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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 13:52

http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/archives_2008/MLL081207.rtf

Sur le meeting de lancement du Parti de Gauche à St-Ouen.

Le meeting de lancement du Parti de Gauche (PG) ce samedi 29 novembre à l'île Saint-Denis à Saint-Ouen fut, assurément, un moment chaleureux et fort, de rassemblement et de retrouvailles pour certains, où se sont exprimées dans la salle et de la salle la volonté et la disponibilité au combat contre Sarkozy et contre le capitalisme. Prés de 3000 participants -et non pas un petit millier comme l'ont dit l'AFP et la presse- venus de toute la France par les réseaux construits depuis des années autour de Jean-Luc Mélenchon via notamment PRS (Pour une République Sociale, qui fournit l'armature, le noyau, la direction et l'appareil du PG), ou spontanément de la région parisienne et parfois de plus loin, tous rassemblés pour la recherche d'une issue politique et d'une organisation qui les représente enfin réellement. Nul doute que cette aspiration est celle-là même de millions et de millions dans ce pays, une aspiration commune à ce que l'on appelle le "peuple de gauche", à ce que nous désignons souvent comme la classe ouvrière, et la majorité de la jeunesse, la base sociale et électorale du PS en étant elle-même non seulement partie prenante, mais la plus grosse composante.

A ce peuple militant, les organisateurs du meeting ont offert pour partie un véritable "métinge" dans la tradition du mouvement ouvrier, avec des interventions multiples et l'Internationale pour finir.

Se sont ainsi succédés à la tribune, intronisés par le responsable de PRS François Delapierre : Raquel Garrido, responsable internationale de PRS, Christophe Ventura, militant d'ATTAC, Hayat Dhalfa, ancienne candidate aux législatives à Paris pour le MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale issu d'un courant du MRC de J.P. Chevènement) un groupe qui vient de s'intégrer au PG en formation, Alexis Corbière, dirigeant de PRS et conseiller municipal socialiste de Paris, Audrey Galland de PRS, Frank Pupunat, écologiste alter mondialiste qui animait jusqu'au congrès de Reims inclus le courant "Utopia" du PS, Danielle Simonet, venant également du courant de J-L. Mélenchon dans le PS et de PRS, Jacques Généreux, universitaire et économiste venant du PS, l'ambassadrice de Bolivie Luzmila Carpio lisant un message d'Evo Morales, Claude Debons, ancien dirigeant de la fédération CFDT des cheminots, passé à la CGT en 2003, et animateur des Comités Unitaires pour une Alternative à Gauche, qui a formé immédiatement avec J-L. Mélenchon et Marc Dolez le comité de fondation du PG lorsque ceux-ci ont déclaré qu'ils quittaient le PS, Elisa Martin, conseillère régionale Rhône-Alpes, le cinéaste Robert Guédigian, l'écologiste Corinne Morel-Darleux, la députée verte de Paris Martine Billard, le dirigeant de l'ancien MARS Eric Coquerel, la cheville ouvrière du courant de J-L. Mélenchon dans le PS Pascale Le Néouannic, conseillère régionale socialiste d'Ile-de-France, et pour finir les trois orateurs politiquement décisifs, Marc Dolez, Oscar Lafontaine et J-L. Mélenchon sur lesquels nous concentrerons ce compte-rendu, puisqu'en fait, un peu comme dans les concerts de rock, l'ensemble des orateurs précédents, plus que l'illustration d'une diversité encore toute relative, avait surtout pour fonction de chauffer la salle avant les têtes d'affiche. En outre fut annoncée et applaudie la présence d'observateurs du PCF, de la LCR, du courant UNIR de la LCR (Christian Piquet), des Alternatifs et du POI, et la tribune fit applaudir celle de l'ancien ministre Pierre Joxe (vieux compagnon de route de Mitterrand et dont tout le monde dans la salle ne s'est pas forcément rappelé instantanément qu'il fut ministre de la Défense de la guerre du golfe de 1991, nommé à ce poste suite à la démission de J.P. Chevènement ! ).

Outre J-L Mélenchon et Marc Dolez, deux autres parlementaires socialistes ont rejoint le PG : Jacques Dessallangre, député de l'Aisne, et François Autain, sénateur de Loire-Atlantique.

L'intervention de Marc Dolez fut brève et concise, et fut à vrai dire la seule à comporter des engagements politiques, précis et concrets qui sont apparus à la salle comme engageant le PG en formation, bien qu'ils n'y aient été formulés que lors de cette intervention. Contre les licenciements : moratoire sur les suppressions d'emplois à PSA et Renault, La Redoute, Amora, Latécoère, etc., interdiction des "licenciements boursiers", rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement, droit de veto aux comités d'entreprises. Pour les salaires : indexation des salaires, retraites et minima sociaux sur le coût de la vie, SMIC à 1500 euros nets tout de suite, garantie de la retraite à 60 ans à taux plein et refus de l'augmentation du nombre d'année de cotisations. Pour l'école publique et les services publics : rétablissement des postes supprimés cette année dans l'éducation nationale, retrait des projets Darcos de la maternelle à l'université et de la loi Pécresse et engagement à les abroger ; refus de la privatisation de la Poste sans oublier l'abrogation des directives européennes qui y poussent (et qui prévoient la libéralisation totale du marché à compter de 2011), retrait et engagement à abroger la loi Bachelot contre l'hôpital public.

Répétons toutefois que ces points qui formèrent la substance du discours de Marc Dolez, et dont plusieurs se retrouvent dans le tract du PG pour un "bouclier social", qui aborde aussi la question du logement (moratoire sur les prêts-relais) et du contrôle social des banques, ne constituent pas le programme du PG, programme dont l'exposé revenait à J-L Mélenchon dans le discours final.

Avant celui-ci, Oscar Lafontaine, ancien dirigeant du SPD allemand, candidat battu à la chancellerie en 1990 en raison de son hostilité à la réalisation de l'unité de l'Allemagne exigée massivement par le peuple dans la rue dans la RDA stalinienne qui s'effondrait, président du SPD en 1995 puis ministre des Finances en 1998, démissionnaire en 1999 (J-L Mélenchon condamnait à l'époque cette démission, lui opposant son soutien et sa participation prochaine au gouvernement Chirac-Jospin en France), devenu alors un opposant aux politiques libérales et social-libérales, ayant formé le "parti de gauche" allemand, premier tenant du titre, Die Linke, en se regroupant avec une association impulsée par des syndicats, puis avec le PDS (PC rénové issu de l'ancien parti-Etat-police de RDA), Oscar Lafontaine, donc, fit un discours attendu, dans un excellent français, dans lequel il présenta le socialisme français, c'est-à-dire pour lui celui de François Mitterrand et du congrès d'Epinay, comme l'alternative à "Bad-Godesberg" et à la droitisation de la social-démocratie, déplorant que celle-ci ait renoncé au réformisme en raison de la chute du mur de Berlin, qui semble bien être toujours resté un évènement malheureux à ses yeux ; et il accorda sa confiance et ses espoirs en la réussite du PG français, susceptible de réussir comme a réussi, selon lui, Die Linke en Allemagne.

Cette perspective vaut que l'on s'interroge, car la réussite dont il est ici question est celle de la création d'un petit parti à la gauche du social-libéralisme officiel occupant un espace électoral réel, mais réduit. La réussite que souhaitent au fond du coeur les militants réunis ce samedi, c'est autre chose : c'est vaincre Sarkozy. L'ampleur de la crise financière, économique, sociale, environnementale, qu'invoquent à juste titre tous les orateurs, conduit à une crise politique et sociale combinée, peut-être avant l'échéance électorale des Européennes en juin prochain. La perspective que des millions recherchent, c'est un débouché politique par rapport à ça. Pas l'occupation d'un "vide politique" laissé sur sa gauche par la droitisation du PS, ce à quoi nous a simplement invités Oscar Lafontaine, qui semble en effet très satisfait de la manière dont pour sa part il pense occuper présentement le dit espace vide. Ce n'est pas faire du sectarisme que de rappeler qu'en ce moment même les enseignants berlinois sont en grève contre la politique social-libérale d'un gouvernement local de coalition auquel participe Die Linke ...

Jean-Luc Mélenchon dans son grand discours final a fait des effets rhétoriques auxquels ses auditeurs sont habitués, notamment cet oecuménisme que, pour partie, nous partageons : nous sommes tous des sans-culottes, des trotskystes, des altermondialistes, et aussi des Chavez et des Lafontaine, nous assumons tous les fleuves et les ruisseaux de l'histoire du mouvement ouvrier, de la gauche, et aussi de la République française, a-t-il répété devant une salle heureuse de cette tonalité rassembleuse. Là dessus, il a présenté le "programme" du PG, qui doit constituer pour lui un mandat parlementaire :

1) inverser l’ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes : salaires, sécurité sociale, service public, en se finançant par la récupération des dix points de la richesse nationale passée des poches du travail à celle du capital.

2) installer la planification écologique pour engager la transition entre le modèle de production, de consommation et d’échange actuel et le modèle de développement écologique.

3) réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société dans notre pays, passer à la sixième république parlementaire, garantir le droit de citoyenneté dans l’entreprise.

4) tourner la page du modèle de construction libérale de l’Europe dont le Traité de Lisbonne est le lamentable programme.

Ces 4 thèmes sont ceux là mêmes sur lesquels, notons-le, s'est opéré dans le PS, avant son récent congrès de Reims à l'orée duquel J-L Mélenchon et M. Dolez ont fait connaître leur démission, le regroupement dans la motion C (motion "Hamon"), qui fut le seul évènement nouveau, mais non des moindres, dans l'évolution politique récente à la base du PS : sauf le point sur une "république parlementaire" qui est encore moins clair dans la motion "Hamon" qui parle cependant de sortie de la V° République, c'est la même base politique qui a permis le regroupement de 24 000 votants à la base du PS, dont un millier, selon J-L Mélenchon, l'ont suivi depuis avec M. Dolez.

La perspective politique à atteindre pour J-L. Mélenchon passe par une défaite électorale du PS, à l'intérieur de la gauche, pour qu'il soit devancé par un "front de gauche" bâti sur le programme qu'il propose, condition selon lui pour qu'une majorité de gauche soit possible, dans laquelle, si l'on comprend bien, le PS "social-libéral" serait la force d'appoint, les rôles électoraux étant inversés. C'est ce qu'il nomme la "mise en quarantaine du social-libéralisme" -mais "social-libéralisme" ici veut dire "PS", tout le PS et rien que le PS, ce qui demanderait discussion ...- comme précondition à toute majorité de gauche, à toute alternative politique à Sarkozy. Et l'étape décisive est une alliance du PG avec le PCF -celle-ci est déjà acquise, elle avait à l'évidence été convenue avec la direction du PCF avant la sortie de  J-L. Mélenchon du PS- et le NPA aux élections européennes pour être devant le PS. Ceci signifie pour les sept mois allant de maintenant aux élections européennes au moins envers le PS une attitude en fait similaire à celle d'Olivier Besancenot : pas d'alliances, pas de proposition de faire, contre Sarkozy, la droite et le capitalisme, un gouvernement représentant les travailleurs, pas d'actions communes, l'alternative gouvernementale à Sarkozy étant conditionnée par la défaite du PS, proclamé mort et enterré comme parti réformiste issu du mouvement ouvrier depuis la seconde exacte, ni avant ni après, où J-L. Mélenchon l'a quitté. J-L. Mélenchon se veut par contre unitaire du côté du NPA, mais en  tout état de cause cette stratégie, entièrement construite autour du scrutin  européen de juin 2009, peut s'entendre aussi bien dans le cas où une liste unique du "front de gauche" dépasserait le PS que dans le cas où les listes "front de gauche" et NPA le dépasseraient par leurs scores additionnés.

En explicitant complètement les choses, l'alternative politique à Sarkozy doit selon J-L. Mélenchon émerger des élections européennes, alors que six mois de crise sociale probable nous en sépare, pour qu'aux élections suivantes, les présidentielles et législatives de 2012, le "front de gauche" conduise l'ensemble de la gauche à la victoire, et à un gouvernement qui, selon les combinaisons possibles, pourrait être un gouvernement PG-PCF, PG-PCF-NPA, PG-PCF-NPA-PS (un PS soumis, dompté et puni après sa supposée "mise en quarantaine") ou PG-PCF-PS, le noyau étant dans tous les cas PG-PCF. On pourrait ironiser sur l'audace qui permet d'envisager, de fait, de donner un tel rôle pivot et central à deux organisations dont l'une, très vieille, est tombée en dessous de 2% aux dernières présidentielles et dont l'autre vient juste d'être proclamée et n'a naturellement pas subi l'épreuve du suffrage universel. Mais ce serait déplacé : il
y  a l'état des forces à un moment donné et il y a la dynamique possible, et  l'audace n'est pas critiquable en soi, elle est l'expression du courage  politique et oui, il faut de l'audace pour ouvrir les brèches dans lesquelles  les grandes masses peuvent s'engouffrer pour se frayer leur propre issue. Une  telle audace eût été possible en 2005 au lieu de faire la synthèse avec Hollande et Royal au congrès du PS du Mans qui a suivi, et peut-être aux élections présidentielles de 2007 pour au moins empêcher l'orientation  antisocialiste de la campagne de Ségolène Royal de faire gagner Sarkozy en  désorientant une partie des électeurs, voire pour lui passer devant. Son  audace est une qualité de J-L. Mélenchon, mais la question est celle de  l'orientation et de la stratégie politiques.

Résumons-les : il fonde un nouveau parti sur un programme en 4 points d'esprit, disons,  réformiste et keynésien que l'on retrouve sans grandes différences à la gauche du PS dont il provient, et propose de le mettre en oeuvre légalement en ayant gagné les élections, donc dans les délais prévus par les institutions actuelles (en principe : présidentielles en 2012 et législatives dans la foulée), nouveau parti qui, avant même d'exister, a un accord avec la direction du PCF pour une liste commune aux élections européennes dont le but affiché est de prendre le maximum de voix au PS. Ce résumé est peut-être un peu caricatural, mais les caricatures quand elles sont vraies ont du bon, car elles font ressortir les choses effectives par delà les impressions et les espoirs légitimes.

Plusieurs camarades nous ont, et nous le comprenons fort bien, interpellés ces jours pour savoir si nous nous intégrons entièrement dans la logique de construction de ce nouveau parti. Militant est une association de travailleurs qui non seulement tolère, mais qui préconise la double appartenance aux partis existants dans la gauche et le mouvement ouvrier ; elle peut le faire parce que son programme est l'émancipation des travailleurs et la socialisation du capital, le renversement du capitalisme, son objectif immédiat est d'aider à l'unité du monde du travail et de la jeunesse en France pour défaire et chasser Sarkozy, et ses revendications urgentes portent sur le pouvoir d'achat, les salaires et l'emploi. Nous portons, ouvertement et sans sectarisme, ces propositions directement auprès des travailleurs, des jeunes, des sans-papiers, et dans les partis et organisations existants. Il va donc de soi que le PG et ceux qui sont en train de s'y regrouper ont tout notre intérêt et notre sympathie, et que Militant sera présent parmi eux. Mais notre programme vise plus loin. Pour tout dire, savoir s'il y aura en France à la suite des élections européennes une force politique à la gauche du PS ou si celle-ci aura même devancé le PS n'est pas du tout une question fondamentale par elle-même à nos yeux. Ce qui est fondamental, c'est de savoir si la masse du peuple de gauche, et non pas seulement telles ou telles couches militantes, va imposer l'unité dans la grève et dans la rue contre Sarkozy et aura le plus tôt possible un gouvernement qui la représente réellement. Et ce combat là requiert d'être présents aussi au PS et au PCF qui n'ont, ni l'un ni l'autre, disparu du champ politique du monde du travail.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 21:52

Arrestation et perquisition chez des membres belges du Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre

25 novembre, 20H : création à Bruxelles d'un Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre arrêtés dans le cadre de l'enquête sur les sabotages des TGV en France. Les neuf inculpés sont poursuivis pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et cinq d'entre eux sont maintenus en détention provisoire après une garde à vue de 96 heures et une opération très médiatisées dans le petit village de Tarnac.

27 novembre, 10H45 : lors d'un contrôle routier sous caméras de repérage, un membre du Comité fraîchement créé est interpellé à Bruxelles parce que la voiture qu'il conduit est signalée dans le fichier Schengen. Alors que lui-même ne fait l'objet d'aucun signalement de recherche, il est immédiatement arrêté et menotté lorsque les policiers découvrent des documents relatifs au Comité. La voiture, un rétroprojecteur et tous les documents trouvés dans le véhicule sont saisis. L'automobiliste est emmené au commissariat de la rue Marché au Charbon et maintenu menotté à un banc et sans pouvoir manger de 11 H du matin à 20H. Il est interrogé par des inspecteurs du Parquet fédéral qui l'interrogent au sujet du Comité et cherchent à savoir qui est le responsable du Comité de soutien. A 20H il est emmené avec trois voitures de police place du Jeu de Balle.

27 novembre, 20H : sept inspecteurs du Parquet fédéral font irruption au domicile de Philippe Simon, au-dessus de la librairie « Imaginaire », place du Jeu de Balle à Bruxelles. Pendant deux heures, en l'absence de Philippe Simon, munis d'un mandat de perquisition sur lequel était mentionnées apparemment les infractions « association de malfaiteurs » et « détérioration en réunion », les policiers fouillent minutieusement l'appartement et copient tous les fichiers de son ordinateur pour finalement emporter celui-ci. Des revues politiques et des cd ont également été saisis.

28 novembre, 1H : le membre du comité est relâché mais la voiture, la liste d'adresse électronique et tout le matériel du Comité sont saisis.

Cette arrestation, cette perquisition et ces saisies laissent présumer qu'une procédure pour faits de terrorisme a été ouverte en Belgique en relation avec les événements français. S'organiser en vue de soutenir des personnes incriminées pour terrorisme est désormais criminalisé. Détenir des documents relatifs à un Comité de soutien est directement prétexte à arrestation, perquisition. La saisie des documents du Comité et d'un fichier d'adresses est inacceptable. Les adresses des personnes reprises dans le fichier saisi apparaissent dorénavant dans une enquête pour faits de terrorisme ! Dorénavant ils peuvent craindre d'être poursuivis eux-mêmes. Philippe Simon et le membre du Comité de soutien arrêté se voient également, tous deux, associés avec l'enquête menée en France. Ceci est excessivement grave.

Il y a clairement amalgame entre lutte politique et terrorisme. Le Comité de soutien bruxellois aux inculpés du 11 novembre s'est constitué non seulement pour obtenir la remise en liberté des personnes arrêtées en France mais également pour dénoncer les législations anti-terroristes qui prolifèrent partout en Europe. L'utilisation du terme « terrorisme » pour qualifier les idées portées par certaines personnes constitue une épée de Damoclès qui plane au-dessus de toutes les formes d'actions politiques et sociales. Cet incident en est une nouvelle preuve.

Selon nous, les opérations de police de ce 27 novembre sont clairement une tentative d'intimidation à l'encontre du Comité de soutien bruxellois. Nous dénonçons catégoriquement ces pratiques. Nous exigeons la restitution immédiate des objets et documents saisis. Nous protestons à nouveau contre l'existence et l'utilisation de ces législations anti-terrorisme ainsi que la libération des inculpés français.

Comité de soutien bruxellois aux inculpés du 11 novembre

http://www.soutien11novembre.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=16&Itemid=20

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 22:30



http://www.liberation.fr/medias/0101304421-on-n-est-pas-plus-cons-que-les-americains

«On n’est pas plus cons que les Américains !»

ENTRETIEN

Médias. Alain de Pouzilhac doit réunir RFI, TV5 et France 24.

Recueilli par RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS

Alain de Pouzilhac, 63 ans, est le président d’un drôle de machin dont la loi sur l’audiovisuel vient d’officialiser la création : l’audiovisuel extérieur de la France, un holding qui rassemble RFI, TV5 Monde et France 24. Bref, les voix de la France. Lesquelles déraillent régulièrement, surtout depuis que Pouzilhac est secondé par Christine Ockrent, compagne du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Avez-vous viré Ulysse Gosset parce qu’il a rudoyé Bernard Kouchner lors du débat le Talk de Paris, sur France 24 ?

Bernard Kouchner n’a même pas été évoqué dans l’affaire Ulysse Gosset. C’est vrai que ça fait plus chic de dire «je suis viré parce que je suis impertinent, voyez comme je suis un grand journaliste», plutôt que «mon contrat arrive à échéance et je repars dans ma société d’origine»… Je vous rappelle la genèse : France 24 est composée à 50/50 de TF1 et France Télévisions qui nomme le directeur général éditorial, Ulysse Gosset, en novembre 2005 pour un contrat de trois ans. Au printemps 2006, on se rend compte que l’osmose ne se fait pas avec la rédaction et à l’été 2006, il devient responsable d’une émission, le Talk de Paris. Son contrat est un peu revu à la baisse [160 000 euros par an au lieu de 220 000 euros, ndlr]. En 2008, nous réfléchissons à la nouvelle grille : on demande aux leaders d’opinion de quatre pays ce qui est apprécié ou pas. Là, on se rend compte avec effroi que le Talk de Paris, qui est l’émission la plus chère de France 24, a l’audience la plus petite. Le contrat d’Ulysse arrivant à échéance le 27 novembre 2008, on lui dit qu’il ne sera pas reconduit et qu’il repart chez France Télévisions. C’est la fin du contrat d’un homme non performant. C’est aussi simple que ça.

Et votre salaire ? Il paraît qu’à vous deux, Christine Ockrent et vous touchez un million d’euros…

C’est absolument faux. Je gagne moins en tant que président de l’audiovisuel extérieur de la France, que je gagnais en tant que président de France 24 [où il touchait 330 000 euros par an, ndlr].

Il y a eu, à l’Assemblée nationale lors de l’examen des articles sur l’audiovisuel extérieur, de sévères attaques contre Christine Ockrent, Noël Mamère dénonçant des «relations incestueuses»…

Monsieur Mamère a été indigne. Cette femme est une très grande journaliste, elle a une expérience internationale sans commune mesure, elle a fait ses preuves à CNN, dans l’audiovisuel privé et public, et parce qu’elle est heureuse avec le ministre des Affaires étrangères, elle ne doit plus travailler ?

Tout de même, à chaque conflit, que ce soit Ulysse Gosset, ou Richard Labévière viré de RFI après une interview de Bachar al-Assad, c’est le nom d’Ockrent et de Kouchner qui apparaît. Pourquoi l’avoir recrutée, du moins si vous avez eu le choix ?

C’est injuste. L’histoire de Richard Labévière n’a rien à voir avec Christine Ockrent. Dans une entreprise, il y a des lois et des règles. On ne fait pas croire à la direction de la rédaction de RFI qu’on fait une interview exclusive de Bachar al-Assad pour RFI quand on la fait pour TV5. Mettre ça sur les épaules de Christine, c’est dégueulasse !

Au départ, TF1 a investi 17 500 euros au capital social de France 24 et va en sortir moyennant 2 millions d’euros ainsi qu’un contrat de fourniture d’images. Est-ce moral ?

Quand on leur a demandé de sortir, les gens de TF1 ont considéré que leur 50 % avaient une valeur qu’ils ont estimée à 90 millions d’euros, puis 15 millions ; finalement, ils partiraient avec 2 millions. Il semble que la négociation soit bonne. France Télévisions touchera aussi 2 millions d’euros.

Et combien pour le contrat d’images ?

Il y a en a trois. Un contrat France Télévisions pour des images d’actualité d’un montant de 1 million d’euros. Et deux contrats TF1 : les images d’archives à hauteur de 800 000 euros et les images d’Eurosport à hauteur de 900 000 euros. Tous ces contrats seraient signés pour 7 ans. On n’attend plus que la signature de TF1.

Votre décision de supprimer 6 des 19 langues à RFI (1) crée des remous syndicaux et diplomatiques. Allez-vous faire machine arrière ?

Quel est l’objectif de l’audiovisuel extérieur de la France ? C’est moderniser et dynamiser. Quand vous arrivez chez RFI, vous êtes frappé par une chose : vous avez des journalistes qui ont une vraie expertise internationale, un vrai talent. Mais c’est une société qui est engoncée dans des habitudes inchangées depuis vingt ans. Exemple : le mur de Berlin tombe il y a dix-neuf ans et on ne prend pas en compte les conséquences ! Avec la révolution technologique, n’est-il pas légitime de regarder s’il ne faut pas plus réorienter une langue ou la développer sur Internet ?

C’est parce que le mur de Berlin est tombé que vous supprimez l’allemand ?

Personne n’écoute ! Ça vous viendrait à l’idée d’écouter Deutsche Welle en français à Paris ? Le service public a une première mission : être écouté, regardé, consulté. On peut aussi se demander si les nouvelles technologies ne sont pas plus performantes pour RFI. Prenez le mandarin. En Chine, les ondes courtes et moyennes touchent 4 % de la population soit 55 millions de personnes ; avec Internet, c’est 257 millions. Donc on va peut-être développer le mandarin via des webradios. En Ile-de-France, la totalité des langues diffusées sur RFI en ondes moyennes fait moins de 0,1 % d’audience. Mais enfin mes enfants, cet argent, mettons le ailleurs ! Vous ne croyez pas qu’il y a des préoccupations plus importantes ? La langue arabe par exemple pour laquelle on réfléchit à développer un pôle entre France 24 et Monte Carlo Doualiya [radio arabophone qui fait partie de RFI, ndlr]. Voice of America avait beaucoup baissé au
Moyen-Orient, ils ont fait des études sur l’audience et ils ont repris 15 % à 18 % de parts de marché : on n’est pas plus cons que les Américains!

Ces suppressions auront-elles des conséquences sociales sur RFI ?

On étudie les conséquences avec les partenaires sociaux.

Est-ce que le nouveau mode de nomination des présidents de l’audiovisuel public - dont vous êtes - vous choque ?

J’aurais mauvaise grâce à être choqué puisque j’ai été nommé comme ça, par décret du président de la République !

L’audiovisuel extérieur, c’est un merdier velu, tout de même. C’est quoi votre feuille de route ?

Elle est simple : il faut reconquérir nos audiences pour TV5 Monde, RFI et Monte Carlo Doualiya, les consolider pour France 24. Il faut devenir un média global. Il faut un audiovisuel extérieur de la France qui à la fin de 2013 soit mieux organisé, moins coûteux et plus fort. Il faut donner ce regard français en différentes langues et en français pour faire une génération de francophiles.

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 22:02

Communiqué de presse de Véronique De Keyser, Députée européenne belge (PS)

"Une décision hâtive et une erreur politique de la Présidence française"
déclare la députée européenne Véronique de Keyser.

La décision prise ce lundi par la Présidence française de brusquer le
rehaussement du statut d'Israël est une erreur lourde commise par le
Président Sarkozy, déclare Véronique De Keyser.

"Des centaines de mails nous sont parvenus ces derniers jours manifestant
l'incompréhension des citoyens européens devant cette décision.

Le Parlement européen n'a pas de droit de regard sur la revalorisation
politique d'un pays, il ne peut se prononcer que sur la participation de
ce pays aux programmes communautaires. Et sagement, dans le respect de ce
que les citoyens européens, le Parlement avait décidé d'ajourner son vote
jusqu'à ce que les choses changent sur le terrain" déclare Véronique De
Keyser.

Le Conseil, divisé sur la question, mais pressé par l'équipe du Président
Sarkozy, a foncé et pris le mors aux dents.

Le Secrétaire d'Etat, Pierre Jouyet, avait déclaré en séance plénière du
Parlement : " Nous aurons ainsi plus d'influence sur Israël pour apporter
des améliorations sur le terrain".

Si l'histoire ne lui donne pas raison - et l'impasse dans laquelle se
trouve le processus d'Annapolis ne plaide pas en sa faveur, on aura signé
un chèque en blanc à Israël, et pas nécessairement à ceux qui, dans ce
pays, veulent la paix. En attendant, le blocus de Gaza continue !

 

http://www.ism-france.org

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 22:07

La 10ème Rencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers.

Proclamation de Sao Paulo

Le socialisme est l’alternative !

Le monde fait face à une crise économique et financière grave et de grande ampleur. C’est une crise capitaliste, qui ne peut pas être dissociée de la nature et des contradictions insolubles du système capitaliste. Il s’agit probablement de la crise la plus grave depuis la Grande Dépression qui avait commencé par le crash de 1929. Comme toujours, les travailleurs et les peuples sont les principales victimes.

La crise actuelle est l’expression d’une crise plus profonde, inhérente au système capitaliste. Elle illustre les limites historiques du Capitalisme et la nécessité de son renversement révolutionnaire. La crise actuelle représente aussi une lourde menace de régression sociale et démocratique.

Elle fournit, comme l’Histoire l’a montré, une base pour des mouvements autoritaires et militaristes. Cela exige plus de vigilance de la part des partis communistes et de toutes les forces démocratiques et anti-impérialistes.

Tandis que des milliards des ressources publiques sont mobilisés pour sauver ceux qui sont responsables de cette crise (grand capital, haute finance et spéculateurs) , travailleurs, petits paysans, couches moyennes, et tous ceux qui travaillent pour vivre suffoquent sous le poids des monopoles et vont subir encore plus d’exploitation et de chômage, la réduction de leurs retraites salaires, l’insécurité, la faim et la pauvreté.

De puissantes campagnes idéologiques de diversion cherchent à dissimuler les véritables origines de la crise et de bloquer la voie vers des solutions qui seraient dans l’intérêt des masses populaires, qui favoriseraient un nouvel équilibre du pouvoir, un nouvel ordre international en faveur des forces populaires, de la solidarité internationale et de l’amitié entre les peuples. Les principales puissances capitalistes, à commencer par les USA, l’Union Européenne et le Japon, utilisent les organisations internationales qu’elles dominent, FMI, Banque Mondiale, Banque Centrale Européenne, OTAN et autres.

Elles manipulent également l’ONU pour qu’elle se conforme à leurs besoins. Elles travaillent frénétiquement sur des « solutions », qui sont elles-mêmes les germes de nouvelles crises, et tentent de secourir le système à court terme et de renforcer les mécanismes de l’exploitation impérialiste et de l’oppression.

En recourant à des boucs émissaires et en insistant sur des options erronées pour la « régulation », l’ « humanisation » et la « réforme » du capitalisme, elles cherchent à sauver les apparences en laissant les choses en l’état. Les partis qui soutiennent le capitalisme ont accepté en hâte les dogmes du « Consensus de Washington » qui a nourri le financement spéculatif brutal de l’économie. La social-démocratie, dissimulant sa complaisance pour le néolibéralisme et sa transformation en pilier de l’impérialisme, tente un retour tardif vers une « régulation » de type keynésien qui laisse intacte la nature de classe du pouvoir et des rapports de propriété. Elle cherche précisément à éviter l’affirmation des alternatives révolutionnaires pour les travailleurs et les peuples.

Mais cette perspective n’est pas inévitable.

Comme l’histoire l’a montré à d’autres moments, les travailleurs et les peuples, s’ils s’unissent, peuvent agir sur le cours des événements économiques, sociaux et politiques. Ils peuvent arracher, dans leur intérêt, d’importantes concessions au grand capital, éviter les fuites en avant vers le fascisme et la guerre, ouvrir le chemin à de profondes transformations à caractère progressiste et même révolutionnaire.

Le panorama international est celui d’une lutte de classes qui s’aiguise de plus en plus. L’humanité traverse l’un des moments les plus difficiles et les plus complexes de son histoire : une crise économique globale qui coïncide simultanément avec une crise énergétique et alimentaire et une crise environnementale sérieuse, un monde de profondes injustices et d’inégalités, de guerres et de conflits. La scène est celle d’un carrefour historique que traversent deux tendances contradictoires. Il y a, d’un côté, de grands dangers pour la paix, la souveraineté, la démocratie, pour les droits des peuples et des travailleurs. Il y a, de l’autre, un immense potentiel pour les luttes et la progression de la cause de l’émancipation des travailleurs et des peuples, la cause du progrès social et de la paix, la cause du socialisme et du communisme.

Les Partis Communistes et Ouvriers qui se sont rassemblés pour leur 10ème Rencontre tenue à Sao Paulo saluent les luttes populaires qui émergent à travers le monde contre l’exploitation impérialiste et l’oppression, contre les attaques croissantes sur les conquêtes historiques du mouvement des travailleurs, contre l’offensive militariste et anti-démocratique de l’impérialisme.

Nous insistons sur le fait que la banqueroute du néolibéralisme représente non seulement un échec de la politique de gestion du capitalisme mais l’échec du capitalisme lui-même. Nous sommes confiants dans la supériorité du projet et des idéaux communistes. Nous affirmons que la réponse aux aspirations des travailleurs et des peuples à l’émancipation ne peut être trouvée que dans la rupture avec le pouvoir du grand capital, avec les blocs et les alliances impérialistes, et à travers de profondes transformations libératrices et anti-monopolistes.

Nous affirmons notre conviction que le socialisme est l’alternative et la voie qui mène vers une indépendance réelle et totale des peuples, la voie pour affirmer les droits des travailleurs, la voie unique pour mettre un terme aux crises destructrices du capitalisme. Nous appelons la classe ouvrière, les travailleurs et les peuples à travers le monde à se joindre à la cause des communistes et des révolutionnaires et, unis autour de leurs intérêts de classe et de leurs légitimes aspirations, à prendre en main la construction d’un avenir de prospérité, de justice et de paix pour l’Humanité. Dans ce sens, des conditions apparaissent pour la convergence des luttes et des résistances des peuples dans un large mouvement contre la politique capitaliste mise en oeuvre dans la crise ainsi que contre les agressions impérialistes qui menacent la paix.

Certains de la possibilité d’un autre monde, un monde libéré de l’exploitation de classe et de l’oppression par le capital, nous déclarons notre engagement à poursuivre notre marche sur le chemin historique de la construction d’une société nouvelle débarrassée de l’exploitation de classe et de l’oppression, une société socialiste.

Sao Paulo, 23 novembre 2008


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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 21:57

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article118

Progrès du refus de l’euro-atlantisme au sein du PCF

A PROPOS DU 34ème CONGRES DU PCF
ENTRETIEN D’EMMANUEL DANG TRAN au journal Rizospastis, organe central du Parti Communidte de Grèce

dimanche 7 décembre 2008, par Comité Valmy

Le blog vivelepcf.over-blog.fr vient de publier une série de compte-rendus de congrès départementaux du PCF. Ils indiquent que la direction du parti, disposant de l’appareil, peut encore manoeuvrer pour circonscrire le débat interne et écarter antidémocratiquement, une forte proportion des opposants partisans d’une ligne classe, des délégations au 34ème Congrès. Cependant, la lutte idéologique progresse dans le bon sens, celui de l’exigence du retrait de la France de l’Otan et du rejet de l’intégration dans l’Union Eurpéenne supranationale et capitaliste à perpétuité. A l’extérieur et à l’intérieur du PCF, les combats pour un authentique parti communiste, s’ils se conjuguent représentent certainement aujourd’hui, une force décisive. Le Comité Valmy publie ci-dessous, le point de vue d’Emmanuel Dang Tran, membre du CN du PCF.

Claude Beaulieu



Emmanuel DANG TRAN est membre du Conseil national du PCF depuis le 33ème congrès de 2006 et secrétaire de la section du 15ème arrondissement de Paris. Il fait partie des initiateurs du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » qui a été approuvé par 25% des adhérents face à la motion de la direction sortante.

Dans les jours suivants, aura lieu le congrès de votre parti. Quelle est l’idée centrale du congrès et le but posé par les chefs du parti ?

Le 34ème congrès de notre parti arrive après trois années d’affaiblissement sans précédent de son influence, aux élections (Marie-George Buffet a obtenu seulement 1,9% à la présidentielle de 2007) comme en forces organisées.

L’existence même du Parti et sa nature sont en débat.

La direction sortante analyse le recul comme la conséquence d’une « crise mondiale du communisme », de l’inadaptation à un « monde nouveau » de la forme et de la théorie des partis communistes historiques. Elle met donc à l’ordre du jour du congrès la poursuite des « transformations » du Parti engagées depuis plusieurs congrès et notamment le 30ème en 2000. Ces transformations pourraient aller jusqu’à une « métamorphose ».

Elle veut engager le Parti dans de nouveaux reniements idéologiques et dans une recomposition politique continuant l’effacement de ce qu’il représente comme seul parti de masse et de classe révolutionnaire dans l’histoire de notre pays.

Le Parti de la gauche européenne et le parti allemand « Linke » sont les modèles. Alors même que le congrès n’a pas eu lieu et n’a pas fixé sa ligne sur l’Union européenne, la direction sortante a décidé de se fondre dans une coalition pour les élections européennes de juin avec une partie de la social-démocratie. Quelques dirigeants du Parti socialiste viennent de quitter leur parti pour créer un « Parti de la gauche ».

La section du 15ème arrondissement de Paris a pris l’initiative de faire circuler un texte, où sont exprimées des opinions différentes des choix stratégiques prises par les chefs du parti. Ce texte a été approuvé par 25% des membres du parti. Quel est son contenu exact

Nous ne sommes pas seuls ! Notre section fait partie des initiateurs du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », mais il est le résultat d’un travail collectif avec d’autres organisations du PCF qui s’étaient déjà opposées à la ligne de la direction.

L’exigence du maintien et du développement de notre parti est au cœur de notre texte. Mais il ne s’agit évidemment pas pour nous de garder simplement le nom et le sigle « PCF » tout en continuant à le laisser vider de sa substance, comme c’est le jeu de certains groupes de la direction sortante.

Notre texte pose la nécessité de rompre avec la stratégie suivie depuis les années 90 dont devons faire le bilan sans complaisance. Nous considérons qu’elle est la principale responsable du recul du Parti, aux élections mais aussi dans le mouvement social.

Pour nous, la rupture passe par le retour à une analyse de classe, marxiste, de l’économie et de la société françaises et par le retour à une conception de parti de lutte.

La perspective politique que doit porter le PCF ne peut pas être une victoire de la gauche aux élections de 2012. Elle passe par la mise en échec immédiatement de la politique au service du capital. Les mobilisations populaires sont très fortes dans notre pays et prennent de plus en plus un caractère d’intérêt général, pour les services publics, le droit du travail, la protection sociale, la défense de l’industrie… Avec la crise financière, l’idéologie dominante est affaiblie. Il est plus nécessaire que jamais que le PCF retrouve le chemin des luttes et porte une perspective révolutionnaire au lieu de continuer à se transformer en parti institutionnel « comme les autres ».

Précisément, notre parti doit rompre avec la stratégie d’alliances au sommet et avec l’alignement derrière le Parti socialiste. La participation à un gouvernement de « gauche » entre 1997 et 2002 qui a fidèlement servi les intérêts du patronat est une des premières causes de notre perte de crédibilité.

Notre parti doit retrouver un programme de rupture avec le capitalisme, notamment en remettant en avant l’exigence de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange, immédiatement de nationalisation de certains secteurs clés.

Il doit se dégager de la logique de l’intégration européenne. L’UE est un projet capitaliste depuis le départ, contradictoire avec le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que nous voulons. Notre parti ne doit pas accepter et même promouvoir l’intégration européenne, comme le font certains de ses dirigeants, mais la combattre, aider notre peuple à refuser les traités et les directives européennes. La victoire du NON en 2005 à la constitution européenne en France puis aux Pays-Bas puis en Irlande a montré les possibilités de résistance des peuples, dans une perspective internationaliste.

Au plan international, notre texte demande la remise en question de l’adhésion du PCF au PGE et un renforcement de la coopération avec les partis communistes et ouvriers du monde entier. La réunion de Sao Paulo du 21 au 23 novembre a été tout simplement passée sous silence dans notre journal l’Humanité. Nous proposons de lancer une campagne pour la sortie de la France de l’OTAN et pour le retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan. Nous appelons à une relance de la solidarité internationaliste, notamment avec Cuba.

Une grande partie de notre texte concerne l’organisation du PCF. Nous demandons en particulier que les cellules de quartier et d’entreprise, directement orientées vers la lutte, soient reconstituées et qu’elles redeviennent le lieu de souveraineté des communistes dans le Parti.

Au total, notre texte s’oppose dans toute sa cohérence aux choix stratégiques engagés depuis les congrès des années 90 et que la direction sortante veut prolonger jusqu’au bout. Un grand nombre de camarades n’ont pas voté pour notre texte, de peur notamment de montrer une nouvelle division dans un parti affaibli, mais en partagent de grandes lignes.

Selon vous quelle sera la réaction des participants au congrès ?

La direction sortante est en grande difficulté sur le fond. Même si les délégués au congrès ne reflèteront pas entièrement ce qui s’est exprimé dans le parti, il sera difficile de ne pas en tenir compte.

Le texte de la direction, délibérément flou et confus, esquivant tout bilan, n’a obtenu que 22.000 voix sur 134.000 adhérents revendiqués. La direction n’a pas de légitimité pour continuer à « métamorphoser » le Parti. Pour la première fois les textes alternatifs réunissent 40% des votes exprimés (15.000 voix). A côté de notre texte, un autre semblant s’opposer à la ligne de la direction, avait aussi été déposé par les adhérents d’un groupuscule trotskyste, inconnus de la plupart des camarades. Soutenu par la direction, il a servi de diversion devant la montée de notre démarche.

Notre texte a été porté par des dizaines d’organisations du Parti, cellules, sections, fédérations à travers le pays. C’est la première fois que la contestation de la stratégie de disparition du PCF part aussi largement d’organisations militantes de base. Le résultat du vote traduit une mobilisation des communistes dans plus de 50 villes ou départements. Notre texte l’a emporté dans les deux plus grandes fédérations, le Nord et le Pas-de-Calais, qui sont aussi les plus ouvrières.

Cela ne pourra pas être absent du congrès. La direction sortante, de plus en plus divisée par des luttes internes, ne pourra pas pousser les « transformations » jusqu’où elle veut.

La contestation sur le fond que nous portons avec ces camarades de toute la France, peut devenir plus visible pour servir de point de repère à des milliers de camarades isolés, dont les organisations de base ne fonctionnent plus, pour relancer l’activité communiste, la vie du Parti, un peu partout dans le pays.



 

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 22:32

Etats-Unis: arrestation du gouverneur de l'Illinois accusé d'avoir tenté de vendre le siège d'Obama au Sénat

Mardi 9 décembre, 21h14 (AFP)
     
Le gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich a été arrêté mardi, soupçonné d'avoir tenté de monnayer le siège vacant au Sénat américain du président élu Barack Obama, un scandale "stupéfiant" de corruption qui éclabousse de nouveau cet Etat du nord.

Le gouverneur démocrate, 51 ans, et son directeur de cabinet de 46 ans, John Harris, sont également accusés d'avoir menacé de suspendre l'aide de l'Etat de l'Illinois au groupe de presse du Chicago Tribune afin de "provoquer une purge des éditorialistes du journal", selon un communiqué du bureau du procureur.

"L'ampleur de la corruption contenue dans ces inculpations est stupéfiante", a commenté le procureur Patrick Fitzgerald.

Ces inculpations "stipulent que Blagojevich a mis une pancarte +A Vendre+ sur la nomination d'un sénateur des Etats-Unis, s'est impliqué personnellement dans une pratique de pots-de-vin avec la précipitation d'un vendeur qui doit atteindre son objectif annuel, et a utilisé son bureau de façon illicite pour tenter de bâillonner des voix d'éditorialistes critiques", relève le communiqué.

Le gouverneur "a été arrêté au beau milieu de ce que l'on peut seulement décrire comme une fièvre de corruption politique criminelle", a jugé le procureur lors d'une conférence de presse. "C'est un jour très triste pour le gouvernement de l'Illinois", a-t-il reconnu.

"Le plus scandaleux (...), c'est qu'il a tenté de vendre le siège au Sénat du président élu Barack Obama dont il est le seul à pouvoir nommer le successeur", a martelé M. Fitzgerald.

M. Blagojevich a été confondu par des écoutes autorisées par la justice de discussions portant sur les bénéfices qu'il pourrait tirer du fait que c'est au gouverneur qu'il revient de nommer un sénateur américain quand un siège est vacant, selon l'acte d'accusation de 76 pages.

Dans l'une de ces conversations, Blagojevich se compare à un agent sportif et envisage de se nommer lui-même.

Il explique qu'il "obtiendrait un meilleur salaire s'il était nommé sénateur par rapport à son poste de gouverneur".

Selon l'acte d'accusation, le 5 novembre, au lendemain de l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche, Blagojevich déclarait à un interlocuteur inconnu: "J'ai ce pouvoir et c'est de l'or (juron) et je ne vais pas l'abandonner pour rien (juron). (...) Je peux me parachuter" à ce siège.

Il aurait évoqué plusieurs options: recevoir un salaire substantiel en travaillant pour un syndicat ou une fondation caritative, placer sa femme dans des conseils d'administration où elle pourrait être payée quelque 150.000 dollars par an, occuper un poste d'ambassadeur.

"Les inculpations annoncées aujourd'hui révèlent clairement que le bureau du gouverneur n'était plus rien d'autre qu'un vecteur d'enrichissement personnel (...) tirant la vie politique de l'Illinois vers un niveau encore plus bas", a déclaré Robert Grant, agent spécial au bureau de Chicago du FBI.

M. Blagojevich avait été élu en 2003, sur la promesse de nettoyer la corruption qui avait entouré son prédécesseur, le républicain George Ryan, qui purge une peine de 6 ans et demi de prison pour corruption.

Mais il a été rapidement impliqué dans de nouveaux scandales.

Un de ses proches, "Tony" Rezko, un homme d'affaires également considéré comme un ancien proche de Barack Obama, généreux donateur pour le financement des campagnes électorales des démocrates et républicains dans l'Illinois a été reconnu coupable en juin de fraude, blanchiment d'argent et corruption.

M. Blagojevich est également inculpé pour avoir comploté avec Rezko dans le but d'obtenir des bénéfices financiers pour lui-même et sa famille en échange de contrats ou de nominations dans l'Illinois.

Un porte-parole du gouverneur, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Blagojevich et Harris ont été inculpés de tentative de fraude et de corruption.




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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 22:26

Nouvelle nuit d'émeutes en Grèce après les obsèques d'Andreas

Mardi 9 décembre, 20h54

www.lemonde.fr

Quatre jours après être tombé sous les balles de la police, le jeune Andreas Grigoropoulos a été inhumé, mardi 9 décembre, dans la banlieue sud d'Athènes. Quatre jours après les premières émeutes, la Grèce a une nouvelle fois vécu au rythme des échauffourées. En dépit des appels de la famille à ce que les caméras soient tenues à l'écart, les télévisions grecques ont retransmis en direct l'événement. Plus de 5 000 personnes, dont beaucoup de lycéens, s'était massés devant et dans le cimetière pour assister à la cérémonie. Rapidement, le principal slogan des jeunes Grecs depuis quatre jours a fusé : "Flics, cochons, assassins". Peu après, des incidents ont éclaté non loin du cimetière. Les jeunes ont brisé des vitrines et mis le feu à des poubelles et des habitants du quartier ont affirmé avoir entendu des coups de feu tirés en l'air par des motards de la police.

Dans la soirée, les affrontements ont repris de plus belle. A Patras, dans l'ouest du pays, quelque cinq cents personnes ont attaqué le bâtiment de la direction de la police à coups de pierres et d'engins incendiaires. Les policiers, encerclés, ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. A Athènes et Salonique, des incidents similaires ont eu lieu, jeunes et policiers s'affrontant à coups de cocktails Molotov et de gaz lacrymogènes. Dans la soirée, la tension restait vive, notamment dans le quartier étudiant de la capitale. Les protestataires avaient allumé des feux dans les rues avoisinantes et lançaient divers projectiles contre les forces de l'ordre, qui ont répondu par l'usage de gaz lacrymogènes.Dans tout le pays, les collèges et lycées sont restés fermés mardi en signe de deuil, sur décision du gouvernement. Avant les obsèques, le ministre de l'intérieur, Prokopis Pavlopoulos, et le chef de l'Etat, Carolos Papoulias, avaient appelé les participants à respecter la mémoire de l'adolescent de 15 ans, abattu samedi soir par un policier à Athènes.

Depuis l'annonce de sa mort, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale et de plusieurs autres villes du pays, comme Trikala, Rhodes et Salonique, pour manifester et affronter les forces de l'ordre, laissant derrière eux des magasins, des banques et des voitures incendiés. Les heurts ont fait jusqu'à une cinquantaine de blessés, selon la police, qui annonce par ailleurs l'arrestation d'au moins cent cinquante personnes.

Le premier ministre grec, Costas Caramanlis, qui s'était engagé à ce que l'Etat mette fin aux violences urbaines lundi, a appelé à l'unité nationale après une rencontre avec le chef de l'Etat, Carolos Papoulias.

L'opposition a d'ores et déjà appelé à la démission du gouvernement et à la tenue d'élections législatives anticipées. Mercredi, les transports publics et les transports aériens du pays devraient être paralysés par une grève générale de 24 heures prévue de longue date par les syndicats locaux.


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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:47


 Déclaration des militants syndicaux initiateurs de la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux »
(signée par 4000 militants et dont la diffusion se poursuit)

 

www.forum-tous-ensemble.dyndns.org

Unir les luttes contre le gouvernement, le Medef et l'UE du capital

Les élections prudhomales qui viennent de se tenir constituent un sérieux avertissement à l'ensemble des confédérations syndicales. Le premier enseignement de ce scrutin est en effet le niveau très important de l'abstention (75 %) qui se traduit, si l'on y ajoute les votes blancs ou nuls, par des votes exprimés qui représentent à peine 20 % du corps électoral, alors que les confédérations avaient fait de ces élections leur objectif central du deuxième semestre 2008. Certes, le patronat et le gouvernement n'ont rien fait pour favoriser l'expression des salariés (cela n'étonne personne) mais c'était déjà le cas en 1979 et la participation s'élevait alors à 65 % (et 42 % des voix pour la CGT). Cette abstention massive, lourde de conséquences pour le syndicalisme, traduit en grande partie le désenchantement des salariés vis-à-vis de confédérations qui ne semblent plus en mesure d'assurer la défense des salariés après un quart de siècle de régression sociale euro-formatée, accélérée brutalement par Sarkozy. S'ils ne parviennent à redonner confiance en eux en redressant leur pratique sur la conduite des luttes, la rupture risque de devenir définitive entre les états-majors syndicaux et l'ensemble du monde du travail, syndiqué et non-syndiqué.


Parallèlement, les  salariés ayant voté ont lourdement sanctionné les syndicats les plus marqués dans la collaboration active avec le pouvoir et ont marqué leur volonté de soutenir les organisations les plus ancrées dans la lutte. La CGT a en particulier profité de l'engagement très fort de ses militants à la base qui font tant pour les travailleurs et leurs luttes : c'est là où les syndicats de base impulsent la résistance des travailleurs que la CGT progresse le plus et que la participation est importante.

Ce constat corrobore ce que nous pouvons observer concernant le développement des luttes dans le pays contre les ravages occasionnés par la casse anti-sociale et anti-démocratique imposée par un gouvernement et une UE aux ordres des grands groupes capitalistes : mort programmée du code du travail, travail le dimanche, retraite à 70 ans, licenciements massifs et délocalisations, casse des services publics et des systèmes solidaires (retraites, sécu), baisse des salaires,... alors que le pouvoir fait payer SA crise aux travailleurs et se sert de celle-ci pour accélérer le subventionnement des grands entreprises privées à coups de centaines de milliards d'euros.

Dans l'Education Nationale, la gravité de l'attaque du gouvernement appliquant la stratégie européenne de Lisbonne (suppressions à répétition de dizaines de milliers d'emplois et réformes de la Maternelle à l'Université qui sont en train de casser l'Ecole publique et d'interdire l'accès à une éducation de qualité pour les classes populaires) explique qu'après le grand succès de la grève du 20 novembre, les actions continuent de se développer au niveau local, alors même que les états-majors syndicaux ont décidé de renvoyer au mois de janvier un « éventuel » appel à la grève : blocages et manifestations de lycéens dans de nombreuses villes, grèves locales reconductibles, occupation des établissements scolaires avec le soutien des parents, grève des IUT, AG dans les universités... le tout dans le silence organisé par les médias aux ordres.

Le même silence prévaut d'ailleurs concernant les mobilisations qui se développent dans le secteur automobile dont les grands actionnaires, qui ont accumulé des bénéfices par milliards ces dernières années, profitent de la crise pour sacrifier les travailleurs de France avec le soutien du gouvernement. Chez Renault, Peugeot, Ford, Goodyear ou Michelin, chez les sous-traitants et les équipementiers, le chômage technique, les congés forcés, les suppressions d'emplois et les délocalisations sont à l'ordre du jour contre lesquels les grèves et les manifestations se multiplient.


Enfin, comment ne pas évoquer les luttes en cours à Météofrance, l’ANPE, l’ONF, l’hôpital, la Poste, Air France, la SNCF, la défense des retraites ou de la sécu, les sans-papiers,… Ou même celles de nombreux secteurs non-salariés comme les pêcheurs ou les petits exploitants agricoles ?

C’est bien dans tout le pays et dans toutes les couches populaires que montent les résistances et les actions contre la régression sociale sans limite, mais de manière encore dispersée, par corporations ou par branches même si la base en appelle désormais ouvertement à la convergence des luttes. Début décembre, l'intersyndicale de Météo-France, mandatée par des AG massives, écrivait par exemple aux directions confédérales : « Nous sommes d’autre part convaincus que les journées d’action isolées ne peuvent être réellement utiles et positives que si elles offrent en perspective un mouvement unitaire et reconductible. Cela nous semble être l’attente majeure de nombreux secteurs, et considérons qu’il est de votre responsabilité en tant que structures nationales de travailler à cette dynamique commune. » De même, les luttes à la base cherchent à contourner l’inertie des structures nationales en développant des « tous ensemble » locaux entre salariés du public et salariés du privé. C’est ainsi que des manifestations interpro ont été organisées avec succès ces dernières semaines à Strasbourg ou au Havre, ou sont en préparation à Douai le 18 décembre et à Bordeaux le 20.

Or, quand les luttes se développent, les confédérations ont le devoir d'organiser au niveau national ce que les syndicats parviennent à organiser à la base. C’est ce qu'enseigne tout l'héritage du mouvement ouvrier et syndical, tout l'héritage du syndicalisme de classe qui a permis, de 1936 à 1968, de construire des rapports de force globaux et d'arracher les acquis sociaux du peuple de France. C'est ce que Benoit Frachon expliquait de façon si claire : « le syndicat doit organiser et diriger la lutte de millions de prolétaires qui comptent sur lui.».

Le problème est que ces enseignements du syndicalisme de classe sont aujourd’hui reniés par des directions regroupées au sein de la Confédération Européenne des Syndicats qui, intégrée aux institutions officielles de l’UE, est chargée d’accompagner la construction européenne capitaliste. Sous cette tutelle, les états-majors syndicaux ont adopté une stratégie de collaboration entre « partenaires sociaux » et s’opposent à toute construction d’un rapport de force contre la régression sociale. Elles commencent même dans certains cas à attaquer à leurs propres organisations qui résistent à cette dérive comme c’est le cas de l’UL CGT de Douai ou de nombreux syndicats d’entreprises.

Néanmoins, la pression est aujourd'hui telle que les directions confédérales ont été contraintes d’annoncer une « mobilisation » pour le mois de janvier. Les expériences passées incitent à ne pas se faire d’illusions quant à leur volonté d’engager la lutte ou de défendre les revendications qui montent du terrain, alors qu’il s’agit avant tout pour elles de donner des gages à une base combative qu’il serait suicidaire de se mettre définitivement à dos.

Mais il est indispensable dans ce contexte d'amplifier la bataille pour le tous ensemble afin d’arracher dans un premier temps un appel à la grève interprofessionnelle permettant d’approfondir les convergences et de préparer la suite en posant clairement la question de la reconductibilité.

Pour cela, il faut défendre les principes gagnants du syndicalisme de classe et rappeler notamment que l’unité dont les travailleurs ont besoin n’a rien à voir avec le « syndicalisme rassemblé » au sommet qui met toujours le mouvement populaire à la remorque des organisations syndicales les plus jaunissantes (et en particulier de la CFDT dont le principal dirigeant répète à qui veut l’entendre qu’il est contre la globalisation des luttes). La véritable unité qui permet de gagner, c’est celle des travailleurs sur la base de leurs revendications et pour l’action. C’est pourquoi, alors que tous les salariés sont menacés par une même politique appliquée par un même gouvernement, les travailleurs du public doivent massivement soutenir les actions des salariés du privé menacés de licenciements et à l'inverse, ceux du privé doivent refuser le discours de Sarkozy qui présente le démantèlement des services publics comme une nécessité pour "sauver" les emplois du privé.

A partir de revendications unificatrices portées par les luttes en cours (augmentation des salaires, arrêt des suppressions d’emplois et des délocalisations, défense des services publics, de la Sécu et des retraites, défense de l’Ecole et de l'université en liaison avec la jeunesse, nationalisation des grandes entreprises…), nous appelons à renforcer les liens pour la défense du syndicalisme de classe et le développement d'un Front Syndical de Classe et à multiplier les contacts dans les communes et les départements entre travailleurs, jeunes, militants, syndicats de base pour construire le « tous ensemble en même temps » seul capable d’arrêter Sarkozy, le MEDEF et leur Europe du Capital et d’imposer la satisfaction des aspirations populaires. Avec, sans ou contre les directions syndicales.

Le 7 décembre 2008



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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:37


http://www.liberation.fr/societe/0101303818-mobilisation-generale-a-tarnac

Mobilisation générale à Tarnac

Le soutien aux jeunes accusés de terrorisme après un sabotage à la SNCF ne faiblit pas.

TARNAC, de nos envoyés spéciaux DIDIER ARNAUD ET ANNICK FAUROT


A Tarnac (Corrèze), un nouveau week-end de mobilisation en faveur des jeunes mis en cause dans l’affaire des sabotages de lignes TGV vient de se terminer. Samedi, il y a eu le bal au profit du comité de soutien, et dimanche la troisième réunion publique du comité. Alors que trois des leurs ont retrouvé leur liberté, les habitants ne décolèrent pas. Julien et Yldune sont toujours emprisonnés et accusés d’actes terroristes (lire ci-contre).

La lutte est à leurs yeux plus que jamais nécessaire et ce n’est pas l’éclatement du groupe du fait des assignations à résidence qui entamera leur détermination. «Il faut élargir le débat sur ces lois antiterroristes, parler des gens en préventive soi-disant islamistes, de toutes les procédures qui frappent les militants anti-OGM, les sans-papiers, etc.», tempête Thierry Letellier, membre du comité venu rejoindre le samedi après-midi ses amis au café-épicerie, forum où toutes les réactions fusent. Tous approuvent son programme : «Tout faire pour que ça ne retombe pas» , notamment dans la vingtaine de villes françaises où la mobilisation a été spontanée. Michel Gillabert, président du comité de Tarnac, dresse la liste : une manifestation à Limoges le 13 décembre, une autre en préparation à Toulouse. Ailleurs, ce sera des concerts, des films, des débats. La pétition initiée par des universitaires a enregistré plus de 4 000 signatures sur le site du comité. Rien qu’à Tarnac, plus de 500 contacts ont été pris avec des sympathisants. De 15 à 20 lettres de sympathie arrivent chaque jour, avec à la clef «des dons impressionnants» , selon Aude qui les dépouille. «On s’attendait pas à une telle mobilisation», reconnaît la jeune femme, cheville ouvrière de l’épicerie. Michel Gillabert explique : «On a des contacts avec des profs d’université. On pourrait imaginer des conférences pour rendre notre réflexion plus populaire.» La Ligue des droits de l’homme et Amnesty International accompagnent déjà le mouvement. «J’ai rencontré François Hollande de façon informelle, il m’a surtout donné des conseils» , ajoute encore Gillabert. Les communistes et les Verts ont déjà pris parti. Olivier Besancenot et José Bové seraient espérés. «Je suis prêt à rencontrer Martine Aubry», avance Michel Levy, le père de Yldune. Il a pris contact avec le Syndicat de la magistrature, les avocats devant eux-mêmes se rapprocher de leurs syndicats. «Personne ne se précipite, on construit. Il faut tenir jusqu’au procès.»

Manifeste.

Samedi, Tarnac est revenu sur la déferlante médiatique de ces dernières semaines à l’occasion de l’enregistrement de l’émission Là-bas si j’y suis de France Inter. Invités privilégiés, Télé Millevaches, télévision associative locale, et La Bande magnétique, collectif basé aussi sur le plateau qui donne, entre autres, dans «la sociologie des médias». Un film réalisé par la télé locale est diffusé, véritable manifeste contre le comportement des journalistes. Attablés, quelques vieux du village regardent. Les images sautent, mais l’essentiel du message est passé. «Les journalistes ont fait de nous des personnages d’un récit médiatique irréel par rapport à ce qu’on vit ici» , argumente Loïc de Télé Millevaches.

Hameaux.

«Il y a les mauvais journalistes qui reviennent. Il faut pas s’attendre à être bien reçus» , avait prévenu, quelques jours plus tôt, le président du comité de soutien. A Tarnac, on cherche avant tout à contrôler l’image de ce qui est considéré, de l’avis général, comme un «dérapage» des médias. Dans le café, les clients toisent les étrangers, forcément des journalistes, et se moquent. «T’as des armes sous ton poncho ?» dit cet homme à son copain. «Laisse tomber les terroristes, on est plus pressés qu’eux», lance ce client impatient à la serveuse.

Quand on avait demandé à Aude si on pouvait suivre Paul, dans sa tournée de livraison des hameaux, elle avait répondu : «C’est quoi cette idée ? Ca sert à rien de nous voir vivre. Qu’est ce que vous voulez montrer ?» Ce matin, Paul, chemise de bûcheron bleue et fines lunettes, est quand même allé livrer des gens qu’il n’avait pas eus le temps de voir la veille, dans ce pays de hameaux isolés, à des distances qui n’en finissent plus.

Aude sert, lave les tasses et fait l’aller-retour à l’épicerie. Elle va chercher des journaux. La presse est épluchée, triée, commentée, les papiers rangés dans de gros classeurs. «La première semaine, il n’y avait pas intérêt à parler» , dit Aude. «C’était super dur d’aller à l’encontre de ce truc-là, l’instrumentalisation des médias, tout le truc de sortir les biographies orientées. Bon, là, on se réjouit que trois copains soient sortis», poursuit la jeune fille. «Mais il y en a encore dedans [en prison ndlr], ils n’allaient pas se désavouer en relâchant tout le monde» , explique-t-elle.

Assis à une table, Jean-Michel fait partie du comité de soutien. Il ne veut pas dévoiler son nom, s’il habite ici : «Je viens de peu importe. On ne parle pas de personnes, mais des faits, on dépersonnalise» , intime-t-il. Il trouve «indécent» le déballage qui a «sali, mis les gens dans la boue». Ce qu’il veut : «Faire exister sur la sphère publique quelque chose qui peut susciter une question de fond sur l’antiterrorisme.»



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