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actualité politique nationale et internationale

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DE TOULOUSE A COMMERCY

 

 

http://www.revolutionpermanente.fr/A-Toulouse-pres-de-500-gilets-jaunes-votent-un-cahier-de-revendications

 

A Toulouse, près de cinq cent Gilets Jaunes votent pour un cahier de revendications

Dimanche 16 Décembre 2018, une seconde assemblée générale des Gilets Jaunes de Toulouse a réuni plus de cinq cent personnes, l'occasion de voter un cahier de revendications pour avancer dans la structuration du mouvement.

Malgré le froid et la pluie, plus de cinq cent Gilets Jaunes s’étaient réunis Dimanche 16 Décembre 2018 avec la ferme intention de s’organiser autour de revendications communes, de tirer les bilans des premières semaines et de prévoir de nouvelles actions pour faire monter d’un cran encore le rapport de force.

C’est grâce à ce cadre que les Gilets Jaunes de Toulouse ont pu commencer à mettre en forme un cahier revendicatif, faisant ressortir les propositions semblant les plus prioritaires aux yeux des votants. Au total ce sont quatre cent soixante cinq Gilets Jaunes qui se sont exprimés, en choisissant parmi une liste de revendications et en les classant par ordre de priorité, de la plus importante à la moins importante. Le système de vote était différent des assemblées générales telles qu’elles se déroulent plus habituellement dans le mouvement étudiant par exemple. Au lieu d’un vote à main levée sur tout ce qui a été proposé durant le moment de débat, c’est sur les propositions soumises aux assemblées générales précédentes que les quatre cent soixante cinq votants se sont exprimés, à bulletin secret. Ce cahier de revendications a été voté dans un contexte où le gouvernement, par l’intermédiaire des mairies, tentent de remettre la colère sur un terrain institutionnel en appelant les Gilets Jaunes à venir discuter avec eux de leur doléances. Au contraire, l’enjeu de voter des revendications en assemblée générale permet aux Gilets Jaunes de garder la main sur leur mobilisation et de décider par eux-mêmes.

Il ne fait désormais plus aucun doute que la colère des Gilets Jaunes est aujourd’hui loin d’exprimer un mouvement manipulé par l’extrême droite. Nous pouvons à cet égard noter que la diminution du prix du carburant, qui avait pourtant initié le mouvement au mois de novembre 2018, est une des propositions les moins votées. C’est l’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui arrive en première position, avec plus de quatre vingt dix pour cent des votes exprimés qui le place comme très prioritaire, mais aussi avec toute une flopée d’autres revendications portant sur le fonctionnement même du système politique actuel. Instauration d’une sixième république par une assemblée constituante populaire, baisse et encadrement strict du revenu du gouvernement et des élus et justificatif de leur frais et prise en compte réelle du vote blanc, parmi celles jugées les plus prioritaires.

Ces revendications expriment une fois de plus le caractère politique et la méfiance très importante et inédite contre les institutions de la cinquième république et du modèle de démocratie représentative, preuve, s’il en fallait, que le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas seulement économique.

Le fait que le RIC arrive en première place est à la fois le signe d’un fort rejet du système politique actuel, mais pourrait être aussi une limite pour réaliser vraiment le pouvoir au peuple auquel aspire le mouvement.

À côté de cela, les revendications économiques sont elles aussi très radicales. Ce que les différentes revendications les plus votées mettent en lumière, c’est bien le fait que ce sont aujourd’hui les patrons et les politiciens professionnels sur-payés qui sont dans le viseur. C'est la chasse accrue à la fraude fiscale et patronale qui arrive en deuxième position avec près de quatre vingt dix pour cent des votes exprimés qui en font une priorité, mais encore la fin du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) qui recueille près de quatre vingt pour cent des voix, à côté de quoi sont exigées la hausse du minimum vieillisse et des retraites à la hauteur du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC), une augmentation de celui-ci et une revalorisation des salaires et du Revenu de Solidarité Active (RSA). Une attention particulière est aussi portée aux services publics.

Enfin, contre tous les préjugés ayant pu circuler sur le mouvement, que ce soit du côté du gouvernement ou des médias voulant faire passer le mouvement pour réactionnaire, affirmant que les Gilets Jaunes œuvreraient contre les préoccupations écologistes ou féministes, nous voyons au contraire fleurir sur le cahiers revendicatifs des questions touchant du doigt ces problématiques écologistes. En sixième position, nous pouvons voir la revendication de l'égalité salariale et parentale entre les hommes et les femmes. Les femmes sont en effet les plus affectées par les différents plans d’austérité et de casse de l’emploi, mais aussi les actrices fondamentales de ce mouvement, à tel point qu’une marche des femmes gilets jaunes est d’ores et déjà appelée, Dimanche 6 Janvier 2019 à 11 heures.

La question de l’organisation et de la structuration du mouvement est une question primordiale pour que le mouvement des Gilets Jaunes ne s’essouffle pas. Pour un mouvement aussi spontané, le manque d’organisation au départ se comprend et la grande méfiance dans les trahisons potentielles se comprend aussi. Aujourd’hui néanmoins tout le monde voit que le mouvement gagnerait à être plus organisé pour être capable d’aller plus loin.

De ce point de vue, nous pouvons voir du côté de la région toulousaine une tentative intéressante de s’auto-organiser en reprenant notamment la forme des assemblées générales qui ont fait la force des victoires du passé. Différents cadres, assemblées générales et commissions pour traiter de sujet particuliers, ont en effet été mis en place depuis le début du mois de décembre 2018 pour faire en sorte que les informations, les discussions et les décisions, soient posées dans un cadre collectif, le plus démocratique possible.

S’il n’est pas toujours évident de s’organiser en étant plusieurs centaines voire plusieurs milliers, le cadre des assemblées générales permet néanmoins à tout le monde le droit à la parole et le droit de prendre part aux décisions permettant d’acter, à la majorité, les prochaines étapes de la lutte et d’agir comme force collective, directement. Durant l'assemblée générale, plusieurs interventions ont permis d’interroger la mise en place concrète du vote, qui s’est déroulé à l’aide de bulletins déposés dans une urne prévue à cet effet, une forme qui ne permet pas de contrôler démocratiquement le vote, puisque une même personne pouvait voter plusieurs fois.

C’est notamment pour éviter ce genre de cafouillages que traditionnellement les assemblées générales préfèrent le vote à main levée, qui permet, à l’issue d’un débat, de trancher une position de manière transparente et collective.

Ces assemblées générales, qui ont permis à chaque fois de réunir près de cinq cent Gilets Jaunes à Toulouse, gagneraient à être exportées dans d’autres villes pour structurer durablement et démocratiquement la mobilisation des Gilets Jaunes. Elles sont aussi les meilleurs gardes fous contre les portes paroles autoproclamés qui voudraient parler à notre place. Et elles permettent, au contraire, d’arriver à des décisions collectives qui peuvent ensuite être portées par des personnes mandatées par les assemblées générales pour se coordonner avec d’autres villes, comme le suggère l’appel très progressiste des Gilets Jaunes de Commercy.

A Toulouse, la prochaine assemblée générale aura lieu Dimanche 6 Janvier 2019 à 15 heures à Sesquières.

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