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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 19:57

 

http://www.liberation.fr/futurs/2017/06/23/affaire-ferrand-la-direction-de-l-afp-assure-n-avoir-rien-etouffe_1579040

 

La direction de l'Agence France Presse (AFP) assure n'avoir rien étouffé

 

Par Jérôme Lefilliâtre

 

Contre l'accusation du Syndicat National des Journalistes (SNJ) de la Confédération Générale du Travail (CGT), la direction de l'AFP explique qu'il s'agissait d'une décision éditoriale, mue par la volonté de procéder à toutes les vérifications.

 

C’est une affaire embarrassante pour l’AFP. Dans un communiqué publié Jeudi 22 Juin 2017, le SNJ de la CGT de l'AFP accuse sa direction d’avoir « étouffé des informations gênantes pour le nouveau pouvoir ». D’après son récit, des journalistes de l'AFP, issus du bureau de Rennes, étaient en possession des informations relatives au montage immobilier de l’éphémère ministre de la cohésion des territoires, Richard Ferrand, avant leur publication par le Canard Enchaîné. De même, ils avaient obtenu le témoignage d’un avocat mettant en cause ce proche d’Emmanuel Macron, avant que le Parisien en fasse l’écho.

 

Mais, dans les deux cas, les sujets auraient été refusés par la rédaction en chef du service France, selon le SNJ de la CGT, qui « rappelle que l’AFP est et doit rester indépendante et que ses journalistes doivent pouvoir enquêter librement et publier toute information même si elle est gênante pour tout type de pouvoir, en particulier le pouvoir politique ». Le SNJ de la CGT cite enfin le cas d’une dépêche de l'AFP, le 17 mai 2017, sur le renvoi en correctionnelle pour diffamation de François Bayrou, qui « n’a pas été diffusée, la rédaction en chef France trouvant son intérêt trop limité ».

 

Autocensure, excès de prudence ou simple décision éditoriale ? En réunion de rédaction, Vendredi 23 Juin 2017, la directrice de l’information de l’AFP, Michèle Leridon, a condamné cette prise de position du SNJ de la CGT et elle a apporté son soutien à la rédaction en chef visée. « C’est ignominieux et diffamatoire, il est indigne de penser que la rédaction en chef a gardé pour elle ces informations pour ne pas gêner le pouvoir. Il n’y a pas de censure à l’AFP et il n'y a pas d’affaire étouffée », a-t-elle déclaré, selon un mémo interne consulté par Libération.

 

De son côté, le directeur de la région France, Philippe Onillon, a évoqué un communiqué « insultant, malveillant et indigne » et il a défendu une décision éditoriale. Les sources sur lesquelles étaient basées les histoires liées à Richard Ferrand n’étaient pas tout à fait claires selon lui. « Nous avons tous les mails, tout est écrit et je mets quiconque au défi d’affirmer que, sur la base des informations dont nous disposions, il fallait donner le sujet », a-t-il justifié. L’AFP reste marquée par la publication de la fausse information sur la mort de Martin Bouygues il y a deux ans, à la suite de laquelle Philippe Onillon avait été nommé à son poste. Devant ses équipes, ce dernier a rappelé plaider pour une rédaction en chef forte. « Le problème pour une rédaction en chef, c’est de ne pas faire son travail, ne jamais retoquer un papier ou ne jamais négocier un angle ». Façon de dire que le niveau d’exigence demandé au sein de l'AFP et le nombre de vérifications impliquent parfois de rater quelques scoops ou de se faire doubler par des concurrents.

 

Joint par Libération, le délégué d’un autre syndicat à l’AFP que le SNJ de la CGT va dans le sens de la direction, « il n’y a rien de politique dans cette affaire », assure-t-il, « il y a seulement eu un arbitrage rédactionnel discutable qui n’était pas forcément le bon. Mais il ne faut pas sur interpréter la situation ».

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