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actualité politique nationale et internationale

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BAYRAKTAR

 

 

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/comment-le-drone-de-combat-turc-bayraktar-est-devenu-un-symbole-de-la-resistance-ukrainienne_AV-202204080338.html

 

Comment le drone de combat turc Bayraktar est devenu un symbole de la résistance ukrainienne

Vendredi 8 Avril 2022

La guerre en Ukraine a fait du drone turc Bayraktar un symbole de la résistance contre l'armée russe et un succès pour l'industrie turque de l'armement.

La guerre en Ukraine a créé un héros inattendu. Les militaires lui ont même dédié un chant devenu un tube parmi toute la population, les militaires et les civils. Il ne s'agit ni du fantôme de Kiev, cet aviateur de légende, ni de Wali, le meilleur sniper du monde, mais du drone turc Bayraktar. Ce n'est pas ni le plus perfectionné, ni le plus élégant, mais il est efficace et d'un rapport qualité prix imbattable.

L'engin est fabriqué par Baykar Makina, une entreprise dirigée par Selcuk Bayraktar, diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et gendre du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Il offre une autonomie de plus de vingt heures, il se déplace à la vitesse de deux cent cinquante kilomètres à l’heure, il vole à une altitude de six mille huit cent mètres, il couvre un rayon d'action de cent cinquante kilomètres carrés et il peut transporter quatre missiles à guidage laser. Son prix catalogue serait de quatre millions de dollars, mais il serait vendu deux fois moins cher. Selon Fortune, l'Ukraine ne le paierait qu'un million de dollars.

Sur les réseaux sociaux, les forces ukrainiennes diffusent des vidéos montrant comment un seul drone peut immobiliser une colonne de blindés russes en envoyant un missile sur le char de tête et un autre sur celui qui ferme la marche. En deux tirs, tout un régiment se trouve immobilisé et exposé à terrain découvert, sans perdre un seul combattant, ce qui explique qu'il soit devenu l'emblème de la résistance contre l'invasion russe.

En plus d’une chanson devenue virale parmi la population, le maire de la capitale, Vitaly Klitschko, a donné le nom de Bayraktar à un lémurien né dans le zoo de Kiev. Cette opération de communication vise évidemment la Russie pour qui ce drone bon marché devient le cauchemar de son armée.

L'Ukraine disposerait de trente-quatre Bayraktar dont seize d’entre eux ont été livrés dès le début des hostilités. Kiev serait à ce jour le premier client à l’exportation de Baykar Makina, mais de nombreux pays disent s'intéresser à ce drone radiocommandé que les experts jugent encore trop lourd, trop lent, ne volant pas assez haut et low cost.

Toutefois, ce symbole de la défense ukrainienne devient peu à peu celui de l'industrie turque de l'armement. Selon le Monde, les drones Bayraktar se vendent désormais comme des petits pains. Après le Qatar, l'Éthiopie et le Maroc, des commandes ont été passés par l’Azerbaïdjan, l’Ukraine et la Pologne. La Lettonie est en cours de discussion. En 2020, même le Royaume Uni envisageait d'en acheter avant de signer pour les drones Sky Guardian de l'américain General Atomics.

Ce succès a conduit vingt-sept membres du Congrès américain a suspendre la vente de composants à la société turque dont les drones déstabilisent le monde et menacent les intérêts américains.

En France, le message lancé par le Bayraktar fait son chemin. Dans une tribune publiée dans Atlantico, Fabien Gouttefarde, député de la République En Marche (REM), et Thierry Berthier, expert en intelligence artificielle, appellent à s'inspirer du modèle turc, « des cycles courts de recherche, de développement et d’innovation, nous permettraient de développer ce qui nous manque, comme un drone d’attaque de type Bayraktar à cout unitaire réduit, idéalement moins de cinq millions d’euros l’unité, et au développement de moins de vingt-quatre mois ».

Ce message semble être une réponse aux industriels et aux politiques européens. Le projet Eurodrone, le drone Medium Altitude Long Endurance (MALE), avance lentement et il équipera l’armée française, l’armée allemande, l’armée espagnole et l’armée italienne, en 2029. La France avait pourtant dans ses cartons le NEURON, un modèle conçu par Dassault, qui a atteint le stade du démonstrateur sans aller plus loin. Nous avons demandé à Dassault si le projet NEURON pourrait être relancé. La question est restée sans réponse.

En attendant, l'industrie turque prend de l'avance. Sur son site, Baykar Makina annonce une nouvelle version de son drone et l'entrée en production d'un avion de chasse sans pilote.

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