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actualité politique nationale et internationale

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ORGANISONS NOUS

 

 

https://aplutsoc.org/2023/06/28/contribution-a-la-discussion-de-lassemblee-du-2-juillet-par-vincent-presumey/

 

Contribution à la discussion de l’assemblée du Dimanche 2 Juillet 2023

Par Vincent Présumey.

Qu’elles qu’en soient les motivations et les arrières-motivations supposées, l’appel Organisons-Nous pour Construire l’Alternative, lancé par le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Ensemble et Rejoignons-Nous, a le mérite d’exister. Il est évident qu’il faut discuter largement entre militants de différents secteurs et que la volonté d’une alternative est plus vivante que jamais, en tout cas que depuis longtemps.

Je voudrais expliciter ici les raisons pour lesquelles les militants des Arguments Pour la Lutte Sociale (APLS) y participeront. La première raison est ce qui vient de se passer, le mouvement pour les retraites contre Emmanuel Macron, que nous ne pouvons pas séparer des développements immédiats, la dissolution des Soulèvements de la Terre, et les émeutes urbaines suite à l’assassinat de Nahel par la police.

Le texte Organisons-Nous évite de tenter réellement un bilan de ce qui vient de se passer et il peut donc, une fois n’est pas coutume pour beaucoup de ses premiers signataires, donner une impression d’optimisme exagéré. Ce qu’il retient est le renforcement des liens par les mobilisations. Il a bien raison de retenir cela, car l’union grandissante des travailleurs, vrai résultat des grèves, comme disait Karl Marx, est bel et bien ce qui s’est produit, avec son contenu politique, en France ces derniers mois. Mais nous n’avons pas gagné et nous avons, encore une fois, subi une défaite revendicative.

La situation est-elle ascendante ou descendante ? Concrètement les choses ne se présentent pas ainsi. Une situation n’est que rarement tout dans un sens ou tout dans l’autre. La situation française est instable et intenable, pour ceux d’en haut comme pour ceux d’en bas. C’est pourquoi Emmanuel Macron frappe. Toute latence, toute attente apparente et tout temps suspendu, ont été écartés par la dissolution des Soulèvements de la Terre. Ils doivent attaquer pour ne pas reculer.

Par conséquent, de larges secteurs de la jeunesse intègrent et sentent que nous allons vers des affrontements physiques et que ces affrontements, comme à Sainte-Soline, vont de plus en plus porter sur la défense du vivant, contre le capital. Des grèves spontanées éclatent comme à Disneyland, ou encore, sans médiatisation, des milliers d’enseignants dans les collèges rejettent le pacte d’Emmanuel Macron. C’est l’affrontement politique central qui n’a pu aboutir durant le mouvement pour les retraites et qui se cherche à nouveau, directement, par divers canaux.

Nous avons un point d’accord avec la critique, qui se veut impitoyable, de Pascal Morsu contre cet appel, il fallait une marche sur Paris, l’Elysée ou l’Assemblée Nationale, pour le retrait et l’intersyndicale a tout fait sauf cela, nous pouvons même dire qu’elle a tout fait pour ne pas faire cela.

Nous avons aussi ce point d’accord avec le NPA qui, à un moment donné entre la fin du mois d’avril et la fin du mois de mai 2023, a formulé la nécessité d’une telle manifestation centrale et même la perspective de chasser Emmanuel Macron et d’imposer une constituante par en bas. Ce fut, certes, assez fugitif et nous espérons que les camarades qui ont pris cette position s’en rappellent, mais cela est assez rare pour être souligné et cela pèse, par conséquent, dans la volonté des militants d’APLS de participer à la discussion que l’assemblée du Dimanche 2 Juillet 2023 doit ouvrir.

Une deuxième chose pèse beaucoup pour nous, qui n’est qu’évoquée furtivement, trop furtivement, dans le texte d’appel, c’est l’Ukraine. Depuis le crime de Nova Kakhovka, nous entrons dans une nouvelle phase, qui est aussi celle de la marche avortée d’Eugène Prigojine sur Moscou. Ces questions doivent être mises, si nous sommes révolutionnaires, au centre des discussions et des actions en France, avant qu’elles ne s’imposent d’elles-mêmes, par exemple en cas d’irradiation du continent.

Nous savons que l’existence du Réseau Européen de Solidarité pour l’Ukraine (RESU) doit beaucoup au réseau international formé par l’organisation héritière du nom de la Quatrième Internationale, cela pèse et cela ne peut pas ne pas être pris en compte.

Si j’ai des réserves à émettre sur le texte Organisons-Nous, que j’ai signé, c’est qu’il n’est pas assez concret de manière immédiate sur les urgences politiques et sur les urgences internationalistes. L’Ukraine est une urgence internationaliste qui, d’emblée, si nous en tenons compte, permet et nécessite des reclassements politiques. La situation française est une urgence politique. Précisons.

La première chose à attendre, sans cela il n’y a rien, c’est un appel à la mobilisation partout, sans préalable ni condition idéologique particulière, à la défense des libertés démocratiques, contre la dissolution des Soulèvements de la Terre.

L’enjeu n’est pas de préparer, et donc d’attendre, les élections présidentielles de 2027, ou bien les élections européennes de 2024. La question du pouvoir se pose maintenant. Elle s’est posée pendant le mouvement sur les retraites et, si Emmanuel Macron attaque, c’est parce qu’il sait qu’elle n’est pas réglée, mais que la voie de la solution est barrée par les directions des organisations et des partis qui se réclament des travailleurs et de leur émancipation. Unir et centraliser les mobilisations contre lui, c’est aller vers son renversement. Il faut le dire.

Cela requiert, de la part de beaucoup des initiateurs du débat qui s’ouvre, de surmonter une ancienne antinomie entre les luttes et les institutions. Les luttes réelles affrontent les institutions réelles, c’est-à-dire Emmanuel Macron et la cinquième république, ses préfets, ses commissaires, ses recteurs, ses directeurs des Agences Régionales de Santé (ARS).

C’est pour cela qu’il faut une nouvelle force démocratique et pluraliste, pour la justice, l’égalité, la démocratie et les solidarités internationales, mais ce n’est pas un objectif à terme, pour 2024, pour 2027 ou bien pour la fin du monde.

C’est un objectif qui se construit dans l’action commune et la discussion tout de suite, pour stopper et donc pour renverser Emmanuel Macron. C’est ainsi et pas autrement que, si nous n’y arrivons pas, nous avancerons en menant cette bataille et qu’il sera possible d’aborder les échéances électorales autrement, en passant de la dichotomie entre les luttes et les institutions à la formation d’une force politique visant réellement à détruire l’état de la cinquième république.

C’est pour cela, d’ailleurs, que les organisations actuelles ne suffisent pas. C’est pour cela que, sans chèque en blanc et en n’en demandant pas pour nous-mêmes, nous voulons participer à cette discussion.

Je dois ouvrir encore une petite parenthèse par rapport à une question de Pascal Morsu, celle de la thématique concernant l’islamophobie et tout ce qui tourne autour. J’ai écrit bien des choses là-dessus, que je peux contresigner à nouveau, mais je n’ai jamais écrit que l’appareil d’état, en France, ne serait pas raciste. L’appareil d’état français est raciste, il n’est pas raciste parce qu’il est blanc, il est raciste parce qu’il est l’état capitaliste de la cinquième république.

 De plus, il y a l’Ukraine et les camarades ukrainiens nous poussent à refonder nombre de questions pratiques et théoriques, et celles que désigne le vocable bien maladroit d’intersectionnalité en font partie. Je rassure Pascal Morsu, je ne fais pas de coming out, mais je me base, sur ce sujet comme sur les autres sujets, sur la lutte des classes. Agissons concrètement, tel est le sens de la discussion et telle est sa nécessité.

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