actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Benyamin Netanyahou cadenasse le pouvoir en Israël et pousse pour l’annexion de Gaza
En seulement trois jours, le pouvoir israélien a annoncé qu’il avait pris la décision d’occuper entièrement la bande de Gaza, il a tenté de limoger illégalement la procureure générale Gali Baharav-Miara, jugée trop critique de Benyamin Netanyahou, et il a continué de souffler le chaud et le froid sur l’avenir de l’aide humanitaire à Gaza, en proie à une famine de masse. Le premier ministre poursuit ainsi son entreprise génocidaire dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO) et autoritaire en Israël.
Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, poursuit son entreprise d’équilibrisme et la communauté internationale le regarde. D’une part, il ne cesse de serrer la vis au niveau national entre répression des opposants, inculpation pour corruption et maintien du pouvoir d’une main de fer, et il poursuit son entreprise coloniale et génocidaire à Gaza comme en Cisjordanie. D’autre part, il multiplie les actions de façade et la pseudo-ouverture de la bande de Gaza à l’aide humanitaire pour ne pas braquer son allié américain et pour maintenir l’Europe dans son apathie.
Le dernier exemple de ce jeu de dupes est le suivant. Mardi 4 Août 2025, le pouvoir israélien a réautorisé l’entrée partielle des marchandises privées au sein de la bande de Gaza et l’entourage du premier ministre a laissé fuiter que le premier ministre a pris la décision d’occuper entièrement la bande de Gaza, y compris d’effectuer des opérations dans les zones dans lesquelles des otages sont retenus.
En conseil des ministres, il a annoncé qu’il convoquerait cette semaine son cabinet pour donner des instructions à l’armée sur la manière d’atteindre les trois objectifs de guerre qui ont été fixés. Benyamin Netanyahou et son gouvernement, composé d’une coalition avec un parterre de suprémacistes, joue une nouvelle fois la montre, utilisant une population qui oscille entre la famine et les massacres à des fins politiciennes.
Dans la matinée du Mardi 4 Août 2025, l’organisme du ministère israélien de la défense chargé de l’administration civile à Gaza, a autorisé l’entrée partielle de marchandises privées dans l’enclave palestinienne de manière contrôlée et progressive et il a annoncé que l’objectif est d’augmenter le volume de l’aide entrant dans la bande de Gaza, tout en réduisant la dépendance à l’égard de la collecte de l’aide par l’Organisation des Nations Unies (ONU) et les organisations internationales.
Un nombre limité de commerçants locaux seront autorisés à envoyer des produits alimentaires de base, des aliments pour bébés, des fruits, des légumes et des articles d’hygiène, sous réserve de plusieurs critères et d’un contrôle rigoureux de sécurité.
La communauté internationale peut bien presser Israël d’ouvrir le territoire réduit en ruines, Tel-Aviv préfère garder le contrôle. Laisser des organisations humanitaires entrer revient à dévoiler au monde l’ampleur du massacre. « Refuser l’accès à la nourriture aux civils peut constituer un crime de guerre, voire un crime contre l’humanité », a ainsi répété, Lundi 3 Août 2025, Volker Türk, Haut-Commissaire aux Droits Humains (HCDH) de l’ONU.
Au moins mille trois cent soixante-treize palestiniens ont été tués depuis la mise en place, le 27 mai 2025, de la distribution de l’aide humanitaire par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par Israël et financée par les États-Unis. C’est un moyen de contrôler les flux de nourritures et de concentrer en un seul et même endroit une population transformée en chair à canon.
En Israël, le cabinet du premier ministre multiplie les manœuvres pour assurer la poursuite du génocide. Le gouvernement a voté, Lundi 3 Août 2025, à l’unanimité en faveur du limogeage de la procureure générale Gali Baharav-Miara. Yariv Levin, ministre israélien de la justice, a dit que « Gali Baharav Miara ne devait pas chercher à s’imposer à un gouvernement qui n’a pas confiance en elle et qui ne peut pas travailler efficacement avec elle ».
Gali Baharav-Miara est connue pour ses critiques récurrentes de la politique de Benyamin Netanyahou. Elle avait notamment élevé le ton suite à la tentative du premier ministre, au mois de mai 2025, de limoger Ronen Bar, directeur du Shin Bet. Ce dernier avait impulsé une enquête contre des proches de Benyamin Netanyahou soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin du Qatar.
La procureure générale, aussi conseillère juridique du gouvernement, avait pourtant interdit de le limoger en arguant que Benjamin Netanyahou était en situation de conflit d’intérêts.
Cette décision a été immédiatement suspendue par la Cour Suprême de Justice d’Israël (CSJI) après des recours du parti d’opposition Yesh Atid et d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), qui seront examinés avant le 4 septembre 2025, mais le mal est fait. Benjamin Netanyahou ne cache plus son autoritarisme ni ses ambitions.
Le premier ministre souhaite vaincre l’ennemi, libérer les otages et garantir que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël. Avec un territoire asphyxié depuis plusieurs décennies et, maintenant, plus de soixante et un mille morts depuis le Samedi 7 Octobre 2023, la menace incarnée par les palestiniens de Gaza sert surtout d’épouvantail.
Le Jerusalem Post, courroie de transmission officieuse du pouvoir israélien, citant une source anonyme du bureau du premier ministre, a ainsi annoncé, Mardi 4 Août 2025, que Benyamin Netanyahou souhaite lancer l’annexion de Gaza.
L’Autorité Palestinienne a dénoncé ces fuites sur l’occupation de Gaza et elle a appelé la communauté internationale à intervenir de toute urgence pour empêcher leur mise en œuvre, qu’il s’agisse d’une forme de pression et de ballons d’essai pour jauger les réactions internationales ou qu’elles soient véritablement sérieuses. C’est un énième appel au secours dont le destin pourrait être semblable aux dizaines l’ayant précédé et qui pourrait rester lettre morte.
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