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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:12

http://oumma.com

En pleine campagne internationale de boycott d’Israël, Georges Frêche veut implanter l’entreprise israélienne Agrexco à Sète !

mercredi 27 mai 2009 - par José Luis Moraguès

EN PLEINE CAMPAGNE INTERNATIONALE DE BOYCOTT D’ISRAËL, LE CONSEIL REGIONAL LANGUEDOC-ROUSSILLON PAR LA VOIX DE G. FRÊCHE VEUT IMPLANTER L ENTREPRISE ISRAÉLIENNE AGREXCO A SETE !

Depuis bientôt 6 mois, le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche en personne, a lancé sa campagne de marketing pour la promotion de l’entreprise israélienne d’import/export AGREXCO (fruits et légumes et fleurs) et son implantation dans le port de Sète à grand coup « de création d’emplois » : 200 emplois grâce à Israël promet-il sur tous les médias…

Depuis des décennies la situation de l’emploi est dramatique dans la région et les politiques libérales nationales mais aussi régionales plus récentes n’ont fait qu’aggraver la situation. L’invocation de « la crise » ne saurait en aucun cas justifier ni dédouaner, ceux qui, aux postes de commande, sont tout de même les artisans de ces politiques. Si bien que quand un de ces responsables se présente en créateur d’emploi sur fond d’élections régionales, il y a tout lieu de se méfier.

Bien évidemment d’abord sur le nombre d’emplois annoncés car en la matière on a vu bien des montagnes accoucher d’une souris les élections passées…

Mais plus important encore, il s’agit d’évaluer en quoi ce projet va renforcer ou non le libéralisme, dont on sait que les mécanismes directs ou indirects ont toujours des effets catastrophiques pour les travailleurs (des entreprises et des champs) et pour toute la société civile, en termes d’écologie, de santé, d’habitat etc. Quelles seront les conséquences de l’importation massive de fruits et légumes à des prix défiant toute concurrence pour les agriculteurs et primeurs de la région ? N’y a il pas d’autres moyens pour avoir des fruits et légumes que de les importer depuis des milliers de km selon des technologies coûteuses, des consommations d’énergie démesurées et une pollution accrue ? Est-ce le seul mode de développement social possible et souhaitable ?

A eux seuls, chacun de ces motifs mérite que la « création d’emplois » sciemment agitée comme un leurre destiné à aveugler et piéger une population en désespérance d’emploi soit soumis à une étude serrée pour évaluer si le jeu en vaut la chandelle.

Il ne fait aucun doute que les partis, syndicats ouvriers, salariés et paysans, que les organisations altermondialistes et toutes celles qui d’une façon ou d’une autre se battent pour une autre approche éthique, économique, écologique du développement, pour un autre mode de société, ont l’expertise pour répondre à ces questions.

Et puisque le président de région a annoncé un plan d’investissement de 200 millions d’euros sur 10 ans, il ne fait aucun doute non plus que ces organisations sauront bien trouver d’autres projets alternatifs, d’autres propositions concrètes, réellement créatrices d’emplois pour le port de Sète et en synergie conforme avec un autre type de développement régional tant agricole qu’en terme d’infrastructure. Qu’en est-il de la souveraineté alimentaire ? Combien d’installations de jeunes agriculteurs pourrait-on financer dans la région avec une infime partie de ces sommes ?

A toutes ces raisons s’ajoute un motif qui a lui seul serait suffisant pour s’opposer à l’installation de cette entreprise israélienne dans le port de Sète : la politique de l’état colonial israélien.

Car nous prétendons que cette question ne saurait être l’apanage des seules associations de solidarité avec la Palestine, pas plus que dans les années 70, la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud n’a été l’apanage des organisations de solidarité avec la lutte des africains.

Aurions-nous accepté dans les années 70 – au nom de la seule création d’emploi – l’implantation à Sète de l’entreprise « Outspan » en vue d’en faire la porte d’entrée européenne N°1 des fameuses « oranges Outspan » … boycottées dans le monde entier ?

Car c’est bien en ces termes que la question se pose en regard de la politique de l’état colonial d’Israël.

G. Frêche : un soutien inconditionnel à la politique coloniale israélienne :

Les déclarations racistes de G. FRÊCHE sont connues, le mépris et l’insulte à l’égard des arabes et des musulmans, contre les Harkis qu’il a traité de « sous-hommes », trop de « blacks » dans l’équipe de France, sans compter le mépris des électeurs « J’ai toujours été élu par une majorité de cons » etc. Ce serait une indulgence grave de penser qu’il a simplement « pété un câble » alors que ses positions sont le reflet de sa vision du monde arrogante et raciste. Son implication ancienne dans le soutien à la politique coloniale de l’état d’Israël va bien au delà du clientélisme qui fonde son maintien au pouvoir ; elle est une adhésion au sionisme.

Il est libre de droits et vous pouvez le diffuser et surtout ne vous en privez pas !!

Inaugurant le festival international de danse à Montpellier il a accueilli une troupe israélienne par ces mots « Montpellier est le poste avancé de Tsahal ». Tsahal n’est autre que l’armée israélienne, celle qui s‘illustre chaque jour dans l’occupation de la Palestine et les crimes de guerre ! Chaque année G. Frêche participe en Juin au parc de Grammont (Montpellier) à la dite « journée de Jérusalem » où il clame haut et fort « Jérusalem est une et indivisible et la capitale éternelle d’Israël ». En violation flagrante du droit international et de l’ONU qui désigne Tel Aviv et non Jérusalem comme capitale d’Israël, qui affirme que Jérusalem est sous juridiction internationale et que Jérusalem-Est est palestinienne.

Dans ces mêmes rassemblements composés d’une majorité écrasante de citoyens français de religion juive il s’adresse à eux comme si c’étaient des israéliens ( !) les félicitant de la construction du Mur : « Vous savez qu’ici (il parle de Montpellier !) nous sommes une zone libérée d’Eretz d’Israël depuis trente ans. Alors je voudrais vous dire que nous, pour le mur que vous érigez contre les attentats, à l’époque où tout le monde hurlait, nous avons ici à Montpellier soutenu la faction (sic !)de ce mur parce que, bien sûr, je savais bien que ça faisait pas un plaisir fou aux Israéliens de faire un mur, mais c’était la seule façon d’éviter des dizaines de victimes innocentes semaine après semaine. Ce mur était justifié, tellement justifié qu’il a fait tomber de façon extraordinaire le nombre des attentats meurtriers en Israël. »

Ainsi on ne s’étonnera pas du choix partial et délibéré d’Israël par G. Frêche, mais devons nous obéir à de telles considérations ?

La politique coloniale israélienne est condamnée par l’ONU et les instances internationales :

A tous ceux qui seraient tentés de caractériser le conflit Israélo-palestinien de conflit religieux et confessionnel, il n’est que de se reporter aux nombreuses résolutions de l’ONU et des instances internationales. Ce qui caractérise la condamnation de politique de l’état d’Israël c’est la violation du droit international : de l’ONU, des conventions de Genève et des droits humains et rien d’autre.

Trois exemples plus récents parmi tant d’autres :

1- Le parlement européen constate et condamne la violation des droits de l’homme par Israël en 2002 :

Le 20 novembre 1995 l’Union Européenne concluait un accord d’association avec Israël. Cet accord entrait en vigueur le 1er juin 2000. L’Union Européenne est alors devenue le Premier partenaire économique d’Israël, plus grand importateur de produits israéliens et son second plus grand exportateur. En 2006, le total des échanges entre l’UE et Israël s’élevait à 23,5 milliards d’euros.

L’article 2 de cet accord d’association stipule que son application est conditionnée au respect des traités et conventions internationales par Israël.

Or au terme d’une enquête de deux ans en Israël et en Palestine les experts du parlement européen ont constaté qu’Israël viole quasi systématiquement les droits de l’Homme dans les Territoires occupés (bouclage des territoires, implantation de colonies, déplacements forcés de population, arrestations arbitraires…). Mais également qu’Israël bafoue les principes démocratiques à l’égard des Palestiniens citoyens israéliens qui font l’objet de discriminations toujours plus nombreuses : inégalités d’accès aux emplois, discriminations sur le plan de la propriété et de la représentation politique...

En conséquence de quoi le 10 avril 2002 le Parlement européen a adopté une résolution par laquelle il demande à la Commission et au Conseil européen de suspendre les accords d’association avec Israël en raison de la violation de l’article 2. A ce jour on attend l’application de cette résolution . (Chacun sait que le 4 décembre 2008 le parlement européen à manifesté à nouveau son désaccord face à la politique israélienne en refusant de voter le « rehaussement » des ces accord, c’est à dire leur extension. Chacun sait aussi que le 12 décembre B. Kouchner et N. Sarkozy en violation flagrante de leur propre démocratie, sont passé outre ce vote et ont fait approuver ce « rehaussement » par le conseil des ministres européens !)

2- La cour Internationale de Justice (CIJ) condamne la construction du Mur en 2004

La construction du Mur, tant applaudi par G. Frêche et dont la longueur est deux fois celle du périmètre de la ligne verte (frontières de l’ONU en 1967) a été condamnée par la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui en a demandé la destruction en 2004 car ce Mur pénètre largement en territoire palestinien, jusqu’à parfois 15km, coupant les paysans de leurs terres, annexant leurs terres et leur points d’eau.

3- Guerre contre Gaza en Décembre-Janvier 2009 : Violations des conventions de Genève, crimes de guerre et crime contre l’humanité

1315 tués, 433 enfants, 6000 blessés en 22 jours d’une agression sans précédent de l’armée israélienne contre toute la population civile de la bande de Gaza déjà affaiblie par le blocus total israélien depuis plus de 8 mois. Attaques délibérées contre les civils, bombardement des habitations, des hôpitaux, des mosquées, des écoles y compris une école de l’ONU ! des universités et bien sûr de toutes les infrastructures industrielles et commerçantes existantes en activité ou non. Emploi d’armes interdites, bombes au phosphore (napalm), bombes à fragmentation, à uranium appauvri etc.

Ce qui a fait dire à Richard Falk le rapporteur spécial de l’ONU sur les Droits de l’Homme dans les territoires occupés depuis 1967 : « L’attaque (israélienne) diffère de tous les précédents recours à la force, à la fois par les armes utilisées et par la mise en œuvre d’une tactique meurtrière contre une population sans défense .(…) L’approche militaire visant à « punir » Gaza était intrinsèquement criminelle ; elle violait les lois de la guerre et à abouti à des crimes contre l’humanité ».

Le président de l’Assemblée Générale de l’ONU lors de l’AG a qualifié « d’apartheid » la politique israélienne et l’a comparée à celle de l’Afrique du Sud du temps de l’apratheid. Il a également appelé a soutenir la campagne non violente de boycott, désinvestissement et sanctions lancé par la société civile palestinienne. Des plaintes sont portées devant le TPI par des dizaines d’associations réunies, un tribunal « Russel » instruit le dossier …

Pour ceux qui en doutaient encore, la Guerre israélienne contre Gaza a levé le voile sur la politique criminelle d’un état qui, dès avant sa création en 1947, comment le démontrent les nouveaux historiens israéliens avait pour projet de chasser les palestiniens de leur terre et d’étendre sa possession territoriale à toute la Palestine historique. (Lire en particulier : «  Le nettoyage ethnique de la Palestine » de Ilan Pappé, 2008 chez Fayard et « Comment le peuple juif fut inventé » de Shlomo Sand, 2009, chez fayard également.)

En plus du nettoyage ethnique il faudrait également évoquer la politique non seulement de discrimination mais d’apartheid pratiquée en Israël même à l’égard des « arabes palestiniens », des « palestiniens d’Israël » qui sont 1,5 millions à vivre en Israël. Cette politique d’apartheid consciencieusement menée depuis 60 ans et qui vise l’expulsion des non juifs de l’état-juif d’Israël prends aujourd’hui pignon sur rue avec l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Israël et s’exprime sous le mot d’ordre de « transfert » des palestiniens d’Israël vers la Cisjordanie et ailleurs...

AGREXCO FER DE LANCE DE LA COLONISATION :

Agrexco est une entreprise israélienne d’import-export qui commercialise les fruits, les légumes et les fleurs. Agrexco-Carmel- ecofresh – biotop – jordan river (pour les dattes) sont autant d’étiquettes distribuées par AGREXCO. Propriété à 50% de l’état israélien et traite 70% des exportations israéliennes.

Mais ce qui fait la spécificité d’Agrexco c’est qu’elle emballe, exporte et vend tous les produits en provenance de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, c’est à dire en Palestine où elle applique directement la politique coloniale.

La vallée du Jourdain, située à l’est de la Cisjordanie, c’est environ 24000 km2 soit presque ¼ de la Cisjordanie. En 1967 il y avait 350 000 palestiniens dans la vallée du Jourdain. Il n’en reste plus que 52 000 en 2007, soit moins de 15% de la population de 1967. Par contre il y a 7000 colons qui contrôlent 95% des terres et 98% de l’eau pompée dans de nouveaux forages à plus de 400m de profondeur. L’eau du Jourdain a été rendue inaccessible aux palestiniens par la construction d’une barrière métallique électrifiée dont la construction a permis la confiscation supplémentaire de 500 Km2 de terres palestiniennes.

Les 52 000 palestiniens restants sont parqués dans 32 villages dont 13 déclarés illégaux depuis 1967 interdits de tout (notamment permis de construire). 4500 palestiniens vivent dans les deux plus grands villages de Fasayel et Al Jiflik. Dans ce dernier village en 2007 Israël a refusé le permis de construire pour une école en disant aux habitants d’accompagner leurs enfants à une école voisine à plus d’une heure de route (sans compter les check-points) ou en leur disant tout simplement d’aller habiter ailleurs ( !). La situation des palestiniens est désastreuse à tous les points de vue. Ils ont beaucoup de difficultés à cultiver les 5% des terres qui leur restent en raison du manque d’eau laquelle est sous contrôle israélien.

Tous les fruits et légumes récoltés qu’ils voudraient acheminer et commercialiser dans le reste de la Cisjordanie doivent passer par l’unique check-point de Tayasir qui bien sûr ouvre et ferme au bon vouloir de l’armée d’occupation. Si bien que tous les produits frais et périssables n’arrivent presque jamais à destination et pourrissent sur place. Quand à vendre ces produits sur le marché israélien c’est hors de question. En effet leurs produits ne peuvent en aucun cas être concurrentiels avec ceux des colons qui occupent leurs propre terres et reçoivent d’importantes aides et subventions : 22 millions de dollars en 2007 pour le développement agricole des 7000 colons de la vallée du Jourdain.

C’est ce qui permet à Israël non seulement d’anéantir toute tentative de commercialisation des produits agricoles palestiniens mais également d’envahir le marché et les étals palestiniens avec les produits israéliens qui comble de cynisme, sont la plupart du temps cultivés sur les terres volées aux palestiniens !. Et c’est AGREXCO qui orchestre tous ces mécanismes commerciaux destinés à rentabiliser l’agriculture coloniale et obliger ainsi les palestiniens à abandonner leurs terres.

Voilà la raison pour laquelle les prix des fruits et légumes israéliens, y compris bio, sont compétitifs en Europe et vont directement concurrencer les produits de la région. N’oublions pas qu’Israël reçoit des Etats-Unis 3 milliards de $ par an d’aides. Même si la majeure partie de la somme doit être consacrée à l’armement, l’autre partie vient en soutien à la colonisation.

Le sens de l’appel au Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) de 171 organisations palestiniennes en juillet 2005

En juillet 2005 s’est élevé de Palestine un APPEL sans précédent de la société civile palestinienne adressé aux sociétés civiles du monde entier. L’appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements, contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme.

- Un Appel exceptionnel :

D’abord parce qu’en regroupant les associations des trois composantes du peuple palestinien produites par la colonisation il réunifie les Réfugiés, les Palestiniens sous occupation et les Palestiniens d’Israël.

Par le nombre et la diversité : 171 organisations, associations, partis et syndicats ont dépassé leurs divergences pour trouver un accord.

Enfin cet Appel révèle l’existence d’une société civile palestinienne malgré la féroce occupation militaire.

Un Appel direct aux sociétés civiles et aux citoyens de la planète :

« Étant donné que toutes les formes d’intervention internationale et de tentatives de paix n’ont pas jusqu’ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l’Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation et son oppression du peuple de la Palestine (…) Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. (…) Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs pour qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. »

« Ces mesures punitives non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international (…)

Une riposte d’une ampleur internationale :

Après 4 ans de gestation, d’oppositions et de difficultés, la guerre contre Gaza a permis de réduire les résistances et dans de nombreux pays d’Europe les sanctions sont en route et en France les actions de boycott, de désinvestissement et de sanctions sont en marche…





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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:01

CRA: les manifestations prévues mardi maintenues (Associated Press)

Les associations de soutien aux immigrés ont décidé de maintenir leurs manifestations prévues mardi contre les nouvelles dispositions d'intervention auprès des étrangers en instance d'expulsion, malgré le désaveu infligé par le tribunal administratif au ministre de l'Immigration Eric Besson.

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a décidé samedi de suspendre les contrats conclus le 10 mai par le ministre de l'Immigration concernant l'assistance juridique aux étrangers placés en rétention administrative.

Face à cette décision, Eric Besson a annoncé dimanche vouloir prolonger de trois mois la mission de la Cimade dans les Centres de rétention administrative (CRA). L'association a accepté le principe de cette prolongation, mais faisait savoir lundi qu'elle entendait encore discuter des modalités proposées.

Le ministère a aussi annoncé que la décision du tribunal administratif allait faire l'objet d'un pourvoi devant le Conseil d'Etat, et qu'il ferait appel en cas d'annulation des marchés passés.

Les rassemblements, annoncés avant la décision de justice "sont maintenus avec le même mot d'ordre: 'Dehors, dedans, nous restons aux côtés des étrangers", déclarait-on lundi à la Cimade. "L'appel d'offre n'est pas annulé au fond, la réforme voulue par le ministre ne change pas sur le fond. Mais les manifestations de mardi seront certainement plus joyeuses que prévu", selon la Cimade.

Des rassemblements sont prévus mardi devant les palais de justice, les préfectures ou les CRA à Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Nîmes, Mont-de-Marsan, Orléans, Pau, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Rochambeau et Cayenne (Guyane), à Paris et en banlieue (Bobigny, Plaisir et Palaiseau).

"Centres de rétention: dehors ou dedans, nous restons aux côtés des étrangers!", déclarent la Cimade, le GISTI, Emmaüs France, le Secours Catholique, SOS Racisme, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ou encore le Syndicat des avocats de France (SAF) dans un communiqué commun.

Le 2 juin était la date initiale de fin du contrat qui permet actuellement à la seule Cimade d'assister juridiquement les étrangers dans les centres de rétention, et la date d'entrée en vigueur des nouvelles dispositions.

M. Besson avait signé le 10 mai -sans attendre une première décision du tribunal administratif- le texte attribuant la mission d'assistance juridique aux étrangers à l'ASSFAM, la Cimade, le Collectif Respect, le Forum Réfugiés, France Terre d'Asile et l'Ordre de Malte, suite à l'appel d'offre dont le résultat a été publié le 10 avril dernier. La Cimade a obtenu trois lots, les autres organisations un chacune.

Après cette signature, la Cimade avait introduit un nouveau recours, qui a abouti samedi à la suspension des contrats.

Sur le fond, la Cimade, appuyée par de nombreuses autres associations, dénonce notamment la rédaction de l'appel d'offre qui prévoit une simple "information" des étrangers sur leurs droits et non une véritable assistance juridique, alors que les procédures de recours sont complexes.

Le juge doit encore se prononcer sur la validité de l'appel d'offre et le ministre s'est déclaré dimanche prêt à modifier, si la justice le lui demande, le texte pour donner aux associations le droit de fournir aux étrangers cette véritable "assistance". AP





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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 20:54


Un court texte pour expliquer ce qui s'est passé pour les européennes

Aujourd'hui certains s'interrogent sur la non participation de la Fédération à une liste pour les élections européennes. Nous sommes en particulier interpellés par des camarades qui voudraient comprendre pourquoi nous n'avons pas rallié le « Front de gauche PCF-PG ».

Dès les première intervention publique de la Fédération nous nous étions fixé un objectif :« Nous agissons, ensemble, pour faire exister en vue des élections européennes de juin prochain, une unité de toutes les forces qui veulent une autre Europe et combattent ce qu’elle est ». et un moyen « la constitution de listes de large union des partisans d’une Europe sociale, démocratique et écologique, en rupture avec la domination des marchés financiers et la mondialisation libérale ».

Nous n'avons pas varié dans cette attitude et proposé à diverses reprises des rencontres de tous les interlocuteurs pour aboutir. Dans un communiqué du 15 mars nous rappelions : « Nous ne voulons pas que la division s’installe à la gauche de la gauche alors que le mouvement social est uni. Réaliser une campagne unitaire pour les élections européennes, c’est possible. Nous demandons à Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon de ne pas jouer au jeu « pourquoi gagner ensemble quand on peut perdre chacun tout seul ». Pourquoi se contenter d’une lutte de classement entre les petits au lieu de porter une alternative ensemble ?

Pour refuser la division, nous demandons qu’une rencontre ait lieu entre tous les courants de la gauche de transformation sociale ».

Position irréaliste ? Refus de choisir?

Non, mais la conviction que l'évolution de la situation politique et sociale rendait chaque jour plus nécessaire et possible cette liste unitaire de toutes les forces de gauche, capables par ailleurs d'actions unitaires sur le terrain. Nous avons sous-estimé la rupture, ou du moins l'écart grandissant, entre mouvements sociaux et logique partidaire. Nous avons pensé à tort que la pression des acteurs des mouvements sociaux aurait raison des intérêts de boutiques.

Le Npa après avoir cherché à mettre en avant des divergences de programme faisait d'un front durable la condition d'une alliance. Cette exigence ne pouvait être pour nous un préalable, mais nous la partageons : il est indispensable de faire la démonstration que la liste unique n'est pas un cartel politique de circonstances mais le début du processus d'élaboration en commun d'une alternative. C'était aussi la position du parti de Gauche.

Le refus du PCF de répondre là dessus ne peut qu'alimenter les suspicions sur des choix de tactiques politiciennes. Le PCF fournissait ainsi au NPA la possibilité de faire cavalier seul, et de se justifier. Dès lors le débat politique risque de ne se réduire qu'à un combat fratricide où chacun renvoie sur l'autre la responsabilité de l'échec de tous.

Dans cette situation, il fallait être à même de créer une vraie dynamique unitaire, rassemblant au delà des organisations politiques : c'est en cela que la participation -et les propositions- de la Fédération à la définition de la liste et de la campagne nous semblaient importantes. Il fallait faire la démonstration que nous voulions autre chose que d'additionner des pourcentages pour faire un score sans lendemain.

S'il ne s'agissait que de rajouter quelques noms à une liste l'intérêt pour tous est limité. S'il ne s'agit que de rajouter un sigle, ce n'est pas de nature à créer les conditions d'un rassemblement qui puisse faire bouger les lignes.

Quand nous avons rencontré le parti de gauche il est devenu évident que le PCF ne voulait pas de la fédération, non pas à cause de l'ACU mais parce que nous proposions une dynamique insécurisante pour la direction du PCF. Au mieux aurait il accepté quelques « personnalités » de nos rangs sans nous laisser la possibilité de prendre toute notre place dans la campagne.

Une liste dans ces conditions est très loin des objectifs que nous nous sommes fixés au départ, elle n'est pas de nature à peser réellement dans le débat européen et national. Elle ne pouvait qu'entretenir la division au moment où il faut avancer dans l'unité des forces pour une alternative à gauche, pour préparer une réponse à la crise.

Mieux vaut dans ces conditions ne pas participer à cette compétition entre forces qui, dispersées, ne comptent pas vraiment dans la modification du champ politique surtout dans une échéance électorale où l'abstention risque d'être un mode d'expression y compris de personnes qui ont fait la victoire du non et qui ne veulent pas choisir.

www.lafederation.org

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 20:41

http://www.enfantsdepalestine.org/br,74


LE HUITIEME CONGRÈS DÉPARTEMENTAL DU SYNDICAT DÉPARTEMENTAL DE L'EDUCATION NATIONALE CGT NORD (SDEN-CGT NORD), RÉUNI LES 25 ET 26 MAI 2 009 À SAINT-AMAND-LES-EAUX A ADOPTÉ LA MOTION SUIVANTE : MOTION PALESTINE

L'offensive criminelle israélienne à Gaza en décembre-janvier 2009 a fait plus de 1500 morts et plus de 5000 blessés. Cette guerre totale par air, terre et mer, a été menée contre le peuple palestinien avec la volonté de détruire l'ensemble des infrastructures et installations : écoles, hôpitaux, routes, mosquées... Ambulances et cimetière n'ont pas été épargnés par l'armée d'occupation israélienne qui a largué pendant trois semaines, jours et nuits, des bombes au gaz sur des bébés, des femmes et des vieillards.

Les responsables de ce que l'Union Juive Française pour la Paix appelle " une abjecte boucherie " doivent être jugés devant les tribunaux nationaux et internationaux. L'impunité dont a toujours joui l'Etat sioniste doit cesser, comme doit cesser la complicité active des Etats Unis, de l'Europe et en particulier de la France ainsi que de certains Etats arabes, avec un Etat qui bafoue les droits élémentaires du peuple palestinien depuis plus de 60 ans.

L'aggravation de la situation des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, comme celle des citoyens israéliens d'origine palestinienne, s'accélère davantage avec l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite israélienne.

Considérant que l'Etat d'Israël perpétue l'occupation et la colonisation de la Palestine, au mépris du droit international , des résolutions de l'ONU et de la Convention de Genève, qu'il poursuit la construction illégale du mur de l'apartheid, qu'il maintient arbitrairement en prison des dizaines d'élus du peuple palestinien, des maires, des députés, des ministres ainsi que 11 000 Palestiniens dont près de 500 enfants, Considérant également que les fortes mobilisations populaires de janvier, où 20 000 manifestants de notre région ont témoigné leur solidarité internationale avec le peuple palestinien et auxquelles notre syndicat a pris part,

Le SDEN-CGT Nord, en application des statuts de la CGT qui défend " les valeurs humanistes et internationalistes ", qui agit " pour la paix et le désarmement, pour les droits de l'homme et le rapprochement des peuples ", s'engage, à l'instar de la campagne de boycott contre l'apartheid en Afrique du Sud, à répondre à l'appel des 172 associations palestiniennes et des anticolonialistes israéliens pour le " Boycott Désinvestissement Sanctions " (B.D.S.) à l'encontre d'Israël, boycott et désinvestissements économique, universitaire, culturel et sportif.

Le SDEN-CGT Nord s'engage à populariser la campagne B.D.S. et à y participer tant que le peuple palestinien n'aura pas recouvré tous ses droits nationaux dont le droit au retour.

Enfin, le SDEN-CGT condamne le silence assourdissant du syndicat israélien la Histadrout : ce syndicat, censé représenter les intérêts des travailleurs israéliens, a refusé de condamner les crimes du gouvernement israélien pendant ces 23 jours de bombardements sur la population affamée et assiégée par le blocus de Gaza. Le SDEN-CGT Nord demande à la CGT de rompre toute relation avec ce syndicat tant qu'il n'aura pas condamné la politique coloniale israélienne et appelle à renforcer ses liens avec les syndicats palestiniens.




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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 20:29

General Motors ou la fin d'une certaine Amérique (Associated Press)

Pendant des générations, General Motors a nourri l'histoire d'amour de l'Amérique avec l'automobile, construisant des voitures qui exprimaient le statut social de leur propriétaire et la puissance industrielle des Etats-Unis. Mais après avoir survécu aux guerres, à la concurrence internationale et à la Crise de 1929, le géant centenaire roule vers la faillite.

L'entreprise qui accompagna le passage du cheval à la Chevrolet et la Cadillac devrait se placer lundi sous la protection de la loi contre les faillites afin de procéder à une vaste restructuration d'où doit émerger un groupe allégé d'une bonne partie de sa dette et de ses salariés, et détenu à près de 75% par le contribuable américain. GM ne sera plus qu'une fraction de ce qui fut le premier constructeur automobile du monde.

"On emploie le mot de symbole à tort et à travers ces temps-ci mais General Motors mérite vraiment cette appellation", estime Robert Thompson, professeur de culture populaire américaine à l'université de Syracuse. "General Motors est devenue par bien des aspects une métaphore de l'ère industrielle des Etats-Unis." "Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Amérique", aurait dit le PDG du groupe en 1955, Charlie Wilson.

William Durant a donné le départ le 16 septembre 1908 en fondant General Motors à Flint, dans le Michigan (nord-est), avec la seule marque Buick, avant d'en absorber une poignée d'autres en trois ans: Oldsmobile, Cadillac, GMC, Chevrolet et ce qui est aujourd'hui Pontiac, et encore un bon nombre au fil des années: Saturn, Hummer, Opel, Saab...

GM a introduit la transmission entièrement automatique, équipé la Chevrolet du premier moteur V8, doté la Cadillac des ailerons arrière et présenté en 1953 la très sportive Corvette. Ses ingénieurs ont même participé à la mise au point du premier coeur artificiel (le Dodrill-GMR).

On chante l'Oldsmobile ("In My Merry Oldsmobile"), Burt Reynolds se lance dans une course-poursuite au volant de sa Pontiac Firebird Trans Am dans "Smokey and the Bandit" ("Cours après moi, Shériff", 1977), tandis que David Hasselhoff combat le crime avec Kitt, une Pontiac Firebird Trans Am modèle 1982, dans la série "Knight Rider" ("K2000").

GM a vendu du rêve à tous les âges. Pour bien des Américains, la première Cadillac était le signe extérieur du succès. "On pouvait souvent évaluer votre style de vie et votre réussite d'après le genre de voiture GM que vous conduisiez à un moment donné", explique Robert Thompson. "La Cadillac incarnait le luxe, cela signifiait que vous aviez réalisé le Rêve américain."

Pour l'informaticien Tim Barnes, 55 ans, la Corvette, la voiture qui l'a séduit à 15 ans, incarne toujours ce Rêve américain. Sortie de l'usine Chevrolet de Flint en 1953, la Corvette est entrée dans la légende. "C'était l'essence même de la voiture sportive", se souvient M. Barnes, qui a acquis sa première Corvette, une décapotable, en 1967. "Je me souviens encore de l'immatriculation et si j'en trouvais une aujourd'hui, je l'achèterais!". Il a rencontré sa première épouse en travaillant sur des Corvette avec un ami, a ramené son premier fils de l'hôpital en Corvette, et espère bien avoir une Corvette dans son garage quand il mourra.

En 1979, GM employait encore 618.000 personnes: plus que n'importe quelle autre entreprise du pays.

Ce qui n'empêchait pas les critiques de monter: les voitures GM tombaient en panne, elles rouillaient, et pendant ce temps les Japonais introduisaient des Honda et Toyota qui semblaient inusables et ne nécessiter aucune réparation.

GM et les autres géants installés à Detroit commencèrent à se recentrer sur les camions et les voitures tout-terrain (ou 4x4) dont la vente dégageait des bénéfices suffisamment élevés pour couvrir les dépenses logiquement croissantes de retraite et de couverture santé des salariés. A la fin des années 1990, l'économie est florissante et GM écoule plus de camions et 4x4 que jamais, enregistrant des bénéfices records de 6,7 milliards de dollars en 1997.

Mais les enfants du baby-boom vieillissent, et avec eux GM, faute de petites voitures d'entrée de gamme susceptibles d'attirer les jeunes. Malgré de grandes campagnes publicitaires de rajeunissement, en 2008, l'acheteur moyen d'une Buick familiale avait 66 ans.

C'est une General Motors trop lourde au blason terni qui est entrée dans le XXIe siècle, avec trop de salariés, d'usines, de marques et de modèles. Comme sa rivale Chrysler, déjà en cours de restructuration devant le tribunal des faillites, GM perd des milliards de dollars même pendant les années où les Américains achètent plus de 16 millions de véhicules.

Avec l'augmentation du prix de l'essence, GM a tenté de produire des voitures plus économes, mais un peu tard. Avec la récession générale, les ventes d'automobiles aux Etats-Unis ont chuté de près de moitié. GM et Chrysler se sont effondrées sous leur propre poids. L'entreprise fondée par Billy Durant ne comptait plus que 88.000 salariés aux Etats-Unis l'an dernier, et ce nombre devrait encore diminuer avec la restructuration.

Herb Chambers, concessionnaire en Nouvelle-Angleterre depuis 25 ans, y voit la conséquence directe de la stratégie du géant de Detroit, qui a sous-estimé les petites Japonaises à leurs débuts sur le marché américain dans les années 1970 et 80. La part de marché de GM est tombée de plus de 50% en 1962 à 19% aujourd'hui. "Les coûts ont explosé, la technologie était en retard et la qualité n'était pas au rendez-vous", analyse ce professionnel.

Beaucoup se demandent maintenant si le dépôt de bilan de GM va risquer de saper encore ses ventes. On peut seulement constater que ce n'est pas le cas pour Chrysler jusqu'ici. Et Herb Chambers ne fait pas encore une croix sur General Motors: les constructeurs de Detroit ont par le passé prouvé leur faculté à surmonter leurs périodes les plus noires. AP



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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 20:20

Paris XXe : rixe avec des partisans de Dieudonné

31.05.2009, 15h50 | Mise à jour : 15h51

INFO LE PARISIEN. Une violente rixe a opposé, dimanche matin à Paris, des militants de la liste antisioniste de l'humoriste Dieudonné à plusieurs individus non encore identifiés pour l'instant. Dieudonné était présent au moment des incidents mais n'y aurait pas pris part. La bagarre a éclaté sur le marché de la rue des Pyrénées dans le XXe arrondissement vers 11 heures, alors que Dieudonné et ses partisans venaient faire campagne pour leur «liste anti-sioniste» aux Européennes. Trois personnes ont été blessées et cinq autres interpellées. Les auditions doivent maintenant déterminer les responsabilités.


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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 19:16

www.liberation.fr

Le camp Coupat soigne son droit

Tarnac. Les avocats du suspect se battent pour que le juge antiterroriste soit dessaisi.

Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, est furieux. La sortie hypermédiatisée de Julien Coupat de la prison de la Santé ferait passer pour blanc comme neige le principal suspect de l’affaire de Tarnac. Dans un communiqué diffusé vendredi, il rappelle que «M. Julien Coupat demeure mis en examen [notamment pour le chef] de direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte de terrorisme». Selon lui, «cette mise en examen repose sur des charges significatives». Quelques heures plus tard, Coupat réplique en faisant appel de son contrôle judiciaire, qui l’oblige à se tenir entre Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), à payer 16 000 euros de caution et qui l’empêche de voir sa compagne, Yildune Lévy.

La bataille médiatique continue avec un net avantage pour Coupat et ses soutiens. Une bataille qui en masque une autre. Celle qui se joue dans les galeries du Palais de justice entre le juge d’instruction Thierry Fragnoli et le parquet d’un côté, les avocats de l’autre. Ils s’opposent sur la qualification de l’affaire en terrorisme.

Incompétence.

Le 2 avril, les avocats ont ouvert les hostilités. Après la révélation du contenu du dossier d’instruction (et de sa minceur), les avocats des mis en examen ont convoqué une conférence de presse. Objet : annoncer une requête en déclaration d’incompétence à l’intention du juge. En d’autres termes, demander au juge antiterroriste de se dessaisir de l’affaire pour qu’elletombe dans le droit commun.

Le 6 mai, par une ordonnance, le juge a répondu. Pas de raison de lâcher le dossier. C’est une affaire de terrorisme qui relève de sa compétence.

Pour demander la requalification, Mes William Bourdon et Irène Terrel se sont attaqués à «l’infraction d’association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste», à «l’infraction de direction ou organisation» de cette association de malfaiteur (qui vise Coupat), et à «la notion de terrorisme». Ils se sont appuyés sur des textes de l’ONU qui, selon eux, «doivent primer sur le droit national», affirmant qu’il y a terrorisme lorsque les actes sont «de nature à porter atteinte à l’intégrité physique d’autrui». Or, les sabotages de trains ne pouvaient en aucun cas tuer.

Côté parquet, on a répliqué en se fondant sur le droit français, dans lequel «destructions, dégradations et détériorations», justifient des mises en examen dans un cadre antiterroriste, «non sur la notion de terreur, mais sur celle de l’intimidation».

Une position que reprend à son compte Thierry Fragnoli, invité à trancher. Pour lui, la définition du terrorisme de l’ONU n’en est pas une. Reste «l’intimidation» avancée par le parquet. Il retient une définition d’un texte européen qui explique que le terrorisme «vise à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale». En résumé, pas besoin de tuer pour être un terroriste.

Jurisprudence.

Leur requête rejetée, les avocats indiquent avoir formé un appel qui sera examiné par la chambre de l’instruction. Pour Me Bourdon, s’il y avait une jurisprudence «Coupat-Lévy», cela serait «ouvrir une boîte de Pandore toxique pour l’Etat de droit». Me Terrel complète : «On relie des actes entre eux, comme une espèce de petite mosaïque. Quelques bouts de fers sur une caténaire finissent par devenir des dégradations dans une entreprise terroriste. Demain, un simple tag pourrait devenir du terrorisme.»



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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 20:49

http://www.wsws.org/francais/News/2009/mai2009/dict-m25_prn.shtml

Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis

Par Joe Kishore

L’incroyable confrontation publique entre le président Barack Obama et l’ancien vice-président Dick Cheney survenue jeudi matin a dévoilé la fragilité du gouvernement constitutionnel et la profonde crise de la démocratie américaine.

Lors de son discours public aux Archives nationales de Washington, Obama a accusé la précédente administration de violer la Constitution. Ce discours d’Obama, consacré à la défense de sa décision de fermer le camp de prisonniers de Guantanamo, avait été planifié à la dernière minute. L’objectif était clairement de contrecarrer l’attaque de Cheney, le président en ayant été averti. 

L’attaque est survenue seulement quelques minutes après la fin des remarques d’Obama. Cheney, s’adressant à des membres d’un groupe de réflexion de droite du renseignement, a dénoncé le président de façon provocatrice et acerbe. Tournant en dérision les critiques d’Obama sur la politique d’ « interrogatoire musclé » de l’administration Bush, autrement dit la torture, l’ancien vice-président a presque accusé le président de vouloir aider et encourager les ennemis des Etats-Unis.

Cheney se trouve au centre d’une campagne de plus en plus incisive visant à mobiliser l’opposition au Congrès et, encore plus inquiétant, parmi ses alliés politiques et sympathisants dans l’armée et la Central Intelligence Agency, contre l’administration Obama. Le développement de l’influence de cette campagne a été reflété par le vote écrasant mercredi au Congrès qui s’est opposé au plan d’Obama de fermer la prison de Guantanamo. Le Sénat, dont la plupart des démocrates, soutenu par le témoignage du directeur du FBI, Robert Mueller III, qui a soulevé la menace posée par le transfert potentiel de prisonniers vers les pénitenciers des Etats-Unis, a voté contre la proposition de fermeture de Guantanamo.

En tentant de défendre les politiques de son administration, Obama a présenté ses propres décisions comme un certain effort d’arrière-garde désespéré pour rétablir le gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis après huit ans d’illégalité endémique de la part de l’administration précédente.

Il a souligné la gravité de la menace posée au pouvoir constitutionnel en faisant remarquer qu’il prononçait son discours dans un couloir qui affichait les documents fondateurs de la démocratie américaine : la Déclaration d’indépendance, la Constitution et la Déclaration des droits. Obama rappela à son auditoire qu’il avait « juré de préserver, protéger et défendre la Constitution », et déclara que « nous ne devons jamais, par opportunisme, tourner le dos à ces principes durables ».

Obama a affirmé que sous la précédente administration, « notre gouvernement a pris des décisions basées sur la peur plutôt que la prévoyance; et bien trop souvent notre gouvernement a changé les faits et les preuves pour les adapter aux prédispositions idéologiques ».

Appelant au rétablissement de « la loi et du jugement en bonne et due forme », Obama a déclaré que « les décisions prises au cours des huit dernières années ont établi une approche légale improvisée pour combattre le terrorisme qui n’était pas efficace et qui ne pouvait être soutenue : un cadre qui n’était pas basé sur nos traditions légales et institutions de longue date et qui ne s’est pas laissé guider par nos valeurs ». Les politiques de l’administration Bush, a-t-il dit, ont miné « la loi ».

Dans la section la plus significative de son discours, qui nous informe sur la nature des luttes politiques qui ont fait rage aux plus hauts échelons de l’Etat, Obama a déclaré que les opposants de sa politique « adopte une perspective qui peut être résumée ainsi : “Tout est permis”. Leurs arguments suggèrent que l’objectif de la lutte contre le terrorisme peut justifier tous les moyens et que le président devrait avoir toute l’autorité voulue pour faire ce qu’il désire, admettant qu’ils soient d’accord avec ce président. »

Ayant recours à des euphémismes contredisant le sérieux de ses déclarations, Obama a mis en garde contre la présence de puissantes forces qui étaient prêtes à rompre avec les normes constitutionnelles : « De temps en temps, a-t-il dit, certains pensent que la sécurité et le succès des Etats-Unis exigent que nous nous éloignions des principes sacrés enchâssés dans cet édifice. Nous pouvons entendre de telles voix aujourd’hui. »

La voix principale à laquelle il faisait référence était celle de Cheney. Le président ne se serait pas senti obligé de répliquer à l’ancien vice-président si Obama le percevait comme un excentrique de droite mécontent. En fait, Obama sait que Cheney, celui qui prenait vraiment les décisions dans l’administration Bush et l’homme qui avait dirigé un gouvernement secret, détient une énorme influence au Pentagone, à la CIA et dans d’autres sections moins connues de la bureaucratie du renseignement et de l’armée qui exerce un vaste pouvoir et qui n’est responsable devant personne.

Dans ses remarques devant l’American Enterprise Institute, Cheney est passé à l’offensive contre Obama, traitant personnellement avec mépris l’administration et le président.

Les critiques d’Obama des méthodes d’interrogatoire « sont très injustes envers ceux qui travaillent dans les renseignements et les avocats qui méritent beaucoup mieux pour leurs services dévoués, » a déclaré Cheney. « Le danger ici est la perte de l’emphase sur la sécurité nationale et ce que ça requiert. »

Sur un ton menaçant, Cheney ajouta : « Je conseillerais à l’administration d’être très prudente à l’avenir. »

L’ancien vice-président a pratiquement accusé Obama d’aider les terroristes et de commettre une trahison.

« Divulguer les mémos des interrogatoires étaient absolument à l’opposé des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, » a-t-il déclaré. « De l’information top secrète se retrouvent maintenant dans les mains des terroristes, qui viennent de recevoir un important ajout dans leur manuel d’entraînement. Partout dans le monde, les gouvernements qui nous ont aidés à capturer des terroristes vont craindre que des opérations conjointes sensibles soient compromises. Et ceux qui travaillent à la CIA se demandent s’ils peuvent dépendre de la Maison-Blanche ou du Congrès pour obtenir un appui lorsque les choses vont se corser. »

Ces mots étaient particulièrement provocateurs et inquiétants, vu qu’ils évoquent délibérément des souvenirs des ressentiments de ceux qui travaillaient à la CIA contre l’administration Kennedy après l’invasion manquée de la baie des Cochons en 1961.

Cheney a joyeusement fait remarquer que la décision de divulguer les mémos a été opposée par des gens à la tête de l’administration Obama, incluant le directeur de la CIA, Leon Panetta, et le directeur du renseignement national, Dennis Blair.

Cheney s’est moqué de la « fausse indignation » de ceux qui ont critiqué les méthodes d’interrogation employées par l’administration Bush. « Au cours de ma longue expérience à Washington, peu de choses ont suscité autant d’indignation artificielle et de faux moralisme que les méthodes d’interrogation utilisées contre quelques terroristes capturés. » Il ajouta que les critiques de ces méthodes « ne sont pas dans une position pour sermonner quiconque sur les “valeurs” ».

Sans ambiguïté, l’ancien vice-président a défendu les techniques d’interrogation de l’administration Bush, insistant que « complètement exclure les méthodes d’interrogations musclées dans le futur est imprudent à l’extrême ».

Il a continué en dénonçant la décision d’Obama de fermer Guantanamo, en lançant un avertissement : « Je pense que le président trouvera, après réflexion, que d’amener les pires terroristes aux États-Unis sera cause de grands dangers et regrets dans les années à venir. »

Ce n’est pas une exagération que d’affirmer que cette confrontation publique entre Obama et Cheney n’a pas de précédent dans l’histoire américaine moderne. Croire que cet échange amer entre le président et l’ancien vice-président ne soulève pas d’importantes questions sur la viabilité de la démocratie américaine est le comble de la complaisance.

Soyons clairs : Cheney parle pour les sections puissantes de la classe dirigeante, soutenue par des sections substantielles de l’appareil militaire et des services du renseignement, qui sont profondément hostiles à la démocratie.

Quant à Obama, sa propre position est minée par des contradictions politiques profondes et insolubles. Son plaidoyer pour que la constitution soit respectée est complètement infirmé par le fait que son administration a accepté sans question les prémisses essentielles sur lesquelles étaient basées la politique étrangère de l’administration Bush : les Etats-Unis mènent une lutte desespérée contre le « terrorisme ».

Tout en s’opposant à certains gestes de l’administration Bush, Obama évite prudemment de défier le mensonge politique fondamental à l’origine de tous ses crimes.

« Al-Qaïda planifie activement une autre attaque contre nous » a déclaré Obama dans le même discours mardi. « Nous savons que cette menace planera sur nous pour longtemps et que nous devons utiliser tous les  composantes de notre pouvoir pour la défaire. »  Et en fait, a affirmé Obama, son administration mène cette lutte de façon plus cohérente en « luttant contre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan qui nous ont attaqué le 11-Septembre ».

Si Obama dit la vérité (que l’administration précédente a adopté une politique où « tout était permis »), alors les responsables doivent être poursuivis en tant que criminels politiques. Au lieu de cela, Obama est venu à leur défense en les décrivant comme étant trop zélés dans la poursuite d’une noble cause. « Confronté à des menaces incertaines, a-t-il dit, notre gouvernement a pris une série de décisions rapides. Et je crois que ces décisions étaient motivées par le désir sincère de protéger la population américaine. »

En deux occasions, Obama a insisté que personne ne serait amené en justice pour les politiques de huit dernières années. Il s’est opposé à la création d’une commission indépendante et a insisté qu’il n’y aurait aucune tentative de « se concentrer sur le passé ».

En indiquant qu’il ne poursuivra les conspirateurs autour de Cheney, Obama ne continue en fait que sa politique de couardise et d’accommodation qui a caractérisé son administration depuis sa mise en place. Chacune des ces concessions a encouragé les sections les plus à droite de l’Etat et a facilité la conspiration contre les droits démocratiques.

La temporisation d’Obama,  ses reculs constants, sont déterminés par les intérêts de classe qu’il représente. Peu importe les critiques qu’il fera de la politique de l’administration Bush, Obama a les mêmes objectifs essentiels. En termes de sa politique intérieure, il a continué à donner d’immenses sommes aux banques et aux investisseurs de Wall Street. En termes de  politique militaire, il continue l’occupation de l’Irak tout en élargissant la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Sa défense de la légalité est contredite par le fait que son administration a remis sur pied les commissions militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo, a refusé de publier les photos sur la torture et, en général, a maintenu les mesures antidémocratiques de son prédécesseur.

Malgré les avertissements que donne Obama sur l’érosion de la démocratie aux Etats-Unis, son administration, par ses actes mêmes, en facilite et en accélère l’effondrement. Il est impossible de combiner la guerre impérialiste avec la démocratie. La dernière ne peut survivre sans une opposition à  la première.

Obama est incapable d’exposer le véritable contenu social et politique de l’attaque de Cheney, parce que cela demanderait d’exposer les objectifs politiques et les intérêts de classe réactionnaires qui motivent la « guerre au terrorisme ». De plus, cela demanderait un appel à une large mobilisation du peuple américain en défense des droits démocratiques. Mais dans une époque où l’administration met en œuvre une politique intérieure qui défend les intérêts de l’élite financière, l’administration Obama n’a pas l’intention de soulever le mécontentement populaire.

La défense des droits démocratiques ne peut être entreprise  par aucune faction de la classe dirigeante. Les institutions de la démocratie américaine sont déjà dans un état avancé de désintégration.

La défense des droits démocratiques dépend de l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière.

(Article original anglais paru le 22 mai 2009)



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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 20:27

En Guadeloupe, la tragédie de "Mé 67" refoulée

LE MONDE | 26.05.09 | 17h38  •  Mis à jour le 27.05.09 | 09h37

Pointe-à-Pitre, envoyée spéciale

Le jour se lève à peine. On a tiré toute la nuit dans Pointe-à-Pitre. Le feu ne s'est calmé qu'aux petites heures du matin, dans l'épuisement et la peur. Ce samedi 27 mai 1967, Max Jasor, 13 ans, le fils du libraire, est très tôt levé, dans l'appartement familial de la rue Barbès. Au no 25, devant la porte en fer grillagée, on a jeté un homme comme un sac. Il a plusieurs côtes brisées, la mâchoire enfoncée, des dents cassées. Du haut de l'escalier, l'adolescent ne voit qu'une masse informe, qui geint. Son père, Hubert Jasor.

La veille, vendredi 26 mai, des émeutes ont éclaté place de la Victoire, en début d'après-midi, puis se sont propagées dans Pointe-à-Pitre et ses faubourgs. Un millier d'ouvriers du bâtiment, en grève depuis le 24 mai pour obtenir une augmentation de salaire, se sont massés autour de la darse, dès la fin de la matinée.

Huit mois auparavant, le cyclone Ines a ravagé la Guadeloupe, faisant 32 morts et des millions de francs de dégâts. Les ouvriers du bâtiment ont du travail - mais peu de revenus. Ils attendent le résultat de négociations qui traînent à la chambre de commerce. Dans le petit bâtiment blanc de style colonial, au bord de la place - aujourd'hui office du tourisme -, patronat et syndicats se séparent sur un échec.

Hubert Jasor n'a rien à voir avec cette grève. Le libraire a bien été inquiété plusieurs fois pour avoir, l'un des premiers, cru à l'avenir des écrivains antillais. C'est une époque où les livres de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs ou Les Damnés de la terre, avec sa célèbre préface de Jean-Paul Sartre, sont saisis par la police.

Une époque où littérature se confond avec politique et se conjugue avec décolonisation. Le père aime aussi Voltaire et les encyclopédistes, Racine et les tragédies, Balzac et le roman, les six enfants ont intérêt à connaître leurs classiques. "Un peu comme Prométhée avait volé le feu aux dieux, il fallait voler la lecture aux Blancs", dit aujourd'hui Max Jasor.

Cet après-midi du vendredi 26 mai, Hubert Jasor se pointe sur la darse. Un bâtiment de la marine nationale est au mouillage, les marins en ville. Un matelot blanc est pris à partie par la foule, Jasor s'interpose, une balle lui frôle la nuque. Puis il est blessé par le coup de crosse d'un gendarme. Recousu à l'hôpital Ricou, le libraire rentre chez lui, quand une patrouille de "képis rouges" l'arrête. L'insulte. Emmené dans la cour de la sous-préfecture, il y est battu comme plâtre.

Caché sous des corps inertes, Hubert Jasor entend ces mots qui le glacent : "Les morts, on les fout à la darse ou à la Gabarre" - le pont qui sépare Grande-Terre de Basse-Terre. Vers 4 heures du matin, reconnu par les forces de l'ordre, il échappe à son calvaire. Conduit à la gendarmerie, il entend des têtes cogner contre les murs, lors d'interrogatoires où les aveux pleuvent à la vitesse des coups. "Ils l'ont arrêté puis l'ont jeté devant la maison", raconte son fils.

Depuis des heures déjà, la situation a dégénéré en une violence incontrôlable. Une phrase, que son auteur présumé jure ne jamais avoir prononcée, a fait en un éclair le tour des manifestants et déclenché l'émeute, en tout début d'après-midi : "Quand les nègres auront faim, ils se remettront au travail." Georges Brizard, le président du syndicat des entrepreneurs du bâtiment, patron de la Socotra, l'aurait prononcée. C'est lui qui négocie avec la CGT Guadeloupe. Le Savoyard, bonhomme costaud et fort en gueule, moustache en balai-brosse, a la réputation de ne pas mâcher ses mots. Les CRS devront l'évacuer en urgence, et le plus discrètement possible.

L'un des fils de cet ingénieur agronome, Michel Brizard, 62 ans aujourd'hui, patron d'une PME dans la zone industrielle de Jarry, raconte que son père a été mortifié de vieillir avec cette tache. "Non seulement parce que je ne l'ai pas dit, mais parce que même si j'en avais eu envie, je n'aurais pas osé", lui répétait ce dernier, désormais décédé.

Sur la place, deux sections de 25 CRS et un peloton de 14 gendarmes gardent la chambre de commerce et, en face, la sous-préfecture. Les gardiens de la paix, dépourvus d'équipement de protection, ont été retirés. Au bord de l'eau, où accostent d'ordinaire les bateaux chargés de sel de Saint-Martin ou de boeufs vivants de Porto-Rico - qui s'échappent parfois, semant la panique dans la ville -, des conques de lambis sont entassées. Ce mollusque, spécialité culinaire antillaise, est vendu sans sa lourde coquille, hérissée de six pointes. Les conques, dont les esclaves usaient comme d'une trompe pour communiquer, vont devenir une arme redoutable.

La première atteint un CRS en pleine tête : il a enlevé son casque pour s'éponger, à cause de la chaleur. Il s'écroule, évacué par deux collègues. Jean Chomereau-Lamotte, seul journaliste sur place, témoin de la scène, prend une photo. "Qu'est-ce que vous foutez là ?", lui a demandé le chef de la section de CRS. Il a brandi sa carte de presse, no 19797.

Après une sommation du commissaire Canales, qu'aucun témoin n'a entendue,

le feu se déclenche. "Ils utilisaient des MAT 49 (Manufacture d'armes de Tulle) qui ont beaucoup servi en Algérie", témoigne Chomereau-Lamotte. Il entend les balles ricocher sur la fontaine de la place, au milieu des gaz lacrymogènes, et tout à coup, un cri : "Yo pren Nestor !" Ils ont tué Nestor. Cette nouvelle va porter la tension à son paroxysme.

"Jacques Nestor, membre du GONG, et l'un des principaux meneurs", comme l'écrira le préfet Pierre Bolotte, vient de recevoir une décharge en plein ventre. Il meurt en arrivant à l'hôpital. Le GONG, Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe, est la cible désignée pour les autorités. Ce ne sont que quelques dizaines de personnes, mais très actives et très surveillées. Le groupe indépendantiste, créé en 1963 à Paris par une soixantaine de militants anticolonialistes, pour la plupart issus de l'AGEG (Association générale des étudiants guadeloupéens), est même devenu une obsession pour le préfet. Il produit sur ce sujet pléthore de notes pour sa hiérarchie.

Louis Théodore le sait bien, qui passera dix ans dans la clandestinité. Cet ex-militant de l'AGEG, membre du Front antillo-guyanais, organisation interdite, a rencontré Mao, le Che, Ben Bella, voyagé dans les pays de l'Est, au beau milieu de la guerre froide. Quand un camarade vient le trouver, à l'école de Gérard Lauriette - dit "Papa Yaya", figure de la créolité guadeloupéenne -, où il enseigne, il n'hésite guère. "Loulou, Jackie est mort", lui a dit son ami en lui montrant un mouchoir imbibé de sang. "Il y avait énormément d'arrestations. La répression commençait, et je savais qu'ils frapperaient tout le monde." Ces militants avaient été formés avec l'idée qu'ils devraient un jour se cacher, et ils avaient pris des dispositions. "On se déplaçait tout le temps. On a fait rentrer Sonny Rupaire (militant nationaliste et poète) de Cuba. On était un petit noyau." En une nuit, ils sont capables de mobiliser quarante personnes pour couvrir la Guadeloupe de tracts et d'inscriptions.

Mais, dans Pointe-à-Pitre, ils n'organisent rien, ces 26 et 27 mai. Près de 56 % de la population de l'île a moins de 20 ans, en cette fin des années 1960. Devant les CRS, les jeunes voient rouge. Des barrages sont érigés partout, des voitures incendiées, le supermarché Unimag, au bout de la rue Frébault, pillé, les pierres volent. Et surtout, l'armurerie Boyer, rue Delgrès, en centre-ville, a été dévalisée. Noir ou Blanc, il ne fait pas bon être dans les rues.

Le jeune Jasor a raccompagné chez lui l'un de ses copains du lycée Carnot pour le protéger, car il a la peau si claire qu'il pourrait passer pour un Blanc. Au retour, il observe, médusé, une femme noire, assez sophistiquée, que l'on questionne méchamment sur un barrage : "Tu es noire ou tu es blanche ?" Elle : "Je n'ai pas à répondre à cette question." Alors que son véhicule est secoué de plus en plus fort, elle se met à pleurer et dit en créole : "Zot pa ka voué an nwé ?" ("Vous ne voyez pas que je suis noire ?")

Serge Glaude, fils de notables guadeloupéens qui a participé à la fondation du GONG, est enseignant au collège de Sainte-Rose. Il a alors 32 ans. Le jeudi, il a conjuré en vain "Kiki" Nestor de quitter Pointe-à-Pitre. Ce dernier lui a raconté que, la veille, il est allé tirer du commissariat un vieux à qui la police avait pris son vélo et qu'il a été, à cette occasion, pris en photo "en long en large et en travers". Quand il apprend sa mort, Serge Glaude tente de se rendre à la veillée funèbre avec deux amis. Des gendarmes mobiles arrêtent son ID 19. "J'ai fait l'Algérie : ces gars étaient dopés au vin rouge et au bismuth. Ils sautillaient sur place en disant : "On va tirer."" L'enseignant assure que certains d'entre eux parlaient mal le français, des légionnaires. On lui intime l'ordre de descendre de voiture. "Le couvre-feu, on s'en fout. On a ordre de tirer sur les nègres comme sur des lapins." Il est aligné contre un mur quand arrive une Jeep de gendarmes, avec un chef de détachement. Les hommes baissent tout de suite leur arme.

Outre les CRS et les forces de police déjà sur place, le préfet Bolotte reçoit vers 1 heure du matin le renfort de deux pelotons venus de Martinique. Dans l'après-midi, il a aussi pris la décision de ramener sur Pointe-à-Pitre un escadron de gendarmes mobiles sur le point d'embarquer à l'aéroport du Raizet. Leurs armes sont déjà dans l'avion. Ce sont ces "képis rouges" qui ont laissé le pire souvenir. Ces hommes avaient été appelés en renfort au mois de mars, lors d'incidents qui avaient éclaté à Basse-Terre avec Srnsky, un militant de l'UNR, le parti gaulliste.

Propriétaire du magasin de chaussures Sans Pareil, il avait lancé son berger allemand contre un cordonnier-cloutier ambulant, un Noir infirme nommé Balzinc, qui s'était installé sur le trottoir devant sa boutique. Le commerçant blanc, exfiltré par le préfet, avait échappé de peu au lynchage, et sa Mercedes avait fini à l'eau. L'affaire a surtout servi aux Renseignements généraux pour établir des listes de militants à surveiller, voire à arrêter, parmi lesquels le docteur Pierre Sainton, l'un des fondateurs du GONG.

En fin d'après-midi, le préfet reçoit la visite du maire communiste de Pointe-à-Pitre, Henri Bangou. Voici comment il le décrit à son ministre de tutelle, le général Pierre Billotte, avant une visite que ce dernier doit effectuer dans l'île : "Le docteur Bangou, c'est un problème que vous connaissez très bien. Vous le reconnaîtrez vite : il est très grand, une tête très intelligente, un aspect avenant et fort bien élevé." La description tient toujours la route. Au plus fort des troubles, le maire a ceint son écharpe et s'est rendu, accompagné d'une partie de ses adjoints, vers le marché central, où des groupes de jeunes font face aux CRS. "Je vais haranguer la foule, pour dire : calmez-vous", explique-t-il. Mais l'épisode tourne court, l'équipe municipale est obligée de battre rapidement en retraite. Lorsque le maire demande au préfet de retirer les forces de l'ordre, celui-ci refuse. "Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas. Qu'il
avait été accusé de mollesse lors des événements de Basse-Terre."

La chasse à l'homme a commencé. Dès le 26 mai au soir, à 18 h 45, le préfet envoie un long télégramme au ministre, qui mentionne notamment ceci : "Ai ordonné arrestation principaux meneurs dont TOMICHE, secrétaire syndical employé de commerce et récemment exclu du comité central du Parti communiste STOP." Sur une radio amateur, Paul Tomiche capte les ondes de la police : il faut amener le propriétaire de "l'Opel Corsa 77 MV, Max, Victorine, mort ou vif à Petit Papa" (la gendarmerie de Petit-Pérou). Sa voiture. Il se cache à Bergevin, puis beaucoup plus loin, à Petit-Canal. Coupe sa barbe. Part au Moule. L'Etincelle, l'organe du PCG, titrera : "Les aventuriers ont pris la fuite." Il sera arrêté et fera onze mois de prison.

Le bilan officiel tiré par Pierre Bolotte pour le ministère, dans un télégramme daté du 30 mai, est le suivant : "Sept morts identifiés. Possibilité autres victimes non déclarées." Ce sont tous des manifestants. Il y a de nombreux blessés parmi les civils, mais combien ? Pour les forces de l'ordre : "Armée, un sous-lieutenant sérieusement blessé. Gendarmerie, six gradés et gendarmes, dont deux par armes à feu. CRS, vingt-sept gradés et gardiens, dont dix gravement et quatre blessés par armes à feu." Vingt-sept arrestations de droit commun ont lieu, et vingt et une inculpations. Dix inculpés écopent de peines de prison ferme. Les arrestations vont se poursuivre. Le dimanche 30 mai au soir, à la préfecture de Basse-Terre, les ouvriers, qui demandaient une augmentation de 2,5 %, en obtiennent une de 25 %.

Un autre procès a lieu, à Paris, du 19 février au 1er mars 1968, à la Cour de sûreté de l'Etat, où 18 indépendantistes guadeloupéens sont jugés pour atteinte à l'intégrité du territoire français. La raison ? Leur appartenance au GONG, supposé avoir organisé les émeutes de Pointe-à-Pitre, bien que le rapport du commissaire Honoré Gévaudan, en juin 1967, ait clairement écarté cette hypothèse. Aimé Césaire et Jean-Paul Sartre feront partie des témoins de la défense.

Le préfet Bolotte n'aura jamais à répondre de ses actes, il ne paraîtra dans aucun procès. Il a été enterré le 27 mai 2008. Le commissaire Canales n'ira pas non plus à la barre, prétextant une dépression nerveuse. Glaude, Makouke, Sainton et Théodore ont pris quatre ans avec sursis. Deux inculpés ont eu trois ans avec sursis. Tous les autres, dont Lauriette et Rupaire, ont été acquittés. C'est dans la préface des Damnés de la terre que Jean-Paul Sartre écrivit : "Les voix jaunes et noires parlaient encore de notre humanisme, mais c'était pour nous reprocher notre inhumanité." Depuis 1967, aucun CRS n'a remis les pieds dans l'île.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 27.05.09




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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 21:10

Le parquet de Paris ne s'oppose plus à la remise en liberté de Julien Coupat (Associated Press)

Le parquet de Paris ne s'oppose plus à la remise en liberté de Julien Coupat, présenté comme le chef d'une cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF, a-t-on appris mercredi soir de source judiciaire.

Ecroué depuis le 15 novembre dernier à la prison parisienne de la Santé, Julien Coupat a été entendu mercredi après-midi par le juge d'instruction en charge de cette affaire. Sa remise en liberté pourrait intervenir jeudi, précise-t-on de source judiciaire.

Julien Coupat est mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "direction d'une structure à vocation terroriste", des chefs passibles de la cour d'assises. Il a toujours protesté de son innocence.

On explique de source judiciaire que le juge d'instruction avait demandé mardi au parquet de se prononcer sur une éventuelle remise en liberté de Julien Coupat. Le parquet ne s'y pas opposé à l'issue de l'audition mercredi, estimant qu'il n'y avait plus de risques de "concertation frauduleuse" entre les neuf personnes mises en examen ni de risques de pression sur les témoins.

Le parquet s'était jusqu'à présent opposé plusieurs fois à la remise en liberté de Julien Coupat. Ses avocats et ceux des autres mis en examen ont toujours dénoncé une "instrumentalisation politique" de ce dossier. Sur les neuf mis en examen, cinq sont soupçonnés d'avoir participé à des actes de malveillance ayant visé la SNCF. Proches de la mouvance qualifiée d'"anarcho-autonome" par la police, ces personnes sont suspectées d'avoir formé une "cellule invisible".

Dans un entretien publié lundi par "Le Monde", Julien Coupat a qualifié de "petite vengeance" la prolongation de sa détention. Répondant par écrit aux questions du quotidien, il a dénoncé une "fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l'attaque au coeur de l'Etat en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires".

Par ailleurs, Julien Coupat a nié être l'auteur du livre "L'insurrection qui vient", versé au dossier d'instruction, dont il dit être "un lecteur". "Il n'y a pas d"affaire de Tarnac', pas plus que d"affaire Coupat'", a-t-il poursuivi dans cet entretien. AP



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