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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:59

MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDFANT

 

Communiqué de presse

 

 

 

LE MEI APPELLE A UNE MOBILISATION DE LA POPULATION FRANCAISE CONTRE UNE NOUVELLE AVENTURE MILITAIRE AU MOYEN ORIENT.

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant prend au sérieux les différentes déclarations bellicistes des milieux Israelo-américains contre l’Iran.

 

Devant une convention du comité Américain des Affaires Publiques d’Israël (AIPAC) à Washington DC, Ehud Olmert, Premier ministre israélien a déclaré que le programme nucléaire de l’Iran devait être stoppé : «  Par tous les moyens possibles ».

 

Cette position est soutenue aussi bien par les Démocrates que les Républicains.

 

Bush dans son dernier voyage dans les capitales européennes a sans cesse martelé que l’Iran était une terrible menace pour la paix.

 

La rencontre à Paris de M. Ehud Barak ministre de la défense d’Israël avec Bernard Kouchner et Hervé Morin ce jeudi 19 juin indique clairement qu’un mauvais coup se prépare.

 

Dans ce contexte la première page du Monde du 20 juin, consacré à Ehoud Olmert et à ses déclarations bellicistes constitue indiscutablement une préparation de l’opinion française à une nouvelle agression américano-européenne contre le Moyen Orient qui détient l’essentiel des ressources en pétrole de la planète.

 

Il faut également rappeler que la première page du Monde du 19 juin étalait en gros caractères Révélations sur la filière nucléaire secrète nord-coréenne en Syrie.

 

Sarkozy qui n’a rien a refuser à son ami Bush en Afghanistan, ne lui refusera rien sur l’Iran.

 

La France risque d’être entraînée dans une opération qui menace sa sécurité et la paix dans le monde. Le MEI demande aux personnalités responsables de droite et de gauche à se prononcer publiquement contre une intervention ou le soutien de la France à une intervention militaire contre l’Iran.

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:49

Dénoncé par l'écrivain Claude Ribbe sur son blog, Karam, l'imposteur, essaie de le faire censurer par la Justice en référé !

Lundi 16 juin a eu lieu à Paris, devant le président de la 17e chambre correctionnelle, l'audience en référé concernant le procès intenté à Claude Ribbe par Patrick Karam.

 

Si Claude Ribbe s'est bien présenté à l'audience, accompagné de son avocat, Me Bes de Berc, délégué par Me Gilbert Collard, Karam, lui, n'a pas cru utile de se déplacer et a voulu se faire représenter par son directeur de cabinet, un certain Roland Polycarpe, auquel le président a dû expliquer que Karam est un justiciable comme un autre et n'est donc pas fondé à déléguer des ambassadeurs.

 

C'est donc Me Chabert seul qui a parlé au nom du délégué interministériel absent, tentant d'expliquer que les deux pages du blog de Claude Ribbe intitulées 23 mai 2008, une bonne date our le départ de Patrick Karam et Un cabinet noir rue Oudinot  (voir www.claude-ribbe.com ) constituaient un "trouble manifestement illicite" qu'il fallait faire cesser de toute urgence en reconnaissant qu'elles étaient diffamatoires et en ordonnant à Claude Ribbe de censurer son texte sous astreinte de 2000 euros par jour !

 

Karam ne s'est pas oublié puisqu'il a réclamé que lui soient versés en plus par l'écrivain, membre de la commission nationale consultative des Droits de l'Homme, 8000 euros pour les "frais occasionnés", ce qui est étrange quand on sait que Me Chabert est payé par le contribuable.

 

Malgré tous ses efforts, Me Chabert n'a guère été convaincant en se contorsionnant pour accréditer l'idée que Claude Ribbe, en concluant son premier article par "le mieux est qu'il disparaisse au plus tôt," appelait à la disparition physique de Karam et non pas à son limogeage.

 

De même l'idée que ce ne serait pas Karam qui serait sur la pente glissante de l'homophobie et raillant les "makoumés", mais celui qui le dénonce (Claude Ribbe) n'est pas vraiment passée.

 

En revanche Me Bes de Berc, après avoir soulevé l'irrecevabilité au motif que Patrick Karam s'en prenait à l'auteur des textes incriminés et non pas au directeur de la publication du blog, a porté un rude coup à l'accusation en indiquant que les deux textes incriminés figurent sur de nombreux blogs (www.bondamanjak.com, www.LeMague.net) alors que c'est seulement le blog de M. Ribbe qui est poursuivi, ce qui montre bien que la véritable motivation de cette procédure vexatoire est de s'acharner sur l'auteur d’un ouvrage qui déplaît au délégué interministériel et non pas de faire cesser un prétendu trouble.

 

De son côté, Claude Ribbe, en s'appuyant sur plus de dix pièces, dont quatre attestations qui ont de quoi empêcher de dormir le délégué interministériel pendant une bonne semaine, et en rappelant que la libre expression est un droit humain fondamental, n'a eu aucun mal à expliquer que les faits mentionnés dans ces textes n'ont, hélas, rien d'imaginaire et ne sont dès lors pas diffamatoires.

 

Claude Ribbe a insisté sur la dangerosité du délégué interministériel dont la technique est de menacer tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui et qui agit toujours par personnes interposées, ce que la présence à l'audience de Polycarpe démontrait suffisamment.

 

L'avocat de Karam a été obligé de reconnaître que les insultes de Béatrice Dhib, l'attachée de presse de Karam, visant Claude Ribbe étaient "très regrettables".

 

L'affaire a été mise en délibéré au lundi 23 juin 2008.

 

 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:33
Democracy for America, des militants au service d'Obama

LE MONDE | 20.06.08 | 11h08  •  Mis à jour le 20.06.08 | 12h15

Burlington, envoyée spéciale


n voilà que la victoire de Barack Obama aux primaires démocrates n'impressionne pas outre mesure. Ils sont ravis, saluent bien l'extraordinaire moment historique. "Si cela peut réparer les torts causés par l'esclavage et le tort fait en Irak", espère Charles Chamberlain, du mouvement Democracy for America. Mais ils ont déjà passé l'étape de l'émerveillement devant "l'idée d'Obama".

 

Barack Obama a été un de leurs premiers poulains, en 2004, avant même le fameux discours qui l'a fait connaître à la classe politique. Pour gagner les primaires démocrates dans l'Illinois et se présenter au Sénat, il avait besoin de relais militants. Democracy for America l'a aidé. Sa photo figure dans le couloir de l'association, parmi celles des 550 autres candidats qu'ils ont soutenus depuis 2004. "Bien sûr, on se vante à propos de Barack Obama. Mais il n'est pas unique. On en connaît d'autres comme lui", assure Daniel Medress, le responsable de la communication.


Au-delà de la campagne présidentielle, les membres de Democracy for America travaillent à ranimer le militantisme de base. Encourager "une culture de militants plutôt que de sortants". D'ailleurs, on ne les trouve pas à Washington, mais à Burlington, dans le Vermont, entre lac et sapins.


Ils sont aux avant-postes de la réforme du Parti démocrate et ils n'ont pas été pour rien dans la chute de la maison Clinton. Leurs bêtes noires : les centristes, qu'ils appellent les "Bush Democrats", la "triangulation" (façon Bill Clinton) et les élus qui ne tiennent pas leurs promesses. "Pour certains démocrates, c'est comme si rien ne s'était produit aux élections de 2006, dit Arshad Hasan, le directeur exécutif. Ils continuent à donner à Bush tout ce qu'il veut."


Mal leur en prend. Le standard de Harry Reid, le chef de file démocrate au Sénat, a été pris d'assaut il y a quelques semaines jusqu'à ce qu'il enterre le projet de loi sur les écoutes téléphoniques présenté par George Bush. La dernière campagne de Democracy for America vise Joe Lieberman, ex-démocrate et désormais acolyte du candidat républicain, John McCain. Si nécessaire, DFA n'hésite pas à susciter des candidatures alternatives quand le candidat désigné par le parti est trop mou, ou trop proche des lobbies, comme "celui du Nouveau-Mexique qui est à moitié financé par l'industrie pétrolière".


Democracy for America a d'abord été le mouvement d'Howard Dean, le candidat malheureux à l'investiture démocrate en 2004. Ancien gouverneur du Vermont, résolument hostile à la guerre en Irak, M. Dean avait été le premier à utiliser l'Internet pour récolter des fonds sur une grande échelle (au dernier trimestre 2003, il avait recueilli 15millions de dollars : la presse avait alors parlé de "révolution").


700 000 MEMBRES DANS 50 ETATS


Après l'échec de novembre, Howard Dean a réussi à s'installer à la tête du parti, grâce au soutien de sa jeune garde. C'est son frère, Jim Dean, qui a repris Democracy for America. Tous les deux ont pour objectif d'asseoir le parti dans les 50 Etats, au lieu de considérer que les endroits fortement républicains sont perdus d'avance et que rien ne sert d'y dépenser de l'argent. Après les primaires, Barack Obama a aussi adopté cette stratégie tous azimuts. "Obama poursuit le travail qui avait été entrepris par Howard Dean, notamment en amenant de nouveaux votants dans le processus électoral", dit Arshad Hasan. Democracy for America compte maintenant 700 000 membres et 850 groupes, répartis dans les 50 Etats.


En quatre ans, le mouvement a formé 16 000 futurs élus ou directeurs de campagne lors de week-ends de "candidature clés en main". Pour 60 dollars, les intéressés bénéficient des conseils de consultants nationaux que les campagnes paient habituellement très cher. "On a beaucoup parlé du fait que la campagne de Barack Obama est très bien organisée, mais il se trouve aussi que les activistes sont beaucoup plus malins et expérimentés, explique Jim Dean. En 2003, je me souviens de discussions d'une demi-heure pour savoir si on devait former un comité d'action politique pour faire 100 photocopies !"


Jim Dean et ses amis pensent déjà à l'après-élection. Ils savent qu'à Washington les élus sont des proies faciles pour les lobbies. "Tous les nouveaux le racontent : dès leur premier jour, ils ont rencontré un lobbyiste qui leur a tendu une carte de visite en leur disant : je veux organiser une réunion de collecte de fonds pour vous!"  Democracy for America veut mettre en place un "système de soutien" qui montre aux élus qu'ils "n'ont plus besoin d'écouter" les lobbyistes. Jim Dean prévoit que la bataille sera rude. "La couverture médicale pour tous, ça ne va pas être facile. On ne pourra pas se contenter d'envoyer des e-mails au Congrès. Il va falloir qu'on se montre là-bas." Sur la guerre en Irak, il prévoit aussi qu'il faudra "pousser les élus à prendre des risques et à dire : ça suffit. On s'en va. On ramène les troupes à la maison". A cinq mois des élections, les citoyens-lobbyistes se préparent déjà à envahir Washington.


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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 17:23

Europe : "Il est urgent d’éviter de nouveaux bricolages institutionnels"

 

Le droit international est formel : un traité européen, qui est un traité international, ne peut être ratifié qu’à l’unanimité des Etats membres, sauf si tous les Etats membres ont décidé antérieurement, à l’unanimité, que ce traité pourrait être ratifié à la majorité, ce qui n’est pas le cas pour le traité de Lisbonne, pas plus que pour les traités européens antérieurs.

Toutes les lamentations ne changeront rien à cette réalité. Inutile donc de déplorer que 4 millions d’Irlandais - 800 000 électeurs - puissent "bloquer" 450 millions d’Européens. Tout le monde sait que s’il y avait eu des référendums partout, le non l’aurait emporté dans plusieurs pays. Le désaccord entre les élites et la population est désormais flagrant. Cet épisode est le énième soubresaut, après ceux de 2005, de la fuite en avant intégrationniste et européiste d’après Nice.

La poursuite de la ratification par les huit autres est bien sûr possible mais ne change pas cette réalité. Une renégociation à vingt-sept est inenvisageable, et aboutirait de toute façon aux mêmes résultats. La renégociation d’un traité de Lisbonne à vingt-six apparaîtrait comme une manipulation de la démocratie, alors que la démocratie représentative est déjà attaquée. Elle n’aura pas lieu. Les élites européennes ne peuvent pas prêcher l’état de droit dans le monde et s’en affranchir chez eux. Le "noyau dur" sera à nouveau évoqué ici et là mais ne se concrétisera pas.

Quels pays en feraient partie ? Pour faire quoi ? En passant outre aux oppositions des exclus de ce noyau dur ? En faisant ratifier comment cette création ? Cela ne se fera pas. Seule hypothèse : des améliorations limitées, point par point et sans emphase, des traités existants, par exemple, sur la présidence durable, à condition qu’elles soient ratifiables partout par la voie parlementaire. Seule solution, donc : que les Irlandais revotent un jour, si leurs dirigeants et les autres dirigeants européens estiment possible de prendre ce risque.

Dans ce cas-là, et si les Irlandais votent oui, l’Union passera, avec retard, du traité de Nice à celui de Lisbonne. Sinon, elle continuera à fonctionner dans le cadre de Nice. Il est temps d’admettre que l’intégration politique globale (au sens fédéraliste) de l’Union à vingt-sept n’ira pas plus loin que Nice (ou Lisbonne, si les Irlandais revotent, et votent oui). Et pourtant, l’Union a besoin d’agir et de lancer de nouvelles politiques. Comment ?

LA NON-RATIFICATION DU TRAITÉ DE LISBONNE NE DOIT PAS ÊTRE UNE EXCUSE POUR NE PLUS RIEN FAIRE

Il faudra distinguer clairement intégration (les peuples se fondent et s’en remettent à l’Europe) et construction (les peuples mettent en commun leur volonté d’agir ensemble). L’intégration a été longtemps présentée comme la seule voie légitime, mais ce n’est plus une voie d’avenir : dès que les peuples en ont l’occasion, ils votent contre. En revanche, il n’y a pas d’opposition aux politiques communes et aux projets.

Est-ce tragique ? Depuis une dizaine d’années, on a exagéré le rôle et la portée des traités et des institutions, comme si tout en dépendait de façon magique. On a créé des attentes énormes qui se sont muées en inquiétude. Le paroxysme a été atteint avec le projet de Constitution. Il faut changer de méthode. La non-ratification, à ce stade, du traité de Lisbonne, est regrettable. Mais elle ne doit pas être une excuse pour ne plus rien faire, au contraire.

Après tout, quel traité était en vigueur quand a été conçu le traité de Rome ? Aucun. Et est-ce grâce à des traités que Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand, Jacques Delors et Helmut Kohl ont fait ce qu’ils ont fait ? Non, par volonté politique, la présidence française devait de toute façon se dérouler - avec ses avancées annoncées - sous l’empire du traité de Nice.

Ce ne sont pas les insuffisances des traités qui empêchent l’adoption d’une politique commune de l’énergie, mais les désaccords de fond sur la Russie, le nucléaire, la séparation entre production et distribution. En matière internationale (que faire au Proche-Orient ? sur l’Iran ? la Chine ? etc.), de toute façon, les décisions restaient à l’unanimité. Sur l’écologie, la recherche, l’Europe de la défense aussi, cela dépend d’abord de la volonté des gouvernements. Je ne pense pas qu’il faille réagir au non irlandais par des bricolages institutionnels. Ni par une fuite en avant dans "l’Europe politique", "sociale" ou "des citoyens" mal définie.

En tout cas, pas dans la situation actuelle. Cela réveillerait attentes impossibles à satisfaire, illusions bientôt perdues, désaccords de procédure et de fond et créerait plus de problèmes que cela n’en réglerait en mélangeant encore plus ce qui relève des Etats membres et ce qui relève du niveau européen. La confusion serait totale.

Ce qu’il faut, c’est l’affirmation d’une forte volonté commune des Vingt-Sept autour d’une priorité : défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l’UE un pôle régulateur de la mondialisation sauvage. Ce qui peut se décliner : politique commune de l’énergie, de l’environnement et de la recherche, propositions de régulation financière et de réforme des institutions internationales (nouvelles positions dans l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire internationnal, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, etc.), stratégie à long terme vis-à-vis des pays émergents, etc. Cela doit être expliqué et se voir.

Le moment est opportun : il y a partout, même aux Etats-Unis, une acceptation nouvelle, voire un désir nouveau, de règles. Tout cela peut et doit être entrepris sans attendre un meilleur traité.

Hubert Védrine Ancien ministre des affaires étrangères

http://www.lemonde.fr/europe/articl...

 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:36
Le ciel menace de tomber sur les têtes d’EADS

Délit d’initié. Mise en examen, hier, de l’ex-directeur général du groupe, Jean-Paul Gut.

NICOLAS CORI

QUOTIDIEN : jeudi 19 juin 2008


La justice va-t-elle impliquer l’ensemble des 17 dirigeants d’EADS, déjà mis en cause par l’Autorité des marchés financiers (AMF) ? Pour l’instant en tout cas, c’est bien parti. C’est la grande angoisse de Louis Gallois, patron d’EADS, épargné par l’affaire. Car après l’ex-PDG d’EADS Noël Forgeard, fin mai, c’était hier au tour de Jean-Paul Gut, ancien directeur général du groupe de se voir signifier sa mise en examen pour «délit d’initié». Placé en garde à vue lundi dans les locaux de la brigade financière, il a été présenté dans la nuit de mardi à mercredi aux juges d’instruction Xavière Simeoni et Cécile Pendaries. L’ex-dirigeant du groupe, reconverti dans le conseil, a été placé sous contrôle judiciaire. Selon une source judiciaire, sa caution a été fixée à 400 000 euros. Celle de Forgeard était d’un million.


«Biaisé».
Comme pour l’ex-PDG d’EADS, le dossier est étayé par l’enquête de l’AMF. Le gendarme de la Bourse accuse Gut d’«avoir manqué à l’obligation d’abstention» en intervenant sur le titre EADS, alors qu’il détenait des «informations privilégiées». En clair, Gut a exercé 175 000 stock-options en novembre 2005 et en mars 2006, touchant une plus-value de 1,8 million d’euros, alors qu’il savait que le programme A380 prendrait du retard. Selon le rapport d’enquête de l’AMF, «au plus tard le premier mars 2006, les membres du comité des actionnaires d’Airbus [dont faisait partie Gut, ndlr] avaient été informés de ce que la livraison des sections de l’appareil à la chaîne d’assemblage finale de Toulouse avait été interrompue et qu’une replanification du programme de production avait été engagée, impliquant une révision du calendrier de livraisons».


Mardi, dans un communiqué, les avocats de Gut avaient justifié les opérations de leur client. La vente s’est déroulée «dans le strict respect des réglementations et des règles internes d’EADS», avaient-ils argué. Ils s’étaient cependant légèrement avancés en ajoutant que l’audition, demandée par l’intéressé pour éviter «des analyses biaisées et des présentations délibérément orientées des faits», devait lui permettre de «démontrer qu’il ne bénéficiait d’aucune information privilégiée». Les juges d’instruction n’ont pas dû être convaincus. «Cette mise en examen est la suite logique de la procédure», se contentait d’ajouter, hier, une porte-parole de Gut.


Contact interdit.
Les paris sont pris maintenant sur le premier dirigeant en poste à être entendu. Cela va-t-il être Thomas Enders, PDG d’Airbus, bénéficiaire d’une plus-value de 710 000 euros ? Ou Fabrice Brégier, directeur général d’Airbus, qui avait touché 365 000 euros ? Une mise en examen de ces dirigeants, surtout si elle est accompagnée d’un contrôle judiciaire strict interdisant toute rencontre avec les autres dirigeants, voire avec les salariés, rendrait EADS difficilement gouvernable (lire ci-dessous). Pour l’instant, le groupe ne veut même pas imaginer une telle menace. En avril, lors du lancement des poursuites de l’AMF, la direction craignait que la procédure puisse «avoir des conséquences dommageables pour son image et sa réputation». Louis Gallois ajoutant : «EADS apportera son soutien aux dirigeants dans leur défense.» Hier, le groupe refusait de faire le moindre commentaire.



http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/333209.FR.php
© Libération
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:19

www.grioo.com

 

Claude Ribbe, vous avez publié 'Le Nègre vous emmerde', hommage à Aimé Césaire. Pourquoi ce titre et pourquoi ce livre ?

La formule est de Césaire. Elle était destinée aux racistes. Je la trouve drôle et assez efficace. C’est ce qu’il faut répondre désormais à ceux qui ne voient en nous que des « nègres » et en Césaire que le «chantre de la Négritude». Maintenant, les racistes, on les emmerde. En ces temps de canicule, c’est assez rafraîchissant, non ? C’est un livre pédagogique, simple et pas cher (c’est important) écrit en urgence pour rappeler ce qu’il faut savoir sur Césaire et empêcher les racistes de déformer sa pensée. C’est aussi un hommage à un écrivain admirable. Ce n’est pas une hagiographie non plus. L’idolâtrie n’est pas mon genre. Je crois avoir trouvé le ton juste pour parler de l’auteur et de l’homme politique. En tout cas, c’est un livre utile. Le premier publié sur Césaire depuis sa disparition.

Vous critiquez les politiques qui selon vous ont tenté de récupérer Aimé Césaire alors qu’ils l’avaient ignoré, voire méprisé de son vivant…Sa mort a-t-elle été l’enjeu d’une bataille locale ?

Plutôt une bataille nationale pour tenter de s’approprier un fantasmatique vote noir estimé à 600 000 voix par les experts, qui se fondent sur le score obtenu par Christiane Taubira. C’est Villepin qui a lancé tout cela. J’explique comment dans mon livre.

Vous faites remarquer qu’en dehors des écrivains de la diaspora afro-caribéenne, aucun écrivain ou poète français n’a rendu hommage à Césaire...

Aucun écrivain, mis à part ceux de l’Afrique et de sa diaspora. C’est vrai. Césaire est un grand auteur français et un grand écrivain planétaire. On a voulu en faire un régionaliste, sous le prétexte qu’il a fait de la politique chez lui en Martinique. On a voulu faire de sa pensée une idéologie communautariste. Tout cela par racisme. Au moment de sa mort, on lui a refusé le droit d’être français. Pourtant, c’est dans cette langue qu’il écrivait, me semble-t-il. Même pas en créole.

Vous évoquez également plusieurs épisodes de sa vie, ses démêlés avec Giscard et De Gaulle, ses réflexions sur l’indépendance de la Guadeloupe et de la Martinique, la censure de 'discours sur le colonialisme' par François Bayrou...Il y a également des événements dont on n’avait jamais entendu parler comme la grenade tirée dans son bureau...

Les politiques n’ont jamais pardonné à Césaire d’avoir comparé les colonialistes et les esclavagistes à Hitler. De Gaulle n’a jamais supporté l’expression de « génocide par substitution » utilisée par le poète pour évoquer la déportation perpétrée sous le couvert du Bumidom à partir des années soixante. Bayrou a été d’une totale indécence. Je regrette d’avoir appelé à voter pour lui.

Si en Martinique, beaucoup ont souhaité qu’il repose sur sa terre natale, vous dites dans le livre que vous souhaitez que son corps soit transféré au Panthéon...

Je nuance ce propos en disant que son corps peut très bien rester en Martinique, mais qu’il faut une cérémonie au Panthéon où son esprit a sa place. Le tombeau de Césaire au Panthéon peut être vide, comme celui de Condorcet. L’important, c’est qu’un hommage vraiment national à Césaire permette de montrer aux racistes que nous existons et que nous avons de grands hommes. Une cérémonie funèbre, même symbolique, c’est important pour la cohésion d’un pays. En l’occurrence, c’est important pour faire reculer le racisme.

Parallèlement à la sortie de votre livre, vous vous en êtes pris à Patrick Karam. Qu’est ce qui vous pousse à partir en guerre contre Patrick Karam ?

C’est un homme dangereux. Depuis son officine de la rue Oudinot, le voilà qui espionne les Antillais et les met en fiches. Et gare à ceux qui lui déplaisent. Quant aux Africains, on sait ce qu’il en pense. En France, un bureau de la police des Noirs, ça ne s’était pas vu depuis Louis XVI. Une manifestation lui déplaît-elle ? Patrick Karam la sabote. Ainsi, parce que le Cran s’y est associé l’an passé, Frank Anretar, son ancien lieutenant pourtant, voit les « Césaire de la musique » mis en cause.

Le poste sur mesure confié à Karam échappe pratiquement à tout contrôle, Il résulte d’un simple décret. Karam fait ce qu’il veut dans sa cour des miracles. Je sais comment fonctionne ce monsieur. C’est extrêmement préoccupant.

Qu’est ce qui vous a poussé à vous faire entendre ces derniers temps, pourquoi maintenant ?

Depuis un an qu’il est là, on a eu le temps de l’observer. On aurait pu espérer quelques résultats positifs. Je n’ai pas voulu l’attaquer au moment où il était en difficulté avec le ministre Estrosi. J’ai attendu de voir. Quand je me suis aperçu que non seulement il sacrifiait les congés bonifiés et la continuité territoriale, mais qu’en plus il essayait de s’emparer de la mémoire de l’esclavage pour en finir avec la loi Taubira, qu’il s’appropriait le dossier Césaire pour mieux «enterrer» l’œuvre de l’écrivain en métropole, j’ai décidé de réagir.

Patrick Karam est d’une totale nullité. Mais parfois on a vu des gens sans qualités accéder à un niveau de pouvoir où ils deviennent dangereux. Constatant que la date du 23 mai avait été choisie non pas pour rendre hommage à la mémoire des esclaves mais pour tenter un véritable coup d’Etat contre le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves Jégo, qui se trouvait alors en déplacement aux Antilles, j’ai décidé de prendre la parole le 22 mai. Alors j’ai dit ce que j’avais pu observer pendant toutes ces années.

J’avoue que j’ai été assez proche de Patrick Karam, croyant pendant un temps qu’il soutenait vraiment les combats que je menais. En fait, il tentait de les récupérer. Quand je critiquais Napoléon à travers un livre, il prétendait s’associer à mon combat ; même chose quand je dénonçais tel ou tel raciste (Frêche, Finkielkraut, Sevran). Lors de l’affaire Pétré Grenouilleau on a eu une première alerte puisque Patrick Karam a négocié avec je ne sais qui, en échange de je ne sais quelle contrepartie, le retrait de sa plainte. Ce qui l’a certainement aidé dans son ascension, histoire de montrer qu’il avait un pouvoir sur la communauté ultramarine… En ce qui me concerne, Karam me soutenait comme la corde soutient le pendu.

Malgré les défauts que vous lui prêtez, Karam n’a-t-il pas eu une action positive en bousculant les choses ?

J’aimerais que vous me disiez ce qu’il a fait de positif, ce qu’il a fait concrètement aussi bien au Collectif Dom que depuis sa nomination. Vous pouvez chercher. Rien au Collectif. Que du mal, depuis. La seule question qui se pose maintenant est de savoir s’il s’agit d’une simple erreur de casting ou s’il y a une entreprise programmée contre la loi Taubira, contre les acquis obtenus à grand mal par les Ultramarins depuis trente ans. Dans ce cas là, effectivement, Patrick Karam correspondrait au profil idéal, par sa brutalité et son arrogance. Franchement, un homme pareil à ce poste, c’est de la provocation.

Pour vous Patrick Karam est raciste et sème la division ?

Question racisme, je me pose très souvent la question. Même chose pour l’homophobie. Tout le monde connaît en tout cas ses plaisanteries douteuses sur les « Makoumés » (une manière péjorative de désigner les homosexuels en Guadeloupe). C’est lui qui m’a appris ce mot, et cela m’a mis très mal à l’aise.

Vous citiez certains de ses propos peu flatteurs tenus en 2006 à l’égard des Africains. A l’époque vous aviez considéré que c’était un dérapage. Aujourd’hui comment considériez vous ces propos ?

En 2006 j’aurais déjà du prendre mes distances. Je n’avais pas visionné l’émission diffusée par Canal Plus. Pourtant Rama Yade avait écrit à l’époque une lettre à Jean-Claude Beaujour. Une lettre dont j’ai copie. Karam a d’ailleurs tenté de se servir de ce courrier pour obtenir un poste en se fondant sur certains propos que Rama Yade aurait, d’après lui, tenu sur les Antillais. Ensuite, il a souvent menacé de rendre cette lettre publique. Il accusait la jeune femme d’avoir soutenu les émeutiers en novembre 2005. Il a même écrit à Sarkozy pour la dénoncer. Visiblement, ça n’a pas impressionné le chef de l’Etat puisqu’il l’a nommée au gouvernement tandis que Karam n’obtenait qu’un petit poste au rabais.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’avait dit Patrick Karam ?

Il sortait de vieux poncifs coloniaux, disant que les Africains sont polygames et pratiquent l’excision. Des idées rances dictées par la xénophobie. Ce qu’il ne pardonne pas à Rama Yade, c'est d’être née au Sénégal et d’en être fière.

J’ai pris position lorsqu’en juin 2007, Karam a écrit un texte carrément xénophobe dans lequel il accusait Claudy Siar, le patron de Tropiques FM, de prendre la place de Media Tropical, grâce au soutien d’un prétendu lobby africain. Un complot auquel auraient été associés Rama Yade, le CRAN, Basile Boli, Calixthe Beyala et vous peut-être...Du pur délire. Comme ce texte était extrêmement grave, Karam l’a fait signer par un factotum à son service, Daniel Dalin, qui est incapable de rédiger dix lignes. Un beau matin, j’ai reçu le message qui a été diffusé au nom du Collectif DOM que je présidais. J’ai aussitôt démissionné. Alors Karam, par Dalin interposé, a commencé à m’insulter, ce qui m’était bien égal.

Avec le recul, je regrette de m’être associé, même involontairement, à ce qui m’apparaît aujourd’hui comme une véritable entreprise de division des afrodescendants, en tentant de faire battre ceux qui viennent directement du continent africain avec ceux qui sont passés par les Antilles. Cette division, c’est le but de Patrick Karam, qui n’a pas même pas le discernement de cacher ses projets.

Selon vous Patrick Karam a aussi tendu un piège à Yves Jégo...

Patrick Karam avait prévu de remplacer Christian Estrosi au poste de secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Aussi a-t-il éprouvé un extrême dépit lorsqu’il a vu arriver Yves Jégo, et il a entrepris de mener à ce dernier une guerre sans merci comme il l’avait déjà fait avec le prédécesseur.

Comment voyez vous l’avenir ?

Sombre si cet énergumène reste en fonctions. Mais je vois mal comment les syndicats pourraient continuer à discuter avec lui. Je pense que le fait de se retrouver dans son bureau, ignoré et méprisé par tout le monde, scellera son sort au cas où Nicolas Sarkozy ne prendrait pas rapidement ses responsabilités dans cette affaire, ce qui m’étonnerait.

Ne pourrait t-on pas vous accuser de vous prononcer contre lui aujourd’hui par dépit ? Est-ce que vous n’étiez pas associé avec lui parce que vous aviez des affinités idéologiques ?

Il a prétendu soutenir certains de mes combats, mais nous n’avons jamais eu d’affinités idéologiques. Ce serait difficile puisqu’il est opportuniste au possible. Pourquoi aurais-je eu du dépit ? Si tel était le cas, je me serais prononcé le jour de sa nomination ou même avant. Je n’ai rien de personnel contre Karam. Je le trouve simplement nuisible, du point de vue de l’intérêt général.

N’exagérez vous pas un peu la menace ?

Il y a beaucoup de gens qui ont déjà été victimes des menaces de ce monsieur et les langues vont peu à peu se délier. Il ne se passe pas de jours sans que quelqu’un ne se plaigne à voix basse. Je ne pensais pas qu’un homme puisse être en mesure d’agir de la sorte en se servant des moyens de l’Etat.

Avez-vous encore des relations avec Patrick Karam, a-t-il réagi au pamphlet que vous avez publié sur lui il y a deux semaines ?

Par huissiers et avocats interposés. Il a réagi à la publication de mon blog et surtout de mon livre en adressant des lettres d’intimidation en recommandé à tous les médias qui m’ont invité pour parler de mon livre et en m’assignant en référé d’heure à heure devant la 17 e chambre du tribunal de Paris au motif que je l’aurais diffamé. Tout cela aux frais de la République en ce qui le concerne. Plus que mon blog, c’est mon livre qui l’emmerde. Il suffit de le lire et on comprend pourquoi.

S’il a autant d’influence que vous lui prêtez, pourquoi n’est-il pas devenu secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer ?

On peut reprocher ce qu’on veut à Sarkozy, mais il n’est pas fou. Seulement Karam a quand même été nommé délégué interministériel à 47 ans (paraît-il pour services rendus pendant la campagne électorale de 2007) sans aucune expérience administrative et sans jamais avoir exercé d’autre métier avoué que celui d’imprimeur. Ce qui m’intrigue le plus, c’est qu’il ait été maintenu après la période de conflit extrêmement violente qu’il y a eue en décembre 2007 avec Christian Estrosi. Maintenant que toutes les cartes sont sur la table on va bien voir comment réagit le Président puisque c’est lui qui l’a nommé.

Selon vous Nicolas Sarkozy doit limoger Patrick Karam ?

Oui, et le plus tôt possible. Sinon l’outre-mer risque de devenir ingouvernable et ça peut très mal finir. On a eu un aperçu de la situation lors des récents déplacements ministériels en Guadeloupe. Personne n’a intérêt à provoquer les DOM en ce moment. Je pense que la manière dont Karam a traité le dossier des congés bonifiés suffit à le remercier. Je ne parle même pas de ses manières, de ses méthodes, ni de sa conception de la liberté d’expression. La plaisanterie a assez duré. Comme disent les syndicats : Karam dewo !

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:09

 

 

Chères amies, Chers amis,

 

 

La troupe théâtrale des enfants du camp de réfugiés d'Aïda (Béthléem), fait cet été une nouvelle tournée à travers la France. Elle présentera, sous la direction du centre culturel Al-Rowwad, une pièce de théâtre intitulée 

 

"C'est la faute au loup "

 

et se produira dans une vingtaine de villes (France et Belgique).

 

Sa première étape est prévue le dimanche 22 juin à 16 H 30, dans la salle André Malraux de Sarcelles, où nous voulons être très nombreux à leur souhaiter la bienvenue, à les encourager, et à discuter avec eux et leurs animateurs palestiniens. Des billets (7 euros) sont en vente par correspondance (http://www.amis-alrowwad.org/index.php)  à la librairie Résistances* (http://www.librairie-resistances.com), à la MJC de sarcelles (tél 01 34 04 02 80).

 

Les enfants palestiniens animeront une première partie de chants et danses traditionnelles.

 

 

« C’est la faute au loup »

Dimanche 22 juin  à 16 h

 

Salle André Malraux

Rue Taillepied

Sarcelles Village

Station SNCF « Sarcelles Saint Brice » à partir de la Gare du Nord.

 

 

 

 

 

*Librairie Résistances : 4 Villa Compoint (angle du 40 rue Guy Môquet). 75017 Paris. M° Guy Môquet ou Brochant. Bus 31, arrêt : Davy-Moines. Tout le programme des prochaines conférences-débats sur http://www.librairie-resistances.com

*MJC de Sarcelles, 10 avenue Paul Valéry- 95 200 Sarcelles .

*http://www.amis-alrowwad.org/index.php

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 21:01
San Vicente, l’ex-capitale toujours hantée par les Farc


Envoyé spécial à San Vicente del Caguán
JEAN-HÉBERT ARMENGAUD


QUOTIDIEN : mercredi 18 juin 2008


Une modeste table de bois, quatre chaises en plastique, sur le perron d’une maisonnette qui domine la ville, un peu à l’écart du centre : Fernando appelle ça sa «terrasse». Il offre un tinto, un café noir. Il dit : «Tu vois le jeune qui vient de passer devant ma porte ? Même si je vis ici depuis des années et que je pense connaître tout le monde, je ne peux pas savoir si c’est simplement un jeune qui passe devant ma porte ou si c’est un milicien des Farc, un type qui vient espionner et qui fera son rapport à la guérilla.» D’ailleurs, Fernando a baissé la voix. A 71 ans, cet éleveur a passé la main à ses enfants mais a gardé sa langue : «Ici, tout le monde paie le "vaccin", l’impôt révolutionnaire aux Farc, du plus petit au plus gros éleveur, et celui qui dit le contraire est un menteur, un mec qui n’a pas les couilles au bon endroit.» Ici, à San Vicente del Caguán, en plein cœur de la Colombie, tout le monde ne pense qu’à ça : à la guérilla des Farc. Même si elle n’est plus présente. Ou moins présente.


Négociations.
San Vicente del Caguán fut la «capitale» des Farc, de 1999 à 2002. Pendant ces trois ans, cette commune de 60 000 habitants - mais sur une superficie de 300 fois celle de Paris - a été le centre des négociations entre la guérilla et le gouvernement colombien de l’ex-président Andrés Pastrana. Négociations qui n’ont abouti à rien. Mais durant ces trois ans, les Farc ont pu croire qu’elles étaient parvenues aux portes du pouvoir : Andrés Pastrana avait accepté de «démilitariser» (évacuer toute force de police et de l’armée) le Caguán, une zone grande comme la Suisse, autour de San Vicente et de quatre autres communes voisines. «Concrètement, nous avions donc dû trouver un accord avec les Farc, notamment en matière d’ordre public, se souvient le maire de San Vicente de l’époque, Néstor Ramírez. La police était partagée moitié-moitié entre des membres des Farc - 30 hommes, armés - et des gens nommés par la mairie - 30 hommes, mais seulement équipés de bâtons…»


Néstor Ramírez avait été élu fin 2000. Les Farc étaient donc déjà installées à San Vicente depuis un an. «Mais la guérilla n’a pas réussi à truquer ces élections de 2000, ajoute-t-il. Il y avait trop de journalistes et d’observateurs internationaux.» Il a donc remporté la mise, loin devant le candidat des Farc. Même s’il a dû cette élection à son implantation locale, Ramírez était sur une liste se réclamant du parti d’Ingrid Betancourt, Vert oxygène. Il fut le seul maire du pays, cette année-là, à être élu derrière la Franco-Colombienne, désormais otage des Farc depuis février 2002, juste après la rupture des négociations de San Vicente.


«Trois jours après l’élection, trois guérilleros se sont invités chez moi,
raconte l’ancien maire. Ils ont dit venir au nom de Manuel Marulanda [le chef et fondateur des Farc, mort à 80 ans en mars, ndlr]. Je leur ai offert des sodas et des tintos. Ils m’ont félicité pour mon élection et ils ont dit leur désir de collaborer avec moi. Je leur ai dit non, que ce n’était pas l’idée de mon équipe municipale. C’était d’ailleurs une des conditions d’Ingrid Betancourt : pas de compromissions avec les Farc. "Pas de soucis", m’ont-ils dit…» Février 2002 voit la rupture les négociations et l’enlèvement d’Ingrid Betancourt - sur une route qui la menait, justement, à San Vicente. Pour Néstor Ramírez, l’affaire se complique. L’armée colombienne a réinvesti le bourg, mais pas toutes les zones alentour, loin de là. Les Farc sont encore tout près : «Trois jours après la rupture, je reçois une lettre : elles m’invitent à les rencontrer dans une zone rurale. Je n’y vais évidemment pas. Deuxième lettre, plus sèche, selon laquelle je dois "comparaître". Troisième lettre : je deviens littéralement un "objectif militaire" et dois abandonner le village "immédiatement".»


Enlevé.
Le Caguán est une zone de savane, conquise sur la forêt tropicale au début du XXe siècle. Entre vallées et monts pré-andins, la commune de San Vicente, moyennement riche, vit de l’élevage extensif de bovins. Au mieux de sa fortune, Fernando a eu jusqu’à 5 000 têtes de bétail. Il a eu aussi jusqu’à neuf gardes du corps. Et a été enlevé, durant huit mois, par la guérilla. Outre leur cinquantaine d’otages dits «politiques», les Farc enlèvent régulièrement des gens pour racketter les familles - ils seraient aujourd’hui 700 entre leurs mains. «Comme otage, j’ai été bien traité, raconte Fernando. La marchandise, il faut bien la traiter si on veut qu’elle garde de la valeur.» La famille a payé, il ne veut pas dire combien. «Ici, c’est toujours la loi du silence.» L’armée affirme aujourd’hui que tout va bien : «Nous avons réussi à contrôler toute l’ancienne zone démilitarisée, même s’il y a encore, parfois, des combats intenses dans des régions éloignées, à quelques dizaines de kilomètres d’ici ; des combats intenses ça ne veut pas dire qu’il y a forcément beaucoup de pertes, mais ça peut durer trois ou quatre heures», affirme le colonel Gómez, à la tête du régiment Cazadores, 1 200 hommes implantés à une dizaine de kilomètres du centre de San Vicente. La caserne rassemble aussi les 1 200 hommes d’une brigade mobile et 3 000 issus de la force spéciale de commandos Omega. 5 400 militaires pour 60 000 habitants : par défaut, l’Etat prouve qu’il n’a pas récupéré totalement l’ex-capitale des Farc.


Ruines.
Néstor Ramírez montre son ex-maison, dans le centre de San Vicente, dont il ne reste rien. Juste des ruines, des pans de murs désormais bouffés par la végétation tropicale. Dynamitée le 25 janvier 2003, comme «objectif militaire» des Farc. Quatre mois plus tard, dans la nuit, les locaux de la mairie et du poste de police explosent : un seul mort, un gamin de 8 ans. Puis, de 2004 à 2007 : quatre assassinats de conseillers municipaux. Des balles dans la tête. Malgré les gardes du corps. «Douze policiers sur une quarantaine se consacrent uniquement à la protection des élus, dit le major Pérez Monroy, le commandant du poste de police. Les peurs ne sont plus les mêmes qu’à l’époque où les Farc tenaient le village. Aujourd’hui, les craintes sont diffuses : à tout moment peut survenir un assassinat, un attentat à la voiture ou à la moto piégée. Personne ne sait quand ni comment.» Mais les Farc sont toujours là, dans cette ville poussiéreuse et oubliée de la géographie colombienne. Sans uniforme de guérilleros, mais sous la forme de ces «miliciens civils», insaisissables, qui continuent à tuer et à prélever «le vaccin».



http://www.liberation.fr/actualite/monde/332952.FR.php
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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 19:25

 No, I Can't

Par Uri Avnery

http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=9280


APRÈS DES MOIS d’une course rude et âpre, un combat sans concession, Barak Obama a fait mordre la poussière à sa formidable adversaire, Hillary Clinton. Il a réalisé un miracle : pour ma première fois dans l’histoire, un noir devient un candidat crédible à la présidence du pays le plus puissant du monde. 

Et quelle est la première chose qu’il a faite après son étonnante victoire ? Il s’est précipité au congrès du lobby d’Israël, AIPAC , pour prononcer un discours qui pulvérise tous les records de servilité et de soumission.

Cela est déjà assez choquant. Ce qui est encore plus choquant, c’est que personne n’ait été choqué.

CE FUT un congrès triomphaliste. Même cette puissante organisation n’avait jamais rien vu de tel. Sept mille délégués juifs de l’ensemble des États Unis se sont rassemblés pour recevoir l’allégeance de l’ensemble de l’élite de Washington venue se prosterner à ses pieds. Chacun des trois candidats à la présidence a prononcé un discours, chacun s’efforçant de surpasser les autres en flatterie. Trois cents sénateurs et membres du congrès emplissaient les couloirs. Tous ceux qui souhaitent être élus ou réélus à quelque fonction que ce soit, et même tous ceux qui nourrissent une ambition politique, étaient venus pour voir et se faire voir.

Le Washington de l’AIPAC ressemble à la Constantinople des empereurs byzantins à son apogée.

Le monde regardait, plein d’étonnement. Les média israéliens étaient aux anges. Dans toutes les capitales du monde on suivait attentivement les événements et on en tirait des conclusions. Tous les médias arabes en ont rendu compte largement. Al Jezira a consacré une heure de discussion au phénomène.

Les conclusions les plus extrêmes des professeurs John Mearsheimer et Stephen Walt ont été entièrement confirmées. Á la veille de sa visite en Israël, jeudi prochain, le lobby d’Israël occupait le centre de la vie politique des États Unis et du monde entier.

POURQUOI EN RÉALITÉ ? Pourquoi les candidats à la présidence des États Unis considèrent-ils que le lobby d’Israël est un facteur tellement essentiel à leur élection ?

Les votes juifs sont importants, naturellement, en particulier dans plusieurs États hésitants dont le vote peut décider du résultat. Mais les Afro-américains votent aussi, tout comme les hispaniques. Obama a fait venir sur la scène politique des millions de jeunes électeurs. Numériquement, la communauté arabo musulmane des États-Unis ne représente pas un facteur négligeable.

Il y a des gens qui disent que c’est l’argent juif qui s’exprime. Les Juifs sont riches. Peut-être donnent-ils plus que d’autres pour des causes politiques. Mais le mythe de la toute puissance de l’argent juif a une connotation antisémite. Après tout, d’autres lobbies et, de façon plus décisive, les grandes compagnies multinationales, ont versé des sommes d’argent considérables à Obama (comme à ses adversaires). Et Obama lui-même a fièrement annoncé que des centaines de milliers de citoyens ordinaires lui ont apporté de petites contributions qui ont représenté des dizaines de millions de dollars.

Il est vrai qu’il a été démontré que le lobby juif peut presque toujours empêcher l’élection d’un sénateur ou d’un membre du congrès qui ne danse pas, et avec ferveur, au rythme de la musique israélienne. Dans certains cas exemplaires (qui étaient réellement conçus pour faire des exemples) le lobby a causé la chute de politiciens populaires en apportant son soutien politique et financier à la campagne électorale d’un rival pratiquement inconnu.

Mais dans une course présidentielle ?

LA TRANSPARENTE allégeance d’Obama au lobby pro-Israël est plus frappante que les démarches semblables d’autres candidats.

Pourquoi? Parce que sa réussite étonnante aux primaires tenait entièrement à sa promesse d’apporter un changement, de mettre un terme aux pratiques corrompues de Washington et de remplacer les vieux cyniques par quelqu’un de jeune et d’honnête qui ne transige pas avec ses principes.

Et voyez donc, la première chose qu’il fait après avoir obtenu sa désignation par son parti est de transiger avec ses principes. Et de quelle manière !

La chose remarquable qui le distingue aussi bien d’Hillary Clinton que de John McCain est une opposition absolue à la guerre en Irak depuis le tout début. C’était courageux. C’était impopulaire. C’était en totale opposition au lobby d’Israël, dont toutes les tendances poussaient instamment Georges Bush à entrer en guerre pour libérer Israël d’un régime hostile.

Et voici qu’arrive Obama qui rampe dans la poussière aux pieds de l’AIPAC et qui s’écarte de sa route pour justifier une politique en contradiction complète avec ses propres idées.

C’est bien qu’il promette de défendre la sécurité d’Israël à tout prix. C’est habituel. C’est bien qu’il profère des menaces sévères à l’encontre de l’Iran, même s’il avait promis de rencontrer ses dirigeants pour régler pacifiquement tous les problèmes. C’est bien qu’il ait promis de ramener nos trois soldats enlevés (pensant, par erreur, qu’ils sont tous les trois détenus par le Hezbolah – une erreur qui montre, soit dit en passant, combien sa connaissance de nos affaires est sommaire.)

Mais sa déclaration à propos de Jérusalem passe les bornes. Il n’est en aucune façon exagéré de dire que c’est un scandale.

AUCUN PALESTINIEN, aucun arabe, aucun musulman ne fera la paix avec Israël si le Haram-al-Sharif ( aussi appelé Mont du Temple), un des trois lieux saints de l’islam et le symbole le plus marquant du nationalisme palestinien n’est pas placé sous la souveraineté palestinienne. C’est l’un des éléments centraux du conflit.

C’est sur cette question que la rencontre de Camp David en 2000 a échoué, même si le Premier ministre de l’époque, Ehoud Barak, consentait d’une certaine façon à partager Jérusalem.

Et voici qu’arrive Obama qui ressort des poubelles le slogan éculé “Jérusalem indivise, capitale d’Israël de toute éternité”. Depuis Camp David, tous les gouvernements israéliens ont compris que ce mantra représente un obstacle insurmontable à tout processus de paix. Il a disparu – tranquillement, presque secrètement – de l’arsenal des slogans officiels. Seule la droite israélienne (et juive d’Amérique) s’y accroche, et pour la même raison : étouffer dans l’œuf toute chance de paix qui exigerait le démantèlement des colonies.

Lors des campagnes présidentielles précédentes aux États-Unis, les candidats en présence pensaient qu’il suffisait de promettre que l’ambassade des États-Unis serait transférée de Tel Aviv à Jérusalem. Une fois élu, aucun des candidats n’a jamais rien fait pour mettre cette promesse à exécution. Tous se sont laissés convaincre par le Secrétariat d’État que cela nuirait à des intérêts américains fondamentaux.

Obama est allé beaucoup plus loin. Il est fort possible qu’il s'agisse que de simples paroles et qu’il se soit dit : eh bien, il faut que je dise cela pour me faire élire. Après cela, à la grâce de Dieu.

Mais même dans ce cas le fait ne saurait être ignoré : la crainte de l’AIPAC est si terrible que même ce candidat qui promet le changement dans tous les domaines n’ose pas l’affronter. Dans ce domaine, il accepte les pires pratiques traditionnelles de Washington. Il est prêt à sacrifier les intérêts américains les plus fondamentaux. Après tout, les États Unis ont un intérêt vital à aboutir à une paix israélo palestinienne qui leur permettrait de trouver le chemin des cœurs des masses arabes de l’Irak au Maroc. Obama a abîmé son image dans le monde musulman et hypothéqué son avenir – pour le cas où il serait élu président.

IL Y A SOIXANTE CINQ ANS, pendant que l’Allemagne nazie exterminait leurs frères et leurs sœurs en Europe, les membres de la communauté juive américaine n’ont rien fait pour leur venir en aide. Ils ont été incapables de convaincre le président Franklin Delano Roosevelt de faire quelque chose d’important pour arrêter l’Holocauste. (Et au même moment, beaucoup d’afro-américains n’osaient pas approcher des bureaux de vote par crainte des chiens que l’on lâchait contre eux.)

Qu’est-ce qui a entraîné l’étourdissante ascension au pouvoir de l’establishment juif américain ? Un talent d’organisation ? L’argent ? La montée dans l’échelle sociale? La honte pour leur manque de réaction pendant l’Holocauste ?

Plus je pense à ce phénomène étonnant, plus se renforce ma conviction (sur laquelle j’ai déjà écrit dans le passé) que ce qui compte en réalité est la similitude entre l’aventure américaine et l'aventure sioniste, à la fois au plan spirituel et au plan pratique. Israël est une petite Amérique, l’Amérique est un énorme Israël.

Les passagers du Mayflower, dans une large mesure comme les sionistes de la première et de la seconde aliya (vague d’immigration), ont fui l’Europe, portant en eux une vision messianique, qu’elle soit religieuse ou utopique. (En vérité, les premiers sionistes étaient en majorité athées, mais les traditions religieuses avaient influencé fortement leur vision.) Les fondateurs de la société américaine étaient des "pèlerins", les immigrants sionistes se nommaient eux-mêmes "olim" – l’abréviation de "olim beregel", pèlerins. Les uns comme les autres voguaient vers une "terre promise", se considérant comme le peuple élu par Dieu.

Les uns comme les autres ont connu beaucoup de souffrances dans leur nouveau pays. Les uns et les autres se sont vus comme des "pionniers" faisant fleurir le désert, "un peuple sans terre dans une terre sans peuple". Les uns comme les autres ont ignoré les droits des populations indigènes qu’ils considéraient comme des sous-hommes et des assassins. Les uns et les autres voyaient dans la résistance naturelle des populations locales la preuve de leur caractère meurtrier inné, ce qui justifiait même les pires atrocités. Les uns et les autres ont chassé les indigènes et se sont accaparé leurs terres comme la chose la plus naturelle à faire, s’établissant sur chaque colline et sous chaque arbre, avec une main sur la charrue et la Bible dans l’autre. 

C’est vrai, Israël n’a pas commis quelque chose à la mesure du génocide perpétré contre les indigènes américains, ni quelque chose qui ressemble à l’esclavage qui a persisté pendant plusieurs générations aux États Unis. Mais, puisque les Américains ont refoulé ces atrocités de leur conscience, rien ne s’oppose à ce qu’ils se comparent aux Israéliens. Il semblerait que dans l’inconscient des deux nations il y ait un ferment de sentiment de culpabilité refoulé qui s’exprime par la négation de leurs mauvaises actions passées, par de l’agressivité et par le culte du pouvoir.

COMMENT SE FAIT-IL qu’un homme comme Obama, le fils d’un père africain, s’identifie de façon aussi complète aux actions des générations de blancs américains qui l’ont précédé ? Il montre une fois de plus la capacité d’un mythe à s’enraciner dans la conscience d’une personne, au point qu’elle s’identifie à 100% au récit imaginaire de l’histoire nationale. Il faut ajouter à cela le désir inconscient d’appartenir au camp des vainqueurs, dans la mesure du possible.

Par conséquent, je n’accepte pas sans réserve l’idée : "Eh bien, il lui faut tenir ce discours pour se faire élire. Un fois à la Maison Blanche, il redeviendra lui-même."

Je n’en suis pas sûr. Il peut s’avérer que ces choses aient une emprise étonnamment forte sur son univers mental.

Il y a une chose dont je suis certain : les déclarations d’Obama au congrès de l’AIPAC sont très, très mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix est mauvais pour Israël, est mauvais pour le monde et mauvais pour le peuple palestinien.

S’il maintient ces déclarations un fois élu, il sera dans l’obligation de dire, s’agissant de la paix entre les deux peuples de ce pays : « Non, je ne peux pas. »

Article en anglais, "No, I Can't!", Gush Shalom, le 7 juin 2008.

Traduit de l'anglais  pour l'AFPS : FL.


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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 19:20

Objet : Réunion secrète entre l’Union européenne et Israel : Lettre de Francis Wurtz à José Barroso.

Francis Wurtz, Président du groupe GUE/GNL au Parlement européen
 
jeudi 12 juin 2008
 
“Monsieur le Président,
 
Permettez-moi de m’adresser à vous au sujet d’un fait relaté dans différents organes de presse européens et qui appelle, à l’évidence, une clarification urgente.
 
Il apparaît que des négociations secrètes sont en cours depuis un an entre l’Union européenne et les dirigeants de l’Etat d’Israël. Non pas, hélas, pour tenter de débloquer le processus de paix avec les Palestiniens - à cet égard, on ne peut que vivement déplorer l’impunité dont bénéficient les autorités israéliennes, malgré les violations lourdes et permanentes du droit international dont ils se rendent coupables -, mais pour examiner une demande proprement inimaginable de la part de Tel Aviv : celle de conquérir les droits d’un quasi-Etat membre de l’Union européenne !
 
Selon certaines sources, il semblerait qu’Israël ne demande rien de moins que sa participation à tous les niveaux aux réunions de l’UE sur les questions de sécurité et de dialogue stratégique ; aux délibérations du Conseil sur le Maghreb et le Mashrek comme sur les activités de l’UE au sein de l’ONU ! Tel Aviv demanderait en outre à pouvoir participer aux Conseils traitant de thèmes comme l’économie, les finances, l’énergie, l’environnement, les transports, les medias, la jeunesse, l’enseignement supérieur ; ou encore à voir constituer une structure parlementaire conjointe Union européenne - Israël…
 
J’ajoute que l’on apprend que la demande israélienne en question date … du 5 mars de l’année dernière ; qu’un « groupe de réflexion » s’est réuni sur le sujet le … 4 juin 2007 ; qu’une seconde réunion s’est tenue le 9 octobre dernier pour préparer une Déclaration du Conseil. Et tout cela sans que la moindre information n’en ait été donnée à la représentation parlementaire de l’Union !
 
Or, le 16 juin prochain, le Conseil d’Association Union européenne-Israël doit se réunir pour examiner officiellement ce dossier. Etant donné le contexte international dans lequel cet examen intervient - je viens de le rappeler - il paraitrait totalement inconcevable qu’une suite favorable puisse être réservée à la demande israélienne. Aussi une information autorisée au sujet de cette affaire extrêmement sensible me semble-t-elle indispensable.
 
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération très distinguée.
 
Francis WURTZ”


http://www.eutopic.lautre.net/coordination/spip.php?article3190

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