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actualité politique nationale et internationale

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GENERATION BATACLAN

http://www.ocparis.canalblog.com/archives/2015/11/20/32955435.html

https://www.facebook.com/Ecologie-Sociale-1016943328366082

Déclaration de la coopérative politique d’intervention transpartidaire Ecologie Sociale après les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 et le vote de la loi sur l’état d’urgence par cinq cent cinquante et une voix contre six dont les trois députés du groupe écologiste , Sergio Coronado, Noël Mamère et Isabelle Attard.

La génération Bataclan contre les forces de la violence et de la mort

Contre la dictature de l’émotion, politiser le débat.

Une génération a découvert la guerre, Vendredi 13 Novembre 2015. Déjà frappée par la précarité, le chômage et la crise écologique, cette génération cosmopolite subit les conséquences d’une guerre qui lui est imposée. Elle sera marquée pour toujours par cette expérience tragique.

En sortant de l’insouciance mais en continuant à vivre, à fêter, à rire et à s’amuser, elle a besoin non de théories du complot, ni d’injonctions de l’état mais de produire son propre récit et de libérer sa propre parole.

Cette génération, nous le savons, se défie des politiciens. Elle a raison, mais la politique ce n’est pas le jeu de rôles de ceux qui se partagent la scène publique. Nous avons le devoir de repolitiser le débat en donnant une grille de lecture permettant de comprendre, d’analyser et de contextualiser les événements tragiques qui vont constituer l’avenir de la génération Bataclan.

LA BFMisation de la vie politique réduit l’événement à un flux continu d’images qui se succèdent. Les réseaux sociaux sont soumis à la rumeur. La génération Bataclan a un urgent besoin de comprendre quels sont les forces en jeu, quels intérêts elles défendent et comment les affronter.

Cette guerre est l’expression du chaos géopolitique du monde, entraîné par la mondialisation des crises financières, sociales, climatiques et écologiques qui ont entrainé le démantèlement de dizaines d’états nations notamment dans le sud. Ce chaos géopolitique a été rendu possible par la dérégulation mondiale qui a entrainé les entreprises transnationales à s’affranchir de la tutelle des états nations. C’est par ce biais que se sont introduits les nouveaux fascismes identitaires encouragés par les guerres et ces interventions militaires de l’occident en Afghanistan, en Irak, en Lybie et en Afrique. Ces monstres se sont enfermés dans une logique identitaire de fermeture totale aux autres, à tous les autres. L’apartheid n’est pas réservé aux puissants. Il peut être également le refuge de ceux qui prétendent se protéger en combattant l’exclusion par l’exclusion. Le chaos géopolitique, c’est la guerre de tous contre tous. La guerre précède la politique. Attisés par les interventions impérialistes des coalitions des grandes puissances, la guerre prend la forme dans les zones grises du monde de guerres liées à des mafias, de guerres identitaires et de guerres « vertes » liées à l’eau, au climat et au contrôle des ressources. Dans ce contexte, les grandes puissances, à l’instar notamment de la France qui s’en vante, multiplient les ventes d’armes et accélérant la désagrégation des états rendus plus faibles par les politiques de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International (FMI) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les attentats de Paris ne sont que l’effet de boomerang de ce chaos géopolitique. Feindre de ne pas le voir donne la mesure de l’irresponsabilité des dirigeants qui sont des pompiers pyromanes dans la lignée des néo conservateurs américains.

Identifier l’ennemi djihadiste

L’islamo fascisme est actuellement le plus dangereux des nouveaux fascismes. Nous le qualifions ainsi parce qu’à l’instar du fascisme, il cherche à détruire toutes les organisations démocratiques, politiques, syndicales et associatives, tous les corps intermédiaires, qu’il s’attaque pour les exterminer à des groupes humains entiers, juifs, chrétiens et yézidis, ou qu’il cherche à créer un homme nouveau, obéissant au calife, seul intermédiaire avec dieu.

L’instauration de cet ordre nouveau sur terre est la justification ultime qui lui permet en répondant à la crise de sens d’une partie de la jeunesse occidentale comme de celle des pays arabes, africains et européens, de mobiliser des ressources humaines jusqu’au sacrifice.

Les terroristes qui se font exploser parmi nous ne doivent pas être essentialisés comme des fous, voyous ou musulmans, même si parfois ils peuvent être les trois à la fois.

L’essentialisation c’est toujours la porte ouverte à l’engrenage de l’amalgame. Ce courant n’est pas plus religieux qu’il ne relève de l’islamisme politique traditionnel. Le fascisme religieux de l’Etat Islamique a des caractères spécifiques qui le différencient de toutes les autres composantes de l’islam. Ce courant est le produit de la fusion, suite à l’intervention militaire anglo américaine en Irak, de deux courants organisés qui se sont retrouvés dans les prisons américaines, celui d’une part du Baas, parti formé en Syrie et en Irak dans les années 1950 construit sur le modèle des formations totalitaires notamment le national socialisme et qui a façonné la Syrie et l’Irak à son image, et celui du courant djihadiste transnational fondé autour des thèses de Sayyid Qotb, prédicateur égyptien, qui ne reconnaît aucune souveraineté nationale y compris les pays musulmans. Ce courant, organisé ensuite par Oussama Ben Laden, se définit comme transnational, luttant à la fois contre les puissances occidentales, les juifs et les régimes dits apostats, c’est à dire relevant de l’islam comme religion d’état. Ce qu’a ajouté l’Etat Islamique à cette tradition, c’est le retour immédiat au califat, c’est à dire l’existence d’un territoire de référence pour la communauté des croyants, territoire doté des attributs d’un état mais un état qui se développe à la fois dans l’enracinement en Irak et en Syrie, en Libye ou au Yémen, au Nigéria ou en Afghanistan, mais aussi dans le virtuel à travers sa main mise sur une partie du cyberespace. Nous ne confondons pas l’Etat Islamique et ses victimes, les populations prises en otage, humiliées, réprimées, privées de tous droits par le régime de Bachar al Assad et qui, après s’être révoltées contre la tyrannie, sont tombées sous la coupe des fascistes religieux.

Combattre l’Etat Islamique suppose d’assécher ses ressources

Dans cette guerre asymétrique, moderne et en partie virtuelle, il faut développer une action multiforme qui repose sur l’assèchement des ressources financières, matérielles, humaines et virtuelles. Combattre et détruire ce courant à la fois moderne et traditionnel nous oblige à repenser la guerre en fonction des caractéristiques de ce nouvel ennemi.

S’attaquer aux ressources financières, pétrolières et industrielles de l’Etat Islamique

La priorité est de s’attaquer aux sources de financements de l’Etat Islamique. Il s’appuie sur du pétrole revendu aux pays de la région, notamment la Turquie et même le territoire syrien contrôlé par Bachar al Assad. Cela complique de réviser drastiquement les alliances de la France et ses pratiques diplomatiques et économiques. La Turquie achète toujours du pétrole comme d’ailleurs la Syrie de Bachar al Assad. Les ventes d’armes à l’Egypte, au Quatar, aux Emirats et à l’Arabie Saoudite, présentées ici comme des victoires, ont été là bas autant de mauvais signaux envoyés aux populations sunnites opprimées par ces régimes qu’ils soient le fait d’états wahhabites ou de dictatures laïques.

Ni Etat Islamique, ni Bachar al Assad, soutien à la révolution syrienne

Le changement d’orientation de François Hollande va accentuer l’isolement des révolutionnaires et renforcer l’implosion de la Syrie au profit des puissances régionales et de Bachar al Assad.

Les forces politiques qui se battent sur le terrain sont le peuple kurde et les brigades de résistance de l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui subsistent en nombre sur le terrain. La sainte alliance qui se noue pour protéger le régime de Bachar al Assad autour de la Russie va continuer, faute de solution politique en Syrie et en Irak, de faire imploser le Moyen Orient.

Même si à moyen terme l’Etat Islamique est battu, un nouveau monstre surgira de ces décombres. Car la victoire militaire n’est pas la paix. Là aussi, il faut vider le bocal de son eau pour que le poisson s’étouffe. Nous avons, depuis quatre ans, abandonné la résistance démocratique syrienne face à Bachar al Assad qui est le principal responsable des deux cent cinquante mille morts depuis mars 2011. C’est par notre refus de soutenir concrètement les révolutionnaires syriens non par une intervention mais par l’aide en matériel qu’ils réclamaient que nous avons laissé se développer l’Etat Islamique en alliance de fait avec Bachar al Assad. Si nous laissons la population syrienne des territoires en dissidence contre le régime, isolée et dans la détresse morale, sans perspective politique, elle se jettera dans les bras de l’Etat Islamique et le renforcera.

Défendre le cosmopolitisme de la société, défendre les réfugiés

Les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 sont les révélateurs de la crise des réfugiés. Ceux qui fuient la Syrie ont subi une, deux, dix fois l’horreur de ce que nous avons subis Vendredi 13 Novambre 2015 à travers le terrorisme d’état de Bachar al Assad et celui de l’Etat Islamique.

La crise des réfugiés est le produit de nos interventions militaro humanitaires, de nos lâchetés et de nos impuissances. Les réfugiés sont des membres des classes moyennes du Moyen Orient et d’Afrique qui veulent échapper à la fois aux dictatures et aux djihadistes mais aussi au dérèglement climatique qui les met en état de famine. Défendre nos valeurs et nos modes de vie, c’est aussi les accueillir et lutter pour la liberté de circulation et d’installation.

L’union sacrée n’est pas l’union de la société, c’est une ligne Maginot illusoire

L’union sacrée est une union nationale dévoyée. Elle a été utilisée à tous les moments où la classe dominante essayait de ranger les citoyens sous la bannière du nationalisme et de la peur.

En 1914, comme en 1956 avec le vote des pouvoirs spéciaux, la gauche s’est auto détruite parce qu’elle a abdiqué, au nom de la lutte contre l’ennemi, toujours essentialisé, les « boches », le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et les « mauvais français » sous Philippe Pétain.

La seule union à laquelle nous devons recourir, c’est le rassemblement de la société et sa capacité de résilience face à la pulsion de mort des fascistes djihadistes. C’est l’égalité et la solidarité avec toutes celles et tous ceux qui sont les victimes de cette violence insoutenable et avec toutes celles et tous ceux qui seraient stigmatisés par amalgame. Nous devons répondre par toujours plus de démocratie.

L’état d’urgence est la négation de l’état de droit. Il est l’expression même d’une stratégie du choc qui instrumentalise toute crise terroriste, climatique, financière ou sociale à travers un état d’exception permanent.

L’état d’urgence, c’est une société anxiogène, sous tension, au garde à vous durant des mois sinon des années et un chèque en blanc donné à l’état pour se passer des instances judiciaires.

Nous devons le combattre dans ses conséquences pratiques comme l’interdiction des manifestations ou la limitation des pouvoirs d’investigation des journalistes ou de la liberté de circulation des personnes. C’est pour cela que les forces politiques se réclamant de l’écologie et du Front De Gauche (FDG) ont eu tort de voter pour l’état d’urgence. En croyant être « audibles » par la population, elles vont dans le sens de la résignation et du renoncement face à ce qui est au cœur des valeurs de la démocratie républicaine, la liberté, l’égalité et la fraternité. En politique on n’échange pas des marchandises, un peu de sécurité contre un peu moins de liberté. On défend ses principes, quitte à être minoritaires dans un premier temps.

D’autant plus que dans l’arsenal de la loi, toutes les armes légales permettaient de combattre les groupes de l’Etat Islamique sans mettre en danger l’état de droit. La prolongation de l’état d’urgence est un moyen de nous habituer à la militarisation de la vie quotidienne.

Contre la république sécuritaire et la militarisation durable de la société

La dérive sécuritaire n’est pas une nouveauté. C’est le produit de l’exportation de la révolution néo conservatrice américaine en Europe.

Manuel Valls par exemple a repris la vielle antienne bushienne de la « guerre des civilisations ».

Au delà de la guerre idéologique, la république sécuritaire prétend échanger une partie de nos libertés contre une mise en spectacle de la sécurité. Cela a pour conséquence de stigmatiser toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas se plier à la démocratie de caserne.

Ainsi juste avant les attentats, le premier ministre assimilait déjà les zadistes de Notre Dame Des Landes aux terroristes et fermait les frontières pour empêcher des dizaines de milliers de jeunes européens de se rassembler à Paris contre les entreprises mortifères carbonées et nucléaires.

Ce qui est en jeu, c’est une forme de militarisation durable de la société à travers une stratégie de la tension et d’une société de la contrainte basée sur l’hyper surveillance et la mise en cause des libertés numériques. Les écologistes se réfèrent à la non violence, pas au pacifisme. Ils sont conscients que la société doit parfois s’armer pour se défendre. Mais ce que les diverses mesures reflètent, de la déchéance de nationalité à la création dans la constitution d’un Patriot Act à la française, au droit donné à la police de porter ses armes en permanence et à l’armement des polices municipales, c’est la volonté de transgresser les règles de l’état de droit en créant un état d’exception permanent fondé sur la logique de guerre imposée à toute la société.

La conférence climat doit se maintenir, mais avec la présence massive des manifestations de la société civile

Les évènements actuels ne doivent être sous aucun prétexte une tentative des états pour isoler le mouvement pour la justice climatique. Car ce mouvement, en alliant justice climatique et justice sociale contre les prédateurs des grandes compagnies pétrolières, est le seul espoir pour la jeunesse du monde et les générations futures. Parce que changer le système, c’est à la fois sauver le climat et lutter contre les nouveaux fascistes identitaires. Car les guerres du climat ne se situent pas dans un temps éloigné. Elles sont déjà présentes parmi nous. La guerre en Syrie en est un exemple car les famines qui ont été engendré par la sécheresse ont été un des éléments structurels déclencheurs de cette guerre. Les guerres sont déterminées désormais par le changement climatique qui s’accumule aux buts politiques de guerres, caractérisés par la volonté d’asservir les populations et de contrôler les richesses.

Ce que veulent les états, c’est d’abord étouffer les voix des peuples autochtones en lutte contre l’extractivisme, des paysans sans terre qui se soulèvent contre les accaparements de terre par les états pour les biocarburants et les minerais rares, des habitants en lutte contre les grands projets inutiles capteurs d’énergie et de la jeunesse des grandes métropoles contre les prédateurs du climat. Nous ne nous laisserons pas faire.

Ecologie de libération ou barbarie mondialisée

Le chaos géopolitique engendré par la crise climatique et écologique et la mutation du capitalisme produisent un nouveau monde. L’écologie de libération portée par les peuples reste la seule voie de l’émancipation pour les peuples. Le discours martial du pouvoir et le recours à la seule compassion sont les deux mamelles de la démission face aux défis du temps.

Pleurer des larmes de crocodile sans défendre face aux nouveaux fascistes religieux notre société d’ouverture et de tolérance est une faute morale et politique. Les sondages ne peuvent tenir lieu d’orientation politique. Ni compassion, ni soumission à la dérive sécuritaire, il nous faut défendre la société face aux monstres. Nous défendre, c’est défendre l’émancipation et la démocratie jusqu’au bout. La liberté, l’égalité et la fraternité ne se marchandent pas. Nous défendre, c’est aimer, s’aimer et nous aimer. Nous ne renoncerons jamais à la critique, à l’invention et à la résistance contre les forces de la mort.

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