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Par FISCHER
La marée noire à Oman hors de contrôle ne cesse de s'aggraver
La marée noire au large d'Oman est en passe de devenir l'une des pires marées noires mondiales depuis des années, après s'être propagée presque sans contrôle pendant des semaines, selon des agences internationales, des images des satellites et des associations environnementales.
« Le pétrole, déversé par le Caroline Bezengi, un navire chargé de brut russe et échoué au large d'Oman, semble avoir atteint les côtes du pays, a déclaré l'Organisation Maritime Internationale (OMI) », mercredi 12 août 2026.
« La nappe couvre désormais une superficie de plus de deux mille kilomètres carrés », a déclaré John Amos, spécialiste des marées noires, qui a examiné les images des satellites obtenues par Reuters.
Le Caroline Bezengi, qui transportait environ huit cent mille barils de pétrole russe et qui fait l'objet de sanctions internationales, s'est échoué le 30 juin 2026 sur une île omanaise faisant partie d'une réserve naturelle marine en mer d'Arabie. Le navire avait signalé pour la première fois des difficultés au large du Yémen le 8 juin 2026. Selon des sources maritimes, une explosion semble s'être produite à bord du Caroline Bezengi.
Il n’y a pas de revendication d'attaque contre le navire, mais il a traversé deux zones de conflit lors de son voyage entre la Russie et l'Inde. Il a quitté au mois d’avril 2026 le port de Novorossiisk, sur la mer Noire, un point chaud de la guerre entre la Russie et l'Ukraine. L’Ukraine a mené des attaques contre la flotte fantôme transportant du pétrole russe, dont fait partie le Caroline Bezengi.
Le bateau a ensuite traversé le canal de Suez à la fin du mois de mai 2026, comme le montrent les données de suivi des navires, avant de passer au large du Yémen, où les militants houthis, proches de l'Iran, sont entrés dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran.
Un enchevêtrement de règles complexes, à la fois liées à la guerre et aux sanctions et régissant le transport maritime et les marées noires, entrave les efforts d'intervention et il pourrait encore faire obstacle à la prévention d'une catastrophe imminente, selon les assureurs et les analystes.
Les fonds internationaux d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, organismes intergouvernementaux, ont déclaré à Reuters qu'ils ne participeraient pas aux frais de nettoyage, car ils considèrent que son échouage est le résultat d'un acte de guerre et que ce n'est pas un accident. Ce pétrolier, vieux de vingt-cinq ans, n'est par ailleurs couvert par aucun assureur occidental reconnu.
« Le scénario catastrophe serait qu'il n'y ait pas de réponse adéquate pour empêcher le pire de se produire et que le navire continue à se briser sous l'assaut incessant du vent et des vagues et à perdre la totalité de sa cargaison, ce qui pourrait entraîner un déversement de cent cinquante à cent quatre-vingt-dix millions de litres de pétrole dans la mer. Cette marée noire rivaliserait, par son ampleur, avec celle de l'Exxon Valdez en 1989 », a dit John Amos, qui est également directeur général de Sky Truth, une organisation à but non lucratif pour renforcer la protection de l'environnement grâce à l'utilisation d'images des satellites.
« Le pétrole dérive au large au nord-est de l'île omanaise d’al Qibliyyah et certains rapports indiquent qu'une partie du pétrole atteindra le continent. Le système pour contenir le pétrole déversé est en place », a dit un porte-parole de l'OMI.
Les images des satellites montrent que le pétrolier s'est échoué sur l'île d’al Qibliyyah, qui fait partie d'une réserve naturelle comprenant les îles Hallaniyat, mettant en danger la faune sauvage, notamment des tortues menacées d'extinction, des baleines à bosse et des récifs de corail.
Oman a indiqué lundi 10 août 2026 que la nappe de pétrole couvrait près de quatre cents kilomètres carrés. Le pays n'a pas répondu aux demandes de Reuters visant à obtenir plus de détails ou des commentaires sur les efforts d'endiguement, mais il a précisé qu’il avait utilisé des barrages flottants pour tenter d'enrayer la propagation.
Les agences environnementales et les spécialistes des marées noires estiment que la nappe pourrait être plusieurs fois plus étendue et ils affirment que sa propagation s'est considérablement accélérée depuis le début du mois d'août 2026.
Greenpeace a signalé mardi 11 août 2026 une propagation accélérée. « La zone touchée est passée de quarante-cinq kilomètres carrés à la fin du mois de juillet 2026 à cent cinquante kilomètres carrés au début du mois d’août 2026 et, en l'espace de deux jours, elle a quadruplé pour atteindre six cents kilomètres carrés, mercredi 5 août 2026 », a déclaré Hanen Keskes, responsable des campagnes politiques de Greenpeace au Moyen-Orient. L'estimation de deux mille kilomètres carrés de John Amos signifie que la marée noire a été multipliée par plus de quarante depuis le début du mois d'août 2026.
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