Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 18:53
La droite existe, les syndicats l'ont rencontrée, par Michel Noblecourt


LE MONDE | 16.05.08 | 15h22  •  Mis à jour le 16.05.08 | 15h23

 
  A première vue, ce sont des faits anodins. Désireuse de soigner sa popularité, en chute libre dans les couches populaires, l'UMP va organiser, le 12 juin à la Mutualité à Paris, une convention sociale sur le thème "Innover pour la justice sociale". Les syndicats ont été invités. La CFDT y sera. La CGT guette son (éventuelle) invitation. A la mi-avril, Laurence Parisot, la présidente du Medef, a été auditionnée par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale. Droite et syndicats. Gauche et patronat. Quarante ans après Mai 68, la lutte des classes n'est plus ce qu'elle était...

 

En Mai 68, la cartographie syndicalo-politique était simple. Les syndicats et la droite jouaient au classe contre classe. La France connaissait, avec près de 10 millions de grévistes, la plus grande grève de son histoire. Le taux de syndicalisation frôlait la barre des 20 %. Bras armé d'un Parti communiste puissant, la CGT rêvait de rupture avec le capitalisme et de socialisme. La jeune CFDT s'apprêtait à se convertir à l'autogestion. CGT et CFDT symbolisaient alors le syndicalisme révolutionnaire. Et Force ouvrière était accusée de trahison à cause de la propension de son leader, André Bergeron, à chercher du "grain à moudre" avec le patronat et le gouvernement de droite. L'épisode tourna court. La CGT et le PCF se méfiaient des étudiants et ne voulaient pas faire la révolution.


Pendant les deux décennies qui ont suivi Mai 68, l'heure est restée à la confrontation. Entre les syndicats et la droite. Entre la gauche et le patronat. Sur fond de désyndicalisation, accélérée après la crise de 1973, la CGT creusait son sillon dans l'ombre du PCF, soutenant le programme commun de la gauche et appelant à voter pour le candidat communiste à la présidentielle. "Parti syndical", selon la formule de M. Bergeron, la CFDT jouait la carte de "l'union des forces populaires" avant de se resyndicaliser en 1978, en jugeant que le changement social ne devait plus être subordonné au changement politique. En 1981, elle soutenait François Mitterrand avant de décider, en 1985, de ne plus donner de consigne de vote aux élections présidentielle et législatives.


La mue de la CGT a été plus lente. En décembre 1996, son secrétaire général, Louis Viannet, quitte la direction du PCF. Son successeur, Bernard Thibault, va plus loin. Le 17 juillet 2001, lors d'une rencontre avec le PCF, il rompt avec la conception tendant à faire du syndicat la "courroie de transmission" du parti. La CGT, ajoute-t-il, est "disposée à débattre en permanence avec tous les partis démocratiques (...) dans le respect des prérogatives et de l'identité de chacun". Travaux pratiques : en début d'année, M. Thibault a rencontré, à l'UMP, Patrick Devedjian, son secrétaire général. Et après avoir longtemps résisté, il a déjeuné, le 22 février à l'Elysée, avec M. Sarkozy, en qui il avait vu, durant la campagne, un "Thatcher à la française".


A défaut d'être social-démocrate, en s'appuyant sur une relation privilégiée avec le mouvement syndical, le PS se flatte d'avoir une proximité naturelle avec les syndicats. Peu ou prou, ils font partie de la famille de la gauche. A contrario, le patronat, qui s'était prononcé contre Mitterrand en 1981, restait l'adversaire. M. Jospin a changé la donne. Le 26 septembre 1996, Jean Gandois, président du CNPF, était reçu au PS. François Hollande a fait de même avec Ernest-Antoine Seillière, président du Medef. Et M. Seillière a rencontré Robert Hue quand il dirigeait le PCF. Désormais, droite et syndicats, gauche et patronat se reconnaissent, se rencontrent, s'écoutent. C'est l'heure de la confrontation civilisée. Avec ses fausses notes. Si elle est invitée, la CGT n'est pas sûre d'aller à la convention de l'UMP. Pour ne pas servir de "faire-valoir". La confrontation civilisée a aussi ses couacs.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 17:17

Le message ci-dessous est un message de bilan des manifestations du samedi 10 mai à Paris pour la commémoration du cent soixantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage.


Il y avait finalement deux manifestations. Il y avait la manifestation du COFFAD entre la Place de la République et la Place de la Nation dans laquelle il y avait environ mille participants. Il y avait la manifestation du CRAN entre la Place de la République et la Place de la Bastille dans laquelle il y avait cinq mille, dix mille ou vingt mille participants. Les médias annonçaient mille participants à cette manifestation, ce chiffre est ridiculement trop petit. Le CRAN annonçait quatre vingt mille participants à sa manifestation, ce chiffre est ridiculement trop grand.


De mon point de vue, la totalité des acteurs de ces deux manifestations, nous tombions tous, vous tombiez toutes et tous dans un piège. L'  organisation clandestine d'une deuxième manifestation par rapport à la manifestation du CRAN le même jour à la même heure dont le point de départ était identique, dans une situation dans laquelle le point d'arrivée de la manifestation du CRAN était la Place de la Bastille et le point d'arrivée de la manifestation du COFFAD était la Place de la Nation, c'était la pire des tactiques. L'immense majorité des participants à la manifestation du CRAN ignoraient l'existence de la deuxième manifestation. Le seul résultat politique de cette pire des tactiques, c'était la présentation par les médias de la manifestation du CRAN comme une manifestation de soutien au CRAN et la présentation de la manifestation du COFFAD comme une manifestation de soutien au COFFAD. C’  est totalement faux dans les deux cas. L'immense majorité des participants à la manifestation du CRAN ne soutenaient pas le CRAN.


  C’est vraiment aujourd’hui l’heure du bilan. Quand nous apprenions toutes et tous le samedi 10 mai à 14 heures Place de la République l’existence des deux manifestations, il était trop tard pour toute modification de cette situation. Les violentes polémiques par rapport à des questions de personnes ne servent à rien.


L'important, c'est l'avenir.


www.fischer02003.over-blog.com

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 16:51
Les démocrates américains répliquent aux propos de George Bush en Israël


LE MONDE | 17.05.08 | 13h42  •  Mis à jour le 17.05.08 | 13h42


NEW YORK CORRESPONDANT



ush gifle Obama" ("Bush slam on Bam") : le titre barrait la "une" du quotidien new-yorkais Daily News, vendredi 16 mai. Le motif : les propos prononcés, la veille, par le président américain devant le Parlement israélien. M. Bush s'en était pris à "certains qui semblent croire que nous devrions négocier avec les terroristes et les radicaux". Il en avait décliné la liste - Al-Qaida, Téhéran, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien - et avait établi un parallèle avec ceux qui, dans les années 1930, imaginaient "apaiser les nazis". Il avait conclu en fustigeant "une ridicule illusion (...), le confort trompeur de l'apaisement, que l'Histoire a discrédité de manière répétée".

 

A qui pensait M. Bush ? A Barack Obama, ont immédiatement jugé la classe politique et les médias. Le candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle n'a-t-il pas répété qu'il "négocierait" avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ? Son adversaire républicain, John McCain, ne l'a-t-il pas dépeint comme le "favori du Hamas" ? La Maison Blanche a démenti sans démentir : le président n'a pas visé M. Obama, mais ne l'a pas exclu de ceux que ses propos visaient...


Le débat, depuis, porte d'abord sur la forme. Le représentant démocrate Rahm Emanuel accuse M. Bush d'avoir violé une "règle non écrite" : un président ne doit pas s'immiscer dans le débat électoral américain depuis l'étranger. M. Bush a été "en dessous de la dignité de sa charge" selon Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, "irresponsable" selon Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat.

 


"ATTAQUES MENSONGÈRES"

 


Hillary Clinton, l'adversaire de M. Obama pour l'investiture du parti, a volé au secours de M. Obama : "Comparer tout démocrate à un "apaiseur de nazis" est outrageant", a-t-elle réagi. Le sénateur de l'Illinois, lui, s'est dit "attristé" de voir un président lancer des "attaques mensongères" depuis la Knesset. Son entourage a de nouveau dénoncé la "politique de la peur" d'une administration qui assimile "toute stratégie usant de la diplomatie à une forme de capitulation".


Pour beaucoup de commentateurs, M. McCain n'avait pas besoin de ce "soutien" présidentiel alors qu'il déploie d'intenses efforts pour se démarquer de M. Bush : jeudi, il a pour la première fois envisagé un retrait militaire américain d'Irak en 2013. Et la focalisation sur le Hamas ne lui est pas obligatoirement favorable. Sur le site du Washington Post, un journaliste qui l'avait interviewé en 2006, après la victoire électorale du Hamas, cite ses propos d'alors : "Ils sont le gouvernement élu. Tôt ou tard, nous devrons négocier avec eux..."


Sylvain Cypel
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 16:39

La destruction du World Trade Center : le débat est lancé dans la communauté scientifique après une première publication du professeur Steven Jones

www.reopen911.info

 

Posté par Kyja le 9/5/2008

Sur les conseils de Noam Chomsky, et suite également à des critiques récurrentes des milieux universitaires, scientifiques et journalistiques, le professeur Steven Jones, assisté de quatre experts, a proposé un article à plusieurs journaux scientifiques. Un premier journal, The Open Civil Engineering Journal vient de publier cet article, après validation de son propre comité d’experts. Cette revue scientifique généraliste dépend de Bentham Science Publisher, qui couvre toutes les disciplines scientifiques et présente l’avantage d’être en accès libre.

Le but de cet article, Quatorze points d’accord avec les rapports officiels du gouvernement sur la destruction du World Trade Center, est d’ouvrir un débat scientifique et technique sur l’écroulement des Tours Jumelles et aussi du WTC7 :

"La version officielle sur la destruction du World Trade Center (WTC) le 11 septembre 2001 se base sur les rapports du National Institute of Standards and Technology (NIST) et de la Federal Emergency Management Agency (FEMA).

Dans cet article, nous souhaitons asseoir les bases d’un débat et d’une compréhension productifs, en nous concentrant sur les points de convergence que nous partageons avec le NIST et la FEMA, et démentir en même temps plusieurs mythes populaires concernant ces effondrements."

L’association ReOpen911, vous propose une traduction en français de cette publication, qui devrait logiquement ouvrir un débat scientifique serein et de qualité sur une des principales zones d’ombre de la version officielle des attentats du 11 Septembre.

Conclusion de cet article :

"Nous sommes d’accord avec le fait que les tours sont tombées à une vitesse proche de la chute libre, et ceci est un point de départ important. Nous sommes d’accord sur le fait que plusieurs mythes populaires, telle l’idée que l’acier des bâtiments a fondu à cause des incendies, ou bien que les tours étaient des tubes creux, ou encore que les étages se sont empilés les uns sur les autres, ont été invalidés. Nous sommes d’accord avec le fait que l’effondrement du WTC 7 (qui ne fut pas frappé par un avion) de 47 étages, est difficile à expliquer par un mécanisme dont les incendies seraient la cause, et que le NIST a (jusqu’ici) refusé de rechercher des résidus d’explosifs.

Notre équipe d’enquêteurs aimerait s’appuyer sur ces bases et correspondre avec celle du NIST, surtout depuis que ce dernier a candidement admis (en septembre 2007) : « (…) nous ne sommes pas en mesure de fournir une explication complète de l’effondrement total »."



Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 16:24

 Michel Peyret : Ali Shariati ou un autre Islam

 

www.comite-valmy.org

 


Le peuple de France est aujourd’hui devant l’impérieuse nécessité de mener un combat de survie nationale qu’il n’aura pas le droit d’interrompre avant une victoire complète. Il s’agit pour lui-même, mais aussi dans l’intérêt des générations futures, de rétablir sa maîtrise sur  l’avenir de la France , y compris la possibilité s’il le décide ainsi, de choisir un autre régime social que celui qui lui est imposé actuellement : la barbarie globalisée du capitalisme néo-libéral en faillite et dont le totalitarisme de l’Union Européenne  n’est qu’un instrument. Il doit impérativement rétablir l’indépendance nationale, la souveraineté populaire, la forme républicaine de l’Etat nation, la démocratie et, imposer enfin, une politique de progrès social interdite par la vassalisation de la France et par le carcan euro- atlantiste.

Dans ce combat selon le Comité Valmy, notre peuple doit s’inspirer de l’expérience et de l’esprit de la Résistance patriotique et anti-nazie ainsi que de l’exemple du programme du CNR qui pourrait être réactualisé.
Anti-impérialiste et internationaliste,  ce combat dans lequel la lutte de classe a repris un caractère national, est solidaire du combat de l’ensemble des peuples du monde contre l’impérialisme et tout particulièrement contre l’hégémonie de l’ennemi commun des peuples : l’impérialisme américain et sa politique d’agressions et de guerres.

Les peuples et les nations opprimés et tous les peuples qui combattent pour la liberté observent, au-delà de la diversité des situations, des circonstances et des contradictions, une convergence objective de leurs luttes qui dans les faits, se soutiennent mutuellement. Les difficultés et la complexité de ce combat solidaire, rendent nécessaire la recherche opiniâtre et la promotion d’un front uni anti-impérialiste mondial.

Cependant l’Histoire, de même que la stimulation et l’exploitation par ses ennemis, des contradictions internes du camp anti-impérialiste, rendent difficile et complexe cette nécessaire démarche d’alliance, notamment entre des forces marxistes, progressistes et laïques avec certains mouvements de libération nationale sous hégémonie musulmane.

Les terrorismes solidaires de la CIA et de certains milieux fondamentalistes islamistes qui se justifient et s’alimentent réciproquement, forment une entité criminelle. Celle-ci entend provoquer et alimenter un « choc des civilisations » devant servir de prétexte permanent aux interventions militaires des dirigeants des Etats-Unis et de leurs alliés précisément au nom de la lutte contre un terrorisme qu’ils auto- entretiennent réciproquement.

Par contre le combat d’autodéfense des peuples, face à la stratégie des dirigeants US qui souhaite imposer par la guerre un Grand Moyen Orient sous son contrôle, semble démontrer dans certaines circonstances, la possibilité et le réalisme d’une vision de rassemblement populaire capable d’allier, contre l’ennemi commun des forces anti- impérialistes laïques avec d’autres sous influence religieuse.

L’exemple entre autres, de l’unité patriotique au Liban qui, en réponse à la guerre provoquée par Israël et G.W. Bush en 2006, rassembla dans la riposte notamment le Hezbollah, les patriotes chrétiens dirigés par le Général Aoun ainsi que les communistes, semble significative, même si nous pouvons en imaginer les difficultés.

  Nous estimons que la complexité du combat anti-impérialiste rend aujourd’hui nécessaire une réflexion sur les alliances à envisager. Ce travail passe notamment par une meilleure connaissance de l’Islam et de ses multiples facettes, mais aussi par une réflexion par rapport aux personnalités et courants progressistes qui existent nécessairement, dans cette religion. Le Comité Valmy diffuse donc dans cet esprit et comme un élément dans cette recherche, une étude de Michel Peyret relative à l’apport d’Ali Shariati, intellectuel iranien disparu prématurément en 1977. Claude Beaulieu.

« De nos jours, la présence et les activités des diverses variantes idéo théologiques du courant politique de l’islamisme n’annulent et ne résument en rien l’inépuisable complexité historique et culturelle de l’islam dans le monde. Ce serait le signe d’une profonde méconnaissance que d’ignorer (et cela est souvent le cas en France) l’existence et la richesse des élaborations de pensée et de dimensions théologiques, historiques, éthiques et politiques musulmanes qui sont caractérisées par un profond attachement à la liberté de chaque être humain, à l’égalité des droits entre tous les humains, hommes et femmes ; attachement aussi au refus de toute hégémonie politique dans l’État de quelque religion que ce soit ; attachement enfin aux combats rassembleurs (dans la diversité des références culturelles, religieuses, philosophiques) contre l’exploitation, la domination, l’injustice sociale, le terrorisme, la
politique de guerre et de« droit » du plus fort sur la planète. Ces élaborations n’ont certes pas encore pris une consistance de même densité sociale que les christianismes de libération, par exemple en Amérique latine, avec lesquels elles sont, à des égards essentiels, comparables. »

ANTOINE CASANOVA, Égalité des droits, laïcité : mouvement historique, dimension et enjeux d’aujourd’hui.

La Pensée n° 342, avril juin 2005

Kerbala est la ville sainte des Chiites… C’est la terre où le sang a vaincu l’épée qui l’a versé… Kerbala c’est la victoire du sang sur l’épée.

Ali Shariati, intellectuel iranien tué par le shah d’Iran en 1977.
                                                                               
Iran

ALI SHARIATI

OU

UN AUTRE ISLAM

POUR moi, au commencement, fut Jacques Berque. Une valeur que je considérais vite comme sûre face à tant d’autres éphémères, légères, ou prisonnières de choix partisans dans les formes multiples et ressassées à souhait du choc des civilisations auquel bien peu finalement échappaient.

J’étais certes prévenu contre le racisme et l’islamophobie, forte et dominante en France, alors que trop souvent l’antiracisme se limite au seul antisémitisme et j’avais connu l’enseignement de la 4e République dispensant sans vergogne les images d’Épinal des bienfaits civilisateurs de la colonisation française dans ses multiples étapes successives qui ont procédé de cette mondialisation dont certains ont pu dire qu’elle fut la première, dès la fin du 19e siècle jusqu’à la grande crise économique, mondiale elle aussi, qui secoua le capitalisme, à commencer par celui des États-Unis dès 1929, amena, entre autres, le retour à un protectionnisme qui triompha jusqu’aux dernières décennies du 20e siècle, bien après la deuxième guerre mondiale, la défaite du nazisme et la montée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui emporta dans son mouvement poursuivi les empires constitutifs des principales puissances
capitalistes avant que s’annonce cette deuxième mondialisation, celle que nous connaissons, dont l’une des caractéristiques est cette domination qui se voudrait sans partage du seul Empire et du seul capital financier.

Par Michel Peyret

LE MÊME DIEU

Cette longue séquence coloniale a déposé dans les consciences des sédiments durables qui se sont surajoutés à ceux d’autres époques plus lointaines, celles où les féodaux, à l’étroit dans les frontières encore mouvantes des royaumes, cherchèrent, au nom de la Chrétienté et de la reconquête des lieux saints, à se constituer des fiefs dans cet Orient magique parce que porteur du lustre de l’apogée d’une civilisation triomphante et raffinée, riche des acquis des civilisations précédentes, qu’elle développa et diffusa tout au long du pourtour de la Méditerrannée jusqu’en cet Occident qui su s’en saisir, en faire sa Renaissance qui supplanta le Moyen Age, et donner au mouvement de la connaissance et de la civilisation cette impulsion qui le mena vers le Siècle des Lumières et finalement l’étape actuelle du développement.

L’épisode des Croisades, dans la relation qui en a été faite, a gommé ce riche apport pour n’en retenir que l’épopée des combats entre chrétiens et sarrazins ennemis pour la conquête des terrres de la naissance de la religion chrétienne, du tombeau du Christ, au nom de religions dont la coexistence apparaissait impossible, sa seule évocation apparaissant pour le moins incongrue en dépit de ce que fut souvent la réalité et en faisant abstraction de ces données pourtant capitales : ces terres disputées étaient celles qui avaient connu la naissance, non pas d’une, mais des trois religions monothéistes, lesquelles au demeurant se réclamaient du même Dieu.

La révélation de ces évidences soigneusement cachées suffit toutefois à créer l’interrogation, le doute, quant à maintes affirmations d’un acquis assimilé, précédant tout un travail de remise en question portant non seulement sur les périodes historiques incriminées, plus ou moins lointaines, mais débouchant, aboutissant, à un examen des arguments actuels, des démonstrations contemporaines, se situant dans la continuité des visions déformées à souhait dans la justification des nouvelles entreprises de domination des peuples et nations de toute l’humanité, avec une préoccupation remarquable quant à celles et ceux du Proche et Moyen-Orient, longtemps objet d’un grand jeu entre puissances capitalistes et aujourd’hui proie très affichée de l’Empire cherchant à supplanter tous ses concurrents en se les subordonnant.

Sans doute, la proximité de l’ère de l’après-pétrole et la présence là d’importantes réserves encore disponibles en sont-elles le véritable enjeu qui justifie tous les mensonges interventionnistes, qu’il s’agisse de la présence d’armes de destruction massives ici, de projets d’industrie nucléaire là, et partant de l’islam dont le fondamentalisme terroriste trouverait dans le Coran une source inépuisable, notamment en Iran où la République s’en réclamerait pour le plus grand malheur de son peuple, pour celui de la démocratie aussi, comme pour être la causalité dernière du blocage de sociétés stoppées depuis le 14e siècle dans leur développement qu’il conviendrait en conséquence de sortir de leur léthargie en imposant un modèle démocratique, y compris manu militari, avec ou sans prétexte, un modèle qui partout se délite sous les coups de boutoirs du capitalisme libéral dont la financiarisation et la
mondialisation déstructurent les institutions traditionnelles, écoles, République, partis, syndicats, familles... par le chômage et la pauvreté, la remise en cause des acquis des époques précédentes, répandant partout la désespérance.

QUEL ISLAM ?

L’islam et le Coran donc, dont l’existence justifierait en dernière instance cette guerre des civilisations dont les conservateurs et les églises évangéliques américaines assurent la promotion, pour justifier toutes les ingérences, toutes les violations des droits des peuples, toutes les interventions militaires décidées en rupture du droit et de la légalité internationales.

L’islam et le Coran...

Mais quel islam? interrogeait Jacques Berque qui constatait une grande diversité, sinon pluralité, dans l’immense zone géographique courant des rivages atlantiques du Maroc et de l’Afrique jusqu’aux îles indonésiennes du Pacifique.

Quel islam, questionnait-il encore, mettant en évidence dans le Coran dont il avait assuré une traduction et dont il avait une connaissance approfondie, les éléments, les contradictions, porteurs de possibilités d’évolution, de développement. « L’aventure de l’homme islamique, disait-il, prend un tour inédit avec les nouvelles vicissitudes de l’histoire...
Des solutions nouvelles, dans la projection des principes : tel serait l’ijtihad de notre temps. On doit au penseur iranien Shariati, trop tôt disparu, cette remarque d’évidence que la charia dont se réclament aujourd’hui tant d’activistes les engage, non pas au fixisme, mais au contraire à la dynamique qu’implique l’étymologie du mot. Il évoque en effet la voie, l’accès, le cheminement...»

Bref, tout le contraire d’une fermeture.

  LA CHARIA, LE FIGÉ ET L’OUVERT

Dans « Contradictions du Coran : le figé et l’ouvert », Jacques Berque revient à cette notion de la charia et à l’apport de Ali Shariati : «
Selon les religionnaires, la sécularité serait impossible en islam. Je ne vois pas comment ils peuvent le démontrer sinon par le fait que les normes de la société islamique, les normes construites de la société et de l’éthique seraient toutes tirées du Coran. Par là-même, cette société serait exclusivement d’essence religieuse. C’est le sens même de leur insistance sur un retour à la charia. Or, qu’est-ce la charia ? Le mot ne figure dans le Coran que deux ou trois fois, sous une forme différente d’ailleurs, dans le sens plutôt inchoatif, le sens de voie. La charia, c’est exactement la voie d’accès à la source, à l’abreuvoir. Au figuré, c’est la méthode, donc la méthode de salut. Il est tout-à-fait légitime d’en tirer, et on l’a fait très tôt, le corollaire à savoir que la charia c’est l’ensemble des règles de la communauté musulmane permettant ce cheminement, je ne le conteste pas. Sauf que, comme
l’ont fait pas mal de réformateurs, cet aspect inchoatif et méthodologique devrait demeurer et prévaloir sur les aspects fixistes. C’est ce qu’avait fait récemment Ali Shariati, en Iran, qui insiste beaucoup sur cette distinction. Alors que du côté adverse on insiste sur l’aspect fixiste. Or il se joue entre ces deux termes, fixité et évolution, un grand jeu qui est celui de l’histoire. »

LE SUJET EN ISLAM

Celui de l’histoire et, en conséquence, celui de l’individu, du sujet. « Qui a dit qu’il n’y avait pas de théorie du sujet en islam? » s’interroge plus récemment Cynthia Fleury dans sa chronique du 30 novembre dansprotestanl’Humanité qui cite Fethi Benslama examinant le terme de « abd » qui fait apparaître la coexistence des contraires : se mettre au service d’une cause et simultanément se révolter, accepter une charge et refuser, affirmer et nier, proche en cela de la signification du sujet en français qui reflète la double dimension de la passivité et de l’activité, pour conclure que le sujet en islam est le lieu de la contradiction.

Cynthia Fleury se réfère à Samir Kassir qui, pous sa part, pose deux conditions pour l’émergence d’une citoyenneté garante de la démocratie : première chose à inscrire sur l’agenda islamique, la « réforme de l’islam». On ne peut, dit-il, « laisser le domaine de la religion en jachère », il faut retrouver l’esprit de la réforme religieuse. C’est sans doute là l’unique façon de désacraliser les dogmes sans pour autant cesser le travail herméneutique. Seconde condition, « assumer l’hybridité », le mélange comme garantie que l’individu ne se réduit pas à une seule de ses dimensions.

ALI SHARIATI ET LA RÉFORME RELIGIEUSE

Retrouver l’esprit de la réforme religieuse, n’était-ce pas ce que recherchait et préconisait cet Ali Shariati auquel Jacques Berque se réfère pour montrer que les aspects fixistes de l’islam peuvent être dépassés et dont il regrettait qu’il ait trop tôt disparu ?

Mais qui est-il et pourquoi seuls quelques initiés se recommandent de lui et de son apport ?

Dire qu’il a été, à tort ou à raison, considéré comme l’idéologue de la révolution islamique, n’éclaire-t-il pas davantage le rôle qu’il a pu jouer et l’importance de son oeuvre ?

Le témoignage de Thomas L. Friedman, dans l’International Herald Tribune du 4 décembre 2002, est particulièrement important même s’il exprime à sa façon ce qu’il perçoit qui rencontre les idées exposées cidessus :
« Ce qui se passe en Iran aujourd’hui est sans aucun doute la tendance la plus prometteuse du monde musulman. C’est une combinaison de Martin Luther et du square Tiananmen, un mouvement vers une réforme de l’islam combiné avec un mouvement démocratique spontané mené par les étudiants. Ce mouvement fait face à un formidable adversaire, le pouvoir religieux conservateur d’Iran... Il reflète une compréhension grandissante des musulmans iraniens pour qui tendre vers une ère moderne implique un islam différent du fondamentalisme sans vie, antimoderne et anti-ouest, qui leur est imposé en Iran... Pour le dire autrement, ce qui se passe en Iran aujourd’hui est précisément la guerre des idées au sein de l’islam qui est la plus importante des guerres... Les seuls qui peuvent délégitimer et déraciner ces forces d’une manière durable sont les sociétés musulmanes elles-mêmes... »

Thomas L. Friedman montrait que ce combat était symbolisé en Iran par « Hashem Aghajari, un ancien révolutionnaire islamique, alors professeur de collège, arrêté le 6 novembre dernier (2002) et condamné à mort par la ligne dure iranienne, déclenchant le soulèvement estudiantin après avoir prononcé un discours sur le besoin de rajeunir l’islam avec un “protestantisme islamique”. C’était le jour du 25e anniversaire de la mort de Ali Shariati, l’intellectuel le plus progressiste de la révolution iranienne. Il citait souvent M. Shariati comme source d’inspiration : de même que le peuple, à l’aube de l’islam, conversait avec le Prophète, nous avons le droit de faire la même chose aujourd’hui... De même qu’ils interprétaient ce qui leur était transmis à chaque événement historique, nous devons agir de la même manière... Pendant des années les jeunes gens étaient effrayés d’ouvrir le Coran et allaient demander
au mollahs ce qu’il disait. Vint Shariati qui dit aux jeunes que ces idées étaient révolues, qu’ils pouvaient comprendre le Coran en utilisant leurs propres moyens, que les leaders religieux avaient peur que leur racket prit fin, qu’ils avaient besoin d’une religion qui respecte les droits de tous, une religion progressive plutôt qu’une religion traditionnelle qui piétine le peuple... »

Et Hashem Aghajari concluait « Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de l’humanisme islamique et du protestantisme islamique que Shariati défendait alors que les leaders du clergé iranien ne reconnaissent pas les droits de l’homme pourtant inscrits dans notre Constitution. »

LES SOURCES

A l’évidence, 25 ans après sa mort, les idées d’Ali Shariati continuent d’inspirer un mouvement populaire conséquent malgré la répression que subissent ceux qui se réclament de lui.

Ali Shariati est mort à 44 ans en 1977 alors qu’il avait réussi à quitter l’Iran après avoir été détenu pendant 18 mois par la SAVAK , police secrète du Shah, puis libéré après les accords d’Alger et assigné à résidence. Il est trouvé mort le 19 juin à Southampton (Angleterre).

A vingt ans (1953), il était devenu membre du Mouvement de la Résistance Nationale , était arrêté en 1957 pour ses activités et obtenait en 1959 une bourse d’études en France où il collabore avec le FLN et rencontre Frantz Fanon et son oeuvre, assimile toute une littérature révolutionnaire et tiers-mondiste. Il est l’élève en islamologie de Louis Massignon et de Jacques Berque, de G. Gurvitch et Henri Lefebvre en sociologie et fut influencé en philosophe par le courant phénoménologique et existentialiste via Sartre et Merleau-Ponty, avant de repartir en Iran en 1964 avec un doctorat es lettres, ce qui ne l’empêche pas d’être arrêté à la frontière et incarcéré.

Que dit-il en Iran ?

« Je parlerai de trois dimensions : Dieu, égalité et liberté. C’est ce dont ont parlé en Europe Pascal, Marx et Sartre et, dans l’histoire orientale, Hallâj, Mowlavi, Mazdak et Bouddha. Dans le shîísme, c’est Ali qui nous apporte tout cela, Ali seul puis ses compagnons avec des degrés de conformité différents... Pour aborder la dimension spirituelle dans la culture européenne nous devons connaître Pascal, Spinoza, Bergson et Carrel. En ce qui concerne la justice, c’est toute la littérature socialiste, moraliste germanique qui doit nous intéresser. De même, il faut connaître le communisme avant Marx et toute la littérature marxiste, l’existentialisme, et l’humanisme contemporain. Il faut connaître Stuart Mill et ceux qui, comme lui, donnent la meilleure justification scientifique et intellectuelle de la liberté de l’homme, de la liberté individuelle et des droits de l’homme. »

La religion n’est pas absente du discours : « En général, on considère la religion comme une réaction spirituelle de l’homme vis-à-vis de la vie matérielle et des biens de ce monde. Autrement dit, opposition entre la vie dans l’au-delà et vie d’ici-bas, entre religion et matière, âme et corps... Mais, dans l’islam originel, il n’existe pas de contradiction entre le monde d’ici-bas et celui de l’au-delà, il n’y a pas opposition mais complémentarité, solidarité avec, comme objectif, le progrès de l’homme... Un musulman aspire au bonheur matériel et spirituel de façon permanente... »

  LA SYNTHÈSE

La synthèse qu’il réussit entre ces différentes dimensions sociales, politiques, idéologiques et religieuses n’est pas le fruit du hasard. Sarah Shariati, (sociologue, EHESS) dans un article intitulé « Le Fanon connu de nous » de décembre 2004, montre combien Ali Shariati est conscient du fait que dans les sociétés de type médiéval et oriental, la religion est à la fois mode exclusif de vision du monde, principe organisateur de la vie sociale, fondement de la légitimité du pouvoir et que toute opposition de classe ou de nature politique s’exprime dans un langage religieux et se vit sous forme d’une guerre de religion.

Aussi, dit-elle, Shariati propose aux intellectuels, croyants ou athées, l’appréhension du religieux, en l’occurence l’islam, comme phénomène social. A l’instar de Weber, il prête beaucoup d’attention à la structure interne du champ religieux, tant sur le plan théorique – représentation du monde et ses conséquences, et sa logique idéologique, qu’à son évolution historique et aux réalités sociales auxquelles il renvoie – loin de vouloir proposer une vision exclusive de la religion, il y trouve un « opium» à la fois toxique et guérisseur, cause autonome pouvant jouer un rôle mystificateur ou conscientisateur selon ses périodes historiques de réification et d’institutionnalisation statique ou bien de renouveau dynamique. Par conséquent, selon Shariati, dans les sociétés religieuses, et plus précisément musulmanes, aucun changement social et politique ne peut être institutionnalisé que par une déconstruction
préalable et une reconstruction de la religion elle-même.

Libérer la religion de sa prison d’obscurantisme et de la réaction, voilà la tâche qui incombe selon Shariati à l’intellectuel des sociétés musulmanes, entraînant leur libération, privilégiant de ce fait la libération intellectuelle et culturelle reconnue comme la garantie de toute entreprise d’émancipation. C’est le principal sujet des correspondances Fanon- Shariati. Ainsi, tout en attestant la pertinence d’une lutte anticoloniale, la réforme religieuse, comme dans le modèle européen, devient le postulat du projet social et politique shariatien.
Cependant, Fanon et Shariati se rencontrent et s’accompagnent, dans leur volonté commune d’inaugurer une nouvelle voie, d’inventer un nouveau modèle, chacun à partir des données de sa culture, pour accéder à l’universalité qui les réunit.

Si Ali Shariati est ainsi confirmé comme l’idéologue de la révolution islamique iranienne, les ayatollahs ont émis des critiques à l’égard de son oeuvre qui portent sur l’aspect trop occidental, voire marxisant, de ses travaux, sur la vision moderniste et désacralisée de l’islam. Le clergé chiite ne peut accepter qu’on remette en question le monopole qu’il s’est arrogé sur la foi et la culture sacrées.

UNE THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION...

Mohamad-Reza Djalili, professeur à l’Institut universitaire des hautes études internationales, est un observateur attentif des évolutions en Iran. Il montre comment Khomeyni a utilisé Ali Shariati : « Je pense, dit-il, que Khomeyni s’est beaucoup distancié de Shariati et en avait une vision assez sceptique. Il voulait bien l’utiliser politiquement mais, sur le fond Komeyni était en complet désaccord. Ali Shariati était très anticlérical, ses disciples ont tous été écarés du pouvoir et son implication minimisée après la Révolution islamique au cours de laquelle son discours avait joué un rôle important dans la mobilisation des jeunes. »

Avant la Révolution , Khomeyni gauchit effectivement son discours. Mohamad-Reza Djalili montre qu’il reprend celui anti-occidental des marxistes, des tiers-mondistes ou encore des socialistes iraniens. Il assume aussi tout l’héritage du nationalisme militant pour le retour de la souveraineté des resssources, thèmes cultivés par Mossadegh sans qu’il soit favorable à ce personnage. Ces idées sont reprises car elles ont souvent fait l’unanimité de la population iranienne. Il y a aussi chez Khomeiny une tendance à rendre responsables les autres pays, l’Angleterre, puis les États-Unis et parfois aussi la Russie , accusés d’être à l’origine du déclin du monde musulman et de l’Iran en particulier. Il y a un discours anti-impérialiste qui se teinte de tiers-mondisme, discours à la mode dans les années soixante.

On songe à une théologie de la libération musulmane.

Mohammad-Reza Djalili confirme le propos : « Je dirais même que ce discours intègre d’évidents éléments de lutte de classes. Dans l’évocation de l’opposition entre les « déshérités » et les « possédants », il y a un accent qui va au-delà du tiers-mondisme, qui est une récupération d’une idéologie de lutte de classes. Il est du devoir des musulmans de « sauver les peuples opprimés et déshérités », de « combattre les oppresseurs ». La conception du monde de Khomeyni est une vision bricolée, un patchwork idéologique fait d’éléments pris un peu partout et ainsi rassemblés... »

Bref, Khomeyni ne lésine pas, il faut ce qu’il faut pour entraîner le peuple et les idées de Shariati sont populaires, dans le peuple et aussi dans le clergé.

Cependant, Sarah Shariati a montré que, pour Ali Shariati, dans les conditions de sociétés de type oriental, toute opposition de classe ou de nature politique s’exprime dans un langage religieux et se vit sous forme d’une guerre de religion.

La guerre, c’est celle que connaît d’abord, au coeur de la ville sainte de Qom, l’école religieuse Haqqani, un peu l’équivalent iranien de l’ENA, d’où sortent les ayatollahs et hodjatoleslam promis aux plus grandes destinées en République islamique.

Elle est fondée à la fin des années 60 par l’ayatollah Mohammad Hossein Behesti qui sera l’une des éminences grises de la Révolution. Il est convaincu que les membres du clergé doivent sortir du cadre étroit de leurs études exclusivement coraniques pour être capables d’intervenir directement en politique.

... ET LA RÉPRESSION

Assez vite, pourtant, un conflit divise le séminaire à propos d’Ali Shariati, une faction dure, menée par l’ayatollah Mesbah Yazdi, exigeant la destruction des livres de Shariati. Behesti et d’autres en prônent au contraire l’étude critique. Les durs perdent la bataille, Mesbah doit quitter Haqqani. Il y reviendra en 1979, après la Révolution , quand Behesti prend la responsabilité du système judiciaire. Il reprend en main le séminaire, le radicalise, contrôle l’attribution des diplômes et intensifie le noyautage des institutions de la république islamique. Après la mort de Khomeyni, il s’oppose aux réformateurs, dénonce les nouvelles interprétations du Coran et prône la violence à l’égard des ennemis du système en place. En 1999, le journaliste Akbar Gandji l’accuse d’avoir commandité des dizaines d’assassinats politiques, informations qui auraient pu lui être transmises par d’anciens membres des services
secrets.

Amnesty International rappelle dans ses rapports annuels la répression qui s’exerce y compris à l’encontre de chefs religieux chiites opposés à certains principes fondamentaux du système politique iranien, comme celui de velayat taquih, « le gouvernement du docteur de la loi », ou à la politique gouvernementale. Des partisans de ces responsables religieux ont été arrêtés et emprisonnés, des dizaines, peut-être des centaines, surtout depuis 1995 en relation avec l’aggravation des dissenssions entre l’État et certains chefs religieux chiites.

A l’évidence, les grandes idées réformistes d’Ali Shariati continuent à vivre et pas seulement dans les milieux religieux. Pendant combien de temps le régime survivra-t-il encore dans la crise de pouvoir et les contradictions croissantes de la société qui s’élargissent autour de lui ?

On ne peut conclure.

Le grand jeu qui est celui de l’histoire et dont parlait Jacques Berque n’est pas terminé.

Des idées sont là, latentes, considérables de potentialités ainsi que le montrait le journaliste de l’International Herald Tribune : « La tendance la plus prometteuse du monde musulman »...

On comprend le silence qui s’est abattu sur l’apport de Ali Shariati. En fait, les donneurs de leçons actuels ne souhaitent pas vraiment que les peuples musulmans assurent pleinement leurs souverainetés et leurs libérations. Pas plus là qu’en Amérique latine et en Europe. Le discours sur la démocratie est en trompe-l’oeil. Les ultra-conservateurs de Washington savent bien que leurs pressions sur l’Iran sont le meilleur moyen d’empêcher le peuple iranien de secouer la chape qui l’enserre et le paralyse.

Les dignitaires religieux et politiques, souvent les mêmes en Iran, y trouvent leur compte et se prêtent volontiers à ce qui n’est plus un grand jeu mais un tragique remake des farces grandguignolesques ou des pokers menteurs.

Le monde abasourdi observe.

N’y aurait-il plus rien à faire pour faire vivre la solidarité internationale des peuples, la seule ingérence qui puisse s’admettre face à celle des nouveaux colonisateurs ? Les horizons européens sont-ils devenus indépassables ? Quand le peuple iranien pourra-t-il disposer librement de lui-même ?

Michel Peyret,

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 21:06
La caisse noire de l'UIMM : ce qu'ont dit les protagonistes


LE MONDE | 15.05.08 | 12h01  •  Mis à jour le 15.05.08 | 12h01


 
  A qui étaient destinés les 21 344 691euros prélevés, par liasses de billets de 100 euros, sur les "comptes spéciaux" de l'UIMM de 2000 à 2007 ? Pourquoi l'enquête judiciaire pour abus de confiance a-t-elle démarré en septembre 2007, par un signalement de l'organisme antiblanchiment Tracfin, alors que les retraits suspects étaient connus des banques depuis 1995 ? En huit mois d'enquête, la brigade financière a découvert les curieux atermoiements. Mais elle n'a pu identifier ceux qui ont préféré étouffer l'affaire. Il a fallu neuf ans à la BNP Paribas, qui détenait avec la banque Martin-Morel les comptes de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), pour saisir Tracfin, trois ans aux enquêteurs financiers pour se décider à saisir la justice. Un délai étonnamment long qui laisse deviner l'embarras des pouvoirs publics.

 

Perquisitions au Medef et à Tracfin, auditions, sur fond de sourdes rivalités entre Laurence Parisot, la patronne des patrons, et Denis Gautier-Sauvagnac, l'ex-président de l'UIMM, et de pratiques occultes ancestrales…, l'enquête sur n'a pas encore livré tous ses secrets. Les syndicats sont implicitement désignés par les responsables de l'UIMM comme étant les principaux destinataires de ces fonds secrets. Le Monde a pris connaissance du dossier judiciaire et livre, à travers les déclarations des principaux intervenants recueillies sur procès-verbal, le récit d'une enquête hors normes.
 
"Les billets sentaient le moisi"
.


Suzanne Ducouret, 67ans, a été chef comptable de l'UIMM pendant vingt-trois ans. Autant dire qu'elle connaît la maison et ses arcanes. Interrogée par les policiers, en octobre 2007, elle ne feint pas la surprise. "Quand j'ai pris mes fonctions de chef comptable, en 1977, ces pratiques existaient déjà, se souvient-elle. Tout membre entrant au service comptable était fatalement mis au courant." Elle se remémore quelques scènes cocasses. Comme l'irruption régulière de Michel G., délégué régional de l'UIMM. Il remettait "des valises contenant des espèces, toujours en billets de 500 francs, sans nous dire d'où ça venait (…). Je me rappelle qu'une fois les billets sentaient le moisi. Ils avaient dû séjourner un long moment dans un endroit humide".

L'Entraide professionnelle des industries des métaux (EPIM), créée en 1972, sert déjà de pompe à finances à l'UIMM. Elle encaisse les cotisations des entreprises du secteur. En 2007, elle se retrouve à la tête d'un patrimoine financier dépassant les 600 millions d'euros. L'argent, collecté et versé sur le compte de l'EPIM, ressort pour être versé sur les comptes "spéciaux" de l'UIMM, d'où sont retirées les sommes en espèces. Un circuit occulte parfaitement huilé. C'est Suzanne Ducouret qui assure le transport final des fonds au siège de l'UIMM, "avec le même sac à main qui était dédié à cela". Puis elle attend le coup de fil de sa hiérarchie.

 
"J'ai toujours eu l'idée que ces fonds étaient destinés à des partis politiques".



Selon Madame Ducouret, Pierre Guillen, délégué général de l'IUMM de 1984 à 1994, se déplaçait "tôt le matin, quand tout le personnel n'était pas arrivé". "Je lui remettais les fonds demandés qui étaient placés dans une enveloppe kraft". A chacun son style. Emile Boursier, délégué général de 1968 à 1984, "me passait un coup de fil, se souvient Mme Ducouret, et me faisait comprendre par une phrase qui lui était propre, je suis là , qu'il fallait que je lui apporte les fonds demandés". Délégué général depuis 1994, Denis Gautier-Sauvagnac, lui, faisait appeler sa secrétaire. Consciencieusement, la comptable faisait établir un reçu, conservé chaque année jusqu'à l'approbation des comptes. Ensuite, "le service comptable avait l'ordre de détruire toutes les pièces comptables de l'UIMM".

Savait-elle où allaient ces sommes? "J'ai toujours eu l'idée que ces fonds étaient destinés à des partis politiques, dit-elle benoîtement. Je n'ai jamais posé la question." Elle n'ignorait pas, en revanche, qu'une petite partie du pactole servait à des compléments de rémunération en liquide, jusqu'à 2000 euros mensuels, pour des cadres de l'UIMM : "tout le monde avait un jour touché une enveloppe." Un beau jour de 2000, Suzanne Ducouret a quand même pris sa retraite. Champagne et petits fours. Dominique Renaud lui succède. Les bonnes habitudes ne se perdent pas. Sauf en septembre 2007, à la révélation de l'affaire, quand Dominique Renaud panique. A son bureau, elle sort la chemise contenant les reçus et les talons des chèques. "J'avais sorti cette chemise, et je me posais la question de savoir si je détruisais ou si je ne détruisais pas, et finalement je les ai passés au broyeur. J'ai fait ça spontanément, de ma propre initiative." Et tant pis pour la brigade financière.

"C'est le patron qui paye le verre" 10 000euros par an de frais de réception. A 60 ans, Dominique de Calan, l'ex-adjoint de Denis Gautier-Sauvagnac (dit DGS), recevait beaucoup à son domicile. D'où, selon lui, cette somme débloquée par l'UIMM, en sus de ses notes de frais. "Quand nous sommes en déplacement en province, c'est le patron qui paye le verre , explique-t-il aux policiers. Je n'ai jamais demandé une rallonge." DGS avait parlé de "régulation sociale" à propos des espèces prélevées sur les comptes de l'UIMM ? M.de Calan argumente : le "climat de lutte de classes est nocif à l'économie de marché". Il faut donc "rapprocher l'entreprise de nos concitoyens". Et arroser tous azimuts : "Les associations, les partenaires sociaux, les intellectuels, les médias, les pouvoirs publics bien évidemment…" Qui, précisément? "Denis Gautier-Sauvagnac les voyait en tête à tête, je ne peux donc répondre…" M. de Calan se montre plus prolixe sur les 30 000 euros annuels affectés à ce que DGS appelle les "organismes en liaison avec la vie universitaire". "Ne connaissant pas du tout ces milieux, M. Gautier-Sauvagnac m'a demandé si je pouvais remettre à des personnes qu'il me désignait ces sommes", explique M. de Calan. Il s'agissait aussi d'œuvrer "au rapprochement école-entreprise". Les remises d'enveloppes, à "moins de dix organismes", avaient lieu entre décembre et mi-février, auprès "des représentants nationaux de ces organismes".


"Mon erreur, c'est peut-être de m'être coulé dans le moule".


 Dès le début, le système de défense de DGS apparaît clairement : assumer, seul, l'héritage d'une tradition. "Mon erreur, c'est peut-être de m'être coulé dans le moule", dit-il au juge Roger Le Loire. Pour autant, pas question de tout raconter par le menu. "Ces versements ont été faits à des gens très honorables, liés à des organismes qui font partie de notre vie sociale, et je ne crois pas, très sincèrement, qu'il soit de l'intérêt général de procéder à un grand déballage." Il avait prévu, assure-t-il, de mettre fin au système à l'automne 2007. "Non pas que je me posais tellement de problèmes de légalité", dit-il. Mais, "je n'étais pas à l'aise avec ces mouvements d'argent, donc j'avais demandé à notre comptable de faire des provisions et que je procède d'ici mars 2009 à de derniers versements pour solde de tout compte". D'où ces 2 400 000euros trouvés par les policiers dans un coffre de l'UIMM.

Et quid de cette note de M. de Calan, datée du 26 octobre 1995, suggérant de payer à mi-temps un attaché parlementaire auprès d'un député ou d'un groupe parlementaire? "Nous n'avons jamais offert un attaché parlementaire à qui que ce soit", clame DGS. Mais, "oui, bien sûr", l'UIMM procédait à un lobbying parlementaire.

Et ces chèques émis en 2006 en faveur de FO – pour une somme de 14 284,65euros –, la CFDT ou encore la CGT ? "Je pense qu'il s'agit de chèques relatifs à des frais de déplacement ou de restauration", déclare DGS. Un autre chèque est exhumé par les enquêteurs, pour une somme de 23000euros, en juillet 2006, au bénéfice de la CFTC. "Cela correspond sûrement à une dépense parfaitement régulière de l'UIMM", veut croire DGS.


"Il était loin d'être idiot, il a compris ce dont il s'agissait…"


 François Ceyrac, 95 ans, est officiellement en retraite depuis trois ans. De sa maison au Vésinet (Yvelines), propriété de l'UIMM, il a suivi attentivement l'enquête judiciaire. Il se sait concerné. Ne perçoit-il pas 5 000euros par mois en liquide, un complément de retraite attribué par l'UIMM ? C'est lui qui a créé l'EPIM, en 1972, "en solidarité face à l'agression", dit-il, pour décrire le contexte social tendu de l'époque. A l'époque, il préside à la fois le CNPF, le syndicat des patrons, et l'UIMM. "J'ai lu qu'une partie des fonds recueillis par l'UIMM aurait servi à payer des syndicalistes, dit-il. Cela me paraît aberrant et inadmissible." Il assure tout de même qu'"il y a toujours eu des retraits d'espèces", afin d'aider les entreprises adhérentes à l'EPIM. "Ces retraits d'espèces ne sont que des accidents de route", conclut-il.

A 81 ans, Pierre Guillen, qui fut le délégué général de François Ceyrac, parlerait plus volontiers de "dépenses de rayonnement". Et il précise : "Ces fonds allaient en direction de toutes les organisations qui pouvaient faire l'opinion : bureaux d'études, journalistes, sociologues… Ces fonds ne sont jamais allés à destination de politiques, cela n'aurait servi à rien." En 1995, Pierre Guillen confie "les clés de la maison" à DGS. "Je l'ai informé effectivement de certaines pratiques, je lui ai communiqué les noms de certaines personnes, il était loin d'être idiot, il a compris ce dont il s'agissait…"


"DGS n'a rien lâché, rien de rien, je l'ai expliqué au bureau…"


 En septembre 2007, lorsque l'affaire éclate, Laurence Parisot, la patronne du Medef, saute sur l'occasion; les révélations sur la caisse noire lui permettent d'asseoir son pouvoir sur la forteresse UIMM. Elle n'a pas les faveurs des patrons de la métallurgie, qui la prennent de haut. A-t-elle pour autant joué un rôle dans le déclenchement de la tempête judiciaire? Et était-elle au courant des retraits en espèces? A l'UIMM, on en est persuadé.

Pour mieux comprendre les responsabilités éventuelles des uns et des autres, le juge Le Loire perquisitionne les bureaux de Madame Parisot au Medef, le 10avril. Il consulte les mémoires des trois téléphones portables de Madame Parisot – un Blackberry, un iPhone et un Sony-Ericsson. Trois SMS lui semblent importants, au point de les consigner sur le PV de perquisition. Le 15juin 2007, soit trois mois avant que le parquet de Paris ne lance l'enquête judiciaire, à 21h42, Laurence Parisot écrit à "Cathy" : "Chère Cathy, je viens seulement d'entendre ton message, stupéfaite… DGS n'a rien lâché, rien de rien, je l'ai expliqué au bureau. La mauvaise foi de certains est stupéfiante, je t'appelle demain pour t'en parler de vive voix." Rien ne prouve que ce SMS soit lié à l'affaire, il pourrait s'agir de négociations tout autres. Le 26 septembre 2007, Mme Parisot envoie un SMS à 7h26 à Anne Méaux, grande prêtresse de la communication dont elle est proche : "Urgent, Anne, lis le Fig-p11 une enquête de Tracfin sur DGS et l'UIMM, faut qu'on se parle ce matin." Dans ce Texto, elle paraît découvrir l'affaire.

Enfin, ce troisième SMS, envoyé le 26 septembre à 17 h 04 à "C" : "Je vois DGS dans 5 min." Le juge place aussi sous scellés la messagerie informatique de Mme Parisot, de même que les notes manuscrites rendant compte des réunions du bureau du Medef du 22 janvier et du 10 octobre 2007. Les documents sont en cours d'analyse.


"Nous avons pris en compte l'honorabilité de ce syndicat".


D'autres questions assaillent les enquêteurs chargés de ce dossier très politique : quels chemins tortueux a empruntés ce dossier pour leur parvenir? Il aura fallu douze ans avant que la justice ne soit saisie de ces retraits d'espèces suspects, connus dès 1995. Pourquoi un tel délai ? Selon Henri Quintard, directeur de la sécurité financière à BNP Paribas, DGS est contacté en 1995, puis en 1998, par un responsable de la BNP Paribas, qui s'alarme de l'importance des sommes prélevées sur les comptes de l'UIMM. Le patron de la métallurgie reçoit la visite d'une délégation de la banque, un rien embarrassée. La scène est rapportée par M. Quintard : "Ce dernier [DGS] aurait confirmé que les différentes instances de l'UIMM étaient parfaitement au fait des retraits d'espèces effectués et de la destination qui leur était réservée." Un courrier de la banque, en date du 9septembre 1998, en fait foi.

Du côté de la banque Martin-Maurel, qui ne veut pas froisser l'UIMM, on se réfugie derrière "l'importance de cette institution et de la très grande qualité de ses dirigeants". La banque assure que "le fonctionnement du compte était connu des membres du conseil de l'UIMM". En novembre 2005, la commission bancaire mise au fait des retraits d'espèces n'estime "pas nécessaire d'étudier le dossier UIMM", explique Lucie Maurel-Aubert, une responsable de l'établissement.

Puisque personne ne s'alarme, les retraits d'espèces reprennent de plus belle. En 2004, Alain Bègue, chargé d'affaires chez BNP Paribas, se rend au siège de l'UIMM, où il rencontre Bernard Adam, le directeur financier de l'association. "Il nous a fait une réponse en quatre points : C'est notre argent, on fait ce qu'on veut avec notre argent, nos comptes sont certifiés par des commissaires aux comptes, l'argent est destiné aux œuvres sociales. " Le 5février 2004, la cellule antiblanchiment de BNP Paribas est enfin activée. Rien de tel chez Martin-Maurel : "Nous avons pris en compte l'honorabilité de ce syndicat et de ses dirigeants, et ensuite nous n'avions pas de doutes quant à l'origine des fonds ainsi retirés", argumente devant les policiers l'ex-directeur de la banque, Bernard Huart.


"Ma hiérarchie m'a demandé de conserver le dossier".


Finalement, l'organisme antiblanchiment Tracfin ne reçoit que le 26 mai 2004 une déclaration de soupçon émanant de BNP Paribas. Il faudra attendre encore plus de trois ans, jusqu'au 18 septembre 2007, pour que le parquet de Paris soit saisi! "Le traitement réservé à ce dossier est tout à fait dans la norme", se défend devant les policiers François Werner, le directeur de Tracfin. Il précise avoir relaté, dès octobre 2006, le contenu du dossier UIMM à Gilles Grapinet, alors directeur de cabinet de Thierry Breton, au ministère des finances.

Le 26 mars 2007, M. Werner fait part à M. Grapinet – aujourd'hui directeur de la stratégie au Crédit agricole – de son intention de transmettre le dossier à la justice. Enfin, il revient le 11 septembre 2007 vers Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, pour l'informer de l'état de la procédure. "Au cours de ces entretiens, dit M. Werner, mon interlocuteur ne m'a donné aucune instruction." Une semaine plus tard, l'affaire fera les gros titres des journaux.

La brigade financière demeure dubitative sur le déroulement réel de l'enquête initiale de Tracfin. Elle a d'ailleurs procédé à une perquisition dans les locaux de cet organisme qui dépend du ministère de l'économie. Fin 2004, l'enquêteur affecté au dossier UIMM chez Tracfin, Philippe Virey, avait adressé une note résumant les retraits suspects. Cette note est parvenue à Jean-Marc Maury, secrétaire général adjoint de l'organisme antiblanchiment. Pas de réponse. Puis l'enquêteur a reçu pour consigne de "continuer l'enquête". Une manière élégante d'enterrer un dossier. M. Werner n'était pas en place au moment des faits. Mais, pour le directeur de Tracfin, "36 % des enquêtes durent plus d'un an (…). La sensibilité évidente de ce dossier exigeait des précautions juridiques maximales".

Dans sa note, M. Virey se souvient pourtant avoir "listé les flux et les montants depuis 2000 ainsi que les explications du directeur financier de l'UIMM". Des enquêtes préliminaires ont été ordonnées pour moins que cela. Mais M. Virey n'a jamais eu de retour de sa note. "Ma hiérarchie m'a demandé de conserver le dossier en cours d'enquête , j'ai donc actualisé les flux." En clair, il a continué à comptabiliser les retraits suspects. Et c'est tout.

Près de trois ans plus tard, ses responsables lui demandent enfin de déterrer sa note, puis de l'actualiser. Après qu'elle a été signée par le directeur des enquêtes le 15 juin 2007, il faut attendre trois mois de plus, pour que, le 13septembre, le magistrat détaché à Tracfin appose son paraphe final. Les autorités n'étaient plus à quelques semaines près. Le 18 septembre 2007, trois pages de signalement finissent par atterrir sur le bureau de Jean-Claude Marin, le procureur de Paris.

 


Gérard Davet

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 20:56

Les députés US fixent une date butoir pour le retrait d'Irak

 

WASHINGTON (Reuters)

 

  Les députés américains ont lancé un défi au président George Bush en adoptant un projet de loi qui fixe la date limite du retrait américain d'Irak à la fin de l'année 2009.

 

Le texte, adopté par 227 voix contre 196, ordonne en outre à l'US Army d'entamer ce retrait dans les 30 jours suivant sa promulgation.

 

La Maison blanche a brandi la menace d'un veto contre ce projet de loi, auquel le groupe républicain au Sénat fera vraisemblablement échec.

 

La Chambre des représentants s'est par ailleurs prononcée contre le projet de loi sur le financement de la guerre en Irak pour l'année à venir, qui prévoit d'allouer 162 milliards de dollars au Pentagone.

 

Le texte a été rejeté par 149 voix contre 141. Cent trente-deux républicains se sont abstenus.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 20:49

Huit syndicats de la SNCF appellent à la grève le 22 mai

PARIS (Reuters)

  Huit syndicats de la SNCF appellent à la grève le 22 mai pour la défense des retraites et l'augmentation des salaires.

Après la Fgaac (conducteurs autonomes) mercredi, sept organisations ont déposé jeudi un préavis de grève qui court du mercredi 21 mai à 20h jusqu'au vendredi 23 mai à 8h, a indiqué un responsable de FO.

Dans leur préavis, les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, Sud-Rail, Unsa et CFE-CGC exigent "l'arrêt de l'allongement de la durée de cotisation pour percevoir une retraite pleine et entière", mais aussi "la réouverture des négociations salariales."

Ils réclament également "la poursuite des négociations, dans le cadre de la réforme du régime spécial" de retraite des cheminots, qui a été réformé comme celui des agents de la RATP à l'automne dernier.

La durée de cotisation des cheminots passera progressivement à 40 ans d'ici 2012, contre 37 ans et demi jusqu'alors.


Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 21:42

John Edwards soutient Barack Obama

 

GRAND RAPID, Michigan (Reuters)

 

  John Edwards, ancien candidat à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle américaine de novembre, va apporter mercredi son soutien à Barack Obama à l'occasion d'un rassemblement à Grand Rapid, annonce sa porte-parole de campagne.


Candidat à la vice-présidence en 2004, Edwards s'est retiré de la course à l'investiture démocrate en janvier. Il est depuis l'objet d'une cour assidue de la part d'
Obama et de sa rivale Hillary Clinton.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 21:13

Le gouvernement libanais annule les mesures prises contre le Hezbollah

BEYROUTH (AFP)

  Le gouvernement libanais a annoncé mercredi l'annulation des mesures prises contre le Hezbollah, qui avaient conduit aux pires affrontements intercommunautaires au Liban depuis la fin de la guerre civile dans ce pays en 1990.

"Afin de faciliter les négociations de la délégation de la Ligue arabe et pour préserver l'unité nationale et la sécurité des citoyens, le gouvernement a décidé d'accepter la proposition du chef de l'armée et d'annuler les décisions", a annoncé le ministre de l'Information, Ghazi Aridi, à l'issue d'une réunion du gouvernement.


D'intenses tirs de joie ont éclaté à Beyrouth à la suite de cette décision.


Le gouvernement avait annoncé le 6 mai son intention d'enquêter sur un réseau parallèle de télécommunications mis en place par le Hezbollah, et avait limogé le directeur de la sécurité de l'aéroport, présenté comme un proche du parti chiite.


Ces deux mesures, après 18 mois de crise politique, avaient déclenché une flambée de violences. Des hommes armés de l'opposition chiite avaient pris d'assaut l'ouest de Beyrouth, défendu par des partisans sunnites du gouvernement.


Après deux jours de combats, l'armée avait gelé le 10 mai les mesures gouvernementales et les hommes armés s'étaient retirés des rues.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens