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actualité politique nationale et internationale

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RESISTANTES

 

 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/memoire-de-la-guerre-dalgerie-lextreme-droite-empeche-la-projection-dun-documentaire-24-11-2019

 

Mémoire de la guerre d’Algérie, l'extrême-droite empêche la projection d’un documentaire

Le film de Fatima Sissani, « Résistantes », n’a pas pu être projeté à Sainte-Livrade sur Lot, suite à la pression d’un groupe de pieds-noirs et de harkis soutenus par le Rassemblement National.

Les organisateurs, Apéritifs d’Origine Contrôlée (AOC) de l’égalité, Ancrage en Partage, Rahmi, Alifs et le cinéma l’Utopie, ont préféré renoncer à l’intégralité de leur programme de rencontres qui devait avoir lieu Samedi 23 Novembre 2019 dans le petit village de Sainte-Livrade sur Lot, dans le département du Lot et Garonne. Le point d’orgue de l’événement devait être la projection du film documentaire « Résistantes » de Fatima Sissani, « nous souhaitions donner la parole à des femmes engagées, d’hier à aujourd’hui. Mais il semble malheureusement que l’histoire soit encore trop douloureuse pour pouvoir engager un dialogue serein. Nous n’avions pas d’autre objectif que d’ouvrir un espace de dialogue, respectant la dignité de tous, et surtout pas d’encourager des discours haineux, encore moins des actes de violence », ont-ils indiqué sur la page Facebook du cinéma l’Utopie.

Quand à Fatima Sissani, également sur sa page Facebook, elle devait affirmer à chaud, Samedi 23 Novembre 2019, que « face aux menaces du Rassemblement National, d’une partie de la communauté harki et des pieds noirs, il m’a été très fortement conseillé de renoncer à me rendre à cette projection sauf à accepter, comme proposé par le commandant de gendarmerie, d’y aller sous la protection d’un escadron de policiers. A son tour le directeur du cinéma qui souhaitait tout de même maintenir la projection a dû finalement y renoncer en raison des menaces que ces extrémistes ont continué à faire peser contre le cinéma. In fine, le cinéma lui-même a fermé ses portes, Samedi 23 Novembre 2019. C’est stupéfiant. Evidemment, cette horde d’ignares n’a même pas vu le film. Car alors ils auraient découvert qu’à aucun moment les harkis ne sont mentionnés et qu’il ne s’agit pas d’une apologie du Front de Libération Nationale (FLN). Ce film est une ode à la résistance à l’oppression. Mais cinquante ans plus tard, il demeure toujours impossible pour certains d’entendre que la colonisation française en Algérie constitue un génocide doublé d’un sociocide et d’entendre parler du FLN dans des termes autres qu’injurieux et méprisants. Tant que l’état français ne reconnaîtra pas et ne condamnera pas l’ampleur du crime colonial et des horreurs commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, nous serons confrontés à ce type de situations ».

La réalisatrice est d’autant plus « en colère et stupéfaite par tant de bêtises » que la projection du film devait être précédée d’une visite du camp de Bias, du Cafi et de Sainte-Livrade où « les harkis avaient été parqués, pour les remercier de leurs bons et loyaux services, merci la France ».

Fatima Sissani se dit d’autre part « stupéfaite par la capacité de nuisance de ces personnes, dont certains sont organisés en parti politique, qui font de l’ignorance, de la haine et de la violence leur porte-drapeau en toute légalité ».

Optimiste, elle affirme que de « Santiago à Alger, nous continuerons à filmer, écrire, raconter, chanter et hurler cette histoire de l’oppression et celle de la résistance, car c’est aussi dans ces récits que nous puisons la force de lutter ».

A l’origine, le titre du film était « tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans ». Il prit le titre de « Résistantes » lors de sa sortie commerciale en 2018. Le documentaire donne surtout la parole à Eveline Lavalette, veuve du militant et journaliste Abdelkader Safir. Elle s’est éteinte à l’âge de quatre vingt sept ans, le 25 avril 2014, alors que le film n’était pas encore finalisé. Une autre militante et moudjahida y est interrogé sur l’engagement, Zoulikha Bekkadour. Nous y entendons aussi la militante de la cause nationale, psychiatre et psychanalyste, Alice Cherki.

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