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Par FISCHER
Toujours plus contesté au sein du parti travailliste, Jeremy Corbyn s’accroche
Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres
Le séisme du Brexit a précipité les deux grands partis politiques britanniques dans un état de désordre inédit. Pendant que les conservateurs s’étripent, les travaillistes s’écharpent. Deux jours après que quatre vingt un pour cent des députés du parti travailliste ont voté une motion appelant leur chef, Jeremy Corbyn, à démissionner pour cause de mollesse dans la campagne pour le maintien dans l’Union Européenne, ce dernier reste en place et la confusion est à son comble.
Ses opposants ne parviennent pas à s’accorder sur le nom d’un possible remplaçant.
La députée Angela Eagle, ministre démissionnaire du cabinet fantôme, qui devait lancer sa « candidature d’unité », Jeudi 30 Juin 2016, a suspendu sa décision tout en affirmant qu’elle détenait les cinquante et un parrainages nécessaires pour défier Jeremy Corbyn dans un scrutin.
Mais d’autres députés lancent de leur côté d’autres appels à l’unité et rassemblent des parrainages. Ils affirment vouloir prendre leur temps pour faire pression sur le chef du parti pour qu’il démissionne. Ce que l’intéressé refuse, en se prévalant du vote des soixante pour cent des adhérents qui l’ont élu au mois de septembre 2015. Les députés contre la base, l’impasse apparaît totale.
Pourtant, en prévision d’un éventuel scrutin, les partisans et les opposants à Jeremy Corbyn mobilisent leurs troupes. En une semaine, soixante mille nouvelles adhésions ont été enregistrées. L’ambiance est alourdie par les plaintes de plusieurs députés disant faire l’objet de harcèlement et de menaces physiques de la part de Momentum, le mouvement de soutien à Jeremy Corbyn qui, de son côté, dénonce un complot. « Le parti travailliste a la responsabilité de prendre l’initiative. Nous devons rassembler les gens, demander des comptes au gouvernement et nous opposer à l’austérité », a déclaré le chef du parti sur Twitter, comme si de rien n’était.
« Je suis le leader »
Le climat s’est encore tendu après les propos controversés tenus Jeudi 30 Juin 2016 par Jeremy Corbyn lors de la remise d’un rapport sur l’antisémitisme au sein du parti. « Nos amis juifs ne sont pas plus responsables des actions d’Israël ou du gouvernement de Benyamin Netanyahou que nos amis musulmans ne le sont des différentes organisations ou états se disant islamiques », a-t-il déclaré. Mis en cause dans l’assistance pour avoir semblé dresser un parallèle entre l'état d’Israël et l’organisation Etat Islamique, Jeremy Corbyn a affirmé à travers un porte-parole qu’il avait en réalité fait référence à des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Pakistan.
Cette polémique a brouillé le message du rapport, lancé après une série de propos douteux tenus notamment par l’ancien maire de Londres Ken Livingstone. Le document estime que les stéréotypes raciaux n’ont pas leur place dans les discours du parti. « La remarque de Jeremy Corbyn me conduit à me demander s’il a compris quelque chose au rapport », a commenté Danny Rich, représentant du judaïsme libéral.
Interrogé pendant cet événement sur une éventuelle démission, Jeremy Corbyn a refusé de répondre, répétant seulement que « je suis le leader ».
Jeudi 30 Juin 2016, le patron contesté du parti travailliste a assisté à un service religieux à l’abbaye de Westminster commémorant le centenaire du début de la bataille de la Somme. Vendredi Premier Juillet 2016, il devait se déplacer sur les champs de bataille de Picardie, comme s’il ignorait les luttes internes qui secouent son parti, le menaçant chaque jour un peu plus d’éclatement.
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