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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 16:14

 

 

https://www.facebook.com/events/127745489322986/

 

Vidéo rencontre débat organisée par le Collectif pour la Libération des Prisonniers Politiques Catalans (CLPPC)

Catalogne, la démocratie en procès

En ligne par Facebook ou par Zoom

Mercredi 21 Avril 2021 à 19 heures

Qu'est ce qui se joue avec la levée de l'immunité parlementaire des députés européens catalans ?

 Où en sont les libertés en Catalogne ?

Quelles initiatives unitaires pour l'amnistie, la libération des prisonniers, le retour des exilés et l'abandon des poursuites ?

Avec la participation d'un représentant d'Omnium Cultural, de Leïla Chaibi, députée européenne du Mouvement de la France Insoumise (MFI), de Sébastien Nadot, député du groupe des Libertés et des Territoires de l'assemblée nationale française, de Raymonde Poncet, sénatrice d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et de Christian Mahieux, de la commission internationale de l'Union Syndicale Solidaire (USS)

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 15:56

 

 

https://www.nouvelobs.com/societe/20210410.OBS42554/10-choses-a-savoir-sur-cedric-herrou-heros-quotidien-de-la-fraternite.html

 

Dix choses à savoir sur Cédric Herrou, héros quotidien de la fraternité

Le paysan militant de la vallée de la Roya vient d’être définitivement relaxé par la cour de cassation pour avoir porté assistance à des migrants.

Poursuivi pour avoir convoyé des migrants venus d’Italie et pour avoir organisé un camp d’accueil en 2016 dans les Alpes-Maritimes, Cédric Herrou a bataillé quatre ans devant les tribunaux pour faire reconnaître le principe de fraternité. La cour de cassation a rejeté, Mercredi 31 Mars 2021, un pourvoi du parquet général de Lyon, rendant ainsi définitive la relaxe du militant. « La solidarité n’est plus un délit », se réjouit l’agriculteur de quarante et un ans, dont Jean Marie Gustave Le Clézio saluait l’action dans l'Observateur à l’automne 2020, « Cedric Herrou est un héros quotidien, comme l’a été en son temps l’abbé Pierre ».

Mère assistante maternelle et père représentant en produits d’entretien, Cedric Herrou grandit dans un quartier populaire de Nice, l’Ariane. A la maison, ses parents sont une famille d’accueil. Son frère et lui partagent leurs jouets avec des gosses délaissés de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), leurs rêves aussi. Baccalauréat de mécanicien en poche, il fuit la Riviera pour réaliser son rêve, « une cabane, un arbre et des animaux ». A Breil-sur-Roya, il jette son dévolu sur une oliveraie abandonnée. Il a vingt cinq ans et il devient oléiculteur.

A trente cinq ans, Cedric Herrou adopte le look béret-chandail. Il élève aussi des poules. Un matin, il prend en stop une famille africaine et il la dépose à la gare, « quand la police les a ramenés en Italie, je me suis senti responsable ». Nous sommes en 2015 et la vallée de la Roya, située à la frontière italienne, redevient un point de passage sur les routes migratoires. Il repart les chercher à Vintimille, dans l’église Sant’Antonio où s’entassent des centaines d’autres réfugiés à la merci des proxénètes et des passeurs.

Un an plus tard, en 2016, le barbu aux lunettes rondes est arrêté à la frontière. A l’arrière de son van, il y a huit candidats à l’asile. « Rappelons-nous que la fraternité est une devise française », dit-il. A Nice, le procureur lui prête des intentions humanitaires. Il est relâché, puis de nouveau arrêté à l’automne. Cette fois, il a relogé une cinquantaine d'érythréens et de soudanais dans un immense édifice mussolinien désaffecté, l'ancienne gare de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) de Saint-Dalmas-de-Tende.

Cédric Herrou devient une star malgré lui. En 2018, le Festival de Cannes projette hors compétition le documentaire « Libre », que lui a consacré Michel Toesca. En smoking, il monte les marches accompagné de réfugiés. Son combat pour le droit à l’asile reçoit une ovation. A l’entrée des palaces, les vigiles lui demandent des autographes.

Cette sur médiatisation ne lui attire pas que des amitiés. Lors d’une avant-première à Valence, des militants d’extrême droite l’enfarinent. Dans les Alpes, les identitaires le haïssent. Cedric Herrou le leur rend bien. Au mois de mars 2021, après la dissolution du groupuscule Génération Identitaire, il tweete, « vends doudoune bleue, très peu servie, petite odeur de fumier mais bon état général ».

Un autre tweet, visant le député Eric Ciotti, lui vaut d’être condamné à une amende de deux mille euros avec sursis pour injure publique, « quand Eric Ciotti dit en 2018 de mettre les migrants en Libye, il aurait dit en 1940 de les mettre dans les chambres à gaz ». Grand fan de Christiane Taubira, Cedric Herrou vote « soit vert, soit extrême gauche, soit socialiste, tout sauf la gauche des nantis intellectuels qui ne parlent plus aux prolétaires ».

Cédric Herrou découvre régulièrement des caméras planquées dans ses oliviers. Dans « Change ton Monde », paru en 2020 aux éditions des Liens qui Libèrent, il raconte les onze gardes à vue qu’il a endurées en quatre ans. Souvent humiliantes et parfois terrifiantes, comme cette fois où des « flics qui ont la croix de fer tatouée aux mollets » l’embarquent et le menacent, « nous ne sommes pas des tapettes de la police de Nice ».

Avec sa compagne Marion Gachet Dieuzeide, ancienne étudiante en commerce, Cedric Herrou fonde en 2019 la première communauté Emmaüs agricole de France. Entre les deux premiers confinements, l’association a racheté un ancien moulin à farine et à huile.

Depuis la tempête Alex, au mois d'octobre 2020, l’agriculteur est accaparé par la reconstruction de sa vallée dévastée par les intempéries. Sa mère est bénévole au Secours Populaire Français (SPF), à Breil sur Roya. Il a fait don aux villageois de la moitié des œufs de ses mille poules pondeuses.

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 15:32

 

 

http://www.fnsac-cgt.com/article.php?IDart=1685&IDssrub=214

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-urgence-pour-le-spectacle

 

Urgence pour le spectacle

Culture en danger contre le coronavirus a lancé la pétition ci dessous adressée à Emmanuel Macron, Jean Castex et Roselyne Bachelot

Urgence pour le spectacle, pour la culture et pour ceux qui les font vivre 

Toutes les scènes de France sont fermées au public, la plupart depuis plus de six mois. Les cinémas ont refermé leurs portes. Artistes et techniciens du spectacle ne peuvent plus travailler. Les entreprises de spectacle sont à l'arrêt et tous leurs personnels craignent pour leur survie. Tous les secteurs sont touchés, la création elle-même mais aussi les prestataires et tous ceux qui concourent à la tenue des événements culturels ou festifs. Les auteurs et compositeurs dont les œuvres ne sont plus diffusées et à qui on ne commande plus rien sont sans ressources. Ils n'en meurent pas tous mais tous sont touchés.

Comment vivre sans exercer son art quand c'est le choix d'une vie ? Comment vivre en ayant perdu la moitié de ses revenus et en voyant l'avenir chaque jour plus sombre ? On a beau être dans le spectacle, il faut payer son loyer et remplir le réfrigérateur. Comment ne pas s'alarmer quand, faute d'avoir travaillé depuis de longs mois, les intermittents du spectacle n'ont plus accès aux indemnités journalières de sécurité sociale pour maladie ou pour maternité et quand ils voient la fin de l'année blanche accordée par le président de la république sans espoir de renouveler leurs droits à l'assurance chômage ?

La ministre de la culture, Roselyne Bachelot, a déclaré que « certaines activités professionnelles peuvent continuer dès lors qu'il n'y a pas de public. Concrètement, la création artistique continue de vivre. Les tournages, les répétitions de spectacle à huis-clos, les enregistrements et les captations des œuvres sans public sont tout à fait possibles ».

Après avoir versé des dizaines de millions d'euros aux entreprises de spectacle pour qu'elles puissent survivre à la crise sans avoir d'activité, il est temps de penser aux femmes et aux hommes qui donnent vie aux œuvres.

Permettons à tous les artistes, les techniciens, les compagnies, les groupes et les ensembles musicaux de reprendre le chemin des studios et des salles de spectacle, quand bien même elles demeurent fermées au public. Qu'on leur donne du travail, qu'on leur commande des créations, qu'on les paie et qu'ils génèrent comme à l'accoutumée leur protection sociale en cotisant aux différents organismes. Pendant cette triste crise, des milliers de spectacles et d’oeuvres peuvent se préparer pour demain. On les découvrira d'abord sur les plateformes en ligne avant qu'ils ne soient donnés en public dès que les conditions sanitaires le permettront. Comme ce sera nécessairement dans de petits lieux à cause de l’épidémie, il faudra des milliers de projets et d'équipes artistiques pour offrir à toute la population les concerts, les pièces ou les ballets dont elle aura été privée si longtemps.

Que l'état en premier lieu, mais aussi les régions, les départements et les villes, débloquent des fonds de toute urgence pour financer cette reprise du travail qui, à terme, permettra de donner des spectacles sur les scènes de tout le pays.

Il faut aussi sécuriser les droits collectifs. Les professionnels du spectacle ne demandent ici rien d'autre que ce qui doit être accordé à tous, travailler autant que possible pour vivre de son métier, alimenter la solidarité interprofessionnelle par ses cotisations et accéder à des droits sociaux lorsqu'on n'a plus d'emploi pour subvenir à ses besoins. La gravité de la crise économique et sociale provoquée par la situation sanitaire appelle plus que jamais le principe d'une indemnisation chômage sans condition pour tous ceux, intermittents ou pas, qui ont perdu leur emploi. 

Les caisses sociales des artistes et des techniciens doivent être renflouées. Les droits à l'assurance chômage, à la sécurité sociale, à la formation professionnelle, à la médecine du travail et aux congés payés doivent être garantis. L'année blanche durera beaucoup plus que ce qui était prévu. Tous les intermittents du spectacle, comme tous les travailleurs inscrits au chômage et empêchés de travailler, doivent voir leurs droits prolongés jusqu'à un an après la fin de la période d'impossibilité de travailler.

Premiers signataires

Christophe Alévêque, Samuel Churin, Pierre Dharréville, Nicolas Dubourg, Denis Gravouil

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 13:58

 

 

https://www.chroniquepalestine.com/elections-palestiniennes-alliance-autour-marwan-barghouti-coup-dur-pour-fatah/

https://www.al-monitor.com/originals/2021/04/jailed-palestinian-leaders-alliance-could-deal-fatah-blow-ballot-boxes#ixzz6r8iJScQf/

 

Elections palestiniennes, l’alliance autour de Marwan Barghouti est un coup dur pour le Fatah

Par Ahmad Melhem

Vendredi 2 Avril 2021

Représentant de la génération qui a succédé à celle des dirigeants historiques comme Yasser Arafat, Marwan Barghouti a été des plus actifs lors de la première intifada en 1987 et lors de la deuxième intifada en 2000, avant d'être arrêté en 2001 par l'occupant israélien et d'être condamné à cinq peines de réclusion à perpétuité pour ses faits de résistance

La popularité de Marwan Barghouti et de Nasser al-Qudwa présente un sérieux défi pour le Fatah, le parti au pouvoir du président Mahmoud Abbas, et elle pourrait avoir des implications au-delà des élections législatives.

Le dirigeant palestinien emprisonné Marwan Barghouti a formé une alliance en vue des élections législatives à venir avec Nasser al-Qudwa, haut responsable qui a été limogé du Fatah, parti du président Mahmoud Abbas. Les deux personnalités, parmi les plus populaires du Fatah, entrent en concurrence avec leur propre mouvement par une initiative qui pourrait jeter les bases d’une nouvelle ère de la politique palestinienne.

La date limite de dépôt des listes électorales pour les prochaines élections, fixées au 22 mai 2021, était le 31 mars 2021 et trente-six listes ont été soumises à la Commission Electorale Centrale (CEC).

Quelques heures seulement avant l’heure limite, la liste électorale officielle du Fatah et la liste Freedom, la liste d’union entre Marwan Barghouti et Nasser al Qudwa, ont été enregistrées par la CEC.

Marwan Barghouti purge actuellement cinq condamnations à perpétuité dans une prison israélienne pour une prétendue implication dans des assassinats au cours de la seconde intifada.

La liste Freedom comprend des dirigeants du Fatah proches de Marwan Barghouti, d’anciennes personnalités politiques, des prisonniers libérés de prison et d’autres candidats indépendants.

Cette liste, où la part des femmes excède les trente pour cent, est conduite par Nasser al Qudwa, neveu de feu le leader palestinien Yasser Arafat.

Nasser al Qudwa qui a de nombreux partisans dans la bande de Gaza, a été exclu du comité central du Fatah au début du mois de mars 2021 pour avoir tenté de présenter une liste séparée de candidats.

C’est l’une des personnalités diplomatiques palestiniennes les plus en vue, car il a servi en qualité de ministre des affaires étrangères et de représentant palestinien auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans les années précédentes.

L’épouse de Marwan Barghouti, Fadwa Barghouti, personnalité féminine de tout premier plan dans le Fatah, figure en deuxième position sur la liste. Elle est membre du conseil révolutionnaire du Fatah et elle a obtenu le plus grand nombre de suffrages lors des élections de 2016.

Jamal Hawil, ancien membre du conseil révolutionnaire du Fatah qui a participé à la bataille de 2002 dans le camp de réfugiés de Jénine et qui a passé 11 ans dans des prisons israéliennes, est aussi sur la liste.

Cela vaut aussi pour Fakhri Barghouti, ancien prisonnier palestinien bien connu qui a passé trente-trois ans dans une prison israélienne et qui a été libéré lors d’un échange de prisonniers entre le Hamas et Israël.

Figure également sur la liste Abdel Fattah Hamayel, ancien membre du conseil révolutionnaire du Fatah et ancien maire de Bethléem. Il a été ministre du premier gouvernement présidé par Mahmoud Abbas en 2003 et membre du premier Conseil Législatif Palestinien (CLP) en 1996.

Ostensiblement, la liste Freedom est l’outsider de ces élections législatives, mais elle gagne en importance après l’accord électoral conclu entre Marwan Barghouti et Nasser al Qudwa.

Un membre de la famille de Marwan Barghouti, qui a refusé d’être nommé, a déclaré au Monitor que, avant de prendre la décision de s’allier à Nasser al Qudwa, Marwan Barghouti a attendu fort longtemps que le comité central du Fatah mette à exécution l’objet d’un accord conclu avec Hussein al-Sheikh du comité central lors d’une visite en prison.

La source a fait remarquer que le comité central du Fatah n’a pas satisfait les exigences de Marwan Barghouti de modification de la loi électorale pour permettre à tous les citoyens de se porter candidats aux élections présidentielles palestiniennes sans avoir besoin de figurer sur une liste ou d’appartenir à un parti politique et de participer à la sélection des candidats du mouvement.

Cette liste porte un coup dur au Fatah, car elle va sans aucun doute diviser ses suffrages, ayant par conséquent un impact négatif sur ses chances de gagner les élections.

Ceci est particulièrement vrai en présence d’une troisième liste, affiliée à un dirigeant du Fatah expulsé du parti, Mohammed Dahlan, ce qui implique que les votes du Fatah seront divisés en au moins trois listes.

Hani Al Masri, directeur général du groupe de réflexion Masarat et candidat sur la liste Freedom, a déclaré à la presse devant le siège de la CEC le 31 mars 2021 que la liste en appelle au changement et qu'elle n'appelle pas à une réforme du système politique palestinien.

La raison en est que ce système politique est devenu irréformable et qu'il nécessite un profond changement de politiques, de lois et de méthodes de travail, en plus d’une mobilisation du potentiel du peuple palestinien contre l’occupation, la corruption et l’oppression, a-t-il ajouté.

Hani al Masri a constaté que l’alliance électorale a amené des changements positifs. Cette liste a pris de l’élan et elle est maintenant capable de rivaliser avec les autres et d’attirer de larges segments de l’électorat palestinien afin de provoquer le changement requis.

Il affirme que la liste répond au besoin de la population d’une liste concurrentielle capable de rompre la polarisation entre le Fatah et le Hamas et de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent le peuple et les institutions.

Les élections législatives constituent un défi majeur que Nasser al Qudwa et Marwan Barghouti doivent surmonter grâce à leur alliance électorale, en prévision d’autres à venir, plus particulièrement l’élection présidentielle à laquelle Marwan Barghouti a l’intention de se porter candidat.

A la suite du dépôt de la liste, Nasser al Qudwa a déclaré à la presse le 31 mars 2021 que « nous avons déposé une liste très importante. Le dirigeant Marwan Barghouti et le National Democratic Forum (NDF) se présentent devant le peuple palestinien sur une liste unifiée pour concourir dans les prochaines élections législatives. C’est le résultat d’un travail sérieux ».

Nasser al Qudwa a insisté sur la nécessité de tenir les élections présidentielles, les élections législatives et les élections au CLP, dans les délais prévus, ce qui fait partie du processus démocratique. Les élections présidentielles sont fixées au 31 juillet 2021, stipule le décret présidentiel.

Des sondages de ces dernières années indiquent que Marwan Barghouti est le favori pour les élections présidentielles. Le résultat d’un sondage récent mené par le Palestinian Center for Policy and Survey Research (PCPSR) et publié le 23 mars 2021 a montré que quarante-huit pour cent des palestiniens veulent que Marwan Barghouti soit leur président, vingt-huit pour cent ont choisi Ismail Haniyeh et dix-neuf pour cent ont opté pour Mahmoud Abbas.

Jamal Hawil a déclaré au Monitor que la nécessité d’injecter du sang neuf au sein de la population et de bien établir la démocratie comme démarche durable était derrière la candidature de Marwan Barghouti, que le peuple palestinien veut exercer son droit de choisir librement ses représentants et que Marwan Barghouti veut présenter sa candidature aux élections présidentielles.

Il a ajouté que Marwan Barghouti veut générer un grand changement dans la rue palestinienne afin d’impliquer tous les groupes et segments du peuple palestinien, en plus des cadres du Fatah, d’autant que beaucoup d’entre eux se sont plaints du mécanisme de sélection de la liste électorale du mouvement.

La portée d’une telle liste d’union, conduite par un membre du comité central du Fatah et soutenue par l’homme le plus populaire du mouvement, à savoir Marwan Barghouti, ne se limitera pas à l’exercice électorale. Au contraire, c’est le début d’une nouvelle phase pour le système politique palestinien.

Ahmad Melhem est un journaliste et photographe palestinien d’al Watan News basé à Ramallah. Il écrit pour un certain nombre de publications arabes.

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 16:17

 

 

https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/micro-europeen/micro-europeen-300-femmes-turques-assassinees-en-turquie-en-2020_4348853.html

 

Trois cent femmes assassinées en Turquie en 2020

Samedi 10 Avril 2021

La perte de la Convention d‘Istanbul assombrit le futur des femmes turques. Ce traité international a pour but de réprimer les violences faites aux femmes, en particulier les violences domestiques. Recep Tayyip Erdoğan, par cette décision, plonge les femmes turques dans la colère et l'effroi. Une régression totale, compromettant l’avenir des femmes turques qu’avait voulu Mustafa Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne.  

La Turquie a annoncé quitter la Convention d'Istanbul, une convention du Conseil de l’Europe, traité international qui a pour but de réprimer les violences faites aux femmes, pour l'élimination de toutes les formes de violences contre les femmes, la violence conjugale et familiale, y compris le viol conjugal et la mutilation génitale féminine.

Cette convention a été introduite en 2011, lors de la présidence turque du conseil des ministres du Conseil de l’Europe. D’un trait de plume, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a décidé de retirer son pays de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe. Bien évidemment, la gifle islamo-ottomane nationaliste a fait descendre les femmes turques dans la rue et elles ne cessent de se regrouper dans les rues des villes de Turquie, brandissant des portraits de femmes assassinées, dont les meurtriers n’ont pas été poursuivis par la justice, pour ceux qui sont connus, car bon nombre d’assassinats de femmes sont sans poursuites, faute de présumés coupables, comme l’a précisé notre invitée Urun Günner, militante de l’association féministe Flying Broom.

Les avocates des associations turques ont beau porté plainte auprès de la justice turque mais, comme l’a précisé notre invitée, cette justice est plus que liée au pouvoir. Quant au législateur turc, qui pourrait être un recours contre cette décision, le parlement turc est dominé par les deux partis majoritaires, le parti de la justice et du développement (AKP) et le parti d’action nationaliste (MHP), parti d’extrême droite dont les militants sont les Loups Gris. Comment faire pour que les femmes trouvent un moyen légal afin de faire entendre leurs voix et aboutir devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de Strasbourg ? C’est un processus possible après avoir usé tous les recours juridiques nationaux. Le combat des féministes est un long chemin semé d’embûches.

La décision turque de sortir de cette convention est une porte ouverte à l’assassinat impuni de femmes, une sorte de permis de tuer qui ne porte pas son nom. Mais les femmes turques ne sont nullement disposées à courber l’échine face à cette politique obscurantiste de harem, alors que Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, avait donné le droit de vote aux femmes turques en 1934, début de leur émancipation. Recep Tayyip Erdogan met en œuvre une régression totale de son pays, compromettant l’avenir des femmes turques voulu par Mustafa Kemal Atatürk.  

« Ce sont les femmes qui gagneront cette guerre », cette phrase est celle des manifestantes turques qui sont entrées en guerre contre le pouvoir islamo-nationaliste de Recep Tayyip Erdogan. Elles savent très bien quels sont les risques encourus, comme nous l’a indiqué Urun Günner, la prison, pour commencer.

Pour le Conseil de l’Europe, la décision de Recep Tayyip Erdogan est une nouvelle dévastatrice et elle compromet la protection des femmes en Turquie, mais pas plus. On attendrait une prise de position courageuse de sa secrétaire générale, Marija Pejčinović Burić, à commencer par une vraie solidarité féminine. Le Quai d'Orsay, a fait savoir qu’il regrette profondément cette décision qui va en premier lieu affecter les femmes turques, auxquelles la France exprime toute sa solidarité. Pour le ministère allemand des affaires étrangères, cette décision envoie un mauvais signal à l'Europe, mais surtout aux femmes turques.

Il faut dire que le gouvernement allemand ne peut faire mieux, dans le sens où la communauté turque en Allemagne, forte de quatre millions de personnes, est un lobby fort gênant pour Angela Merkel qui, trop souvent, est plus soumise que résistante à Recep Tayyip Erdogan, mais elle n’est pas la seule. En somme, tout peut arriver aux femmes turques, si elles ne sont pas soutenues par des messages forts et des actions engagées par la communauté internationale.

En Turquie, le rival de Recep Tayyip Erdogan, le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, a déclaré que la décision de Recep Tayyip Erdogan revient à piétiner la lutte que mènent les femmes depuis des années. Les femmes turques sont en danger. C’est peu de le dire.

Nous savons que le président turc est prêt à tout. Il n’hésite pas à occuper la basilique chrétienne Sainte Sophie pour en faire une mosquée, tout comme l’église Saint Sauveur in Chora, à remettre en question le Traité de Lausanne sur les frontières, à ne plus respecter la Convention de Montreux sur les détroits, à ignorer les Zones Economiques Exclusives (ZEE) européennes, à fermer les yeux sur les actions de l’Etat Islamique en Syrie, en laissant se faire massacrer les courageuses et superbes combattantes kurdes, à intervenir dans le Haut Karabakh officiellement ou officieusement, à n’avoir de cesse de menacer la Grèce et Chypre et à prolonger son chantage aux migrants contre l’Union Européenne, sans parler de son soft power en Europe, entre autres à Strasbourg, où le bâtiment du consulat et de la représentation turque auprès du Conseil de l’Europe à des allures de forteresse.

Mais pour le président turc, malgré son côté va-t-en guerre, sa politique commence à perdre de sa superbe. Hormis le fait qu’il a insulté le président de la république française, son économie connaît un net ralentissement, une inflation à risque très élevée et une livre turque qui va de mal en pis, perdant un cinquième de sa valeur en une année, et accentuée par la reprise en main de la banque centrale turque.

Recep Tayyip Erdogan est aussi inquiet par l’arrivée de l’équipe de Joseph Biden à la Maison-Blanche qui pourrait bien mettre en place une relation plus dure entre Washington et Ankara. Donc des nuages noirs commencent à s’amonceler sur la tête de l’autocrate d’Ankara. 

Quant à la pitoyable rencontre à Ankara entre l’Union Européenne et la Turquie, Mardi 6 Avril 2021, on pourrait la résumer par une formule de Georges Clémenceau, « poltron et sofa ». 

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 15:52

 

 

https://www.fidh.org/fr/regions/ameriques/levee-des-sanctions-contre-la-cpi-comment-biden-peut-aller-plus-loin

 

Levée des sanctions contre la Cour Pénale Internationale (CPI), comment Joseph Biden peut aller plus loin

Face à deux procès aux États-Unis et à de nombreux appels de groupes de défense des droits humains, d’experts juridiques, d’associations d’avocats, de fonctionnaires de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et d'états membres de la CPI du monde entier, l’administration de Joseph Biden a levé Vendredi 2 Avril 2021 les sanctions adoptées par l’administration de Donald Trump contre la CPI. La Fédération Internationale des ligues des Droits de L'Homme (FIDH) et vingt sept de ses organisations membres exhortent désormais les États-Unis à s’engager de manière constructive pour la CPI et à démontrer leur engagement à rendre des comptes pour les crimes internationaux graves, y compris ceux commis par les plus puissants.

L’annulation, Vendredi 2 Avril 2021, du décret de Donald Trump a été largement saluée par la société civile internationale et ses alliés, dont l’Union Européenne, le secrétaire général de l’ONU et des états comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais ce geste devrait être le premier d’une séquence de plusieurs étapes visant à tourner la page des relations troubles des États-Unis avec la CPI.

« L’annulation des sanctions, associée à l’élection d’un nouveau procureur et de nouveaux juges, constitue une occasion bienvenue pour les États-Unis de rétablir leurs relations avec la CPI. Un chemin encore long, alors que les États-Unis rechignent encore à étendre la compétence de la CPI au personnel des états non-signataires », a dit Alice Mogwe, présidente de la FIDH.

La FIDH et ses membres soussignés soulignent auprès de l’administration de Joseph Biden que la justice due aux victimes de crimes internationaux ne saurait être politisée. La CPI est une instance de dernier recours. Ainsi, si les États-Unis voulaient contester l’enquête contre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qui auraient été commis en Afghanistan, ils devraient le faire devant un tribunal, sur la base d’éléments concrets, plutôt qu’à travers un bras de fer promouvant l’exception américain. Les États-Unis ont eu vingt ans pour assumer les préjudices portés par leur programme de torture, mais l’impunité pour les crimes subis par les détenus afghans ainsi que l’existence des bases noires de la Central Intelligence Agency (CIA) règne toujours. La prison de Guantanamo est toujours ouverte et les États-Unis continuent à détenir des hommes, qui étaient sujets à la torture, sans inculpation.

« L’administration de Joseph Biden doit immédiatement engager les démarches pour mettre un terme aux détentions indéfinies et pour enfin fermer la prison de Guantanamo. De la même manière, les États-Unis ne devraient pas oublier leur engagement pour la justice. Ils doivent demander des comptes aux personnes responsables de la gestion du programme de torture, ou bien laisser la CPI faire son travail », a dit Katherine Gallagher, avocate principale du Center for Constitutional Rights.

Katherine Gallagher représente devant la CPI deux survivants de la torture par la CIA et prisonniers de Guantanamo détenus depuis plus de quinze ans sans inculpation, Guled Hassan Duran et Sharqawi al Hajj.

Les États-Unis soutiennent d’ailleurs la plupart des enquêtes de la CPI, conformément aux engagements pris pour la justice internationale et les droits humains. Dans les mois à venir, nous ferons pression contre les États-Unis afin qu’ils permettent au procureur de conduire son enquête sans interférences, même si cela affecte des alliés américains. Ils pourront ainsi reprendre leur coopération avec la CPI et s’orienter vers un soutien affirmatif aux travaux de la CPI dans une démarche proactive pour soutenir et pour participer aux enquêtes. Cela enverra un signe sans équivoque aux autres états et au monde, selon lequel personne n’est au-dessus de la loi.

« L’indépendance du bureau du procureur est non seulement un principe clé du Statut de Rome, mais elle est aussi une caractéristique cruciale afin que la CPI remplisse son mandat qui est d’établir la vérité et de rendre justice aux victimes. Aux yeux de la loi, il n’y a pas d’exception pour les États-Unis, ni pour d’autres acteurs puissants », a dit Raquel Vazquez Llorente, représentante permanente de la FIDH à la CPI.

La FIDH et ses organisations membres soussignées continueront à veiller à ce que les États-Unis renouent leurs engagements pour la CPI.

Vendredi 2 Avril 2021, Joseph Biden, président des Etats Unis, a abrogé le décret qui imposait des sanctions économiques, civiles et pénales, à ceux qui soutiennent les enquêtes et les poursuites de la CPI. Le décret, promulgué par Donald Trump au mois de juin 2020, avait notamment pris pour cible deux fonctionnaires internationaux de la CPI, Fatou Bensouda et Phakiso Mochochoko. Cette mesure a été contestée devant un tribunal fédéral dans le district sud de New York par l’Open Society Justice Initiative (OSJI) et quatre professeurs de droit, qui ont fait valoir que le décret violait les droits constitutionnels des plaignants et qu’il les empêchait de mener à bien leur travail en faveur de la justice internationale. Le juge a estimé que le décret violait vraisemblablement le premier amendement à la constitution des Etats-Unis et il a émis une injonction préliminaire. Une deuxième action en justice a été déposée au début de l’année 2021 devant un tribunal fédéral du district nord de la Californie par quatre plaignants représentés par l’American Civil Liberties Union (ACLU).

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 15:31

 

 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/la-grande-mosquee-de-paris-au-coeur-de-la-resistance-au-nazisme-quand-nationalistes-laics-et-hommes-de-religion-saccordent-a-proteger-des-juifs-06-04-2021

 

La Grande Mosquée de Paris (GMP), au cœur de la résistance au nazisme

Quand nationalistes laïcs et hommes de religion s’accordent à protéger des juifs

Mardi 6 Avril 2021

Dans ces colonnes, nous revenons sur le rôle joué par les Francs Tireurs et Partisans (FTP) algériens dénommés groupes kabyles dans le sauvetage de juifs sépharades, particulièrement des enfants traqués par l’occupant nazi, en lien avec la GMP et son recteur Si Kaddour Ben Ghabrit.

Dans « une résistance oubliée, la Grande Mosquée de Paris », un film réalisé pour l’émission des Racines de la troisième chaîne de la télévision française en 1991, l’écrivain et réalisateur Derri Berkani restitue l’épisode associant la GMP au sauvetage de juifs, notamment des enfants, auquel le Watan a consacré plusieurs articles dans ses éditions du 2 février 2005, du 11 avril 2005 et du 16 mai 2005.

« A l’origine, je voulais faire un film sur la résistance des FTP algériens, qu’on appelait groupes kabyles, la commande venait de l’Office de la Radio Télévision Française (ORTF), en 1974, mais le film ne s’est pas fait ». L’opportunité en est donnée à Derri Berkani en 1991 par la troisième chaîne de la télévision française.

Les FTP algériens étaient désignés sous le vocable de groupes kabyles par facilité de langage en usage chez les FTP qui utilisaient les groupes de langues, pour permettre une sécurité de transmission des consignes. L’immigration algérienne de Paris, à l’époque, était le fait d’hommes jeunes, seuls et d’origine rurale, essentiellement de Kabylie. Ils étaient aux deux tiers analphabètes et ils vivaient dans la misère mais, par le travail, ils avaient intégré un autre univers, celui du monde ouvrier et du prolétariat. Ils avaient acquis une conscience prolétarienne dans les usines où ils travaillaient. Ils étaient tous syndiqués et ils participaient à toutes les luttes ouvrières et à toutes les grèves.

Dans une interview accordée au Nouvel Observateur en 2011, l’historien Benjamin Stora rappelle que, en 1939, près de cent mille algériens vivent en France dans des conditions misérables. La lutte syndicale et politique devient leur principal moyen d’expression. Certains s’engagent notamment au sein de l’Etoile Nord Africaine (ENA), qui milite pour l’indépendance de l’Algérie, tandis que d’autres rejoignent la résistance à l’occupation allemande. Une fois la guerre venue, ces travailleurs immigrés algériens se sont engagés dans les FTP, nous précisait Derri Berkani, lui-même fils de FTP.

Mohamed Lakhdar, qui avait rejoint les jeunesses communistes à vingt ans, était l’un d’entre eux. Il s’était engagé dans l’action clandestine en 1940 et il était un des fondateurs, en 1942, des FTP. Il était originaire de Tiaret. Il a été fusillé dans la nuit du 31 janvier 1943. Derri Berkani relevait pour le Watan que la démarche de la GMP et de son recteur Si Kaddour Ben Ghabrit obéissait à des principes religieux, mais les FTP algériens, qui ont amené des juifs pour les mettre à l’abri, étaient des laïcs et des ouvriers. Leurs motivations n’étaient pas religieuses, elles ont concordé avec celles des dirigeants de la GMP.

Les FTP agissaient par conscience prolétarienne, « c’était une action de nationalistes algériens ». Derri Berkani rappelait que Messali Hadj, dans al Hayet, avait appelé à la résistance au nazisme. Ferhat Abbas et Ali Boumendjel s’étaient prononcés contre l’abrogation des décrets d’Adolphe Crémieux, les décrets de naturalisation des juifs algériens, « on ne comprend pas cet engagement des ouvriers algériens, si on ne situe pas le contexte. Ils étaient seuls. La solidarité entre eux était une nécessité vitale. A cette époque, la tuberculose faisait des ravages. Tout ce qu’ils gagnaient, ils l’envoyaient à la famille. Malgré cela, ils ont participé activement à l’action de la libération de la France ».

Conçu d’abord pour les prisonniers de guerre nord-africains évadés des camps allemands, le réseau des FTP s’ouvre aux résistants de différents groupes, aux agents alliés et, lorsque les lois antisémites sont promulguées, presque exclusivement aux enfants juifs.

Ce mouvement s’amplifie au lendemain de l’opération Vent Printanier de la rafle du Vélodrome d’Hiver du 16 juillet et du 17 juillet 1942. Une note adressée à la police parisienne chargée des arrestations, « n’oubliez pas les enfants ». Dès lors, la GMP devient un lieu de passage et de transit pour tenter de mettre à l’abri le plus d’enfants possible.

Les juifs étaient amenés à la GMP avec l’accord et le soutien de son recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, le temps d’organiser leur passage vers la zone libre ou le Maghreb. Aussi, la GMP n’était pas un lieu de séjour, c’était un lieu de passage.

Les juifs algériens qui parlaient arabe étaient plus faciles à dissimuler. Si Kaddour Ben Ghabrit, recteur de la GMP met en place un système efficace d’alerte qui permettait de soustraire rapidement les enfants à la menace d’une descente de police. Personne ne fut arrêté dans l’enceinte de la GMP. Le lien se faisait par le docteur Albert Assouline.

Le docteur Albert Assouline avait comptabilisé mille six cent cartes alimentaires, une par personne, qu’il avait fournies à la GMP pour les juifs qui y avaient trouvé refuge. Au total, les souches des tickets alimentaires donnés à la GMP ont fait apparaître mille sept cent trente deux passages, essentiellement des parachutistes anglais et des enfants juifs. « En 1974, j’ai retrouvé à la GMP un livre où il y avait un nombre incalculable d’enfants, c’étaient des enfants juifs qu’on faisait passer pour des enfants algériens », nous disait Derri Berkani, sachant que l’immigration algérienne était alors dans une très forte proportion le fait d’hommes seuls.

Dans un tract en kabyle, ni daté ni signé, intitulé « comme tous nos enfants », ces FTP écrivent que « les juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes et les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe ». Derri Berkani a retrouvé ce tract chez un comptable à Draâ al Mizan.

Ce dernier l’avait récupéré parmi des papiers administratifs du propriétaire d’un bistrot, rue du Château des Rentiers, dans le treizième arrondissement de Paris, dont il s’était occupé des comptes. L’action des FTP n’était pas sans risques, des collaborateurs faisaient disparaître ceux qui tombaient entre leurs mains, « quand un résistant était pris, on lui brûlait les mains et le visage avec de l’acide pour qu’il ne soit pas reconnu, avant de l’enterrer au cimetière franco-musulman de Bobigny ».

Aux islamophobes et à ceux qui voient dans l’islam une religion d’intolérance et de violence et qui voient dans chaque musulman un potentiel intégriste, voire terroriste, de méditer ces exemples de musulmans qui, au péril de leurs vies et en en payant le prix, ont montré que l’islam a en partage des valeurs d’humanisme, d’entraide et de solidarité envers d’autres humains, quelle que soit leur religion ou leur origine ethnique. Que la société française au sein de laquelle se développent racisme et rejet de l’immigré reconnaisse que des immigrés et des ouvriers, de condition humble, comme les FTP algériens ont tendu la main à des familles et à des enfants persécutés par fraternité humaine. Que les musulmans eux-mêmes s’emparent de cette part de leur histoire et de leur mémoire et qu’ils s’en imprègnent.

« D’autres musulmans, comme Bel Hadj al Maafi, imam de Lyon, et Cherif Mecheri, sous-préfet et bras droit de Jean Moulin, né à Constantine, et d’autres encore, ont eux aussi participé à la protection de juifs pendant la guerre », explique le chercheur Kamel Mouellef, co-auteur de la bande dessinée des Résistants Oubliés, aux éditions Glénat. L’imam de Lyon, Bel Hadj al Maâfi, a fourni de faux certificats musulmans à des enfants juifs de Saint Fons et de Vénissieux pendant la seconde guerre mondiale, ce qui a été confirmé par le grand rabbin de Lyon, leur permettant ainsi d’échapper à une mort certaine.

Cherif Mecheri, né le 27 décembre 1902 à Constantine, a été sous-préfet à Châteaudun et bras droit de Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir. Il désobéit au gouvernement collaborationniste de Vichy en refusant d’établir une liste de juifs résidant dans son département.

Du côté des institutions juives, cet épisode historique semble déranger. Dans un article paru sur le site du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) en 2013, Jean Corcos, président délégué de la commission du CRIF pour les relations avec les musulmans, écrit que « ce sont des légendes, hélas trop belles pour être vraies, voire même carrément délirantes ». Une note interne du ministère des affaires étrangères du gouvernement de Vichy datant du 24 septembre 1940 et authentifiée par la direction des archives du ministère signale que la GMP est soupçonnée par les autorités d’occupation de délivrer frauduleusement à des personnes de race juive des certificats attestant que les intéressés sont de confession musulmane. Cela ne semble pas une preuve convaincante aux yeux du responsable du CRIF, lequel remet notamment en question le nombre de mille six cent juifs secourus et sauvés par la GMP, avancé par Albert Assouline dans le documentaire de Derri Berkani, ou encore l’histoire du chanteur juif algérien Salim Halali. La biographie du chanteur, Simon de son vrai prénom, rapporte qu’il est sauvé des camps de concentration en 1940 grâce à l’intervention de Si Kaddour Ben Ghabrit, qui lui délivre une attestation de conversion à l’islam au nom de son père et qui, pour corroborer cela, fait graver le nom de son père sur une tombe abandonnée du cimetière musulman de Bobigny. Jean Corcos estimait toutefois que « sans doute, et à l’intérieur même de la GMP, des anonymes ont aidé à faire passer pour musulmans des juifs de leurs relations, dans la limite de leurs moyens et sans que le recteur n’ait cherché à l’empêcher ».

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 13:51

 

 

IL Y A CENT CINQUANTE ANS EN ALGERIE

Lundi 12 Avril 2021

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Youssef Girard relatif à la révolte des années 1870 en Algérie contre la colonisation française. Le message est disponible en totalité si vous consultez le site de l’International Solidarity Movement (ISM) à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

 

http://www.ism-france.org/analyses/1871-la-Revolte-d-El-Mokrani--article-21414

IL Y A CENT CINQUANTE ANS EN ALGERIE

Le Bachagha Mohammed al Mokrani sonna l’heure de la révolte dans la région de Bibans le 14 mars 1871 en adressant une lettre au général Augeraud commandant de la subdivision de Sétif, dans laquelle il déclarait que « je m'apprête à vous combattre, que chacun prenne son fusil ». Le 15 mars 1871, Mohammed al Mokrani organisa une assemblée avec les membres de sa famille et ses lieutenants pour déclarer la révolte à Bejaïa.

Le 16 mars 1871, Mohammed al Mokrani lança six mille hommes à l’assaut de Bordj Bou Arreridj. Le même jour, Mohammed al Mokrani adressa une lettre au Bachagha du Tittery, « il y a ici un enthousiasme général pour le jihad et, si les musulmans se soulevaient de tous les côtés, je vous jure par dieu qu’ils n’auraient plus besoin de s’insurger une autre fois ».

Afin de donner une assise populaire et religieuse à sa révolte, Mohammed al Mokrani envoya une délégation auprès du cheikh al Haddad, qui était à la tête de la grande confrérie soufie de la Rahmaniyya. Le 8 avril 1871, au marché de Seddouk, où se réunissait une importante population, le cheikh al Haddad proclama le jihad contre la colonisation. Jetant son bâton au milieu de la foule, le chef de la Rahmaniyya affirma que, avec l’aide d’allah et du prophète, il serait aussi facile de jeter les français à la mer.

Alors âgé de plus de quatre-vingts ans, le vieux cheikh de la Rahmaniyya fit naître un immense enthousiasme dans l’assistance ce qui permit d’amplifier la révolte et de l’élargir à d’autres régions que celle de Bibans, notamment celles où sa confrérie était influente. Les masses rurales restaient animées par les confréries soufies qui s’étaient déjà opposées à la colonisation par le passé, notamment la Qadiriyya de l’émir Abdelkader. Ainsi, à la suite de cet appel, plus de cent mille moudjahidines rallièrent Mohammed al Mokrani. La révolte grandit jusqu’à s’étendre à toutes les régions de la Kabylie et au-delà à l’est et au sud de l’Algérie. Les insurgés assiégèrent Tizi-Ouzou, Drâa al Mizan et Isser. Au total, deux cent cinquante tribus se soulevèrent contre la colonisation, soit près du tiers de la population algérienne, c’est-à-dire entre six cent mille et huit cent mille personnes. Toutefois, les moudjahidines algériens manquaient d’armes et de munitions.

Ainsi, selon Ahmed Mahsas, cette révolte apparaissait comme un « véritable soulèvement populaire contre l’accaparement des terres par l’administration et les colons et pour secouer le joug de l’oppression ».

Parallèlement, des personnalités algériennes lancèrent une action diplomatique afin de sortir du tête-à-tête avec la puissance coloniale que les autorités françaises souhaitaient leur imposer. Car, pour les autorités coloniales, les affaires algériennes relevaient uniquement de la politique intérieure française. Ainsi, le 20 avril 1871, deux cent quatorze personnalités des trois départements d’Algérie adressèrent une lettre à la reine d’Angleterre pour dénoncer la politique française de confiscation des terres et des biens habous. Les signataires demandaient l’aide de la Grande-Bretagne, en particulier l’envoi d’une escadre anglaise, contre la France. Une copie fut adressée au sultan ottoman, avec prière de la communiquer aux puissances. Parmi les signataires figuraient les noms de Mohammed al Mokrani et du cheikh al Haddad.

En face, les autorités coloniales réagirent avec empressement pour écraser la révolte. Le 26 mars 1871, les troupes françaises entrèrent à Tébessa que Mahieddine avait choisie comme première étape de son combat. Les troupes de Mahieddine avaient été mises en déroute par l’armée coloniale. Le fils de l’émir Abdelkader fut contraint de se replier en Tunisie d’où il regagna Damas, où son père était réfugié, en passant par Alexandrie.

Les autorités françaises voulaient surtout éviter que l’insurrection n’atteigne la ville d’Alger car elle aurait menacé la présence coloniale elle-même. Nommé gouverneur général le 29 mars 1871, l’amiral Louis Henri de Gueydon mobilisa vingt-deux mille soldats et il essaya de circonscrire l’insurrection à la seule Kabylie. Le 22 avril 1871, les moudjahidines furent arrêtés à Alma. Le 25 avril 1871, l’amiral Louis Henri de Gueydon déclara l'état de siège. Le 5 mai 1871, Mohammed al Mokrani fut tué au combat les armes à la main près de l’oued Soufflat, mais son frère, Boumezrag al Mokrani, prit sa succession à la tête de l’insurrection. Les troupes françaises marchèrent sur Dellys et Draâ al Mizan. Le cheikh Haddad, l’âme de l’insurrection, et ses fils, Aziz et M'hand Haddad, furent capturés le 13 juillet 1871, après la bataille d'Icheriden.

Le même jour, Berkani déclara le jihad dans la région de Cherchell et dans les monts de Beni Menacer dans le Chéliff. Les affrontements entre les troupes françaises et celles de Boumezrag al Mokrani se poursuivirent jusqu’à ce que les Français parviennent à réduire l’influence de la révolte au mois d’août 1871.

Boumezrag al Mokrani gagna alors la Tunisie afin de réorganiser ses moudjahidines. Il poursuivit son combat dans le sud de l’Algérie mais ses troupes furent prises par l’armée coloniale dans les monts du Hodna le 8 octobre 1871.

Finalement, l’espoir d’une insurrection libératrice prit fin dans le nord de l’Algérie après la capture de Boumezrag al Mokrani le 20 juin 1872 à Aïn Salah, dans le sud algérien, où une patrouille de l’armée française le retrouva à moitié mort de fatigue et de soif. Mais alors que la majorité des combattants du nord de l’Algérie déposèrent les armes, la révolte se poursuivit malgré la répression dans le sud du pays sous la direction de Chérif Bouchoucha.

Dans ce contexte de répression, Bennacer Ben Chohra se réfugia en Tunisie d’où il déclencha des attaques contre les autorités françaises et leurs collaborateurs à partir de la région frontalière du Djérid. Dans la même région de l’est saharien, Chérif Bouchoucha qui s’était allié à Boumezrag al Mokrani, poursuivit le combat jusqu’au 31 mars 1874, date à laquelle il fut capturé lors d’un affrontement près d’Aïn Salah.

La disproportion des forces en faveur des troupes françaises s’avéra trop importante et la répression s’abattit collectivement et de manière implacable contre tous les territoires qui s’étaient soulevés. Pour l’administration coloniale, il fallait définitivement mettre les algériens à genoux afin d’écarter toute idée de révolte.

Ainsi, la répression de la révolte de 1871 aurait causé la mort d’environ trois cent mille algériens. Les terres des sujets indigènes furent frappées de séquestre au profit des colons. Cette mesure toucha toutes les tribus insurgées, puisque la collectivité tribale était traitée comme personne civile responsable, selon le principe colonial de responsabilité collective. Près de trois cent quarante mille hectares furent ainsi séquestrés à titre collectif et deux cent cinquante mille hectares furent séquestrés à titre individuel. Ces terres furent distribuées aux nouveaux colons, dont beaucoup étaient des réfugiés venus d’Alsace-Lorraine, en particulier dans la région de Constantine.

Les algériens engagés dans la révolte se virent également infliger une amende considérable de trente-six millions de francs-or. Les algériens qui avaient été déférés au tribunal furent jugés devant des cours d’assises où siégeaient des jurys composés uniquement de colons. Les condamnations à mort furent nombreuses comme celle de Boumezrag al Mokrani qui fut condamné à la peine capitale par la cour de Constantine le 27 mars 1873. Néanmoins sa peine fut finalement commuée en déportation à vie en Nouvelle-Calédonie colonisée par la France depuis 1853. Des centaines d’algériens révoltés furent également emprisonnés en Algérie alors que d’autres furent déportés en Nouvelle-Calédonie, comme les deux fils du cheikh al Haddad, Aziz et M'hand Haddad.

Emprisonné, le cheikh al Haddad fut condamné au mois d’avril 1873 par la cour d’assises de Constantine à cinq ans de prison. Il décéda dix jours plus tard, le 29 avril 1873, dans la prison de Constantine. L’administration coloniale refusa même son inhumation dans son village natal contrairement à ses derniers vœux. Craignant certainement que son tombeau ne devienne un symbole de résistance à la domination coloniale, elle le fit enterrer dans le cimetière de Constantine le 13 juillet 1873. Chérif Bouchoucha fut condamné à mort et exécuté le 29 juin 1875 à Constantine.

La répression et les confiscations des terres poussèrent également de nombreux algériens à s'expatrier notamment vers la Syrie où s’exilèrent de nombreux algériens fuyant la colonisation tout au long du dix-neuvième siècle. Ainsi, Bennacer Ben Chohra quitta l’Algérie le 2 juin 1875 pour trouver refuge à Beyrouth puis à Damas où il trouva la mort en 1884.

Démographiquement, avant la conquête française de 1830, l’Algérie comptait entre trois et cinq millions d’habitants sur son territoire. En 1872, l’Algérie n’en comptait plus que deux millions. Ainsi, l’Algérie a perdu entre trente et cinquante-huit pour cent de sa population au cours des quarante-deux premières années de la colonisation française, entre 1830 et 1872.

La répression de 1871 marqua durablement l’Algérie, particulièrement sa partie septentrionale. Selon Slimane Chikh, « le pouvoir colonial va, à cette occasion, parachever la conquête du pays et imposer sa présence en accaparant de vastes surfaces de terres confisquées aux tribus dissidentes et en infligeant à ces dernières de lourdes amendes. Ces mesures, en plus des pertes matérielles et en vies humaines, vont achever de ruiner la paysannerie algérienne et de lui enlever toute possibilité de résistance armée. Après l’écrasement de l’insurrection de 1871, le silence des morts va planer sur la campagne algérienne et à la première phase de résistance armée va succéder, jusqu’à la première guerre mondiale, une phase de résistance larvée au cours de laquelle la paysannerie algérienne, sortie exsangue des dures épreuves de la conquête, va opérer un repli sur soi ».

Si la répression fut d’une terrible violence marquant profondément la campagne du nord de l’Algérie, elle ne parvint pas pour autant à mettre un terme à un esprit de résistance qui s’exprimait en Algérie selon des modalités différentes. Malgré ces évolutions, l’idée de résistance armée ne s’était pas totalement éteinte, notamment dans le sud du pays. Dix ans après la révolte de Mohammed al Mokrani, le 22 avril 1881, les Ouled Sidi Cheikh se révoltèrent contre la colonisation, avec à leur tête, le cheikh Bouamama de la confrérie Chaykhiyya.

Dressant un bilan de la révolte de 1871 et de celles qui la précédèrent et suivirent, Ahmed Mahsas écrivait que « l’insurrection de 1871 fut ainsi le sommet d’un mouvement de résistance opiniâtre qui porta au plus haut niveau le courage et la ténacité de ce peuple engagé dans un combat avec des armes inégales. Toutes les insurrections administraient la preuve de la vitalité et de la volonté indomptable d’un peuple. Elles exprimaient les moments forts d’une résistance variée et continue et traduisaient le caractère de la permanence du patriotisme populaire. Car la résistance nationale algérienne a été avant tout la résistance d’un peuple et d’une volonté collective ».

Au sein de la population algérienne, la mémoire de la révolte de Mohammed al Mokrani fut léguée par la littérature orale qui constitua le patrimoine d’une culture de résistance transmise au fil des générations, notamment durant la période de résistance larvée à la colonisation entre 1871 et 1914. Selon Slimane Chikh, « cette résistance larvée fut ainsi marquée par un mouvement de retrait, dicté par les conditions défavorables des rapports de force avec la puissance coloniale. Toutefois, loin d’engager la paysannerie sur la pente de la démission, ce mouvement de retrait lui inspira des formes voilées de résistance procédant d’un réflexe collectif d’auto-défense. Les différents aspects de cette résistance feutrée se manifestent par la conservation de l’identité nationale, langue et religion, qui est en même temps un refus de l’identité du conquérant frappé d’altérité » Dans le cadre de cette résistance larvée, la transmission de la mémoire de la résistance armée à la colonisation depuis 1830 joua évidemment une fonction déterminante pour forger l’esprit de résistance de millions d’algériens.

Cette culture de résistance séculaire se retrouva reformulée au sein du mouvement nationaliste révolutionnaire porté par l’Étoile Nord-Africaine (ENA) à partir de la seconde moitié des années 1920. Souvent issus des classes populaires rurales algériennes, les premiers militants nationalistes révolutionnaires immigrés en France portaient dans leurs mémoires familiales les récits des crimes de masses de la conquête et ceux de la résistance à la colonisation des masses rurales menées par l’émir Abdelkader, Lalla Fatma N’Soumeur, Mohammed al Mokrani, le cheikh al Haddad ou le cheikh Bouamama.

Ainsi, dans l’immigration, les militants de l’ENA participaient régulièrement à la commémoration de la répression de la Commune de Paris aux cotés des organisations du mouvement ouvrier français en même temps qu’ils célébraient la révolte de Mohammed al Mokrani et la résistance contre la colonisation. Par exemple, le 24 mai 1936, dix mille maghrébins participèrent à une manifestation commémorative devant le Mur des Fédérés à Paris.  L’organe de l’ENA du mois de mai et de juin 1936, expliquait que « les nord-africains, avec le peuple de France, sont venus évoquer la mémoire des communards, en même temps que celle des martyrs de la liberté en Afrique du Nord », notamment la mémoire des moudjahidines de 1871.

Cette commémoration de l’ENA s’inscrivait dans une longue chaîne de transmission d’une culture de résistance ayant enfanté la révolution algérienne. Dans une allocution datant de 1985, Ahmed Ben Bella évoquait cette culture de résistance dans les termes suivants, « des tréfonds de nos âmes, ressurgissent intacts les souvenirs et les hauts faits insérés aussitôt dans la trame de la vie de tous les jours, au fond des dechras comme sur les chemins de crête lumineux. Égrenés comme un chapelet de perles, les noms de l’émir Abdelkader, de Mohammed al Mokrani, de Boumaza, de Bouamama, de Bouziane et tant d’autres noms, Lalla Khadidja la kabyle et l’émir Khaled ont engrangé les moissons de nos certitudes à travers l’ENA, le Parti du Peuple Algérien (PPA), le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), l’Organisation Spéciale, le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA) et le Front de Libération Nationale (FLN). Un langage s’est conservé, un message s’est transmis et une invariance s’est perpétuée ».

Ce langage conservé, ce message transmis et cette invariance perpétuée font encore résonner la puissance libératrice de la révolte de Mohammed al Mokrani contre la permanence d’une domination coloniale qui se réinvente de manière continue. Cette révolte demeure ainsi une ode à la résistance et à la libération face à l’oppression coloniale. Finalement, partie intégrante d’une culture de résistance décoloniale, la révolte de Mohammed al Mokrani s’avère encore actuelle car l’oppression qu’elle combattait hier, reste un élément structurant de notre présent.

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 14:36

 

 

https://www.change.org/p/le-gouvernement-français-retrait-de-la-loi-séparatisme-cf5950bb-1978-4b60-94f0-7b25f6316dc4

 

Pétition pour le retrait de la loi séparatisme

Stop à l'islamophobie d'état

Le sénat vient de voter l’interdiction du port du hijab pour les mères accompagnatrices, l’interdiction du burkini dans les piscines et les espaces de baignade publics et l’interdiction de port de signes religieux pour les mineures dans l’espace public.

L’heure est extrêmement grave. Le point de non-retour est atteint. Profitant de nos émotions suscitées par des actes terroristes, le gouvernement, l'assemblée nationale et le sénat continuent d'accuser et d'instrumentaliser l'islam, nos pratiques religieuses et nos corps. Ils s'attaquent à nos dignités et à nos libertés y compris de conscience, en instaurant toujours plus de restrictions, de contraintes et d'obligations pour les personnes musulmanes, notamment pour les femmes, faisant de nous des ennemis de l'intérieur. La loi contre le séparatisme ou confortant les principes républicains est une attaque sans précédent contre les droits des musulmans à pratiquer librement leur religion.

Nos enfants sont en danger et ce n’est pas l’islamisme qui les menace comme voudraient le faire croire les théories complotistes de notre gouvernement, mais bien l'état lui-même qui, dans ses institutions, notamment par le biais du projet de loi contre le séparatisme, légalise, normalise et amplifie les discriminations contre les femmes qui portent le voile. Depuis la loi de 2004, les mesures restrictives contre les femmes portant le foulard, qu’elles soient élèves, étudiantes ou mères, ne cessent de s’empiler.

Avec ces lois, ce sont les femmes musulmanes que l’on cherche à contrôler, mais aussi nos enfants que l’on veut priver d’éducation et que l’on traumatise par d’innombrables scènes humiliantes et déshumanisantes.

Avec cette loi, le gouvernement d'Emmanuel Macron savait qu'il ouvrait plus grand encore la boîte de Pandore permettant une surenchère raciste sans fin. Le président de la république avait déjà déclaré que « le voile n'est pas conforme à la civilité dans notre pays ». Son gouvernement avait lancé la chasse aux soi-disant signaux faibles de radicalisation pour en réalité donner un signal fort aux franges électorales les plus racistes.

Plus que jamais, nous affirmons que les musulmans de ce pays ne seront pas les marchepieds des candidats aux élections présidentielles qui portent ou alimentent les discours et les lois islamophobes.

Nous scruterons les propos et les programmes électoraux des uns et des autres pour dénoncer localement et nationalement les postures islamophobes.

Après avoir rassemblé, Dimanche 21 Mars 2021, des milliers de personnes dans les rues de grandes villes en France, nous poursuivons, avec le front contre l'islamophobie et pour l'égalité des droits pour tous, notre combat pour exister à égalité de traitement et de droits, pour s’opposer à la loi contre le prétendu séparatisme, pour élever nos voix contre la surenchère islamophobe qui nous prive de nos droits fondamentaux, pour notre dignité et pour celle de nos enfants.

Quant à nous autres qui ne sommes pas visés par cet islamophobie d'état, nous sommes solidaires de ce texte porté par les premiers concernés.

Premiers signataires :

Salah Amokrane, Verveine Angeli, Sihame Assbague, Farid Bennaï, Amel Bentounsi, Saïd Bouamama, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Sonia Dayan-Herzbrun, Christine Delphy, Eric Fassin, Isabelle Garo, Youssef Girard, Nacira Guénif, Alain Gresh, Fahima Laidoudi, Olivier Le Cour Grandmaison, Franco Lollia, Omar Slaouti

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 14:12

 

 

TROISIEME ANNEE DU HIRAK

Dimanche 11 Avril 2021

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Omar Benderra relatif à la troisième année du hirak. Le message est disponible en totalité si vous consultez le site d’Algeria Watch à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

 

https://algeria-watch.org/?p=77069

Troisième année du hirak, un message politique limpide

Par Omar Benderra

Dimanche 4 Avril 2021

La campagne de propagande prétend que le hirak originel aurait été détourné au profit d’un nouveau hirak manipulé par des forces obscures et par d’hypothétiques et très imprécis agents de l’étranger. Cette propagande est la production directe du laboratoire de désinformation de la police politique. Il faudrait plutôt écouter et décortiquer les slogans scandés.

Depuis la reprise des manifestations hebdomadaires dans les villes algériennes à l’occasion du deuxième anniversaire, le 19 février 2021, du déclenchement du hirak, nous avons vu se multiplier dans les médias algériens, tous contrôlés par le régime, des analyses selon lesquelles, en substance, le hirak originel aurait été détourné au profit d’un nouveau hirak manipulé par des forces obscures.

Parmi les acteurs d’une contre-révolution qui veut faire avorter le hirak de l’intérieur, selon la formule d’un observateur critique, figureraient au premier rang le mouvement Rachad, présenté de manière trompeuse comme une résurgence du Front Islamique du Salut (FIS), ou encore, de manière plus nébuleuse, d’hypothétiques et très imprécis agents de l’étranger.

Pour l’immense majorité des manifestants, cette campagne de propagande, peu ou prou relayée par les médias parisiens, est la production directe du laboratoire de désinformation de la police politique. Il n’est donc pas surprenant que cette thèse prospère particulièrement dans la presse ou les pseudo-partis politiques composant la façade civile d’un pouvoir dont la nature militaire est trop flagrante pour être niée. Cela fait bien partie du cahier des charges d’organes qui sont, in fine, le bras de communication de la police politique. Plus étonnant en revanche est le fait qu’elle ait pu être reprise, certes avec des variantes, par certaines personnalités jusque-là connues pour leur distance affichée vis-à-vis du régime.

Pour tenter de dissiper le brouillard de fake news émis par l’action psychologique, le meilleur moyen est sans doute de prêter une oreille attentive aux slogans des manifestants du vendredi, ces dernières semaines. Repris par des dizaines de milliers de voix, en arabe algérien ou en arabe classique, en français et parfois dans un mélange des deux, ces slogans sont lourds de signification politique. Comme c’est la règle depuis le début du mouvement au mois de février 2019, ces mots d’ordre expriment, avec alacrité souvent, à la fois une critique lucide du régime et la voie de dépassement de l’impasse politique actuelle. Mais ce mode de communication, efficace car percutant, n’est évidemment pas du goût de ceux qui en sont la cible ou qui ont été marginalisés par le mouvement. Les slogans du vendredi suscitent de nombreuses réactions tranchées et une bataille interprétative très orchestrée.

Parmi les plus controversés, il y a « police politique terroriste, à bas la mafia militaire ». Ses contempteurs estiment que ce slogan exprimerait une attaque en règle contre l’armée et ses services de renseignements, laquelle serait directement attentatoire à la souveraineté du pays. Qu’en est-il vraiment ?

Comme le montrent bien d’autres slogans, banderoles et pancartes, il s’agit évidemment de tout autre chose. Le terrorisme de la police politique, c’est d’abord l’hyper violence que ses chefs et ceux de l’armée ont déployée contre la population civile après le coup d’état du mois de janvier 1992, jusqu’au début des années 2000, au prix de dizaines de milliers de morts et de disparus.

La mafia militaire, c’est celle d’un haut commandement qui a alors utilisé les mêmes méthodes que celles de l’armée française contre les algériens en lutte pour leur indépendance et c’est clairement avec ces références en tête que les manifestants ont récemment dénoncé le recours à la torture contre des jeunes arrêtés par les forces de sécurité. Pour eux, il ne fait pas de doute que les pratiques héritées des généraux Jacques Massu et Marcel Bigeard ont été reprises de longue date par la police politique secrète de l’armée, humiliations, mises à nu, insultes, viols et chocs électriques, le pistolet à impulsions électriques Taser ayant avantageusement remplacé l’encombrante gégène. La villa Susini de sinistre mémoire coloniale a été remplacée par le Centre Antar, caserne de la police militaire politique secrète située dans les hauteurs d’Alger.

Mais le message est passé, et fort mal, dans certains cercles. Les clientèles de la dictature déjà interpellées par le mot d’ordre « état civil et non militaire », ne peuvent plus se taire estimant qu’un point de non-retour a été franchi.

Certaines voix, autrefois plutôt critiques du système, se désolidarisent désormais clairement du hirak. Ces milieux sont en effet placés devant un dilemme insurmontable. Comment prétendre encore qu’ils soutiennent le hirak et faire oublier leurs silences des années 1990 quand ce même Centre Antar torturait à échelle industrielle ? Il devient de plus en plus difficile pour beaucoup de maintenir une posture toute d’ambiguïté, tentant de conserver un pied dans le hirak et l’autre dans le régime, comme cela avait été le cas jusqu’alors.

Il reste que les contre-mesures mises en œuvre par les services d’information officiels et officieux sont difficilement audibles. À court d’arguments et très visiblement sans grandes ressources intellectuelles, le régime dispose néanmoins d’un important dispositif médiatique et de plumes autorisées qui ont pour référence charnière les représentations de propagande de la sale guerre des années 1990. L’épouvantail islamiste qui a tant servi à dissimuler les raisons et les conséquences du coup d’état du 11 janvier 1992 est ainsi très opportunément réanimé. Le discours de justification des généraux janviéristes, dont l’influence sur le sommet des appareils est progressivement restaurée depuis la mort suspecte de l’ancien chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah au mois de décembre 2019, a servi de base aux partisans du bâillonnement des voix dissidentes et de l’éradication par tous les moyens, y compris les plus expéditifs, de toutes les oppositions, au premier chef islamiste mais pas seulement, à la dictature.

Présenter le hirak comme l’objet d’une récupération islamiste est donc l’axe de propagande, peu probant, choisi faute d’alternative pour décrédibiliser le mouvement populaire. Cela en vue aussi de mobiliser le soutien étranger nécessaire dans la perspective du déploiement d’une stratégie de répression brutale de cette profonde et très pacifique mobilisation populaire. Le mouvement Rachad, qui dispose de porte-voix écoutés sur les réseaux sociaux, est la cible désignée de cette campagne dénonçant une prétendue islamisation du hirak. Rachad est une organisation regroupant des universitaires, dont certains ont appartenu ou ont été proches du FIS, et qui se proclame « mouvement populaire algérien nationaliste et démocrate qui œuvre pour le changement non violent du système de gouvernance en Algérie », sans la moindre référence à une quelconque déclinaison de l’islam politique.

Mais toute à son entreprise de diabolisation, la propagande du régime ne s’embarrasse pas de nuances. Rachad est présenté comme l’inspirateur principal, avec la main de l’étranger, du hirak et une reconstitution du FIS. De là à présenter des youtubeurs à forte audience comme les instigateurs et les propagateurs islamistes des slogans les plus incisifs, il n’y a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir. Qu’importe alors que les manifestants s’époumonent chaque vendredi à démentir cette construction en scandant « ni islamiste ni laïque, il n’y a qu’un gang qui vole ouvertement ».

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