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actualité politique nationale et internationale

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KRISIS

 

 

https://www.lemonde.fr/la-france-insoumise/article/2018/07/02/l-insoumis-thomas-guenole-au-sommaire-d-une-revue-de-la-nouvelle-droite_5324370_5126047.html

 

L'insoumis Thomas Guénolé au sommaire d’une revue de la Nouvelle Droite

Le politologue coresponsable de l’école de formation politique du Mouvement de la France Insoumise (MFI) signe un texte dans Krisis, revue fondée par Alain de Benoist en 1988.

Lundi 2 Juillet 2018

Par Abel Mestre

C’est un nom qui surprend. Thomas Guénolé, politologue coresponsable de l’école de formation politique du MFI, apparaît au sommaire du numéro quarante huit de la revue Krisis, consacrée à la nouvelle économie. Fondée en 1988 et toujours dirigée par Alain de Benoist, Krisis est née dans le creuset de la Nouvelle Droite, une école de pensée qui se situe entre la droite et l'extrême droite et qui voulait lier combat politique et combat culturel.

Cette revue de débats se veut l’égale des grandes revues françaises comme le Débat, Commentaire, ou encore Esprit. L’une de ses spécificités est d’ouvrir ses colonnes à des intellectuels de gauche pour sortir de son isolement. Alain de Benoist en avait alors « assez d’être enfermé dans l’étiquette de la Nouvelle Droite ». Une tradition qui perdure donc trente ans plus tard.

Cependant, la présence de Thomas Guénolé, qui a toujours développé des positions aux antipodes de la Nouvelle Droite, interroge et elle pourrait brouiller l’image du MFI, puisque Thomas Guénolé est l’un de ses représentants les plus médiatisés et qu’il devrait être l’un des candidats sur la liste du MFI aux élections européennes du mois de mai 2019.

Pas sûr, en tout cas, que le MFI, qui n’a pas été prévenu selon Thomas Guénolé, apprécie. Contacté, Manuel Bompard, homme fort du mouvement populiste de gauche, n’a pas donné suite. Thomas Guénolé justifie sa présence au nom du débat. « Il y a deux écoles, soit on ne parle pas à l’extrême droite, soit on débat pour lui porter la contradiction. Je n’ai aucune connivence intellectuelle avec la Nouvelle Droite, mon parcours en atteste et mon texte le prouve, j’apporte la contradiction à la pensée d’extrême droite », insiste Thomas Guénolé auprès du Monde.

Le texte du politologue insoumis, intitulé « peut-on sortir de la mondialisation », est tiré de son livre, « La Mondialisation Malheureuse ». C’est une critique en règle de l’identitarisme politique de l’extrême droite à laquelle Thomas Guénolé préfère les forces alter système, incarnées notamment par les gauches alternatives.

« L’identitarisme ne résout aucun des problèmes politiques prioritaires de notre temps, ni l’essor phénoménal du précariat, ni le pillage des richesses, ni le détraquement de l’écosystème. En ayant l’effet d’une diversion, il détourne l’attention des véritables enjeux. Ainsi conforte-t-il le système qu’il prétend dénoncer », peut-on lire.

Thomas Guénolé ajoute, « opter pour le repli sur soi de l’identitarisme n’est pas non plus une approche viable. Cela consiste à classer les êtres humains selon des critères culturels sans base scientifique, que l’identitariste choisit lui-même. Dans les pays riches, la dynamique identitariste la plus marquée à l’heure où j’écris ces lignes est l’essentialisation des musulmans ».

Thibault Isabel, rédacteur en chef de Krisis, explique que c’est lui qui a proposé à Thomas Guénolé de le publier, il y a de cela un an. « Il n’était pas encore connu comme insoumis », note ce spécialiste de Pierre-Joseph Proudhon, qui vient de publier un livre sur l’anarchiste français, « Pierre-Joseph Proudhon, l’anarchie sans le désordre », aux éditions Autrement, en 2017.

« Sa présence ne détonne pas dans Krisis, nous publions majoritairement des auteurs de gauche. Dans ce numéro il y a, entre autres, un entretien avec le philosophe Bernard Stiegler et un texte de Cornélius Castoriadis, philosophe grec, né en 1922 et mort en 1997, cofondateur avec Claude Lefort du groupe Socialisme ou Barbarie », rappelle Thibault Isabel, « je ne suis pas un homme de droite. Je défends des positions tolérantes. On n’est pas d’accord sur tout avec Alain de Benoist, qui est jugé plus à droite et qui peut avoir des positions vues par certains comme identitaires ». Il n’est pas sûr que tout le monde entende ces subtilités.

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