union Générale des Travailleurs (UGT), principal syndicat ouvrier avec la CNT, anarchiste, pour exiger l’armement des milices ouvrières qui commencent à se constituer. Le gouvernement décline l’offre de la gauche et s’en remet à l’armée régulière pour rétablir l’ordre. A Barcelone, on se passe de son autorisation. Un comité révolutionnaire se met en place en Catalogne, qui dépouille le gouvernement légal de ses pouvoirs et se lancera bientôt dans une politique radicale de contrôle ouvrier et de collectivisation des terres.

Révolution ou guerre civile ?

Depuis plusieurs décennies, l’Espagne se déchire. Les régimes se sont succédé, monarchie autoritaire puis constitutionnelle, dictature fascisante de Miguel Primo de Rivera, république centriste puis, avec la défaite de José María Gil-Roblès, gouvernement du Frente Popular qui a le soutien des libéraux, du PSOE et du Parti Communiste Espagnol (PCE). Au sein de la coalition, les forces modérées veulent une large union organisée par l'état républicain, dans le respect des institutions. Les révolutionnaires, socialistes, communistes dissidents et anarchistes prônent la formation de milices ouvrières et une répression brutale de la bourgeoisie et de l'église, avec une politique de collectivisation de l’économie et de la société. Les uns veulent gagner la guerre civile avant de songer à la révolution, les autres estiment que la révolution est le meilleur moyen de gagner. Minoritaire, le PCE, fort du soutien de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), seule puissance à aider les républicains, imposera par la force la première option, faisant valoir qu’il s’agit de vaincre le fascisme et qu’il faut l’appui de toutes les couches sociales. Mais cette division va affaiblir dangereusement la république espagnole.

Dans le camp d’en face, malgré les divisions entre monarchistes et républicains, conservateurs et phalangistes, l’union se fait autour des militaires.

L'église, la classe dirigeante, la droite parlementaire, une bonne partie de la paysannerie et le corps des officiers se prononcent massivement pour les rebelles. La guerre d’Espagne est aussi une guerre de classe. La peur des rouges et les attaques contre l'église ont diffusé la panique dans la classe dirigeante et parmi le personnel politique conservateur, qui impose l’union sacrée des droites contre la république.

Tandis que les républicains se divisent entre légalistes et révolutionnaires, les militaires remportent leurs premiers succès. Au nord, les troupes insurgées commandées par le général Emilio Mola ont pris le contrôle de l’Aragón, de Pampelune, de Burgos et de Valladolid au Pays Basque, de la Navarre et de la Galice. Au sud, grâce au bluff du général Gonzalo Queipo de Llano, qui a fait croire que les quatre officiers qui exigeaient la reddition des autorités étaient suivis par une troupe nombreuse, les militaires s’emparent de Séville et d’une partie du littoral andalou. Francisco Franco est encore au Maroc avec les meilleures troupes. Il doit passer le détroit de Gibraltar pour lancer son offensive. Le 22 juillet 1936, le capitaine Arranz Monasterio, mandaté par Francisco Franco, s’envole pour Berlin. Adolf Hitler est à Bayreuth pour le festival de Richard Wagner. Le 26 juillet 1936 au soir, sortant de la Walkyrie, il reçoit les envoyés de Francisco Franco, réservé, méfiant et ignorant si celui-là a bien le soutien de toute l’armée.

Hermann Göring, tout heureux de montrer les qualités de la Luftwaffe, et Wilhelm Canaris, le chef des services secrets, plaident pour l’aide immédiate. Une lettre indiquant que Francisco Franco dirige désormais une junte de trois généraux balaie les hésitations d'Adolf Hitler.

L’Allemagne et l’Italie s’engagent sans réserves aux côtés de Francisco Franco, pendant que les démocraties attachées à la paix choisissent la non-intervention.

Dès les premiers jours, le rapport de forces bascule à l’avantage des fascistes. Une escadrille de Junker et de Heinkel part pour le Maroc espagnol.

Les troupes de Francisco Franco passent sans encombre le détroit. Arrivée à Algésiras, une petite armée de trois mille soldats d’élite est dirigée sur Séville et jetée dans la bataille. Le général Emilio Mola veut prendre aussitôt Madrid. Il forme quatre colonnes de soldats pour prendre la capitale en étau et compte pour l’emporter sur une cinquième colonne, ses partisans au sein de la ville. L’expression sera maintes fois reprise dans les années qui suivront. S’il prend Madrid, le coup d'état sera bouclé en quelques jours. Mais les républicains se sont ressaisis.

Dès le 18 juillet 1936, Dolorès Ibarruri, porte-parole du PCE, a lancé le premier de ses appels à la radio, « travailleurs, antifascistes et peuple laborieux, debout ».

La main crispée sur le micro, la voix rauque et la chevelure noire parsemée de fils blancs, elle galvanise le peuple républicain et conclut sur ces deux mots restés célèbres, « no pasarán ». On l’appellera bientôt la Pasionaria.

Les milices ouvrières se sont organisées et les armes ont enfin été distribuées. L’assaut des putschistes est repoussé et Madrid reste aux mains du gouvernement. Une semaine plus tard, l’Espagne est coupée en deux, le nord et le sud dominés par les fascistes et le centre et l’est par les républicains. Le putsch a échoué. La guerre civile commence.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 14:41

Le parlement turc ratifie l'accord de normalisation avec Israël (Reuters)

Le parlement turc a approuvé Samedi 20 Août 2016 l'accord de normalisation des relations avec Israël conclu à la fin du mois de juin 2016 au terme d'une crise diplomatique de six ans, due à l'incident de la flottille de la paix à destination de la bande de Gaza, au mois de mai 2010.

Dix militants turcs pro-palestiniens avaient été tués par les forces spéciales israéliennes dans l'assaut du Mavi Marmara, navire amiral de cette flottille qui tentait de briser le blocus imposé par Israël.

Le gouvernement israélien, qui a présenté ses excuses à Ankara, doit verser vingt millions de dollars d'indemnités aux proches des victimes.

L'accord du 28 juin 2016, conclu deux semaines avant le putsch manqué de Turquie, ne prévoit pas la levée du blocus de la bande de Gaza, réclamée par Ankara, mais autorise l'acheminement d'aide humanitaire à destination de l'enclave via les ports israéliens.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 20:03

http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_76_iprod_669-revolution-dans-la-guerre-d-espagne-1930-1939-.html

Révolution dans la guerre d'Espagne

Par Wilebaldo Solano

« Des hommes et des femmes ont lutté pour une espérance, une société où la terre et les moyens de production seraient un bien commun et un monde où les classes sociales seraient abolies. Au cours de rares moments et en quelques lieux, cet espoir est devenu réalité », déclarait le cinéaste Ken Loach en 1995 pour présenter Land and Freedom.

Prélude à la deuxième guerre mondiale, la guerre civile espagnole a contribué à révéler la face sanglante et contre-révolutionnaire du stalinisme. L’auteur, un des acteurs de l’immense épopée qui s’est jouée sur la terre d’Espagne entre 1930 et 1939, nous raconte comment les peuples d’Espagne se sont soulevés pour affronter le soulèvement militaire franquiste.

Militant du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM), un parti révolutionnaire anti stalinien, il nous invite à le suivre dans cette guerre où la république affronte le fascisme international alors même que, dans le camp républicain, les agents de Joseph Staline traquent et assassinent, c’est l’époque des procès de Moscou, les trotskistes, les anarchistes, les poumistes et tous ceux qui se mettent en travers du chemin de la diplomatie de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Alors que ses milices ouvrières combattent sur les fronts d’Aragon et de Madrid et que des communes paysannes collectivisent les terres des féodaux, les militants du POUM sont arrêtés et assassinés à Madrid à Barcelone et sur le front, fusillés par Francisco Franco et par Joseph Staline.

Andreu Nin, l’un des principaux dirigeants du POUM, et dont l’auteur nous trace un portait vivant, est enlevé, enfermé dans une prison secrète, torturé, il doit avouer être un agent de Francisco Franco, ce qu’il ne fera pas, et assassiné. L’aide de l’URSS à la république espagnole a un prix, l’or espagnol qui part à Moscou, la domestication du processus révolutionnaire pour ne pas déplaire aux intérêts britanniques et français, l’élimination des opposants et la destruction des conquêtes révolutionnaires.

Wilebaldo Solano nous livre ici son analyse d’un moment historique qui aurait pu changer le cours de l’histoire. Nourri par ses souvenirs, par son travail de recherche et par l’apport des archives soviétiques ouvertes après la chute du mur de Berlin, son témoignage rappelle que la lumière doit encore être faite sur la politique du maître du Kremlin et de ses alliés. Portraits, documents, notices et une riche iconographie complètent l’ouvrage.

Wilebaldo Solano a vingt ans en 1936, il sera l’un des dirigeants du POUM pendant la nuit franquiste. Arrêté à Montauban en 1941, il est condamné à vingt ans de réclusion. Libéré en 1944 par un commando du POUM, il rejoint le maquis. Il travaillera à l’Agence France Presse (AFP) de 1953 à 1981 et il sera un des conseiller de Ken Loach pour Land and Freedom.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 19:38

https://www.pajumontreal.wordpress.com/2016/08/09/paju-felicite-le-parti-vert-du-canada-pour-ladoption-des-resolutions-en-faveur-des-droits-humains-des-palestiniens

PAlestiniens et Juifs Unis (PAJU) félicite le Parti Vert du Canada pour l’adoption des résolutions en faveur des droits humains des palestiniens

Mardi 9 Août 2016

PAJU félicite le Parti Vert du Canada pour son appui historique et courageux aux deux résolutions relatives au conflit israélo-palestinien.

Dimanche 7 Août 2016, le Parti Vert du Canada a approuvé une résolution soutenant le principe de la campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), mouvement visant l’occupation illégale d’Israël des territoires palestiniens. Lors de la convention, le Parti Vert du Canada a également adopté une résolution historique pour appuyer la révocation du statut d’organisme de bienfaisance de toute organisation qui est complice de la violation du droit canadien ou international des droits de l’homme.

« BDS est la seule mesure non-violente qui peut mettre un terme à l’occupation brutale d’Israël et de son système institutionnalisé de ségrégation pratiquée contre les palestiniens sur une base quotidienne », a déclaré Bruce Katz, co-président de PAJU. « La résolution de révoquer le statut d’organisme de bienfaisance des organisations qui ne respectent pas le droit international a une application directe sur le statut d’organisme de bienfaisance du Fonds National Juif (FNJ) », a ajouté Bruce Katz. Le FNJ est l’agence foncière israélienne impliquée dans l’administration des terres palestiniennes expropriées illégalement par Israël et elle a des chapitres dans divers pays, dont le Canada, où le FNJ jouit d’un statut d’organisme de bienfaisance.

En 2005, cent soixante et onze organisations palestiniennes représentatives de la société civile palestinienne ont appelé au boycott international contre Israël comme étant la seule stratégie non-violente pour obliger Israël à respecter le droit international et les droits humains des palestiniens et pour mettre fin à sa colonisation des terres palestiniennes. Les résolutions du Parti Vert du Canada adoptées lors de sa convention défendent la primauté du droit et le principe des droits de l’homme pour tous.

« La fausse déclaration de BDS comme étant antisémite tel que mis en avant par le Bnai Brith n’est rien de plus qu’une mise à jour odieuse du maccarthysme », a dit Bruce Katz. « Il est le moyen par lequel les partisans de colonialisme israélien essaient d’étouffer l’opposition légitime contre la propre forme d’apartheid d’Israël. Si BDS a réussi contre l’apartheid en Afrique du Sud, il peut faire autant contre l’apartheid israélien. Ce que nous pouvons dire, c’est que le Parti Vert du Canada est sur le bon côté de l’histoire. Nous ne pouvons pas dire pareil pour les autres partis qui siègent à la chambre des communes du Canada ».

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