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actualité politique nationale et internationale

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BLOCAGE DES ECCC

 

 

https://www.revolutionpermanente.fr/Blocage-des-E3C-nouvelle-vague-de-mobilisation-chez-les-enseignants

 

Blocage des Epreuves Communes de Contrôle Continu (ECCC), nouvelle vague de mobilisation chez les enseignants

Lundi 20 Janvier 2020 devaient avoir lieu les premières épreuves du baccalauréat pour les lycéens. Des épreuves d’un nouvel ordre, mises en place par la réforme de Jean Michel Blanquer, mal préparées et qui ont suscité un vent important de mobilisation. Après la grève du baccalauréat et les blocages, les professeurs et les lycéens ont décidé de faire la grève des ECCC et de rejoindre le mouvement contre la réforme des retraites pour manifester leur désaveu des choix de Jean Michel Blanquer.

La grève qui a débuté depuis le Jeudi 5 Décembre 2019 a aussi été le cadre d’un renouveau de mobilisation chez les professeurs, nombre d’entre eux s’étant mis en grève a minima pour les journées appelées par l’intersyndicale. Dans le secondaire, la mobilisation est importante et elle se cristallise aussi pour le rejet de la réforme du baccalauréat et les politiques de casse de l’éducation publique de Jean Michel Blanquer. Un ministre de plus en plus décrié et auquel les professeurs refusent de faire des concessions. Après la grève du baccalauréat au mois de juin 2019, ce sont les ECCC instaurées par la réforme que les professeurs ont décidé de boycotter. Blocages, grève des corrections ou de la surveillance, tous les moyens ont été utilisés pour empêcher le bon déroulement de ces nouveaux examens, qui ont été très mal préparés.

Dans toute la France, les épreuves ont été largement perturbées, que ce soit par des blocages unitaires des professeurs et des élèves, autour de rassemblements pour informer les élèves et protester contre leur tenue ou encore par la grève pure et simple de la surveillance. Le but était d'empêcher le bon fonctionnement des ECCC, série d’épreuves de contrôle continu, qui accroissent la sélection, qui mettent les élèves en concurrence dès le début de l’année et qui vont renforcer les inégalités, notamment pour les élèves des quartiers populaires.

De premiers blocages avaient déjà eu lieu les semaines passées pour les premières épreuves, qui diffèrent selon les localités et qui compteront pour trente pour cent de la note du baccalauréat. Ces actions ont été renouvelées cette semaine. Les sujets sont peu clairs et parfois ils n’ont pas été préparés, car ils sont choisis sur une banque restreinte de sujets par localité et que les professeurs n’ont pas pu préparer en amont les programmes. Un bac local au goût d’amateurisme, avec de nombreuses fuites de sujet, des incompréhensions sur les exigences et que la majorité des syndicats appellent, au moins, à reporter.

En région parisienne, plusieurs lycées ont été bloqués par les professeurs, notamment le lycée Jacques Feyder d'Epinay-sur-Seine où, comme l’explique un étudiant, personne n’est prêt pour ces nouveaux modèles de notation. Une professeure dénonce le mépris que subissent les élèves de la part du gouvernement, qui ment sur cette réforme et qui tente de la faire passer pour réductrice des inégalités.

Au lycée Lavoisier à Paris, un blocage a également été réalisé par les professeurs, autour du slogan « ni retraite Macron, ni bac maison ». Christian, professeur, appelle également à la généralisation de la grève et il souligne le lien qui existe entre la mobilisation contre ces épreuves et celle des grévistes contre la réforme des retraites.

Au lycée Hélène Boucher à Paris, le blocage s’est accompagné d’un rassemblement pour dénoncer les violences policières qui ont été commises contre des lycéens qui bloquaient en début de semaine. Ces violences contre les actions lycéennes sont récurrentes. Les parents étaient aussi présents à cette action ainsi que de nombreux soutiens, notamment des grévistes de Lagny, dépôt de bus tout proche.

Mais les actions ont aussi eu lieu dans le reste de la France, avec, selon le ministère, au moins trente lycées touchés. Ce chiffre paraît, par ailleurs, en deçà de la réalité. Un tour sur Twitter suffit à faire apparaitre un nombre bien plus important d’épreuves perturbées. Au lycée Louis Faidherbe de Lille, au lycée des Bourdonnières de Nantes, au lycée de l'Oiselet de Bourgoin-Jallieu, ou encore au lycée Geneviève Anthonioz de Gaulle de Milhaud, dans le département du Gard, pour ne pas en citer d’autres, les professeurs ont décidé de faire la grève de la surveillance.

Dans de nombreux lycées, comme au Lycée René Josué Valin de la Rochelle, les épreuves ont dû être annulées. Contre cette casse de l’enseignement qui fait d’eux de simples préparateurs pour des examens qui génèrent un stress sans pareil chez les élèves et qui doivent leur permettre d’être attrayants sur le marché du travail, les professeurs ont montré leur détermination.

Après avoir menacé les professeurs mobilisés de sanctions administratives, de licenciements ou de mutations, comme il avait fait lors de la grève du baccalauréat ou après avoir utilisé la police pour réprimer les blocages lycéens et contre le refus des professeurs de céder, le ministre de l'éducation nationale cherche à faire semblant que les épreuves se sont déroulées correctement. La mobilisation serait pour lui, « le fait d’une petite minorité très vocale. Mais ce n’est pas le cas de la très grande majorité des professeurs ». Il expliquait sur France Inter que quatre vingt dix neuf pour cent des enseignants sont d’accord avec lui.

Jouant au sourd, il a répété qu'il n’y a pas de climat contre Jean Michel Blanquer dans l'éducation nationale, que la réforme du baccalauréat a recueilli l’adhésion, après un énorme travail d’écoute, et que, à chaque étape, il y a des secteurs radicaux qui contestent l’étape suivante.

Pourtant, ils semblent de plus en plus nombreux à refuser de travailler pour une institution en déroute et à refuser de laisser appliquer une réforme conduite sans leur aval et complètement défaillante. Faire croire que ces mouvements sont passagers ou qu'ils seraient le fait d’une minorité semble difficile, alors que cela fait des années que les professeurs alertent sur leurs difficultés et que la mobilisation contre la réforme de Jean Michel Blanquer ne faiblit pas depuis sa mise en place. Par exemple, en Martinique, soixante dix sept pour cent des établissements du second degré ont été bloqués, loin de la non mobilisation décrite par le gouvernement.

Jean Michel Blanquer a également dit que l’école ne doit jamais être le terrain de jeu de luttes politiques et que c’est le devoir de chaque fonctionnaire. Et dans le même temps, le ministère tente de faire ce qu’il peut pour affaiblir la mobilisation, qui serait pourtant déjà si faible, nous sentons bien les incohérences, et il a expliqué que « cinq cent enseignants ont reçu un rappel à leurs obligations professionnelles. Parmi eux, une cinquantaine ont été sanctionnés par un avertissement ou un blâme ». Des sanctions inadmissibles et qui montrent bien la fébrilité du gouvernement face à un possible second round de la mobilisation contre la réforme des retraites, autour du secteur de l'enseignement.

De fait, la radicalité qui s’exprime chez les professeurs est de plus en plus importante. Ce secteur semble bien décidé à rentrer dans la bataille contre le gouvernement, malgré la faiblesse des appels des directions syndicales qui ne se sont pas prononcées pour la grève reconductible.

Depuis la rentrée, de nombreuses actions ont été organisées, flash mob, envahissement du rectorat, jet de manuel et action on vide notre sac, dans de nombreuses villes de France métropolitaine mais également outre-mer. De fait, comme l’ont démontré les nombreux témoignages que nous avons reçus, la souffrance au travail est très importante chez les professeurs et les conditions de travail ne font que se détériorer.

Malgré les tentatives de négociation du gouvernement autour, entre autres, de fausses revalorisations de salaire, les professeurs ne sont pas dupes et ils savent bien que la réforme des retraites les touchera eux aussi. Pour certains, ils ont été les piliers des actions sur les piquets de la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) et ils veulent construire un mouvement d’ampleur dans leur secteur. Ils redoublent d’originalité pour rendre fou le gouvernement et pour montrer leur colère contre ses décisions et ils commencent à s’organiser massivement. En effet, les cortèges des manifestations grossissent et la mobilisation semble prendre une ampleur nouvelle.

Cette radicalité est contagieuse, nous l'avons vu au Lycée Louis le Grand de Paris, où les élèves ont décidé de suivre leurs professeurs et de se mobiliser avec eux. On le voit également autour de ces actions d’un nouveau genre contre les ECCC. Comme au lycée Gustave Eiffel de Bordeaux où les lycéens se sont associés, à l’appel des professeurs, au boycott des épreuves. Cet événement est loin d’être une exception, alors que la colère dans la jeunesse, même si elle est largement cadenassée, n’est pas moins faible. Sous l’impulsion de leurs professeurs, de plus en plus de lycéens arrivent à se mobiliser et à dépasser la pression scolaire qu’ils subissent pour se battre pour leur avenir.

Des lycées les plus prestigieux de la capitale aux lycées de banlieues ou de campagne, les actions contre les ECCC ont perturbé largement le déroulement des examens. Dans toute la France, la réforme du baccalauréat soulève les professeurs contre un gouvernement sourd à leurs demandes et qui a préparé une réforme mal faite et qui ne va que mettre en difficulté les élèves et détruire ce qu’il reste du service public de l’enseignement. Cette lutte pour la sauvegarde du système de solidarité, conquis grâce au combat des anciennes générations, n’est pas seulement menée par les professeurs et les lycéens. De fait, les hospitaliers, les postiers et les travailleurs des transports sont mobilisés pour la conservation de services publics de qualité. Ce sont aussi les universités qui pourraient rentrer dans la bataille avec le combat contre la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Cette lutte s’est cristallisée depuis le Jeudi 5 Décembre 2019 autour de la grève massive de la RATP et de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) contre la réforme des retraites. Une grève de quarante-sept jours qui tient, malgré les difficultés notamment liées aux faiblesses de la généralisation, et qui est l’occasion de gagner enfin contre un gouvernement qui n’a fait que détruire les acquis sociaux gagnés après la deuxième guerre mondiale. C’est autour d’elle que doit s’agréger le mouvement des professeurs et il s’agit de généraliser la grève reconductible dans ce secteur pour faire plier Jean Michel Blanquer et tout le gouvernement, sur la réforme des retraites et sur toutes les contre-réformes du système éducatif qui encouragent la sélection et la précarisation.

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