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actualité politique nationale et internationale

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ZAMIR CONTRE NETANYAHOU

 

 

https://www.france-palestine.org/Bravant-l-opposition-de-l-armee-israelienne-Netanyahu-pousse-a-l-escalade-d-une

https://www.haaretz.com/israel-news/2025-08-05/ty-article/.premium/netanyahu-doubles-down-on-gaza-but-cant-explain-to-israelis-why-it-will-work-this-time/00000198-76b0-d802-add9-f7ff46cd0000?s=08

 

Bravant l’opposition de l’armée israélienne, Benjamin Netanyahou pousse à l’escalade d’une guerre impossible à gagner à Gaza

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou double la mise sur la bande de Gaza. Malgré l’opposition d’Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée israélienne, malgré l’épuisement des unités de combat et malgré les réserves croissantes de l’opinion publique israélienne, Benjamin Netanyahou a annoncé une intensification de la guerre contre le Hamas, Dimanche 3 Août 2025.

Dans une vidéo du Lundi 4 Août 2025, il a dit qu’il était déterminé à poursuivre la guerre, à éliminer le Hamas à Gaza et à libérer les otages.

Dans la soirée du Lundi 4 Août 2025, un autre message radical a été diffusé. Benjamin Netanyahou, par l’intermédiaire d’un haut responsable de son équipe, a annoncé qu’il avait décidé qu’Israël allait conquérir Gaza. « Si cela ne convient pas au chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, qu’il démissionne », a dit Benjamin Netanyahou, dans ce qui semble être une provocation délibérée.

Pourtant, comme d’habitude, le premier ministre ne dit pas au peuple comment il compte gagner. Quelles sont les raisons pour lesquelles la pression militaire, qui n’a donné aucun résultat depuis des mois, permettrait-elle maintenant la libération des otages ? Qu’est-ce qui lui permet d’être sûr que confier cette mission aux unités épuisées et à bout de forces des forces terrestres sera couronnée de succès cette fois-ci ? Qui remplacera Eyal Zamir, s’il est effectivement remplacé, le général David Zini ou le général Roman Gofman ? Ces idées n’inspirent pas vraiment confiance au public.

Cependant, le ton virulent de Benjamin Netanyahou, qui prétend faussement se soucier du bien-être des otages, va de pair avec des efforts accrus pour mener à bien une refonte du régime, depuis la tentative de destitution du procureur général jusqu’à l’adoption d’une loi permettant aux ultra-orthodoxes d’échapper à la conscription.

Les déclarations de Benjamin Netanyahou, en préparation d’une réunion prévue du cabinet de sécurité, interviennent dans un contexte de controverse croissante au sein de la population. Les familles des otages sont terrifiées par l’intention de capturer d’autres zones de la bande de Gaza dans lesquelles des otages sont détenus. La majorité des anciens directeurs des services de renseignement appellent à la fin de la guerre et les experts israéliens se disputent entre eux sur la nécessité de mettre immédiatement fin à la guerre et d’atténuer la catastrophe humanitaire à Gaza.

Il est courant d’affirmer qu’il est difficile en Israël de mener une guerre sans un consensus, ou presque, sur sa légitimité publique et certainement sans l’approbation professionnelle du chef d’état-major. Dans le cas présent, Benjamin Netanyahou affiche sa détermination à aller de l’avant sans l’un ni l’autre.

Dimanche 3 Août 2025, Eyal Zamir s’est rendu au commandement sud de l’armée israélienne, où il a discuté de l’approbation des plans opérationnels avec les officiers. Les possibilités approuvées par Eyal Zamir sont loin de correspondre à ce que Benjamin Netanyahou promet publiquement. Le chef d’état-major continue de soutenir un accord sur les otages comme option privilégiée, même si les perspectives d’un tel accord semblent minces.

À défaut, il recommanderait aux leaders politiques de prendre des mesures supplémentaires pour segmenter la bande de Gaza dans sa largeur et pour encercler les trois enclaves où se concentrent les combattants armés du Hamas, la population palestinienne et les otages israéliens, la ville de Gaza au nord, les camps de réfugiés au centre de la bande de Gaza et la région d’al Mawasi au sud, mais, plutôt que de prévoir un renforcement des forces dans la bande de Gaza, l’armée a en fait prévu de les réduire et, même ainsi, il y a actuellement quatre quartiers généraux de division opérant dans la bande de Gaza au lieu de cinq et les effectifs sont très insuffisants.

Compte tenu de la pression exercée sur l’armée régulière et les réservistes, l’armée israélienne a prévu de réduire encore la présence des forces dans la bande de Gaza et de se concentrer sur l’encerclement statique des zones qui n’ont pas encore été pénétrées. Ce n’est pas ce que dit Benjamin Netanyahou. Pour vaincre le Hamas, comme il le promet, il faut pénétrer dans ces zones et il faut risquer de nouvelles pertes parmi les soldats, les otages et la population civile palestinienne.

Le premier ministre invoque deux raisons pour justifier son approche, l’impasse dans les négociations sur un accord et la cruauté nazie, comme il l’a décrit, dont le Hamas a fait preuve envers les otages, mais ces développements ne sont pas le fruit du hasard.

Une fois encore, il faut rappeler que le cessez-le-feu a été déclaré au mois de janvier 2025 grâce à la médiation américaine. Israël l’a violé au début du mois de février 2025, en refusant de négocier la phase suivante de l’accord, comme cela avait été convenu. Au mois de mars 2025, l’armée israélienne a repris les combats sur ordre du gouvernement, faisant voler en éclat l’accord. Même au début, lorsque les bombardements aériens visaient des membres plutôt anonymes de la branche politique du Hamas, environ quatre cent civils palestiniens ont été tués.

Environ deux mois plus tard, les opérations de l’armée israélienne ont été étendues et les forces israéliennes ont pris le contrôle de vastes zones supplémentaires, principalement dans le sud de la bande de Gaza. Des milliers de palestiniens, en majorité des civils, ont été tués et le plan de l’armée israélienne visant à prendre le contrôle de l’aide humanitaire par une fondation américaine a également échoué. Ce que la fondation fournissait ne répondait pas aux besoins minimaux pour nourrir les palestiniens de Gaza, des centaines de palestiniens ont perdu la vie à cause de l’utilisation sauvage des armes à feu alors qu’ils tentaient désespérément d’atteindre la nourriture et certains indices laissent penser qu’une partie considérable de ces tirs provenait de l’armée israélienne.

Une population israélienne épuisée et, dans certains cas, désespérée, a assisté à ces incidents, mais la majorité des israéliens ne descendent pas dans la rue. Nous sommes fatigués et nous nous sommes apparemment habitués à cette situation.

Benjamin Netanyahou savait-il à l’avance que les choses se passeraient ainsi ? C’est difficile à dire, mais les chances d’un accord pour la libération des otages ont considérablement diminué. Le Hamas exploite la colère mondiale contre Israël sur fond de scènes de famine à Gaza et n’est pas pressé de signer un accord. En réponse, Benjamin Netanyahou aurait changé de position et chercherait désormais à conclure un accord global plutôt que partiel.

Lorsque j’ai entendu plusieurs journalistes évoquer ce changement de politique au cours du week-end du Samedi 2 Août et du Dimanche 3 Août 2025 sans se demander ce qui le motivait, cela m’a rappelé les animaux de la Ferme des Animaux de George Orwell qui disaient que quatre pattes, c’est bien, que deux pattes, c’est mal, et qui disaient ensuite le contraire. En réalité, les deux possibilités sont pratiquement identiques du point de vue de Benjamin Netanyahou. Dans la pratique, les perspectives d’un accord sans intervention musclée des États-Unis semblent plutôt minces. Le facteur essentiel est le temps et il semble que Benjamin Netanyahou pense que, maintenant, le temps joue en sa faveur, ce qui signifie que faire traîner les choses sert ses intérêts.

Une nouvelle opération militaire et de nouvelles promesses concernant la défaite du Hamas l’aideraient à tenir encore quelques mois au lieu de risquer des concessions dans le cadre d’un accord qui compliquerait sa situation avec l’aile messianique de sa coalition gouvernementale. J’espère simplement me tromper.

En attendant, les ministres du cabinet versent des larmes de crocodile sur le sort des otages. Deux jours se sont écoulés depuis la diffusion de la vidéo montrant l’otage Evyatar David dans un tunnel, maigre comme un squelette et suppliant d’avoir la vie sauve. Quoi qu’il en soit, aucun ministre n’a jugé urgent de convoquer une réunion d’urgence du cabinet ou du cabinet de sécurité pour discuter des perspectives d’un accord pendant Tisha Be Av. Comme cela a également été clairement indiqué, compte tenu de l’état de santé de l’otage Rom Braslavski, les otages sont à court de temps, mais leur sort est entre les mains d’une direction politique insensible.

Pour ceux qui en doutaient encore, la discussion urgente du cabinet du Lundi 4 Août 2025 relative aux mesures de sécurité pour la famille de Benjamin Netanyahou est venue confirmer cette impression. Avec cela, le premier ministre et son cabinet ont enfin eu un sujet qui a suscité chez eux un véritable sentiment d’inquiétude et de crainte.

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