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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 16:40

http://www.humanite.fr/front-de-gauche-avec-la-presidentielle-la-tension-monte-dun-cran-611664

Avec les élections présidentielles, la tension monte d’un cran

Par Julia Hamlaoui

Lundi 11 Juillet 2016

Sur fond de désaccords stratégique et programmatique, Jean-Luc Mélenchon se dit contraint de tourner la page du Front De Gauche, tandis que le Parti Communiste Français (PCF) et Ensemble appellent à un rassemblement plus large.

Battre François Hollande, la droite et le Front National aux prochaines élections. Si, parmi les formations à l’origine du FDG, la réponse est unanime, pour y parvenir, plusieurs stratégies ont émergé ces derniers mois. Entrée en campagne unilatérale et hors partis du côté de la France insoumise que souhaite incarner Jean-Luc Mélenchon. Un processus collectif de désignation du candidat, voire une élection primaire, réunissant différentes forces de gauche et citoyennes à partir d’un programme validé par ces dernières du côté du PCF. Après une série de tensions particulièrement marquées depuis les élections municipales de 2014, liées notamment aux relations avec le reste de la gauche, ces derniers jours, la tendance est plutôt à de nouvelles crispations.

« Le cartel du FDG n’existe plus. La confiance aussi est morte », a estimé Jean-Luc Mélenchon dans un entretien à Mediapart, Dimanche 3 Juillet 2016, distillant les reproches à ses alliés de 2012. La sentence paraît définitive et va au-delà du diagnostic d’échec sur lequel s’accordaient ses formations. Sur le remède à prescrire, la conclusion est elle aussi bien différente. « Je ne veux rien avoir à faire avec un habit aussi usurpé que celui-là. C’est clair, la France insoumise est le cadre et le sigle dans lequel se situe la campagne que j’anime pour les élections présidentielles et les élections législatives », a annoncé le député européen dans une note de blog, publiée la semaine précédente. Pour lui, la page est pour l’heure bien tournée.

Construire une candidature qui soit rassembleuse

« Penser que nous allons réussir en tuant le voisin de palier me paraît une drôle d’idée. Si nous nous faisons la guerre, tout le monde perdra », objecte Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, qui plaide pour « un processus de rassemblement qui soit une nouvelle étape par rapport au FDG mais dans lequel se retrouvent toutes ses forces et qui permette, en même temps, à tous ceux mobilisés contre la loi travail et dans le mouvement des Nuits Debout de trouver leur place ». Pour sa part, le PCF a arrêté sa stratégie lors de son congrès à Aubervilliers au début du mois de juin 2016. « La conclusion a été très claire, il faut essayer de poursuivre et d’élargir encore le FDG. La démarche qui a conduit à sa création, réunir plusieurs forces de cultures politiques différentes à gauche, est la bonne », a rappelé, Mercredi 6 Juillet 2016 sur La Chaîne Parlementaire (LCP), le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, précisant qu’en vue des élections présidentielles, il s’agit de « construire une candidature qui ne peut pas être celle du gouvernement actuel, qui a tourné le dos à la gauche et qui doit rassembler Jean-Luc Mélenchon, les communistes, les écologistes et les socialistes qui ne veulent plus de cette politique ». Ce n’est cependant pas sur les forces organisées que le fondateur du Parti de Gauche entend compter en priorité avec la France insoumise. Le cadre qu’il construit est donc sensiblement différent de celui du FDG mais convient parfaitement au Parti de Gauche, explique son coordinateur, Éric Coquerel, « le Parti de Gauche s’est toujours vécu comme un outil pour créer un espace plus large que le nôtre. C’est notre objectif stratégique. Nous n'avons jamais considéré que nous étions une fin en soi ni l’espace de toute la recomposition ». Le candidat, lui, prend soin de dire que sa « porte est ouverte », pour mieux préciser « qu'il y a un cadre. Certes, il est mis en partage mais dans le respect de ceux qui l’ont constitué, c'est la France insoumise ». Pas de quoi brosser dans le sens du poil des communistes que la députée du PCF Marie-George Buffet a appelé à faire le choix de sa candidature, au mois de novembre 2016, lors de leur conférence nationale.

Mais surtout le projet de Jean-Luc Mélenchon ne s’arrête pas aux élections de 2017. En plein bouleversement à gauche, le député européen agit pour que la recomposition s’opère dans le cadre qu’il a créé. « L’enjeu, c’est aussi l’installation d’un nouveau progressisme écologiste et social, d’un nouvel humanisme politique en France comme courant à vocation majoritaire et du projet pour changer l’histoire de la civilisation humaine, après le rêve socialiste », déclare-t-il, tout en creusant le sillon qui consiste à vouloir fédérer « le peuple, acteur de l’histoire », plutôt que de rassembler à gauche. Les soutiens de la France insoumise seront ainsi appelés à décider « à la fin de la campagne si le mouvement devient une structure politique permanente ».

Le tout, quitte à acter la rupture sur le fond avec ses anciens partenaires. Sur le nucléaire, par exemple, il est prêt au clivage, notamment avec le PCF, « je prends position très clairement pour la sortie du nucléaire », a-t-il annoncé à la fin du mois de mai 2016, lors de la présentation des grands axes de son programme. « C’est une évolution. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord avec tout pour soutenir un candidat », tempère Éric Coquerel. Sur l’Europe également, « la feuille de route avec un plan A et un plan B », le premier prévoyant la rediscussion des traités et le second, en cas de refus, une sortie, ne fait pas l’unanimité.

Pierre Laurent propose une conférence citoyenne permanente

Pointant une « présidentialisation excessive » de la démarche de Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire national du PCF a également relevé, la semaine dernière, un désaccord sur cette question européenne. Si Éric Coquerel met au défi les autres forces du FDG de contester que la rupture soit nécessaire pour refonder l’Union Européenne, Pierre Laurent propose une autre méthode que le plan B, celle d’une conférence citoyenne permanente associant élus, syndicats, Organisations Non Gouvernementales (ONG) et forces politiques pour la rédaction d’un nouveau traité soumis ensuite à référendum. « Sur la question européenne, nous avons une épine dans le pied. Mais celle-ci traverse chacune de nos organisations », constate pour sa part Clémentine Autain, « ne pas exploser juste sur cela alors que nous sommes d’accord sur l’essentiel, sur le refus du libéralisme économique, sur le refus de la logique capitaliste et sur la protection de nos droits ».

Pour Marie-Pierre Vieu, le désaccord plaide dans le sens du pacte d’engagements communs que son parti appelle à construire, « le PCF a décidé de se battre jusqu’au bout pour que, de la gauche du Parti Socialiste au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), en identifiant de grands engagements communs, nous construisions une candidature commune. Sinon, tout le monde y perdra. Ceux qui font grève deux fois par semaine depuis trois mois en premier ».

La crispation s’aiguise aussi sur les élections législatives

Le défi n’est pas des plus minces, d’autant que la crispation s’aiguise aussi sur le terrain des élections législatives. « Des signaux extrêmement négatifs sont aussi arrivés. Le pire de tous, c’est que le PCF, dès le mois de septembre 2016, aura désigné tous ses candidats aux élections législatives », reproche Jean-Luc Mélenchon, justifiant ainsi sa décision d’investir dès lors « des candidats dans toutes les circonscriptions », en tendant la main à d’éventuels candidats communistes. « Il y a un risque très grave de disparition pour toutes les forces de gauche à ces élections », a prévenu en retour Pierre Laurent, précisant la démarche de son parti, « il faut donc se donner les meilleures chances, ce qui signifie construire des candidatures de gauche qui aient une chance de l’emporter, dans les circonscriptions et non pas dans des discussions nationales ». Pour « changer de politique, il ne suffira pas de changer de président », ajoute-t-il, faisant valoir qu’aucun des candidats potentiels de la gauche critique, Jean Luc Mélenchon, Cécile Duflot et Arnaud Montebourg, « n’a à lui seul une majorité de gauche ».

Reste, pour Clémentine Autain, « le souvenir de 2007 et je sais quel est le prix à payer de l’éclatement de nos forces. Si nous sortons avec plusieurs candidats aux élections présidentielles, nous irons droit dans le mur », prévient-elle, appelant « à la responsabilité collective pour retrouver le chemin du dialogue et partir du principe que nous avons à construire ensemble ».

« Je vote, ils dégagent ». L’équipe de Jean-Luc Mélenchon a annoncé Vendredi 8 Juillet 2016 le lancement d’une campagne pour inciter à l’inscription sur les listes électorales. Avec pour slogan « je vote, ils dégagent », elle se décline en autocollants, affiches et tracts où l’on peut lire notamment que « Pierre Gattaz, le président du mouvement des entreprises de France (MEDEF), ira voter pour obtenir de nouveaux cadeaux pour les actionnaires contre les salariés ». Une « caravane pour l’égalité et l’accès aux droits » sera aussi organisée cet été dans les quartiers populaires, préviennent les militants de la France insoumise. Le thème, lui, n’est pas neuf pour le candidat qui en 2010 signait un livre titré « qu’ils s’en aillent tous ».

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 16:08

http://www.placegrenet.fr/2016/07/12/grenoble-conseil-municipal-perturbe-empeche-reporte-sine-die/97468

Le conseil municipal de Grenoble perturbé, empêché et reporté sine die

Par Séverine Cattiaux, Yuliya Ruzhechka et Joël Kermabon

Des opposants au plan d’économies annoncé par l’équipe municipale d’Eric Piolle ont perturbé le conseil municipal de Grenoble du Lundi 11 Juillet 2016, avant de rapidement l’investir, faisant fuir la quasi-totalité des élus. Le but de la manœuvre était de dissuader le maire de mettre en œuvre ses mesures d’austérité, comme la fermeture de bibliothèques. Vers 21 heures, celui-ci a fait déclarer l’annulation du conseil municipal.

« Voyez comme nous allons vite, à Grenoble. Nous faisons de la démocratie directe à présent », fait mine d’en rire un élu écologiste, venu jeter un œil dans la salle du conseil municipal. Ce soir, les élus ont dû céder leur place sous la pression des manifestants, rentrés de force dans l’enceinte du conseil municipal. « C’est la deuxième fois que cela se produit. La première fois, c’étaient les salariés de Gaz Electriicité de Grenoble (GEG) », note une bibliothécaire syndicaliste.

Lundi 11 Juillet 2016, s’est tenu le dernier conseil municipal avant la trêve estivale et vraisemblablement l’un des plus chauds de l’année, au sens propre comme au figuré. La cause de cette mini révolution est le plan d’économies, annoncé sans préavis aux grenoblois le 9 juin 2016, qui a vraiment beaucoup de mal à passer auprès d’un certain nombre d’habitants et de fonctionnaires de la ville. Un plan d’austérité qui touche notamment le service de santé scolaire, des maisons des habitants et le réseau des bibliothèques. Celle de Prémol pourrait ainsi fermer définitivement ses portes, Vendredi 15 Juillet 2016.

Invasion du conseil municipal en trois actes

Trois cents manifestants se sont retrouvés devant l'hôtel de ville sur le coup de 17 heures 30, Lundi 11 Juillet 2016, à l’appel de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la CGT Force Ouvrière, du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), de collectifs d’habitants, d’unions de quartier, de la Nuit Debout de Grenoble, ou bien encore du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

L'objectif est de se faire entendre, clamer leur hostilité farouche contre ce plan d’austérité et demander un moratoire. Les collectifs d’habitants, ainsi que l’intersyndicale de la ville ont tout d’abord demandé et obtenu une audience, avant le démarrage du conseil municipal, pour exprimer leurs revendications et livrer au maire les signatures recueillies suite aux pétitions lancées contre le plan d’austérité et, notamment, les fermetures de bibliothèques.

Deuxième acte du happening, des manifestants se sont introduits dans la partie du conseil municipal destinée au public et ont commencé à jouer leur partition.

En clair, perturber le conseil en tapant des pieds, en sifflant ou en criant des petites phrases peu tendres à l’encontre des élus, « la vraie commune, pas la fausse commune », « tous pourris, tous corrompus », « pour l’austérité, Eric Piolle et Manuel Valls, même combat » et « la mairie expulse, expulsons la mairie ».

Les prises de parole étant inaudibles, les élus se sont peu à peu éclipsés du conseil municipal.

Certains représentants de la majorité ont tenté en vain de raisonner la petite dizaine de perturbateurs.

Vers 19 heures 30, troisième acte du happening, les manifestants restés à l’extérieur du conseil municipal, non sans faire un maximum de raffut de leur côté, ont forcé, sans rencontrer de résistance, les portes du conseil municipal. Ils se sont alors assis en lieu et place des élus, continuant à taper des points sur les tables et scandant des slogans, « De droite, de gauche, des écologistes, l’austérité, on la combat ».

« La plupart des personnes ici ont voté pour nous »

À la clé, des scènes surréalistes dans cette salle de conseil municipal débordante de manifestants, les uns annotent les étiquettes des élus posées sur les tables et en font des pyramides.

Des partisans de la Nuit Debout de Grenoble discutent avec Matthieu Chamussy, président du groupe d’opposition des Républicains. Un syndicaliste de la CGT Force Ouvrière tente d’accélérer les choses. « Nous n’allons pas rester toute la nuit ici, il faut demander l’annulation du conseil municipal », propose-t-il.

« La plupart des personnes ici ont voté pour nous », observe quant à lui un élu de la majorité. Il comprend leur colère mais ajoute qu’il « suffit de les prendre un par un pour leur expliquer pourquoi nous devons faire ce plan. Nous devons faire preuve de pédagogie ».

Ce n’est pas de pédagogie dont semble pourtant avoir besoin les personnes mobilisées, ce soir, dans la salle, mais d’un dialogue avec le maire. Encore que « les conditions du dialogue ne sont pas réunies, certains ne veulent pas discuter, ils ne partiront pas tant que le plan de sauvegarde ne sera pas annulé. Or le plan ne peut pas être annulé », commente un proche du maire, discutant avec quelques manifestants.

D’intervention du maire, il n’y aura point. Eric Piolle ne reviendra pas devant les manifestants. C’est le directeur général des services qui viendra annoncer la suspension du conseil municipal.

Dans un communiqué transmis à la presse dans la nuit, le maire de Grenoble fait savoir que « je suis prêt à entendre les revendications de l’intersyndicale et des grenoblois, pour autant, je condamne fermement la violence déployée et l’entrave au bon fonctionnement démocratique de notre assemblée ».

« C’était un vrai moment citoyen »

Pour Julia, manifestante et présidente de l’association des Alliés Alpins, l’opération de ce soir est une réussite. Elle est venue en particulier pour défendre la bibliothèque Alliance. Elle qui voulait comprendre les motivations de cette absence de concertation repart avec un début d’explication, formulée par un proche du maire, « nous aurions mis les quartiers en concurrence. C’étaient aux élus de prendre ces décisions ».

La citoyenne grenobloise n’en démord pas, « il y a cent autres solutions possibles plutôt que de fermer une bibliothèque. Donnez-nous les éléments et on pourra y réfléchir avec les élus et les agents ».

Jean-Philippe est, lui aussi, satisfait de la soirée. « C’était un vrai moment citoyen. Les parents, comme moi, étaient là jusqu’au bout, portés, certes, par des manifestants plus professionnels ».

Lui aussi est venu à cause de la fermeture des bibliothèques, « le périscolaire payant selon le quotient familial, l’une des mesures du plan, cela ne me choque pas. Mais la fermeture des bibliothèques, cela n’a aucun sens. Tout le monde peut comprendre qu’on ferme deux hôpitaux pour en construire un plus grand et plus neuf. Mais cela ne marche pas pour les bibliothèques ».

Et d’espérer que l’exécutif grenoblois puisse changer d’avis à l’issue de ce conseil municipal particulièrement extraordinaire.

Céline Cénatiempo, présidente de l’union de quartier Village Olympique-Vigny Musset, appelle à une manifestation devant la bibliothèque Prémol, Mercredi 13 Juillet 2016.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 20:12

http://www.liberation.fr/planete/2016/07/10/comment-l-ei-a-t-il-reussi-a-abattre-un-helicoptere-pilote-par-des-russes_1465293

Comment l'Etat Islamique a-t-il réussi à abattre un hélicoptère piloté par des russes ?

Par Hala Kodmani

L'attaque, qui a entraîné la mort des deux pilotes, montre la mobilité et la dangerosité de l'organisation Etat Islamique, pourtant en recul.

Deux soldats russes ont été tués Vendredi 8 Juillet 2016 près de Palmyre, quand l’hélicoptère syrien qu’ils pilotaient a été abattu par l’organisation Etat Islamique. Dans la vidéo de trente-sept secondes diffusée Samedi 9 Juillet 2016 par l’agence d’information de l’Etat Islamique, Aamaq, on voit l’appareil voler bas dans le crépuscule du désert. Puis, touché par des tirs, il se brise en deux, virevolte puis chute en passant de justesse sous un autre hélicoptère qui l’accompagnait.

Annoncée dans la nuit du Vendredi 8 Juillet au Samedi 9 Juillet 2016 sur le compte Twitter officiel de la province d'Homs, l’information, démentie dans un premier temps par la Russie, a été officiellement confirmée Samedi 9 Juillet 2016 par le ministère de la défense à Moscou.

« Les pilotes-instructeurs Riafagat Khabibouline et Evguéni Dolguine effectuaient une mission sur un hélicoptère syrien MI-25 », quand l’organisation Etat Islamique a lancé une offensive, assure un communiqué cité par les agences de presse russes. Qui ajoute que « l’hélicoptère a été pris sous le feu des terroristes et s’est écrasé sur le territoire contrôlé par l’armée gouvernementale syrienne. L’équipage est mort ». Ces décès portent à douze le nombre de soldats russes tués en Syrie depuis le mois d’octobre 2015, date de l’intervention directe de Moscou sur le terrain pour soutenir le régime syrien en difficulté.

Un point faible précis

L’incident de Palmyre soulève deux questions délicates. La première concerne le pilotage direct par des militaires russes d’appareils de l’armée syrienne. Moscou précise bien leur qualité d'instructeurs, le but est de ne pas donner d’argument aux forces de la rébellion syrienne qui accusent régulièrement les russes de participer aux bombardements aveugles sur des civils dans les régions d’Alep et d’Idlib. La seconde interrogation, plus embarrassante, est relative à la capacité de l’Etat Islamique d’abattre un hélicoptère en vol dans une région où ses forces ont pourtant été chassées depuis le mois de mai 2016.

« Le facteur hasard et/ou chance est à privilégier », dit à Libération Abdelnasser Ayed, ancien capitaine de l’armée de l’air syrienne, réfugié en France. « Ces hélicoptères ont un point faible très précis situé dans l’hélice de la queue qui équilibre l’appareil. Il y a un pour cent de chances qu’un tir puisse l’atteindre, mais c’est probablement ce qui s’est passé. Avec une Défense Contre les Avions (DCA) de base, comme en possèdent la plupart des groupes armés en Syrie, les hommes de l’Etat Islamique ont dû mitrailler intensément en l’air pour atteindre la cible précise ».

Forces très mobiles

La présence des hommes de l’organisation djihadiste dans cette région et leur capacité à réaliser des coups d’éclat comme celui du Samedi 9 Juillet 2016 démontre que, quand bien même ils perdent du territoire, ils n’en demeurent pas moins dangereux. « Leurs forces sont très mobiles. Leurs commandos peuvent s’avancer et se retirer rapidement et ils parient sur la qualité de leurs combattants », affirme l’expert militaire syrien. Difficile, selon lui, d’avoir des informations précises sur leur nombre, leurs forces et leurs méthodes. « Même les américains ou les français n’arrivent pas vraiment à cerner leurs capacités ».

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:52

http://www.france-irak-actualite.com/2016/07/rapport-chilcot-et-maintenant-il-faut-juger-tony-blair.html

Rapport de John Chilcot

Et maintenant, il faut juger Tony Blair

Par Gilles Munier

Lundi 11 Juillet 2016

Le rapport de John Chilcot, c’est à dire l’enquête de la commission sur l’engagement britannique dans la guerre d’Irak, a enfin été publié. Il ne fait que confirmer ce que les observateurs indépendants savaient de la situation dans ce pays depuis la première guerre du Golfe, à savoir que la menace irakienne n’existait que pour ceux qui voulaient renverser Saddam Hussein à tout prix.

L’embargo, seule arme de destruction massive

En janvier 2003, je suis allé à Bagdad, Taji, Bassora et Oum Qasr avec l’écrivain gaulliste Philippe de Saint Robert, un groupe d’officiers français spécialistes des armes Nucléaires, Biologiques et Chimiques (NBC), des scientifiques, des journalistes et des membres de l'Association des Amitiés Franco Irakiennes (AAFI). Nous nous sommes rendus sur des lieux mentionnés dans un rapport de Tony Blair comme étant des caches d’armes de destruction massive, notamment au complexe militaire de Zulficar, à Taji, pour constater que les tubes d’aluminium qui y étaient entreposés étaient impropres à quelque utilisation que ce soit en matière nucléaire.

En mars 2003, j’ai visité d’autres sites soi-disant sensibles dans les régions de Bagdad et de Mossoul, avec une autre délégation qui fit le même constat que Philippe de Saint Robert, le rapport de Tony Blair était un tissu de mensonges. En Irak, « la seule arme de destruction massive, c’était l’embargo ».

Le bilan du renversement du régime baasiste est effroyable, plus d’un million de civils tués, des destructions sans nombre, l’implosion de la société irakienne, la partition de facto du pays, des millions de déplacés et de réfugiés, le terrorisme et une guerre de religion, en un mot le chaos.

Crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Il aura fallu sept ans pour que l’enquête sur l’engagement britannique en Irak soit publiée et treize ans pour que la Grande-Bretagne reconnaisse officiellement certains de ses crimes. George Galloway, député exclu du parti travailliste parce qu’il s’opposait à la guerre, a remercié John Chilcot d’avoir rendu à son pays un peu de son honneur. Un peu, seulement, car il reste à juger Tony Blair pour crimes de guerre, rien de moins. C’est ce que réclament Jeremy Corbyn, chef actuel du parti travailliste, et plusieurs pétitions en ligne sur internet. La Cour Pénale Internationale (CPI), accusée à raison de « tropisme africain », pourrait gagner en crédibilité en ordonnant la comparution de l’ancien premier ministre britannique.

Si ce procès a lieu un jour, qui sait, Tony Blair devra s’expliquer sur ses mensonges et leurs conséquences, sa relation de vassalité à l’égard de George Bush et sur la mort plus que mystérieuse, en juillet 2003, de David Kelly, inspecteur de l’Organisation des Nations Unies (ONU), expert en armes de destruction massive qui contredisait ses dires.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:35

http://www.liberation.fr/planete/2016/07/11/jeremy-corbyn-labour-toujours_1465575

Jeremy Corbyn, Labour toujours

Par Maria Malagardis et Hélaine Lefrançois

Lundi 11 Juillet 2016

Le leader travailliste, poussé vers la sortie par quatre vingt pour cent des députés de son camp qui ne l’ont jamais vraiment apprécié, est pourtant soutenu par les adhérents du parti travailliste, dont le nombre a explosé depuis son arrivée au pouvoir.

Mais qui veut la peau de Jeremy Corbyn ? Depuis la victoire du camp du Brexit, validé par le référendum du Jeudi 23 Juin 2016, le leader du parti travailliste est la cible d’une bataille interne, digne d’un remake de Game of Thrones, où tous les coups semblent permis. La fronde est menée par les députés de son groupe parlementaire qui, à quatre vingt pour cent, ont signé, au lendemain de la victoire du Brexit, une motion de défiance exigeant son départ. Dans la foulée, ce sont vingt membres du cabinet fantôme, le gouvernement virtuel de l’opposition au parlement, qui ont démissionné alors que plusieurs ténors du parti travailliste ont exprimé tout le mal qu’ils pensaient de Jeremy Corbyn, socialiste radical, pacifiste et anti austérité qui dirige le parti depuis seulement dix mois.

Dernier épisode de cet assaut en règle contre le leader travailliste, Samedi 9 Juillet 2016, après plusieurs jours d’hésitation, la députée Angela Eagle a proposé sa candidature, officialisée Lundi 11 Juillet 2016, pour remplacer Jeremy Corbyn, qui n’est pourtant pas démissionnaire. Cette fois, la guerre est donc déclarée et il y aura bien, à l’automne, une nouvelle élection pour le leadership du parti travailliste.

Election pour laquelle les députés frondeurs veulent modifier les règles pour empêcher Jeremy Corbyn de se représenter sans parrainage de députés, comme il peut en principe le faire en tant que leader sortant.

Jeremy Corbyn, désavoué et autiste, les médias britanniques, de même qu’une grande partie de la presse étrangère, ont largement véhiculé un sentiment d’agacement à l’égard d’un « leader qui s’accroche », au risque de conduire à la scission du parti travailliste. Pourtant, il y a bien quelque chose qui cloche dans ce scénario trop limpide. Détail révélateur, Mercredi 6 Juillet 2016, soit quelques jours avant l’annonce de sa candidature « spontanée », Angela Eagle a été désavouée par la branche locale de sa propre circonscription électorale, qui a massivement apporté son soutien à Jeremy Corbyn. Un cas qui est loin d’être isolé.

Équation inédite

Cet homme déjà âgé, il a soixante sept ans, sans charisme particulier, végétarien et républicain dans un pays où la monarchie fait partie du patrimoine national, suscite toujours un grand engouement. A la veille de son élection au mois de septembre 2015, cent quatre vingt cinq mille nouveaux membres ont adhéré au parti travailliste, auxquels s’ajoute l’enregistrement de cent mille sympathisants de plus. Mieux encore, depuis l’annonce du Brexit et le déclenchement des hostilités internes, cent mille membres supplémentaires ont rejoint le parti travailliste qui affiche désormais cinq cent mille membres, contre cent cinquante mille inscrits au parti conservateur.

Un record impressionnant qu’envieraient bien des dirigeants européens, mais qui n’a guère ému les adversaires de Jeremy Corbyn. « Ils dénoncent une infiltration massive de l’extrême gauche radicale. Alors que celle-ci ne représente pas plus de dix mille individus au Royaume-Uni », souligne Richard Seymour, auteur d’une biographie du leader travailliste récemment publiée, au titre explicite, « Jeremy Corbyn ou l’étrange renaissance de la politique radicale ». Pour cet écrivain très engagé à gauche, le succès de ce leader atypique résulte d’une équation inédite, « Jeremy Corbyn bénéficie tout d’abord du soutien des principaux syndicats, qui sont depuis toujours très liés au parti travailliste. Mais ils ne sont traditionnellement pas très à gauche et ils soutiennent Jeremy Corbyn par pragmatisme, sur pression de leur base ».

Et d’ajouter, « reste que la vraie nouveauté, c’est l’adhésion de milliers de jeunes qui avaient déserté la politique ou votaient occasionnellement pour les Verts. Et qui, pour la première fois, ont l’impression d’avoir face à eux un homme qui parle un autre langage, rejette l’austérité et refuse catégoriquement de céder aux sirènes xénophobes. Il est bien le seul. C’est cette nouveauté que n’ont pas comprise ni digérée tous ceux qui ont été surpris par la victoire de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste au mois de septembre 2015 ».

Gauchistes hardcores

Ces jeunes, ces corbynistas comme on les appelle parfois, on les retrouve surtout au sein de Momentum. Un groupe créé il y a un an, au moment de la campagne pour l’élection de Jeremy Corbyn, et qui lui a servi de fer de lance mobilisateur. Notamment grâce à un usage massif des réseaux sociaux, qui a permis de contourner des médias généralement considérés comme hostiles à l’actuel leader travailliste. On dépeint parfois ces corbynistas comme des « gauchistes hardcores ».

Mais ce n’est pas forcément l’impression qui s’en dégage lorsqu’on les rencontre au sein de leur quartier général dans le nord de Londres.

La réunion qui se déroule ce jour-là évoque plutôt un cours d’université avec un public très jeune et plutôt sage, qui lève le doigt pour participer à cette séance de mobilisation des troupes face à l’offensive des frondeurs. Au centre, dans le rôle du professeur, un barbu quinquagénaire suggère plutôt qu’il n’impose les consignes logistiques, avec souvent une pointe d’humour taquine qui fait rire son auditoire, proche conseiller de Jeremy Corbyn, Jon Lansman, cinquante huit ans, l’un des fondateurs de Momentum, peut être considéré comme un vétéran de la politique. Mais dans cette salle, il est l’un des seuls.

Emma, vingt huit ans, aux grands yeux bleus et cascade de cheveux noirs, confirme. Elle fait partie des quatre permanents au siège de Momentum à Londres, qui accueille dix mille volontaires. Emma ne s’était « jamais intéressée à la politique avant de rejoindre la campagne pour l’élection de Jeremy Corbyn », il y a un an. Son expérience récente d’institutrice à Birmingham lui a ouvert les yeux, « j'étais en poste dans un quartier très défavorisé et j’ai vu des enfants venir à l’école le ventre vide et des parents accablés par les difficultés financières », explique la jeune femme, encore troublée de s’être retrouvée confrontée aux « conséquences concrètes de l’austérité imposée au pays depuis six ans ».

« L’époque est à l’urgence », renchérit Claire, une jolie blonde en marinière de vingt neuf ans qui prépare un doctorat en littérature. Elle a découvert Momentum « par des amis, via Facebook ». Est-elle inquiète de la crise qui couve au sein du parti travailliste ? « Non, le vrai désastre, c’était avant l’explosion des adhésions, quand le parti était en perte de vitesse », s’exclame-t-elle avant d’ironiser sur « le timing trop parfait » des frondeurs contre Jeremy Corbyn, « ce n’est qu’une tentative de putsch orchestrée par la droite du parti et les nostalgiques de Tony Blair. Leur opportunisme est pathétique », dit-elle en soupirant. La théorie du putsch est ainsi très largement répandue parmi les sympathisants de Jeremy Corbyn. « Je ne suis pas une blairiste, je ne suis pas une corbyniste, je suis moi-même », s’est défendue Angela Eagle, Lundi 11 Juillet 2016.

Gala des mineurs

Reste qu’à part leur opposition à Jeremy Corbyn, ses adversaires n’ont pour l’instant aucun programme alternatif. « Le prétexte choisi pour attaquer Jeremy Corbyn est même particulièrement malhonnête »,s’insurge Jon Lansman, faisant allusion à ceux qui accusent Jeremy Corbyn de ne pas avoir assez fait campagne en faveur du maintien dans l’Union Européenne. « Les deux tiers des électeurs du parti travailliste ont voté contre le Brexit, le tiers restant émanant surtout de régions paupérisées et désindustrialisées qui ont voulu exprimer un mécontentement. Les proportions sont inversées pour les conservateurs, qui ont vu les deux tiers de leurs électeurs se prononcer en faveur du Brexit. Ce sont eux qui ont un problème », s’exclame le gourou de Momentum. Il se désole « du temps perdu en luttes internes. Nous n'abordons pas les vrais débats, ici aussi, comme dans d’autres pays européens, il faut imposer une alternative à l’austérité. Je suis pour l'Europe, mais l’Union Européenne doit écouter les souffrances générées par ces politiques qui n’ont produit qu’une spirale du déclin ».

Jeremy Corbyn est-il pour autant le mieux armé pour gagner les prochaines élections, prévues en 2020 mais qui pourraient survenir plus tôt ? « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour convaincre », admet Jon Lansman. « Les gens sont effarouchés, le racisme se développe et ce sont l’extrême droite et les partis nationalistes régionaux qui ont le vent en poupe. Mais il ne faut surtout pas se résoudre à accepter un scénario qui rappelle les années 1930. Si la droite du parti travailliste renverse Jeremy Corbyn, il y aura beaucoup de déçus et une nouvelle hémorragie des membres du parti ».

Pour l’instant, Jeremy Corbyn semble assez imperturbable face aux attaques dont il fait l’objet de la part de ses camarades travaillistes. Alors que Samedi 9 Juillet 2016 à Londres, Angela Eagle confirmait l’annonce de sa candidature, le leader travailliste expliquait ne pas se sentir « sous pression », devant une foule de cent cinquante mille personnes rassemblées pour le gala des mineurs, à Durham, dans le nord-est de l’Angleterre. Une fête annuelle qui commémore depuis 1871 le souvenir du premier syndicat créé au Royaume-Uni. Mais, désormais, il n’y a plus de mineurs à Durham et leurs luttes resteront dans l’histoire britannique comme la première grande défaite de la gauche au tournant des années 1980. Trente ans plus tard, le parti travailliste semble à nouveau à la croisée des chemins.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 19:06

http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/07/13/apres-le-brexit-la-bataille-pour-le-controle-du-labour-menace-de-provoquer-l-eclatement-du-parti_4968784_4872498.html

Après le Brexit, le parti travailliste menacé d’éclatement

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

La voie est libre pour Theresa May. La nouvelle première ministre, qui devait présenter son gouvernement dans la soirée du Mercredi 13 Juillet 2016, n’aura pas d’opposition organisée en face d’elle jusqu’à la rentrée et sans doute plus longtemps encore. Le parti travailliste, en ébullition depuis son échec au référendum du Jeudi 23 Juin 2016, où il défendait le maintien dans l’Union Européenne, est entré Mardi 12 Juillet 2016 dans une nouvelle phase de sa crise interne avec des risques redoublés d’implosion à l’automne.

Les instances dirigeantes du parti travailliste, en autorisant le leader contesté Jeremy Corbyn à participer automatiquement à l’élection visant à le destituer, ont augmenté ses chances de se maintenir, alors qu’il est visé par un vote de défiance de soixante quinze pour cent des députés du parti.

Au terme de six heures d’une réunion tendue, les trente deux membres du National Executive Committee (NEC) du parti travailliste ont donné raison à Jeremy Corbyn et accru le risque d’une crise prolongée. Pendant tout l’été, il sera opposé à la députée qui le défie et veut le remplacer, Angela Eagle, cinquante cinq ans, lors d’une campagne électorale interne.

Mais il devra aussi affronter un autre candidat, le député Owen Smith, qui a annoncé Mercredi 13 Juillet 2016 sa candidature sur la British Broadcasting Corporation (BBC). Le nom du vainqueur sera proclamé le 24 septembre 2016, juste avant le congrès du parti travailliste.

Refus de démissionner

Jeremy Corbyn, soixante sept ans, issu de l’aile gauche du parti, a été élu au mois de septembre 2015 à la surprise générale avec une nette majorité de soixante pour cent des voix à la faveur d’une nouvelle règle qui permettait d’adhérer au parti moyennant le paiement de trois livres sterling, trois euros et soixante centimes, sur internet. Aujourd’hui mis en cause pour sa faible participation à la campagne du parti travailliste contre le Brexit et son manque de charisme, le leader se prévaut de ce mandat pour refuser de démissionner, comme le lui demandent la quasi-totalité des membres de son cabinet fantôme, démissionnaires, et cent soixante douze des deux cent vingt neuf députés travaillistes.

Lundi 11 Juillet 2016, Angela Eagle a officialisé sa candidature contre lui, forte du soutien de nombreux élus. Angela Eagle estimait que, comme elle-même, Jeremy Corbyn aurait besoin de cinquante et un parrainages de députés pour pouvoir se représenter. Une exigence que l’actuel chef du Labour n’aurait pas satisfaite, ce qui aurait conduit à son élimination.

Mais le NEC du parti travailliste en a décidé autrement, en tant que dirigeant sortant, il n’a pas besoin de parrainage et figure automatiquement parmi les concurrents. Ravi de ce jugement acquis grâce au soutien des centrales syndicales, Jeremy Corbyn a annoncé qu’il ferait campagne « sur les sujets qui comptent, la lutte contre les inégalités et la pauvreté ainsi que contre la privatisation du National Health Service (NHS) », sans faire la moindre allusion aux conséquences de la sortie de l’Union Européenne.

Angela Eagle, elle, a accusé le coup et affirmé sa « détermination à remporter l’élection ».

Faisant allusion à l’isolement croissant de Jeremy Corbyn et à son silence sur le Brexit, elle promet qu’elle « ne restera pas enfermée dans son bureau » et appelle à « ne pas recourir tout de suite » au cinquantième article du traité de Lisbonne qui enclenche la sortie de l’Union Européenne.

Jeu de massacre post-référendum

En outre, les proches d'Angela Eagle accusent Momentum, le courant du parti qui milite pour le maintien de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste, d’être à l’origine d’une campagne d’intimidation qui la vise. Mardi 12 Juillet 2016, une vitre a été brisée dans une permanence d'Angela Eagle, qui s’est plainte de recevoir des menaces. Jeremy Corbyn a condamné ces pratiques tout en affirmant être lui aussi visé par des menaces.

Cela donne un avant-goût de l’atmosphère de la campagne qui commence et dont l’enjeu, au-delà des personnes, est la survie du parti travailliste, parti créé en 1900.

Si Jeremy Corbyn l’emporte, on voit mal rentrer dans le rang les députés qui réclament à cor et à cri son départ. Dans cette hypothèse, l’aile gauche pourrait conserver le nom du parti travailliste tandis que l’essentiel de ses forces tenterait de se regrouper dans une autre organisation à créer. Dans le cas de figure inverse, il est peu probable que les corbynistes quittent le parti sur la pointe des pieds. Les affrontements risquent alors de se poursuivre.

A première vue, la décision du Mardi 12 Juillet 2016 favorise le courant de Jeremy Corbyn, très actif, qui peut compter sur les milliers de jeunes qui l’ont élu en 2015, ainsi que sur des groupes d’extrême gauche qui pratiquent l’entrisme. Mais les modérés, proches d'Angela Eagle, ont obtenu l’adoption, Mardi 12 Juillet 2016, par le NEC, de mesures en leur faveur, les personnes ayant adhéré dans les six derniers mois ne pourront participer au scrutin, sauf s’ils paient vingt cinq livres sterling dans un laps de temps de deux jours. Cela devrait empêcher de voter nombre des nouveaux adhérents et notamment ceux recrutés par Momentum. Depuis le référendum, pas moins de cent trente mille adhésions ont été enregistrées, portant les effectifs du parti travailliste à cinq cent mille militants.

Comme le parti conservateur, dont les responsables du Brexit se sont torpillés les uns après les autres, voilà donc le parti travailliste engagé lui aussi dans un jeu de massacre post-référendum. Comme pour les tories avec la victoire éclair de Theresa May par forfait, le scénario pourrait aussi s’accélérer au parti travailliste. Avant de tirer sa révérence, David Cameron a pris soin de programmer pour le Lundi 18 Juillet 2016 le débat parlementaire sur le renouvellement de l’armement nucléaire. Sujet qui pourrait faire exploser prématurément le parti travailliste. Contre une large majorité de ses députés, Jeremy Corbyn défend une position radicale, le désarmement unilatéral.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 20:11

http://www.bbc.com/news/uk-politics-36778135

Jeremy Corbyn gagne le vote sur les règles de l’élection du leader du parti travailliste

Jeremy Corbyn sera automatiquement inclus sur le bulletin de vote dans la course à la direction du parti travailliste, a décidé le National Executive Committee (NEC) du parti travailliste.

Les syndicats ont dit que les règles du parti travailliste étaient claires et que le titulaire du poste doit pouvoir rester, mais ses opposants ont dit qu'il avait besoin du soutien de cinquante et un députés du parlement britannique ou députés du parlement européen.

Jeremy Corbyn a dit qu'il était ravi du résultat de la réunion.

Son challenger, l'ancienne ministre du cabinet fantôme, Angela Eagle, a dit qu'elle acceptait la compétition et qu’elle était déterminée à gagner.

Le vote à bulletins secrets du NEC a été acquis par dix huit voix en faveur du leader travailliste contre quatorze voix après plusieurs heures de débats.

Un porte-parole du parti travailliste a déclaré que « le NEC a convenu que l’actuel leader Jeremy Corbyn peut être candidat sans exiger le soutien de députés britanniques et de députés européens du parti travailliste. Tous les autres candidats à la direction doivent obtenir le soutien de vingt pour cent de députés britanniques ou de députés européens ».

Prenant la parole en dehors de la réunion, Jeremy Corbyn a dit à une foule de journalistes et de supporters que « je suis donc sur le bulletin de vote et nous ferons campagne sur toutes les questions importantes. Nous ferons campagne contre les inégalités et la pauvreté qui existent dans ce pays, pour la nécessité de mettre fin à la privatisation de notre service national de santé et pour la nécessité de donner un réel espoir et de réelles opportunités aux jeunes partout dans notre pays. Ce sont les raisons de l’existence du parti travailliste. Et c’est la campagne que nous ferons dans toute la longueur et dans toute la largeur de ce pays. Cela renforcera notre parti pour vaincre ce gouvernement conservateur et apporter un gouvernement qui défende les intérêts du peuple ».

Le ministre de la justice du cabinet fantôme John Mac Donnell, un allié important de Jeremy Corbyn, a déclaré sur Twitter que « Jeremy Corbyn est sur le bulletin de vote. La démocratie l'emporte. Nous allons utiliser la campagne pour la direction du parti travailliste pour augmenter le nombre d’adhérents et préparer le terrain pour les élections générales ».

Mais la rédactrice en chef politique de la British Broadcasting Corporation (BBC), Laura Kuenssberg, a dit qu'il était fort probable que le parti travailliste lui-même conteste la décision devant les tribunaux.

Angela Eagle a dit qu'elle conteste Jeremy Corbyn parce qu’elle peut fournir un véritable leadership dont il n’est pas capable.

Réagissant au vote du NEC, Mardi 12 Juillet 2016, elle a dit que « je suis heureuse que le NEC ait aboutit à une conclusion. J’accepte de mener la contestation et je suis déterminée à gagner ».

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:56

http://www.france-palestine.org/Petition-Pour-la-nomination-de-Marwan-Barghouti-au-Prix-Nobel-de-la-paix

https://www.secure.avaaz.org/fr/nobel_to_marwan_eng

Pour la nomination de Marwan Barghouti au prix Nobel de la paix

Au comité du prix Nobel de la paix

Nous, citoyens du monde entier, soutenons le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits et la fin de l’occupation. Nous soutenons la nomination du dirigeant et prisonnier politique Marwan Barghouthi au prix Nobel de la paix. Marwan Barghouthi est un symbole mondial de la lutte contre l’injustice, contre la tyrannie et pour la liberté. La nomination de Marwan Barghouthi au prix Nobel ferait toute la lumière sur la situation des prisonniers politiques et contribuerait à mettre fin à l’occupation et à promouvoir la paix.

Mercredi 6 Juillet 2016

Un des leaders palestiniens les plus respectés au-delà des clivages partisans, Marwan Barghouthi, a passé plus de vingt ans dans les geôles israéliennes. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses efforts pour la paix et la liberté, même après des années d’isolement. Il a rédigé le document des prisonniers pour la réconciliation nationale, définissant ainsi une stratégie palestinienne pour l’unité, la liberté et la paix. Alors que la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes continue de se détériorer, que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que la division palestinienne ne cesse de s’amplifier, le rôle de Marwan Barghouthi est plus nécessaire que jamais.

Cette année, l’appel planétaire à la libération de Marwan Barghouthi et des prisonniers palestiniens, dont des parlementaires démocratiquement élus, a atteint une ampleur sans pareille. Une campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens a été lancée en 2013 par l’icône de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada, depuis la cellule même de Nelson Mandela. Huit prix Nobel de la paix, des figures internationales, d’anciens chefs d'état et de gouvernement, des parlementaires à travers le monde, des artistes, des intellectuels, des professeurs et des organisations des droits de l'homme ont signé la déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan Barghouti et des prisonniers palestiniens et cent quinze gouvernements ont apporté leur soutien à cette campagne.

Cette campagne a culminé avec la proposition de nomination de Marwan Barghouti au prix Nobel de la paix. Le nom de Marwan Barghouti a été avancé à six reprises cette année, y compris par deux prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel et l'archevêque Desmond Tutu, d’éminents parlementaires belges, le parlement arabe, le président de l'union inter parlementaire arabe et le président du Conseil National Palestinien (CNP).

Mais sans un soutien massif à la nomination au prix Nobel de la paix de ce symbole vivant de la Palestine, le comité du prix Nobel risque fort d’ignorer les luttes de Marwan Barghouti et le sort de milliers de prisonniers palestiniens, y compris des centaines d’enfants.

Signez la pétition maintenant. Dès que nous aurons atteint cent mille signatures, la courageuse compagne de Marwan Barghouthi et défenseuse des droits de l'homme, Fadwa Barghouti, se rendra à Oslo, accompagnée de prisonniers palestiniens libérés et d’anciens prisonniers de renommée internationale, et remettra cette pétition directement au comité norvégien du prix Nobel de la paix.

Extraits de la déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens

Le peuple palestinien lutte depuis des décennies pour la justice et la mise en oeuvre de ses droits inaliénables. La réalisation de ces droits implique la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens, dont la captivité symbolise la privation de liberté que le peuple palestinien endure depuis des décennies.

Depuis 1967, plus de huit cent cinquante mille palestiniens ont été emprisonnés à un moment donné de leur vie, dans l’un des exemples les plus frappants de détention de masse visant à détruire le tissu national et social d’un peuple occupé et à briser sa volonté de libération.

Parmi ces prisonniers, un nom a émergé à la fois au niveau national et international, incontournable pour l’unité, la liberté et la paix. A l’instar de la mobilisation internationale qui a conduit à la libération de Nelson Mandela et de tous les prisonniers du mouvement contre l'apartheid, nous croyons fermement que la communauté internationale doit oeuvrer pour la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers palestiniens.

Cela fait partie de sa responsabilité morale, juridique et politique à contribuer à la mise en oeuvre des droits du peuple palestinien.

L’un des indicateurs les plus importants de la volonté de faire la paix avec votre adversaire est la libération de tous les prisonniers politiques.

Il s’agit d’un signal fort en faveur de la reconnaissance des droits d’un peuple et de sa revendication légitime à vivre en liberté. Cela marquerait une nouvelle ère, où la liberté ouvrirait le chemin de la paix. L’occupation et la paix sont incompatibles. L’occupation, sous toutes ses formes, doit cesser de sorte que la liberté et la dignité puissent prévaloir. La liberté doit l’emporter pour mettre fin au conflit et pour que les peuples de la région puissent vivre en paix et en sécurité.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:37

http://www.europalestine.com/spip.php?article12038&lang=fr

Manifestation à Istanbul contre l’accord entre la Turquie et Israël

« Le mouvement pour le Boycott, pour le Désinvestissement et pour les Sanctions (BDS) de Turquie a organisé une manifestation à Istanbul, Vendredi Premier Juillet 2016, avec la participation des partis politiques et des groupes opposés au nouvel accord de normalisation entre le gouvernement turc et l’état sioniste, exprimant l’indignation face à cet accord qui ne sert que les intérêts de l’occupant », rapporte le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).

Les manifestants ont publié une déclaration contre l’accord, notant qu’il sert les intérêts stratégiques de l’état sioniste. « L’accord sera d’une importance stratégique vitale pour l’état d’occupation sioniste. L’état turc va accepter implicitement la légitimité du blocus imposé sur la bande de Gaza et l’adhésion de l’état d’occupation à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en plus d’être une ressource économique stratégique pour l’entité sioniste ».

De plus, les manifestants ont souligné que « l’importation du gaz de Tel Aviv est là pour servir de partenaire dans tous les crimes de l’occupant contre le peuple palestinien », indiquant que ce qui est appelé gaz israélien est en réalité le gaz palestinien volé au peuple palestinien et pillé par l’état de l’occupation comme moyen systématique de confisquer les ressources des terres palestiniennes et du peuple palestinien , y compris le gaz naturel.

Les participants ont appelé le parlement turc à rejeter l’accord, le décrivant comme une insulte pour le sang des martyrs du navire turc Mavi Marmara, qui ont perdu leur vie pour mettre fin au siège de Gaza.

En outre, les manifestants ont dénoncé les propos du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré « qu’ils ne m’ont pas demandé quand ils sont allés à Gaza par voie maritime. Nous aidons Gaza mais sans fanfaronnade », ce qui constitue à leurs yeux une menace à peine voilée de mesure d’intimidation à l’encontre des actions de solidarité avec le peuple palestinien en Turquie.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:31

http://www.marianne.net/les-petits-arrangements-du-cimentier-lafarge-daech-syrie-100243841.html

Les petits arrangements du cimentier Lafarge avec l’Etat Islamique en Syrie

La cimenterie du groupe français Lafarge en Syrie a-t-elle accepté de faire des affaires avec des groupes armés comme l’Etat Islamique pour maintenir sa production jusqu'en 2014 ? C'est ce que détaille une grande enquête publiée par le Monde, Mardi 21 Juin 2016.

Lafarge a travaillé en Syrie avec l'Etat Islamique pour maintenir sa production, révèle une grande enquête du Monde.

Le cimentier français Lafarge, numéro un mondial du ciment, a-t-il accepté, sur son site de Jalabiya, dans le nord-est de la Syrie, l’un des plus modernes et importants du Proche-Orient, de travailler avec des groupes armés, dont les terroristes de l’Etat Islamique, pour maintenir sa production ? C’est ce qu’affirme le Monde, dans une grande enquête publiée Mardi 21 Juin 2016.

« Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l’opposition Zaman al Wasl, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’Etat Islamique s’empare du site et Lafarge annonce l’arrêt de toute activité », écrit en effet le quotidien.

Autorisations pour circuler

De quels arrangements s’agit-il ? Selon le Monde, il a d’abord été question pour Lafarge d’obtenir des autorisations afin de pouvoir circuler librement sur les routes contrôlées par l’Etat Islamique. « Lafarge continuait d’alimenter le marché syrien du ciment et, pour cela, avait besoin d’acheminer sa production par les routes », explique de fait un ancien employé de Lafarge. Pour cela, la multinationale française a eu recours à un intermédiaire, un certain Ahmad Jaloudi, un jordianien, employé comme gestionnaire de risques.

Chargé, entre autres, de négocier avec les responsables de l’Etat Islamique, l’intéressé a notamment détaillé dans un courriel daté du 28 août 2014 adressé au tout nouveau Président Directeur Général (PDG) de la filiale de Lafarge en Syrie, Frédéric Jolibois, ses efforts pour obtenir des autorisations de circulation pour le personnel. Mais les autorisations lui ont été refusées, l’Etat Islamique ayant demandé une liste des employés du groupe au préalable.

Un courriel qui révèle surtout que « la direction de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts », explique le Monde. Car lorsque Frédéric Jolibois répond à Ahmad Jaloudi, l’intermédiaire, il met en copie Jean-Claude Veillard, directeur sûreté du groupe Lafarge à Paris.

« Les points sur la sécurité avec Jean-Claude Veillard à Paris étaient quotidiens », précise un autre employé interrogé par le Monde. « Ils se tenaient par conférence téléphonique à 11 heures du matin », ajoute-il.

Un laissez-passer estampillé du tampon de l’Etat Islamique et visé par le directeur des finances de la région d’Alep, daté du 11 septembre 2014, sera par ailleurs retrouvé par le Monde, permettant d’attester, conclut le quotidien, que des accords passés avec l’Etat Islamique ont bel et bien été validés.

Lafarge et le pétrole de l’Etat Islamique

Autre arrangement de taille, pour fabriquer du ciment, raconte le Monde, « des matières actives comme le gypse et la pouzzolane sont mélangées au clinker, résultat du chauffage de la matière crue à mille quatre cent cinquante degrés dans un four rotatif ». Un processus qui ne pouvait se faire sans carburant afin de « faire chauffer le pré-calcinateur et le four rotatif à de telles températures ». Un employé proche de la production déclare au Monde que Lafarge n'avait pas d'autre choix que d’acheter du pétrole à l’Etat Islamique, qui contrôlait alors toutes les sources de production à Rakka et à Deir al Zor.

« La situation en Syrie était très compliquée et évolutive en 2013 et en 2014. Les personnes ayant travaillé sur place ne sont pas toutes joignables. Il nous est difficile de réagir à des courriels sans avoir tout vérifié, l’usine est fermée depuis le mois de septembre 2014 », s'est pour sa part défendue auprès du quotidien du soir la chargée de la communication du groupe Lafarge à Paris.

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