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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 22:03
 
Proche-Orient
 
 
 
 

La liste des agressions et menaces des puissances occidentales contre les peuples du Moyen-Orient est longue ces derniers jours à quelques mois de l’élection présidentielle états-unienne.
 
 
En premier lieu, le gouvernement israëlien a déclenché ce weekend une attaque particulièrement brutale contre la bande de Gaza déjà soumise à un cruel embargo depuis plusieurs mois. Plusieurs crimes de guerres contre les civils ont été commis à cette occasion. "Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle ils s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre", a déclaré, vendredi 29 février, Matan Vilnaï, le vice-ministre de la défense israélien à propos des Palestiniens.
 
 
Au même moment le Salon du Livre de Paris, dans un touchant élan de solidarité avec l’agonie du peuple palestinien, a décidé de célèbrer les 60 ans d’Israël - http://www.france-palestine.org/article8202.html . Un appel au boycott de ce salon a été lancé. L’Iran, la Tunisie et le Liban ont annoncé leur intention de ne pas participer à ce salon - http://fr.rian.ru/world/20080301/100382521.html .
Washington de son côté non content d’avoir enlisé ses alliés dans la guerre d’Aghanistan envisage de prêter main forte à Israël en  déployant « des troupes de l’OTAN en Cisjordanie de manière à rassurer Tsahal et à aider son retrait dans les prochaines années, a déclaré un officiel de la défense au Jerusalem Post. Le plan, mis au point par l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient le général James Jones, est discuté parmi les pays européens dont la participation à la force multinationale pourrait être réclamée. » (Jérusalem Post, édition française, 20 février 2008 cité par http://www.france-palestine.org/article8200.html )
Par ailleurs, au Liban l’administration Bush mécontente de voir la classe politique rechigner à élire un président à la botte de Washington, a envoyé le destroyer américain USS Cole au large des côtes de son pays. 
 
Selon Al Manar, citée par http://www.aipas.over-blog.org/article-17250720.html « Pour répondre à la question concernant les motifs de cette action militaire, le porte-parole du Conseil national de sécurité Gordon Gondro a répondu que le président George Bush était inquiet de la situation au Liban et qu’il a régulièrement discuté de la question avec son équipe de sécurité nationale. Selon un important responsable américain, la démarche vise à promouvoir la stabilité pendant cette période critique.  Il a signalé que le navire d’assaut USS Nassau, qui remplacera Cole, est dans son chemin dans les eaux de l’Atlantique, en route vers la Méditerranée au large du Liban.  D’autres sources militaires américaines ont indiqué que le déplacement du destroyer américain est un message pour la Syrie. Elles ont exprimé l’inquiétude devant une intervention américaine dans la question libanaise. » 
L’Iran quant à elle est victime de nouvelles pressions occidentales après un briefing du directeur général adjoint de l'AIEA, le Finlandais Olli Heinonen, accusant Téhéran d’avoir poursuivi un programme militaire après 2003 – déclarations qui contredisent le rapport antérieur du directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/01/l-aiea-detient-des-preuves-que-l-iran-a-mene-un-programme-nucleaire-militaire-apres-2003_1017661_3218.html#ens_id=677013) – ledit rapport était plus ambigu, mais un article d’Antiwar.com montrait déjà combien ce rapport comportait des insinuations injustifiées contre l’Iran : cf http://www.antiwar.com/prather/?articleid=12448. Téhéran a démenti ces accusations et en réponse le porte-parole du gouvernement iranien Gholamhossein Elham a proposé le 1er mars au Conseil de sécurité de l'ONU de se pencher sur le problème de l'arsenal nucléaire d'Israël et non sur le nucléaire civil iranien (http://www.aipas.over-blog.org/article-17236344.html ). Par ailleurs la visite du président Ahmadinejad à Bagdad ce weekend est analysée comme un défi à l’armée d’occupation états-unienne en Irak (http://news.xinhuanet.com/english/2008-03/01/content_7697817.htm ) - au même moment la Turquie venait d’achever une opération militaire au nord de l’Irak contre les séparatistes kurdes avec la bénédiction des Etats-Unis, de l’Union européenne et du secrétaire général de l’ONU http://news.yahoo.com/s/ap/20080222/ap_on_re_mi_ea/turkey_iraq.
 
La France, pour sa part, après s’être engagée à aider les Etats-Unis dans le golfe arabo-persique en y installant des bases militaires (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7909 ) patronne avec la Grande-Bretagne un nouveau projet de résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU pour durcir les sanctions contre l’Iran (http://ap.savannahnow.com/pstories/world/middle_east/20080301/252795428.shtml).
 
 
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:50
Irak: l'archevêque chaldéen de Mossoul a été enlevé

Des hommes armés ont enlevé l'archevêque chaldéen de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Trois de ses gardes du corps ont été tués, selon un officier de l'armée irakienne.

[ats] - "Des hommes armés ont enlevé le prêtre Faraj Rahou dans le quartier Nour, dans l'est de Mossoul. Ils ont tué le chauffeur et deux gardes du corps", a indiqué le colonel Khaled Abdel Sattar. Le dignitaire de la principale minorité chrétienne d'Irak a été enlevé après une messe dans l'église "al-Safina" alors qu'il rentrait chez lui.

L'entourage du patriarche chaldéen de Bagdad Emmauel III Delly a déclaré n'avoir aucune idée du sort réservé au prélat catholique.

Majoritairement arabe sunnite, Mossoul est la capitale de la province de Ninive, aujourd'hui l'une des provinces plus dangereuses du pays où se sont concentrés récemment les partisans d'Al-Qaïda, selon l'armée américaine.

Une vague d'attentats à la bombe a visé en janvier des églises et bâtiments chrétiens de Mossoul (nord), blessant quatre personnes et causant des dégâts légers aux bâtiments.

Deux prêtres du diocèse de Mossoul avaient été kidnappés pendant neuf jours en octobre et, en juin 2007, un prêtre et trois diacres avaient été abattus devant une église de la ville. L'archevêque syriaque de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, avait lui même été enlevé pendant 24 heures en janvier 2005.

Avant l'invasion de mars 2003, la communauté chrétienne d'Irak totalisait quelque 800'000 membres, soit 3% environ d'une population en très grande majorité musulmane. Depuis, de nombreux représentants de cette communauté devenue la cible de groupes extrémistes ont fui le pays ou ont émigré au Kurdistan irakien.

Les Chaldéens, des catholiques de rite oriental, constituent la principale communauté chrétienne du pays, et l'une des plus anciennes églises chrétiennes.
 
    
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:44
Le Venezuela en lutte contre le crime organisé d’Exxon
 
 
Jaimeson Champion
 
 
Le gouvernement vénézuélien a promis d’opposer une résistance des plus acharnées aux récentes tentatives de la première compagnie pétrolière mondiale, ExxonMobil, de dérober des biens appartenant au peuple vénézuélien.
 
Au sein même des tribunaux américains et européens contrôlés par l’impérialisme, ExxonMobil a organisé un lobbying en vue de geler les avoirs à l’étranger de la compagnie pétrolière publique du Venezuela, la PDVSA. Le 8 février dernier, des tribunaux de Grande-Bretagne et des Pays-Bas ont sorti des injonctions afin de geler des biens de la PDVSA en Europe, pour une valeur d’environ 12 milliards de dollars, et ce, alors qu’un appel est en cours. Le Tribunal fédéral de Manhattan devait encore faire connaître sa décision, attendue pour le 13 février.

Les décisions des tribunaux constituent ni plus ni moins que des vols légalement ratifiés. Les tribunaux qui ont pris ces décisions font partie du Centre international de règlement des querelles d’investissement (ICSID). L’ICSID est soumis au contrôle de la Banque mondiale. Il opère en tant que groupe de tribunaux irréguliers, institués en vue de promulguer des décrets globaux au profit des sociétés transnationales et des institutions financières. La Banque mondiale assiste ExxonMobil dans cette tentative de vol portant sur plusieurs milliards de dollars de biens appartenant au peuple vénézuélien.

Dans un discours à la radio prononcé le 10 février, le président vénézuélien Hugo Chávez a répondu aux récentes décisions des tribunaux en disant : « Je m’adresse à l’empire américain, parce qu’il est le maître : continuez et vous verrez que nous n’enverrons plus une seule goutte de pétrole à l’empire des États-Unis. »

Le contraste entre ExxonMobil et la PDVSA ne pourrait être plus tranché. ExxonMobil est une compagnie assoiffée de sang qui a laissé derrière elle un sillage de mort et de destruction de l’environnement s’étendant de l’Irak au Nigeria, à l’Indonésie et à Valdez, en Alaska. Depuis des gaspillages massifs de pétrole qui ont détruit des écosystèmes entiers, jusqu’à des guerres sanglantes pour le pétrole qui ont ruiné des pays d’un bout à l’autre, ExxonMobil s’est taillé une réputation qui en fait l’incarnation de la malfaisance et de la violence du monde des affaires. Une part importante des nombreux milliards de dollars de bénéfices annuels d’Exxon sert à poursuivre l’enrichissement des manitous et gros actionnaires de la compagnie.

Par contre, c’est le peuple vénézuélien qui possède et gère à son propre profit la PDVSA. En 2007, plus de 13,3 milliards de dollars des rentrées de la compagnie publique ont couvert des dépenses sociales du Venezuela.

L’argent que rapporte la PDVSA est utilisé pour financer des équipements de santé et des médecins, des programmes alimentaires et nutritionnels, des écoles et des enseignants et bien d’autres programmes sociaux du pays. L’une des plus grosses contributions de la PDVSA à la société vénézuélienne a été son œuvre dans le développement à travers le pays de systèmes hydrauliques distribuant aujourd’hui de l’eau potable dans des foyers qui, il y a peu encore, n’y avaient toujours pas accès.

Les travailleurs de la PDVSA jouent un rôle important dans l’organisation des projets sociaux de la PDVSA. Via la participation à des conseils ouvriers, les travailleurs de la PDVSA décident de la meilleure façon d’utiliser les revenus de la compagnie afin de couvrir les besoins de leurs communautés particulières.

La tentative d’ExxonMobil de dérober les avoirs de la PDVSA constitue tout simplement la dernière action criminelle en date d’une longue série d’agressions menées par les forces de l’impérialisme contre le peuple du Venezuela. Avec les États-Unis à leur tête, les puissances impérialistes ont essayé toute la panoplie des tactiques envisageables pour essayer de déstabiliser la révolution bolivarienne. Depuis le sabotage économique jusqu’au vol direct de matières premières, en passant par l’orchestration de protestations estudiantines dirigées par les rejetons de l’ancienne oligarchie, les puissances impérialistes ont utilisé tous les outils dont elles disposaient.

Mais, jusqu’à présent, les tentatives de faire dérailler ce que les Vénézuéliens ont appelé « el proceso » ou « le processus » – faisant allusion à la mutation révolutionnaire de la société vénézuélienne du capitalisme au socialisme – ont échoué. Le processus continue à se développer dans le même temps que le peuple vénézuélien fait courageusement face aux agressions criminelles perpétrées à son encontre.

Puisque le peuple vénézuélien poursuit son combat contre l’empire américain, il est impératif pour les travailleurs, de chez nous comme des États-Unis et d’ailleurs dans le monde, de témoigner leur solidarité avec leurs frères et sœurs vénézuéliens et de rallier leur courageux combat contre l’impérialisme.


Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action
Source : http://www.workers.org/2008/world/venezuela_exxon_0221/
 
Retrouvez bien plus sur le site www.michelcollon.info


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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:39
Rixe entre militants des
Identitaires et du Front
national à Nice
 
LE MONDE | 01.03.08 | 14h12  •  Mis à jour le 01.03.08 | 14h12
 
NICE CORRESPONDANT
 
  Le parquet de Nice a ouvert une enquête sur la rixe qui a opposé, lundi 25 février, des militants du Front national et des membres de la mouvance des Identitaires, un groupe d'extrême droite créé en avril 2003. Selon le FN, une camionnette du parti circulait, vers 17 heures, près de la permanence des Identitaires. Le drapeau niçois flottant sur le capot aurait été arraché par un militant de ce groupe.
 
Gilbert Pigli, 64 ans, conseiller municipal FN, serait entré dans le local pour le récupérer. "M. Pigli a été frappé par Philippe Vardon, porte-parole des Identitaires, puis molesté. Il s'est rapproché du camion, qui a été attaqué par une dizaine de leurs militants", assure Marc George, directeur de campagne de la liste FN. Version opposée de Philippe Vardon : "Pigli est entré en vociférant. Nous l'avons poussé dehors quand il commençait à tout renverser. Près du camion, un jeune militant du FN m'a braqué avec un pistolet à balles de caoutchouc. Je l'ai désarmé."
 
Les policiers ont retrouvé sur les lieux un pistolet de défense "gomme cogne" ainsi que des munitions, deux battes de base-ball, des poings américains et des bombes paralysantes. M. George admet qu'il y a une divergence sur l'identité du propriétaire du pistolet. "Philippe Vardon m'a menacé plusieurs fois", affirme l'envoyé spécial de Jean-Marie Le Pen, chargé de remettre de l'ordre dans la fédération des Alpes-Maritimes.
 
Les relations étaient "bonnes" entre le FN niçois et les Identitaires, constate M. Vardon. Il était question de faire liste commune. "Mais, il y a quelques mois, poursuit-il, les instances parisiennes du FN ont imposé une liste contre l'avis des militants locaux." De son côté, M. George distingue M. Vardon des autres Identitaires, dont certains, assure-t-il, sont "gentils".
 
Paul Barelli
 
 
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:33
Yorongar vivant était codétenu avec Lol Mahamat Choua et Ibn Oumar Mahamat Saleh et d’autres opposants
 
 
 
Yorongar vivant était codétenu avec Lol Mahamat Choua et Ibn Oumar Mahamat Saleh et d’autres opposants
 
La famille du député Ngarléjy Yorongar confirme qu’il est en vie mais qu’il n’est pas en sécurité.
Son fils Rokoulmian confirme que son père a bien donné une interview par téléphone au directeur du bi-mensuel "Afrique Education", Jean Paul TEDGA (www.afriqueeducation.com). Jean Paul TEDGA a expliqué à THOTEP que l’interview a été réalisée en plusieurs temps pour des raisons de sécurité.
 
Cette interview fournit des éléments importants et soulèvent des questions voire fournit des réponses à des questions essentielles sur les dessous de l’opération.
 
Il apparaît clairement que les trois chefs de file de l’opposition non armée étaient codétenus dans des geôles du pouvoir le 6 février, date de la visite du Ministre de la Défense français , Hervé MORIN, à Idryss Déby Itno.
 
Il apparaît clairement que les trois chefs de file de l’opposition non armée étaient des codétenus dans des geôles du pouvoir au moins jusqu’au 9-13 février. On sait par ailleurs que le jeudi 14 février, l’ambassadeur de France au Tchad, Bruno FOUCHER, a pu rencontrer Lol Mahamat Choua dans une prison militaire, à la demande du ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner.
 
Il apparaît clairement que la mise en scène de la "ré-apparition" de Yorongar "dans" son domicile le 22 février était une tentative de dédouaner le pouvoir de toute responsabilité dans l’arrestation du député. Ils l’ont lâché dans un cimetière aux environs de deux heures du matin.
 
Et la déclaration du 22 février publiée par le site du gouvernement du Tchad selon laquelle Yorongar "a été vu hier ’dans’ son domicile ’par les agents de la police nationale’, chargés d’enquêter sur la ’supposée disparition’ de certains leaders des partis de l’opposition" et précisant que "Le Gouvernement poursuit son enquête quant à, la disparition de Ibni OUMAR MAHAMAT SALEH", cette déclaration apparaît comme une réelle volonté de tromper les opinions nationale et internationale.
 
Dès lors il est légitime de se demander pourquoi la France a-t-elle cautionné les dires de Déby selon lesquels les chefs de file de l’opposition n’avaient pas été arrêtés par le pouvoir ?
Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il donne des informations précises sur le sort de Ibni OUMAR MAHAMAT SALEH ?
 
Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il libère Lol Mahamat Choua ? Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il cesse de menacer les opposants ?
 
Les fils de Ibni Oumar Mahamat Saleh et de Ngarlejy Yorongar étaient présents à la manifestation du samedi 1er mars à Paris pour exiger une réponse à ces questions .
 
 


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:55
LETTRE OUVERTE AUX ASSOCIATIONS FRANCAISES POUR LA PAIX EN PALESTINE
 
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER QUE L’IMMENSE TRAVAIL QUE NOUS ACCOMPLISSONS DEPUIS TANT D’ANNEES NE CHANGE RIEN EN PALESTINE ? Au mieux, il ne fait que retarder très temporairement et ponctuellement la meurtrière activité répressive et colonialiste israélienne, mais il n’arrête pas son rouleau compresseur…
 
       N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER L’ABSENCE TOTAL DE COMPTE-RENDU DE NOS ACTIVITES DANS LES PRINCIPAUX MEDIAS? Avant de parler de lobbying pro israélien (pourquoi pas ?), c’est le plus souvent le spectacle et leur harcèlement qui les font réagir…
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER LA LENTE MAIS INEXORABLE DIMINUTION PAR LASSITUDE DU NOMBRE DES MILITANTS ACTIFS ? Tandis que, c’est évident, toujours plus de français sont choqués par le comportement inqualifiable des dirigeants militaristes - et le plus souvent militaires eux-mêmes - israéliens...
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER L’ABSENCE PRESQUE TOTALE DE JEUNES GENS DANS NOS LISTINGS ET MANIFESTATIONS ? Ceux-ci préférant des actions concrètes, fortes, aux agitations urbaines de leurs aînés, la tête de ces derniers restée le plus souvent sur les méthodes des années 70...
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE NOS DECLARATIONS, NOS REUNIONS ET AUTRES  MANIFESTATIONS QUI N’ARRIVENT MEME PLUS A NOUS DECULPABILIER ? Tandis que, malgré notre ténacité, la récente nouvelle politique étrangère française est devenue clairement pro israélienne…
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE VOIR LA JUSTE CAUSE PALESTINIENNE REPRISE PAR UNE MINORITE EXTREMISTE AUSSI HAINEUSE QUE DOUTEUSE, VOIRE PARFOIS RELIGIEUSE ? Et tout cela parce que notre inefficacité donne du grain à moudre à une pseudo radicalité qui, en fait, dissimule souvent bien d’autres objectifs…
 
ALORS, SI VRAIMENT NOUS EN AVONS ASSEZ, TROUVONS ENSEMBLES LES MOYENS D’ACTION NON VIOLENTE MAIS SUFFISAMMENT SPECTACULAIRE ET REPETITIVE POUR FORCER LES ONDES DES MEDIAS ET FAIRE VACILLER LES POLITIQUES QUI NE CRAIGNENT QUE LE BRUIT ET LES VAGUES.
 
Il ne s’agit pas de nier l’utilité du travail d’information et de solidarité effectué par nous tous jusqu’à présent, mais nous sommes forcément nombreux en France, à être prêts à nous mobiliser pour des actions concrètes de grande envergure mais non violentes et à fort contenu symbolique: plusieurs milliers de personnes à relayer régulièrement et pendant suffisamment de temps pour « qu’il se passe quelque chose » en France ; et une fois le support médiatique  « assuré », il sera de plus en plus facile de mobiliser en France et ailleurs, - notamment en Israël où les populations en sont réduites en majorité à « vivre et donc collaborer » comme les français sous Pétain tandis qu’une minorité prend tous les risques de la résistance - et ce, pour des actions toujours plus spectaculaires. De plus, la société civile palestinienne, de plus en plus au désespoir, pourrait ainsi se réconcilier avec la résistance laïque.
 
Le 02/03/08, Dr ALLARD Christian, Médecin, callard003@cegetel.rss.fr
 
Initiateur et ex-président en 2004/05 de La Caravane pour la Palestine, Caravane du Droit, caravane de 125 personnes et trente véhicules qui a échoué dans son objectif initial médiatique par « manque de vigilance organisationnelle » et qui a été refoulée sur le Pont Allenby à la frontière Jordano-Cisjordienne par des forces militaires illégales israéliennes
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:36
La campagne des élections municipales à Aubervilliers a été l’occasion de ressortir de vieilles calomnies nous visant. Comme nous n’avons aucune intention de nous justifier de nos engagements militants auprès de délateurs professionnels, nous vous adressons ce poème retrouvé de Francis. Bonne lecture. Amicalement.
Francis et Patricia
 
 
La Ballade des tonneaux vides
à Didier Daeninckx
 
 
Depuis que je bats le pavé de Paris
Fréquentant ses tripots, ses librairies
Ses rues encombrées où coule la fange
Maintes fois m’arriva d’ouïr l’étrange
Vacarme que font certains caqueteurs
Qui s’en vont répétant sottes rumeurs
Toujours prompts à colporter des fadaises
Qui, les outrant, semblent les combler d’aise
Si elles salissent la réputation d’autrui.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
Ces braves gens, de bonne conscience
Ont autant qu’un perroquet de science
Ils savent l’art de ne pas se méfier
Des bobards, répéter sans vérifier.
Esprits forts, respectant l’autorité
Des rapports de police ou des curés,
Pour eux si la chose vient d’en haut
ça ne peut certes pas être un ragot.
Pas fumée sans feu « » disent-ils à l’envie. 
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
Ils vous connaissent, mais iront raconter
Qu’on vous a vu chevaucher un balai
Cracher sur la croix ou porter des bas
Rouges et noirs par un soir de sabbat
Et bien qu’on ait vu votre sang couler
En certains lieux ils pourront affirmer
Que vous avez le sang nocif et brun
De qui a signé avec le Malin
Ou que vos cerisiers ne donnent pas de fruits.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
S’ils font autant de bruit, c’est qu’ils sont vains
Ils ne cachent dans leurs flancs nul bon vin
Ils sonnent creux et n’ont rien dans le ventre
En eux, seuls les vents de la rumeur entrent
Il y a longtemps qu’aucun sage penseur
N’a élu leur antre obscur pour demeure
Ils roulent par les rues leur bruit mauvais
Ils roulent mais ils se font aussi rouler
Ces enfants de cochon font un grand tort aux truies.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
                                                                       Francis Combes
 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:26
Auschwitz-Gaza
 
 
Des assassinats programmés sont en train d’être perpétrés sous nos yeux, des enfants, des nourrissons sont tués, le sang coule et le monde se tait, pourquoi ?
 
 
Pourquoi en France, les partis de gauche, les communistes, les syndicats, les associations n’'appellent-ils pas à une grande manifestation devant l'’ambassade d'’Israël celle des Etats-Unis, pourquoi n’'appellent-ils pas à camper jour et nuit devant le CRIF complice ? Pourquoi toutes les belles âmes qui pour cause de pétrole sont prêtes à nous envoyer au Darfour se taisent-elles devant ce massacre d’innocents ?
 
 
Parce que notre pays est allié des Etats-Unis, qu'’il se met dans le sillage des bourreaux pour voler aux peuples leur pétrole, leurs ressources, c'’est tout le Moyen-orient que ces monstres avides veulent recomposer et pour alimenter les moteurs des voitures il faut que le sang des enfants coulent à Gaza, demain dans le Liban et que l'’armée israélienne garantisse l’'exploitation dans tout le Moyen Orient avec la complicité des dirigeants arabes dits modérés, les Saoud et autres Moubarak qui gonflent comme des grosses tiques sur le meurtre de leurs frères palestiniens et demain libanais.
 
 
Parce que notre pays qui donne volontiers des leçons au reste de l’humanité est l’'allié des Etats-Unis, parce que droite et gauche s'’entendent pour ce nouveau néo-colonialisme meurtrier, Kouchner en est le nom et le CRIF l’'inspirateur. Pourquoi les communistes se taisent-ils, parce que nous sommes en pleine municipales, et que le PCF a décidé de vendre ce qui lui reste d’'âme pour une place d'’élu à Paris, parce qu'’ils n’'ont plus de communistes que le nom ces gens capables de se taire pour les émolument d'’un conseiller d’'arrondissement.
 
 
Pourquoi se tait-on en France aujourd’hui, pour quoi la presse, les éditions en ligne se contentent-elles d'’égrener les morts et de les justifier non sans timidité ; Israël se protège des tirs de roquette, « insupportables » a même osé dire le Monde, sans paraître voir cet enfant au maillot dont les yeux sont fermés à jamais.
 
 
Au nom de quoi veut-on nous faire accepter que le droit soit du côté des meurtriers, parce qu'’il y a eu hier Auschwitz hier on justifierait aujourd’hui Gaza ? Assez d'’hypocrisie, vous avez toléré hier Auschwitz vous français peuple pétainiste, vous avez fermé les yeux sur le martyr des juifs, enfermés les républicains espagnols que vous aviez trahis dans des camps, vous avez offert à Montoire avec des applaudissements toutes ces victimes, vous avesz envoyé des lettres pour vendre les juifs, pour vous approprier leurs biens, et c'’est vous les collabos qui régnez en France aujourd’hui. En ce temps là il y avait des communistes, des combattants  capables d’'aller rejoindre dans  les camps les victimes, ils ont été eux-aussi trahis par leurs dirigeants collabos.
 
 
Et moi qui n'’en peut plus de voir se rejouer éternellement Auschwitz, je n'’ai plus de parti, plus de collectif pour agir, mon cri ne s'’entend pas, je suis seule à errer comme une folle sur les ruines d’Auschwitz-Gaza, que les bourreaux soient maudits.
 
 
Danielle Bleitrach


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:19
Monsanto à Babylone, Par Joëlle Pénochet
 
 
“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. » Henry Kissinger
 
L'agriculture millénaire irakienne détruite par les multinationales agro-alimentaires américaines

C'est au cœur de la Mésopotamie qu'a été inventée l'agriculture - avec un système d'irrigation sophistiqué -, voici plus de dix mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située entre le Tigre et l'Euphrate offre des conditions idéales pour la culture des céréales. C'est là qu'est apparu le blé sauvage dans l'Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés connues aujourd'hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers dattiers, qui fournissaient l'autre ressource vitale du pays, abritaient des plantes potagères très variées.
 
 
“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. »
 
 
Depuis son invasion en 2003, l'Iraq n'a pas été seulement spoliée par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.
 
En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l'occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l'administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l'installation d'un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). Le pays tombait ainsi sous le joug économique total de l'Occupant, qui avait décidé de réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain.
 
L'ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l'agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l'agriculture Iraqienne. L'Afghanistan avait subi le même sort en 2002.
 
Biopiratage dans le jardin d'Eden
 
 Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d'acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.
 
La règle de« Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d'impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables »,  des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.
 
Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l'OMC- dont l'Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l'exportation, l'importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».
 
Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires de l'Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver (1).
 
Dans un premier temps, pour faciliter l'introduction de l'agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l'Agriculture, à la façon d'un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu'ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

 
 Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers

L'ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d'une année sur l'autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.
 
Les agriculteurs « coupables » d'avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d'emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations!
 
Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu'elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l'achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d'argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.
 
Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les transnationales américaines
 
Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l'uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l'embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l'agriculture irakienne - anéantissement du système d'irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers (2). De 1990 (date de l'instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d'animaux d'élevage ont été décimés.
 
En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l'exportation mondiale (ou aux troupes d'occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim (3). C'est pourquoi, à l'instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l'opium.
 
Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l'uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses (3).
 
Les OGM constituent l'une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l'une après l'autre les populations du monde entier. L'Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.
 

* Allusion à la phrase de Bush peu après l'invasion : « Nous sommes en Irak pour y répandre les semences de la démocratie de façon à ce qu'elles y prospèrent et se propagent dans toute la région où règne l'autoritarisme." (George Bush).

Notes
(1) Des échantillons de chacune de leurs variétés avaient été conservés dans la Banque nationale de semences… d'Abu Ghraib, qui a été détruite par l'Occupant.
Non-violence-ecologie-Une-catastrophe-ecologique-passee-sous-silence-la-destruction-des-palmeraies-en-Iraq_a225.html .

(3) En 2004, la police militaire américaine a fermé le journal al Hawza, qui avait publié un article affirmant que Bremer "menait une politique visant à affamer le peuple irakien afin, qu'entièrement occupé à se procurer son pain quotidien, il n'ait aucune chance de réclamer des libertés politiques et individuelles."

(4) Cf. les articles de Mae Wang Ho et Joe Cumming, de l'Institute of Science in Society (ISIS).

 
 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:07
Israël, « invité d’honneur » aux salons du livre de Paris et de Turin, doit être boycotté
par Silvia Cattori*
 
 
Alors qu’en Italie l’annonce de la venue d’écrivains israéliens à la « Fiera del libro » de Turin, où l’État d’Israël est invité d’honneur, a immédiatement suscité une vague de protestations, et que de nombreuses personnalités ont soutenu l’appel au boycott lancé par les syndicats d’écrivains palestiniens, jordaniens, et égyptiens , en France, curieusement, la même invitation au « Salon du livre de Paris » n’a pas fait grand-bruit. Parmi les 40 écrivains israéliens invités, seul le poète Aharon Shabtaï a refusé d’y participer. Il explique ici pourquoi il faut boycotter ces salons - qu’il qualifie d’entreprise de propagande en faveur d’Israël - ainsi que tout événement culturel où cet État est célébré.
 
Silvia Cattori : En décembre 2007, ayant appris que votre nom figurait parmi les noms de quarante écrivains israéliens invités au Salon du Livre de Paris, dont Israël sera le « pays hôte d’honneur », vous avez affirmé qu’il est impossible de participer à un « événement culturel où Israël, qui commet des crimes contre des civils quotidiennement », est, lui aussi, invité [1]. Apparemment, trente-neuf écrivains israéliens ne considèrent pas leur participation comme problématique ?
 
Aharon Shabtai : [2] Ce salon sera inauguré par le président français, Nicolas Sarkozy, ainsi que par le président israélien, Shimon Peres. Dans ces conditions, aller au Salon du Livre de Paris en tant qu’écrivain, figurant dans la délégation officielle israélienne, cela signifie que vous vous drapez dans les couleurs du drapeau israélien. Tous les jours, Israël perpètre des crimes de guerre, et inflige des punitions collectives aux Palestiniens. Il n’y a aucune raison de célébrer quoi que ce soit. Israël viole toutes les lois internationales. Pas seulement la Convention de Genève. La Cour Internationale de Justice de La Haye a condamné la muraille illégale qu’Israël a érigée sur le territoire palestinien confisqué. Ce salon du livre, ainsi d’ailleurs que toute autre sorte de manifestation où l’État d’Israël est invité, n’est pas un moyen de promouvoir la paix au Moyen-Orient, ni un moyen d’apporter la justice aux Palestiniens. Il s’agit uniquement de propagande, visant à donner à Israël une image de pays libéral et démocratique. Un État qui perpétue une occupation militaire et commet, quotidiennement, des crimes à l’encontre de civils, ne mérite pas d’être invité à une manifestation culturelle quelle qu’en soit la nature. Nous ne saurions accepter d’être considéré comme faisant partie de cet Israël là, qui n’est pas un pays démocratique, mais bien un pays d’apartheid. Nous ne saurions soutenir cet État, en quoi que ce soit.
 
Silvia Cattori : Donc, en invitant l’État d’Israël à célébrer ses soixante années d’existence, la France et les organisateurs de ce Salon sont en train, à votre avis, de faire une énorme erreur ?
 
Aharon Shabtai : Cela n’est pas une erreur ! C’est une politique ! Je pense que, pour M. Sarkozy, c’est une façon de participer à l’occupation israélienne [3]. Il y a une collaboration entre les gouvernements européens et Israël. L’invitation d’Israël en fait partie. Sans l’aide des États-Unis, et désormais, sans l’aide de la France, Israël ne pourrait pas poursuivre une telle politique à l’encontre des Palestiniens. Cette aide donne à Israël le feu vert pour attaquer et tuer des Palestiniens, en particulier à Gaza. Il est très regrettable de constater que la France, l’Allemagne et les autres pays européens – qui ont un passé de persécution à l’encontre des juifs – participent, aujourd’hui, à la persécution, par Israël, des Palestiniens et des peuples arabes et musulmans.
 
Silvia Cattori : Que répondez-vous à ceux qui disent qu’il faut ne faut pas mélanger la culture et la politique ?
 
Aharon Shabtai : Pourquoi les séparer ? Dans la tradition européenne, comme chez les Grecs, des écrivains, tels Voltaire, Rousseau et Thomas Mann, ont toujours lutté contre l’oppression et pour la liberté. Les intellectuels et les écrivains progressistes se sont de tout temps engagés dans la critique politique.
 
Silvia Cattori : Donc, vous condamnez ceux qui s’apprêtent à participer à ce Salon, comme Amoz Oz [4], Avraham B. Yehoshua, Aharon Appelfeld, David Grossman, Zeruya Shalev, Etgar Keret, Orly Castel-Bloom, et autres ?
 
Aharon Shabtai : Oui ! Bien entendu ! Je les condamne, car, en agissant comme ils le font, ils contribuent à la propagande israélienne, et ils collaborent avec les occupants israéliens !
 
Silvia Cattori : Les avez-vous appelés à se joindre à votre action de boycott ?
 
Aharon Shabtai : Mais des écrivains tels Amoz Oz, David Grossmann et autres, ne veulent absolument pas boycotter Israël ! Je n’attends rien d’eux : ce sont des ambassadeurs d’Israël. Ils sont tout à fait coutumiers de la collaboration avec le gouvernement israélien ; ils font partie de l’appareil de propagande israélien. Aussi, il est tout-à-fait naturel, pour eux, d’aller partout où Israël est officiellement invité. Ils travaillent pour le gouvernement israélien.
 
Silvia Cattori : Ces écrivains israéliens sont donc bien des « collaborateurs » ?
 
Aharon Shabtai : Oui, bien sûr. Ces invitations sont, en effet, généralement lancées par un gouvernement qui perpétue le maintien du peuple palestinien sous une occupation militaire. Je pense que tout intellectuel, que tout écrivain, doit refuser de participer à toute réunion durant laquelle un anniversaire d’Israël puisse être célébré. Au lieu d’y aller, ils doivent aider les Palestiniens à recouvrer leurs droits, leurs terres et leur eau. Il est de notre devoir de combattre les discriminations et les persécutions israéliennes ; d’avoir la même attitude que celles qu’eurent les écrivains, durant la lutte contre le régime d’apartheid sud-africain ; l’attitude qu’eurent des écrivains progressistes radicaux comme Brecht, Aragon, Breton, qui organisèrent, sous le nazisme, un Congrès et s’efforcèrent de lutter autant qu’il était possible contre la discrimination et la persécution dont les juifs étaient les victimes.
 
Silvia Cattori : Est-il vrai alors que le gouvernement israélien se sert des Israéliens œuvrant dans les domaines des arts et des lettres dans le cadre de son réseau de relations publiques, pour mener sa guerre d’information, comme un moyen visant à afficher un visage avenant d’Israël ? [5].
 
Aharaon Shabtai : Oui ; le régime israélien utilise des artistes, ces créateurs, comme des agents de relations publiques ; tout-à-fait à la manière dont les écrivains soviétiques, à l’époque de l’URSS, étaient mobilisés par le régime. Ainsi, les écrivains israéliens se rendent, aujourd’hui, à Paris, en tant que collaborateurs d’un régime odieux, et comme partie prenante à ce régime. Dans une telle situation, quand de tels crimes sont perpétrés, jour après jour, par Israël à l’encontre des Palestiniens, quiconque ne coupe pas tous liens avec le gouvernement israélien – c’est une donnée objective – collabore avec Israël, et fait œuvre de propagandiste pour cet Etat.
 
Silvia Cattori : À vos yeux, toutes les personnes honnêtes et humaines devraient boycotter non seulement les expositions de Paris et de Turin, mais aussi l’ensemble des célébrations des « Soixante ans d’Israël » ? Donc, la seule solution, pour les écrivains israéliens, serait d’avoir suffisamment de courage pour perdre certains de leurs privilèges, de répondre aux Palestiniens, qui en appellent désespérément à un boycott [6], et d’appliquer à Israël un traitement identique à celui qui a été appliqué à l’Afrique du Sud ?
 
Aharon Shabtai : Oui, exactement. Je pense que nous Israéliens devons œuvrer à notre avenir commun, avec les Palestiniens, et ne pas soutenir le militarisme d’Israël. La poursuite de l’occupation et la guerre sont de très graves dangers pour l’avenir des Juifs, des Israéliens, et de nos enfants. Nous pouvons contribuer à mettre un terme à cette occupation en cessant de flagorner l’Etat d’Israël.
 
Silvia Cattori : Un écrivain israélien arabe, M. Sayed Kashua, a apparemment accepté d’aller au Salon du Livre, à Paris, et à Turin, avec la délégation israélienne !
 
Aharon Shabtai : Son nom a été mis par Israël sur la liste officielle, comme ceux des trente-neuf autres écrivains. C’est quelqu’un de bien. Mais sa situation d’Arabe israélien n’a rien de confortable. C’est sans doute dangereux, pour lui, de boycotter Israel. Il doit avoir peur. Il pourrait perdre son travail. La vie des Arabes israéliens, vivant en Israël, est très dégradée ; c’est très difficile, pour eux, de survivre. Comme tous les Arabes israéliens, Kashua est considéré comme un citoyen de deuxième catégorie, par Israël. Cela n’est pas mon cas ; j’appartiens, en ce qui me concerne, à la classe dominante, je suis juif, je peux boycotter sans encourir personnellement de danger ; mais un Arabe israélien doit faire extrêmement attention.
 
Silvia Cattori : A l’extérieur aussi ; les intellectuels qui appellent au boycott contre Israël ne sont pas dans une position aisée !
 
Aharon Shabtai : Vous, les Européens, vous avez décidé de boycotter le peuple occupé de Palestine parce qu’ils ont élu démocratiquement le gouvernement Hamas ; et voilà que maintenant, vous continuez à boycotter la population de Gaza et à collaborer avec Israël contre le peuple palestinien et contre son gouvernement ! Gaza est un ghetto, un camp de concentration ! En même temps, vous, les Européens, vous célébrez Israël, sans la moindre considération pour le calvaire de près de quatre millions de Palestiniens, qui vivent dans une situation similaire à celle des Noirs soumis au régime de l’apartheid, dans l’Afrique du Sud blanche. Il est difficile de trouver les mots justes permettant d’exprimer une telle absurdité. Le calvaire des Palestiniens est pire que celui des Noirs en Afrique du Sud soumise à l’apartheid. Les Palestiniens sont affamés, ils sont bombardés quotidiennement, ils se font tuer à grande échelle. La situation, à Gaza, soumise aux opérations militaires agressives d’Israël, est horrible. En invitant Israël, le gouvernement Sarkozy sait que cela va l’encourager à poursuivre son occupation et ses crimes contre les Palestiniens. Je ne pense pas que les Européens, avec les valeurs qui sont les leurs, puissent inviter un pays tel qu’Israël, et participer aux célébrations de son soixantième anniversaire. Les Salons de Paris et de Turin ne sont qu’une énième occasion, pour Israël, de faire de la propagande et de se gagner un surcroît de soutien à son occupation militaire. Quand le Kosovo se battait contre la Serbie, l’Europe a pris partie pour le Kosovo, et elle a fait la guerre à la Serbie. La Serbie était le propriétaire en titre du Kosovo, mais, en dépit de cela, le monde a combattu la Serbie et il l’a bombardée. Dans le cas qui nous occupe, c’est exactement l’opposé. Israël écrase un territoire occupé. Et vous, les Européens, vous allez aider les occupants israéliens, et pas les Palestiniens, qui souffrent, sous cette occupation ? Pourquoi, ce deux poids – deux mesures ?
 
Silvia Cattori : Jusqu’à présent, il était impossible, fût-ce au sein du mouvement de solidarité avec les Palestiniens, de traiter Israël avec la même sévérité que le régime sud-africain d’apartheid. Quand l’intellectuel helvétique Tariq Ramadan a simplement déclaré que si nous voulons être cohérents et respecter la dignité de l’être humain, nous devons boycotter cette manifestation, il a été vilipendé et accusé d’encourager l’« antisémitisme » [7]. Dans le cas d’Israël, le boycott est souvent considéré par les gens de religion juive, ainsi que par les représentants des partis de gauche, comme un acte « antisémite » !
 
Aharon Shabtai : Les juifs refusent de voir que près de quatre millions de Palestiniens vivent, actuellement, dans des camps de concentration, dans des camps de prisonniers, comme à Gaza. Les gens, en Europe, ne savent pas exactement quelle est la réalité, ici. C’est totalement stupide, d’utiliser le mot « antisémite », et de blâmer ceux qui appellent à boycotter Israël ! Je suis né ici, mes enfants vivent ici, et moi aussi, j’exige le boycott d’Israël, moi aussi, je pense comme ceux que l’on accuse « d’antisémitisme ». Récemment, Benny Ziffer, le rédacteur en chef du supplément littéraire du quotidien israélien Haaretz, a appelé au boycott du Salon du Livre, lui aussi. Ces allégations d’« antisémitisme » ne sont que pure propagande. Jusqu’à récemment, Israël a réussi à faire en sorte que les Européens soutiennent l’occupation. Mais, après la guerre contre le Liban, et après le blocus de Gaza, les peuples européens ne peuvent continuer à soutenir Israël. Les appels au boycott n’ont strictement rien à voir avec je ne sais quel racisme.
 
Silvia Cattori : Alors que, dans les universités britanniques, il est possible de refuser d’inviter des écrivains ou des scientifiques israéliens, en Europe continentale, la gauche consensuelle ne répond jamais à l’appel au boycott lancé par les Palestiniens. Pourquoi ?
 
Aharon Shabtai : Je ne comprends pas ce que signifie ce terme de « la gauche », dès lors que ses tenants ne coupent pas toutes relations avec Israël ? Je pense qu’énormément de gens ont peur de se voir accuser d’« antisémitisme ». Aujourd’hui, la signification réelle de l’Holocauste est totalement falsifiée. Il y a bel et bien une industrie de l’Holocauste, qui a été privatisé par la propagande israélienne ; c’est répugnant.
 
Silvia Cattori : Des gens manifestent-ils leur soutien à votre prise de position ?
 
Aharon Shabtai : Naturellement. Je reçois beaucoup de lettres d’Europe. Je sais que les gens se sentent concernés ; ils n’ont rien contre les juifs, mais ils condamnent la brutalité de la politique israélienne. C’est cela, que les médias taisent. Les gens ont soutenu Israël durant tellement d’années ! Mais aujourd’hui, par leurs réactions, nous constatons que les sentiments des gens ordinaires sont très majoritairement opposés à la domination et au militarisme d’Israël. Mais, dans les médias, vous n’en trouvez aucune trace ! Parce que les médias - nous l’avons vu, à propos de la guerre contre l’Irak- sont du côté du pays qui fait la guerre. Les médias sont pro-israéliens.
 
 
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