Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 22:26

Nouvelle nuit d'émeutes en Grèce après les obsèques d'Andreas

Mardi 9 décembre, 20h54

www.lemonde.fr

Quatre jours après être tombé sous les balles de la police, le jeune Andreas Grigoropoulos a été inhumé, mardi 9 décembre, dans la banlieue sud d'Athènes. Quatre jours après les premières émeutes, la Grèce a une nouvelle fois vécu au rythme des échauffourées. En dépit des appels de la famille à ce que les caméras soient tenues à l'écart, les télévisions grecques ont retransmis en direct l'événement. Plus de 5 000 personnes, dont beaucoup de lycéens, s'était massés devant et dans le cimetière pour assister à la cérémonie. Rapidement, le principal slogan des jeunes Grecs depuis quatre jours a fusé : "Flics, cochons, assassins". Peu après, des incidents ont éclaté non loin du cimetière. Les jeunes ont brisé des vitrines et mis le feu à des poubelles et des habitants du quartier ont affirmé avoir entendu des coups de feu tirés en l'air par des motards de la police.

Dans la soirée, les affrontements ont repris de plus belle. A Patras, dans l'ouest du pays, quelque cinq cents personnes ont attaqué le bâtiment de la direction de la police à coups de pierres et d'engins incendiaires. Les policiers, encerclés, ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. A Athènes et Salonique, des incidents similaires ont eu lieu, jeunes et policiers s'affrontant à coups de cocktails Molotov et de gaz lacrymogènes. Dans la soirée, la tension restait vive, notamment dans le quartier étudiant de la capitale. Les protestataires avaient allumé des feux dans les rues avoisinantes et lançaient divers projectiles contre les forces de l'ordre, qui ont répondu par l'usage de gaz lacrymogènes.Dans tout le pays, les collèges et lycées sont restés fermés mardi en signe de deuil, sur décision du gouvernement. Avant les obsèques, le ministre de l'intérieur, Prokopis Pavlopoulos, et le chef de l'Etat, Carolos Papoulias, avaient appelé les participants à respecter la mémoire de l'adolescent de 15 ans, abattu samedi soir par un policier à Athènes.

Depuis l'annonce de sa mort, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale et de plusieurs autres villes du pays, comme Trikala, Rhodes et Salonique, pour manifester et affronter les forces de l'ordre, laissant derrière eux des magasins, des banques et des voitures incendiés. Les heurts ont fait jusqu'à une cinquantaine de blessés, selon la police, qui annonce par ailleurs l'arrestation d'au moins cent cinquante personnes.

Le premier ministre grec, Costas Caramanlis, qui s'était engagé à ce que l'Etat mette fin aux violences urbaines lundi, a appelé à l'unité nationale après une rencontre avec le chef de l'Etat, Carolos Papoulias.

L'opposition a d'ores et déjà appelé à la démission du gouvernement et à la tenue d'élections législatives anticipées. Mercredi, les transports publics et les transports aériens du pays devraient être paralysés par une grève générale de 24 heures prévue de longue date par les syndicats locaux.


Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:47


 Déclaration des militants syndicaux initiateurs de la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux »
(signée par 4000 militants et dont la diffusion se poursuit)

 

www.forum-tous-ensemble.dyndns.org

Unir les luttes contre le gouvernement, le Medef et l'UE du capital

Les élections prudhomales qui viennent de se tenir constituent un sérieux avertissement à l'ensemble des confédérations syndicales. Le premier enseignement de ce scrutin est en effet le niveau très important de l'abstention (75 %) qui se traduit, si l'on y ajoute les votes blancs ou nuls, par des votes exprimés qui représentent à peine 20 % du corps électoral, alors que les confédérations avaient fait de ces élections leur objectif central du deuxième semestre 2008. Certes, le patronat et le gouvernement n'ont rien fait pour favoriser l'expression des salariés (cela n'étonne personne) mais c'était déjà le cas en 1979 et la participation s'élevait alors à 65 % (et 42 % des voix pour la CGT). Cette abstention massive, lourde de conséquences pour le syndicalisme, traduit en grande partie le désenchantement des salariés vis-à-vis de confédérations qui ne semblent plus en mesure d'assurer la défense des salariés après un quart de siècle de régression sociale euro-formatée, accélérée brutalement par Sarkozy. S'ils ne parviennent à redonner confiance en eux en redressant leur pratique sur la conduite des luttes, la rupture risque de devenir définitive entre les états-majors syndicaux et l'ensemble du monde du travail, syndiqué et non-syndiqué.


Parallèlement, les  salariés ayant voté ont lourdement sanctionné les syndicats les plus marqués dans la collaboration active avec le pouvoir et ont marqué leur volonté de soutenir les organisations les plus ancrées dans la lutte. La CGT a en particulier profité de l'engagement très fort de ses militants à la base qui font tant pour les travailleurs et leurs luttes : c'est là où les syndicats de base impulsent la résistance des travailleurs que la CGT progresse le plus et que la participation est importante.

Ce constat corrobore ce que nous pouvons observer concernant le développement des luttes dans le pays contre les ravages occasionnés par la casse anti-sociale et anti-démocratique imposée par un gouvernement et une UE aux ordres des grands groupes capitalistes : mort programmée du code du travail, travail le dimanche, retraite à 70 ans, licenciements massifs et délocalisations, casse des services publics et des systèmes solidaires (retraites, sécu), baisse des salaires,... alors que le pouvoir fait payer SA crise aux travailleurs et se sert de celle-ci pour accélérer le subventionnement des grands entreprises privées à coups de centaines de milliards d'euros.

Dans l'Education Nationale, la gravité de l'attaque du gouvernement appliquant la stratégie européenne de Lisbonne (suppressions à répétition de dizaines de milliers d'emplois et réformes de la Maternelle à l'Université qui sont en train de casser l'Ecole publique et d'interdire l'accès à une éducation de qualité pour les classes populaires) explique qu'après le grand succès de la grève du 20 novembre, les actions continuent de se développer au niveau local, alors même que les états-majors syndicaux ont décidé de renvoyer au mois de janvier un « éventuel » appel à la grève : blocages et manifestations de lycéens dans de nombreuses villes, grèves locales reconductibles, occupation des établissements scolaires avec le soutien des parents, grève des IUT, AG dans les universités... le tout dans le silence organisé par les médias aux ordres.

Le même silence prévaut d'ailleurs concernant les mobilisations qui se développent dans le secteur automobile dont les grands actionnaires, qui ont accumulé des bénéfices par milliards ces dernières années, profitent de la crise pour sacrifier les travailleurs de France avec le soutien du gouvernement. Chez Renault, Peugeot, Ford, Goodyear ou Michelin, chez les sous-traitants et les équipementiers, le chômage technique, les congés forcés, les suppressions d'emplois et les délocalisations sont à l'ordre du jour contre lesquels les grèves et les manifestations se multiplient.


Enfin, comment ne pas évoquer les luttes en cours à Météofrance, l’ANPE, l’ONF, l’hôpital, la Poste, Air France, la SNCF, la défense des retraites ou de la sécu, les sans-papiers,… Ou même celles de nombreux secteurs non-salariés comme les pêcheurs ou les petits exploitants agricoles ?

C’est bien dans tout le pays et dans toutes les couches populaires que montent les résistances et les actions contre la régression sociale sans limite, mais de manière encore dispersée, par corporations ou par branches même si la base en appelle désormais ouvertement à la convergence des luttes. Début décembre, l'intersyndicale de Météo-France, mandatée par des AG massives, écrivait par exemple aux directions confédérales : « Nous sommes d’autre part convaincus que les journées d’action isolées ne peuvent être réellement utiles et positives que si elles offrent en perspective un mouvement unitaire et reconductible. Cela nous semble être l’attente majeure de nombreux secteurs, et considérons qu’il est de votre responsabilité en tant que structures nationales de travailler à cette dynamique commune. » De même, les luttes à la base cherchent à contourner l’inertie des structures nationales en développant des « tous ensemble » locaux entre salariés du public et salariés du privé. C’est ainsi que des manifestations interpro ont été organisées avec succès ces dernières semaines à Strasbourg ou au Havre, ou sont en préparation à Douai le 18 décembre et à Bordeaux le 20.

Or, quand les luttes se développent, les confédérations ont le devoir d'organiser au niveau national ce que les syndicats parviennent à organiser à la base. C’est ce qu'enseigne tout l'héritage du mouvement ouvrier et syndical, tout l'héritage du syndicalisme de classe qui a permis, de 1936 à 1968, de construire des rapports de force globaux et d'arracher les acquis sociaux du peuple de France. C'est ce que Benoit Frachon expliquait de façon si claire : « le syndicat doit organiser et diriger la lutte de millions de prolétaires qui comptent sur lui.».

Le problème est que ces enseignements du syndicalisme de classe sont aujourd’hui reniés par des directions regroupées au sein de la Confédération Européenne des Syndicats qui, intégrée aux institutions officielles de l’UE, est chargée d’accompagner la construction européenne capitaliste. Sous cette tutelle, les états-majors syndicaux ont adopté une stratégie de collaboration entre « partenaires sociaux » et s’opposent à toute construction d’un rapport de force contre la régression sociale. Elles commencent même dans certains cas à attaquer à leurs propres organisations qui résistent à cette dérive comme c’est le cas de l’UL CGT de Douai ou de nombreux syndicats d’entreprises.

Néanmoins, la pression est aujourd'hui telle que les directions confédérales ont été contraintes d’annoncer une « mobilisation » pour le mois de janvier. Les expériences passées incitent à ne pas se faire d’illusions quant à leur volonté d’engager la lutte ou de défendre les revendications qui montent du terrain, alors qu’il s’agit avant tout pour elles de donner des gages à une base combative qu’il serait suicidaire de se mettre définitivement à dos.

Mais il est indispensable dans ce contexte d'amplifier la bataille pour le tous ensemble afin d’arracher dans un premier temps un appel à la grève interprofessionnelle permettant d’approfondir les convergences et de préparer la suite en posant clairement la question de la reconductibilité.

Pour cela, il faut défendre les principes gagnants du syndicalisme de classe et rappeler notamment que l’unité dont les travailleurs ont besoin n’a rien à voir avec le « syndicalisme rassemblé » au sommet qui met toujours le mouvement populaire à la remorque des organisations syndicales les plus jaunissantes (et en particulier de la CFDT dont le principal dirigeant répète à qui veut l’entendre qu’il est contre la globalisation des luttes). La véritable unité qui permet de gagner, c’est celle des travailleurs sur la base de leurs revendications et pour l’action. C’est pourquoi, alors que tous les salariés sont menacés par une même politique appliquée par un même gouvernement, les travailleurs du public doivent massivement soutenir les actions des salariés du privé menacés de licenciements et à l'inverse, ceux du privé doivent refuser le discours de Sarkozy qui présente le démantèlement des services publics comme une nécessité pour "sauver" les emplois du privé.

A partir de revendications unificatrices portées par les luttes en cours (augmentation des salaires, arrêt des suppressions d’emplois et des délocalisations, défense des services publics, de la Sécu et des retraites, défense de l’Ecole et de l'université en liaison avec la jeunesse, nationalisation des grandes entreprises…), nous appelons à renforcer les liens pour la défense du syndicalisme de classe et le développement d'un Front Syndical de Classe et à multiplier les contacts dans les communes et les départements entre travailleurs, jeunes, militants, syndicats de base pour construire le « tous ensemble en même temps » seul capable d’arrêter Sarkozy, le MEDEF et leur Europe du Capital et d’imposer la satisfaction des aspirations populaires. Avec, sans ou contre les directions syndicales.

Le 7 décembre 2008



Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:37


http://www.liberation.fr/societe/0101303818-mobilisation-generale-a-tarnac

Mobilisation générale à Tarnac

Le soutien aux jeunes accusés de terrorisme après un sabotage à la SNCF ne faiblit pas.

TARNAC, de nos envoyés spéciaux DIDIER ARNAUD ET ANNICK FAUROT


A Tarnac (Corrèze), un nouveau week-end de mobilisation en faveur des jeunes mis en cause dans l’affaire des sabotages de lignes TGV vient de se terminer. Samedi, il y a eu le bal au profit du comité de soutien, et dimanche la troisième réunion publique du comité. Alors que trois des leurs ont retrouvé leur liberté, les habitants ne décolèrent pas. Julien et Yldune sont toujours emprisonnés et accusés d’actes terroristes (lire ci-contre).

La lutte est à leurs yeux plus que jamais nécessaire et ce n’est pas l’éclatement du groupe du fait des assignations à résidence qui entamera leur détermination. «Il faut élargir le débat sur ces lois antiterroristes, parler des gens en préventive soi-disant islamistes, de toutes les procédures qui frappent les militants anti-OGM, les sans-papiers, etc.», tempête Thierry Letellier, membre du comité venu rejoindre le samedi après-midi ses amis au café-épicerie, forum où toutes les réactions fusent. Tous approuvent son programme : «Tout faire pour que ça ne retombe pas» , notamment dans la vingtaine de villes françaises où la mobilisation a été spontanée. Michel Gillabert, président du comité de Tarnac, dresse la liste : une manifestation à Limoges le 13 décembre, une autre en préparation à Toulouse. Ailleurs, ce sera des concerts, des films, des débats. La pétition initiée par des universitaires a enregistré plus de 4 000 signatures sur le site du comité. Rien qu’à Tarnac, plus de 500 contacts ont été pris avec des sympathisants. De 15 à 20 lettres de sympathie arrivent chaque jour, avec à la clef «des dons impressionnants» , selon Aude qui les dépouille. «On s’attendait pas à une telle mobilisation», reconnaît la jeune femme, cheville ouvrière de l’épicerie. Michel Gillabert explique : «On a des contacts avec des profs d’université. On pourrait imaginer des conférences pour rendre notre réflexion plus populaire.» La Ligue des droits de l’homme et Amnesty International accompagnent déjà le mouvement. «J’ai rencontré François Hollande de façon informelle, il m’a surtout donné des conseils» , ajoute encore Gillabert. Les communistes et les Verts ont déjà pris parti. Olivier Besancenot et José Bové seraient espérés. «Je suis prêt à rencontrer Martine Aubry», avance Michel Levy, le père de Yldune. Il a pris contact avec le Syndicat de la magistrature, les avocats devant eux-mêmes se rapprocher de leurs syndicats. «Personne ne se précipite, on construit. Il faut tenir jusqu’au procès.»

Manifeste.

Samedi, Tarnac est revenu sur la déferlante médiatique de ces dernières semaines à l’occasion de l’enregistrement de l’émission Là-bas si j’y suis de France Inter. Invités privilégiés, Télé Millevaches, télévision associative locale, et La Bande magnétique, collectif basé aussi sur le plateau qui donne, entre autres, dans «la sociologie des médias». Un film réalisé par la télé locale est diffusé, véritable manifeste contre le comportement des journalistes. Attablés, quelques vieux du village regardent. Les images sautent, mais l’essentiel du message est passé. «Les journalistes ont fait de nous des personnages d’un récit médiatique irréel par rapport à ce qu’on vit ici» , argumente Loïc de Télé Millevaches.

Hameaux.

«Il y a les mauvais journalistes qui reviennent. Il faut pas s’attendre à être bien reçus» , avait prévenu, quelques jours plus tôt, le président du comité de soutien. A Tarnac, on cherche avant tout à contrôler l’image de ce qui est considéré, de l’avis général, comme un «dérapage» des médias. Dans le café, les clients toisent les étrangers, forcément des journalistes, et se moquent. «T’as des armes sous ton poncho ?» dit cet homme à son copain. «Laisse tomber les terroristes, on est plus pressés qu’eux», lance ce client impatient à la serveuse.

Quand on avait demandé à Aude si on pouvait suivre Paul, dans sa tournée de livraison des hameaux, elle avait répondu : «C’est quoi cette idée ? Ca sert à rien de nous voir vivre. Qu’est ce que vous voulez montrer ?» Ce matin, Paul, chemise de bûcheron bleue et fines lunettes, est quand même allé livrer des gens qu’il n’avait pas eus le temps de voir la veille, dans ce pays de hameaux isolés, à des distances qui n’en finissent plus.

Aude sert, lave les tasses et fait l’aller-retour à l’épicerie. Elle va chercher des journaux. La presse est épluchée, triée, commentée, les papiers rangés dans de gros classeurs. «La première semaine, il n’y avait pas intérêt à parler» , dit Aude. «C’était super dur d’aller à l’encontre de ce truc-là, l’instrumentalisation des médias, tout le truc de sortir les biographies orientées. Bon, là, on se réjouit que trois copains soient sortis», poursuit la jeune fille. «Mais il y en a encore dedans [en prison ndlr], ils n’allaient pas se désavouer en relâchant tout le monde» , explique-t-elle.

Assis à une table, Jean-Michel fait partie du comité de soutien. Il ne veut pas dévoiler son nom, s’il habite ici : «Je viens de peu importe. On ne parle pas de personnes, mais des faits, on dépersonnalise» , intime-t-il. Il trouve «indécent» le déballage qui a «sali, mis les gens dans la boue». Ce qu’il veut : «Faire exister sur la sphère publique quelque chose qui peut susciter une question de fond sur l’antiterrorisme.»



Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 20:12


La cour d’appel de Paris a prononcé, ce jeudi 4 décembre, la révocation de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan. Sur les passages incriminés de l’entretien paru dans /L’Express/, les juges ont souligné que les propos de Jean-Marc Rouillan « sont ambiguës mais qu’ils ont été perçus clairement par les familles des victimes ». La Cour considère que Jean-Marc Rouillan a enfreint l’une des 4 contraintes de son régime de semi-liberté (interdiction de s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné).

Nous considérons, pour notre part, que ce jugement indique la volonté de l’État de criminaliser l’expression d’un militant révolutionnaire. Nous dénonçons les lois « antiterroristes » qui autorisent l’incarcération pour délit d’opinion. Nous continuons à soutenir les démarches judiciaires pour obtenir la libération de Jean-Marc Rouillan. Nous appelons les signataires à être solidaires des actions qui seront menées pour obtenir cette libération.

Les mots en marche

le 5 décembre 2008


Nota bene : N’hésitez pas à faire circuler les deux pétitions qui restent ouvertes dans le cadre de la demande de libération de Jean-Marc Rouillan.

Lien des deux pétitions :
http://lesmotsenmarche.free.fr/

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 20:03

Les bateaux arabes brisant le blocus, un effort populaire d’une importance particulière

Trois bateaux pourront arriver dans la bande de Gaza, dans les jours à venir. Trois bateaux venant de la Turquie, de la Libye et du Qatar. Des missions supplémentaires destinées à briser le blocus. Ils représentent les premières tentatives arabes et musulmanes concrètes destinées à briser l’injuste blocus imposé sur la bande de Gaza. Au passage, ils réaffirmeront le droit palestinien à disposer de ses eaux territoriales. Un couloir maritime conduisant à détruire le mur de l’injuste blocus.

Intifada des bateaux

Djamel Al-Khodri, président du « Comité populaire pour faire face au blocus », a qualifié cette action de l’Intifada des bateaux.

La révolution des bateaux est le nom donné par le gouvernement palestinien à ce mouvement.

Nous savons que quatre bateaux étrangers sont déjà arrivés dans la bande de Gaza. La Liberté, l’Espoir, la Dignité et Gaza, quatre bateaux porteurs de solidaires, de parlementaires, d’hommes juridiques, de produits de premières nécessités ont pu atteindre la bande de Gaza au cours des trois derniers mois. Ces voyages ont encouragé des Arabes et des Musulmans à réagir, même s’ils arrivent un peu tardivement.

Le bateau « La Dignité » est arrivé à Gaza le 8 novembre 2008. Avec cette arrivée, Dr. Arafat Madi, président de la « Campagne européenne pour briser le blocus de Gaza », dit que l’arrivée de ce bateau, porteur de douze parlementaires européens, à Gaza, confirmé qu’une ligne maritime entre le port de Larnaka et Gaza a été ouverte. « Donc, personne n’a désormais d’excuse pour briser le blocus », dit-il.

Pari

Des observateurs croient que ces nouveaux bateaux traduisent la première action populaire arabo-islamique visant à venir en aide au peuple palestinien encerclé. Les actions s’accumulent et se développent jusqu’à la rupture définitive du blocus.

Cette action pourra aussi constituer une pression considérable sur les systèmes arabes, qui n’avaient rien fait contre cet injuste blocus imposé sur la bande de Gaza, qui participent même à son renfort en fermant leurs frontières avec la Bande. Ces systèmes se verront obligés de revoir leur politique.

Ils pourront également mettre sous la lumière du jour les conditions dans laquelle vit la population de la bande de Gaza. Les occupants israéliens interdisent l’entrée du carburant et des produits alimentaires depuis plus d’un mois. Une catastrophe sanitaire et alimentaire pourra frapper la Bande d’un moment à l’autre.

Les envoyés d’agences de presse et de chaînes de télévision étrangères sont eux aussi interdits d’atteindre la bande de Gaza. Ils disent que cette interdiction montre que "Israël" a quelque chose à cacher dans cette grande prison de Gaza.

Des observateurs parient sur des pressions populaires arabo-islamiques, après qu’ils ont été déçus des efforts officiels.

A titre d’exemple, les ministres arabes des affaires étrangères réunis à Paris ont fini leur rencontre, en demandant au secrétariat de la Ligue Arabe de coopérer avec l’Egypte pour faire entrer dans la bande de Gaza des aides urgentes. Ils n’ont pas parler de la nécessité de mettre fin à l’injuste blocus imposé sur la bande de Gaza depuis trois ans.

Si une action populaire arabo-islamique commence à prendre forme sur tous les nivaux, médiatique, culturel, parlementaire, syndical, elle reste insuffisante. Elle doit aller plus loin.

Et loin de l’effet médiatique, pourtant très important, ces bateaux pourront se transformer en navires portant tout ce dont la population de la bande de Gaza a besoin, dit Arafat Madi, président de la « Campagne européenne pour lever le blocus de bande de Gaza ». Ces bateaux pourront être l’introduction d’un bris total du blocus. L’occupant israélien et les pays qui l’aident dans son blocus tomberont finalement devant la pression populaire de la nation arabo-islamique.


www.palestine-info.info
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 19:51

CRISE Aux Etats-Unis, 533 000 emplois ont été supprimés en novembre et 1,9 million depuis le début de l'année


L'Amérique n'a jamais détruit autant d'emplois depuis 1945


LE MONDE | 06.12.08 | 13h08  •  Mis à jour le 06.12.08 | 13h08


Après la tornade financière qui a commencé de ravager l'économie américaine, voici la débâcle sociale : le département du travail a annoncé, vendredi 5 décembre, qu'en novembre 533 000 emplois non agricoles avaient été détruits, chiffre le plus élevé depuis trente-quatre ans. Le taux de chômage a progressé de 0,2 point par rapport à octobre pour atteindre 6,7 %, au plus haut depuis quinze ans. Le pays compte 10,2 millions de chômeurs.


Le président George Bush a aussitôt reconnu que "les chiffres de l'emploi publiés aujourd'hui reflètent le fait que notre économie est en récession". Il a jouté : "Cela est dû, pour une grande part, aux problèmes sévères que connaissent nos marchés de l'immobilier et du crédit et le marché financier, et qui ont causé d'importantes pertes d'emplois." Il en a profité pour presser le Congrès d'adopter des mesures de soutien aux constructeurs automobiles dès la semaine prochaine.

Son successeur élu, Barack Obama, a déclaré dans un communiqué qu'il n'y avait "pas de remède rapide ou facile à cette crise qui s'est développée depuis plusieurs années et la situation va empirer avant de s'améliorer". Selon lui, "il est temps de réagir avec détermination et célérité pour remettre les gens au travail et relancer notre économie".

Effectivement, le marché américain du travail est malade. Les 533 000 suppressions d'emplois annoncées en novembre surviennent après 403 000 en octobre (au lieu des 240 000 annoncées) et 320 000 en septembre (au lieu des 284 000 annoncées). Avec 1,9 million sur onze mois, le total des destructions d'emplois pour l'année 2008 tout entière pourrait être le plus élevé depuis 1945, où il avait culminé à 2 750 000.

L'économie "capitule sur tous les fronts et la menace de récession généralisée est bien réelle", a estimé Peter Morici, professeur à l'Université du Maryland. Les entreprises ont "commencé à se focaliser sur les moyens de survivre à la récession et taillent comme des folles dans leurs effectifs", ajoute Joel Naroff, économiste indépendant interrogé par l'Agence France-Presse (AFP).


LE PIRE EST À VENIR


Tous les secteurs sont touchés, et pas seulement l'industrie, comme on pourrait le croire avec la nouvelle annonce de la mise en chômage technique par General Motors de 4 000 ouvriers supplémentaires, le 5 décembre. Les deux tiers des destructions d'emplois concernent le secteur des services.

"Seuls deux secteurs continuent à créer des emplois : le service public et la sphère santé-éducation, analyse Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP Paribas. Désormais, les destructions d'emplois sont plus nombreuses dans les services, et c'est la preuve que la récession s'étend, car ceux-ci représentent 85 % des emplois salariés aux Etats-Unis et sont, en général, plus résistants à la conjoncture." Il ajoute : "Il faut s'attendre à une tendance de 300 000 à 400 000 destructions d'emplois par mois."

La dégradation du marché de l'emploi est aussi qualitative, car le nombre des chômeurs de longue durée (au-delà de 27 semaines) a bondi de 65 % depuis le début de l'année pour atteindre aujourd'hui 2,2 millions.

Ces mauvaises nouvelles ont provoqué un repli à Paris (- 5,48 %), à Francfort (- 4 %) et à Londres (- 2,74 %). En revanche, à Wall Street, le Dow Jones a terminé sur un gain de 3,09 %, les investisseurs pariant que la montée du chômage obligera le gouvernement à prendre de nouvelles mesures de soutien à l'économie.

Car le pire semble à venir. Certes, les salaires horaires ont continué à progresser en novembre de + 0,4 % d'un mois sur l'autre, portant la hausse en glissement annuel à + 3,7 %. Mais ce rythme devrait devenir négatif à bref délai.

Enfin, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la récession sera aux Etats-Unis plus sévère que dans les autres économies. Elle devrait provoquer un recul du produit intérieur brut américain de 0,9 % en 2009. L'OCDE prédit également que la conjoncture ne s'améliorera pas avant le troisième trimestre 2009 et encore, à toute petite vitesse, puisque la croissance devrait plafonner à + 1,6 % en 2010. C'est donc une nouvelle dégradation du marché de l'emploi qu'annoncent les experts de l'OCDE : le taux de chômage américain passerait de 5,7 % en 2008, à 7,3 % en 2009, pour atteindre 7,5 % en 2010. Dans ce contexte, seule une décélération rapide de l'inflation, notamment grâce à un baril passé le 5 décembre sous les 40 dollars, pourrait redonner aux ménages l'envie et les moyens de consommer à nouveau.



Alain Faujas et Clément Lacombe




Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 19:39

Des millions d’Américains risquent de perdre leur logement   

www.lariposte.com

Des millions de familles américaines sont menacées d’être expulsées de leur logement. Il y a celles qui ne parviennent pas à payer leur crédit, mais aussi celles dont les propriétaires ne parviennent pas à payer le leur. La situation est telle qu’un Shérif du comté de l’Illinois, Tom Dart, a décidé de refuser de procéder à de nouvelles expulsions.

Tom Dart s’explique : « La partie la plus difficile de notre travail, c’est sans doute celle que réalisent nos unités d’expulsions. A tout moment, nos officiers peuvent être sollicités pour jeter des familles à la rue. Elles se retrouvent dehors, tous leurs biens déposés sur le trottoir et exposés au vol. [...] Là où les compagnies de crédit ne voient que des bouts de papier, mes officiers voient des êtres humains. »

Et le Shérif poursuit : « Aussi dures soient-elles, les expulsions font partie de notre travail. Par contre, nous ne sommes pas supposés faire le travail qui relève des banques et compagnies d’assurance. Trop souvent, lorsqu’ils arrivent chez les gens pour procéder à une expulsion, nos officiers découvrent que le locataire paye son loyer chaque mois, et ignore complètement que le propriétaire du logement a cessé d’utiliser l’argent du loyer pour rembourser son crédit. Du coup, le locataire n’a pas été averti qu’il allait être expulsé. Tout ça parce que la banque ou la compagnie de crédit n’a pas fait la moindre démarche pour déterminer, en amont, qui vit dans le logement ciblé – alors que, pourtant, la loi les y oblige. Les banques partent du principe que c’est aux autorités locales – et donc au contribuable – de payer les frais de ces enquêtes préalables aux expulsions. Ça suffit. Nous ne ferons plus le travail des banques. Nous ne prendrons plus les locataires par surprise avec de tels ordres d’expulsion ». (The Chicago Sun-Times du 9 octobre).

Cette seule année, aux Etats-Unis, près de 750 000 personnes ont été expulsées de leur logement – et 107 500 pour le seul mois de septembre. Ces chiffres indiquent une accélération brutale des saisies hypothécaires. D’après une analyse de Market Watch, « ces saisies ont augmenté de 6,6% entre août et septembre, de 25,8% entre le deuxième et le troisième trimestre, et de 82,6% par rapport à l’an passé. Tout porte à croire qu’à la fin de l’année, le chiffre d’un million de saisies sera dépassé. » Le même rapport révèle que le nombre de « pré-saisies » – qui incluent différents types d’avertissements et mises en demeure – devrait atteindre les 2 millions, à la fin de l’année, ce qui est inédit.

Le Wall Street Journal du 8 octobre rapporte que près d’un propriétaire sur six, aux Etats-Unis, est « sous l’eau » : le montant de son crédit immobilier est supérieur au prix actuel de son logement. C’est la conséquence de la chute brutale des prix de l’immobilier : plus de 30%, dans certaines régions du pays. Cela concerne 12 millions de propriétaires, soit 16% d’entre eux – contre 4% il y a deux ans.

A la lecture de ces chiffres, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi tant de travailleurs américains ordinaires ont réagi avec colère à l’annonce du plan de sauvetage des banques adopté par le Congrès. Parmi ceux qui sont les plus durement frappés par les saisies hypothécaires, il y a les victimes des méthodes prédatrices et frauduleuses des vendeurs de subprimes.

« Quand vous viendrez m’expulser, je serai morte »

Le 3 octobre dernier, à Akron, dans l’Ohio, une retraitée de 90 ans, Addie Polk, a tenté à deux reprises de se suicider avec arme à feu lorsque des Shérifs sont venus pour l’expulser de son logement. Elle y vivait depuis 1970. En 1982, elle et son mari avaient remboursé leur crédit immobilier, juste avant leur retraite. En 2004, confrontée à des difficultés financières, elle a pris un crédit immobilier de 45 620 dollars, sur 30 ans, ainsi qu’un crédit à la consommation de 11 380 dollars, auprès de Countrywide Home Loan. Elle avait 86 ans. Puis elle a commencé à ne pas pouvoir payer son crédit – et en 2007, Countrywide a engagé une procédure de saisie. Son logement a été vendu aux enchères à Fannie Mae, début 2008, pour 28 000 dollars, et les Shérifs ont commencé à envoyer les avis d’expulsion. Countrywide était l’un des pires spéculateurs du marché des subprimes. Il s’est effondré en 2007. Dans ce cas, heureusement, Addie Polk a survécu et Fannie Mae a accepté de passer l’éponge sur son crédit.

En juillet dernier, à Taunton (Massachusetts), une mère de 53 ans, Carlene Balderrama, a envoyé un fax à sa compagnie de crédit : « Quand vous viendrez m’expulser de ma maison, je serai morte. » Lorsque les officiers de police sont arrivés sur place, elle s’était tuée avec le pistolet de son mari.

La crise frappe également les classes moyennes. Le 6 octobre, la chaîne CBS a raconté l’histoire de Ross DeMona. Il y a deux ans, elle a acheté une maison luxueuse avec 5 chambres, 3 salles de bain et une piscine en intérieur. Elle travaillait comme agent immobilier et pouvait se permettre de payer 2700 dollars de crédit par mois. Mais son affaire s’est effondrée au moment même où ses mensualités de crédit ont bondi à 4900 dollars. Elle est aujourd’hui sous le coup d’une procédure d’expulsion. « Bush n’est préoccupée que par les AIGs de ce monde », dit-elle. « Pour eux, c’est gagnant-gagnant – et pour moi c’est perdant-perdant. »

Dans la riche ville de Santa Barbara, la mairie a ouvert douze parkings spéciaux pour tous ceux qui dorment dans leur voiture. Parmi eux, Craig Miller, sa femme Paige et leurs deux enfants vivent dans un camping-car. « Cette famille vivait dans une grande maison avec quatre chambres et une piscine. Mais ils ont tout perdu lorsque l’affaire de Craig a coulé », raconte un journaliste de la BBC.

Barbara Harvey, 67 ans, mère de trois enfants, était cadre dans un organisme de crédit. Mais elle a été licenciée, en mars dernier. Elle vit désormais sur ce même parking de Santa Barbara, dans une petite Honda.

Un travailleur social de Santa Barbara commente la situation : « Ces gens ont travaillé toute leur vie pour avoir une maison, et à présent tout s’effondre, tout est en cendres. Ce n’est pas le rêve américain, c’est le cauchemar américain. »

Des villes de tentes ont commencé à émerger à travers le pays : à Fresno, Reno, Seattle, San Diego, Portland, Columbus, etc. Cette crise n’est pas terminée, loin s’en faut. Et elle constitue le terrain d’une remise en cause profonde et durable de la validité du système capitaliste, aux Etats-Unis.



La Riposte
Publication : lundi 24 novembre 2008

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 22:25

Vous trouverez ci dessous le discours d' Oskar Lafontaine au meeting de fondation du Parti de Gauche le 29 novembre à Saint Ouen


Oskar Lafontaine

il faut sortir du dilemme et rompre avec cette tradition fatale de compromis pourris!

www.lepartidegauche.fr

Mesdames, Messieurs, chers camarades !

C'est avec plaisir que je suis venu à Paris pour vous adresser la parole, alors que vous vous apprêtez à reconstruire en France un nouveau parti de gauche qui méritera vraiment ce nom. En Allemagne, nous venons de faire ce pas avec succès. Et c'est fort de cette expérience que je suis venu ici pour vous encourager à prendre le même chemin. Je sais bien que la constellation des partis politiques allemands n'est pas comparable à la situation française. Mais aujourd'hui, les sociétés françaises et allemandes ne diffèrent pas fondamentalement l'une de l'autre. Les problèmes économiques, politiques et sociaux qui se posent pour nos deux pays sont largement identiques. Je ne vois donc pas de raison majeure, pourquoi un nouveau parti de gauche n'aurait pas les mêmes chances de succès en France qu'en Allemagne.

Maintenant, que le parti Die LINKE existe depuis un an et demi, les sondages sérieux lui donnent 12 à 13 % au niveau national. Je dois vous avouer que je suis surpris moi-même de ce succès. Car ces chiffres ne mesurent pas la véritable ampleur de notre influence politique. A lui seul, le fait que nous soyons là, le fait qu'il existe en Allemagne un parti avec un profil politique et des revendications sociales nettement de gauche, à lui seul ce fait a changé l'orientation de la politique allemande. Et il n'y a pas que moi qui le dise. Presque tous les journaux allemands,

qu'ils soient de droite ou de gauche, qu'ils s'en réjouissent ou le déplorent, sont du même avis. La plupart d'entre eux sont d'accord pour écrire que c'est nous, le parti « DIE LINKE », qui sommes le projet politique le plus couronné de succès des dernières décades, que c'est nous qui au fond définissons de plus en plus l'agenda politique en Allemagne, que c'est nous qui poussons les autres partis à réagir. S'ils réagissent, s'ils reprennent à leur compte certaines de nos revendications sociales, c'est par crainte des électeurs. Et si le néolibéralisme, si virulent depuis 1990, est en train de s'effacer en Allemagne, c'est dû en bonne partie à notre présence parlementaire.

Chers camarades, il est évident que la construction d'un nouveau parti de gauche n'aurait pas pu réussir si les conditions extérieures, c'est à dire la situation sociale et politique de l'Allemagne, n'avaient pas été favorables au projet. C'est donc là le premier critère de succès. Alors que tous les partis politiques ouest-allemands si disputaient le « centre et préconisaient une politique économique néolibérale, la majorité de la population allemande déplorait le manque d'équilibre social résultant de cette politique. Le vide sur la gauche du spectre politique ne demandait qu'à être rempli. Car rien n'est plus efficace qu'une idée qui trouve son époque.

Le deuxième critère de succès est sans doute l'union des forces et des organisations politiques qui se définissent par une position critique à l'égard du capitalisme.

Le troisième critère - qui est peut-être le plus facile à réaliser, puisqu'il ne dépend que de nous seuls, mais ce n'est pas le moins important - c'est de donner au nouveau parti un profil clair, nettement discernable par rapport à l'uniformité des autres. Je ne manquerais pas de préciser ce troisième point par la suite, mais je voudrais l'aborder par un aperçu historique. Il est utile parfois de reculer d'un pas pour avoir une meilleure vue d'ensemble.

Au début de ma carrière politique, il y a une quarantaine d'années, les positions des partis de gauche en Europe étaient encore relativement claires, leurs missions bien définies. Il n'y avait pas encore cette uniformité centriste que les grands partis affichent de nos jours. Même en Allemagne, ou le parti social-démocrate, à Bad-Godesberg, avait décidé de s'arranger avec le capitalisme, gauche et droite restaient discernables pour les électeurs. Le SPD s'était détaché du marxisme, certes, mais avait conservé tout de même l'idée de réformer le capitalisme, de chercher la fameuse « troisième voie » entre communisme et capitalisme. Malheureusement, cet idéal réformateur a été enterré sous les débris du mur de Berlin.

En France, les positions des partis de gauche étaient plus nettes encore - non pas seulement du côté communiste, mais aussi du côté socialiste. Par son soutien à la guerre coloniale en Algérie, la SFIO avait perdu à la fin des années 60 toute légitimité comme parti de gauche. En 1971, au congrès d'Epinay, un nouveau parti socialiste se forme sous la direction de François Mitterrand. Le programme de ce nouveau parti socialiste français diffère considérablement de celui que les sociaux-démocrates allemands s'étaient donnés une bonne décade auparavant : il est anticapitaliste, il est critique à l'égard de l'OTAN et il est favorable aux alliances avec le parti communiste - tout ce que le programme du SPD n'est pas. C'était donc Epinay contre Godesberg au sein de l'Internationale Socialiste. Je suis allemand, mais je ne vous cache pas, que mes sympathies étaient du côté d'Epinay.

Je partage donc, chers camarades, vos déceptions. Car malgré ce programme théoriquement anticapitaliste, la politique pratique du gouvernement Mitterrand ne fut guère plus anticapitaliste que celle du gouvernement social-démocrate en Allemagne. Que ce soit en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, .en France ou ailleurs , l'écart entre la théorie et la pratique politique est symptomatique pour l'histoire du socialisme ouest-européen. Presque toujours et presque partout, les dirigeants des partis socialistes ont lâché comme un lest leurs principes - souvent contre la volonté de la masse des militants - pour un portefeuille de gouvernement.

Et c'est bien là le grand dilemme des partis socialistes : c'est de formuler, pour ainsi dire, les principes d'opposition à Epinay et les principes de gouvernement à Godesberg. L'histoire des partis socialistes ouest-européens au pouvoir est une longue énumération de compromis pourris. Chers camarades, il faut sortir du dilemme et rompre avec cette tradition fatale de compromis pourris ! Pour un parti de gauche, les principes de gouvernement doivent toujours être les mêmes que les principes d'opposition. Si non, il disparaitra plus vite qu'il n'est venu.

Regardez vers l'Italie, regardez vers l'Espagne. La leçon, que la gauche peut tirer des dernières élections dans ces deux pays ne peut pas être plus claire : la lzquierda Unida marginalisée, la Rifondazione Comunista éliminée. Ces deux partis ont dû payer si cher leur participation au gouvernement parce qu'elle reposait sur des compromis pourris. C'est une absurdité, en effet, de quitter un parti à cause de sa ligne politique, de construire un nouveau parti, de former ensuite une coalition gouvernementale avec le parti qu'on vient de quitter sur la base de la politique même, pour laquelle on l'a quitté. Les électeurs n'apprécient guère ce genre de blagues - et ils n'ont pas tort.

Chers amis, si la gauche perd sa crédibilité, elle perd sa raison d'être. C'est pour cela que mon parti - die LINKE - a pris des mesures pour entraver cette tendance fatale des dirigeants au compromis politique dont j'ai parlé. Les décisions sur les grands principes de notre programme doivent être prises par l'ensemble des militants du parti et non seulement par une assemblée de délégués.

En outre, nous n'acceptons pas les dons qui dépassent une certaine somme, une somme relativement basse. Et croyez-moi, ce n'est pas l'attitude du renard qui voit que les raisins sont hors de sa portée qui est à l'origine de cette restriction. C'est tout simplement que nous ne voulons pas être corrompus. La corruption politique est un fléau de notre époque. Et ce qu'on appelle don n'est souvent qu'une façon légale de corrompre. La victoire électorale de Barack Obama est une bonne nouvelle, tant la politique du président Bush et de son parti était insupportable. Mais vu les sommes énormes que le capital américain a investi dans la campagne électorale du nouveau président, je reste très sceptique quant à son futur élan de réformateur. Le capital ne donne jamais sans prendre.

Venons en donc au profil programmatique qu'un parti de gauche doit avoir à mon avis. J'ai dit tout à l'heure que mes sympathies, il y a presque quarante ans, avaient été du côté d'Epinay et non de Godesberg. Eh bien, elles le sont toujours. Elles le sont peut-être plus que jamais. L'esprit anticapitaliste qui a animé la gauche française dans les années 70 s'impose toujours. Certes, une opinion publique manipulée au service du capital nous suggère à travers tous les médias que la mondialisation aurait complètement changé les choses, que l'anticapitalisme serait dépassé par l'histoire. Mais si on analyse le processus économique et social qui se déroule sous nos yeux sans parti pris, on se rend compte que la mondialisation n'a pas dissipé, mais aggravé les problèmes sociaux et les turbulences économiques causés par le capitalisme. Si vous comparez les écrits de Karl Marx au sujet de la concentration du capital, de l'impérialisme ou de l'internationalisation du capital financier avec les sottises néolibérales propagées de nos jours, vous constaterez que cet auteur du 19e siècle est bien plus actuel et clairvoyant que les idéologues du néolibéralisme à la mode.

Chers amis, plus que jamais l'anticapitalisme est de mise, car l'impérialisme, au début du 21ième siècle, est toujours réel. Et l'OTAN est instrumentalisée à son service. Jadis conçue comme alliance de défense, l'OTAN est devenue de nos jours une alliance d'intervention sous la direction des Etats-Unis. Mais la gauche ne peut pas préconiser une politique étrangère ayant pour but la conquête militaire des ressources et des marchés. Nous n'acceptons pas l'impérialisme belligérant de l’OTAN, qui intervient partout dans le monde en enfreignant le droit international. Nous sommes pour un système de sécurité collectif où les partenaires se soutiennent réciproquement lorsqu'ils sont attaqués, mais s'abstiennent de toute violence qui ne soit pas conforme au droit international.

En Allemagne, la question d'une intervention militaire - que ce fut au Kosovo ou que ce soit en Afghanistan - est une ligne de démarcation nette entre mon parti - die LINKE - et tous les autres partis, y compris le parti social-démocrate. Nous sommes intransigeants à ce sujet et notre participation à un gouvernement favorable aux interventions militaires de l'OTAN est inconcevable. La question de guerre ou de paix a d'ailleurs été de tout temps une raison de schisme au sein du socialisme allemand. Déjà en 1916 - sous l'impulsion de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht – la guerre a divisé la social-démocratie allemande en deux partis. Et il n'y a pas qu'en Allemagne que la gauche a vu clair. Je vous rappelle les paroles de Jean Jaurès, que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». Camarades, si nous voulons un monde où règne la paix, il nous faut civiliser le capitalisme.

Contre l'idéologie de privatisation prêchée par les porte-paroles du néolibéralisme, nous sauvegardons l'idée d'une économie publique sous contrôle démocratique. Nous préconisons une économie mixte où les entreprises privées, de loin la majorité, côtoient les entreprises nationalisées. Surtout les entreprises qui relèvent des besoins fondamentaux pour l'existence de la société - le secteur de l'énergie par exemple ou même le secteur bancaire dans la mesure où il est indispensable pour le fonctionnement de toute l'économie - doivent être nationalisées.

Nous remettons à l'ordre du jour la question de l'autogestion ouvrière et de la participation des employés au capital de leur entreprise qui semble de nos jours oubliée.

Nous luttons contre une politique de démontage social qui donne priorité aux intérêts des investisseurs et qui se moque de l'injustice sociale croissante, de la pauvreté de beaucoup d'enfants, des bas salaires, du licenciement dans les services publics, de la destruction de l'écosystème. Nous luttons contre une politique qui sacrifie au rendement du capital financier ce qu'il reste d'une opinion publique délibérative. Nous n'acceptons pas la privatisation des systèmes de prévoyance sociale, ni la privatisation des services de transport public. Nous n'acceptons pas non plus la privatisation du secteur de l'énergie et encore moins la privatisation du secteur public de l'éducation ou de la culture. Notre politique fiscale veut redonner à l'état les moyens de remplir ses fonctions classiques.

Aujourd'hui, les forces motrices du capitalisme ne sont plus les entrepreneurs, mais les investisseurs financiers. C'est le capital financier qui gouverne le monde et qui instaure globalement une économie de casino de jeux. La crise des marchés financiers était donc prévisible, attendue par les experts. Pourtant les gouvernements n'ont rien fait pour empêcher cette crise. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les élites politiques ont jugé utile la spéculation effrénée. Et le continent européen s'est incliné devant ce jugement. Même pendant les phases, où la majorité des gouvernements européens était formée par des partis affiliés à l'Internationale Socialiste, aucune mesure n'a été prise. La perte de la dimension critique à l'égard du capitalisme a fait échouer lamentablement la politique opportuniste des partis socialistes et sociaux-démocrates sur toute la ligne. S'il fallait une preuve de cet échec, la crise actuelle des marchés financiers nous la livre.

Et s'il fallait une preuve, que nous, la gauche critique, ne sommes pas régressifs, que nous ne puisons pas dans le passé les remèdes contre les maux d'aujourd'hui, comme nous le reprochent constamment les libéraux et les conservateurs, s'il fallait une preuve, eh bien cette crise nous la livre aussi. Depuis le début des années 90 et la mondialisation qui s'en suit, la gauche, y compris moi-même, ne cesse de réclamer la règlementation des marchés financiers internationaux. Mais l'opinion publique néolibérale s'est moquée de nos opinions soi-disant régressives. Que la logique de la mondialisation n'était pas compatible avec une réglementation, nous a-t-on dit ; qu'il ne fallait surtout pas entraver le libre-échange et le libre flux transnational des capitaux, nous a-t-on prêché ; que toute réglementation était une solution surannée, régressive.

Et maintenant, que font les néolibéraux en Amérique du Nord et en Angleterre, que font les conservateurs en Allemagne et en France ? Eh bien - ils prétendent règlementer. Ceux qui nous ont accusé de régression politique quand nous demandions la nationalisation de certains secteurs bancaires afin d'éviter la crise, que font-ils maintenant ? Eh bien - ils font semblant de nationaliser les banques au nom de l'avenir.

Maintenant, on socialise les pertes et on fait payer les groupes les plus vulnérables de la société pour la défaillance du système. Maintenant, on organise de pompeux sommets internationaux pour règlementer les marchés financiers. Mais nous n'en sommes pas dupes : les éléphants vont accoucher d'une souris. Vont-ils fermer le casino ? N'y pensez pas ! Vont-ils seulement changer radicalement les règles de jeu à l'intérieur du casino ? Mais non ! Ce qu'ils vont faire, c'est d'élaborer avec grand fracas verbal un nouveau code de comportement pour les croupiers. Rien ne va vraiment changer.

Si vous voulez des changements, camarades, il faut reconstruire la gauche - en Allemagne, en France, partout en Europe. L'expérience allemande nous montre qu'une gauche européenne réorganisée et forte peut faire bouger les choses en forçant les autres partis à réagir. Construisons ensemble cette nouvelle gauche, une gauche qui se refuse aux compromis pourris ! Pour souligner une dernière fois l'importance de cette maxime, je termine avec une image empruntée au poète russe Maïakovski : chantons ensemble notre chanson, mais évitons de lui marcher sur la gorge.





Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 22:18

A lire, ce texte de l'UL CGT de Douai qui rappelle que la combativité à la base est aujourd'hui très élevée et qui pose clairement la question de l'unification des luttes des travailleurs contre la politique euro-formatée des grands actionnaires et de leurs serviteurs au pouvoir.

« Depuis quelques jours se déroulent des événements syndicaux et politiques importants sur l'arrondissement du Douaisis (59) qui témoignent de l'importance de la crise économique et sociale, du niveau des mobilisations en cours et de la nécessité pour les travailleurs de lutter ensemble.

La crise de l'automobile qui couvait depuis quelques mois a montré son vrai visage à partir de la « crise financière » des ces dernières semaines. La quasi totalité des entreprises de la filière automobile vont ainsi connaître de longues périodes de chômage en décembre et janvier. Celle qui est frappée la première est bien sûr Renault qui fermera ses portes dans un premier temps le 3 décembre à 19h, puis la semaine prochaine, pour une période de 6 semaines (reprise possible pour le 15 janvier). Il est à noter que l'entreprise qui sortait de ses murs 2200 véhicules/jour il y a encore quelques mois en est réduite à une production actuelle de 1200 puis 600 pour la semaine prochaine.

Les conséquences ont été immédiates pour les équipementiers, les sous-traitants directs comme les transports ou la sidérurgie, et bientôt sur les indirects comme le commerce dans toute sa diversité.

Si bien qu'il est à prévoir que près de 15000 salariés seront en chômage technique ou congés forcés (comme chez Renault) d'ici la semaine prochaine.

Certaines boites vont connaître des difficultés beaucoup plus graves puisque planent désormais des menaces de dépôts de bilan : un gros équipementier est dans ce cas (il emploie plus de 600 salariés), un sous traitant direct Renault, la société de transports CAT installée sur le site vient d'annoncer un plan de licenciement de 15 salariés (25% de l'effectif), et d'autres vont suivre. En outre, la quasi totalité des intérimaires des boites sous-traitantes a purement et simplement été virée, depuis plusieurs semaines.

Réduction de la production, accélération des processus de délocalisations, chômage technique, fermetures et suppressions d'emplois... 2009 va débuter de manière bien difficile chez nous comme tant d'autres régions en France.

Enfin, un malheur n'arrivant jamais seul, le président de la République est à Douai ce jeudi 4 décembre pour annoncer « son plan de relance pour l'économie française » alors que sa politique de cadeaux sans limites aux grands actionnaires et d'attaques tous azimuts des acquis populaires est largement responsable de la crise.

Mais, loin des effets d'annonce et des gesticulations médiatiques, des luttes se développent et sont gagnantes comme chez Faurécia Somain la semaine dernière qui ont obtenu satisfaction de leurs revendications après 5 jours de grève, ou encore chez CAT où les salariés en grève depuis aujourd'hui bloquent les livraisons de Renault et luttent pour annuler les 15 licenciements programmés.

Dans ce contexte et malgré la lourde insistance de la Sous Préfecture, la CGT de classe du Douaisis se refuse à rencontrer un de ses chefs de cabinet. Nous avons au contraire pris la décision de ventiler aux 7 entrées de Douai ville dès 6h30 du matin, ce 4 décembre, un tract de masse appelant à la manifestation pour l'emploi et les salaires du 18 décembre prochain et sur lequel sont  posées nos revendications et propositions pour la relance réelle de l'économie française et de nos industries à partir de la satisfaction des besoins populaires et en prenant sur les centaines de milliards d'euros de profits des grandes entreprises qui saccagent aujourd'hui notre pays : revalorisation du Smic à 1600 euros nets, arrêt des délocalisations, baisse significative de la TVA, mise en place d'une politique de recherche et de production en France avec l'intervention des fonds publics...

Mais ces mesures d'urgence, ainsi que toutes les autres qui concernent les retraites, la sécu, la défense des services publics..., nous savons bien qu'il nous faudra les imposer. Face au pouvoir du grand patronat qui nous mène à la crise et nous condamne à la régression sociale, notre appel interprofessionnel à la grève et manifestation du 18 décembre à Douai doit être un tremplin pour la mobilisation du Tous Ensemble dès la reprise vers la mi-janvier. »

Jacques Leclercq secrétaire général de l'UL des syndicats CGT du Douaisis




Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 21:59

http://www.soutien11novembre.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=20&Itemid=25


REUNION PUBLIQUE SAMEDI 6 DECEMBRE – 17 H

à La Parole Errante 9 rue François Debergue
Montreuil Métro Croix-de-Chavaux

11 novembre au matin, les usagers du rail sortent de la terreur : on vient d'arrêter les « commandos anti-TGV ». Michèle A.M. parade, sa belle prise est exposée par les médias, embarqués depuis le début dans l'opération. Deux jours plus tard, on semble plutôt reprocher aux interpellés d'avoir eu « l'intention » de commettre de tels actes. Ainsi allaient-ils finalement pouvoir devenir une sorte de « cellule », appartenant à une « nébuleuse », qui s'en serait, tôt ou tard, pris aux vies humaines. Magie de l'antiterrorisme : à mesure que les faits se dématérialisent, l'affaire s'aggrave.

La lutte antiterroriste ne s'intéresse pas tant aux actes qu'aux sujets qui pourraient les commettre. Un sujet, cela se fabrique. A partir de vies bien réelles, avec leurs particularités, leurs habitudes, leurs liens. Ces liens constituent d'ailleurs un objet d'investigation privilégié. C'est ainsi que la police construit une « mouvance », un « réseau», ou n'importe quel autre chien de mot signifiant une appartenance diffuse. Ce type d'objet a toujours convenu aux méthodes de la flicaille. Il offre un caractère inépuisable qui fait tout son charme. Les enquêtes n'ont plus de fin, elles sont extensibles à volonté, la menace est permanente, omniprésente.

Fabriquer un sujet terroriste, cela consiste en des procédures concrètes. Annoncer des menaces futures, leur fabriquer des appellations. Faire arrêter neuf personnes au petit matin, par des flics cagoulés, armés jusqu'aux dents. Les conduire dans des locaux spéciaux. Là, les garder quatre jours en cellule. Quatre jours ponctués d'interrogatoires nombreux et interminables, aux termes desquels n'importe qui serait prêt à avouer que sa grand-mère a conçu les attentats contre le World Trade Center. Pas d'avocat, si ce n'est à la fin, quand on aura eu le temps de les questionner sur ce qui est essentiel dans cette affaire : ce qu'ils vivent, ce qu'ils lisent, qui ils fréquentent, avec qui ils baisent. Il faut savoir s'ils ont manifesté, un jour, à Vichy, s'ils ont compris ou commis quelque ouvrage et pourquoi ils n'habitent pas, seuls, dans un appartement, mais vivent et s'organisent ensemble. Il n'y a plus alors qu'à extraire de cela les éléments adéquats et les retraduire dans le jargon de l'antiterrorisme. Produire ainsi, assortie de détails pittoresques, l'image de neuf clandestins, organisés en cellule, disposant d'un chef, et s'abreuvant d'un manuel de lutte armée.

Qu'importe que le fameux bréviaire secret se trouvât déjà en possession de plusieurs milliers de lecteurs, qui avaient pu se le procurer dans n'importe quelle librairie. Qu'importe qu'il fût impossible même aux journalistes venus accréditer cette thèse de confirmer tant soit peu ce portrait de clandestins reclus, coupés du monde. Le terme de « terrorisme » a le pouvoir de changer l'eau en vin, et pour ceux à qui on l'applique, chaque aspect de l'existence devient l'objet de soupçons si ce n'est une preuve accablante.

La réalité à partir de laquelle on a construit ici des terroristes, cette réalité, la justice peut toujours la trouver criminelle ; pour notre part, nous trouvons encore heureux que 3000 personnes s'opposent physiquement à la tenue d'un sommet ministériel sur l'immigration à Vichy, et honorable d'être solidaires de ses amis en garde à vue.

La SNCF recensait en 2007 vingt-sept mille actes de malveillance contre son réseau ferré. Le sabotage à proprement parler est un acte encore banal, dans toute grève bien menée – et le mouvement cheminot de l'automne dernier est encore venu le rappeler. Pour autant, et malgré la vive terreur que semble provoquer un blocage efficace du trafic ferroviaire, on n'avait pas encore brandi, dans de tels cas, la catégorie « terroriste », et l'arsenal judiciaire et policier exceptionnel qui l'accompagne. Ce qui s'est passé le 11 novembre est une provocation objective, qui a valeur de test. Il va de soi que si l'affaire s'éteint doucement dans le silence, tandis que croupissent en prison ceux qu'on a si grossièrement désignés à la vindicte universelle comme terroristes, rien n'empêchera que ce silence soit interprété comme un assentiment général donné au procédé, et à ses applications à venir. Ici, comme en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, il est clair que l'antiterrorisme n'est pas une série de lois d'exception que chaque pays s'accorde mais bien la base d'un nouveau régime de gouvernement mondial.

Nous annonçons la création d'un comité de soutien à Paris.      
     
Il visera à soutenir matériellement et moralement les 9 personnes arrêtées le 11 novembre, dont 2 sont encore aujourd'hui en prison.     

Il s'engage dans une défense commune, de l'ensemble des arrêtés, quelque soit leurs chefs d'inculpation. Il refusera de communiquer plus particulièrement sur telle ou telle personne. Il ne perdra pas de temps à s'étendre sur la réalité des faits qui leur sont reprochés, et donc sur la question de l'innocence ou de la culpabilité des inculpés. Le comité de soutien se donne pour principe de refuser la présence des média à ses réunions, et s'autorisera à communiquer avec eux selon ses propres termes et conditions.

Plus que le soutien aux neufs mis en examen, le comité vise à tout faire pour que la machine antiterroriste – qui s'était mise en marche bien avant ce jour-là – ne puisse pas continuer son travail d'écrasement dans l'assentiment général. Cela passe par l'attaque du montage politique et médiatique visant la création d'un nouvel ennemi de l'intérieur : la « mouvance anarcho-autonome ». Le comité affirme son soutien aux 6 personnes prises depuis, janvier 2008 dans le tourbillon judiciaire qui accompagne cette fabrication – tous sont mis en examen dans le cadre d'une instruction antiterroriste : Ivan et Bruno pour avoir transporté des fumigènes artisanaux, Isa et Farid pour avoir convoyé du chlorate et des plans d'établissement pénitentiaire ; Juan, Isa et Damien sont aussi soupçonnés d'une tentative d'incendie d'un véhicule de police, et sont pour cela incarcérés depuis plusieurs mois sous le coup des assises antiterroristes.

L'objectif immédiat du comité est la libération de toutes les personnes incarcérées et la fin des poursuites judiciaires à l'encontre des inculpés.

comiteparis@yahoo.fr




Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens