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actualité politique nationale et internationale

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MARINALEDA

http://www.lareleveetlapeste.fr/pas-de-chomage-pas-de-violence-et-aucune-misere-une-ville-teste-la-democratie-directe

Pas de chômage, pas de violence et aucune misère, une ville teste la démocratie directe

Lundi 21 Décembre 2015

Cette idée vient directement d’Espagne, berceau du mouvement des indignés repris par la suite par Stéphane Hessel. Rappelons ce qu’est une démocratie directe, la démocratie directe est l’une des formes premières de la démocratie dans laquelle le peuple exerce directement le pouvoir politique, alors que dans une démocratie représentative, il l’exerce de manière indirecte.

Cette ville de Marinaleda est un exemple pour sa gestion et son administration basées sur l’économie sociale et solidaire.

Marinaleda est une commune de la ville de Séville où vivent pas moins de deux mille sept cent soixante dix huit personnes. Pour comprendre le succès de cette commune à part, il faut remonter quelques années en arrière.

Marinaleda doit en grande partie son destin à un homme, Juan Manuel Sánchez Gordillo, élu maire en 1979 et régulièrement réélu depuis. Depuis la fin de l’ère franquiste, Marinaleda fonctionne en démocratie directe. En effet, en 1979, les villageois décident de s’attaquer à la mairie. Estimant que le pouvoir politique ne les représente pas et ne répond pas à leurs attentes, ils décident de se présenter aux premières élections municipales libres depuis la fin de la dictature.

Ils créent alors le Collectif Unitaire des Travailleurs (CUT), encore au pouvoir trente cinq ans après. Ainsi, Juan Manuel Sánchez Gordillo, maire de Marinaleda depuis plus de trente ans, instaure une démocratie participative.

A Marinaleda, toutes les décisions du village sont soumises à la démocratie directe. Autrement dit, pour être adoptées, chacune d’entre elles doit faire l’unanimité au sein de la commune. Qu’il s’agisse d’impôts, d’équipements ou d’emplois. Du coup, des centaines d’assemblées sont organisées chaque année.

Cette ville survit grâce à l’agriculture et à de faibles subventions de l'état, mais ce modèle de démocratie directe fonctionne bien mieux que dans n’importe quelle autre ville. Les salaires des villageois ont été validés par les citoyens eux-mêmes, ainsi les habitants sont mieux payés que dans d’autres régions d’Espagne. Marinaleda a été élue « ville la plus sûre d’Espagne » et peut effectivement se passer de police.

La mairie offre divers services aux habitants.

À part la piscine, l’accès à toutes les installations sportives est gratuit.

Les habitants règlent seulement la moitié de leurs taxes d’habitation. Le reste est pris en charge par la commune.

Un restaurant communal dit « syndicat » offre une restauration très bon marché subventionnée par la mairie. Un plat coûte un euro.

L’eau potable est distribuée à la population par une régie communale. Le montant à payer est de cinq euros par mois. Il est inchangé depuis 1979.

La crèche pour un enfant coûte douze euros par mois, nourriture comprise.

La mairie a créé une chaîne de télévision locale et associative où les habitants ont la possibilité de venir s’exprimer.

La population est invitée à se servir des murs pour s’exprimer graphiquement et elle ne s’en prive pas.

Enfin, la location d’une maison ne coûte que quinze euros par mois, la garderie coûte douze euros par mois, cantine comprise, et l’accès aux équipements publics est gratuit, sauf la piscine.

Bref, à Marinaleda, personne ne roule sur l’or, même pas le maire qui n’est pas payé pour remplir ses fonctions, mais personne ne manque de rien.

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