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Par FISCHER
Union économique entre la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie (Reuters)
Vladimir Poutine a signé Jeudi 29 Mai 2014 un traité avec le Kazakhstan et la Biélorussie créant l'Union Economique Eurasienne, un vaste espace commercial que le président russe rêve de voir concurrencer les Etats-Unis, l'Union Européenne et la Chine.
Cette alliance, un marché de cent soixante dix millions de consommateurs, affiche un Produit Intérieur Brut (PIB) global de deux mille sept cent milliards de dollars (près de deux mille milliards d'euros) et d'importantes richesses dans le domaine de l'énergie.
Le traité, qui entrera en vigueur le premier janvier 2015 une fois ratifié par les parlements, complète une union douanière qui lie déjà les trois pays depuis 2010.
Il garantit la libre circulation des biens, services, capitaux et main d'oeuvre et coordonne la politique dans les grands secteurs économiques.
« Notre réunion aujourd'hui a une portée spéciale et, sans exagération, marquera son époque », a déclaré Vladimir Poutine en apposant sa signature lors d'une cérémonie à Astana, sous les applaudissements nourris de plusieurs rangées d'officiels.
« Ce document place nos pays dans une nouvelle phase d'intégration tout en préservant pleinement leur souveraineté ».
Vladimir Poutine, qui a supervisé en mars l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée, dément toute volonté de rebâtir un nouvel empire soviétique, plus de vingt ans après l'effondrement de l'URSS.
Mais avec ce nouveau marché, le chef du Kremlin veut démontrer que les sanctions occidentales imposées à certaines personnalités russes en raison de la crise en Ukraine ne réussiront pas à isoler la Russie.
Vladimir Poutine a ainsi souligné que le Kazakhstan et la Russie possédaient à eux deux un cinquième des réserves mondiales de gaz naturel et quinze pour cent des réserves pétrolières.
L'Ukraine a cependant refusé d'intégrer l'union et d'autres anciennes républiques soviétiques craignent de se faire phagocyter par Moscou, même si l'Arménie et le Kirghizistan examinent la possibilité d'une adhésion. Le Kazakhstan lui-même a farouchement défendu sa souveraineté pendant la négociation du traité, contraignant Poutine à revoir ses ambitions à la baisse.
Le président kazakh Nursultan Nazarbaïev avait été le premier à proposer une telle union, dès 1994, mais le projet avait à l'époque été largement ignoré.
Assis aux côtés de Vladimir Poutine et de son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko, il a déclaré que le principal objectif de cette union était de « gagner un avantage compétitif naturel en tant que pont économique entre l'est et l’ouest, entre l'Europe et l'Asie ».
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