Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 18:24

Une députée britannique tuée, la campagne suspendue (Reuters)

La députée britannique Jo Cox a été mortellement blessée par balle en pleine rue Jeudi 16 Juin 2016 dans le nord de l'Angleterre, provoquant une vague d'émotion dans le pays et la suspension de la campagne électorale en vue du référendum du Jeudi 23 Juin 2016 sur l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union Européenne.

Jo Cox, élue travailliste favorable au maintien de son pays au sein du bloc communautaire, a été agressée alors qu'elle se préparait à tenir sa permanence électorale hebdomadaire à Birstall, près de Leeds, une localité de sa circonscription.

D'après les médias britanniques, l'agresseur, qui a été arrêté, a ouvert le feu sur la députée et l'a poignardée dans des circonstances encore confuses.

Hospitalisée dans un état grave, Jo Cox a succombé peu après à ses blessures.

Selon un témoin cité par l'agence Press Association, Jo Cox, qui était âgée de quarante et un ans, serait intervenue pour mettre fin à une dispute entre le suspect et un autre homme.

Un autre témoin dit avoir vu le suspect sortir une arme ancienne ou artisanale de son sac et faire feu à deux reprises en direction de la parlementaire.

« J'ai vu une femme sur le sol, comme si elle était à la plage, avec les bras posés le long du corps et les genoux relevés et du sang sur tout le visage », a déclaré Hichem Ben-Abdallah à des journalistes. « Elle ne faisait aucun bruit, mais elle était visiblement à l'agonie ».

Le chef de la police du West Yorkshire a précisé que ses services ne recherchaient pas d'autre suspect que l'homme interpellé, parlant d'un incident isolé dont elle essaie encore de déterminer le mobile.

Les autorités du West Yorkshire a annoncé avoir interpellé un homme de cinquante deux ans tandis qu'un autre homme âgé de soixante dix sept ans a été légèrement blessé. Des armes, dont une arme à feu, ont été retrouvées, a dit la police.

La presse locale, citant d'autres témoins, rapporte que l'agresseur a crié « Britain First », « la Grande-Bretagne d'abord », nom d'une organisation de droite qui se décrit elle-même comme « un parti politique patriote et une organisation de défense de rue ».

Jayda Fransen, numéro deux de Britain First, a qualifié cette agression « d’absolument abjecte » et a souligné que l'expression « Britain First » était également un slogan employé par les partisans du Brexit dans leur campagne électorale.

Etoile montante

Le meurtre de Jo Cox, mariée et mère de deux enfants, a provoqué une vive émotion dans la classe politique britannique qui a, dans son ensemble, condamné cette attaque.

Sur son compte Twitter, le premier ministre David Cameron a qualifié la mort de la députée de tragédie. « C'était une députée engagée et dévouée. Mes pensées vont à son époux Brendan Cox et à leurs deux jeunes enfants ».

Jeremy Corbyn, le chef de file du parti travailliste, a lui aussi réagi sur Twitter, déclarant que « l'ensemble de la famille travailliste, et bien sûr du pays, est choqué et triste devant l'horrible meurtre de Jo Cox ».

Manuel Valls a fait part de sa profonde tristesse sur Twitter. « A travers elle, notre idéal démocratique a été visé. Ne jamais l'accepter », a ajouté le chef du gouvernement français.

Les partisans du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union Européenne ont annoncé la suspension de leurs activités jusqu’au Vendredi 17 Juin 2016. Ceux du Brexit ont également interrompu leur campagne.

David Cameron a annulé un déplacement à Gibraltar et a jugé sur Twitter qu'il « était normal que toutes les activités de campagne aient été suspendues après l'horrible attaque contre Jo Cox ».

C'est la première fois qu'un parlementaire britannique est tué depuis 1990, année de la mort du député Ian Gow, visé par une bombe placée par l’Irish Republican Army (IRA) sous son véhicule.

Jo Cox, diplômée de l'université de Cambridge, a été élue députée en 2015 et elle était considérée comme l'une des étoiles montantes du parti travailliste. Elle était connue pour son engagement en faveur des femmes et pour sa participation à des oeuvres caritatives.

Elle avait contribué en 2008 à la campagne électorale de Barack Obama.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 19:18

http://www.cgt.fr/Aux-propos-inacceptables-du.html

Réaction de la Confédération Générale du Travail (CGT) aux propos inacceptables du premier ministre Manuel Valls

Mercredi 15 Juin 2016

Le premier ministre Manuel Valls vient d’accuser la CGT d’être responsable des violences intervenues en marge de la manifestation nationale du Jeudi 14 Juin 2016, à Paris, contre le projet de loi travail.

La CGT tient à rappeler au premier ministre Manuel Valls que cette mobilisation, comme les précédentes, n’a pas été organisée par la CGT mais par sept organisations syndicales de salariés et de jeunesse qui, depuis quatre mois, dans l’unité, demandent le retrait de ce texte régressif.

Quelle est la réalité des faits ? C’est en marge du cortège de cette manifestation, déposée par les organisations et validée par la préfecture de police de Paris, que des bandes de casseurs se sont à nouveau livrées à des exactions que la CGT a d’ailleurs condamnées officiellement, une fois de plus, dans son communiqué national.

Le premier ministre Manuel Valls ne peut ignorer qu’il incombe aux pouvoirs publics, dont il a la première responsabilité, d’assurer la sécurité et le maintien de l’ordre.

La CGT souligne le sang-froid et la maitrise des militants de son service d’ordre qui, sans faillir, ont pris les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive.

En conscience et prenant en compte les informations données par les services de la préfecture de police, les organisations syndicales ont fait le choix de ne pas aller jusqu’au bout du parcours prévu, malgré la frustration légitime des participants, pour ne pas les exposer davantage à la violence et aux incidents générés par des éléments extérieurs. Face à cette contrainte, une fois encore, l’ensemble des services d’ordre des organisations a su créer et mettre en œuvre les conditions pour que les participants, venus de toute la France, puissent rejoindre leurs moyens de transport.

La CGT tient à rappeler au premier ministre Manuel Valls que, comme il n’est pas de la responsabilité des supporters d’assurer la sécurité dans et autour des stades du championnat d'Europe de football, de la même façon il n’est pas de la responsabilité des manifestants d’assurer la sécurité dans et autour d’une manifestation autorisée par la préfecture de police.

Menacer d’interdire les manifestations est le signe d’un gouvernement aux abois.

Plutôt que de faire l’inventaire tendancieux d’éléments à charge contre la CGT, Manuel Valls ferait bien mieux d’entendre la majorité des salariés, des jeunes et plus largement des citoyens qui rejettent ce projet de dumping social et de destruction de notre modèle de société.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:54

http://www.pourlapalestine.be/liberation-de-khalida-jarrar-la-dirigeante-palestinienne-de-gauche-appelle-a-laction-pour-liberer-les-prisonniers-palestiniens

Libération de Khalida Jarrar

La dirigeante palestinienne de gauche appelle à l’action pour libérer les prisonniers palestiniens

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network

Traduction de Jean Marie Flémal

Députée palestinienne de gauche, féministe et avocate des prisonniers, Khalida Jarrar a été libérée Vendredi 3 Juin 2016, après avoir passé quatorze mois dans une prison israélienne.

Toute une foule de partisans l’attendait au check-point de Jubara, près de Tulkarem.

Lors de sa conférence de presse, Jarrar a insisté en faveur de l’intensification des actions en faveur des prisonniers. « Nous devons passer des paroles aux actes ». Elle a dénoncé l’action du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) en vue de réduire le nombre de visites familiales aux détenus masculins de deux à une par mois, disant que cette action devait être combattue et qu’elle était absolument rejetée par les prisonniers palestiniens. Les palestiniens en prison attendent « une visite minute par minute », a expliqué Khalida Jarrar, faisant également remarquer que les visites de la famille sont d’une importance cruciale pour les prisonniers palestiniens à bien des égards.

Khalida Jarrar a expliqué en détail la situation à laquelle étaient confrontées les détenues palestiniennes, sans omettre les difficultés de leur existence et les abus commis à leur égard par l’administration pénitentiaire israélienne. Elle a également parlé du travail des prisonniers entre eux afin de poursuivre collectivement la lutte, parfaire leurs connaissances mutuelles au contact les uns des autres et développer leur résistance à l’intérieur même de la prison. Khalida Jarrar a insisté sur le fait que les femmes palestiniennes en prison luttaient pour la libération nationale et sociale en tant que participantes et dirigeantes à part entière du mouvement des prisonniers palestiniens et de la lutte de libération de la Palestine. Elle a particulièrement insisté sur le cas de Lena Jarbouni, la plus ancienne détenue palestinienne en Israël.

Khalida Jarrar et Lena Jarbouni

Emprisonnée depuis près de quinze ans, Lena Jarbouni purge une peine de dix sept ans de prison. Palestinienne originaire d’Acre et titulaire de la citoyenneté israélienne, elle avait été accusée « d'aider l’ennemi » et condamnée à dix sept ans de prison. Elle est la porte-parole et la représentante des détenues de la prison d'Hasharon et Khalida Jarrar a dit d’elle qu’elle avait été sa « professeure » et celle de leurs compagnes de détention, elle leur enseigne l’hébreu et joue un rôle important dans le plaidoyer pour l’éducation des détenues mineures. À maintes reprises, Khalida Jarrar à insisté pour que s’intensifient les actions en faveur du soutien et de la mise en liberté de Lena Jarbouni.

Karim Younis à côté de Marwan Barghouti

Elle a aussi mis en exergue les cas de Karim Younis et de Walid Abu Daqqa, deux des plus anciens détenus des prisons israéliennes, qui ont tous deux passé plus de trente ans en détention. Elle a déclaré qu’elle avait brièvement rencontré Karim Younis alors qu’ils étaient transportés dans un de ces tristement célèbres fourgons cellulaires qu’on appelle la « bosta », un véhicule métallique dans lequel les détenus sont maintenus durant de très longs trajets, que ce soit vers le tribunal ou vers l’hôpital. Elle a également déclaré qu’à l’approche du Ramadan, les prisonniers palestiniens languissent après des contacts avec leur famille, contacts qui leur sont refusés par l’occupation israélienne.

Khalida Jarrar, qui est membre du conseil législatif palestinien pour le bloc Abou Ali Mustafa et qui est une éminente dirigeante de gauche du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), est également membre de la direction d’Addameer, l’association de soutien aux prisonniers et des droits de l’homme, dont elle a été directrice exécutive. Durant toute sa vie, elle a combattu pour la liberté des palestiniens, pour les femmes palestiniennes et pour les prisonniers palestiniens. « Nous faisons partie de la lutte mondiale de toutes les combattantes pour la liberté, contre l’injustice, contre l’exploitation et contre l’oppression », a expliqué Khalida Jarrar.

Arrêtée le premier avril 2015 par des militaires des forces israéliennes d’occupation qui avaient fait irruption chez elle juste avant l’aube, Khalida Jarrar avait d’abord été placée en détention administrative sans accusation ni procès. À la suite de protestations internationales, Khalida Jarrar avait été chargée par un tribunal israélien de douze motifs d’inculpation motivés entièrement par ses activités politiques publiques, y compris le fait d’avoir tenu des discours, d’avoir été présente lors de certains événements et d’avoir exprimé son soutien aux détenus palestiniens et à leurs familles. Elle avait été condamnée à quinze mois d’emprisonnement, en sus d’une suspension de prononcé et d’une amende.

Le réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens salue Khalida Jarrar, une combattante pour la libération des prisonniers palestiniens dans leur ensemble, lors de sa remise en liberté des prisons de l’occupation et c’est avec une grande joue qu’il l’accueille à son retour chez elle. Nous nous joignons à ses appels à intensifier les actions an faveur de la libération des prisonniers palestiniens, à résister aux attaques du CICR contre les visites familiales aux prisonniers et à mener une campagne en vue de la libération de Lena Jarbouni et des autres détenues palestiniennes. Khalida Jarrar est une dirigeante nationale palestinienne et elle l’est restée derrière les barreaux de la prison, engagée dans la voie de la libération vis-à-vis de toutes les formes d’oppression et d’injustice. Nous félicitons Khalida Jarrar de sa remise en liberté et de son serment de poursuivre son combat jusqu’à la remise en liberté de chaque prisonnier palestinien et pour la libération de la Palestine.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:36

http://www.liberation.fr/france/2016/06/14/violents-heurts-a-paris-lors-de-la-manif-contre-la-loi-travail_1459429

Violents heurts à Paris lors de la manifestation contre la loi travail

Par Luc Peillon

Un manifestant, atteint au cou par une grenade, serait toujours dans un état grave.

Violents incidents dans la capitale, Mardi 14 Juin 2016, lors de la manifestation nationale contre la loi travail. Partis de la place d’Italie en début d’après-midi, les manifestants n’ont pas tous pu rejoindre le point d’arrivée, l’esplanade des Invalides, en raison des nombreuses échauffourées avec les forces de l’ordre. Tout au long du boulevard Montparnasse, la manifestation a ainsi évolué au rythme des blocages imposés par la police. En tête de cortège, près d’un millier d’autonomes, déterminés, ont multiplié les jets de projectiles contre les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) et les gardes mobiles qui, en retour, ont fait usage de grenades lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Un camion à eau est également intervenu en renfort.

Mardi 14 Juin 2016, vers 18 heures 30, la préfecture de police dénombrait une trentaine de policiers blessés. On comptait également plusieurs manifestants touchés, au moins onze selon les autorités, dont un gravement atteint au cou. « C’était au 117 boulevard de Montparnasse », explique Aurélien, secouriste. « La police a chargé le cortège de biais, puis a tiré des grenades, dont une s’est coincée en haut du dos du manifestant ».

Evacué par le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) avec un autre participant, il était toujours, en fin de journée, dans un état grave.

Thomas, secouriste également, dit, lui, avoir soigné une personne atteinte au front par un tir tendu, tandis que ses collègues évoquent des plaies ouvertes au crâne et un blessé sérieusement atteint au doigt par une grenade à Montparnasse. La préfecture de police annonçait, de son côté, cinquante huit interpellations, et appelait sur Twitter les manifestants à se « désolidariser des casseurs pour faciliter l’intervention des forces de l’ordre ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 18:20

La Confédération Générale du Travail (CGT) en accusation après les violences à Paris (Reuters)

François Hollande et Manuel Valls ont menacé Mercredi 15 Juin 2016 d'interdire les manifestations à risque après les incidents du défilé parisien du Mardi 14 Juin 2016 contre la réforme du code du travail, dans lesquels le gouvernement met en cause la CGT.

Des casseurs ont sévi tout au long du cortège et ont notamment brisé des baies vitrées de l'hôpital pour enfants Necker, où est hospitalisé le garçonnet d'un couple de policiers assassinés Lundi 13 Juin 2016 par un djihadiste présumé.

Interrogé sur France Inter, le premier ministre a accusé le service d'ordre de la CGT d'avoir eu une attitude ambiguë à l'égard de ces casseurs au nombre, selon lui, de sept cent à huit cent.

« Quand on n'est pas capable d'organiser une manifestation, alors on n'organise pas ce type de manifestation qui peut dégénérer », a déclaré Manuel Valls. « Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation à Paris. Au cas par cas, nous prendrons, nous, nos responsabilités ».

Lors d'une visite à l'hôpital Necker, il a laissé entendre qu'il pourrait interdire des manifestations à Paris s'il y avait un risque de violences. Chaque demande de manifestation sera examinée très attentivement, a-t-il dit.

Un message relayé en conseil des ministres par le chef de l’état, selon le porte-parole du gouvernement.

« Il ne pourra plus y avoir d'autorisation de manifestation si les conditions de la préservation des biens, des personnes et des biens publics, ne sont pas garanties », a dit François Hollande, cité par Stéphane Le Foll.

Gouvernement aux abois

Des déclarations dénoncées par la CGT, qui nie être responsable des violences du Mardi 14 Juin 2016, bien qu'un de ses militants ait été arrêté et que des dockers de la CGT aient été signalés, selon la police, dans les heurts de fin de manifestation.

« Menacer d'interdire les manifestations est le signe d'un gouvernement aux abois », écrit dans un communiqué la centrale syndicale, à la pointe du mouvement contre la loi travail, avec la CGT Force Ouvrière et cinq autres organisations.

Le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a pour sa part accusé Manuel Valls d'avoir joué les pyromanes avec ses déclarations, qu'il a jugées irresponsables.

Mercredi 15 Juin 2016, en début de matinée, le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, avait estimé sur France Info que « le pire serait que le gouvernement prenne une décision d'interdiction d'une manifestation organisée par la CGT ».

Interrogé par La Chaîne Parlementaire (LCP), le dirigeant du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadelis, s'est pour sa part borné à demander à la CGT « une pause, car ce n'est pas les manifestations qui changeront la nature de la loi travail ».

A droite, le président du parti des Républicains, Nicolas Sarkozy, a demandé « que soit engagée la responsabilité civile et financière de la CGT ».

Manuel Valls a souligné que c'était la première fois que des casseurs s'attaquaient à un hôpital. Cela « doit sonner comme un signal d'alarme pour chacun », a dit le premier ministre.

La manifestation du Mardi 14 Juin 2016 a rassemblé soixante quinze mille à quatre vingt mille personnes, selon les chiffres de la préfecture de police.

Climat alourdi

Selon celle-ci, un millier de membres de la « mouvance contestataire radicale », cagoulés, s'en sont pris à coups de projectiles aux forces de l'ordre, ils ont commis d'importantes dégradations et ils ont incendié trois véhicules en fin de soirée.

La préfecture a fait état de cinquante huit interpellations, soixante treize interpellations selon Manuel Valls, et de vingt quatre policiers et dix sept manifestants blessés.

L'intersyndicale organisatrice de cette manifestation a d'ores et déjà appelé à deux autres journées de mobilisation contre le projet de loi travail, les Jeudi 23 Juin et Mardi 28 Juin 2016.

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a rendez-vous Vendredi 17 Juin 2016 avec la ministre du travail, Myriam el Khomri.

Mais « chacun doit savoir que le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes », a réaffirmé Manuel Valls.

Des propos également dénoncés par le numéro un de la CGT Force Ouvrière.

« J'attends d'un premier ministre qu'il ne reste pas droit dans ses rangers », a déclaré Jean-Claude Mailly à France Info.

Dans un climat alourdi par la menace terroriste et les tensions entre supporters de football en marge du championnat d’Europe de football, il ne s'est cependant pas prononcé sur de nouvelles manifestations.

« Nous n’avons pas pris de décision pour le moment. Il y a une réunion des syndicats aujourd'hui », a-t-il dit. « Nous sommes conscients des choses. Mais si le premier ministre se comportait différemment et s'il acceptait le dialogue, il n'y aurait plus de manifestations ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 17:13

http://www.liberation.fr/debats/2016/05/04/le-boycott-d-israel-n-est-pas-de-l-antisemitisme_1450552

http://www.pajumontreal.org/paju_fr/?/QUE-CESSE-L-OCCUPATION-PAJU-No-798-27-mai

Le boycott d’Israël n’est pas de l’antisémitisme

Par Eric Hazan

Mercredi 4 Mai 2016

D’un côté, il y a ceux qui défendent un état juif tout puissant, de l’autre côté, il y a des partisans d’un état commun où juifs et arabes vivraient en égaux. Entre les deux, il y a la question de la souveraineté de l'état d'Israël.

D’après Manuel Valls, « l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme ». Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel « l’état d’urgence, c’est l'état de droit » et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements. Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que « l’antisionisme ».

Il y a deux réponses possibles. La première, celle des dîners du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), repose sur deux assertions successives, l'état d’Israël parle au nom des juifs du monde entier, par conséquent, être « antisioniste » et critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les juifs, c’est de l’antisémitisme.

Cette façon de voir occulte deux points essentiels, la grande majorité des juifs vivent ailleurs qu’en Israël et, parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique, d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

La deuxième réponse à la question qu’est-ce que « l’antisionisme » est d’ordre historique. Au début du vingtième siècle, quand Theodor Herzl invitait les juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais de l'union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie (BUND). Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine. En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’Organisation des Nations Unies (ONU), Hannah Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l'assemblée générale de l'ONU et plaida en faveur d’une fédération, d’un état binational sur le territoire de la Palestine mandataire.

Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. Il y a d’un côté ceux qui défendent un état juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les palestiniens d’Israël et ceux des territoires occupés. Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque onze millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un état commun. Nous pouvons laisser de côté la solution des deux états, fiction destinée à faire accepter le statu quo.

Pour ceux, juifs ou arabes, qui soutiennent la création d’un tel état, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la « destruction d’Israël » et d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien. Le boycott n’est pas une arme contre les juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits et à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:49

http://www.liberation.fr/france/2016/06/14/les-frondeurs-lancent-la-consultation-marathon_1459215

Les frondeurs lancent la consultation marathon

Par Lilian Alemagna

Mardi 14 Juin 2016

Avant le retour du projet de loi travail à l'assemblée nationale, députés socialistes, écologistes et communistes opposés au texte veulent démontrer qu'un « compromis est possible ».

A la fin du mois de mai 2016, ils ont signé ensemble un projet de motion de censure « de gauche et des écologistes ». En attendant le retour du projet de loi de réforme du code du travail et pour ne pas être accusés d’être « contre » sans « proposer », plusieurs députés socialistes, écologistes et communistes ont rempli leur agenda de la semaine de rendez-vous avec des responsables syndicaux. « Nous voulons savoir où en sont les syndicats et leurs positions sur le texte », explique Christian Paul, l’un des députés du Parti Socialiste opposé au texte du projet de loi travail actuellement en discussion au sénat. « Nous mesurerons quelle est la possibilité réelle d’un accord ».

Avec quinze autres députés, dont l’écologiste Cécile Duflot, les communistes André Chassaigne et Marie-George Buffet ou encore les socialistes Jean-Marc Germain et l’ancien député du Parti Socialiste Pouria Amirshahi, Christian Paul compte ainsi renvoyer le gouvernement à son « jusqu’auboutisme ». Ces parlementaires commenceront Mardi 14 Juin 2016 leur « marathon du dialogue » par une rencontre avec des représentants de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT).

Mercredi 15 Juin 2016, défileront à l’assemblée nationale les responsables de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA), de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la CGT Force Ouvrière, de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) et de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), avant de terminer, Jeudi 16 Juin 2016, par la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et la Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres (CFE CGC).

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:30

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/06/14/qui-est-le-meutrier-des-policiers-a-magnanville_4949931_1653578.html

Qui était Larossi Abballa, le meurtrier d’un couple de policiers à Magnanville ?

Un commandant de police, Jean-Baptiste Salvaing, et sa compagne, Jessica Schneider, qui était secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, ont été tués, dans la nuit du Lundi 13 Juin au Mardi 14 Juin 2016, à Magnanville, dans les Yvelines. L’auteur du meurtre, Larossi Abballa, a été tué lors de l’assaut du RAID. Né à Mantes-la-Jolie, il était âgé de vingt cinq ans, célibataire et de nationalité française. Il était connu pour de nombreux faits de droit commun, vol, recel et violences.

L’enquête devra déterminer la façon dont il a pensé son attaque meurtrière, mais alors que l’ensemble des services de police et de renseignement sont mobilisés sur le championnat d'Europe de football, Larossi Abballa constituait le profil de « terroriste » potentiel le plus difficile à anticiper. La hiérarchie policière savait que l’une des failles inévitables du dispositif était ce qu’on appelle en langage policier les « cibles molles », soit les plus délicates à prédéterminer et donc les moins bien protégées. Une perquisition a eu lieu Mardi 14 Juin 2016 à son domicile.

Déjà condamné pour terrorisme

Larossi Abballa avait déjà été condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis en 2013 pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes » dans le cadre du procès d’une filière d’acheminement de djihadistes vers les zones tribales pakistano-afghanes.

Mis en examen par les juges d’instruction antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux aux côtés de sept autres personnes originaires de la banlieue parisienne, Larossi Abballa était accusé d’avoir recruté des candidats, de les avoir endoctrinés et de s’être préparé physiquement avec eux pour aller mener le djihad dans la zone tribale entre le Pakistan et l’Afghanistan. Entre le 5 décembre 2010 et le 26 février 2011, les huit hommes s’étaient retrouvés régulièrement en fin de semaine pour s’entraîner physiquement dans les parcs de la Courneuve et d’Argenteuil.

Il était aussi récemment apparu dans le cadre d’une enquête ouverte, avec commission rogatoire internationale, sur un homme parti en Syrie.

Après plusieurs mois d’enquête, Larossi Abballa était apparu dans le tissu relationnel de cet homme, pris en compte par la police judiciaire. A l’époque, il n’avait pas été jugé menaçant par les enquêteurs.

Des « interceptions téléphoniques et géolocalisations » mises en places « sur plusieurs lignes téléphoniques n’avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément sur la préparation et un passage à l’acte violent », a détaillé Mardi 14 Juin 2016 le procureur de la république de Paris, François Molins.

D’après une source policière, Larossi Abballa faisait, en outre, l’objet de plusieurs fiches S, pour « Sûreté de l'état », établies par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) et la Sous Direction Anti Terroriste (SDAT). « C’est le cas de milliers de personnes en France et ce n’est pas une preuve de culpabilité », précise cette source policière.

François Molins a précisé qu’au cours des négociations menées par le RAID avec le meurtrier retranché au domicile de ses victimes, Larossi Abballa « a indiqué connaître la qualité de policier de la victime et menacer de tout faire sauter si les policiers investissaient les lieux ».

Il s’est revendiqué de l’organisation Etat Islamique

Avant qu’il ne soit désactivé, le profil Facebook de Larossi Abballa donnait à voir son intérêt pour l’Etat Islamique et la question du djihad. Deux de ses amis posent notamment avec des armes.

Selon nos informations, Larossi Abballa a commenté en direct sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter les assassinats qu’il a commis.

D’après le journaliste David Thomson, spécialiste du djihad, le meurtrier de vingt cinq ans a ainsi posté « les photos de ses victimes », une vidéo de plus de douze minutes et un « long message de revendication » dans lequel il appellerait « à tuer les policiers, les gardiens de prison, les journalistes et les rappeurs ». Il citerait à cet effet de nombreux noms.

« Une liste de cibles » a été retrouvée par les enquêteurs dans le pavillon des victimes, a ajouté François Molins.

D’après David Thomson, Larossi Abballa a déclaré dans la vidéo qu’il a postée sur Facebook qu'il « a répondu favorablement à Abou Mohammed al Adnani ». Abou Mohammed al Adnani, porte-parole de l’Etat Islamique, serait selon certaines analyses le véritable cerveau des attaques du Vendredi 13 Novembre 2015. « Le championnat d'Europe de football sera un cimetière », dit encore Larossi Abballa.

Le groupe djihadiste a, de son côté, revendiqué le meurtre des deux policiers par l’entremise de son organe de communication, Amaq. La propagande de l’Etat Islamique incite depuis de nombreux mois les candidats au djihad à commettre des attaques en France s’ils ne peuvent rejoindre le califat. Le 12 février 2015, Salim Benghalem, un des cadres français de l’Etat Islamique, exhortait ainsi dans une vidéo ceux de ses frères qui ne pouvaient le rejoindre à devenir des « loups solitaires » et à combattre les mécréants, « tuez-les avec des couteaux, crachez-leur au minimum à la figure, mais désavouez-vous d’eux ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 16:04

http://www.eelv.fr/2016/06/12/election-partielle-du-mans-lecologie-entre-au-conseil-departemental-de-la-sarthe

Élection départementale partielle du Mans

L'écologie entre au conseil départemental de la Sarthe

Par Sandra Régol et Julien Bayou, portes paroles nationaux d'Europe Ecologie Les Verts (EELV)

Dimanche 12 Juin 2016

A l’occasion de l'élection départementale partielle du septième canton du Mans, EELV se félicite de l’élection de l’écologiste Elen Debost et de Gilles Leproust.

L’arrivée de la première écologiste au sein de l’assemblée départementale de la Sarthe, en dépit d’un mode de scrutin qui ne permet pas à cette assemblée de représenter la diversité des opinions des sarthoises et des sarthois, est une bonne nouvelle pour la Sarthe et pour les écologistes.

Le résultat de cette élection donne de l’espoir à toutes celles et ceux qui, après avoir cru au programme du candidat François Hollande, ont été douloureusement déçus par la réalité de la politique gouvernementale. Elle rappelle également l’urgence de la mise en œuvre du scrutin proportionnel à tous les échelons de la vie politique française, seul moyen de respecter les voix des électeurs et des électrices.

Après une très belle campagne, EELV félicite Elen Debost pour son élection au conseil départemental de la Sarthe. Sa présence est un gage de renouvellement. C’est également l’assurance d’entendre une autre voix, celle d’une femme politique qui a su démontrer son courage et développer au Mans une politique ouverte et inclusive pour sa ville. C’est enfin l’assurance d’entendre enfin la voix de l’écologie dans une assemblée qui ne l’a jamais entendue. Une voix qui grandit au fil des territoires pour apporter à chacune et chacun les moyens de vivre mieux.

Cette victoire est également celle du rassemblement, incarné par un binôme d'EELV et du Front De Gauche (FDG), soutenu par le Parti Communiste Français (PCF), le Parti de Gauche, Ensemble, Nouvelle Donne et le Parti Pirate. Cette victoire vient démentir celles et ceux qui théorisent l’absence d’une alternative écologiste et sociale à la politique du gouvernement. Ni le balancier électoral vers la droite ni la progression du Front National ne sont inexorables.

Dans un département où le PCF s’oppose au projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes, c’est la démonstration que les électeurs sont sensibles à la convergence des idées.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 20:28

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/12/RUFFIN/19938

Incomparables vertus de l’organisation

Dans la fabrique du mouvement social

Des millions de français se sont mobilisés à l'automne 2010. Ouvriers, enseignants, cheminots, routiers, personnels hospitaliers et lycéens ont multiplié les grèves, les manifestations et les blocages. Pourtant, leurs protestations n’ont pas toujours réussi à se coordonner. Et pour atteindre la masse critique et faire plier un gouvernement, l’enthousiasme ne peut remplacer l’organisation.

par François Ruffin

« Assemblée générale, allez, assemblée générale au rond-point », depuis 4 heures du matin, ce Mardi 12 Octobre 2010, la zone industrielle d’Amiens est bloquée. Avec les multinationales Valeo, Goodyear, Dunlop, Procter et Gamble implantées ici, c’est le « poumon économique de la première région ouvrière de France » (le Figaro, 24 juin 2008).

Dans un paysage lunaire de cheminées, d’autoroutes, de grillages et de pneus fumant sur la chaussée, un hélicoptère tourne au-dessus des militants. Mais en cette fin d’après-midi, les rangs s’éclaircissent. D’où le débat qui fait rage, stop ou encore ?

« Moi, un mouvement, je veux le commencer fort et le terminer fort », prévient Mickaël Wamen, délégué de la Confédération Générale du Travail (CGT) de Goodyear. « Pas que cela se finisse en eau de boudin, à vingt, ou en boucherie, avec les flics qui chargent ».

« Même à vingt, nous pouvons tenir », contredit un autre.

« Je vois quoi, moi, ici », gronde Mickaël Wamen. « Je ne vois pas de salariés, seulement des délégués. C’est une grève de délégués. Pire, en plus, ce soir il y a le match de football. Les gugusses vont rester devant leur télévision ».

Christophe Plet, le secrétaire de l’union locale de la CGT, rend un jugement de Salomon, « je propose que nous nous retrouvions ici à 22 heures et, en fonction des forces, nous aviserons ».

Mais, à 22 heures, aucun renfort n’est arrivé. Il paraît que les cheminots vont venir, il paraît. Les seuls nouveaux venus, ce sont les « bleus », alignés en face avec casques et Flash Balls, largement plus nombreux que les grévistes. Lesquels jettent l’éponge, en moins de vingt-quatre heures, le blocage est tombé tout seul et pas par malchance.

Cette « action », l’union locale CGT de la zone industrielle l’a décidée la veille. Du coup, devant pareille urgence, les syndicalistes n’ont rédigé aucun tract pour inviter les salariés des entreprises à rejoindre les piquets, ou juste pour leur rappeler le pourquoi de cette « nuisance ».

De même, aucun journal, aucun blog n’a prévenu les autres secteurs, enseignants, cheminots et étudiants, de cette initiative. Aucun moyen d’information ne relie ces univers qui d’ordinaire s’ignorent. Et surtout, cette occasion manquée, dix mille personnes ont défilé, aujourd’hui, dans le centre-ville d’Amiens. Dans ce cortège, beaucoup, sans doute, seraient prêts à prolonger leur journée de lutte dans « la Zone ». Mais durant tout le parcours, la sono de l’union départementale CGT n’a pas signalé le blocage, préférant diffuser des disques. Et, une fois encore, aucun tract ne fut diffusé dans la manifestation.

C’est comme si deux mondes, séparés seulement de six kilomètres, se tournaient le dos. Sans possibilité de jonction entre les « durs » des usines et, comme l’ironise un ouvrier, « les bourgeois du centre qui font leur promenade ».

C’était le carnaval, en ce joli mois d’octobre 2010, dans les rues d’Amiens. Des lycéens qui descendent de la cité scolaire vers on ne sait trop où, les chômeurs qui protestent devant le siège du mouvement des entreprises de France (MEDEF) et en cassent la vitrine, des professeurs qui bloquent le boulevard devant la gare et des cheminots, déchaînés, qui multiplient les opérations escargot sur la rocade, les péages gratuits et une benne de graviers déversée sur la route. Parfois, ces différents cortèges se croisent et se renforcent, au hasard des rencontres.

On dirait un corps énergique, avec des bras qui battent l’air et des jambes qui s’agitent, bref, des membres pleins de vitalité, mais sans tête pour les coordonner. Chaque profession agit dans son coin, sans souci de coopération. Aucun « délégué » étudiant n’assiste aux assemblées générales de la zone industrielle, et réciproquement. A aucun moment les groupes en lutte ne se retrouvent pour un temps commun, que pourrait-on faire ensemble ? Comment entraîner d’autres secteurs dans la bataille ? Sur quelle corporation peser, les gaziers, les électriciens ou les employés municipaux ? Ici, à Amiens, comment s’y prend-on pour frapper efficacement le patronat là où ça fait mal, c’est-à-dire au portefeuille ? Ici, à Amiens, comment contrarie-t-on le plus frontalement le gouvernement ? Jamais ces questions ne seront posées, du moins publiquement. Nous manquons de temps pour cela, tous et chacun étant entraînés dans un tourbillon « d’actions ».

D’où le doute qui se fait jour, comment espérer gagner ? En face, le capital est organisé à l’échelle de la planète, avec un calendrier de « réformes » fixé longtemps à l’avance. Tandis que les protestataires ne parviennent pas à s’organiser à l’échelle d’une ville et improvisent au jour le jour. Comment expliquer cette désorganisation ?

Trois décennies de casse des organisations ouvrières, d’abord, ne laissent pas indemnes. Faute de forces et d’espérance, des habitudes se sont perdues, produire des tracts, les diffuser à l’entrée de son entreprise, convaincre un à un les copains, prévoir des prises de parole dans les cortèges et préparer un meeting commun.

Travail de construction et d’implantation

Pèse également l’absence des « structures », dénoncée dans maintes assemblées générales.

« Mais qu’est-ce que fait l’union départementale de la CGT, c’est à elle de nous soutenir », accuse un cégétiste de la zone. « Après, nous allons régler nos comptes ». Même son de cloche chez les cheminots, « nous allons attaquer la troisième semaine de grève, la troisième. Qu’avons nous vu comme solidarité, rien. C’est à l’intersyndicale de mettre en place une coordination interprofessionnelle. Mais il faut le dire, depuis le début, il n’y a aucune coordination interprofessionnelle. Ils ne bougent pas, nos dirigeants ».

Enfin, dans les têtes, domine une forme de spontanéisme. Comme s’il suffisait, pour que la victoire soit au bout des poings levés, d’attendre tout d’un « appel à la grève générale », ou que « tout pète ». Plutôt qu’un patient labeur, plutôt que rebâtir des outils, une information commune, des sections fortes, repérer des cadres, dresser des agendas et prévoir des roulements.

« Grève générale », ce fantôme a hanté tout le conflit. Lancé dans les débats, graffité sur les murs et scandé en fin de cortège. Il aurait suffi, entend-on, que les confédérations la déclarent pour que « tout bascule ». En fait, réunis en assemblée générale dans la Somme, les enseignants, avec l’approbation de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), de l’Union Syndicale Solidaire (USS) et de la fédération de l’éducation de la CGT, ont ainsi voté la « grève reconductible ». Sans conséquences, apparemment, dans les lycées, les grévistes se comptaient presque sur les doigts d’une main. Et à vrai dire, les militants préféraient ne pas les compter. De même, le blocage de la zone n’a pas provoqué de débrayages dans les usines et aucun commerce du centre-ville n’a fermé, parce que les employés rejoignaient les cortèges.

Croire, après cela, que le pays était à « deux doigts de la grève générale », et qu’il suffisait à Bernard Thibault de la proclamer, c’est surestimer la puissance des syndicats. C’est ignorer l’immense travail d’implantation, de construction et de contre-information, qu’il reste à accomplir avant un mouvement offensif.

En France, la dernière « grève générale » s’est déroulée en Guadeloupe, il y a deux ans. On l’a volontiers décrite comme un ébranlement spontané, un « déclic » aurait mis le feu aux poudres.

Erreur de perspective, à sept mille kilomètres de Paris, les syndicalistes de l’Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens (UGTG) ont œuvré des années durant, sinon des décennies, pour organiser et construire le mouvement social. Jusqu’à obtenir la majorité aux élections prudhomales. Jusqu’à bâtir l’unité derrière elle, une intersyndicale sur une ligne « action de masse, lutte des classes ». Jusqu’à élargir le front aux partis et aux associations, pour fonder le Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP). Et ce socle posé, ils n’ont pas claqué des doigts, « cela ne se décrète pas d’en haut, une décision pareille », nous expliquait Eddy Damas. « Bien sûr, nous, nous la souhaitions. Mais entre le 16 décembre 2008 et le 20 janvier 2009, nous avons diffusé des tracts partout, dans les courses cyclistes, sur les marchés et à l’entrée des cimetières. Et dans nos rencontres sur le terrain, nous sentions les gens qui poussaient et qui la réclamaient. Le fruit devenait mûr ».

Lorsque nous nous organisons, en effet, les fruits tombent, à Amiens comme à Pointe-à-Pitre. Le blocage suivant, l’union locale de la zone industrielle le décida en amont, le Samedi 16 Octobre 2010 pour le Mercredi 20 Octobre 2010. Ce délai paraît court, c’est déjà trois jours de gagnés.

Trois jours durant lesquels une poignée de militants, conscients que la coordination souffrait de lacunes, vont s’activer. Avec des tâches sans mérite, mais nécessaires, sur un petit cahier, déjà, se balader d’un groupe à l’autre et relever les adresses internet, afin d’adresser une lettre d’information qui annonce les actions. Passer le mot, à l’avance, dans toutes les assemblées générales, des étudiants à l’USS. Et, surtout, se servir de la manifestation du Mardi 19 Octobre 2010 comme d’un point d’appui, huit mille tracts « tous à la zone » seront diffusés, un meeting improvisé se déroulera en fin de parcours et, se promenant par deux tels des témoins de Jéhovah, les coordinateurs officieux noteront les disponibilités des manifestants, « quand pouvez-vous monter à la Zone, à 4 heures du matin ou bien demain à midi ». Rien de formidable, aucune idée géniale, mais ce bricolage suffit.

« Nous n’avons jamais vu cela », s’exclame le lendemain Mickaël Wamen. « Jamais, sur la zone, jamais, là, nous allons rester jusqu’à Vendredi 22 Octobre 2010. Nous allons leur mettre profond ». Il danserait presque. C’est que nous venons de briser un isolement. Le coin le plus reculé d’Amiens, hors de la vue, devient un lieu de rencontre de l’aube au crépuscule. A un carrefour, une fanfare donnera un concert le soir. Même les élus se déplacent là-haut et offrent les saucisses. Et pour la première fois, suivant le courant, le secrétaire départemental de la CGT monte aussi et se déclare favorable au blocage. Le pari est réussi, la jonction entre la petite bourgeoisie intellectuelle du centre-ville et les ouvriers de la zone s’opère. Et elle dure.

Après une première nuit, les camions sont alignés par dizaines sur les bas-côtés et d’autres font demi-tour. Faute de marchandises, les chaînes de Valeo, de Procter et Gamble et de Dunlop, tournent au ralenti ou plus du tout. Dans la presse locale, le MEDEF fait grise mine et estime désormais que la réforme manque de « lisibilité ». Comme les piquets ne lâchent pas, il ne reste plus qu’une option à la préfecture, la force.

A 23 heures, Jeudi 21 Octobre 2010, trois cents à quatre cents personnes, des ouvriers, bien sûr, mais aussi des étudiants, des enseignants, des éducateurs et des élus, sont encore rassemblées au « rond-point de l’Oncle Sam », pas usées, pas lassées, plutôt rigolardes, malgré les cars de police qui leur font face. Bien sûr que les policiers « rétabliront l’ordre ». Sauf que, cette fois, le barrage n’est pas tombé tout seul. Il faudra les matraques, les lacrymogènes, l’hélicoptère et un feu d’artifice durant la nuit pour disperser la foule.

Face au « flot de travailleurs que Paris dégorge », ces ouvriers qui « au bistrot font de la politique », le père Pierre Lhande s’inquiétait, en 1927, qu’une révolution sociale ne compromette « nos vies, nos monuments, nos musées et nos bibliothèques ». A l’en croire, la bascule ne tenait qu’à un fil, « il ne leur manque pour cela qu’une chose, s’organiser, à la faveur de la liberté dont ils jouissent, dans des repaires que la police est bien incapable de surveiller. Ne tiennent-ils pas déjà toutes les positions stratégiques ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens