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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 16:45

 

RAPPORT DEVANT LE CONSEIL NATIONAL DU PCF

 

Pascal Savoldelli faisait un très long rapport de quinze pages devant le conseil national du Parti Communiste Français (PCF) du Jeudi 11 Mai 2017 relatif à l’actuelle situation politique française.

 

Vous trouverez ci-dessous les raisons, de son point de vue, de l’échec des négociations entre le PCF et le Mouvement de la France Insoumise (MFI) dans le cadre de la campagne électorale pour le premier tour des élections législatives du Dimanche 11 Juin 2017.

 

Le rapport est disponible en totalité si vous consultez le site internet national officiel du PCF à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.pcf.fr/sites/default/files/rapport_cn_11_mai_2017_p._savoldelli.pdf

 

RAPPORT DEVANT LE CONSEIL NATIONAL DU JEUDI 11 MAI 2017

 

Par Pascal Savoldelli

 

À ce stade de mon introduction, je me dois de vous donner des éléments sur le Mouvement de la France Insoumise (MFI) et nos relations ces dernières semaines.

Avec la naissance et le développement du MFI, nous sommes en présence d’une force et d'une organisation politique d’un type nouveau.

De toute évidence, cette force ne peut pas être confondue avec les sept millions d’électeurs qui ont voté pour Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles. Comme tous les électorats, celui-ci n’appartient à personne, il est composite car étant l’addition de l’électorat du Front De Gauche (FDG), de vingt quatre pour cent de celui de François Hollande en 2012, de trente huit pour cent des électeurs écologistes et de jeunes primo électeurs. Comme tous les électorats, il peut être volatile et peu docile aux consignes de vote d’une organisation politique. La différence assez nette entre le vote des électeurs de Jean Luc Mélenchon au deuxième tour des élections présidentielles et le résultat de la consultation des militants du MFI sur le deuxième tour, le démontre.

Le MFI n’est pas non plus une simple évolution ou transformation du Parti de Gauche.

Comme pour la République En Marche (REM), le MFI s’est constituée autour d’une plate-forme internet basée sur la transposition au domaine des campagnes électorales des techniques marketings de gestion de la relation client qui transforme le client en promoteur et militant de la marque. C’est autour de ce type de plate forme que ce sont construites les campagnes de Barack Obama, de Donald Trump, de Bernie Sanders et d’autres. Si ce sont des outils centralisés de mobilisations militantes et de campagne extrêmement efficaces et pertinents, ils ne règlent ni la pérennité, ni la vie démocratique d’une organisation.

Ainsi il s’agit d’une organisation horizontale, de part le quadrillage du territoire par de multiples groupes d’appui, mais en réalité inséré dans un fonctionnement très vertical, puisque l’essentiel de la communication, des éléments de langage, des mots d’ordre et des choix politiques cruciaux est centralisé sur un petit noyau dirigeant autour de Jean-Luc Mélenchon.

Comme l’a montré la consultation interne sur le deuxième tour, cette organisation ne pratique pas la délibération et a une vie démocratique simplifiée. C’est une organisation basée sur une base de données de contacts et la mise en mouvement sur des campagnes, avec des degrés très divers d’engagement de ces contacts, allant de la réception d’information au don financier, à la distribution de tract, à la participation à des portes à portes et à la chasse en meute sur les réseaux sociaux.

Le MFI n’est un parti au sens classique du terme, mais une multitude d’individus sincères et désintéressés, au sens de Toni Négri, un petit noyau dirigeant centralisant tous les pouvoirs.

Ce type d’organisation est extrêmement efficace et réactif dans une campagne présidentielle à la française centrée sur un leader. Elle est très prisée par les médias et les réseaux sociaux qui sont devenus la première source d’information des jeunes entre dix huit et vingt cinq ans et leur principal lieu de politisation.

Sur le plan de l’orientation politique, le MFI revendique son refus de toute référence à la gauche, préférant à cette notion politique historiquement structurante, la notion exclusive et sublimée de peuple.

Le MFI se revendique ostensiblement de l'essentialisme du peuple en omettant les rapports de classe.

La nature et le fonctionnement particulier du MFI a été une difficulté qui s’est ajoutée aux difficultés politiques de fond que nous avons eu avec eux sur la question des élections législatives.

Sans revenir sur tout ce qu’a énoncé Pierre Laurent dans sa lettre aux adhérents concernant les négociations sur les élections législatives, je voudrais aborder les questions saillantes qui ont conduit à ce jour à leurs avortements. D’abord, le potentiel ouvert par le résultat de Jean Luc Mélenchon le Dimanche 23 Avril 2017 nous a conduit à faire une offre de rassemblement maximum de la gauche de transformation sociale, sous une bannière commune et respectueuse de chacun, afin de se donner les moyens de gagner un maximum de députés dans les deux cent douze circonscription où la gauche de transformation sociale était en tête au premier tour des élections présidentielles.

Le MFI nous a immédiatement répondu qu’un tel rassemblement ne pouvait avoir lieu qu’à l’intérieur du MFI, c'est à dire en signant leur charte adoptant leur matériel et leur programme. Ce qui était inacceptable, tant pour notre parti que pour Europe Ecologie Les Verts (EELV), République et Socialisme ou Ensemble. Pas d'union sans fusion, nous ne sommes pas biodégradables.

Dans un deuxième temps, tout en maintenant notre offre, nous avons accepté de discuter sur un nombre restreint de circonscriptions dites gagnables. Notre objectif étant le rassemblement sur des candidatures communes sur ces circonscriptions, afin de faire élire un maximum de députés et de pouvoir former un groupe le plus important possible à l'assemblée nationale. A cela, le MFI nous a répondu que son objectif politique n’était pas territorial, il était avant tout de faire élire quelques dirigeants et que pour cela il n’envisageait que des retraits réciproques avec le PCF.

Finalement, au lieu d’avoir une discussion nationale sur les circonscriptions où les uns et les autres étaient objectivement les mieux placés pour l’emporter, le MFI a focalisé la discussion sur des circonscriptions dites « prioritaires pour nous » comme Montreuil, Grigny et Ivry, où l’empreinte communiste sur le vote pour Jean Luc Mélenchon est indiscutable et essentiel à ses yeux.

Le MFI en a fait à la fois des points non négociables, qui ne pouvaient pas être sortis de la négociation, ni faire l’objet de circonscription de substitution permettant l’élection des dirigeants concernés du MFI. C’est ce qui in fine a conduit à la situation que nous connaissons.

La dernière proposition que nous avons formulée Mardi 9 Mai 2017, après décision collective du Comité Exécutif National (CEN) fut celle de trouver un accord sur une cinquantaine de circonscriptions dans lesquelles il y a un fort risque du Front National, en vain.

Vous le voyez, les négociations nationales ont échoué sur une forte divergence sur les objectifs politiques poursuivis. D’un côté le développement et l’enracinement du MFI sur des territoires d’implantation et de force du PCF, d'autre part notre volonté poursuivie de rassembler toute la gauche de transformation sociale afin de garder et gagner des députés. Néanmoins, il nous appartient de créer toutes les conditions d'un dialogue public local et départemental afin de ne pas envenimer nos relations devant les populations et de poser avec les citoyens la question du ou de la candidate maximum de rassemblement.

Le dépôt des candidatures va se dérouler entre le Lundi 15 Mai et le Vendredi 19 Mai 2017.

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