Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

actualité politique nationale et internationale

Publicité

TROTSKY ET LES TROTSKYSTES

 

 

TROTSKY ET LES TROTSKYSTES

Dimanche 16 Août 2020

Natalia Sedova Trotsky, la veuve de Léon Trotsky, écrivait au mois de mai 1951 une lettre au comité exécutif de la quatrième internationale par laquelle elle annonçait son départ de la quatrième internationale, pour des raisons de divergences politiques fondamentales par rapport à la question de la nature de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), de l'extension du socialisme par des moyens militaro policiers dans les pays d'Europe de l'Est à la fin des années 1940 et de la rupture entre l'URSS de Joseph Staline et la Yougoslavie de Tito en 1948.

La rupture entre Natalia Sedova et le mouvement trostkyste international intervenait dans le contexte d'un débat à l'intérieur du mouvement trotskyste international relatif à ces questions, dont les deux principaux événements étaient la fondation du groupe Socialisme ou Barbarie en 1948, le principal défenseur de la théorie du capitalisme d'état, et une précédente lettre ouverte de Benjamin Péret, de Grandizo Munis et de Natalia Sedova Trotsky, au Parti Communiste Internationaliste (PCI) au mois de juin 1947.

La revue de la Révolution Prolétarienne, dont les deux principaux animateurs étaient Pierre Monatte et Alfred Rosmer, publiait pour la première fois en français en 1951 la lettre de rupture entre Natalia Sedova Trostky et la quatrième internationale. Elle publiait certainement en même temps un commentaire d'Alfred Rosmer relatif à la lettre de Natalia Sedova.

Curieusement, l'original du commentaire d'Alfred Rosmer en français disparaissait des archives pourtant volumineuses du mouvement trostkyste français. La revue des trotskystes américains, Labour Action, publiait une version en anglais du commentaire d'Alfred Rosmer au mois de septembre 1951. Vous trouverez ci dessous une présentation du commentaire d'Alfred Rosmer par les trotskystes américains au mois de septembre 1951 et la traduction en français de la version anglaise du commentaire d'Alfred Rosmer.

Bernard Fischer

 

https://www.marxists.org/archive/rosmer/1951/xx/nataliat.html

PRESENTATION DE LA REPONSE D ALFRED ROSMER A NATALIA SEDOVA

Les lecteurs de Labour Action ont déjà lu le texte de la lettre de Natalia Sedova Trotsky, veuve de Léon Trotsky, dans laquelle elle rend publique sa rupture totale avec la quatrième Internationale et le Socialist Workers Party (SWP) et les raisons politiques de cette rupture. Sa déclaration a été publiée dans plusieurs pays. En France, le texte intégral a été imprimé dans le dernier numéro de la Révolution Prolétarienne, la revue des syndicalistes français. Un commentaire d'Alfred Rosmer était annexé à ce texte. Le camarade Alfred Rosmer, comme beaucoup de nos lecteurs le savent, a été l'un des principaux fondateurs de l'internationale communiste en France et il a été pendant des années membre de son comité exécutif. L'un des premiers communistes français à soutenir l'opposition russe depuis le début, Alfred Rosmer a toujours été associé au mouvement trotskyste et il a présidé sa première conférence internationale en Europe. Son commentaire sur la déclaration de la camarade Natalia Sedova Trotsky est donc plus qu’un intérêt ordinaire. Il est reproduit ici dans son intégralité.

REPONSE D ALFRED ROSMER A NATALIA SEDOVA

La rupture que la lettre de Natalia Sedova Trotsky rend publique est un fait important. Elle marque une date dans l'histoire de l'opposition de gauche formée au sein du parti communiste russe en 1923, lorsque Vladimir Lénine fut définitivement écarté de la vie politique par la maladie, et par là même dans le développement du mouvement communiste issu de la révolution russe du mois d'octobre 1917.

Une voix faisant autorité déclare que ceux qui se considèrent comme les disciples fidèles de Léon Trotsky et qui sont maintenant à la tête de la quatrième internationale, ont perdu tout droit de parler en son nom. À plus d'une occasion, chaque fois qu'elle les voyait faire un pas dans la calamiteuse route sur laquelle ils s'étaient engagés, Natalia Trotsky s'efforçait de les ramener aux conceptions correctes de l'opposition, en vain. Puis, lorsque leur trotskisme a finalement pris l'aspect d'une déformation du communisme, insoutenable à certains égards, le désaveu est devenu obligatoire. Karl Marx s'est trouvé une fois dans une situation similaire, lorsque, ne se reconnaissant plus dans le marxisme d'Henry Hyndman, il s'est exclamé que « si tel est le marxisme, je ne suis pas un marxiste ».

Les trotskystes américains avaient des raisons de se considérer comme les continuateurs et les représentants qualifiés de Léon Trotsky. Lorsqu'il trouva refuge au Mexique, il fut en contact étroit avec eux et, dans les discussions qui conduisirent à la scission de leur parti à la fin de l'année 1939 et au début de l'année 1940, Léon Trotsky était de leur côté. Cela leur a apporté une influence exceptionnelle parmi les groupements de la quatrième internationale. Leur sincérité et leur dévouement ne sauraient être mis en doute. Leur erreur essentielle vient de leur conviction que la meilleure façon de rester fidèle aux enseignements de Léon Trotsky était de s'en tenir aveuglément à la position de 1940, la Russie est un état prolétarien et la défense de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) reste au programme de l'opposition. Les bouleversements qui secouaient le monde les laissaient indifférents, car les armées de Joseph Staline portaient la révolution avec elles. Sur toutes les questions fondamentales, leurs positions étaient et elles sont toujours les positions staliniennes. Parfois ils sont encore plus royalistes que le roi et plus staliniens que Joseph Staline. Ils sont restés figés aux thèses de 1940 et cela les empêche de comprendre que la Russie n'est plus qu'une grande puissance militaire et militariste, qui ne mène rien d'autre que la politique traditionnelle des grandes puissances, ne lui donnant sa propre empreinte qu'en vertu de la bestialité d'un régime totalitaire avec la bénédiction des métropolitains.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article