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actualité politique nationale et internationale

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BIOGRAPHIE D'ERNEST MANDEL PAR ERIC TOUSSAINT

 

 

BIOGRAPHIE D’ERNEST MANDEL PAR ERIC TOUSSAINT

Samedi 30 Septembre 2023

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une longue biographie d’Ernest Mandel par Eric Toussaint. Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet de la revue Contretemps à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

 

https://www.contretemps.eu/ernest-mandel-militant-marxisme-eric-toussaint/

Ernest Mandel, un militant internationaliste et révolutionnaire en pensée et en action

Par Eric Toussaint

Entre 1971, quand j’ai été élu à la direction de la section belge de la Quatrième Internationale, et jusqu’à sa mort en 1995, j’ai été en contact avec Ernest Mandel. Les contacts sont devenus plus fréquents à partir de 1980 quand j’ai été invité à participer à la direction de la Quatrième Internationale, appelée le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale (SUQI), qui se réunissait plusieurs fois par an pendant trois à quatre jours, et au Comité Exécutif International (CEI) qui se réunissait annuellement pendant cinq à six jours. La collaboration s’est intensifiée à partir de 1988 quand je suis devenu membre du bureau du SUQI, une instance permanente plus réduite qui préparait les réunions du SUQI et qui se réunissait au moins deux fois par mois à Paris. Je suivais de près les contacts avec les mouvements sociaux et les révolutionnaires d’Amérique Centrale en particulier au Nicaragua et au Salvador et plus largement dans la région qui va du Mexique à la Colombie.

Dans les dernières années de la vie d’Ernest Mandel, nos rapports sont devenus de plus en plus réguliers et étroits notamment pendant la période de la chute du mur de Berlin en 1989, de la fin de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) en 1991, de la réalisation du treizième congrès mondial de la Quatrième Internationale au début de l’année 1991 et de la préparation et tenue du quatorzième congrès mondial de la Quatrième Internationale en 1995 qui s’est réuni un mois avant la mort d’Ernest Mandel. Entretemps, nous avions ensemble accompli une mission au Nicaragua en 1992.

J’ai connu Ernest Mandel, né en 1923 et mort en 1995, en 1970 quand j’avais seize ans. C’est en effet un peu avant l’âge de seize ans que j’ai décidé d’adhérer à la Quatrième Internationale, suite à l’intervention des trotskistes belges, la Jeune Garde Socialiste (JGS) et le Parti Wallon des Travailleurs (PWT) dans une grève des mineurs de charbon en Belgique, d’abord au Limbourg qui se trouve dans la partie flamande du pays puis dans la région de Liège qui se trouve dans la partie francophone. Il faut dire que je vivais dans un village de mineurs de charbon, dans la région liégeoise. Avant de devenir militant de la Quatrième Internationale, j’étais actif dans les luttes lycéennes, dans la solidarité avec les grèves ouvrières, dans le mouvement contre la guerre au Vietnam, dans la solidarité avec la lutte des afro-descendants pour les droits civils aux États-Unis et dans le soutien à la révolution cubaine.

Ernest Mandel était l’un des leaders de la Quatrième Internationale et de sa section belge. Je ne le savais pas lorsque j’ai décidé d’adhérer à la Quatrième Internationale. Pour moi, vu ce que les militants de la Quatrième Internationale avaient fait en 1968, c’était à Paris que devait se situer sa direction. C’était tout à fait intuitif. J’ai décidé, avec un ami du même âge que moi, de me rendre à Paris en auto-stop au mois de juin 1970 pour aller rencontrer la Quatrième Internationale. La première nuit nous avons dormi à la belle étoile sous le Pont Neuf au bord de la Seine. Ensuite, nous sommes allés rencontrer la Ligue Communiste. Le même jour, nous sommes allés à Paris sonner à la porte de l’adresse de la Quatrième Internationale, rue Faubourg Saint Martin. Celui qui nous a ouvert la porte était Pierre Frank, qui avait été secrétaire de Léon Trotski notamment lors de son exil sur l’île de Prinkipo en Turquie en 1929 et qui nous a reçus avec un grand enthousiasme. Le dialogue a été passionnant. Sans doute le fait que deux jeunes adolescents se présentent pour adhérer à la Quatrième Internationale lui a très fortement fait plaisir. Nous ne savions pas qu’Ernest Mandel était un des principaux leaders de la Quatrième Internationale, qu’il était à Bruxelles et que donc, si nous voulions rencontrer la Quatrième Internationale, nous pouvions aller sonner à sa porte.

Très rapidement, je me suis rendu compte qu’Ernest Mandel jouait un rôle important, même s’il n’était pas, et c’est très positif, présenté comme le leader de la Quatrième Internationale. Par la suite, j’ai pu constater par moi-même que la direction de la Quatrième Internationale fonctionnait collectivement. Ernest Mandel n’a jamais prétendu être son leader à la différence d’autres organisations. Je ne l’ai jamais vu faire des démarches pour affirmer une sorte de leadership personnel. Il ne cherchait à bénéficier d’aucun privilège, d’aucune priorité dans la prise de parole. Son influence était le résultat de son action et de son apport à l’analyse. Bien sûr c’est en étant présent avec lui à plus d’une centaine de réunions entre 1970 et 1995 que j’affirme cela sans hésitation.

J’ai vu Ernest Mandel pour la première fois au mois de novembre 1970. Il était un des orateurs d’une grande conférence pour l’Europe rouge. C’était une conférence convoquée par les organisations de la Quatrième Internationale, qui étaient présentées comme des organisations liées au SUQI, parce qu’il y avait plusieurs branches de la Quatrième Internationale ou plusieurs organisations internationales revendiquant la continuité par rapport à la Quatrième Internationale fondée en 1938 avec la participation de Léon Trotsky.

La Quatrième Internationale à laquelle j’ai adhéré et dont Ernest Mandel était un leader était appelée le SUQI, c’est-à-dire qu’elle était le résultat de la réunification entre deux grandes composantes de la Quatrième Internationale, la majorité des militants de la Quatrième Internationale en Europe, animée par Ernest Mandel, Pierre Frank et Livio Maitan, et la section des États-Unis, le Socialist Workers Party (SWP), réunification qui avait eu lieu en 1963.

Nous étions en 1970 et le SUQI avait convoqué à Bruxelles une grande conférence de deux jours pour l’Europe rouge. Il y a eu plus de trois mille jeunes, venant de toute l’Europe, notamment de France. Cette conférence était extrêmement enthousiasmante et combative, elle laissait entrevoir des développements révolutionnaires en Europe, et Ernest Mandel, à côté d’autres orateurs comme Alain Krivine, Tariq Ali, militant pakistanais vivant en Grande-Bretagne, et Livio Maitan, ont fait des interventions très combatives et, pour un militant comme moi qui avait seize ans, cela m’a donné beaucoup de conviction et, en même temps, de punch.

J’ai connu aussi Ernest Mandel en le lisant. Comme je l’ai dit, j’ai adhéré à la Quatrième Internationale à l’été 1970 et je me suis mis à lire des travaux d’Ernest Mandel. Avant cela, j’avais lu plusieurs de ses articles dans l’hebdomadaire de la Gauche qu’il avait contribué à fonder en 1956. Ce qui m’a convaincu d’adhérer à la Quatrième Internationale, au niveau de l’analyse, en plus de la pratique et notamment l’intervention des trotskistes belges dans la grève des mineurs et dans la lutte contre l’intervention des États-Unis au Vietnam, c’est un texte d’Ernest Mandel dont le titre était « la nouvelle montée de la révolution mondiale ».

Ce texte a été adopté par le neuvième congrès mondial de la Quatrième Internationale tenu au mois d’avril 1969 en Italie. Il mettait en évidence la dialectique des trois secteurs de la révolution mondiale. Il prenait en compte les événements de 1968, à savoir ce qui s’était passé en France et qui s’était répercuté dans le reste de l’Europe mais aussi en Tchécoslovaquie avec le printemps de Prague de 1968 et l’offensive du Têt de la nuit du 30 au 31 janvier 1968 où les révolutionnaires vietnamiens ont réussi à prendre provisoirement Saïgon, la capitale du Sud Vietnam, ce qui a anticipé la défaite totale des États-Unis en 1975. Ce texte analysait l’état des luttes et des rapports de force dans les trois secteurs de la révolution mondiale, les pays capitalistes les plus industrialisés, les pays du bloc de l’est et les pays du tiers monde, et il montrait qu’il y avait une interconnexion entre ces trois secteurs. Les événements du mois de mai 1968 étaient la démonstration évidente de ce qui était analysé dans un texte fondamental de la Quatrième Internationale et l’intervention que cette internationale voulait avoir.

Un autre texte qui m’a beaucoup influencé en 1970 est le traité d’économie marxiste. J’ai dévoré l’édition de poche en quatre volumes à la fin de l’année 1970, pendant les congés scolaires de Noël. Peu après j’ai lu avidement un autre livre d’Ernest Mandel dont le titre était « la formation de la pensée économique de Karl Marx » paru en 1967 chez l’éditeur Maspero. Cela peut paraître très précoce, mais il faut dire que j’ai lu le Manifeste Communiste de Karl Marx et de Friedrich Engels quand j’avais treize ans, en 1967, et à partir de cette année-là, j’ai commencé à lire différents livres sur les révolutions et en particulier sur la révolution chinoise, notamment en 1967 le livre dont le titre était « étoile rouge sur la Chine », paru chez Stock en 1964 et emprunté à la bibliothèque de mon village, et en 1968 la Chine en marche d’Edgar Snow. A la même époque j’ai lu la Chine de Mao et l’Autre Communisme écrit en 1966 par Karol Kewes. Après avoir adhéré à la Quatrième Internationale, j’ai lu au mois de juillet 1971 l’histoire de la révolution russe écrit par Léon Trotsky. Ce livre m’a profondément impressionné et il m’a convaincu de l’énorme capacité d’analyse des processus révolutionnaires de son auteur.

En 1971, je me suis engagé à fond dans la nouvelle section belge de la Quatrième Internationale. Au mois de juin 1970, j’avais adhéré en fait à une organisation de jeunesse appelée la Jeune Garde Socialiste (JGS) qui était une organisation animée par des militants de la Quatrième Internationale et qui avait rompu avec le Parti Socialiste Belge (PSB) à la fin de l’année 1964 et au début de l’année 1965 quand la direction de celui-ci a soutenu le renforcement répressif de l’état belge. A partir de 1968 et de 1969, la JGS se considérait comme une organisation révolutionnaire de la jeunesse. Elle avait le statut d’organisation sympathisante de la Quatrième Internationale.

Cette organisation avait connu un développement important pendant les révoltes jeunes qui ont démarré pendant l’année 1968 et elle avait recruté cent cinquante à deux cent jeunes dans différentes villes de Belgique, des militants jouant un rôle important dans leur milieu, généralement le milieu universitaire ou, comme moi, des collégiens et des lycéens, mais aussi en milieu ouvrier.

Cette organisation était en 1970 dans un processus de fusion avec la vieille génération organisée dans la Confédération Socialiste des Travailleurs (CST). Ernest Mandel, évidemment, appartenait à la vieille génération. Il est né en 1923, il avait donc quarante-sept ans, il n’était pas vieux, mais évidemment pour des jeunes comme moi de seize et de dix-sept ans, Ernest Mandel était un ainé et un représentant de la vieille génération, une génération qui avait eu toute une trajectoire de lutte pendant l’occupation nazie de 1940 à 1945 et qui avait milité ensuite dans un courant de gauche à l’intérieur du PSB et de son organisation de jeunesse.

La JGS était donc rentrée dans un processus de fusion avec l’organisation des ainés, qui avait une importante implantation ouvrière, dans des usines, notamment dans ma ville, à Liège, dans la sidérurgie. A la fin de l’année 1970, j’avais participé au dernier congrès de la JGS à Gand qui avait validé la fusion.

Au mois de mai 1971, le congrès de fusion s’est déroulé à Liège qui était un des points d’implantation très important de ce qui allait être la nouvelle section belge de la Quatrième Internationale. La Ligue Révolutionnaire des Travailleurs (LRT) est donc née de la fusion de la JGS et de la CST qui regroupait trois organisations. Il y avait, en Wallonie, le PWT. Il y avait, à Bruxelles, l’Union de la Gauche Socialiste et Révolutionnaire (UGSR). Il y avait le Socialistische Beweging Vlaanderen (SBV) en Flandre, avec leur journal Socialistische Stem, devenu Rood par la suite.

Ernest Mandel était activement présent dans ce congrès de fusion. Il y avait des délégués internationaux comme Alain Krivine de la Ligue Communiste, section française de la Quatrième Internationale, il y avait Livio Maitan, membre du SUQI, et il y avait d’autres militants des Groupes Communistes Révolutionnaires (GCR), section italienne de la Quatrième Internationale. Nous étions une organisation de trois cent cinquante à cinq cent militants avec une importante implantation ouvrière industrielle et une bonne implantation dans les universités flamandes, bruxelloises et francophones, et dans les lycées. Il y avait des ouvriers d’industrie qui avaient adhéré principalement après la grande grève de l’hiver 1960-1961. Il y avait des camarades qui avaient adhéré à la Quatrième Internationale comme Ernest Mandel avant la seconde guerre mondiale et qui avaient participé à la résistance.

Il y avait Emile van Ceulen, né en 1916 et mort en 1987, un ancien ouvrier maroquinier qui avait adhéré à l’organisation trotskyste en 1933, qui était délégué en 1951 au troisième congrès mondial de la Quatrième Internationale et vice-président national de la JGS après avoir mis en minorité le courant pro-atlantiste au congrès de 1954 et qui avait été invité officiellement en Chine par le Parti Communiste Chinois (PCC). Il y avait René Groslambert, cofondateur de l’Action Socialiste en 1935 avec Paul-Henri Spaak, cofondateur de l’Action Socialiste Révolutionnaire (ASR) en 1936 avec Walter Dauge et Léon Lesoil, arrêté en 1940, déporté en France au camp du Vernet et délégué au deuxième congrès mondial de la Quatrième Internationale en 1948. Il y avait Pierre Legrève, né en 1916, mort en 2004, militant de l’organisation trotskyste depuis 1933, député de l’Union de la Gauche Socialiste (UGS) de 1965 à 1968, très actif dans le soutien à la révolution algérienne et dans la solidarité avec les prisonniers politiques au Maroc. Il y avait des ouvriers d’industrie jouant un rôle clé dans la sidérurgie à Liège et dans l’industrie du verre du côté de Charleroi et de Mons. Il y avait aussi des intellectuels renommés. A côté d’Ernest Mandel, il y avait par exemple le juriste Nathan Weinstock qui avait publié en 1969 chez l’éditeur parisien Maspero un livre remarquable et courageux dont le titre était « le sionisme contre Israël ».

J’ai été élu au comité central dont j’étais le plus jeune membre. Je n’avais pas encore dix-sept ans. Je pense qu’il y avait un peu plus de trente membres et le comité central, qui s’est réuni quinze jours ou trois semaines après ce congrès, m’a élu au bureau politique. Je mentionne cela parce que c’est au sein du bureau politique que j’ai commencé à côtoyer directement Ernest Mandel ainsi que sa compagne, Gisela Scholz, née en 1935 et morte en 1982, une camarade allemande qui jouait un rôle important dans la Quatrième Internationale. Ernest Mandel avait, en 1971, quarante-huit ans, sa compagne avait douze ans de moins et elle était de la génération de la gauche révolutionnaire allemande, une amie de Rudi Dutschke, né en 1940 et mort en 1979, dit Rudi le rouge.

Le bureau politique se réunissait tous les samedis à Bruxelles. Dans ce bureau politique, il y avait plusieurs militants jeunes, par rapport à la génération d’Ernest Mandel. Dans cette génération jeune, parmi les figures marquantes, il y avait notamment François Vercammen, Eric Corijn, Denis Horman et Jan Vankerkhoven. Il y avait des femmes qui avaient la quarantaine, la juriste liégeoise, Mathé Lambert, et la journaliste bruxelloise, Doudou Neyens. Il y avait également le médecin urologue Jacques Leemans. François Vercammen, né en 1944 et mort en 2015, et Eric Corijn, né en 1947, avaient une dizaine d’années de plus que moi et, quand nous avons dix-sept ans et que nous sommes confrontés à un militant de vingt-sept ans, c’est un vieux, tout comme Gisela Scholz qui avait trente-six ans était une vieille pour moi. Il y avait donc un bureau politique et un comité central dans lesquels il y avait trois ou quatre générations politiques différentes et c’est en leur sein que j’ai pu mieux connaître Ernest Mandel. J’appréciais non seulement sa connaissance historique et politique, son apport théorique avec un livre comme le traité d’économie marxiste mais aussi son comportement dans un organe de direction d’une organisation en plein développement, confrontée à des circonstances de radicalisation de couches entières de la population, dans la classe ouvrière industrielle, dans les services publics et dans la jeunesse et avec des méthodes radicales d’action.

Dans le sillage des événements du mois de mai 1968 en France, les organisations de la Quatrième Internationale étaient capables de se défendre par rapport à la répression policière, donc de s’y préparer. Nous avions développé une capacité d’autodéfense. Nous étions prêts aussi, à certains moments, à participer à des actions dirigées contre des symboles très clairs de l’impérialisme, par exemple les États-Unis et leur rôle abominable au Vietnam.

En 1970 le Vietnam était sous les bombes américaines, le napalm était très largement utilisé, mais nous avions aussi des interventions contre les symboles de la dictature franquiste et de la junte des colonels grecs. En 1970 et en 1971, l’Espagne franquiste était bien présente et il y avait une communauté espagnole, dont une grande partie de militants républicains ou d’enfants de militants républicains, ayant quitté l’Espagne entre 1936 et 1939, victimes du franquisme, comme il y avait également une communauté grecque, notamment parmi les mineurs de charbon, et qui s’opposait au régime des colonels grecs.

A la fin des années 1960, en Argentine, une importante organisation de guérilla avait adhéré à la Quatrième Internationale, le Partido Revolutionario de los Trabajadores Ejercito Revolutionario del Pueblo (PRT ERP), connu au départ sous le nom de PRT Combatiente. C’était une organisation très forte se revendiquant de la Quatrième Internationale, d’Ernesto Guevara, de Fidel Castro, des révolutionnaires vietnamiens et de la révolution chinoise. Le principal leader du PRT-ERP était Mario Roberto Santucho, né en 1936 et mort en 1976. Il avait participé au mouvement du mois de mai 1968 à Paris et à cette occasion il s’était lié à la Jeunesse Communiste Révolutionnaire (JCR) qui allait devenir la Ligue Communiste. Au quatrième trimestre 1972, Mario Roberto Santucho a eu une longue réunion avec Ernest Mandel, au domicile de celui-ci à Bruxelles, Daniel Bensaïd et Hubert Krivine. Mario Roberto Santucho, qui s’était échappé quatre mois plus tôt de la prison de Rawson en Patagonie, allait rentrer en Argentine pour reprendre la direction de la lutte armée. Au cours de cette réunion, les participants ont constaté que d’importantes divergences existaient à propos de la manière de mener la lutte armée et, au mois d’octobre 1973, le PRT-ERP annonçait sa séparation de la Quatrième Internationale.

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