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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 21:32
Centre de rétention: l'UMP accuse RESF, tollé des associations
 
PARIS (Reuters)
 
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a provoqué lundi un tollé en s'en prenant aux associations de défense des sans-papiers, notamment RESF, qu'il accuse d'être en partie responsables de l'incendie du centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) dimanche.

Dans un communiqué, le député des Hauts-de-Seine demande que 'toutes les conséquences soient tirées y compris au plan judiciaire si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée'.

L'incendie a presque détruit dimanche après-midi les deux bâtiments du centre de rétention administratif de Vincennes, un des plus grands de France, où étaient enfermés 273 étrangers sans papiers en instance d'expulsion.

Le sinistre a été déclenché après le décès d'un Tunisien, retrouvé mort d'une crise cardiaque dans sa chambre samedi.

Une quinzaine d'étrangers auraient profité du chaos pour prendre la fuite.
 
Le reste des internés administratifs ont été transférés en car ou en train vers les centres de Palaiseau, Lille et Nîmes.
 

Selon plusieurs témoins, des retenus auraient mis le feu à des matelas alors que se déroulait à l'extérieur une manifestation de soutien.

'Il n'est pas tolérable que des 'collectifs', type RESF, viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus', souligne le porte-parole de l'UMP dans son communiqué.

Il réclame 'la plus grande fermeté contre les collectifs qui se livrent à ce type d'actions à proximité de lieux où ils n'ont absolument rien à faire'.

DÉLIRE'
 
Le véritable scandale n'est pas que quelques centaines d'hommes désespérés aient incendié leur prison. Il est dans leur internement administratif, prélude à leur expulsion', réplique RESF dans un communiqué.

L'explication aux événements d'hier à Vincennes est là, dans le désespoir total de chacun des enfermés et dans la concentration du malheur dans une centaine de cellules', souligne Réseau éducation sans frontières.

S'en prendre aux associations, 'quel délire!', dénonce le Parti communiste pour qui 'l'aveuglement sécuritaire de cette droite leur fait décidément perdre la raison'.


'L'incendie regrettable du (centre de Vincennes) n'est que le symptôme d'une désastreuse politique du chiffre ou l'essentiel est toujours plus de s'acharner sur les sans-papiers coûte que coûte, l'humanitaire devenant quantité négligeable', souligne le communiqué communiste, qui se joint à l'appel à manifester du Mrap mardi soir devant ce qu'il reste du centre de rétention.

Pour le député socialiste Pierre Moscovici, la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux 'risque d'aboutir à la multiplication de ce type d'accidents'.

'Ce que montre cet accident très grave, c'est qu'on ne peut pas traiter les immigrés, quelle que soit la situation légale, illégale, dans des conditions humaines', a-t-il déclaré sur France Info. 'Il est important que quelqu'un qui est immigré, qui vit sur notre sol, puisse voir ses droits pleinement respectés', a-t-il ajouté.

Les Verts de leur côté s'adressent au tout nouveau Contrôleur des lieux de privation des libertés, Jean-Marie Delarue, nommé ces derniers jours, pour qu'il se saisisse 'en urgence' de la situation des retenus de Vincennes.

'L'incendie du centre de rétention de Vincennes est le résultat d'une situation explosive et indigne, connue et provoquée par le gouvernement', estime la secrétaire nationale du parti écologistes, Cécile Duflot.

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 21:28

 


*COMMUNIQUE *


*Centre de Rétention de Vincennes:*

*le MRAP, l'UTIT , la FTCR appellent **à** un rassemblement*



Après la mort d'un Tunisien de 40 ans au Centre de rétention de
Vincennes samedi 21 juin, le MRAP exprime son émotion face aux
informations extrêmement graves qui lui parviennent sur l'incendie qui
embrase le CRV et aurait fait plusieurs blessés.

  *Solidaire de l'expression de la révolte des Sans papiers ainsi que de
tous ceux qui estiment que les Centres de Rétention représentent une
honte pour la République, le MRAP, la FTCR et l'UTIT appellent **à un
rassemblement devant le Centre de Rétention de Vincennes mardi 24 juin à
18h.*

  Ils appellent l'ensemble des organisations qui refusent la politique de
criminalisation de l'immigration ainsi que l'immonde obsession du
chiffre du Ministre de l'Intérieur - dont les événements de Vincennes
sont une des conséquences - à se joindre à ce rassemblement.




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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 21:52

Liste des brèves AFP

Loi européenne sur l'immigration: Chavez menace de couper les livraisons de brut

Le président vénézuélien Hugo Chavez a menacé jeudi de ne plus fournir de pétrole aux pays européens qui appliqueraient la nouvelle loi de l'Union européenne sur l'expulsion des immigrés sans papiers adoptée mercredi par le Parlement européen.

"Notre pétrole ne devrait pas aller vers ces pays européens", a déclaré le chef de l'Etat vénézuélien lors d'une conférence de presse.

De la même façon que les pays européens décideront de renvoyer des immigrants sans papier vers leur pays d'origine, les pays d'Amérique latine pourront de leur côté décider "le retour des investissements européens", a déclaré M. Chavez.

"Au moins le Venezuela", a-t-il dit, avant d'ajouter: "Nous n'en aurons pas besoin ici".

Selon les derniers chiffres disponibles de la Commission européenne, la part du pétrole vénézuélien dans la totalité des importations de pétrole de l'Union européenne ne représentait que 0,9% en 2005.

L'Union européenne a adopté mercredi une nouvelle loi qui devrait être transposée dans les législations des pays membres, portant sur le retour des immigrants illégaux dans leur pays d'origine.

Les nouvelles dispositions visent en priorité à faciliter les départs volontaires des étrangers en situation irrégulière dans l'UE.

S'ils refusent, ils peuvent être placés en rétention jusqu'à 18 mois avant d'être expulsés, et n'auront plus le droit de rentrer l'UE dans les cinq ans suivant leur renvoi.

La "directive retour", résultat d'un compromis inédit en matière d'immigration entre négociateurs du Parlement et les 27 Etats membres, a été approuvée par 367 voix contre 206 et 109 abstentions. Conservateurs, libéraux et eurosceptiques ont fait alliance face à des socialistes divisés.

Actuellement, neuf Etats de l'UE ne mettent pas de limite de temps à la détention des personnes sans papier. La plupart des 27 pays de l'UE appliquent une limite de temps inférieure aux six mois de la "directive retour" approuvée au Parlement européen.



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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 21:45

Incendie au centre de rétention de Vincennes, les retenus évacués

PARIS (AFP)

  Les deux bâtiments du centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie "volontaire" selon la préfecture de police, sur fond de fortes tensions, et les personnes retenues ont été évacuées.

Durant ces évènements, au moins une trentaine de retenus ont aussi profité de l'incendie pour s'enfuir, a affirmé la préfecture de police de Paris à l'AFP.

La préfecture a par ailleurs indiqué que le "relogement des personnes retenues" étaient en cours "dans d'autres centres", faisant état de vingt hospitalisations sans gravité.

Selon des sources concordantes, tout a commencé après le décès samedi d'un Tunisien sans-papier de 41 ans, mort d'une crise cardiaque. Sa mort a entraîné un rassemblement dimanche d'un collectif de sans-papiers devant le CRA vers 15H00, et selon une source proche de l'enquête des retenus ont mis le feu à des matelas.

"A 15H45, plusieurs foyers d'incendie volontaire ont été détectés. (...) Le feu s'est propagé et a gravement endommagé les deux centres", -le CRA 1 et le CRA 2-, qui abritent des sans-papiers en attente d'expulsion ou de libération, selon la PP.

"Les deux bâtiments sont entièrement détruits et les personnes ont été évacuées dans le gymnase de l'école de police", situé dans le CRA, a indiqué à l'AFP un policier du syndicat FO police, Luc Poignant, confirmant des informations données par des membres du réseau Education sans frontières présents sur place.

La préfecture de police parle d'un sinistre "volontaire", affirmant qu'il n'a pas pas fait de "blessé graves".

Jean-Pierre Brard, député (app. PCF), qui a pu pénétrer à l'intérieur du CRA peu après 18H00, avait déclaré à l'AFP qu'il y avait "au moins 14 blessés". Il a précisé ensuite que ces blessés avaient été intoxiqués par des gaz lacrymogènes utilisés par des forces de l'ordre pour disperser une manifestation à 14h30 des retenus du centre dans la cour, le député Verts Noel Mamère évoquant "une mutinerie" .

A 19H30, le feu était maîtrisé, a constaté une journaliste de l'AFP

L'opération a nécessité une cinquantaine d'engins et plus de 150 pompiers.

Selon la Cimade, seule association habilitée à entrer dans les centres de rétention, le CRA "fonctionnait à plein" vendredi, c'est-à-dire qu'il contenait environ 280 personnes.

Le CRA de Vincennes, qui peut accueillir 280 personnes, a été ces derniers mois plusieurs fois le théâtre de tensions, certains retenus protestant contre leurs conditions de rétention.

Ces incidents interviennent alors qu'un Tunisien de 41 ans est décédé samedi en fin d'après-midi dans ce CRA, "d'une crise cardiaque", selon les premiers éléments de l'enquête.

La préfecture de police (PP), qui avait confirmé le décès, a indiqué que ce ressortissant tunisien était "sous le coup d'une interdiction définitive du territoire français prise par la cour d'appel de Paris".

Une autopsie pratiquée dimanche ainsi que "les premières constatations médicales", n'ont rien révélé d'anormal, selon la PP. "Tant les premières constatations médicales que l'autopsie, réalisée dans le cadre de l'enquête en cours menée par la police judiciaire, écartent la présence de traces anormales", a-t-elle précisé.

Le député Verts Noël Mamère a demandé dimanche la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire, dénonçant les "conditions inacceptables" du quotidien des personnes retenues.

La Cimade a mis, elle, en cause un centre "non conforme à la réglementation, déplorant "la surdité de la préfecture de police et du ministère de l'immigration".



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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:59

MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDFANT

 

Communiqué de presse

 

 

 

LE MEI APPELLE A UNE MOBILISATION DE LA POPULATION FRANCAISE CONTRE UNE NOUVELLE AVENTURE MILITAIRE AU MOYEN ORIENT.

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant prend au sérieux les différentes déclarations bellicistes des milieux Israelo-américains contre l’Iran.

 

Devant une convention du comité Américain des Affaires Publiques d’Israël (AIPAC) à Washington DC, Ehud Olmert, Premier ministre israélien a déclaré que le programme nucléaire de l’Iran devait être stoppé : «  Par tous les moyens possibles ».

 

Cette position est soutenue aussi bien par les Démocrates que les Républicains.

 

Bush dans son dernier voyage dans les capitales européennes a sans cesse martelé que l’Iran était une terrible menace pour la paix.

 

La rencontre à Paris de M. Ehud Barak ministre de la défense d’Israël avec Bernard Kouchner et Hervé Morin ce jeudi 19 juin indique clairement qu’un mauvais coup se prépare.

 

Dans ce contexte la première page du Monde du 20 juin, consacré à Ehoud Olmert et à ses déclarations bellicistes constitue indiscutablement une préparation de l’opinion française à une nouvelle agression américano-européenne contre le Moyen Orient qui détient l’essentiel des ressources en pétrole de la planète.

 

Il faut également rappeler que la première page du Monde du 19 juin étalait en gros caractères Révélations sur la filière nucléaire secrète nord-coréenne en Syrie.

 

Sarkozy qui n’a rien a refuser à son ami Bush en Afghanistan, ne lui refusera rien sur l’Iran.

 

La France risque d’être entraînée dans une opération qui menace sa sécurité et la paix dans le monde. Le MEI demande aux personnalités responsables de droite et de gauche à se prononcer publiquement contre une intervention ou le soutien de la France à une intervention militaire contre l’Iran.

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:49

Dénoncé par l'écrivain Claude Ribbe sur son blog, Karam, l'imposteur, essaie de le faire censurer par la Justice en référé !

Lundi 16 juin a eu lieu à Paris, devant le président de la 17e chambre correctionnelle, l'audience en référé concernant le procès intenté à Claude Ribbe par Patrick Karam.

 

Si Claude Ribbe s'est bien présenté à l'audience, accompagné de son avocat, Me Bes de Berc, délégué par Me Gilbert Collard, Karam, lui, n'a pas cru utile de se déplacer et a voulu se faire représenter par son directeur de cabinet, un certain Roland Polycarpe, auquel le président a dû expliquer que Karam est un justiciable comme un autre et n'est donc pas fondé à déléguer des ambassadeurs.

 

C'est donc Me Chabert seul qui a parlé au nom du délégué interministériel absent, tentant d'expliquer que les deux pages du blog de Claude Ribbe intitulées 23 mai 2008, une bonne date our le départ de Patrick Karam et Un cabinet noir rue Oudinot  (voir www.claude-ribbe.com ) constituaient un "trouble manifestement illicite" qu'il fallait faire cesser de toute urgence en reconnaissant qu'elles étaient diffamatoires et en ordonnant à Claude Ribbe de censurer son texte sous astreinte de 2000 euros par jour !

 

Karam ne s'est pas oublié puisqu'il a réclamé que lui soient versés en plus par l'écrivain, membre de la commission nationale consultative des Droits de l'Homme, 8000 euros pour les "frais occasionnés", ce qui est étrange quand on sait que Me Chabert est payé par le contribuable.

 

Malgré tous ses efforts, Me Chabert n'a guère été convaincant en se contorsionnant pour accréditer l'idée que Claude Ribbe, en concluant son premier article par "le mieux est qu'il disparaisse au plus tôt," appelait à la disparition physique de Karam et non pas à son limogeage.

 

De même l'idée que ce ne serait pas Karam qui serait sur la pente glissante de l'homophobie et raillant les "makoumés", mais celui qui le dénonce (Claude Ribbe) n'est pas vraiment passée.

 

En revanche Me Bes de Berc, après avoir soulevé l'irrecevabilité au motif que Patrick Karam s'en prenait à l'auteur des textes incriminés et non pas au directeur de la publication du blog, a porté un rude coup à l'accusation en indiquant que les deux textes incriminés figurent sur de nombreux blogs (www.bondamanjak.com, www.LeMague.net) alors que c'est seulement le blog de M. Ribbe qui est poursuivi, ce qui montre bien que la véritable motivation de cette procédure vexatoire est de s'acharner sur l'auteur d’un ouvrage qui déplaît au délégué interministériel et non pas de faire cesser un prétendu trouble.

 

De son côté, Claude Ribbe, en s'appuyant sur plus de dix pièces, dont quatre attestations qui ont de quoi empêcher de dormir le délégué interministériel pendant une bonne semaine, et en rappelant que la libre expression est un droit humain fondamental, n'a eu aucun mal à expliquer que les faits mentionnés dans ces textes n'ont, hélas, rien d'imaginaire et ne sont dès lors pas diffamatoires.

 

Claude Ribbe a insisté sur la dangerosité du délégué interministériel dont la technique est de menacer tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui et qui agit toujours par personnes interposées, ce que la présence à l'audience de Polycarpe démontrait suffisamment.

 

L'avocat de Karam a été obligé de reconnaître que les insultes de Béatrice Dhib, l'attachée de presse de Karam, visant Claude Ribbe étaient "très regrettables".

 

L'affaire a été mise en délibéré au lundi 23 juin 2008.

 

 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:33
Democracy for America, des militants au service d'Obama

LE MONDE | 20.06.08 | 11h08  •  Mis à jour le 20.06.08 | 12h15

Burlington, envoyée spéciale


n voilà que la victoire de Barack Obama aux primaires démocrates n'impressionne pas outre mesure. Ils sont ravis, saluent bien l'extraordinaire moment historique. "Si cela peut réparer les torts causés par l'esclavage et le tort fait en Irak", espère Charles Chamberlain, du mouvement Democracy for America. Mais ils ont déjà passé l'étape de l'émerveillement devant "l'idée d'Obama".

 

Barack Obama a été un de leurs premiers poulains, en 2004, avant même le fameux discours qui l'a fait connaître à la classe politique. Pour gagner les primaires démocrates dans l'Illinois et se présenter au Sénat, il avait besoin de relais militants. Democracy for America l'a aidé. Sa photo figure dans le couloir de l'association, parmi celles des 550 autres candidats qu'ils ont soutenus depuis 2004. "Bien sûr, on se vante à propos de Barack Obama. Mais il n'est pas unique. On en connaît d'autres comme lui", assure Daniel Medress, le responsable de la communication.


Au-delà de la campagne présidentielle, les membres de Democracy for America travaillent à ranimer le militantisme de base. Encourager "une culture de militants plutôt que de sortants". D'ailleurs, on ne les trouve pas à Washington, mais à Burlington, dans le Vermont, entre lac et sapins.


Ils sont aux avant-postes de la réforme du Parti démocrate et ils n'ont pas été pour rien dans la chute de la maison Clinton. Leurs bêtes noires : les centristes, qu'ils appellent les "Bush Democrats", la "triangulation" (façon Bill Clinton) et les élus qui ne tiennent pas leurs promesses. "Pour certains démocrates, c'est comme si rien ne s'était produit aux élections de 2006, dit Arshad Hasan, le directeur exécutif. Ils continuent à donner à Bush tout ce qu'il veut."


Mal leur en prend. Le standard de Harry Reid, le chef de file démocrate au Sénat, a été pris d'assaut il y a quelques semaines jusqu'à ce qu'il enterre le projet de loi sur les écoutes téléphoniques présenté par George Bush. La dernière campagne de Democracy for America vise Joe Lieberman, ex-démocrate et désormais acolyte du candidat républicain, John McCain. Si nécessaire, DFA n'hésite pas à susciter des candidatures alternatives quand le candidat désigné par le parti est trop mou, ou trop proche des lobbies, comme "celui du Nouveau-Mexique qui est à moitié financé par l'industrie pétrolière".


Democracy for America a d'abord été le mouvement d'Howard Dean, le candidat malheureux à l'investiture démocrate en 2004. Ancien gouverneur du Vermont, résolument hostile à la guerre en Irak, M. Dean avait été le premier à utiliser l'Internet pour récolter des fonds sur une grande échelle (au dernier trimestre 2003, il avait recueilli 15millions de dollars : la presse avait alors parlé de "révolution").


700 000 MEMBRES DANS 50 ETATS


Après l'échec de novembre, Howard Dean a réussi à s'installer à la tête du parti, grâce au soutien de sa jeune garde. C'est son frère, Jim Dean, qui a repris Democracy for America. Tous les deux ont pour objectif d'asseoir le parti dans les 50 Etats, au lieu de considérer que les endroits fortement républicains sont perdus d'avance et que rien ne sert d'y dépenser de l'argent. Après les primaires, Barack Obama a aussi adopté cette stratégie tous azimuts. "Obama poursuit le travail qui avait été entrepris par Howard Dean, notamment en amenant de nouveaux votants dans le processus électoral", dit Arshad Hasan. Democracy for America compte maintenant 700 000 membres et 850 groupes, répartis dans les 50 Etats.


En quatre ans, le mouvement a formé 16 000 futurs élus ou directeurs de campagne lors de week-ends de "candidature clés en main". Pour 60 dollars, les intéressés bénéficient des conseils de consultants nationaux que les campagnes paient habituellement très cher. "On a beaucoup parlé du fait que la campagne de Barack Obama est très bien organisée, mais il se trouve aussi que les activistes sont beaucoup plus malins et expérimentés, explique Jim Dean. En 2003, je me souviens de discussions d'une demi-heure pour savoir si on devait former un comité d'action politique pour faire 100 photocopies !"


Jim Dean et ses amis pensent déjà à l'après-élection. Ils savent qu'à Washington les élus sont des proies faciles pour les lobbies. "Tous les nouveaux le racontent : dès leur premier jour, ils ont rencontré un lobbyiste qui leur a tendu une carte de visite en leur disant : je veux organiser une réunion de collecte de fonds pour vous!"  Democracy for America veut mettre en place un "système de soutien" qui montre aux élus qu'ils "n'ont plus besoin d'écouter" les lobbyistes. Jim Dean prévoit que la bataille sera rude. "La couverture médicale pour tous, ça ne va pas être facile. On ne pourra pas se contenter d'envoyer des e-mails au Congrès. Il va falloir qu'on se montre là-bas." Sur la guerre en Irak, il prévoit aussi qu'il faudra "pousser les élus à prendre des risques et à dire : ça suffit. On s'en va. On ramène les troupes à la maison". A cinq mois des élections, les citoyens-lobbyistes se préparent déjà à envahir Washington.


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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:23

Europe : "Il est urgent d’éviter de nouveaux bricolages institutionnels"

 

Le droit international est formel : un traité européen, qui est un traité international, ne peut être ratifié qu’à l’unanimité des Etats membres, sauf si tous les Etats membres ont décidé antérieurement, à l’unanimité, que ce traité pourrait être ratifié à la majorité, ce qui n’est pas le cas pour le traité de Lisbonne, pas plus que pour les traités européens antérieurs.

Toutes les lamentations ne changeront rien à cette réalité. Inutile donc de déplorer que 4 millions d’Irlandais - 800 000 électeurs - puissent "bloquer" 450 millions d’Européens. Tout le monde sait que s’il y avait eu des référendums partout, le non l’aurait emporté dans plusieurs pays. Le désaccord entre les élites et la population est désormais flagrant. Cet épisode est le énième soubresaut, après ceux de 2005, de la fuite en avant intégrationniste et européiste d’après Nice.

La poursuite de la ratification par les huit autres est bien sûr possible mais ne change pas cette réalité. Une renégociation à vingt-sept est inenvisageable, et aboutirait de toute façon aux mêmes résultats. La renégociation d’un traité de Lisbonne à vingt-six apparaîtrait comme une manipulation de la démocratie, alors que la démocratie représentative est déjà attaquée. Elle n’aura pas lieu. Les élites européennes ne peuvent pas prêcher l’état de droit dans le monde et s’en affranchir chez eux. Le "noyau dur" sera à nouveau évoqué ici et là mais ne se concrétisera pas.

Quels pays en feraient partie ? Pour faire quoi ? En passant outre aux oppositions des exclus de ce noyau dur ? En faisant ratifier comment cette création ? Cela ne se fera pas. Seule hypothèse : des améliorations limitées, point par point et sans emphase, des traités existants, par exemple, sur la présidence durable, à condition qu’elles soient ratifiables partout par la voie parlementaire. Seule solution, donc : que les Irlandais revotent un jour, si leurs dirigeants et les autres dirigeants européens estiment possible de prendre ce risque.

Dans ce cas-là, et si les Irlandais votent oui, l’Union passera, avec retard, du traité de Nice à celui de Lisbonne. Sinon, elle continuera à fonctionner dans le cadre de Nice. Il est temps d’admettre que l’intégration politique globale (au sens fédéraliste) de l’Union à vingt-sept n’ira pas plus loin que Nice (ou Lisbonne, si les Irlandais revotent, et votent oui). Et pourtant, l’Union a besoin d’agir et de lancer de nouvelles politiques. Comment ?

LA NON-RATIFICATION DU TRAITÉ DE LISBONNE NE DOIT PAS ÊTRE UNE EXCUSE POUR NE PLUS RIEN FAIRE

Il faudra distinguer clairement intégration (les peuples se fondent et s’en remettent à l’Europe) et construction (les peuples mettent en commun leur volonté d’agir ensemble). L’intégration a été longtemps présentée comme la seule voie légitime, mais ce n’est plus une voie d’avenir : dès que les peuples en ont l’occasion, ils votent contre. En revanche, il n’y a pas d’opposition aux politiques communes et aux projets.

Est-ce tragique ? Depuis une dizaine d’années, on a exagéré le rôle et la portée des traités et des institutions, comme si tout en dépendait de façon magique. On a créé des attentes énormes qui se sont muées en inquiétude. Le paroxysme a été atteint avec le projet de Constitution. Il faut changer de méthode. La non-ratification, à ce stade, du traité de Lisbonne, est regrettable. Mais elle ne doit pas être une excuse pour ne plus rien faire, au contraire.

Après tout, quel traité était en vigueur quand a été conçu le traité de Rome ? Aucun. Et est-ce grâce à des traités que Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand, Jacques Delors et Helmut Kohl ont fait ce qu’ils ont fait ? Non, par volonté politique, la présidence française devait de toute façon se dérouler - avec ses avancées annoncées - sous l’empire du traité de Nice.

Ce ne sont pas les insuffisances des traités qui empêchent l’adoption d’une politique commune de l’énergie, mais les désaccords de fond sur la Russie, le nucléaire, la séparation entre production et distribution. En matière internationale (que faire au Proche-Orient ? sur l’Iran ? la Chine ? etc.), de toute façon, les décisions restaient à l’unanimité. Sur l’écologie, la recherche, l’Europe de la défense aussi, cela dépend d’abord de la volonté des gouvernements. Je ne pense pas qu’il faille réagir au non irlandais par des bricolages institutionnels. Ni par une fuite en avant dans "l’Europe politique", "sociale" ou "des citoyens" mal définie.

En tout cas, pas dans la situation actuelle. Cela réveillerait attentes impossibles à satisfaire, illusions bientôt perdues, désaccords de procédure et de fond et créerait plus de problèmes que cela n’en réglerait en mélangeant encore plus ce qui relève des Etats membres et ce qui relève du niveau européen. La confusion serait totale.

Ce qu’il faut, c’est l’affirmation d’une forte volonté commune des Vingt-Sept autour d’une priorité : défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l’UE un pôle régulateur de la mondialisation sauvage. Ce qui peut se décliner : politique commune de l’énergie, de l’environnement et de la recherche, propositions de régulation financière et de réforme des institutions internationales (nouvelles positions dans l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire internationnal, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, etc.), stratégie à long terme vis-à-vis des pays émergents, etc. Cela doit être expliqué et se voir.

Le moment est opportun : il y a partout, même aux Etats-Unis, une acceptation nouvelle, voire un désir nouveau, de règles. Tout cela peut et doit être entrepris sans attendre un meilleur traité.

Hubert Védrine Ancien ministre des affaires étrangères

http://www.lemonde.fr/europe/articl...

 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:36
Le ciel menace de tomber sur les têtes d’EADS

Délit d’initié. Mise en examen, hier, de l’ex-directeur général du groupe, Jean-Paul Gut.

NICOLAS CORI

QUOTIDIEN : jeudi 19 juin 2008


La justice va-t-elle impliquer l’ensemble des 17 dirigeants d’EADS, déjà mis en cause par l’Autorité des marchés financiers (AMF) ? Pour l’instant en tout cas, c’est bien parti. C’est la grande angoisse de Louis Gallois, patron d’EADS, épargné par l’affaire. Car après l’ex-PDG d’EADS Noël Forgeard, fin mai, c’était hier au tour de Jean-Paul Gut, ancien directeur général du groupe de se voir signifier sa mise en examen pour «délit d’initié». Placé en garde à vue lundi dans les locaux de la brigade financière, il a été présenté dans la nuit de mardi à mercredi aux juges d’instruction Xavière Simeoni et Cécile Pendaries. L’ex-dirigeant du groupe, reconverti dans le conseil, a été placé sous contrôle judiciaire. Selon une source judiciaire, sa caution a été fixée à 400 000 euros. Celle de Forgeard était d’un million.


«Biaisé».
Comme pour l’ex-PDG d’EADS, le dossier est étayé par l’enquête de l’AMF. Le gendarme de la Bourse accuse Gut d’«avoir manqué à l’obligation d’abstention» en intervenant sur le titre EADS, alors qu’il détenait des «informations privilégiées». En clair, Gut a exercé 175 000 stock-options en novembre 2005 et en mars 2006, touchant une plus-value de 1,8 million d’euros, alors qu’il savait que le programme A380 prendrait du retard. Selon le rapport d’enquête de l’AMF, «au plus tard le premier mars 2006, les membres du comité des actionnaires d’Airbus [dont faisait partie Gut, ndlr] avaient été informés de ce que la livraison des sections de l’appareil à la chaîne d’assemblage finale de Toulouse avait été interrompue et qu’une replanification du programme de production avait été engagée, impliquant une révision du calendrier de livraisons».


Mardi, dans un communiqué, les avocats de Gut avaient justifié les opérations de leur client. La vente s’est déroulée «dans le strict respect des réglementations et des règles internes d’EADS», avaient-ils argué. Ils s’étaient cependant légèrement avancés en ajoutant que l’audition, demandée par l’intéressé pour éviter «des analyses biaisées et des présentations délibérément orientées des faits», devait lui permettre de «démontrer qu’il ne bénéficiait d’aucune information privilégiée». Les juges d’instruction n’ont pas dû être convaincus. «Cette mise en examen est la suite logique de la procédure», se contentait d’ajouter, hier, une porte-parole de Gut.


Contact interdit.
Les paris sont pris maintenant sur le premier dirigeant en poste à être entendu. Cela va-t-il être Thomas Enders, PDG d’Airbus, bénéficiaire d’une plus-value de 710 000 euros ? Ou Fabrice Brégier, directeur général d’Airbus, qui avait touché 365 000 euros ? Une mise en examen de ces dirigeants, surtout si elle est accompagnée d’un contrôle judiciaire strict interdisant toute rencontre avec les autres dirigeants, voire avec les salariés, rendrait EADS difficilement gouvernable (lire ci-dessous). Pour l’instant, le groupe ne veut même pas imaginer une telle menace. En avril, lors du lancement des poursuites de l’AMF, la direction craignait que la procédure puisse «avoir des conséquences dommageables pour son image et sa réputation». Louis Gallois ajoutant : «EADS apportera son soutien aux dirigeants dans leur défense.» Hier, le groupe refusait de faire le moindre commentaire.



http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/333209.FR.php
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:19

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Claude Ribbe, vous avez publié 'Le Nègre vous emmerde', hommage à Aimé Césaire. Pourquoi ce titre et pourquoi ce livre ?

La formule est de Césaire. Elle était destinée aux racistes. Je la trouve drôle et assez efficace. C’est ce qu’il faut répondre désormais à ceux qui ne voient en nous que des « nègres » et en Césaire que le «chantre de la Négritude». Maintenant, les racistes, on les emmerde. En ces temps de canicule, c’est assez rafraîchissant, non ? C’est un livre pédagogique, simple et pas cher (c’est important) écrit en urgence pour rappeler ce qu’il faut savoir sur Césaire et empêcher les racistes de déformer sa pensée. C’est aussi un hommage à un écrivain admirable. Ce n’est pas une hagiographie non plus. L’idolâtrie n’est pas mon genre. Je crois avoir trouvé le ton juste pour parler de l’auteur et de l’homme politique. En tout cas, c’est un livre utile. Le premier publié sur Césaire depuis sa disparition.

Vous critiquez les politiques qui selon vous ont tenté de récupérer Aimé Césaire alors qu’ils l’avaient ignoré, voire méprisé de son vivant…Sa mort a-t-elle été l’enjeu d’une bataille locale ?

Plutôt une bataille nationale pour tenter de s’approprier un fantasmatique vote noir estimé à 600 000 voix par les experts, qui se fondent sur le score obtenu par Christiane Taubira. C’est Villepin qui a lancé tout cela. J’explique comment dans mon livre.

Vous faites remarquer qu’en dehors des écrivains de la diaspora afro-caribéenne, aucun écrivain ou poète français n’a rendu hommage à Césaire...

Aucun écrivain, mis à part ceux de l’Afrique et de sa diaspora. C’est vrai. Césaire est un grand auteur français et un grand écrivain planétaire. On a voulu en faire un régionaliste, sous le prétexte qu’il a fait de la politique chez lui en Martinique. On a voulu faire de sa pensée une idéologie communautariste. Tout cela par racisme. Au moment de sa mort, on lui a refusé le droit d’être français. Pourtant, c’est dans cette langue qu’il écrivait, me semble-t-il. Même pas en créole.

Vous évoquez également plusieurs épisodes de sa vie, ses démêlés avec Giscard et De Gaulle, ses réflexions sur l’indépendance de la Guadeloupe et de la Martinique, la censure de 'discours sur le colonialisme' par François Bayrou...Il y a également des événements dont on n’avait jamais entendu parler comme la grenade tirée dans son bureau...

Les politiques n’ont jamais pardonné à Césaire d’avoir comparé les colonialistes et les esclavagistes à Hitler. De Gaulle n’a jamais supporté l’expression de « génocide par substitution » utilisée par le poète pour évoquer la déportation perpétrée sous le couvert du Bumidom à partir des années soixante. Bayrou a été d’une totale indécence. Je regrette d’avoir appelé à voter pour lui.

Si en Martinique, beaucoup ont souhaité qu’il repose sur sa terre natale, vous dites dans le livre que vous souhaitez que son corps soit transféré au Panthéon...

Je nuance ce propos en disant que son corps peut très bien rester en Martinique, mais qu’il faut une cérémonie au Panthéon où son esprit a sa place. Le tombeau de Césaire au Panthéon peut être vide, comme celui de Condorcet. L’important, c’est qu’un hommage vraiment national à Césaire permette de montrer aux racistes que nous existons et que nous avons de grands hommes. Une cérémonie funèbre, même symbolique, c’est important pour la cohésion d’un pays. En l’occurrence, c’est important pour faire reculer le racisme.

Parallèlement à la sortie de votre livre, vous vous en êtes pris à Patrick Karam. Qu’est ce qui vous pousse à partir en guerre contre Patrick Karam ?

C’est un homme dangereux. Depuis son officine de la rue Oudinot, le voilà qui espionne les Antillais et les met en fiches. Et gare à ceux qui lui déplaisent. Quant aux Africains, on sait ce qu’il en pense. En France, un bureau de la police des Noirs, ça ne s’était pas vu depuis Louis XVI. Une manifestation lui déplaît-elle ? Patrick Karam la sabote. Ainsi, parce que le Cran s’y est associé l’an passé, Frank Anretar, son ancien lieutenant pourtant, voit les « Césaire de la musique » mis en cause.

Le poste sur mesure confié à Karam échappe pratiquement à tout contrôle, Il résulte d’un simple décret. Karam fait ce qu’il veut dans sa cour des miracles. Je sais comment fonctionne ce monsieur. C’est extrêmement préoccupant.

Qu’est ce qui vous a poussé à vous faire entendre ces derniers temps, pourquoi maintenant ?

Depuis un an qu’il est là, on a eu le temps de l’observer. On aurait pu espérer quelques résultats positifs. Je n’ai pas voulu l’attaquer au moment où il était en difficulté avec le ministre Estrosi. J’ai attendu de voir. Quand je me suis aperçu que non seulement il sacrifiait les congés bonifiés et la continuité territoriale, mais qu’en plus il essayait de s’emparer de la mémoire de l’esclavage pour en finir avec la loi Taubira, qu’il s’appropriait le dossier Césaire pour mieux «enterrer» l’œuvre de l’écrivain en métropole, j’ai décidé de réagir.

Patrick Karam est d’une totale nullité. Mais parfois on a vu des gens sans qualités accéder à un niveau de pouvoir où ils deviennent dangereux. Constatant que la date du 23 mai avait été choisie non pas pour rendre hommage à la mémoire des esclaves mais pour tenter un véritable coup d’Etat contre le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves Jégo, qui se trouvait alors en déplacement aux Antilles, j’ai décidé de prendre la parole le 22 mai. Alors j’ai dit ce que j’avais pu observer pendant toutes ces années.

J’avoue que j’ai été assez proche de Patrick Karam, croyant pendant un temps qu’il soutenait vraiment les combats que je menais. En fait, il tentait de les récupérer. Quand je critiquais Napoléon à travers un livre, il prétendait s’associer à mon combat ; même chose quand je dénonçais tel ou tel raciste (Frêche, Finkielkraut, Sevran). Lors de l’affaire Pétré Grenouilleau on a eu une première alerte puisque Patrick Karam a négocié avec je ne sais qui, en échange de je ne sais quelle contrepartie, le retrait de sa plainte. Ce qui l’a certainement aidé dans son ascension, histoire de montrer qu’il avait un pouvoir sur la communauté ultramarine… En ce qui me concerne, Karam me soutenait comme la corde soutient le pendu.

Malgré les défauts que vous lui prêtez, Karam n’a-t-il pas eu une action positive en bousculant les choses ?

J’aimerais que vous me disiez ce qu’il a fait de positif, ce qu’il a fait concrètement aussi bien au Collectif Dom que depuis sa nomination. Vous pouvez chercher. Rien au Collectif. Que du mal, depuis. La seule question qui se pose maintenant est de savoir s’il s’agit d’une simple erreur de casting ou s’il y a une entreprise programmée contre la loi Taubira, contre les acquis obtenus à grand mal par les Ultramarins depuis trente ans. Dans ce cas là, effectivement, Patrick Karam correspondrait au profil idéal, par sa brutalité et son arrogance. Franchement, un homme pareil à ce poste, c’est de la provocation.

Pour vous Patrick Karam est raciste et sème la division ?

Question racisme, je me pose très souvent la question. Même chose pour l’homophobie. Tout le monde connaît en tout cas ses plaisanteries douteuses sur les « Makoumés » (une manière péjorative de désigner les homosexuels en Guadeloupe). C’est lui qui m’a appris ce mot, et cela m’a mis très mal à l’aise.

Vous citiez certains de ses propos peu flatteurs tenus en 2006 à l’égard des Africains. A l’époque vous aviez considéré que c’était un dérapage. Aujourd’hui comment considériez vous ces propos ?

En 2006 j’aurais déjà du prendre mes distances. Je n’avais pas visionné l’émission diffusée par Canal Plus. Pourtant Rama Yade avait écrit à l’époque une lettre à Jean-Claude Beaujour. Une lettre dont j’ai copie. Karam a d’ailleurs tenté de se servir de ce courrier pour obtenir un poste en se fondant sur certains propos que Rama Yade aurait, d’après lui, tenu sur les Antillais. Ensuite, il a souvent menacé de rendre cette lettre publique. Il accusait la jeune femme d’avoir soutenu les émeutiers en novembre 2005. Il a même écrit à Sarkozy pour la dénoncer. Visiblement, ça n’a pas impressionné le chef de l’Etat puisqu’il l’a nommée au gouvernement tandis que Karam n’obtenait qu’un petit poste au rabais.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’avait dit Patrick Karam ?

Il sortait de vieux poncifs coloniaux, disant que les Africains sont polygames et pratiquent l’excision. Des idées rances dictées par la xénophobie. Ce qu’il ne pardonne pas à Rama Yade, c'est d’être née au Sénégal et d’en être fière.

J’ai pris position lorsqu’en juin 2007, Karam a écrit un texte carrément xénophobe dans lequel il accusait Claudy Siar, le patron de Tropiques FM, de prendre la place de Media Tropical, grâce au soutien d’un prétendu lobby africain. Un complot auquel auraient été associés Rama Yade, le CRAN, Basile Boli, Calixthe Beyala et vous peut-être...Du pur délire. Comme ce texte était extrêmement grave, Karam l’a fait signer par un factotum à son service, Daniel Dalin, qui est incapable de rédiger dix lignes. Un beau matin, j’ai reçu le message qui a été diffusé au nom du Collectif DOM que je présidais. J’ai aussitôt démissionné. Alors Karam, par Dalin interposé, a commencé à m’insulter, ce qui m’était bien égal.

Avec le recul, je regrette de m’être associé, même involontairement, à ce qui m’apparaît aujourd’hui comme une véritable entreprise de division des afrodescendants, en tentant de faire battre ceux qui viennent directement du continent africain avec ceux qui sont passés par les Antilles. Cette division, c’est le but de Patrick Karam, qui n’a pas même pas le discernement de cacher ses projets.

Selon vous Patrick Karam a aussi tendu un piège à Yves Jégo...

Patrick Karam avait prévu de remplacer Christian Estrosi au poste de secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Aussi a-t-il éprouvé un extrême dépit lorsqu’il a vu arriver Yves Jégo, et il a entrepris de mener à ce dernier une guerre sans merci comme il l’avait déjà fait avec le prédécesseur.

Comment voyez vous l’avenir ?

Sombre si cet énergumène reste en fonctions. Mais je vois mal comment les syndicats pourraient continuer à discuter avec lui. Je pense que le fait de se retrouver dans son bureau, ignoré et méprisé par tout le monde, scellera son sort au cas où Nicolas Sarkozy ne prendrait pas rapidement ses responsabilités dans cette affaire, ce qui m’étonnerait.

Ne pourrait t-on pas vous accuser de vous prononcer contre lui aujourd’hui par dépit ? Est-ce que vous n’étiez pas associé avec lui parce que vous aviez des affinités idéologiques ?

Il a prétendu soutenir certains de mes combats, mais nous n’avons jamais eu d’affinités idéologiques. Ce serait difficile puisqu’il est opportuniste au possible. Pourquoi aurais-je eu du dépit ? Si tel était le cas, je me serais prononcé le jour de sa nomination ou même avant. Je n’ai rien de personnel contre Karam. Je le trouve simplement nuisible, du point de vue de l’intérêt général.

N’exagérez vous pas un peu la menace ?

Il y a beaucoup de gens qui ont déjà été victimes des menaces de ce monsieur et les langues vont peu à peu se délier. Il ne se passe pas de jours sans que quelqu’un ne se plaigne à voix basse. Je ne pensais pas qu’un homme puisse être en mesure d’agir de la sorte en se servant des moyens de l’Etat.

Avez-vous encore des relations avec Patrick Karam, a-t-il réagi au pamphlet que vous avez publié sur lui il y a deux semaines ?

Par huissiers et avocats interposés. Il a réagi à la publication de mon blog et surtout de mon livre en adressant des lettres d’intimidation en recommandé à tous les médias qui m’ont invité pour parler de mon livre et en m’assignant en référé d’heure à heure devant la 17 e chambre du tribunal de Paris au motif que je l’aurais diffamé. Tout cela aux frais de la République en ce qui le concerne. Plus que mon blog, c’est mon livre qui l’emmerde. Il suffit de le lire et on comprend pourquoi.

S’il a autant d’influence que vous lui prêtez, pourquoi n’est-il pas devenu secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer ?

On peut reprocher ce qu’on veut à Sarkozy, mais il n’est pas fou. Seulement Karam a quand même été nommé délégué interministériel à 47 ans (paraît-il pour services rendus pendant la campagne électorale de 2007) sans aucune expérience administrative et sans jamais avoir exercé d’autre métier avoué que celui d’imprimeur. Ce qui m’intrigue le plus, c’est qu’il ait été maintenu après la période de conflit extrêmement violente qu’il y a eue en décembre 2007 avec Christian Estrosi. Maintenant que toutes les cartes sont sur la table on va bien voir comment réagit le Président puisque c’est lui qui l’a nommé.

Selon vous Nicolas Sarkozy doit limoger Patrick Karam ?

Oui, et le plus tôt possible. Sinon l’outre-mer risque de devenir ingouvernable et ça peut très mal finir. On a eu un aperçu de la situation lors des récents déplacements ministériels en Guadeloupe. Personne n’a intérêt à provoquer les DOM en ce moment. Je pense que la manière dont Karam a traité le dossier des congés bonifiés suffit à le remercier. Je ne parle même pas de ses manières, de ses méthodes, ni de sa conception de la liberté d’expression. La plaisanterie a assez duré. Comme disent les syndicats : Karam dewo !

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