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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 20:21

 

CRISE FINALE

 

Par Bernard Fischer

 

Mercredi Premier Mars 2017

 

La situation politique française connaît depuis plusieurs mois des évolutions rapides et spectaculaires et des bouleversements importants.

Dans une telle situation, l’existence d’une boussole politique et l’utilisation et l’application d’une stratégie politique sont d’autant plus importantes. Mais, précisément, la gauche et l’extrême gauche française n’ont plus ni de stratégie ni de boussole politique depuis longtemps.

Les deux formes d’expression les plus importantes de cette situation étaient bien évidemment l’organisation et les résultats des élections primaires de la droite au mois de novembre 2016 et de la gauche au mois de janvier 2017.

Les élections primaires de la droite voyaient l’élimination d’un ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, et d’un ancien premier ministre, Alain Juppé, au profit d’un autre ancien premier ministre, François Fillon. Ce n’était pas la fin de l’histoire. Suite à des révélations du Canard Enchaîné, le Parquet National Financier (PNF) décidait l’ouverture d’une enquête préliminaire puis d’une instruction judiciaire contre François Fillon en raison de l’affaire des emplois fictifs de sa femme. Il recevait finalement une convocation d’un juge d’instruction en vue de sa mise en examen.

Les élections primaires de la gauche voyaient d’abord l’abandon par anticipation avant le début de la compétition de l’actuel président de la république François Hollande. Elles voyaient ensuite l’élimination d’un ancien premier ministre, Manuel Valls, et d’un ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, au profit d’un ancien ministre de l’éducation nationale, Benoît Hamon.

Le comble de la politique politicienne électoraliste appartenait aux écologistes français. Ils organisaient d’abord une élection primaire de l’écologie au mois d’octobre et au mois de novembre 2016. Cette élection primaire commençait par l’élimination de l’ancienne première secrétaire du parti et ancienne ministre du logement, Cécile Duflot, au profit de Yannick Jadot. Il y avait une évidence dès le premier jour. Les écologistes français n’avaient aucune intention de présentation de cette candidature au premier tour des élections présidentielles. C’était seulement un moyen de pression dans le cadre d’une négociation et d’un accord de répartition des circonscriptions pour les élections législatives entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts (EELV). Et c’était très exactement le résultat de ces négociations trois mois plus tard.

La campagne pour les élections présidentielles de cette année confirme et accélère les deux tendances les plus profondes de la vie politique française depuis des dizaines d’années.

C’est, premièrement, le glissement à droite et la crise finale de la sociale démocratie française, la transformation définitive du Parti Socialiste en un parti de droite de gestion néo libérale du capitalisme à cent pour cent.

Entre les deux tours des élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal chantait la sérénade sous les fenêtres de François Bayrou et, en 2012, François Bayrou votait pour François Hollande au deuxième tour des élections présidentielles.

Contrairement aux apparences et au discours médiatique majoritaire, il n’y a pas de divergence fondamentale et il y a une profonde convergence et continuité politique entre Emmanuel Macron et François Hollande, le premier est l’héritier politique du second.

Le deuxième phénomène majeur de la campagne pour les élections présidentielles, c’est l’installation du Front National au centre de la vie politique française.

La totalité des organisations politiques françaises de droite comme de gauche n’oubliaient rien et n’apprenaient rien depuis 2002.

En 2002, l’immense majorité des militants et des organisations de la gauche et de l’extrême gauche française votaient et appelaient au vote pour Jacques Chirac contre Jean Marie Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles.

De la même manière et pour la même raison, de plus en plus de responsables, de militants et d’électeurs de gauche voteront et appelleront au vote pour Emmanuel Macron dans les derniers jours de la campagne du premier tour et dans la campagne du deuxième tour des élections présidentielles.

La candidature de Benoît Hamon est la dernière tentative de sauvetage et de prolongation de l’agonie de la sociale démocratie française.

L’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot n’apportera pas beaucoup de voix supplémentaires à Benoît Hamon. Par contre, elle accélèrera le mouvement des responsables, des militants et des électeurs traditionnels du Parti Socialiste vers Emmanuel Macron.

Il en irait de même en cas d’éventuel accord entre Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon. La moitié des électeurs de Jean Luc Mélenchon ne le suivraient pas et cet éventuel accord précipiterait les responsables, les militants et les électeurs traditionnels du Parti Socialiste vers Emmanuel Macron.

 

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