actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
En Grèce, les émeutiers sont aussi des policiers en civil
Les émeutes de samedi ont encore montré ce que peu de médias précisent concernant la Grèce, des policiers en civils font office d’agents provocateurs et n’hésitent pas à endommager les biens publics. De nombreux témoignages attestent encore de ces faits lors des violences du Samedi 6 Décembre 2014.
Plusieurs vidéos intéressantes ont été filmées samedi dernier lors des émeutes importantes qui ont eu lieu dans plusieurs villes du pays après les manifestations en souvenir de la mort d'Alexis Grigoropoulos, assassiné par un policier le 6 décembre 2008 alors qu'il avait quinze ans.
Sur une vidéo filmée dans le quartier d'Exarchia à Athènes et postée sur YouTube par la radio Sto Kokkino, on peut voir clairement ce qui pourrait ressembler à « une bande de hoodies ou d'émeutiers violents » passant derrière une équipe de la police anti-émeute qui, « surprise », ne réagit pas.
Comme le précise Kostas Kallergis sur son blog, on ne parle pas ici de rumeurs ou de théorie du complot, mais bien de faits concrets qui ont été observés lors de nombreuses manifestations ces dernières années.
« Les manifestants grecs mentionnent souvent l'existence de policiers en civil et d'agents provocateurs infiltrés dans les manifestations en Grèce. J'avais l'habitude de croire que c'était une sorte de théorie du complot jusqu'à ce que je commence à assister à des manifs après 2009. Les médias internationaux ont été réticents à signaler cela, à quelques exceptions près, avec des correspondants ayant de la difficulté à croire que de telles pratiques totalitaires sont encore utilisées aujourd'hui dans un pays de l'Union Européenne ».
Même constat pour Yiannis Baboulias, journaliste pour plusieurs médias anglophones, concernant les épisodes de samedi, « on les a vus clairement et cela est confirmé par moi et par d'autres comme le Huffington Post Grèce ».
Yiannis Baboulias précise par ailleurs sur twitter, « pour clarifier sur l'incident de la nuit dernière, j'ai vu un groupe de cinquante personnes qui ressemblaient à des blacks blocks et des manifestants qui se dirigeaient vers Exarchia. Au début, je pensais que c'étaient des manifestants, et que l'escouade anti-émeute en face de moi allait charger. Mais j'ai entendu leur radio leur disant de faire marche arrière. Quand je les ai vus de près, ils avaient tous des écouteurs et plus tard ils ont été photographiés brisant et brûlant des choses autour d'Exarchia.
« La députée de Syriza María Bólari a vu, Samedi 6 Décembre 2014, un policier incendier une benne à ordures au centre-ville d’Athènes et d’autres policiers insulter les citoyens, passants comme manifestants. Et à Thessalonique au même moment, des policiers brisaient les vitres du bâtiment de la centrale ouvrière intersyndicale pour y projeter des grenades chimiques sur les manifestants qui s’y étaient enfermés. Même attitude à Athènes, lorsque les forces des MAT sont descendues dans la station du métro située sous la place Omónia, dans une véritable chasse à l’homme inondant la station de leur gaz si familier ».
Sur une autre vidéo, cette fois diffusée par la chaîne Mega, vraisemblablement lors de la manifestation dans la ville de Patras, dans le Péloponnèse, on peut voir deux policiers anti-émeute placer un cocktail Molotov dans un sac à dos.
Là encore, ces pratiques sont connues en Grèce, elles visent la plupart du temps à impliquer des manifestants en les arrêtant et en leur présentant un soit disant sac à dos qui leur appartiendrait et qui, bien sûr, contient pierres ou cocktails Molotov.
Un photographe-reporter m'a même raconté que, lors d'une de ces manifestations, il s'est fait arrêter par un membre de la MAT (CRS) qui lui a demandé d'ouvrir son sac. Le policier était prêt à y mettre des pierres quand il s'est aperçu que le sac contenait des objectifs. Il l'a donc laissé partir, se disant sans doute que sa crédibilité serait en doute s'il revenait au poste avec un photographe-reporter accusé d'avoir des pierres dans son sac à dos qui contient du matériel photographique.
Mais samedi soir, encore, des CRS ont été observés en pleine séance de punching-ball
Et puisque depuis quelques semaines, la police anti-émeute poursuit jusque dans les habitations ou les bâtiments publics, la défense s'organise, comme à Thessalonique.
Et comme les MAT avaient sans doute encore soif, ils ont à nouveau attaqué le kiosque d’Exarchia, blessant une personne au passage avec une grenade assourdissante.
Alors dormons tranquille, la démocratie grecque d’Antonis Samaras est toujours en pleine forme.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog