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Par FISCHER
https://fr.reuters.com/article/idFRKCN1VP1GA-OFRTP
La chambre des communes refuse le scrutin anticipé réclamé par Boris Johnson (Reuters)
La chambre des communes a refusé Mercredi 4 Septembre 2019 d'autoriser le premier ministre Boris Johnson à organiser des élections législatives anticipées le 15 octobre 2019, lui infligeant un quatrième revers parlementaire en deux jours.
Le chef du gouvernement britannique en avait fait la demande après un vote lors duquel une majorité s’était dégagée pour exiger de lui qu’il sollicite un report de la date du Brexit auprès des autorités européennes, une issue qu’il continue d’écarter en disant vouloir faire sortir le Royaume-Uni de l’Union Européenne le 31 octobre 2019.
Selon les règles en vigueur au Royaume-Uni, la motion portant sur la convocation d’un nouveau scrutin législatif aurait dû être approuvée par les deux tiers de l’assemblée, soit quatre cent trente quatre voix, mais seuls deux cent quatre vingt dix huit députés s’y sont déclarés favorables.
Ce rejet était attendu puisque les travaillistes emmenés par Jeremy Corbyn avaient prévenu qu’ils n’approuveraient pas la proposition de Boris Johnson à moins qu’il ne s’engage à écarter l’hypothèse d’une sortie de l’Union Européenne sans accord avec Bruxelles.
« C’est la première fois dans notre histoire que l’opposition exprime sa confiance à l’égard du gouvernement de sa majesté », a commenté, goguenard, Boris Johnson.
Le retour aux urnes réclamé par Boris Johnson est la conséquence de l’initiative que menaient au parlement les députés hostiles à un Brexit sans accord le 31 octobre 2019 pour tenter d’écarter cette issue.
Leur ambition est de faire adopter une proposition de loi qui donnerait au gouvernement jusqu’au 19 octobre 2019 pour conclure un nouvel accord de divorce avec Bruxelles ou pour obtenir l’aval du parlement à une sortie sans accord, alors que la chambre des communes a déjà voté à plusieurs reprises contre la perspective d’un no deal.
Si le gouvernement de Boris Johnson ne remplit pas l’une ou l’autre de ces conditions, la proposition de loi engage le premier ministre à demander un nouveau report du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020.
Un amendement approuvé sans vote propose en outre que le parlement se prononce une nouvelle fois sur l’accord de retrait négocié par Theresa May, qu’il a rejeté à trois reprises.
Le parti travailliste et d’autres formations de l’opposition ne sont pas hostiles par principe à la tenue de nouvelles élections législatives, mais ils redoutent que le calendrier électoral proposé par Boris Johnson soit un piège visant à torpiller leur propre initiative.
Le député travailliste John Mac Donnell, chargé des finances dans le shadow cabinet du parti travailliste, a expliqué Mercredi 4 Septembre 2019 que son camp voulait d’abord que sa proposition contre un divorce sans accord soit adoptée, promulguée et inscrite formellement dans la loi par le biais du Royal Assent avant passer à l’étape des élections.
Boris Johnson, déjà mis en minorité Mardi 3 Septembre 2019 sur un vote de procédure ouvrant la voie à l’examen du texte des députés contre le no deal, répète depuis sa prise de fonction à la fin du mois de juillet 2019 que le Brexit aura lieu le 31 octobre 2019 quoi qu’il arrive.
« Mon gouvernement fera sortir notre pays de l’Union Européenne le 31 octobre 2019 et la seule chose qui fait obstacle, c’est la loi de reddition que propose le leader de l’opposition », a-t-il dit devant les députés, Mercredi 4 Septembre 2019.
Alors qu’il reste moins de deux mois avant la nouvelle date théorique du divorce, l’issue possible des initiatives en cours va d’une sortie brutale à un abandon pur et simple du projet approuvé le 23 juin 2016 par un peu moins de cinquante deux pour cent des électeurs britanniques.
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