actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
CRISE POLITIQUE ET SYNDICALE
Par Bernard Fischer
Lundi 22 Octobre 2018
J’écrivais plusieurs messages relatifs au bilan du mouvement social du printemps 2018. Six mois plus tard, le bilan de ce mouvement social est beaucoup plus clair. C’était une importante défaite politique du mouvement social, en particulier de la grève des cheminots. Cette défaite politique venait de loin, après des années d’autres défaites politiques, et elle a et elle aura d’importantes conséquences politiques et sociales.
Les trois expressions majeures de l’actuelle situation sociale française sont les suivantes. La cause la plus importante de la défaite politique du mouvement social du printemps 2018, c’est la stratégie de dialogue social de plus en plus publique et systématique des confédérations syndicales, leur participation directe à l’élaboration et à la gestion des contre réformes néo libérales et leur transformation en syndicats verticaux. Nous appelions cela dans les écoles de formation politique de notre jeunesse l’intégration des syndicats à l’état.
C’est la cause fondamentale de l’organisation de grèves de plus en plus corporatistes et de journées d’action et de manifestations dans lesquelles les cortèges syndicaux sont de plus en plus petits et les cortèges de tête sont de plus en plus grands. C’est la cause fondamentale de la multiplication des violences policières et des affrontements entre les forces de l’ordre et les cortèges de tête et le service d’ordre de la Confédération Générale du Travail (CGT) ne sera pas éternellement le spectateur de ces affrontements.
C’est aussi la cause fondamentale de la crise des confédérations syndicales dont les manifestations spectaculaires les plus récentes étaient la démission du secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon en 2015, les conditions extraordinaires de l’élection de son successeur Philippe Martinez, le soutien total du secrétaire général de la CGT Force Ouvrière Jean Claude Mailly à la deuxième loi travail d’Emmanuel Macron et la récente démission de son successeur Pascal Pavageau six mois après son élection.
La défaite politique du mouvement social du printemps 2018 est aussi la cause immédiate des événements de l’été 2018 et de l’automne 2018. C’est la révélation et l’éclatement de l’affaire d’Alexandre Benalla au mois de juillet 2018, la démission du ministre de l’intérieur Gérard Collomb au mois d’octobre 2018, le délai de quinze jours pour la nomination d’un nouveau ministre de l’intérieur et enfin l’opération de la police financière contre le siège national du principal parti d’opposition le jour de la nomination du nouveau ministre de l’intérieur.
Les perquisitions simultanées de quinze sites du Mouvement de la France Insoumise (MFI), les domiciles personnels des principaux responsables et le siège national du parti, sont également la suite immédiate des violences policières systématiques contre les manifestations syndicales. C'est une escalade de la répression policière contre le mouvement social et politique.
L’organisation de quinze perquisitions simultanées et la mobilisation de soixante dix policiers de la brigade financière aura forcément des conséquences. Il y aura forcément des mises en examen sinon des arrestations dans deux ou trois semaines ou bien dans deux ou trois mois, en pleine campagne électorale pour les élections européennes. L’affaire des assistants parlementaires des députés du MFI au parlement européen ou bien l’affaire du financement de la campagne électorale pour le premier tour des élections présidentielles de 2017 sont des prétextes. Enfin, la charge de la cavalerie légère de Jean Luc Mélenchon dans les escaliers du siège national de son parti, sa stratégie de défense catastrophique et ses attaques contre la liberté de la presse sont autant de problèmes supplémentaires.
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