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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:18

On assiste aujourd’hui à un véritable processus de psychiatrisation du sionisme et la tribune libre du Monde ci dessous est un très bon exemple de ce processus.

Par rapport à Pablo, au pablisme et aux pablistes, je vous conseille la lecture des pages de wikipedia relatif au militant révolutionnaire trotskyste Michel Raptis dont le pseudonyme était Pablo.

Vous trouverez seulement ci dessous une citation de ces pages

"Pablo s’impliqua dans le soutien au FLN algérien pendant la Guerre d’Algérie, ce qui lui valut une incarcération aux Pays-Bas pour production de fausse-monnaie et trafic d’armes. Jean-Paul Sartre lança une campagne en sa faveur. En 1961, Pablo fut finalement condamné à 15 mois de prison et libéré à la fin de son procès. Il se réfugia au Maroc avant de devenir ministre dans le gouvernement FLN après l’indépendance de l’Algérie."

Dans les années 1990, Pablo organisait des conférences internationales pour la levée de l’embargo contre l’Irak et des militants de l’organisation de Pablo et des militants d’extrême droite participaient à des conférences communes à Bagdad pour la levée de l’embargo contre l’Irak.

Si Pablo vivait aujourd’hui, les deux provocateurs signataires de la tribune libre du Monde ci dessous l’accuseraient certainement d’antisémitisme.

Enfin, il y a l’écrasante responsabilité du directeur de publication du Monde.

Fottorino ne lisait certainement pas la tribune libre des deux provocateurs.

En effet, si vous écrivez exactement la même tribune libre, si vous remplacez Besancenot par Sarkozy, si vous remplacez LCR par UMP, et si Le Monde publie cette tribune libre, vous imaginez la suite.

Bernard Fischer




http://www.lemonde.fr/opinions/arti...


Suite à la publication dans Charlie Hebdo d’une chronique de Siné dans laquelle il tenait des propos jugés antisémites, Philippe Val, directeur de l’hebdomadaire, a décidé de licencier ce dessinateur. Depuis, la polémique fait rage entre ceux qui soutiennent Siné et ceux qui approuvent Philippe Val. Un débat qui divise même la LCR.

Avec des camarades, pour la plupart issus du courant pabliste [tendance du mouvement trotskiste], nous avions rejoint la LCR en novembre 2002, à la suite de l’élection présidentielle et de la campagne électorale d’Olivier Besancenot, qui nous avaient semblé ouvrir de nouvelles perspectives pour l’extrême gauche.

Nous nous sommes ensuite peu à peu éloignés, déçus de trouver encore trop souvent dans cette organisation un mélange de sectarisme et d’archaïsme.

Les désaccords furent nombreux, comme lors du chantage pour appeler à voter PS au deuxième tour, ou face à l’ouvriérisme occultant les mutations de la société. Militer à la LCR revenait trop souvent à faire du supersyndicalisme agrémenté d’une posture révolutionnariste. Nous avions donc pris nos distances avec l’organisation sans faire de bruit, parfois en colère face à telle prise de position. Pas de quoi s’enthousiasmer, mais rien d’irréparable. On pensait être en gros dans la même famille.

Et puis survient l’affaire Siné, une déclaration antisémite dans sa plus grande banalité : les juifs sont riches. La LCR, qui d’ordinaire ne brille pas par ses prises de position sur les sujets "de société", réagit cette fois au quart de tour : Besancenot, Krivine et Bensaïd signent la pétition en faveur de Siné, la direction pond un communiqué pour le soutenir. Les bras nous en tombent.

Certes, il y avait déjà eu motifs à inquiétude, comme un éditorial de Rouge qui comparait une opération militaire israélienne avec Guernica, ou le refus de la LCR de participer à la manifestation de protestation lors du meurtre d’Ilan Halimi.

Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares" [soupçonné d’avoir participé à l’assassinat de ce jeune homme], ne disait d’ailleurs rien d’autre que Siné : Ilan est juif, il a de l’argent. La différence, c’est que l’un n’est que dessinateur, l’autre inculpé d’assassinat. Au fond, ils partagent le même point de vue sur les juifs, celui véhiculé, entre autres, par l’Eglise depuis saint Paul jusqu’à Vatican II.

Le même aussi que celui que l’extrême droite n’a cessé de répandre depuis toujours ; le même encore qui trouve un écho certain dans les banlieues populaires.

Nous savons combien ce fléau a imprégné le mouvement ouvrier, quelle a été la réticence, voire le refus, des courants les plus radicaux de soutenir cet "officier bourgeois" de capitaine Dreyfus. Nous n’oublions pas comment l’antisémitisme a été considéré comme un "premier pas vers l’anticapitalisme" par des leaders du mouvement socialiste révolutionnaire à ses débuts. Rappelons que l’antisémitisme a été une constante du stalinisme - qui l’a utilisé contre Trotski et ses partisans.

Siné ne peut même pas se draper dans un "antisionisme radical" : son texte, une fois n’est pas coutume, ne porte pas sur le Proche-Orient, sujet sur lequel la condamnation de la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens ne doit souffrir d’aucune ambiguïté antisémite. Ce sont des propos de beauf qui aiguisent la haine contre les juifs, de ceux qui nourrissent quotidiennement la bête immonde.

Que la LCR s’engage dans la défense de Siné fait que nous avons l’obligation politique et morale de la dénoncer. Il ne s’agit plus de divergences qui peuvent éventuellement être aplanies ou dépassées par le cours des événements. Il s’agit d’une conception autre de la vie. Soutenir Siné est contradictoire avec le projet d’émancipation universelle et fraternelle.

Au regard de ce qu’a été le courant trotskiste, en grande partie animé dès ses origines par des militants juifs, cette prise de position de la LCR constitue une affligeante ironie de l’Histoire. Rédhibitoire.

Bernard Schalscha et Gérard Garnier, ex-militants de la LCR



 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 20:01

34eme congrès du PCF

Des axes essentiels de reconstruction 

contribution collective de militants du Rhône

jeudi 31 juillet 2008, par altercommunistes

http://altercommunistes.org/spip/spip.php?article369

En France, le Capital exerce depuis des décennies sa dictature. Ces dernières années, compte tenu du rapport de force défavorable, il en a profité pour revenir sur tous les acquis du mouvement ouvrier en faisant pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l’éducation, la recherche et en faisant porter tous ses efforts sur l’augmentation des profits, sans qu’il y ait de véritable opposition.

Outre l’injustice de cette politique, ses effets sont de plus en plus destructeurs pour les êtres humains comme pour la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l’humanité. Le peuple de France a donc besoin d’une perspective politique crédible qui s’insère dans un mouvement international.

Pour construire une telle perspective, une force politique capable d’affronter les intérêts de la bourgeoisie capitaliste et de remettre en cause sa dictature est nécessaire. Cette force, pour être efficace, devra être à la fois l’émanation des intérêts de classe des couches populaires, les plus touchées par l’exploitation de l’homme par l’homme, et être capable de porter l’unité de tous ceux qui ne vivent que de leur force de travail, les prolétaires de notre temps : elle doit devenir l’instrument de leur intervention dans la vie politique. Les dernières batailles électorales, le référendum de 2005, les 9% aux cantonales, l’assemblée des animateurs de section de 2007, montrent que les communistes dans la diversité de leur situation, ont les ressources pour cela. Ils doivent pouvoir se prononcer sur les axes fondamentaux d’une telle construction :

1 – Assurer l’existence du PCF et reconstruire son organisation

nous nous prononçons pour un parti qui se revendique du communisme, qui a pour objectif de combattre résolument le capitalisme, de s’en libérer pour une société de rupture, le socialisme, étape indispensable pour poursuivre les transformations révolutionnaires vers le communisme. Les expériences de dépassement du communisme ou de la forme parti dans "l’arc-en-ciel" italien ou dans la "gauche unie" espagnole se sont révélées des drames militants et populaires.

Le PCF doit retrouver son identité, affirmer la nécessité d’une politique autonome afin de recréer un rapport de force s’appuyant sur les luttes et de faire l’unité sur d’autres bases que celles imposées actuellement par le PS. La solution n’est pas de rompre avec le PS pour se tourner vers d’autres solutions politiciennes. Nous avons besoin d’un parti capable d’une autre politique, de créer union et rassemblement populaire autour d’un projet porteur d’espoir et d’avancées concrètes. Il faut sortir du piège dans lequel est tombé le PCF depuis plus de 30 ans : la vraie ligne de fracture n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le Capital et le Travail. Pour se libérer de la dépendance idéologique et institutionnelle du PS, le PCF a besoin de développer sa capacité à agir et à rassembler partout, dans l’entreprise, la commune et la nation, les institutions ; il a besoin d’une véritable organisation
communiste, implantée au cœur des couches populaires et armée de la conscience de classe :

  une organisation communiste : l’organisation doit être au service de l’action et de la lutte contre le Capital. Pour cela, il y a nécessité d’une réorganisation démocratique, au sens de rendre à l’action son maximum d’efficacité, à savoir, recréer des organisations de proximité (avec des dirigeants de proximité élus par les adhérents de proximité), promouvoir l’engagement militant, redonner le pouvoir politique et financier aux adhérents (distribution des cartes, paiement des cotisations, décisions politiques, élection des dirigeants…). L’expression transversale permettant de connecter les communistes sur des thèmes particuliers de réflexion ou de lutte ne doit pas mettre en cause le lieu de décision démocratique des organisations de proximité.

  privilégier une implantation de classe : cette organisation communiste doit se donner comme objectif de s’enraciner en priorité dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail afin de développer l’initiative populaire et les luttes. Ce sont majoritairement les ouvriers, les employés, les chômeurs de ces quartiers qui ont porté en 2005 le magnifique "Non" de classe du peuple français. La société compte aujourd’hui plus de 80 % de salariés et nous devons rassembler toutes les couches de la société qui souffrent de la dictature du Capital. Mais sans s’appuyer sur ceux qui ont le plus intérêt à la transformation socialiste de la société, le PCF ne peut redevenir l’expression de cette conscience collective que créent l’histoire et les antagonismes de classe.

  mettre en place une formation interne qui développe la conscience de classe : il est vital que les communistes reprennent pied dans la bataille idéologique. Ils doivent se donner les moyens internes de former des cadres capables de porter par les luttes, la conscience de classe, en prise avec les préoccupations populaires pour que la bataille idéologique soit au service de l’action et de la lutte des classes.

2 – un objectif, le socialisme

  retrouver une analyse communiste, une analyse de classe : il est nécessaire de réhabiliter l’analyse de classe de la société et donc le marxisme, et ainsi s’enrichir de la réflexion portée par les générations de communistes jusqu’à nos jours. La voie du réformisme qui porte l’illusion de marier le Capital et le social, a depuis longtemps montré son inutilité. La politique du PCF devra donc se réapproprier les acquis théoriques du mouvement communiste national et international. Il est aberrant que les textes des derniers congrès élaborés par la direction nationale ne proposent aucune analyse de la société capitaliste, ni de ses évolutions, analyse indispensable pour combattre efficacement la dictature du Capital. Si "les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer" (1818–1883 / Thèse sur Feuerbach) disait Marx.

  transformer la société, construire le socialisme : dépasser le capitalisme suppose un processus continu de lutte contre les intérêts de classe de la bourgeoisie capitaliste avec la participation active du peuple et des travailleurs, processus qui doit renforcer le camp révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas que le PCF pourrait participer comme force d’appoint à un gouvernement PS gérant loyalement le capitalisme. Au contraire, dans le cadre d’un rapport de forces favorable, ce processus devra se traduire dans une société de rupture avec la prise du pouvoir d’Etat : point de départ de la construction du socialisme, aiguisant la lutte des classes, ressourçant une nouvelle démocratie française de la commune à l’état et passant par l’entreprise, accélérant le processus de dépassement du capitalisme et ouvrant la longue aventure vers le communisme. Pour cela, il faut être clair sur les moyens de la transformation de la
société, réaffirmer l’exigence de l’appropriation et donc de la nationalisation des secteurs clés de l’économie au-delà de celles réalisées par le CNR, tout comme l’exigence de la transformation des institutions, prendre à bras le corps la question de la production industrielle, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Sans tous ces moyens, il n’y aura aucune solution crédible aux problèmes fondamentaux de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’environnement.

  pour un développement humain durable donc socialiste : Marx dénonçant les gâchis de la bourgeoisie, disait déjà que le seul état économe ne pouvait être que socialiste. Il n’y aura pas de développement humain durable tenant compte des défis environnementaux sans transformer profondément les modes de production, sans les libérer du Capital. Il est illusoire de ne miser que sur des formes de production locales, anciennes, artisanales, en limitant le contenu scientifique du développement, en craignant la socialisation élargie des forces productives qu’exigent de vastes services publics modernes et efficaces. Il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle révolution scientifique et industrielle, faisant de l’environnement, du cadre de vie, de la santé humaine, les nouveaux défis industriels. Cela nécessite un développement mondial des forces productives dans lequel la science joue un rôle essentiel pour une libération massive de
la créativité humaine, individuelle et collective.

3 – sortir de l’union européenne, affirmer la souveraineté populaire, développer la coopération et la paix

L’Union Européenne a été créée pour permettre au Capital de s’accumuler plus librement, pour redonner de l’air à ses taux de profits et aviver l’exploitation de l’homme par l’homme, en cassant le cadre national, berceau des acquis sociaux et en s’asseyant sur la souveraineté populaire. La "concurrence non faussée" était déjà un article fondateur du Traité de Rome ! Le refus de consulter les peuples ou le rejet autoritaire de leur décision (référendums français et hollandais) est un véritable déni de démocratie et montre le vrai visage de la dictature du capitalisme. La question de la participation de la France à l’UE doit désormais être posée. Le vote Irlandais vient confirmer que les peuples exigent de retrouver leur souveraineté pour faire d’autres choix, mettre en œuvre d’autres relations internationales, notamment de coopération et de paix, en Europe et dans le Monde. Nous devons soutenir avec force cet
objectif en présentant une liste aux élections européennes portant l’exigence de sortir de l’UE. Cela nécessite de prendre des distances avec le PGE qui représente l’acceptation de l’UE, qui enferme les NON populaires dans l’illusion de la renégociation d’un traité, qui pousse le PCF à se désolidariser de certains partis communistes au profit de partis réformistes.

4 – avoir une solidarité internationale active

La rupture avec l’UE rouvre la possibilité de l’internationalisme. Et en effet, la question du socialisme fait de nouveau surface au niveau mondial, des pays bougent, de nouveaux rapports sud-sud se construisent, en Amérique Latine des processus révolutionnaires voient le jour et Cuba fêtera l’an prochain ses cinquante ans de socialisme. Et surtout, les rapports internationaux s’aggravent face à l’impérialisme qui provoque les émeutes de la faim, l’appauvrissement généralisé de nombreux pays et la guerre. Le PCF doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité. Mais, désormais il doit avoir le respect, la connaissance des expériences. Il doit sortir du suivisme médiatique, comme dans le cas du Tibet où l’attitude de la direction nationale paraphrasant les faux amis des droits de l’homme a été
catastrophique, ou dans le cas de notre participation à un gouvernement envoyant des troupes en Afghanistan. Au plan international, le PCF doit avoir l’exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d’un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le respect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu’elles soient militaires ou dites “humanitaires”. Dans ce contexte, il aura aussi pour tâche de renouer avec les partis communistes : les progrès de l’influence de certains partis (Chypre, Grèce, Népal, Amérique Latine...) doivent nous interroger et nourrir notre analyse. Et même s’il existe certaines structures de rencontres internationales, comme le Forum Social Mondial, rien ne remplace une solidarité communiste internationale.

Pour conclure :

Pour le PCF, il est temps de changer de politique et donc de direction politique. Comment ceux qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui a conduit à l’échec, pourraient aller vers ce changement politique indispensable ? La tâche essentielle de la nouvelle direction sera de renforcer et réorganiser le PCF, d’être en capacité de rassembler et donc d’affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Contre l’immobilisme et la momification du PCF tels que voulus par la direction actuelle, il s’agira au contraire de faire du PCF l’instrument de tous ceux qui veulent changer de société, qui veulent le socialisme. Plus que jamais, nous sommes fiers d’être communistes et souhaiterions aussi être fier du parti communiste français.

texte cosigné par des militant(e)s du Rhône

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:52

« FREE GAZA » ET « LIBERTY » PRÊTS À APPAREILLER POUR GAZA



À Chypre, l’heure du départ approche



SILVIA CATTORI


dimanche 27 juillet 2008,
par Sylvia


www.oulala.net

 


Le « Free Gaza Movement » vient d’annoncer (*) le très prochain départ de ses bateaux, de Chypre vers Gaza. Ce sont, en effet, non pas un, mais deux bateaux qui vont tenter de gagner les plages de Gaza : le « FREE GAZA », et le « LIBERTY » baptisé ainsi en mémoire des 34 marins du « US LIBERTY » tués par un bombardement de l’aviation israélienne lors de la guerre des six jours, en 1967.


Ce sont donc 60 personnes -Palestiniens et 14 autres nationalités- qui vont appareiller pour Gaza, le 5 août 2008.


Parmi eux il y aura Naim Franjieh, un survivant palestinien de la Nakba (catastrophe) : « Mes parents ont fui la Palestine en 1948, alors que j’avais trois ans -a-t-il dit- je veux être là, sur ce bateau, pour dire aux gens de Gaza que ceux d’entre nous qui sont partis ne les ont pas oubliés ».


Il y aura également Hedy Epstein, une survivante de l’Holocauste âgée de 84 ans [
1], d’origine allemande, vivant aux Etats-Unis, qui a suivi ces derniers mois des cours de natation à cet effet. « Par cette action -a-t-elle expliqué- nous avons l’intention d’ouvrir le port, d’aller pêcher avec les pêcheurs, d’apporter notre aide aux cliniques, et de travailler dans les écoles. Mais nous nous proposons aussi de rappeler au monde que nous ne voulons pas rester spectateurs. 1.5 million de gens sont menacés de mort par le manque de nourriture et la maladie ».


En tentant d’entrer à Gaza, malgré le blocus de la marine israélienne, ces courageux navigateurs entendent rappeler au monde que ce n’est pas à l’occupant israélien, mais aux Palestiniens de décider qui peut entrer et sortir de Gaza ; et que le siège de Gaza n’aura pris fin que lorsque les Palestiniens se seront vus reconnaître les mêmes droits et libertés que les autres peuples du monde.


Jusqu’ici, l’Etat Major militaire israélien s’est refusé à dire ce que la marine comptait faire quand les bateaux -« Free Gaza » et « Liberty »- pénétreront dans les eaux, qu’elle contrôle illégalement, pour se rendre dans le port de Gaza.


A mesure que s’approche la date du départ, cet évènement suscite d’ores et déjà, dans la presse israélienne et sur les nouveaux
médias anglophones, de nombreux commentaires qui sont resté jusqu’ici largement ignorés du public francophone.


Dans un article du 20 juillet 2008 intitulé « Gaza au bord de la catastrophe humanitaire » [
2], M. Bill Dienst, le médecin qui prendra soin des navigateurs, écrit :


« Sous la forme d’une punition collective de toute la population civile de Gaza, Israël a bouclé le territoire en rationnant les importations de nourriture, d’essence et de médicaments. Ces restrictions ont provoqué une situation désespérée, dans laquelle les habitants de Gaza ne peuvent plus ni pomper de l’eau, ni faire fonctionner les équipements hospitaliers ni même le système d’évacuation des eaux usées, lesquelles se déversent maintenant dans la Méditerranée par millions de litres.


Dans mon travail, comme médecin, je me suis rendu de nombreuses fois à Gaza depuis 1985, pour collaborer avec des organisations de soins locales. Mes collègues de Gaza rapportent que les conditions actuelles sont extrêmement dangereuses pour la santé physique et mentale de la majorité de la population, en particulier des enfants. (...) La situation désespérée à Gaza n’est pas une catastrophe naturelle, comme un ouragan ou un tremblement de terre. C’est un désastre créé par l’homme, créé par le désir d’Israël de rendre les habitants de Gaza aussi misérables, et donc aussi soumis, que possible. (...) Dans notre première tentative d’accéder à Gaza par bateau, nous allons emporter avec nous des approvisionnements et fournitures qui font cruellement défaut. Si nous sommes autorisés à accoster, nous essaierons alors de retourner à Chypre, avec des habitants de Gaza qui ont besoin de soins médicaux urgents, ou qui ont besoin de sortir de Gaza pour d’autres raisons urgentes.
 »

 

 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:30
Le Mouvement des Pays non alignés exige la fin du blocus US contre Cuba et la dévolution de Guantanamo


La Havane, 31.07.08 (acn)


Les 118 Etats membres du Mouvement des Pays non alignés (NOAL) représentés à Téhéran dans le cadre de la Conférence des ministres des Affaires étrangères du Mouvement ont exigé du gouvernement des États-Unis la levée du blocus économique, commercial et financier contre Cuba et la dévolution de la base navale de Guantanamo, située en territoire cubain illégalement occupé par les États-Unis.


 La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL se prononce en effet pour la levée du blocus US contre Cuba en soulignant qu'il s'agit d'une mesure unilatérale qui viole la Charte de l'ONU.


Les ministres des Affaires étrangères des 118 pays présents à Téhéran expriment aussi dans ce texte leur « profonde préoccupation pour le caractère extraterritorial croissant » du blocus US dont Cuba fait l'objet depuis bientôt 50 ans.


Ils se prononcent aussi contre les mesures adoptées par Washington pour renforcer le blocus ainsi que contre toutes les mesures appliquées récemment par les États-Unis à l'encontre du peuple de Cuba.


La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL souligne que le blocus que les États-Unis appliquent contre Cuba « va à l'encontre du principe de bon voisinage qui doit régir les relations entre les Etats et cause de grandes pertes matérielles et de graves dommages économiques au peuple de Cuba ».


Le texte exhorte le gouvernement des États-Unis à respecter les 16 résolutions que l'Assemblée générale de l'ONU a adoptées de manière consécutive – de 1992 à 2007 – qui exigent également la fin du blocus US contre Cuba.


Dans leur Déclaration finale, les ministres des Affaires étrangères des 118 Etats membres des NOAL appellent aussi les États-Unis à rendre à Cuba le territoire cubain sur lequel se trouve actuellement la base navale US de Guantanamo, où les forces armées des États-Unis ont établi un camp de détention à la suite des événements du 11 septembre 2001.


La Conférence des ministres des Affaires étrangères des NOAL réclame également la fin des émissions de radio et de télévision financées par les États-Unis contre Cuba en réaffirmant qu'elles violent la souveraineté cubaine et les droits de l'homme des Cubains.

Samedi 02 Août 2008


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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:21

Nouveaux incidents dans un centre de rétention administratif au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne)


 

PARIS  (AP)

 


 
Après l'incendie du centre de rétention administrative de Vincennes en juin, de nouveaux incidents ont éclaté ce week-end dans un autre CRA de région parisienne, celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) près de l'aéroport de Roissy, déclenchant une nouvelle passe d'armes entre PS et UMP.

 

Selon la préfecture de Seine-et-Marne, des "retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie" de deux chambres différentes samedi après-midi. On ne déplore pas de victimes et "à la suite de l'intervention rapide des gendarmes et des pompiers, les dégâts se limitent à trois matelas brûlés", ajoute la préfecture.


La préfecture a mis en cause un "mouvement incité de l'extérieur par une vingtaine de militants" de l'association "SOS soutien aux sans papiers".


"Tentatives de suicide et automutilations sont monnaie courante" dans le CRA depuis plusieurs mois et "c'est pour dénoncer cette situation que l'association SOS soutien aux sans papiers a organisé un rassemblement" devant le centre, a répondu l'association dans un communiqué.


Le 22 juin dernier, un incendie avait ravagé le CRA de Vincennes, le plus important de France, au lendemain du décès d'un retenu tunisien de 41 ans. Comme en juin, les incidents du Mesnil-Amelot ont suscité la polémique sur la rétention des immigrés en instance d'expulsion.


"La politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables, qui provoquent la révolte légitime des étrangers et de ceux qui défendent leurs droits", a déclaré le Parti socialiste dans un communiqué.


Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a de son côté pointé dimanche "l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche", estimant que le Parti socialiste a fait preuve d'un "attitude totalement irresponsable en soutenant la violence et le non-respect de la loi". AP

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:27

Anthrax: le Dr Ivins emporte son secret dans la tombe

 

WASHINGTON (AP)

 

 Le Dr Bruce Ivins échappe définitivement au FBI. Sept ans après les lettres piégées à l'"anthrax" qui avaient semé la panique aux Etats-Unis dans le sillage des attentats du 11 Septembre 2001, l'affaire a rebondi avec le suicide du principal suspect, un brillant biologiste de l'armée américaine dont l'avocat clame l'innocence.

 

Cinq personnes étaient mortes et des dizaines d'autres avaient été hospitalisées aux Etats-Unis après avoir reçu des lettres contenant des spores du bacille de la maladie du charbon. La fameuse poudre blanche envoyée notamment au Congrès et à la presse avait déclenché des alertes dans le monde entier. Le Capitole à Washington fut décontaminé, on administra des traitements préventifs à tour de bras, d'importants bureaux de postes furent fermés pendant des années.


L'enquête semblait piétiner. Le mois dernier, la justice versait 5,8 millions de dollars (3,7 millions d'euros) à Steven Hatfill, un collègue du Dr Ivins au laboratoire militaire de Fort Detrick dans le Maryland (est), pour avoir ruiné sa carrière en le mettant injustement en cause. Mais selon plusieurs responsables américains ayant requis l'anonymat, les soupçons se portaient depuis un certain temps sur le Dr Ivins, que les procureurs allaient inculper en réclamant la peine de mort. Le laboratoire de Fort Detrick en tout cas se trouvait au coeur de l'enquête fédérale depuis des années.


Le scientifique, qui trouvait trop limités les essais de traitement du charbon sur les animaux, aurait selon les autorités disséminé le bacille pour réaliser des tests sur des humains. Mais l'avocat du Dr Ivins clame l'innocence de son client, qui aurait coopéré pendant plus d'un an avec les enquêteurs.


Le biologiste de 62 ans s'est suicidé et est mort mardi au Memorial Hospital de Frederick, d'après son entourage. Il n'a pas supporté "la pression constante des accusations et des insinuations" du gouvernement, a déclaré Me Paul Kemp.


L'ancien président démocrate du Sénat Tom Daschle, dont le bureau avait reçu une lettre empoisonnée en 2001, a souligné que "beaucoup de questions restent sans réponse". "Je pense que le peuple américain a le droit d'en savoir plus". "Nous devons savoir exactement quelle a été l'implication de M. Ivins, s'il était impliqué, et l'on devrait nous dire le lien avec l'affaire ainsi que nous fournir des informations qui ont jusqu'ici été cachées au public américain. Et rapidement", a lancé l'élu.


Le ministère américain de la Justice expliquait vendredi, après l'annonce de la mort du chercheur, que "l'enquête avait progressé de façon substantielle" mais qu'il était trop tôt pour en dire plus. Le ministère devrait décider dans les prochains jours s'il referme le dossier "Amerithrax".


La mort du Dr Ivins laisse bien des questions en suspens et ne convainc pas un ami de l'une des victimes mortes du charbon, Robert Stevens, journaliste en Floride. "Je ne pense pas que ce type soit impliqué. Quel est le lien? Qu'a-t-il fait, ou pas fait?", s'interroge Bennet Bolton.


Pendant 35 ans, Bruce Ivins a été l'un des principaux chercheurs chargés par le gouvernement américain de trouver des vaccins et traitements contre le charbon. Il travaillait depuis plus de dix ans à la mise au point d'un vaccin efficace même contre les souches mélangées, selon des documents fédéraux auxquels l'AP a eu accès. En 2003, il avait été décoré avec des collègues pour Service civil exceptionnel, la plus haute distinction civile du ministère de la Défense.


Le Dr Ivins avait mené des études sur l'anthrax, se plaignant dans l'une d'elles du nombre limité de singes disponibles pour les essais et des différences de réaction entre ces primates et l'homme. Des amis et collègues du biologiste, qui était notamment volontaire à la Croix-Rouge locale, le décrivent dans des documents judiciaires comme un scientifique épanoui mais émotionnellement instable.


"Le patient a depuis ses études un passé de menaces de mort, de plans et actions visant des thérapeutes", écrit une assistante sociale, Jean Duley, dans des documents judiciaires datant de la semaine dernière. Elle ajoute que le psychiatre du scientifique le considère comme un sociopathe à tendances meurtrières. Il était également accusé d'avoir harcelé une femme et menacé de la tuer.


Les enquêteurs avaient quant à eux remarqué le comportement étrange du Dr Ivins à Fort Detrick dans les six mois suivant les envois de lettres empoisonnées. Il avait réalisé des tests non autorisés sur des spores du charbon hors des zones ad hoc, selon un rapport interne, mais à l'époque le Dr Hatfill était le principal suspect.


Plus récemment, les autorités s'étaient intéressées à Bruce Ivins. Des voisins affirment que sa maison était surveillée par des agents du FBI dans des voitures aux vitres teintées. Un collègue du scientifique, Henry Heine, déclare avoir témoigné avec d'autres membres de l'équipe devant un grand jury fédéral à Washington dans le cadre de l'enquête sur les courriers à l'anthrax.


Et le frère de Bruce Ivins, Tom, dit avoir été interrogé à son sujet par des agents fédéraux il y a environ un an et demi. S'il assure ne pas avoir revu son frère depuis 1985, il ne se montre pas surpris des accusations. "Il se considérait comme un dieu", dit-il. AP

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:18

Etats-Unis

Esclavage : un premier mea culpa fédéral

par Olivier Lambert

Article publié le 30/07/2008 Dernière mise à jour le 30/07/2008 à 17:16 TU

Cent-quarante ans après l'abolition de l'esclavage, la Chambre des représentants a demandé pardon, hier mardi, aux Noirs américains pour les violences et la ségrégation raciales. C’est une grande première dans l'histoire des Etats-Unis.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/103/article_69178.asp

« Au nom des citoyens des Etats-Unis, la Chambre des représentants présente ses excuses aux Africains-Américains pour les erreurs commises contre eux et à leurs ancêtres qui ont souffert de l’esclavage et des lois Jim Crow, invitant à la ségrégation raciale. » En lançant ce message, du haut de la tribune de la Chambre des représentants, l’une des deux entités du Congrès américain avec le Sénat, le démocrate Steve Cohen marque une nouvelle étape dans l’histoire des Etats-Unis d’Amérique.

Jamais jusqu’à présent, le corps fédéral américain n’avait présenté d’excuses pour les 250 années de discriminations et de violences contre les Noirs américains, jugées par la Chambre comme « fondamentalement injustes, cruelles, brutales et inhumaines ». Toujours, une telle demande avait été repoussée, les instances américaines craignant de devoir réparer les crimes, en sus de s’en excuser.

Seuls quelques Etats avaient indépendamment pris la décision de s’excuser. La Virginie avait ouvert le bal en 2007, rapidement suivie par plusieurs Etats du Sud, tels que le Maryland, la Caroline du Nord ou l’Alabama. Steve Cohen a reconnu que ces états avaient une « plus grande autorité morale que le Congrès lui-même ».

Steve Cohen, élu de Memphis, dans le Tennessee, est l’un des seuls législateurs blancs de la Chambre à parler au nom d’une  zone majoritairement noire. En février 2007, il dépose sa résolution.

Rapidement, il trouve un large soutien notamment auprès des membres du Groupe des congressistes noirs, le Black Caucus.

Mardi, le texte a été adopté par un vote aux deux tiers, deux représentants républicains ont d’ailleurs apporté leur voix. Cette demande de pardon suit la décision du Sénat, qui en février 2008, s’était excusé auprès des indiens d’Amérique, pour les violences commises contre eux à l’arrivée des premiers colons.

Première étape

Si le texte n'offre aucune réparation, cette résolution est un premier pas à l'échelon fédéral, une première étape qui affirme la volonté des Etats-Unis de faire table rase d'au moins 250 années de discriminations raciales, qualifiées de « tâches dans l'histoire de ce qui est la plus grande Nation sur la Terre », en référence notamment aux lois Jim Crow, qui au XIXe siècle interdisaient dans plusieurs Etats du Sud l'accès des Noirs aux écoles ou aux équipements publics.

Les Africains-Américains ne pouvaient ainsi pas prendre le bus avec les Blancs, ni par exemple fréquenter les restaurants ou les cinémas. A l'époque, de nombreux groupuscules, dans la mouvance du Ku Klux Klan, commettaient des violences contre les populations noires, sans risquer de peines de justice.

Les lois Jim Crow ont été abolies en deux temps. D'abord en 1954 pour la ségrégation scolaire, déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des Etats-Unis, puis en 1964, le Civil Rights Act enterre les autres textes. Néanmoins, comme l'a rappelé Steve Cohen, les Africains-Américains souffrent encore aujourd'hui de ce passé.

En 2005, des entreprises américaines, dont les banques JP Morgan et Wachovia ont reconnu avoir eu recours autrefois à un esclavage massif dans certaines de leurs activités.

Cette résolution n'est donc qu'une première étape. Le sénateur démocrate de l'Iowa Tom Harkin a d'ores et déjà mentionné son intention de déposer un projet du même ordre au Sénat.

Bien accueillies dans l'ensemble, ces excuses ont néanmoins été critiquées par quelques représentants de la Chambre et notamment le républicain du Colorado, Tom Tancredo, qui enjoint aux démocrates « de commencer à se préoccuper des problèmes du XXe siècle, comme le prix du baril de brut, plutôt que de se concentrer sur un problème du XIXe siècle, déjà résolu par Abraham Lincoln ».

Si ces excuses doivent beaucoup à l'action de Steve Cohen, elles ne lui garantissent par pour autant d'être réélu à la Chambre. En effet, le représentant du district de Memphis doit affronter Nikki Tinker, avocat noir, aux prochaines primaires démocrates du Tennessee le 7 août prochain.


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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:10


Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf : Messmer a voulu acheter Um Nyobe

http://www.quotidienmutations.info/mutations/juillet08/1217491112.php

Les réalisateurs du documentaire "Cameroun, Autopsie d'une indépendance" se sont confiés à icicemac.com Entrevue réalisée par Stella Dang et Steve Abouem Source : www.icicemac.com 

Qu'est-ce qui vous a motivé à faire ce documentaire? Pourquoi le Cameroun en particulier plutôt qu'un des nombreux autres cas en Afrique?

J'ai vécu au Cameroun adolescente dans les années 80. On sentait tous qu'il s'était passé quelque chose de terrible dont personne ne voulait parler. Etudiante en histoire et en géopolitique à la Sorbonne au début des années 90, après avoir obtenu mon bac à Dakar, j'ai découvert les premiers détails de cette histoire tue grâce aux ouvrages de Mongo Beti et François Xavier Verschave. En 2005, quand l'assemblée française a voté une loi sur les aspects positifs de la colonisation, il m'a semblé que face à une histoire officielle imposée, il était temps d'exhumer cette page d'histoire entre la France et le Cameroun. D'autant plus que certains témoins ou acteurs devenaient très âgés.

Quand avez-vous commencé votre enquête, sur le terrain? Et comment avez-vous procédé pour mener l'enquête en général, en particulier au niveau des témoins que l'on peut entendre au cours du documentaire?

Les terrains d'enquête sont variés : des archives de l'armée française, aux témoignages oraux de camerounais et de français en France, des récits écrits, des entretiens avec Achille Mbembé, puis au Cameroun (2 mois de tournage en juin-juillet 2007), au téléphone également… c'est 2 ans et demi de travail, de recherches. Et avant cela, pendant des années, je conservais précieusement toute bribes de récit ou contacts dans un coin de mon ordinateur, pour le jour où… Ce travail de recherches indispensable, était enfin la meilleure façon de gagner la confiance de nos interlocuteurs.

Pouvez-vous nous dire quelles sont les sources de vos images et autre contenu d'archive?

Il n'y a pas ou peu d'images concernant ce conflit. Celles que j'ai montées dans ce documentaire sont tout ce que nous avons trouvé en 2 ans d'enquête, en cherchant sur plusieurs continents (de l'ancien bloc de l'est, aux Nations Unies, en passant par Conakry, Dakar, Le Caire…). Quelques rares images sont issues de fonds d'archives privées. Les autres proviennent de fonds classiques Pathé Gaumont, Reuters…

Avez-vous rencontré des difficultés, tant aux niveaux administratif que logistique durant la poursuite de votre enquête?

Cette pénurie d'images fut une des difficultés majeures. La deuxième étant le tabou qui subsiste autour de ce conflit. Beaucoup, beaucoup de témoins ou acteurs sur le terrain, des deux côtés, français et camerounais, ont refusé de parler devant une caméra. Voire de parler en off. Ce film aurait pu s'appeler " Il ne s'est rien passé au Cameroun " comme nous l'avons entendu à maintes reprises durant l'enquête… Le contenu est assez dur pour les yeux et les oreilles car il décrit une réalité autant triste que révoltante.

A quel moment avez-vous été le plus choquées lors du montage de votre dossier?

On est choqué sur toute la période de ce dossier, par la violence démesurée, le décalage du rapport de force, la volonté perpétuelle d'éradication absolue, et le silence qui l'entoure.

De toutes les entrevues passées au cours du documentaire, laquelle vous a le plus marqué? Pourquoi?

La femme et le fils d'Um Nyobé, Tella Oumar, Bernard Kamto, Mathieu Njassep…, tous anciens militants ou combattants de l'UPC sont des rencontres très fortes. Moukoko Priso ou Abel Eyinga également. Pierre Messmer et le général Semengue aussi, pour d'autres raisonsévidentes.

Avez-vous conscience que l'information que vous rapportez dans ce documentaire n'est pas connue de la majorité des jeunes camerounais, pour la simple raison qu'elle n'est pas enseignée en détail à l'école camerounaise, sachant que plus de 56% de la population a moins de 20 ans?

C'est une histoire taboue et méconnue des deux côtés encore une fois, en France comme au Cameroun. Les jeunes collégiens et lycéens français apprennent eux aussi toujours qu'à l'exception de l'Indochine et de l'Algérie, la France, dans sa grandeur, a décolonisé pacifiquement en Afrique subsaharienne. Or le seul cas du Cameroun infirme cette thèse. Seules les révoltes de Madagascar à la fin des années 40 sont présentes dans certains manuels scolaires. Comme les guerres des ex colonies… mais portugaises ou belges…

Concernant le gouvernement français, avez-vous rencontré des difficultés particulières dans la recherche et l'obtention d'informations? Pour quel élément en particulier?

Beaucoup d'éléments restent classés secret, voire très secret. Les archives n'ont pas encore livrés toutes les informations. Des demandes de dérogation qui prennent plusieurs mois, aboutissent à une ouverture partielle des archives, aussi bien à l'armée, qu'aux renseignements généraux, qu'aux archives nationales concernant les fonds Foccart. Quant aux archives iconographiques, la récolte reste donc très très mince. Alors même que sur certains documents, il est signifié que des photos ou des films sont faits. Mais personne ne sait où les trouver… Les dossiers de la gendarmerie sont peut être les moins accessibles.

À votre avis, l'opinion publique Française sera-t-elle émue, scandalisée ou indifférente à votre œuvre?

Les trois, selon l'orientation des uns ou des autres depuis la diffusion.

Le Cameroun est communément reconnu, tant sur place que partout ailleurs comme ayant été une "Colonie Française". Pourtant, comme on le voit clairement dans votre documentaire, les textes stipulent que le Cameroun est plutôt sous tutelle Française, sur mandat de la SDN à l'époque. Que pensez-vous de cette manipulation de langage? Qui selon vous en est responsable?

Le mandat de la France au Cameroun, comme au Togo d'ailleurs, est justement spécifique. C'est même le fondement du combat d'Um Nyobé, qui s'appuie sur des arguments juridiques pour contester l'administration française telle qu'elle s'applique sur son territoire. La France n'a légalement pas le droit d'administrer le Cameroun comme une colonie, puisqu'elle n'en est pas une. Sa confiance en la communauté internationale est telle qu'il est convaincu qu'il finira par avoir gain de cause en s'appuyant sur le droit. Mais en pleine guerre froide, la France instrumentalise le risque de basculement dans le camp communiste de ses ex-colonies et obtient ainsi un blanc-seing de cette communauté internationale pour intervenir comme elle le souhaite. Quant à l'époque coloniale, le documentaire l'évoque en parlant des réalités subies par les populations à travers les travaux forcés, les déplacements de main d'œuvre, le code de l'indigénat et non pas,
à travers les grands travaux de routes, ponts et ports ou autres campagnes de vaccination…

Selon un article paru dans Le Monde, en ligne, le 26 juin dernier, il y a un ras-le-bol de la France très palpable en Afrique, et ce même au niveau des nouvelles générations. Que pensez-vous de ce constat?

Je n'ai pas lu cet article mais oui, un ras-le-bol certain d'une domination économique, à travers certains monopoles qui perdurent. Une indifférence aussi d'une jeunesse qui n'est plus fascinée par l'ancienne puissance tutélaire, où il est devenu impossible ou presque d'aller étudier par exemple et qui se tourne ainsi vers les USA, leCanada etc. Un titre de Tiken Jah Fakoly, " Y en a marre " sur son album Françafrique, avait connu un grand succès il y a quelques années déjà.

Concernant les leaders de l'UPC, en particulier Um Nyobe, parleriez vous d'héroïsme ou de manque de réalisme, autrement dit, pensez vous que donner sa vie pour la liberté soit utile en fin de compte?

Le combat politique, légaliste, nationaliste (unioniste même) et pédagogique d'Um Nyobé est héroïque. L'administration française a tout tenté pour le dévoyer sans y parvenir. Messmer lui-même en parlait avec un certain respect une fois la caméra coupée. Il lui a envoyé des émissaires, avec beaucoup d'argent à la clé, sans résultats. L'histoire retient que sa foi en la communauté internationale était un peu naïve. Pour certaines élites camerounaises, qui admettent toutes avoir été upéciste même 5 minutes, quand elles ont entendu cette revendication d'indépendance pour la première fois, il était irréaliste de s'opposer à la France. Um Nyobé a choisi de donner sa vie à son combat. Si la jeunesse le redécouvre, le relit et réapprend son histoire, alors son combat n'aura pas été totalement vain. Sur les risques liés à toute forme de " tribalisme " puisque c'est la terminologie de l'époque qu'il utilise, ses écrits
restent très contemporains.

Que pensez vous du silence général sur le génocide Bamiléké avec usage d'armes de destructions massives, dont du napalm, l'empoisonnement de Felix Moumié, la profanation de sa tombe 20 ans plus tard, l'acquittement de l'agent William Bechtel qui a revendiqué ce meurtre, la mort de plus de 300 000 personnes après la dite indépendance, la conspiration en toute impunité pour l'assassinat de Um Nyobé, Ernest Ouandié, et bien d'autres, que ce soit au niveau des autorités Françaises, Camerounaises, ou internationales (Union Africaine, ONU, etc.)?

L'état actuel de la recherche historique ne permet pas pour le moment de parler de " génocide " bamiléké. L'Upc était constituée de militants et sympathisants de toutes les régions du Cameroun, d'abord pourchassés en tant que tels, quels que soient les origines. La population bamiléké est en effet stigmatisée, dans les archives de l'armée, le fameux " caillou dans la chaussure de la France " comme l'écrit un officier, Lamberton. Le bilan des victimes reste aujourd'hui impossible. Beaucoup de travail, de recherches restent à faire. Il n'en demeure pas moins que cette région ait été, dans le deuxième temps du conflit, la plus durement et la plus violemment décimée par les armées françaises, puis camerounaises. Dans cette région de l'Ouest, la lutte de l'UPC elle-même a été débordée par des règlements de compte et des violences inhérentes à tout conflit de ce type.

Comme le dit l'adage, "rendez à César ce qui est à César". L'UPC, Union des populations du Cameroun, était un exemple d'unité nationale, car ses dirigeants étaient issu d'ethnies à travers le territoire (Bamoun, Bassa'a, Bamiléké, etc.). C'est une belle image dans le contexte actuel de guerres interethniques dans plusieurs régions d'Afrique.

Selon vous, leur œuvre a-t-elle été suffisamment reconnue, et honorée tant au plan national qu'international?

Il faut vraiment lire et relire les écrits d'Um Nyobé, à la disposition de tous, grâce au formidable travail d'Achille Mbembé. La France puissance coloniale a toujours joué du " diviser pour mieux régner " tel que le Maréchal Lyautey l'avait théorisé : " S'il y a des mœurs et des coutumes a respecter, il y a aussi des haines et des rivalités qu'il faut démêler et utiliser à notre profit, en opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres. " Dès qu'un conflit africain est évoqué, il est souvent réduit à une expression dite ethnique. Nous avons tous intérêt à nous plonger dans l'histoire passée et présente pour éviter ces simplifications.

C'est connu, réaliser un tel documentaire comporte assurément des risques épineux. Avez-vous eu des problèmes (intimidations, menaces, etc.) après la sortie de votre documentaire?

Non.

L'Assassinat de Félix Moumié, réalisé par Frank Garbely, est un documentaire qui relate les faits de cette conspiration. L'avez-vous regardé? Qu'en pensez-vous?

Toute tentative sérieuse pour lever une partie du voile qui concerne cette guerre est la bienvenue. C'est le cas du film de Garbely.

Au vu de la teneur du film, il apparaît que vous avez encore de nombreux faits à nous dévoiler, on peut donc pressentir une suite. Prévoyez-vous de nous en dire plus? Pourriez-vous nous donner le goût du contenu et des points principaux que vous couvrirez?

La suite de ce travail appartient à tous, étudiants, chercheurs, journalistes etc. J'ai rencontré de jeunes étudiants camerounais qui dés leur Deug en histoire, mettent leurs études à profit pour enquêter sur le terrain. Il faut recueillir les témoignages, villages par villages, hameaux, après hameaux, en s'appuyant sur les sciences historiques, dans le cadre du témoignage oral, continuer à explorer les archives, recouper les informations… En ce sens, ce documentaire, comme des recherches déjà menées (Achille Mbembé encore une fois, Richard Joseph, Noumbissie Tchouaké et beaucoup d'autres) est une introduction, de nombreuses questions subsistent de parts et d'autres. Des groupes de chercheurs essaient de se constituer entre la France et le Cameroun pour faire avancer l'étude de cette page d'histoire.

Jusqu'à quel point l'action de la France au Cameroun pousse-t-elle à effectivement s'interroger sur le sens de ces valeurs?

Je crois que la réponse est contenue dans la question suivante de Moukoko : "On ne peut pas en faire une tornade dans un verre d'eau, parce que quelques nègres ont été massacrés…C'est quand même quelque chose qui pousse à réfléchir sur le sens de ce qu'on appelle la mission civilisatrice, l'amour de la démocratie, la liberté, les droits de l'homme etc. C'est les droits de quels hommes en fait?" Elle en fait toute sa force. Tous les morts ne comptent pas pareil. Une des formes de racisme parmi les plus violentes… Depuis la première mouture du montage, je l'ai toujours placée comme mot de la fin. Au-delà de l'exploration des faits, c'est la question fondamentale qui sous-tend ce travail et la volonté d'exhumer cette tragédie, comme avant elle, la domination et l'occupation coloniales.


 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:03

http://www.bakchich.info/article4581.html

Philippe Val, à son propre jeu…

Bonneteau | mardi, 29 juillet 2008 | par Sébastien Fontenelle

Laurent Joffrin, directeur de Libération, revient sur l’affaire Siné, pour la deuxième fois en quatre jours - et après avoir tranquillement considéré, vendredi, qu’« on peut choisir sa religion mais pas sa race ». (Avant de concéder que « l’apparition du mot "race" dans un article antiraciste » n’était « pas heureuse » : on ne le lui fait pas dire).

Laurent Joffrin déplore cette fois-ci que son teupo Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, qui a viré Siné, soit, depuis : « Attaqué avec une violence haineuse qui en dit long sur la mentalité de ses adversaires ». Laurent Joffrin, scandalisé, observe ainsi que Philippe Val « a même été caricaturé en nazi dans L’Express ! » (Point d’exclamation !)

Et en effet : ce n’est pas spécialement délicat, mais il est vrai aussi que le propre de la caricature est de forcer le trait, au risque de blesser - comme le sait fort bien Philippe Val. Surtout : le boss de Libé ne peut évidemment pas ignorer que pour ce qui serait de caricaturer autrui en nazi, le boss de Charlie est un champion qui régulièrement bat de nouveaux records.

Pour Philippe Val, en effet, nombre de ceux qui ne sont pas de l’avis de Philippe Val (et ça finit quand même par faire pas mal de monde) sont des antisémites, éventuellement nostalgiques de l’hitlérisme.

Par exemple, si des salauds ont le front, en 1999, de ne pas se pâmer au bruit des bombardements OTANiques dans la nuit yougoslave ? Philippe Val, très posément, énonce qu’« au sinistre "plutôt Hitler que Blum" répond, toutes proportions gardées, le non moins sinistre "plutôt Milosevic que Clinton" », et que ces mauvais crevards sont mus par « la haine de la démocratie et l’antisémitisme ». [1]

Si Daniel Mermet ose, à la même époque, de tendre son micro à une journaliste serbe ? Charlie Hebdo publie, très posément, un courrier le comparant aux speakers des années 30 qui ménageaient « trois minutes pour Hitler, trois minutes pour les Juifs ». [2]

Si des sagouins ont l’audace de fonder un Observatoire des médias français ? Philippe Val, très posément, énonce que ces gens-là sont des « admirateurs » de « Staline, Hitler, Pol Pot (…) »… [3]

Si un éditeur, le camarade Guy Birenbaum, a le toupet, sur son blog, de relever qu’Alain Duhamel vote pour François Bayrou ? Philippe Val, très posément, énonce que : « Guy Birenbaum a fait jouer à l’Internet un de ses rôles favoris : la Kommandantur pour tous ». [4] (Et qu’importe, si le père de Guy Birenbaum a combattu les nazis au sein la MOI, et si le boss de Charlie Hebdo joue ici, toute vergogne bue, avec une réalité qui le dépasse de très (très, très) loin…)

Si un (authentique) intellectuel étatsunien, du nom de Chomsky, prétend suggérer par ses travaux, (très) solidement documentés, que le gouvernement de son pays peut se montrer parfois rugueux, dans sa gestion militaire des affaires du monde ? Philippe Val, très posément, développe quant à lui, et au prix d’une minuscule torsion de la vérité (qui n’offusquera que ceux qui ont vraiment lu Chomsky), ce raisonnement dont la rigueur époustoufle : « Hitler par deux fois fait allusion au génocide arménien, afin d’y adosser son action. Noam Chomsky, qui a préfacé (un) ouvrage de Faurisson, est également un négateur du génocide cambodgien. Les génocides sont liés entre eux par leurs négateurs »… [5]

Si des militants de « France Palestine » témoignent lâchement de la sensibilité au sort des Palestiniens ? Philippe Val, très posément, les montre comme des « gros connards qui, en réalité, dépensent toute leur énergie (…) en haine des Juifs (…) et de la démocratie en général » [6] - et pourquoi se gênerait-il, puisque Laurent Joffrin se tait ?

Si, pour finir, une journaliste de Télérama, Weronika Zarachowicz, a l’outrecuidance de rappeler dans un article de soutien à Denis Robert que l’avocat de Charlie Hebdo est aussi l’avocat d’une société financière luxembourgeoise - et d’oublier de mentionner qu’elle a cosigné un livre d’entretiens avec Denis Robert et (justement) Noam Chomsky ? Philippe Val, très posément, énonce que « c’est comme "Les Protocoles des Sages de Sion" », immonde libelle antisémite.

Et caetera : l’insinuation, odieuse, que ceux qui ne pensent pas comme lui sont des antisémites et/ou des admirateurs d’Hitler est devenue, au fil des années, l’un des socles où se construit la philosophie de Philippe Val (sans que jamais Laurent Joffrin ne s’émeuve, par exemple).

Le directeur de la publication et de la rédaction est, en cela, bien de son temps - bien d’une époque où, comme l’a récemment souligné Alain Badiou, les gardiens vigilants de la pensée dominante « ont inventé depuis quelques années un truc contre quiconque leur déplaît : insinuer qu’il est antisémite ». Un peu comme si, à bout d’arguments rationnels pour défendre leur passion libérale, ces nouveaux « sycophantes » n’avaient plus guère le choix que de se réfugier, comme naguère les staliniens, dans une insupportable caricature de leurs contradicteurs (« qui en dit long sur (leur) mentalité »).

Fort bien, mais qu’ils ne s’étonnent pas, quand un dessinateur de presse leur applique le procédé même dont ils n’ont que trop abusé : quand Philippe Val se retrouve caricaturé, il est pris à son propre jeu.

[1] Charlie Hebdo, 28 avril 1999.

[2] « Val-t-en guerre », par Pierre Rimbert, La Vache folle, juin 1999. Retenir que Philippe Val « dut publier un rectificatif ».

[3] France Inter, 26 janvier 2004.

[4] Charlie Hebdo, 21 février 2007.

[5] Charlie Hebdo, 21 mars 2007.

[6] Charlie Hebdo, 1er août 2007.

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 19:38

George Bush lance le plan de sauvetage de l'immobilier américain Etats-Unis

LE MONDE | 31.07.08 | 10h55  •  Mis à jour le 31.07.08 | 11h25

WASHINGTON CORRESPONDANTE


  Sans publicité, le président George Bush a signé, mercredi 30 juillet, le plan de sauvetage de l'immobilier le plus ambitieux jamais mis en place depuis plusieurs dizaines d'années aux Etats-Unis. La cérémonie a eu lieu à 7 heures du matin, en présence de quelques membres de l'administration seulement.


Le président n'avait pas caché qu'il n'approuvait pas les aides financières de 3,9 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) contenues dans le plan et visant à permettre aux collectivités locales d'acheter les propriétés saisies, pour éviter de laisser péricliter des quartiers entiers. Mais il avait décidé de ne pas mettre son veto, estimant qu'il faut d'urgence aider les familles endettées. Il ne voulait pas non plus, probablement, apparaître aux côtés des principaux artisans de la loi, deux sénateurs démocrates, alors qu'une majorité de républicains ont voté contre ce qu'ils estiment être un cadeau fait à des emprunteurs et à des organismes de prêts imprudents.

"FRANKENSTEIN FINANCIERS"

En discussion depuis des mois, la loi, qui relève le plafond des prêts immobiliers susceptibles d'obtenir une garantie publique, va permettre à 400 000 propriétaires, étranglés par le remboursement de leurs dettes, de refinancer leurs emprunts. Elle crée un fonds de l'administration fédérale du logement (Federal Housing Administration Fund), doté de 300 milliards, pour aider les particuliers. Ceux-ci pourront annuler leur emprunt et le remplacer par un prêt à taux fixe sur trente ans, pour 90% de la valeur de la maison. La décision d'accorder ces refinancements reviendra aux banques, qui devront faire quelques sacrifices.

Surtout, la loi vient au secours des organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac qui ont perdu 50% de leur valeur en l'espace d'une semaine au début du mois. Ces deux institutions sont placées sous l'autorité d'un nouvel organisme de contrôle, aux pouvoirs renforcés. La loi autorise le Trésor à acheter leurs actions ou à leur prêter de l'argent jusqu'à fin 2009.

Le sénateur démocrate du Connecticut, Christopher Dodd, l'un des principaux artisans de la loi, a indiqué qu'il s'agit surtout d'une mesure de sécurité, destinée à rassurer les créditeurs étrangers. "La garantie implicite n'était pas assez forte pour nombre de ces créditeurs. Une grande partie de cette dette est détenue par des pays dans l'ensemble du monde, et ils devenaient nerveux", a-t-il expliqué.

L'office budgétaire du Congrès a estimé que le plan pourrait coûter jusqu'à 25 milliards de dollars aux contribuables. Trois quarts des républicains, à la Chambre, ont voté contre le projet, dénonçant pareille intervention fédérale pour sauver des entités du secteur privé. L'un d'eux a qualifié Fannie Mae et Freddie Mac de "Frankenstein financiers", menaçant d'engloutir leurs créateurs. Après la signature de la loi, les actions de ces deux établissements de refinancement hypothécaire ont augmenté respectivement de 5,3% et 3,3%.

M.Dodd a indiqué que 8400 nouvelles familles sont chaque jour dans l'incapacité de rembourser leur emprunt. Il a envisagé un déclin de 30% dans les prix de l'immobilier, soit la plus forte baisse depuis la Grande Dépression. Le nombre d'Américains qui pourraient perdre leur maison d'ici à fin 2009 est estimé à 2,8 millions.



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