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actualité politique nationale et internationale

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CRISE ENTRE MELENCHON ET GUENOLE

 

 

https://www.marianne.net/politique/thomas-guenole-quitte-la-france-insoumise-en-denoncant-un-melenchon-autocrate

 

Thomas Guénolé quitte le Mouvement de la France Insoumise (MFI) en dénonçant Jean Luc Mélenchon comme un autocrate

Jeudi 18 Avril 2019

Candidat sur la liste du MFI aux élections européennes, le politologue part avec fracas. « Jean-Luc Mélenchon gouverne le MFI en autocrate », accuse-t-il. Le MFI déclare pour sa part avoir reçu « un signalement d’une jeune femme dénonçant des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé ».

Un de plus, l’hémorragie se poursuit au sein du MFI, qui a vu plusieurs de ses membres quitter le navire ou en être jetés par dessus bord depuis quelques mois. Après les départs de Liem Hoang Ngoc, de Sarah Soilihi et de Corinne Morel Darleux, mais aussi et surtout de Djordje Kuzmanovic et de François Cocq, c'est maintenant Thomas Guénolé qui prend la poudre d'escampette, non sans fracas.

Dans un communiqué, le politologue, en quatorzième position sur la liste du MFI aux élections européennes, affirme que « l’appareil du MFI trahit nos valeurs et se rit des militants ». Les mots employés sont forts. D'après celui qui était également le co-responsable de l'école de formation du MFI, les cadres du mouvement « l'organisent comme une dictature ». Jean-Luc Mélenchon est accusé de « gouverner le MFI en autocrate, au sein d'un appareil central qui fonctionne comme une toile d’araignée, des cercles de plus en plus étroits, jusqu’à Jean Luc Mélenchon au centre qui in fine décide de tout ce qui compte en symbiose avec Sophia Chikirou ». Manuel Bompard, numéro deux de la liste aux élections européennes et homme central de l'organisation du MFI, étant pour Thomas Guénolé « leur homme de paille et leur paratonnerre ».

Conclusion de Thomas Guénolé, « ce fonctionnement autocratique du MFI est très gravement incompatible avec les positions du MFI pour l’instauration d’une vraie démocratie en France ».

Pour appuyer sa thèse, Thomas Guénolé développe plusieurs critiques, entendues de manière récurrente à l’intérieur du MFI. Dans ce mouvement gazeux, aux règles floues, la démocratie représentative ne serait qu'un simulacre. Les instances composées en partie de militants choisis au hasard, « il y a de forts doutes sur la réalité du tirage au sort ». Les consultations en ligne, « les participants ne peuvent voter qu’en bloc sur des textes préparés par l’appareil central ». Les désaccords internes, « il n’y a jamais de vote pour départager deux lignes sur un point qui divise les militants ». Thomas Guénolé dénonce un système où les discussions internes ne seraient que des apparences, toutes les décisions étant déjà cadrées et verrouillées par Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou et Manuel Bompard

Le politologue va plus loin et s'attaque justement aux deux premiers membres du trio. L'ancienne dirigeante du Média est accusée de « faire peser sur le mouvement un risque judiciaire extrêmement grave », elle qui est, entre autres, visée à la suite des perquisitions subies par le MFI au mois d’octobre 2018. Thomas Guénolé pointe sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon et le fait qu'elle soit « prestataire de campagnes électorales passées et actuelles du MFI » par l’intermédiaire de sa société Mediascop. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est jugé susceptible d'être condamné à une peine d'inéligibilité dans le cadre des enquêtes judiciaires sur les comptes de la campagne pour les élections présidentielles en 2017. Le politologue critique également sa « personnalité imprévisiblement colérique ».

Thomas Guénolé déclare avoir « exprimé à l’intérieur du MFI ces critiques et ces mises en garde », sans s'épancher dans la presse. Il explique avoir décidé de sauter le pas devant des menaces, « les dirigeants du MFI se mettent à employer contre moi des méthodes staliniennes, m’accuser de choses sur la base de rumeurs, refuser de me communiquer le moindre document m’incriminant précisément et faire pression contre moi pour que je retire spontanément ma candidature aux élections européennes ».

De fait, celui qui défendait encore le MFI dans nos colonnes il y a quelques jours semble avoir devancé son éviction par le MFI. Peu après l'annonce de son départ, le comité électoral du MFI n'a pas tardé à riposter. Dans un communiqué, l'instance annonce « avoir reçu un signalement d’une jeune femme dénonçant des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé et avoir saisi le pôle d’écoute et de vigilance contre les violences sexistes et sexuelles. Nous découvrons avec stupeur le communiqué de Thomas Guénolé qui instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense », est-il ajouté. Preuve que ce divorce politique va se solder en bataille judiciaire, l’ancien candidat a chargé son avocat de « prendre toutes les mesures judiciaires nécessaires contre l’appareil central du MFI ».

Après une chute sévère dans les sondages à l'automne et des premières semaines de campagne laborieuses, le MFI avait entamé une légère remontée. La liste conduite par Manon Aubry obtiendrait entre huit et neuf pour cent des voix dans les études d'opinion, au coude-à-coude avec la liste d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). A près d'un mois des élections européennes, ce nouveau soubresaut interne survient au pire des moments.

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