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actualité politique nationale et internationale

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DEMANDE DE DEPAYSEMENT

 

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-zineb-redouane-l-erreur-de-la-juge-chargee-de-l-enquete-24-04-2019-8059257.php

 

Mort de Zineb Redouane, l’intrigante demande de la juge chargée de l’enquête

Mercredi 24 Avril 2019

Zineb Redouane est décédée, le 2 décembre 2018. La veille, elle avait reçue une grenade lacrymogène dans la tête alors qu’elle était chez elle.

La magistrate chargée d’éclaircir les circonstances de la mort de Zineb Redouane, atteinte par une grenade tirée par la police au début du mois de décembre 2018 à Marseille, en marge d’une manifestation des Gilets Jaunes, a demandé aux experts de déterminer l’incapacité totale de travail de la victime.

C’est une demande pour le moins étonnante et qui ne va pas apaiser la douleur de la famille de Zineb Redouane. Cette marseillaise de quatre vingt ans est morte le 2 décembre 2018, après avoir reçu le premier décembre 2018 une grenade lacrymogène dans le visage lancée par la police, en marge d’un rassemblement des Gilets Jaunes. Elle était en train de fermer ses volets dans son appartement du centre-ville lorsque le projectile l’a atteinte. Des plots de grenade ont été retrouvés chez elle.

Or, dans les questions qu’elle adresse aux experts médicaux et balistiques qu’elle a missionnés le 10 décembre 2018, la juge d’instruction en charge de l’information judiciaire ouverte pour recherche des causes de la mort leur demande de « préciser les lésions corporelles occasionnées et déterminer l’Incapacité Totale de Travail (ITT). En clair, la juge demande aux experts d’évaluer le préjudice corporel d’une défunte. La rédaction de cette question n’est cependant pas nécessairement une maladresse. Il pourrait s’agir, dans l’esprit de la magistrate, d’évaluer les conséquences de ce tir de grenade dans l’hypothèse où l’enquête conclurait à un décès consécutif à une autre cause.

La formulation de cette demande renforce encore davantage la méfiance de la famille de Zineb Redouane, échaudée par les premières déclarations du procureur de la république de Marseille. Au lendemain du drame, Xavier Tarabeux avait indiqué que « le décès résulte d’un choc opératoire et non d’un choc facial. A ce stade, on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès ».

Si l’autopsie de l’octogénaire révèle « un état général très altéré et un décès survenu au cours de l’induction d’anesthésie pour intervention médicale en urgence », elle fait également état d’un « traumatisme facial sévère, avec fractures de l’ensemble de l’hémiface droite ». « Il est donc très clair, dès le départ, que Zineb Redouane a reçu une grenade au visage. Et que c’est bien entendu à cause de ce traumatisme qu’elle a dû être opérée en urgence », nous confiait il y a peu Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille.

L’avocat, qui a porté plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avait déjà demandé le dépaysement de l’enquête. La découverte des questions posées par la juge d’instruction motive à nouveau sa démarche. « Une telle demande ne peut s’expliquer que par le fait que le magistrat instructeur ait estimé dès le début de l’information judiciaire que le traumatisme facial causé par la grenade lacrymogène n’avait aucun lien avec le décès de Zineb Redouane. Dans la mesure où l’instruction a justement pour objet de déterminer les causes du décès de Zineb Redouane et notamment d’établir un lien de causalité entre le tir de grenade et le décès de Zineb Redouane, une telle demande du magistrat instructeur est inadmissible », écrit le pénaliste dans un courrier adressé le Mardi 23 Avril 2019 au procureur général d’Aix-en-Provence dont nous avons pris connaissance.

Yassine Bouzrou met en doute dans ce courrier les garanties d’impartialité présentées par la juge et réitère sa demande de dépaysement.

Sur le fond, dans cette ordonnance de commission d’experts adressée à un ingénieur balistique du laboratoire de police scientifique d’Ecully, dans le département du Rhône, et à un médecin, la magistrate demande de « procéder à tout essai utile pour déterminer la distance, la trajectoire et la précision du tir », ainsi que de « fournir tout élément quant à l’état, au fonctionnement et au maniement de l’arme, et dire si elle a été utilisée conformément aux règles d’utilisation ». Le rapport détaillé devait initialement être remis le 11 mars 2019. Sa rédaction a semble-t-il pris du retard.

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