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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 19:14

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/08/les-declarations-de-francois-ruffin-passent-mal-au-sein-de-la-nebuleuse-nuit-debout_4943050_823448.html

Les déclarations de François Ruffin passent mal au sein de la nébuleuse du mouvement des Nuits Debout

Par Blandine Garot

Alors que le mouvement des Nuits Debout s’apprête à fêter ses soixante dix jours d’existence, Mercredi 8 Juin 2016, les propos tenus Lundi 6 Juin 2016 dans Libération par le journaliste et réalisateur de Merci Patron, François Ruffin, ne passent pas auprès des militants du collectif. Ce témoin de la première heure et figure du mouvement, né le Jeudi 31 Mars 2016, y confesse que « le miracle, c’est que le mouvement ait existé » et avoue que « de mon côté, je n’en ai jamais attendu trop ».

Rassemblés Lundi 6 Juin et Mardi 7 Juin 2016 place de la République pour la projection du documentaire de Luc Decaster, « qui a tué Ali Ziri », les irréductibles du mouvement s’interrogent, « qui est-il pour parler au nom du mouvement et pourquoi est-il venu s’il n’a jamais cru dans le mouvement ».

Au dernier rang de l’assemblée, un groupe de lycéens regarde le film.

« Ce soir, nous sommes loin des trois mille participants des premiers jours. Pourtant, je suis surpris. Nous sommes toujours là », constate Thomas, dix huit ans. À quelques jours du baccalauréat, il continue à passer place de République pour écouter les débats. « Le mouvement des Nuits Debout n’est pas mort, il est en gestation ». De quoi, Thomas ne le sait pas encore. Il attend et écoute.

Le mauvais temps de ces dernières semaines est venu à bout des curieux de la première heure. La place s’est vidée. Seule une centaine de participants est encore mobilisée. Avec sa chaîne sur Periscope, Remy Buisine couvre chaque soir le rassemblement de la Nuit Debout parisienne.

« La place n’est plus le seul lieu de convergence des luttes. Les militants sont partagés entre les manifestations et les actions coup de poing », constate-t- il. « Le mouvement des Nuits Debout a aujourd’hui d’autres visages mais il est toujours bien vivant ». Mardi 7 Juin 2016, les activistes étaient au siège du mouvement des entreprises de France (MEDEF) ou encore devant le siège du Parti Socialiste, rue de Solférino.

Il a usurpé la paternité du mouvement des Nuits Debout

Jean-Marie, psychologue du travail, est venu pour la première fois place de la République par curiosité au mois d’avril 2016. Deux mois plus tard, il assiste quasi quotidiennement aux assemblées de la Nuit Debout parisienne, tout comme à celles qu’organise régulièrement le rédacteur en chef de Fakir à la bourse du travail de Paris. Il n’est pas d’accord avec les propos que tient son camarade François Ruffin, « je ne comprends pas pourquoi il a décidé de prononcer l’éloge funèbre alors que tous se préparent pour la grande manifestation contre la loi travail du Mardi 14 Juin 2016. C’est une grave erreur de croire que le mouvement est mort, car malgré quelques fragilités, le mouvement est très puissant ».

Caractérisé par son organisation horizontale, le mouvement des Nuits Debout ne veut ni leader ni porte-parole. C’est peut-être là que le bât blesse pour certains militants. Pour Benjamin Ball, « François Ruffin n’a pas réussi à prendre le contrôle du mouvement, alors il fait un choix radical pour le tout le monde, allez, cela suffit on arrête ». Un autre activiste partage cette analyse, « avec cette interview, il est enfin sorti du bois et il montre son incapacité à prendre la tête du mouvement ».

Fondateur du Mouvement Debout Libre, cet activiste tient à l’intégrité du mouvement qu’il protège en s’assurant qu’aucun pilotage ou récupération ne sont orchestrés.

D’autres ont la sensation d’avoir été utilisés par le réalisateur de Merci Patron. « Je pense qu’il a usurpé la paternité et a profité du mouvement à des fins du marketing, voire politiques », témoigne Raymond Macherel, de l’équipe de distribution du film Comme des Lions. « Son but premier, c’était d’accompagner la diffusion de son film et de faire parler de lui ».

Nuit debout serait-elle une concurrente politique trop puissante pour François Ruffin et son projet contre le Parti Socialiste ? C’est du moins la question que se posent les participants réunis ce soir place de la République.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:42

http://www.liberation.fr/france/2016/06/06/reponse-a-francois-ruffin-sur-les-accusations-de-censure-par-liberation_1457631

Réponse à François Ruffin sur les accusations de censure par Libération

Par Luc Peillon

Le cinéaste et responsable du journal Fakir, dont Libération publie une interview, Lundi 6 Juin 2016, reproche au quotidien d'avoir passé à la trappe plusieurs questions, explications.

C’était trop beau. Deux pleines pages sur ses propositions, son positionnement politique et sa stratégie, deux pleines pages sur le fond, enfin.

C’était trop beau. Et tellement contraire à ce qu’il dénonce. Qui plus est quand le média qui l’accueille s’appelle Libération, ce journal qui trahit. Dans une espèce de réflexe pavlovien, il fallait donc redresser la barre. Sauver la petite entreprise de dénonciation. S’ériger en victime. Mais sans aller, il ne faut pas pousser non plus, jusqu’à refuser la tribune et l’appel en une du journal, que proposait ce média mainstream tant honni.

Ainsi donc, très vite après la parution de l’entretien, Lundi 6 Juin 2016, François Ruffin, responsable du journal Fakir, a sonné la charge, « au cours de nos échanges avec les journalistes, j’avais taclé régulièrement Laurent Joffrin, le directeur de Libération, et surtout Patrick Drahi, l’actionnaire principal, patron de la Société Française du Radiotéléphone (SFR), de l’Express et de BFM. Rien n’en a été retenu », écrit-il sur le site du journal Fakir. « Je comprends cette censure et cette autocensure. Ayant relu l’interview, je l’ai d’ailleurs acceptée. C’est une règle du jeu médiatique, qu’on peut néanmoins dénoncer, l’impossibilité de critiquer les patrons de presse dans la presse. Comme ici, c’est moi le patron de presse, je vais en profiter pour rétablir les passages qui furent caviardés ». Et d’ajouter que « dans l’entretien, je mentionnais juste une imposture, voir le directeur de Libération parler sur les plateaux de télévision au nom de la gauche relève de l’imposture médiatique, tout comme voir Manuel Valls relève de l’imposture politique ».

Première chose, l’entretien a duré plus d’une heure, soit, une fois retranscrit, l’équivalent de quatre pages, alors que nous ne disposions que de deux pages pour accueillir ses propos. Il fallait donc, de toute façon, couper. Ne soyons cependant pas hypocrites. Nous n’allons pas dire que nous étions ravis de ces passages qui tapaient sur notre média et notre directeur. Mais ces propos auraient mérité un vrai débat contradictoire. Ce n’était pas l’objet de cet entretien que de se transformer en un échange sur l’impartialité et le rôle de la presse contrôlée aujourd’hui par des groupes industriels. Si tel avait été le cas, nous aurions organisé une confrontation entre lui et le directeur de la publication de Libération.

Voici, cependant, la question que nous n’avons pas conservée, avec son accord, et qui est sans doute la plus polémique.

Question. Certains vous diront qu’être engagé comme vous l’êtes chez Fakir, avec la partialité que cela implique, ce n’est peut-être plus du journalisme.

Réponse. Je n’ai jamais cru à la partialité, à la neutralité ou à l’objectivité. Je crois en l’honnêteté. Celle de dire aux gens « voilà d’où je parle ». Après, je peux vous renvoyer la question. Peut-il y avoir de l’impartialité des journalistes de Libération quand l’un de ses actionnaires, Patrick Drahi, balade ses capitaux entre Guernesey et le Panama et se base fiscalement en Suisse.

Problème, sur le fond cette fois-ci, cette réponse de François Ruffin ne repose sur rien de concret. En quoi la gestion de ses capitaux par notre actionnaire principal, aussi discutable soit-elle, empêcherait-elle les journalistes de Libération d’être impartiaux, sous-entendu, sur tous les sujets ? Encore François Ruffin eut-il précisé que nous n’étions pas indépendants sur la question spécifique de l’optimisation fiscale. Mais même sur ce sujet, c’est faux. Ainsi, le 5 avril 2016, nous rebondissions, sur cinq pages en « événement », sur les informations publiées la veille concernant les Panamas Papers, ces comptes off shore basés au Panama. Titre de l’article d’ouverture, plutôt explicite, « en finir avec les planques à billets ». Dans un encadré, nous mentionnions même les principales personnes soupçonnées, dont Patrick Drahi. Et nous évoquions également son démenti, comme pour les autres personnes citées, qu’il s’agisse du Front National ou de Lionel Messi. Son nom était même repris, et à chaque fois en précisant sa qualité de principal actionnaire de Libération, dans l’éditorial de Laurent Joffrin. Comme acte de censure, on a connu mieux.

Mais le plus gênant dans cette réaction de François Ruffin, c’est qu’il avait effectivement accepté, comme il le reconnaît, que ces questions et ses réponses ne figurent pas dans l’interview. Ainsi ce mail, qui nous est adressé, Vendredi 3 Juin 2016, en réponse au script de l’entretien que nous lui avions envoyé.

« Voici le deal que je vous propose, je ne vous emmerde pas avec cela, on ne cite pas Patrick Drahi ni Laurent Joffrin, j’ai viré la question sur les médias, sinon je suis fonce droit contre Libération, son directeur et son actionnaire, je joue le jeu des petites questions, du style moi président. Maintenant, j’ai largement réécrit l’entretien, pour insister sur des points qui me paraissent plus importants et qui correspondent mieux à ma pensée. Pour la photographie, je suis embêté, à la place du tee-shirt, j’aurais bien posé avec le tract, nous ne voterons plus pour le Parti Socialiste. Dites moi si cela vous va ».

C’est donc plutôt François Ruffin qui nous propose un deal, que nous n’avions jamais demandé et qu’il ne respectera finalement pas. Sans évidemment nous en parler. Il en profitera par ailleurs pour supprimer lui-même plusieurs questions, et donc réponses, concernant son travail et le journal Fakir, le tout, très cordialement.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:03

http://paris.demosphere.eu/rv/48396

http://www.fondation-copernic.org/index.php/2016/06/07/12-juin-a-14h15-meeting-unitaire-non-et-toujours-non-a-la-loi-el-khomri-theatre-dejazet

Dimanche 12 Juin 2016 à 14 heures 15

Meeting unitaire « non et toujours non à la loi travail »

Théâtre Dejazet 41 Boulevard du Temple 75 003 Paris Métro République

Le sort de la loi travail se joue en réalité maintenant. Maintenant que le championnat d'Europe de football va débuter. Il n’est pas temps d’abandonner, il n’est pas temps de reculer. Si nous sommes nombreuses et nombreux encore, c’est ce gouvernement qui reculera.

Cela dépend de nous, de notre présence, de notre détermination et de notre unité.

La Fondation Copernic organise, Dimanche 12 Juin 2016, à 14 heures 15, au Théâtre Déjazet, un grand meeting unitaire.

« Soutien aux grévistes, non et toujours non à la loi travail »

Il constituera un nouveau moment important de mobilisation que nombre de copines et copains syndicalistes nous ont demandé d’organiser.

Les intervenants seront les suivants

Clémentine Autain, Fatima Ezzahra Ben Omar, Marie-Claire Cailletaud, Gérard Filoche, Pierre Laurent, Frédéric Lordon, Noël Mamère, Willy Pelletier, Christine Poupin, Théo Roumier, Danielle Simonnet, Aurélie Trouvé, Malika Zediri et des représentants des secteurs en lutte.

Toutes et tous au Théâtre Déjazet, dire non, c’est maintenant.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 20:26

https://www.comptoir.org/2016/06/03/leuro-2016-allie-du-mouvement-social

Le championnat d'Europe de football 2016, allié du mouvement social ?

Par Noé Roland

Vendredi 3 Juin 2016

Dans quelques jours débutera le championnat d'Europe de football 2016, l’une des compétitions footballistiques les plus importantes au monde. Un événement sportif de cette ampleur suscitant toujours les passions, le coup d’envoi est attendu comme le messie par de nombreux européens.

Hantés par son organisation en cette période tumultueuse, nos politiciens semblent vouloir hâter la période festive. Du côté des manifestants contre la loi travail, la rencontre sportive fait frémir, et si le championnat d'Europe de football 2016 était la fin annoncée de la lutte sociale ? Face à ce pessimisme, osons une autre question, une autre hypothèse, et si le championnat d’Europe s’avérait être un allié du mouvement contre la loi travail ?

Le championnat d'Europe de football, c’est dans une semaine. Alors les personnes que je croise en parlent, bien sûr. Mais cette année, j’ai le sentiment que le sujet majoritaire dans les conversations de bistrots, dans les transports, entre amis ou au boulot est moins le football que la fameuse loi travail et l’extraordinaire mobilisation populaire qu’elle a rencontré sur son chemin. Il faut dire aussi qu’à en croire certains sondages, une écrasante majorité de la population française comprend et soutient la grève. Pas plus tard que le Mardi 31 Mai 2016, un collègue aussi sympathique que pessimiste m’a branché sur le sujet de bon matin.

Mon collègue me disait que c'est bien de manifester et d’effectuer des blocages économiques pour se faire entendre, mais j’ai le sentiment que ce n’est plus d’époque. Enfin, finalement, tout cela, cela n’emmerde pas les puissants.

Je lui répondais qu'il ne pouvait pas dire cela, qu'il reconnaisse quand même que cela en fait flipper quelques uns et que cela permet de faire avancer le schmilblick. Le gouvernement est en train de plier, les coupes dans le budget des universités ont finalement été annulées et quelques professions comme celles des transports commencent déjà à gratter sur la loi travail. On ne peut pas dire que c’est sans effet tout cela. Nous sommes en plein de la lutte des classes au quotidien, ces derniers temps. Regarde, même le Président Directeur Général (PDG) de Total commence à faire des menaces, c’est qu’il doit un minimum avoir les miquettes, le mec, non ?

Il me demandait si on touchait vraiment le gouvernement. Les mecs, ils sont toujours à leur poste et ils ne se sentent pas menacés pour un sou. Et des clones viendront les remplacer tôt ou tard de toute façon.

Je lui demandais ce qu'il fallait faire selon lui.

Il me répondait que, dans quelques jours, il y a le championnat d'Europe de football qui commence. Ce serait formidable d’empêcher que la compétition se tienne normalement. Imagine que le mouvement garde sa force jusque là, que les manifestants continuent à foutre le bordel dans le pays à ce moment-là et qu'ils parviennent à annuler ne serait-ce qu’un match. Ou même à en empêcher la retransmission. Là, tu leur fais mal et tu leur fous la honte pour de bon. Enfin, je te dis tout cela, je ne suis pas objectif, j’ai toujours détesté le football.

Pour ma part, je ne déteste pas le football, mais je suis assez illégitime pour en parler, parce que je suis à peine capable de citer trois noms de joueurs entrant dans la composition de l’équipe de France. Cela ne m’empêche pas d’avoir trouvé son idée certes audacieuse, mais assez bonne.

Ce soir-là, je suis passé à la bourse du travail où se tenait la conférence « nous ne voterons plus pour le Parti Socialiste » organisée par le journal Fakir, en présence notamment de François Ruffin, de Christine Poupin, de Gérard Mordillat et, paradoxe, de Gérard Filoche. Il s’agissait de faire un bilan collectif de la mobilisation contre la loi travail trois mois après son lancement et de fixer un plan de bataille et des échéances afin de préparer, notamment, la manifestation du Mardi 14 Juin 2016. Syndicalistes, écrivains, journalistes et militants se sont succédé pour donner leur point de vue, tous étaient d’accord pour parler d’une mobilisation historique très populaire et sur la nécessité de mener des actions diverses, blocages, production médiatique alternative et tractages, pour soutenir l’élan.

Au détour d’une conversation, François Ruffin a pris le micro, « je pense qu’il serait intéressant de mener des actions autour du championnat d'Europe de football qui arrive. Je sens que le gouvernement commence à flipper quant à cette question et que ce que nous voyions comme un obstacle au départ est peut-être davantage un obstacle pour le gouvernement que pour nous ». Ma journée se terminait ainsi comme elle avait débuté, par l’impression qu’une nouvelle étape de la lutte sociale était en train d’émerger dans les esprits. Je partage cet avis, mais je n’ose trop y croire, parce que le football est devenu une sorte de religion et que, pour certains, s’y attaquer revient presque à un sacrilège.

Mais lorsque je laisse mon optimisme prendre le dessus, je me dis qu’il y a effectivement quelque chose à faire. Pour plusieurs raisons, parce que justement, le football est le sport du peuple par excellence. Parce qu’il est injuste que le capital l’ait confisqué et qu’il soit ainsi devenu avant tout une histoire de gros sous. Et parce que la portée d’un blocage du championnat d'Europe de football cristalliserait finalement ces considérations.

Cela va être dur de louper les premiers matchs, pas vrai ? Je m’adresse à votre corde sensible, et si ce n’était pas l’acte de résistance ultime que de refuser la bonne tenue d’une compétition dans laquelle on ne nous demande rien d’autre que d’être spectateurs et consommateurs, une fois de plus ?

Ce que représente le championnat d'Europe de football

Ce n’est plus un secret pour personne, le football est aujourd’hui un sport pleinement intégré dans le capitalisme mondialisé. C’est sans doute même le sport qui développe le plus de liens avec la pensée néolibérale, au point de devenir à son tour une industrie. Parmi les récents travaux accomplis sur le sujet, on peut citer « comment ils nous ont volé le football, la mondialisation racontée par le ballon », l’excellent petit livre réalisé en 2012 par Antoine Dumini et François Ruffin, justement, qui est un fan inconditionnel de football. Les deux journalistes nous convient à une véritable contre-histoire du football d’aujourd’hui, affirment le rôle du sport dans l’affermissement de la pensée contemporaine, mettent en lumière ses liens avec le politique et dénoncent son industrialisation. Ils opposent à cette mise à mort des valeurs traditionnelles du football celles de certains de ses plus éminents représentants, solidarité, commun et même autogestion dans le cas du légendaire club brésilien des corinthians duquel est issu le fameux docteur Socrates, tout comme a pu le faire dans divers écrits le philosophe Jean-Claude Michéa.

Tout comme les mots « démocratie » et « socialisme », le mot « football » a donc été usurpé par les tenants de nos sociétés néolibérales, qui se font forts de l’utiliser à leur profit et de l’intégrer dans ce que Guy Debord appelait la « société du spectacle ». Le football joue aujourd’hui le rôle d’un d’écran de fumée, d’une catharsis, et détourne l’attention de questions plus politiques et moins consensuelles que le fait d’adhérer ou pas à telle ou telle équipe. Attention, il n’est pas question ici de brandir le fameux argument « du pain et des jeux », que je juge assez condescendant. Le sport n’est pas mauvais en soi, quoi de plus agréable que de taper dans un ballon entre potes ? Et qui n’a jamais pris plaisir à regarder un match ? Il n’en est pas moins que l’utilisation qui en est faite par l’élite politique, médiatique et financière comme outil d’asservissement, et les revenus financiers que cette industrie du spectacle génère, doit être dénoncée.

La question du sport est absente des combats culturels et sociaux auxquels prennent part les français aujourd’hui. Elle est pourtant en mesure de cristalliser toutes les critiques antilibérales actuelles et de poser de nombreuses questions. Voulons-nous le football tel qu’on nous le présente aujourd’hui ? Souhaitons-nous que ses valeurs soient souillées par tout ce qu’il finit par représenter ?

Le championnat d’Europe de football 2016, l’occasion d’un réveil des peuples européens ?

La deuxième raison pour laquelle nous ne pouvons faire l’impasse sur le championnat d’Europe de football 2016 est symbolique mais elle n’en est pas moins importante. Il faut l’affirmer clairement, le mouvement contre la loi travail, au-delà de la contestation d’une loi antisociale qui ne satisfait personne et cristallise les passions, est un mouvement qui se positionne contre les dérives technocratiques de l’Union Européenne. La preuve n’est pas compliquée à dénicher, c’est Jean-Claude Juncker lui-même, président du parlement européen, qui la donne en déclarant que « la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement de Manuel Valls est le minimum de ce qu’il faut faire ». Dans une Europe qui clame de la bouche du même homme « qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », la perspective que ce minimum puisse être adopté nous promet des lendemains néolibéraux de plus en plus agressifs qui se traduisent par une casse sociale sans précédent en France.

Comme le relève la blogueuse Coralie Delaume dans un article récemment publié sur le Figarovox, « La loi travail est un produit d’importation made in Union Européenne. Les grandes orientations de politique économique, dont l’existence est posée par les traités, et le programme national de réformes, qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive, prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale ».

Cela signifie que, dans la perspective européenne actuelle, la destruction des droits des travailleurs est inéluctable. D’où la sévérité avec laquelle les manifestations françaises sont réprimées et l’apparente intransigeance du gouvernement. En effet, le désaveu européen de la part du peuple français n’avait jamais été aussi fort depuis la victoire du non lors du référendum de 2005. Cette fois, cela ne se passe plus dans les urnes, mais dans la rue. Et la lutte fait déjà bourgeonner les dons du printemps en notre faveur.

Le championnat d’Europe de football a un lien fort avec les politiques de l’Union Européenne, puisque cette dernière est aujourd’hui construite sur les mêmes fondations économiques et financières que l’industrie sportive. Elle symbolise aussi un moment de rencontre entre les différents peuples européens, honorable si l’on veut bien strictement apprécier son caractère sportif, mais corrompu par la thune monumentale qu’elle brasse en produits dérivés, en cachets démesurés, en spéculations financières et en publicité.

Plus de dix ans après le non au référendum de 2005, profitons de l’occasion pour faire des jours qui arrivent un moment de rencontre entre peuples européens, différent de celui que l’on souhaite nous imposer.

Nos amis grecs, espagnols et portugais nous ont tous récemment montré que nous n’étions pas les seuls à nous battre contre nos institutions communes mortifères. Associons-nous aujourd’hui pour développer de nouvelles stratégies de lutte et tentons quelque chose.

Loin d’être un frein à la mobilisation sociale, le championnat d’Europe de football apparaît potentiellement comme notre meilleur allié dans la lutte.

Symboliquement, il représente un moment de portée transnationale permettant une remise en cause populaire de la mondialisation et de l’Union Européenne. Stratégiquement, il est une manière d’atteindre nos gouvernements et ceux qui les soutiennent en plein cœur, en misant sur la honte internationale et en attaquant le prestige des organisateurs du championnat. Enfin, idéologiquement, la critique du championnat d’Europe de football entre en résonance avec les mouvements décroissants et anarchistes, en ce qu’elle conteste les notions de croissance, de publicité et de productivisme appliquées à l’exemple spécifique du sport.

Quoi qu’en disent les experts télévisuels, la révolte gronde en France.

Les blocages économiques, les manifestations, le mouvement des Nuits Debout et toutes les autres actions plus localisées dont on n’entend pas parler dans les grands médias sont en train de faire très peur à nos têtes pensantes qui vacillent déjà. Ne serait-ce pas le moment, tous ensemble, de frapper un grand coup dans la balle ?

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 19:41

http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/loic-canitrot-un-des-fondateurs-de-nuit-debout-en-garde-a-vue_1458118

Loïc Canitrot, un des fondateurs du mouvement des Nuits Debout, en garde à vue

Par Luc Peillon

Le militant, membre de la compagnie Jolie Môme, a été arrêté, Mardi 7 Juin 2016, à la suite de l'occupation du siège national du mouvement des entreprises de France (MEDEF). Il aurait, par ailleurs, été blessé par le responsable de la sécurité de l'organisation patronale.

Milieu de journée, Mardi 7 Juin 2016, dans le septième arrondissement de Paris, mobilisés contre la loi travail, une petite centaine de militants du mouvement des Nuits Debout et d’intermittents du spectacle investissent le siège national du MEDEF. Des manifestants montent au deuxième étage et déploient une banderole où il est inscrit, « le déficit de l’Union Nationale pour l’Emploi Dans l’Industrie et le Commerce (UNEDIC) masque les profits du patronat ».

« Nous étions très calmes, pas du tout vindicatifs, affirme un des participants à l’action. Mais visiblement, le responsable de la sécurité des lieux n’a pas apprécié et s’est mis rapidement en colère ». Au premier étage, quelques minutes plus tard, Michel, intermittent du spectacle, entend alors un cri derrière lui. « Je me retourne et je vois Loïc Canitrot s’effondrer, puis le responsable de la sécurité s’enfuir dans son bureau ». Explication, selon ce proche, Loïc Canitrot aurait reçu un violent coup de pied dans les parties génitales. Intermittent et membre de la compagnie de théâtre Jolie Môme, il l’est l’un des cofondateurs, avec le journaliste François Ruffin, du mouvement des Nuits Debout.

Rassemblement de soutien

L’organisation patronale, de son côté, soutient la thèse inverse, dans un communiqué publié Mardi 7 Juin 2016, « le MEDEF a été envahi par une centaine de manifestants. Les actions commises, à commencer par l’agression d’un salarié du MEDEF, sont inacceptables. Le MEDEF portera plainte en conséquence contre les auteurs de ces actes ». Et son président, Pierre Gattaz, d’affirmer que « l’attitude irresponsable de certains syndicats, la Confédération Générale du Travail (CGT) et la CGT Force Ouvrière en tête, encourage et justifie des actions de ce type. Tout ce que ces gens prouvent, c’est leur irresponsabilité et leurs comportements de voyous ».

Mardi 7 Juin 2016, en début d’après-midi, les forces de l’ordre évacuent le siège de l’organisation patronale. Loïc Canitrot, lui, est placé en garde à vue au commissariat du septième arrondissement. Il sera conduit, Mardi 7 Juin 2016, en début de soirée, à l’hôpital pour une consultation.

Un rassemblement de soutien est organisé, Mercredi 8 Juin 2016 à 13 heures, devant le commissariat, notamment à l’appel de la Coordination des Intermittents et des Précaires (CIP).

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 18:38

La grève du secteur des ordures ménagères s'étend (Reuters)

La grève des éboueurs s'est étendue Mercredi 8 Juin 2016 en France avec de nouveaux blocages de sites de traitement des déchets de la région parisienne, où la mairie de Paris a annoncé avoir recouru à la force pour débloquer des garages.

Le mouvement lancé dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail a également touché l'incinérateur de Fos-sur-Mer, qui traite tous les déchets de l'agglomération marseillaise.

La collecte des déchets est fortement perturbée depuis Lundi 6 Juin 2016 dans un arrondissement parisien sur deux, selon la mairie de Paris, qui précise avoir entamé un dialogue avec la Confédération Générale du Travail (CGT) pour trouver une solution à deux jours de l'ouverture du championnat d’Europe de football.

« Outre des centres du syndicat inter communal de traitement des ordures ménagères de la région parisienne (SYCTOM), l'établissement public qui gère les trois sites de la région parisienne, jusqu’à trois sur quatre fermés, en fonction des jours, la ville de Paris a été confrontée plusieurs fois depuis Jeudi 2 Juin 2016 à des blocages ponctuels des garages où stationnent les bennes de collecte », précise-t-elle dans un communiqué.

« Ceux-ci sont le fait de quelques militants de la CGT, positionnés de façon à empêcher la sortie des véhicules », ajoute-t-elle.

Face à une situation préoccupante, la mairie explique avoir été « contrainte Mercredi 8 Juin 2016 de recourir à la force publique » et avoir engagé le redéploiement de ses effectifs pour soulager les établissements les plus touchés.

Elle appelle enfin « à la reprise du dialogue au niveau national, entre l’état et les syndicats, pour parvenir à une solution durable qui mette fin à ce conflit social ».

Selon la mairie de Paris, les arrondissements où la collecte est perturbée sont ceux où elle est assurée par les services municipaux, les autres relevant du secteur privé.

Le privé commence à être touché

Le SYCTOM n'a confirmé que le blocage, depuis le Lundi 30 Mai 2016, de l'usine d'Ivry-sur-Seine. Mais son porte-parole a déclaré à Reuters que le mouvement avait tendance à s'étendre.

« La fédération de l’énergie de la CGT a déposé un préavis de grève pour le Jeudi 9 Juin 2016, pour le personnel des sites d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen », a dit Patrice Furé, directeur de cabinet du président du SYCTOM. « Cela va devenir compliqué ».

Selon Patrice Furé, certaines des quatre vingt quatre communes de la région parisienne servies par le SYCTOM ont commencé à recourir à l'enfouissement de leurs ordures ménagères dans des décharges.

D'autant que le site de transfert de ces déchets, situé à Romainville, est aussi bloqué depuis Mercredi 8 Juin 2016 « par des agents extérieurs au site » qui empêchent les camions d'entrer et de sortir, a-t-il précisé.

Selon la CGT, outre la première usine d'Ile-de-France, celle du SYCTOM à Ivry-sur-Seine, les sites de Romainville et de Saint-Ouen ont été également bloqués Mercredi 8 Juin 2016 dans le cadre d’une action intersyndicale.

« Les quatre principaux garages de camions bennes de la ville de Paris sont également bloqués par des chauffeurs grévistes », ajoute le syndicat dans un communiqué.

À Saint-Étienne, la CGT a aussi poursuivi son action, paralysant la collecte et le traitement des déchets pour la huitième journée consécutive.

Toujours selon la CGT, en Ariège, les deux principaux centres de traitement du syndicat mixte d’étude et de traitement des ordures ménagères (SMECTOM), qui assure quatre vingt pour cent de la collecte et du traitement des déchets du département, étaient bloqués pour la quatrième journée.

A Fos-sur Mer, les salariés du site ont voté la grève.

« Le mouvement a plutôt tendance à s'amplifier », a déclaré à Reuters Patrice Furé. « Il y a des sociétés privées qui commencent à être touchées. Nous ne sommes pas dans un mouvement qui s'essouffle, loin de là ».

Le groupe Suez confirme notamment que vingt pour cent de ses effectifs dans la collecte des ordures ménagères en Ile-de-France sont en grève depuis Lundi 6 Juin 2016, mais pour des revendications salariales qui n'ont rien à voir avec la loi travail.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:23

https://www.paris-luttes.info/manifestation-l-euro-pas-sur-notre-6034

En plein mouvement social contre la loi travail et son monde, résistons et rassemblons-nous.

Vendredi 10 Juin 2016 à 18 heures, place de Résistance à Saint Denis, Métro Porte de Paris

Manifestation l’Euro pas sur notre dos

Mobilisation unitaire Vendredi 10 Juin 2016 à Saint-Denis contre les impacts de l’Euro sur la ville.

À l’appel de l’union locale de Saint Denis du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), Droit Au Logement (DAL) et Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

L’Euro pas sur notre dos.

Vendredi 10 Juin 2016, l’Euro 2016 va démarrer à Saint-Denis.

Si l’Euro 2016, c’est un milliard sept cent millions d’euros de dépenses nettes, soit ce que représente la construction de dizaines de milliers de logements, qui permettraient de loger les milliers de demandeurs de logements sociaux, de rénover les bâtiments scolaires insalubres , de construire des équipement scolaires pour enfants, voire tout simplement d’embaucher des enseignants et d’améliorer les services publiques dans nos quartiers.

Si l’Euro 2016, ce sont des milliers d’expulsés sans relogement dans le secteur de Saint-Denis, parce que les les hôtels sont réservés pour le public du championnat d’Europe de football.

Si l’Euro 2016, ce sont des élèves privés d’installation sportives comme les élèves de la classe de football du collège de Geyter.

Si l’Euro 2016, ce n’est pas une fête populaire, mais la construction d’un mur pour séparer physiquement les supporters de la population de Saint Denis ou encore un parc de la légion d’honneur dénaturé et confisqué aux habitants pendant la durée de l’événement.

Si l’Euro 2016, c’est l’exclusion des plus pauvres des logements du centre-ville avec la rénovation et la gentrification des quartiers de la gare et de la porte de Paris.

Si l’Euro 2016, c’est une trentaine de caméras de vidéo surveillance installées dans le centre, qui n’assureront pas la sécurité mais bien la surveillance des habitants.

Si c’est l’arrivée de milliers de policiers et de police privée dans la ville avec les conséquences que l’on connait, contrôle au faciès, arrestations arbitraires, tensions et limitation des déplacements.

Si l’Euro 2016, c’est le risque pour les femmes de se faire harceler dans la rue et dans les transports, agresser et violenter comme cela a toujours été le cas dans ces grands événements, coupes du monde de football, fête de Bayonne et festival rock de Stockolm.

Si c’est la concentration de milliers d’hommes dans la fan zone du parc de la légion d’honneur et toute la pression que cela représente pour les femmes autour.

Si l’Euro 2016, ce sont des profits pour les sponsors, Coca-Cola, Mac Donald’s, Turkish Airlines, Adidas et Kronenbourg, et presque aucune embauche d’habitants de la ville.

Alors, pour nous, c’est non, l’Euro pas sur notre dos.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:04

https://www.unitepopulaire-fr.org/2016/06/04/video-message-de-chountis

Message de Nikos Chountis, député européen de Laiki Enotita, en solidarité avec la France insoumise

Par Vangelis Goulas

Samedi 4 Juin 2016

Message de soutien à Jean-Luc Mélenchon et de solidarité avec les mobilisations du peuple français

Nous saluons les grandes mobilisations du peuple français et de la jeunesse française contre une loi aberrante qui défait les relations au travail dans l’intérêt des patrons et de leurs profits.

Nous saluons la résistance du peuple français face à la politique du gouvernement qui impose l’austérité par la répression et la violence.

La lutte en France donne aujourd’hui espoir aux syndicats belges qui sont en grève et au peuple espagnol qui remplit à nouveau les places et qui se prépare pour des combats électoraux difficiles et critiques.

Il donne de l’espoir au peuple grec qui lutte pour renverser les mémorandums et restaurer la démocratie et la souveraineté nationale et populaire.

Vous démarrez un combat, combat du peuple français avec Jean-Luc Mélenchon, pour démontrer qu’aujourd’hui en France et en Europe, il existe face à l’austérité et au néo libéralisme une politique alternative.

Nous vous souhaitons bonne réussite.

Laiki Enotita et toutes les forces qui n’ont pas accepté la défaite, qui a suivi le recul du gouvernement grec l’été dernier, soutiennent ce combat, ensemble pour le changement et pour le renversement du néo libéralisme en France, en Grèce et en Europe.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 19:48

Jérôme Kerviel fait condamner la Société Générale par le conseil des prud'hommes (Reuters)

Le conseil de prud'hommes de Paris a condamné Mardi 7 Juin 2016 la Société Générale à verser plus de quatre cent cinquante mille euros à son ancien courtier Jérôme Kerviel, licencié d'après lui « sans cause réelle ni sérieuse ».

La banque a immédiatement fait savoir qu'elle ferait appel de cette décision « scandaleuse ».

La justice prud'homale a estimé que les faits justifiant son renvoi, la prise de positions non couvertes ayant mené à une perte record de quatre milliards neuf cent millions d'euros en 2008, étaient prescrits au moment de son licenciement pour faute lourde, le 12 février 2008.

Le code du travail prévoit qu'une entreprise dispose d'un délai de deux mois pour sanctionner des faits, à partir du moment où elle en prend connaissance.

La Société Générale soutient n'avoir eu connaissance de ses prises de position que le 18 janvier 2008, l’ancien courtier ayant utilisé « des manoeuvres frauduleuses » pour les dissimuler.

Une affirmation que réfute le conseil des prud'hommes, qui estiment que « la Société Générale avait connaissance des dépassements de limites de prises de positions par Jérôme Kerviel bien avant. En sanctionnant en 2008 Jérôme Kerviel pour les pertes générées par ses prises de positions, la Société Générale n'a pas sanctionné les agissements de Jérôme Kerviel mais les conséquences de ceux-ci », ajoute-t-il.

Pour David Koubbi, l'avocat de l'ancien trader, ce jugement « fait voler en éclats la fable qui a été servie par la Société Générale depuis le début. Nous renouons avec la justice », a-t-il dit à Reuters.

Sur twitter, Jérôme Kerviel a félicité ses avocats. « Le combat continue encore et toujours », a-t-il écrit.

L’ancien trader, condamné à cinq ans de prison dont trois ans de prison ferme pour abus de confiance, manipulations informatiques, faux et usage de faux, a toujours affirmé que la Société Générale était au courant de ses opérations.

La Société Générale fait appel

Mais la banque, condamnée en 2008 par la commission bancaire à une amende de quatre millions d'euros pour des « carences graves » dans son système de contrôle interne, nie avoir fait preuve de négligence fautive.

« Cette décision du conseil des prud'hommes est scandaleuse et va à l'encontre du droit », considère l'avocat de la Société Générale, Arnaud Chaulet. « C'est la raison pour laquelle nous allons interjeter appel ».

La condamnation de Jérôme Kerviel a été confirmée en mars 2014 par la cour de cassation et jouit donc de l'autorité de la chose jugée, rappelle-t-il.

La banque est notamment condamnée à lui verser trois cent mille euros au titre de son bonus non perçu de 2007, une année pendant laquelle il dit avoir fait gagner plus d’un milliard cinq cent millions d'euros à la Société Générale, cent mille euros à titre d'indemnités pour licenciement sans cause réelle ni sérieuse et vingt mille euros pour les « conditions vexatoires » de son renvoi.

D'après son avocat, Jérôme Kerviel devrait percevoir environ quatre vingt mille euros immédiatement.

Cette décision intervient à une semaine de la reprise, devant la cour d'appel de Versailles, du procès civil de Jérôme Kerviel. Les juges vont devoir à cette occasion réexaminer le préjudice financier de la Société Générale et le montant des dommages qui lui sont imputables.

Au mois de mars 2014, la cour de cassation a en effet confirmé sa condamnation pénale, mais cassé les dispositions civiles l'obligeant à payer quatre milliards neuf cent millions d'euros de dommages et intérêts. Un arrêt alors salué par David Koubbi comme le signe de la fin « de l’affaire de Jérôme Kerviel » et du début « de l’affaire de la Société Générale ».

La banque vient de traverser une période difficile du point de vue de son image, le scandale des Panama Papers ayant mis en lumière ses liens avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé en montage de sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

Son titre à la bourse de Paris n'a pratiquement pas réagi après la décision du conseil des prud'hommes. Bien que « surprenante », cette décision ne risque pas de heurter l'image de la banque, juge un analyste basé à Paris.

« C'est une histoire de 2008, le marché a déjà pricé, cela fait huit ans », dit-il.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 19:29

http://www.revolutionpermanente.fr/Occupation-du-siege-du-Medef-les-intermittents-reprennent-la-lutte-apres-l-annulation-de-l-accord

Occupation du siège du Mouvement des entreprises de France (MEDEF)

Les intermittents du spectacle reprennent la lutte après l’annulation de l’accord du Jeudi 28 Avril 2016

Mardi 7 Juin 2016 à 14 heures, au siège national du MEDEF, un comité d’accueil attendait les participants au colloque sur le contrôle fiscal. Alors que le MEDEF refuse d’entériner l’accord du Jeudi 28 Avril 2016 sur l’assurance-chômage, obtenu après plusieurs semaines de lutte et d’un mouvement d’occupation des théâtres, les intermittents reprennent leurs luttes.

C’est très remontés contre le refus du MEDEF de ratifier l’accord sur l’assurance-chômage du Jeudi 28 Avril 2016, qu’une centaine d’intermittents ont décidé d’occuper le siège national du MEDEF, Mardi 7 Juin 2016. A la suite du mouvement d’occupation des théâtres au mois d’avril 2016, le gouvernement avait renoncé à faire passer les propositions du MEDEF concernant la huitième et la dixième annexe de la convention de l'Union Nationale interprofessionnelle pour l'Emploi Dans l'Industrie et le Commerce (UNEDIC), les syndicats de la branche et les employeurs du spectacle avaient alors trouvé un accord marquant un retour à la situation de 2003 et contrariant les propositions du MEDEF en terme de cadrage financier.

Mais c’était sans compter le jeu trouble et du gouvernement. Ce dernier ayant lâché du lest pour éteindre l’incendie social en pleine contestation contre la loi travail, une fois les intermittents apaisés, le MEDEF essaye d’imposer son projet en refusant de ratifier le présent accord,.

L’occupation du siège national du MEDEF marque ainsi une reprise de la grogne et de la mobilisation des intermittents. Dans un communiqué publié par la fédération du spectacle de la Confédération Générale du Travail (CGT), ces derniers réclament « la pleine application de l’accord du Jeudi 28 Avril 2016, une juste indemnisation de tous les privés d’emplois », étendant leurs revendications aux chômeurs et aux précaires, mais également le « retrait du projet de loi travail que soutient le MEDEF ».

Expulsés et embarqués violemment par la police, ils dénoncent également la violente répression qu’a subie un militant du SYndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles (SYNPTAC) de la CGT, frappé aux testicules par un agent de la direction de la sécurité et des moyens généraux du MEDEF.

Actuellement, quatre vingt dix personnes mobilisées sont retenues au commissariat de la rue de l’Evangile dans le dix huitième arrondissement de Paris.

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