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actualité politique nationale et internationale

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SIX MOIS DE GUERRE

 

 

https://apnews.com/article/trump-iran-war-six-months-anniversary-israel-3c4d33b09fdbe19928781c678aa025c9

 

Donald Trump disait autrefois qu'il prévoyait une fin rapide à sa guerre contre l'Iran mais, six mois plus tard, il dit qu’il n’est pas pressé

Le président Donald Trump aborde une période délicate de son mandat, vendredi 28 août 2026, alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran atteint le cap des six mois, une étape marquante pour un conflit que le président républicain avait maintes fois décrit aux Américains comme une petite excursion ne devant durer que quelques semaines.

La guerre n'est pas terminée, bien que Donald Trump affirme qu’il a déjà dévasté les leaders politiques, l'armée et l'économie de l'Iran grâce aux bombardements et au blocus.

Cette semaine, son administration a annoncé qu'elle allait privilégier une pression économique accrue, plutôt que l'action militaire, pour tenter de porter le coup de grâce à l'Iran. Ce changement de stratégie repose sur la menace de sanctions contre tous les pays et contre toutes les entités qui continuent à commercer avec Téhéran.

Ce recours privilégié aux sanctions intervient alors que l'administration s'inquiète de l'épuisement des stocks des munitions après des mois de conflit, faisant craindre qu'une guerre prolongée ne compromette la défense militaire américaine dans d'autres régions du monde.

Alors que le conflit s'éternise, les propos de Donald Trump évoquant une fin rapide des hostilités sont également plus rares. Il a souligné cette semaine qu'il n'était pas pressé de ramener l'Iran à la table des négociations, tout en continuant d'affirmer que les leaders politiques iraniens sont acculés.

« Ils ne paient pas leurs troupes. Ils sont en grande difficulté. Ils ont peu de moyens. Nous ne voulons pas leur parler. Nous ne cherchons pas à les rencontrer ni quoi que ce soit d'autre », a dit Donald Trump aux journalistes, jeudi 27 août 2026.

Nous ne savons pas comment, ni même si Donald Trump évoquera le sixième mois de ce conflit, qui a déjà coûté plus de trente-sept milliards de dollars aux États-Unis et qui a nui à sa popularité à l'approche des élections de mi-mandat du mois de novembre 2026. Ces élections sont des élections cruciales pour son parti. Le président a passé la journée du vendredi 28 août 2026 à Houston, où il a rendu hommage à l'équipage de la mission Artemis de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) pour son périple de dix jours autour de la Lune, effectué plus tôt cette année.

À première vue, la situation est délicate pour le président partisan d’America First. Il avait vivement critiqué ses prédécesseurs à la Maison-Blanche pour avoir gaspillé l'argent des contribuables et pour avoir sacrifié la vie des soldats américains dans les conflits du Moyen-Orient, promettant durant sa campagne de tenir l'armée à l'écart des guerres sans fin.

Toutefois, Donald Trump s'est montré irrité à l'idée que ce conflit, au cours duquel aucune troupe américaine n'a été déployée en Iran, puisse être comparé aux guerres de longue haleine en Irak et en Afghanistan, qui ont coûté la vie à plus de sept mille soldats Américains.

Son prédécesseur républicain, le président George Bush, avait été largement raillé pour un discours prononcé en 2003 à bord du porte-avion Abraham Lincoln sous une banderole conçue par la Maison-Blanche affichant « mission accomplie ». Cette scène est devenue le symbole d'une proclamation de victoire prématurée concernant la guerre en Irak, un conflit qui allait se prolonger pendant près de neuf ans supplémentaires. Plus de deux décennies plus tard, des troupes américaines sont toujours stationnées en Irak.

La guerre menée par Donald Trump a duré bien plus longtemps qu'il ne l'avait annoncé aux Américains. Cela ne l'a pas empêché de partager, cette semaine sur les réseaux sociaux, une publication proclamant « mission accomplie 2026 ». L'image, générée par intelligence artificielle, montre Donald Trump devant des avions militaires américains, un navire de guerre et des drapeaux des États-Unis surplombant des images plus petites de George Bush et de l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors d'une frappe israélienne au tout début du conflit.

Donald Trump a dit constamment que la campagne menée par les États-Unis et par Israël a eu des conséquences dévastatrices pour les forces navales et aériennes iraniennes. Les autorités iraniennes ont fait état de deux cent soixante-dix milliards de dollars de pertes directes et indirectes. Les frappes militaires israéliennes des premières semaines de la guerre ont anéanti une grande partie de la hiérarchie du gouvernement théocratique, y compris Ali Khamenei.

Toutefois, l'Iran a trouvé un moyen de pression grâce à ses propres frappes dans le détroit d'Ormuz, un passage stratégique dans lequel très peu de navires transportant du pétrole ou du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) osent désormais s'aventurer. Jeudi 27 août 2026, Donald Trump a réaffirmé que le détroit d'Ormuz était ouvert, précisant que vingt-quatre navires l'avaient traversé, mercredi 26 août 2026. Ce chiffre ne représente qu'une toute petite fraction des cent trente navires qui empruntaient quotidiennement cette voie vitale avant le début du conflit.

Le Qatar et le Pakistan, qui jouent les médiateurs, continuent de faire pression pour trouver une issue diplomatique au conflit. Mohammed ben Abd al Rahmane Al Thani, premier ministre qatari, est allé à Téhéran, jeudi 27 août 2026, pour discuter d'un projet élaboré par l'Iran et par Oman pour augmenter le trafic dans le détroit d'Ormuz.

Cependant, à Washington, Donald Trump manifeste peu d'intérêt pour une reprise de l'accord préliminaire conclu au mois de juin 2026, qui visait à la réouverture du détroit d’Ormuz et à engager des négociations sur le programme nucléaire iranien. Cet accord avait volé en éclats quelques semaines seulement après sa conclusion, lorsque l'Iran a commencé à attaquer des navires.

Parallèlement, Donald Trump affirme que la stratégie américaine visant à asphyxier économiquement Téhéran porte ses fruits. Le blocus naval américain empêche le pétrole iranien d'atteindre les marchés, alors que seuls quelques navires transportant du pétrole en provenance d'autres pays du Golfe Persique parviennent à passer.

« Nous avons le contrôle du détroit d’Ormuz et nous maintenons le blocus. L’Iran n'obtient rien. Rien ne passe », a dit Donald Trump.

Il ne fait aucun doute que les frappes, conjuguées à des décennies de sanctions internationales, ont durement éprouvé l'Iran, a déclaré Aarathi Krishnan, analyste des risques géopolitiques chez Raksha Intelligence Future.

Toutefois, alors que Trump tente d'ouvrir un nouveau chapitre du conflit, Aarathi Krishnan estime que Donald Trump pourrait se tromper en pensant qu'une pression accrue contre Téhéran, qui a passé des décennies à s'adapter aux sanctions économiques internationales, produira l'issue politique qu'il recherche.

En effet, avant le début du conflit, l'économie iranienne était enlisée dans une inflation galopante, selon le Fonds Monétaire International (FMI). Le revenu national par habitant était passé d'environ huit mille dollars en 2012 à cinq mille dollars en 2024, d'après les données de la Banque Mondiale.

« Téhéran a fait preuve de résilience en vendant du pétrole à prix réduit et en mettant en place des réseaux financiers et des réseaux opaques de transport maritime. L’administration de Donald Trump a totalement sous-estimé la détermination iranienne. Ce n'est pas une situation inédite pour le régime iranien », a dit Aarathi Krishnan.

Richard Goldberg, ancien conseiller principal sur l'Iran au National Security Council (NSC) pendant le premier mandat de Donald Trump à la Maison Blanche et maintenant membre de la Foundation for Defense of Democracies (FDD), un groupe de réflexion de Washington prônant une ligne dure, a dit que « l'Iran se retrouvera en terrain inconnu si l'administration de Donald Trump met à exécution une campagne de pression réellement sévère contre les partenaires commerciaux iraniens. Nous devrions assister à une tentative de verrouillage de toutes les issues de secours dont dispose encore le régime iranien. Il s'agit d'utiliser la puissance économique des États-Unis pour combiner un blocus naval à un embargo aérien et terrestre, tout en frappant sans ménagement tous ceux qui permettent au régime d'accéder à des devises fortes, que ce soit au Moyen-Orient, en Chine ou même en Europe ».

Il reste à savoir jusqu'où l'administration de Donald Trump est prête à aller. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a dévoilé cette semaine l’Opération Paria Economique. Toutefois, il s'est contenté d'avertir les nations de la nécessité de réduire leurs échanges commerciaux et il n'a pas encore annoncé des sanctions secondaires. Scott Bessent a dit aux journalistes que l'administration de Donald Trump souhaitait donner aux pays la possibilité de se détourner de l'Iran avant qu'il ne soit trop tard, tout en reconnaissant qu'une telle démarche comportait également des risques économiques pour les États-Unis.

Le département du Trésor a annoncé vendredi 28 août 2026 qu'il prenait des mesures susceptibles d'aboutir, à terme, à l'exclusion de la Banque Misr, la deuxième plus grande banque d'Égypte, du système financier américain. Le département du Trésor a accusé l'établissement de servir de bouée de sauvetage économique aux leaders politiques de Téhéran.

La Chine, principal partenaire commercial et premier acheteur de pétrole de l'Iran, a réagi plus tôt cette semaine aux menaces généralisées de l'administration de Donald Trump de cibler les pays et les entreprises continuant de commercer avec l'Iran, en exprimant son opposition aux sanctions unilatérales illégales.

Interrogé jeudi 27 août 2026 sur les raisons pour lesquelles il n'avait pas encore imposé de sanctions aux banques chinoises, Donald Trump a fait une réponse énigmatique.

Il a répondu que « qui a dit que je ne le faisais pas ? Vous n’en savez rien. Je n’ai pas à tout annoncer ».

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