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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 18:38

 

 

http://www.ataturquie.fr/un-journaliste-turc-arrete-en-espagne-a-la-demande-de-la-turquie

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/11/un-journaliste-turc-arrete-en-espagne-a-la-demande-de-la-turquie_5171297_3214.html

 

Un journaliste turc opposant à Recep Tayyip Erdogan arrêté en Espagne à la demande de la Turquie

 

Hamza Yalcin est notamment accusé par Ankara d’avoir insulté le président Recep Tayyip Erdogan.

 

Par Isabelle Piquer, correspondante du Monde à Madrid

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le journaliste et écrivain turc Hamza Yalçin se trouve en détention en Espagne depuis le Jeudi 3 Août 2017, en application d’un mandat d’arrêt international émis par la Turquie qui l’accuse d’avoir insulté le président Recep Tayyip Erdogan et d’être lié à un groupe d’ extrême gauche illégal.

Hamza Yalçin, âgé de cinquante neuf ans, a été arrêté, à la suite du mandat émis par l’agence Interpol, lors du contrôle des passeports à l’aéroport barcelonais d'el Prat, alors qu’il devait embarquer sur un vol à destination de Londres. Un juge de l'audience nationale, haut tribunal chargé notamment des affaires politico-financières, a ensuite ordonné son incarcération.

La Suède, où Hamza Yalçin vit en exil depuis 1984 et dont il a adopté la nationalité, est venue en aide au journaliste. Un fonctionnaire du consulat suédois de Barcelone lui a rendu visite au centre pénitentiaire Brians, situé à l’ouest de la capitale catalane. « Il est en bonne santé et a pu parler avec sa famille », a déclaré un membre de l’ambassade suédoise à Madrid, « il a un avocat commis d’office qui s’emploie à éclaircir les accusations ».

Selon le mandat d’arrêt, diffusé par l’agence espagnole EFE, la Turquie accuse Hamza Yalçin d’appartenir au groupe d’extrême gauche turc parti front de libération populaire (DHKPC) et d’écrire pour le magazine en ligne Odak Dergisi, très critique avec le régime d’Ankara, des délits pouvant entraîner jusqu’à vingt-deux ans de prison.

La Turquie a quarante jours, jusqu’au 11 septembre 2017, pour présenter une demande officielle d’extradition. « Entre-temps, Hamza Yalçin peut faire appel et contester les accusations dont il fait l’objet, mais nous n’avons encore rien reçu », a déclaré un porte-parole de l’audience nationale.

L’arrestation de l’écrivain survient alors que les inquiétudes grandissent concernant la liberté de la presse dans le cadre de l’état d’urgence décrété après la tentative de putsch du 15 juillet 2016. La fédération internationale des journalistes, basée à Bruxelles, a exhorté les autorités espagnoles à ne pas remettre Hamza Yalçin à la Turquie, où « l’indépendance de la justice n’est pas garantie ».

Pour Jonathan Lundqvist, le responsable de Reporters Sans Frontières (RSF), en Suède, « l’arrestation est une tentative du président Recep Tayyip Erdogan d’étendre son pouvoir au-delà des frontières du pays. Recep Tayyip Erdogan veut montrer qu’il peut s’en prendre aux personnes critiques, même si elles ne sont pas dans le pays. C’est un abus de la coopération internationale entre les polices qui risque d’avoir des conséquences majeures », a jugé Jonathan Lundqvist dans une déclaration.

La Turquie « a utilisé Interpol à des fins politiques et son objectif est d’interdire la liberté d’expression et d’éviter qu’Hamza Yalçin ne se déplace en Europe », a dénoncé son ami et compatriote Kurdo Baksi dans des déclarations à EFE. « Moi aussi je suis turc et suédois et je critique Recep Tayyip Erdogan. Est-ce que je peux toujours voyager à Barcelone », a-t-il demandé.

Alors que des procès de putschistes présumés et de journalistes d’opposition continuent, la justice turque a émis, Jeudi 10 Août 2017, des mandats d’arrêt contre trente-cinq journalistes turcs dans le cadre d’une enquête sur les liens entre les médias et les réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusés par Ankara d’avoir fomenté le putsch manqué.

Ces trente-cinq personnes sont suspectées par le parquet d’Istanbul d’appartenir à une organisation terroriste. L’accusation se fonde sur l’utilisation, a priori, par ces journalistes, de Bylock, une application mobile de messagerie cryptée, utilisée comme support de communication par les putschistes présumés.

La Turquie occupe la cent-cinquante-cinquième place sur cent quatre vingt au classement de la liberté de la presse établi par RSF pour l’année 2017.

Depuis la tentative de coup d’état du mois de juillet 2016, plus de cent soixante journalistes sont en prison et cent cinquante médias ont été fermés. Un journaliste français, Loup Bureau, est détenu en Turquie depuis le 26 juillet 2017. Il est soupçonné d’activités terroristes en lien avec les combattants kurdes de Syrie.

Les journalistes ne sont pas les seuls incriminés. Depuis le putsch, plus de cent cinquante mille fonctionnaires ont été limogés par vagues successives et près de cinquante mille personnes ont été emprisonnées, autant de supposés gulénistes que de militants de gauche, ainsi qu’une dizaine de députés du parti démocratique des peuples (HDP) et une centaine de maires de villes kurdes.

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