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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 19:00

 

Mutation de l'appareil militaire français: Adaptation aux besoins d'une guerre permanente mondialisée

La France vit une véritable révolution de ses affaires militaires, comme le prouvent la publication en juin 2008 du livre blanc de la défense, le reformatage de son appareil militaire, le niveau important de ses opérations extérieures, la nomination d'un nouveau chef d'Etat major de l'armée de terre spécialiste des opérations extérieures et l'ouverture d'une nouvelle base dans les Emirats Arabes Unis.


L'actuel président de la République en a décidé ainsi, même si ces mesures sont mal vécues par une partie de son électorat (militaires et personnels, élus locaux des collectivités locales et populations dépendantes économiquement de la présence militaire).


Cette restructuration traduit la volonté présidentielle de maintenir la France parmi les grandes nations militairement présentes aux cotés des Etats-Unis, dans la guerre mondialisée dont le symbole majeur est représentée par le 11 septembre 2001.

par Karim Lakjaa


L'intervention de Nicolas Sarkozy,  lors du sommet de l'OTAN de Bucarest, le 3 avril 2008, est, en effet, très claire « Nous avons besoin de l'OTAN et d'une défense européenne. Nous avons besoin des Etats-Unis et les Etats-Unis ont besoin d'alliés forts. Cela ouvre la porte pour la France à une rénovation forte de ses relations avec l'OTAN."[1] Cette politique n'est pas pour déplaire outre-Atlantique où certains observateurs aussi avisés qu'Anthony Codersman, tirant les leçons de la guerre en Iraq et en Afghanistan[2] notent que « Les Etats-Unis ne sont une superpuissance que dans le cadre d'alliances ». Cette tête pensante du Center for Strategic and International Studies (CSIS) ajoute que les guerres se gagnent ou se perdent notamment en raison de la qualité des alliances contractées.


Le 17 juin 2008, dans son discours sur la défense et la sécurité nationale, le Président de la République poussait la logique qui l'anime à son paroxysme : « Chaque époque historique a un esprit. L'esprit du XXIème siècle, c'est la mondialisation. Prendre notre place dans ce monde nouveau, c'est notre premier objectif. Nous avons tout pour y figurer au premier rang. Le dynamisme de notre population. Notre vitalité démographique. La puissance de notre industrie. L'excellence de nos technologies. La qualité de nos infrastructures. La richesse de notre patrimoine. Les enseignements de notre histoire. Nous avons le devoir d'y figurer au premier rang. Nous sommes membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, nous portons une responsabilité particulière pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Être membre permanent, ce n'est ni un statut, ni un privilège. C'est une mission au service du monde. J'ajoute que les pays
qui souhaitent exercer ces responsabilités doivent aussi comme nous être prêts à en payer le prix du sang. J'entends que la France soit capable d'assumer cette responsabilité et de s'engager pour mettre en œuvre les principes de la Charte et la responsabilité de protéger. C'est ce qu'elle a fait encore cette année au Tchad, en prenant l'initiative, cher Bernard KOUCHNER, du déploiement de l'EUFOR. Et si la France n'avait pas été là, qui aurait fait à notre place ? C'est ce que nous faisons en Afghanistan avec le renforcement de notre contingent, dans le cadre des mandats de l'ONU ».


Il ne s'agit pas là, de simples mots mais bien d'une réalité concrète. Comme le soulignait avec fierté l'ambassade de France au Canada[3] sur son site internet, avec 16 000 hommes, la France est le deuxième contributeur au monde par le nombre de troupes déployées à l'étranger dans des opérations de gestion des crises. Elle est également le 3ème contributeur à l'OTAN. Or, maintenir un tel niveau d'engagement des forces militaires en OPEX (opérations extérieures) est en contradiction avec l'organisation stratégique française actuelle, encore tournée pour partie vers l'URSS défunte. Le système militaire hexagonal tant dans ses moyens humains, financiers que matériels n'est plus adapté à une situation de guerre permanente et mondialisée. Ainsi de 16 000 soldats en OPEX en 2006, la France[4] est-elle passée à 12 000 en juillet 2008 : 5555 en Afrique, 2750 en Asie centrale (Afghanistan), 2150 en ex Yougoslavie, 1620 au Proche –
Orient (Liban et Sinaï), 30 en Haïti….


Malgré cette difficulté, le Président Français de la République n'avait pas hésité à annoncer, lors du sommet de l'OTAN de Bucarest : « la France a pris la décision d'envoyer un bataillon supplémentaire dans l'est. Et la France prendra aussi le commandement de la région Centre à compter de cet été ».

1000 militaires français en renfort des 1500 déjà présents en Afghanistan

Chose promise, chose faîte. Plus de 2600 militaires français sont aujourd'hui déployés en Afghanistan ainsi qu'au Tadjikistan, au Kirghizistan et dans l'océan Indien aux cotés de 52 700 soldats de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS ou ISAF), et de 20 000 militaires d'Enduring Freedom. Les principaux contingents[5] viennent des Etats-Unis (19 000), du Royaume-Uni (7 750), d'Allemagne (3 490), du Canada (2 500), d'Italie (2 360), des Pays-Bas (1 730), de France (1 430) et d'Australie (1 100).


Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les Américains ont lancé l'Opération Enduring Freedom (OEF) destinée à éliminer le régime Taliban et à lutter contre le « terrorisme ». La France y participe dans le cadre des Task Force 150 et 57.

Quant à l'ISAF, elle prend appuie sur la résolution 1386, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 20 décembre 2001, autorisant « la constitution pour six mois d'une force internationale d'assistance à la sécurité pour aider l'Autorité intérimaire afghane à maintenir la sécurité à Kaboul et dans ses environs, de telle sorte que l'Autorité intérimaire afghane et le personnel des Nations Unies puissent travailler dans un environnement sûr ». Le 11 août 2003, l'OTAN a pris la direction de l'ISAF, succédant à la Grande-Bretagne, la Turquie, l'Allemagne et aux Pays-Bas. Selon, Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'OTAN, «Cette tâche est l'une des plus délicates que l'OTAN ait jamais eu à entreprendre, mais c'est une contribution essentielle à la sécurité internationale ».


Les actions menées par les soldats français relèvent donc soit d'Enduring Freedom soit de la FIAS (ISAF). Elles étaient jusqu'à présent diverses ; la majorité du contingent hexagonal ne participant pas directement aux combats mais contribuant au contrôle de Kaboul, au soutien à la montée en puissance de l'armée nationale afghane par la formation, et au fonctionnement des Operational Mentor and Liaison Team (OMLT : équipes intégrées dans les unités opérationnelles de l'armée nationale afghane).


Néanmoins, les hommes du Commandement des Opérations Spéciales[6], la Marine et l'Armée de l'Air ont concouru et concourent à des actions de combat principalement dans le cadre d'Enduring Freedom.


Contrairement aux troupes françaises de l'ISAF, « les forces spéciales françaises sont sous commandement américain », comme le soulignait le 11 avril 2006, le général Benoît Puga, commandant des opérations spéciales, devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale. Le COS comprend diverses unités comme le 1er RPIMa (Régiment Parachutiste d'Infanterie de marine), les Commandos-Marine (FORFUSCO), Les CPA (Commandos parachutistes de l'air N°10), le 13ème RDP (Régiment des Dragons Parachutistes), la DAOS (division des opérations spéciales), l'EHS – (Escadrille des hélicoptères spéciaux). Ses missions relèvent du renseignement et de la guerre électronique, qui permettent notamment de réaliser des écoutes de réseaux terroristes. Selon le général Benoît Puga, «  en Afghanistan, ces écoutes constituent un véritable atout et contribuent à hauteur de 40 % à la lutte contre
l'utilisation d'engins explosifs improvisés ». Le COS mène également des missions d'action : attaques d'objectifs (centre de gravité ou point décisif), neutralisation d'installations, de réseaux ou des lignes de communication,  capture ou récupération de personnel ou de matériel, actions de diversion ou de déception, contre-terrorisme (libération, reprise de contrôle), fourniture d'appuis spéciaux (commandement, transport, feu…). A cela s'ajoutent des missions d'environnement : formation, conseil et encadrement d'unités militaires étrangères,  participation au processus d'évaluation et d'aide à la décision, notamment lors de l'ouverture d'un théâtre d'opérations, protection de personnalités.


Le 11 avril 2006, le général Benoît Puga, devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale résumait l'action de ses troupes : « En ce qui concerne l'Afghanistan, la décision du Président de la République d'engager les troupes françaises, prise en mai 2003 en marge du G8 d'Evian, concrétise l'engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme, déjà manifesté après le 11 septembre 2001, et a permis de resserrer les liens avec les militaires américains. Le Président de la République a souhaité que les missions des forces spéciales en Afghanistan se déroulent dans une très grande confidentialité pour deux raisons : d'une part, cela correspond au mode de fonctionnement des forces spéciales américaines, qui ne reçoivent jamais les journalistes ni les parlementaires sur leurs lieux de déploiement ; d'autre part, cette confidentialité constitue la première mesure de sécurité pour
les soldats engagés, qui opèrent par petites équipes de quatre ou cinq personnes, loin de leurs bases. Un strict secret doit s'imposer à tous, y compris lors de l'analyse des missions effectuées, compte tenu de la dangerosité des terroristes. La mission des forces spéciales en Afghanistan est de rechercher les renseignements et de neutraliser les Talibans. La situation militaire du pays peut être considérée comme totalement sous contrôle. Les Talibans n'ont plus la capacité de mener une opération militaire d'envergure contre la coalition ou l'OTAN, même si de petits groupes terroristes peuvent localement constituer une nuisance mortelle, en utilisant des engins explosifs improvisés et en raison de leur connaissance du terrain. La France travaille de concert avec l'armée afghane afin de permettre au gouvernement afghan d'assumer ses responsabilités en matière de sécurité et de défense »[7].


Il ajoutait « En Afghanistan, il convient de souligner que les forces américaines partagent sans réticence les matériels et les clés de cryptage avec les forces françaises. L'effort budgétaire doit être poursuivi dans ce domaine capital. Pour les drones, la question est de savoir si les forces spéciales elles-mêmes doivent en être dotées ou si elles doivent les utiliser ponctuellement. Actuellement, en Afghanistan, le COS bénéficie de tous les moyens américains, des B52 aux drones Predator en passant par les avions de combat. Les forces spéciales françaises expérimentent un drone spécifique, conçu en collaboration avec le 1er RPIMa, mais ce type de drones légers, très utiles en combat urbain, manque de discrétion car ils signalent instantanément la proximité de leurs utilisateurs ». Les hommes du COS ont également eu à plusieurs reprises recours à des avions français en Afghanistan.

En effet, « des Mirage 2000 ont été placés sous son commandement opérationnel lorsqu'ils participaient à une opération spéciale »[8]. Depuis octobre 2001, la France apporte un soutien aérien aux opérations OEF et FIAS. Ce soutien s'applique dans les domaines de l'appui des troupes au sol, du renseignement, du transport et du ravitaillement.  Il s'exerce de manière permanente depuis Kandahar (Afghanistan), Douchanbé (Tadjikistan) et Manas (Kirghizistan). En plusieurs occasions, il a été renforcé par le groupe aérien mis en œuvre depuis le porte-avions Charles de Gaulle navigant dans le nord de l'océan Indien.  Les avions de combat qui opéraient depuis Douchanbé au Tadjikistan, ont été redéployés sur la base OTAN de Kandahar en Afghanistan, le 26 septembre 2007. 1120 missions et 3715 heures de vol ont été effectuées de cette date à juin 2008 par des Mirage 2000 D, des Mirage F1, des SEM (Super Etendards Modernisés) et des
Rafales pour lesquels l'Afghanistan constitue une merveilleuse vitrine commerciale. Les Rafales utilisent notamment des bombes AASM (Armement air-sol modulaire)[9] à 143 000 € pièce. En Iraq comme en Afghanistan, le nombre d'aéronefs est crucial[10]. Sur ces deux théâtres militaires, l'US Air Force a réalisé 130 000 missions de soutien aérien et 375 000 heures de vol[11]. Anthony Cordesman adresse d'ailleurs une mise en garde au sujet de cet usage massif du Close Air Support (CAS – Appui sol)[12] en invitant les forces armées à mettre en œuvre une très grande prudence en matière d'attaques aériennes, afin de réduire les dommages collatéraux parmi les civils[13].


Quant à la composante marine de l'opération Enduring Freedom (TF 150 et TF 57), elle a pour mission de contrôler l'espace aéro-maritime du nord de l'Océan Indien (Mer Rouge, Mer d'Oman, Mer d'Arabie), d'empêcher le mouvement de «terroristes» de la zone Afghanistan vers la péninsule arabique ou la corne de l'Afrique, de lutter contre les trafics illicites (armes, drogues), contre la piraterie et le brigandage, de protéger les installations pétrolières en mer.
La France, en cet été 2008, a donc répondu favorablement à la demande formulée brutalement cet hiver par son allié US à travers la voix du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates : «Je crains beaucoup que l'Alliance ne devienne une alliance à deux vitesses, dans laquelle certains alliés sont prêts à se battre et à mourir pour assurer la sécurité des gens, et d'autres qui ne le sont pas. Et je pense que cela va assombrir l'avenir de l'Alliance, si cela dure et si éventuellement cela empire»[14].


Elle renforce son niveau de participation en Afghanistan qui   « est le théâtre d'une guerre ethnico-religieuse intense reflétant des divisions tribales et des intérêts divergents de manières plus complexe qu'en Iraq »[15]. Or, comme le souligne Anthony Cordesman du CSIS, « le problème en Afghanistan dépasse largement la seule question du niveau des effectifs des troupes »[16]. Il constate également en guise de leçon tactique ceci : « des forces adaptées constituent la clé du succès »[17] capable de mener des actions de type « Kill the cadre, not the low-level figthers »[18].

La France renforce son dispositif en Afghanistan sur fond de dégradation de la situation militaire

Les troupes françaises rejoignent l'Afghanistan à un moment critique. Les Talibans, où ceux qualifiés de tels, sont loin d'être éliminés après de 7 année de combats. Ils passent même à l'offensive, obligeant parfois les troupes de l'OTAN à céder du terrain, voire à abandonner des camps militaires. En juin 2008, à Kandahar 1000 prisonniers se sont évadés collectivement dont 400 talibans. Le Porte parole de l'OTAN en Afghanistan[19] constate « qu'Il y a eu plus de combats en 2008 qu'en 2007. » Au mois de juin, 49 soldats étrangers sont morts en Afghanistan. C'est le mois le plus sanglant pour la force internationale déployée sur place depuis 2001. Pour la deuxième fois, le décompte  mensuel des morts militaires étrangers en Afghanistan est supérieur à celui de l'Iraq. 513 soldats américains sont morts en Afghanistan de 2001 à juin 2008 (4 086 en Iraq depuis 2003)[20]. Toutes nationalités confondues, 900 soldats de la coalition
sont morts en Afghanistan[21]. La France arrive au 8ème rang pour les pertes (au nombre de 14) sur 40 nations présentes. Alors que ces hommes n'étaient pas stationnés dans les zones les plus dangereuses et que leurs missions n'étaient pas les plus exposées.


La situation est telle que beaucoup parlent d'échec en Afghanistan et recherchent des solutions expérimentées ailleurs et parfois hier : en Algérie[22] pour le passé avec les hélicoptères et la lutte contre la guérilla, ou aujourd'hui en Colombie. La revue de l'OTAN publiait, ainsi, dernièrement un article intitulé « « Les défis pour l'Afghanistan : l'expérience de la Colombie est riche en enseignements » [23] dans lequel le lecteur pouvait lire ceci : «Il est bon que les personnes impliquées dans la consolidation du contrôle territorial dans des environnements caractérisés par des menaces complexes comme la Colombie ou l'Afghanistan partagent régulièrement leurs expériences et leur expertise, faute de quoi des espaces voués à l'anarchie continueront à alimenter le terrorisme et le crime ».

Un tournant stratégique majeur pour la France ciblant un axe géographique prioritaire, allant de l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée, au Golfe arabo-persique et à l'Océan indien

La présence militaire française renforcée en Afghanistan s'inscrit donc dans la refonte des armées françaises dictée dans le livre blanc de juin 2008. Nous ne présenterons pas toutes les mesures annoncées dans ce très long document. Nous nous attacherons simplement à celles qui nous semblent le plus proche du sujet de notre article.


En 1er lieu, il y a le renforcement de la capacité de projection de forces. Le champ territorial de cette projection est précis et vaste : « un axe géographique prioritaire, allant de l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée, au Golfe arabo-persique et à l'Océan indien. Cet axe correspond aux zones où les risques impliquant les intérêts stratégiques de la France et de l'Europe sont les plus élevés »[24].  Le format de la puissance à projeter est connu : « une force opérationnelle terrestre de 88 000 hommes, autorisant une projection à distance de 30 000 hommes déployables en six mois, un dispositif d'alerte permanent de 5 000 hommes et une capacité mobilisable sur le territoire national, en appui des autorités civiles, de 10 000 hommes en cas de crise majeure » ; appuyée par « une projection à l'extérieur du territoire national de 70 avions et un dispositif d'alerte opérationnelle de l'ordre de 10 avions » prélevés sur « un
parc unique de 300 avions de combat (Rafale et Mirage 2000 modernisés), air et marine, autorisant une présence permanente sur le territoire d'environ 5 escadrons ».

Ces opérations extérieures nécessiteront davantage de moyens matériels, d'où l'acquisition[25] :
- De 650 véhicules blindés modernes pour le combat d'infanterie ;
- De plusieurs centaines de véhicules porteurs blindés protégés contre les bombes et les mines (les IED (mines et bombes sont la principale cause de décès en Afghanistan et en Iraq)
- De drones de surveillance et de drones armés
- De bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral, avec leur capacité amphibie, aéromobile et d'état-major.
- De capacités de détection et d'alerte : La priorité donnée aux satellites se traduit, d'une part, par un doublement des crédits consacrés aux systèmes spatiaux militaires par rapport aux crédits actuels (380 M €) en 2008.

Toutefois, la France de 2008 n'est plus si autonome que cela. La dimension européenne est incontournable. Le livre blanc le réaffirme : « L'ambition européenne constitue une priorité. Faire de l'Union européenne un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale est une composante centrale de notre politique de sécurité. La France souhaite que les Européens se dotent des capacités militaires et civiles correspondantes ».  La présence de l'EUFOR au Tchad en est une exemplification.

Le Livre blanc propose plusieurs objectifs concrets pour l'Europe de la défense dans les prochaines années :
- une capacité d'intervention globale effective de 60 000 hommes, déployables pendant un an sur un théâtre éloigné, avec les composantes aériennes et maritimes nécessaires ;
- la capacité de déployer pour une durée significative, deux à trois opérations de maintien ou de rétablissement de la paix, et plusieurs opérations civiles moins importantes, sur des théâtres différents ;
- une montée en puissance des capacités européennes de planification et de conduite d'opérations, militaires et civiles, parallèle au développement des interventions extérieures de l'Union ;

Le 17 juin 2008, dans son discours sur la défense et la sécurité nationale, le Président de la République rappelait que « les Européens sont engagés massivement dans les forces de l'OTAN en Afghanistan et au Kosovo où je le rappelle, ils forment la moitié des effectifs ».

Un effort financier unique au profit de cette politique de participation à la guerre  mondialisée

Ce n'est donc pas un hasard si le Livre blanc souligne, au demeurant « la complémentarité entre l'Union européenne et l'Alliance atlantique » et préconise « une pleine participation de la France aux structures de l'Organisation atlantique ».


Tout cela a bien sur un coût. Comme le proclame Anthony Cordesman, « Dollars are bullets »[26]. Le livre blanc annonce donc la couleur de l'addition: “La France consacrera à sa défense un effort financier majeur et cohérent avec les choix retenus pour ses capacités militaires. Ainsi, les crédits de défense ne baisseront pas. Dans un premier temps, les ressources annuelles (hors charges de pension) seront maintenues en volume, c'est-à-dire croissant au rythme de l'inflation. Elles pourront comporter des ressources exceptionnelles. Dans un second temps, dès l'année 2012, le budget sera accru au rythme de 1 % par an, en volume, c'est-à-dire de 1% en plus de l'inflation. D'ici 2020, l'effort total consenti pour la défense, hors pensions, s'élèvera à 377 milliards d'euros. En parallèle, les restructurations se traduiront par une diminution importante des effectifs sur six à sept ans et une réduction des coûts de fonctionnement du
ministère et des armées. Les marges qui seront dégagées seront intégralement réinvesties au profit de la condition du personnel, mais surtout au profit du budget d'équipement qui passera de 15,2 milliards d'euros en 2008 à 18 milliards d'euros en moyenne par an pour la période 2009-2020 ». 

Cet effort financier servira la participation de la France à la guerre permanente mondialisée que le livre blanc dépeint en plusieurs occasions. La conclusion de son introduction est la suivante « s'adapter aux bouleversements engendrés par la mondialisation ». Dans l'introduction au Chapitre 1er, on peut lire que « La mondialisation structure donc profondément l'évolution de la sécurité internationale ». En page 33, il y est écrit que « La mondialisation ne crée un monde ni meilleur ni plus dangereux qu'il y a deux décennies. Elle dessine en revanche les contours d'un système international nettement plus instable ».

Cette instabilité, les Français vont donc la payer dans un 1er temps par leur impôt pour financer la refonte des armées françaises.  Il risque aussi de la régler par leur sang à l'occasion «d'actes de terrorisme en France» en guise de réponse en l'engagement de troupes françaises en Afghanistan. A moins que la «menace iranienne» décrite dans le livre blanc comme capable « de déséquilibrer tout le Moyen-Orient et au-delà » n'entraîne une nouvelle guerre. Mais rassurons nous, si le ministère de la défense ferme de nombreuses bases militaires en France, dès 2009, il disposera d'une nouvelle flambant neuve aux Emirats Arabes Unis, à quelques kilomètres seulement de Téhéran. Tout a été prévu dans le meilleur des mondes… Dans ces guerre batardes[27], la France tiendra son rang quel qu'en soit le prix à en croire Nicolas Sarkozy.

: Karim Lakjaa: Diplomé du Centre d'Etudes Diplomatiques et Strétagiques de Paris, Doctorant en Droit international à l'Université de Reims, Collaborateur occasionnel de la Revue militaire Suisse, de Damoclès (CRDPC) et du Quotidien d'Oran (Algérie)

Mardi 05 Août 2008


Source :
http://www.alterinfo.net
www.mondialisation.ca

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 15:12

Mieux qu'un polar : l'Angolagate


LE MONDE | 05.08.08 | 15h22  •  Mis à jour le 05.08.08 | 15h22


  Les 468 pages se dévorent comme un roman. L'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de la quarantaine de prévenus poursuivis dans le dossier de l'Angolagate évoque à bien des égards l'affaire Elf. On y hume le même parfum de soufre des relations franco-africaines, sur fond de corruption et de diplomatie parallèle. L'argent s'y compte en milliards - de francs -, voyage dans les paradis fiscaux, fait un détour par du financement politique occulte et se glisse dans les poches de personnalités. Une précaution, cependant. Ces pages, signées du juge d'instruction Philippe Courroye, reprennent largement le réquisitoire définitif et donc le point de vue de l'accusation. Visite guidée.


Au commencement est l'Angola

Cette ancienne colonie portugaise est déchirée par une guerre civile qui oppose le MPLA du président élu, José Eduardo Dos Santos, à l'Unità de son rival, Jonas Savimbi. Au début des années 1990, le premier, qui cherche à équiper son armée, se heurte à la diplomatie française, selon laquelle on ne livre pas d'armes à un pays en guerre. S'esquisse alors une diplomatie parallèle, avec, par ordre d'entrée en scène, le fils aîné du président, Jean-Christophe Mitterrand, ancien membre de la cellule africaine de l'Elysée, qui se charge de mettre en relation le président angolais avec l'homme d'affaires Pierre Falcone, lui-même très lié à Jean-Charles Marchiani, conseiller du ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Un contrat de livraison d'armes est conclu en 1994 entre la société de Falcone, Brenco, et l'Angola, pour un montant de 4 milliards de dollars via une société slovaque, dont Arcadi Gaydamak, ex-colonel du KGB devenu
homme d'affaires, est l'un des mandataires. Ni Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, ni Edouard Balladur, premier ministre, ne sont au courant. En 2001, après les péripéties qui vont mettre au jour ce trafic, le ministère de la défense porte plainte.

Une secrétaire si consciencieuse

L'instruction se cogne aux sociétés écrans. Heureusement, il existe, chez Brenco, une collaboratrice consciencieuse, Isabelle Delubac. Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs dénichent 26 disquettes informatiques qui contiennent tous les "mémos" rédigés à l'intention de son patron. M. Falcone lui verse, outre un salaire de 15 000 francs par mois, doublé en espèces, un "cadeau" de 6 500 000 francs destiné à l'achat de sa résidence. Son silence est précieux.

Les visiteurs de l'avenue Kléber

Installés dans un hôtel particulier de l'avenue Kléber dans le 16e arrondissement de Paris, dotés d'hôtesses ravissantes, les bureaux de Brenco reçoivent des visiteurs réguliers. Lorsque Jean-Christophe Mitterrand, Jean-Charles Marchiani, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer ou le directeur général de RMC, Jean-Noël Tassez, sont annoncés, le rituel est immuable. Isabelle Delubac descend au sous-sol, où sont entreposées des espèces, et remplit des enveloppes, sans oublier de noter sur ses fameux "mémos" les initiales parfois codées des bénéficiaires ainsi que la date et le montant alloué.

Les sacs en plastique de "Galilée"

Un coup de téléphone de Mme Delubac, une demande "500, urgent", et Samuel Mandelsaft, un vieil ami de M. Falcone surnommé "Galilée" dans les mémos, ne tarde pas à arriver avenue Kléber, affublé d'un sac en plastique.

L'enquête démontrera qu'il était chargé d'un réseau de blanchiment d'argent entre la France et Israël. Mais, à quelques jours de la première convocation de Pierre Falcone à la brigade financière, en novembre 2000, M. Mandelsaft se volatilise. Le dernier achat constaté sur sa carte bleue est un aller simple Paris-Tel Aviv.

Très cher M. Mitterrand

"Sans Jean-Christophe Mitterrand, il n'y aurait pas eu de contrat (de vente d'armes), de la même manière que, sans femme, il n'y aurait pas de bébé", avait expliqué un des prévenus aux enquêteurs. Pour avoir mis en relation MM. Dos Santos et Falcone, le fils de l'ancien président sera généreusement rétribué par ce dernier : 14 millions de francs, selon l'accusation, versés sur des comptes suisses auxquels s'ajoutent des billets d'avion et des frais de séjour à Bali et à Phoenix, à un moment où M. Mitterrand, licencié de la générale des eaux - on est en octobre 1995, son père n'est plus à l'Elysée - touche pendant un an une allocation chômage supérieure à 300 000 francs.

Les démarches de Jacques Attali

En 1997-1998, le ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine, est régulièrement sollicité par l'avocat de Pierre Falcone, Alain Guilloux - lui-même prévenu dans le dossier - pour trouver un arrangement concernant le redressement fiscal signifié à la société slovaque, qui a permis le commerce des armes avec l'Angola. "Eluder", répond à chaque fois le ministre. Invité à déjeuner chez son ami Jacques Attali, M. Védrine y rencontre un jour Me Guilloux, qui lui remet un nouveau dossier. "Je préfère l'Attali intellectuel à celui qui fait ce genre de démarche", dira aux enquêteurs M. Védrine. Quelques mois plus tard, M. Attali se voit confier une mission sur le microcrédit en Angola, qui sera payée 200 000 dollars par une société de M. Falcone.

Le mérite agricole pour Gaydamak

En juillet 1996, à Toulon, Arcadi Gaydamak reçoit des mains de Jean-Charles Marchiani, alors préfet du Var, et en présence de M. Falcone, les insignes de chevalier de l'Ordre du mérite. Cette décoration, sollicitée par le président du conseil général des Hauts-de-Seine Charles Pasqua auprès du président Jacques Chirac, au motif du rôle joué par M. Gaydamak dans la libération des pilotes français otages en Bosnie, sera étrangement prise sur le quota du ministère de l'agriculture. Aucune enquête de moralité n'a été conduite sur l'heureux bénéficiaire, que les renseignements généraux présentent alors comme "l'un des relais de la mafia russe sur notre territoire". Le même mois, l'association France Afrique Orient, support du mouvement Demain la France de Charles Pasqua, reçoit 1 500 000 francs de Brenco.

Initiales "C. P."

En décembre 2001, les enquêteurs saisissent chez M. Marchiani un papier comportant des dates, des prénoms, des initiales, "C. P", le nom de Brenco, auxquels correspondent des montants accompagnés de la mention "cash" ou "virés". Au juge qui l'interroge sur ces initiales, M. Marchiani répond : "C. P, ça peut vouloir dire 36 trucs. Chef de poste ou correspondant permanent si c'est une opération de renseignement. Je ne pense pas que cela peut vouloir dire Courroye Philippe."

Pour une "authentique justice"

En 1997, l'Association professionnelle des magistrats (APM, droite), alors présidée par Georges Fenech, substitut général à Lyon - devenu député UMP depuis -, reçoit 100 000 francs de subvention de Brenco, soit 50 % de son budget de fonctionnement. "Merci de préciser : sur ordre de Pierre Falcone", lit-on sur l'ordre de virement. M. Fenech se fend d'une lettre de remerciement au donateur pour son "aide spontanée", qui permettra de défendre les "valeurs auxquelles nous croyons", au premier rang desquelles figure la volonté de "restaurer une authentique justice".



Pascale Robert-Diard

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 20:02

Le Rwanda accuse une nouvelle fois la France de participation au génocide

KIGALI (AFP)

  Le Rwanda a une nouvelle fois accusé la France d'avoir activement "participé" à l'exécution du génocide de 1994, laissant entendre pour la première fois la possibilité de poursuites judiciaires contre d'anciens dirigeants politiques et responsables militaires français.

Le ministre de la Justice rwandais, Tharcisse Karugarama, a présenté à la presse mardi les conclusions du rapport de 500 pages de la commission d'enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide, qui avait entamé ses travaux en avril 2006 et dont la France a depuis rejeté toute légitimité.

Selon ce rapport rédigé en français, la France était "au courant des préparatifs" du génocide, a "participé aux principales initiatives" de sa mise en place et "à sa mise en exécution".

Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées pendant le génocide d'avril à juillet 1994 au Rwanda, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.

"La persistance, la détermination, le caractère massif du soutien français à la politique rwandaise des massacres (...) montrent la complicité des responsables politiques et militaires français dans la préparation et l'exécution du génocide des Tutsis de 1994", indique le communiqué du ministère de la Justice reprenant les principales conclusions du rapport.

Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président de la République à l'époque des faits François Mitterrand (mort en janvier 1996), le Premier ministre Edouard Balladur, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin ou encore le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine.

La commission d'enquête porte également des accusations très lourdes contre des soldats français de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin-fin août 1994).

"Des militaires français ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis (...) Des militaires français ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", accuse le communiqué du ministère de la Justice diffusé à la presse.

Les militaires français "ont laissé en place les infrastructures du génocide, à savoir les barrières tenues par les Interahamwe (extrémistes hutus). Ils ont demandé de façon expresse que les Interahamwe continuent à contrôler ces barrières et à tuer les Tutsis qui tenteraient de circuler", poursuit le communiqué.

"Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais a enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice", ajoute le communiqué.

En France, le ministère des Affaires étrangères a indiqué mardi attendre d'avoir le texte des conclusions pour y réagir.

"Nous n'avons pas encore pris connaissance de ce rapport qui ne nous a pas été communiqué par le gouvernement rwandais, et nous ne sommes donc pas en mesure d'y réagir", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Quai d'Orsay.

Lors de la présentation de ce rapport, diffusée en direct par la télévision rwandaise, le ministre de la Justice a laissé entendre la possibilité de poursuites judiciaires: "Ce rapport n'est pas un dossier criminel (...) C'est une bonne base pour d'éventuelles procédures légales".

Le 18 juin, le Rwanda avait fait savoir qu'il souhaitait recourir à la compétence universelle prévue dans ses textes de loi en vue de poursuivre devant ses juridictions des non-Rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide.

Début juillet, le président rwandais Paul Kagame a menacé de faire inculper des ressortissants français pour le génocide de 1994 si les tribunaux européens n'annulaient pas les mandats d'arrêt émis contre des responsables rwandais.

Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge français Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, un des éléments déclencheurs du génocide.


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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 19:51

Brigades rouges: remise en liberté de Petrella, qui reste sous le coup d'une extradition

VERSAILLES (AFP)

  La cour d'appel de Versailles a autorisé mardi la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Marina Petrella, une décision qui permet à l'ex-membre des Brigades rouges de recevoir des soins sans être détenue, mais ne remet pas en cause son extradition vers l'Italie.

L'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel est conforme aux réquisitions du parquet général, qui l'avait saisie en estimant que l'état de santé de Mme Petrella, 54 ans, actuellement à l'hôpital parisien Sainte-Anne, n'était "pas compatible avec une situation de détenu".

Mme Petrella va rester hospitalisée mais sans la surveillance policière qui lui était imposée depuis le 23 juillet et son transfert de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes.

La cour d'appel a assorti sa remise en liberté de plusieurs obligations comme celles d'informer le parquet général sur ses lieux d'hospitalisation et de résider à sa sortie chez elle à Argenteuil (Val d'Oise), où elle avait été arrêtée en août 2007 après 14 ans en France.

Le professeur Frédéric Rouillon, chef du service où elle est hospitalisée, a estimé mardi que "cette libération va permettre à (sa patiente) de se soigner dans les conditions requises par son état tant physique que psychique".

En "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et de "dénutrition", selon ses médecins, Marina Petrella a perdu 20% de son poids et pèse aujourd'hui 39 kilos. Refusant jusqu'à présent d'être soignée, elle a accepté seulement d'être alimentée par une perfusion, a indiqué mardi son avocate Irène Terrel.

Son mari Hamed Merakchi a assuré qu'elle accepterait les soins désormais, rappelant que "sa vie était en jeu". Pour sa fille Elsa Novelli, "ce premier pas est de bon augure mais le combat continue".

En effet, la libération de Marina Petrella ne remet pas en cause la procédure d'extradition vers l'Italie, où elle a été condamnée en 1992 à la perpétuité, notamment pour complicité dans le meurtre d'un commissaire de police, en 1981.

Ancienne dirigeante de la "colonne romaine" des Brigades rouges, Marina Petrella reste visée par un décret d'extradition signé le 3 juin par le gouvernement français. L'extradition ne devrait toutefois pas intervenir avant l'examen, à la rentrée, d'un recours devant le Conseil d'Etat.

L'un des dirigeants du comité de soutien à Marina Petrella, l'ancien activiste italien Oreste Scalzone, et les Verts ont dit attendre désormais l'application par la France de la clause humanitaire, prévue par la convention européenne d'extradition de 1957, pour surseoir à son renvoi vers l'Italie.

Tout en s'engageant à livrer Marina Petrella aux autorités italiennes, Nicolas Sarkozy avait souhaité en juillet qu'elle puisse être graciée "dès que possible" par Rome. La belle-soeur du président, l'actrice Valeria Bruni Tedeschi s'était rendue au chevet de Mme Petrella en juillet.

La position de Paris a évolué depuis le début de l'affaire.

Après avoir estimé que la détention n'empêchait pas que des "soins adaptés" lui soient prodigués, le parquet général, placé sous l'autorité du ministère de la Justice, a saisi la chambre de l'instruction pour une remise en liberté de Marina Petrella, justifiée au vu de son état de santé et des avis médicaux.

"En optant pour ce geste humanitaire, les plus hautes autorités de l'Etat ont manifesté une volonté d'apaisement certaine qui ouvre aujourd'hui à Mme Petrella la voie de l'espoir", ont estimé dans un communiqué commun Me Terrel et le Pr Rouillon.


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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 19:38

Incidents dans les centres de rétention: Hortefeux durcit le ton

PARIS (AFP)

  Après des incendies à répétition dans des centres de rétention administrative, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a durci le ton mardi, appelant notamment à la "vigilance" des forces de sécurité face aux "agissements des groupuscules".

A l'issue d'une réunion de police au ministère de l'Immigration, Brice Hortefeux a annoncé à la presse avoir demandé au préfet de Seine-et-Marne d'interdire une manifestation prévue, selon le ministère, samedi devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot.

L'association SOS Soutien aux sans-papiers a cependant affirmé mardi soir à l'AFP "ne pas" avoir "lancé d'appel à manifester" samedi.

La préfecture de Seine-et-Marne et la gendarmerie ont également indiqué ne pas avoir reçu de demande officielle de manifestation.

Contacté par l'AFP, le ministère s'est refusé à tout commentaire sur ce point.

Deux débuts d'incendie avaient éclaté le 2 août dans ce centre, à l'instigation de retenus, selon la préfecture qui avait aussi mis en cause la responsabilité d'une vingtaine de membres d'un collectif de soutien aux sans-papiers manifestant devant le centre.

Ce début d'incendie, vite maîtrisé, est intervenu quelques semaines à peine après l'incendie - le 22 juin - du plus grand CRA de France, celui de Vincennes, théâtre de multiples troubles tout au long de l'année.

Brice Hortefeux a demandé "à l'ensemble des forces de sécurité" d'être "extrêmement vigilantes" face aux "agissements des groupuscules".

Il a aussi confirmé avoir saisi le garde des Sceaux "des agissements d'une association dont le mot d'ordre est de brûler les centres de rétention (...) financés par le contribuable".

"Si je saisis la justice c'est sur la base d'une déclaration publique faite dans un grand quotidien", a précisé le ministre qui avait déjà annoncé lundi avoir déposé plainte contre l'association SOS-Soutien aux sans-papiers.

Le dirigeant de ce groupuscule d'extrême-gauche, Rodolphe Nettier, avait en effet déclaré lundi dans le Parisien: "Notre mot d'ordre, c'est de brûler les centres. On assume puisque c'est de la légitime défense en réponse à la violence des autorités qui enferment des gens qui n'ont rien fait".

Rodolphe Nettier a déclaré à l'AFP ne pas avoir tenu ces propos soulignant que son association appelait à la "fermeture immédiate" des centres mais pas "à les brûler ou à les détruire".

Devant les journalistes, M. Hortefeux s'est voulu mardi didactique tout en répondant aux accusations du PS d'"irresponsabilité".

"Les centres de rétention ont été imaginés en 1982 et inauguré en 84 sous le gouvernement d'union de la gauche, a-t-il dit. Nous, nous les avons modernisé, rendus plus humains (...) Les provocateurs qui incitent à leur destruction, outre qu'ils prennent le risque d'attempter à la vie, oublient que la seule alternative aux CRA est la prison", a-t-il ajouté estimant leurs agissements "aussi stupides que dangereux".

Le ministre a également déclaré que le centre du Mesnil-Amelot, situé à proximité de Roissy, et d'une capacité d'accueil de quelque 140 places, a été rénové et que les conditions de vie des "retenus" y sont d'autant plus "acceptables" que le séjour n'y dure en moyenne "que 12 jours".

M. Hortefeux a enfin réaffirmé que le CRA de Vincennes, qui avait une capacité d'accueil de 280 places, sera remplacé par trois modules de 60 places chacun, dont le premier sera opérationnel début octobre.

Le ministre a ainsi suivi les recommandations de la Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention administrative et des zones d'attente (CRAZA). Celle-ci avait en effet jugé que la taille standard d'un CRA ne devait pas excéder une soixantaine de places.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:18

On assiste aujourd’hui à un véritable processus de psychiatrisation du sionisme et la tribune libre du Monde ci dessous est un très bon exemple de ce processus.

Par rapport à Pablo, au pablisme et aux pablistes, je vous conseille la lecture des pages de wikipedia relatif au militant révolutionnaire trotskyste Michel Raptis dont le pseudonyme était Pablo.

Vous trouverez seulement ci dessous une citation de ces pages

"Pablo s’impliqua dans le soutien au FLN algérien pendant la Guerre d’Algérie, ce qui lui valut une incarcération aux Pays-Bas pour production de fausse-monnaie et trafic d’armes. Jean-Paul Sartre lança une campagne en sa faveur. En 1961, Pablo fut finalement condamné à 15 mois de prison et libéré à la fin de son procès. Il se réfugia au Maroc avant de devenir ministre dans le gouvernement FLN après l’indépendance de l’Algérie."

Dans les années 1990, Pablo organisait des conférences internationales pour la levée de l’embargo contre l’Irak et des militants de l’organisation de Pablo et des militants d’extrême droite participaient à des conférences communes à Bagdad pour la levée de l’embargo contre l’Irak.

Si Pablo vivait aujourd’hui, les deux provocateurs signataires de la tribune libre du Monde ci dessous l’accuseraient certainement d’antisémitisme.

Enfin, il y a l’écrasante responsabilité du directeur de publication du Monde.

Fottorino ne lisait certainement pas la tribune libre des deux provocateurs.

En effet, si vous écrivez exactement la même tribune libre, si vous remplacez Besancenot par Sarkozy, si vous remplacez LCR par UMP, et si Le Monde publie cette tribune libre, vous imaginez la suite.

Bernard Fischer




http://www.lemonde.fr/opinions/arti...


Suite à la publication dans Charlie Hebdo d’une chronique de Siné dans laquelle il tenait des propos jugés antisémites, Philippe Val, directeur de l’hebdomadaire, a décidé de licencier ce dessinateur. Depuis, la polémique fait rage entre ceux qui soutiennent Siné et ceux qui approuvent Philippe Val. Un débat qui divise même la LCR.

Avec des camarades, pour la plupart issus du courant pabliste [tendance du mouvement trotskiste], nous avions rejoint la LCR en novembre 2002, à la suite de l’élection présidentielle et de la campagne électorale d’Olivier Besancenot, qui nous avaient semblé ouvrir de nouvelles perspectives pour l’extrême gauche.

Nous nous sommes ensuite peu à peu éloignés, déçus de trouver encore trop souvent dans cette organisation un mélange de sectarisme et d’archaïsme.

Les désaccords furent nombreux, comme lors du chantage pour appeler à voter PS au deuxième tour, ou face à l’ouvriérisme occultant les mutations de la société. Militer à la LCR revenait trop souvent à faire du supersyndicalisme agrémenté d’une posture révolutionnariste. Nous avions donc pris nos distances avec l’organisation sans faire de bruit, parfois en colère face à telle prise de position. Pas de quoi s’enthousiasmer, mais rien d’irréparable. On pensait être en gros dans la même famille.

Et puis survient l’affaire Siné, une déclaration antisémite dans sa plus grande banalité : les juifs sont riches. La LCR, qui d’ordinaire ne brille pas par ses prises de position sur les sujets "de société", réagit cette fois au quart de tour : Besancenot, Krivine et Bensaïd signent la pétition en faveur de Siné, la direction pond un communiqué pour le soutenir. Les bras nous en tombent.

Certes, il y avait déjà eu motifs à inquiétude, comme un éditorial de Rouge qui comparait une opération militaire israélienne avec Guernica, ou le refus de la LCR de participer à la manifestation de protestation lors du meurtre d’Ilan Halimi.

Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares" [soupçonné d’avoir participé à l’assassinat de ce jeune homme], ne disait d’ailleurs rien d’autre que Siné : Ilan est juif, il a de l’argent. La différence, c’est que l’un n’est que dessinateur, l’autre inculpé d’assassinat. Au fond, ils partagent le même point de vue sur les juifs, celui véhiculé, entre autres, par l’Eglise depuis saint Paul jusqu’à Vatican II.

Le même aussi que celui que l’extrême droite n’a cessé de répandre depuis toujours ; le même encore qui trouve un écho certain dans les banlieues populaires.

Nous savons combien ce fléau a imprégné le mouvement ouvrier, quelle a été la réticence, voire le refus, des courants les plus radicaux de soutenir cet "officier bourgeois" de capitaine Dreyfus. Nous n’oublions pas comment l’antisémitisme a été considéré comme un "premier pas vers l’anticapitalisme" par des leaders du mouvement socialiste révolutionnaire à ses débuts. Rappelons que l’antisémitisme a été une constante du stalinisme - qui l’a utilisé contre Trotski et ses partisans.

Siné ne peut même pas se draper dans un "antisionisme radical" : son texte, une fois n’est pas coutume, ne porte pas sur le Proche-Orient, sujet sur lequel la condamnation de la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens ne doit souffrir d’aucune ambiguïté antisémite. Ce sont des propos de beauf qui aiguisent la haine contre les juifs, de ceux qui nourrissent quotidiennement la bête immonde.

Que la LCR s’engage dans la défense de Siné fait que nous avons l’obligation politique et morale de la dénoncer. Il ne s’agit plus de divergences qui peuvent éventuellement être aplanies ou dépassées par le cours des événements. Il s’agit d’une conception autre de la vie. Soutenir Siné est contradictoire avec le projet d’émancipation universelle et fraternelle.

Au regard de ce qu’a été le courant trotskiste, en grande partie animé dès ses origines par des militants juifs, cette prise de position de la LCR constitue une affligeante ironie de l’Histoire. Rédhibitoire.

Bernard Schalscha et Gérard Garnier, ex-militants de la LCR



 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 20:01

34eme congrès du PCF

Des axes essentiels de reconstruction 

contribution collective de militants du Rhône

jeudi 31 juillet 2008, par altercommunistes

http://altercommunistes.org/spip/spip.php?article369

En France, le Capital exerce depuis des décennies sa dictature. Ces dernières années, compte tenu du rapport de force défavorable, il en a profité pour revenir sur tous les acquis du mouvement ouvrier en faisant pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l’éducation, la recherche et en faisant porter tous ses efforts sur l’augmentation des profits, sans qu’il y ait de véritable opposition.

Outre l’injustice de cette politique, ses effets sont de plus en plus destructeurs pour les êtres humains comme pour la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l’humanité. Le peuple de France a donc besoin d’une perspective politique crédible qui s’insère dans un mouvement international.

Pour construire une telle perspective, une force politique capable d’affronter les intérêts de la bourgeoisie capitaliste et de remettre en cause sa dictature est nécessaire. Cette force, pour être efficace, devra être à la fois l’émanation des intérêts de classe des couches populaires, les plus touchées par l’exploitation de l’homme par l’homme, et être capable de porter l’unité de tous ceux qui ne vivent que de leur force de travail, les prolétaires de notre temps : elle doit devenir l’instrument de leur intervention dans la vie politique. Les dernières batailles électorales, le référendum de 2005, les 9% aux cantonales, l’assemblée des animateurs de section de 2007, montrent que les communistes dans la diversité de leur situation, ont les ressources pour cela. Ils doivent pouvoir se prononcer sur les axes fondamentaux d’une telle construction :

1 – Assurer l’existence du PCF et reconstruire son organisation

nous nous prononçons pour un parti qui se revendique du communisme, qui a pour objectif de combattre résolument le capitalisme, de s’en libérer pour une société de rupture, le socialisme, étape indispensable pour poursuivre les transformations révolutionnaires vers le communisme. Les expériences de dépassement du communisme ou de la forme parti dans "l’arc-en-ciel" italien ou dans la "gauche unie" espagnole se sont révélées des drames militants et populaires.

Le PCF doit retrouver son identité, affirmer la nécessité d’une politique autonome afin de recréer un rapport de force s’appuyant sur les luttes et de faire l’unité sur d’autres bases que celles imposées actuellement par le PS. La solution n’est pas de rompre avec le PS pour se tourner vers d’autres solutions politiciennes. Nous avons besoin d’un parti capable d’une autre politique, de créer union et rassemblement populaire autour d’un projet porteur d’espoir et d’avancées concrètes. Il faut sortir du piège dans lequel est tombé le PCF depuis plus de 30 ans : la vraie ligne de fracture n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le Capital et le Travail. Pour se libérer de la dépendance idéologique et institutionnelle du PS, le PCF a besoin de développer sa capacité à agir et à rassembler partout, dans l’entreprise, la commune et la nation, les institutions ; il a besoin d’une véritable organisation
communiste, implantée au cœur des couches populaires et armée de la conscience de classe :

  une organisation communiste : l’organisation doit être au service de l’action et de la lutte contre le Capital. Pour cela, il y a nécessité d’une réorganisation démocratique, au sens de rendre à l’action son maximum d’efficacité, à savoir, recréer des organisations de proximité (avec des dirigeants de proximité élus par les adhérents de proximité), promouvoir l’engagement militant, redonner le pouvoir politique et financier aux adhérents (distribution des cartes, paiement des cotisations, décisions politiques, élection des dirigeants…). L’expression transversale permettant de connecter les communistes sur des thèmes particuliers de réflexion ou de lutte ne doit pas mettre en cause le lieu de décision démocratique des organisations de proximité.

  privilégier une implantation de classe : cette organisation communiste doit se donner comme objectif de s’enraciner en priorité dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail afin de développer l’initiative populaire et les luttes. Ce sont majoritairement les ouvriers, les employés, les chômeurs de ces quartiers qui ont porté en 2005 le magnifique "Non" de classe du peuple français. La société compte aujourd’hui plus de 80 % de salariés et nous devons rassembler toutes les couches de la société qui souffrent de la dictature du Capital. Mais sans s’appuyer sur ceux qui ont le plus intérêt à la transformation socialiste de la société, le PCF ne peut redevenir l’expression de cette conscience collective que créent l’histoire et les antagonismes de classe.

  mettre en place une formation interne qui développe la conscience de classe : il est vital que les communistes reprennent pied dans la bataille idéologique. Ils doivent se donner les moyens internes de former des cadres capables de porter par les luttes, la conscience de classe, en prise avec les préoccupations populaires pour que la bataille idéologique soit au service de l’action et de la lutte des classes.

2 – un objectif, le socialisme

  retrouver une analyse communiste, une analyse de classe : il est nécessaire de réhabiliter l’analyse de classe de la société et donc le marxisme, et ainsi s’enrichir de la réflexion portée par les générations de communistes jusqu’à nos jours. La voie du réformisme qui porte l’illusion de marier le Capital et le social, a depuis longtemps montré son inutilité. La politique du PCF devra donc se réapproprier les acquis théoriques du mouvement communiste national et international. Il est aberrant que les textes des derniers congrès élaborés par la direction nationale ne proposent aucune analyse de la société capitaliste, ni de ses évolutions, analyse indispensable pour combattre efficacement la dictature du Capital. Si "les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer" (1818–1883 / Thèse sur Feuerbach) disait Marx.

  transformer la société, construire le socialisme : dépasser le capitalisme suppose un processus continu de lutte contre les intérêts de classe de la bourgeoisie capitaliste avec la participation active du peuple et des travailleurs, processus qui doit renforcer le camp révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas que le PCF pourrait participer comme force d’appoint à un gouvernement PS gérant loyalement le capitalisme. Au contraire, dans le cadre d’un rapport de forces favorable, ce processus devra se traduire dans une société de rupture avec la prise du pouvoir d’Etat : point de départ de la construction du socialisme, aiguisant la lutte des classes, ressourçant une nouvelle démocratie française de la commune à l’état et passant par l’entreprise, accélérant le processus de dépassement du capitalisme et ouvrant la longue aventure vers le communisme. Pour cela, il faut être clair sur les moyens de la transformation de la
société, réaffirmer l’exigence de l’appropriation et donc de la nationalisation des secteurs clés de l’économie au-delà de celles réalisées par le CNR, tout comme l’exigence de la transformation des institutions, prendre à bras le corps la question de la production industrielle, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Sans tous ces moyens, il n’y aura aucune solution crédible aux problèmes fondamentaux de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’environnement.

  pour un développement humain durable donc socialiste : Marx dénonçant les gâchis de la bourgeoisie, disait déjà que le seul état économe ne pouvait être que socialiste. Il n’y aura pas de développement humain durable tenant compte des défis environnementaux sans transformer profondément les modes de production, sans les libérer du Capital. Il est illusoire de ne miser que sur des formes de production locales, anciennes, artisanales, en limitant le contenu scientifique du développement, en craignant la socialisation élargie des forces productives qu’exigent de vastes services publics modernes et efficaces. Il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle révolution scientifique et industrielle, faisant de l’environnement, du cadre de vie, de la santé humaine, les nouveaux défis industriels. Cela nécessite un développement mondial des forces productives dans lequel la science joue un rôle essentiel pour une libération massive de
la créativité humaine, individuelle et collective.

3 – sortir de l’union européenne, affirmer la souveraineté populaire, développer la coopération et la paix

L’Union Européenne a été créée pour permettre au Capital de s’accumuler plus librement, pour redonner de l’air à ses taux de profits et aviver l’exploitation de l’homme par l’homme, en cassant le cadre national, berceau des acquis sociaux et en s’asseyant sur la souveraineté populaire. La "concurrence non faussée" était déjà un article fondateur du Traité de Rome ! Le refus de consulter les peuples ou le rejet autoritaire de leur décision (référendums français et hollandais) est un véritable déni de démocratie et montre le vrai visage de la dictature du capitalisme. La question de la participation de la France à l’UE doit désormais être posée. Le vote Irlandais vient confirmer que les peuples exigent de retrouver leur souveraineté pour faire d’autres choix, mettre en œuvre d’autres relations internationales, notamment de coopération et de paix, en Europe et dans le Monde. Nous devons soutenir avec force cet
objectif en présentant une liste aux élections européennes portant l’exigence de sortir de l’UE. Cela nécessite de prendre des distances avec le PGE qui représente l’acceptation de l’UE, qui enferme les NON populaires dans l’illusion de la renégociation d’un traité, qui pousse le PCF à se désolidariser de certains partis communistes au profit de partis réformistes.

4 – avoir une solidarité internationale active

La rupture avec l’UE rouvre la possibilité de l’internationalisme. Et en effet, la question du socialisme fait de nouveau surface au niveau mondial, des pays bougent, de nouveaux rapports sud-sud se construisent, en Amérique Latine des processus révolutionnaires voient le jour et Cuba fêtera l’an prochain ses cinquante ans de socialisme. Et surtout, les rapports internationaux s’aggravent face à l’impérialisme qui provoque les émeutes de la faim, l’appauvrissement généralisé de nombreux pays et la guerre. Le PCF doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité. Mais, désormais il doit avoir le respect, la connaissance des expériences. Il doit sortir du suivisme médiatique, comme dans le cas du Tibet où l’attitude de la direction nationale paraphrasant les faux amis des droits de l’homme a été
catastrophique, ou dans le cas de notre participation à un gouvernement envoyant des troupes en Afghanistan. Au plan international, le PCF doit avoir l’exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d’un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le respect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu’elles soient militaires ou dites “humanitaires”. Dans ce contexte, il aura aussi pour tâche de renouer avec les partis communistes : les progrès de l’influence de certains partis (Chypre, Grèce, Népal, Amérique Latine...) doivent nous interroger et nourrir notre analyse. Et même s’il existe certaines structures de rencontres internationales, comme le Forum Social Mondial, rien ne remplace une solidarité communiste internationale.

Pour conclure :

Pour le PCF, il est temps de changer de politique et donc de direction politique. Comment ceux qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui a conduit à l’échec, pourraient aller vers ce changement politique indispensable ? La tâche essentielle de la nouvelle direction sera de renforcer et réorganiser le PCF, d’être en capacité de rassembler et donc d’affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Contre l’immobilisme et la momification du PCF tels que voulus par la direction actuelle, il s’agira au contraire de faire du PCF l’instrument de tous ceux qui veulent changer de société, qui veulent le socialisme. Plus que jamais, nous sommes fiers d’être communistes et souhaiterions aussi être fier du parti communiste français.

texte cosigné par des militant(e)s du Rhône

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:52

« FREE GAZA » ET « LIBERTY » PRÊTS À APPAREILLER POUR GAZA



À Chypre, l’heure du départ approche



SILVIA CATTORI


dimanche 27 juillet 2008,
par Sylvia


www.oulala.net

 


Le « Free Gaza Movement » vient d’annoncer (*) le très prochain départ de ses bateaux, de Chypre vers Gaza. Ce sont, en effet, non pas un, mais deux bateaux qui vont tenter de gagner les plages de Gaza : le « FREE GAZA », et le « LIBERTY » baptisé ainsi en mémoire des 34 marins du « US LIBERTY » tués par un bombardement de l’aviation israélienne lors de la guerre des six jours, en 1967.


Ce sont donc 60 personnes -Palestiniens et 14 autres nationalités- qui vont appareiller pour Gaza, le 5 août 2008.


Parmi eux il y aura Naim Franjieh, un survivant palestinien de la Nakba (catastrophe) : « Mes parents ont fui la Palestine en 1948, alors que j’avais trois ans -a-t-il dit- je veux être là, sur ce bateau, pour dire aux gens de Gaza que ceux d’entre nous qui sont partis ne les ont pas oubliés ».


Il y aura également Hedy Epstein, une survivante de l’Holocauste âgée de 84 ans [
1], d’origine allemande, vivant aux Etats-Unis, qui a suivi ces derniers mois des cours de natation à cet effet. « Par cette action -a-t-elle expliqué- nous avons l’intention d’ouvrir le port, d’aller pêcher avec les pêcheurs, d’apporter notre aide aux cliniques, et de travailler dans les écoles. Mais nous nous proposons aussi de rappeler au monde que nous ne voulons pas rester spectateurs. 1.5 million de gens sont menacés de mort par le manque de nourriture et la maladie ».


En tentant d’entrer à Gaza, malgré le blocus de la marine israélienne, ces courageux navigateurs entendent rappeler au monde que ce n’est pas à l’occupant israélien, mais aux Palestiniens de décider qui peut entrer et sortir de Gaza ; et que le siège de Gaza n’aura pris fin que lorsque les Palestiniens se seront vus reconnaître les mêmes droits et libertés que les autres peuples du monde.


Jusqu’ici, l’Etat Major militaire israélien s’est refusé à dire ce que la marine comptait faire quand les bateaux -« Free Gaza » et « Liberty »- pénétreront dans les eaux, qu’elle contrôle illégalement, pour se rendre dans le port de Gaza.


A mesure que s’approche la date du départ, cet évènement suscite d’ores et déjà, dans la presse israélienne et sur les nouveaux
médias anglophones, de nombreux commentaires qui sont resté jusqu’ici largement ignorés du public francophone.


Dans un article du 20 juillet 2008 intitulé « Gaza au bord de la catastrophe humanitaire » [
2], M. Bill Dienst, le médecin qui prendra soin des navigateurs, écrit :


« Sous la forme d’une punition collective de toute la population civile de Gaza, Israël a bouclé le territoire en rationnant les importations de nourriture, d’essence et de médicaments. Ces restrictions ont provoqué une situation désespérée, dans laquelle les habitants de Gaza ne peuvent plus ni pomper de l’eau, ni faire fonctionner les équipements hospitaliers ni même le système d’évacuation des eaux usées, lesquelles se déversent maintenant dans la Méditerranée par millions de litres.


Dans mon travail, comme médecin, je me suis rendu de nombreuses fois à Gaza depuis 1985, pour collaborer avec des organisations de soins locales. Mes collègues de Gaza rapportent que les conditions actuelles sont extrêmement dangereuses pour la santé physique et mentale de la majorité de la population, en particulier des enfants. (...) La situation désespérée à Gaza n’est pas une catastrophe naturelle, comme un ouragan ou un tremblement de terre. C’est un désastre créé par l’homme, créé par le désir d’Israël de rendre les habitants de Gaza aussi misérables, et donc aussi soumis, que possible. (...) Dans notre première tentative d’accéder à Gaza par bateau, nous allons emporter avec nous des approvisionnements et fournitures qui font cruellement défaut. Si nous sommes autorisés à accoster, nous essaierons alors de retourner à Chypre, avec des habitants de Gaza qui ont besoin de soins médicaux urgents, ou qui ont besoin de sortir de Gaza pour d’autres raisons urgentes.
 »

 

 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:30
Le Mouvement des Pays non alignés exige la fin du blocus US contre Cuba et la dévolution de Guantanamo


La Havane, 31.07.08 (acn)


Les 118 Etats membres du Mouvement des Pays non alignés (NOAL) représentés à Téhéran dans le cadre de la Conférence des ministres des Affaires étrangères du Mouvement ont exigé du gouvernement des États-Unis la levée du blocus économique, commercial et financier contre Cuba et la dévolution de la base navale de Guantanamo, située en territoire cubain illégalement occupé par les États-Unis.


 La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL se prononce en effet pour la levée du blocus US contre Cuba en soulignant qu'il s'agit d'une mesure unilatérale qui viole la Charte de l'ONU.


Les ministres des Affaires étrangères des 118 pays présents à Téhéran expriment aussi dans ce texte leur « profonde préoccupation pour le caractère extraterritorial croissant » du blocus US dont Cuba fait l'objet depuis bientôt 50 ans.


Ils se prononcent aussi contre les mesures adoptées par Washington pour renforcer le blocus ainsi que contre toutes les mesures appliquées récemment par les États-Unis à l'encontre du peuple de Cuba.


La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL souligne que le blocus que les États-Unis appliquent contre Cuba « va à l'encontre du principe de bon voisinage qui doit régir les relations entre les Etats et cause de grandes pertes matérielles et de graves dommages économiques au peuple de Cuba ».


Le texte exhorte le gouvernement des États-Unis à respecter les 16 résolutions que l'Assemblée générale de l'ONU a adoptées de manière consécutive – de 1992 à 2007 – qui exigent également la fin du blocus US contre Cuba.


Dans leur Déclaration finale, les ministres des Affaires étrangères des 118 Etats membres des NOAL appellent aussi les États-Unis à rendre à Cuba le territoire cubain sur lequel se trouve actuellement la base navale US de Guantanamo, où les forces armées des États-Unis ont établi un camp de détention à la suite des événements du 11 septembre 2001.


La Conférence des ministres des Affaires étrangères des NOAL réclame également la fin des émissions de radio et de télévision financées par les États-Unis contre Cuba en réaffirmant qu'elles violent la souveraineté cubaine et les droits de l'homme des Cubains.

Samedi 02 Août 2008


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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:21

Nouveaux incidents dans un centre de rétention administratif au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne)


 

PARIS  (AP)

 


 
Après l'incendie du centre de rétention administrative de Vincennes en juin, de nouveaux incidents ont éclaté ce week-end dans un autre CRA de région parisienne, celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) près de l'aéroport de Roissy, déclenchant une nouvelle passe d'armes entre PS et UMP.

 

Selon la préfecture de Seine-et-Marne, des "retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie" de deux chambres différentes samedi après-midi. On ne déplore pas de victimes et "à la suite de l'intervention rapide des gendarmes et des pompiers, les dégâts se limitent à trois matelas brûlés", ajoute la préfecture.


La préfecture a mis en cause un "mouvement incité de l'extérieur par une vingtaine de militants" de l'association "SOS soutien aux sans papiers".


"Tentatives de suicide et automutilations sont monnaie courante" dans le CRA depuis plusieurs mois et "c'est pour dénoncer cette situation que l'association SOS soutien aux sans papiers a organisé un rassemblement" devant le centre, a répondu l'association dans un communiqué.


Le 22 juin dernier, un incendie avait ravagé le CRA de Vincennes, le plus important de France, au lendemain du décès d'un retenu tunisien de 41 ans. Comme en juin, les incidents du Mesnil-Amelot ont suscité la polémique sur la rétention des immigrés en instance d'expulsion.


"La politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables, qui provoquent la révolte légitime des étrangers et de ceux qui défendent leurs droits", a déclaré le Parti socialiste dans un communiqué.


Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a de son côté pointé dimanche "l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche", estimant que le Parti socialiste a fait preuve d'un "attitude totalement irresponsable en soutenant la violence et le non-respect de la loi". AP

 

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