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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 21:22


www.palestine-info.cc

Les autorités françaises interdisent la chaîne satellitaire Al-Aqsa
[ 11/01/2009 - 00:56 ]

Gaza – CPI

Al-Asqa, chaîne satellitaire du mouvement du Hamas, a été interdite par les autorités françaises. Une décision prise sous les pressions du lobby sioniste.

Ce sont les autorités audiovisuelles qui ont déclaré l’interdiction de la chaîne Al-Aqsa. Elle a été chassée du paquet satellitaire français. Le comité américano-juif, un comité des plus pro-israéliens, a salué la décision, en espérant qu’elle limitera la diffusion d’Al-Aqsa sur les territoires européens.

Cette mesure a été prise en réponse aux appels répétés dudit comité. En fait, le comité prétend que la chaîne « viole les critères européens concernant la provocation à l’extrémisme et la violence ».

Notons que la France avait interdit la diffusion de la chaîne libanaise Al-Manar du Hezbollah, sous les pressions encore une autre fois de l’Entité sioniste et d’organisations pro-israéliennes.

Notons également que le siège de la chaîne satellitaire Al-Aqsa de Gaza avait été bombardé par les chasseurs israéliens, au début de l’agression contre la bande de Gaza. Un bombardement condamné par l’Union mondiale des journalistes. L’Union considère que l’Entité sioniste avait violé la loi internationale en prenant en cible une institution de médias.
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 21:15

Tarnac ou les fantasmes du pouvoir, par Gabrielle Hallez


LE MONDE | 20.01.09 | 09h13  •  Mis à jour le 21.01.09 | 18h30


  J'ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L'appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l'attente. Le lent dégonflement de l'affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d'Yildune [Lévy]. Il en faudra d'autres.


Cette triste affaire aura au moins rappelé l'obsession du pouvoir : écraser tout ce qui s'organise et vit hors de ses normes.

Je ne voudrais pas qu'on puisse prendre cette histoire comme un événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d'autres, et peut arriver encore.

6h40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j'attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d'objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.

Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture. Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le village. Personne ne pourra manquer d'admirer le spectacle de la police en action, et les moyens imposants du ministère de l'intérieur quand il s'agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type, ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l'air sérieux, c'est l'état d'urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s'est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n'est pas un dérapage, c'est une méthode.

Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n'est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.

Les interrogatoires s'enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : "Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l'opération Taïga, on va la mettre en détention", "Tu ne reverras plus ta fille". Leur bassesse n'est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : "Comment vivez-vous?", "Comment êtes-vous organisés pour manger?", "Est-ce que tu écris?", "Qu'est-ce que tu lis?" Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.

Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m'a annoncé, lors de la perquisition : "Nous sommes ennemis." Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n'y a jamais eu de cellule invisible, et nous n'avons que faire de "chefs" et de "bras droits". La police croit toujours que ce qu'elle traque est organisé à son image, comme en d'autres temps, où elle brandissait le spectre du syndicat du crime.

Un gendarme me lit un communiqué allemand, diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages dans le cadre d'une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.

Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d'une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n'es au courant de rien d'autre que de ce que la police veut bien te dire, c'est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m'a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l'ampleur médiatique de l'affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l'arrestation.

Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s'entassent des centaines d'hommes et de femmes dans la crasse et l'attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière, infinité de couloirs gris et humides dont les portes s'ouvrent sur les rutilantes salles d'audience. Je suis amenée jusqu'aux galeries toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d'instruction. Puis la prison.

Fleury-Mérogis – la plus grande d'Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons, corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées, Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d'être chaque nuit réveillées toutes les deux heures, lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l'ont à Fleury, et Isa l'avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d'une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée d'avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.

Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement. Circonstances favorables, c'est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l'opportunité de faire des études; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l'actualité, marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).

Je dis "rapidement", par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces "circonstances favorables". La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.

Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités se nouent dans l'évidence d'une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.

Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s'opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : "S'il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable", avait-il dit en 2006.

Gabrielle Hallez, mise en examen dans l'affaire de Tarnac






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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 17:41

http://soutien-palestine.blogspot.com/2009_01_01_archive.html

 

Même si les bombardements de l’armée sioniste sur Gaza se sont arrêtés pour un temps, c’est la mort qui rôde toujours et encore sur cette terre sur laquelle coule une mer de sang. Le nombre de victimes ne cesse en effet d’augmenter au fur et à mesure que les corps sont dégagés des champs de ruines. Plus de 1300 morts à ce jour et plus de 6000 blessés dont 500 dans un état jugé critique. 410 enfants ont péri dans ce carnage. Toutes les infrastructures vitales sont détruites ; 4000 maisons sont entièrement démolies, 20 000 autres sont partiellement détruites ; des milliers de Palestiniens sont sans foyers.

La déshumanisation et la diabolisation permanentes des Palestiniens par l’ensemble du monde qui se dit « civilisé » a permis à Israël de pratiquer sa barbarie sans être inquiété puisqu’il s’agissait de conduire une guerre pure au nom du terrorisme.

Mais le massacre qu’Israël a perpétré à Gaza et dont les nations du monde entier se sont rendues complices restera à tout jamais gravé dans l’Histoire et dans les mémoires. Il n’y a plus que les dirigeants occidentaux à rire encore en tapotant l’épaule du bourreau Olmert. Les peuples du monde entier ont vu l’infamie commise par l’armée des barbares et auprès d’eux la propagande israélienne a perdu à tout jamais son pouvoir de mystifier les consciences ; le silence et l’intimidation n’auront plus jamais cours.

Israël devra encore affronter notre détermination à dénoncer ses crimes de guerre au cours de la manifestation nationale organisée à Paris ce samedi 24 janvier 2009.
Rendez-vous à 14 heures place Denfert Rochereau.

 
 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 17:21

  Ce message est un message de bilan de la première guerre d’Israël contre Gaza.

 

  Quels étaient les objectifs de guerre d’Israël ? Les sionistes le savaient ils eux mêmes ? Si on fait la comparaison par rapport aux guerres d’Irak, l’objectif était il un objectif du type première guerre d’Irak en 1991 ? L’objectif était il un objectif du type deuxième guerre d’Irak en 2003 ? La seule certitude est la suivante. Les guerres sionistes sont toujours des courses contre la montre. La première guerre d’Israël contre Gaza avait une date butoir, elle était à Washington, c’était le 20 janvier, c’était le jour de l’investiture du quarante quatrième président des Etats Unis.

 

  Quels sont les résultats de cette guerre ? Le bilan est catastrophique et les dommages collatéraux sont immenses. Mille cinq cent morts, c’était une guerre moderne, une guerre contre les civils, contre les écoles et les hôpitaux de l’ONU, une nouvelle manifestation et démonstration extrêmement claire de la nature fasciste du sionisme politique. C’est la consécration définitive du Hamas comme l’incarnation de la résistance palestinienne et une défaite importante du président de l’autorité palestinienne, du Fatah, de l’OLP et de leurs protecteurs arabes d’Egypte, de Jordanie et d’Arabie Saoudite.

 

  Les conséquences diplomatiques sont immenses. La Ligue arabe n‘existe plus, il n’y avait pas une seule réunion pendant la guerre. C’est l’échec total des réunions de Doha et de Koweït City après la guerre. C’est la rupture des relations diplomatiques entre le Vénézuela et Israël et entre la Bolivie et Israël. Des humouristes arabes proposent le transfert du siège de la Ligue arabe à Caracas.

 

  « It is the time of boycott Israël », c’est le titre d’un célèbre message de Naomi Klein dans le quotidien britannique « The Guardian », c’est le temps d’une campagne mondiale pour le boycott diplomatique, économique et militaire d’Israël, à l’image de la campagne d’il y a vingt ans pour le boycott du régime d’apartheid en Afrique du Sud.

 

  Les sionistes réveillaient le mouvement anti guerre dans les métropoles impérialistes, en France, en Europe et aux Etats Unis. Des petits cortèges des organisations françaises suivaient  les gros cortèges des organisations arabo musulmanes. Des dizaines de milliers de jeunes des cités des banlieues populaires participaient aux manifestations dans les cortèges et sous les banderoles des organisations arabo musulmanes. Ces manifestations étaient des manifestations d’éducation populaire. Ils sauvaient l’honneur de l’humanité. La génération de 2009 manifestait contre la guerre de Gaza, comme la génération de 1936 manifestait contre la guerre d’Espagne, comme la génération de 1954 manifestait contre la guerre d’Algérie, comme la génération de 1968 manifestait contre la guerre du Vietnam. La gauche sioniste dénonçait l’importation du conflit israélo palestinien en France et appelait au boycott de ces manifestations. Pour elle aussi, c’est le temps du boycott. La prochaine fois, ils organiseront des manifestations  de soutien à Israël.

 

  Bernard Fischer

  www.fischer02003.over-blog.com

   

 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:00

Le professeur André Nouschi, 86 ans, natif de Constantine, une icone dans le monde des historiens, réputé mondialement, Professeur honoraire de l'université de NICE, a écrit cette lettre à l'adresse de l'ambassadeur d'Israël à Paris.   

André Nouschi fut combattant de la France libre et a été enseignant à l’université de Tunis. Spécialiste de l'histoire du XXème siècle et de l'Afrique du Nord, il a publié de nombreux ouvrages dont La France de 1914 à 1940, L'Algérie amère (1914-1994), La France et le pétrole, La Méditerranée, La France et le monde arabe.

Monsieur l'Ambassadeur,

Pour vous c'est shabat, qui devait être un jour de paix mais qui est celui de la guerre. Pour moi, depuis plusieurs années, la colonisation et le vol israélien des terres palestiniennes m'exaspère. Je vous écris donc à plusieurs titres : comme Français, comme Juif de naissance et comme artisan des accords entre l'Université de Nice et celle de Haïfa.

Il n'est plus possible de se taire devant la politique d'assassinats et d'expansion impérialiste d'Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler s'est conduit en Europe avec l'Autriche et la Tchécoslovaquie .Vous méprisez les résolutions de l'ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants ; n'invoquez pas les attentats, l'Intifada. Tout cela résulte de la colonisation ILLEGITIME et ILLEGALE. QUI EST UN VOL. Vous vous conduisez comme des voleurs de terres et vous tournez le dos aux règles de la morale juive. Honte à vous : Honte à Israël ! Vous creusez votre tombe sans vous en rendre compte. Car vous êtes condamnés à vivre avec les Palestiniens et les états arabes. Si vous manquez de cette intelligence politique, alors vous êtes indignes de faire de la politique et vos dirigeants devraient prendre leur retraite. Un pays qui assassine Rabin, qui glorifie son assassin est un pays sans morale et sans honneur. Que le ciel et que votre Dieu mette à mort Sharon l'assassin. Vous avez subi une défaite au Liban en 2006.Vous en subirez d'autres, j'espère, et vous allez envoyer à la mort de jeunes Israéliens parce que vous n'avez pas le courage de faire la paix.

Comment les Juifs qui ont tant souffert peuvent-ils imiter leurs bourreaux hitlériens ? Pour moi, depuis 1975, la colonisation me rappelle de vieux souvenirs, ceux de l'hitlérisme .Je ne vois pas de différence entre vos dirigeants et ceux de l'Allemagne nazie ?

Personnellement, je vous combattrai de toutes mes forces comme je l'ai fait entre 1938 et 1945 jusqu'à ce que la justice des hommes détruise l'hitlérisme qui est au cœur de votre pays. Honte à Israël.

J'espère que votre Dieu lancera contre ses dirigeants la vengeance qu'ils méritent. J'ai honte comme Juif, ancien combattant de la 2ème guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse jusqu'à la fin des siècles ! J'espère que vous serez punis..

André Nouschi

Professeur honoraire de l'Université

http://www.lematind z.net/news/ 2332-le-professe ur-andre- nouschi-ecrit- a-lambassadeur- disrael-a- paris.html


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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:53


Ban Ki-moon choqué et scandalisé par ce qu'il a vu à Gaza (Reuters)

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, s'est dit "choqué" et "scandalisé" par le spectacle qu'il a vu à Gaza après trois semaines de déluge de feu israélien.

Ban est la première haute personnalité étrangère à se rendre sur l'ex-champ de bataille depuis le cessez-le-feu unilatéral décrété par Israël, dont l'offensive contre le Hamas a fait plus de 1.300 morts, près de 6.000 blessés, des milliers de sans-abri et quelque deux milliards de dollars de dégâts.

Le Hamas a promis dimanche de respecter la trêve si l'armée israélienne quittait le territoire dans la semaine, un retrait en grande partie réalisé avant la prise de fonctions de Barack Obama, mardi, pour éviter toute friction avec le nouveau chef de la Maison blanche.

Le président sortant George Bush avait donné son aval à l'opération d'Israël, jugeant qu'elle constituait une riposte légitime aux tirs de roquette des activistes qui avaient refusé le 19 décembre de proroger la trêve de six mois conclue grâce à une médiation égyptienne.

"Je n'ai vu qu'une partie des destructions. C'est choquant et alarmant. J'ai assisté à des scènes déchirantes. Je suis profondément peiné par ce que j'ai vu aujourd'hui", a dit Ban Ki-moon, réitérant sa condamnation de l'"usage excessif de la force" par Israël, tout en dénonçant les tirs du Hamas.

Tandis qu'il parlait, de la fumée s'élevait encore des entrepôts de nourriture du QG l'Agence de l'Onu pour les réfugiés, frappés jeudi par l'aviation israélienne - un raid qualifié de "scandaleux" par Ban qui a exigé une enquête et la punition des responsables.

Les agences de l'Onu et les autres organismes humanitaires ont annoncé l'expédition rapide à Gaza d'une aide massive via les points de passage avec Israël mais le contrôle exercé depuis juin 2007 par le Hamas sur le territoire pose problème en raison du boycottage du mouvement islamiste par l'Occident.

"NOUS AVONS GAGNÉ LA GUERRE MAIS TOUT PERDU"

Des milliers de sympathisants du Hamas agitant des drapeaux du mouvement ont participé à un "meeting de victoire" devant le QG des Nations unies à l'occasion de la venue de Ban Ki-moon, afin de réclamer la fin du boycottage occidental et la reconnaissance de l'Onu.

Celle-ci fait partie, aux côtés des Etats-Unis, de la Russie et de l'Union européenne, d'un "quartet" de médiateurs internationaux qui refuse de traiter avec le mouvement islamiste tant qu'il ne renoncera pas à la violence et ne reconnaîtra pas Israël.

Ban a adjuré les Palestiniens de se rassembler sous la houlette du président Mahmoud Abbas, dont le Hamas a chassé le Fatah de Gaza. "J'appelle le Fatah, le Hamas et toutes les factions palestiniennes à se réunir dans le cadre de l'autorité palestinienne légitime."

Dans la foule participant au meeting, Abou Mourad Ghaleb affirme ne pas être venu pour soutenu le Hamas, mais pour "dire à l'Onu que les Palestiniens ne plieront pas devant Israël, seule puissance mondiale".

"Lui n'est juste qu'une image, pas une voix", ajoute cet ingénieur palestinien de 40 ans au sujet du secrétaire général de l'Onu, rappelant que les Nations unies n'ont jamais réussi à faire appliquer leurs résolutions par l'Etat juif.

Les dirigeants israéliens avaient exprimé ouvertement l'espoir que, en semant la dévastation à Gaza, les Palestiniens en rendraient responsable le Hamas et se détourneraient du mouvement islamiste.

Certains d'entre eux semblent, de fait, vaciller dans leurs convictions.
"Le Hamas a surestimé sa propre force et nous a amené encore plus de destructions. Tout le monde nous a laissés tomber, alors maintenant, il faudrait chercher un règlement de paix avec Israël", confie Waël Eïd, un Gazaoui observant de loin le meeting du Hamas.

"Nous avons gagné la guerre. Mais nous avons tout perdu", renchérit sardoniquement Nabil Soultan dans les faubourgs de Gaza en parcourant les ruines de sa maison, comme de nombreux Palestiniens que la guerre a privés de foyers.

Ban s'est aussi rendu dans le sud d'Israël, sur des sites civils touchés par des roquettes.




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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 21:04

http://www.bakchich.info/article6426.html

Kouchner, ministre des factures étrangères

Quai d’or frais | jeudi, 15 janvier 2009 | par Xavier Monnier

817 000 euros, c’est la somme qu’a réglé en 2008 le Gabon à une boîte de conseil pour laquelle a bossé Bernard Kouchner. La diplomatie française fait encore recette.

[Cet article est publié dans Bakchich depuis le mardi 13 janvier 2009]

Une fois le travail fait, les factures éditées, demeure pour tout prestataire de service, une petite difficulté. Se faire payer. Surtout quand il s’agit de commandes publiques.

Africa Steps/Imeda, enregistrées au registre du commerce de Paris comme sociétés de conseils et de gestion et sises à la même adresse du 130 boulevard Saint-Germain, en ont fait l’amère expérience. Avec des créances en latence avec l’Etat gabonais pour un montant total de 817 000 euros début 2007.

Une somme tout de même, pour ces deux boîtes de consultants dont les dirigeants présentent un joli cursus. Aujourd’hui encore gérant d’Imeda, Eric Danon devient, le 8 août 2007, ambassadeur de France à Monaco, avant d’être envoyé à Genève en février 2008 pour représenter la France à la conférence du désarmement. Toujours gérant d’Africa Steps, Jacques Baudouin œuvre quant à lui comme conseiller presse et communication du ministère des Affaires Etrangères. Pas du menu fretin.

D’autant que les deux hommes ont fait travailler du beau linge pour le Gabon. Deux contrats en bonne et due forme avec le ministère de la Santé. L’un courant sur 2003-2005 portant sur «  un audit complet du système gabonais et proposition de réforme ». Le second, débutant en 2004, a trait à « l’élaboration d’un nouveau plan national de développement sanitaire ». Deux bels et bons projets auxquels sont associés « Bernard Kouchner président de BK conseils », comme le montrent les deux documents exhumés par Bakchich, et issus du défunt site d’Imeda.

Bref, malgré la proximité avec le French doctor, ministre préféré des Français, inventeur du droit d’ingérence, etc… le gouvernement gabonais a traîné des pieds pour régler la douloureuse.

Heureusement, pour Imeda et ses prestataires, est venu le doux été 2007. Le 8 août, Eric Danon devient ambassadeur de France à Monaco. Et une semaine plus tôt, le 2 août, sa future excellence se fend d’un fax fort amical à l’attention du trésorier payeur général du Gabon.

« Cher Blaise, comme vous le savez, les deux sociétés accomplissent de nombreuses missions au Gabon pour le compte du gouvernement. Nous avons reçu le mois dernier, de S.E. le chef de l’Etat, l’assurance que notre dernière facture serait rapidement honorée. En conséquence, celle-ci a été transmise au ministre d’Etat Paul Toungui, je vous l’adresse de même ci-joint ».

Un envoi intéressant, qui atteste que les deux sociétés des diplomates "accomplissent" encore en 2007 des missions au Gabon. Selon Pierre PEAN, dont les bonnes feuilles du futur bouquin ont été publiés par Marianne2.fr, le règlement de ces factures a été discuté par Bernard KOUCHNER soi-même, consultant devenu Ministre des Affaires Étrangères, lors d’une entrevue avec le Président BONGO, le 25 mai 2007.

La moiteur de l’été austral a, semble-t-il, empêché la question d’être réglée. Un deuxième fax d’Éric DANON, ambassadeur à Monaco et gérant d’Imeda, atterrit le 17 septembre 2007, sous le tampon du Trésorier Payeur général du Gabon. Le jour même de la présentation des lettres de créance de DANON à Albert II de Monaco.

Et son excellence DANON d’arguer. "À la suite d’un entretien avec le chef de l’Etat et d’une conversation aujourd’hui même avec le ministre d’Etat Paul TOUNGUI, ce dernier me demande de vous faire parvenir à nouveau notre dernière facture pour paiement rapide".

Installée par la France, la bureaucratie gabonaise en a conservé une certaine langueur. Selon le relevé d’opérations du Trésor public gabonais, la dite facture n’a été honorée qu’en 2008. En deux fois. Le 24 janvier et 11 mars 2008.
                                           
Ainsi, durant le premier trimestre 2008, l’État Gabonais a reversé près d’un million d’euros à deux sociétés gérées par des proches du ministre des Affaires étrangères, pour des contrats sur lesquels a bûché le dit ministre. Original. Et peut-être un brin gênant, quand il s’agit de discuter avec les autorités gabonaises et Omar BONGO, fort nerveux après les multiples plaintes qui les touchent en France. Au moins le ministre a-t-il toujours été très discret sur la question… Étonnamment, depuis ces règlements, Éric DANON a été muté de Monaco à la conférence de désarmement de Genève.

Ni Jacques BAUDOUIN, ni Bernard KOUCHNER, qui a confirmé lundi matin sur Europe 1 être "très fier" de son travail sur le Gabon, n’ont répondu à nos questions. Seul Éric DANON, bien urbainement, a confirmé à Bakchich qu’il avait relancé l’État Gabonais pour "ce reliquat". La principale question qui demeure. Le montant de la somme reversée par Imeda, après règlement à la société de Bernard KOUCHNER. Les comptes 2008 de BK consultants n’ont pas encore été déposés au greffe du tribunal. Nul doute que leur consultation sera enrichissante.
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 20:46

Oui, l’arrêt de la guerre est possible !

Quiconque est aujourd’hui sincèrement attaché aux droits légitimes des peuples palestinien et israélien – un Etat viable et souverain pour le premier, une sécurité garantie pour le second – ne peut qu’être atterré par l’offensive militaire israélienne. Révolté par le calvaire des habitants de Gaza. Angoissé pour la sûreté à laquelle aspire la population israélienne.

Il y a deux ans, je me suis rendue à Gaza et en Israël à la rencontre des dirigeants puis j’ai longuement dialogué avec des groupes de jeunes étudiants. Des deux cotés, ces jeunes parlaient avec les mêmes mots, la même passion, le même regard farouche : « On veut faire naître nos enfants dans un monde en paix et on en a assez de la peur. »

Aucune victoire militaire de Tsahal ne garantira la sécurité d’Israël. Est-il possible d’arrêter ce conflit sans fin où les chances de paix sont périodiquement gâchées, parfois des deux côtés en même temps, par le choix à répétition de la politique du pire ? Quelle solution politique, équitable et durable, le permettra ?

Après avoir en équipe écouté, observé et analysé, je vois plusieurs jalons solides d’une paix juste et durable. Les voici.

Tout d’abord, la supériorité des armes n’a jamais mis à l’abri d’une défaite politique, elle l’a même parfois hâtée et c’est encore plus vrai aujourd’hui où l’opinion mondiale, informée comme jamais, voit sur ses écrans le déluge de feu qui s’abat sur Gaza, cette immense prison à ciel ouvert asphyxiée par le blocus et quotidiennement pilonnée.

C’est l’honneur d’Israël que des voix s’élèvent en son sein pour s’opposer à une guerre qui n’atteindra aucun des objectifs, officiels et officieux, que lui assigne le gouvernement israélien : ni l’arrêt des tirs de roquette sur les villes du sud ; ni le démantèlement du Hamas, au contraire installé en fer de lance de la résistance ; ni même la restauration de la capacité de dissuasion de l’armée israélienne, ébranlée après l’invasion du Liban ; ni même le message adressé à l’Iran et au « terrorisme » car les principaux bénéficiaires de cette opération brutale et, à terme, contre-productive, ne sont ils pas les djihadistes les plus obtus et les réseaux d’Al Qaida ?

Marek Halter a rencontré à Damas Khaled Mechaal, le chef du Hamas, à la veille du déclenchement de l’offensive israélienne. Celui-ci lui a dit, rapporte-t-il, que le Hamas qui prônait jadis dans sa Charte la destruction pure et simple de l’Etat d’Israël, était aujourd’hui « prêt à un accord sur la base des frontières de 1967 ». Qu’est-ce que cela signifie ? Une reconnaissance de facto de ce que le Hamas appelle désormais « l’entité israélienne ». Ce n’est pas – pas encore – une reconnaissance de droit de l’existence de l’Etat d’Israël et de son droit à la sécurité mais, dit Marek Halter, « c’est une avancée », qui rappelle d’ailleurs celle jadis accomplie par l’OLP.

Cette reconnaissance nécessaire, n’est-il pas vain d’en faire un préalable absolu à toute discussion alors qu’elle devra faire partie du package si l’on en vient enfin à des négociations sérieuses, équitables parce que respectueuses des droits des deux peuples et impliquant leurs représentants tels qu’ils sont et non tels que les uns ou les autres les voudraient a priori ?

L’Europe doit enfin assumer avec force l’immense responsabilité historique qui est la sienne dans cet interminable conflit. Un peu d’histoire et de mémoire n’est pas inutile pour remettre les choses en perspective. Ce sont des persécutions - l’affaire Dreyfus et les pogroms tsaristes, un crime contre l’humanité - la Shoah, tous perpétrés en Europe, qui ont conduit tant de survivants à mettre leur seul espoir dans un Etat-refuge. Ne l’oublions jamais.

Les Palestiniens peuplaient cette terre réputée « sans peuple pour un peuple sans terre » et en furent massivement expulsés. Il ne s’agit pas de faire tourner la roue de l’histoire en arrière mais de ne pas oublier que, colonisations britannique et française inclues, cette histoire est aussi la nôtre.

Deux nations se sont constituées dont les peuples ont aujourd’hui des droits qui doivent être conciliés pour qu’ils puissent, l’un et l’autre, coexister dans la sécurité et la dignité.

Trop de pourparlers et d’accords de paix sont jusqu’à présent allés d’échec en échec, en dépit des rares moments où l’on s’est pris à espérer que la raison et la justice l’emportent grâce à quelques responsables suffisamment visionnaires et lucides qui, tous, ont aujourd’hui disparu et, pour certains, ont été assassinés par les extrémistes de leur camp.

Yitzhak Rabin fut l’un d’eux. Il eut le courage de comprendre que l’escalade guerrière conduisait à l’impasse politique et que la sécurité d’Israël, avec laquelle il ne transigeait pas, exigeait une perspective crédible pour les Palestiniens. Cette « doctrine Rabin » est plus que jamais d’actualité. Les grandes lignes d’une paix honorable et efficace sont connues, il n’y a rien à inventer et plus d’alibi derrière lequel se cacher pour, une fois encore, en détruire les chances.

Pour ses responsabilité s passées et pour sa responsabilité présente dans l’équilibre du monde, l’Europe doit peser de tout son poids pour que cette guerre de trop qui ne règlera rien soit enfin la dernière et pour que les enfants de Sdérot et de Gaza aient enfin droit à une vie normale dans des sociétés qui ne soient plus dominées par la peur et la haine de l’autre.

L’urgence, c’est l’arrêt immédiat des hostilités suivi d’un cessez-le-feu durable, avec envoi d’observateurs ou de forces internationales chargés d’en vérifier le respect. L’urgence, ce n’est pas seulement, des deux côtés, le silence des armes : c’est aussi l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés et la levée du blocus qui a fait de Gaza un immense ghetto paupérisé en proie, avant même l’intervention militaire israélienne, à une catastrophe humanitaire et sociale, nourrissant frustrations et colères.

L’urgence, c’est la mobilisation conjointe et cette fois-ci déterminée de l’Europe et des Etats-Unis, en liaison avec les pays frontaliers, pour en finir avec l’immobilisme meurtrier qui, depuis 16 ans, a succédé au processus de Madrid et aux accords d’Oslo. Force est malheureusement de constater que la mission confiée par le Quartette à Tony Blair n’a, pour l’instant, rien donné d’autre qu’un piteux alignement sur les positions de l’administration Bush.

L’urgence, c’est que chacun comprenne qu’il n’a pas à choisir ses interlocuteurs dans le camp d’en face mais à prendre, tels qu’ils sont, ceux qui représentent effectivement les populations concernées. Le seul préalable à l’ouverture de premières négociations, ce doit être le cessez-le-feu. Le reste, tout le reste, doit en être l’aboutissement, de la reconnaissance d’Israël et de son droit à la sécurité aux contours d’un Etat palestinien souverain et viable.

Trop de temps perdu, trop de promesses non tenues, trop de malheur de part et d’autres et trop, aussi, de politiques inéquitables accréditant l’idée ravageuse d’un « deux poids, deux mesures » dont toujours les mêmes feraient les frais. Il est temps de stopper ce fol engrenage qui a transformé de jeunes lanceurs de pierres des Intifadas passées en bombes humaines car sinon, comme l’a très bien dit l’écrivain franco-libanais Dominique Eddé, « les jeunes oubliés de la vie seront de plus en plus nombreux à être candidats à la mort ». Non par fascination nihiliste ou par fanatisme religieux mais par conviction de n’avoir plus rien à perdre et pas d’autre moyen de faire entendre leur voix.

Il est temps de comprendre aussi qu’il en va non seulement de la sécurité d’Israël et de la dignité de la nation palestinienne mais, plus largement, de l’équilibre et de la sûreté d’un monde où l’éternisation du conflit israélo-palestinien attise le pire.

Rien ne sert de déplorer « l’importation du conflit » : à l’heure d’Internet et des medias télévisés globaux, Gaza est dans tous les foyers et dans toutes les consciences. Les humiliés s’identifient aux humiliés et jugent sévèrement la légèreté avec laquelle la plupart des gouvernements occidentaux semblent, dans cette affaire, traiter leurs propres valeurs. Voilà pourquoi ce qui se joue à Gaza, ce sont aussi nos lendemains à tous car, tôt ou tard, l’histoire présente toujours l’addition.

C’est pourquoi j’en appelle à un effort de lucidité historique et de courage politique de l’Europe, meilleur moyen d’aider Barack Obama à assumer, le jour venu, les responsabilité s politiques qui sont celles de son pays.

Mahmoud Darwich, immense poète palestinien aujourd’hui disparu, disait s’efforcer d’exprimer « la conscience du perdant ». Il appelait cela « être un poète troyen », c’est-à-dire ne jamais se contenter du récit du vainqueur et de la version du plus fort. Il est temps qu’il n’y ait plus, sur la terre d’Israël et de Palestine, non pas un mais deux perdants, comme c’est le cas aujourd’hui.La paix, forcément faite de concessions réciproques, est possible à condition que la justice et l’intelligence du temps qui est le nôtre soient au rendez-vous.

Car, comme le dit le grand écrivain israélien, Amos Oz, « la vie, c’est le compromis. Et l’opposé du compromis, ce n’est pas l’idéalisme, c’est le fanatisme et la mort ».

Ségolène Royal

 source: http://www.desirsdavenir.org/ segolene- royal/les- actualites/ proche-orient- oui-larret- de-la-guerre- est-possible/ 13-01-2009

 

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 20:37

Eric HAZAN : "La deuxième mort du judaïsme"

www.europalestine.com


Eric Hazan est le directeur des éditions La Fabrique, qui publient nombre d’auteurs palestiniens et israéliens contre l’occupation. Il explique dans ce texte pourquoi, selon lui, l’entrée de l’armée israélienne dans le ghetto de Gaza marque "un tournant fatal" du judaïsme.

"Les millions de juifs qui ont été exterminés par les nazis dans les plaines de Pologne avaient des traits communs qui permettent de parler d’un judaïsme européen.

Ce n’était pas tant le sentiment d’appartenance à un peuple mythique, ni la religion car beaucoup d’entre eux s’en étaient détachés : c’étaient des éléments de culture commune. Elle ne se réduisait pas à des recettes de cuisine, ni à des histoires véhiculant le fameux humour juif, ni à une langue, car tous ne parlaient pas le yiddish. C’était quelque chose de plus profond, commun sous des formes diverses aux ouvriers des usines textiles de Lodz et aux polisseurs de diamants d’Anvers, aux talmudistes de Vilna, aux marchands de légumes d’Odessa et jusqu’à certaines familles de banquiers comme celle d’Aby Warburg. Ces gens-là n’étaient pas meilleurs que d’autres, mais ils n’avaient jamais exercé de souveraineté étatique et leurs conditions d’existence ne leur offraient comme issues que l’argent et l’étude. Ils méprisaient en tout cas la force brutale, dont ils avaient souvent eu l’occasion de sentir les effets. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté des opprimés et ont participé aux mouvements de résistance et d’émancipation de la première moitié du siècle dernier : c’est cette culture qui a fourni son terreau au mouvement ouvrier juif, depuis le Bund polonais, fer de lance des révolutions de 1905 et 1917 dans l’empire tsariste, jusqu’aux syndicats parisiens des fourreurs et des casquettiers, dont les drapeaux portaient des devises en yiddish et qui ont donné, dans la MOI (Main d’Oeuvre Immigrée), bien des combattants contre l’occupant nazi. Et c’est sur ce terrain qu’ont grandi les figures emblématiques du judaïsme européen, Rosa Luxembourg, Franz Kafka, Hannah Arendt, Albert Einstein. Après la deuxième guerre mondiale, nombre des survivants et de leurs enfants soutiendront les luttes d’émancipation dans le monde, les Noirs américains, l’ANC en Afrique du Sud, les Algériens dans leur guerre de
libération.

Tous ces gens sont morts et on ne les ressuscitera pas. Mais ce qui se passe en ce moment à Gaza les tue une seconde fois. On dira que ce n’est pas la peine de s’énerver, qu’il y a tant de précédents, de Deir Yassin à Sabra et Chatila. Je pense au contraire que l’entrée de l’armée israélienne dans le ghetto de Gaza marque un tournant fatal.

D’abord par le degré de brutalité, le nombre d’enfants morts brûlés ou écrasés sous les décombres de leur maison : un cap est franchi, qui doit amener, qui amènera un jour le Premier ministre israélien, le ministre de la Défense et le chef d¹État-major sur le banc des accusés de la Cour de justice internationale.

Mais le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les juifs depuis Auschwitz.

Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes,  les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir.

Ce genre de plaisanterie rappelle de façon glaçante le traitement réservé aux juifs en Europe de l’Est pendant la guerre, et sur ce point j’attends sans crainte les hauts cris des belles âmes stipendiées.

L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des juifs. En Israël, malgré le courage d’une poignée d’irréductibles, les manifestations de masse sont menées par des Palestiniens. En France, dans les manifestations du 3 et du 10 janvier, le prolétariat des quartiers populaires était là, mais des cris de colère d’intellectuels juifs, de syndicalistes, de politiciens juifs, je n’en ai pas entendu assez.

Au lieu de se satisfaire des âneries du gouvernement et du CRIF (« ne pas importer le conflit »), il est temps que les juifs viennent en masse manifester avec les « arabo-musulmans » contre l’inacceptable. Sinon, leurs enfants leur demanderont un jour « ce qu’ils faisaient pendant ce temps-là » et je n’aimerais pas être à leur place quand il leur faudra répondre".

Eric HAZAN


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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 20:30

Nouvelles manifestations pro-palestiniennes en France (Associated Press)

 

Des manifestations de soutien aux Palestiniens ont de nouveau été organisées samedi dans plusieurs villes de France. A Paris, des milliers de personnes ont notamment défilé sans incident majeur entre le Châtelet et la place de l'Opéra pour protester contre l'opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza.

 

Cette manifestation, organisée à l'appel de plusieurs associations et collectifs, a rassemblé 2.600 personnes, selon la préfecture de police, 18.000 personnes, selon EuroPalestine. Le défilé qui s'était tenu samedi dernier dans la capitale avait réuni 30.000 participants, selon la police.

Partie de la place du Châtelet, la manifestation devait initialement rallier l'ambassade d'Israël, mais s'est finalement achevée place de l'Opéra, où les participants se sont dispersés dans le calme vers 17h30. Aucun incident majeur n'a été signalé, selon la préfecture de police, qui a seulement fait état d'une vitrine d'un restaurant McDonald's endommagée rue de Rivoli, sur le parcours du cortège.

Sur une place de l'Opéra dont toutes les issues avaient été bouclées par les forces de l'ordre, les manifestants scandaient "Israël assassin, Sarkozy complice", ou encore "Nous sommes tous du Hamas!". Un drapeau israélien et un autre américain ont été brûlés, mais aucun débordement majeur n'a été enregistré.

"Le message principal, outre la dénonciation de ce que commet l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, c'est la nécessité de sanctions contre Israël, notamment par un boycott du pays, qu'on commence à voir, autant au niveau français qu'au niveau international", a déclaré à l'Associated Press Nicolas Shahshahani, membre d'EuroPalestine, jugeant "la situation du peuple palestinien" "plus catastrophique que jamais".

"Nous sommes ici pour dire assez au massacre, au génocide, à l'impunité d'Israël", a de son côté expliqué Abdelakim Sefrioui, président du Collectif Cheikh Yassine, qui avait également appelé à manifester. "Nous allons constituer des dossiers pour traduire devant les tribunaux internationaux les criminels de guerre d'Israël".

Le collectif Droits devant!, qui avait également appelé à manifester, a affirmé dans un communiqué que 320 organisations internationales saisiraient la semaine prochaine la Cour pénale internationale (CPI), "à même de sanctionner les crimes de guerre de l'Etat d'Israël".

A Paris, une autre manifestation de soutien aux Palestiniens, organisée à l'appel du Parti des musulmans de France (PMF), a rassemblé environ 450 personnes, selon la police, entre la place de la République et celle de la Nation. Le défilé avait initialement été décidé pour protester contre l'interdiction du port du voile à l'école. "Nous avons choisi de maintenir cette manifestation en lui donnant un ton palestinien", a déclaré le président du PMF, Mohamed Enacer Latreche. "Nous manifestons contre le génocide qui se produit actuellement dans la Bande de Gaza".

D'autres manifestations ont eu lieu en France. A Marseille, environ 2.500 personnes, selon la police, ont défilé entre la Porte d'Aix et le Vieux-Port à l'appel de 38 associations, partis politiques et syndicats. Les participants ont notamment brandi une banderole "Halte au massacre du peuple palestinien". Aucun incident particulier n'a été signalé.

A Toulouse, 4.500 manifestants, selon les organisateurs, 2.500, selon la police, ont quitté vers 15h la place du Capitole pour gagner la place Claude Bernard, où ils se sont dispersés dans le calme vers 17h30.

A noter que les défilés prévus à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et à Nice (Alpes-Maritimes) avaient été interdits par les préfectures de ces deux départements.

Vendredi, le Premier ministre François Fillon avait annoncé que le gouvernement avait pris des mesures pour "encadrer" les rassemblements de samedi après les débordements constatés à l'occasion de défilés les 3 et 10 janvier. AP

 

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