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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 19:50

 

LA DEBACLE QUI VIENT

 

Le site internet Mediapart publiait le Jeudi 18 Septembre 2014 de très longues bonnes feuilles d'un livre d'un de ses journalistes, Laurent Mauduit, dont le titre est « à tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient ».

Le site Mediapart présentait le livre de son journaliste comme « une enquête sur des responsables socialistes et une plongée dans leurs débuts en politique, à l'Organisation Communiste Internationaliste (OCI) trotskyste, à l'Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) et à la Mutuelle Nationale des Etudiants de France (MNEF). Après Jean Christophe Cambadélis, voici Manuel Valls ou l'histoire de vingt années de manoeuvres dans les coulisses socialistes avant de percer ».

Vous trouverez simplement ci dessous deux tout petits paragraphes de ces très longues bonnes feuilles d'un livre non moins volumineux.

Je vous invite bien évidemment à la lecture de la totalité du message du site Mediapart disponible si vous consultez les liens ci dessous et à la lecture de la totalité du livre de Laurent Mauduit.

 

Bernard Fischer

 

http://www.gauchemip.org/spip.php?article23299

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/180914/manuel-valls-lombre-de-la-mnef-et-les-coulisses-du-ps

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/decembre2016.php#dec08

 

LA DEBACLE QUI VIENT

 

L’histoire de Manuel Valls, qui croise celle de Jean Christophe Cambadélis et de Jean Marie Le Guen, donne tout autant à voir sur la nécrose qui a gagné le Parti Socialiste. Elle donne à réfléchir sur ce parti qui s’est coupé des milieux populaires, ce parti de technocrates hautains ou de professionnels de la politique n’ayant jamais travaillé de leur vie, ou si peu de temps, et qui sont souvent mobilisés autour d’une seule cause, la leur.

C’est le point commun entre Jean Christophe Cambadélis et Manuel Valls, ils n’ont pas de légitimité universitaire, n’ayant fait que de maigres études. Ils n’ont pas de légitimité professionnelle puisque leur ascension, c’est d’abord à d’obscures et dérisoires manigances dans les coulisses du Parti Socialiste qu’ils la doivent.

Si ces nouveaux promus ont un passé commun, ils sont aujourd’hui des alliés, c’est Manuel Valls qui a personnellement insisté pour que Jean Marie Le Guen entre au gouvernement, lequel Jean Marie Le Guen a tout fait pour que son vieil ami Jean Christophe Cambadélis décroche le poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. Les trois associés pourraient bien aussi nourrir des desseins identiques, comme tourner une bonne fois pour toutes la page du socialisme. Et conduire le parti vers d’autres horizons ou d’autres abîmes.

Le premier témoignage sur le parcours de Manuel Valls, c’est un ancien militant de l’OCI, Michel Assoun, qui me l’a fourni dans le cours de mon enquête. La scène se passe au beau milieu du mois d’août 1980 au siège du bureau national de l’UNEF, où il est de permanence.

Les locaux sont déserts, comme de coutume en cette période de l’année. Et pourtant, ce jour-là, il se passe un événement anodin mais exceptionnel dans la vie du syndicat étudiant, un lycéen sonne à la porte et dit au responsable de l’UNEF qu’il est venu pour adhérer, en prévision de son inscription à l’université à l’automne. Événement microscopique mais étrange, de mémoire de syndicaliste étudiant, il n’était jamais arrivé auparavant qu’au creux de l’été un lycéen fasse spontanément une telle démarche et ce n’est vraisemblablement jamais arrivé depuis. Selon Michel Assoun, qui en parle les jours suivants à d’autres dirigeants de l’UNEF, l’affaire est entendue, cette adhésion hors norme ne peut s’expliquer que parce que ce lycéen leur a été envoyé. Ce lycéen se nomme Manuel Valls.

L’UNEF et de très longues années universitaires

Par qui aurait-il donc été envoyé ? À l’époque, la direction de l’OCI a dépêché comme sous-marins certains de ses militants dans de nombreuses organisations rivales. Il y a eu ainsi des trotskistes infiltrés à la direction de l’UNEF rivale, dite UNEF-Renouveau, dont Paul Robel. Il y en a eu d’autres dans le Comité pour l'Organisation du Syndicat des Etudiants de France (COSEF), le syndicat étudiant socialiste, parmi lesquels Jean-Marie Grosz ou Carlos Pieroni, évoqué précédemment. Il y en a eu en pagaille dans les rangs du Parti Socialiste, jusqu’au sommet, dont Lionel Jospin.

Tout un temps, la rumeur circule donc dans les rangs étudiants de l’OCI selon laquelle ce jeune lycéen venu spontanément adhérer à l’UNEF, et dit être rocardien, a peut-être, lui aussi, les mêmes attaches secrètes.

Cependant rien ne viendra confirmer cette hypothèse. À ma connaissance, elle a seulement été évoquée par Denis Pingaud, dans son ouvrage « la gauche de la gauche ». Bon connaisseur du monde de la communication, pour avoir travaillé à Matignon sous Laurent Fabius, et avoir entretenu longtemps des relations avec Stéphane Fouks, l’intéressé donne pour certain le fait que Manuel Valls a eu des attaches secrètes avec le lambertisme. Il ne fait que l’affirmer, sans en apporter de preuve.

Quoi qu’il en soit, il existe déjà à l’époque un noyau d’étudiants rocardiens qui a opéré le mouvement vers l’UNEF et qui a participé au congrès de réunification de l’UNEF à Nanterre au mois de mai 1980. Ils sont peu nombreux, sans doute guère plus d’une dizaine au plan national. Mais l’OCI, qui a besoin de montrer que ce congrès de l’UNEF est un événement historique pour la vie universitaire, les a accueillis à bras ouverts. En outre, comme les fausses cartes circulent à foison, il y a plus d’adhérents à l’UNEF à Strasbourg que d’étudiants inscrits à l’université, l’OCI déroule le tapis rouge à ces jeunes rocardiens qui donnent du crédit au mouvement de réunification.

Dans les semaines qui précèdent le congrès de réunification de l’UNEF, d’âpres négociations se déroulent dans les cafés voisins du bureau national de l’UNEF, situé rue de Hanovre, dans des locaux qui appartiennent à la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière, à deux pas de l’Opéra, entre la direction du syndicat étudiant et ce courant des étudiants rocardiens, dont les deux chefs de file sont Stéphane Fouks, futur dirigeant de l’agence de communication Euro-RSCG, rebaptisée Havas, et Alain Bauer, futur grand maître de la principale loge maçonnique, le Grand Orient de France.

Négociations surréalistes, régulièrement, Stéphane Fouks suspend les tractations en prétendant qu’il va téléphoner à Michel Rocard pour le consulter, alors que l’ancien leader du Parti Socialiste Unifié (PSU) et rival de François Mitterrand ignore tout de ce qui se trame dans les arrières cuisines de l’UNEF. Ces suspensions interviennent alors que l’OCI veut devancer les désirs de ces étudiants rocardiens et leur accorder des positions syndicales importantes, même dans des villes où ils ne pèsent rien. Plusieurs associations générales d’étudiants de l’UNEF, en province, leur sont offertes avant même que ne se tienne le congrès de réunification de l’UNEF à Nanterre, en mai 1980, à l’issue duquel Stéphane Fouks et Alain Bauer font leur entrée au bureau national de l’UNEF. Encore lycéen en mai 1980, Alain Bauer rate le premier jour du congrès parce qu’il doit se rendre en cours.

De ce noyau d’étudiants rocardiens, c’est Stéphane Fouks le plus âgé et celui qui a le plus d’expérience politique. Fils d’un ancien résistant juif communiste, qui a été dans les maquis du Jura puis a rompu avec le Parti Communiste Français (PCF) après la guerre pour basculer vers le mendésisme, il a adhéré au Parti Socialiste à l’âge de quinze ans, en 1975, alors qu’il était encore lycéen. Il militait au sein de la section socialiste de Charenton-le-Pont, où il a fait la connaissance de l’une des figures de proue du rocardisme, Yves Colmou. Devenu étudiant, il a adhéré à un petit syndicat, le Mouvement d’Action Syndicale (MAS), où se côtoyaient des rocardiens et des militants de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR).

C’est avec cette expérience qu’il participe au congrès de réunification de l’UNEF, au mois de mai 1980, et fait cause commune avec un autre jeune rocardien, Alain Bauer.

De son côté, Manuel Valls fait un choix, la politique et le Parti socialiste, où il bascule vite et s’investit. Sa première section d’accueil est celle de Paris Sorbonne. Il rejoint le comité directeur du Parti Socialiste quand Stéphane Fouks lui cède sa place. Il y bascule si vite qu’il néglige ses études. Plus de trente ans plus tard, sa biographie, postée sur le site internet de Matignon, affiche fièrement ce parcours d’études d’histoire dans ladite université, « études d’histoire à l’université de Paris Sorbonne », sans préciser quels diplômes l’étudiant aurait pu décrocher. Sur le site internet du ministère de l’intérieur, peu avant, son cursus universitaire était présenté de manière encore plus énigmatique, « ancien élève en histoire à l’université de Paris Sorbonne ». Et pour cause, à l’époque, il n’en décroche aucun d’importance. Au terme « d’un parcours universitaire chaotique », selon la formule de son ami Alain Bauer, il obtient tout juste une licence d’histoire, s’il faut en croire sa biographie sur Wikipédia.

 

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